Chapitre 1 : Généralité sur les signaux
1. Introduction
Un signal est une grandeur physique (mesurable) qui varient en fonction d’un ou de plusieurs
paramètres dont souvent le paramètre temps.
Exemples :
- la température du corps d'une personne au cours d’une journée
- la voie du professeur qui parle
- la lumière du jour qui pénètre dans une salle
- la tension électrique aux bornes d’un dipôle ….
- Le nombre de gouttes d’eau recueillies chaque jour pendant une année,
- Une gravure accrochée au mur : ici le paramètre est l’espace (x, y)
- Une vidéo d’un reportage : le paramètre est à la fois l’espace (x, y) et le temps.
Mathématiquement, un signal peut être représenté par une fonction à une dimension dont la
variable est le temps (ex : la parole, une séquence de musique, …) ou une fonction à plusieurs
dimensions fonction par exemple des coordonnées spatiales (ex : une image en niveau de gris,
une séquence vidéo).
On distingue deux grands types de signaux :
- les signaux analogiques qui sont des signaux physiques devenus la plupart du
temps, électriques à l’aide de capteurs. On peut penser au signal à la sortie d’un
microphone, aux senseurs thermiques, optique, etc.
- les signaux numériques eux sont issus d’ordinateurs et de terminaux. Les
signaux à traiter proviennent de sources très diverses : le son, les images, la vidéo, les
échanges sur internet, le Wi-Fi, etc. La plupart d’entre eux, pour être modifiés ou
transportés, sont soit des signaux numériques, soit transformés en signaux numériques
(par numérisation).
Le traitement du signal peut avoir de multiples finalités comme la détection d’un signal,
l’estimation de grandeurs à mesurer, le codage, et la compressions des signaux en vue du
stockage et de la transmission, l’amélioration de sa qualité, la modification du signal (effets
sonores par exemple).
2. Classification des signaux
Dépendamment du critère utilisé, on peut noter entre autres classifications :
a- Signaux certains ou déterministes
Ce sont des signaux dont l’évolution en fonction du temps peut être parfaitement décrite par un
modèle mathématique. Ces signaux proviennent de phénomènes pour lesquels on connaît les
lois physiques correspondantes et les conditions initiales, permettant ainsi de prévoir le résultat.
Parmi les signaux déterministes, on distingue les signaux périodiques, pseudo-périodiques, etc..
b- Signaux aléatoires ou probabilistes
Ce sont des signaux dont le comportement temporel est imprévisible et pour la description
desquels il faut se contenter d’observations statistiques.
c- Signaux continus et discrets
Un signal continu, est un signal dont l’amplitude et le temps sont des variables continues, c’est-à-dire
sans points de discontinuité tandis qu'un signal discret est un signal défini pour certaines valeurs de la
variable t.
o Le signal à amplitude et temps continus appelé couramment signal analogique.
o Le signal à amplitude discret et temps continu appelé signal quantifié.
o Le signal à amplitude continue et temps discret appelé signal échantillonné.
o Le signal à amplitude discret et temps discret appelé signal numérique.
d- Signal périodique et signal non périodique
La période est la durée qui s’écoule jusqu’à ce que la grandeur reprenne la même valeur, en
variant dans le même sens. Un signal qui varie de manière à avoir la même valeur après une
période, est dit périodique. Sinon, il est non périodique. Les signaux périodiques satisfont à la
relation suivante :
𝑠(𝑡) = 𝑠(𝑡 + 𝑇), 𝑇 étant la période.
Exemple : Les signaux sinusoïdaux : 𝑠(𝑡) = 𝐴 𝑠𝑖𝑛[(2𝜋/𝑇)𝑡 + 𝜑]
e- Signal causal, signal anti-causal
Considérons un signal dérivant d’un phénomène physique. La conséquence ne pouvant
précéder la cause, si ce phénomène physique débute à t = 0 (choix de l’origine des temps) le
signal doit être nul pour t < 0. Un signal est causal s’il est nul pour t < 0. S’il est nul pour t >0
le signal est dit anti-causal.
f- Signal pair, signal impair
Un signal s(t) est pair si s(t) = s(-t) ou impair si s(t) = -s(-t).
3. Représentation de signaux et transformations temporelles
élémentaires
Les signaux peuvent subir de nombreuses transformations. Nous citons ici deux transformations
élémentaires qui agissent sur la variable temporelle. Nous pouvons faire subir aux signaux des
translations temporelles. Le signal s(t) retardé de τ s’écrit :
𝑇𝜏 [𝑠(𝑡)] = 𝑠(𝑡 − 𝜏)
Figure 1 : Signal retardé par τ =2s
L’échelle temporelle peut être dilatée ou contractée. Si le signal s(t) subit une dilatation
temporelle, nous avons :
𝐷𝛼 [𝑠(𝑡)] = 𝑠(𝛼𝑡)
Figure 2 : Signal dilaté par α =0.5
4. Présentation de quelques signaux particuliers
4.1. Signal (fonction) signe
La fonction signe, notée sgn est une fonction réelle de la variable réelle définie par :
Figure 3 : Fonction signe
Par convention on admet que sgn(0)=0
4.2. Le signal échelon
La fonction échelon unité, ou simplement échelon ou fonction de Heaviside, notée u(t), est une
fonction réelle de la variable réelle définie par :
Figure 4 : Fonction échelon
4.3. Signal rampe
La fonction rampe, notée r, est une fonction réelle de la variable réelle définie par :
Cette fonction est aussi définie par :
4.4. Signal rectangulaire ou porte
La fonction rectangle, ou fonction porte, de largeur 1, notée rect, est une fonction réelle de la
variable réelle définie par :
Figure 5 : Fonction porte
4.5. Fonction triangle
La fonction triangle unité, notée tri, est une fonction réelle de la variable réelle définie par :
Figure 6 : Fonction triangulaire
4.6. Fonction sinus cardinal
La fonction sinus cardinal, notée sinc, est définie :
sin (𝜋𝑡) sin (𝑡)
𝑠𝑖𝑛𝑐(𝑡) = Avec lim
𝜋𝑡 𝑥→0 𝑡
Figure 7 : Fonction sinus cardinal
Cette fonction a des propriétés très intéressantes en traitement du signal dont :
+∞
∫ 𝑠𝑖𝑛𝑐(𝑡)𝑑𝑡 = 1
−∞
+∞
∫ 𝑠𝑖𝑛𝑐 2 (𝑡)𝑑𝑡 = 1
−∞
4.7. Impulsion de Dirac
La distribution ou impulsion de Dirac, notée δ(t) correspond à une fonction porte dont la largeur
T tendrait vers0 et dont l’aire est égale à 1. Elle est définie par :
1 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑡 = 0
𝛿(𝑡) = {
0 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑡 ≠ 0
Figure 8 : Impulsion de Dirac
4.8. Le peigne de Dirac
On appelle peigne de Dirac une succession périodique d’impulsions de Dirac. T est la période
du peigne. Cette suite est parfois appelée fonction d’échantillonnage ou train d’impulsions.
𝛿𝑇 (𝑡) = ∑+∞
𝑘→−∞ 𝛿(𝑡 − 𝑘𝑇)
Figure 9 : Peigne de Dirac
T est la période de peigne.
5. Propriétés d’impulsion de Dirac
✓ Changement de variable
1
𝛿(𝑎𝑡) = |𝑎|−1 𝛿(𝑡) Avec en particulier 𝛿(𝜔) = 𝛿(𝑡)
2𝜋𝑓
Rappel
Relation Trigonométrique.
cos(A + B) = cos(A) cos(B) − sin(A)sin(B)
cos(A − B) = cos(A) cos(B) + sin(A)sin(B)
sin(A + B) = cos(A)sin(B) + sin(A) cos(B)
sin(A − B) = cos(A)sin(B) − sin(A) cos(B)
Donc
cos(A)cos(B)=1/2[cos(A+B)+cos(A-B)]
Et évidemment, cos²(X)+sin²(X)=1.
En déduire cos²(A) et sin²(A) en fonction de cos(2A)
Primitives de quelques fonctions
Remarque :
+∞
- L’énergie d’un signal : 𝐸 = ∫−∞ |𝑥(𝑡)|2 < ∞
- La puissance moyenne d’un signal :
Si le signal est périodique :
1 𝑇
𝑃 = 𝑇 ∫0 |𝑥(𝑡)|2 < ∞
Exercice 1 :
1) Représenter les signaux suivants :
𝑠(𝑡) = 𝛿(𝑡) , 𝑠1 (𝑡) = 𝛿(𝑡 − 1), 𝑆2 (𝑡) = 2𝛿(𝑡 − 1), 𝑆3 (𝑡) = 𝛿(𝑡 + 1)
2)
Exercice 2 :
Soit s(t) un signal ni paire ni impaire tel que :
0 𝑡<0
𝑠(𝑡) = {−𝑡 + 1 0 ≤ 𝑡 ≤ 1
0 𝑡>1
1.Décomposer ce signal en deux signaux, l’un est paire 𝑠𝑝 (𝑡) et l’autre impaire 𝑠𝑖 (𝑡).
2.Tracer les unes en dessous des autres les représentations graphiques de 𝑠𝑖 (𝑡), 𝑠𝑝 (𝑡) et 𝑠(𝑡).
3. Déterminer les parties paire et impaire du signal : 𝑥(𝑡) = 1 + 𝑡cos (𝑡) + 𝑡 3 sin(𝑡) cos (𝑡).
𝜋 𝜋 𝜋
4.Trouver la période commune du signal suivant : : 𝑥(𝑡) = 2 sin ( 4 𝑡) + cos (2 𝑡 − 3 )