Droit Fiscal
Droit Fiscal
V.H :60 H
INTRODUCTION
Le droit fiscal peut être défini comme étant la branche du droit recouvrant l’ensemble des règles
de droit relatives aux impôts .Son rôle est de permettre aux personnes physiques et personnes
morales de participer aux financements de l’Etat.
Ainsi la fiscalité est acceptée comme une nécessité, un devoir. Gaston Jèze soulignait qu’il
existe entre l’impôt et les dépenses une relation tellement étroite que l’on peut dire que la
dépense d’intérêt général est le fondement et la mesure de l’impôt moderne. Il existe donc un
lien étroit entre l’étude des finances publiques et la fiscalité qui constitue un passage obligé à
la compréhension de l’organisation financière de l’Etat. Pour le financement des charges
publiques, l’Etat a besoin de ressources, il tire l’essentiel de ses ressources de la fiscalité : Le
moyen de financement le plus sûr et le plus stable.
Mais, l’opération d’imposition est une opération délicate car elle touche le patrimoine du
contribuable. Le droit fiscal est né et s’est développé autour de la définition et de l’organisation
de l’opération d’imposition. C’est un droit qui s’oriente vers la définition des droits et
obligations des contribuables. Il se caractérise par son autonomie par rapport aux autres
branches de droit public. On considère qu’une branche du droit est autonome lorsqu’elle est
régie par des règles propres.
L’étude du phénomène fiscale ne saurait bien se comprendre de prime abord que par l’analyse
des données fondamentales qui concourent à l’élaboration des notions fiscales (l’impôt), la
recherche des liaisons et combinaisons entre ces notions, l’exposé des principes selon lesquels
elles sont mises en œuvre dans les diverses phases de l’acte de l’imposition. Il s’agit donc des
notions et des constantes que l’on retrouve dans tout système fiscal. Pour ce faire, il convient
d’énoncer de prime abord l’objet et l’historique du droit fiscal.
Au moyen âge, les individus fournissaient des services directement à leurs seigneurs/chefs
traditionnels. C’étaient des formes d’impôts qui n’étaient pas versés sous forme de monnaie.
Aujourd’hui, le fait que le paiement des impôts est en numéraire ne devrait obscurcir la relation
entre les méthodes du moyen-âge et les méthodes modernes. Une personne qui doit donner 1/3
de ses revenus au gouvernement, est effectivement en train de travailler 1/3 de son temps pour
le gouvernement.
Il existe deux grandes distinctions entre les taxes traditionnelles et les taxes modernes. Dans le
premier cas en effet, les individus n’étaient pas autorisés à quitter les chefs traditionnels sans
l’autorisation préalable de ces derniers. Aujourd’hui les individus peuvent habiter où ils
veulent. Ceci constitue la juridiction qui imposera la taxe. Alors que dans le système
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traditionnel, l’individu était obligé de travailler, dans le système actuel l’individu est seulement
obligé de partager avec le gouvernement ce qu’il reçoit du travail ou des investissements ou
paie lors de la consommation. Ils peuvent décider de travailler moins s’ils veulent payer moins.
§ 1. Définition de l’impôt
Gaston JEZE définit l’impôt comme « étant une prestation pécuniaire requise des particuliers
par voie d’autorité, à titre définitif et sans contrepartie, en vue de la couverture des charges
publiques ». L’auteur souligne l’aspect purement financier de l’impôt : « il y a des charges
publiques, il faut les couvrir » tandis que pour Lucien MEHR et BELTRAME « l’impôt est
une prestation pécuniaire requise des personnes physiques ou morales de droit privé, voire de
droit public, d’après leurs facultés contributives, par voie d’autorité, à titre définitif et sans
contrepartie déterminée, en vue de la couverture des charges publiques et des collectives
locales.
Une fois que l’impôt est légalement dû et payé, il ne peut plus être l’objet de restitution.
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- La fonction économique ;
- La fonction sociale.
A. La fonction financière
L’impôt est la principale ressource du budget de l’Etat. Il consiste à alimenter les caisses
publiques en vue de couvrir les dépenses de l’Etat et les collectivités locales.
Toute fonction montre que l’impôt est devenu un outil de développement économique et de
regulation des disparités à travers notamment un encouragement à l’investissement et une
incitation fiscale.
1
Martin Collect, Droit fiscal, 2ème éd, Paris, PUF, 2007, p.7.
6
Il existe plusieurs moyens d’assurer le financement des charges publiques soit, on fait recours
à l’impôt, on fait donc supporter le poids de la dépense à l’ensemble des contribuables, soit on
fait recours à des prélèvements qui pèsent sur les seuls usagers du service. Cette dernière
catégorie englobe, bien entendu, l’ensemble des taxes et certaines redevances à caractère
obligatoire.
A. La taxe fiscale
La taxe est une contribution fiscale, perçue au profit de l’Etat, des collectivités locales et des
établissements publics administratifs, en raison du fonctionnement d’un service public sans
que son montant soit en corrélation avec le coût du service. C’est « un prélèvement opéré sur
l’usager d’un service public, à l’occasion de l’utilisation de ce service, mais sans que ce
prélèvement ait une corrélation avec le coût du service qui lui est rendu »2
B. La redevance
La redevance est un prélèvement demandé en contrepartie de l’usage d’un service public, tant
industriel, commercial qu’administratif, rendu. Donc, la nécessité est portée sur l’existence d’un
service rendu et, à l’opposé de la taxe fiscale, le montant de la redevance doit être proportionnel
audit service rendu.
A. La matière imposable
B. La personne imposable
Il s’agit de la personne sur laquelle pèsent les obligations et les charges fiscales.
2
Martine Betch, [Link].p.15.
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A cet effet, on note plusieurs vocables pour désigner la personne imposable (le contribuable, le
redevable)
1. Le contribuable
Le contribuable est la personne au nom de qui la dette d’impôt est juridiquement établie. On
distingue le contribuable réel qui supporte juridiquement le poids de l’impôt et le contribuable
légal appelé aussi redevable celui-ci étant tenu de collecter l’impôt pour le compte de
l’administration fiscale.
2. Le redevable
Il s’agit du collecteur d’impôt par exemple en matière d’impôt sur les traitements et salaires le
redevable est l’employeur car il opère une retenue à la source, ensuite il est tenu de la verser au
trésor public sous peine de sanctions.
C. Le fait générateur
Le fait générateur est l’événement (le phénomène, l’opération ou la situation) qui donne
naissance à la créance (ou dette) fiscale. C’est le phénomène économique qui permet de
déclencher le mécanisme de l’imposition. On peut aussi dire le fait par lequel sont réalisées les
conditions légales nécessaires pour asseoir l’impôt. Ex. dépense en cas de la TVA,
franchissement du cordon douanier en cas de droits de douanes.
D. La base imposable
Il s’agit de la base sur laquelle l’impôt est calculé, on peut aussi l’appeler assiette dans un sens
plus large. La base imposable constitue la donnée chiffrée sur laquelle on applique un taux de
taxe. Il convient de distinguer la matière imposable de la base imposable. Ainsi, du point de
vue de la TVA par exemple, la matière imposable est le produit ou le service alors que la base
imposable est le prix de ce produit ou service.
E. La liquidation de l’impôt
La liquidation de l’impôt consiste à calculer le montant de l’impôt, il s’agit d’appliquer le tarif
(ou fourchette) sur la base imposable. Ce dernier a comme élément essentiel le taux.
F. Le recouvrement de l’impôt
Le recouvrement de l’impôt confère au Trésor public ou à l’administration fiscale le droit de
réclamer les sommes qui lui sont dues. Certains impôts doivent être payés spontanément au
moment de la déclaration, telle la TVA. D’autres par contre sont appelés par le fisc qui dresse
8
un avis d’imposition à l’endroit de tous les contribuables sur la base d’une liste appelée rôle
nominatif de l’impôt. Il convient de noter que certains impôts sont retenus à la source comme
en matière de traitement et salaires.
1. Enoncé du principe
Le principe de l’autonomie du droit fiscal signifie que le fisc n’est pas lié dans l’application de
l’impôt par des définitions juridiques générales telles qu’elles sont établies en droit commun. Il
peut leur substituer ses propres définitions qui sont basées sur des situations de fait. Il en résulte
que le droit fiscal doit s’interpréter d’une manière spéciale et qu’il est vain de vouloir définir
une attitude vis-à-vis du fisc en usant des analyses juridiques du droit privé.
2. But de l’autonomie du droit fiscal
Le droit d’établir l’impôt est un attribut de la souveraineté. L’assise souveraine (le fondement,
la base) d’établir l’impôt exprime une double réalité : une réalité politique et une réalité
Juridique.
qui devraient déterminer l’équilibre nécessaire entre exigences de l’Etat et le respect des droits
de l’individu.
§ 3. Le principe de territorialité
[Link]
La loi fiscale oblige tous ceux qui habitent le territoire et régit tous les biens, meubles et
immeubles, qui se trouvent sur ce territoire. Son application s’arrête donc à la frontière terrestre.
2. Les entrepôts
Le régime d’entrepôt soustrait de la loi fiscale des marchandises reçues en transit aux ports,
dans certaines gares ou en tout autre lieu.
3.L’admission temporaire
Les marchandises destinées à des expositions, à des foires, à des réunions à caractère éducatif,
scientifique ou culturel, à des congrès internationaux, peuvent bénéficier de l’exonération des
droits des douanes.
C. Les problèmes posés par l’application de la territorialité des lois fiscales et leurs
solutions
1. Les problèmes
Chaque Etat a droit de définir l’application de l’impôt comme il l’entend (principe de la
souveraineté). Mais, des contradictions peuvent en résulter. Prenons un Etat qui impose tous les
revenus réalisés sur son territoire et un autre qui impose tous les revenus perçus par ses
résidents, le contribuable habitant le second Etat qui perçoit des revenus dans le premier sera
imposé dans les deux Etats : il y a double imposition. Un autre problème est celui de l’évasion
fiscale consistant en ensemble des procédés par lesquels les contribuables échappent en tout ou
en partie à l’impôt sans manœuvres frauduleuses en tirant parti des lacunes ou des imperfections
des textes législatifs ou en recourant à la voie la moins imposée à l’échelle nationale ou
internationale.
2. Les solutions
Au plan interne, certains Etats s’efforcent d’empêcher les doubles impositions par des
dispositions fiscales.
§ 4. L’annualité
Le principe de l’annualité de l’impôt signifie que la loi d’impôt doit être mise en application
tous les ans.
§ 5. L’égalité fiscale
Le principe de l’égalité fiscale s’impose comme une conséquence de la légalité de l’impôt. Il
découle aussi du principe de l’égalité devant les charges publiques, Ainsi l’art. 70, al. 3 de la
Constitution de la République du Burundi dispose que « tous les citoyens sont égaux devant les
charges publiques. Il ne peut être établie d’exonération que par la loi ».
« La loi dispose pour l’avenir, elle n’a point d’effet rétroactif ». Le principe de la non
rétroactivité des lois interdit de reporter l’effet de la loi antérieurement à l’entrée en vigueur de
la loi (principe de l’application immédiate et pour l’avenir de la loi).
A. L’entrée en vigueur
a) Le principe
La loi devient obligatoire par sa publication qui résulte de l’insertion de la loi au journal
officiel.
b) Les assouplissements
2° La décision du législateur
L’entrée en vigueur, une fois déterminée, la loi fiscale s’applique immédiatement, non
seulement aux situations prévues qui naîtront, mais encore aux situations actuellement
existantes.
1. La pratique
A côté de l’application immédiate de la loi qui peut régulièrement atteindre des situations
existantes,
- le législateur décide parfois qu’une loi produira ses effets dans le passé.
- Les tribunaux reconnaissent que le législateur peut déroger à la règle ordinaire du non
rétroactivité en vue d’un intérêt supérieur d’ordre public.
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2. Appréciation
En matière fiscale, comme en toute matière, le législateur est maître de la légalité. On ne peut
même pas lui reprocher de ce qu’il a fait puisqu’il exprime la volonté générale et nous savons,
grâce à J.J. Rousseau, que « la volonté générale est toujours juste et bonne et qu’elle ne peut
pas se tromper ».
La doctrine et la jurisprudence affirment que les lois fiscales sont d’ordre public. Ainsi, l’ordre
public traduit dans une société déterminée les normes qu’on ne peut ni méconnaître, ni violer
sans que l’existence et le fonctionnement de cette société ne soient compromis. Il se rapporte à
tout ce qui regarde l’organisation de la société. Et l’organisation et le fonctionnement de la
société ne sont possibles qu’avec des moyens financiers procurés par les prélèvements fiscaux.
Il est donc aisé de rendre compte du caractère d’ordre public des lois fiscales.
2. La dette fiscale ne s’éteint pas par compensation: le contribuable qui a une dette d’impôt et
qui est en même temps créancier de l’Etat ne peut se libérer en opérant une compensation entre
la dette d’impôt et sa créance.
- L’impôt se fonde sur le besoin d’argent éprouvé par le trésor public, la compensation ne lui
apporterait cet argent frais ;
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- Surtout, un principe fondamental du droit public interdit toute voie d’exécution forcée contre
l’Etat.
3. Les délais de paiement sont de rigueur : la règle selon laquelle le juge peut accorder des
termes et délais au débiteur de bonne foi est inapplicable en matière fiscale.
4. Les règles de procédures doivent être observées à peine de nullités : la validité des actes de
poursuites en recouvrement forcé (commandement, saisies, ventes, avis à tiers détenteurs) est
subordonnée à l’observation des règles de procédures prévues à cette fin, soit par le droit
commun, soit par le droit fiscal.
La loi fiscale frappe la matière imposable là où elle se trouve telle qu’elle se présente, sans en
préoccuper des abstractions juridiques.
Les sources du droit peuvent être définies comme les modes de la création des règles de droit,
les procédés par lesquels ces règles s’élaborent.
Pour l’ensemble, ces sources sont de droit interne, mais, de plus en plus, les règles de droit
international se développent.
1. La constitution
Les bases constitutionnelles du droit fiscal sont très proches d’un pays à l’autre. On peut parler
en ce sens des normes constitutionnelles universelles, c’est-à-dire des normes fiscales
impératives reconnues par la communauté des Etats dans son ensemble. Ces normes
constitutionnelles universelles sont au nombre de trois à savoir : le consentement de l’impôt,
l’égalité et la solidarité fiscale.
A. Le consentement de l’impôt
B. L’égalité fiscale
L’art. 70 al 3 dispose que tous les citoyens sont égaux devant les charges publiques. Il ne peut
être établi d’exonération que par la loi.
C. La solidarité fiscale
Elle s’exprime par la prise en compte des facultés contributives du contribuable. Sous cette
forme, l’art. 70, al. 4 de la Constitution du Burundi dispose que l’Etat peut proclamer la
solidarité de tous devant les charges qui résultent des calamités naturelles et nationalistes. La
solidarité peut s’exprimer parfois sous la forme de contributions volontaires.
3. La loi
La loi : une source fondamentale du droit fiscal
4. Le règlement
L’exécutif dispose d’un pouvoir réglementaire normal dans toutes les matières autres que celles
qui relèvent du domaine de la loi. Les règlements d’exécution permettent aussi au pouvoir
exécutif de déterminer et de préciser les conditions d’applications d’une loi.
Pareilles dispositions sont complétées par les décrets présidentiels et arrêtés et ordonnances
ministériels. Les décrets et arrêtés doivent se conformer aux textes de loi auxquels ils assurent
l’application.
Ceux-ci sont définis comme des conventions négociées et signées de façon bilatérales ou
multilatérales.
- Règle la situation fiscale des ressortissants de deux ou plusieurs Etats en évitant le phénomène
de double imposition
-Etablit une collaboration entre les Etats en vue de lutter contre la fraude et l’évasion fiscale
2. Mécanismes utilisés
-les directives communautaires dont en principe les législations nationales doivent en assurer
la mise en œuvre.
Selon la législation fiscale burundaise, rentrent dans la catégorie des impôts établis au profit de
l’Etat : les impôts sur les revenus, les impôts sur le chiffre d’affaires, les impôts sur les revenus
locatifs ; etc.
Aux termes de l’art. 1 de la loi n°1/ 14 du 24 Décembre 2020 relative aux impôts sur les revenus
au Burundi, les revenus imposables sont :
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- Le revenu réalisé par les groupements de fait,les associations sans but lucratif ainsi que toute
autre entité,quels que soient sa forme,son but ou le résultat de ses activités,se livrant à une
exploitation ou à des opérations à caractère lucratif.
a) Les revenus tirés d’un emploi exercé au Burundi ou d’une activité ou d’une opération
réalisée au Burundi ;
d) Les revenus d’exploitations sis au Burundi, y compris les revenus provenant de l’élevage
et des stocks agricoles et forestiers situés au Burundi ;
e) Les plus-values réalisées lors de la cession d’un immeuble ou d’un droit y relatif, ou encore
lors de la cession d’actifs financiers d’une société résidente au Burundi ;
g) Les intérêts payés par une personne résidente ou par un établissement stable d’un non
résident au Burundi ;
h) Les droits de licence, y compris ceux des contrats de crédit-bail payés par un résident ou
par un établissement stable d’un non-résident au Burundi ;
i) Les gains provenant des loteries et autres jeux de hasard ou d’argent ayant lieu au Burundi ;
NB : Cette liste des revenus imposables étant exhaustives, les revenus non mentionnés sont
réputés de sources étrangères.
B. Revenu étranger
Lorsqu’au cours de l’exercice fiscal, un résident perçoit un revenu ou un bénéfice, comme décrit
ci-avant, de source étrangère, l’impôt payable par ce résident au titre de l’impôt sur le revenu
des personnes physiques ou de l’impôt sur les revenus des sociétés est diminué du montant égal
à l’impôt payé ou dû à l’étranger sur ce revenu ou bénéfice. C’est le crédit d’impôt étranger.
La déduction ne peut être supérieure à l’impôt, calculé avant déduction, qui aurait été prélevé
au Burundi au titre de revenu de source étrangère.
Ainsi, le montant de l’impôt payé à l’étranger est prouvé par un justificatif, tel qu’un avis
d’imposition, un certificat de retenue ou tout autre document similaire acceptable, sur lequel
figurent (art. 15) :
c) Le motif de l’imposition ;
Seules les copies certifiées conformes par l’administration fiscale qui a édicté le document sont
admises. Ces justificatifs doivent être joints à la déclaration d’impôt, à défaut de quoi aucun
crédit d’impôt ne peut être accordé.
Dans le cas où le montant de crédit d’impôt est calculé à partir de l’impôt dû à l’étranger, le
contribuable doit soumettre à l’administration fiscale la preuve du paiement de l’impôt dans un
délai de 6 mois à partir du moment où l’impôt devient exigible au Burundi, à défaut de quoi, le
crédit d’impôt déduit devra être remboursé, majoré des intérêts éventuels et sans préjudice des
pénalités.
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A. Généralités
1. Champ d’application
Aux termes de l’art. 19 de la loi n°1/ 14 du 24 Décembre 2020, le revenu imposable des
personnes physiques est composé de deux cédules. La première cédule comprend les revenus
d’emploi, les revenus d’affaires et les revenus locatifs,tandis que la deuxième cédule comprend
les revenus du capital et les plus-values.
2. Taux de l’impôt
a) Pour la 1ère cédule : revenus d’emploi et bénéfices d’affaires (art. 21)
Pour les personnes résidentes, le montant des revenus imposables appartenant aux revenus
d’emploi et aux revenus locatifs est arrondi au millier de francs burundais le plus proche et
imposé par tranches selon le tableau suivant :
De A
0 1 800 000 0%
1 800 000
3 600 000
Le même barème s’applique également aux personnes non-résidentes au Burundi pour leurs
revenus imposables appartenant à la première cédule. Toutefois, seuls les revenus suivants sont
pris en compte pour le calcul du montant des revenus imposables :
Toute personne physique exerçant des activités d’affaires au Burundi, qu’elle soit de droit
burundais ou de droit étranger est soumise à l’impôt minimal quels qu’en soient ses résultats y
compris les bénéficiaires des avantages de la zone franche pendant les dix premières années de
son existence. L’impôt minimal est fixé à 1% du chiffre d’affaires.
Toutefois, les personnes physiques exerçant des activités d’affaires sont imposées au taux
unique de trente pour cent (30%)
Dans ce cas, le montant des revenus est arrondi au millier de francs burundais le plus proche et
est imposé au taux proportionnel de 15%.
Néanmoins pour l’impôt sur le revenu d’emploi, la déclaration et le paiement doivent se faire
par période imposable qui est pour l’application de la présente loi, fixée à un mois.
La date limite de la déclaration et du paiement est fixée au quinzième jour du mois qui suit celui
de la réalisation du revenu d’emploi.
Soulignons que les personnes physiques ayant un chiffre d’affaires inférieur ou égal à cent
millions (100.000.000) francs burundais doivent souscrire leurs déclarations et paiement
trimestriellement.
1. Du contenu
Tous les revenus d’emploi sont taxables qu’ils soient payés en espèces ou en nature et ils
incluent les éléments suivants :
1) Les salaires, les traitements, les indemnités et les allocations de toute nature, les jetons de
présence, les primes et les rémunérations diverses ;
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6) Les autres paiements ou avantages effectués au titre d’un emploi actuel, antérieur ou futur,
non exonérés par la loi ;
7) Tout paiement occulte ou autre avantage que l’employé recioit d’une tierce personne
8) Les frais de déplacement d’un employé qui bénéficie d’un déplacement en nature de son
employeur ;
10) Tout montant dont l’origine est incertaine ou tout montant que le contribuable qualifie de
cadeau, sauf si:
• l’origine du montant et son caractère non imposable sont prouvés de manière convaincante,
• le montant est déclaré comme revenu non imposable dans les délais.
Les avantages fournis par un employeur à une personne liée à l’employé et qui ne représentent
pas une contrepartie du travail sont considérées comme ayant été fournis à l’employé lui-même.
Le montant correspondant est ajouté au revenu imposable de l’employé
2) La part patronale des cotisations de retraite versée par l’employeur pour le compte de
l’employé aux caisses de sécurité sociale de l’Etat et aux fonds de pension qualifiés ;
3) La part patronale des cotisations d’assurance maladie versées par l’employeur pour le compte
de l’employé, aux caisses de sécurité sociale de l’Etat et aux organismes privés de sécurité
sociale ;
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4) Les remboursements des frais médicaux de l’employé, de son conjoint et de ses enfants à
charge, payés par l’employeur pour le compte de l’employé.
5) Les pensions, les rentes ou les indemnités accordées par les fonds de pension qualifiés et les
caisses de sécurité sociale de l’Etat ;
1° La part salariale des cotisations de retraite versée par l’employeur pour le compte de
l’employé, aux caisses de sécurité sociale de l’Etat et aux fonds de pension qualifiés ;
2° La part salariale des cotisations d’assurance-maladie payées par l’employé aux caisses de
sécurité sociales de l’Etat et aux organismes privés de sécurité sociale.
3° Les frais de déplacement qui n’excèdent pas 15% du salaire de base sauf si le salarié bénéficie
d’un déplacement en nature de son employeur
La part salariale des cotisations versées aux fonds de pension qualifiés et aux organismes
complémentaires de sécurité sociale ne sont déductibles qu’à hauteur de vingt pour cent (20%)
du revenu d’emploi brut de l’employé.
• Salaire de base ;
• Cotisations sur le salaire aux fonds de pension qualifiés et aux organismes complémentaires
de sécurité sociale qui excèdent 20% du revenu d’emploi brut de l’employé ;
L’employeur principal est obligé de prélever par tranche une retenue à la source sur le revenu
de l’emploi mensuel imposable y compris les paiements exceptionnels et les avantages en
nature, selon le barème progressif suivant :
De A
0 150 000 0%
150 000
300 000
Les mandataires politiques et publics sont également imposés à ce barème ainsi que les
bénéficiaires d’indemnités de fin de mandat.
De A Taux applicable
0 10.000.000 5%
• L’employeur qui n’est pas l’employeur principal de l’employé est obligé de prélever une
retenue à la source sur le revenu d’emploi mensuel imposable de ce dernier au taux de trente
pour cent (30%) - Article 118.
• Le revenu d’emploi mensuel imposable d’un employé occasionnel est assujetti à l’impôt au
taux spécifique de quinze pour cent (15%) – Article 119.
• Toutefois, la tranche inférieure à cent cinquante mille (150.000) francs burundais par mois
est taxable au taux de zéro pour cent (0%).
Si le revenu net imposable mensuel est inférieur à 150 000fbu par mois, appliquer la formule
suivante:
Si le revenu net imposable mensuel excède 150 000fbu, mais est inférieur ou égal à 300 000,
appliquer la formule suivante:
- (N-150 000)*20%+0, ou N est le montant imposable et 0 est l’IRE sur l’ère tranche de
150 000fbu qui est imposable à 0%
Si le revenu net imposable mensuelle excède 300 000fbu, appliquer la formule suivante;
(N-300 000)*30% +30 000 ou N est le revenu net imposable et 30 000 est l’IRE sur la 2 eme
tranche de 150 001 à 300.000 qui est imposable à 20%
1. Si les revenus bruts sont inférieurs à 450 000fbu par mois, appliquer 4% sur le salaire brut
réellement payé pour calculer la cotisation de l’employé à l’INSS
25
2. Si l’indemnité de logement ou le loyer réel payé est inférieur à 60% du salaire de base ou si
les frais de déplacement sont inférieurs à 15% du salaire de base, déduire respectivement, les
indemnités réelles pour calculer le revenu imposable et non 60% et 15%.
Exercices d’application
1. Jeanine touche un salaire de base de 1000.000 fbu, les frais de déplacements de 300 000
fbu et un loyer de 700.000 fbu par mois. Elle n’a rien comme avantage en nature.
Calculer l’IRE à payer.
Les revenus d’affaires incluent aussi le produit de toute vente d’actifs et des liquidations perçues
pendant l’exercice fiscal, ainsi que les revenus provenant de la location de machines et d’autres
équipements, y compris des équipements agricoles.
Tout montant dont l’origine est incertaine est également considéré comme un revenu d’affaires
et s’ajoute aux autres revenus imposables du contribuable, à moins que celui-ci prouve de
manière convaincante l’origine du montant et son caractère non imposable.
fiscale. Une ordonnance du Ministre ayant les finances dans ses attributions fixe les seuils pour
la tenue de la comptabilité simplifiée ou complète. Les bénéfices nets d’affaires imposables des
contribuables qui ne sont pas obligés de tenir une comptabilité simplifiée ou complète sont
forfaitairement établis à quinze pour cent (15%) du chiffre d’affaires trimestriels hors taxe
lorsqu’ils proviennent de la vente des biens, et à trente pour cent (30%) du chiffre d’affaires
trimestriel hors taxes pour les prestations de service.
Pendant le premier exercice fiscal, le contribuable commençant une activité d’affaires doit tenir
un registre des recettes et des dépenses.
a. Charges d’exploitation
Lors de la détermination des revenus d’affaires, une déduction est autorisée au titre de toutes
les dépenses sous condition qu’elles soient engagées pour les besoins relatifs à l’activité
d’affaires ; correspondent à des dépenses effectives et sont dûment prouvées par des pièces
justificatives ; entraînent une réduction d’actifs nets ; soient afférentes à l’exercice fiscal
considéré.
Ces dépenses, dès lors qu’elles sont relatives aux activités d’affaires engagées par le
contribuable, sont déductibles comme charges d’exploitation.
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1° un montant correspondant à ces créances a été auparavant inclus dans les revenus imposables
du contribuable ;
3° Le contribuable a entrepris toutes les démarches raisonnables pour recouvrer la somme due
et a des preuves suffisantes attestant que la créance est devenue irrécouvrable.
4) Les provisions pour créance douteuses des banques et établissements financiers agréés dans
les conditions fixées par la BRB (art. 73)
Ces provisions sont déductibles des revenus d’affaires. Les comptes de provisions créés pour
couvrir les créances impayées ne doivent pas subir aucune imputation. Les banques et
établissements financiers doivent communiquer à l’administration fiscale les états annuels des
créances impayées ainsi qu’un état des créances constituées.
2) Les montants affectés à la constitution de réserves, provisions et autres fonds à des fins
spécifiques, à l’exception des provisions pour créances irrécouvrables et les provisions pour
créances douteuses des banques et des établissements financiers ;
4) Les dons faits aux organismes à but non lucratif dans l’hypothèse où leur montant dépasse
un pour mille du chiffre d’affaires de l’exercice ainsi que les dons et sponsors faits aux
organismes à but lucratif quel que soit leur montant ;
6) Les dépenses de représentation, comme les frais de réception ou d’une cérémonie, les
cadeaux d’affaires, les frais de repas d’affaires et de boissons, dans la mesure où le montant
28
7) Les charges liées aux biens immeubles qui génèrent des revenus locatifs
D. Les revenus appartenant à la 2ème cédule : les revenus mobiliers et les plus-values
La deuxième cédule de revenus imposables au titre de l’impôt sur le revenu des personnes
physiques inclut les plus-values et les revenus mobiliers des personnes physiques, à savoir
tout paiement en espèces ou en nature reçu par une personne physique sous forme d’intérêts,
de dividendes, de gains provenant des loteries et autres jeux de hasard et d’argent ou
d’investissements de toute autre nature, qui n’a pas été imposée en tant que bénéfice d’affaires.
(art 88)
Lors de la cession des immeubles pour lesquels le cédant n’est pas tenu par les lois existantes à
pratiquer l’amortissement, la plus-value de cession est égale au prix de cession multiplié par les
coefficients ci-après :
0 à 5 ans 20%
5 à 10 ans 15%
10 à 15 ans 10 %
15 à 30 ans 5%
Le prix de référence des biens immeubles est déterminé selon les modalités prévues par une
ordonnance du Ministre.
Sont exonérées de l’impôt sur les plus-values, les livraisons d’immeubles, ou d’une fraction
d’immeubles, et du sol y attenant à usage d’habitation. Cette exonération concerne une cession
d’un seul immeuble ou d’une seule fraction d’immeuble à usage d’habitation.
29
*renouvellement de l’exonération (art 91) : L’exonération peut être accordée à nouveau après
l’écoulement d’une période de 5 ans à partir de son dernier octroi, comme sa résidence
principale ;
Ainsi toute plus-value réalisée sur cession des biens meubles et immeubles doit être déclarée et
l’impôt correspondant versé à l’administration fiscale dans les quinze (15) jours calendaires qui
suivent le mois de cession
1. Champ d’application
Sont assujetties à l’impôt sur les sociétés :
Les entités ci-avant sont réputées exercer leurs activités avec la totalité de leurs capitaux propres
et toutes leurs recettes proviennent d’activités d’affaires.
Toute entité, quelle que soit sa forme, son but ou le résultat de ses activités, se livrant à une
exploitation ou des opérations à caractère lucratif.
La coopérative doit retenir un impôt de 15% sur les ristournes distribuées à chaque membre.
(art 94)
La société coopérative est tenue de remplir une déclaration fiscale sous forme prescrite par le
commissaire général et de transférer le montant prélevé en application de l’article 119 à
l’administration fiscale dans les quinze (15) jours calendaires qui suivent le mois de paiement.
Soulignons également que les revenus de liquidation sont également inclus dans les revenus
imposables, sans distinguer s’ils proviennent de la continuation de l’activité de la société ou des
opérations de liquidation.
a. L’Etat ;
d. Les personnes qui exercent uniquement des activités à caractère religieux, humanitaire,
caritatif, scientifique ou éducatif ;
Les personnes ci-avant ne sont pas exonérées de l’impôt sur les Revenus des sociétés
lorsqu’elles réalisent des activités génératrices des revenus en dehors de leur but social.
i. Les sociétés coopératives œuvrant dans le secteur agroalimentaire, artisanat et santé au cours
de leurs cinq premières années de leur existence.
4. Taux de l’impôt
Le montant des revenus imposables est arrondi en milliers de francs burundais le plus proche
et imposé au taux de trente pour cent(30%),à l’exception des revenus locatifs imposables au
taux prévu à l’article 21 .Toute personne assujettie à l’impôt sur les revenus des sociétés
exerçant des activités au Burundi, qu’elle soit de droit burundais ou de droit étranger est
soumise à l’impôt minimal quels qu’en soient ses résultats y compris les bénéficiaires des
avantages du code des investissements, à l’exception des bénéficiaires des avantages de la zone
franche pendant les dix(10) premières années de son existence. L’impôt minimal est fixé à 1%
du chiffre d’affaires.
Toute personne assujettie à l’impôt sur les revenus des sociétés doit préparer une déclaration
annuelle sous la forme spécifiée par le Commissaire Général et la soumettre à l’administration
fiscale au plus tard le dernier jour du 3ème mois de l’exercice fiscal suivant, accompagnée des
documents visés par la loi.
Toutefois, les personnes assujetties à l’impôt sur les revenus des sociétés classés dans la
catégorie des moyens et grands contribuables doivent faire certifier leur déclaration et leurs
annexes par les professionnels agréés par l’Ordre des Professionnels Comptables
conformément à la loi.
-Le paiement
Le montant de l’impôt exigible est calculé sur la base de la déclaration annuelle et diminué des
droits d’enregistrement en matière foncière dans la limite du montant dû au titre de l’impôt sur
les bénéfices des sociétés pour les plus-values du fait de la cession des biens soumis aux droits
d’enregistrements.
Les acomptes provisionnels effectués sur une partie de l’impôt conformément à la loi ;
Ainsi, l’impôt dû est déclaré et payé à l’administration fiscale au plus tard à la date limite de
dépôt de la déclaration.
Lorsque le montant total des acomptes ou les retenues à la source s’avère supérieur au montant
de l’impôt exigible, le surplus est pris en compte par le Commissaire Général pour le règlement
d’obligations fiscales antérieures ou futures.
Mais, sur demande écrite du contribuable, ce surplus lui est remboursé par le fisc dans 90 jours
calendaires à compter dès le lendemain de la réception de la demande par le Commissaire
Général, après apurement des obligations fiscales antérieures, à moins que la somme à
rembourser soit inférieure à 100.000 Francs burundais, auquel cas le surplus sert exclusivement
au règlement des obligations fiscales antérieures et après accord du contribuable pour les
obligations futures.
En cas de non remboursement dans les délais prévus par la loi, l’administration fiscale paie des
intérêts moratoires au contribuable.
A. Principe
La taxe à la valeur ajoutée consiste à appliquer aux biens et aux services un impôt général sur
la consommation proportionnel au prix des biens et services quel que soit le nombre des
opérations intervenues dans le processus de production et de distribution antérieur au stade
d’imposition de la taxe.
B. Mécanisme de la TVA
33
Chaque assujetti calcule la taxe sur le prix des biens et services rendus et déduit la taxe qui a
grevé ses achats et biens, services et investissement (éléments constitutifs du coût des produits
vendus).
2500∗18
TVA = ꞊ 450
100
Supposons que l’exploitant forestière n’ait pas de la TVA à récupérer, elle est donc redevable
de 450F (1)
6000∗18
TVA= ꞊ 1080
100
Imputation de la TVA ayant grevé ses achats de bois = 450 F d’où la TVA à payer est
12000∗18
TVA = ꞊ 2160
100
B. Caractéristiques
La TVA présente certaines caractéristiques qui la distinguent des autres types d’impôts. Ainsi,
la TVA est neutre fiscalement, est difficile à frauder, et est indolore pour les contribuables.
A l’intérieur des frontières: le poids de l’impôt est identique pour deux produits dont la valeur
fiscale est égale, et ce, quelle que soit la longueur du cycle de production et de
commercialisation (quelle que soit également le nombre de transactions intervenues).
A l’extérieur des frontières : le système « détaxant » les exportations, à l’inverse, taxant les
importations, un produit importé supporte le même poids qu’un produit fabriqué sur le territoire
…. dans la mesure où naturellement les valeurs hors taxes sont identiques.
La TVA est difficile à frauder en ce sens que la taxe d’amont ne peut être déduite par un
opérateur que s’il possède une facture en bonne et due forme, la possibilité de fraude est donc
limitée puisque les contribuables se surveillent mutuellement. Cependant le risque de fraude
subsiste étant donné que le contrôle est difficile lorsqu’il s’agit d’une vente à un particulier sans
facture.
Généralement, il est moins traumatisant pour un contribuable de payer de la TVA lors de chaque
dépense plutôt que de déclarer ses revenus et de voir s’afficher le montant de ses impôts annuels.
§ 2. Champ d’application
La loi n°1/10 du 16 Novembre 2020 qui définit le champ d’application de la taxe fait référence
d’une part, à la notion d’opérations taxables et, d’autre part, à la notion d’assujetti.
1° Les livraisons des biens et les prestations de services effectuées au Burundi à titre onéreux
par des assujettis agissant en tant que tels ;
Sont assimilées à des livraisons des biens et prestations de services effectuées à titre onéreux :
●Les livraisons de biens et les prestations de services à titre gratuit à des personnes liées par
des relations d’affaires.
B. Assujettissement
* Précisions terminologiques
1° Notion d’assujetti
Il s’agit d’une personne qui exerce d’une façon indépendante une activité économique, quels
que soient le statut juridique de cette personne, sa situation au regard des autres impôts et taxes,
quel que soit le but ou le résultat de cette activité.
1° Assujettissement obligatoire
36
- Une personne qui réalise un chiffre d’affaires supérieur à 100.000.000fbu dans la période de
12 mois qui s’achève à la fin du mois précédent doit demander son enregistrement à la TVA
- Une personne qui réalise un chiffre d’affaires supérieur à 50.000.000fbu dans la période de 6
mois qui s’achève à la fin du mois précédent doit demander son enregistrement à la TVA
- Une personne qui a des motifs valables d’atteindre le chiffre d’affaires de 100.000.000fbu
dans la période de 12 mois qui commence au début de ce mois est tenu de demander un
enregistrement à la TVA.
Une personne qui exerce de façon indépendante une activité économique et qui n’est pas tenu
de demander son enregistrement à la TVA, peut opter d’être assujetti à la TVA.
Soulignons que ne sont pas assujetties à la TVA les personnes morales de droit public qui
n’exercent pas des activités industrielles, commerciales, financières ou agricoles.
A la faveur de l’art. 9, une affaire est imposable au Burundi lorsque l’opération se réalise au
Burundi. On constate que c’est le lieu de la livraison du bien et de la réalisation de service qui
constitue le critère prépondérant.
a. D’une vente ou de toute opération ayant pour effet de transférer à un tiers la propriété des
biens, lorsque la vente ou l’opération est réalisée aux conditions de livraison au Burundi ;
c. De toute autre opération, lorsque le service rendu, le droit cédé ou concédé, l’objet ou le
matériel loué est utilisé, initié ou exploité au Burundi ;
d. D’une livraison d’électricité, d’eau, le gaz, de chaleur, de froid et des choses similaires qui
s’effectue au Burundi, lorsqu’ils y sont reçus.
D. Des exonérations
L’exonération d’une opération est prévue par la loi. L’énumération des exonérations prévues
est limitative (art. 10).
37
à l’exception de :
purement privé.
40
A. Fait générateur
1. Principe
Le fait générateur de la TVA est l’acte ou le fait qui donne naissance à la dette fiscale du
contribuable et, corrélativement, à la créance du Trésor. Il est l’événement « unique » de la
transaction qui conditionne le décaissement de la taxe pour l’une des entreprises et la
récupération de cette taxe par l’autre entreprise.
b. Pour les prestations de services, y compris les travaux immobiliers, par l’exécution des
services ou des travaux ;
Sauf preuve contraire, la livraison d’un bien est présumée avoir eu lieu au moment où le bien
cesse d’exister dans le magasin, l’atelier, le dépôt ou toute autre installation dont dispose le
fournisseur au Burundi.
Donc, la livraison est le fait générateur le plus répandu, puisque il concerne toutes les activités
économiques de production, de ventes après transformation et de ventes en l’état. En fait ce fait
générateur s’applique pour toutes les opérations aboutissant à la livraison de biens meubles
corporels
-La remise matérielle du bien en cas de vente avec clause de réserve de propriété
41
Notons que la survenance de ces éléments se traduit en général dans la comptabilité du vendeur,
par l’émission de la facture adressée au client et l’inscription, au « débit du compte » de ce
dernier de la somme due. Mais, la comptabilité va jouer surtout sur l’exigibilité.
B. Exigibilité de la TVA
1.. Principe
En pratique, bien souvent, ce sont des éléments qui sont retenus pour appréciation de
l’exigibilité de la taxe et de la date de sa récupération par l’acquéreur. L’entreprise effectuant
la vente établira donc la déclaration de la TVA du mois ou du trimestre, en retenant les
opérations transcrites en comptabilité sur son journal des ventes, celui-ci représentant les
opérations réalisées (biens délivrés) au cours de la période.
Le système de l’exigibilité de la taxe sur les ventes réalisées au cours de la période présente :
- Pour les loyers facturés aux crédits-preneurs dans le cadre des contrats de crédit-bail lors de
l’encaissement du prix lorsque celui-ci est entièrement ou partiellement payé.
- Pour les prestataires de services,y compris les réalisateurs de travaux immobiliers,tenant une
comptabilité régulière,peuvent opter,sur accord de l’administration fiscale,pour le paiement de
la taxe suivant leur facturation ;
- Pour les contribuables qui fournissent des biens et/ou des services à l’Etat,à l’encaissement
du prix.
Dans l’hypothèse de la livraison des biens à soi-même, la taxe est exigible lors de la réalisation
du fait générateur de la taxe.
Par dérogation, lorsqu’il s’agit de livraisons des biens ou de prestations de services entre
personnes liées, ou lorsque les parties à la transaction se sont associées pour différer l’exigibilité
de la taxe en différant le paiement ou l’émission de la facture contrairement à une pratique
commerciale normale, la taxe est exigible lors de la réalisation du fait générateur de la taxe.
Pour les livraisons de produits extraits ou fabriqués au Burundi et autres échanges de biens :
Selon l’art. 15, al. 1, la base taxable est constituée par le prix de vente réclamé au client ou par
toutes les sommes, valeurs, biens ou services reçus ou à recevoir en contrepartie.
Pour les prestations de services : Selon l’art. 15, al. 2, la base taxable est constituée par le prix
des services ou par toutes les sommes, valeurs, biens ou services reçus ou à recevoir en
contrepartie.
Pour les travaux immobiliers : Selon l’art. 15, al. 3, la base taxable est constituée par le montant
des mémoires, des marchés, factures ou acomptes, y compris les travaux confiés à des sous-
traitants.
De ce qui précède néanmoins, la base taxable ne peut être inférieure au prix du marché des
biens, services ou travaux lorsque le bénéficiaire de la livraison ou de la prestation est une
43
personne liée au fournisseur et n’a pas le droit de déduire entièrement la somme due (art.15, al.
4).
-Pour des livraisons à soi-même : Selon l’art. 15, al.5, la base taxable est constituée par
le coût d’achat des biens ou de biens similaires ou par le coût de production.
-Pour les prestations de services à soi-même, la base taxable est constituée par le
montant des dépenses engagées par l’assujetti pour l’exécution de la prestation de
services.
Le tableau ci-après présente un certain nombre d’éléments devant ou non être inclus dans la
base d’imposition (art. 16 et 17).
B. Les importations
Pour les importations, la base taxable à la TVA est constituée par la valeur en douane des biens,
déterminée en vertu de la législation douanière, et augmentée :
- Des frais de transport et d’assurances des biens , TVA non-incluse jusqu’au premier lieu de
destination des biens importés sur le territoire burundais et ;
- Des droits et taxes de porte de toute nature, liquidés par l’administration fiscale ;
- Des frais accessoires tels que les commissions, les frais d’emballage, de transport et
d’assurance réclamés au client, intervenant jusqu’au lieu de dédouanement de la marchandise.
§ 5. Le taux de la TVA
assimilées ;
§ 6. Déduction et remboursement
Lorsque chacune des déclarations périodiques portant sur trois périodes imposables
consécutives fait apparaitre un crédit de taxe, une demande de remboursement peut être déposée
au cours du mois suivant la 3ème période. Cette demande doit porter sur le montant déterminé
par le Ministre. Mais, si ce crédit de taxe n’atteint pas ce montant, il est reporté sur la déclaration
ultérieure.
En outre, le Ministre peut, selon les modalités qu’il détermine, permettre à certaines catégories
d’assujettis de demander le remboursement de leurs crédits de taxe après chaque période
imposable.
- Les biens et services importés ou achetés localement par des organisations non
gouvernementales ayant signé des conventions avec le gouvernement du Burundi dans le cadre
de l’exécution de leurs missions.
46
Par ailleurs, lorsque le redevable déclare n’être plus assujetti, notamment par changement ou
cessation d’activités, le crédit de la taxe dont il dispose, peut faire l’objet de remboursement
dans les conditions normales prévues par la loi (art. 26).
Le crédit de taxe dont le remboursement a été demandé ne peut donner lieu à l’imputation ; il
est annulé lors du remboursement. Celui-ci doit intervenir dans les 90 jours calendaires à
compter du lendemain du dépôt du dossier complet de la demande.
§ 7. Régularisation de la TVA
La récupération de la TVA opérée par les entreprises sur les achats d’immobilisations ou sur
les ventes d’autres biens et services est en principe définitive. Ce principe s’applique, bien
entendu, aux déductions que l’entreprise a pratiqué « à bon escient ». Cependant, il existe des
cas (limitativement énumérés) où cette taxe récupérée antérieurement est réclamée par le
Trésor.
A. Enregistrement de l’assujetti
1. Conditions d’enregistrement
Aux termes de l’art.39, tout assujetti d’office est tenu de demander son enregistrement à la TVA
au plus tard le 15ème jour du mois suivant celui pendant lequel le seuil a été atteint.
1) La personne qui a dépassé le seuil d’enregistrement dans les 12 mois qui s’achève à la fin
du mois précédent ;
2) La personne qui a dépassé la moitié du seuil d’enregistrement dans la période de 6 mois qui
s’achève à la fin du mois précédent ;
3) La personne qui a des motifs valables d’atteindre le seuil d’enregistrement dans la période
de 12 mois qui commence au début de ce mois.
L’Administration Fiscale enregistre les personnes qui doivent être enregistrées, et leur remet un
certificat d’enregistrement à la TVA qui doit être affiché à un endroit bien visible dans
l’établissement ou les personnes exercent leur activité économique.
La neutralité du système de la TVA est assurée grâce au principe de déductions. Ces dernières
devant être justifiées, il est logique que la législation sur la TVA accorde une importance
particulière aux factures, à leurs mentions obligatoires, etc.
Aux termes de l’art 47 tout assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée a l’obligation d’utiliser une
machine de facturation électronique qui imprime des factures mentionnant la TVA. Cette
machine doit préalablement être agréée par l’administration fiscale.
Ainsi, l’assujetti qui effectue une livraison de biens ou prestation de service à soi-même, est
tenu d’établir un document constatant l’opération et précisant le coût, la quantité, la nature des
biens livrés ou l’étendue et la nature des services rendus (art. 48).
Lorsque des modifications de facture s’opèrent par des notes de débit(document émis par un
vendeur à un acheteur faisant etat d’une somme due par ce dernier au vendeur :le client doit
del’argent au fournisseur) ou de notes de crédit (revoit le montant de la facture à la baisse),
celles-ci doivent faire apparaître :
1) La date d’émission de la note, son numéro dans une série continue et la mention « note
de crédit ou « note de débit »
2) Le nom, l’adresse , les numéros de comptes bancaires et le numéro d’identification
fiscale de l’assujetti qui délivre la note ;
2. Obligation comptable
La tenue d’une comptabilité s’impose. Cette comptabilité doit permettre de justifier les
opérations imposables (nature et montants des sommes encaissées), le montant des achats des
biens et services ainsi que des acquisitions d’investissements, éléments ayant permis de
procéder à des déductions sur les déclarations de TVA produites. La comptabilité doit
naturellement être appuyée des pièces justificatives nécessaires. D’une manière générale, elle
doit permettre de justifier toutes les opérations transcrites sur les déclarations déposées à la
recette des impôts par le redevable. C’est ainsi que l’art. 51 dispose que les assujettis doivent
tenir une comptabilité, telle que prévue par le Plan Comptable National burundais et le code de
commerce. La comptabilité doit être suffisamment détaillée pour permettre l’identification à la
TVA et son contrôle par l’administration fiscale.
Les documents comptables, ainsi que les pièces justificatives des opérations effectuées par
l’assujetti, notamment les factures d’achat et de ventes, doivent être conservées par les assujettis
au Siège Principal de leur entreprise ou à établissement principal au Burundi pendant un délai
de 10 ans, après l’année au cours de laquelle les opérations ont été constatées dans les écritures
comptables.
1) le montant des opérations taxables et exonérées qu’il a effectuées et celui des opérations qui
lui ont été fournies au cours de la période précédente dans le cadre de son activité économique ;
3) les données que l’Administration Fiscale juge nécessaires pour satisfaire aux dispositions
prises pour assurer le contrôle de l’application de la TVA.
b. Paiement de la TVA
Le paiement de la TVA s’effectue auprès de la Recette d’impôts en même temps que le dépôt
de la déclaration. La déclaration et la somme acquittée correspondent (sauf retard de
l’entreprise) au décompte et au règlement de la taxe due au titre du mois précédent. Par exemple,
le dépôt de la déclaration accompagnée du règlement s’y rapportant effectué le 15 mars
correspond au paiement de la TVA due au titre du mois de février dans le chef d’une entreprise
acquittant mensuellement la TVA.
Aux termes de l’art. 54, tout assujetti est redevable de la TVA due sur les livraisons de biens et
les prestations de services effectuées par lui, et doit payer son montant net lors du dépôt de la
déclaration périodique.
Néanmoins, lorsqu’une personne non-résidente qui n’a pas de représentant au Burundi preste
des services réputés faits au Burundi, le bénéficiaire de ces services, qu’il soit assujetti ou non,
doit retenir la TVA et la reverser à l’administration fiscale, quel que soit le montant de la
prestation.
La TVA à l’importation doit être payée au moment de la mise en consommation des biens,
comme s’il s’agissait d’un droit de douane.
Par ailleurs, toute personne qui mentionne la TVA sur une facture ou tout autre document en
tenant lieu est redevable de la TVA au moment où cette facture ou ce document est délivré du
seul fait de cette facture ou de ce document, même lorsque la personne n’a fourni aucun bien ni
aucun service.
EXERCICES D’APPLICATION
A. Déductions
1. Pour la location
a) De 40% de recettes brutes pour dépenses d’entretien ;
b) Du montant des intérêts relatif à des emprunts en vue de la construction ou de
l’acquisition de l’immeuble productif des revenus imposables lorsqu’ils ont été
effectivement remboursés au cours de l’année de perception desdits revenus ;
2. Pour la sous-location
Des loyers payés pour la location des immeubles et terrains donnés en sous location ;
B. Abattements
[Link]
Sont redevables de l’impôt sur les revenus locatifs les personnes physiques ou morales qui ont
la qualité de :
D.Déclaration et paiement
Soulignons que le paiement de l’impôt locatif s’effectue par tout moyen admis par la loi au
moment du dépôt de la déclaration.
§ 3. Taux
Les taux de l’impôt sur le profit de sous-location et le revenu des locations des batiments et
terrains est:
De A
Taux d’imposition
0 1.800.000 0%
53
► Les locations d’immeubles exonérés en vertu d’une convention internationale ratifiée par le
Burundi, sous réserve de réciprocité ;
► Les revenus d’immeubles nouvellement construits pour une période de deux ans à partir de
la date de la première mise en location.
Siège de la matière : loi no 1/12 du 25 Novembre 2020 relative aux procédures fiscales et non
fiscales
I. La déclaration
Les modalités de déclaration sont fixées par les lois spécifiques (loi relative aux impôts sur les
revenus, loi relative à la TVA…)
Le contribuable peut demander au commissaire général une prolongation des délais de dépôt
de la déclaration notamment dans les cas de force majeure.
54
Le Commissaire Général peut accorder au contribuable un report de la date limite pour le dépôt
de déclaration.
2 La correction de la déclaration
- Après la date limite de dépôt mais avant l’envoi d’un avis de Vérification.
La correction postérieure à l’envoi d’un avis de vérification n’a aucun effet sur l’application
des sanctions encourues par le contribuable.
-à toutes les personnes physiques ou morales qui exercent une activité commerciale,
industrielle, artisanale ou libérale y compris les associations sans but lucratif ou tout autre
groupement pour leurs activités génératrices de revenus, sauf si elles entrent dans le champ
d’application de l’article 19 de cette loi. (Art 28)
- Les contribuables imposés au forfait ne sont pas obligés de tenir une comptabilité
complète (art40)
- du bilan
-l’inventaire
- à la déclaration d’impôt
Le contribuable doit conserver tous les documents utiles pour une durée de dix ans à compter
de la date de clôture de l’exercice fiscal qu’ils concernent.
Les livres et les documents doivent être conservés dans les locaux du contribuable ou de son
représentant situés au Burundi.
56
I. Le principe de contrôle
Pour cela, l’administration fiscale contrôle les déclarations des contribuables ainsi que les actes
et documents utilisés pour leur établissement. Elle contrôle également les documents déposés
par le contribuable en vue d’obtenir les déductions, restitutions ou remboursements d’impôts et
taxes. (Art 33)
Il s’agit d’un simple examen critique des déclarations souscrites par l’agent du contrôle, à l’aide
des renseignements et documents figurant au dossier.
2. Contrôle général
Le contribuable reçoit l’équipe des contrôleurs et met à leur disposition un local de travail
convenable, les livres et autres documents comptables prévus par la loi fiscale.
Si le contribuable ne dispose pas d’un endroit convenable, le vérificateur peut emporter les
documents à vérifier sur base d’une liste des documents préparée par le contribuable et signée
par ce dernier (art. 37). Toutes ces exigences sont aussi exigibles en cas de contrôle ciblé.
3. Contrôle ciblé
Selon l’art. 38, un contrôle fiscal est réputé ciblé s’il vise à vérifier seulement certains éléments
précis d’une déclaration fiscale.
Lorsque le contribuable n’est pas prêt à être contrôlé dans les 5 jours calendaires, il écrit à
l’Administration fiscale en sollicitant la prorogation de ce délai. Cette dernière ne peut pas aller
au-delà de 5 jours calendaires, sauf en cas de force majeure, et n’est accordée qu’une seule fois.
4. Contrôle ponctuel
Selon l’art 39, un contrôle est réputé ponctuel s’il vise à vérifier certains types d’impôts pour
une durée déterminée.
58
5. Contrôle inopiné
6. Nouveau contrôle
Le contrôle fiscal se fait en principe une seule fois pour le même impôt et pour une même
période. Toutefois, un nouveau contrôle peut être exceptionnellement autorisé par le
Commissaire Général lorsqu’il existe des éléments nouveaux qui n’étaient pas connus lors du
déroulement du premier contrôle ou en cas d’indices de fraude fiscale. (Art. 43).
1. La rectification de l’assiette
Il peut s’agir d’une erreur de calcul, une omission, une déclaration inexacte, une surestimation,
etc.
b) Abus de droit
Il peut s’agir des actes fictifs ou d’actes destinés à éluder ou atténuer les charges fiscales
(donation simulée à la vente).
59
Cette théorie de l’abus de droit permet à l’administration fiscale de remettre en cause des
opérations juridiquement régulières du fait que le véritable objectif poursuivi par le contribuable
est différent de celui que laisse apparaitre la situation juridique.
c) Evaluation incorrecte
[Link]édure de rectification
Le contribuable dispose d’un délai de 20jrs calendaires dès la notification. Ce délai est ramené
à 10jrs calendaires en cas de rectification opérée suite à un contrôle ciblé et 15 jrs en cas de
contrôle ponctuel.
Le contribuable a le droit d’être entendu par le supérieur hiérarchique de l’agent qui a procédé
à la vérification, pour autant que la demande d’audition soit formulée dans les délais mentionnés
ci-avant.
60
C. Prescription
La rectification est opérée pendant une période de 3 ans à compter de la date de dépôt de la
déclaration. Passé ce délai il y a prescription en faveur du contribuable.
1° celui-ci n’a pas répondu à l’avis de rectification dans les 20 jours calendaires qui suivent sa
réception ;
2° l’Administration fiscale l’a informé par écrit que ses observations ou remarques sont jugées
non fondées, en partie ou en totalité ;
3° celui-ci a été entendu conformément à la loi fiscale et l’Administration fiscale l’a informé
ensuite par écrit que ses observations et remarques sont jugées non fondées, en partie ou en
totalité.
L’Administration fiscale envoie au contribuable une lettre de clôture accompagnée d’une note
d’imposition.
Une rectification opérée en violation de la législation fiscale ou des droits du contribuable est
nulle.
2. Imposition d’office
La procédure de la taxation d’office est utilisée par l’administration dans l’un des cas suivants
(art. 59)
- Tous les documents nécessaires visés par la loi fiscale (art. 29) n’ont pas été joints à
la déclaration ;
Le contribuable peut également transmettre tous les éléments complémentaires démontrant que
l’imposition d’office est inexacte.
Il a le droit d’être entendu pour autant que la demande d’audition soit formulée dans sa réponse
(art. 61).
L’administration fiscale dispose d’un délai de 5 ans pour mettre en œuvre la procédure
d’imposition d’office à compter de la date limite de dépôt de la déclaration.
Le montant de l’impôt établi en cas d’imposition d’office ne peut être inférieur à celui qui
aurait été payé si le contribuable était placé sous le régime du forfait.
62
1° celui-ci n’a pas répondu dans les 20 jours calendaires à l’avis d’imposition d’office ;
2° l’Administration fiscale a informé par écrit que ses observations ou remarques sont jugées
non fondées, en partie ou en totalité ;
3° Celui-ci a été entendu conformément à l’art. 55 et l’Administration fiscale l’a informé ensuite
par écrit que ses observations et remarques sont jugées non fondées, en partie ou en totalité.
Soulignons que la violation des règles posées par la loi de procédure fiscale ou la
méconnaissance des droits du contribuable est sanctionnée par la nullité.
La note d’imposition constitue un titre exécutoire pour le recouvrement de l’impôt, des intérêts,
des amendes et des frais de recouvrement.
La note d’imposition ne peut être corrigée qu’en cas d’erreur matérielle de l’Administration,
notamment en cas d’erreur de saisie ou de calcul
1° le contribuable a déposé la déclaration d’impôt dans le délai légal, mais n’a pas payé l’impôt ;
Le contribuable doit payer l’impôt dû dans un délai de 30 jours dès la réception de la note
d’imposition
S’il apparait que le contribuable a payé plus d’impôt qu’il n’aurait dû, le surplus est pris en
compte pour le paiement des obligations antérieures ou futures. Le contribuable peut en
demander le remboursement.
Lorsque l’impôt n’est pas payé dans les délais prescrits, le Fisc adresse au contribuable une
lettre de rappel indiquant le montant de l’impôt dû, des intérêts et des amendes à payer ainsi
que des poursuites légales qui seront intentées au cas où l’impôt, les intérêts et les amendes ne
seraient pas payés dans 15 jours calendaires à compter de la réception de la lettre de rappel.
4. Demandes transactionnelles
Le contribuable peut demander par écrit au Ministre des finances une demande tendant à obtenir
une remise du montant des intérêts et des amendes administratives.
L’Administration fiscale peut demander au Ministre par écrit l’annulation des créances
irrécouvrables. Les modalités de cette opération est fixée par ordonnance de l’autorité saisie
(art. 104).
§ 2. Voies d’exécution
l’Administration fiscale peut procéder à la saisie de tout bien, meuble ou immeuble, et de tout
droit relatif à un tel bien appartenant au contribuable ou transféré par celui-ci à un tiers à titre
gratuit.
Les biens saisis sont vendus aux enchères 30 jours ouvrables après la notification du procès-
verbal de saisie au contribuable (art. 110).
A des fins de recouvrement forcé, l’art. 105 permet à l’Administration fiscale d’exiger de tout
dépositaire, détenteur ou débiteur de sommes ou tout autre bien appartenant ou devant revenir
au contribuable de lui verser le montant, au lieu et à la place du contribuable, des sommes ou
de tout autre bien qu’ils détiennent ou qu’ils doivent, à concurrence des impositions dues par le
contribuable.
65
Dans le cas où un contribuable a été déclaré insolvable, tout impôt, intérêt ou amendes dus en
vertu de la loi fiscale ont le rang de priorité sur les autres dettes du contribuable insolvable
conféré par la loi sur les faillites.
Le privilège peut être étendu aux revenus et aux biens meubles des représentants fiscaux, tels
que définis à l’art. 14, lorsqu’ils partagent avec lui une solidarité prévue par la loi (art. 114).
Le privilège peut être exercé pendant une période de 2 ans à compter de la date à laquelle
l’impôt aurait dû être acquitté. En cas de recours administratif ou juridictionnel, il est prorogé
de 2 ans à compter de la date de la décision administrative ou juridictionnelle définitive (art.
115).
En cas de saisie des biens ou des revenus avant l’expiration du privilège, ce dernier demeure
effectif jusqu’à ce que les biens meubles soient vendus.
[Link]èque légale
- les biens immeubles appartenant à des représentants fiscaux tels que définis à l’art. 14,
lorsqu’ils partagent avec lui une solidarité prévue par la loi.
L’hypothèque légale peut être enregistrée pendant une période de 2 ans à compter de la date à
laquelle l’impôt aurait dû être acquitté. En cas de recours administratif ou juridictionnel, le délai
d’inscription est prorogé de 2 ans à compter de la date de la décision administrative ou
juridictionnelle définitive (art. 119).
66
Le Commissaire Général demande l’inscription de l’hypothèque légale, qui prend rang au jour
de la demande. Il en autorise aussi la mainlevée (art. 120).
§ 1. Recours administratifs
1° être introduit par écrit sur un formulaire établi à cet effet par l’administration fiscale,
3° mentionner les impositions contestées, le ou les exercices fiscaux considérés, l’objet et les
motifs du recours ainsi que les références de la note d’imposition ;
5° contenir tous les faits, les preuves et les arguments juridiques à l’encontre de l’imposition
contestée.
Le recours administratif suspend l’obligation de payer l’impôt, les intérêts et les amendes.
Toutefois, un contribuable doit, avant de déposer une réclamation auprès de l’administration
fiscale, payer trente pour cent (30%) du montant en principal contesté. (Art 73)
Lorsque le recours est rejeté, la note d’imposition reste valide, à moins que lors de son examen,
le Commissaire général constate des erreurs matérielles ayant entraîné une imposition plus
favorable ou défavorable qu’elle n’aurait dû l’être. Dans ce cas, il a le droit de corriger la note
d’imposition conformément à l’art. 69.
Dans tous les cas, il informe par écrit le contribuable de sa décision qui est exécutoire après les
délais de recours devant la Commission paritaire d’appel (art 77).
La commission paritaire d’appel est instituée par une ordonnance du Ministre qui détermine
son fonctionnement et les modalités de la désignation de ses membres. Elle doit être composée
de façon à assurer la représentation équilibrée des intérêts des parties concernées (art. 76).
Aux termes de l’art. 80, le recours devant cette commission doit remplir les conditions suivantes
4° mentionner la décision du Commissaire général ainsi que l’objet et les motifs de recours ;
6° contenir tous les faits, les preuves et les dispositions légales à l’encontre de la décision du
Commissaire général.
La Commission paritaire d’appel statue sur le recours dans un délai de 60 jours calendaires à
compter de la date de la réception du recours. En l’absence de décision dans ce délai, le recours
est réputé fondé et l’imposition litigieuse révoquée (art. 83).
Lorsque le recours est accepté, la note d’imposition est révoquée. S’il est accepté en partie cette
dernière est modifiée et le contribuable est tenu de payer l’impôt, les amendes et les intérêts
concernés. Mais, si le recours est rejeté en totalité, le contribuable est tenu de payer les éléments
ci-avant cités (art. 84).
Ce recours est exercé par le contribuable lorsque celui-ci conteste la décision de la Commission
paritaire d’appel. Il peut alors être introduit auprès du Ministre dans un délai de 60 jours
calendaires à compter du lendemain de la réception de la décision de la Commission paritaire
d’appel (art. 85).
§ 2. Recours juridictionnel
Toute partie lésée qui conteste la décision du Ministre peut saisir la juridiction compétente. La
demande est introduite dans 60 jours calendaires à compter de la date de la réception de la
décision du Ministre. Elle doit en remettre la copie à l’autre partie. Néanmoins, le recours
juridictionnel ne suspend pas le paiement des intérêts, des amendes et de la dette fiscale (art.
88).
§ 3. Intérêts moratoires
Dans l’hypothèse de l’impôt où l’imposition litigieuse est révoquée par une décision
administrative ou juridictionnelle devenue définitive, le contribuable est dans l’obligation de
payer l’impôt, les intérêts ou les amendes concernées, le trop versé est pris en compte pour le
paiement des obligations fiscales antérieures ou futures, à moins que le contribuable n’en
demande le remboursement. Dans ce cas, le Fisc est obligé de restituer le trop versé au
contribuable dans un délai de 60 jours calendaires. Après l’écoulement de ce délai,
l’Administration fiscale est tenue de payer des intérêts moratoires de 5% de pénalités majorées
de 1% par mois de retard (art. 89).
§ 1. Procès-verbaux
69
Le procès-verbal constitue donc une preuve des faits et des indices établis par l’agent autorisé.
Son contenu fait foi jusqu’à preuve du contraire ou si l’agent autorisé a commis une
falsification.
L’agent autorisé, compétent pour procéder au contrôle, établit des procès-verbaux. Le procès-
verbal contient uniquement les faits et les indices que l’agent a personnellement constatés,
mentionne le nom de l’agent autorisé, le nom, le numéro d’identification fiscale, l’adresse et
l’activité du contribuable et la date de son établissement. Il est signé par l’agent et le
contribuable (art 90).
Le refus de signature du ce dernier appel l’application des articles 7 et 8. L’agent fait constater
ce refus de la signature par l’autorité locale la plus proche du contribuable ou par deux témoins
se trouvant sur les lieux (91).
§ 2. Modes de preuve
Tous les modes de preuve, excepté le serment, peuvent être utilisés. Le contribuable n’est certes
pas autorisé à produire, quel que soit le niveau du recours, un document additionnel qu’il n’avait
fourni pendant le contrôle, à moins qu’il parvienne à prouver qu’il était dans l’impossibilité de
produire ces documents additionnels auparavant (art. 93 et 94).
§ 3. Charge de la preuve
L’Administration de la preuve incombe, dans certaines circonstances, au Fisc et, dans d’autres,
au contribuable.
Par contre, la charge de la preuve incombe au contribuable lorsqu’il conteste le contenu d’un
procès-verbal ou lorsque l’administration fiscale a procédé à une imposition d’office suite à
l’absence de déclaration ou de comptabilité (art. 97).
§ 1. Confidentialité
Ce principe porte interdiction pour toute personne qui participe, en quelque qualité que ce soit,
à un stade quelconque de la procédure d’imposition, de révéler quiconque toute information
sur la situation fiscale du contribuable.
1° dans les cas où le contribuable n’a pas d’adresse connue et ou de publication des cas de
récidive dans les périodique à diffusion nationale ;
3° lorsque le contribuable autorise par écrit et de manière précise l’usage et la diffusion des
informations le concernant.
§ 2. Conseil et représentation
Le contribuable a le droit d’être représenté par la personne de son choix lors de toute
communication avec l’Administration fiscale à condition que ce conseil détienne un mandat
signé et daté par le contribuable (art. 125).
§ 1. Intérêts moratoires
Le contribuable qui n’a pas payé l’impôt dans le délai légal encourt des intérêts de retard sur le
montant de l’impôt en principal.
Lorsque l’Administration fiscale ne rembourse pas le trop versé dans le délai légal, il est tenu
de payer des intérêts de retard sur le montant concerné.
71
§ 2. Amendes
A. Amendes fixes
Un contribuable ou toute personne est passible d’une amende administrative lorsque (art 129) :
1° il ne dépose pas de déclaration d’impôt ou les justificatifs y afférent dans un délai légal ;
2° il ne dépose pas de déclaration d’impôt retenu à la source dans le délai légal ou ne prélève
pas la retenue à la source bien qu’il y soit tenu ;
8° il ne paye pas dans le délai imparti les acomptes trimestriels provisionnels prévus pour les
activités d’affaires ;
9° il ne satisfait aux obligations prescrites par les lois fiscales qui régissent les impôts et taxes
mentionnés par la loi sur les procédures fiscales (art. 1).
10° il effectue une livraison de biens ou une prestation de services sans délivrer une facture
conforme au modèle initié par l’administration fiscale.
En cas des infractions ci-dessus, lorsqu’elles concernent une activité d’affaire, l’amende est
fixée comme suit (art. 130) :
Lorsque l’infraction prévue par l’article 129, point 10° de la présente loi est commise, l’amende
est fixée à vingt pour cent (20%) de la valeur des biens livrés ou des services prestés.
En cas de payement tardif de l’impôt, le contribuable est passible d’une amende égale à 10%
du montant dû. Cette amende est calculée sur le montant de l’impôt dû à l’exclusion des intérêts
ou amendes prévues aux articles 130 à 142.
Si l’impôt déclaré est inférieur au montant qui devait être déclaré, à moins que le contribuable
démontre qu’il est de bonne foi ou que la faute de calcul soit imputable au Fisc, il est passible
d’une des amendes suivantes :
Le contribuable qui corrige sa déclaration avant que ne lui soit notifié un avis de vérification ne
se voit pas appliquer d’une amende (art. 132).
En cas d’imposition d’office pour absence de déclaration, il est appliqué des pénalités de
soixante-quinze pour cent (75%) de l’impôt établi.
1. Sans préjudice des dispositions particulières de la loi sur les procédures fiscales, toute
personne qui s’est frauduleusement soustraite à l’établissement ou au paiement partiel ou total
de l’impôt, soit qu’il ait volontairement omis de faire sa déclaration, soit qu’il ait volontairement
dissimulé une part des sommes sujettes à l’impôt, soit qu’il ait organisé son insolvabilité, soit
en agissant de toute autre manière frauduleuse, est passible d’une amende administrative égale
à 100% de l’impôt éludé.
Si la fraude fiscale a été effectuée par ou avec l’assentiment d’un professionnel agréé par
l’Ordre des Professionnels Comptables, ce professionnel encourt une amende de 50% de
l’impôt éludé (art. 134).
Si une personne chargée de retenir l’impôt à la source ne transfère pas cet impôt au Fisc, elle
est passible d’une amende égale à 100% de l’impôt non transféré. Il en est de même d’une
personne qui s’abstient de retenir l’impôt à la source (art. 142).
G. Peines accessoires
En plus des peines déjà évoquées, l’art. 144 prévoit les peines accessoires suivantes :
2° publication des cas de récidive dans les périodiques à diffusion nationale. Cette sanction est
prononcée par le commissaire général.