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Risques des lampes UV : étude et limites

Cette étude vise à quantifier les risques associés à l'utilisation de lampes à rayonnement ultraviolet et à définir leurs limites d'emploi. Les résultats indiquent que la majorité des lampes est potentiellement dangereuse, nécessitant le port de dispositifs de protection, en particulier pour les sources émettant dans les gammes UVB et UVC. Des durées maximales d'exposition journalières ont été établies pour différentes distances d'utilisation afin de prévenir les effets nocifs sur la peau et les yeux.

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Risques des lampes UV : étude et limites

Cette étude vise à quantifier les risques associés à l'utilisation de lampes à rayonnement ultraviolet et à définir leurs limites d'emploi. Les résultats indiquent que la majorité des lampes est potentiellement dangereuse, nécessitant le port de dispositifs de protection, en particulier pour les sources émettant dans les gammes UVB et UVC. Des durées maximales d'exposition journalières ont été établies pour différentes distances d'utilisation afin de prévenir les effets nocifs sur la peau et les yeux.

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ND 2074-170-98

Risque spécifique
49
Cahiers de notes documentaires - Hygiène et sécurité du travail - N° 170, 1er trimestre 1998

→ A. Barlier-Salsi, S. Salsi,
A. Klingler, service Physiologie envi-
ronnementale, Centre de recherche
Lampes à rayonnement
de l’INRS, Nancy
ultraviolet
Quantification des risques associés
à leur utilisation

ette étude avait pour objectifs de quantifier les risques associés à l’utilisation de
R I SKS ASSO C I ATED
WI TH THE USE
C lampes à rayonnement ultraviolet et de définir leurs limites d’emploi. A cette fin,
l’éclairement énergétique spectrique de 30 de ces lampes a été mesuré entre 200 et 400
OF ULTRAV I OLET LAMPS nm. Les durées maximales d’exposition journalières ont été déterminées pour différentes
distances d’utilisation. Les résultats montrent que la majorité des lampes est potentielle-
ment dangereuse et que le port de dispositifs de protection est nécessaire, plus spéciale-
he aim of the study was to quantify ment avec les sources émettant dans l’UVB et C (200-315 nm). Avec les autres lampes, il
Tdifferent
the risk associated with the use of
types of ultraviolet lamps and
est indispensable de ne pas dépasser les durées d’exposition journalières.

to define the limits in which they should


be used. For this purpose, the spectral
irradiance of 30 of these lamps was 쐌 rayonnement optique 쐌 rayonnement ultraviolet 쐌 lampe UV 쐌 peau 쐌 œil 쐌 lésion
measured between 200 and 400 nm.
Maximum durations of daily exposure
were determined for different distances
from radiation source. Most lamps pro-
ved to be potentially dangerous, making
it necessary to wear protective equip-
ment, especially with sources emitting
in the UVB and UVC range (200-315
nm). With the other lamps, it is essen-

L
tial not to exceed the daily exposure e rayonnement ultraviolet (UV) est zage artificiel. Dans le domaine médical, les
duration limits. un rayonnement optique dont le lampes à rayonnement UV sont couram-
domaine spectral s’étend de 100 à ment employées dans le traitement de cer-
쐌 optical radiati on 쐌 ultravi ole t 400 nm. La CIE (Commission inter- taines maladies (psoriasis, eczéma, hyper-
radiation 쐌 UV lamp 쐌 skin 쐌 eye
nationale de l’éclairage) distingue trois bilirubinie…) et pour la désinfection bac-
쐌 lesion
catégories d’ultraviolets : les UVA (315-400 térienne.
nm), les UVB (280-315 nm) et les UVC
(100-280 nm) [1]. Si l’exposition de courte durée et à faible
Le soleil est pratiquement la seule source dose au rayonnement ultraviolet a des ef-
naturelle de rayonnement ultraviolet; les fets bénéfiques pour l’organisme, l’exposi-
ultraviolets représentent environ 5 % du tion prolongée et/ou à forte dose peut avoir
rayonnement total émis. Il existe en re- des conséquences pathologiques aiguës ou
vanche une grande variété de sources arti- chroniques qui sont directement liées à la
ficielles. Selon le type de source, le rayon- pénétration et à l’absorption de ces rayon-
nement ultraviolet émis est considéré nements dans les structures de la peau et
comme parasite lorsqu’il ne contribue pas de l’œil.
à l’effet recherché (cas de certaines lampes
à usage général, d’arcs de soudage…) ou Pour la peau, les effets directs immédiats
est alors utilisé pour ses effets directs. Il se manifestent par le classique coup de so-
trouve en effet de nombreuses applications leil, qui comporte plusieurs niveaux de gra-
dans l’industrie pour le tirage de plans, la vité depuis le simple érythème jusqu’à des
détection de défauts, le séchage des encres, lésions plus importantes comportant dou-
la synthèse chimique, la polymérisation de leur, œdèmes de phlyctènes. A long terme,
vernis ou de colles. Le rayonnement UV est la répétition des lésions actiniques cutanées
aussi très utilisé dans les cabines de bron- entraîne des modifications pathologiques
50
Cahiers de notes documentaires - Hygiène et sécurité du travail - N° 170, 1er trimestre 1998

de la peau qui peuvent être à l’origine de


lésions précancéreuses ou éventuellement
d’authentiques cancers cutanés.
L/2
Pour l’œil, les effets immédiats se tradui-
sent par des lésions de la cornée et de la Source
conjonctive (kérato-conjonctivite). Leur
symptomatologie est bien connue : im-
pression de sable dans les yeux, larmoie- L/2
ment, œil « rouge ». L’invalidité visuelle peut
durer de 6 à 24 heures. A long terme, l’ex- α

e
position chronique au rayonnement ultra-
violet est susceptible d’entraîner une opa-

α
cification du cristallin (cataracte).
D

Une revue bibliographique, parue en Surface


1994 [2,] donne une description détaillée réceptrice
des effets et des différents mécanismes d’ac-
tion des ultraviolets sur l’organisme. Elle re-
Fig. 1. Configuration des sources linéaires
cense également les différentes situations
d’exposition professionnelle aux ultravio-
lets ainsi que les sources de rayonnement
ultraviolet couramment utilisées, mais ne 1.3. Grandeurs mesurées Eλ (D) = Eλ (D mes )
G(D)
fournit pas les valeurs des niveaux de risque et appareillage G(D mes ) (1)
associés à l’utilisation de ces différentes
sources. L’éclairement énergétique spectrique Eλ où G(D) et G(Dmes) sont respectivement
a été relevé entre 200 et 400 nm à l’aide les coefficients de configuration de la
La présente étude se propose donc de d’un spectroradiomètre Optronic modèle source à la distance D et à la distance de
compléter cette synthèse bibliographique, OL750. Cet appareil est équipé d’un double mesure Dmes.
쐌 en quantifiant les risques présentés par monochromateur à réseaux, de 2 détecteurs Dans ce calcul, deux coefficients de
des sources de rayonnement ultraviolet (un photomultiplicateur et un détecteur si- configuration ont été pris en compte :
utilisées dans différents secteurs d’activité, licium), d’un amplificateur et d’une sphère 쐌 l’un relatif aux sources linéaires [2] (cas
쐌 en définissant leurs limites d’emploi. intégratrice. des tubes; cf. tableau I), qui a pour
expression (cf. fig. 1) :
Le spectroradiomètre a été étalonné à
G(D) =
D
partir de 2 sources secondaires, elles- (2α + sin 2α ) (2)
2(D 2 + e 2 )
1. Méthodes mêmes étalonnées par rapport aux réfé-
rences du NIST (National Institute of 쐌 l’autre correspondant aux sources ponc-
et techniques Standards and Technology). La première tuelles (cas des autres sources; cf. tableau
source est une lampe au deutérium (préci- I), qui s’écrit :
sion variant de 3,8 à 5 % selon la longueur
G(D) =
1
1.1. Lampes étudiées d’onde), la seconde, une lampe tungstène (3)
halogène (précision variant de 2,6 à 3,1 % D2
Trente lampes à rayonnement ultraviolet selon la longueur d’onde).
de caractéristiques et de puissances diffé-
rentes ont été étudiées : 3 lampes supra-ac-
tiniques, 3 lampes actiniques, 5 lampes dites 1.4. Méthode de mesure 1.5. Méthode d’évaluation
de lumière noire, 12 lampes pour le bron- et de calcul de l’éclairement des risques
zage et la photothérapie, 1 lampe fluores- énergétique spectrique
cente médicale, 4 lampes germicides, une Calcul des expositions et valeurs
lampe pour l’art graphique et une lampe L’éclairement énergétique spectrique Eλ limites d’exposition correspondantes
pour la photochimie. Leurs caractéristiques a été mesuré à une distance variant de 0,25 Toutes conditions égales par ailleurs, la
et leurs domaines d’utilisation sont donnés à 1,5 m selon les dimensions des lampes. nature et le siège des lésions provoquées
dans le tableau I. Les distances d’utilisation de ces sources par le rayonnement ultraviolet sont essen-
étant très variables, l’éclairement énergé- tiellement liés à sa longueur d’onde.
tique spectrique a été calculé, comme suit, L’évaluation des risques associés nécessite
1.2. Configurations de mesures pour différentes valeurs de la distance d’ex- donc la détermination des expositions dans
position. différents domaines spectraux. Selon le do-
Le rayonnement ultraviolet a été mesuré maine spectral considéré, il s’agit de l’ex-
sur une lampe de chaque type. Certains Si Eλ(D) est l’éclairement énergétique position énergétique (HUVA) ou de l’expo-
tubes ont également été étudiés dans spectrique à une distance D, Eλ(Dmes) sition énergétique efficace (HUVeff). Cette
d’autres configurations, correspondant en l’éclairement énergétique spectrique à la dernière prend en compte l’efficacité rela-
particulier au fonctionnement simultané de distance de mesure Dmes, Eλ(D) a pour ex- tive spectrale du rayonnement ultraviolet
2 et 4 lampes de même type. pression : sur les yeux et la peau, Sλ.
51
Cahiers de notes documentaires - Hygiène et sécurité du travail - N° 170, 1er trimestre 1998

TABLEAU I

CARACTÉRISTIQUES ET DOMAINES D’UTILISATION DES LAMPES ÉTUDIÉES

Types de lampe Repères Caractéristiques Domaines d’utilisation


(puissance)

Lampes supra-actiniques A1 (20 W) Tubes fluorescents - tirage de plans,


A2 (40 W) - reproductions photomécaniques,
- traitement de l'hyperbilirubinie,
A3 (140 W) - traitements médicaux divers.

Lampes actiniques B1 (20 W) Tubes fluorescents - tirage de plans,


B2 (40 W) - réacteurs photochimiques,
B3 (140 W) - pièges à insectes.

Lampes lumière noire C1 (6 W) Tubes fluorescents en verre - détection de défauts,


C2 (18 W) - pièges à insectes,
C3 (6 W) Ampoule en verre filtrant dit « Blue -Black » - effets spéciaux dans le spectacle,
- archéologie, minéralogie,
C4 (125 W) Ampoule en verre médecine, biologie.
C5 (125 W) de Wood

Lampes pour bronzage D1 (20 W) Tubes fluorescents à émission - bronzage artificiel,


et photothérapie - traitement des maladies de peau,
D2 (40 W) intense entre 320 et 390 nm - insolation de photopolymères,
- pièges à insectes.
D3 (40 W) Tubes fluorescents à émission - bronzage artificiel,
- traitement des maladies de peau,
D4 (80 W) intense entre 313 et 370 nm - process photochimiques.
D5 (100 W)
D6 (40 W) Tubes fluorescents à réflecteur
D7 (80 W) à émission intense entre 313 et 370 nm - bronzage artificiel.
D8 (40 W) Tubes fluorescents à réflecteur
D9 (80 W) à émission extrêmement réduite
D10 (100 W) dans l'UVB
D11 (400 W) Lampe quartz aux halogénures métalliques - bronzage artificiel,
- traitement des maladies de peau.
D12 (300 W) Lampe à vapeur de mercure haute pression - bronzage artificiel,
- traitement des maladies de peau,
- traitements médicaux divers.

Lampes germicides E1 (6 W) Lampes quartz à - désinfection de l'air,


E2 (9 W) vapeur de mercure - purification de l'eau,
E3 (15 W) basse pression - stérilisation (hôpitaux,
E4 (115 W) industrie alimentaire)

Lampe fluorescente F1 (20 W) Tube fluorescent - traitement de l'hyperbilirubinie,


médicale à émission intense entre 400 et 500 nm - reprographie.

Lampe pour G1 (125 W) Brûleur quartz à vapeur de mercure - photochimie,


la photochimie haute pression - polymérisation de colles et de vernis,
- spectrométrie.

Lampes pour arts H1 (125 W) Lampe à vapeur de mercure haute pression - sérigraphie,
graphiques - durcissement des laques,
- agrandisseur,
- éclairage décoratif.
52
Cahiers de notes documentaires - Hygiène et sécurité du travail - N° 170, 1er trimestre 1998

0,010 0,05
Ces différentes expositions sont ensuite
comparées aux valeurs limites d’exposition
0,008
B2
0,04
C1 proposées par l’IRPA (International
A3 C5 Radiation Protection Association) [4, 5].
Eλ(W.m-2.nm-1)

Eλ(W.m-2.nm-1)
0,006 0,03
La méthode de calcul des expositions,
les valeurs limites d’exposition correspon-
0,004 0,02
dantes ainsi que les risques associés sont
présentés dans le tableau II.
0,002 0,01
Calcul des indices de risque
0,000 0,00
Afin de quantifier les risques présentés
200 250 300 350 400 200 250 300 350 400
par les sources, chaque exposition HX a été
comparée à la valeur limite d’exposition
Longueur d'onde (nm) Longueur d'onde (nm)
correspondante VLEX. Pour ce faire, un in-
(a) (b) dice de risque IX a été défini comme suit :
Hx
Ix = (4)
VLEx
0,06 0,50 Ainsi, un indice de risque supérieur à 1
D6 D11 signifie que la source étudiée présente un
0,05
D8 0,40 D12
risque dans le domaine spectral considéré.
Eλ(W.m-2.nm-1)

Eλ(W.m-2.nm-1)

D3
0,4 D2
0,30
0,03
Détermination des limites d’emploi
0,20
des sources
0,02 Compte tenu de la diversité des sources
0,10 étudiées et de leurs différentes conditions
0,01
d’utilisation, l’indice de risque déterminé
0,00 0,00 dans une situation particulière ne suffit pas
200 250 300 350 400 200 250 300 350 400 à caractériser les risques présentés par ces
sources. Il convient donc de calculer pour
Longueur d'onde (nm) Longueur d'onde (nm)
chaque source, la durée d’exposition jour-
(c) (d)
nalière maximale admissible en fonction de
Fig. 2. Répartitions spectrales d’éclairements énergétiques calculées à 1 m des lampes la distance d’exposition dans chaque do-
actiniques et supra-actiniques (a), des lampes de lumière noire (b) et des lampes pour maine spectral. Ainsi, à une distance d’ex-
le bronzage et la photothérapie (c, d) position D, la durée d’exposition journa-
lière maximale admissible t(D) a pour ex-
pression :
쐌 pour les risques « PEAUUVeff »
et « ŒILUVeff » (cf. tableau II) :

TABLEAU II
t( D ) = 30 (5)
400
MÉTHODE DE CALCUL DES NIVEAUX D'EXPOSITION ∑ Eλ (D).Sλ .∆λ
200
ET VALEURS LIMITES D'EXPOSITION CORRESPONDANTES
쐌 pour le risque « ŒILUVA »
(cf. tableau II).
Valeurs
Domaine Risques Effets Niveaux 10 4
limites t( D ) = 400
(6)

spectral physiologiques d'exposition d'exposition
Eλ (D).∆λ
315

200 PEAUUVeff Peau :


à 400 nm érythème,
effets 400

HUVeff = ∑ Eλ .t.Sλ .∆λ


cancérogènes
200
VLEUVeff = 30 J.m-2
2. Résultats
ŒILUVeff Œil : kératites,
conjonctivites
2.1. Eclairement énergétique
spectrique
315 400

à 400 nm ŒILUVA Œil : cataracte HUVA = ∑ Eλ .t.∆λ VLEUVA = 104 J.m-2


315 Les répartitions spectrales d’éclairements
énergétiques calculées à 1 m des sources
Eλ : Eclairement énergétique spectrique [W. cm-2.nm-1] - Dλ : largeur de bande [nm]. étudiées sont représentées aux figures 2
Sλ : Efficacité relative spectrale - t : durée d'exposition journalière [s]. et 3. La représentation a été limitée à un
53
Cahiers de notes documentaires - Hygiène et sécurité du travail - N° 170, 1er trimestre 1998

spectre par type de lampe, celui de la lampe 4,0E-04


0,05
40 W, lorsque cette puissance est dispo-
nible. Ces graphiques font apparaître que : 3,5E-04

쐌 les lampes repérées D11, D12 (fig. 2d) et 0,04


3,0E-04

Eλ(W.m-2.nm-1)

Eλ(W.m-2.nm-1)
G1 (fig. 3d) émettent sur l’ensemble du do-
2,5E-04
maine ultraviolet, 0,03 E4 F1
쐌 le spectre d’émission des lampes germi- 2,0E-04

cides E1 à E4 (fig. 3a) est pratiquement 0,02 1,5E-04


limité à une raie à 253 nm,
1,0E-04
쐌 les autres types de lampes ont une émis- 0,01
sion maximale dans l’UVA. 5,0E-05
La figure 2c montre l’importance du ré- 0,0E-00
0,00
flecteur incorporé à certains tubes sur 200 250 300 350 400 200 250 300 350 400
l’émission. En effet, à puissance égale Longueur d'onde (nm) Longueur d'onde (nm)
(40 W), l’émission maximale (0,03 W. m-2) (a) (b)
du tube à réflecteur D6 est deux fois plus
importante que l’émission maximale
(0,015 W. m-2) du tube D3 non équipé de 0,05
0,100
réflecteur.

Eλ(W.m-2.nm-1)
Eλ(W.m-2.nm-1)

0,04
H1
0,075 G1
2.2. Evaluation des risques 0,03

0,050
Les risques présentés par les sources ont 0,02
été évalués à l’aide des indices de risque
définis par la relation (4). Deux indices de 0,025
0,01
risque ont été calculés :
0,00 0,000
쐌 l’indice IUVeff pour quantifier les risques
200 250 300 350 400 200 250 300 350 400
PEAUUVeff et ŒILUVeff Longueur d'onde (nm) Longueur d'onde (nm)
쐌 et l’indice IUVA pour quantifier le risque
(c) (d)
ŒILUVA (cf. tableau II). Les indices IUVeff et
IUVA ont été calculés dans la situation où Fig. 3. Répartitions spectrales d’éclairements énergétiques calculées à 1 m des lampes
le risque est maximal, c’est-à-dire à la dis- germicides (a), de la lampe fluorescente médicale (b), de la lampe pour les arts gra-
tance d’exposition minimale soit 0,50 m et phiques (c) et de la lampe pour la photochimie (d)
pour une durée d’exposition journalière
maximale, soit 8 heures. La figure 4 repré-
sente l’indice IUVA en fonction de l’indice
IUVeff pour l’ensemble des sources étu-
diées. IUVA
100

Cette représentation des indices de risque


permet de définir 4 zones :
쐌 une zone sans risque dans le cadran
10
inférieur gauche,
Risque PEAUUVeff +
쐌 une zone de risque maximal, risques Risque ŒILUVA
ŒILUVeff + ŒILUVA
PEAUUVeff, ŒILUVeff et ŒILUVA dans le
IUVeff
cadran supérieur droit,
1
쐌 une zone pour le risque ŒILUVA dans le 0,001 0,01 0,1 1 10 100 1000 10000
cadran supérieur gauche et
쐌 une zone pour les risques PEAUUVeff et
ŒILUVeff dans le cadran inférieur droit.
0,1

Ainsi, la lampe fluorescente médicale F1,


la lampe de lumière noire en verre filtrant PAS DE RISQUE Risque PEAUUVeff + ŒILUVeff
C3 et les lampes supra actiniques de 20 et
0,01
40 W, A1 et A2 ne présentent aucun risque.
Par contre, la lampe actinique B3, les
lampes pour le bronzage et la photothéra-
pie D4, D5, D6, D7, D11 et D12, la lampe Supra actiniques Actiniques Lumière noire Bronzage photothérapie

pour les arts graphiques G1 et la lampe pour Médicale Germicides Photochimie Art graphique
la photochimie H1 présentent tous les
risques (PEAUUVeff, ŒILUVeff et ŒILUVA) as- Fig. 4. Indices de risques calculés à 1 m de la source et pour 8 heures d’exposition jour-
sociés au rayonnement ultraviolet. nalière
54
Cahiers de notes documentaires - Hygiène et sécurité du travail - N° 170, 1er trimestre 1998

Les lampes germicides sont situées dans


8 8
la zone des risques PEAUUVeff et ŒILUVeff
et les autres lampes non citées dans la zone

Durée maximale d'exposition

Durée maximale d'exposition


de risque ŒILUVA. 6 6

journalière (h)

journalière (h)
B3
2.3. Limites d’emploi des 4 4 D4

sources D5
D6
2 2
D7
Lorsque les sources présentent des
risques dans les conditions décrites précé-
0 0
demment, il importe de déterminer leurs li-
0,5 0,52 0,54 0,56 0,58 0,6 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0
mites d’emploi, exprimées sous la forme de
courbes distance - durée d’exposition. Les Distance d'exposition (m) Distance d'exposition (m)

durées maximales d’exposition journalières (a) (b)


ont été calculées à l’aide des relations (5)
et (6) pour des distances d’exposition com-
180
prises entre 0,5 m et 5 m. Les limites d’em- 160
D12 E1
ploi des sources relatives aux risques
Durée maximale d'exposition

Durée maximale d'exposition


140
D11 E2
PEAUUVeff et ŒILUVeff sont représentées fi- 120 E3
gure 5 et celles se rapportant au risque ŒI- 120
journalière (h)

journalière (h)
100 E4
LUVA figure 6. Bien que tous les tubes fluo-
rescents pour le bronzage et la photothé- 80

rapie présentent un risque ŒILUVA, la re- 60


60
présentation (cf. fig. 6) a été limitée à une 40
courbe par type de tube pour des raisons
20
de clarté.
0 0
0,5 1,5 2,5 3,5 4,5 0,5 1,5 2,5 3,5 4,5
Risques « PEAUUVeff » et «ŒILUVeff »
Distance d'exposition (m) Distance d'exposition (m)
Les risques PEAUUVeff et ŒILUVeff (cf. (c) (d)
fig. 5) présentés par la lampe pour la pho-
tochimie G1, les lampes germicides, E1 à
E4 et les lampes D11 et D12 pour le bron- 20 8
zage et la photothérapie sont très élevés. G1 H1
Durée maximale d'exposition

Durée maximale d'exposition

Les durées maximales d’exposition journa-


lières correspondant à une distance d’ex- 15 6

position de 5 m varient de 5 à 180 minutes


journalière (h)

journalière (h)

selon la puissance de ces lampes. Par 10 4


contre, les durées maximales d’exposition
journalière déterminées pour la lampe ac-
tinique B3, les tubes fluorescents pour le 5 2
bronzage et la photothérapie D4 à D7 et la
lampe pour les arts graphiques H1 sont
0 0
comprises entre une heure et 8 heures pour
0,5 1,5 2,5 3,5 4,5 0,5 0,75 1 1,25 1,5
des distances d’exposition inférieures à
1,5 m. Au-delà de cette distance, ces lampes Distance d'exposition (m) Distance d'exposition (m)
(e) (f)
ne présentent plus de risques PEAUUVeff et
ŒILUVeff. Fig. 5. Limites d’emploi des lampes pour les risques PEAUUVeff et ŒILUVeff :
(a) lampe actinique, (b) tubes fluorescents pour le bronzage et la photothérapie,
(c) autres lampes pour le bronzage et la photothérapie, (d) lampes germicides,
Risque « ŒILUVA » (e) lampes pour la photochimie, (f) lampe pour les arts graphiques
Pour des distances d’exposition supé-
rieures à 5 m, les sources étudiées ne pré-
sentent pas de risque associé au domaine
UVA (cf. fig. 6). Dans les autres conditions 쐌 30 minutes à 1h30 pour les tubes fluo- Utilisation de lampes
d’exposition (distance inférieure à 5 m) il rescents pour le bronzage et la photothé- montées en batterie
est nécessaire de respecter la durée maxi- rapie D1 à D10 et la lampe pour les arts Les résultats présentés ci-dessus corres-
male d’exposition journalière pour travailler graphiques G1, pondent à l’utilisation d’une seule lampe.
sans risque devant ces sources. Ainsi à Or, certains types de lampes comme les
0,50 m de la source, les durées maximales 쐌 et sont inférieures à 30 minutes pour les lampes actiniques et supra-actiniques ou
d’exposition journalière varient de : autres lampes pour le bronzage et la pho- les lampes pour le bronzage sont rarement
tothérapie, D11 et D12. utilisées seules; en effet, elles sont plus sou-
쐌 1 à 3 heures pour la lampe actinique A3 vent montées en batterie de 2, 4 voire 8
et les lampes de lumière noire C2, C3 et C4, lampes. La figure 7 donne un exemple de
55
Cahiers de notes documentaires - Hygiène et sécurité du travail - N° 170, 1er trimestre 1998

mesure où il ne tient pas compte du coef-


8 ficient de configuration de la source.
8
Cependant, l’erreur commise ayant pour

Durée maximale d'exposition


Durée maximale d'exposition

conséquence de majorer le risque, les du-


6 6 rées maximales admissibles estimées sont

journalière (h)
journalière (h)

toujours inférieures aux durées maximales


4 A3 4 B1
admissibles réelles.
B2
B3
2 2

0
3. Discussion
0
0,5 0,6 0,7 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5

Distance d'exposition (m) Distance d'exposition (m)


(a) (b) L’importance du danger, lié à l’utilisation
de lampes émettant spécifiquement du
8
rayonnement ultraviolet, varie selon leurs
8
caractéristiques et selon qu’il s’agit d’expo-
Durée maximale d'exposition

sitions accidentelles ou d’expositions chro-


Durée maximale d'exposition

6 niques. L’exposition accidentelle à des


6
sources intenses de rayonnement ultravio-
journalière (h)

journalière (h)

let se traduit par l’apparition d’érythèmes


4
4
D2
de la peau et de kérato-conjonctivites. Les
C1 D5
effets d’une telle exposition sont immédiats
2 C2 2 D7 mais restent réversibles. En revanche, la ré-
C4 D8 pétition d’érythèmes cutanés à la suite d’ex-
C5 D10 positions chroniques peut à terme être à
0 0
0,5 1,0 1,5 0,5 1,5 2,5 3,5 4,5
l’origine de lésions cancéreuses [6]. Lors de
toute exposition chronique, l’apparition
Distance d'exposition (m) Distance d'exposition (m)
d’un érythème, même léger, doit constituer
(c) (d) une alerte pour l’utilisateur et l’inciter à uti-
liser un dispositif de protection adéquat afin
d’éviter l’apparition de lésions plus graves
8 8
à long terme.
D11 Compte tenu de leur niveau de rayonne-
Durée maximale d'exposition

Durée maximale d'exposition

6
D12 6 ment intense dans le domaine UVB-C, les
lampes germicides occasionnent souvent
journalière (h)

journalière (h)

G1
des accidents. Les personnes amenées à tra-
4 4
H1
vailler à proximité de ces lampes doivent
donc porter vêtements et lunettes de pro-
2
tection [7]. Lorsque ces lampes sont utili-
2
sées pour la désinfection de locaux, elles
ne doivent jamais fonctionner en présence
0 0 de personnel. De même, les sources utili-
0,5 1,5 2,5 3,5 4,5 0,5 1,5 2,5 3,5 4,5 sées dans les processus industriels comme
Distance d'exposition (m) Distance d'exposition (m) les lampes actiniques, supra actiniques et
(e) (f) les lampes pour la photochimie sont sou-
vent intégrées dans des machines et les uti-
Fig. 6. Limites d’emploi des lampes pour le risque ŒILUVA : lisateurs ne sont généralement pas expo-
(a) lampes supra actiniques, (b) lampes actiniques, (c) lampe de lumière noire,
(d) tubes fluorescents pour le bronzage et la photothérapie, (e) lampes pour le bronzage sés au rayonnement direct des lampes.
et la photothérapie, (f) lampes pour les arts graphiques et la photochimie Les risques consécutifs à l’emploi de
lampes pour le bronzage et la photothéra-
pie résultent plutôt d’expositions chro-
niques. Ces lampes, souvent montées en
lampes actiniques (B3) montées en batte- qui est de l’ordre de 7h30 pour une lampe, batterie de 4 ou 8 lampes, sont susceptibles
rie. Cette figure permet de comparer les du- est de seulement 1h45 pour 4 lampes. de provoquer des érythèmes légers, juste
rées maximales d’exposition journalière ad- Il est donc impératif d’adapter les résul- perceptibles mais dont la répétition peut se
missibles en fonction de la distance d’ex- tats présentés aux conditions réelles d’uti- révéler dangereuse à long terme. Le per-
position pour 1, 2 et 4 lampes. Ainsi, à lisation, à savoir le nombre de lampes en sonnel employé dans les cabines de bron-
0,50 m, les risques PEAUUVeff et ŒILUVeff service. Une estimation approximative du zage artificiel ou dans les salles de traite-
quasi inexistants lors de l’utilisation d’une risque consiste à diviser la durée maximale ment par photothérapie doit être attentif à
seule lampe, deviennent tout à fait réels lors d’exposition journalière admissible relative la durée d’exposition à ces lampes; si ces
de l’utilisation d’une batterie de 4 lampes. à une lampe, par le nombre de lampes uti- durées dépassent les durées maximales
La durée maximale d’exposition journalière lisées. Ce calcul est approximatif dans la d’exposition journalières admissibles, le
56
Cahiers de notes documentaires - Hygiène et sécurité du travail - N° 170, 1er trimestre 1998

8
8
Durée maximale d'exposition

Durée maximale d'exposition


6
6
journalière (h)

journalière (h)
4
4

2 1 lampe 1 lampe
2
2 lampes 2 lampes
4 lampes 4 lampes
0 0
Fig. 7. Limites d’emploi correspondant
0,5 1,0 1,5 2,0 0,5 1,5 2,5 3,5 4,5
à 1, 2 et 4 lampes :
Distance d'exposition (m) Distance d'exposition (m) (a) risque PEAUUVeff + ŒILUVeff, (b)
(a) (b)
risque ŒILUVA

port de vêtements et de lunettes de pro-


C ONCLUS I ON
tection est nécessaire [8]. B I BL I OGRAPHI E
Vingt lampes sur les trente étudiées sont
L’exposition chronique au rayonnement susceptibles de présenter des risques liés à
UVA peut également entraîner une opaci- l’émission de rayonnement ultraviolet. La
fication du cristallin (cataracte). Il faut ce- nature et le niveau des risques varient selon
pendant que la source soit située dans l’axe la répartition spectrale et la puissance des 1. Vocabulaire international de l’éclairage -
Paris, Commission Internationale de l’Eclai-
du regard de l’utilisateur pour que les sources mais également selon leurs condi- rage, 1987, document CIE n° 17, 365 p.
rayons ultraviolets émis soient susceptibles tions d’utilisation.
2. DYEVRE P., MEREAU P. - Effets sur la santé
d’atteindre le cristallin. Or, le rayonnement La distance d’exposition, la durée d’ex- de l’exposition professionnelle aux rayonnements
UVA s’accompagne souvent de rayonne- position journalière et le nombre de lampes ultraviolets. Documents pour le Médecin du
ment visible qui rend la source éblouissante en service sont trois facteurs à prendre en Travail, 1994, 57, pp. 3-10.
et déclenche des réflexes d’évitement (ré- compte pour évaluer le risque relatif à une 3. CNBE - Technique de l’éclairage. Liège,
flexe palpébral, détournement du re- source de rayonnement ultraviolet. Vaillant-Carmanne, 1974, 480 p.
gard…), lesquels sont des moyens de pro- Ainsi, les courbes distances-durées d’ex- 4. IRPA - Guideline on limits of exposure to ultra-
tection. position journalière maximales admis- violet radiations of wavelengths between 180 nm
sibles, établies pour chaque type de lampe and 400 nm. IRPA guidelines on protection against
non-ionizing radiations. Oxford, Pergamon
En revanche, si l’émission est limitée au déterminent leurs limites d’emploi. Si les Press, 1991.
domaine UVA, le risque est réel et de plus durées d’exposition journalières dépassent
5. ICNIRP - Guidelines on UV radiation exposure
il n’existe pas de signes précurseurs du dan- les durées maximales admissibles ainsi dé- limits. Health Physics, 1996, 71, p. 978.
ger. Parmi les lampes étudiées, seules les terminées, le port de lunettes et/ou de vê-
6. MUKTHTAR H., ELMETS C.A. -
lampes dites de lumière noire entrent dans tement de protection s’avère nécessaire. Photocarcinogenesis : Mechanisms, models and
cette catégorie de sources qui émettent trés L’importance du danger dépend égale- human health implications. Photochemistry and
peu de rayonnement visible; dés lors elles ment de la nature de l’exposition. Au-delà Photobiology, 1996, 63, pp. 355-447.
présentent des risques associés à l’UVA. La de l’exposition accidentelle, dont les effets 7. MURRAY W.E. - Ultraviolet radiation expo-
présence de telles lampes dans le champ sont immédiats mais réversibles, l’exposi- sures in a mycobacteriology laboratory. Health
de vision des utilisateurs est donc à éviter, tion chronique semble à long terme la plus Physics, 1990, 58, pp. 507-510.
d’autant que leur rayonnement direct ne dangereuse. 8. GIES H.P., ROY C.R., ELLIOT G. - Artificial
présente pas d’intérêt. En effet, dans les ap- L’apparition d’un érythème même léger, suntanning : spectral irradiance and hazard evalua-
tion of ultraviolet sources. Health Physics, 1986,
plications courantes (détection de défauts, consécutif à l’emploi de lampes de rayon- 50, pp. 691-703.
effets spéciaux…) ce sont les propriétés du nement ultraviolet, doit inciter l’utilisateur
rayonnement réfléchi par les différents sup- à se protéger, afin d’éviter l’apparition de
ports qui sont exploitées. lésions plus graves à long terme.
JOUVE-Paris

INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE ET DE SÉCURITÉ - 30, rue Olivier-Noyer 75680 Paris cedex 14
Tiré à part des Cahiers de notes documentaires - Hygiène et sécurité du travail, 1er trimestre 1998, n° 170 - ND 2074 - 1200 ex.
N° CPPAP 804/AD/PC/DC du 14-03-85. Directeur de la publication : J.-L. MARIE. ISSN 0007-9952 - ISBN 2-7389-0624-9

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