DOSSIER 3 : L’AIDE AU DEVELOPPEMENT
Document 1. Qu’est-ce que l’aide au développement ?
L’aide au développement est l’ensemble des ressources (financières, matérielles, techniques, etc.)
mobilisées par les pays riches en faveur des pays pauvres dans le but de favoriser leur développement
économique et améliorer le niveau de vie de leurs habitants. Elle est faite sous forme de prêts à taux
d’intérêt préférentiel, de dons, d’annulation de la dette (C2D), d’assistance technique. Les deux types d’aide
au développement sont : l’aide publique au développement et l’aide privée au développement.
Document 2. Les types d’aide au développement
L’aide publique au développement (APD) désigne les ressources apportées par les acteurs publics des pays
riches pour améliorer les conditions de vie dans les pays en développement. Elle est dite « bilatérale »
lorsqu’elle va directement du pays donateur vers le pays bénéficiaire. Les pays donateurs apportent leurs
contributions à travers les agences de coopération telles que l’AFD, GiZ, DfID ou à travers les banques
nationales comme Eximbank China. L’aide publique est dite « multilatérale » lorsque les États transitent
leurs contributions par les institutions multilatérales telles que le FIDA, la BM, le FAO, l’UNICEF, le PNUD,
OMS, la BAD, la BEI, l’UE, etc.
L’aide privée au développement est celle apportée par les entreprises privées à l’instar des firmes
pharmaceutiques, les fondations telle que la Fondation Bill et Melinda Gates qui a fait des dons d’une valeur
de 3,4 milliards de dollars pour lutter contre le Sida, le paludisme et la tuberculose en 2012, les ONG et les
associations religieuses et laïques. Des partenariats publics privées (PPP) naissant davantage pour favoriser
une aide au développement plus efficace.
Document 3. L’impact positif de l’aide au développement au Cameroun
Le Cameroun bénéficie de l’aide au développement sous diverses formes. Le pays a en effet reçu depuis
1997, des dons de plus de 1533 salles de classes, 152 blocks latrines dans 122 écoles primaires du pays de
la part duJapon. L’UE a financé l’entretien des routes rurales (Kontcha-Tignère,…), la construction des
routes (Bertoua-Garoua-Boulaï, Yaoundé-Ayos, Pitoa-Figuil,…), des ponts (Pont sur la Dibamba, pont de
Gashiga…). L’agriculture, les infrastructures et les aménagements urbains ont été financés dans le cadre du
contrat désendettement et développement (C2D). Le Cameroun a par ailleurs bénéficié des prêts auprès de
la Chine pour financer la construction de l’hôpital Gynéco-obstétrique et pédiatrique de Douala, la 1ere et 2e
phase du projet d’adduction d’eau potable au Cameroun dans 9 villes, la construction des barrages
hydroélectriques (les barrages de Mekin, Memve’Ele, Lom Pangar, etc.) et de l’autoroute Douala-Yaoundé.
Le Cameroun jouit enfin de l’assistance technique sur de multiples chantiers de développement notamment
les infrastructures prévues par la DSCE (2010-2020).
Document 4. L’impact négatif de l’aide au développement au Cameroun
L’aide au développement permet certes de réaliser des projets, mais comporte des revers. Elle constitue un
outil à travers lequel les donateurs dictent la conduite à tenir en matière de respect des droits de l’Homme et
de démocratie, tue les initiatives endogènes de développement. Les prêts accordés surendettent et plongent
le pays cercle au vicieux de la dette. C’est le cas des prêts contractés pour la réalisations des projets
structurants qui ont entrainé une inflation de la dette et du service de la dette à hauteur de 8424 milliards de
FCFA au 31 janvier 2019. Cette dette immense compromet les investissements publics pour les prochaines
années. L’aide au développement ne semble donc pas garantir le développement par ses prêts ou
programmes d’aide qui sont suivis de « conditionnalités ». Entre autres, les entreprises des pays créanciers
doivent gagner la part belle des marchés au détriment des entreprises locales, la main d’œuvre et la
logistique importées locales sans permettre le transfert de technologies espéré, la privatisation du secteur
public et la libéralisation de l’économie dans le cas des programmes d’ajustement structurel.