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Approches en analyse de discours 2023

Le document explore les différentes approches en analyse de discours, notamment l'approche énonciative et pragmatique, en mettant l'accent sur leurs principes, méthodes et outils spécifiques. Il souligne l'importance de la situation d'énonciation et des indicateurs énonciatifs pour comprendre la production et la réception des discours. Enfin, il présente des exercices pratiques pour appliquer ces approches dans l'analyse de discours.

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Approches en analyse de discours 2023

Le document explore les différentes approches en analyse de discours, notamment l'approche énonciative et pragmatique, en mettant l'accent sur leurs principes, méthodes et outils spécifiques. Il souligne l'importance de la situation d'énonciation et des indicateurs énonciatifs pour comprendre la production et la réception des discours. Enfin, il présente des exercices pratiques pour appliquer ces approches dans l'analyse de discours.

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Analyse du

discours

Analyse du discours
Lahmer Marwa
0.1
2023-2024
Table des matières

I - Chapitre 2 : Les approches en analyse de discours 3

1. L'approche énonciative, de la théorie à la pratique. ................................................................................................ 4

1.1. LES CONCEPTS DE BASE DE LA THEORIE ENONCIATIVE : ........................................................................................... 6

1.2. LA THEORIE ENONCIATIVE D'ÉMILE BENVENISTE ......................................................................................................... 6

2. L'approche pragmatique, de la théorie à la pratique. .............................................................................................. 8

2.1. Evolution de la théorie pragmatique : un regard sur trois travaux clés. ................................................................................ 10

2.2. Identifiez les actes de parole de ces énoncés: .................................................................................................................... 12

3. Exercice : Exercice 1 ................................................................................................................................................ 12


4. Exercice : Exercice 2 ................................................................................................................................................ 12

5. Exercice : Exercice 3 ................................................................................................................................................ 13

6. Exercice : Exercice 4 ................................................................................................................................................ 13

7. Panorama des approches ........................................................................................................................................ 13

7.1. L'approche communicationnelle .......................................................................................................................................... 14

7.2. L'approche lexicométrique : ................................................................................................................................................. 16

7.3. Approche dialogique ............................................................................................................................................................ 17

7.4. L'approche sémiologique ..................................................................................................................................................... 17

II - Exercice : Examen de sortie 20

Références 21
Chapitre 2 : Les approches en analyse de discours

I Chapitre 2 : Les
approches en analyse de
discours

Objectifs

Connaître : Identifier les différentes approches en analyse de discours.


Comprendre : Expliquer les principes de base des approches énonciative et pragmatique.
Appliquer : Utiliser les méthodes énonciative et pragmatique pour analyser des discours.
Analyser : Comparer les avantages et les limites des différentes approches.
Évaluer : Évaluer l'efficacité des approches pour différents types de discours.
Créer : Concevoir une étude en utilisant une ou plusieurs approches en analyse de discours.

L'analyse de discours est une discipline clé en linguistique qui vise à décortiquer et à comprendre les
mécanismes par lesquels les textes et les énoncés produisent du sens dans divers contextes
communicationnels. Ce chapitre se propose d'explorer les principales approches qui structurent ce domaine
d'étude, en mettant en lumière leurs méthodes et leurs outils spécifiques. Parmi ces approches, l'analyse
énonciative se concentre sur les marques de l'énonciation et les positions des locuteurs; l'analyse pragmatique
examine les actes de langage et leur effet sur les interlocuteurs; l'approche lexicométrique utilise des outils
quantitatifs pour analyser les fréquences et les cooccurrences lexicales; enfin, l'analyse sémiologique
s'intéresse aux signes et aux systèmes de signification dans les discours. En étudiant ces différentes
perspectives, nous pourrons apprécier la richesse et la complexité des processus discursifs, ainsi que leur
pertinence dans l'interprétation des phénomènes linguistiques contemporains.

Pour plus d'informations, cliquez ici

3
L'approche énonciative, de la théorie à la pratique.

1. L'approche énonciative, de la théorie à la pratique.


Dans les années 1960, la méthode structuraliste de Saussure n'est plus suffisante. En effet, la plupart des chercheurs
revendiquent une analyse qui dépasse l'aspect intralinguistique et refusent la démarche qui se consacre à la
description des faits strictement linguistique. Les théories énonciatives trouvent donc leur origine dans une critique de
l'exclusion des données extralinguistiques lors de l'étude des discours. Selon les représentants de ce courant, le
discours doit être appréhendé du point de vue de ses conditions sociohistoriques de productions. En effet, quand on
examine le fonctionnement de la langue ou la signification des unités linguistiques, on est amené, d'une manière
immanquable, à les mettre en rapport avec quelques éléments contextuels, autrement dit, avec leurs références et
c'est à partir de là que le sens devient accessible. Il s'agit donc d'une manière différente d'aborder le fait linguistique
qui implique un passage d'une étude qui prend le langage dans un sens virtuel et abstrait, à une étude qui prend
comme objet d'étude des actions concrètes d'interlocuteurs spécifiques. Elle implique aussi un changement de l'unité
d'analyse en passant de la phrase à l'énoncé.

L'approche énonciative, qui se penche sur les mécanismes de production et de réception du discours, a été explorée
et développée par divers linguistes qui ont apporté d'importantes contributions à ce domaine. Parmi ces figures
majeures, nous pouvons citer, Oswald Ducrot 1970, Antoine Culioli 1960, Kerbrat-Orecchionni 1970 et notamment
Emile Benveniste 1960 chacun a apporté sa propre perspective et ses idées novatrices à la compréhension de
l'énonciation linguistique.

4
Aspect Énoncé Énonciation

Nature Contenu linguistique concret d'une Acte de parole lui-même, incluant les
phrase/proposition circonstances, les acteurs et les
intentions qui entourent la production
de l'énoncé

Contenu Les mots et les structures Le contexte, les intentions de


grammaticales d'une phrase l'énonciateur, le moment et le lieu de
/proposition l'énonciation, le contexte social et
interactif

Analyse Peut être analysé sur le plan Nécessite une analyse pragmatique
grammatical et sémantique et contextuelle pour une
compréhension complète

Importance Permet de comprendre le contenu Permet de comprendre la


de la phrase/proposition signification profonde de l'énoncé en
tenant compte de qui, quand, où,
pourquoi, et comment il est
prononcé.

5
1.1. LES CONCEPTS DE BASE DE LA THEORIE ENONCIATIVE :
1.1.1. Énoncé/Énonciation

Les concepts d'énoncé et d'énonciation sont deux piliers essentiels de la théorie énonciative. Dans leur interrelation,
chacun de ces éléments se distingue de l'autre : l'énonciation se rapporte à l'application individuelle de la langue,
impliquant la conversion de la langue en parole dans un contexte spécifique, tandis que l'énoncé représente le
résultat concret de cette démarche. En d'autres termes, l'énoncé se manifeste comme le produit verbal issu de
l'activité d'énonciation, incarnant la concrétisation pratique de la première opération. La nature de la connexion entre
ces deux composants linguistiques a été analogiquement comparée à celle du couple Fabrication-produit fabriqué.

1.1.2. Enonciateur/Enonciataire

Parmi les nombreuses contributions d'Émile Benveniste à la linguistique, l'une des distinctions les plus fondamentales
qu'il a introduites concerne la séparation des rôles de l'énonciateur et de l'énonciataire dans le processus de
communication linguistique. Dans cette perspective, nous allons explorer comment Benveniste a élaboré cette
différence entre celui qui parle et celui à qui l'on parle, en montrant comment ces rôles sont cruciaux pour la
construction du sens et de la signification dans le langage.

Concept Définition

Énonciateur La personne qui produit l'énoncé, c'est-à-dire celui qui


parle ou écrit. Il est responsable du choix des mots, de
l'intonation, et des intentions sous-jacentes à l'énoncé.

Énonciataire La personne à qui l'énoncé est destiné, c'est-à-dire celle


qui écoute, lit ou reçoit l'énoncé. Elle interprète le
message en fonction de son propre contexte, de ses
connaissances et de sa perspective.

1.1.3. La situation d'énonciation

La situation d'énonciation, en linguistique, fait référence au contexte et aux circonstances spécifiques dans lesquels
un énoncé est produit. Elle comprend des éléments spatiotemporels, les participants, leurs intentions et leurs
croyances, et les paramètres pourraient influencer la production et la réception d'un énoncé. La situation
d'énonciation est essentielle pour comprendre pleinement le sens d'un discours, car elle permet de tenir compte des
aspects contextuels qui peuvent affecter la signification et l'interprétation d'un énoncé donné.

1.2. LA THEORIE ENONCIATIVE D'ÉMILE BENVENISTE


Parmi les pionniers majeurs de la théorie énonciative se distingue le linguiste français Benveniste (1966-1974),
souvent considéré comme le fondateur de l'approche énonciative, largement appliquée dans les travaux des sciences
du langage. Bien qu'appartenant à l'école structuraliste et suivant les traces de son mentor Saussure en reprenant
ses notions fondamentales, Benveniste s'est efforcé, à travers ses recherches, d'aller au-delà et de proposer une
nouvelle conception de la question de l'énonciation. Il s'est principalement focalisé sur le fonctionnement de la parole
et son actualisation, mettant particulièrement l'accent sur le sujet parlant et sa relation avec la langue. Il définit
d'ailleurs l'énonciation comme une « mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d'utilisation. ... Cet

6
acte est le fait du locuteur qui mobilise la langue pour soncompte » (1974, p. 80)*. Cela implique que les locuteurs
utilisent la même langue de manière individuelle, spécifique et distincte. Ils se servent de l'appareil formel, le système
linguistique, pour formuler et exprimer leurs positions à travers des marqueurs linguistiques particuliers. Les travaux
de Benveniste ont ainsi conduit la linguistique à transcender l'ancienne dualité "langue/parole" au sens saussurien,
pour adopter un nouveau cadre de "énoncé/énonciation". Dans cette perspective, le langage n'est plus simplement
envisagé comme un système de signes, mais plutôt comme une pratique individuelle, un outil de communication.
Cette approche permet au sujet discoureur de se positionner en tant que sujet "je" de son énoncé, d'impliquer et
d'interpeller son destinataire, d'intégrer d'autres voix, et enfin, d'exprimer sa vision en se référant aux objets du
monde.

Dans son ouvrage intitulé "Problèmes de linguistique générale", Benveniste avance que, bien que chaque langue
dispose d'un ensemble de mots universellement compréhensibles, de nombreux termes requièrent une
compréhension contextuelle. Ces éléments, à la différence de l'appareil formel, englobent toutes les unités
linguistiques qui demeurent inextricablement liées à la situation de communication. Autrement dit, pour appréhender
leurs significations, il est essentiel de se référer au "contexte physique" tel que défini par Benveniste, englobant le
cadre spatial et temporel de l'événement énonciatif. À partir de cette perspective, le linguiste a élaboré une méthode
analytique qui demeure centrale dans l'analyse du discours. Il accorde une attention particulière aux indicateurs
énonciatifs pour dévoiler la relation entre les formes linguistiques, leurs significations et la subjectivité. L'objectif est
de repérer et d'examiner toutes les traces révélant l'inscription du locuteur dans son discours, en constante relation
avec son environnement (la situation de production). « ils ont en commun ce trait de se définir seulement par rapport
à l'instance de discours où ils sont produits.» (Benveniste, 1966, p. 262)*.

Ainsi, le linguiste a élaboré une méthodologie analytique axée sur les indicateurs énonciatifs, cherchant à mettre en
lumière la relation entre les formes linguistiques et leurs significations. Cette approche vise particulièrement à repérer
et examiner toutes les traces qui manifestent l'inscription de l'énonciateur dans son énoncé, ces traces étant en
constante interaction avec l'environnement (le contexte de production).

1.2.1. Les déictiques (embrayeurs) :

Les déictiques recouvrent toutes les expressions et les tournures linguistiques (adverbes, pronoms, verbes, etc.) qui
ne peuvent être comprises qu'en fonction de la situation de communication. Elles sont en étroite relation avec l'acte
d'énonciation, notamment les facteurs spatiotemporels.

- Les indices personnels :

Tout énoncé comprend des éléments linguistiques qui font référence aux personnes qui participent à la
communication, c'est-à-dire à la personne qui parle et produit l'énoncé (l'énonciateur) et celle à qui l'énoncé est
adressé (l'énonciataire). Ils se manifestent sous forme de pronoms personnels (je, nous, tu, vous), de terminaisons
verbales (-ons à l'impératif), de déterminants possessifs (ma, mon, ta, ton, notre, votre, etc.), mais leurs références
restent inconnues jusqu'à ce qu'on sache qui parle, où et quand la situation de communication s'est déroulée.

- Les indices spatio-temporels :

À côté des pronoms, il existe d'autres embrayeurs qui inscrivent les énoncés dans l'espace et le temps par rapport à
un point de repère que représente l'énonciateur. Ils permettent à ce dernier d'organiser son discours autour de
certains repères. Ces marques apparaissent donc dans l'énoncé, mais elles ne peuvent être saisies hors du cadre
énonciatif qui détermine leurs références.

7
Les déictiques spatiaux s'expriment majoritairement par des adverbes et des locutions adverbiales, des pronoms
démonstratifs et des déterminants, et les présentatifs comme « voici » et « voilà ». En ce qui concerne les déictiques
temporels, ils ont comme repère le moment d'énonciation. Ce type regroupe toutes les expressions qui nécessitent,
pour leur interprétation, de connaitre le temps d'énonciation, c'est-à-dire le moment où les paroles sont produites.

1.2.2. Les modalisateurs :

Les modalisateurs englobent un ensemble de marqueurs linguistiques, qu'ils soient lexicaux ou grammaticaux,
révélant l'attitude du locuteur envers son énoncé, les informations exposées, son interlocuteur et la situation
d'énonciation en général. Selon Neveu, un modalisateur est une expression linguistique, qu'il s'agisse d'un mot, d'un
morphème, d'un procédé typographique ou d'un phénomène prosodique, qui indique le degré d'adhésion du sujet de
l'énonciation au contenu des énoncés, allant de l'adhésion forte à nulle dans le cas du rejet. Ces marqueurs révèlent
le niveau d'engagement de l'énonciateur envers ses dires, notamment à travers les expressions d'évaluation et de
jugement. Les modalisateurs peuvent être classifiés en plusieurs catégories.

- Modalités appréciatives: Dans cette catégorie, on trouve diverses structures linguistiques, telles que les noms,
verbes, adjectifs, adverbes, interjections, etc., qui indiquent une évaluation subjective positive ou négative.
Maingueneau ajoute récemment l'exclamation à cette liste, soulignant son rôle dans l'expression d'un haut
degré émotionnel. Par exemple : "Apaisement ! Apaisement ! Hélas ! Écoutera-t-on ?" (Hugo, 1875, p. 34)*.

- Modalités épistémiques: Les termes exprimant le sens de la possibilité relèvent de la modalité épistémique. Ils
manifestent le degré de certitude du sujet-énonciateur par rapport à ses propos, incluant la probabilité, le
doute, la vérité, etc. Neveu définit cette modalité comme un usage linguistique exprimant le jugement du sujet
sur la valeur de vérité de son énoncé. Ces modalités se concrétisent à travers des expressions telles que "bien
entendu", "sans aucun doute", "sûrement", etc.

- Modalités déontiques: Les modalités déontiques concernent l'emploi de formules et d'expressions souvent liées
à l'obligation et à la nécessité, impliquant des verbes modaux tels que falloir, devoir, vouloir, etc. Elles
signalent ainsi la position d'autorité de l'énonciateur. Cette catégorie englobe également des valeurs modales
telles que l'interdiction, la permission et le facultatif, exprimées par des éléments linguistiques distincts, tels
que "forcément", "obligatoirement", "nécessairement", etc.

2. L'approche pragmatique, de la théorie à la pratique.


L'approche pragmatique, une perspective linguistique qui émerge comme une réaction réfléchie aux principes établis
de la linguistique structurale, repose solidement sur trois concepts essentiels. Tout d'abord, elle remet en question la
notion préexistante selon laquelle le sens d'un message est toujours explicitement formulé, soulignant que les
locuteurs n'optent pas toujours pour une expression directe et que le sens peut souvent se dissimuler derrière les
subtilités des éléments linguistiques. Ainsi, la pragmatique met en évidence l'importance cruciale de l'intentionnalité
communicative, un aspect complexe qui requiert une prise en compte attentive du contexte, se révélant être un
élément central dans cette approche émergente.

Elle, de surcroît, remet en question la conception limitée du langage comme un simple outil descriptif du monde. Elle
le perçoit davantage comme un instrument puissant pour influencer autrui, agissant ainsi sur les interlocuteurs en vue
de la réalisation d'objectifs spécifiques. Cette vision élargie transforme la langue, la libérant de sa fonction descriptive
pour mettre en exergue son potentiel dynamique et son impact social. Les pragmatiques introduisent, de ce fait, le

8
concept novateur d'actes de parole, mettant en relief que parler ne se réduit pas à une simple description, mais
constitue une action en soi. Cette notion renforce la perspective selon laquelle la communication verbale transcende
bien au-delà de la simple transmission d'informations, plaçant au premier plan l'aspect performatif du langage.

9
2.1. Evolution de la théorie pragmatique : un regard sur trois travaux clés.
2.1.1. Charles Morris

Concernant la pragmatique en tant qu'approche linguistique, son origine remonte aux travaux de Charles Morris, un
disciple de Peirce. En suivant la voie tracée par son prédécesseur, Morris a développé un nouveau schéma pour la
science des signes linguistiques. Selon son postulat, l'étude de toute langue, qu'elle soit formelle ou naturelle, doit
s'appuyer sur trois domaines pour en explorer tous les aspects :

1. La syntaxe, qui analyse les relations complexes entre les différentes composantes linguistiques au sein d'un
énoncé.
2. La sémantique, qui se penche sur la relation entre ces composantes et leurs valeurs référentielles.
3. La pragmatique, dont l'objet d'étude est constitué par les rapports qui se tissent entre les signes linguistiques
et leurs utilisateurs.

2.1.2. John Langshaw Austin

Dans sa huitième conférence intitulée "Quand dire, c'est faire", J.L. Austin a apporté une contribution majeure à la
compréhension des actes de parole en introduisant une classification innovante comprenant trois catégories
fondamentales. Au cœur de ses préoccupations, Austin s'est focalisé sur les effets que les énoncés produisent sur
les locuteurs-auditeurs, en mettant en lumière l'interactivité comme une dimension intrinsèque de l'activité verbale.
Selon lui, chaque acte de langage est marqué par une charge interactionnelle et pragmatique, une caractéristique
toujours présente, bien que variable d'une situation à l'autre. Cette classification distingue les trois actes suivants :

- Acte locutoire : Il implique la production d'un ensemble de sons ayant un sens dans une langue donnée. Cet
acte obéit à une organisation phonique, morphologique et syntaxique, représentant ainsi la création d'une
phrase avec un sens et une référence concrète.

- Acte illocutoire : Il englobe la réalisation d'actions spécifiques en prononçant des paroles. Cela peut inclure une
gamme variée d'actions, telles que menacer, promettre, accuser, ordonner, etc. Selon Austin, l'acte illocutoire
représente le but véhiculé par l'acte locutoire, révélant ainsi l'intention du locuteur.

- Acte perlocutoire : Il se rapporte aux effets que le locuteur cherche à susciter chez son auditeur, tels que la
manipulation, la persuasion, ou l'induction de sentiments spécifiques. Il représente les objectifs stratégiques
poursuivis par le sujet parlant.

 Exemple

Voici un exemple avec l'énoncé "Il fait froid" pour illustrer la différence entre l'acte locutoire, l'acte illocutoire et l'acte
perlocutoire :

Acte locutoire : "Il fait froid."

1. L'acte locutoire réside dans la production de l'énoncé indiquant la température.


2. L'acte illocutoire est l'acte de se plaindre du froid, exprimant le ressenti du locuteur.
3. L'acte perlocutoire : L'interlocuteur ajuste le chauffage en réponse à la plainte du locuteur.

L'acte perlocutoire est la réaction ou l'effet provoqué par l'acte illocutoire du locuteur. En réaction à la plainte du
locuteur, l'interlocuteur ajuste le chauffage pour remédier au froid.

10
2.1.3. La typologie d'actes de langage (John Searle)

John Searle, disciple d'Austin, a élargi la typologie des actes de langage en identifiant cinq catégories
fondamentales. Cette classification, qui constitue un enrichissement de la théorie d'Austin, offre une vision plus
détaillée des différentes fonctions du langage. Searle a également précisé les actes illocutoires, approfondissant ainsi
la compréhension de la manière dont le langage est utilisé pour accomplir diverses actions.

Les catégories d'actes illocutionnaires selon Searle :

- Les assertifs ou les représentatifs (assertion, affirmation ...): le locuteur s'engage sur la vérité de la proposition
exprimée. Ex : j'affirme que je ne pourrai pas venir demain.

- Les directifs (l'ordre, demande, conseil ...): le but des directifs c'est que le locuteur cherche à faire quelque
chose par l'interlocuteur. Ex : j'ordonne que tu fermes la porte !

- Les promessifs (promesse, offre, invitation ...) : le but des promessifs est d'obliger le locuteur à accomplir
certains actes. Ex : je te promets que je viendrai demain.
- Les expressifs : le but des expressifs est d'exprimer l'état psychologique du locuteur. Ex : j'aimerais que tu me
pardonnes.
- Les déclaratifs (déclaration de guerre, nomination ...): ils ont pour caractéristiques de provoquer la vérité de leur
contenu propositionnel, ils impliquent une institution extralinguistique. Ex : je vous déclare unis par les liens
sacrés du mariage.

2.1.4. L'implicite : un concept clé en analyse pragmatique

L'implicite se réfère à la capacité de transmettre des idées ou des points de vue de manière indirecte. Selon Kerbrat-
Orecchioni, cela implique un changement de perspective sur le langage, qui n'est plus simplement considéré comme
un moyen de communication, comme le concevaient les structuralistes. Au contraire, le langage devient un outil
permettant de dissimuler intentions et sentiments. L'auteure souligne que « le langage n'est pas toujours l'expression
fidèle de la vérité, puisqu'il existe de nombreuses vérités cachées que nous ne parvenons jamais à atteindre »
(Kerbrat-Orecchioni, 1998, p. 5). Ainsi, même dans les échanges quotidiens, les interlocuteurs ont tendance à utiliser
des formulations indirectes pour s'exprimer. En résumé, une part de signification ambiguë est toujours présente
derrière le sens littéral.

a) Présupposé VS Sous-entendus

L'implicite peut se manifester sous deux formes ; présupposés et sous-entendus.

Les présupposés, en tant que premier type d'implicite, relèvent de l'information directe dans les composants
linguistiques de l'énoncé, permettant à toute personne de déchiffrer le message implicite en associant les
informations linguistiques aux connaissances préexistantes, indépendamment des paramètres contextuels.

 Exemple

Les élèves ont appris ce matin que Stevan allait mieux. (présupposé : Stevan a été malade).

Contrairement au présupposé, le sous-entendu repose davantage sur le contexte que sur les éléments lexicaux et
syntaxiques, étant dépendant des données contextuelles et associé à l'énonciation, ce qui rend sa compréhension
plus complexe et sujette à l'incertitude.

11
 Exemple

Je dois dormir

Selon le contexte situationnel et son énonciation, le locuteur sous-entendrait un désir de se soustraire à quelqu'un ou
d'inviter quelqu'un à sortir au moyen d'une expression masquée de politesse.

2.2. Identifiez les actes de parole de ces énoncés:


Situation 1 : Une fille adolescente à sa mère : "Je n'ai plus rien à porter pour la soirée de samedi."

Situation 2 : Une personne dit à son collègue de travail : "Oh, j'ai oublié mon déjeuner à la maison aujourd'hui."

Situation 3 : Une personne dit à son conjoint : "J'aimerais beaucoup que la cuisine soit rangée ce soir."

Situation 4 : Un ami dit à son ami : "Je suis en train de regarder ton film préféré à la télé."

Situation 5 : Une personne dit à son collègue de travail : "J'ai laissé des notes sur la table de la réunion."

Situation 5 : Un conjoint dit à son partenaire : "Je crois que j'ai perdu mes clés quelque part dans la maison."

Situation 7 : Un ami dit à son ami : "Je n'ai rien à faire ce soir."

3. Exercice : Exercice 1
Formulez trois énoncés courts, chacun accompagné d'un contexte. Laissez vos camarades deviner le sens implicite
de chaque énoncé.

4. Exercice : Exercice 2
Extrait :

Dans le domaine de la pragmatique linguistique, l'implicite revêt une importance significative. Les énoncés ne
transmettent pas seulement leur signification littérale, mais ils sont également porteurs de sens implicites qui
nécessitent une compréhension contextuelle. L'implicite émerge souvent à travers l'utilisation de présuppositions, de
sous-entendus et d'actes illocutionnaires. Il s'agit d'une dimension subtile mais cruciale du langage, où la signification
va au-delà des mots eux-mêmes, exigeant des auditeurs une sensibilité aux nuances du contexte.

Questions :

1. En quoi consiste la dimension implicite du langage selon l'extrait ?

2. Quelles sont les manifestations courantes de l'implicite, mentionnées dans le texte ?

3. Comment la compréhension contextuelle est-elle présentée comme essentielle pour saisir le sens implicite ?

4. Pourquoi l'implicite est-il considéré comme une dimension cruciale de la pragmatique linguistique ?

5. Pouvez-vous citer des exemples concrets où l'implicite joue un rôle dans la communication quotidienne ?

12
Exercice : Exercice 4

5. Exercice : Exercice 3
Extrait :

Au cœur de chaque interaction quotidienne, l'implicite se révèle comme un fil invisible tissant le tissu de la
communication humaine. Son importance réside dans sa capacité à simplifier et enrichir nos échanges. Souvent, les
individus utilisent des expressions implicites pour transmettre des informations sans les énoncer explicitement, ce qui
favorise la fluidité des conversations. Ces nuances implicites peuvent renforcer les liens sociaux, éviter des
malentendus potentiels, et permettre une communication plus efficace. L'implicite devient ainsi un outil subtil mais
essentiel, facilitant la compréhension mutuelle et contribuant à la finesse des relations interpersonnelles.

Questions :

1. Comment l'implicite est-il comparé à un "fil invisible" dans l'extrait ?

2. En quoi l'utilisation d'expressions implicites peut-elle simplifier les échanges selon le texte ?

3. Quels avantages sont évoqués concernant l'utilisation de l'implicite dans les interactions sociales ?

4. Comment l'implicite peut-il contribuer à éviter des malentendus potentiels ?

5. En quoi l'implicite est-il considéré comme un "outil essentiel" dans la communication quotidienne, selon l'extrait
?

6. Exercice : Exercice 4
Exercice 4: Classez chaque phrase dans l'une des catégories suivantes selon la typologie d'actes de langage de
Searle :

Extrait : 01

"Mes concitoyens, je suis honoré de me tenir devant vous aujourd'hui. Je vous affirme que nous sommes à un
tournant crucial de notre histoire. Il est impératif que nous travaillions ensemble pour assurer un avenir meilleur. Je
vous propose un plan clair et concret pour améliorer notre système éducatif. En tant que votre représentant, je
m'engage à défendre vos droits et à lutter pour la justice sociale. Ainsi, je déclare officiellement ma candidature pour
les prochaines élections. Je vous demande de vous joindre à moi dans cette quête pour un changement positif. "

Extrait : 02

"Mes concitoyens, je tiens à exprimer ma gratitude pour votre soutien continu. Nous sommes confrontés à des défis
complexes, mais je suis convaincu que, ensemble, nous pouvons les surmonter. Il est temps d'agir et de mettre en
œuvre des politiques qui renforcent notre économie. Je propose une réforme fiscale équilibrée pour stimuler la
croissance. En tant que votre représentant, je m'engage à rester transparent et à rendre des comptes. Ainsi, je
promets de défendre vos intérêts avec détermination et intégrité. Je lance officiellement ma campagne pour un
mandat renouvelé. Rejoignez-nous dans cette démarche pour un avenir prospère. »

7. Panorama des approches


Au-delà des approches énonciative et pragmatique qui ont marqué l'analyse de discours, cette discipline regorge
d'une variété d'approches, chacune visant à appréhender un aspect spécifique du discours. Ces différentes
perspectives témoignent de la richesse et de la complexité inhérente à l'étude du langage. Chaque théorie offre une

13
perspective unique à travers laquelle les chercheurs explorent les dimensions variées du discours, mettant en lumière
les nuances, les interactions, et les structures qui composent la communication linguistique. Dans ce qui suit, nous
aborderons certaines approches qui ont contribué à approfondir notre compréhension du discours.

7.1. L'approche communicationnelle


L'approche communicationnelle ou fonctionnelle de l'analyse de discours repose sur le modèle de communication
élaboré par Roman Jakobson dans les années 1960. Ce modèle considère les différentes fonctions du langage en
association avec les composantes d'un acte de communication. Essentiellement axée sur l'importance du contexte et
de la situation dans lesquels un discours émerge, cette approche cherche à décrypter les interactions sociales et à
comprendre les composantes linguistiques ainsi que leurs relations dans des contextes diversifiés. Jakobson
souligne la nécessité d'étudier le langage dans toutes ses fonctions pour saisir le fonctionnement d'une
communication verbale. Chaque communication possède une fonction dominante et essentielle, distinguant ainsi un
message d'un autre. Cependant, ces fonctions ne sont pas mutuellement exclusives, elles se combinent et se
superposent souvent. Il est rare qu'un message ait une seule de ces fonctions. La structure verbale et les
caractéristiques linguistiques d'un message sont profondément déterminées par sa fonction dominante, soulignant
ainsi l'intention particulière qui guide la communication.

7.1.1. Destinateur et Fonction Expressive :

Le destinateur, ou émetteur du message, utilise la fonction expressive pour informer le destinataire des aspects
personnels, des intentions, et de la position de l'auteur par rapport au contenu.

- Message et Fonction Poétique :

La fonction poétique donne au message une valeur esthétique propre, dépendant de l'art d'utiliser le langage pour
exprimer des pensées et représenter le monde.

Exemple : Un poème utilise la fonction poétique pour créer une signification émotionnelle distincte en jouant avec les
mots et les images, suscitant des émotions chez le lecteur.

- Destinataire et la fonction conative:

Le destinataire réagit en fonction de son interprétation de l'intention ou de la finalité communicative du destinateur.

Exemple : Dans un discours commercial, le destinataire réagit aux arguments persuasifs du destinateur (la marque),
influençant ainsi ses choix d'achat.

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- Contexte et Fonction Référentielle :

La fonction référentielle concerne le contexte et/ou le référent extralinguistique sur lequel repose le message.

Exemple : Un article scientifique utilise la fonction référentielle pour décrire des faits, des expériences et des
données, établissant un contexte objectif et informatif.

- Contact et fonction phatique :

La fonction phatique sert à établir, maintenir ou interrompre le contact physique et/ou psychologique entre l'émetteur
et le récepteur du message.

Exemple : Les salutations courantes dans une conversation (comme "Bonjour") remplissent une fonction phatique en
établissant un contact social et en facilitant la communication.

- Métalangage et Fonction Métalinguistique :

La fonction métalinguistique se manifeste lorsque les acteurs utilisent la langue pour parler d'elle-même ou d'une
autre langue.

Exemple : Un enseignant expliquant la signification d'un terme à un élève utilise la fonction métalinguistique pour
clarifier le sens du mot.

L'analyse de discours selon l'approche communicationnelle ou fonctionnelle, inspirée par le modèle de Roman
Jakobson, implique plusieurs étapes pour décortiquer les différentes composantes linguistiques et contextuelles d'un
discours. Voici les étapes clés à suivre :

- Identification de la Fonction Dominante : Déterminez la fonction principale du discours en examinant comment


les éléments linguistiques sont utilisés pour atteindre un objectif particulier. Les fonctions du langage selon
Jakobson comprennent le message, le contexte, le code, l'émetteur, le destinataire et la métalinguistique.

- Analyse du Contexte : Étudiez le contexte dans lequel le discours a été produit. Cela englobe le cadre social,
culturel et situationnel qui influe sur la communication. Comprenez comment ces facteurs contextuels affectent
la signification du discours.

- Identification des Acteurs : Identifiez les émetteurs et les destinataires du discours. Analysez leurs rôles, leurs
relations et leur influence potentielle sur le message.

- Examen du code Linguistique : Analysez les choix linguistiques, y compris le vocabulaire, la syntaxe, la
grammaire et les figures de style. Comprenez comment ces éléments contribuent à la fonction dominante du
discours.

En suivant ces étapes, l'analyse communicationnelle de discours vise à démystifier les mécanismes complexes qui
sous-tendent la communication verbale, en mettant en lumière les choix linguistiques et contextuels qui façonnent le
sens.

Exemple concret :

Imaginons un débat politique où un candidat utilise la fonction expressive pour partager ses convictions et positions
politiques. En utilisant un langage émotionnel et persuasif, le destinateur cherche à influencer positivement le
destinataire (l'électorat). Le contexte politique et social sert de toile de fond (fonction référentielle), et les échanges
verbaux créent un contact psychologique entre le candidat et les électeurs (fonction phatique). Ainsi, cette analyse
permet de comprendre comment les différentes fonctions du langage interagissent pour façonner le discours politique
dans un contexte donné.

15
 Exemple

Dans un discours politique, le politicien utilise la fonction expressive pour exprimer ses convictions et émotions,
influençant ainsi le destinataire (l'électorat) sur sa vision politique

7.2. L'approche lexicométrique :


La lexicométrie est une approche fusionnant linguistique, statistique et informatique. Cette jeune discipline est
appelée également « analyse du discours assistée par ordinateur », ou encore « traitement automatisé du discours »,
« l'étude scientifique du discours faite avec l'outil informatique ». Elle se consacre à l'analyse quantitative des textes,
explorant les données linguistiques, sémantiques et stylistiques au sein de vastes corpus. Dans les années 1970/80,
la lexicométrie a prospéré avec l'avènement de la micro-informatique. Le Groupe de Saint-Cloud en France a joué un
rôle clé, facilitant le traitement et l'analyse de textes volumineux. La revue "MOTS – Mots, Ordinateurs, Textes,
Sociétés," fondée en 1980, a été un vecteur essentiel pour ses applications. Parmi ses principaux fondateurs ;
Charles Muller, axé sur la lexicométrie littéraire, a exploré le style et l'évolution du vocabulaire des écrivains. Maurice
Tournier, lié à la lexicologie politique, a examiné les liens entre langage politique et pouvoir.

Les logiciels couramment utilisés pour l'analyse lexicométrique incluent Tropes, Hyperbase, Sphinx, Cordial, Alceste,
Weblex, Prospero, Astartex.

Méthode d'Analyse :

La lexicométrie s'appuie sur des traitements statistiques et informatiques. Elle choisit des items formels (mots
graphiques), crée des relations statistiques sur des axes paradigmatique, syntagmatique et situationnel, avec une
norme intrinsèque définie à l'intérieur des corpus.

Objectifs :

La lexicométrie poursuit ses objectifs à travers diverses questions clés, telles que :

- Usage des termes :

- Comment les termes spécifiques sont-ils employés dans un corpus textuel ?

- Quels sont les schémas d'emploi et les contextes associés à ces mots ?

- Évolution et richesse du vocabulaire :

- Comment le vocabulaire d'un auteur ou d'un discours évolue-t-il au fil du temps ?

- Quelle est la diversité et la richesse du lexique employé ?

- Classification par fréquence et distribution :

- Quels mots sont les plus fréquemment utilisés dans un corpus ?

- Comment ces mots sont répartis à travers différentes parties du texte ?

- Thèmes principaux du corpus :

- Quels sont les thèmes récurrents dans un ensemble de textes ?

- Comment ces thèmes évoluent-ils ou varient-ils ?

- Combinaisons et sens des mots :

- Comment les mots interagissent-ils les uns avec les autres dans des combinaisons fréquentes ?

16
- Quels sont les sens spécifiques émergents de ces combinaisons ?

7.3. Approche dialogique


Le dialogisme, conçu par Mikhaïl Bakhtine au XXe siècle, émerge comme une approche d'analyse de discours qui
perçoit le langage comme un espace interactif, mettant l'accent sur le rôle central de l'autre, qu'il soit interne ou
externe. Cette perspective se caractérise par son exploration approfondie de la polyphonie, illustrant la diversité des
voix et des consciences interagissant au sein d'un discours. Inspiré par Dostoïevski, Bakhtine a forgé les fondements
du dialogisme, tandis que des intellectuels tels que Todorov, Kristeva, Genette, Maingueneau et Ducrot, en France,
ont élargi ces concepts dans divers domaines. Comme Bakhtine l'a souligné, "Parler, c'est communiquer, et
communiquer, c'est interagir", encapsulant ainsi la vision dialogique du langage.

Objectifs du Dialogisme :

• Révéler la diversité des perspectives : Le dialogisme cherche à dévoiler les multiples voix, consciences et discours
imbriqués dans un énoncé, créant ainsi une richesse sémantique.

• Explorer la coexistence des discours : L'objectif est d'analyser comment différents discours cohabitent dans un
même espace linguistique, se répondant et se transformant mutuellement.

• Comprendre l'Harmonie et le Conflit : Le dialogisme vise à saisir comment les voix dialoguent, s'accordent ou
entrent en conflit, influençant ainsi la texture du discours.

Méthode d'Analyse :

- Identification des voix : Analyser et identifier les différentes voix présentes dans un énoncé, qu'elles soient
manifestes ou implicites.

- Cartographie des Dialogues Internes : Explorer la manière dont ces voix entrent en dialogue interne,
s'influencent et se modifient mutuellement.

- Analyse de l'Intertextualité : Examiner les références et les réponses à d'autres discours, révélant ainsi la trame
intertextuelle au sein d'un énoncé.

Questions clés du dialogisme :

1. Comment les voix Coexistent-elles dans un discours unique ?


2. Quelles sont les relations entre les différentes perspectives ?
3. En quoi la coexistence de discours enrichit-elle la signification ?
4. Comment les dialogues internes contribuent-ils à la dynamique d'un discours ?

7.4. L'approche sémiologique


La sémiologie, élaborée notamment par Ferdinand de Saussure et approfondie par Roland Barthes, constitue une
discipline qui étudie les signes et leurs systèmes de signification dans le cadre de la communication humaine. Cette
approche vise à décrypter la manière dont les symboles, signes et codes transmettent des significations, formant
ainsi un langage visuel. L'image, en tant qu'objet d'étude, occupe une place centrale dans la sémiologie visuelle,
explorant comment les éléments visuels, tels que les couleurs, les formes et la composition, agissent comme des
signes pour véhiculer des messages culturels et sociaux.

L'approche sémiologique de signification, développée par Roland Barthes dans son célèbre article "La rhétorique de
l'image", se concentre sur l'analyse des phénomènes signifiants présents dans la vie sociale, incluant spécifiquement
l'étude des images. Cet article emblématique a jeté les bases de l'analyse sémiotique des images en examinant les

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niveaux de signification explicite (dénotation) et symbolique (connotation). Ainsi, la sémiologie de signification
s'intéresse au sens et à l'interprétation des phénomènes sociaux, mettant en lumière la valeur symbolique de certains
faits sociaux, y compris dans le domaine visuel. Elle élimine la distinction entre signes et indices pour se consacrer à
l'étude approfondie des systèmes d'indices liés à l'interprétation et au sens des phénomènes socioculturels, avec une
attention particulière portée aux éléments visuels. En résumé, tandis que la sémiologie de communication explore les
systèmes de signes conventionnels, la sémiologie de signification, dans son étude de l'image, enrichit l'analyse de
l'interprétation et du sens dans divers contextes socioculturels.

Barthes soutient que toute image, y compris la publicité, transmet trois messages distincts :

• Message Linguistique : Les éléments textuels présents dans l'image, tels que les mots ou les phrases.

• Message Iconique Dénoté : La signification littérale ou explicite de l'image, ce que l'on voit sans interprétation
subjective.

• Message Iconique Connoté : La signification symbolique ou implicite de l'image, liée aux associations culturelles,
aux idées et aux sentiments.

- La Connotation : la connotation se réfère aux significations implicites et subjectives associées à un élément de


l'image. Elle dépend du contexte et des expériences individuelles, ajoutant des couches de sens au-delà de la
signification littérale. La connotation engage la question du code et du sens.

- La Dénotation

La dénotation représente la signification littérale et objective d'un élément visuel, telle que définie dans le dictionnaire.
Elle est partagée par ceux qui partagent la même langue et constitue l'aspect "innocent" de l'image.

La sémiologie de l'image, également appelée iconologie, est une discipline visant à étudier la manière dont les signes
fonctionnent dans le langage visuel. Elle examine comment les images contribuent à la création de sens et repose sur
l'analyse des images dénotées et connotées.

La sémiologie, dans son étude de l'image, cherche à comprendre les aspects suivants en se posant différentes
questions :

1. Dénotation et Connotation : Quels sont les éléments visuels immédiats et explicites (dénotation) présents
dans l'image, et comment sont-ils interprétés ? Quelles sont les significations symboliques plus profondes
(connotation) que ces éléments peuvent véhiculer
2. Relations entre Signes : Comment les différents éléments visuels de l'image interagissent-ils les uns avec les
autres pour former des signes complexes ? Quels sont les liens sémantiques entre ces signes ?
3. Cadrage et Composition : Comment le cadrage de l'image influence-t-il la perception et la signification ?
Quelle est la composition visuelle et comment contribue-t-elle à l'ensemble du message ?
4. Couleur et Symbolisme : Quel rôle jouent les couleurs dans l'image, et comment sont-elles associées à des
significations particulières ou à des symboles culturels ?
5. Réception et Interprétation : Comment l'image est-elle perçue par le public cible ? Quels sont les processus
d'interprétation et les différentes lectures possibles de l'image ?
6. Contexte Culturel : Comment les éléments visuels de l'image sont-ils liés au contexte culturel dans lequel elle
est produite et consommée ? Quelles références culturelles sont mobilisées ?
7. Intention de l'Auteur : Quelle est l'intention de l'auteur de l'image, et comment cette intention est-elle exprimée
à travers les choix sémiotiques ?

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En explorant ces questions, la sémiologie de l'image vise à dévoiler les mécanismes complexes qui sous-tendent la
signification visuelle et à enrichir notre compréhension des messages véhiculés par les images.

* *

L'analyse de discours offre une variété de méthodes et d'outils linguistiques spécifiques qui permettent d'explorer et
de comprendre les nuances et les mécanismes sous-jacents à la communication humaine. Chaque approche, qu'elle
soit structurelle ou interactionnelle, apporte une perspective unique qui enrichit notre compréhension du langage.
L'utilisation d'exemples concrets illustre non seulement l'application pratique de ces méthodes, mais aussi leur
pertinence dans des contextes réels. Ainsi, ces méthodes ne sont pas seulement des outils théoriques, mais des
instruments essentiels pour analyser et interpréter le discours de manière approfondie et éclairée.

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Exercice : Examen de sortie

II Exercice : Examen de
sortie

Chaque approche en analyse du discours offre des méthodes et des outils linguistiques spécifiques. Choisissez
deux approches et développez-les en illustrant votre réponse par des exemples concrets.

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Références

Références

R4 1974, p 80.

R5 Benveniste, 1966, p 262.

R6 Hugo, 1875, p34.

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