Chap 5 em
Chap 5 em
fantasystock.deviantart.com/art/Light-Bulb-Zoom-2-62823301
Définition du courant
On a vu dans les chapitres précédents que les charges peuvent se déplacer dans les
conducteurs. Stephen Gray fut le premier à mettre en évidence ces déplacements de charge
en 1729. En chargeant l’extrémité d’une tige métallique, il découvrit que l’autre extrémité
devenait aussi chargée. Cela signifiait que les charges avaient pu se déplacer d’un bout à
l’autre dans la tige de fer. Il venait de mettre en évidence le mouvement des charges
électriques. À la fin de l’été, Gray parvint à transmettre une charge dans un fil métallique
de près de 230 m de long soutenue par des fils de soie (pour l’isoler). (Bien sûr, plusieurs
avaient reçu des décharges électriques avant cette date, mais ce n’est pas évident que ce
choc est dû au passage des charges dans le corps.)
Prenons un exemple pour illustrer pourquoi il y a des courants. Supposons qu’on relie deux
objets conducteurs (des sphères sur la figure) à l’aide d’un fil conducteur. Un objet a une
charge positive et l’autre objet a une charge négative. Si le fil est conducteur, les deux
sphères et le fil deviennent tous le même conducteur et ils doivent tous avoir le même
potentiel. Si on suppose que seules les charges positives se déplacent, la sphère positive va
donner des charges positives à la sphère négative pour diminuer le potentiel de la sphère
positive et augmenter le potentiel de la sphère négative jusqu’à ce que les deux soient
égaux.
Les unités de ce courant sont des C/s. On a donné le nom d’ampère à cette unité.
L’ampère (A)
1A = 1 Cs
Ainsi, s’il passe une charge de 900 C en 1 minute dans un fil, le courant dans le conducteur
est de 900 C/60 s = 15 A.
Si la charge ne s’écoule pas à un taux constant, on peut définir le courant instantané comme
étant la charge qui passe durant un temps infinitésimal.
Exemple 5.1.1
Le courant dans un fil varie en fonction du temps selon la formule
I = 6 sA² ⋅ t ² + 3 A
5s
= 2 sA² ⋅ t ³ + 3 A ⋅ t 1s
On peut même en faire des jeux de mots, comme cet électricien de Québec qui a appelé
son entreprise Ampèreheure Néron…
S’il y a des ions dans un gaz ou une solution, ceux-ci pourront se déplacer assez librement
pour faire un courant. L’eau pure ne conduit pas très bien l’électricité parce qu’il n’y a pas
beaucoup d’ions dans l’eau. Ajoutez du sel, qui va se séparer en ions Na+ et Cl --, et vous
obtiendrez un liquide qui conduit l’électricité beaucoup plus facilement. Plus il y aura
d’ions, plus le passage du courant sera facile.
Les gaz ne sont pas de très bons conducteurs d’électricité parce qu’il n’y a pas beaucoup
d’ions dans un gaz. Mais si on chauffe le gaz (en gros à plus de 3000 K), les atomes du gaz
commenceront à s’ioniser. On aura alors un gaz composé d’ions (les noyaux atomiques
auxquels il manque un ou plusieurs électrons) et d’électrons libres et ce gaz sera un très
bon conducteur d’électricité. On appelle un tel gaz un plasma. Le Soleil est composé de
plasma.
Notez que dans ces deux cas, les charges positives et négatives peuvent se déplacer. Quand
il y a une différence de potentiel, les charges positives se déplacent vers l’endroit où le
potentiel est le plus bas et les charges négatives se déplacent vers l’endroit où le potentiel
est le plus grand. Ainsi, les charges positives se déplacent dans une direction pendant que
les charges négatives se déplacent dans la direction opposée.
www.schoolphysics.co.uk/age11-14/Electricity%20and%20magnetism/Current%20electricity/text/Electrolysis_/index.html
Les métaux
Le déplacement des charges est nettement plus difficile dans les solides. Alors que les
charges peuvent se déplacer assez facilement dans les gaz et les liquides, les atomes
peuvent difficilement se déplacer dans un solide. Ainsi, beaucoup de solides ne permettent
pas le passage des charges électriques.
Il y a toutefois une exception : les métaux. Dans les métaux, la liaison entre les atomes est
un peu particulière. Dans ce type de liaison, appelée liaison métallique, quelques électrons
des atomes se retrouvent dans des orbitales partagées par tous les atomes du métal. Ces
électrons peuvent alors se déplacer librement dans tout le métal assez facilement. Ces
électrons s’appellent des électrons libres ou des électrons de conduction. Seuls les
électrons libres peuvent se déplacer dans les métaux alors que les charges positives (les
atomes auxquels il manque un ou des électrons) ne peuvent se déplacer. Tous les courants
dans les métaux sont donc faits uniquement par des mouvements d’électrons.
En gros, ce sont les électrons de valence qui sont ainsi partagés par les atomes. La table
suivante nous indique la valence de certains métaux.
Ainsi, chaque atome d’or fournit 1 électron libre, alors que dans le plomb, chaque atome
fournit 4 électrons libres.
La réalité est un peu plus subtile. Par exemple, dans le cuivre, chaque atome fournit en
réalité 1,3 électron libre en moyenne. C’est que certains atomes fournissent 1 électron alors
que d’autres en fournissent 2. De plus, ce nombre d’électrons partagé par les atomes
augmente un peu avec la température. Il reste que la différence entre la valence et le
véritable nombre d’électrons partagé par atome n’est jamais bien grand. On va donc
négliger cette différence dans ce cours.
Les électrons dans les orbitales partagées peuvent se déplacer assez librement dans le
métal, et ce dans toutes les directions. C’est un peu comme si ces électrons libres agissaient
comme un gaz dans le métal. Il existe d’ailleurs des modèles de conduction (comme le
modèle de Drude) dans lesquelles on suppose que les électrons de conduction forment un
genre de gaz d’électrons dans le conducteur. Notez toutefois que ce gaz n’obéit pas à
l’équation PV = nRT puisque l’énergie des électrons, qui est celle des niveaux partagés, est
plus grande que ce qu’on devrait avoir selon cette équation. On appelle ce genre de gaz un
gaz de Fermi.
À partir d’ici, on va s’intéresser uniquement aux courants dans les métaux. À moins
d’indication contraire, le conducteur est un métal.
Le sens du courant
Le sens du courant est toujours celui de la direction du mouvement des charges si on
suppose que ce sont uniquement les charges positives qui se déplacent. Puisque le
déplacement des charges positives se fait toujours de façon à diminuer la charge de l’objet
ayant le potentiel le plus élevé et faire augmenter la charge de l’objet ayant le potentiel le
plus bas, on peut en déduire la conclusion suivante.
Sens du courant
Le courant est le sens de déplacement des charges positives.
Le courant va toujours de l’objet ayant le potentiel le plus élevé vers l’objet ayant le
potentiel le plus bas.
Il y a un petit problème avec cette idée. Très souvent, le courant n’est pas fait uniquement
par un mouvement de charges positives. Par exemple, dans une solution, on a vu que les
charges positives et négatives se déplacent pour faire le courant. Dans cette image, il y a
un courant vers la droite. Ce courant correspond à des charges positives se dirigeant vers
la droite, mais aussi à des charges
négatives se dirigeant vers la gauche.
L’effet produit par des charges négatives
allant vers la gauche est identique à l’effet
produit par des charges positives allant
vers la droite ; dans les deux cas, le
mouvement des charges fait diminuer le
potentiel de l’objet de gauche et augmenter
le potentiel de l’objet de droite.
Dans un métal, le courant est fait par un déplacement de charges négatives seulement et
ces charges vont de l’objet négatif vers l’objet positif dans le but d’équilibrer les potentiels.
Elles vont donc de l’objet ayant le potentiel le plus bas vers l’objet ayant le potentiel le
plus élevé, donc dans le sens contraire du courant.
Le mouvement des électrons dans un métal est donc toujours dans la direction opposée au
sens du courant !
Ce déplacement des charges dans un métal dans le sens contraire du courant peut porter à
confusion au départ et on peut se demander pourquoi on a fait ce choix pour la direction
du courant. On a fait ce choix tout simplement parce qu’on ne savait pas du tout si c’était
des charges positives ou des charges négatives qui se déplacent dans les substances quand
il y avait un courant. On a alors pris une chance et supposé que ce sont les charges positives
qui se déplacent.
Maintenant qu’on sait que ce sont les charges négatives qui se déplacent dans un métal, on
pourrait changer la convention. Certains l’ont même fait. Ainsi, dans les écoles secondaires
de l’état de New York, on a décidé de définir le sens du courant comme étant le sens de
déplacement des électrons. Il semble que cela n’a fait qu’augmenter la confusion des
élèves, spécialement s’ils déménageaient dans un autre état…
De toute façon, c’est bien inutile de changer la convention parce que le courant n’est pas
toujours dans le sens contraire du déplacement des charges. Dans certains cas, comme dans
des solutions avec des ions positifs, le courant est effectivement dans le sens de
déplacement des ions.
La vitesse de dérive est la vitesse des charges qui font le courant. (En fait, c’est un genre
de vitesse moyenne. On verra qu’il y a une subtilité plus tard). On va faire uniquement le
calcul de la vitesse dans le cas où le courant est fait par des électrons parce que c’est ce
qu’on a dans les métaux.
Commençons par trouver la charge qui arrivera au bout. Évidemment, tous les électrons à
gauche de l’électron le plus à droite seront arrivés au bout du fil. La charge est donc la
somme de toutes les charges des électrons libres illustrés sur la figure. Disons qu’il y a N
électrons libres dans cette partie du fil. La charge totale (en valeur absolue) est donc
Q = Ne
Le nombre d’électrons libres dans une substance dépend uniquement de la nature de cette
substance. Pour une substance donnée, il y a une certaine densité d’électron caractéristique
de cette substance. Cette densité d’électrons (en électrons par m³) est notée n.
On calcule cette densité d’électrons libres en trouvant la densité d’atome dans le métal.
Comme les atomes partagent les électrons de valence, on doit multiplier la densité d’atomes
par la valence de l’atome. On a donc
nombre d'atomes
n = valence ⋅
volume
masse atomique nombre d'Avogadro
masse
= valence ⋅
volume
masse nombre d'Avogadro
= valence ⋅ ⋅
volume masse atomique
nombre d'Avogadro
= valence ⋅ masse volumique ⋅
masse atomique
Pour calculer le courant, on doit diviser cette charge par le temps que prendra cette charge
pour arriver au bout. Ce temps correspond au temps qu’il faudra au dernier électron pour
arriver. Comme ce dernier électron est à une distance d du bout et qu’il se déplace vers le
bout du fil à la vitesse (qu’on va noter vd pour vitesse de dérive), le temps est
d
∆t =
vd
Notez qu’on utilise parfois le concept de densité de courant dans un fil. Cette densité est
I
J=
A
Dans ce cas, notre équation de la vitesse de dérive devient
J = nevd
Exemple 5.2.1
= 1,808 × 1029 m −3
Cette vitesse est vraiment basse. Il faut presque 2½ heures pour qu’un électron passe d’un
bout à l’autre d’un fil de 1 mètre ! On peut alors se demander pourquoi une lumière du
plafond s’allume aussi vite quand on l’ouvre s’il faut plusieurs heures pour que les
électrons passent de l’interrupteur à la lampe. En fait, il n’est pas nécessaire d’attendre que
les électrons atteignent la lampe. Dès qu’on place l’interrupteur à « on », tous les électrons
libres du fil se mettent en mouvement en même temps (ou presque puisque les
modifications de vitesse se propagent à la vitesse de la lumière). Ce sont donc les électrons
qui étaient déjà dans le fil l’ampoule qui se mettent en mouvement et qui font fonctionner
la lampe.
Notez que les électrons ne font pas un simple mouvement de translation dans un métal
quand il y a un courant. Les électrons agissent comme un gaz et se déplacent très
rapidement dans le métal même en l’absence de courant. La vitesse de dérive correspond à
freelyelectrons.blogspot.com/2017/09/electron-drift-velocity.html
Mais, en fait, est-ce qu’il doit y avoir une force pour déplacer les électrons ? Selon la
première loi de Newton, les charges pourraient se déplacer à vitesse constante pour faire
un courant sans qu’il soit nécessaire qu’il y ait une force. Toutefois, sauf dans de très rares
cas (la supraconductivité qu’on verra à la fin de ce chapitre), il y a une interaction entre les
charges en mouvements et les atomes positifs qui ne se déplacent pas. Cette interaction fait
perdre de l’énergie aux électrons de conduction et fait gagner de l’énergie aux atomes du
métal. Pour compenser cette perte d’énergie des électrons, il doit y avoir une force qui agit
sur les électrons pour les maintenir en mouvement. C’est un peu comme une voiture en
mouvement à vitesse constante : le moteur doit faire constamment une force pour
compenser l’énergie perdue à cause de la friction de l’air pour que l’auto puisse continuer
à vitesse constante. Ici, il doit y avoir une force électrique qui agit constamment sur les
charges en mouvement pour compenser les pertes d’énergies.
Cette force électrique doit évidemment être faite par un champ électrique dans le
conducteur. Cela semble entrer en contradiction avec les chapitres précédents où on a dit
que le champ électrique dans un conducteur est nul. Il semble y avoir contradiction. En
Version 2024 5 – le courant et la résistance 10
Luc Tremblay Collège Mérici, Québec
fait, il n’y a aucune contradiction, car on dit que le champ dans un conducteur est nul à
l’équilibre. Or, s’il y a un courant, c’est que nous ne sommes pas à l’équilibre et qu’il peut
donc y avoir un champ électrique dans le fil.
L’étude de passage des électrons à travers le réseau d’atomes de la substance est d’un
niveau nettement supérieur au niveau collégial (cela se fait avec la mécanique quantique).
On va se contenter du résultat de ces études qui montrent que la vitesse de dérive est
proportionnelle au champ électrique dans la substance.
vd ∝ E
vd = µ e E
La valeur de µ e nous indique si les électrons ont de la facilité à se déplacer dans la matière.
Plus µ e est grand, plus la vitesse de dérive est grande, ce qui signifie qu’il est plus facile
pour un électron de se déplacer dans la substance. La valeur de µ e dépend uniquement de
la substance dans laquelle les électrons se déplacent. Voici quelques valeurs de cette
mobilité des électrons.
Ces valeurs indiquent que les électrons ont près de 25 fois plus de facilité à se déplacer
dans l’argent que dans le plomb.
Si les quantités de charges n’étaient pas égales, alors la charge du petit morceau
augmenterait ou diminuerait constamment. Or, la charge de chaque petit morceau de fil ne
Version 2024 5 – le courant et la résistance 11
Luc Tremblay Collège Mérici, Québec
change pas quand le courant circule. Les charges qui arrivent et qui quittent doivent donc
être égales. De toute évidence, cela signifie que le courant à gauche doit être le même que
le courant de droite. Puisque cela doit être vrai pour chaque morceau de fil, le courant doit
être le même partout.
Si la taille du fil est toujours la même (A constant) et que le fil est toujours fait de la même
substance (n constant), alors vd doit être constante si I est constant. Avec un fil uniforme,
la vitesse de dérive doit donc être la même partout.
Si la vitesse de dérive est constante, alors le champ électrique doit être constant. En effet,
l’équation
vd = µ e E
indique clairement que si la mobilité µ e est constante (ce qui est le cas le fil est toujours
fait de la même substance), alors E (qui est la grandeur du champ) est constant si vd est
constante.
Avant de conclure que le champ a la même grandeur partout dans le fil, il faut s’assurer
que le courant est réparti uniformément dans le fil. Il se pourrait que la vitesse de dérive
soit plus grande au centre du fil que sur les bords et donc que le champ soit plus grand au
centre du fil. On peut prouver que le champ est le même partout dans le fil en utilisant
l’équation suivante
un tour
E ⋅ ∆s = 0
Comme le champ est perpendiculaire à la trajectoire sur les côtés de longueur a, les valeurs
de E ⋅ ∆s sont égales à 0 pour ces deux côtés. On a alors
un tour
E ⋅ ∆s = E A ⋅ b ⋅ cos 0° + 0 + EB ⋅ b ⋅ cos180° + 0
= E A ⋅ b − EB ⋅ b
= ( E A − EB ) ⋅ b
Or, cette somme doit être nulle. Cela peut se produire uniquement si E A = EB . Cela montre
que la grandeur du champ doit être le même partout dans le fil. (On verra plus tard que la
somme des E ⋅ ∆s sur un tour n’est plus nul quand le courant change en fonction du temps,
ce qui signifie que la conclusion obtenue ici n’est
pas valide si le courant change en fonction du
temps.)
Faites bien attention : le champ et la vitesse de dérive ont toujours les mêmes grandeurs
uniquement si le fil est toujours fait de la même substance et a un diamètre constant. Si le
diamètre change, alors l’équation
I = nAevd
montre clairement que la vitesse de dérive diminue si le diamètre augmente (pour des fils
tous faits de la même substance) puisque le courant doit toujours être le même. Si la vitesse
de dérive diminue, alors le champ électrique doit aussi diminuer selon vd = µ e E .
du fil est aussi ∆V. Or, si on va d’un bout à l’autre du fil (qui a une longueur l), la différence
de potentiel entre les deux bouts du fil est
∆V = − El cos θ
En se déplaçant le long du fil, l’angle entre le champ et le déplacement est 0° ou 180°
(puisque le champ est toujours parallèle au fil à l’intérieur de celui-ci). Le cosinus vaut
donc 1 ou -1. Comme on s’intéresse uniquement à la valeur absolue de la différence de
potentiel, cette différence de signe n’a aucune importance et la valeur absolue de la
différence de potentiel est donc
∆V = El
∆V
E=
l
La figure suivante montre le champ électrique entre 2 sphères chargées et un fil (en noir)
qui relie les deux sphères. On peut également voir la direction du courant dans le fil (qui,
bien sûr, va de l’objet ayant le plus grand potentiel à l’objet ayant le plus petit potentiel).
De toute évidence, le champ fait par les sphères n’explique pas tout. Premièrement, le
champ dans le fil doit avoir une grandeur constante alors que le champ fait par les sphères
n’a pas une grandeur constante. Deuxièmement, le champ fait par les sphères n’est pas
toujours dans la bonne direction. Si on examine un point au milieu du fil (à peu près à
l’endroit où est située la flèche montrant la direction du courant sur la figure), on constate
que le champ entre les sphères est vers la droite alors que le courant est vers le bas et vers
la gauche au milieu du fil. De toute évidence, il doit y avoir quelque chose d’autre qui fait
un champ électrique pour que le champ total dans le fil ait toujours la même grandeur et
qu’il soit toujours dans la direction du courant dans le fil.
Ce sont des charges en surface du fil qui vont faire le champ. Ces charges vont se distribuer
de telle sorte que le champ électrique soit constant dans le fil et qu’il soit toujours dans la
direction du courant. Par exemple, voici la distribution de charge qu’on devrait avoir dans
un fil rectiligne si le champ était uniquement fait par les charges en surface sur le fil.
On voit que la densité de charge positive diminue régulièrement à mesure qu’on va vers la
droite. Puis, toujours en continuant vers la droite, la densité de
charge surface devient négative et augmente régulièrement.
Notez que ces charges vont également modifier le champ
électrique à l’extérieur du fil.
Mais d’où viennent ces charges et comment savent-elles comment elles doivent se
distribuer pour faire un champ de grandeur constante dans le fil ? Imaginons qu’on branche,
entre deux sphères chargées, un fil toujours fait de la même substance et ayant un diamètre
constant. Juste après le branchement du fil, le champ n’est pas du tout uniforme dans le fil,
ce qui veut dire que la vitesse de dérive et le courant ne sont pas partout les mêmes dans le
fil. Ainsi, si on examine un petit bout de fil, il se pourrait que la charge qui arrive dans le
petit morceau ne soit pas
exactement la même que
la charge qui quitte le
morceau.
Si la charge qui arrive n’est pas identique à celle qui quitte, cela signifie que le petit
morceau accumule de la charge. Puisque le morceau est un conducteur, cette charge va
aller se placer en surface. C’est ainsi que chaque petit morceau acquiert ses charges en
surface.
La charge qui apparait en surface génère un champ électrique qui modifie le champ
électrique dans le fil, ce qui change les courants et tend à équilibrer le courant qui entre et
le courant qui sort. Tant que le courant qui entre et le courant qui sort ne sont pas identiques,
le morceau se charge et cette charge modifie le champ pour équilibrer les courants. Assez
rapidement, la charge du petit morceau atteint la valeur nécessaire pour que les courants
soient les mêmes. C’est ainsi que les charges en arrivent à se distribuer pour que le courant,
la vitesse de dérive et le champ électrique soient partout les mêmes dans le fil. Les charges
de surface nécessaires pour obtenir le champ de même grandeur partout sont très faibles.
(Elles sont tellement faibles qu’il est très difficile de les détecter, sauf si la différence de
potentiel entre les bouts du fil est très grande.)
Tout cela se fait très rapidement. Les changements de champ électrique se propagent
pratiquement à la vitesse de la lumière à partir du point de branchement. Avec un fil de
quelques mètres, tout se fait en quelques nanosecondes.
Notez que les variations de champ se propagent à la vitesse de la lumière en suivant le fil,
mais elles peuvent aussi passer d’un fil à un fil voisin à travers le vide. Comme les charges
en surface influencent aussi les champs à l’extérieur du fil, les modifications de champ
dans un fil influencent le champ dans un fil voisin. Par exemple, imaginons un fil très long
qui relie deux sphères chargées. Supposons que le fil est tellement long qu’il faudrait
1 seconde pour passer d’un bout du fil à l’autre à la vitesse de la lumière.
Au départ, le fil est branché à la sphère négative, mais pas à la sphère positive. Quand on
le branche à la sphère positive, le champ électrique commence à s’ajuster dans le fil à partir
du point de contact avec la sphère positive et les effets de la modification se propagent à la
vitesse de la lumière. On pourrait alors croire qu’il faudra au moins une seconde pour que
la modification du champ parcoure tout le fil et arrive à l’autre bout du fil (connecté à la
sphère négative). Selon ce raisonnement, il faudra attendre au moins 1 seconde avant qu’un
courant apparaisse dans le fil près de la sphère négative. Toutefois, les charges en surface
qui vont apparaitre dans le fil près de la sphère positive vont aussi faire un champ à
Définition de la résistance
On remarque que certains matériaux laissent plus difficilement passer les charges que
d’autres. On dit alors que ces matériaux sont plus résistants. Si, pour une même différence
de potentiel entre les extrémités de l’objet, le courant dans un objet est plus petit que dans
un autre, on dit que ce matériau est plus résistant au passage du courant.
On en vint à définir ainsi la résistance d’un corps (cette définition, datant de 1827, est due
à Georg Simon Ohm).
Définition de la résistance
∆V = RI
Cette résistance est donc en V/A. On donna le nom d’ohm à cette unité.
Il existe aussi la conductance (G) qui est simplement l’inverse de la résistance (1/R). Elle
se mesure en A/V, qui sont des Siemens (S) (autrefois, l’unité était le mho (ohm écrit à
l’envers) et le symbole de l’unité était le ℧).
Un objet ayant de la résistance placée dans un circuit électrique est appelé résistor ou
résistance. On utilisera le symbole américain pour représenter le résistor.
fr.wikipedia.org/wiki/Symbole_électronique
Les résistances employées dans les circuits ressemblent souvent à ce qu’on peut voir sur
cette figure.
fr.wikipedia.org/wiki/Résistance_ (composant)
Notez un élément très important : le courant qui entre dans une résistance est le même que
celui qui sort. Ceci est très logique. S’il ne sortait le
même nombre de charges qu’il en entre chaque seconde,
la résistance accumulerait des charges, ce qu’elle ne peut
pas faire. Les charges ne font que passer à travers la
résistance, elles ne s’accumulent pas dans la résistance.
On a regroupé ensemble tous les éléments constants et ceux qui dépendent de la substance
et on a regroupé ensemble tous les éléments qui dépendent des dimensions du conducteur.
Pour une même substance, tous les termes du groupe de gauche sont des constantes. La
valeur de ce terme est donc toujours le même pour une substance. Le résultat de ce terme
est la résistivité de la substance (noté ρ, à ne pas confondre avec la masse volumique…)
1
ρ=
µ e ne
En utilisant la résistivité, la formule de la résistance d’un corps peut être écrite sous la
forme suivante.
Exemple 5.4.1
Un fil de cuivre a une longueur de 20 m et une résistance de 0,1 Ω à 20 °C. Quel est le
diamètre du fil ?
On a
l
R=ρ
A
20m
0,1Ω = 1, 678 × 10−8 Ωm ⋅
A
A = 3,356 × 10−6 m²
La loi d’Ohm
En 1827, Ohm remarque que la résistance est constante à température constante pour
plusieurs substances. C’est cette affirmation
qui est appelée la loi d’Ohm (et non pas ∆V
= RI).
Toutefois, ce n’est pas ce qu’on obtient avec certaines substances. Dans les semi-
conducteurs (antimoine, arsenic, bore, carbone, germanium, sélénium, silicium, soufre et
tellure), la densité d’électrons libres n dépend du champ électrique dans le fil, donc de la
différence de potentiel appliquée entre les deux côtés de l’objet. Si n change, alors la
résistivité change puisque
1
ρ=
µ e ne
pas dans les orbitales partagées et ne peuvent pas se déplacer. La densité de charges libres
n est alors presque nulle et la résistivité est très élevée. Il n’y a donc pas de courant. Si on
augmente la différence de potentiel (et donc le champ dans le fil), on va finir par libérer
quelques charges qui vont aller dans les orbitales partagées, ce qui fera augmenter n. La
résistivité baisse et il y a maintenant un courant. Ensuite, si on augmente encore la
différence de potentiel, on va libérer encore plus de charges libres, ce qui va faire diminuer
la résistivité encore plus et faire fortement augmenter le courant. Cela fait en sorte que si
on double la différence de potentiel, le courant sera peut-être multiplié par 10 plutôt qu’être
simplement multiplié par 2 comme ce devrait être le cas si la substance était un métal. On
obtient alors une relation entre I et ∆V qui n’est pas du tout une droite, même si la
température de la substance est constante.
Quand la relation entre I et ∆V pour un matériau est une droite passant par l’origine, on dit
que c’est un matériau ohmique. Quand la relation entre I et ∆V pour un matériau n’est pas
une droite ou est une droite qui ne passe pas par l’origine, on dit que c’est un matériau non
ohmique.
La loi d’Ohm n’est donc pas vraiment une loi de la nature parce qu’elle n’est pas toujours
vraie. Elle est vraie uniquement pour certaines substances (dont les métaux).
La formule de la puissance
Calculons maintenant l’énergie perdue chaque seconde par les charges quand elles passent
dans un élément d’un circuit. Il y a donc un courant I qui passe dans l’élément et il y a une
différence de potentiel ∆V aux bornes de l’élément.
Comme le potentiel change, l’énergie électrique des charges change. On va supposer que
le potentiel baisse quand le courant passe d’un côté à l’autre. La variation d’énergie
électrique d’une charge q est
∆ U = − q ∆V
On a mis un signe négatif parce que le potentiel des charges baisse et que ∆V est la valeur
absolue de la différence de potentiel. Si les charges perdent de l’énergie, alors l’élément
reçoit de l’énergie. L’élément reçoit donc
∆U = q ∆V
Le signe est différent parce que l’élément reçoit l’énergie alors que les charges perdaient
de l’énergie. La puissance (énergie par unité de temps) reçue par l’élément est donc
∆U
P=
∆t
q∆V
=
∆t
q
= ∆V
∆t
où q/∆t est la charge passant dans l’élément par unité de temps. On reconnait que cette
quantité est le courant traversant l’élément. On a donc
Si l’élément du circuit est une résistance, alors on peut utiliser ∆V = RI pour obtenir les
trois équations équivalentes suivantes.
Il est impossible que le potentiel monte quand le courant passe à travers une résistance. La
résistance reçoit donc toujours de l’énergie. Dans ce cas, l’énergie électrique est dissipée
en chaleur et c’est pour cela qu’on parle souvent de puissance dissipée en chaleur dans le
cas des résistances. Comme on l’a dit précédemment, les électrons en mouvement
transfèrent une partie de leur énergie aux atomes formant le conducteur, ce qui se manifeste
par une augmentation de température du conducteur. Cette dissipation de chaleur par une
résistance s’appelle l’effet Joule puisque la loi régissant ce phénomène fut découverte par
James Prescott Joule en 1840. Ce fut d’ailleurs une des étapes importantes qui permit la
découverte du principe de conservation
de l’énergie. Vous pouvez voir sur
l’image une substance qui dissipe de la
chaleur par effet Joule. Cette chaleur
dissipée fait augmenter la température de
l’objet, à tel point qu’il devient rouge.
en.wikipedia.org/wiki/Joule_heating
Le kilowattheure
1kWh = 3, 6 × 106 J
La température de la résistance
La chaleur dégagée fera monter la température de la résistance. On va maintenant
déterminer la température de la résistance si elle est dans le vide. Dans le vide, la résistance
ne peut perdre de la chaleur que par rayonnement. Or, on sait que la puissance du
rayonnement émis par un corps chaud est (on a vu cela dans le cours d’ondes et de physique
moderne).
P = σ A (T 4 − T04 )
Où σ est une constante qui vaut σ = 5,67 x 10-8 W/m² K4, T est la température de l’objet
chaud et T0 est la température du milieu ambiant.
PR = σ A (T 4 − T04 )
Exemple 5.5.1
Il passe un courant de 8 A dans la résistance de
100 Ω montrée sur la figure. Quelle est la
température de la résistance si elle est dans le
vide et que la température du milieu ambiant
est de 20 °C ?
PR = σ A (T 4 − T04 )
PR = RI 2
2
= 100Ω ⋅ ( 8 A)
= 6400W
On doit donc avoir
6400W = σ A (T 4 − T04 )
On doit donc maintenant trouver l’aire de cet objet. On va négliger les bouts de la
résistance. Un des côtés de la résistance a une aire de 0,2 m ⸱ 0,02 m = 0,004 m². Avec
les 4 côtés, l’aire est de 0,016 m². On a donc
6400W = σ A (T 4 − T04 )
6400W = 5, 67 × 10−8 W
m²K 4 (
⋅ 0, 016m 2 ⋅ T 4 − ( 293K )
4
)
T = 1630 K
T = 1357°C
Évidemment, si la résistance est dans l’air, elle pourra aussi se refroidir par convection et
conduction et elle sera un peu plus froide que la température calculée ici.
L’ampoule
Une ampoule à incandescence est un simple filament de métal qui joue le rôle d’une
résistance. En passant un courant dans le filament, il y a de la chaleur dissipée, ce qui fait
monter la température du filament. La chaleur dissipée est telle que la température du
filament atteint de 2000 °C à 3000 °C et le filament émet alors de la lumière puisqu’on a
vu que les corps chauds émettent du rayonnement. Sachez que seulement 5 % de l’énergie
dissipée par le filament est sous forme de lumière visible. (Le reste étant du rayonnement
à des longueurs d’onde invisible, tel que de l’infrarouge et une autre partie de l’énergie se
perd par convection et par conduction.)
Le filament de l’ampoule est en tungstène. Toutefois, ce métal s’enflamme s’il devient trop
chaud en présence d’oxygène. On a
donc placé le filament à l’intérieur
d’une ampoule de verre dans lequel
il n’y a pas d’oxygène. Cette
ampoule est emplie d’argon ou de
krypton qui sont des gaz inertes et
qui ne réagiront pas avec le
tungstène. L’ampoule finit par ne
plus fonctionner parce que le
filament de tungstène se sublime
lentement quand il est chaud. À un
moment donné, il devient trop
mince, il casse et le courant ne peut
plus passer.
ontroverselbc.wordpress.com/types-et-usages-des-ampoules/lampes-a-
incandescence/
Exemple 5.5.2
On laisse fonctionner une ampoule de 60 W pendant 10 heures. La différence de potentiel
aux bornes de l’ampoule est de 120 V.
∆V 2
PR =
R
(120V )
2
60W =
R
R = 240Ω
Il arrive souvent que l’ampoule brule quand on l’allume. C’est qu’à ce moment, le passage
du courant change rapidement la température du filament. Celui-ci passe de 20 °C à environ
2500 °C en une fraction de seconde. Cette variation rapide de température entraine une
expansion thermique rapide, qui peut entrainer un stress qui va faire casser le filament.
Les ampoules halogènes fonctionnent exactement sur le même principe, mais avec
quelques différences. Le gaz dans l’ampoule contient un peu de gaz halogène (fluor, iode
ou brome) qui va réagir avec le tungstène évaporé. Dans une ampoule ordinaire, le
tungstène évaporé se dépose sur la paroi de verre de l’ampoule, ce qui noircit l’ampoule
lentement. Dans l’ampoule halogène, le tungstène évaporé se combine au gaz halogène au
lieu de se déposer sur la paroi de verre pour former un halogénure. Ce composé ne peut se
dissocier qu’à haute température, donc près du filament, ce qui fait que le tungstène ne peut
que se redéposer sur le filament. Cela permettra au filament de durer plus longtemps et
évitera que la surface de l’ampoule noircisse avec le temps. Les ampoules halogènes ont
également des températures plus élevées parce qu’il doit y avoir une température suffisante
près du filament pour que le tungstène soit libéré. Cette température élevée permet
également une production plus efficace de lumière puisque la production de lumière est
meilleure à haute température. Cela nécessite par contre l’usage de paroi en quartz. Elles
fonctionnent aussi souvent avec des différences de potentiel plus basses (12 V) que les
ampoules normales (120 V) parce que cela permet l’utilisation de filaments plus courts et
ayant un plus gros diamètre, ce qui augmente la durée de vie du filament et permet
d’atteindre la température nécessaire pour dissocier le tungstène et le gaz halogène. Avec
ces améliorations, l’ampoule halogène ne perd que 5 % de son efficacité au bout de
2000 heures alors qu’une ampoule ordinaire aura perdu 10 % de son efficacité au bout de
1000 heures.
Les fusibles
Il ne faudrait pas qu’un courant trop important circule dans les fils de votre maison, car la
chaleur dissipée pourrait monter la température des fils jusqu’à ce qu’ils provoquent un
incendie. Les fils pourraient même fondre, ce qui arrivera à la plupart des métaux si la
densité de courant dépasse J = 500 A/cm² (en l’absence de ventilation).
Pour éviter cela, on installe des fusibles. Ce sont des dispositifs qui limitent la valeur du
courant dans les fils pour éviter qu’ils ne chauffent trop. Dans sa version la plus simple, le
fusible n’est qu’un petit bout de fil qui va fondre si on atteint une certaine valeur du courant.
Ainsi, un fusible de 10 A n’est qu’un petit bout de fil qui va fondre par effet Joule si le
courant dépasse 10 A. Si le fil fond, la connexion est coupée et le courant ne peut plus
circuler. Voici quelques exemples de fusibles.
obileradiostore.com/index.php?cPath=21_28#.U16jk1V5PAk www.livecopper.co.za/categories/stove-fuses
Voyez un fusible de 1,5 A (qui limite le courant à 1,5 A) fondre dans ce vidéo.
http://www.youtube.com/watch?v=QjE1k17MsqM
Dans tous les cas, µ e diminue avec la température. Cette diminution vient de
l’augmentation de l’oscillation des atomes formant le métal avec la température. Il n’est
pas du tout évident que cette augmentation des oscillations rend le passage des électrons
plus difficile. On peut parfois lire que les atomes ont plus de chances de venir frapper les
électrons quand ils oscillent plus, mais ils ont aussi plus de chance de se tasser du chemin
avec une oscillation plus grande. En fait, l’explication est plus profonde que ça. Il faut
prendre la mécanique quantique, considérer l’électron comme une onde pour ensuite
calculer comment se propage l’onde des électrons dans un réseau d’atomes. On se rend
compte alors que l’augmentation de l’oscillation rend le réseau cristallin moins régulier et
que les ondes ont plus de difficulté à se propager dans un réseau plus déformé par les
oscillations thermiques. Ainsi, puisque les électrons ont plus de difficulté à se déplacer
quand la température augmente, on en conclut que
Voyons maintenant comment change n avec la température. Le résultat est bien différent
selon le type de substance.
Métaux
Dans les métaux, la densité d’électrons libres ne varie presque pas avec la température. Il
n’y a pas beaucoup plus d’électrons partagés quand on augmente la température. On a donc
µ e ↓ avec la température
n ne varie pas avec la température
Puisque
1
ρ=
µ e ne
on voit que
ρ ↑ avec la température
2) La résistivité des métaux avec des impuretés est plus grande parce que les impuretés
déforment le réseau cristallin, ce qui nuit au passage des électrons.
Il faut bien faire attention si, en laboratoire, on fait le graphique de la différence de potentiel
en fonction du courant pour un métal. Sur un tel graphique, la pente est égale à la résistance
Semi-conducteur
µ e ↓ avec la température
n ↑ avec la température
Puisque
1
ρ=
µ e ne
on peut voir qu’il est difficile de dire ce qui va se passer. La baisse de la mobilité fait
augmenter la résistivité, mais l’augmentation de n la fait diminuer. En fait, n augmente plus
vite que µ e baisse avec la température (jusqu’à une certaine valeur), ce qui veut dire que
ρ ↓ avec la température
Pour des températures près de la température ambiante, on peut faire l’approximation que
la courbe de résistivité en fonction de la température est une droite. Cette approximation
sera assez bonne pour les métaux, car le graphique était véritablement une droite, sauf pour
de très basses températures. Pour les semi-conducteurs, l’approximation sera un peu moins
bonne si on s’éloigne trop de la température de référence (celle pour laquelle on fait notre
droite tangente à la courbe) parce qu’on n’avait jamais de droite sur le graphique.
On a donc
ρ = mT + b
= mT + ρ0 − mT0
= ρ 0 + m (T − T0 )
(
= ρ 0 1 + ρm0 (T − T0 ) )
Comme m et 0 sont des constantes, on définit une nouvelle constante α = m / 0 qui se
nomme coefficient de résistivité thermique. Cela nous permet donc d’obtenir la forme
finale de la résistivité en fonction de la température.
ρ = ρ0 (1 + α (T − T0 ) )
Substance α(Κ
Κ−1) Substance α (Κ
Κ−1) Substance α (Κ
Κ−1)
Argent 0,00385 Tungstène 0,0045 Platine 0,00392
Cuivre 0,00393 Zinc 0,0037 Plomb 0,0039
Or 0,0034 Nickel 0,0059 Graphite -0,00056
Aluminium 0,00403 Fer 0,0050 Germanium -0,048
Les deux dernières substances sont des semi-conducteurs et ont donc des coefficients
négatifs puisque la résistance des semi-conducteurs diminue avec la température.
R = R0 (1 + α (T − T0 ) )
(En fait, il y aurait quelques corrections à faire parce que les dimensions l et A changent un
peu avec la température à cause de l’expansion thermique.)
Exemple 5.6.1
Un fil de platine a une résistance de 164,2 Ω à 0 °C. Quelle est la température du fil si sa
résistance est de 187,4 Ω ?
On a alors
R = R0 (1 + α (T − T0 ) )
187, 4Ω = 164, 2Ω ⋅ (1 + 0, 00392°C −1 ⋅ (T − 0°C ) )
T = 36, 0°C
La supraconductivité
En 1911, Kammerlingh Onnes fait une
découverte étonnante. La résistivité du
mercure devient subitement nulle à 4,2 K
(-269 °C). Voici le graphique de la résistivité
du mercure à basse température.
On reconnait le début du plateau qui se forme pour les métaux à basse température, mais
on voit que soudainement, à une température inférieure à une température appelée
température critique, la résistivité devient nulle. C’est la supraconductivité.
Il faut être pratiquement ceinture noire en mécanique quantique pour comprendre ce qui se
passe. Les électrons forment des paires, ce qui change complètement leurs propriétés. Ils
peuvent alors circuler dans le réseau cristallin sans aucune résistance.
L’ampère
1A = 1 Cs
Définition de la résistance
∆V = RI
Ω)
Définition de l’ohm (Ω
1Ω = 1 VA
Le kilowattheure
1kWh = 3, 6 × 106 J
1. Il est passé 30 coulombs en 5 secondes dans un fil. Quel fut le courant moyen dans
le fil ?
2. Le courant en fonction du temps dans un fil est donné par la formule suivante.
I = 3 sA² ⋅ t 2 + 8 As ⋅ t + 2 A
4. Une pile peut donner une charge de 0,75 Ah. Au bout de combien de temps sera-t-
elle vide si elle fournit un courant constant de 50 mA ?
5.4 La résistance
Ce tableau des résistivités peut vous être utile pour certains numéros de cette section.
10.Il y a une différence de potentiel de 50 V entre les extrémités d’un fil de cuivre de
8 m de long. Le fil a un diamètre de 1 mm.
a) Quelle est la résistance du fil ?
b) Quel est le courant dans le fil ?
11.Deux fils ont la même résistance. Voici les caractéristiques de ces fils.
Fil de cuivre : Longueur = 10 m Diamètre = 2 mm
Fil d’aluminium : Longueur = 50 m
Quel est le diamètre du fil d’aluminium ?
13.Deux fils sont faits de la même substance. Voici les caractéristiques de ces deux
fils.
Fil 1 : Longueur = 40 m, diamètre = 1 mm et résistance = 5 Ω
Fil 2 : Longueur = 60 m et diamètre = 0,2 mm
Quelle est la résistance du fil 2 ?
16.Il y a un courant de 8 A qui passe dans une résistance de 100 Ω. Quelle est la
puissance dissipée en chaleur par la résistance ?
17.Une batterie d’automobile peut fournir une charge de 80 Ah avec une différence de
potentiel de 12 V. Pendant combien de temps peut-elle faire fonctionner une
ampoule de 60 W ?
18.Il y a une différence de potentiel de 120 V entre les extrémités d’un fil de cuivre de
10 m de long et ayant un diamètre de 0,2 mm. Quelle est la puissance dissipée en
chaleur par le fil ? (Utilisez la valeur des résistivités du tableau de la section 5.3)
19.Il passe un courant de 500 mA dans cette résistance de 4000 Ω dans le vide. Quelle
est la température de la résistance si la
température du milieu ambiant est de
20 °C ? (Négligez la variation de résistance
avec la température (section 5.5) et l’aire
des bouts de la résistance.)
20.On se sert d’une résistance pour chauffer de l’eau. On plonge la résistance de 250 Ω
dans 2,5 litres d’eau et on fait passer un courant de 4 A dans la résistance. Combien
faudra-t-il de temps pour que la température de l’eau passe de 20 °C à 80 °C sachant
qu’il faut 4190 J pour augmenter de 1 °C la température de 1 litre d’eau ?
Substance α(Κ
Κ−1) Substance α (Κ
Κ−1) Substance α (Κ
Κ−1)
Argent 0,00385 Tungstène 0,0045 Platine 0,00392
Cuivre 0,00393 Zinc 0,0037 Plomb 0,0039
Or 0,0034 Nickel 0,0059 Graphite -0,00056
Aluminium 0,00403 Fer 0,0050 Germanium -0,048
25.Il y a un courant qui passe dans un fil en fer à 20 °C parce qu’il y a une différence
de potentiel entre les extrémités du fil. On change alors la température tout en
gardant la différence de potentiel constante. À quelle température la puissance
dissipée en chaleur dans le fil sera-t-elle 1,25 fois plus grande qu’à 20 °C ?
1. 6A
2. 235 C
3. 6,242 x 1019
4. 15 h
8. 4 V/m
5.4 La résistance
9. 2000 Ω
10.A) 0,1709 Ω b) 292,5 A
11. 5,62 mm
12. En magnésium
13. 187,5 Ω
14. 1,733 x 10-5 Ω
15. 8,795 x 10-6 Ω
16. 6400 W
17. 16 h
18. 2696 W
19. 73 °C
20. 157,1 s
21. 8 heures 20 minutes
22.12,34 Ω
23. 10 °C
24. 15 Ω
25. -20 °C