Pharaons Des Deux Terres-BAT - 1
Pharaons Des Deux Terres-BAT - 1
DOSSIER PÉDAGOGIQUE
Triade d’Osorkon
-874 / -850,
Or et lapis-lazuli,
Hauteur : 9 cm,
Provient de la région thébaine,
Musée du Louvre E 6204
Dans le cadre de l’exposition « Pharaon des Deux Terres, l’épopée
africaine des rois de Napata » (28 avril 2022 – 25 juillet 2022), le musée
du Louvre propose aux enseignants, professionnels et bénévoles de
l’éducation, du champ social, de la santé et du handicap, un dossier
pédagogique pour les accompagner dans la préparation de leur visite.
Sommaire :
4 Présentation de l’exposition
5 Repères géographiques
7 Repères chronologiques
10
Parcourir l’exposition
Égypte et Soudan
Souverains kouchites : personnages et rôles
Thèbes : au cœur du pouvoir kouchite
Une importante découverte récente
13
Poursuivre la visite au musée
Autour de l’image de l’autre
14 Glossaire
Important : les datations données dans ce dossier sont celles qui sont utilisées par le
musée du Louvre, elles peuvent être différentes de celles que l’on trouve dans d’autres
4
documents.
repères géographiques
Athènes
Zincirli Khorsabad
Tarbisu
Til Barsip Ninive
Assur
Or
on
Cnossos
te
Ti
gr
Arwad
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Mari
Qadech
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Sidon
M e r M é d i t e r r a n é e Tyr Babylone
Ashdod Jérusalem
ALEXANDRIE
Saïs Tanis
Léontopolis
Boubastis
Létopolis Héliopolis
LE CAIRE
Giza
Saqqara Memphis SINAÏ
Licht
FAYOUM
OASIS
DE SIOUA Héracléopolis
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DE BAHARIYA
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ASSIOUT
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Ouadi Ham
Assassif Thèbes
Karnak
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OASIS Esna
DE DAKHLA
DE KHARGA
Edfou
Éléphantine ASSOUAN
M
1re cataracte
Philae
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Abou Simbel
Semna
Kumma
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Saï
Soleb
u
Tombos
3e cataracte Pnoubs-Doukki Gel
g
N Kourgous
DONGOLA Kawa
e
4e cataracte Souakin
Napata
Djebel Barkal Nouri 5e cataracte
El-Kourrou Sanam
Dongola el-Agouz Dangueil
Oua
di A
bou
Dom
Ed-Damer
Méroé
SHENDI
6e cataracte
At
ba
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KHARTOUM
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0 500 km
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6
repères chronologiques
Contexte général
Égypte pharaonique / Royaume de Kouch
Chronologie des rois de Napata établie par Vincent Rondot, directeur du Département des Antiquités
Égyptiennes, et Faïza Drici, chargée de missions au Département des Antiquités Égyptiennes.
8
PARCOURIR L’EXPOSITION
Quelques thématiques associées aux œuvres principales pour découvrir l’exposition.
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égypte et soudan
10
Plaquette d’incrustation avec figure de Nubien
Plusieurs plaquettes d’incrustation conservées au Louvre reprennent la thématique
d’ennemis aux membres liés, attachés les uns aux autres par un lien qui leur enserre
le cou. Fixés de part et d’autre d’une porte de palais, de telles figurations rappellent
à tout visiteur la soumission à l’Égypte de ses ennemis.
D’un point de vue stylistique, la figuration du personnage portant une perruque
non égyptienne, ainsi qu’un costume coloré très typique des régions soudanaises
est classique. La plume plantée dans la coiffure est souvent présente, liée aux
populations du sud et les traits africains du visage ne laissent aucun doute quant
à l’identification du sujet.
Les relations entre l’Égypte et les territoires situés au sud de la première cataracte
sont anciennes. Dès l’Ancien Empire, des comptoirs sont construits qui permettent
le contrôle de points névralgiques, en particulier dans la plaine d’Aniba et vers le
débouché du Ouadi Alaqi qui conduit vers d’importantes mines d’or.
Pour les Égyptiens, le Soudan est peuplé de populations hostiles. Il est considéré
comme une terre par définition dangereuse, associée au désordre et au chaos. Il est
mis en opposition face à l’univers parfait figuré par l’Égypte. Comme tout étranger,
les Soudanais sont soumis au pharaon, tombés dans la poussière pour mieux être
foulés par les pieds du roi.
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Stèle d’Ousersatet
Cette stèle représente, à droite, le roi Aménophis II faisant offrande du vin face à
plusieurs divinités. On reconnaît de droite à gauche, Khnoum à tête de bélier, Satis
puis Anoukis. Ces trois divinités sont en lien avec les territoires soudanais. Khnoum,
vénéré sur l’île d’Éléphantine, est le maître de la cataracte, gardien de la frontière sud
du pays. Satis et Anoukis sont deux déesses d’origine soudanaise vénérées très tôt à
Éléphantine. Satis est la gardienne de la cataracte, épouse de Khnoum. Anoukis, leur
fille, est associée à l’inondation.
La stèle a été découverte à Amara par une mission anglaise. La cité, fondée
certainement sous la 19e dynastie, a livré un certain nombre de monuments plus
anciens de provenance inconnue, comme celui-ci.
Sous la 19e dynastie, Amara est le lieu de résidence du vice-roi de Nubie. Le site
conserve les vestiges d’un secteur fortifié englobant un temple, la résidence du vice-
roi et des entrepôts ainsi que des quartiers d’habitation externes et une nécropole.
Ousersatet porte le qualificatif de fils royal. Il a assumé, entre autres fonctions
proches du roi, celle de vice-roi de Kouch et de directeur des pays du Sud. Il
est associé à l’administration des territoires soudanais. Vice-roi, il en garantit la
sécurité et contrôle l’apport des produits soudanais vers l’Égypte. Son lien avec le
Sud est accentué par le choix des divinités représentées, toutes associées aux terres
méridionales de l’Égypte.
Stèle d’Ousersatet
18e dynastie, règne d’Aménophis II (-1427 / -1401)
Grès
Hauteur : 118 cm ; Largeur : 75 cm ; Épaisseur : 13 cm
Découverte à Amara au Soudan
Musée du Louvre, E 17341
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Sphinx-bélier du temple de Soleb
Cette sculpture monumentale représente un bélier allongé, pattes avant recourbées
sous lui. Placée entre elles, une statuette représente un roi en costume d’Osiris
coiffé du némès, portant la barbe postiche et tenant dans ses mains les insignes du
pouvoir. La longue inscription qui figure autour du socle identifie le roi comme étant
Aménophis III. La statue fait partie d’un groupe de sculptures ayant orné le temple
de Soleb, au sud de la deuxième cataracte. Ce monument a été édifié par Aménophis
III pour commémorer son premier jubilé célébré après trente ans de règne. Encore
partiellement conservé aujourd’hui, le temple est le plus important sanctuaire
égyptien construit au Soudan.
L’histoire de la statue est significative. Après l’abandon du Soudan par les Égyptiens,
à la fin du Nouvel Empire, le bélier est transféré par les rois de Napata dans
l’immense temple d’Amon du Djebel Barkal, principal sanctuaire de la capitale. Le
bélier, symbole d’Amon, prend donc naturellement place dans un sanctuaire qui lui
est consacré bien loin des terres égyptiennes. Il symbolise à lui seul les liens culturels
existant entre les pharaons du Nouvel Empire et leurs dieux d’un côté, le nouveau
pouvoir qui s’en proclame héritier d’un autre côté.
Les cornes du bélier et sa coiffe sont modernes.
14
Taharqa et Hemen
Taharqa est un représentant important de la 25e dynastie. Il est figuré ici agenouillé
devant l’image de Hemen représenté sous l’aspect d’un faucon, une forme animale
bien connue de ce dieu guerrier.
Le roi porte la chendjit, le pagne traditionnel des souverains égyptiens. Ses
mains tiennent chacune un petit vase globulaire qu’on nomme nou, utilisé en
général pour les offrandes liquides. Sa tête est protégée par une calotte de tissus
caractéristique des souverains napatéens. Un bandeau enserre son crâne qui porte
sur le devant un double uraeus. Le cobra dressé est un symbole royal ancien censé
protéger le pharaon de toute attaque ; les souverains de la dynastie napatéenne en
portent traditionnellement deux placés côte-à-côte. Sur de nombreux monuments
découverts en Égypte, l’un des deux cobras a par la suite été effacé.
La figure de Hemen est en grauwacke, un type de pierre souvent utilisé en Égypte.
Elle est recouverte d’une feuille d’or. Un cobra placé entre les pattes de l’animal
assure sa protection.
Dans ce remarquable monument, Taharqa est figuré comme un pharaon égyptien
traditionnel, seul le double uraeus le distingue des rois purement égyptiens.
Représenté agenouillé et rendant hommage à Hemen, il se place dans un contexte
iconographique classique que l’on retrouve en Égypte depuis les origines.
Taharqa et Hemen
25e dynastie
Bois, argent, bronze, grauwacke
Hauteur : 19,7 cm ; Longueur : 26 cm
Musée du Louvre, E 25276
15
Statuette fragmentaire de
Neferkarê Chabaka
La statuette fragmentaire de Chabaka montre le souverain, frère et successeur
de Piânkhy, sous l’aspect d’un pharaon égyptien classique. Il porte le némès, le
cache perruque de tissus traditionnellement associé aux souverains égyptiens. Sur
le bandeau frontal est fixé le double uraeus caractéristique des souverains de la
25e dynastie. Des éléments de titulature royale figurent sur le pilier dorsal au revers
de l’œuvre. Même incomplets, ils permettent de confirmer l’identité du personnage.
La statuette était à l’origine complétée, au-dessus du némès, par un élément
supplémentaire, sans doute un disque solaire qui rappelle des modèles d’époque
ramesside (13e – 12e siècle avant notre ère) .
Chabaka a poursuivi en Égypte la politique menée par Piânkhy en soumettant les
princes du Delta toujours en rébellion contre le pouvoir des souverains napatéens.
Fondateur de la 25e dynastie, il s’est largement impliqué dans des travaux
d’agrandissement, d’embellissement et de restauration au temple d’Amon à Karnak
ainsi que dans d’autres sanctuaires importants du pays.
On ne connaît pas précisément le contexte de réalisation de cette petite tête dans un
matériau aussi spécifique que la faïence bleue, très appréciée par les artistes égyptiens
et soudanais. Quoi qu’il en soit, malgré une iconographie très égyptienne, la rondeur
des joues et la faible longueur du cou sont des détails typiques de la sculpture
napatéenne.
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Stèle de Tefnakht
L’histoire égyptienne connaît deux personnages portant le nom de Tefnakht, tous
deux sont associés à l’épisode napatéen. Le premier prend la tête de la rébellion
contre l’autorité de Piânkhy. Il est grand chef de l’ouest et prince de Saïs, une cité
située au cœur du Delta. Battu par Piânkhy, il se retire dans ses terres et certains
pensent qu’il aurait rapidement adopté une titulature royale.
La stèle conservée au Louvre montre un roi debout, portant un pagne, une courte
perruque et doté d’un uraeus. Il fait face à Horus de Pê, à tête de faucon et à
Ouadjet à tête de lionne. La titulature royale qui figure sur la stèle cite Chepsesrê
Tefnakht. On sait depuis peu que ce souverain, pendant longtemps confondu avec
le personnage du même nom soumis par Piânkhy, a en réalité vécu 70 ans plus tard,
il est le fondateur de la 26e dynastie égyptienne. Contemporain de Taharqa, il réussit
à établir son autorité sur une partie du Delta. Il profite aussi des désordres causés
par l’invasion assyrienne et du repli vers le sud des forces napatéennes pour poser les
bases d’une renaissance égyptienne dont il prend la tête.
Stèle de Tefnakht
-740 / -719
Calcaire
Hauteur : 35 cm ; Largeur : 18 cm
Proviendrait de Basse-Égypte
Musée du Louvre, E 33169
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Stèle de l’an 3 d’Aspelta
Aspelta est un souverain de Napata dont le règne se déroule alors que l’Égypte est
sortie du domaine d’influence du royaume kouchite. S’il réussit à s’imposer sur une
partie de la Haute-Égypte pour un court laps de temps, son règne est marqué par
une incursion, en -592, de Psammétique II, roi de la 26e dynastie, qui envahit une
partie du Soudan et pille Napata. Suite à cette opération militaire désastreuse pour
lui, Aspelta décide de déplacer la capitale de son royaume de Napata à Méroé, bien
plus au sud, entre la cinquième et la sixième cataracte.
La stèle exposée a été découverte à Sanam, près de Méroé. Elle a été rédigée en l’an 3
et commémore l’intronisation d’une nouvelle joueuse de sistre au sein du clergé
d’Amon dans le sanctuaire consacré au dieu dans cette ville. Là, il est vénéré sous
l’épithète d’Amon-Rê, taureau de la Nubie.
Le roi est représenté au centre, vêtu à la manière traditionnelle des pharaons,
faisant l’offrande de Maât (l’Équilibre, la Vérité) à la triade divine Amon, Mout et
Khonsou, qui occupe la partie gauche de la stèle. Derrière le roi figurent plusieurs
personnages féminins, sa mère, l’ancienne et la nouvelle joueuse de sistre du dieu.
Elles accompagnent le souverain dans son offrande. Le long texte commémore
l’arrivée d’une délégation de onze notables envoyés par le souverain afin de procéder
à l’investiture de la nouvelle joueuse de sistre.
La stèle montre le rôle important joué par des divinités thébaines loin au cœur du
Soudan. Elle illustre clairement la proximité entre le roi et le puissant clergé local
d’Amon et témoigne aussi de la reprise en main du pays par Aspelta, juste après
l’expédition militaire égyptienne qui venait de détruire Napata.
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Stèle commémorant l’enterrement d’un Apis
en l’an 24 de Taharqa
Les rois de la 25e dynastie ont été très actifs en territoire égyptien et le nombre de
temples où leurs activités ont pu être mis en évidence est grand. Tous ont rempli
les fonctions religieuses associées au pharaon et développent au Soudan même des
sanctuaires où les divinités égyptiennes sont très présentes.
Les fouilles du Sérapéum de Memphis ont livré un certain nombre de stèles réalisées
sous la 25e dynastie. Le lieu correspond à la nécropole où sont enterrés les taureaux
Apis depuis l’époque du Nouvel Empire. L’Apis est la manifestation vivante de
Ptah, principal dieu de Memphis, il jouit d’un culte ancien et est vénéré comme
une divinité ; il bénéficie, après sa mort, de rites de momification et de funérailles
grandioses. La stèle présentée date de l’an 24 du règne de Taharqa et commémore
l’inhumation d’un taureau Apis mort cette année-là. Le monument est dédié par
un certain Senbef, prêtre sem et serviteur du dieu Ptah. La stèle témoigne du soin
prodigué au culte du dieu dans une période qui correspond à la fin chaotique du
règne de Taharqa, alors que le danger assyrien se précise.
Le décor de la stèle montre, à droite, Senbef en tenue de prêtre ritualiste embaumeur
portant perruque à tresse et peau de panthère. Apis est figuré dans une chapelle,
debout, sous forme d’un personnage humain à tête animale.
19
thÈbes : au cœur du pouvoir kouchite en Égypte
20
Sphinx de Chépénoupet II
Chépénoupet II est figurée sous forme d’un sphinx à tête de femme dont les pattes
avant sont remplacées par des bras qui enserrent un vase nemset, une aiguière utilisée
pour les libations. Son couvercle en forme de tête de bélier désigne l’objet comme
étant associé à Amon. Elle porte une perruque à large volutes inspirée de coiffures
bien connues de l’époque du Moyen Empire.
Fille de Piânkhy et sœur de Taharqa, Chépénoupet II occupa pendant plusieurs
décennies la position de Divine adoratrice d’Amon, une charge très importante
auprès du clergé thébain du dieu et occupée par des femmes de la maison royale.
Chépénoupet a succédé à une fille du roi Kachta, elle adoptera, pour lui succéder,
sa nièce.
Les divines adoratrices portent le titre d’épouse d’Amon, elles jouent un rôle
important dans le fonctionnement du culte et sont aussi les représentantes des
souverains dans la métropole religieuse de l’Égypte. Elles sont, auprès du dieu,
la figure de Tefnout, divinité féminine chargée de revigorer l’énergie créatrice
d’Amon. Les successions à cette charge se font par adoption, la Divine adoratrice
en charge choisissant une princesse de sang royal qui sera élevée pour lui succéder.
Sphinx de Chépénoupet II
Granit noir
Hauteur : 46 cm ; Largeur : 83 cm
Musée égyptien de Berlin, ÄM 7972
Trouvé dans le lac sacré du temple d’Amon à Karnak
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Étui de Chépénoupet
Ce magnifique objet reste assez mystérieux. Il s’agit d’un étui travaillé dans des
matériaux précieux et contenant une plaque en ivoire d’éléphant, autrefois inscrite
mais aujourd’hui illisible. Sa face principale est ornée d’une scène montrant, à
droite, un personnage féminin jouant du sistre. Elle est dotée d’une haute coiffure
à deux plumes d’autruche posée sur une dépouille de vautour qui couvre une large
perruque, une longue robe plissée couvre son corps. Un cartouche l’identifie comme
étant Chépénoupet, Divine adoratrice d’Amon. Face à elle, on reconnaît la triade
thébaine avec, de droite à gauche, Amon, son épouse Mout et leur fils Khonsou.
L’autre face montre en son centre le signe hiéroglyphique nefer qui signifie beau/
bon, encadré de deux yeux oudja associés à la protection. Le texte hiéroglyphique
cite celui qui ordonna la réalisation de l’objet, Hor, grand chambellan de la Divine
adoratrice, qui prie le dieu Khonsou d’accorder des repas à la princesse, fille du roi
Piânkhy.
Au sommet de chaque face figure l’image d’un ciel constellé d’étoiles.
Étui de Chépénoupet
Provient du temple d’Osiris Padiankh à Thèbes, 25e dynastie
Bronze incrusté d’or, d’argent et d’électrum, ivoire
Hauteur : 14,2cm ; Largeur : 7,6 cm
Musée du Louvre, E 10814
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Statue assise de Montouemhat
Cette sculpture plus petite que nature figure Montouemhat assis sur un siège
cubique, coiffé d’une large perruque et vêtu d’un long manteau dont sa main droite
agrippe un des pans alors que sa main gauche est plaquée sur sa poitrine. Il porte une
courte barbe postiche, symbole de ses pouvoirs administratifs. Plusieurs inscriptions
sont disposées sur le manteau, le pilier dorsal et les côtés du siège. Elles rappellent les
fonctions administratives du personnage, mais insistent aussi sur sa piété et les dons
faits par lui à plusieurs divinités thébaines.
Montouemhat est un personnage important qui nous a laissé de nombreuses statues,
un tombeau et une série d’objets qui portent son nom. Thébain de naissance,
c’est là qu’il a exercé l’essentiel de ses activités sous le règne de Taharqa, dernier
souverain kouchite régnant sur l’Égypte. Sa charge est importante car responsable
de l’administration de la zone thébaine, il en est le gouverneur. Son pouvoir est en
réalité plus étendu et s’exerce depuis Éléphantine au sud, jusqu’à Hermopolis en
Moyenne Égypte. Montouemhat conserve ses charges au moment des invasions
assyriennes puis sous le règne de Psammétique Ier, sous la 26e dynastie. En plus de
ses fonctions administratives, il assume plusieurs charges religieuses dont celles de
Quatrième prophète d’Amon. Ses liens avec la dynastie kouchite sont importants
puisque sa troisième épouse est une princesse soudanaise.
23
une importante découverte récente
24
Groupe de statues découvertes
à Doukki Gel
25
POURSUIVRE LA VISITE
AU MUSÉE
Des nombreuses œuvres présentées au sein des collections du musée peuvent permettre d’élargir le sujet
de l’exposition dans une direction qui peut intéresser les enseignants de collège et de lycée.
26
autour de l’image de l’autre
27
Aile Sully, 1er étage, salle 636
28
Aile Sully, 1er étage, salle 640
29
Aile Sully, 1er étage, salle 641
Plaquette d’incrustation
Les Égyptiens accordent un soin particulier à la représentation des populations
étrangères. Ces plaquettes en sont un parfait exemple. Elles ornaient, à l’origine,
le mur d’un édifice officiel rappelant à tous la soumission des ennemis de l’Égypte.
La barbe, le nez aquilin et les vêtements colorés du premier décrivent justement
les caractéristiques des peuples du couloir syro-palestinien. Les cheveux crépus, les
lèvres épaisses, le visage rond et les vêtements colorés du second caractérisent les
populations soudanaises. Tous deux ont les bras attachés dans le dos et sont liés au
niveau du cou par ce qui est sans doute la tige d’une plante.
Les Égyptiens ont très tôt défini un véritable code de représentation des étrangers
qui sera respecté pendant plusieurs millénaires. Les caractéristiques spécifiques
de chaque peuple sont précisément fixés sans faire appel à la caricature.
Plaquette d’incrustation avec figure d’un personnage nubien Plaquette d’incrustation avec figure d’un personnage asiatique
Époque ramesside (-1295 / -1069) Époque ramesside (-1295 / -1069)
Faïence siliceuse Faïence siliceuse
Musée du Louvre, E 7691 C Musée du Louvre, E 7691 D
30
Aile Sully, 1er étage, salle 642
31
Aile Sully, 1er étage, salle 642
Stèle de Qadesh
La stèle montre à sa partie supérieure plusieurs divinités vénérées par les
personnages figurés dans la partie inférieure. La figure féminine nue dotée d’une
coiffure hathorique surmontée du disque lunaire est Qadesh. Associée aux armes
et à la guerre, elle est représentée debout sur un lion. D’origine asiatique, Qadesh
est vénérée en Égypte dès le Nouvel Empire et son culte montre que les pharaons
ont su aussi assimiler des entités divines étrangères qui deviennent vite populaires.
Encadrant Qadesh, on voit à gauche la figure ithyphallique de Min et à droite
Reshep, un dieu belliqueux qui porte la lance, lui aussi d’origine cananéenne.
Si l’Égypte écrase ses ennemis, elle sait aussi vénérer certaines divinités étrangères.
Des sanctuaires sont connus au Nouvel Empire, en particulier à Memphis et
Pi-Ramsès, qui sont dédiés à des divinités asiatiques.
Stèle de Qadesh
19e dynastie (-1294 / -1213)
Calcaire polychrome
Hauteur : 31,5 cm ; Largeur : 18,8 cm
Musée du Louvre, N 237
32
Aile Sully, rez-de-chaussée, salle 324
33
Aile Sully, rez-de-chaussée, salle 324
Trésor de Tôd
Découvert sous les dalles de sol du temple dédié à Montou à Tôd, près de Thèbes,
le trésor est aujourd’hui partagé entre le Musée Égyptien du Caire et le musée du
Louvre. Il comprend des centaines d’objets (vaisselle, lingots de métal précieux,
objets divers, minéraux) placés en ce lieu sous le règne du pharaon Amenemhat II
dont le nom figure inscrit sur les coffres de métal. Il constitue sans doute une remise
de tribut ou un butin. Les nombreuses coupes d’argent présentent des décors associés
aux cultures du couloir syro-palestinien et sont donc des pièces importées. Le lapis-
lazuli vient d’Afghanistan.
La remise de tribut est une pratique courante à l’époque, signe de la reconnaissance
de l’autorité de celui qui en bénéficie. Les Égyptiens eux-mêmes envoyaient des
tributs à certains souverains alliés.
Des textes conservés, en particulier de l’époque du Nouvel Empire, citent
précisément les types et les quantités d’objets et de matériaux offerts aux souverains
égyptiens. Les tributs asiatiques comprennent métal précieux, minéraux rares et
bétail en grandes quantités, ceux du Soudan citent de l’or en lingots, des peaux
d’animaux sauvages, de l’ébène et de l’encens...
Trésor de Tôd
Moyen Empire, règne d’Amenemhat II (-1901 / -1866)
Or, argent, bronze, lapis-lazuli, cristal de roche, améthyste, cornaline, jaspe,
etc.
Musée du Louvre, E 15128-15338
34
Aile Sully, rez-de-chaussée, Salle 324
35
glossaire
Barbe postiche
Fixée au niveau du menton, elle est pour le roi, comme pour certaines divinités, un
symbole de pouvoir et de force.
Cartouche forteresse
Élément figurant en général sur la base d’un monument royal. Il montre les parties
supérieures des corps d’ennemis, liés au niveau du cou, mains attachées dans le dos.
. La partie inférieure du corps est remplacée par un cadre symbolisant une enceinte
fortifiée à l’intérieur de laquelle le nom d’un peuple, d’une région ou d’une ville
soumise est inscrit.
Cataracte
Zone de rapides dans le cours du Nil.
Chendjit
Pagne porté plus spécifiquement par le roi et par certaines divinités masculines. Il est
plissé verticalement et se referme sur le devant du corps
Dépouille de vautour
Coiffe décorative portée par les reines et certaines divinités féminines. Elle se compose
du corps d’un vautour dont les ailes déployées descendent de part et d’autre du visage.
Némès
Coiffe de tissu alternant des bandes de couleur sombre et claire (en général bleu et or).
Prêtre sem
Prêtre funéraire qui représente le fils successeur du défunt. Il est figuré vêtu d’une
peau de félin et porte sur le côté du visage une longue mèche de cheveux qui
symbolise son statut d’enfant. Les grands prêtres de Ptah à Memphis portent le titre
de prêtre sem.
Prêtre ritualiste
Au sein du clergé, il est chargé de la lecture de certains textes lors des rituels
funéraires.
Pschent
Coiffe associant, emboîtées l’une dans l’autre, les deux couronnes, blanche de Haute-
Égypte et rouge de Basse Égypte. Les rois le portent soit directement sur la tête, soit
au-dessus du némès.
Sistre
Instrument de musique utilisé lors des cérémonies religieuses dans le temple.
Uraeus
Figure d’un cobra dressé placé sur le front d’un roi ou d’une divinité. Il est censé le
défendre en cas de danger. Les souverains de la 25e dynastie portent un double uraeus.
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ressources pour aller plus loin
Bibliographie
Pharaon des Deux Terres. L’épopée africaine des rois de Napata, sous la direction de
Vincent Rondot. En coédition avec El Viso, avril 2022. Catalogue de l’exposition,
448 p., 39 €. Album, 48 p., 8 €.
L’Égypte ancienne pour les Nuls, Florence Maruéjol. Éditions FIRST, 2006,
400 p.
En ligne
37
Vidéo : Comment fabriquer une momie ? (10 min)
Vidéo sur la fabrication d’une momie en Égypte antique,
par Les Revues du Monde.
[Link]
Visiter le Louvre
Les salles du département des Antiquités égyptiennes sont situées dans l’aile Sully,
au rez-de-chaussée et au 1er étage, elles permettent de développer de nombreuses
thématiques en lien avec les programmes scolaires.
38
À la découverte du Musée égyptien de Jean-François Champollion
Au premier étage de l’aile Sully, le 15 décembre 1827, un nouveau musée est
inauguré dans le palais du Louvre. Le roi Charles X est présent, et pour cause :
ce musée portera désormais son nom. À sa tête, il a nommé Jean-François
Champollion lui-même, ce tout jeune savant, qui vient de réussir l’exploit de
déchiffrer les hiéroglyphes, et à qui il confie la charge de créer le tout premier
« musée égyptien » du musée du Louvre.
Découvrez le Musée égyptien de Jean-François Champollion :
[Link]
champollion
Au Louvre-Lens
Champollion et les Hiéroglyphes, 28 septembre 2022 – 16 janvier 2023
À l’occasion du 200e anniversaire du déchiffrement des hiéroglyphes, et pour
célébrer son 10e anniversaire, le Louvre-Lens organise une grande exposition
dédiée à l’un des phénomènes majeurs et des plus fascinants de la civilisation
égyptienne : les hiéroglyphes.
C’est à Jean-François Champollion (1790-1832) que l’on doit le déchiffrement
de ce système d’écriture apparu vers 3 200 avant notre ère. En se fondant sur les
travaux de ses prédécesseurs, et grâce à son étude de la célèbre Pierre de Rosette,
découverte en 1799, Champollion est parvenu à lever le voile sur ce qui fut l’un
des plus grands mystères de la civilisation pharaonique. La lettre qu’il adresse
à l’helléniste et membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, Bon-
Joseph Dacier (1742-1833) en septembre 1822, est devenue le texte fondateur
du déchiffrement des hiéroglyphes. Champollion y expose le fonctionnement
de l’écriture hiéroglyphique, grâce à celui d’autres écritures utilisées par les
anciens Égyptiens, comme le démotique et le hiératique. Véritable écriture
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sacrée, qualifiée par les Égyptiens eux-mêmes de « parole divine », l’écriture
hiéroglyphique a été déclinée sur tous les supports, de la pierre au métal, dans des
contextes aussi bien religieux qu’administratifs ou funéraires. L’exposition propose
ainsi une découverte de la civilisation égyptienne au travers de son système
d’écriture, par le biais d’une figure emblématique de l’égyptologie et du musée du
Louvre : Champollion. Cette rétrospective ambitieuse sur la civilisation égyptienne
est également l’occasion pour le Louvre-Lens de rendre hommage à celui qui fut
le premier conservateur du Musée égyptien du Louvre au début du 19e siècle.
En savoir plus : [Link]
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Musée du Louvre
Laurence des Cars, présidente-directrice du musée du Louvre
Adel Ziane, directeur des relations extérieures
Matthieu Decraene, sous-directeur du développement des publics et de l’éducation artistique et culturelle
Cathy Losson, cheffe du service éducation, démocratisation et accessibilité
Auteur : Daniel Soulié
Coordination éditoriale : Achille Martin
Relecture : Christian Sébastiani
Publication :
Sophie Grange, sous-directrice de la communication
Laurence Roussel, cheffe du service communication visuelle et publicité
Coordination graphique : Isabel Lou Bonafonte
Conception graphique : Guénola Six
Maquette : Benoit Albertini
Remerciements :
Vincent Rondot, Faïza Drici, Laura Solaro, Mathilde Padovani, Valérie Faure, Marion Benaiteau, Coralie James, Diane Vernel.
© 2022 Musée du Louvre / Service éducation, démocratisation et accessibilité.
Crédits photographiques :
Couverture : Taharqa et Hémen, © Musée du Louvre / Christian Décamps
P. 2, 15, 17, 22, 28, 31, 32, 33, 34, 35, : © Musée du Louvre / Christian Décamps
P. 5 : © Droits réservés
P. 11, 12, 16, 18, 19, 29, 30 (1) : © Musée du Louvre / Hervé Lewandowski
P. 13 : © © BPK Berlinn dist. RMN-Grand Palais / Margarete Busing
P. 21 : © BPK Berlin, dist. RMN-Grand Palais / Jürgen Liepe
P. 23 : © BPK, dist. RMN-Grand Palais / Sandra Steiss
P. 25 : © TrigonArt Ingenieurbüro
P. 30 (2) : © Musée du Louvre / Georges Poncet
P. 39 : © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michel Urtado
P. 40 : © Bibliothèque nationale de France
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