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Pharaons Des Deux Terres-BAT - 1

Le document présente un dossier pédagogique pour l'exposition 'Pharaon des Deux Terres, l’épopée africaine des rois de Napata' au musée du Louvre, qui se déroule du 28 avril au 25 juillet 2022. Il explore l'histoire du royaume de Napata, sa conquête de l'Égypte par le souverain Piânkhy et les liens culturels et commerciaux entre l'Égypte et le royaume de Kouch. Le dossier fournit des repères géographiques, chronologiques et des ressources pour enrichir la visite des enseignants et des professionnels de l'éducation.

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Pharaons Des Deux Terres-BAT - 1

Le document présente un dossier pédagogique pour l'exposition 'Pharaon des Deux Terres, l’épopée africaine des rois de Napata' au musée du Louvre, qui se déroule du 28 avril au 25 juillet 2022. Il explore l'histoire du royaume de Napata, sa conquête de l'Égypte par le souverain Piânkhy et les liens culturels et commerciaux entre l'Égypte et le royaume de Kouch. Le dossier fournit des repères géographiques, chronologiques et des ressources pour enrichir la visite des enseignants et des professionnels de l'éducation.

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PHARAON DES DEUX TERRES

L’ÉPOPÉE AFRICAINE DES ROIS DE NAPATA

DOSSIER PÉDAGOGIQUE
Triade d’Osorkon
-874 / -850,
Or et lapis-lazuli,
Hauteur : 9 cm,
Provient de la région thébaine,
Musée du Louvre E 6204
Dans le cadre de l’exposition « Pharaon des Deux Terres, l’épopée
africaine des rois de Napata » (28 avril 2022 – 25 juillet 2022), le musée
du Louvre propose aux enseignants, professionnels et bénévoles de
l’éducation, du champ social, de la santé et du handicap, un dossier
pédagogique pour les accompagner dans la préparation de leur visite.

Ce dossier vous donne les clefs pour appréhender le contenu de


l’exposition, son périmètre géographique et historique et préparer
votre parcours de visite.

Sommaire :
4 Présentation de l’exposition

5 Repères géographiques

7 Repères chronologiques

10
Parcourir l’exposition
Égypte et Soudan
Souverains kouchites : personnages et rôles
Thèbes : au cœur du pouvoir kouchite
Une importante découverte récente

13
Poursuivre la visite au musée
Autour de l’image de l’autre

14 Glossaire

22 Pour aller plus loin


présentation de l’exposition
Au 8e siècle av. J.-C., au Soudan, un royaume s’organise autour de sa capitale, Napata. Vers 730 av. J.-C.
le souverain Piânkhy entreprend de conquérir l’Égypte, il pose les bases de la domination des souverains
kouchites. Ses successeurs, pharaons de la 25e dynastie, règnèrent pendant plus de cinquante ans sur un
royaume s’étendant du delta du Nil jusqu’au confluent du Nil Blanc et du Nil Bleu. Le plus célèbre
d’entre eux est sans conteste Taharqa. L’exposition met en lumière le rôle de premier plan de ce vaste
royaume, situé dans ce qui est aujourd’hui le nord du Soudan. Elle est en lien avec la mission
archéologique du Louvre au Soudan qui, pendant dix ans, a concentré ses recherches sur le site de
Mouweiss et les poursuivra aujourd’hui à el-Hassa, 30 kilomètres plus au nord et non loin des pyramides
de Méroé.

L’exposition est la première organisée en France sur la période napatéenne.


Le terme générique de royaume de Kouch s’applique aux différentes entités
politiques qui se sont succédé sur les territoires soudanais situés au sud de la deuxième
cataracte du Nil. Il définit donc le royaume de Kerma (vers -2450 / -1450), le royaume
de Napata (-656 / -270) et le royaume de Méroé (-270 / 340 de notre ère). Situé au-delà
des terres contrôlées par les pharaons, Kouch est en lien direct avec l’Égypte avec
laquelle il a des contacts guerriers mais aussi commerciaux. Entre -712 et -656, les
souverains de Napata établissent leur autorité sur l’ensemble des territoires égyptiens
et mettent en place la 25e dynastie. Cette période voit donc l’Égypte dominée par
un royaume soudanais contre lequel elle avait combattu pendant près de deux
millénaires.
L’exposition aborde la naissance et le développement du royaume kouchite et ses liens
avec l’Égypte. Elle évoque la présence égyptienne en terre soudanaise, sous le Nouvel
Empire et la richesse culturelle associée à cette présence centenaire. Elle met en
évidence l’influence forte de la civilisation égyptienne sur le monde soudanais, mais
montre aussi la persistance de traditions purement kouchites. Elle évoque les activités
de constructions très importantes qui sont menées, en particulier dans la région
thébaine, fief d’Amon-Rê, divinité principale des souverains de la 25e dynastie. Elle
montre aussi combien la période a été d’une extrême richesse dans le domaine de la
création artistique, tant en Égypte qu’au Soudan. Elle rassemble, enfin, de nombreux
objets conservés dans les musées de Londres, Berlin, New-York ou Khartoum, en
plus des œuvres du Louvre.
Si le Louvre possède peu d’œuvres originaires du territoire soudanais et remontant
à la période napatéenne, il est d’une impressionnante richesse pour ce qui concerne
les pièces découvertes en Égypte. La salle 643 du département des Antiquités
égyptiennes leur est en grande partie consacrée et abrite certaines des plus belles
pièces de la collection. Aujourd’hui, le Louvre s’implique de manière dynamique
dans la recherche archéologique en territoire soudanais, terminant dix années
de recherche sur le site de Mouweiss et débutant de nouvelles recherches sur le site
de el-Hassa.

Important : les datations données dans ce dossier sont celles qui sont utilisées par le
musée du Louvre, elles peuvent être différentes de celles que l’on trouve dans d’autres
4
documents.
repères géographiques

Athènes

Zincirli Khorsabad
Tarbisu
Til Barsip Ninive

Assur

Or
on
Cnossos

te

Ti
gr
Arwad

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Mari
Qadech

E
up
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Sidon

M e r M é d i t e r r a n é e Tyr Babylone

Ashdod Jérusalem

ALEXANDRIE
Saïs Tanis

Léontopolis
Boubastis
Létopolis Héliopolis
LE CAIRE
Giza
Saqqara Memphis SINAÏ
Licht
FAYOUM
OASIS
DE SIOUA Héracléopolis
D
ÉS
ER
T

OASIS
DE BAHARIYA
AR

D É S E RT L I BY Q U E
Hermopolis
AB
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U
E

ASSIOUT

OASIS
DE FARAFRA

Abydos
Coptos at
ma m
Ouadi Ham

Assassif Thèbes
Karnak
OASIS
OASIS Esna
DE DAKHLA
DE KHARGA
Edfou

Éléphantine ASSOUAN
M

1re cataracte
Philae
e
r

Abou Simbel

SAHARA OUADI HALFA


Mirgissa
2e cataracte
R

Semna
Kumma
o

Saï

Soleb
u

Tombos
3e cataracte Pnoubs-Doukki Gel
g

Kerma il Abou Hamed

N Kourgous
DONGOLA Kawa
e

4e cataracte Souakin

Napata
Djebel Barkal Nouri 5e cataracte
El-Kourrou Sanam
Dongola el-Agouz Dangueil
Oua
di A
bou
Dom
Ed-Damer

Méroé
SHENDI
6e cataracte
At
ba
ra

KHARTOUM
Soba

0 500 km
Ni
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eul
Ni
l b
l
an
c

Carte réalisée pour Grande Galerie 5


À l’époque de sa plus grande extension, le territoire de l’ancien royaume de Kouch
s’étend, du sud au nord, depuis la région du confluent du Nil Blanc et du Nil Bleu,
au niveau de la ville moderne de Khartoum, jusqu’aux rives de la Méditerranée.
Ce vaste espace est caractérisé par la présence d’immenses zones désertiques
parcourues par le cours du Nil qui constitue la seule partie du territoire
effectivement cultivable. Le phénomène de la crue annuelle permet, grâce à
l’irrigation, le développement de zones agricoles plus ou moins étendues de part
et d’autre du fleuve.
Entre Khartoum au sud et Assouan au nord, le Nil est barré par six zones de
rapides nommées cataractes. Elles sont numérotées du nord vers le sud, la première
constitue, au niveau de la ville moderne d’Assouan, la frontière naturelle de
l’Égypte, au sud. La sixième est située à moins de 100 km au nord de Khartoum.
Plus qu’un point précis, les cataractes sont des zones de courants qui peuvent faire
plusieurs dizaines de kilomètres de longueur. Dangereuses à cause de rapides et
d’écueils, elles sont des zones de rupture de navigation et constituent autant de
frontières naturelles à l’intérieur du territoire. La deuxième cataracte a aujourd’hui
totalement disparu sous les eaux du lac Nasser.
Au Soudan, le cours du Nil est régulier et permet la naissance de quelques plaines
agricoles très fertiles comme à Dongola et à Kerma, au sud, ou à Aniba, plus près
de l’Égypte. C’est souvent là que, depuis la fin de la Préhistoire, se concentrent les
populations les plus nombreuses ; c’est encore le cas aujourd’hui.
Les zones désertiques sont d’une extrême aridité et se présentent sous des formes
variées : désert de sable, zones désertiques au relief plus accidenté… Elles sont
parcourues par de très anciennes pistes qui permettent, depuis le sud du Soudan,
sur la rive gauche, de rejoindre les rives de la Méditerranée sans suivre les méandres
du fleuve. Les zones désertiques situées à l’ouest du Nil sont nommées « Désert
libyque », celles de l’est « Désert arabique ».
Certaines matières premières sont exploitées dans les territoires nubiens et soudanais.
Les Égyptiens vont chercher l’or au Wadi Allaqi, entre la première et la deuxième
cataracte depuis l’Ancien Empire. Les grès du Soudan sont utilisés en particulier au
Nouvel Empire. Par son cours qui s’étend jusqu’au cœur de l’Afrique, dans la région
des grands lacs, le Nil est le point par où circulent de nombreux produits venant du
cœur du continent : la ville antique située face à la moderne Assouan rappelle par
son nom égyptien Abou (éléphant, ivoire), comme son nom grec d’Éléphantine,
l’importance de ce commerce. L’Égypte va chercher au Soudan peaux de félins,
défenses d’éléphants, ébène, qui viennent de régions bien plus méridionales.
À l’époque romaine, le royaume de Méroé qui succède à celui de Napata contrôle
encore le commerce de nombreux produits africains qui partent plus au nord, en
direction d’Alexandrie et, de là, vers tout le pourtour de la Méditerranée.

6
repères chronologiques

Contexte général
Égypte pharaonique / Royaume de Kouch

Depuis l’Ancien Empire et plus précisément la 3e dynastie (-2675 / -2620), on dispose


de documents citant des expéditions commerciales ou militaires parties du nord
de l’Égypte en direction du sud. Elles touchent dans un premier temps les zones
situées entre la première et la deuxième cataracte et débouchent sur les premières
installations « durables » des Égyptiens au Soudan.
La Première Période intermédiaire, qui suit l’Ancien Empire, voit le désengagement
de l’Égypte dans ces régions.
Le Moyen Empire (vers -2046 / -1710) correspond à une reprise en main du Soudan.
Les campagnes militaires menées par les pharaons de la 12e dynastie débouchent sur
la fixation officielle de la frontière méridionale de l’Égypte au niveau de la deuxième
cataracte en l’an 8 de Sésostris III et la construction d’une chaîne de forteresses pour
la défendre.
La Deuxième Période intermédiaire (-1710 / -1550) voit le Soudan s’éloigner de
l’Égypte occupée, elle, par les Hyksos. L’avènement du Nouvel Empire (-1543 /
-1070) débouche sur la reconquête d’un territoire cette fois-ci beaucoup plus étendu :
dès le 18e dynastie (-1543 / -1292), l’Égypte s’installe jusqu’au-delà de la quatrième
cataracte.
La fin du Nouvel Empire voit l’abandon progressif des territoires soudanais. Si à
cette époque (début du premier millénaire avant notre ère) une partie du Soudan
semble encore être placée sous l’autorité des grands prêtres d’Amon qui dominent la
Haute-Égypte, les zones les plus méridionales semblent acquérir leur indépendance
face à l’Égypte et constituent progressivement l’entité territoriale qui deviendra le
royaume dont Napata sera la capitale.
Sous la Troisième Période intermédiaire (-1070 / -664), l’Égypte divisée n’a plus
les moyens pour résister aux souverains kouchites qui peu à peu étendent leur
influence du sud vers le nord, s’assurant la domination de tout le sud de la Haute-
Égypte jusqu’à Thèbes puis de l’ensemble du pays. Les combats qui ont opposé
le roi Piânkhy (-746 / -715) et les principautés rebelles du Delta nous sont connus
par la stèle dressée par ce pharaon et aujourd’hui conservée au musée du Caire ; le
monument constitue l’un des plus grands textes militaires de l’histoire égyptienne.
Le successeur de Piânkhy crée la 25e dynastie (-746 / -664) qui règne sur le Soudan
et l’Égypte.
La domination kouchite disparaît avec Tanouétamani, lorsque l’Égypte recouvre son
indépendance à la suite des invasions assyriennes. Le royaume kouchite de Napata
se referme alors sur ses terres d’origine, au sud de la première cataracte. Après
quelques siècles d’existence, il s’efface et fait place au royaume de Méroé.
7
L’épopée des rois de Napata
Vers -780 : De la chefferie d’El-Kourrou naquirent vers -780 les rois Alara et Kachta,
les deux souverains successifs aux origines de la lignée et que les rois de Napata
reconnurent par la suite comme tels. Leurs règnes furent à l’origine de la conquête de
l’Égypte par Piânkhy, de la 25e dynastie qui s’ensuivit, du royaume de Napata enfin.
Vers -720 : Se jugeant prédestiné, Piânkhy lance ses armées depuis son fief de Napata
à la conquête du nord de la vallée. Les capitales des différents royaumes qui se
partageaient l’Égypte divisée d’alors sont prises : Thèbes, Hermopolis, Héracléopolis
et Memphis. L’un après l’autre, leurs pharaons, leurs roitelets et leurs chefs locaux sont
soumis. Sa Stèle Triomphale raconte en grand détail cette expédition militaire, ce raid
qui avait pour ambition et eut pour résultat l’unification pendant quelques dizaines
d’années des deux royaumes de Kouch et d’Égypte.
-712 : La 25e dynastie débute avec la défaite de l’unique roi de la 24e dynastie saïte,
Bocchoris, vaincu et mis à mort lors de la prise de contrôle de Memphis par Chabataka
en -712. Si ce dernier ne règne que peu de temps, son statut de fondateur apparaît
pourtant à travers plusieurs monuments.
-690 marque le début du dernier règne de la 25e dynastie proprement dite, celui de
Taharqa, qui dura vingt-six à vingt-sept ans. Il est le plus célèbre des rois napatéens,
celui qui est cité dans la Bible. Son règne est marqué par une succession épique de
victoires et de revers cuisants contre les Assyriens.
Vers -684 : Crue du Nil prodigieuse et exceptionnelle survenue en l’an 6 du règne
de Taharqa. En dépit des destructions qu’elle occasionna, l’événement est resté dans
les mémoires comme favorable et a été reconnu comme un prodige, une faveur de la
providence divine, celle du dieu Amon en faveur d’un roi pieux et méritant.
-671, -666 et -663 : La fragilité de la 25e dynastie s’explique en grande partie par
l’expansionnisme de l’Empire assyrien. Il fallut dix ans, les règnes d’Assarhaddon et
après lui de son fils Assourbanipal, des armées parcourant des distances considérables,
trois sièges et trois assauts (-671, -666 et -663) pour que l’Égypte de Taharqa, puis de
son successeur Tanouétamani, cède avec la ville qui stratégiquement la commandait,
Memphis.
-663 : Peu d’événements eurent alors un retentissement comparable à celui du sac de
Thèbes qu’Assourbanipal ordonna en -663. Il contraint le pharaon Tanouétamani de
s’enfuir jusqu’à Napata. Après la perte de toute une partie de son territoire, la royauté
conserve pour autant son fief au Soudan et donne naissance au royaume napatéen dont
le patrimoine se transmet vers -300 à l’empire de Méroé.
-593 : Campagne militaire du pharaon Psammétique II contre Napata en l’an 3 de son
règne. Pour cette expédition punitive, il recrute des mercenaires ioniens et cariens. Si
aucun document n’atteste que Psammétique II se rendit en personne jusqu’à Napata,
son armée, appuyée par le contingent étranger, atteignit le cœur du territoire napatéen
et mit à sac la ville. Les statues furent brisées et leurs morceaux soigneusement récoltés
pour être enfouis, probablement par le roi même qui eut à subir l’attaque, Aspelta
cinquième successeur de Taharqa. Cet événement marque l’éloignement définitif des
rois napatéens et la renaissance du pouvoir pharaonique avec la 26e dynastie.

Chronologie des rois de Napata établie par Vincent Rondot, directeur du Département des Antiquités
Égyptiennes, et Faïza Drici, chargée de missions au Département des Antiquités Égyptiennes.
8
PARCOURIR L’EXPOSITION
Quelques thématiques associées aux œuvres principales pour découvrir l’exposition.

9
égypte et soudan

L’image des Soudanais dans l’iconographie


égyptienne est soumise à des codes de représentation
qui existent depuis l’Ancien Empire. Les populations
soudanaises sont pour les Égyptiens l’image du chaos
opposé à l’ordre (l’Égypte), celle de l’ennemi
héréditaire. Dans la réalité, des liens de commerce
existent depuis les origines et les contacts entre les
deux peuples sont nombreux. Sous l’Ancien Empire,
l’Égypte envoie des expéditions militaires et
commerciales entre la première et la deuxième
cataracte. Au Moyen Empire, Sésostris III fixe
officiellement la frontière sud de l’Égypte au niveau
de la deuxième cataracte (Stèle de l’an 8). Au Nouvel
Empire, la domination égyptienne s’exerce jusqu’au-
delà de la quatrième cataracte. L’Égypte mène une
véritable politique coloniale au Soudan : campagnes
militaires puis construction de forteresses avec
garnison, installation progressive de populations
civiles.

10
Plaquette d’incrustation avec figure de Nubien
Plusieurs plaquettes d’incrustation conservées au Louvre reprennent la thématique
d’ennemis aux membres liés, attachés les uns aux autres par un lien qui leur enserre
le cou. Fixés de part et d’autre d’une porte de palais, de telles figurations rappellent
à tout visiteur la soumission à l’Égypte de ses ennemis.
D’un point de vue stylistique, la figuration du personnage portant une perruque
non égyptienne, ainsi qu’un costume coloré très typique des régions soudanaises
est classique. La plume plantée dans la coiffure est souvent présente, liée aux
populations du sud et les traits africains du visage ne laissent aucun doute quant
à l’identification du sujet.
Les relations entre l’Égypte et les territoires situés au sud de la première cataracte
sont anciennes. Dès l’Ancien Empire, des comptoirs sont construits qui permettent
le contrôle de points névralgiques, en particulier dans la plaine d’Aniba et vers le
débouché du Ouadi Alaqi qui conduit vers d’importantes mines d’or.
Pour les Égyptiens, le Soudan est peuplé de populations hostiles. Il est considéré
comme une terre par définition dangereuse, associée au désordre et au chaos. Il est
mis en opposition face à l’univers parfait figuré par l’Égypte. Comme tout étranger,
les Soudanais sont soumis au pharaon, tombés dans la poussière pour mieux être
foulés par les pieds du roi.

Plaquette d’incrustation avec figure de Nubien,


Époque ramesside (-1295 / -1069)
Faïence siliceuse
Hauteur : 14,2 cm
Lieu de découverte inconnu
Musée du Louvre, E 7691 B

11
Stèle d’Ousersatet
Cette stèle représente, à droite, le roi Aménophis II faisant offrande du vin face à
plusieurs divinités. On reconnaît de droite à gauche, Khnoum à tête de bélier, Satis
puis Anoukis. Ces trois divinités sont en lien avec les territoires soudanais. Khnoum,
vénéré sur l’île d’Éléphantine, est le maître de la cataracte, gardien de la frontière sud
du pays. Satis et Anoukis sont deux déesses d’origine soudanaise vénérées très tôt à
Éléphantine. Satis est la gardienne de la cataracte, épouse de Khnoum. Anoukis, leur
fille, est associée à l’inondation.
La stèle a été découverte à Amara par une mission anglaise. La cité, fondée
certainement sous la 19e dynastie, a livré un certain nombre de monuments plus
anciens de provenance inconnue, comme celui-ci.
Sous la 19e dynastie, Amara est le lieu de résidence du vice-roi de Nubie. Le site
conserve les vestiges d’un secteur fortifié englobant un temple, la résidence du vice-
roi et des entrepôts ainsi que des quartiers d’habitation externes et une nécropole.
Ousersatet porte le qualificatif de fils royal. Il a assumé, entre autres fonctions
proches du roi, celle de vice-roi de Kouch et de directeur des pays du Sud. Il
est associé à l’administration des territoires soudanais. Vice-roi, il en garantit la
sécurité et contrôle l’apport des produits soudanais vers l’Égypte. Son lien avec le
Sud est accentué par le choix des divinités représentées, toutes associées aux terres
méridionales de l’Égypte.

Stèle d’Ousersatet
18e dynastie, règne d’Aménophis II (-1427 / -1401)
Grès
Hauteur : 118 cm ; Largeur : 75 cm ; Épaisseur : 13 cm
Découverte à Amara au Soudan
Musée du Louvre, E 17341

12
Sphinx-bélier du temple de Soleb
Cette sculpture monumentale représente un bélier allongé, pattes avant recourbées
sous lui. Placée entre elles, une statuette représente un roi en costume d’Osiris
coiffé du némès, portant la barbe postiche et tenant dans ses mains les insignes du
pouvoir. La longue inscription qui figure autour du socle identifie le roi comme étant
Aménophis III. La statue fait partie d’un groupe de sculptures ayant orné le temple
de Soleb, au sud de la deuxième cataracte. Ce monument a été édifié par Aménophis
III pour commémorer son premier jubilé célébré après trente ans de règne. Encore
partiellement conservé aujourd’hui, le temple est le plus important sanctuaire
égyptien construit au Soudan.
L’histoire de la statue est significative. Après l’abandon du Soudan par les Égyptiens,
à la fin du Nouvel Empire, le bélier est transféré par les rois de Napata dans
l’immense temple d’Amon du Djebel Barkal, principal sanctuaire de la capitale. Le
bélier, symbole d’Amon, prend donc naturellement place dans un sanctuaire qui lui
est consacré bien loin des terres égyptiennes. Il symbolise à lui seul les liens culturels
existant entre les pharaons du Nouvel Empire et leurs dieux d’un côté, le nouveau
pouvoir qui s’en proclame héritier d’un autre côté.
Les cornes du bélier et sa coiffe sont modernes.

Statue de belier Amenophis III transporté de Soleb


au Djebel Barkalsous Piânkhy
18e dynastie, règne d’Aménophis III
Granit de Tombos
Hauteur : 130 cm ; Longueur : 206 cm
Musée égyptien de Berlin, ÄM 7262
Découvert au Djebel Barkal (Soudan)
13
souverains kouchites :
personnages et rôles
Dominées longtemps par l’Égypte, les régions situées
au sud de la première cataracte obtiennent leur
autonomie lorsque les Égyptiens abandonnent ces
zones à la fin du Nouvel Empire. Un royaume
indépendant s’y constitue peu à peu, il tente
rapidement d’établir son autorité sur l’Égypte même.
La principale tentative est l’œuvre de Piânkhy dont la
Stèle Triomphale raconte dans le détail ses campagnes
militaires menées jusqu’à Memphis. Son frère et
successeur réussit à unifier Soudan et Égypte et crée
la 25e dynastie.

14
Taharqa et Hemen
Taharqa est un représentant important de la 25e dynastie. Il est figuré ici agenouillé
devant l’image de Hemen représenté sous l’aspect d’un faucon, une forme animale
bien connue de ce dieu guerrier.
Le roi porte la chendjit, le pagne traditionnel des souverains égyptiens. Ses
mains tiennent chacune un petit vase globulaire qu’on nomme nou, utilisé en
général pour les offrandes liquides. Sa tête est protégée par une calotte de tissus
caractéristique des souverains napatéens. Un bandeau enserre son crâne qui porte
sur le devant un double uraeus. Le cobra dressé est un symbole royal ancien censé
protéger le pharaon de toute attaque ; les souverains de la dynastie napatéenne en
portent traditionnellement deux placés côte-à-côte. Sur de nombreux monuments
découverts en Égypte, l’un des deux cobras a par la suite été effacé.
La figure de Hemen est en grauwacke, un type de pierre souvent utilisé en Égypte.
Elle est recouverte d’une feuille d’or. Un cobra placé entre les pattes de l’animal
assure sa protection.
Dans ce remarquable monument, Taharqa est figuré comme un pharaon égyptien
traditionnel, seul le double uraeus le distingue des rois purement égyptiens.
Représenté agenouillé et rendant hommage à Hemen, il se place dans un contexte
iconographique classique que l’on retrouve en Égypte depuis les origines.

Taharqa et Hemen
25e dynastie
Bois, argent, bronze, grauwacke
Hauteur : 19,7 cm ; Longueur : 26 cm
Musée du Louvre, E 25276

15
Statuette fragmentaire de
Neferkarê Chabaka
La statuette fragmentaire de Chabaka montre le souverain, frère et successeur
de Piânkhy, sous l’aspect d’un pharaon égyptien classique. Il porte le némès, le
cache perruque de tissus traditionnellement associé aux souverains égyptiens. Sur
le bandeau frontal est fixé le double uraeus caractéristique des souverains de la
25e dynastie. Des éléments de titulature royale figurent sur le pilier dorsal au revers
de l’œuvre. Même incomplets, ils permettent de confirmer l’identité du personnage.
La statuette était à l’origine complétée, au-dessus du némès, par un élément
supplémentaire, sans doute un disque solaire qui rappelle des modèles d’époque
ramesside (13e – 12e siècle avant notre ère) .
Chabaka a poursuivi en Égypte la politique menée par Piânkhy en soumettant les
princes du Delta toujours en rébellion contre le pouvoir des souverains napatéens.
Fondateur de la 25e dynastie, il s’est largement impliqué dans des travaux
d’agrandissement, d’embellissement et de restauration au temple d’Amon à Karnak
ainsi que dans d’autres sanctuaires importants du pays.
On ne connaît pas précisément le contexte de réalisation de cette petite tête dans un
matériau aussi spécifique que la faïence bleue, très appréciée par les artistes égyptiens
et soudanais. Quoi qu’il en soit, malgré une iconographie très égyptienne, la rondeur
des joues et la faible longueur du cou sont des détails typiques de la sculpture
napatéenne.

Statuette fragmentaire de Neferkarê Chabaka


-716 / -702
Faïence siliceuse
Hauteur : 3,8 cm ; Largeur : 3,4 cm
Musée du Louvre AF 6639

16
Stèle de Tefnakht
L’histoire égyptienne connaît deux personnages portant le nom de Tefnakht, tous
deux sont associés à l’épisode napatéen. Le premier prend la tête de la rébellion
contre l’autorité de Piânkhy. Il est grand chef de l’ouest et prince de Saïs, une cité
située au cœur du Delta. Battu par Piânkhy, il se retire dans ses terres et certains
pensent qu’il aurait rapidement adopté une titulature royale.
La stèle conservée au Louvre montre un roi debout, portant un pagne, une courte
perruque et doté d’un uraeus. Il fait face à Horus de Pê, à tête de faucon et à
Ouadjet à tête de lionne. La titulature royale qui figure sur la stèle cite Chepsesrê
Tefnakht. On sait depuis peu que ce souverain, pendant longtemps confondu avec
le personnage du même nom soumis par Piânkhy, a en réalité vécu 70 ans plus tard,
il est le fondateur de la 26e dynastie égyptienne. Contemporain de Taharqa, il réussit
à établir son autorité sur une partie du Delta. Il profite aussi des désordres causés
par l’invasion assyrienne et du repli vers le sud des forces napatéennes pour poser les
bases d’une renaissance égyptienne dont il prend la tête.

Stèle de Tefnakht
-740 / -719
Calcaire
Hauteur : 35 cm ; Largeur : 18 cm
Proviendrait de Basse-Égypte
Musée du Louvre, E 33169

17
Stèle de l’an 3 d’Aspelta
Aspelta est un souverain de Napata dont le règne se déroule alors que l’Égypte est
sortie du domaine d’influence du royaume kouchite. S’il réussit à s’imposer sur une
partie de la Haute-Égypte pour un court laps de temps, son règne est marqué par
une incursion, en -592, de Psammétique II, roi de la 26e dynastie, qui envahit une
partie du Soudan et pille Napata. Suite à cette opération militaire désastreuse pour
lui, Aspelta décide de déplacer la capitale de son royaume de Napata à Méroé, bien
plus au sud, entre la cinquième et la sixième cataracte.
La stèle exposée a été découverte à Sanam, près de Méroé. Elle a été rédigée en l’an 3
et commémore l’intronisation d’une nouvelle joueuse de sistre au sein du clergé
d’Amon dans le sanctuaire consacré au dieu dans cette ville. Là, il est vénéré sous
l’épithète d’Amon-Rê, taureau de la Nubie.
Le roi est représenté au centre, vêtu à la manière traditionnelle des pharaons,
faisant l’offrande de Maât (l’Équilibre, la Vérité) à la triade divine Amon, Mout et
Khonsou, qui occupe la partie gauche de la stèle. Derrière le roi figurent plusieurs
personnages féminins, sa mère, l’ancienne et la nouvelle joueuse de sistre du dieu.
Elles accompagnent le souverain dans son offrande. Le long texte commémore
l’arrivée d’une délégation de onze notables envoyés par le souverain afin de procéder
à l’investiture de la nouvelle joueuse de sistre.
La stèle montre le rôle important joué par des divinités thébaines loin au cœur du
Soudan. Elle illustre clairement la proximité entre le roi et le puissant clergé local
d’Amon et témoigne aussi de la reprise en main du pays par Aspelta, juste après
l’expédition militaire égyptienne qui venait de détruire Napata.

Stèle de l’an 3 d’Aspeltae


-593 / -568
Granodiorite
Hauteur : 76 cm ; Largeur : 45,3cm
Découverte à Sanam (Soudan)
Musée du Louvre, E 6209

18
Stèle commémorant l’enterrement d’un Apis
en l’an 24 de Taharqa

Les rois de la 25e dynastie ont été très actifs en territoire égyptien et le nombre de
temples où leurs activités ont pu être mis en évidence est grand. Tous ont rempli
les fonctions religieuses associées au pharaon et développent au Soudan même des
sanctuaires où les divinités égyptiennes sont très présentes.
Les fouilles du Sérapéum de Memphis ont livré un certain nombre de stèles réalisées
sous la 25e dynastie. Le lieu correspond à la nécropole où sont enterrés les taureaux
Apis depuis l’époque du Nouvel Empire. L’Apis est la manifestation vivante de
Ptah, principal dieu de Memphis, il jouit d’un culte ancien et est vénéré comme
une divinité ; il bénéficie, après sa mort, de rites de momification et de funérailles
grandioses. La stèle présentée date de l’an 24 du règne de Taharqa et commémore
l’inhumation d’un taureau Apis mort cette année-là. Le monument est dédié par
un certain Senbef, prêtre sem et serviteur du dieu Ptah. La stèle témoigne du soin
prodigué au culte du dieu dans une période qui correspond à la fin chaotique du
règne de Taharqa, alors que le danger assyrien se précise.
Le décor de la stèle montre, à droite, Senbef en tenue de prêtre ritualiste embaumeur
portant perruque à tresse et peau de panthère. Apis est figuré dans une chapelle,
debout, sous forme d’un personnage humain à tête animale.

Stèle commémorant l’enterrement d’un Apis en l’an 24 de Taharqa


Calcaire
Hauteur : 52,9 cm ; Largeur : 27,3 cm
Provient du Sérapéum de Memphis
Musée du Louvre, N 417

19
thÈbes : au cœur du pouvoir kouchite en Égypte

Installés dans une capitale située très loin au sud, les


rois de Napata ont besoin d’établir des ponts entre
eux et les territoires qu’ils contrôlent totalement ou
partiellement en Égypte même. Thèbes est le lieu de
résidence d’Amon. Il est aussi vénéré dans un vaste
complexe cultuel aux portes de la capitale soudanaise
et c’est donc tout logiquement que les souverains de la
25e dynastie s’intéressent à l’embellissement de
l’immense temple de Karnak. Entrant en Égypte
pour une longue campagne militaire visant à
soumettre les rebelles du Nord, Piânkhy passe par
Thèbes et participe aux fêtes associées à Amon,
montrant par ce geste sa fidélité à la ville et à son
dieu. Pour s’assurer du soutien du clergé d’Amon, les
rois de Napata s’appuient sur la Divine Adoratrice,
épouse officielle du dieu. La charge apparaît à Thèbes
avant la domination napatéenne.

20
Sphinx de Chépénoupet II
Chépénoupet II est figurée sous forme d’un sphinx à tête de femme dont les pattes
avant sont remplacées par des bras qui enserrent un vase nemset, une aiguière utilisée
pour les libations. Son couvercle en forme de tête de bélier désigne l’objet comme
étant associé à Amon. Elle porte une perruque à large volutes inspirée de coiffures
bien connues de l’époque du Moyen Empire.
Fille de Piânkhy et sœur de Taharqa, Chépénoupet II occupa pendant plusieurs
décennies la position de Divine adoratrice d’Amon, une charge très importante
auprès du clergé thébain du dieu et occupée par des femmes de la maison royale.
Chépénoupet a succédé à une fille du roi Kachta, elle adoptera, pour lui succéder,
sa nièce.
Les divines adoratrices portent le titre d’épouse d’Amon, elles jouent un rôle
important dans le fonctionnement du culte et sont aussi les représentantes des
souverains dans la métropole religieuse de l’Égypte. Elles sont, auprès du dieu,
la figure de Tefnout, divinité féminine chargée de revigorer l’énergie créatrice
d’Amon. Les successions à cette charge se font par adoption, la Divine adoratrice
en charge choisissant une princesse de sang royal qui sera élevée pour lui succéder.

Sphinx de Chépénoupet II
Granit noir
Hauteur : 46 cm ; Largeur : 83 cm
Musée égyptien de Berlin, ÄM 7972
Trouvé dans le lac sacré du temple d’Amon à Karnak

21
Étui de Chépénoupet
Ce magnifique objet reste assez mystérieux. Il s’agit d’un étui travaillé dans des
matériaux précieux et contenant une plaque en ivoire d’éléphant, autrefois inscrite
mais aujourd’hui illisible. Sa face principale est ornée d’une scène montrant, à
droite, un personnage féminin jouant du sistre. Elle est dotée d’une haute coiffure
à deux plumes d’autruche posée sur une dépouille de vautour qui couvre une large
perruque, une longue robe plissée couvre son corps. Un cartouche l’identifie comme
étant Chépénoupet, Divine adoratrice d’Amon. Face à elle, on reconnaît la triade
thébaine avec, de droite à gauche, Amon, son épouse Mout et leur fils Khonsou.
L’autre face montre en son centre le signe hiéroglyphique nefer qui signifie beau/
bon, encadré de deux yeux oudja associés à la protection. Le texte hiéroglyphique
cite celui qui ordonna la réalisation de l’objet, Hor, grand chambellan de la Divine
adoratrice, qui prie le dieu Khonsou d’accorder des repas à la princesse, fille du roi
Piânkhy.
Au sommet de chaque face figure l’image d’un ciel constellé d’étoiles.

Étui de Chépénoupet
Provient du temple d’Osiris Padiankh à Thèbes, 25e dynastie
Bronze incrusté d’or, d’argent et d’électrum, ivoire
Hauteur : 14,2cm ; Largeur : 7,6 cm
Musée du Louvre, E 10814

22
Statue assise de Montouemhat
Cette sculpture plus petite que nature figure Montouemhat assis sur un siège
cubique, coiffé d’une large perruque et vêtu d’un long manteau dont sa main droite
agrippe un des pans alors que sa main gauche est plaquée sur sa poitrine. Il porte une
courte barbe postiche, symbole de ses pouvoirs administratifs. Plusieurs inscriptions
sont disposées sur le manteau, le pilier dorsal et les côtés du siège. Elles rappellent les
fonctions administratives du personnage, mais insistent aussi sur sa piété et les dons
faits par lui à plusieurs divinités thébaines.
Montouemhat est un personnage important qui nous a laissé de nombreuses statues,
un tombeau et une série d’objets qui portent son nom. Thébain de naissance,
c’est là qu’il a exercé l’essentiel de ses activités sous le règne de Taharqa, dernier
souverain kouchite régnant sur l’Égypte. Sa charge est importante car responsable
de l’administration de la zone thébaine, il en est le gouverneur. Son pouvoir est en
réalité plus étendu et s’exerce depuis Éléphantine au sud, jusqu’à Hermopolis en
Moyenne Égypte. Montouemhat conserve ses charges au moment des invasions
assyriennes puis sous le règne de Psammétique Ier, sous la 26e dynastie. En plus de
ses fonctions administratives, il assume plusieurs charges religieuses dont celles de
Quatrième prophète d’Amon. Ses liens avec la dynastie kouchite sont importants
puisque sa troisième épouse est une princesse soudanaise.

Statue assise de Montouemhat


Fin de la 25e - début de la 26e dynastie
Granodiorite
Hauteur : 49,5 cm ; Largeur : 16,5 cm
Musée égyptien de Berlin, ÄM 17271

23
une importante découverte récente

La dernière salle de l’exposition présente une


découverte archéologique essentielle réalisée en 2003.
À Doukki Gel, la Ville d’Amon du jujubier. Voisine de
Kerma, capitale du royaume de Kouch pendant de
longs siècles, Doukki Gel présente les caractéristiques
d’une cité où prédominent, dans un premier temps,
des structures architecturales mêlant influences
soudanaises et africaines puis, dans un second temps,
des traces d’une égyptianisation de plus en plus
présente. À l’époque de la 25e dynastie, des
sanctuaires « à l’égyptienne » sont aménagés mais, en
parallèle, des structures typiquement soudanaises sont
conservées et entretenues. La cité est ravagée en l’an 3
de Psammétique II (-593) lors de la campagne menée
par ce pharaon égyptien au Soudan.

24
Groupe de statues découvertes
à Doukki Gel

En 2003, une mission archéologique rassemblant des archéologues suisses, français et


soudanais découvrait à Doukki Gel quarante fragments correspondant à sept statues
royales. Elles avaient été fracassées durant la campagne de Psammétique II et leurs
restes soigneusement enterrés dans une cachette située entre les deux principaux
temples de la ville après le départ des Égyptiens. On avait minutieusement enterré
avec elles de nombreux fragments de feuilles d’or qui les ornaient à l’origine.
La plus grande des statues représente Taharqa, les autres figurent d’autres
souverains, Anlamani, Tanouétamani, Senkamanisken et Aspelta. Cinq des statues
représentent les souverains à la mode napatéenne avec la calotte de tissus et le
double uraeus, deux figurent le roi avec le pschent, la double couronne des pharaons
égyptiens. Certaines parties étaient, à l’origine, couvertes de feuilles d’or (coiffures,
pagnes, ornements).
Les restes des sculptures détruites par les Égyptiens ont donc été soigneusement
ressemblés, sans doute à la demande d’Aspelta, et enfouies dans une « cachette »
aménagée à cet effet.
L’exposition ne présente pas les originaux, conservés au musée de Kerma, mais des
reconstitutions réalisées à l’aide de la 3D en sable de quartz, plâtre, résine et chaux.
Les sept statues reproduisent les originaux peints et dorés, tels qu’ils étaient avant
leur destruction et leur enfouissement.

Groupe de statues découvertes à Doukki Gel


Période napatéenne
Granite
Originaux conservés au musée archéologique de Kerma (Soudan)

25
POURSUIVRE LA VISITE
AU MUSÉE
Des nombreuses œuvres présentées au sein des collections du musée peuvent permettre d’élargir le sujet
de l’exposition dans une direction qui peut intéresser les enseignants de collège et de lycée.

26
autour de l’image de l’autre

L’un des thèmes développés dans l’exposition


concerne l’image que les Égyptiens se font des
étrangers. Ce thème peut facilement être repris au
sein des collections permanentes. Il permet d’aborder
une question qui reste un sujet d’actualité dépassant
largement le seul cadre de l’Égypte antique. Nous
vous invitons à débuter votre parcours au sein des
collections égyptiennes du musée au premier étage
de l’aile Sully.

27
Aile Sully, 1er étage, salle 636

Buste de Sésostris III


Sésostris III est le premier grand conquérant de l’histoire égyptienne. À la suite
de campagnes débutées sous ses prédécesseurs, il établit en l’an 8 de son règne la
frontière méridionale de l’Égypte au niveau de la deuxième cataracte, plusieurs
centaines de kilomètres au sud d’Assouan. Avec Thoutmosis III (18e dynastie) et
Ramsès II (19e dynastie), il peut être considéré comme le pharaon guerrier par
excellence, soumettant les peuples qui s’opposent à lui. Son règne marque le début
de la mainmise égyptienne en territoire soudanais.
Le buste provient du temple de Médamoud, près de Thèbes. Il nous livre l’image
d’un pharaon dont la gloire actuelle repose essentiellement sur les campagnes
victorieuses menées contre les territoires de Kouch.

Buste de Sésostris III


-1862 / -1843
Découvert à Médamoud en Haute-Égypte
Gabbro porphyrique
Hauteur : 79 cm ; Largeur : 48 cm
Musée du Louvre, E 12961

28
Aile Sully, 1er étage, salle 640

Fragment de relief de la tombe du général Horemheb


Ce fragment provient de la tombe construite à Saqqara, sous le règne de
Toutankhamon, pour le général Horemheb. Devenu pharaon, il se fera plus tard
aménager une nouvelle tombe dans la Vallée des Rois.
Le relief montre, dans sa partie inférieure, un groupe d’étrangers qui rendent
hommage au pharaon, comme des soldats égyptiens figurant au-dessus.
L’image d’ambassadeurs ou d’envoyés participant aux cérémonies de la cour est
courante. Les étrangers représentés ici saluent, le geste des deux bras placés en avant
du visage témoigne respect et soumission.
On identifie, de droite à gauche, des Libyens, des Soudanais puis des Asiatiques.
Tous sont soigneusement figurés avec leurs coiffures et leurs costumes
caractéristiques. Les traits des visages sont soigneusement différenciés.
La représentation de peuples étrangers « soumis » au roi et lui rendant hommage est
un élément important de l’iconographie du pharaon victorieux assurant le bon ordre
du monde.

Fragment de relief de la tombe du général Horemheb


-1323 / -1295
Saqqara
Calcaire autrefois polychrome
Hauteur : 55 cm ; Largeur : 60cm
Musée du Louvre, E 11273

29
Aile Sully, 1er étage, salle 641

Plaquette d’incrustation
Les Égyptiens accordent un soin particulier à la représentation des populations
étrangères. Ces plaquettes en sont un parfait exemple. Elles ornaient, à l’origine,
le mur d’un édifice officiel rappelant à tous la soumission des ennemis de l’Égypte.
La barbe, le nez aquilin et les vêtements colorés du premier décrivent justement
les caractéristiques des peuples du couloir syro-palestinien. Les cheveux crépus, les
lèvres épaisses, le visage rond et les vêtements colorés du second caractérisent les
populations soudanaises. Tous deux ont les bras attachés dans le dos et sont liés au
niveau du cou par ce qui est sans doute la tige d’une plante.
Les Égyptiens ont très tôt défini un véritable code de représentation des étrangers
qui sera respecté pendant plusieurs millénaires. Les caractéristiques spécifiques
de chaque peuple sont précisément fixés sans faire appel à la caricature.

Plaquette d’incrustation avec figure d’un personnage nubien Plaquette d’incrustation avec figure d’un personnage asiatique
Époque ramesside (-1295 / -1069) Époque ramesside (-1295 / -1069)
Faïence siliceuse Faïence siliceuse
Musée du Louvre, E 7691 C Musée du Louvre, E 7691 D

30
Aile Sully, 1er étage, salle 642

Stèle de Ramsès II avec massacre de prisonniers


Cette petite stèle a été réalisée pour un scribe de la Place de vérité, nom égyptien du
village de Deir el-Medineh où résidaient les ouvriers travaillant à la construction et
au décor des tombes de la Vallée des Rois. Elle ornait un petit sanctuaire Khénou
dédié à Ramsès II.
Dans sa partie inférieure, la stèle montre un personnage en prière du nom de
Râmes placé devant un hymne honorant le roi. Au registre supérieur, Ramsès II
est représenté en roi guerrier qui brandit sa massue afin de massacrer une grappe
d’ennemis asiatiques et soudanais qu’il tient par les cheveux, et qui implorent son
pardon en levant les bras en signe de soumission.
Des scènes comparables figurent souvent sur les façades des principaux temples
du pays, les ennemis massacrés sont alors offerts à la divinité vénérée sur place.
Le massacre rituel des ennemis marque la domination du souverain sur les forces
du chaos qu’ils représentent.

Stèle de Ramsès II avec massacre de prisonniers


-1279 / -1213
Calcaire polychrome
Hauteur : 30,6 cm ; Largeur : 20,5 cm
Musée du Louvre, E 16373

31
Aile Sully, 1er étage, salle 642

Stèle de Qadesh
La stèle montre à sa partie supérieure plusieurs divinités vénérées par les
personnages figurés dans la partie inférieure. La figure féminine nue dotée d’une
coiffure hathorique surmontée du disque lunaire est Qadesh. Associée aux armes
et à la guerre, elle est représentée debout sur un lion. D’origine asiatique, Qadesh
est vénérée en Égypte dès le Nouvel Empire et son culte montre que les pharaons
ont su aussi assimiler des entités divines étrangères qui deviennent vite populaires.
Encadrant Qadesh, on voit à gauche la figure ithyphallique de Min et à droite
Reshep, un dieu belliqueux qui porte la lance, lui aussi d’origine cananéenne.
Si l’Égypte écrase ses ennemis, elle sait aussi vénérer certaines divinités étrangères.
Des sanctuaires sont connus au Nouvel Empire, en particulier à Memphis et
Pi-Ramsès, qui sont dédiés à des divinités asiatiques.

Stèle de Qadesh
19e dynastie (-1294 / -1213)
Calcaire polychrome
Hauteur : 31,5 cm ; Largeur : 18,8 cm
Musée du Louvre, N 237

32
Aile Sully, rez-de-chaussée, salle 324

Fragment des annales de Thoutmosis III


Cet ensemble de blocs provient de l’une des salles du temple d’Amon à Karnak.
Il montre un long texte qui donne des extraits des 5e, 6e, 7e, 8e, 9e et 10e campagnes
menées par le pharaon dans les régions du couloir syro-palestinien (aujourd’hui
Syrie, Liban, Israël et Paléstine).
Le texte adopte la phraséologie classique des souverains guerriers égyptiens, toujours
vainqueurs face à des forces hostiles. À chaque campagne, on insiste en particulier
sur le butin ramené en Égypte en donnant le nombre d’ennemis tués, celui des
hommes capturés, les armes, chars et chevaux saisis. Le texte chiffre aussi les
populations déportées, les biens emportés, les richesses confisquées pour être offertes
à Amon et enrichir son trésor.
Ce type de texte historique est sans doute à prendre avec les précautions qui
s’imposent en ce qui concerne les nombres de tués, de prisonniers ou de têtes
de bétail. Plus les chiffres sont élevés, plus la victoire du roi paraît grande et plus
sa gloire est établie. Les Égyptiens rédigent très tôt des textes qui sont de véritables
essais de propagande.

Fragment des annales de Thoutmosis III


-1479 / -1425
Provient du temple de Karnak
Grès
Hauteur : 477 cm ; Largeur : 500 cm
Musée du Louvre, N 205

33
Aile Sully, rez-de-chaussée, salle 324

Trésor de Tôd
Découvert sous les dalles de sol du temple dédié à Montou à Tôd, près de Thèbes,
le trésor est aujourd’hui partagé entre le Musée Égyptien du Caire et le musée du
Louvre. Il comprend des centaines d’objets (vaisselle, lingots de métal précieux,
objets divers, minéraux) placés en ce lieu sous le règne du pharaon Amenemhat II
dont le nom figure inscrit sur les coffres de métal. Il constitue sans doute une remise
de tribut ou un butin. Les nombreuses coupes d’argent présentent des décors associés
aux cultures du couloir syro-palestinien et sont donc des pièces importées. Le lapis-
lazuli vient d’Afghanistan.
La remise de tribut est une pratique courante à l’époque, signe de la reconnaissance
de l’autorité de celui qui en bénéficie. Les Égyptiens eux-mêmes envoyaient des
tributs à certains souverains alliés.
Des textes conservés, en particulier de l’époque du Nouvel Empire, citent
précisément les types et les quantités d’objets et de matériaux offerts aux souverains
égyptiens. Les tributs asiatiques comprennent métal précieux, minéraux rares et
bétail en grandes quantités, ceux du Soudan citent de l’or en lingots, des peaux
d’animaux sauvages, de l’ébène et de l’encens...

Trésor de Tôd
Moyen Empire, règne d’Amenemhat II (-1901 / -1866)
Or, argent, bronze, lapis-lazuli, cristal de roche, améthyste, cornaline, jaspe,
etc.
Musée du Louvre, E 15128-15338

34
Aile Sully, rez-de-chaussée, Salle 324

Pieds d’un colosse d’Aménophis III


Sur le socle de ce colosse fragmentaire, donc sous les pieds du roi, figurent des
cartouches forteresses. Ils constituent une liste de peuples soumis : ici, différentes
tribus soudanaises représentées bras liés dans le dos et attachées l’une à l’autre par
une corde passée au cou. L’ennemi, quel qu’il soit, est représenté écrasé par le roi qui
le foule aux pieds. L’image de l’ennemi traîné dans la poussière est commune à de
nombreuses civilisations. Les sandales du trésor de Toutankhamon montrent des
figures de prisonniers sous les semelles, des figures comparables se trouvent sur le
repose-pied du jeune roi qui, assis, écrase donc symboliquement ses ennemis.
Sous les pieds des rois figurent souvent l’image des Neuf arcs, représentation
symbolique des ennemis du pharaon.

Pieds d’un colosse d’Aménophis III


-1391 / -1353
Granite rose
Hauteur : 159 cm ; Largeur : 144 cm ;
Profondeur : 224 cm ; Poids : 7 000 kg
Musée du Louvre, N 18
Sully, rez-de-chaussée, salle 324

35
glossaire
Barbe postiche
Fixée au niveau du menton, elle est pour le roi, comme pour certaines divinités, un
symbole de pouvoir et de force.

Cartouche forteresse
Élément figurant en général sur la base d’un monument royal. Il montre les parties
supérieures des corps d’ennemis, liés au niveau du cou, mains attachées dans le dos.
. La partie inférieure du corps est remplacée par un cadre symbolisant une enceinte
fortifiée à l’intérieur de laquelle le nom d’un peuple, d’une région ou d’une ville
soumise est inscrit.

Cataracte
Zone de rapides dans le cours du Nil.

Chendjit
Pagne porté plus spécifiquement par le roi et par certaines divinités masculines. Il est
plissé verticalement et se referme sur le devant du corps

Dépouille de vautour
Coiffe décorative portée par les reines et certaines divinités féminines. Elle se compose
du corps d’un vautour dont les ailes déployées descendent de part et d’autre du visage.

Némès
Coiffe de tissu alternant des bandes de couleur sombre et claire (en général bleu et or).

Prêtre sem
Prêtre funéraire qui représente le fils successeur du défunt. Il est figuré vêtu d’une
peau de félin et porte sur le côté du visage une longue mèche de cheveux qui
symbolise son statut d’enfant. Les grands prêtres de Ptah à Memphis portent le titre
de prêtre sem.

Prêtre ritualiste
Au sein du clergé, il est chargé de la lecture de certains textes lors des rituels
funéraires.

Pschent
Coiffe associant, emboîtées l’une dans l’autre, les deux couronnes, blanche de Haute-
Égypte et rouge de Basse Égypte. Les rois le portent soit directement sur la tête, soit
au-dessus du némès.

Sistre
Instrument de musique utilisé lors des cérémonies religieuses dans le temple.

Uraeus
Figure d’un cobra dressé placé sur le front d’un roi ou d’une divinité. Il est censé le
défendre en cas de danger. Les souverains de la 25e dynastie portent un double uraeus.

36
ressources pour aller plus loin
Bibliographie
Pharaon des Deux Terres. L’épopée africaine des rois de Napata, sous la direction de
Vincent Rondot. En coédition avec El Viso, avril 2022. Catalogue de l’exposition,
448 p., 39 €. Album, 48 p., 8 €.

La Voix des hiéroglyphes, (nouvelle édition), Christophe Barbotin. En coéditions


avec Khéops, avril 2022, 256 p. 38 €. [Link]
[Link]

Les Sarcophages égyptiens de la XXIe au début de la XXIIe dynastie, Andrey Nivinski


et Patricia Rigault-Déon. En coédition avec Khéops, fin 2022, 560 p., 78 €.

J’écris en hiéroglyphes, Évelyne Faivre-Martin et Daniel Soulié. En coédition avec


les Éditions courtes et longues, 21 avril 2022, 56 p., 15 €.

Mes 150 Pourquoi, Égypte, Dominique Farout. En coédition avec Flammarion,


24 août 2022, 64 p., 12,90 €.

L’Égypte ancienne pour les Nuls, Florence Maruéjol. Éditions FIRST, 2006,
400 p.

Grande Galerie no58, Printemps 2022, pp. 32-59.

En ligne

La Chaire du Louvre « L’Égypte ancienne : entre mémoire et science »


Cycle de quatre conférences par Jan Assmann
– La maison de servitude (1 h 29)
– Les mystères égyptiens (1 h 27)
– Les hiéroglyphes (1 h 20)
– Le voile d’Isis (1 h 27)
[Link]
watch?v=t9hN8qG1AUc&list=PLXLB812R3GOkWY0NTJn6N9pzIqecfey66

La Chaire du Louvre « Les Égyptiens et leurs mythes »


Cycle de cinq conférence par Dimitri Meeks.
– Les Égyptiens face au discours du monde (1 h 12)
– Une anastylose des mythes (1 h 11)
– Une histoire mythifiée (1 h 01)
– Une si mythique écriture (1 h 10)
– Les égyptologues face à l’autre (1 h 17)
[Link]
EtNf7-52nyJA5jHN6n2s

37
Vidéo : Comment fabriquer une momie ? (10 min)
Vidéo sur la fabrication d’une momie en Égypte antique,
par Les Revues du Monde.
[Link]

Vidéo : Mythes en Égypte (9 min)


Vidéo sur les mythes en Égypte antique, par Les Revues du Monde.
[Link]

L’Égypte antique expliquée aux enfants


[Link]

L’exposition Soudan, royaumes sur le Nil à l’Institut du monde arabe, 1997


En savoir plus : [Link]

Plateforme « Les Clefs du Louvre »


Le Louvre et Artips Factory vous proposent 8 balades en ligne pour parcourir les
collections comme on part en voyage… et pour découvrir en chemin les petites
histoires croustillantes qui se cachent derrière les plus grands chefs-d’oeuvre. Des
capsules de quelques minutes, aussi courtes qu’addictives, pour devenir incollable
sur le Louvre avant de l’arpenter avec vos groupes !
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Visiter le Louvre
Les salles du département des Antiquités égyptiennes sont situées dans l’aile Sully,
au rez-de-chaussée et au 1er étage, elles permettent de développer de nombreuses
thématiques en lien avec les programmes scolaires.

Parcours « Escale au bord du Nil » (durée 1 h 30)


Partez à la rencontre des Égyptiens, dans un parcours au sein des chefs-d’œuvre
des collections égyptiennes du musée.
[Link]

Le gardien de l’art Égyptien


Une étrange créature, mi-humaine mi-animale, paraît garder l’entrée des
collections égyptiennes. Du fond de sa crypte, corps de lion et visage de roi, le
grand sphinx de Tanis accueille le visiteur de sa figure énigmatique. Il annonce un
vaste parcours de plus de 6 000 œuvres qui couvrent près de 5 000 ans d’histoire de
l’Égypte.
[Link]

38
À la découverte du Musée égyptien de Jean-François Champollion
Au premier étage de l’aile Sully, le 15 décembre 1827, un nouveau musée est
inauguré dans le palais du Louvre. Le roi Charles X est présent, et pour cause :
ce musée portera désormais son nom. À sa tête, il a nommé Jean-François
Champollion lui-même, ce tout jeune savant, qui vient de réussir l’exploit de
déchiffrer les hiéroglyphes, et à qui il confie la charge de créer le tout premier
« musée égyptien » du musée du Louvre.
Découvrez le Musée égyptien de Jean-François Champollion :
[Link]
champollion

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À l’occasion du bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes par Jean-François


Champollion, l’Égypte et l’égyptologie sont mis à l’honneur :

Au Louvre-Lens
Champollion et les Hiéroglyphes, 28 septembre 2022 – 16 janvier 2023
À l’occasion du 200e anniversaire du déchiffrement des hiéroglyphes, et pour
célébrer son 10e anniversaire, le Louvre-Lens organise une grande exposition
dédiée à l’un des phénomènes majeurs et des plus fascinants de la civilisation
égyptienne : les hiéroglyphes.
C’est à Jean-François Champollion (1790-1832) que l’on doit le déchiffrement
de ce système d’écriture apparu vers 3 200 avant notre ère. En se fondant sur les
travaux de ses prédécesseurs, et grâce à son étude de la célèbre Pierre de Rosette,
découverte en 1799, Champollion est parvenu à lever le voile sur ce qui fut l’un
des plus grands mystères de la civilisation pharaonique. La lettre qu’il adresse
à l’helléniste et membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, Bon-
Joseph Dacier (1742-1833) en septembre 1822, est devenue le texte fondateur
du déchiffrement des hiéroglyphes. Champollion y expose le fonctionnement
de l’écriture hiéroglyphique, grâce à celui d’autres écritures utilisées par les
anciens Égyptiens, comme le démotique et le hiératique. Véritable écriture
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sacrée, qualifiée par les Égyptiens eux-mêmes de « parole divine », l’écriture
hiéroglyphique a été déclinée sur tous les supports, de la pierre au métal, dans des
contextes aussi bien religieux qu’administratifs ou funéraires. L’exposition propose
ainsi une découverte de la civilisation égyptienne au travers de son système
d’écriture, par le biais d’une figure emblématique de l’égyptologie et du musée du
Louvre : Champollion. Cette rétrospective ambitieuse sur la civilisation égyptienne
est également l’occasion pour le Louvre-Lens de rendre hommage à celui qui fut
le premier conservateur du Musée égyptien du Louvre au début du 19e siècle.
En savoir plus : [Link]

À la Bibliothèque nationale de France


Champollion, 12 avril 2022 – 24 juillet 2022
À l’occasion du bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes, la BnF propose
une exposition qui s’attache à la figure et aux découvertes de Jean-François
Champollion (1790-1832), père de l’égyptologie. À peine âgé de 32 ans, le jeune
savant expose son interprétation lumineuse du système graphique des Égyptiens
anciens. Il offre ainsi au monde la connaissance des noms des pharaons bâtisseurs
des pyramides, le déchiffrement des livres des morts trouvés dans les tombeaux
et la compréhension d’une langue et d’une littérature perdues. L’exposition,
qui s’adresse à tous, et particulièrement aux jeunes publics, met en lumière la
démarche de Champollion, son actualité et son influence jusqu’à nos jours.
En savoir plus : [Link]

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Musée du Louvre
Laurence des Cars, présidente-directrice du musée du Louvre
Adel Ziane, directeur des relations extérieures
Matthieu Decraene, sous-directeur du développement des publics et de l’éducation artistique et culturelle
Cathy Losson, cheffe du service éducation, démocratisation et accessibilité
Auteur : Daniel Soulié
Coordination éditoriale : Achille Martin
Relecture : Christian Sébastiani

Publication :
Sophie Grange, sous-directrice de la communication
Laurence Roussel, cheffe du service communication visuelle et publicité
Coordination graphique : Isabel Lou Bonafonte
Conception graphique : Guénola Six
Maquette : Benoit Albertini

Remerciements :
Vincent Rondot, Faïza Drici, Laura Solaro, Mathilde Padovani, Valérie Faure, Marion Benaiteau, Coralie James, Diane Vernel.
© 2022 Musée du Louvre / Service éducation, démocratisation et accessibilité.

Crédits photographiques :
Couverture : Taharqa et Hémen, © Musée du Louvre / Christian Décamps
P. 2, 15, 17, 22, 28, 31, 32, 33, 34, 35, : © Musée du Louvre / Christian Décamps
P. 5 : © Droits réservés
P. 11, 12, 16, 18, 19, 29, 30 (1) : © Musée du Louvre / Hervé Lewandowski
P. 13 : © © BPK Berlinn dist. RMN-Grand Palais / Margarete Busing
P. 21 : © BPK Berlin, dist. RMN-Grand Palais / Jürgen Liepe
P. 23 : © BPK, dist. RMN-Grand Palais / Sandra Steiss
P. 25 : © TrigonArt Ingenieurbüro
P. 30 (2) : © Musée du Louvre / Georges Poncet
P. 39 : © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michel Urtado
P. 40 : © Bibliothèque nationale de France
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