EXPOSE
Thème : Serigne Cheikh Ahmed Tidiane SY
AL MAKHTOUM
Prof : Mme SY Classe : 5E
Etablissement : CEM MOUHAMADOUL HABIB SY
Plan :
Introduction :
I. Biographie d’Al Makhtoum
II. Portrait de Serigne Cheikh
III. Dimension intellectuelle de Serigne Cheikh
IV. Dimension spirituelle d’Al Makhtoum
1. Les contemporains de Cheikh Tidiane Maktoum à Tivaouane
V. Al Makhtoum Ambassadeur du Sénégal au Caire
VI. Serigne cheikh, un homme d’affaire
1. Ses relations nationales et internationales
Conclusion :
EXPOSANTS :
Awa Diouf
Fatou Fall
Mariéme Fall
Pape Abdoulaye Fall
Fatou Cissé Gaye
Mamadou Gaye
Mamy Bineta
Goudiaby
Mor Gueye
Introduction :
Serigne Cheikh Ahmad Tidiane Sy Maktoum tire un double privilège de
son état-civil. La Tidjaniyya, confrérie soufie, est fondée par son
homonyme, l'Algérien Aboul Abbas Ahmad At-Tidjani (1737-1815), puis
largement propagée par son grand-père, El Hadji Malick Sy, hagiographe
du prophète Mohamed (PSL).
I. Biographie d’Al Makhtoum
Serigne Cheikh est Serigne Cheikh Al-Maktoum est le petit-fils du
marabout El Hadji Malick Sy et le fils de Serigne Babacar Sy, né à Saint
Louis du Sénégal en 1925. Il grandit au côté de Serigne Cheybatou Fall,
Imam Moussa Niang, Serigne Alioune Gueye entre autres. Ces derniers
sont des compagnons de son père Serigne Babacar Sy. Il termine à 14
ans le cycle inférieur et moyen des études islamiques et publie à 16 ans
son premier ouvrage appelé Les Vices des marabouts
Il devient grand khalife à la mort de son frère Serigne Mansour Sy en
2012.
Il est rappelé à Dieu le 15 mars 2017 et a été remplacé à la tête de la
confrérie par son frère.
II. Portrait de Serigne Cheikh
Natif de Saint-Louis comme son père, Serigne babacar Sy, khalife général
des Tidianes de 1922 à 1957, dont il est le troisième fils, Serigne Cheikh
Tidiane Sy est entré dans sa 83-ème année. Il laisse apparaître le
parcours d'un guide spirituel qui s'est affranchi du conservatisme, propre
à l'islam au Sénégal, pour s'efforcer de se donner une identité propre à
lui, celle d'un homme d'ouverture.
III. Dimension intellectuelle de Serigne Cheikh
Au-delà de la considération tirée de son ascendance (descendant d'El-
Hadji Malick Sy, de l'almamy du Rip et du Bour Sine), son influence dans
les milieux musulmans sénégalais est le résultat de son itinéraire
personnel. Très tôt, Serigne Cheikh Tidiane a tenté de réformer son
entourage familial. Il installe le téléphone pour le khalife et commence à
habituer son monde au port de la tenue dite occidentale et aux
apparitions publiques, le chef décoiffé. Cette ouverture suscite des
controverses. Par exemple, chez les religieux, le bonnet est un élément
du complet. Au cours d'une causerie religieuse, le 26 mai 1950 à
Tivaouane, le jeune marabout soutenait : “La religion ne doit pas rendre
neutre son sujet aux travaux de réforme mondiale. (…) Apprendre ses
devoirs religieux et les mettre en pratique n'exclut nullement les travaux
manuels et d'esprit qui conduisent à l'amélioration du sort de l'humanité.
C'est là un autre champ qu'il ne faut pas fuir pour aucun prétexte”.
Plusieurs registres, intellectuel, social, théologique, politique et
économique, caractérisent son parcours. Cette dimension plurielle
marque ses conférences publiques ou sa causerie à l'occasion de la
commémoration de la naissance du prophète Mohamed (571-622).
D'ailleurs, depuis près d'une décennie, le cheikh la célèbre, seul avec ses
fidèles aux Champ des courses de Tivaouane. Ce Gamou est le troisième
organisé, concurremment, à côté de celui de ses frères et celui de ses
cousins. La première scission date du début des années 50, suite à un
conflit entre Khalifa Babacar et ses demi-frères.
Cette vielle division est intervenue un demi-siècle après le lancement par
El-Hadji Malick Sy de la nouvelle impulsion qu'il a apportée à
l'anniversaire de la « Mawlidi nabi », en le célébrant avec le « Bourda », le
chef-d’œuvre de Mohamed Bouchri. Ce sont des écrits panégyriques sur
le prophète chantés sur une décade avant la veille du Gamou. Le jour-j,
les conférenciers de ces trois pôles commentent le « Khilasu Zahab » ou «
Mimiya », oeuvre majeure de leur aïeul sur la vie du prophète.
Tivaouane est l'attraction des musulmans sénégalais à l'occasion de la
célébration du Maouloud. Cette commémoration de la naissance du
prophète Mohamed (PSL), la 106-ème édition dans la ville depuis qu'elle a
été lancée par El-Hadji Malick Sy. L'avènement de ce savant et mystique
(1855-1922) a été annoncé par El-Hadji Oumar Foutiyou Tall comme son
successeur à la tête de la Tijaniyya.
IV. Dimension spirituelle d’Al Makhtoum
Dans sa formation spirituelle, Cheikh Ahmad Tidiane Maktoum revendique
“une fidélité sans faille aux enseignements de Serigne Babacar Sy”, son
père qu'il prend pour “seul et unique maître spirituel”. Toutefois, il ne
cache pas une pleine admiration pour son formateur Serigne Alioune
Guèye, ainsi qu'il aime à citer ses autres professeurs de sciences
islamiques, l'imam Moussa Niang et Chaybatou Fall. Aussi, rappelle-t-il
souvent son passage entre les mains de son oncle paternel El-Hadji
Abdoul Aziz Sy et des leçons de diction de ce savant et pédagogue de
renom. Ils ont vécu ensemble à Guinguinéo (centre). L'écho des cantiques
de Dabbah retentit encore au Sénégal, 10 ans après sa disparition.
1. Les contemporains de Cheikh Tidiane Maktoum à Tivaouane
Ces contemporains retiennent de lui “un apprenant surdoué”, un talibé
qui récitait sans anicroche ses leçons alors qu'il revenait d'autres
occupations pendant que ses camarades apprenaient. Déjà à l'âge de 14
ans, il a bouclé prématurément les cycles inférieur et moyen des études
islamiques. A 16 ans, il publie son premier livre : “Les vices des
marabouts”. Plus tard, il écrivit “L'inconnu de la nation sénégalaise : El-
Hadji Malick Sy”. A la trentaine, il effectue son premier voyage à Paris où
il vit, bien plus tard pendant cinq ans, une sorte d'exil.
Cette précocité intellectuelle fait lui qu'il joue les premiers rôles dans
l'entourage de son père. Aux toutes dernières années du califat de
Serigne Babacar, Cheikh animait, sur sa désignation, le Gamou et il était
l'interlocuteur des dahiras (cercles de talibés) et des délégations
officielles. En ce moment, comme aujourd'hui d'ailleurs, la famille d'El-
Hadji Malick Sy, était en conflit. Après le rappel à Dieu du défunt khalife,
Serigne Cheikh se sert de cette influence auprès de son père et de son
aura propre auprès des muqqadams (dignitaires) et des fidèles pour
revendiquer la légitimité dans la succession. Et depuis, il n'a pas lâché
prise !
Cette maturité le met en contact avec les hommes politiques avec qui
d'ailleurs les relations évoluent en dents de scie. Il fut le fondateur du
Parti de la solidarité sénégalaise (PSS, opposition à Senghor), avec divers
politiques notamment Ibrahima Seydou Ndao et Me Moustapha Wade,
ainsi que le marabout Cheikh Ibrahima Niasse. En 1959, la contestation
de résultats électoraux jugés “tronqués” par le PSS et le PAI (gauche)
vaudra à Cheikh un séjour carcéral.
V. Al Makhtoum Ambassadeur du Sénégal au Caire
En 1960 Senghor le nomme ambassadeur au Caire auprès de la
République arabe unie (Egypte et Syrie). La fin ne fut pas prospère. Aux
accusations de “fautes de gestion” se mêlent celles d'un “approchement
inquiétant avec les milieux arabo-musulmans”. L'inquiétude venait
surtout des autorités françaises et des pro-Français dans l'entourage de
Senghor. Un fait : le marabout-ambassadeur développait la coopération
culturelle et faisait venir des milliers d'ouvrages à destination des
arabisants sénégalais.
“Au risque de me répéter, je vous rappelle que votre rôle est avant tout
d'étudier et d'organiser la nature qui est en nous et hors de nous, pour
l'avènement de la justice, de la bonté et de la paix”, déclarait-il au cours
d'une conférence religieuse, en mai 1961 à Rufisque.
VI. Serigne cheikh, un homme d’affaire
Mystique, intellectuel et politique, Cheikh Tidiane garde à son tableau de
chasse la figure de l'homme d'affaires. Producteur d'arachides dans le
Saloum (centre), il s'est ensuite intéressé à l'industrie (huilerie et tomate
conservée) avant de devenir actionnaire majoritaire dans l'unique
cimenterie du pays à l'époque, la SOCOCIM à Rufisque. Sa brouille avec le
régime d'Abdou Diouf lui vaudra bien des ennuis dans ce portefeuille.
Aussi, sont évoqués ses intérêts passés dans les secteurs du transport.
Aujourd'hui, le poids de l'âge et l'étendue des responsabilités le confinent
à plus de retrait que jamais. N'empêche, ses détracteurs voient toujours
son inspiration à travers les manifestations du Dahira moustarchidin wal
moustarchidati, le mouvement de jeunes dirigés par son fils Serigne
Moustapha Sy. Serigne Cheikh est leur guide spirituel, même si lui-même
être leur condisciple dans le legs de Khalifa Ababacar Sy.
Bacary Sambe, docteur en sciences politiques et chercheur à la Maison de
l'Orient méditerranéen, Université Lumière Lyon2, relevait dans un article
que “Cheikh Ahmed Tidiane Sy Maktoum fut, lui aussi, présenté par les
éditions Dâr Makbat al-Hayat de Beyrouth en ces termes : 'il est
actuellement parmi les hommes qui œuvrent pour l'intérêt des
musulmans et de l'humanité. Il bénéficie de l'estime et de l'amitié
sincères de tous les leaders du monde arabe. Ils l'estiment pour sa vision,
ses qualités humaines et sa sagesse politique”.
Dans une analyse datée de septembre 1995 consacrée aux relations
entre l'islam et le monde occidental, suite à une appréciation positive du
Prince Charles d'Angleterre sur la contribution de la religion musulmane
dans le progrès de l'Europe, Cheikh Tidiane Sy le soutenait ainsi que “Ce
n'est pas parce qu'il y a des incultes parmi les Occidentaux et des
révoltés parmi les Musulmans que tout doit s'écrouler. Il faut aider les uns
et les autres à être moins récalcitrants”.
1. Ses relations nationales et internationales
Cependant, après le déclenchement de la guerre en Irak, par les forces
anglo-américaines, le chef religieux sénégalais avait vivement protesté
contre les divers soubassements de l'attaque armée. Le jeudi 15 mai
2003, à l'occasion du Gamou, il plaidait pour une réforme des systèmes
internationaux. “Les systèmes financiers, politiques et religieux sont tous
mal fichus. On ne peut pas mondialiser la bêtise ! Le constat d'échec des
systèmes est patent. Ceux qui prônent la mondialisation, eux-mêmes, s'y
perdent tous les jours”.
“L'homme est le premier projet de Dieu et sa dernière créature. A travers
lui, le Seigneur témoigne de son omniscience que tout fidèle doit méditer.
Le règne de l'aveuglement généralisé rend nécessaire pour le musulman
un retour aux sources divines : Allah, le prophète et le coran. Tout ce qui
peut sauver l'être humain, c'est sa détermination à prêter attention aux
pouvoirs du Seigneur et Dieu a fait de son envoyé (le prophète Mohamed)
un sol vierge pour l'avènement du coran”.
Au dernier Gamou, le 1er avril 2007, Serigne Cheikh Tidiane Sy Maktoum
invité les adultes, en particulier les maîtres coraniques, à savoir “se
comporter convenablement avec les enfants, à être gentils avec eux”. “Il
y a en qui ne savent que gronder ou violenter les enfants alors que cela
ne se fait pas. Tout comme il est formellement interdit, en islam, de
transformer les enfants en mendiants errant en guenilles dans les rues.
D'ailleurs, pour faire exaucer un vœu personnel, passons par les enfants”.
Serigne Cheikh, c'est surtout la maîtrise de la parabole comme méthode
d'éducation allusive. Il la couple souvent avec l'humour ou la dérision.
“Tâchez-vous d'apprendre l'arabe classique, la langue du prophète qui est
aussi celle de l'au-delà parce qu'on n'y parlera ni le français ni je ne sais
quoi”
Conclusion :
La religion, disait Serigne Cheikh Ahmed Tidiane SY AL-MAKTOUM, "ne
doit pas rendre neutre son sujet aux travaux de réforme mondiale.
Apprendre ses devoirs religieux et les mettre en pratique n’exclut
nullement les travaux manuels et d’esprit qui conduisent à l’amélioration
du sort de l’humanité. C’est là un autre champ qu’il ne faut fuir pour
aucun prétexte". Il a su donc revivifier la Révélation à travers une parole
féconde et constructive (ou constructrice) et grâce à des actions
rénovatrices et progressistes. Des enseignements de l`université
populaire de Tivaouane à l`exploration des fonds marins, en passant par
les différentes professions exercées, l`Homme de Dieu n`a cessé de
traduire les composantes de l`Unicité de Dieu en actions de la vie
courante. Ses multiples casquettes d`Homme de Dieu, d`homme
politique, d`homme de Lettres, de scientifique, d`industriel, de
commerçant et d`agriculteur sont autant d`expériences pour maintenir le
contact avec le Ciel. Mame Cheikh Ahmed Tidiane SY AL-MAKTOUM n’a
d’ailleurs cessé d’inviter les croyants au renouvellement de leur intimité
avec le Ciel à travers l’exercice d’un métier.