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NCVF330

La note de conjoncture d'août 2024 présente une croissance mondiale modérée de 3,2%, avec des performances variées entre les économies avancées et émergentes. Au Maroc, le secteur primaire souffre d'une baisse de production céréalière, tandis que les secteurs secondaire et tertiaire montrent des signes de croissance. Les finances publiques affichent un déficit budgétaire accru, et la croissance des crédits bancaires ralentit, indiquant des défis économiques persistants.

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La note de conjoncture d'août 2024 présente une croissance mondiale modérée de 3,2%, avec des performances variées entre les économies avancées et émergentes. Au Maroc, le secteur primaire souffre d'une baisse de production céréalière, tandis que les secteurs secondaire et tertiaire montrent des signes de croissance. Les finances publiques affichent un déficit budgétaire accru, et la croissance des crédits bancaires ralentit, indiquant des défis économiques persistants.

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ROYAUME DU MAROC

DEPF
Boulevard Mohamed V. E : depf@[Link]
Quartier Administratif, W : [Link]
Rabat-Chellah Maroc T : (+212) [Link]/16
MINISTÈRE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES

NOTE DE
CONJONCTURE
DIRECTION DES ETUDES ET DES PREVISIONS FINANCIERES
N° 330/ Août 2024
Note de Conjoncture 2
Note de conjoncture

Sommaire

PARTIE 1 ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

01 ECONOMIES AVANCÉES

02 ECONOMIES ÉMERGENTES
03 MARCHÉS DES MATIÈRES PREMIÈRES

PARTIE 2 ENVIRONNEMENT NATIONAL

01 TENDANCES SECTORIELLES

02 DEMANDE INTERIEURE
03 ECHANGES EXTERIEURS
04 FINANCES PUBLIQUES
05 FINANCEMENT DE L’ECONOMIE

PARTIE 3 TABLEAU DE BORD

Direction des Etudes et des Prévisions Financières

Note de Conjoncture 3
Note de conjoncture N° 330 | Août 2024

Synthèse
N.B. : Sauf indication contraire, les évolutions présentées, dans la note, sont en glissement annuel.

Environnement international
Economie mondiale : perspectives de croissance modérée du PIB mondial en 2024 (3,2% après 3,3% en 2023,
selon le FMI). Dans les économies avancées (1,7% après 1,7%), couvrant la bonne performance des Etats-Unis
(2,6% après 2,5%) la reprise dans la zone euro (0,9% après 0,5%) et au Royaume-Uni (0,7% après 0,1%) et
le ralentissement au Japon (0,7% après 1,9%). S’agissant des économies émergentes (4,3% après 4,4%), la
croissance reste menée par les pays d’Asie, dont notamment la Chine (5% après 5,2%) et l’Inde (7% après
8,2%). Les perspectives mondiales restent entourées de grandes incertitudes. Toutefois, l'inflation devrait
continuer à baisser, ce qui permettra aux banques centrales d'assouplir progressivement leurs politiques.
Zone euro : reprise plus forte que prévue au premier semestre (+0,3% au T1 et T2), tirée par la France et
l’Espagne, tandis que l'Allemagne peine à rebondir. La croissance pour 2024 est prévue à 0,9% par le FMI.
Euro : 1,11 dollar le 23 août, marquant une appréciation de 3,1% depuis le début du mois.
Pétrole : 81 dollars pour le baril du Brent le 23 août, en baisse de 9% depuis son pic début juillet.

Tendances sectorielles
Secteur primaire : production céréalière de la campagne agricole 2023-2024 estimée à 31,2
millions de quintaux, en baisse de 43% par rapport à la campagne précédente, suite à une faible
pluviométrie ; adoption de mesures visant une meilleure gestion des ressources hydriques et un
soutien en faveur des agriculteurs et des éleveurs.
Secteur secondaire : évolution positive du secteur minier (production de phosphate brut :
+30,7% à fin mai), du secteur manufacturier (TUC : +4,8 points à 77,8% à fin juin), de la production
de l’énergie électrique (+1,3% à fin juin) et du secteur du BTP (ventes de ciment : +6,8% à fin juillet).
Secteur tertiaire : raffermissement des indicateurs du tourisme (arrivées : +15% à fin juillet ; nuitées
: +8,4% à fin juin) et du transport (passagers aériens : +18,5% à fin juillet ; trafic portuaire global :
+13,3% à fin mars) ; performance positive des indicateurs du secteur des télécommunications à
fin juin (parc mobile : +5% ; parc internet : +6,9%).

Ménages & Entreprises


Consommation des ménages : elle aurait bénéficié en 2024 du ralentissement de l’inflation
(+1,3% en juillet après +4,9% un an auparavant). Elle serait également soutenue par l’évolution
positive à fin juin des transferts des MRE (+1,8%) et des crédits à la consommation (+0,5%). Elle
tirerait aussi profit des transferts effectués par l’Etat dans le cadre du soutien social direct, ainsi
que des augmentations récentes des revenus à l’issu du dialogue social.
Maintien de l’effort d’investissement à fin juin 2024, en phase avec le comportement favorable
des recettes des IDE (+8,6%), des crédits à l’équipement (+11,6%) et des importations des biens
d’équipement (+6,8%), ainsi que la dynamique des dépenses d’investissement du Budget Général
de l’Etat (+6,9% à 57,3 milliards de dirhams à fin juillet).

1,11 81 $/baril 31,2 MQx (-43%) +30,7%


(le 23 août) (le 23 août) (fin mai)

Parité euro/dollar Brent Production céréalière Production de phosphate


brut

Note de Conjoncture 4
Note de conjoncture N° 330 | Août 2024

Echanges extérieurs
Hausse des exportations de 3% à fin juin, tirée, particulièrement, par l’accroissement des
ventes à l’étranger des secteurs de l’automobile (+9%), de phosphates et dérivés (+7,5%) et
de l’aéronautique (+16,5%).
Augmentation des importations de 2% à fin juin, tirée essentiellement par la hausse des
acquisitions des produits finis d’équipement (+6,8%), des demi produits (+6,1%) et des
produits finis de consommation (+3,1%).
Légère hausse du déficit commercial (+0,4%) et amélioration du taux de couverture (+0,6
point atteignant 61,9% à fin juin).
Avoirs Officiels de Réserve : couverture de 5 mois et 9 jours d’importations de biens et
services à fin juin.

Finances publiques
Un déficit budgétaire de 40,1 milliards de dirhams contre 29,3 milliards un an auparavant,
résultant, particulièrement, d’une hausse des dépenses globales (+12,6%), plus importante
que celle des recettes ordinaires (+8,7%).

Financement de l’Economie
Ralentissement de la croissance des crédits bancaires à +3,2% à fin juin 2024 après +4,7%
l’année précédente, principalement en raison du ralentissement du taux de progression des
crédits au secteur non financier à +1,2% après +4,6% un an auparavant, dont les crédits aux
sociétés non financières (+0,1% après +6% à fin juin 2023) et les crédits aux ménages (+1,2%
après +2,8% à fin juin 2023).
Raffermissement notable des indicateurs de la Bourse de Casablanca au cours du mois
de juillet 2024, notamment, les indices MASI et MASI 20, et la capitalisation boursière, soit
respectivement+5,1%, +5,6% et +4,7% par rapport à fin juin 2024, portant leurs performances,
par rapport à fin décembre 2023, à +15,6%, +14,6% et +15,8%, après +10%, +8,6% et +10,6%
le mois précédent.
NB : Sauf indication contraire, les évolutions sont en glissement annuel

+7,5% -5,2% +3,2% +15,6% et +14,6%


(fin juin) (fin juin) (fin juin) (fin juil-24/fin déc-23)

Exportations phosphates Facture Crédits bancaires MASI et MASI 20


et dérivés énergétique

Note de Conjoncture 5
Note de conjoncture N° 330 | Août 2024

ENVIRONNEMENT
INTERNATIONAL

Note de Conjoncture 6
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

1. ECONOMIES AVANCEES
Etats-Unis : modération de l’inflation et hausse du chômage, ouvrant la voie
2,8% à une baisse des taux d’intérêt
(au T2-2024) La croissance américaine s’est renforcée au second trimestre (2,8% après 1,4% au T1, en rythme
annualisé), soutenue par la hausse de la consommation et des investissements non résidentiels et par la
reconstitution des stocks. En revanche, l'investissement résidentiel a chuté et le commerce extérieur a
freiné la croissance.

L'économie américaine reste résiliente, portée par


l'investissement et la consommation grâce à la hausse
USA
des revenus réels. Le FMI prévoit une croissance du
Croissance économique
PIB de 2,6% en 2024, après 2,5% en 2023. Les effets du
resserrement monétaire passé sont moins marqués
que prévu.

54,1
(en août)
Les indicateurs conjoncturels restent globalement
favorables. L’activité du secteur privé poursuit sa
progression, comme le montre l'indice PMI1 flash
composite (54,1 en août après 54,3 en juillet).
L’expansion des services (55,2 après 55,0) contraste
USA avec la faiblesse de la croissance manufacturière
Indice PMI composite (48,0 après 49,6). Les ventes de détail ont rebondi
en juillet (1,0% après -0,2% en juin). La confiance
des consommateurs s’est redressée en août, selon
l’indice du Michigan (+1,4 point à 67,8).
4,3%
(en juillet)
Le marché du travail montre des signes de
modération. L'économie américaine n’a créé que 114
000 emplois nets en juillet après 179 000 en juin. De
son côté, le taux de chômage poursuit sa remontée,
atteignant 4,3% en juillet, son plus haut depuis
octobre 2021. Par ailleurs, la croissance du salaire
USA horaire moyen ralentit (+3,6% en juillet après +3,8%
Taux de chômage en juin, en glissement annuel, le rythme le plus lent
depuis mai 2021).

2,9% La modération de l’inflation, tant globale (2,9% en


juillet après 3,0% en juin) que sous-jacente (3,2%
(en juillet)
après 3,3%), s’avère plus marquée qu’attendu.
Dans ce contexte, la Fed devrait amorcer une
réduction de ses taux d’intérêt, vraisemblablement
dès septembre. Elle avait maintenu la fourchette
cible des taux inchangée entre 5,25% et 5,50% lors
de sa réunion de juillet pour la 8ème fois consécutive.
USA
Les taux sont gardés à ce niveau depuis juillet 2023.
Taux d’inflation

_________
1
Les indices PMI (Purchasing Managers’Index), établis à partir d’enquêtes mensuelles, fournissent des indications avancées sur l’activité du secteur privé.
Une valeur > 50 indique une expansion et une valeur < 50 indique une contraction.

Note de Conjoncture 7
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

Zone euro : la reprise économique se poursuit, soutenue par le secteur


des services
La croissance de la zone euro a été plus forte
que prévu au premier semestre 2024 (0,3%
0,3% au T2 après 0,3% au T1). Les principales
(au T2-2024) économies, comme la France (0,3 après 0,3%),
l'Italie (0,2% après 0,3%) et l'Espagne (0,8%
après 0,8%), ont connu une progression, tandis
que l'Allemagne a surpris avec une contraction
(-0,1% après 0,2%) en raison des difficultés
industrielles. La reprise de la zone euro devrait
Zone euro se poursuivre, portée par la baisse des taux
Croissance économique d’intérêt de la BCE et par le déboursement des
fonds NextGenerationEU.
Pour 2024, le FMI a relevé sa prévision de
0,9% croissance de la zone euro, portée à 0,9%
après 0,5% en 2023. La consommation des
(en 2024)
ménages est soutenue par l’amélioration
du pouvoir d’achat, en lien avec le recul
de l’inflation et la hausse des salaires.
L’investissement serait stimulé par la baisse
des taux d’intérêt. La croissance s’avère
résiliente en France (0,9% en 2024 après
Zone euro 1,1% en 2023), en Italie (0,7% après 0,9%) et
Croissance économique en Espagne (2,4% après 2,5%). En revanche,
la reprise s’annonce modeste en Allemagne
(0,2% après -0,2%).
Les perspectives de croissance restent inégales à travers les pays et les secteurs de la zone euro.
Elles demeurent vulnérables aux risques géopolitiques potentiels qui pourraient entraîner une
crise énergétique et des tensions inflationnistes.

51,2 L’indice PMI flash composite de la zone euro


(51,2 en août après 50,2 en juillet) signale un
(en août) net redressement de l’activité du secteur
privé. Le renforcement de la croissance des
services (53,3 après 51,9) contraste avec une
faiblesse persistante du secteur manufacturier
(45,6 après 45,8). L’activité globale marque
un fort rebond en France (52,7 après 49,1),
Zone euro entièrement tiré par les services (55,0 après
Indice PMI composite 50,1), grâce aux Jeux olympiques. En revanche,
l’activité globale affiche une contraction en
Allemagne (49,1 après 50,4).

Par ailleurs, l'indice ESI du sentiment


économique en zone euro a confirmé son repli
en juillet (-0,1 point à 95,8), restant relativement
modéré.
Parmi les grands pays membres, l'ESI s'est
détérioré en France (-2,2 points), tandis qu'il
s'est amélioré en Espagne (+1,7), en Italie (+0,4)
et en Allemagne (+0,2).
Par secteur, la confiance a diminué dans
l’industrie (-0,3), les services (-1,4) et le
commerce de détail (-1,3), alors qu’elle a
augmenté dans la construction (+0,6) et pour les
consommateurs (+1,0).
Note de Conjoncture 8
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

6,5% Le marché de l’emploi reste résilient. Le taux de


(en juin) chômage dans la zone euro s’est établis à 6,5% en
juin, après 6,4% en mai, son plus bas historique,
restant inchangé par rapport à son niveau il y a un
an.
Parmi les grands pays membres de la zone, le
chômage a reculé en Italie (-0,5 point depuis un an
Zone euro pour se situer à 7% en juin) et en Espagne (-0,4 à
Taux de chômage 11,5%) et resté inchangé en France (à 7,4%) mais a
augmenté en Allemagne (+0,4 à 3,4%). La pénurie
de personnel qualifié reste un défi majeur pour les
entreprises.

2,6% L’inflation globale dans la zone euro a augmenté en juillet (passant à 2,6% après 2,5% en juin),
tirée par la hausse des prix de l’énergie. L’inflation des services reste persistante (4,0% après
(en juillet)
4,1%). Parmi les plus grandes économies du bloc, l'inflation globale s'est accélérée en Allemagne
(2,6 % après 2,5 %), en France (2,6 % après 2,5 %) et en Italie (1,7 % après 0,9 %), mais a ralenti en
Espagne (2,9 % après 3,6 %).
Toutefois, le processus désinflationniste devrait se poursuivre. La BCE prévoit des taux d’inflation
à 2,5% en 2024, 2,2% en 2025 et 1,9% en 2026, contre 5,4% en 2023.
Zone euro Dans ce contexte, la BCE a commencé à assouplir
Taux d’inflation sa politique monétaire avec une réduction de ses
trois taux directeurs de 25 points de base en juin,
après neuf mois de stabilité.
En juillet, elle a maintenu ses taux inchangés,
-25 pb laissant la décision de septembre ouverte
en raison de la faiblesse des perspectives
(en juin)
économiques et de la modération de l'inflation,
tandis que les marchés anticipent d'autres
baisses en septembre et décembre.
Parallèlement, la BCE envisage d’accélérer la réduction de son bilan. Elle envisage de réduire
le portefeuille du PEPP de 7,5 milliards d'euros par mois au second semestre et de cesser les
Zone euro réinvestissements fin 2024.
Taux d’intérêt directeur En somme, la BCE reste déterminée à ramener l'inflation à son objectif de 2% à moyen terme et
ajuster ses instruments monétaires selon les évolutions économiques et financières.
Sur le marché des changes, l’euro valait 1,11
dollar le 23 août, son plus haut depuis juillet

1,11 2023, en hausse 3,1% depuis le début du mois.


Le fort repli du dollar est lié à une modération
(le 23 août) de l’inflation et du marché de l’emploi aux
Etats-Unis, renforçant les attentes d'une baisse
des taux de la Fed. Les fluctuations de la parité
euro/dollar sont accentuées par des variations
des anticipations concernant l'inflation et la
croissance économique, et leur impact sur
Zone euro
l’ampleur et le timing des futures réductions des
Parité euro/dollar
taux d’intérêt par la BCE et la Fed.

Note de Conjoncture 9
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

Japon : nette reprise au T2, grâce à une forte croissance des salaires et
3,1% des dépenses de consommation
(au T2-2024)
L'économie nipponne a enregistré une forte reprise au
deuxième trimestre 2024 (3,1% en rythme annualisé,
après -2,3% au T1). Cette croissance, la plus forte depuis
un an, a été soutenue par un rebond de la consommation
privée après une hausse salariale record de 5,2% et
une reprise des dépenses des entreprises, notamment
Japon dans l'industrie automobile. En revanche, les dépenses
Croissance économique publiques ont stagné et le commerce extérieur a pesé
négativement pour un deuxième trimestre consécutif.
Pour l’année 2024, les perspectives économiques du Japon sont revues à la baisse par le FMI, avec une
croissance du PIB prévue à 0,7%, contre 0,9% attendue initialement en avril et après 1,9% en 2023.
0,7% Cette révision baissière est due aux perturbations temporaires de l'offre, notamment la fermeture d'une
(en 2024) grande usine automobile, et à la faiblesse de l'investissement privé au premier trimestre. De plus, la
modération de la croissance cette année est accentuée par la dissipation des facteurs temporaires qui
avaient soutenu la reprise en 2023, comme le rebond du tourisme et des exportations automobiles.
La reprise de l’activité devrait se poursuivre au second semestre 2024, grâce à la hausse des salaires
réels, des bénéfices des entreprises et aux baisses d'impôts introduites en juin. L'accord salarial shunto
renforcera la consommation privée, tandis que la dépréciation du yen favorisera les exportations. Les
Japon politiques économiques resteront accommodantes, malgré une normalisation graduelle de la politique
monétaire.
Croissance économique

Les indicateurs conjoncturels montrent des


évolutions contrastées. La production industrielle
a enregistré un fort repli en juin (-4,4% après 3,6%
53,0 en mai). En revanche, l’activité du secteur privé a
enregistré un rebond, comme signalé par l’indice PMI
(en août)
flash composite (53,0 en août après 52,5 en juillet).
L’expansion des services (54,0 après 53,7) contraste,
toutefois, avec la faiblesse persistante de l’activité
manufacturière (49,5 après 49,1).

L'inflation globale reste élevée (2,8% en juillet après 2,8% en juin), tout comme l'inflation sous-jacente
(2,7% après 2,6%), alimentée par la hausse des salaires. Dans ce contexte, la politique monétaire devrait
Japon
se normaliser progressivement tout en continuant de soutenir l'économie. En juillet, la Banque du
Indice PMI composite
Japon (BOJ) a relevé son principal taux directeur à 0,25% (contre 0 à 0,1% depuis mars) et a annoncé une
réduction progressive de ses achats d'obligations d'ici 2026. Elle avait mis fin en mars aux taux d’intérêt
négatifs et au contrôle de la courbe des rendements (YCC). La BOJ prévoit désormais une inflation sous-
jacente de 2,5% en 2024, puis autour de 2% en 2025 et 2026. De même, elle a abaissé sa prévision de
2,8% croissance pour 2024 à 0,6% et maintenu celle pour 2025 et 2026 à 1,0%.
(en juillet) La BOJ signale des risques de hausse de l'inflation et reste prête à ajuster sa politique monétaire.
Elle surveille la spirale salaires-prix, l’évolution du yen, la politique budgétaire, les pénuries de main-
d'œuvre et la hausse des cours des produits de base.
Le yen japonais a enregistré de fortes fluctuations récemment, tombant à un plus bas de 34 ans début
juillet (162 pour 1 dollar), avant de remonter à 144 le 23 août, son plus haut depuis début 2024. En effet,
les autorités nipponnes sont intervenues sur les marchés de change pour les stabiliser et contenir les
Japon
fluctuations excessives du yen. De son côté, la BOJ poursuit la normalisation de sa politique monétaire,
Taux d’inflation
alors que la Fed ouvre la porte à des baisses des taux dès septembre.

Note de Conjoncture 10
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

2. ÉCONOMIES EMERGENTES
Chine : perspectives de croissance modérée, soutenue par la reprise de
la consommation et l'ajustement du marché immobilier

4,7% Au deuxième trimestre 2024, la croissance de


l'économie chinoise a ralenti à 4,7%, après 5,3%
(au T2-2024) au trimestre précédent, marquant son plus faible
rythme depuis début 2023. Ce ralentissement est
dû à la faiblesse de l'immobilier et de la demande
intérieure et aux tensions commerciales avec
l'Occident. La croissance est néanmoins soutenue
par les investissements, les activités manufacturières
Chine et de services, ainsi que par des mesures de relance
Croissance économique monétaires et budgétaires.
L'économie chinoise devrait afficher une croissance solide en 2024, soutenue par de bonnes
performances du PIB du premier trimestre, la reprise de la consommation des ménages,
l'ajustement continu du marché immobilier et les récentes mesures de soutien public.
5% Le FMI prévoit une croissance du PIB chinois de 5%
(en 2024) en 2024, comparable à l'objectif officiel de Pékin,
mais en hausse par rapport aux projections de
4,6% en avril. Cependant, les perspectives sont
menacées par la crise immobilière, le chômage des
jeunes, la fragmentation du commerce mondial,
des défis géopolitiques, ainsi que des contraintes
Chine structurelles comme le vieillissement de la
Croissance économique population, la faible croissance de la productivité
et la dette élevée.
Les données conjoncturelles à haute fréquence signalent un ralentissement de la croissance. La
production industrielle progresse à un rythme modéré (5,1% en juillet après 5,3% en juin). La
5,1% croissance de l’activité du secteur privé a également ralenti en juillet, comme le montre l’indice
(en juillet) PMI composite (51,2 après 52,8 en juin), affectée par la faiblesse du secteur manufacturier (49,8
après 51,8), malgré une reprise des services (52,1 après 51,2). En outre, la croissance reste
poussive pour l’investissement fixe (3,6% après 3,9%) et les ventes de détail (2,7% après 2%).
Le taux d'inflation a atteint 0,5% en juillet, contre
0,2% en juin, marquant son plus haut niveau
depuis février, soutenu par les mesures de relance
Chine de Pékin pour stimuler la consommation. Les prix
Production industrielle des aliments se sont stabilisés après des baisses
antérieures, tandis que les prix non alimentaires
ont continué d'augmenter. Cependant, les coûts de
transport ont encore diminué. Hors alimentation et
0,5% énergie, les prix de base ont augmenté de 0,4%, la
(en juillet)
plus faible hausse en six mois.
Confrontée aux risques liés à une faiblesse de l’inflation et de la demande intérieure et à une
fragilité persistante du marché immobilier, la Chine devrait maintenir une politique budgétaire
proactive et une politique monétaire accommodante pour soutenir la croissance économique.
Dans ce contexte, la banque centrale chinoise (PBOC) a réduit les taux d'intérêt cette année pour
stimuler les prêts bancaires et accélérer les dépenses du gouvernement central pour soutenir
Chine les investissements dans les infrastructures.
Taux d’inflation En juillet, la PBOC a annoncé avoir abaissé plusieurs taux d'intérêt majeurs, signalant l'intention
de stimuler la croissance dans la deuxième économie mondiale. Ainsi, le taux préférentiel des
prêts à un an (LPR) a été abaissé de 10 pb à 3,35%, tandis que le LPR à cinq ans a été réduit de

Note de Conjoncture 11
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

10 pb à 3,85%. De même, la PBOC a annoncé qu'elle réduirait le taux des prises en pension à

-10 pb
sept jours de 1,8% à 1,7%, et qu'elle améliorerait également le mécanisme des opérations d'open
market. Il s’agit de la première baisse de taux depuis août 2023. En outre, la PBOC a abaissé de la
(le 22 juillet) même ampleur les taux de sa facilité de prêt permanente (SLF), un type de prêt qu'elle accorde
aux banques commerciales pour répondre à leurs demandes temporaires de liquidités.
En mars, les autorités chinoises ont lancé un important programme de financement, comprenant
1 trillion de yuans (environ 139 milliards de dollars) en bons du Trésor spéciaux à très long terme
et 3,9 trillions de yuans (543 milliards de dollars) en obligations spéciales pour les gouvernements
locaux. En mai, elles ont introduit des mesures pour soutenir le secteur immobilier, incluant la
Chine réduction des apports minimaux et la suppression des taux planchers pour les prêts hypothécaires.
Taux préférentiel des prêts Ces actions visent à stimuler les ventes, stabiliser le marché, et aider les promoteurs en difficulté
à un an (LPR) grâce à un programme de rachat de logements invendus. La PBOC fournira également 300
milliards de yuans pour soutenir les prêts aux entreprises publiques locales, avec un potentiel
total de 1 trillion de yuans pour soutenir l'immobilier et la réhabilitation urbaine.

Inde : l'économie indienne continue de surpasser ses pairs avec une


croissance attendue à 7% en 2024
L'économie indienne continue de croître rapidement. Le FMI a révisé à la hausse sa prévision de
7% croissance pour 2024 à 7%, contre 6,8% en avril, après une expansion de 8,2% en 2023, la plus
(en 2024) rapide parmi les grandes économies. La demande intérieure est soutenue par des dépenses
publiques élevées, des investissements étrangers et une amélioration de la consommation
privée, notamment en milieu rural. L'inflation reste maîtrisée, l'emploi se redresse, et le secteur
financier reste résilient.
Après une croissance économique robuste début
2024 (7,8% au T1), l’expansion semble se poursuivre,
Inde comme signalé par les indicateurs conjoncturels.
Croissance économique
En particulier, l’indice PMI flash composite (60,5 en
août après 60,7 en juillet) montre une poursuite de
la forte progression de l’activité du secteur privé.

La croissance reste robuste tant dans le secteur


manufacturier (57,9 après 58,1) que pour celui des
services (60,4 après 60,3).

60,5 L'inflation des prix de détail s’est atténuée en juillet (à 3,5% contre 5,1% en juin). C'est la plus
faible hausse des prix à la consommation depuis août 2019 et la première fois en près de cinq
(en août)
ans que l'inflation tombe en dessous de l'objectif de 4% de la banque centrale (RBI). Cependant,
cette modération est principalement due à des effets de base sur les prix des aliments. L’inflation
alimentaire a ralenti (5,5% contre 9,4%), tandis que les prix du carburant et de l'énergie électrique
ont continué de baisser (-5,5% contre -3,7%).
Dans ce contexte, la RBI adopte une position de statu quo, maintenant son taux repo à 6,5% pour
la neuvième réunion consécutive en août, après six hausses totalisant 250 pb entre mai 2022 et
Inde
février 2023. La politique monétaire de la RBI vise à stabiliser l'inflation, soutenir la croissance
Indice PMI composite
économique, et maintenir la stabilité financière, tout en s'adaptant aux défis mondiaux et
domestiques.
Toutefois, le maintien de la tendance baissière de l’inflation devrait permettre à la RBI de
commencer à baisser ses taux d'intérêt graduellement d’ici fin 2024. Le FMI prévoit une
modération du taux d’inflation à 4,6% en 2024 et 4,2% en 2025, après 5,4% en 2023 et 6,7% en
2022.
L’économie indienne reste solide malgré les crises mondiales récentes, portée par une croissance
positive et une stabilité financière. Elle devrait continuer à croître à un rythme robuste dans les
années à venir, grâce à une démographie favorable, un environnement politique stable, des gains
de productivité et des avancées technologiques.

Note de Conjoncture 12
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

Brésil : perspectives de croissance modérée en 2024, soutenue par un


marché de l'emploi solide, mais freinée par les taux d'intérêt élevés et
les effets à court terme d’inondations
2,1% La croissance de l'économie brésilienne devrait ralentir mais rester solide en 2024 (2,1% après
(en 2024) 2,9% en 2023, selon le FMI), impactée par les inondations dévastatrices dans l'État du Rio Grande
do Sul. En 2025, le PIB devrait rebondir de 2,4%, soutenu par la reconstruction consécutive aux
inondations et l'augmentation de la production d'hydrocarbures. L'activité économique demeure
résiliente malgré des conditions de crédit strictes et des taux d'intérêt élevés. Cependant, le
déficit budgétaire élevé et la dette publique représentent des défis importants, nécessitant une
gestion rigoureuse des dépenses et des réformes fiscales rapides.
Brésil L'économie brésilienne semble avoir mieux résisté au deuxième trimestre et au début du troisième
Croissance économique trimestre.
La production industrielle a enregistré un
net rebond en juin (3,2% après -1,1% en mai),
suite à la reprise de l’activité après les pluies
3,2% dans le Rio Grande do Sul en mai.
(en juin) En outre, croissance de l’activité du secteur
privé s’est renforcée en juillet, comme le
montre l’indice PMI composite (56,0 après
54,1 en juin). L’ expansion concerne tant le
secteur manufacturier (54,0 après 52,5) que
celui des services (56,4 après 54,8).
Brésil
Par ailleurs, le taux de chômage au Brésil était de 6,9% pour les trois mois se terminant en juin
Production industrielle
2024, en baisse par rapport à 7,1% précédemment, et au niveau le plus bas depuis janvier 2015.
Le nombre de chômeurs a diminué à 7,5 millions, tandis que l'emploi a augmenté de 499 000
personnes, atteignant un record de 101,8 millions. Les salaires réels moyens ont augmenté de
1,8%.
4,5% L'inflation a augmenté pour atteindre 4,5% en juillet, contre 4,2% en juin, marquant le troisième
(en juillet) mois consécutif de hausse et le niveau le plus élevé depuis février. Bien que l'inflation reste
proche du seuil supérieur fixé par la banque centrale (BCB) , l'interruption de la tendance
désinflationniste inquiète certains décideurs, qui craignent que les dépenses fiscales élevées et
l'incertitude économique n'entraînent une remontée des tensions inflationnistes. Les hausses de
prix ont été plus marquées pour le logement et le transport, tandis que l'inflation alimentaire a
ralenti.
Brésil Les prévisions d'inflation pour la plus grande économie d'Amérique latine sont en hausse,
Taux d’inflation atteignant 4,1% pour 2024 selon l'enquête hebdomadaire de la BCB. Les projections pour 2025
et 2026 sont respectivement de 4% et 3,6%, dépassant également l'objectif de 3% de la banque.

Dans ce contexte, la BCB a maintenu son


taux Selic à 10,50% en juillet, conformément
aux attentes d'une pause prolongée dans la
réduction des taux en raison de l'incertitude
liée à la politique monétaire américaine et
aux dynamiques inflationnistes mondiales.
La BCB avait réduit son taux de référence
de 25 pb en mai, pour la septième fois
consécutive, portant le cumul des baisses à
325 pb depuis l’été 2023.

_________
2
Soit 3,0% en 2024 et 2025, avec un intervalle de tolérance de +/- 1,5%.

Note de Conjoncture 13
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

3. MARCHES DES MATIERES PREMIERES


Des cours globalement modérés, suite à une amélioration de l’offre et
des incertitudes sur la demande
Les prix des matières premières restent globalement modérés, dans un contexte marqué par des
incertitudes sur la demande mondiale et par une amélioration des conditions de l’offre. Toutefois,
les cours de l'énergie et des métaux de base restent relativement volatils, influencés par des
craintes d’escalade des tensions géopolitiques et de perturbation des approvisionnements. En
revanche, les prix des denrées alimentaires restent inscrits dans une tendance baissière, grâce à
de meilleurs rendements agricoles.
En juillet, l’indice synthétique des prix des
produits de base, calculé par la Banque
mondiale, a marqué une légère hausse
(+0,6%). Les prix énergétiques ont rebondi
(+2,1%). Hors énergie (-2,3%), les cours ont
baissé pour les métaux de base (-3,8%)
et les denrées alimentaires (-1,1%) et ont
augmenté pour les fertilisants (+1,8%). Sur
les sept premiers mois de 2024, les prix sont
en baisse pour l’énergie (-0,8% en g.a.), les
aliments (-8,5%) et les fertilisants (-26%),
tandis que les métaux de base ont augmenté
(+0,7%).

Pétrole : les prix continuent de fluctuer, sous l’effet des incertitudes


économiques et géopolitiques

Les cours du pétrole (Brent) se sont établis


à 85 dollars en moyenne en juillet, en hausse
de 3% sur un mois, portant leurs gains à 10%
depuis début 2024 et à 6% en glissement
annuel.
Brent : 85 $/baril Sur les sept premiers mois de 2024, les prix
Gaz butane : 559 $/tonne pétroliers ont enregistré 84 dollars, en
(en juillet)
hausse de 5% en glissement annuel, dans un
contexte marqué par un reflux de l’inflation
qui stimule une reprise de la demande, le
maintien des réductions de l’offre de l’OPEP+
et la persistance de risques géopolitiques.
Les cours du pétrole continuent de fluctuer, passant d’un creux de 76 dollars début juin à un pic
de 89 dollars début juillet, puis à un nouveau creux de 76 dollars début août, avant de remonter
Produits énergétiques à 81 dollars le 23 août.
Les fluctuations des cours de pétrole sont accentuées par des facteurs, tels que les incertitudes
sur la demande aux États-Unis et en Chine, les plus grands consommateurs de pétrole au monde,
les décisions de production de l'OPEP+ et les tensions géopolitiques.
Les prix du brut ont chuté fortement entre le 7 juillet et le 6 août, passant de 89 à 76 dollars, en
raison de données économiques décevables, ravivant les inquiétudes sur la santé de l'économie
mondiale. Le ralentissement des créations d’emplois aux États-Unis, la détérioration des
perspectives en Chine et la hausse des taux d'intérêt au Japon ont contribué à cette baisse. En
Chine, la demande de pétrole a diminué en raison d'une baisse des intrants industriels, notamment
dans le secteur pétrochimique. Les importations chinoises de brut en juillet ont atteint leur plus
bas niveau depuis les confinements de septembre 2022. Cependant, les tensions géopolitiques
persistantes au Moyen-Orient et de nouvelles données macroéconomiques relativement
positives ont soutenu les prix, qui ont connu un net rebond pour atteindre 84 dollars la mi-août.

Note de Conjoncture 14
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

Le marché pétrolier est également impacté par la décision de plusieurs membres de l’OPEP+
d’éliminer progressivement certaines réductions volontaires de l’offre. Menés par l’Arabie
saoudite et la Russie, huit membres de l’OPEP+ ont convenu début juin de prolonger leurs
réductions volontaires supplémentaires de 2,2 millions barils par jour (mbj) de trois mois
jusqu'à fin septembre 2024, avant de les supprimer progressivement sur un an d’octobre 2024
à septembre 2025. L’OPEP+ a également accepté de prolonger d'un an les réductions de 3,66
mbj jusqu'à fin 2025 . Toutefois, l’alliance a indiqué qu’elle pourrait ajuster ses réductions de
production en fonction des conditions du marché. La régulation de l’offre de l’OPEP+ vise à
stabiliser les prix du brut et à équilibrer le marché, dans un contexte marqué par une croissance
modérée de la demande, une progression continue de la production non-OPEP+, et la persistance
de taux d'intérêt élevés.
Toutefois, les approvisionnements en pétrole restent confrontés à des risques de perturbation,
notamment en cas d’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), publiées en août, le marché
pétrolier devrait devenir déficitaire en 2024 (-0,2 mbj), après avoir été légèrement excédentaire
en 2023 (+0,1 mbj). L'offre s’avère insuffisante pour couvrir la reprise de la demande, dans un
contexte marqué par le maintien des réductions de la production de l’OPEP+, malgré une hausse
de celle des pays non membres de l’OPEP+, avec des volumes record attendus aux Etats-Unis, au
Brésil, en Guyane et au Canada. Toutefois, le rythme de l'expansion de l'offre américaine ralentit
(+0,6 mbj en 2024 après +1,6 mbj en 2023).
Selon l’AIE, la demande mondiale de pétrole devrait poursuivre sa hausse à un rythme modéré
en 2024 (+1,0 mbj), tirée par les pays de l’Asie émergente (+0,6), notamment la Chine (+0,3).
Parallèlement, l’offre mondiale devrait croitre à un rythme plus lent en 2024 (+0,7 mbj), en raison
d’une production réduite de l’OPEP (-0,3) et d’une croissance ralentie de l’offre non-OPEP (+1,0),
notamment des Etats-Unis (+0,6).
En termes de perspectives, les cours de pétrole devraient rester globalement modérés, évoluant
aux alentours d’une moyenne de 83 dollars le baril en 2024, comme en 2023. Cependant, le marché
pétrolier reste confronté à des risques de fluctuations, liés notamment au contexte économique
et géopolitique mondial.

Gaz butane : des prix volatiles, dans le sillage des fluctuations des cours
pétroliers
Les prix du gaz butane ont enregistré 559 dollars la
tonne en moyenne en juillet, en hausse de 15% sur
un mois, ramenant leur baisse à 7% depuis leur pic
en mars. Ils se sont établis à 581 dollars la tonne le
23 août, en hausse de 40% depuis leur creux début
37 €/MWh juin.
(le 23 août) Sur les sept premiers mois de 2024, les prix du
Butane ont marqué 548 dollars en moyenne, en
repli de 6% en glissement annuel, dans un contexte
marqué par une demande modérée et une offre
croissante.
Par ailleurs, les cours du gaz naturel en Europe (TTF) ont enregistré un fort rebond récemment
pour s’établir à 37 €/MWh le 23 août, en hausse de 20% depuis leur creux début juillet et de 60%
Gaz naturel en Europe
depuis leur plus bas en février. Les préoccupations croissantes concernant l’approvisionnement
compensent des niveaux de stockage confortables en Europe et une demande de gaz toujours
faible sur le continent. Des craintes d’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et
en Europe de l’Est, combinées à une forte demande asiatique de GNL, maintiennent un certain
risque sur le marché du gaz naturel dans l’UE. Par ailleurs, les investisseurs gardent des positions
acheteuses importantes, contribuant à la hausse des prix.

_________
3
Actuellement, les réductions de la production de l'OPEP+ totalisent 5,86 mbj, soit environ 5,7% de la demande mondiale, y compris des réductions de
3,66 mbj prévues initialement jusqu'à fin 2024 (dont des réductions volontaires de 1,65 mbj annoncées par huit membres en avril 2023), et des réductions
volontaires additionnelles de 2,2 mbj, convenues en novembre 2023, devant prendre fin le 30 juin 2024.

Note de Conjoncture 15
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL


Néanmoins, les prix gaziers restent relativement modérés, en repli de 32% depuis leur pic en
octobre, grâce à des niveaux de stockage importants. L'UE détient des quantités record de gaz
en stockage pour cette période de l'année (à hauteur de 91% de leur capacité au 23 août), malgré
des flux limités de gaz russe par pipeline. La Commission européenne fixe un objectif de 90% d'ici
novembre. Ce niveau élevé des stocks s’explique par une baisse continue de la demande de gaz
en Europe, un deuxième hiver doux consécutif, un essor des énergies renouvelables, et par des
approvisionnements suffisants en provenance de la Norvège et du marché international du GNL.
Cependant, les cours du gaz naturel pourraient rebondir en cas d’escalade des tensions
géopolitiques, perturbant les approvisionnements russes ou moyen-orientaux, ou d’une forte
reprise de la demande asiatique. La volatilité persistante des prix en Europe reflète les risques
liés à la dépendance accrue du continent à un nombre limité de fournisseurs.

Phosphates : des cours globalement stables, sur fond de modération des


prix agricoles et des coûts des intrants et des ajustements de l’offre de
certains pays producteurs

Les prix du phosphate brut sont restés inchangés


pour le septième mois consécutif en juillet, à
152,5 dollars la tonne, leur plus bas depuis 2021,
539 $/T
marquant un repli de 56% depuis leur pic en 2023.
(en juillet)
De leur côté, les cours du DAP se sont établis à 539
dollars la tonne en juillet, en baisse de 0,7% sur un
mois et de 13% depuis leur pic en mars, ramenant
leurs gains à 3,3% depuis mai. Sur les sept premiers
mois de 2024, les prix du phosphate brut ont chuté
de 54% en glissement annuel. Ceux du DAP ont
rebondi de 1%.
Engrais DAP
Les cours des engrais phosphatés sont soutenus par une offre relativement tendue. Les
exportations chinoises de DAP, qui représentent normalement un tiers des exportations
mondiales, ont chuté de 37% en janvier-juin, en glissement annuel, pour s’établir à 1,51 million
de tonnes 4. Par ailleurs, des acheteurs majeurs, notamment en Amérique latine et en Asie du Sud,
qui avaient reporté leurs achats dans l'espoir d'une baisse des prix du phosphate, semble revenir
sur le marché pour rattraper leur retard avant la saison d’application d’automne.
Toutefois, la reprise des prix des engrais phosphatés est freinée par la persistance de niveaux
modérés des cours agricoles et des coûts du gaz naturel et des intrants (dont l’ammoniac).

_________
4
En avril 2024, le gouvernement chinois a assoupli ses restrictions à l’exportation de DAP. Cette décision, associée à une offre abondante, a déclenché une
poussée du DAP chinois sur le marché mondial. Les quotas d'exportation pour 2024 sont fixés à un maximum de 7 millions de tonnes (5 pour le DAP et 2 pour
le MAP), soit à peu près le même volume qu'en 2023. Auparavant, entre novembre 2023 et mars 2024, le gouvernement chinois maintenait un contrôle strict
sur les exportations de DAP, privilégiant l’approvisionnement du marché intérieur du pays, à des prix abordables.

Note de Conjoncture 16
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

Le marché des phosphates reste confronté à des incertitudes sur les perspectives de l'offre, de la
demande et des prix énergétiques et agricoles. En particulier, les prix des phosphates pourraient
être soutenus par des restrictions d'approvisionnement en provenance de Chine et de Russie5,
ainsi que par une reprise de la demande dans les marchés clés d’Asie6, d’Amériques et d’Europe7.
Selon les prévisions de la Banque mondiale en avril, les cours du DAP devrait rebondir de 9%
en 2024, après avoir reculé de 29% en 2023, en raison d’une demande robuste et de certaines
restrictions à l’exportation (notamment de la Chine et de la Russie).

Produits alimentaires : des cours céréaliers au plus bas depuis quatre


ans, grâce à une offre abondante

Les prix des denrées alimentaires restent inscrits dans une tendance baissière, en raison
principalement d’une amélioration des conditions de l’offre. En juillet, l’Indice FAO des prix des
produits alimentaires s’est établi à 120,8 points, marquant une baisse de 0,2% sur un mois et de
3,1% depuis un an.
Sur les sept premiers mois de 2024, l’indice FAO a diminué de 6,3% en glissement annuel. Le repli
des cours est généralisé aux céréales (-15,8%), au sucre (-8,2%), aux produits laitiers (-4,4%), à la
viande (-0,5%) et aux oléagineux (-0,3%).
Les prix du blé tendre (SRW) se sont établis à 219
dollars la tonne en moyenne en juillet, leur plus bas
Blé : 219 $/T niveau depuis l’été 2020, marquant une baisse de
Sucre : 426 $/T 5% sur un mois et de 14% depuis début 2024.
(en juillet) Sur les sept premiers mois de 2024, les cours du blé
ont enregistré 236 dollars la tonne en moyenne, en
chute de 15% en glissement annuel, en raison des
bonnes récoltes, d’une faible demande mondiale et
d’une concurrence accrue entre les exportateurs.

L’Ukraine a pu continuer à exporter via des corridors maritimes et de nouvelles routes terrestres,
malgré l'effondrement de l'initiative céréalière de la mer Noire.
Produits alimentaires
Selon la FAO, la production mondiale de blé en 2023/2024 est estimée à 788 millions de tonnes
(Mt), en baisse de 18 Mt (-2,3%) par rapport au record de la saison précédente (+3,4% à 807 Mt). Le
repli des récoltes en Australie, au Kazakhstan, au Canada et au Brésil contraste, toutefois, avec la
hausse en Inde, aux Etats-Unis, en Argentine et en Ukraine. Pour la campagne 2024/2025, la FAO
prévoit une production mondiale de blé de 789 Mt, la deuxième plus importante après le record
de 2022/2023. L’amélioration des récoltes attendue aux Etats-Unis, en Australie, au Kazakhstan,
en Inde, en Chine, au Canada et en Argentine compense le repli prévu en Russie, dans l’UE, au
Royaume-Uni et en Ukraine
Les cours du maïs se sont établis à 177 dollars la tonne en moyenne en juillet, leur plus bas depuis
septembre 2020, en chute de 8% sur un mois, de 14% depuis début 2024 et de 27% depuis un an,
sous l’effet des récoltes abondantes et d'une faible demande. Sur les sept premiers mois de 2024,
les prix du maïs ont enregistré 191 dollars la tonne en moyenne, en repli de 31% en glissement
annuel.

_________
5
En novembre 2023, le Département du Commerce américain a décidé d’augmenter les droits d'importation sur les engrais phosphorés en provenance de
Russie de 9% à 28,5%. Toutefois, ces droits pourraient bientôt être ramenés à 18,83% si une décision préliminaire du 29 avril est rendue dans un verdict final
attendu à l'automne.
6
L’Inde représente généralement 30 à 50% du commerce mondial de DAP.
7
Les exportations de phosphates marocaines devraient profiter de la proximité du marché européen, comblant le vide causé par les restrictions sur les
exportations russes et chinoises.

Note de Conjoncture 17
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

Selon les estimations de la FAO, la production mondiale de maïs pour la campagne 2023/2024
aurait atteint un record de 1240 Mt, en hausse 69 Mt (+6%) par rapport à la saison précédente,
grâce à une offre surabondante aux Etats-Unis, en Argentine, en Chine, en Ukraine et dans l’UE,
malgré des récoltes moins favorables au Brésil et au Mexique. Pour la prochaine saison 2024/2025,
les récoltes mondiales de maïs s’annoncent prometteuses, grâce à des gains attendus au Brésil,
au Mexique, en Argentine et en Chine, malgré des prévisions de production réduites en Ukraine,
en Russie et aux Etats-Unis. La baisse des superficies à récolter aux Etats-Unis serait, toutefois,
compensée par une hausse du rendement, grâce à des conditions de culture favorables.
Les prix du soja sont tombés à 470 dollars la tonne en moyenne en juillet, le plus bas niveau en
quatre ans, en repli de 2% sur un mois, de 14% depuis début 2024 et de 26% depuis un an. Sur
les sept premiers mois de 2024, les prix du soja ont enregistré 496 dollars la tonne en moyenne,
en chute de 20% en glissement annuel. La forte correction baissière des cours du soja est liée à
des disponibilités abondantes et à des perspectives d’une récolte record. Les récentes conditions
météorologiques favorables dans le Midwest américain confortent les attentes d’une récolte
exceptionnelle dans ce pays.
Selon les estimations de la FAO, la production mondiale de soja en 2023/2024 aurait atteint
un record de 394 Mt, en hausse de 16 Mt (+4,2%), principalement grâce à un fort rebond de la
production en Argentine, dû au phénomène météorologique El Niño, malgré une nette baisse au
Brésil et aux Etats-Unis. Pour la prochaine campagne 2024/2025, la production devrait atteindre
un nouveau record (+34 Mt à 429 Mt, selon l’USDA), grâce à des récoltes prometteuses aux Etats-
Unis, au Brésil et en Argentine.
S’agissant de la demande, la Chine demeure le principal importateur de soja, avec une estimation
de 112 Mt pour la campagne 2023/2024, soit 63% du commerce mondial.
Les prix du sucre brut (ISA) se sont établis à 426 dollars
la tonne en moyenne en juillet, quasi-inchangé (+0,2%)
par rapport au mois de juin mais en baisse de 18% depuis
un an. Sur les sept premiers mois de 2024, ils ont affiché
454 dollars la tonne en moyenne, en repli de 8% en
glissement annuel.
Les cours sucriers ont reculé à 388 dollars le 20 août, leur
plus bas niveau depuis octobre 2022, avant de repasser à
394 dollars le 22 août.
La baisse des cours s'explique par de meilleures perspectives d'offre au Brésil, premier
producteur mondial, grâce à des conditions météorologiques favorables, compensant une
offre moins favorable en Thaïlande. Elle est également liée à l'amélioration de la production en
Inde, deuxième producteur mondial, bien que ses exportations restent limitées pour privilégier
le marché intérieur. Les préoccupations concernant la faible demande de la Chine, l'un des
principaux importateurs de sucre, ont exercé une pression baissière sur les prix.
Selon l'Organisation internationale du sucre (ISO), le marché mondial du sucre devrait connaître
un excédent de 1,1 million de tonnes (Mt) en 2024/2025, après un déficit de près de 3 Mt en
2023/2024. La production mondiale de sucre en 2023/2024 a augmenté de 0,9% à 179,3 Mt, mais
reste insuffisante pour répondre à une demande en hausse de 1,5% à 182,2 Mt.

Note de Conjoncture 18
Note de conjoncture N° 330 | Août 2024

ENVIRONNEMENT
NATIONAL

Note de Conjoncture 19
ENVIRONNEMENT NATIONAL

1. TENDANCES SECTORIELLES

Activités primaires
Campagne agricole 2023-2024 : repli de la production céréalière et
évolution plus favorable de la production arboricole
La campagne agricole 2023-2024 est intervenue dans un contexte marqué par un déficit hydrique
sévère. La production des trois principales céréales a été estimée à 31,2 millions de quintaux, en
baisse de 43% par rapport à l’année précédente. Cette production serait composée de 17,5 millions
de quintaux de blé tendre, de 7,1 millions de quintaux de blé dur et de 6,6 millions de quintaux
d’orge.
Pour ce qui est de la production des autres cultures, les filières arboricoles auraient enregistré une
évolution favorable, profitant des précipitations qui ont coïncidé avec le stade de nouaison et de
31,2 MQx floraison. Concernant les cultures sucrières, la production prévisionnelle de la betterave à sucre
(-43%) est estimée à 1,5 million de tonnes et celle de la canne à sucre à 330 mille tonnes.
S’agissant des cultures maraichères, le maintien du programme d’assolement à des niveaux
satisfaisants, malgré les conditions climatiques difficiles et les restrictions à l’irrigation dans
certains périmètres d’irrigation, permet de maintenir l’offre à des niveaux satisfaisants et de
couvrir les besoins du marché national en légumes au cours des périodes estivale et automnale
avec une production estimée de l’ordre de 8,4 millions de tonnes.
Du côté de l’élevage, ce secteur maintient globalement son équilibre grâce aux mesures prises et à
Production céréalière
la mise en œuvre du programme de réduction de l’impact du déficit pluviométrique.
S’agissant des exportations du secteur de l’agriculture et agro-alimentaire, elles ont atteint 46,2
milliards de dirhams au terme du premier semestre 2024, en baisse de 2,6%, suite au retrait des
expéditions de l’industrie alimentaire de 5,6% et à la quasi-stagnation de celles des produits
d’agriculture, sylviculture et chasse (-0,3%).

Hausse de l’activité de la pêche côtière et artisanale au mois de juillet


2024
Le secteur de la pêche côtière et artisanale entame le troisième trimestre 2024, avec une évolution
favorable de ses débarquements tant en volume qu’en valeur.

+4,2% En juillet 2024, le volume des débarquements de la


(fin juillet) pêche côtière et artisanale s’est renforcé de 102%,
après une hausse de 3,1% un an auparavant.
Cette performance revient, essentiellement, à la
croissance des captures de poissons pélagiques
de 117% et à la hausse, bien que dans une moindre
mesure, des débarquements de céphalopodes
(+45,4%), de poissons blancs (+66,9%) et de
Pêche côtière et crustacés (+78,5%).
artisanale (en volume )

Ainsi, au terme des sept premiers mois de 2024, le volume des débarquements de la pêche côtière
et artisanale s’est accrue de 4,2%, après une contraction de 10,2% à fin juin 2024 et de 16,7% à fin
juillet 2023.
Par ailleurs, la valeur de ces débarquements s’est accrue de 7% au terme des sept premiers mois
de 2024, après une baisse de 3,6% au terme du premier semestre 2024 et une augmentation de
8,6% un an un auparavant. Par espèce, cette progression revient à la performance de la valeur des
captures de céphalopodes de +11,7%, de poissons pélagiques de +7,5% et de poissons blancs de
1%.

Note de Conjoncture 20
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Activités secondaires
Bonne tenue de l’activité du secteur extractif au premier semestre
2024

La production de phosphate brut, composante


importante de l’activité du secteur extractif, s’est
+30,7% raffermie de 30,7% au terme des cinq premiers mois
(fin mai) de 2024, après une baisse de 23,2% un an auparavant,
résultat d’une performance de +28,8% au titre des
deux premiers mois du deuxième trimestre et de
+32,1% au premier trimestre 2024.

Production de phosphate Du côté des dérivés de phosphates, leur production s’est accrue de 28,2% à fin mai 2024, après un
brut recul de 16,7% un an plus tôt, recouvrant une hausse de 23,2% au cours des deux premiers mois du
T2 et de 32,2% au T1-2024.
Ce dynamisme est conforté par la bonne tenue
de la demande extérieure adressée au secteur.
En effet, au terme du premier semestre 2024, les
exportations de phosphate roche ont augmenté
de 31,5% en valeur et de 76,6% en volume.
Concernant ses dérivés, leurs exportations
se sont accrues de 5,2% en valeur et de 22,1%
en volume. Pour les expéditions des autres
extractions minières, elles se sont raffermies
au deuxième trimestre 2024 de 13,1% en valeur,
ramenant leur baisse à 5,2% à fin juin 2024,
après un retrait de 22% à fin mars 2024.

Note de Conjoncture 21
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Augmentation de la production d’énergie électrique au premier semestre


2024
La production d’énergie électrique, au niveau
national, s’est accrue de 1,3% au terme du
premier semestre 2024, après une baisse de
0,6% un an auparavant. Cette évolution résulte
du renforcement de la production des énergies

+1,3%
renouvelables relatives à la loi 13-09 (+47,9%),
qui représente 9,9% de la production nationale
(fin juin) totale à fin juin 2024, après 6,8% un an plutôt.
Du côté de la production privée d’électricité,
elle a quasiment stagné, comparativement à
fin juin 2023 (-0,2%). Quant à celle de l’ONEE,
elle s’est repliée de 7,3%.
S’agissant des échanges du secteur de l’énergie électrique avec l’extérieur, le volume importé
s’est accru de 40,1% à fin juin 2024, après une augmentation de 50,4% il y a une année. Quant au
Energie électrique volume exporté, il a reculé de 20,5% (après -38,4%). Concernant le volume de l’énergie appelée
(production) nette, il s’est quasiment maintenu au même taux de croissance enregistré l’année précédente,
soit +2,7% après +2,6%.
Au niveau de la consommation de l’énergie électrique, elle s’est contractée de 1,2% au terme du
premier semestre 2024, au lieu d’une hausse de 3,7% un an auparavant, en raison de la baisse
des ventes de l’énergie de « très haute, haute et moyenne tension, hors distributeurs » de 6,2%
et ce, malgré l’accroissement des ventes de l’énergie électrique adressée aux distributeurs et aux
ménages de 1,3% chacun.

Activité de construction : croissance remarquable des ventes de


ciment au premier mois du troisième trimestre 2024

+6,8% Le secteur du BTP a entamé le troisième trimestre


(fin juillet)
2024 avec une croissance exceptionnelle des
ventes de ciment, soit +52,3% durant le mois
de juillet 2024, après une hausse de 23,9%
un an plus tôt. Cette dynamique est due à
l’évolution favorable dans l’ensemble des
segments de livraison, plus particulièrement,
ceux de distribution (+38,3%), du bêton prêt
à l’emploi (+119,1%), du préfabriqué (+49,7%),
d’infrastructure (+56,3%) et du bâtiment
Ventes de ciment (60,9%).

Ainsi, la croissance des ventes de ciment, principal baromètre de l’activité de construction, a


atteint 6,8% au terme des sept premiers mois de 2024, après une hausse de 1,1% à fin juin 2024 et
une baisse de 2,1% il y a une année.

+1,3% S’agissant du financement des opérations


immobilières, l’encours des crédits à
(fin juin)
l’immobilier a dépassé les 306,6 milliards
de dirhams à fin juin 2024, en hausse de
1,2%, après une augmentation de 1,9% à
fin juin 2023. Cette évolution fait suite à
une amélioration de l’encours des crédits
à l’habitat de 1,3% et de celui des crédits à
la promotion immobilière de 2,9%, après un
Crédits à l’habitat
repli de 5,1% au cours de la même période de
l’année passée.

Note de Conjoncture 22
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Orientation globalement favorable de l’activité du secteur manufacturier

La valeur ajoutée du secteur manufacturier s’est inscrite en hausse de 2,1% au premier trimestre
2024, après une augmentation de 3% un an auparavant. Au deuxième trimestre 2024, l’évolution de
plusieurs indicateurs du secteur indique le maintien de cette orientation positive.
En effet, d’après les derniers résultats de
l’enquête de conjoncture auprès du secteur
+2,1% manufacturier de Bank Al Maghreb, le taux
d’utilisation des capacités de production (TUC)
(T1-2024)
se serait accru de 3,7 points entre T2-2023 et
T2-2024, après une quasi-stagnation un an
auparavant (+0,1 point). Cette évolution serait
favorisée par l’accroissement au niveau de la
branche de l’ « électrique et électronique »
(+10,3 points), de la « mécanique et métallurgie
» (+9,7 points), de la « chimie et parachimie »
VA industrielle
(+2,3 points) et de « textile et cuir » (+0,7 point).
Au terme du premier semestre de 2024, le TUC
se serait situé à 77,8%, en hausse de 4,8 points,
au lieu d’une augmentation de 1,2 point à fin
juin 2023.
S’agissant des exportations du secteur
77,8% (+4,8 points) manufacturier au cours du deuxième trimestre
(fin juin) 2024, les ventes de l’automobile, des dérivés de
phosphates et de l’aéronautique se sont accrues
respectivement de 5,5%, 11,7% et 18,9%.
A fin juin 2024, les exportations de l’automobile
se sont renforcées de 9% et les ventes de
l’aéronautique de 16,5%. Concernant les
exportations des dérivés de phosphates, elles
TUC se sont accrues de 5,2% et celles de l’industrie
plastique et du caoutchouc de 3,3%.

Note de Conjoncture 23
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Activités tertiaires

+15% Tourisme : un nouveau record des arrivées touristiques enregistré


(fin juillet) durant le mois de juillet 2024

La destination « Maroc » a accueilli durant le mois


de juillet 2024 un nombre record d’arrivées, soit 2,6
millions d’arrivées, en accroissement de 20%. Au
terme des sept premiers mois de 2024, un nouveau
Arrivées
record a été enregistré pour cette période de l’année,
avec dix millions de touristes arrivés au Royaume,
représentant une hausse de 15%.
+8,4%
(fin juin)
Pour ce qui est des nuitées réalisées dans les
établissements d’hébergement classés, elles
se sont consolidées de 8,4% à fin juin 2024,
pour atteindre 12,7 millions de nuitées. Cette
évolution recouvre une hausse notable de
13,1% au T2-2024 à 7,2 millions, après une
augmentation de 2,9% au T1-2024 à 5,5 millions.
Nuitées

+2,3%
(fin juin) S’agissant des recettes touristiques, elles ont
clôturé le deuxième trimestre 2024 sur une
dynamique de +9,4%, portant leur croissance
à 2,3% à fin juin 2024, après un retrait de
4,2% à fin mars 2024 et un raffermissement
de 69,2% un an auparavant.

Recettes voyages

Note de Conjoncture 24
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Nouveau record de l’activité de transport aérien à fin juillet 2024

Avec un nombre dépassant les 3 millions de


+18,5% passagers, le secteur du transport aérien a
(fin juillet) atteint un nouveau record au cours du mois
de juillet 2024, enregistrant une croissance par
rapport à juillet 2023 de 14,8%. Ainsi, le secteur
a clôturé les sept premiers mois de l’année
2024 sur un chiffre record pour cette période de
l’année, de l’ordre de 18,1 millions de passagers,
en hausse de 18,5%. Cette évolution revient
à une croissance à deux chiffres, tant pour le
Passagers aériens
trafic international (+17,9%) que pour le trafic
national (+24,6%).
Cette performance, à fin juillet 2024, a bénéficié de la bonne tenue du trafic dans la majorité des
aéroports nationaux, plus particulièrement ceux de Casablanca (+6,4%), Marrakech (+30,2%),
Agadir (+34,6%), Tanger (+20%), Fès (+11,4%), Rabat-Salé (+40,4%), Nador (+3,9%), Oujda (+10,5%),
Tétouan (+23,8%), Dakhla (+33,2%), Laâyoune (+9,9%), Essaouira (+29,2%) et Ouarzazate (+18,4%).

+13,3% Par zone géographique, le trafic aérien a poursuivi sa dynamique à fin juillet 2024 avec l’Europe
(+19%), le Moyen et Extrême Orient (+12,1%), l’Afrique (+16,4%), l’Amérique du Nord (+8,4%) et les
(fin mars)
pays du Maghreb (+7,6%).
S’agissant du trafic du fret aérien et du mouvement aéroportuaire, ils se sont renforcés
respectivement de 24,2% et 14,8% à fin juillet 2024.
Concernant l’activité portuaire, le volume global des trafics de commerce traités par les ports
nationaux, y compris le transbordement, s’est raffermi de 13,3% au T1-2024 à 55,2 millions de
Trafic portuaire global
tonnes. Cette évolution provient, notamment, de l’augmentation du trafic de transbordement de
19,5%, de celui des importations de 11,3% et de celui des exportations de 7,5%.

Poursuite de l’évolution positive de l’activité du secteur des


télécommunications à fin juin 2024

Au terme du premier semestre 2024, le parc


global de la téléphonie a atteint les 59,8
millions d’abonnés, en accroissement de 5,2%,
soit quasiment le même taux de croissance
enregistré il y a une année (+5%). Cette
évolution revient à la consolidation du parc

+5% et +6,9%
de la téléphonie mobile de 5% (après +5%),
atteignant 56,8 millions d’abonnés et portant
(fin juin)
le taux de pénétration de ce segment à 152,1%,
après 146,2% un an plus tôt et 127,1% à fin juin
2019. Quant au parc de la téléphonie fixe, il
s’est accru de 7,6% à fin juin 2024, au lieu d’une
hausse de 5,9% l’année dernière, à 2,9 millions
d’abonnés.

Parcs mobile et internet


S’agissant du parc de l’internet, il a dépassé
les 39,1 millions d’abonnés, à fin juin 2024,
en hausse de 6,9%, après une consolidation
de 9,5% un an auparavant. Ainsi, le taux de
pénétration de ce segment a atteint 104,8%
à fin juin 2024, après 98,9% à fin juin 2023 et
66,2% à fin juin 2019.

Note de Conjoncture 25
Note de conjoncture N° 330 | Août 2024

TENDANCES SECTORIELLES (*)

SECTEUR 2021 2022 2023 JUIN-24 JUILL-24 CUMUL

Agriculture
Activités
primaires
Pêche

Phosphates et dérivés**

Automobile **

Aéronautique **

Electronique et électrique
Activités **
secondaires
Agroalimentaire **

Textile et cuir **

Energie électrique

BTP

Tourisme

Activités
Transport
tertiaires

Télécommunications

Amélioration
Amélioration récente
Stabilité

Recul Dégradation récente

*: Appréciation, en glissement annuel, basée sur les derniers baromètres conjoncturels disponibles.
** : Exportations.

Note de Conjoncture 26
ENVIRONNEMENT NATIONAL

2. DEMANDE INTERIEURE
+1,8% La consommation des ménages aurait bénéficié en 2024 du ralentissement du rythme de
(fin juin) progression du niveau général des prix à la consommation (IPC : +1,3% en juillet 2024 contre
+4,9% un an auparavant). Elle serait également favorisée par l’évolution positive des revenus des
ménages, soutenus notamment par les transferts des MRE (+1,8% à fin juin 2024) et les crédits à la
consommation (+0,5% à fin juin 2024). Elle profiterait, en outre, des transferts effectués par l’Etat
dans le cadre du soutien social direct et des dernières augmentations de salaires consenties dans
le cadre du dialogue social.
En parallèle, l’effort d’investissement devrait se
Transferts MRE maintenir, soutenu par les grands projets engagés
dans différents secteurs et par la dynamique des
dépenses d’investissement du Budget Général
+0,5% de l’Etat (avoisinant les 57,3 milliards de dirhams,
(fin juin) en accroissement de 6,9% à fin juillet 2024). Il
serait également favorisé, à fin juin 2024, par
l’augmentation des recettes des IDE (+8,6%) et
des crédits à l’équipement (+11,6%), ainsi que
par la croissance des importations des biens
d’équipement (+6,8% ).

Crédits consommation

Poursuite du ralentissement de l’inflation en juillet 2024

Au cours du mois de juillet 2024, l’indice


des prix à la consommation (IPC) a baissé
de 0,2% par rapport au mois précèdent,
recouvrant une baisse de l’IPC alimentaire
+1,3% (-0,5%) et une hausse de l’IPC non
(en juillet) alimentaire (+0,1%).

En glissement annuel, l’IPC a augmenté


de 1,3% en juillet 2024 après +4,9% en
juillet 2023 et ce, en raison de la hausse de
l’indice des prix des produits alimentaires
de 0,5% (après +11,7% un an auparavant)
et de l’indice des prix des produits non
Inflation alimentaires de 1,8% (après +0,4% en juillet
2023).
Au terme des sept premiers mois de 2024, le taux d’inflation a atteint +1,0% (après +7,4% une année
plus tôt). Cette évolution est due à la décélération des indices des prix des produits alimentaires
(+0,6% après +15,5% à fin juillet 2023) et des produits non alimentaires (+1,4% après +2% à fin
juillet 2023).
S’agissant de l’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatiles et les produits à
tarifs publics, elle a également ralenti pour atteindre +2,1% au mois de juillet 2024, après +5,4%
enregistré en juillet 2023.

Note de Conjoncture 27
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Perte de postes d’emploi au deuxième trimestre 2024, essentiellement non


rémunérés et en milieu rural
+45.000 postes Au terme du deuxième trimestre 2024, l’économie nationale a perdu 82.000 postes, principalement
(T2-2024) en raison des pertes en milieu rural ( -141.000 postes), après une perte de 86.000 postes au T2-
2023. Par type d’emploi, le volume de l’emploi rémunéré a augmenté de 45.000 postes, résultat
d’une création de 63.000 postes en milieu urbain et d'une perte de 18.000 en milieu rural. Quant
à l’emploi non rémunéré, il a régressé de 126.000 postes, essentiellement dans les zones rurales
(-123.000 postes).

Par secteur d’activité, les pertes d’emplois


Emploi rémunéré incombent, essentiellement, au recul
enregistré au niveau du secteur de
l’agriculture forêt et pêche (-152.000 postes)
et dans une moindre mesure à celui du BTP
(-35.000 postes). En revanche, des créations
d’emploi ont été enregistrées au niveau des
secteurs de l’industrie y compris l’artisanat
(+58.000 postes) et des services (+49.000
13,1% (+0,7 point) postes).
(T2-2024)
Par ailleurs, le taux de chômage a atteint
13,1% au niveau national, en hausse de 0,7
point par rapport à l’année précédente. Ce
taux a augmenté dans les villes de 0,4 point
à 16,7% et de 1 point dans les zones rurales
à 6,7%. Par catégorie, ce taux reste plus
Taux de chômage
élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans
(36,1%), les diplômés (19,4%) et les femmes
(17,7%).

Note de Conjoncture 28
ENVIRONNEMENT NATIONAL

3. ECHANGES EXTÉRIEURS
61,9% Au terme du premier semestre 2024, la situation
(fin juin) des échanges extérieurs a été marquée par
une augmentation du déficit commercial de
0,4% atteignant 139,4 milliards de dirhams.
Les exportations ont augmenté de 3% et les
importations de 2%, générant une amélioration
du taux de couverture de 0,6 point, soit 61,9%.
Taux de couverture

Croissance des exportations, tirée essentiellement par l’automobile, les phosphates


et dérivés et l’aéronautique

+3% A fin juin 2024, les exportations de biens se sont


(fin juin) améliorées de 3%, s’établissant à 226,4 milliards
de dirhams. Cette évolution est le résultat, plus
particulièrement, du renforcement des ventes
des secteurs de l’automobile, des phosphates
et dérivés, et de l’aéronautique. La part des
exportations de ces trois secteurs s’est accrue
pour représenter 58,3% de la valeur totale des
Exportations
exportations, contre 55% un an auparavant.

Les ventes du secteur automobile, qui se positionne au premier rang des secteurs exportateurs avec
une part de 35,6%, ont augmenté de 9% pour atteindre 80,5 milliards de dirhams. Cette évolution est

+9%
tirée par la hausse des exportations des segments de la construction (+8,4%), du câblage (+8,2%) et de
l’intérieur des véhicules et des sièges (+18,9%).
(fin juin)
En parallèle, les exportations de phosphates et dérivés se sont consolidées de 7,5% totalisant 38,6
milliards de dirhams, suite principalement à l’augmentation des ventes des engrais naturels et
chimiques (+6,5%) et de phosphates (+31,5%). La part des ventes de ce secteur, dans la valeur totale des
exportations s’est accrue à 17% à fin juin 2024, après 16,3% à fin juin 2023.
De même, les expéditions du secteur de l’aéronautique se sont renforcées de 16,5% atteignant 13
milliards de dirhams. Cette hausse revient, pour l’essentiel, à l’augmentation des ventes du segment
Automobile
de l’assemblage (+27,7%). Les exportations de l’Electrical Wire Interconnexion System (EWIS) ont, quant
à elles, quasiment stagné (-0,1%). La part des ventes de ce secteur qui représentent 5,7% de la valeur
totale des exportations a augmenté de 0,6 point par rapport à sa part enregistrée un an plus tôt.
En revanche, les exportations du secteur de l’agriculture et agroalimentaire ont diminué de 2,6% à 46,2
milliards de dirhams, suite principalement à la contraction des ventes de l’industrie alimentaire (-5,6%).
+16,5% Cette baisse a été contrebalancée par la hausse des ventes de l’industrie du tabac (+24,4%).
(fin juin) De leur côté, les exportations du secteur du textile et cuir se sont repliées de 7,2% pour revenir à 23,4
milliards de dirhams, représentant ainsi 10,4% de la valeur totale des exportations. Cette évolution est
imputable au recul des ventes des vêtements confectionnés (-7,3%), des chaussures (-13,8%) et des
articles de bonneterie (-3,9%).
Par ailleurs, les exportations de l’électronique et électricité ont atteint 8,7 milliards de dirhams, en baisse
de 4,4% par rapport à fin juin 2023. Leur part dans la valeur totale des exportations a ainsi diminué,
Aéronautique
passant à 3,8% après 4,1% une année auparavant. Ce repli est attribué notamment au recul des ventes
des composants électroniques (-11,2%), toutefois atténué par l’accroissement des exportations des
appareils pour la coupure ou la connexion des circuits électriques et résistances (+18,6%).

Note de Conjoncture 29
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Quant aux exportations des autres industries, elles se sont établies à 13,3 milliards de dirhams, affichant
une contraction de 6,1%. Cette évolution est imputable au retrait des ventes de la métallurgie et travail
des métaux (-12,8%) et de l’industrie pharmaceutique (-12,4%). Les exportations de l’industrie plastique
et du caoutchouc se sont, quant à elles, accrues (+3,3%).

Augmentation des importations, due plus particulièrement aux produits finis


d’équipement, aux demi-produits et aux produits finis de consommation

+2%
(fin juin) Les importations de biens ont atteint
365,9 milliards de dirhams à fin juin 2024,
affichant une hausse de 2% par rapport à
la même période de l’année dernière. Cet
accroissement s’explique en grande partie
par l’augmentation des achats de produits
finis d’équipement, de demi-produits et de
Importations produits finis de consommation.

Les produits finis d’équipement représentent le premier poste d’importations, avec une part de 23,3%
dans la valeur totale des importations. Ils ont augmenté de 6,8% à 85,3 milliards de dirhams. Cette
évolution trouve son origine, particulièrement, dans l’appréciation des achats des appareils pour
+6,8% la coupure ou la connexion des circuits électriques et résistances (+16,5%), des voitures utilitaires
(fin juin) (+51,8%) et des diodes, transistors thyristors et dispositifs photosensibles (+60,7%).
Par ailleurs, les achats de demi-produits ont affiché un accroissement de 6,1%. L’évolution de la valeur
de ces importations, qui a atteint 79,8 milliards de dirhams, est liée à la hausse significative des achats
de demi-produits en fer ou en aciers non alliés (+157,8%), des produits chimiques (+13%) et des papiers
et cartons (+17,5%).
S’agissant des importations de produits finis de consommation, leur valeur s’est accrue de 3,1% pour
Produits finis se situer à 81,4 milliards de dirhams. Cette évolution recouvre la hausse des achats de parties et pièces
d’équipement pour voitures de tourisme (+8,4%) et de médicaments et autres produits pharmaceutiques (+22,1%).
Concernant les autres postes de produits, la facture énergétique a régressé de 5,2% atteignant 57,4
milliards de dirhams. Elle représente ainsi 15,7% des importations totales. Cette évolution est en lien
avec le repli des approvisionnements en gaz de pétrole et autres hydrocarbures (-24,1%) dont le prix
s’est contracté de 22,6% conjugué à un léger repli des quantités importées (-2%). La contraction des

+6,1%
importations de produits énergétiques a également concerné les houilles ; cokes et combustibles
solides similaires (-29,7%). La baisse de ces achats est atténuée par la hausse des achats de gas-oils et
(fin juin) fuel-oils (+8,9%).
Les importations des produits alimentaires ont également diminué de 0,9%, atteignant 45,3 milliards
de dirhams. Cette contraction revient principalement au recul des achats de blé (-9,8%) et de tourteaux
(-29,8%), atténué toutefois par la hausse des achats des animaux vivants (+60,1%).
Concernant les importations de produits bruts, elles ont atteint 16,4 milliards de dirhams, en
diminution de 9,3% , suite à la contraction des achats de l’huile de soja brute ou raffinée (-32,9%) et de
ferraille, déchets et autres minerais (-20,9%). Quant aux achats de graines et fruits oléagineux, ils sont
Demi produits
en hausse de 75,7%. Leur part dans la valeur totale des importations représente 4,5% contre 5% un an
auparavant.

Note de Conjoncture 30
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Orientation favorable des autres flux financiers

A fin juin 2024, les transferts de fonds effectués


+8,6% par les MRE ont enregistré une hausse de 1,8%.
(fin juin) Atteignant 56,7 milliards de dirhams, ces transferts
dépassent leurs niveaux enregistrés durant la
même période entre 2019 et 2023. Quant aux
recettes voyages, principale composante des
exportations de services, elles se sont établies à
49 milliards de dirhams, portant leur croissance
à 2,3% par rapport à fin juin 2023 et à 46,2% par
Recettes IDE rapport à fin juin 2019. Ces deux postes ont permis
de couvrir 75,8% du déficit commercial contre
74,6% un an auparavant.
Par ailleurs, le flux net des Investissements Directs Etrangers au Maroc a enregistré une croissance
vigoureuse (+51,6%), atteignant 10,6 milliards de dirhams. Cette dynamique résulte de la hausse des
recettes (+8,6%), conjuguée à la contraction des dépenses (-21,2%).
Quant au flux des Investissements Directs Marocains à l’Etranger (IDME), il a reculé de 97,4% revenant à
161 millions de dirhams et ce, en lien avec la baisse des investissements directs marocains à l’étranger
(-35,6% à 8,9 milliards de dirhams), parallèlement à la hausse des cessions de ces investissements
(+12,9% à 8,8 milliards de dirhams).

Note de Conjoncture 31
ENVIRONNEMENT NATIONAL

4. FINANCES PUBLIQUES (HORS TVA DES COLLECTIVITÉS LOCALES)

L’exécution de la Loi de Finances à fin juillet 2024 fait ressortir un déficit budgétaire de 40,1 milliards
de dirhams contre 29,3 milliards un an auparavant. Cette évolution a résulté, particulièrement, d’une
hausse des dépenses globales (+12,6% ou +26,6 milliards de dirhams), plus importante que celle des
recettes ordinaires (+8,7% ou +15,8 milliards de dirhams).

Bon comportement des recettes fiscales en termes d’évolution et d´exécution

A fin juillet 2024, les recettes ordinaires ont enregistré un taux de réalisation de 58,4% par rapport
aux prévisions de la Loi de Finances 2024 et une hausse de 8,7% par rapport à leur niveau à fin juillet
+11,6% 2023 pour atteindre 198,1 milliards de dirhams. Cette évolution est imputable à l’accroissement des
(fin juillet) recettes fiscales, alors que les recettes non fiscales se sont repliées.
Les recettes fiscales se sont appréciées de 11,6%
pour atteindre 174,1 milliards de dirhams à fin
juillet 2024, se concrétisant à hauteur de 64,3% par
rapport aux prévisions de la Loi de Finances 2024.
Cette hausse a concerné la majorité des principales
rubriques. Ainsi, les recettes des impôts directs
Recettes fiscales se sont raffermies de 13% pour s’établir à 79,6
milliards de dirhams, enregistrant un taux de
réalisation de 68%. Elles ont contribué à hauteur
de 50,6% à la hausse des recettes fiscales.

+13% L’évolution des recettes des impôts directs incorpore, essentiellement, la hausse des recettes
de l’IS de 13,5% pour se situer à 42,2 milliards de dirhams, soit un taux de réalisation de 70,4%.
(fin juillet)
L’augmentation des recettes de l’IS s’explique particulièrement par l’amélioration des recettes du
complément de régularisation et des deux premiers acomptes, ainsi que de l’IS retenu à la source sur
les produits des actions, les rémunérations allouées à des tiers et les placements à revenu fixe. De
même, les recettes de l’IR se sont accrues de 11,9% pour atteindre 35 milliards de dirhams, soit un
taux de réalisation de 66,4%, grâce notamment à l’amélioration des recettes générées par l’IR sur les
salaires et sur les profits fonciers, ainsi que l’IR retenu à la source sur les produits de placements à
Impôts directs revenu fixe, les profits de cession de valeurs mobilières et l’IR sur les professionnels.
Concernant les recettes des impôts indirects, elles ont augmenté de 11,1% pour atteindre 71,2
milliards de dirhams, enregistrant un taux d’exécution de 59,9% et contribuant à hauteur de 39,5% à
la hausse des recettes fiscales. Par composante, les recettes de la TVA se sont accrues de 11,8% pour
atteindre 51,6 milliards de dirhams, soit un taux de réalisation de 59,4%. L’évolution de ces recettes
recouvre une hausse de la TVA intérieure de 17,3% à 18,2 milliards de dirhams, traduisant la reprise
+11,1% de la consommation ainsi que l’impact des mesures introduites par la LF 2024, et de celles de la TVA
à l’importation de 9% à 33,3 milliards de dirhams, en relation avec la reprise des importations. De
(fin juillet)
leur côté, les recettes des TIC se sont accrues de 9,4% à 19,6 milliards de dirhams, soit un taux de
réalisation de 61,5%. Cette augmentation revient essentiellement à la hausse des recettes des TIC
sur les produits énergétiques de 10,7% à 10,3 milliards de dirhams et de celles des TIC sur les tabacs
manufacturés de 5,4% à 7,5 milliards de dirhams.
S’agissant des recettes afférentes aux droits de douane, elles ont augmenté de 17,8% pour s’établir à
Impôts indirects 10,6 milliards de dirhams, enregistrant un taux de réalisation de 67,1%. En outre, les recettes relatives
aux droits d’enregistrement et de timbre se sont accrues de 1,5% pour se situer à 12,8 milliards de
dirhams, enregistrant un taux de réalisation de 66,3%, suite notamment à la hausse de la TSAV et de
la taxe sur les contrats d’assurance.
Quant aux recettes non fiscales, elles se sont repliées de 10,9% pour se situer à 21,4 milliards de
dirhams à fin juillet 2024, se concrétisant à hauteur de 32,7%. Cette évolution incorpore le recul
des recettes en provenance des établissements et entreprises publics de 33,8% à 5,1 milliards de
dirhams, l’encaissement d’un montant de 1,7 milliard de dirhams correspondant à la cession de la
totalité de la participation de l’Etat dans le capital de la « Société La Mamounia » et la baisse des
autres recettes non fiscales de 10,4% à 14,5 milliards de dirhams, dont 7 milliards de dirhams au titre
des mécanismes de financements innovants.

Note de Conjoncture 32
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Augmentation des dépenses ordinaires, tirée particulièrement par


celles de biens et services

+9,5% A fin juillet 2024, les dépenses ordinaires ont


enregistré un taux de réalisation de 61,5% par
(fin juillet)
rapport aux prévisions de la Loi de Finances
2024 et une hausse de 9,5% par rapport à
leur niveau à fin juillet 2023 pour se situer à
188,7 milliards de dirhams. Cette évolution
incorpore l’effet conjoint de l’augmentation
Dépenses ordinaires des dépenses de biens et services, la quasi-
stagnation des intérêts de la dette et le repli
des charges de la compensation.
Les dépenses de biens et services se sont accrues, par rapport à fin juillet 2023, de 13,3%
pour atteindre 149,9 milliards de dirhams, se concrétisant à hauteur de 59,3% par rapport aux
prévisions de la Loi de Finances 2024. Cette évolution est imputable à la hausse des dépenses de
personnel de 5,2% à 93,3 milliards de dirhams, soit un taux de réalisation de 57,7%, et de celles
des autres biens et services de 29,9% à 56,6 milliards de dirhams, soit un taux de réalisation de
62,1%.
-8,1% De leur côté, les charges en intérêts de la dette, exécutées à hauteur de 60,1%, ont quasiment
(fin juillet) stagné par rapport à leur niveau à fin juillet 2023 (+0,5%) pour se situer à 22,4 milliards de
dirhams. Cette évolution recouvre une baisse des charges en intérêts de la dette intérieure de
10,4% à 16,1 milliards de dirhams et une hausse de celles de la dette extérieure de 46% à 6,3
milliards de dirhams.
Cependant, les charges de la compensation, qui ont enregistré un taux de réalisation de 96,7%,
ont reculé de 8,1% pour se situer à 16,4 milliards de dirhams. La baisse a concerné les charges au
Charges de la
titre du gaz butane (-1 milliard de dirhams à 9,4 milliards) et de la farine nationale de blé tendre
compensation
(-1,6 milliard de dirhams à 1,4 milliard), alors que la hausse a touché la charge au titre du sucre
(+0,6 milliard de dirhams à 4 milliards). Les subventions accordées aux professionnels du secteur
du transport routier ont atteint 1,6 milliard de dirhams, contre 1 milliard l’année précédente. Il est
à noter qu’une décompensation partielle du gaz butane a été opérée à partir du 20 mai 2024 et a
porté sur une réduction de 2,5 dirhams pour la bonbonne de 3 kg et 10 dirhams pour la bonbonne
de 12 kg.
Globalement, l’évolution des recettes et des dépenses ordinaires à fin juillet 2024 a dégagé un
solde ordinaire excédentaire de 9,4 milliards de dirhams après 9,9 milliards un an auparavant,
soit une baisse de 5,4%.
Concernant les dépenses d'investissement, elles ont augmenté de 6,9%, par rapport à fin juillet
2023, pour s’établir à 57,3 milliards de dirhams, enregistrant un taux de réalisation par rapport
aux prévisions de la Loi de Finances 2024 de 57%.

Hausse du déficit budgétaire


L’exécution de la Loi de Finances à fin juillet 2024 fait ressortir un déficit budgétaire de 40,1
milliards de dirhams contre 29,3 milliards un an auparavant. Cette évolution du déficit budgétaire
tient compte de la baisse de l’excédent des comptes spéciaux du Trésor de 45,9% à 7,8 milliards
de dirhams.

40,1 Mds DH Eu égard aux éléments précités et à la baisse


(fin juillet) des opérations en instance de 7,2 milliards
de dirhams, le besoin de financement
du Trésor s’est établi à 47,3 milliards de
dirhams, en hausse de 46,8%. Ce besoin a
été couvert essentiellement par le recours
aux financements intérieur et extérieur qui
ont dégagé des flux nets positifs de 42,6 et
Déficit budgétaire 4,7 milliards de dirhams respectivement.

Note de Conjoncture 33
ENVIRONNEMENT NATIONAL

5. FINANCEMENT DE L’ÉCONOMIE
Ralentissement notable de la croissance des crédits au secteur non financier

A fin juin 2024, la masse monétaire (M3) s’est accrue, par rapport au mois précédent, de 1,9% pour
atteindre 1.812,3 milliards de dirhams. Cette évolution incorpore la hausse des crédits bancaires et des
créances nettes des institutions de dépôt sur l’administration centrale, et la baisse des avoirs officiels
de réserve (AOR).
En glissement annuel, le taux d’accroissement de la
+4,7% masse monétaire s’est amélioré comparativement
(fin juin) à celui du mois précédent, se situant à +4,7%
après +4,3% à fin mai 2024. Toutefois, il maintient
sa décélération comparativement à l’évolution
de l’année dernière (+7,6% à fin juin 2023). Ce
ralentissement incorpore, particulièrement, la
décélération du taux progression des crédits
bancaires et des créances nettes des institutions
Masse monétaire de dépôt sur l’administration centrale, alors que
la croissance des avoirs officiels de réserve s’est
améliorée.
A fin juin 2024, les crédits bancaires ont augmenté, par rapport au mois précédent, de 1,2% pour
atteindre 1.110,5 milliards de dirhams. Cette évolution incorpore une hausse des crédits au secteur
financier de 6,6% et une légère augmentation de ceux au secteur non financier de 0,2%, sous l’effet
conjoint de l’accroissement des crédits aux ménages de 0,5% et de la quasi-stagnation des crédits
aux sociétés non financières (+0,1%). Par objet économique, cette évolution recouvre principalement
la hausse des crédits à caractère financier de 6,2%, des crédits à l’immobilier de 0,6%, des crédits à
l’équipement de 0,6%, des crédits de trésorerie de 0,5% et des crédits à la consommation de 0,2%.
+3,2% En glissement annuel, le taux de progression
(fin juin) des crédits bancaires a ralenti, se situant à
+3,2% à fin juin 2024, après +4,6% le mois
précédent et +4,7% l’année dernière. Cette
décélération a concerné particulièrement les
crédits au secteur non financier (+1,2% après
+2,1% à fin mai 2024 et +4,6% à fin juin 2023),
alors que la croissance des crédits au secteur
Crédits bancaires financier s’est accélérée (+14,3% après +5,7% à
fin juin 2023).

L’évolution des crédits au secteur non financier est en relation, particulièrement, avec le ralentissement
du taux de progression des crédits aux sociétés non financières, enregistrant une quasi-stagnation
(+0,1%) à fin juin 2024 après +1,8% à fin mai 2024 et +6% à fin juin 2023, et du taux de progression des
crédits aux ménages (+1,2% après +2,8% à fin juin 2023, quoiqu’en amélioration comparativement à
l’évolution d’à fin mai 2024 où ce taux était de +0,9%).
Par objet économique, l’évolution des crédits
+11,6% bancaires recouvre, particulièrement, le recul des
(fin juin) crédits de trésorerie de 2% après une hausse de
2,8% l’année précédente, le ralentissement des
taux de progression des crédits à la consommation
(+0,5% après +1,7% à fin juin 2023) et des crédits à
l’immobilier (+1,2% après +1,9% l’année dernière).
La décélération des crédits à l’immobilier est
imputable au ralentissement de la croissance
des crédits à l’habitat (+1,3% après +2,5% à fin
Crédits à l’équipement
juin 2023), conjugué à la hausse des crédits aux
promoteurs immobiliers de 2,9% après une
contraction de 5,1% l’année précédente.

Note de Conjoncture 34
ENVIRONNEMENT NATIONAL

En revanche, la croissance des crédits à l’équipement s’est accélérée à +11,6% après +8,2% un an
auparavant. Le rythme de progression des créances en souffrance, quant-à-lui, a ralenti à +3,4% après
+5,8% l’année antérieure.
Concernant les créances nettes des institutions de dépôt (ID) sur l’administration centrale (AC), elles ont
augmenté, par rapport à fin mai 2024, de 6,1% pour atteindre 356,6 milliards de dirhams à fin juin 2024.
En glissement annuel, le taux de progression des créances nettes des ID sur l’AC a ralenti, se situant à
+6,1% à fin juin 2024 après +14,3% un an auparavant. Cette évolution s’explique, particulièrement, par
le repli des créances nettes de Bank Al-Maghrib de 53,2%, conjugué à l’accélération de la croissance
des créances nettes des Autres Institutions de Dépôts (AID) à +11,2% après +4,8% l’année précédente.

5 mois et 9 jours L’évolution des créances nettes de Bank Al-


Maghrib à fin juin 2024 recouvre une baisse de ses
d’importations
créances sur l’AC de 43,9% et une hausse de ses
(B&S) engagements vis-à-vis de l’AC de 3,6%. Quant aux
(fin juin)
créances nettes des AID, leur évolution à fin juin
2024 incorpore un ralentissement de la croissance
de leurs créances sur l’AC à +5,9% après +9,2% à
fin juin 2023, particulièrement leur portefeuille en
bons du Trésor (+3,7% après +11,1%), et un repli de
leurs engagements envers l’AC de 46,6% après une
hausse de 88,7% l’année précédente.
AOR

S’agissant des avoirs officiels de réserve (AOR),


ils ont reculé, par rapport au mois précédent,
de 1,2% ou de 4,5 milliards de dirhams pour se
situer à 366,1 milliards de dirhams, représentant
l’équivalent de 5 mois et 9 jours d’importations
de biens et services, contre 5 mois et 11 jours à
fin mai 2024 et 5 mois et 12 jours l’année dernière.
Toutefois, en glissement annuel, le taux de
progression des avoirs officiels de réserve s’est
amélioré, s’établissant à +5,8% ou +20 milliards
de dirhams à fin juin 2024, après +4,9% ou +17,4
milliards à fin mai 2024 et +5,1% ou +16,8 milliards
l’année précédente.
Au niveau des composantes de la masse monétaire, l’augmentation de cette dernière, en glissement
mensuel, recouvre, particulièrement, la hausse de la circulation fiduciaire de 3,1% et des dépôts à vue
auprès des banques de 3%, conjuguée à la baisse des comptes à terme auprès des banques de 0,6% et
des détentions en titres d’OPCVM monétaires de 1,4%.
En glissement annuel, la décélération de la croissance de la masse monétaire incorpore, plus
particulièrement, le ralentissement du taux de progression de la circulation fiduciaire (+8,4% après
+16,4% l’année dernière) et des dépôts à vue auprès des banques (+7,5% après +8,8% l’année antérieure)
et le repli des comptes à terme auprès des banques (-4,6% après -3,5% l’année précédente) et des
détentions en titres d’OPCVM monétaires (-15,5% après +19,3% un an auparavant).
Concernant les agrégats de placements liquides (PL), leur encours a reculé de 1,1% par rapport au mois
précédent. Cette évolution recouvre une baisse de l’encours des titres d’OPCVM contractuels des titres
de créances négociables (PL1) de 1,2% et de celui des titres d’OPCVM obligataires (PL2) de 1,4% et la
légère hausse de celui des titres d’OPCVM actions et diversifiés (PL3) de 0,9%. En glissement annuel,
l’encours de PL a augmenté de 14,9% après un repli de 6,4% à fin juin 2023, sous l’effet de la hausse de
PL1 (+7,3% après +0,9%), de PL2 (+27,8% après -16,7%) et de PL3 (+18,9% après -9,7%).

Note de Conjoncture 35
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Légère hausse du besoin en liquidité des banques au cours du mois de


juillet 2024

141,2 Mds DH Au cours du mois de juillet 2024, le besoin en


(juillet) liquidité des banques a enregistré une légère
hausse par rapport au mois précédent, se situant
en moyenne hebdomadaire à 125,3 milliards de
dirhams après 124,1 milliards en juin 2024. Dans
ce contexte, la Banque Centrale a augmenté le
volume de ses injections de liquidité qui s’est
établi en moyenne hebdomadaire à 141,2 milliards
Injection de liquidité de dirhams après 138,8 milliards le mois dernier.
(Volume moyen)

Les interventions de Bank Al-Maghrib ont porté, essentiellement, sur les avances à 7 jours (57 milliards
de dirhams après 54,4 milliards en juin 2024), les opérations de pension livrée à 1 et 3 mois (52,2
2,6 Mds DH milliards de dirhams après 51,7 milliards en juin 2024) et les prêts garantis à long terme (32 milliards de
dirhams après 32,7 milliards en juin 2024).
(juillet)
S’agissant du volume moyen des transactions
interbancaires, il a reculé, par rapport au mois
précédent, de 21% pour se situer à 2,6 milliards
de dirhams en juillet 2024. Quant au taux
interbancaire moyen pondéré au jour le jour
(TIMPJJ), celui-ci se maintient depuis le 26 juin
Transactions 2024 en évolution quasi-stable, alignée sur le
interbancaires nouveau taux directeur, s’établissant en moyenne
(Volume moyen) à 2,75% contre 2,96% en juin 2024, soit une baisse
de 21 points de base et ce, suite à la décision du
conseil de Bank Al-Maghrib, prise le 25 juin 2024,

2,75% de réduire le taux directeur de 25 points de base à


2,75%.
(juillet)

Concernant l’évolution des taux débiteurs, les


résultats de l’enquête de Bank Al-Maghrib au titre
du deuxième trimestre de 2024 font ressortir une
légère hausse, comparativement au trimestre
précédent, du taux moyen pondéré global de 3
points de base à 5,43%. Cette évolution recouvre
la hausse des taux des crédits à l’immobilier
TIMPJJ (+25 pb à 5,3%) et des crédits de trésorerie (+6
pb à 5,39%), et la baisse de ceux des crédits à
l’équipement (-11 pb à 5,02%) et des crédits à la
consommation (-19 pb à 7,03%).

Note de Conjoncture 36
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Hausse notable du recours du Trésor au marché des adjudications au cours


du mois de juillet 2024

Au titre du mois de juillet 2024, les levées brutes


126,9 Mds DH du Trésor au niveau du marché des adjudications
(fin juillet) ont quasiment quadruplé, comparativement
au mois précédent, passant de 10,1 milliards
de dirhams à 38,8 milliards, dont environ 20
milliards de dirhams au titre des opérations
d’échange. Ces levées ont été prédominées par
les maturités longues à hauteur de 66,9% après
57,3% le mois précédent. Quant aux maturités
Levées brutes du
Trésor moyennes et courtes, elles ont représenté
respectivement 22,6% et 10,5% des levées du
mois après 26,9% et 15,9% en juin 2024.
S’agissant des remboursements du Trésor au titre du mois de juillet 2024, ils ont plus que triplé, en
glissement mensuel, passant de 7,8 milliards de dirhams à 26,8 milliards, dont 20,4 milliards au titre
des opérations d’échange. En conséquence, les levées nettes du Trésor ont été positives de 12 milliards
de dirhams en juillet 2024 après 2,2 milliards le mois précédent.
Au terme des sept premiers mois de 2024, les levées brutes du Trésor se sont repliées, en glissement
annuel, de 35,6% pour se situer à 126,9 milliards de dirhams. Ce repli a concerné le volume souscrit
des maturités courtes (-87,6% à 8,4 milliards de dirhams, représentant 6,6% des levées après 34,1%
un an auparavant) et celui des maturités moyennes (-38,5% à 45,1 milliards de dirhams, soit 35,6%
des levées après 37,2% l’année précédente). En revanche, le volume levé en maturités longues s’est
raffermi de 29,9% pour atteindre 73,4 milliards de dirhams, canalisant ainsi 57,8% des levées contre
28,7% un an auparavant.
81,5 Mds DH De leur côté, les remboursements du Trésor ont reculé, en glissement annuel, de 47,3% pour se situer à
(fin juillet) 81,5 milliards dirhams à fin juillet 2024. Compte tenu de ces évolutions, les levées nettes du Trésor ont
augmenté, par rapport à fin juillet 2023, de 7% pour atteindre 45,4 milliards de dirhams.
Eu égard à ces évolutions, l’encours des bons du Trésor émis par adjudication s’est établi à 744,8
milliards de dirhams à fin juillet 2024, en hausse de 1,6% par rapport à fin juin 2024 et de 6,5% par
rapport à fin décembre 2023. La structure de cet encours reste prédominée par les maturités
longues dont la part s’est accrue de 3,6 points pour se situer à 66,6% après 63% à fin décembre 2023,
surclassant les maturités moyennes dont la part a reculé de 1,9 point à 30,4%. Quant à la part des
Remboursements
maturités courtes, qui demeure faible, elle s’est repliée de 1,7 point à 3%.
du Trésor
S’agissant du volume des soumissions sur le
marché des adjudications au titre du mois de
juillet 2024 (hors opérations d’échange), il a
quasiment quadruplé, par rapport au mois
précédent, passant de 13,8 milliards de dirhams
à 52,7 milliards. La demande s’est répartie à
hauteur de 21,4% pour les maturités courtes,
39,5% pour les maturités moyennes et 39% pour
les maturités longues, après respectivement
21,3%, 51,8% et 26,8% le mois précédent.

Au terme des sept premiers mois de 2024, le volume des soumissions (hors opérations d’échange) a
reculé, par rapport à fin juillet 2023, de 47,6% pour s’établir à 203,9 milliards de dirhams. La baisse a
concerné particulièrement le volume soumissionné des maturités courtes qui s’est replié de 86,1%
à 33,4 milliards de dirhams, soit 16,4% du volume des soumissions après 61,9% l’année précédente,
et dans une moindre mesure celui des maturités moyennes qui a reculé de 7,4% à 94,8 milliards de
dirhams, canalisant 46,5% du volume des soumissions après 26,3% l’année dernière. En revanche, le
volume soumissionné des maturités longues s’est raffermi de 65,6% à 75,7 milliards à fin juillet 2024,
représentant 37,1% du volume des soumissions contre 11,8% un an auparavant.

Note de Conjoncture 37
ENVIRONNEMENT NATIONAL

S’agissant de l’évolution des taux moyens pondérés


primaires des émissions des bons du Trésor au
titre du mois de juillet 2024, comparativement aux
taux des dernières émissions, ils ont enregistré
des replis compris entre 10 et 35 points de base
et ce, dans le sillage de la réduction effectuée par
Bank Al-Maghrib du taux directeur de 25 points de
base à 2,75%, décidée lors de sa réunion du 25 juin
2024.

Raffermissement des indicateurs de la Bourse de Casablanca au cours du


+15,6% et +14,6% mois de juillet 2024
(fin juil-24/fin déc-23)

Au cours du mois de juillet, les indicateurs de


la Bourse de Casablanca ont enregistré un
raffermissement notable. Ainsi, les indices
MASI et MASI 20 ont clôturé ce mois à 13984,33
et 1134,62 points respectivement, enregistrant
MASI et MASI 20 une hausse par rapport à fin juin 2024 de 5,1%
et 5,6%, portant leur performance, par rapport
à fin décembre 2023, à +15,6% et +14,6% après
+10% et +8,6% le mois précédent.
Banques : +5,6%
BTP : +4,4% Au niveau sectoriel, 18 secteurs, sur les 23
Maroc Telecom : +0,1% secteurs représentés à la cote de la Bourse de
Casablanca, ont enregistré des performances
(fin juil-24/fin juin-24)
positives par rapport à fin juin 2024. Les
indices des secteurs qui ont enregistré les
plus fortes croissances sont ceux des secteurs
de la santé (+36,3%), des services de transport
(+20,2%) et des mines (+11,7%).
Les indices des deux premières capitalisations,
en l’occurrence les banques et le BTP, se sont
Indices sectoriels accrus de 5,6% et 4,4% respectivement,
alors que celui de Maroc Telecom, troisième
capitalisation, a quasiment stagné (+0,1%).
Les indices ayant connu une baisse ont
concerné, particulièrement, les indices
de l’industrie pharmaceutique (-4,8%), de
transport (-2,9%), de l’agroalimentaire (-2,3%)
et des ingénieries et biens d’équipements
industriels (-2,3%).

Note de Conjoncture 38
ENVIRONNEMENT NATIONAL

724,8 Mds DH De son côté, la capitalisation boursière s’est


(fin juillet) accrue, par rapport à fin juin 2024, de 4,7% pour
atteindre 724,8 milliards de dirhams, portant
ainsi sa performance par rapport à fin décembre
2023 à +15,8% après +10,6% le mois dernier. La
hausse mensuelle a résulté, particulièrement,
des contributions positives notables des secteurs
des banques, des services de transport, du BTP
Capitalisation
et des mines.
boursière

S’agissant du volume global des transactions réalisées au titre du mois de juillet 2024, il a augmenté,
par rapport au mois précédent, de 5,5% pour atteindre 5,6 milliards de dirhams. Ce volume se répartit
comme suit :
• 81% pour le marché central où les transactions se sont accrus, par rapport au mois antérieur, de
16,4% à 4,5 milliards de dirhams. Parmi les titres les plus actifs sur ce compartiment, figurent
Akdital, BCP et Attijariwafa Bank, ayant canalisé respectivement 20,9%, 10,7% et 10,4% du volume
des transactions en actions ;
• 0,3% pour le marché de blocs où les échanges ont reculé, comparativement au mois de juin 2024,
de 98,4% à 18 millions de dirhams ;
• 17,9% pour une augmentation de capital en numéraire effectuée par Akdital d’un montant global
d’environ 1 milliard de dirhams (1.492.537 actions au prix de 670 dirhams l’action) ;
• 0,8% pour les transferts d’actions.
47 Mds DH Au terme des sept premiers mois de 2024, le
(fin juillet) volume global des transactions s’est accru, en
glissement annuel, de 76,9% pour atteindre
environ 47 milliards de dirhams. Le volume des
échanges sur le marché central a plus que doublé,
passant de 16,1 milliards de dirhams à 32,4
milliards, soit 69% du volume des transactions.
Celui enregistré sur le marché de blocs s’est
apprécié, passant de 1,4 milliard de dirhams à 8,8
Volume global des
transactions milliards, soit 18,7% du volume des échanges.
Enfin, les augmentations de capital, les offres
publiques, les transferts d’actions et les apports
d’actions ont représenté respectivement 9%,
2,8%, 0,4% et 0,1% du volume des transactions
à fin juillet 2024.

Note de Conjoncture 39
Note de Conjoncture 40
Note de conjoncture N° 330 | Août 2024

TABLEAU DE BORD

Note de Conjoncture 41
Note de conjoncture N° 330 | Août 2024

Note de Conjoncture 42
Note de conjoncture N° 330 | Août 2024

Note de Conjoncture 43
Note de conjoncture

Boulevard Mohamed V. Quartier Téléphone : (+212) [Link]/16


DEPF Administratif, Rabat-Chellah Télécopie : (+212) [Link]
Maroc E-mail : depf@[Link]
ISSN: 2605-6321
Dépôt Légal : 2018PE0005
Imprimerie de la DAAG

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