Projet sur le débat Antigone vs Créon
(Pages 90-97 de l’œuvre de Jean Anouilh)
Introduction
La pièce Antigone de Jean Anouilh (1944) réinterprète la tragédie antique de Sophocle en y
intégrant une réflexion sur le pouvoir, la liberté et la fatalité. L’un des moments les plus forts
de l’œuvre est le débat entre Antigone et Créon, qui cristallise l’opposition entre deux
conceptions du monde :
Antigone, fidèle à ses valeurs, refuse toute concession et incarne un idéal d’absolu.
Créon, en tant que roi, défend un pragmatisme politique nécessaire à la stabilité du
pouvoir.
Ce passage met en avant la confrontation entre l’idéalisme et le réalisme, faisant d’Antigone
une héroïne tragique et de Créon un souverain à la fois lucide et résigné.
Personnages
Antigone
Fille d’Œdipe et de Jocaste, elle appartient à une lignée maudite.
Symbolise l’absolu, l’innocence et le refus du compromis.
Se bat pour des valeurs immuables et préfère mourir plutôt que de trahir ses principes.
Son refus du bonheur terrestre et sa quête de pureté en font un personnage
profondément tragique.
Créon
Oncle d’Antigone et roi de Thèbes, il doit maintenir l’ordre après la guerre entre
Étéocle et Polynice.
Incarnation du pouvoir et de la raison d’État, il prône le compromis et la stabilité.
Sa victoire est amère, car il perd sa famille et révèle malgré lui l’égoïsme et la
médiocrité de ses ambitions.
Temps et Lieux
Temps : Anouilh ne fixe pas d’époque précise, rendant l’histoire universelle et
intemporelle.
Lieu : Le palais royal de Thèbes, lieu du pouvoir où se déroule la confrontation entre
Antigone et Créon.
Résumé du passage (Pages 90-97)
Ce passage marque l’apogée dramatique de la pièce avec l’affrontement verbal entre
Antigone et Créon.
1. Pages 90-92 : Créon défend le bonheur ordinaire
o Il tente de convaincre Antigone qu’elle se trompe en poursuivant un idéal
inaccessible.
o Il vante les joies simples de la vie : une famille, la stabilité, la paix.
o Antigone semble troublée, mais elle reste silencieuse.
2. Pages 92-97 : Antigone rejette la vision de Créon
o Elle affirme qu’elle veut « tout, tout de suite et que ce soit entier », refusant
tout compromis.
o Elle oppose à la vision matérialiste de Créon son désir d’absolu et de beauté.
o Elle exprime un rejet radical du bonheur, qui lui semble fade et insignifiant.
o Créon révèle son pragmatisme cynique, sans voir qu’il dévoile aussi la
médiocrité de sa vision du monde.
Ce passage scelle le destin d’Antigone : elle ne peut accepter de vivre selon les règles du
monde adulte et choisit la mort.
Événements Principaux
1. Créon expose sa vision du bonheur, espérant convaincre Antigone d’accepter une
vie normale.
2. Antigone refuse catégoriquement, affirmant son attachement à un idéal supérieur.
3. Créon révèle son propre aveuglement, pensant triompher alors qu’il expose sa
médiocrité.
4. Antigone scelle son destin en assumant pleinement son choix de mourir.
Analyse approfondie
Un affrontement entre deux conceptions du monde
Antigone : Idéaliste, elle incarne l’absolu et refuse toute forme de compromis.
Créon : Pragmatique, il considère que gouverner impose des choix et des concessions.
L’un cherche la vérité et la pureté, l’autre l’efficacité et la stabilité.
Le tragique d’Antigone
Refus du bonheur et de la médiocrité.
Rejet des compromis du monde adulte.
Accepte la mort comme seul moyen d’être fidèle à ses valeurs.
Le paradoxe du triomphe de Créon
En tentant de sauver Antigone, il expose la vacuité de sa propre existence.
Son pragmatisme le prive de toute grandeur.
À la fin, il perd tout : son fils, son épouse et l’illusion du pouvoir.
Thèmes abordés
1. L’opposition entre l’absolu et le compromis
2. Le bonheur : quête impossible ou réalité pragmatique ?
3. Le pouvoir et la responsabilité politique
4. L’innocence et la corruption du monde adulte
5. La fatalité tragique et le destin
Figures de style relevées
1. Antithèse : « Je veux tout, tout de suite – et que ce soit entier »
o Opposition entre le désir immédiat et les compromis du temps.
2. Métaphore : « Que cela soit aussi beau que quand j’étais petite »
o Idéalisation du passé et du bonheur perdu.
3. Répétition : « Tout de suite, tout de suite »
o Renforce l’impatience et le refus d’Antigone d’attendre.
4. Ironie : Créon croit triompher, mais il révèle sa propre faiblesse.
Citations Clés
1. Antigone : « Je veux tout, tout de suite – et que ce soit entier. »
2. Antigone : « Que cela soit aussi beau que quand j’étais petite. »
3. Créon : « Ce n’est peut-être tout de même que le bonheur. »
4. Créon : « Il faut pourtant que je les gouverne. »
Autres éléments pertinents
Symbolisme du débat : L’affrontement verbal est le cœur de la pièce, révélant la
profondeur des personnages.
Modernité d’Anouilh : En réécrivant le mythe, il donne une dimension existentielle
et politique à l’histoire.
Quiz (Questions/Réponses)
1. Qui tente de convaincre Antigone d’accepter la vie ordinaire ?
Réponse : Créon.
2. Quelle est la conception du bonheur selon Créon ?
Réponse : Une vie stable, avec une famille et des plaisirs simples.
3. Pourquoi Antigone rejette-t-elle cette vision ?
Réponse : Parce qu’elle cherche un idéal absolu et refuse les compromis.
4. Que révèle le discours de Créon sur lui-même ?
Réponse : Son pragmatisme cache une forme de médiocrité et d’égoïsme.
5. Quelle est la conséquence de ce débat pour Antigone ?
Réponse : Elle se condamne à mourir en restant fidèle à ses valeurs.
Conclusion
Ce passage oppose deux visions du monde irréconciliables : l’idéalisme d’Antigone et le
réalisme de Créon. Antigone choisit la mort pour rester fidèle à elle-même, tandis que Créon,
en triomphant, perd tout ce qui faisait sa grandeur. Cette confrontation soulève une question
universelle : peut-on vivre sans compromis, ou sommes-nous condamnés à accepter la
réalité ?