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La Chevelure Commentaire

Le poème 'La Chevelure' de Charles Baudelaire, extrait des 'Fleurs du Mal', explore la chevelure de sa bien-aimée Jeanne Duval comme un symbole d'évasion sensorielle et spirituelle. À travers des procédés stylistiques tels que la synesthésie et une riche imagerie, Baudelaire invite le lecteur à un voyage olfactif et visuel, transformant la chevelure en un espace de contemplation et d'idéalisation. Ce poème illustre la complexité du thème exotique chez Baudelaire, mêlant sensualité et rêverie pour créer une expérience poétique immersive.

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La Chevelure Commentaire

Le poème 'La Chevelure' de Charles Baudelaire, extrait des 'Fleurs du Mal', explore la chevelure de sa bien-aimée Jeanne Duval comme un symbole d'évasion sensorielle et spirituelle. À travers des procédés stylistiques tels que la synesthésie et une riche imagerie, Baudelaire invite le lecteur à un voyage olfactif et visuel, transformant la chevelure en un espace de contemplation et d'idéalisation. Ce poème illustre la complexité du thème exotique chez Baudelaire, mêlant sensualité et rêverie pour créer une expérience poétique immersive.

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La Chevelure

Ce poème La Chevelure, écrit par Charles Baudelaire et tiré du recueil Les


Fleurs du Mal (1857), invite son lecteur à un voyager sensoriel et imaginaire. A travers
un texte à la fois sensuel et évocateur, Baudelaire métamorphose la chevelure de sa
bien-aimée, Jeanne Duval, en un portail vers des mondes exotiques et des sensations
enivrantes. Dès lors, nous pouvons nous interroger sur la manière dont le poète
parvient à faire voyager son lecteur ? Tout d’abord, nous analyserons l’idéalisation
de la femme à travers la chevelure, puis nous examinerons la synesthésie et l’éveil
des sens dans le poème.

Pour commencer, le thème central du poème repose sur la chevelure de la


femme aimée, à laquelle Baudelaire s’adresse directement tout au long du texte.
Celle-ci devient un vecteur de rêverie et d’évasion, permettant au poète d’évoquer des
souvenirs et d’explorer un ailleurs fantasmé. La Chevelure est un poème long,
structuré en sept quintils en alexandrins, ce qui lui confère une ampleur propice au
déploiement du pouvoir évocateur de cette chevelure. Le rythme ample et majestueux
souligne son importance aux yeux du poète, et par extension, l’importance de la
femme elle-même. Les multiples enjambements accentuent cette impression de
fluidité et d’infini dans sa rêverie, renforçant ainsi la dimension ironique du poème. De
plus, Baudelaire utilise de nombreux « ô » vocatifs (vers 1, 2, 10 et 24), qui apporte
au poème une dimension incantatoire, comme si le poète s’adressait à une divinité.
Ce procédé amplifie l’idéalisation de Jeanne Duval et inscrit la chevelure dans une
forme de sacralisation. Ainsi, la chevelure devient un lieu de culte poétique, un espace
de contemplation et d’adoration. L’oxymore « cheveux bleus » v.26, illustre cette
idéalisation : la couleur suggère des reflets si profonds qu’ils attribuent aux cheveux
une dimension presque irréelle. Enfin, avec l’aide d’une métaphore filée, Baudelaire
associe la chevelure à des éléments essentiels à son imaginaire, notamment le
voyage et l’évasion, comme en témoigne la comparaison avec « un port » v.16, un
symbole d’ouverture vers l’inconnu. Au long du poème, la chevelure semble se
substituer à la femme dans l’adoration du poète. En effet, Baudelaire s’adresse
directement à la chevelure — « tes profondeurs » v.8, « ton parfum » v.10 — avant
d’évoquer la femme à la dernière strophe : « dans ta crinière lourde » v.31. Cet idéal
féminin se spiritualise peu à peu, comme le suggère la comparaison « je la veux agiter
dans l’air comme un mouchoir ! » v.5 où la chevelure devient une extension de l’âme
du poète, symbolisant la liberté et le désir de s’évader vers des contrés lointaine et
exotiques.

Baudelaire sollicite également les sens de lecteur afin de l’immerger pleinement


dans cette rêverie et de lui offrir une experience sensoriel intense, bien que statique.
Dès le deuxième vers, il évoque le parfum de la chevelure, qui devient omniprésent et
presque tangible. On retrouve d’ailleurs la mention du « parfum » trois fois dans le
poème au vers 2, 10 et 17, qui est complété par un champ lexical plus développé des
senteurs « aromatique » v.8, « musc » v.30 et « huile de coco » v.30 qui accentue
cette impression d’exotisme et invite le lecteur à un voyage olfactif. La sensualité du
poème se manifeste aussi à travers un lexique maritime : « profondeurs » v.8, « port »
v.16, « mer d’ébène » v.14, « noir océan » v.22, qui renforce l’image d’un voyage
intérieur. Baudelaire compare également la chevelure à une toison animale : « toison
[…] encolure » v.1, ce qui lui accorde une dimension à la fois charnelle et
mythologique. Cette sensualité s’étend à d’autres registres sensoriels, notamment
celui de l’ivresse et de la boisson « amoureuse d’ivresse » v.21, « le vin du souvenir »
v.35, « oasis » v.34. Enfin, Baudelaire nous fait voyager à travers la description
métaphorique de la chevelure de la jeune femme : « langoureuse Asie » v.6,
« brûlante Afrique » v.6, « monde lointain » v.7. Il va même jusqu’à évoquer la richesse
de ces pays « rubis » v.32, « saphir » v.32, « perle » v.32. Il décrit un Orient fantasmé,
qui devient le cadre imaginaire de son évasion poétique. Par les goûts et sensations,
le poète utilise la chevelure de la femme afin de faire surgir, comme un magicien, une
multitude de paysages et une envie au lecteur de voyager.
Pour conclure, ce poème révèle la complexité du thème exotique chez Baudelaire. A
travers la chevelure de Jeanne Duval, il transforme une sensation intime en un voyage
sensoriel et spirituel. Baudelaire fait voyager son lecteur en transformant la chevelure
de Jeanne Duval en un paysage sensoriel et exotique. Par la synesthésie, il sollicite
tous les sens — le toucher, l’odorat, la vue — et crée une ivresse poétique. Le rythme
ample, les enjambements et les images maritimes amplifient cette impression
d’évasion et l’amour qu’il a pour cette femme. Ainsi, avec ses multiple procédés
stylistiques, La Chevelure transporte le lecteur au delà du réel, dans un monde
onirique où la sensualité et la rêverie ouvrent les portes de l’infini.

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