Economie Monétaire Et Bancaire
Economie Monétaire Et Bancaire
Département Master
Parcours
Master Professionnel 2 – Management des
Finances
Enseignant
Equipe pédagogique
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Ce cours a le mérite d’avoir deux types d’objectif à savoir un objectif général et des objectifs
spécifiques.
Objectif général
Cet enseignement a pour but principal celui d’amener l’étudiant à être capable de maîtriser
l’impact de la monnaie dans une économie et de permettre à l’étudiant de mieux cerner les
possibilités et les limites de système de financement de l’économie et la nature de la politique
monétaire.
Objectifs spécifiques
A l’issue de cet enseignement, les objectifs visés consistent à rendre l’étudiant capable de : 1)
situer le rôle de la monnaie et de la banque dans l’économie ; 2) cerner les effets de la monnaie
dans l’économie à travers la politique monétaire ; 3) de mieux assimiler les différents
mécanismes monétaires et bancaire dans le cadre du financement de l’économie.
Le contenu pédagogique de ce cours se décompose en 4 chapitres :
L’économie monétaire et bancaire est sans doute l’une des branches des sciences économiques
les plus intéressantes de l’analyse en ce sens que son principal objet se fonde essentiellement
sur la monnaie.
La monnaie est au cœur du fonctionnement de notre société car toute transaction se règle en
monnaie.
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Dans son sens étymologique, le mot monnaie a une origine latine « moneta » qui n’est rien
d’autre que le participe passé féminin du verbe de « monéo » signifiant « avertir » ce qui n’a
pas de rapport avec le sens que nous voulons savoir de la monnaie . Les recherches
anthropologiques ont révélé à cet effet que la monnaie a une origine religieuse.
Ce qui fait le mystère la monnaie, c’est la définition de sa nature car la monnaie est à la fois un
bien et un non bien. C’est un non bien parce que c’est la forme existante de la valeur car cette
dernière prend corps dans la monnaie. C’est aussi un bien réel qui dans le cadre de la circulation
des marchandises se présente comme la contrepartie de n’importe quelle marchandise, c’est le
médium indifférencié de n’importe quel échange.
La monnaie a une dimension à la fois sociale et individuelle, elle est à la fois simple et complexe
Elle est simple parce que c’est un bien d’échange généralement accepté par tous sans coût ni
délais. Elle doit son existence à la confiance que les gens accordent à sa valeur ; La monnaie se
situe comme une institution qui socialise donc les rapports entre les individus. La monnaie est
complexe du fait que dans son évolution, elle ne cesse de se dématérialiser et sa valeur demeure
plus importante que son coût de production.
La pratique des congolais dans le domaine de la monnaie révèle que ces derniers considèrent
les pièces comme la monnaie et l’argent comme les billets, ils ignorent que l’argent vient d’une
pratique monétaire du passé où la monnaie avait pour support matériel le métal argent.
Elle est complexe aussi au niveau de ses effets sur l’économie. Dans l’histoire de la pensée
économique, la monnaie a permis de séparer en deux sphères l’économie : la sphère monétaire
et la sphère réelle et peu après certains économistes ont estimé une fusion de ces deux sphères
en intégrant la monnaie dans la sphère réelle.
Il y a une définition de la monnaie que beaucoup d’économistes ont souvent recours c’est la
définition fonctionnelle. Cette définition considère la monnaie comme un actif qui tire son
utilité de sa fonction de moyen de règlement. La monnaie se définit donc comme un ensemble
de moyens de paiement c'est-à-dire l’ensemble des actifs qu’acceptent tous les vendeurs partout
et en tous temps pour le règlement de leurs créances nées de l’échange et que leur remettent
leurs acheteurs qui règlent ainsi leur dette. C’est cette définition qui sera adoptée dans le cadre
de ce cours.
De nos jours, un débat académique se pose sur le sens et la portée de l’utilisation de la monnaie
en vue d’agir sur l’activité économique.
Ce cours a été conçu dans le but de rendre l’étudiant capable de mieux maîtriser ces différents
aspects fondamentaux de l’économie monétaire et bancaire.
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Il s’agit de voir dans le cadre de ce chapitre comment les banques créent de la monnaie tout en
précisant les 2 types de monnaie à savoir la monnaie fiduciaire et la monnaie scripturale dans
le cadre d’un processus, de dégager les théories de l’offre de monnaie à partir de 2 modèles : le
modèle du multiplicateur et celui du diviseur et de cerner les différentes théories de la demande
de monnaie.
Il s’agit de voir d’abord, la place qu’occupe la monnaie en tant qu’actif dans le bilan des agents
économiques et de chercher à comprendre par la suite le processus de création de la monnaie
par le secteur bancaire.
Le troc se fonde sur le principe de double concordance des désirs. Le troc exige donc la
réalisation simultanée de deux contre-prestations complémentaires quant aux désirs des deux
cocontractants portant sur la nature et la quantité des biens à échanger, sur les valeurs qui leur
sont attribuées et sur la date de l’opération d’échange.
Le rôle essentiel de la monnaie est d’assurer la rupture du troc en deux opérations
indépendantes d’achat et de vente
La monnaie brise le troc en deux demi-échanges réels indépendants une vente et un achat, elle
facilite et multiplie les transactions. Une vente peut ne pas être suivie d’un achat si le vendeur
préfère détenir de la monnaie en caisse et inversement un achat peut ne pas avoir été précédé
par une vente si l’acheteur ne veut plus conserver sa monnaie en caisse. La monnaie est un actif
qui tire son utilité de la fonction de règlement. C’est sur la base de ce critère que l’on peut
distinguer 2 types d’actifs dans les bilans des agents économiques : les actifs monétaires et les
actifs non monétaires échangeables contre monnaie.
La recherche de la monnaie comme actif dans les bilans des agents économiques conduit à la
distinction de deux secteurs à savoir le secteur bancaire qui comprend les institutions qui créent
et gèrent cette monnaie et le secteur non bancaire qui regroupe tous les agents utilisateurs de
la monnaie (les ménages et les entreprises non bancaires individuelles ou sociétaires).
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L’actif d’un ménage est constitué de deux éléments à savoir les actifs réels immeubles et
meubles et les créances sur les autres agents économiques. C’est parmi ces créances qui
peuvent être sur les ménages (prêts directs entre eux), sur les banques (comptes courants
créditeurs), sur l’Etat (bons de trésor) que l’on peut trouver celle qui possède la nature de la
monnaie. Il s’agit des créances soit sur la Banque Centrale soit sur les banques commerciales.
Ces créances peuvent être remises à un créancier pour éteindre une dette. Elles circulent entre
les agents du secteur non bancaire sans jamais être opposées à l’émetteur, la banque, pour un
éventuel remboursement. Comme un actif pour les ménages, la monnaie est une dette pour le
système bancaire qui joue plus ou moins intensément à l’intérieur du secteur non bancaire un
rôle d’intermédiaire des échanges.
Une banque peut être définie comme un établissement qui dispose de ressources servant de
moyens de paiements.
Les créances sur la Banque Centrale (BEAC) prennent essentiellement la forme de billets de
500 F-1000F- 2000F-5000F-10 000FCFA et de pièces divisionnaires 5F-10F-20F-25F-50F-
100F-500FCFA.
Les créances sur banques commerciales (BCI, LCB, Crédit Congo, BGFI, Société générale,
banque d’habitat, ECOBANK, UBA…) sont comptabilisées sur des comptes courants
créditeurs que les ménages et les entreprises y entretiennent en y faisant des dépôts.
Les avoirs déposés auprès des banques peuvent être transférés par leurs possesseurs au profit
de leurs créanciers par des jeux d’écritures, (monnaie scripturale). Ces dépôts peuvent donc
éteindre des dettes, mais doivent être disponibles (disponibilités) à tout moment : ces dépôts
sont obligatoirement stipulés à vue. Les autres dépôts n’ont pas la nature monétaire (dépôts sur
livrets bancaires, livret d’épargne)
2) Les entreprises
Les actifs tels que les actifs monétaires des entreprises ne diffèrent en rien des actifs monétaires
des ménages parce que les ménages et les entreprises individuelles ou sociétaires à caractère
industriel agricole ou commercial, réalisent ensemble d’innombrables transactions
3) Le cas des agents non-résidents.
Ce sont des ménages ou entreprises, étrangers ou même nationaux, qui exercent leurs activités
économiques au-delà des frontières nationales. Ils peuvent bien sûr posséder de la monnaie
Franc CFA la monnaie plurinationale.
4) Les administrations publiques
Les administrations publiques centrales ou locales font des dépôts auprès du Trésor public
congolais qui joue au profit de l’Etat le rôle de caissier et d’un établissement bancaire.
Ce secteur regroupe la Banque Centrale la BEAC dite la Banque de premier rang et les banques
de second rang que l’on qualifie de commerciales. Le système monétaire congolais se
caractérise par une organisation hiérarchique où la BEAC, banque de premier rang coiffe les
banques commerciales, banques de second rang.
1)Les banques commerciales
Les banques commerciales détiennent une encaisse monétaire en monnaie Banque Centrale que
l’on appelle réserves pour deux raisons : La première est que les clients de la banque
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commerciale retirent toujours en billets une fraction de l’accroissement de leurs dépôts, pour
les règlements manuels de leurs transactions quotidiennes. A ce titre, la banques, pour opérer
cette conversion de dépôts en billets, doit détenir nécessairement de la monnaie Banque
centrale. La deuxième raison vient du fait que certaines banques peuvent après compensation
des dettes et des créances, être créancières nettes des autres banques parce que leurs clients sont
créanciers nets des autres. Le règlement monétaire interbancaire qui intervient après
compensation se fait en Monnaie Banque Centrale par crédit et débit des comptes que possèdent
ces établissements à la BEAC.
En dehors de ces deux raisons, il convient d’ajouter le fait que les Banques commerciales sont
tenues de constituer de réserves obligatoires c'est-à-dire un système qui oblige les banques
commerciales à faire des dépôts non rémunérés auprès de la banque centrale.
2) La banque Centrale
Les relations institutionnalisées par l’existence d’un compte courant font que la Banque
Centrale est pour les banques commerciales ce que les banques commerciales sont pour le
secteur non bancaire. Le règlement scriptural des opérations entre les banques commerciales
de second rang s’opère grâce à la Banque Centrale de premier rang. La banque Centrale se
présente comme une banque des banques ayant le pouvoir de créer la monnaie ultime c'est-à-
dire la forme de monnaie en laquelle les autres formes monétaires sont converties
partiellement du fait de la préférence pour les billets et de l’obligation des réserves obligatoires.
Sur la base des actifs utilisés comme monnaie par chaque groupe d’agents économique on peut
établir la structure du système monétaire congolais.
La monnaie dans les actifs des bilans des agents économiques se présente ainsi : Le secteur
non bancaire, composé des ménages et des entreprises, possède des billets et des avoirs en
compte courant aux banques commerciales. Le secteur bancaire comprenant banques
commerciales détient des encaisses en monnaie banque centrale : billets et dépôts qui servent
de réserves. La masse monétaire d’une économie moderne est stock de créances parfaitement
liquides sur les banques détenues par les utilisateurs de monnaie c’est dire le secteur non
bancaire. La masse monétaire au sens strict se compose de billets, pièces divisionnaires et les
dépôts à vue. C’est stock qui n’est pas permanent. Il se renouvelle comme tout ensemble
économique c'est-à-dire qu’il est soumis à des processus de création et de destruction qui
modifient et son volume, et sa structure. C’est ensemble en voie de croissance et son rythme
de croissance est variable au cours de temps.
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Le banquier n’est pas seulement un simple prestataire de service financier faisant le travail
d’intermédiaire entre les épargnants et les emprunteurs, il a la possibilité de créer à posteriori
ses propres ressources en accordant les clients à ses clients.
Quand par exemple un client d’une banque du Crédit du Congo demande un prêt de 300000
francs CFA à sa banque, celle-ci crédite son compte du montant emprunté (somme inscrite en
dépôt à vue) en échange d’un engagement de remboursement aux échéances prévus dans le
contrat.
L’opération se traduit par une double écriture à l’actif (détention de la créance) et au passif
(approvisionnement du compte courant su client x) de la banque.
Bilan de la Banque
ACTIF PASSIF
Créance sur X +300 000 Dépôts à vue +300 000 CC de X
Cette double inscription simultanée d’un même montant à l’actif comme au passif du bilan de
la banque signifie par lequel la banque crée de la monnaie. Il y a accroissement de la quantité
de monnaie détenue par les agents non financiers.
On peut dire que ce sont les crédits qui font les dépôts et non l’inverse. C’est l’octroi de crédit
qui a donné naissance aux dépôts à vue. Il n’y a pas eu une somme préexistante pour faire le
crédit. Ce pouvoir de création monétaire que disposent les banques peut en théorie être illimité.
La banque peut créer autant de monnaie qu’elle le désire puisque tout crédit augmente les
ressources d’un même montant. L’expansion de l’actif conduit à l’expansion du passif de la
banque. Ce sont les emplois qui entrainent l’apparition des ressources. La monnaie scripturale
a deux natures : dette pour la banque et créance pour l’entreprise X ce qui va se traduire ainsi
au niveau du bilan de l’entreprise X
Bilan de l’entreprise X
ACTIF PASSIF
Avoir en banque +300 000 Dette envers la banque +300 000
Cette créance va être utilisé par son détenteur comme moyen de paiement sous forme de billets,
chèque et virement. L’entreprise va par exemple payer ses fournisseurs et ses salariés par voie
scripturale ce qui va conduire à un transfert de compte à compte au sein d’une banque unique.
La monnaie qui est la dette de la banque circule comme moyen de paiement entre agents non
financiers.
Ce processus de création de la monnaie se fait également quand une banque :
1) Accorde un crédit ; 2) achète un actif réel ; 3) achète un actif financier
(action, obligation, titre de créance négociable privé ou public) ; 4) achète des devises
Dans l’acte de création monétaire, l’initiative vient des clients de la banque, quand ils
demandent un crédit ou ils offrent un actif réel, actif financier ou devise. L’acte de création
monétaire dépend aussi du degré de confiance que les clients accordent à la monnaie scripturale.
Si les crédits font les dépôts alors symétriquement le remboursement d’un crédit conduit à une
destruction de la monnaie (on rend à la banque les moyens de paiements qui sont retirés du
circuit monétaire).
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En principe, les banques ont un pouvoir illimité de création monétaire, mais dans les faits, la
pluralité des banques introduit une limitation à la création monétaire à cause des fuites.
La banque n’a pas de problème de liquidité, en effet, si tous les paiements se font dans la forme
monétaire qu’elle a créée. La réalité est que les utilisateurs de monnaie ne recourent pas au
service d’une seule banque car il y a plusieurs banques qui créent de la monnaie donc plusieurs
circuits monétaires. Le problème qui se pose consiste à faire communiquer ces circuits de façon
à ce que la monnaie d’une banque puisse être convertie en monnaie d’une autre banque.
Supposons deux banques A et B. A dispose comme client X qui utilise ses dépôts égaux à
100 000FCFA pour régler Y qui a compte à la banque B. Il y a donc fuite de la monnaie A vers
B, parce qu’Y remettra à sa banque B le chèque émis par X et tiré sur la banque A en demandant
que son montant soit porté au crédit de son compte bancaire. En procédant ainsi la banque A
devient débitrice de la banque B. La circulation des dépôts de la banque A à la banque B n’est
donc pas neutre pour ces deux banques et pose le problème des fuites monétaires entre banques.
La banque B exige en principe le règlement de la dette de la banque A en puisant soit sur ses
propres ressources en monnaie banque centrale (réserve) soit en empruntant auprès de la banque
centrale (refinancement). Quand une banque crée de la monnaie, elle doit s’attendre à subir des
fuites hors de son réseau de collecte de dépôts.
Bilan de la banque A
ACTIF PASSIF
CC X −100 000
Dette de A envers B +100 000
Bilan de la Banque B
ACTIF PASSIF
Créance de B sur A +100 000 CC Y + 100 000
La solution de ce problème des fuites entre circuits monétaires spécifiques à chacune des
banques réside dans le fait que les banques procèdent à une opération de compensation c’est à
dire d’une annulation des dettes et créances interbancaires dont le montant se recouvre. Quand
le solde après compensation est déficitaire, il y a plus de dettes que de créances, la banque
cherchera à couvrir ce solde en recourant soit à ses propres reserves soit au refinancement
interbancaire ou au refinancement auprès de la banque centrale.
Chaque banque possède donc un pouvoir de création monétaire proportionnel à l’importance
de son réseau monétaire. Plus une banque a des clients moins elle risque d’avoir des paiements
à faire à d’autres banques et plus faibles sont ses fuites. La liquidité d’une banque est parfaite
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si elle a moins de fuites dans son circuit monétaire. Ces fuites ont quatre origines possibles, et
constituent les facteurs de liquidité du système bancaire. Ce sont les facteurs qui déterminent le
besoin global du système bancaire en monnaie banque centrale.
Le premier facteur provient de l’existence des billets. La BEAC disposant du monopole de
l’émission de ces billets, les demandes de conversion de dépôts en billets de la part du public
conduisent à une fuite pour la banque commerciale car elles génèrent un besoin équivalent en
monnaie banque centrale.
Le deuxième facteur est lié à la constitution par les banques commerciales des réserves
obligatoires. C’est une fuite pour ces banques car ces dernières sont obligées de constituer les
avoirs en monnaie banque centrale auprès de la BEAC en fonction de certains éléments de leurs
passifs Ce facteur est institutionnel en ce sens qu’il est institué par la BEAC dans le but de
contrôler les activités des banques commerciales.
Le troisième facteur tient à l’existence du trésor public qui dispose des comptes auprès de la
BEAC. En payant leurs impôts par chèque, les agents non financiers demandent à leurs banques
de transférer les montants correspondants au trésor public, obligeant ces dernières à convertir
des dépôts à vue en monnaie banque centrale.
Le quatrième facteur est lié aux avoirs extérieurs résultant des activités financières et
économiques que le pays entretient avec le reste du monde. Les demandes de conversion de
monnaie Franc CFA en devises créent une fuite supplémentaire pour les banques.
En dehors des réserves obligatoires qui sont un facteur institutionnel, les trois autres facteurs
sont dits autonomes parce qu’ils se déterminent hors du système bancaire et échappent aux
autorités monétaires.
De façon générale, le jeu des facteurs de la liquidité bancaire conduit les banques commerciales
à dégager une demande nette positive de monnaie banque centrale. Cette demande est satisfaite
par la banque centrale à partir des différents moyens de refinancement.
Le problème qui se pose à présent est de savoir si le refinancement revêt un caractère exogène
ou endogène, ce qui nous amène à étudier le multiplicateur de la base monétaire et le diviseur
de crédit. Il s’agit de voir si la BEAC est capable de contrôler totalement la quantité de monnaie
qu’elle souhaite créer au profit des banques commerciales ou au contraire elle est appelée
seulement à entériner les besoins exprimés par ces banques, se contentant d’en fixer les coûts
(taux directeur).
Section 2 : Le multiplicateur de base monétaire et le diviseur de crédit.
Un des problèmes importants de l’analyse de la création monétaire est celui de savoir qui des
banques ou de la banque centrale, à l’initiative de la création monétaire. La question est de
savoir si l’offre de monnaie est endogène en ce sens qu’elle provient d’un besoin d’économie
auquel répondent les banques commerciales qui doivent alors se tourner vers la banque centrale
pour assurer leur liquidité ? ou l’offre de monnaie est exogène c'est-à-dire qu’elle est
entièrement contrôlée par la Banque centrale qui par ses apports en monnaie banque centrale
aux banques commerciales provoque l’accroissement ou la baisse de la création monétaire.
Répondre à ces questions c’est analyser l’offre de monnaie à travers la relation qui existe entre
la création monétaire du système bancaire et celle de la banque centrale.
La relation qui existe entre la création monétaire du système bancaire commercial et celle de la
banque centrale fait apparaître un multiplicateur de base monétaire.
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Quand la base monétaire (Billets + réserves bancaires) est considérée comme exogène par les
banques commerciales on peut montrer sur la base de certaines hypothèses que la création
monétaire de la banque centrale est reprise au multiple par le système bancaire commercial
autrement dit que le volume total de monnaie M est un multiple (m) de la base monétaire (BM)
préalablement émise.
Considérons les bilans de la banque centrale et du système bancaire commercial, supposons que
les réserves des banques commerciales en monnaie banque centrale sont uniquement des
𝑅
réserves provenant de l’application du taux de réserves sur les dépôts soit r= 𝐷 et que le
public a l’habitude de détenir une partie de leur monnaie (M) sous forme de billets (B) sur la
𝐵
base d’un rapport b= 𝑀 on estime que b est stable.
Bilan de la Banque Centrale
ACTIF PASSIF
BM (base monétaire) Billets (B)
Réserves (R)
Le volume total de la monnaie ou masse monétaire regroupe les billets et les dépôts bancaires
𝑀 = 𝐵 + 𝐷 (1)
La base monétaire ou monnaie banque centrale regroupe les billets et les réserves bancaires
𝐵𝑀 = 𝐵 + 𝑅 = 𝐵 + 𝑟𝐷 ( 2)
𝐵 = 𝑏𝑀(3)
𝐷 = 𝑀 − 𝐵 = 𝑀 − 𝑏𝑀 = (1 − 𝑏)𝑀 (4)
𝑅 = 𝑟𝐷 = 𝑟(1 − 𝑏)𝑀 (5)
Avec (2) (3) et (5) on peut tirer
𝐵𝑀 = 𝐵 + 𝑅 = 𝑏𝑀 + (𝑟(1 − 𝑏)𝑀 (6)
A partir de l’équation (6) on peut déduire M
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𝑀 = 𝑏+𝑟(1−𝑏) BM (7) ou 𝑀 = 𝑚𝐵𝑀
𝑀 1
Il résulte que le rapport entre M et BM est une constante m = = 𝑏+𝑟(1−𝑏) qui est le
𝑀𝐵
multiplicateur de la base monétaire. On sait que 𝑏 + 𝑟(1 − 𝑏) < 1, 𝑚 > 1
On déduit de l’équation (7) que la monnaie M provient de la production monétaire de la banque
centrale BM et d’un coefficient « multiplicateur de crédit » m qui dépend des valeurs r et b. on
montre ainsi une relation entre le volume de monnaie total et un volume de monnaie banque
centrale donné, à condition que les banques commerciales appliquent le coefficient r et que le
public maintienne un rapport fixe entre les différentes formes de monnaies qu’il désire détenir.
Le terme multiplicateur indique le montant total de monnaie pouvant être crée par les banques
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commerciales M à partir d’une quantité donnée de monnaie banque centrale MB. Il montre que
lorsque les banques commerciales disposent de réserves libres et conscientes de l’importance
des fuites, peuvent créer d’emblée de la monnaie au-delà de ces réserves. Les réserves
préexistent donc à la distribution des crédits autrement dit, il faut préalablement avoir des
réserves avant de distribuer les crédits.
Les hypothèses d’exogeinété de la base monétaire et des coefficients r et b (donc de m) font
que l’offre de monnaie M est totalement déterminée et contrôlée par la banque centrale.
Le fonctionnement de la plupart des économies monétaires se fonde plutôt sur la logique
inverse du multiplicateur qui indique que le besoin en monnaie banque centrale est le résultat
de la création monétaire réalisée par les banques commerciales. La base monétaire est alors
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endogène et le coefficient s’analyse comme un diviseur de crédit.
𝑚
1
Si l’on se réfère à l’équation (6)𝐵𝑀 = 𝑚 𝑀 = 𝑏𝑀 + 𝑟(1 − 𝑏)𝑀 𝑜𝑢( 𝑏 + 𝑟(1 − 𝑏))𝑀 on a le
volume de monnaie banque centrale (BM) dont les banques commerciales doivent avoir
demandé la création quand le volume total de crédit et de monnaie crées par les banques
commerciales.
Le modèle de diviseur reflète deux des principaux facteurs de liquidité bancaire ou fuites qui
sont b les demandes de conversion en billets et r le taux de réserves obligatoires sur les dépôts.
Il ya donc un rapprochement entre le modèle du diviseur de crédit et les facteurs de liquidité
bancaire. 100 unités de monnaie crée suite à un crédit génère en moyenne une demande de b
unités de billets (billets/M) et le reste (1-b) doit faire l’objet de la constitution de réserves R0
il en résultera un besoin de monnaie banque centrale = r (1-b) et le besoin total de
refinancement des banques commerciales est égal à b + r (1- b ) c’est l’expression du diviseur
de crédit.
L’offre de monnaie n’est plus déterminée par la banque centrale elle n’est plus exogène mais
plutôt endogène en ce sens qu’elle est déterminée plutôt par les financements octroyés aux
agents non bancaires (demande de crédits). En pareil cas, c’est la création monétaire des
banques commerciales qui précède la création de la monnaie banque centrale par la banque
centrale et en détermine le montant. Les banques commerciales jouent un rôle de premier plan.
En accordant, aux agents non bancaires des crédits, ces banques ne se préoccupent pas de
l’existence ou non de réserves c’est seulement par la suite qu’elles vont chercher à se refinancer
auprès de la banque centrale. Ce qui préoccupe les banques c’est la rentabilité des activités de
crédits, elles tirer un profit en satisfaisant la demande de crédits des agents non bancaires.
L’analyse du multiplicateur présente les avantages suivants :
1) Elle montre le rôle créateur de monnaie des banques sur le plan de l’ensemble du
Système et non à partir du comportement de chaque banque. Les banquiers ont longtemps
refusé de reconnaître qu’ils réaient de monnaie et admettaient qu’ils ne prêtaient que dans la
mesure de leurs ressources ce n’est en réalité qu’une apparence le multiplicateur montre le
pouvoir de création monétaire des banques.
2) L’analyse montre aussi que l’importance de l’expansion monétaire dépend du degré de
Maturité monétaire des agents économiques si b est faible c’est que le public accepte les
paiements scripturaux et dans ce cas le multiplicateur est élevé.
3) Le multiplicateur montre le rôle de l’autorité monétaire qui émet la monnaie banque
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On demande un bien économique soit à cause de son utilité directe (bien de consommation)
soit parce qu’il produit un service productif (bien d’investissement) ou un rendement
pécuniaire (les titres). La monnaie n’a pas d’utilité directe et elle ne procure aucun rendement
pécuniaire. La question qui se pose est donc de savoir pourquoi la monnaie est elle demandée
par le public ? Autrement dit quels sont les facteurs qui peuvent justifier la demande de
monnaie ? La théorie de la demande de monnaie entend apportée des réponses à ces questions
dans le cadre du cours. Les premières théories ont mis l’accent sur l’aspect transactionnel.
On verra donc la demande de monnaie dans l’optique transactionnelle et la demande de
monnaie dans l’optique patrimoniale.
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celle-ci change de main (vitesse de monnaie PIB/M1) et que la valeur totale des achats est le
produit des quantités des différents biens i échangés par leur prix, on a donc :
Cet auteur s’est intéressé au volume de transactions que peuvent réaliser les unités monétaires
en circulation. S’il existe n biens 𝑞𝑖 dont les prix sont 𝑝𝑖 ,la valeur des échanges peut être ainsi
définie : 𝑀𝑉 = ∑𝑛1 𝑝𝑖 𝑞𝑖 C’est l’équation des échanges
La quantité de monnaie qui a permis ces échanges, M, a en moyenne été utilisé un certain
nombre de fois est ce nombre moyen appelé vitesse de transactions. Si la monnaie est l’étalon
de valeur. On peut simplifier en faisant de 𝑞𝑖 un bien composite T et de 𝑝𝑖 un prix moyen
pondéré P, qui est le prix de T. On a ainsi : MV=PT où P est le niveau général des prix et T le
volume global des transactions réalisées dans l’économie. Fisher tire de cette équation une
relation de causalité entre la monnaie et les prix sur base des hypothèses suivantes : 1) la vitesse
de circulation de la monnaie V est stable sur le court terme. Celle-ci dépend des facteurs
techniques et institutionnels qui ne changent pas sur le court terme comme : la nature de
procédés monétaires disponibles (facilité de transport et d’utilisation de le monnaie), les
habitudes de paiement parmi la population, la structure bancaire ; 2) l’économie en situation
de plein emploi de facteurs de production Pour Fisher c’est vrai à cause de la loi des débouchés
qui dit que c’est l’offre qui crée sa propre demande ; 3) l’offre de monnaie est exogène.
Sous ces trois conditions, toute variation de la quantité de monnaie en circulation va provoquer
un changement proportionnel du niveau général des prix : MV=PT Ainsi si M double, V et T,
étant constants alors p double. Toute variation de la quantité de monnaie en circulation va
provoquer un changement proportionnel du niveau général des prix. Cette équation des
échanges ne traduit pas véritablement une demande de monnaie, elle ne montre pas une
encaisse monétaire désirée mais une encaisse pour réaliser les échanges. La monnaie n’est
considérée que comme un intermédiaire des échanges. C’est avec l’école de Cambridge (A.
Marshall et A Pigou) que va naître pour la première fois la notion de demande de monnaie.
2) L’analyse par les encaisses : l’équation de Cambridge
La reformulation de la théorie quantitative par PIGOU et MARSHALL ne met plus à l’accent
sur la monnaie de circulation comme FISHER mais sur la monnaie détenue par les agents non
financiers.
Pour A. MARSHALL, l’agent désire détenir la monnaie à cause d’une utilité qui n’est pas
propre à la monnaie mais une utilité dérivée due à la non synchronisation entre les dépenses et
les recettes. Les encaisses monétaires disponibles à tout moment vont permettre lors des
échanges futurs de réduire les coûts de transaction. Sans la monnaie avant d’acheter un bien, il
faut revendre un bien contre la monnaie ce qui nécessite du temps de la patience.
Ces encaisses désirées dépendent ainsi du volume de transactions que les agents comptent
réaliser. L’équation de FISHER est donc reformulée de façon à faire apparaître la demande de
monnaie (𝑀𝑑 ) qui est donc liée au pouvoir d’achat que les agents souhaitent détenir sous forme
d’actif liquide.
Dans sa formulation « de Cambridge » l’équation quantitative s’écrit :
M=𝑘𝑃𝑦
Où 𝑃𝑦 représente la valeur monétaire du revenu autrement dit le produit global disponible
pour l’échange et 𝑘c’est la vitesse de circulation monétaire.
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Toute économie repose sur base d’un financement qui peut provenir soit de la finance directe
soit de la finance indirecte.
Dans ce genre de finance les agents à excédent de ressources autrement dit ceux qui épargnent
placent directement auprès des agents à déficit de ressources. Leurs désirs contradictoires sont
compatibles entre préteurs et emprunteurs. Dans ce cas dans un secteur interne non bancaire,
l’agent à excédent de ressource transfère son épargne à l’agent à déficit de ressources en lui
achetant un titre de créance sur lui-même ou de propriété. L’agent déficitaire obtient les fonds
en cédant un titre de propriété ou une créance qu’il émet sur lui-même. Ce sont les valeurs
mobilières qui assurent le transfert la circulation des excédents de ressources des agents du
secteur non bancaire. Elles sont de titres négociables. Il y a de des valeurs mobilières à revenu
fixe (obligation) comme celles à revenu variable (action). C’est un circuit court de
financement dans ce processus où l’offreur de fonds prêtables rencontre sur le marché le
demandeur du prêt sur un marché financier. Tout investisseur a la possibilité soit de disposer
des capitaux propres sur ce marché en détenant des titres soit d’emprunter sur ce marché par
émission de titres. Une économie où le processus de financement est dominé par ce mode de
financement est une économie de la finance directe autrement dit une économie de marchés
financiers. Ce mode de financement est différent de l’autofinancement.
C’est un mode de financement qui se base sur des ressources d’épargne collectées par les
banques ces dernières collectent l’épargne des agents à capacité de financement en vue
d’assurer le financement de des agents à besoin de financement. C’est de la finance indirecte
en ce sens que l’offre de capital et la demande de capitaux pour se rencontrer passe
nécessairement par un intermédiaire à savoir la banque. Dans une économie où le processus
de financement est dominé par ce mode de financement on dit que c’est une économie de la
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Dans une telle économie l’offre de liquidité résulte essentiellement des institutions bancaires.
L’essentiel du financement de l’économie se fait par les banques.
Dans la finance indirecte, il y a aussi le financement sur ressources monétaires crée par les
intermédiaires financiers bancaires. Dans ce cas, il n’y a pas d’intervention des agents
épargnants. Les fonds qui sont prêtés aux agents à déficits de ressources ne sont pas collectés
auprès des agents à excèdent de ressources ; ils sont créés par la banque qui monétise le titre
que lui cède son emprunteur. On sait que les prêts font les dépôts parce qu’il crée la monnaie
qu’il prête. La logique de la politique monétaire se fonde dans ce cas sur le contrôle de l’offre
des liquidités résultant des banques.
Cette notion, sur le plan macroéconomique, peut être définie à partir du TOF c’est-à-dire
tableau des opérations financières qui est un tableau chargé de retracer toutes les opérations
financières effectuées au cours d’une année dans une économie nationale. Seules sont prises
en compte les opérations qui modifient le patrimoine financier des agents.
A travers le TOF on voit comment chaque secteur arrive à satisfaire son besoin de
financement, une fois les opérations sur les biens et services et les opérations de répartitions
ont été effectuées. C’est un tableau de comptabilité nationale, un tableau de flux. La partie
droite du TOF montre les « flux nets de dettes » et indique comment est satisfait le besoin de
financement des agents. La partie gauche indique comment est satisfait les « flux nets de
créances ». Pour chaque opération financière, n’est inscrit que le total des variations de dettes
et créances concernant un secteur institutionnel donné, sans que soient distinguées la
provenance ou la destination de ces flux. Les flux nets de créances sont considérés comme
variation des actifs et les flux nets de dette comme variation des passifs.
Quand dans une économie, les besoins de financement de l’Etat et des entreprises sont élevés
et le niveau d’épargne publique et privée est faible c’est soit le marché financier qui assure le
financement dans ce cas c’est une économie de marché soit c’est le système bancaire dans cas
c’est l’économie d’endettement dans mesure où ces systèmes se refinance par après auprès de
la banque centrale.
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Il s’agit de faire état de ce que l’on entend par objectif final et objectif intermédiaire par
rapport à la politique monétaire.
A. Objectifs finaux
La politique économique a ses objectifs qui sont la croissance équilibrée, le plein emploi, la
stabilité des prix et l’équilibre de la balance de paiements. La politique monétaire en tant
qu’instrument de cette politique est tenue de les réaliser à de degrés divers et selon des
modalités variables. La politique monétaire a ses propres points d’action pour atteindre un ou
des objectifs de politique économique.
En dehors de ces objectifs, la banque centrale est tenue de contrôler l’activité bancaire à
travers des règles et recommandations qui se définissent comme des ratios prudentiels.
L’efficacité de sa politique monétaire est fonction de la qualité et la fiabilité des institutions
financières surtout bancaires.
B. Objectifs intermédiaires
Pour réaliser un objectifs final, la Banque centrale est tenue d’agir sur les objectifs
opérationnels qui à leur tour permettre de réaliser les objectifs intermédiaires. Ces derniers
sont des variables susceptibles de modifier l’offre et la demande globale et par conséquent le
niveau de l’activité économique. Ces variables sont les taux d’intérêt à court, et long terme, le
crédit bancaire, les agrégats monétaires et le taux de change.
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Ces instruments sont de 2 ordres les uns visent le contrôle direct et les autres le contrôle
indirect de la liquidité.
1. L’escompte
Ces instruments sont en principe les titres publics parce que une des principales contreparties
de l’émission de la monnaie c’est la dette publique. La banque centrale et les banque
disposent d’un ensemble de titres publics à toutes échéance. Les opérations d’open market
permettent de faciliter l’émission de nouveaux titres publics. La banque centrale proposera
aux banques l’achat de titres anciens en leur fournissant les liquidités qui vont leur permettre
d’acheter de nouveaux titres publics.
L’open market est basé sur l’achat et la vente ferme de titres, il peut être substitué ou
complété par la mise en pension de titres ou les prêts garantis.
La pension est une technique utilisée par une banque centrale qui consiste à un établissement
de crédit de céder des titres assorties d’un engagement de rachat.
à l’échéance du prêt quand les banques ont remboursé leurs emprunts. La banque centrale
peut agir sur le marché monétaire soit par appel d’offre soit sur l’initiative des banques pour
ces deux types d’opérations. Elle fixe alors un taux qui est l’un des taux directeurs de la
politique monétaire.
La politique de l’open market est beaucoup plus souple sue celle de la politique de réescompte
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La mise en œuvre de toute politique monétaire suppose la définition des objectifs finals
intermédiaires qui, être réalisés, nécessitent l’utilisation des instruments. Mais selon les
évolutions économiques et politiques, les objectifs peuvent être modifiés et de ce faits les
instruments mis en œuvre aussi. on est conduit à u recomposition des instruments. Au niveau
de la BEAC l’objectif final était le développement économique des Etats membres avant les
reformes monétaires des années 90, ses instruments qu’elle mettait en œuvre pour atteindre
cet objectif étaient les taux d’intérêt, les plafonds de réescompte, les réserves obligatoires et le
contrôle sélectif de crédit. Avec les reformes monétaires intervenue à partir du 16 octobre
1990 qui ont conduit à l’instauration le 1er juillet 1994, a modifié son mode d’action à des
nouveaux instruments de contrôle indirect de la liquidité
Cette politique porte son action aussi bien sur les quantités que sur les taux d’intérêt
Pour porter son action par les quantités, la BEAC s’appuie sur l’exercice de la programmation
monétaire pour fixer les objectifs de croissance des agrégats monétaires et de refinancement
compatible avec la réalisation des objectifs finaux de la politique monétaire.
Dans le cadre des accords de mobilisation, la BEAC distingue parmi les titres de créances
figurants à l’actif des banques, ceux qui peuvent servir de supports à ses concours. Elle arrete
ainsi chaque trimestre un objectif de refinancement dénommé maximum de refinancement
qui représente la limite maximale des avances qu’elle est disposée à accorder aux
établissements des crédits au niveau 2 du marché monétaire.
Les comités monétaires et financiers nationaux se réunissent tous les trois fois par an pour
proposer des plafonds de refinancement qui sont ensuite validés par le Comité de Politique
Monétaire.
Cet objectif peut être dépassé par Etat si le taux de couverture extérieure de la monnaie est
globalement satisfaisant pour l’ensemble des pays membres de la BEAC et s’il y a des
facultés d’avances disponibles recensées au niveau des banques éligibles. Il existe en effet un
mécanisme d’interventions ponctuelles assorti des conditions de taux spécial. Par contre, cet
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objectif devient plafond rigide si le pays est en programme avec le FMI ou si le taux de
couverture extérieure se dégrade sérieusement en se situant au-dessous de 20%.
Pour porter son action sur les taux d’intérêt, la BEAC a inscrit sa nouvelle politique de taux
d’intérêt au niveau du marché monétaire structuré à deux niveaux : le niveau 1 porte sur le
marché interbancaire et le niveau 2 concerne le marché à 2 guichets à savoir le guichet A et le
guichet B. La BEAC peut injecter la liquidité dans l’économie par les moyens tels que les
avances sur appels d’offre et les prises en pension portant respectivement le taux des appel
d’offre (TIAO) et le taux de prise en pension (TPP) au niveau du guichet A. Le TIAO est fixé
par le Comité de Politique Monétaire (CMP) selon les objectifs de la politique monétaire et
compte tenu de l’évolution de la conjoncture économique aussi bien nationale
qu’internationale. Les appels d’offre se font sur initiative de la BEAC généralement pour une
durée de 7 jours par contre les prises de pension se font sur les initiatives des banques pour
une durée de deux à sept jours.
La BEAC applique le taux de pénalité (TPB), taux qui sanctionne les découverts enregistrés
au niveau des comptes des banques auprès de la BEAC.
C’est à partir de 2001, que les banques de la zone de la BEAC ont été soumises à la
constitution de réserves obligatoires. Cette mesure fut prise en vue d’éliminer la forte liquidité
bancaire et de renforcer l’efficacité de la politique monétaire. Les banques sont tenues de
conserver une partie des dépôts collectés auprès de leur clientèle sur des comptes rémunérés
qu’elles disposent auprès de la BEAC. Les taux de réserves obligatoires étaient différenciés
selon les pays compte tenu des disparités constatées en matière de liquidité bancaire entre les
Etats membres de la BEAC. L’article 20 des statuts de la BEAC prévoit un CMP qui prend
toutes les dispositions nécessaires afin d’imposer aux banques la mise en place de réserves
obligatoires. En 2017, le dispositif de gestion de réserves obligatoires a été modifié par le
CPM de nouveaux dispositifs ont été pris. Il s’agit de : a) l’harmonisation des règles de
constitution, b) l’uniformisation des coefficients de réserves obligatoires dans la zone de la
BEAC et la simplification de l’utilisation de cet instrument dans la gestion de la liquidité
bancaire d) l’instauration de la constitution des réserves obligatoires suivant la méthode des
moyennes mensuelles. L’assiette de calcul des réserves porte sur les dépôts à vue et les dépôts
à terme.
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