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Marchés publics au Cameroun : Guide complet

Le document traite des marchés publics, en présentant leur définition, les principes fondamentaux, ainsi que les acteurs impliqués dans leur passation et gestion, notamment au Cameroun. Il aborde également les procédures de passation, les recours possibles pour les soumissionnaires et les spécificités du cadre réglementaire camerounais. En conclusion, il souligne l'importance de la transparence et de l'efficacité dans la gestion des marchés publics.

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Marchés publics au Cameroun : Guide complet

Le document traite des marchés publics, en présentant leur définition, les principes fondamentaux, ainsi que les acteurs impliqués dans leur passation et gestion, notamment au Cameroun. Il aborde également les procédures de passation, les recours possibles pour les soumissionnaires et les spécificités du cadre réglementaire camerounais. En conclusion, il souligne l'importance de la transparence et de l'efficacité dans la gestion des marchés publics.

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SOMMAIRE

INTRODUCTION .............................................................................................................. 2

I. GENERALITES SUR LES MARCHES PUBLICS ................................................ 3

1. PRESENTATION GENERALE DES MARCHES PUBLICS DES COLLECTIVITES


TERRITORIALES ....................................................................................................... 3

2. PRESENTATION DES MARCHES PUBLICS AU CAMEROUN ........................... 6

II. MODES ET PROCÉDURES DE PASSATION DES MARCHES PUBLICS .... 10

1. PREALABLES A LA PASSATION D’UN MARCHE PUBLIC ............................. 10

1. MODES DE PASSATION DES MARCHES ............................................................ 11

2. PROCEDURES DE PASSATION DES MARCHES ................................................ 17

4. PROCEDURES DE TRAITEMENT DES RECOURS DES SOUMISSIONNAIRES


.................................................................................................................................... 18

5. PROCEDURES DE TRAITEMENT DES DESACCORDS ..................................... 18

III. GESTION DES MARCHES PUBLICS ................................................................. 20

1. CAS GENERAL ......................................................................................................... 20

2. AU CAMEROUN ...................................................................................................... 21

CONCLUSION ................................................................................................................. 24

REFERENCES ..................................................................................................................... 25

1
INTRODUCTION

Les pays du monde pour réaliser divers projets en général ont recours à un certain
nombre de techniques permettant à des vendeurs appelés entrepreneurs d’acquérir des
commandes de la part d’acheteurs qu’on appelle maitres d’ouvrages ; cette procédure d’échange
porte le nom de Marché Public. De ce qui précède, nous pouvons dire qu’un marché public est
un contrat conclu à titre onéreux entre un acheteur public et des personnes publiques ou privées,
répondant aux besoins de cet acheteur en matière de fourniture de biens, de services et de
travaux. Dans l’optique de signer ce contrat, l’acheteur utilise un moyen de sélection
couramment nommé l’Appel d’Offre. Nous aborderons dans la suite de notre travail la notion
de marché public en nous appuyant sur les modes de passation et de gestion de ceux-ci.

2
I. GENERALITES SUR LES MARCHES PUBLICS
1. PRESENTATION GENERALE DES MARCHES PUBLICS DES
COLLECTIVITES TERRITORIALES
1.1. Principes et notions de base

Les marchés publics respectent les principes :

 De liberté d’accès à la commande publique ;


 D’égalité de traitement des candidats ;
 De transparence des procédures.

Ces principes permettent d’assurer :

 L’efficacité de la commande publique ;


 La bonne utilisation des deniers publics.

Ils sont mis en œuvre non seulement par le respect des procédures de publicité et de mise
en concurrence du code des marchés publics, mais aussi, y compris sous les seuils de procédure
formalisée, par une expression des besoins, sincère et précise, un choix des modalités de
publicité et des délais appropriés, une stricte application des interdictions de soumissionner,
une information loyale de l’ensemble des candidats, une absence de discrimination fondée sur
la nationalité des candidats, une négociation (lorsqu’elle est autorisée) transparente, etc. Ces
principes irriguent donc l’intégralité des processus de marchés publics.

Un marché public sera toujours un marché :

 De travaux : réalisation de tous travaux de bâtiment ou de génie civil ;


 Ou de fourniture : achat, prise en crédit-bail, location ou location-vente de produits ou
matériels ;
 Ou de services : réalisation de prestations de services.

Lorsqu’un marché public a pour objet à la fois des services et des fournitures, il est un
marché de services si la valeur de ceux-ci dépasse celle des fournitures achetées. Lorsqu’un
marché public porte à la fois sur des services et des travaux, il est un marché de travaux si son
objet principal est de réaliser des travaux. Un marché public ayant pour objet l’acquisition de
fournitures et, à titre accessoire, des travaux de pose et d’installation de celles-ci, est considéré
comme un marché de fournitures (article L.3 du code de la commande publique).

3
1.2. Les acteurs

La personne publique (appelée « pouvoir adjudicateur » dans les textes) est la personne
morale de droit public qui passe le marché public. Plusieurs entités en son sein interviennent au
long du processus d’achat : l’assemblée délibérante, la commission d’appel d’offres, l’autorité
territoriale et les services de l’administration.

a) Assemblée délibérante

L’assemblée délibérante (conseil municipal, conseil communautaire, etc.) détient l’autorité


supérieure en matière d’achat public : elle décide des crédits budgétaires nécessaires, autorise
le lancement des procédures, approuve les projets de contrats et autorise leur signature.

L’autorisation de signer les marchés donnés par l’assemblée délibérante peut » s’effectuer
selon trois modalités :

 Autorisation a posteriori : l’autorité territoriale lance la procédure, la conduit à son


terme et propose à l’assemblée d’approuver le marché avec le candidat retenu et aux
conditions et au prix résultant de la procédure de passation ; l’assemblée approuve (ou
non) cette proposition et autorise (ou non) la signature du marché en question ;

Dans ce cas, l’assemblée doit se prononcer sur tous les éléments essentiels du contrat à
intervenir : l’objet précis de celui-ci, tel qu’il ressort des pièces constitutives du marché, son
montant exact et l’identité de son attributaire.

 Autorisation a priori : l’assemblée délibérante charge le maire de souscrire un marché


déterminé avant l'engagement de la procédure de passation de ce marché par une
délibération comportant obligatoirement la définition de l'étendue du besoin à satisfaire
et le montant prévisionnel du marché ;

 Délégation : l’assemblée délibérante peut déléguer à l’autorité territoriale, pendant la


durée de son mandat, la compétence pour prendre toute décision concernant la
préparation, la passation, l'exécution et le règlement des marchés ainsi que toute
décision concernant leurs avenants, lorsque les crédits sont inscrits au budget ;
l’assemblée peut librement moduler le champ de cette délégation (par exemple, en
excluant certains types de marchés)(articles L. 2122-21 (6°), L. 2122-21-1 et L. 2122-
22 (4°) CGCT ; CE, 4 avril 1997, Commune d’Orcet, n° 151275 ; CE, 13 octobre
2004, Commune de Montélimar, n° 254007.)

4
b) Commission d’appel d’offres

La Commission d’Appel d’Offres (CAO) est une institution ancienne qui intervient à
titre principal dans le choix des offres, donc dans l’attribution des marchés. Dans les
collectivités territoriales, la constitution de commissions d'appel d'offres est toujours
obligatoire, lorsqu'une procédure formalisée est mise en œuvre. Elle n'est, en revanche, pas
obligatoire en procédure adaptée. Néanmoins, compte tenu du rôle particulier joué par cette
commission et de l'importance du montant de certains de ces marchés, il peut être opportun de
consulter la commission d'appel d'offres, même en deçà du seuil de procédure formalisée. Ainsi,
une commission d'appel d'offres pourra donner un avis, mais ne pourra attribuer un marché,
lorsqu'il est passé selon une procédure adaptée. Son pouvoir d'attribution ne peut pas faire l'objet
d'une délégation de pouvoir : il appartient au pouvoir adjudicateur ou à son représentant.

Dans une collectivité locale, les membres de la CAO sont élus. La commission est
constituée de plusieurs collèges :

 Le collège des élus avec les exécutifs de la collectivité locale, trois ou cinq élus suivant
la taille de la collectivité ;
 Le collège des personnalités compétentes (pas obligatoire) qui ont pour rôle d’éclairer
les élus dans leurs choix ;
 Le collège des institutionnels (pas obligatoire) tels que le comptable public ou un
représentant de l’unité territoriale de la DIRECTE (direction régionale des entreprises,
de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) ;
 Un ou plusieurs membres du service technique compétent du pouvoir adjudicateur pour
suivre l’exécution des travaux et effectuer un contrôle de conformité lorsque la
réglementation impose le concours de tels services (par exemple, un représentant de
l’Etat pour des travaux réalisés sur un monument historique).

Seuls les élus ont voix délibérative, les personnes des autres collèges ne donnent qu’un
avis et sont surtout présents pour éclairer les travaux de la commission. En cas d'urgence
impérieuse, le marché peut être attribué sans réunion préalable de la commission d'appel
d'offres. Dans une procédure d'attribution, l'assemblée délibérante se prononce sur le principe
du recours au contrat. Pour ce qui concerne les marchés, la CAO est ensuite saisie. Selon les
cas présentés ci-dessus, c'est elle ou bien l'assemblée délibérante qui prend la décision
d'attribuer le marché. Lorsque la CAO est l'organe qui attribue le marché, ce choix fait l'objet
d'une délibération par l'assemblée délibérante.

5
c) L’autorité territoriale

Le maire peut, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie et pour
la durée de son mandat, de prendre toute décision concernant la préparation, la passation,
l'exécution et le règlement des marchés et des accords-cadres, ainsi que toute décision
concernant leurs avenants, lorsque les crédits sont inscrits au budget. Il peut déléguer sa
signature à certains autres élus ou à des agents de l’administration (articles L. 2122-21 (6°), L.
2122-21-1 et L. 2122-22 (4°) CGCT.)

2. PRESENTATION DES MARCHES PUBLICS AU CAMEROUN


2.1- Cadre règlementaire

Le code des marchés publics du Cameroun fixe les règles applicables à la préparation, à
la passation, à l’exécution, au contrôle et à la régulation des marchés publics. Les règles
fixées par le code des marchés publics reposent sur les principes de liberté d’accès à la
commande publique, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des
procédures, d’efficience et d’intégrité. Il s’applique à tout marché public financé ou
cofinancé :

a) par le budget de l’Etat ;

b) sur fonds d’aide extérieure, bilatérale ou multilatérale ;

c) sur emprunt avalisé par l’Etat ;

d) par le budget d’un établissement public ou d’une collectivité territoriale


décentralisée.

Les dispositions de ce code sont également applicables :

a) aux marchés passés par des personnes morales de droit privé agissant pour le compte de
l’Etat et ses démembrements ;

b) aux marchés passés par des personnes de droit privé lorsque ces marchés bénéficient du
concours financier ou de la garantie de l’Etat ; ou d’une personne morale de droit public.

c) aux marchés passés entre des personnes morales de droit public dans les conditions
définies par le présent décret ;

6
d) aux marchés publics passés dans le cadre d’une coordination ou d’un groupement de
commandes ou par une centrale d’achat qui acquiert des fournitures et /ou des services
destinés à des maîtres d’ouvrage ou conclus dans le cadre des accords-cadres, des marchés
de travaux, de fournitures ou de services.

Les dispositions particulières applicables aux marchés passés par les Ambassades et
les Postes consulaires font l’objet d’un texte particulier de l’autorité chargée des marchés
publics.

Nonobstant les dispositions précédentes. Le présent décret ne s’applique qu’aux marchés


conclus dans le cadre des conventions internationales ou de financement signé par l’Etat
avec les partenaires techniques et financiers qu’en ses dispositions non contraires auxdites
conventions.

2.2- Quelques définitions

Pour l’application du code des marchés public, les définitions ci-après sont admises :

a) Aide extérieure : don ou prêt provenant d’un pays ou d’une institution financière
étranger ;

b) Approche à haute intensité de main d’œuvre (HIMO) : approche d’exécution


des travaux qui combine de manière optimale, l’utilisation du matériel léger avec les
ressources localement disponibles en termes de main d’œuvre locale et de matériaux locaux,
chaque fois que cela est techniquement faisable et économiquement rentable ;

c) Auditeur indépendant : Cabinet de réputation établie, recruté par voie d’appel


d’offres restreint par l’organisme chargé de la régulation des marchés, pour réaliser
l’audit à posteriori des marchés signés au cours de l’année écoulée, et exécutés ou en cours
d’exécution ;

d) Autorité chargé des marchés publics : autorité placée à la tête de


l’administration publique compétente dans le domaine des marchés publics ;

e) Autorité contractante : personne physique habilitée à conduire le processus de


contractualisation et à signer les marchés y relatifs. Il s’agit des Maîtres d’Ouvrage et
des Maître d’Ouvrage Délégués ;

7
f) Avenant : acte contractuel modifiant ou complétant certaines clauses du marché
de base pour l’adapter à des événements survenus après sa signature ;

g) Comité chargé de l’examen des recours résultant des marchés publics : instance
établie auprès de l’organisme chargé de la régulation des marchés publics, appelée à
examiner les recours des soumissionnaires qui s’estiment lésés, et à proposer le cas échéant
à l’Autorité chargée des marchés publics, des mesures appropriées ;

h) Commission de suivi et de recette technique : commission constituée des


membres choisis en fonction de leur domaine de compétence et chargée de suivre et de
valider les prestations effectuées dans le cadre des marchés de prestations intellectuelles
dont les montants sont supérieurs ou égaux à cent (100) millions de FCFA ;

i) Cocontractant de l’Administration ou titulaire du marché : toute personne


physique ou morale partie au contrat, chargée de l’exécution des prestations prévues dans
le marché ;

j) Demande de cotation : procédure simplifiée de consultation d’entreprises pour la


passation de certaines lettres-commandes ;

k) Experts : personnes physiques agréées par l’organisme chargé de la régulation


des marchés publics, en vue d’une assistance technique aux acteurs, dans le domaine de
marchés publics ;

l) Groupement d’entreprises : groupe d’entreprises ou de prestataires ayant


souscrit un acte d’engagement unique, représenté par l’un d’entre eux qui assure la fonction
de mandataire commun. Le groupement d’entreprises est conjoint et/ou solidaire ;

m) Ingénieur du marché : personne physique ou morale de droit public accréditée par


le maître d’ouvrage ou le maître d’ouvrage délégué, pour le suivi de l’exécution du marché.
Responsable du suivi technique et financier, il apprécie, décide et donne toutes les
instructions n’entraînant aucune incidence financière. Il rend compte au chef de service du
marché ;

n) Lettre-commande : marché public dont le montant est au moins égal à cinq (05)
et inférieur à cinquante (50) millions de FCFA ;

o) Maître d’œuvre : personne physique ou morale de droit public ou privé chargée


par le maître d’ouvrage ou le maître d’ouvrage délégué d’assurer la défense de ses intérêts

8
aux stades de la définition, de l’élaboration, de l’exécution et de la réception des prestations
objets du marché ;

p) Maître d’Ouvrage : chef de département ministériel ou assimilé, chef de


l’exécutif d’une collectivité territoriale décentralisée, et directeur général et directeur d’un
établissement public, représentant l’administration bénéficiaire des prestations prévues dans
le marché ;

q) Maître d’Ouvrage Délégué : c’est une personne exerçant en qualité de


mandataire du maître d’ouvrage, une partie des attributions de ce dernier.

r) Soumission : acte écrit par lequel un candidat à la commande publique fait connaître
ses conditions et s’engage à respecter les cahiers de charges applicables ;

s) Observateur Indépendant : consultant recruté par l’administration afin de veiller au


respect de la réglementation, aux règles de transparence et aux principes d’équité dans le
processus de passation des marchés publics ;

t) Offre : ensemble des documents administratifs, techniques et financiers


constituant la proposition du soumissionnaire ;

u) Organisation communautaire à la base : regroupement de populations locales


sous forme d’association légalisée ou d’organisation de la société civile, en vue d’œuvrer
au développement local et qui exécute des travaux à haute intensité de main d’œuvre ;

v) Ouvrage : construction, installation, édifice, assemblage et d’une façon générale,


bien matériel créé ou transformé par l’exécution des travaux ;

w) Prestataire : personne physique ou morale, titulaire d’un marché public ;

x) Prestations : travaux, fournitures, services, objets d’un marché ;

y) Sous-commission d’analyse : comité ad-hoc désigné par la commission de passation


des Marchés pour l’évaluation et le classement des offres aux plans technique et financier ;

z) Titulaire du marché : toute personne physique ou morale partie au contrat, en charge


l’exécution des prestations prévues dans le marché, ainsi que son ou ses représentant(s),
personnel(s), successeur(s) et /ou mandataire(s) dûment désigné(s). Il est co-contractant de
l’administration.

9
II. MODES ET PROCÉDURES DE PASSATION DES MARCHES
PUBLICS

Les marchés publics sont passés après mise en concurrence des cocontractants
potentiels de l’administration, sur appel d’offres. Ils peuvent exceptionnellement être
attribués selon la procédure de gré à gré, après autorisation expresse de l’Autorité chargée des
marchés publics. Cependant, il existe des marchés spéciaux qui ne répondent pas, pour tout
ou partie, aux dispositions relatives aux marchés sur appel d’offres ou aux marchés de gré à
gré. Ils comprennent essentiellement les marchés relatifs à la défense nationale, à la sécurité
aux intérêts stratégiques de l’Etat. Ces marchés comportent des clauses secrètes pour des
raisons de sécurité et d’intérêts stratégiques de l’Etat, et échappent de ce fait à l’examen de
toute commission des marchés publics prévue par le code des marchés publics.

1. PREALABLES A LA PASSATION D’UN MARCHE PUBLIC


Conformément aux dispositions du Chapitre II du Titre III du décret n°2018/366 du 20
juin 2018 portant code des marchés publics, les préalables à la passation d’un marché public
concernent entre autres :

▪ La détermination du besoin et la réalisation des études,


▪ La programmation des opérations de passation des marchés, et ;
▪ La disponibilité du site et du financement.

1.1 Détermination du besoin et études préalables


Avant le lancement de tout appel à la concurrence ou toute consultation, le maître
d’ouvrage est tenu de réaliser une étude préalable ou de recourir le cas échéant à une expertise
externe en vue de déterminer aussi exactement que possible, la nature et l’étendue des besoins
à satisfaire.

L’étude préalable doit définir les spécifications et la consistance des prestations objet
du marché et déboucher, soit sur un avant-projet définissant toutes les caractéristiques de
l’ouvrage à réaliser ou des fournitures à livrer, soit sur les termes de référence des services
concernés.

1.2 Programmation des opérations de passation des marchés

10
La passation des marchés publics doit faire l’objet d’une programmation par les Maîtres
d’Ouvrage et les Maîtres d’Ouvrage Délégués, en relation avec le Ministère chargé des marchés
publics.

L’adoption des budgets par les organes compétents est subordonnée à la présentation
d’un projet de journal de programmation incluant les marchés sur financement extérieur.

1.3 Disponibilité du site et du financement


Avant le lancement de toute consultation, le maître d’ouvrage (ou le maître d’ouvrage
délégué) est tenu de s’assurer de la disponibilité du financement. Il s’agit d’attester, selon le
cas, de l’inscription budgétaire, de l’effectivité de l’autorisation de dépense, de l’entrée en
vigueur de l’accord de financement.

Le maître d’ouvrage ou le maître d’ouvrage délégué est également tenu de conduire


toutes les diligences nécessaires à la mise à disposition du site d’exécution des prestations
avant la notification du marché concerné.

2. MODES DE PASSATION DES MARCHES


La réglementation des marchés publics prévoit neuf (09) modes de passation des marchés.
Ils ont été identifiés et répartis en deux types à savoir :

 L’appel d’offres qui le mode par défaut, et ;


 Le gré à gré, le mode dérogatoire.

2.1 Marchés passés par appel d’offres


L’appel d’offres est le mode de passation des marchés par laquelle l’attribution intervient
après un appel public à la concurrence.

Il peut être ouvert, restreint, avec concours, en deux temps ou en deux étapes.

a. Appel d’offres ouvert


L’appel d’offres est ouvert lorsque l’avis public invite tous les candidats intéressés à
remettre leurs offres dans un intervalle de temps donné.

b. Appel d’offres restreint

11
L’appel d’offres restreint est un appel d’offres précédé d’une pré-qualification.
La pré-qualification s’effectue pour des prestations de même nature, à la suite d’un appel public
à candidatures par insertion dans des publications habilitées, d’un avis relatif à un appel
d’offres particulier ou à un ensemble d’appels d’offres au cours d’une période n’excédant
pas six (06) mois.

L’appel d’offres restreint s’adresse à un nombre minimal de trois (03) candidats retenus
à l’issue d’une procédure de pré-qualification. A défaut, le maître d’ouvrage ou le maître
d’ouvrage délégué doit recourir à un appel d’offres ouvert.

En cas d’allotissement, le nombre minimal de candidats pré-qualifiés par lot est fixé à
trois (03).

A défaut, le maître d’ouvrage ou le maître d’ouvrage délégué est tenu de recourir à un


appel d’offres ouvert pour le(s) lot(s) concerné(s).

Lorsque la pré-qualification porte sur un ensemble d’appels d’offres étalé dans une
période n’excédant pas six (06) mois, l’appel public à candidatures doit limiter le nombre ou
le volume global des marchés dont un candidat pourrait être attributaire en fonction de ses
capacités.

Le processus de pré-qualification conduit par le maître d’ouvrage ou le maître


d’ouvrage délégué débouche sur l’établissement d’une liste restreinte publiée avant le
lancement de la consultation.

Les lettres d’invitation à soumissionner sont adressées aux candidats pré-qualifiés et les
dossiers d’appels d’offres approuvés sont mis à leur disposition dans les mêmes conditions que
celles prévues à l’article 75 du présent code des marchés publics.

Les délais de remise des candidatures, à compter de la date de publication de l’appel à


manifestation d’intérêt, sont de :

- Quinze (15) jours calendaires au moins et de vingt un (21) jours au plus pour les
appels d’offres nationaux ;
- Vingt un (21) jours calendaires au moins et trente (30) jours au plus pour les appels
d’offres internationaux ;

Ces délais peuvent être ramenés respectivement à dix (10) et quinze (15) jours calendaires

12
en cas d’urgence.

Le recours à l’appel d’offres restreint est obligatoire pour les marchés prestations
intellectuelles.

L’appel d’offres restreint peut aussi être utilisé pour les cas suivants :
- Travaux ou équipements spécifiques de grande importance ou complexes ;
- Fournitures de matériel devant être fabriqués sur commande et services spécialisés.
Le maître de l’ouvrage ou le maître d’ouvrage délégué peut être exempté de la pré-
qualification :

- Pour des prestations intellectuelles relevant des lettres- commandes ;

- Lorsque la pré qualification a été infructueuse ou a débouché sur moins de trois (03)
candidats par lot ;
- Lorsque le chronogramme de passation des marchés élaboré conformément à la
réglementation en vigueur montre que les délais de procédures ne permettent pas de
respecter les dates prévisionnelles de démarrage ou d’achèvement des prestations ;
- Lorsque l’appel d’offres s’adresse à des prestataires retenus dans le cadre de la
catégorisation.

c. Appel d’offres avec concours


L’appel d’offres peut être assorti d’un concours lorsque des motifs d’ordre technique,
esthétique ou financier justifient des recherches particulières.

L’appel d’offres avec concours porte :


- Soit sur la conception d'un projet ;
- Soit à la fois sur la conception d'un projet et la réalisation de l'étude y afférente ;
- Soit à la fois sur la conception d'un projet et la réalisation de l'étude y afférente et le
suivi et le contrôle de sa réalisation ;
- Soit la conception et la réalisation du projet lorsqu'il s'agit d'un marché de conception-
réalisation

L’appel d’offres avec concours s’effectue selon la procédure d’appel d’offres ouvert et
les projets sont examinés par un jury

L’ouverture des offres se fait en deux temps.

13
Dans un premier temps seules les pièces administratives et les œuvres sont ouvertes
par la commission de passation des marchés.

Dans un second temps, les propositions techniques comprenant le coût estimatif


prévisionnel du projet, les références du soumissionnaire et le coût global du projet des
soumissionnaires ayant atteint la note minimale requise pour le concours proprement dit sont
ouvertes en présence des soumissionnaires concernés.

Le jury procède à l'évaluation et au classement des projets sur la base des critères
figurant au règlement du concours.

Lorsque l’appel d’offres avec concours porte uniquement sur la conception d’un projet, les
critères d’évaluation du concours doivent privilégier la qualité du projet et non les références
du concepteur et tenir compte du coût estimatif prévisionnel du projet.

Dans ce cas, le jury procède au classement desdits projets en fonction de la valeur


technique et esthétique de chaque projet et de son coût global et ce conformément aux critères
fixés par le règlement du concours.

La note globale est obtenue par l'addition de la note technique et de la note de


l'estimation du coût global du projet, suivant une pondération prévue dans le dossier d’appel
d’offres.

Lorsque l’appel d’offres porte soit à la fois sur la conception d'un projet, la réalisation de
l'étude y afférente et le suivi et le contrôle de sa réalisation, ou sur la conception et la
réalisation d’un projet, les critères d’évaluation doivent tenir compte de la qualité du projet
et de son coût estimatif prévisionnel, ainsi que des références des soumissionnaires et du coût
de l’étude subséquente, selon les cas.

A cet effet, le jury procède à l’addition des notes obtenues par chaque concurrent sur
le concours proprement dit, l'estimation du coût global du projet et sur l'offre financière,
suivant une pondération prévue dans le dossier d’appel d’offres.

Dans tous les cas, le marché est attribué au soumissionnaire qui présente l'offre la plus
avantageuse.

d. Appel d’offres en deux étapes


Le maître d’ouvrage peut faire recours à l’appel d’offres en deux étapes lorsqu’il souhaite

14
baser son choix sur les critères de performance, de contrainte d’exploitation et de coût
économique en lieu et place de simples spécifications techniques détaillées, et qu’il peut
justifier ne pas être en mesure :

- De définir les moyens permettant de satisfaire ses besoins ;

- D’évaluer les solutions techniques ou financières disponibles.


Le recours à l’appel d’offres en deux étapes est soumis à l’autorisation préalable du
Ministre chargé des marchés publics lors de la programmation.

e. Appel d’offres pour le recrutement d’un consultant individuel.


Le consultant individuel est une personne physique recrutée par le maître d’ouvrage ou
le maître d’ouvrage délégué pour la réalisation des prestations intellectuelles ou la fourniture
des services non quantifiables ne nécessitant pas absolument le recours à un cabinet.

Le montant des prestations du consultant individuel relève du seuil de la lettre


commande. L’on y recourt lorsque le travail en équipe n’est pas nécessaire. Et l’expérience et
les qualifications de l’expert constituent un critère de choix majeur. Les consultants individuels
sont choisis en fonction de leurs qualifications, eu égard à la nature de la mission. Les
consultants sont sélectionnés par comparaison des qualifications de ceux qui se sont déclarés
intéressés par la mission suite à la sollicitation à manifestation d’intérêt définissant les
conditions de recrutement.

Les offres sont reçues par le maître d’ouvrage qui commet un comité Adhoc pour évaluer
les candidatures reçues. Un rapport de préqualification faisant ressortir le classement des
candidats par ordre de mérite est rédigé par le maître d’ouvrage. Ce rapport et le projet de
marché sont transmis à la commission des marchés compétente pour adoption.

Dès adoption du rapport de préqualification, le maître d’ouvrage transmet au candidat


classé le meilleur, les termes de références de la mission et sollicite sa proposition financière
en vue d’engager des négociations sur la méthodologie de travail et éventuellement sur les
prix unitaires.

Au cas où ces négociations ne se révèlent pas satisfaisantes, le maître d’ouvrage invite


le prochain candidat qualifié de la liste à la négociation.

f. Demande de cotation

15
La demande de cotation est une procédure simplifiée de consultation des prestataires
pour la passation de lettres-commandes relatives aux fournitures de biens et services ou à
toutes autres prestations de moindre envergure ne nécessitant pas l’élaboration d’offres
techniques.

Les prestations pouvant faire l’objet de demande de cotation portent notamment sur :
- Les fournitures, consommables et matériels divers ;
- Le mobilier ;
- Le petit équipement ;
- Les matériels informatiques ;
- L’entretien des bâtiments ;
- Le cantonnage.
La consultation est réservée aux prestataires exerçant dans le secteur concerné et répondant
aux critères de qualification indiqués dans la demande de cotation. La demande de cotation est
régie par l’arrêté N° 032/CAB/PM du 28 Février 2003.

Les offres sont reçues par le maître d’ouvrage et transmises à la commission de passation
des marchés pour dépouillement, vérification de la conformité des spécifications techniques
et comparaison.

La commission de passation des marchés propose à l’attribution, au soumissionnaire dont


l’offre est entièrement conforme aux exigences administratives et aux prescriptions du
descriptif technique et est la moins-disante.

g. Marchés de conception-réalisation
Un marché de conception-réalisation est un marché de travaux qui permet au Maître
d’Ouvrage de confier à un groupement d’opérateurs économiques ou, pour les seuls ouvrages
d’infrastructures, à un seul opérateur économique, une mission portant à la fois sur la
réalisation des études et l’exécution des travaux.

h. Accords-cadres
Lorsque le maître d’ouvrage ne peut pas déterminer à l’avance le volume et le rythme
des commandes de fournitures ou de services courants nécessaires à ses besoins, il peut
recourir à un accord-cadre.

Les accords-cadres sont des marchés conclus par un ou plusieurs Maîtres d’ouvrage avec

16
un ou plusieurs prestataires ayant pour objet d’établir les règles relatives aux bons de
commande à émettre, ou les dispositions régissant les marchés à commandes subséquents à
passer au cours d’une période donnée, notamment en ce qui concerne les prix, et le cas
échéant, les quantités envisagées.

2.2 Marchés passés de gré à gré


Un marché est dit de gré à gré lorsqu’il est passé sans appel d’offres, après autorisation
préalable de l'autorité chargée des marchés publics.

Il ne peut être passé de marché suivant la procédure du gré à gré que dans l’un des cas
limitatifs suivants :

 Pour les besoins ne pouvant être satisfaits que par une prestation nécessitant l’emploi
d’un brevet d’invention, d’un procédé, d’un savoir-faire, d’une licence ou de droits
exclusifs détenus par un seul entrepreneur, un seul prestataire ou un seul fournisseur
 Pour le remplacement, en cas d’urgence, d’entrepreneurs ou de fournisseurs
défaillants ;

 Pour les travaux, fournitures ou services et prestations intellectuelles qui, dans le cas
d’urgence impérieuse motivée par un cas de force majeure, ne peuvent subir les délais
d’une procédure d’appel d’offres ;
 pour des fournitures, services ou travaux qui complètent ceux ayant fait l’objet d’un
premier marché exécuté par le même titulaire, à la condition que le marché initial ait
été passé selon la procédure d’appel d’offres et que le marché complémentaire qui en
découle ne porte que sur des fournitures, services ou travaux qui ne figurent pas dans
le marché initial conclu mais qui sont rendus nécessaires, à la suite d’une circonstance
imprévue et extérieure aux parties, et que ces fournitures, services ou travaux ne
peuvent être techniquement ou économiquement séparés du marché principal.

3. PROCEDURES DE PASSATION DES MARCHES


Les modes de passation des marchés cités in supra comprennent les procédures ci-après :
1. La procédure de pré qualification (pour les appels d’offres restreints) ;
2. La procédure de lancement de la consultation ;
3. La procédure d’attribution du marché ou de la lettre commande ;
4. La procédure de signature du marché, de la lettre commande et de l’avenant.

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En conformité avec les standards d’élaboration des manuels de procédures, chacune de ces
procédures est déclinée dans le présent guide en deux parties ; à savoir :

a) Un guide synoptique qui rappelle, la procédure en question, le livrable attendu,


l’initiateur de la procédure, la structure initiatrice de l’acte (ou le service), les textes de
référence, les conditions à remplir, la composition du dossier, les pièces à consulter ou
à fournir, le signataire de l’acte, et, (x) les délais de traitement, …

b) Le mode opératoire de la procédure en question ; laquelle fixe les étapes de ladite


procédure, d’une part, et pour chaque étape, les tâches (ou opérations) à exécuter, les
intervenants, et les délais pour l’exécution des tâche (ou des opérations), d’autre part.

4. PROCEDURES DE TRAITEMENT DES RECOURS DES


SOUMISSIONNAIRES
Tout candidat ou soumissionnaire qui s’estime lésé dans la procédure de passation des
marchés publics peut introduire un recours en fonction de l’étape de la procédure.

Les recours sont introduits en fonction de l’étape de la procédure, soit auprès du Maître
d’ouvrage ou du maître d’ouvrage délégué lors de la phase de préqualification et entre la
publication de l’avis d’appel d’offres et l’ouverture des plis, soit auprès du comité d’examen
de recours et des désaccords

Pour les recours adressés au Comité chargé de l’examen des recours, ce dernier
requiert l’avis de l’organisme chargé de la régulation des marchés publics qui instruit ledit
recours et soumet ses conclusions au Comité dans un délai maximum de sept (07) jours
calendaires à compter de sa saisine.

Après validation des conclusions de l’instruction, le comité chargé de l’examen des


recours formule les propositions de sanctions appropriées à l’autorité chargée des marchés
publics.

5. PROCEDURES DE TRAITEMENT DES DESACCORDS


Lors du processus de passation des marchés publics, des désaccords peuvent survenir
entre le maître d’ouvrage (ou le maître d’ouvrage délégué) et :

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1. Une Commission de Passation des Marchés (CPM), et ;
2. Une Commission Centrale de Contrôle des Marchés (CCCM).
Les désaccords portent sur :
- Le projet de dossier de consultation ;
- L’évaluation des offres et la proposition d’attribution, et ;
- Le projet de marché (en cas de gré à gré) ou d’avenant

5.1 Procédures de traitement des désaccords entre un Maître d’Ouvrage et


une Commission de Passation des Marchés

Lorsque le maître d’ouvrage (ou le maître d’ouvrage délégué) n’approuve pas les
observations ou la proposition de la commission de passation des marchés, il est tenu de
demander un nouvel examen du dossier en mentionnant ses réserves, dans un délai de trois
(3) jours à compter de la date de réception des observations ou de la proposition de ladite
commission.

Si après réexamen du dossier le désaccord persiste :


- En phase d’adoption du dossier de consultation ou d’examen du projet de marché (en
cas de gré à gré) ou d’avenant, le maître d’ouvrage (ou le maître d’ouvrage délégué)
lance l’appel d’offre ou signe le marché ou l’avenant. Dans ce cas, la commission de
passation des marchés mentionne, à chaque étape de la procédure, dans les procès-
verbaux de séance, ses réserves ;

- En phase d’attribution, le maître d’ouvrage (ou le maître d’ouvrage délégué) attribue le


marché et en fait rapport à l’autorité chargée des marchés publics. Dans ce cas, la
publication des résultats est subordonnée à la décision de l’Autorité chargée des
marchés publics.

5.2 Procédures de traitement des désaccords entre un Maître d’Ouvrage et une


Commission Centrale de Contrôle des Marchés

En cas de désaccord avec l’avis de la Commission Centrale de Contrôle des Marchés


(CCCM), le maître d’ouvrage (ou le maître d’ouvrage délégué) est tenu de demander un
nouvel examen du dossier par la commission centrale de contrôle en mentionnant ses
réserves, dans un délai de sept (07) jours à compter de la date de réception de la notification
des résultats de la délibération de la commission centrale de contrôle concernée.

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Si le désaccord entre le maître d’ouvrage (ou le maître d’ouvrage délégué) et la CCCM
persiste, le maître d’ouvrage (ou le maître d’ouvrage délégué) notifie sa décision finale à la
CCCM dans un délai de cinq (05) jours calendaires à compter de la date de réception de la
notification de l’avis définitif de la CCCM. Si le maître d’ouvrage (ou le maître d’ouvrage
délégué) ne notifie pas sa décision finale dans ce délai, le président de la CCCM transmet le
dossier à l’autorité chargée des marchés publics. L’Autorité chargé des marchés publics peut
demander l’avis de l’organisme chargé de la régulation des marchés qui dispose dans ce cas
d’un délai de sept (07) jours pour le lui donner.

La décision de l’autorité chargée des marchés publics s’impose aux deux parties.

III. GESTION DES MARCHES PUBLICS

1. CAS GENERAL
La gestion des marchés publics englobe l’ensemble des activités liées à la mise en œuvre,
au suivi et à l’exécution des marchés une fois attribués. Cela comprend la gestion des délais,
des paiements, le suivi de l’exécution des travaux, ainsi que la résolution des éventuels litiges.

Une bonne gestion assure non seulement la conformité des prestations aux exigences
contractuelles mais aussi l’optimisation des ressources publiques.

 En Europe

En Europe par exemple, la gestion des marchés publics concerne les étapes suivant la passation
d’un marché, c’est-à-dire l’exécution, le contrôle et l’évaluation des contrats attribués. Voici
les principaux aspects liés à cette gestion :

 Exécution conforme aux termes contractuels en termes de qualité, délais et couts.


 Supervision régulière pour s’assurer de la bonne performance et du respect du budget.
 Modifications encadrées, autorisées uniquement dans des conditions spécifiques.
 Gestion des litiges via des mécanismes de résolution amiable ou judiciaire.
 Evaluation des performances des prestataires à la fin du contrat.
 Audits post-exécution pour vérifier l’utilisation des fonds publics.
 Respect des engagements environnementaux et sociaux prévus dans le marché.
 Digitalisation pour améliorer la transparence et l’efficacité administrative.

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 En Amérique

La gestion des marchés publics varie selon les pays, mais elle partage des principes
communs de transparence, responsabilité et efficacité. Les aspects sont les mêmes qu’en Europe
et il faut noter que les pays de ce vaste Continent prennent principalement les Etats-Unis comme
modèle.

Pour ne citer que ceux-là, les principes de base dans la gestion des marchés publics sont
les même sur tous les continents.

2. AU CAMEROUN
Au Cameroun, la gestion des marchés publics est régie par le code des marchés publics
dont la version actuelle est définie par le Décret no 2018/366 du 20 juin 2018. Ce décret fixe
les règles applicables à la passation, l’exécution et au contrôle des marchés publics. Il régit
toutes les procédures relatives à l’attribution des contrats publics, incluant la gestion, la
supervision et les recours.

C’est le Ministère des marchés publics placé sous l’autorité de M. IBRAHIM TALBA
MALLA Ministre délégué à la Présidence de la République qui est l’autorité compétente pour
superviser et coordonner la gestion des marchés publics au Cameroun.

Rappelons que le Ministère des Marchés Publics et celui des Travaux Publics sont des
ministères aux fonctions bien différentes du fait que le premier ministère cité se concentre sur
les aspects réglementaires et de gestion des contrats, tandis le second cité lui, se concentre
sur la conception, la construction et l’entretien des infrastructures. Ces deux ministères
travaillent en étroite collaboration pour garantir que les projets d’infrastructure sont réalisés
efficacement et conformément aux règles en matière de marchés publics.

Dans le Code des marchés publics Décret no 2018/366 du 20 juin 2018, il faut savoir
qu’il y a en tout 101 articles régissant la passation, l’exécution et la gestion des marchés
publics au Cameroun. Les articles qui traitent de la gestion des marchés publics sont entre
autre :

Article 1 : il définit les objectifs du code qui incluent la promotion de la transparence, de la


concurrence et de l’efficacité dans la passation et l’exécution des marchés publics

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Article 12 : stipule les principes généraux régissant la gestion des marchés, notamment l’égalité
d’accès à la commande publique et l’intégrité des procédures.

Article 30 : il aborde les obligations des parties prenantes lors de l’exécution des marchés y
compris le respect des délais et des spécifications techniques.

Article 36 : il gère la gestion des modifications de contrat, précisant que toute modification doit
être justifiée et respecter des procédures spécifiques.

Article 38 : souligne les dispositions relatives à la résiliation des contrats et les conditions dans
lesquelles cela peut se produire.

Article 45 : il évoque les mécanismes de contrôle et d’audit post-exécution des marchés pour
garantir la conformité et l’utilisation correcte des fonds.

Grace au Code des marchés publics Décret no 2018/366 du 20 juin 2018, nous pouvons
déceler un aperçu des principales étapes et aspects de cette gestion. Il s’agit de :

PASSATION DES MARCHES

Appels d’offre : les marchés publics sont généralement attribués par le biais d’appels
d’offres qui doivent respecter les principes de transparence et de concurrence. Ce processus
peut être ouvert ou restreint.

Cahier des charges : un cahier de charges détaillé est élaboré pour définir les besoins,
les spécifications techniques et les critères d’évaluation des offres.

EVALUATION DES OFFRES

Commissions d’évaluation : les offres reçues sont évaluées par des commissions
composées de membres d’institutions publiques, qui examinent les propositions en fonction des
critères établis dans le cahier des charges.

Attribution du marché : après évaluation, le marché est attribué à l’entreprise ayant


soumis l’offre la plus avantageuse sur le plan technique et financier.

EXECUTION DES CONTRATS

Suivi de l’exécution : une fois le contrat attribué, le suivi de l’exécution est essentiel.
Les autorités veillent à ce que les délais, la qualité des travaux et les couts soient respectés.

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Modifications de contrat : toute modification doit être justifiée et suivre des
procédures spécifiques, notamment pour des raisons imprévues.

CONTROLE ET AUDIT

Contrôle interne et externe : des mécanismes de contrôle interne et des audits externes
sont mis en place pour vérifier la bonne utilisation des fonds publics et la conformité des
marchés.

Lutte contre la corruption : la gestion des marchés publics inclut également des
mesures pour lutter contre la corruption avec des sanctions pour les pratiques illégales

DIGITALISATION

Système électronique : le Cameroun a adopté des plateformes électroniques pour la


passation et la gestion des marchés publics, ce qui vise à améliorer et à réduire la bureaucratie.
La plateforme COLEPS (Cameroon Online E-Procurement System) est un outil utilisé dans la
digitalisation de la gestion des marchés publics ; c’est le fruit de la coopération entre le
Cameroun et la République de Corée. Elle a été introduite par un décret du Premier Ministre
Chef du gouvernement en janvier 2018.

En somme, la gestion des marchés publics au Cameroun repose sur un cadre


réglementaire clair, centré sur la transparence et la lutte contre la corruption. Les étapes incluent
la passation des marchés via des appels d’offres, l’évaluation rigoureuse des offres, le suivi de
l’exécution des contrats et le contrôle post-exécution.

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CONCLUSION

En définitive, il ressort de notre exposé qui portait sur les marchés publics et plus
précisément sur la passation et la gestion de ceux-ci ; qu’ils sont essentiels pour les États et les
collectivités. Les modes de passation et de gestion des marchés publics jouent un rôle crucial
dans l'efficacité et la transparence des dépenses publiques. Ils permettent non seulement
d'assurer une concurrence saine entre les fournisseurs, mais aussi de garantir l’utilisation
optimale et responsable des ressources publiques. L'adoption de procédures claires et
rigoureuses contribue à minimiser les risques de corruption et à favoriser l'innovation. De plus,
une gestion efficace des marchés publics peut renforcer la confiance des citoyens envers les
institutions publiques. Il est donc essentiel de continuer à améliorer ces processus, en intégrant
des pratiques durables et en s'adaptant aux évolutions technologiques, afin de répondre aux
besoins croissants de la société tout en respectant les principes d'équité et de transparence.

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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 MINMAP ; INTEGRAL_Code_des_marches_publics_ULTIMATE.pdf ; page


100 ; Juin 2018
 FHF ; Les différentes procédures de passation des marchés [Link] ; page 5
 MINMAP ; VF Manuel des Procédures de Passation des Marchés Amandé
Atelier [Link] ; page 42 ; Mai 2023
 [Link] Marchés Publics ; consulté en septembre 2024
 Meta AI ; consulté en septembre 2024

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