L’utilisation de ces produits chimiques, bien qu’indispensable pour garantir un environnement de
production propre et sûr, a un impact direct sur la composition des eaux usées générées. Les résidus
de ces produits, combinés à la matière organique issue de la fabrication des biscuits, peuvent
augmenter la concentration de polluants chimiques et organiques dans les effluents, ce qui
nécessite un traitement spécifique pour minimiser leur impact environnemental.
2. Analyse des contraintes :
A. Réglementations locales sur le rejet des eaux usées
Dans le cadre de l’industrie agroalimentaire, les rejets d’eaux usées sont soumis à des
réglementations strictes visant à limiter leur impact environnemental. Au Maroc, les normes
relatives à la qualité des rejets industriels dans le milieu naturel sont définies par la Loi n° 10-95
sur l’eau et ses textes d’application. Les principales exigences incluent :
Paramètres de qualité obligatoires :
o DCO (Demande Chimique en Oxygène) : limite typique autour de 500 mg/L pour les
rejets dans le réseau d’assainissement.
o DBO₅ (Demande Biologique en Oxygène sur 5 jours) : généralement limitée à 100
mg/L.
o MES (Matières en Suspension) : seuil souvent fixé à 50 mg/L.
o pH : doit être compris entre 6,5 et 8,5.
Interdictions spécifiques : rejet direct de substances toxiques (huiles minérales, métaux
lourds, produits corrosifs).
Respect des normes internationales : dans certains cas, les industriels adoptent des standards
ISO ou autres certifications environnementales, comme l’ISO 14001, pour se conformer aux
exigences des marchés internationaux.
Toute non-conformité peut entraîner des sanctions, notamment des amendes, la suspension des
activités, ou des surcoûts liés au traitement des eaux usées. [15]
B. Contraintes techniques (espace, infrastructures) :
La mise en œuvre d’un système de traitement des eaux usées dans une industrie telle qu’ALIMANI
doit tenir compte de plusieurs contraintes techniques :
Espace limité :
o Les usines agroalimentaires disposent souvent de zones déjà optimisées pour la
production, laissant peu de place pour des infrastructures supplémentaires.
o La conception doit privilégier des technologies compactes (unités modulaires, systèmes
intégrés). [16]
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Infrastructures existantes :
o Absence ou insuffisance de circuits de collecte séparés pour les eaux usées industrielles
et sanitaires.
o Adaptation des installations pour connecter les équipements de traitement sans perturber
les opérations en cours. [6]
Débit et volume des effluents :
o Les variations de débit liées aux cycles de nettoyage nécessitent des équipements
capables de gérer des charges fluctuantes sans compromettre l’efficacité du traitement.
Maintenance et exploitation :
o Disponibilité du personnel formé pour exploiter et maintenir les installations.
o Coûts opérationnels liés à l'énergie et aux consommables (produits chimiques,
membranes, etc.). [4]
Tableau 3: Les données de 17/09/2024
Paramètre pH T (ᵒC) DBO5(mg 𝑂2/l) DCO (mg 𝑂2 //l) MES (mg/l)
valeur 7.71 3.8 78 101.99 1
II Proposition d’un système de traitement adapté :
Objectif du traitement
- Réduire davantage la charge polluante pour respecter ou dépasser les normes locales (par
exemple, < 50 mg/L de DCO et < 30 mg/L de DBO₅).
- Permettre une réutilisation partielle des eaux traitées (pour le nettoyage non critique ou
l’irrigation).
- Choix recommandé : Système combiné
1. Tamisage + Décantation (Prétraitement)
Objectifs :
Éliminer les gros particules solides (morceaux de pâte, résidus alimentaires, etc.) et
les graisses en surface.
Réduire la charge polluante pour les étapes suivantes en minimisant les MES.
Processus :
Tamisage : Les eaux usées passent à travers un tamis ou une grille pour retenir les
particules solides visibles. Cette étape est essentielle pour éviter les obstructions dans
les équipements en aval.
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Décantation : Par gravité, les solides en suspension (qui ne sont pas retenus par le
tamis) se déposent au fond d’un bassin ou d’un réservoir. En surface, un dégraisseur
peut éliminer les huiles et graisses légères.
Avantage :
Simple et peu coûteux à mettre en œuvre.
Réduit efficacement les MES et les graisses, facilitant le fonctionnement des
traitements biologiques ou membranaires.
2. Traitement biologique (Réacteur biologique à membrane - MBR) :
Objectifs :
Dégrader les polluants organiques (DBO, DCO) de manière efficace et stable.
Produire une eau traitée de haute qualité.
Processus : Le système MBR combine :
Un réacteur biologique : Utilise des microorganismes pour décomposer les matières
organiques biodégradables et fonctionne efficacement à des températures basses comme
3.8°C, adaptées aux eaux usées d'ALIMANI.
Une séparation membranaire : Les membranes (ultrafiltration) retiennent les
microorganismes et les particules fines, permettant de produire une eau claire avec une
très faible DCO.
Avantage :
Efficacité élevée : Réduction de la DBO₅ et de la DCO jusqu'à 90-95 %.
Compact et intégré : Convient aux industries ayant un espace limité.
Faible production de boues : Réduit les coûts de gestion des résidus
3. Désinfection UV
Objectifs :
Assurer la destruction des microorganismes pathogènes (bactéries, virus).
Préparer l’eau traitée pour une réutilisation sûre ou un rejet conforme.
Processus :
L’eau passe à travers un système de lampes UV, exposant les microorganismes à une
radiation qui détruit leur ADN.
Cette étape est particulièrement importante si l’eau traitée est destinée à des usages
sensibles, comme le nettoyage d’équipements ou l’irrigation.
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