Marchés publics au Cameroun : Guide complet
Marchés publics au Cameroun : Guide complet
INTRODUCTION .............................................................................................................. 2
2. AU CAMEROUN ...................................................................................................... 21
CONCLUSION ................................................................................................................. 24
REFERENCES ..................................................................................................................... 25
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INTRODUCTION
Les pays du monde pour réaliser divers projets en général ont recours à un certain
nombre de techniques permettant à des vendeurs appelés entrepreneurs d’acquérir des
commandes de la part d’acheteurs qu’on appelle maitres d’ouvrages ; cette procédure d’échange
porte le nom de Marché Public. De ce qui précède, nous pouvons dire qu’un marché public est
un contrat conclu à titre onéreux entre un acheteur public et des personnes publiques ou privées,
répondant aux besoins de cet acheteur en matière de fourniture de biens, de services et de
travaux. Dans l’optique de signer ce contrat, l’acheteur utilise un moyen de sélection
couramment nommé l’Appel d’Offre. Nous aborderons dans la suite de notre travail la notion
de marché public en nous appuyant sur les modes de passation et de gestion de ceux-ci.
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I. GENERALITES SUR LES MARCHES PUBLICS
1. PRESENTATION GENERALE DES MARCHES PUBLICS DES
COLLECTIVITES TERRITORIALES
1.1. Principes et notions de base
Ils sont mis en œuvre non seulement par le respect des procédures de publicité et de mise
en concurrence du code des marchés publics, mais aussi, y compris sous les seuils de procédure
formalisée, par une expression des besoins, sincère et précise, un choix des modalités de
publicité et des délais appropriés, une stricte application des interdictions de soumissionner,
une information loyale de l’ensemble des candidats, une absence de discrimination fondée sur
la nationalité des candidats, une négociation (lorsqu’elle est autorisée) transparente, etc. Ces
principes irriguent donc l’intégralité des processus de marchés publics.
Lorsqu’un marché public a pour objet à la fois des services et des fournitures, il est un
marché de services si la valeur de ceux-ci dépasse celle des fournitures achetées. Lorsqu’un
marché public porte à la fois sur des services et des travaux, il est un marché de travaux si son
objet principal est de réaliser des travaux. Un marché public ayant pour objet l’acquisition de
fournitures et, à titre accessoire, des travaux de pose et d’installation de celles-ci, est considéré
comme un marché de fournitures (article L.3 du code de la commande publique).
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1.2. Les acteurs
La personne publique (appelée « pouvoir adjudicateur » dans les textes) est la personne
morale de droit public qui passe le marché public. Plusieurs entités en son sein interviennent au
long du processus d’achat : l’assemblée délibérante, la commission d’appel d’offres, l’autorité
territoriale et les services de l’administration.
a) Assemblée délibérante
L’autorisation de signer les marchés donnés par l’assemblée délibérante peut » s’effectuer
selon trois modalités :
Dans ce cas, l’assemblée doit se prononcer sur tous les éléments essentiels du contrat à
intervenir : l’objet précis de celui-ci, tel qu’il ressort des pièces constitutives du marché, son
montant exact et l’identité de son attributaire.
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b) Commission d’appel d’offres
La Commission d’Appel d’Offres (CAO) est une institution ancienne qui intervient à
titre principal dans le choix des offres, donc dans l’attribution des marchés. Dans les
collectivités territoriales, la constitution de commissions d'appel d'offres est toujours
obligatoire, lorsqu'une procédure formalisée est mise en œuvre. Elle n'est, en revanche, pas
obligatoire en procédure adaptée. Néanmoins, compte tenu du rôle particulier joué par cette
commission et de l'importance du montant de certains de ces marchés, il peut être opportun de
consulter la commission d'appel d'offres, même en deçà du seuil de procédure formalisée. Ainsi,
une commission d'appel d'offres pourra donner un avis, mais ne pourra attribuer un marché,
lorsqu'il est passé selon une procédure adaptée. Son pouvoir d'attribution ne peut pas faire l'objet
d'une délégation de pouvoir : il appartient au pouvoir adjudicateur ou à son représentant.
Dans une collectivité locale, les membres de la CAO sont élus. La commission est
constituée de plusieurs collèges :
Le collège des élus avec les exécutifs de la collectivité locale, trois ou cinq élus suivant
la taille de la collectivité ;
Le collège des personnalités compétentes (pas obligatoire) qui ont pour rôle d’éclairer
les élus dans leurs choix ;
Le collège des institutionnels (pas obligatoire) tels que le comptable public ou un
représentant de l’unité territoriale de la DIRECTE (direction régionale des entreprises,
de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) ;
Un ou plusieurs membres du service technique compétent du pouvoir adjudicateur pour
suivre l’exécution des travaux et effectuer un contrôle de conformité lorsque la
réglementation impose le concours de tels services (par exemple, un représentant de
l’Etat pour des travaux réalisés sur un monument historique).
Seuls les élus ont voix délibérative, les personnes des autres collèges ne donnent qu’un
avis et sont surtout présents pour éclairer les travaux de la commission. En cas d'urgence
impérieuse, le marché peut être attribué sans réunion préalable de la commission d'appel
d'offres. Dans une procédure d'attribution, l'assemblée délibérante se prononce sur le principe
du recours au contrat. Pour ce qui concerne les marchés, la CAO est ensuite saisie. Selon les
cas présentés ci-dessus, c'est elle ou bien l'assemblée délibérante qui prend la décision
d'attribuer le marché. Lorsque la CAO est l'organe qui attribue le marché, ce choix fait l'objet
d'une délibération par l'assemblée délibérante.
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c) L’autorité territoriale
Le maire peut, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie et pour
la durée de son mandat, de prendre toute décision concernant la préparation, la passation,
l'exécution et le règlement des marchés et des accords-cadres, ainsi que toute décision
concernant leurs avenants, lorsque les crédits sont inscrits au budget. Il peut déléguer sa
signature à certains autres élus ou à des agents de l’administration (articles L. 2122-21 (6°), L.
2122-21-1 et L. 2122-22 (4°) CGCT.)
Le code des marchés publics du Cameroun fixe les règles applicables à la préparation, à
la passation, à l’exécution, au contrôle et à la régulation des marchés publics. Les règles
fixées par le code des marchés publics reposent sur les principes de liberté d’accès à la
commande publique, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des
procédures, d’efficience et d’intégrité. Il s’applique à tout marché public financé ou
cofinancé :
a) aux marchés passés par des personnes morales de droit privé agissant pour le compte de
l’Etat et ses démembrements ;
b) aux marchés passés par des personnes de droit privé lorsque ces marchés bénéficient du
concours financier ou de la garantie de l’Etat ; ou d’une personne morale de droit public.
c) aux marchés passés entre des personnes morales de droit public dans les conditions
définies par le présent décret ;
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d) aux marchés publics passés dans le cadre d’une coordination ou d’un groupement de
commandes ou par une centrale d’achat qui acquiert des fournitures et /ou des services
destinés à des maîtres d’ouvrage ou conclus dans le cadre des accords-cadres, des marchés
de travaux, de fournitures ou de services.
Les dispositions particulières applicables aux marchés passés par les Ambassades et
les Postes consulaires font l’objet d’un texte particulier de l’autorité chargée des marchés
publics.
Pour l’application du code des marchés public, les définitions ci-après sont admises :
a) Aide extérieure : don ou prêt provenant d’un pays ou d’une institution financière
étranger ;
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f) Avenant : acte contractuel modifiant ou complétant certaines clauses du marché
de base pour l’adapter à des événements survenus après sa signature ;
g) Comité chargé de l’examen des recours résultant des marchés publics : instance
établie auprès de l’organisme chargé de la régulation des marchés publics, appelée à
examiner les recours des soumissionnaires qui s’estiment lésés, et à proposer le cas échéant
à l’Autorité chargée des marchés publics, des mesures appropriées ;
n) Lettre-commande : marché public dont le montant est au moins égal à cinq (05)
et inférieur à cinquante (50) millions de FCFA ;
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aux stades de la définition, de l’élaboration, de l’exécution et de la réception des prestations
objets du marché ;
r) Soumission : acte écrit par lequel un candidat à la commande publique fait connaître
ses conditions et s’engage à respecter les cahiers de charges applicables ;
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II. MODES ET PROCÉDURES DE PASSATION DES MARCHES
PUBLICS
Les marchés publics sont passés après mise en concurrence des cocontractants
potentiels de l’administration, sur appel d’offres. Ils peuvent exceptionnellement être
attribués selon la procédure de gré à gré, après autorisation expresse de l’Autorité chargée des
marchés publics. Cependant, il existe des marchés spéciaux qui ne répondent pas, pour tout
ou partie, aux dispositions relatives aux marchés sur appel d’offres ou aux marchés de gré à
gré. Ils comprennent essentiellement les marchés relatifs à la défense nationale, à la sécurité
aux intérêts stratégiques de l’Etat. Ces marchés comportent des clauses secrètes pour des
raisons de sécurité et d’intérêts stratégiques de l’Etat, et échappent de ce fait à l’examen de
toute commission des marchés publics prévue par le code des marchés publics.
L’étude préalable doit définir les spécifications et la consistance des prestations objet
du marché et déboucher, soit sur un avant-projet définissant toutes les caractéristiques de
l’ouvrage à réaliser ou des fournitures à livrer, soit sur les termes de référence des services
concernés.
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La passation des marchés publics doit faire l’objet d’une programmation par les Maîtres
d’Ouvrage et les Maîtres d’Ouvrage Délégués, en relation avec le Ministère chargé des marchés
publics.
L’adoption des budgets par les organes compétents est subordonnée à la présentation
d’un projet de journal de programmation incluant les marchés sur financement extérieur.
Il peut être ouvert, restreint, avec concours, en deux temps ou en deux étapes.
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L’appel d’offres restreint est un appel d’offres précédé d’une pré-qualification.
La pré-qualification s’effectue pour des prestations de même nature, à la suite d’un appel public
à candidatures par insertion dans des publications habilitées, d’un avis relatif à un appel
d’offres particulier ou à un ensemble d’appels d’offres au cours d’une période n’excédant
pas six (06) mois.
L’appel d’offres restreint s’adresse à un nombre minimal de trois (03) candidats retenus
à l’issue d’une procédure de pré-qualification. A défaut, le maître d’ouvrage ou le maître
d’ouvrage délégué doit recourir à un appel d’offres ouvert.
En cas d’allotissement, le nombre minimal de candidats pré-qualifiés par lot est fixé à
trois (03).
Lorsque la pré-qualification porte sur un ensemble d’appels d’offres étalé dans une
période n’excédant pas six (06) mois, l’appel public à candidatures doit limiter le nombre ou
le volume global des marchés dont un candidat pourrait être attributaire en fonction de ses
capacités.
Les lettres d’invitation à soumissionner sont adressées aux candidats pré-qualifiés et les
dossiers d’appels d’offres approuvés sont mis à leur disposition dans les mêmes conditions que
celles prévues à l’article 75 du présent code des marchés publics.
- Quinze (15) jours calendaires au moins et de vingt un (21) jours au plus pour les
appels d’offres nationaux ;
- Vingt un (21) jours calendaires au moins et trente (30) jours au plus pour les appels
d’offres internationaux ;
Ces délais peuvent être ramenés respectivement à dix (10) et quinze (15) jours calendaires
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en cas d’urgence.
Le recours à l’appel d’offres restreint est obligatoire pour les marchés prestations
intellectuelles.
L’appel d’offres restreint peut aussi être utilisé pour les cas suivants :
- Travaux ou équipements spécifiques de grande importance ou complexes ;
- Fournitures de matériel devant être fabriqués sur commande et services spécialisés.
Le maître de l’ouvrage ou le maître d’ouvrage délégué peut être exempté de la pré-
qualification :
- Lorsque la pré qualification a été infructueuse ou a débouché sur moins de trois (03)
candidats par lot ;
- Lorsque le chronogramme de passation des marchés élaboré conformément à la
réglementation en vigueur montre que les délais de procédures ne permettent pas de
respecter les dates prévisionnelles de démarrage ou d’achèvement des prestations ;
- Lorsque l’appel d’offres s’adresse à des prestataires retenus dans le cadre de la
catégorisation.
L’appel d’offres avec concours s’effectue selon la procédure d’appel d’offres ouvert et
les projets sont examinés par un jury
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Dans un premier temps seules les pièces administratives et les œuvres sont ouvertes
par la commission de passation des marchés.
Le jury procède à l'évaluation et au classement des projets sur la base des critères
figurant au règlement du concours.
Lorsque l’appel d’offres avec concours porte uniquement sur la conception d’un projet, les
critères d’évaluation du concours doivent privilégier la qualité du projet et non les références
du concepteur et tenir compte du coût estimatif prévisionnel du projet.
Lorsque l’appel d’offres porte soit à la fois sur la conception d'un projet, la réalisation de
l'étude y afférente et le suivi et le contrôle de sa réalisation, ou sur la conception et la
réalisation d’un projet, les critères d’évaluation doivent tenir compte de la qualité du projet
et de son coût estimatif prévisionnel, ainsi que des références des soumissionnaires et du coût
de l’étude subséquente, selon les cas.
A cet effet, le jury procède à l’addition des notes obtenues par chaque concurrent sur
le concours proprement dit, l'estimation du coût global du projet et sur l'offre financière,
suivant une pondération prévue dans le dossier d’appel d’offres.
Dans tous les cas, le marché est attribué au soumissionnaire qui présente l'offre la plus
avantageuse.
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baser son choix sur les critères de performance, de contrainte d’exploitation et de coût
économique en lieu et place de simples spécifications techniques détaillées, et qu’il peut
justifier ne pas être en mesure :
Les offres sont reçues par le maître d’ouvrage qui commet un comité Adhoc pour évaluer
les candidatures reçues. Un rapport de préqualification faisant ressortir le classement des
candidats par ordre de mérite est rédigé par le maître d’ouvrage. Ce rapport et le projet de
marché sont transmis à la commission des marchés compétente pour adoption.
f. Demande de cotation
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La demande de cotation est une procédure simplifiée de consultation des prestataires
pour la passation de lettres-commandes relatives aux fournitures de biens et services ou à
toutes autres prestations de moindre envergure ne nécessitant pas l’élaboration d’offres
techniques.
Les prestations pouvant faire l’objet de demande de cotation portent notamment sur :
- Les fournitures, consommables et matériels divers ;
- Le mobilier ;
- Le petit équipement ;
- Les matériels informatiques ;
- L’entretien des bâtiments ;
- Le cantonnage.
La consultation est réservée aux prestataires exerçant dans le secteur concerné et répondant
aux critères de qualification indiqués dans la demande de cotation. La demande de cotation est
régie par l’arrêté N° 032/CAB/PM du 28 Février 2003.
Les offres sont reçues par le maître d’ouvrage et transmises à la commission de passation
des marchés pour dépouillement, vérification de la conformité des spécifications techniques
et comparaison.
g. Marchés de conception-réalisation
Un marché de conception-réalisation est un marché de travaux qui permet au Maître
d’Ouvrage de confier à un groupement d’opérateurs économiques ou, pour les seuls ouvrages
d’infrastructures, à un seul opérateur économique, une mission portant à la fois sur la
réalisation des études et l’exécution des travaux.
h. Accords-cadres
Lorsque le maître d’ouvrage ne peut pas déterminer à l’avance le volume et le rythme
des commandes de fournitures ou de services courants nécessaires à ses besoins, il peut
recourir à un accord-cadre.
Les accords-cadres sont des marchés conclus par un ou plusieurs Maîtres d’ouvrage avec
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un ou plusieurs prestataires ayant pour objet d’établir les règles relatives aux bons de
commande à émettre, ou les dispositions régissant les marchés à commandes subséquents à
passer au cours d’une période donnée, notamment en ce qui concerne les prix, et le cas
échéant, les quantités envisagées.
Il ne peut être passé de marché suivant la procédure du gré à gré que dans l’un des cas
limitatifs suivants :
Pour les besoins ne pouvant être satisfaits que par une prestation nécessitant l’emploi
d’un brevet d’invention, d’un procédé, d’un savoir-faire, d’une licence ou de droits
exclusifs détenus par un seul entrepreneur, un seul prestataire ou un seul fournisseur
Pour le remplacement, en cas d’urgence, d’entrepreneurs ou de fournisseurs
défaillants ;
Pour les travaux, fournitures ou services et prestations intellectuelles qui, dans le cas
d’urgence impérieuse motivée par un cas de force majeure, ne peuvent subir les délais
d’une procédure d’appel d’offres ;
pour des fournitures, services ou travaux qui complètent ceux ayant fait l’objet d’un
premier marché exécuté par le même titulaire, à la condition que le marché initial ait
été passé selon la procédure d’appel d’offres et que le marché complémentaire qui en
découle ne porte que sur des fournitures, services ou travaux qui ne figurent pas dans
le marché initial conclu mais qui sont rendus nécessaires, à la suite d’une circonstance
imprévue et extérieure aux parties, et que ces fournitures, services ou travaux ne
peuvent être techniquement ou économiquement séparés du marché principal.
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En conformité avec les standards d’élaboration des manuels de procédures, chacune de ces
procédures est déclinée dans le présent guide en deux parties ; à savoir :
Les recours sont introduits en fonction de l’étape de la procédure, soit auprès du Maître
d’ouvrage ou du maître d’ouvrage délégué lors de la phase de préqualification et entre la
publication de l’avis d’appel d’offres et l’ouverture des plis, soit auprès du comité d’examen
de recours et des désaccords
Pour les recours adressés au Comité chargé de l’examen des recours, ce dernier
requiert l’avis de l’organisme chargé de la régulation des marchés publics qui instruit ledit
recours et soumet ses conclusions au Comité dans un délai maximum de sept (07) jours
calendaires à compter de sa saisine.
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1. Une Commission de Passation des Marchés (CPM), et ;
2. Une Commission Centrale de Contrôle des Marchés (CCCM).
Les désaccords portent sur :
- Le projet de dossier de consultation ;
- L’évaluation des offres et la proposition d’attribution, et ;
- Le projet de marché (en cas de gré à gré) ou d’avenant
Lorsque le maître d’ouvrage (ou le maître d’ouvrage délégué) n’approuve pas les
observations ou la proposition de la commission de passation des marchés, il est tenu de
demander un nouvel examen du dossier en mentionnant ses réserves, dans un délai de trois
(3) jours à compter de la date de réception des observations ou de la proposition de ladite
commission.
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Si le désaccord entre le maître d’ouvrage (ou le maître d’ouvrage délégué) et la CCCM
persiste, le maître d’ouvrage (ou le maître d’ouvrage délégué) notifie sa décision finale à la
CCCM dans un délai de cinq (05) jours calendaires à compter de la date de réception de la
notification de l’avis définitif de la CCCM. Si le maître d’ouvrage (ou le maître d’ouvrage
délégué) ne notifie pas sa décision finale dans ce délai, le président de la CCCM transmet le
dossier à l’autorité chargée des marchés publics. L’Autorité chargé des marchés publics peut
demander l’avis de l’organisme chargé de la régulation des marchés qui dispose dans ce cas
d’un délai de sept (07) jours pour le lui donner.
La décision de l’autorité chargée des marchés publics s’impose aux deux parties.
1. CAS GENERAL
La gestion des marchés publics englobe l’ensemble des activités liées à la mise en œuvre,
au suivi et à l’exécution des marchés une fois attribués. Cela comprend la gestion des délais,
des paiements, le suivi de l’exécution des travaux, ainsi que la résolution des éventuels litiges.
Une bonne gestion assure non seulement la conformité des prestations aux exigences
contractuelles mais aussi l’optimisation des ressources publiques.
En Europe
En Europe par exemple, la gestion des marchés publics concerne les étapes suivant la passation
d’un marché, c’est-à-dire l’exécution, le contrôle et l’évaluation des contrats attribués. Voici
les principaux aspects liés à cette gestion :
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En Amérique
La gestion des marchés publics varie selon les pays, mais elle partage des principes
communs de transparence, responsabilité et efficacité. Les aspects sont les mêmes qu’en Europe
et il faut noter que les pays de ce vaste Continent prennent principalement les Etats-Unis comme
modèle.
Pour ne citer que ceux-là, les principes de base dans la gestion des marchés publics sont
les même sur tous les continents.
2. AU CAMEROUN
Au Cameroun, la gestion des marchés publics est régie par le code des marchés publics
dont la version actuelle est définie par le Décret no 2018/366 du 20 juin 2018. Ce décret fixe
les règles applicables à la passation, l’exécution et au contrôle des marchés publics. Il régit
toutes les procédures relatives à l’attribution des contrats publics, incluant la gestion, la
supervision et les recours.
C’est le Ministère des marchés publics placé sous l’autorité de M. IBRAHIM TALBA
MALLA Ministre délégué à la Présidence de la République qui est l’autorité compétente pour
superviser et coordonner la gestion des marchés publics au Cameroun.
Rappelons que le Ministère des Marchés Publics et celui des Travaux Publics sont des
ministères aux fonctions bien différentes du fait que le premier ministère cité se concentre sur
les aspects réglementaires et de gestion des contrats, tandis le second cité lui, se concentre
sur la conception, la construction et l’entretien des infrastructures. Ces deux ministères
travaillent en étroite collaboration pour garantir que les projets d’infrastructure sont réalisés
efficacement et conformément aux règles en matière de marchés publics.
Dans le Code des marchés publics Décret no 2018/366 du 20 juin 2018, il faut savoir
qu’il y a en tout 101 articles régissant la passation, l’exécution et la gestion des marchés
publics au Cameroun. Les articles qui traitent de la gestion des marchés publics sont entre
autre :
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Article 12 : stipule les principes généraux régissant la gestion des marchés, notamment l’égalité
d’accès à la commande publique et l’intégrité des procédures.
Article 30 : il aborde les obligations des parties prenantes lors de l’exécution des marchés y
compris le respect des délais et des spécifications techniques.
Article 36 : il gère la gestion des modifications de contrat, précisant que toute modification doit
être justifiée et respecter des procédures spécifiques.
Article 38 : souligne les dispositions relatives à la résiliation des contrats et les conditions dans
lesquelles cela peut se produire.
Article 45 : il évoque les mécanismes de contrôle et d’audit post-exécution des marchés pour
garantir la conformité et l’utilisation correcte des fonds.
Grace au Code des marchés publics Décret no 2018/366 du 20 juin 2018, nous pouvons
déceler un aperçu des principales étapes et aspects de cette gestion. Il s’agit de :
Appels d’offre : les marchés publics sont généralement attribués par le biais d’appels
d’offres qui doivent respecter les principes de transparence et de concurrence. Ce processus
peut être ouvert ou restreint.
Cahier des charges : un cahier de charges détaillé est élaboré pour définir les besoins,
les spécifications techniques et les critères d’évaluation des offres.
Commissions d’évaluation : les offres reçues sont évaluées par des commissions
composées de membres d’institutions publiques, qui examinent les propositions en fonction des
critères établis dans le cahier des charges.
Suivi de l’exécution : une fois le contrat attribué, le suivi de l’exécution est essentiel.
Les autorités veillent à ce que les délais, la qualité des travaux et les couts soient respectés.
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Modifications de contrat : toute modification doit être justifiée et suivre des
procédures spécifiques, notamment pour des raisons imprévues.
CONTROLE ET AUDIT
Contrôle interne et externe : des mécanismes de contrôle interne et des audits externes
sont mis en place pour vérifier la bonne utilisation des fonds publics et la conformité des
marchés.
Lutte contre la corruption : la gestion des marchés publics inclut également des
mesures pour lutter contre la corruption avec des sanctions pour les pratiques illégales
DIGITALISATION
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CONCLUSION
En définitive, il ressort de notre exposé qui portait sur les marchés publics et plus
précisément sur la passation et la gestion de ceux-ci ; qu’ils sont essentiels pour les États et les
collectivités. Les modes de passation et de gestion des marchés publics jouent un rôle crucial
dans l'efficacité et la transparence des dépenses publiques. Ils permettent non seulement
d'assurer une concurrence saine entre les fournisseurs, mais aussi de garantir l’utilisation
optimale et responsable des ressources publiques. L'adoption de procédures claires et
rigoureuses contribue à minimiser les risques de corruption et à favoriser l'innovation. De plus,
une gestion efficace des marchés publics peut renforcer la confiance des citoyens envers les
institutions publiques. Il est donc essentiel de continuer à améliorer ces processus, en intégrant
des pratiques durables et en s'adaptant aux évolutions technologiques, afin de répondre aux
besoins croissants de la société tout en respectant les principes d'équité et de transparence.
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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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