Université Hassa II de Casablanca
Faculté des sciences Ain Chok
Master MI / CSNM
RDM Avancée
Rédigé par: L, IKHARRAZNE
Rappels de la RDM
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Définitions et hypothèses:
La théorie de la Résistance Des Matériaux (RDM) est une des branches de la
mécanique qui permet l'étude de la résistance, des contraintes et des
déformations des structures (Poutres, plaques, câbles ...)
RDM est très utilisée par les ingénieurs matériaux afin de répondre à deux
problématiques:
Caractériser les propriétés mécaniques d’un nouveau matériau: le
comportement mécanique des matériau vis à vis des différentes sollicitions
(traction ,compression, cisaillement, torsion…
Exemple: déterminer la valeur de la contrainte en rupture en compression
d’une brique en terre cuite,
Modéliser, prédire et dimensionner des structures mécaniques si on suppose
connus les forces qu'ils supportent.
Exemple : quel est le poids maximal d’un camion admissible par un pont
formé d’une dalle supportée par deux poutres en appuis simple
Hypothèses et modélisation d’un problème de RDM
Hypothèses simplificatrices
Hypothèses simplificatrices
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Définition d'une poutre
On appelle poutre le solide engendré par une surface plane dont le centre de
gravité décrit une courbe g, la surface S restant normale à cette courbe, avec :
La courbe est appelée ligne moyenne ou fibre moyenne
La surface S est appelée section normale
Le rayon de courbure en tout point de doit être grand par rapport aux
dimensions de S
Les dimensions de S sont négligeables devant la longueur de la courbe
Les variations de forme et de dimension de S doivent être progressives
Hypothèse de Bernoulli
Le caractère linéique de la géométrie des poutres fait qu'on s'attend à ce que les
phénomènes prépondérants soient essentiellement longitudinaux. On ne
s'intéressera donc pas aux déformations de sections droites. On énonce alors les
hypothèses de Bernoulli
Les sections droites restent planes
Les sections droites se déforment librement dans leur plan
La variation des déformations de la section le long de la poutre est très petite
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Conséquence des hypothèses de Bernoulli :
Soit une poutre rectiligne de section droite constante S0 et de longueur L0 dans la
configuration de référence. A cette configuration de référence on associe le repère
orthonormé direct (O,e1,e2 ,e3 )
On note S(X1) la section droite d'abscisse X1. Dans la configuration déformée, le
point courant de la fibre moyenne déformée est x(X1),
Liaisons d’appui
la schématisation des liaisons et des efforts exercés, se ramène à trois
cas types :
a) Appui simple : Ce type d’appui, laisse à la structure toute liberté de
pivoter autour de l’extrémité de la poutre et de se déplacer
perpendiculairement à la droite joignant les points de contact. Si on
néglige les frottements, la réaction d’appui a la direction de la droite
précitée, et introduit une seule inconnue dans l’étude de la poutre.
b) Appui double (articulation) : Matérialisé par une rotule. Cet appui
autorise les rotations d’une extrémité de la poutre ou d’un des éléments
constituant la structure. La direction de la réaction R est inconnue, mais
la ligne d’action passe par le centre de l’articulation. L’articulation
introduit 2 inconnues, par exemple les projections sur deux directions
du plan moyen.
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c) Encastrement : L’encastrement interdit tout déplacement de la section
droite de l’appui. Sa réaction est une force de densité variable répartie sur
toute l’étendue de la section. En vertu du principe de Saint Venant, ces
forces peuvent être remplacées par leur résultante générale R, et leur
moment M rapportés au centre de gravité G. Ce type d’appui introduit donc
3 inconnues, les deux projections de R sur deux axes du plan moyen et
l’intensité du moment M qui est perpendiculaire au plan moyen.
Efforts intérieurs dans la poutre
Afin de faciliter l’étude des efforts exercés sur chaque particule matérielle
on considère une section transversale d’un élément soumis à une
sollicitation. Tout comme n’importe quel système de forces, les efforts
intérieurs répartis sur toute la section peuvent être rapportés à un point (par
exemple le centre de gravité de la section), et de ce fait on distingue le
vecteur force R (N, Ty, Tz) et le vecteur moment M (Mx, My, Mz) résultant
des forces intérieures dans la section
10
5
Pour accéder aux efforts de cohésion (efforts intérieurs), on opère une
coupe dans le milieu curviligne étudié ( courbe C).
Soit une poutre en équilibre sous l’action des efforts extérieurs
(charges et actions de liaison). On opère une coupure au point courant
G (centre de la section droite d’abscisse x).
Cette coupure divise le milieu en deux parties : partie gauche (C-) et
partie droite (C+).
G
C
C- C+
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Torseur des efforts de liaison dans les poutres
On définit le torseur des efforts intérieurs pour une section (S) comme le
torseur des efforts exercés par la partie droite sur la partie gauche. Ce
torseur est donné par sa résultante appliquée en G
RG N ex Ty ey Tz ez
et son moment résultant défini au point G.
MG M xT ex M yF ey M zF ez
N est l'effort normal à la section S, on l'appelle aussi tension.
N >0 correspond à un état de traction
N <0 correspond à un état de compression
Ty et Tz sont appelé efforts tranchants sur la section S.
T
M x : est le moment de torsion
F F
M y et M z : sont les moments de flexion
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6
Le torseur de cohésion, ou torseur des efforts intérieurs de la partie gauche
appliqués au niveau d’une section fictive Σ orienté par le vecteur ẋ est:
N
R Ty
T
z
int
x
M
MM y
Mz
N : Effort normal à la section, si N > 0 on a une traction et si N < 0 ou aura une
compression.
Ty : Effort tranchant parallèle à l’axe y, tangentiel à la section appelé aussi
effort de cisaillement.
Tz : Effort tranchant parallèle à l’axe z, tangentiel à la section.
Mx :Moment de torsion autour de l’axe normal à la section.
My :Moment de flexion autour de l’axe y.
Mz :Moment de flexion autour de l’axe z
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Actions mécaniques extérieures
Si on isole une poutre, on appelle action mécaniques extérieures les
actions appliquées par le milieu extérieur sur la partie isolée ; On
distingue deux types d'actions mécaniques extérieures :
les charges : ce sont les efforts de service auxquels est soumise la
poutre.
les actions de liaison : ce sont les actions mécaniques exercées par
les liaisons.
Les charges sont des données du problème et donc connues, les actions
des liaisons sont les inconnues du problème. On distingue deux types
de charges :
Les charges concentrées : le torseur des forces est appliqué en un
point.
Les charges réparties : ce sont les forces réparties à densité linéique
appliquées sur la poutre ou sur un tronçon de poutre
14
7
Exemples
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Types des charges:
Charge concentrée ou ponctuelle couple ou moment concentré
q(N/m) = ax + b
charge répartie uniformément
charge uniformément répartie
variable ou charge linéaire
charge répartie quelconque
q(N/m) = f(x) 16
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Équilibre statique d’un solide
Pour qu’un solide soit en équilibre, il faut et il suffit que le torseur
des efforts extérieurs forme un torseur nul:
F 0 et M O F 0
Si l’on traduit ces conditions vectorielles en équations analytiques,
dans un système d’axe (x,y) :
Fx 0
ce sont les équations d’équilibre
Fy 0 statique dans le plan
M 0 0
Ces équations permettent de déterminer les réactions d’appuis, ainsi
que les efforts internes dans la structure :
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Application 1 :
Déterminer les réactions d’appuis en A et B de la poutre
représentée sur la figure suivante :
18
9
Solution :
Les composantes suivant les axes x et y des réactions d’appuis en A et B
sont représentées sur la figure suivante, on représente aussi les
composante de la force F1:
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Les trois équations d’équilibre statique donne:
La résolution du système donne les composantes des réactions en A et B :
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10
Application 2 :
Soit le demi portique supportant les charges montrées sur la figure
suivante, déterminer les réactions aux appuis A et C:
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Solution :
Par les équations d’équilibre
statique on peut calculer les
réactions d’appuis:
Fx 0
Fy 0
M 0 0
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11
Efforts internes et contraintes multiples dans une section:
Lorsque l’on veut étudier un corps en entier, il est souvent préférable de
vérifier toutes les contraintes s’exerçant sur celui-ci.
Dans ce cas, on doit effectuer une coupe aux points considérés et tenir
compte des trois efforts possibles N, Q et M qui nous permettent de
calculer les contraintes respectives.
Exemple :
Calculer les efforts, contraintes et moment fléchissant dans la poutre
ci-dessous au point C. La poutre a une section de 1 cm2.
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Méthode des sections
La détermination des efforts internes (N, Mz et Qy ) est basée sur la
méthode des sections. Cette méthode consiste à pratiquer des coupures
virtuelles et calculer les efforts internes au niveau des sections de ces
coupures.
Cette méthode est basée sur le fait que si un élément est en équilibre,
sous l’action des forces extérieures, alors n’importe quelle partie de
cet élément sous l’action des forces qui lui sont appliquées, est
équilibré par un système de forces intérieures agissant dans la section.
Généralement, les efforts et moments agissant dans différentes
sections varient le long de la poutre
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12
Les valeurs maximales et minimales de ces efforts internes sont d'une
grande importance pour la sécurité de la poutre
On s'intéresse donc à tracer les diagrammes qui montrent les
variations de ces sections le long de l’axe de la poutre. Ces
diagrammes sont les représentations graphiques des équations de ces
efforts : diagrammes des efforts
Pour tracer les diagrammes des efforts d’une poutre, on pratique
une section imaginaire à une distance ‘x’ de l’appui A. Celle ci
divise la poutre en deux parties.
Isolons la partie gauche par exemple, et étudions son équilibre.
Les actions de la partie droite sur la partie gauche sont
représentées par les efforts internes N , M et Q
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Application :
Tracer les digrammes l’effort tranchant Qy et du moment
fléchissant Mz de la poutre de longueur l de la figure suivante.
a b
26
13
Solution :
Calcul des réactions:
RA RA
Equations de l’effort tranchant Qy et du moment fléchissant Mz
MZ
Qy
27
MZ
Qy
28
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Sollicitations
simples
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Sollicitations
composées
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15
Notion de contrainte
Définition du vecteur contrainte
T
F F F
F
T
S
Le Vecteur Contrainte T : est la force résultante par unité de Surface.
L’unité du vecteur contrainte est le Pascal : Pa (autres unités : kPa, MPa, GPa.)
La résultante des forces s’écrit :
T
F TdS
S
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Tenseur de contrainte de Cauchy
Sur un surface de normale n, le vecteur contrainte s’écrit sous la forme :
T M ,n n
11 12 13 est appelé tenseur des contraintes
où: 21 22 23 en M , ou tenseur de Cauchy
31 32 33
Représentation
32
16
Poutre en traction/compression
Un élément de structure est soumis à traction ou compression pure lorsque
l’effort tranchant T et le moment de flexion M sont nuls : la seule sollicitation
agissante est l’effort normal N.
N 0 T 0 M 0
La déformation est :
ΔL
L
l’hypothèse de Navier-Bernoulli : toute section transversale initialement
plane et normale à la ligne moyenne de la barre reste plane et normale à
cette ligne sous chargement.
Avec la loi de Hooke:
L N
N
E et L E EA
A
Avec: E : Module d’Young , N : Effort normale et A : Aire de la section 33
Poutre en flexion simple
Un tronçon de barre est sollicité en flexion pure lorsque le moment de flexion
est constant le long de ce tronçon
N 0 T 0 M 0
Exemple
La partie centrale BC de la poutre AD sur la figure ci-dessous est soumise à
flexion pure. Le moment a pour valeur : M = P×a le long de BC.
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17
Les fibres situées au niveau de la ligne moyenne, qui passe par le centre
de gravité de la section, ne varient pas de longueur.
Dans le cas de moment positif, les fibres situées au-dessus de cette ligne
se raccourcissent, elles sont comprimées. Les fibres situées en dessous
s’allongent, elles sont tendues.
la déformée que prend la poutre sous flexion pure a un rayon de courbure
R constant, donc c’est un arc de cercle
La déformation à la cote z suit la loi:
z
z z : est la distance à la ligne moyenne du point
R considéré et R le rayon de courbure 35
La loi de Hooke permet d’écrire :
E z E z
Ez
R
Pour une section rectangulaire, les forces résultantes de traction FT et
de compression FC sur les moitiés inférieure et supérieure ont pour
intensité :
36
18
Calcul de l’effort normale et de l’effort tranchant
Et le moment de flexion s’écrit :
M
Max
bh2 / 6
On aussi :
Max z
Max
z h/2 h/2
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D’ou :
M z M M
2
3
z z
bh / 6 h / 2 bh / 12 I
bh3
Avec : I : est le moment d’inertie de la section rectangulaire
12
La relation entre la contrainte et la cote z donnée par:
M
z
I
Cette relation est vraie quelle que soit la forme de la section. C’est la
formule générale donnant la valeur de la contrainte normale due au
moment de flexion.
M : est le moment de flexion,
z : cote à laquelle on veut calculer la contrainte,
I : moment d’inertie de la section,
: Contrainte à la cote z.
38
19
représentation de la contrainte dans l’épaisseur de la poutre :
39
Relation entre le moment fléchissant et l’effort tranchant
Ecrivons l’équilibre statique
d’un tronçon de longueur dx de
la poutre:
F 0
M 0
Gxdx
Projection suivant Ox : N x dx N x 0
Projection suivant Oy : T x dx T x q x dx 0
T x dx T x dT x
qx q x
dx dx
dx 2
Projection du moment suivant Oz: M x dx M x q x T x dx 0
2 40
20
dx 2
M x dx M x q x T x dx 0
2
M x dx M x T x dx
dx 2
est négligeable devant les autres termes ( infiniment
2
petit du second ordre)
On a aussi:
dM x dT x
T x q x
dx dx
d 2 M x
q x
dx 2
41
Etude de la torsion d’une poutre circulaire
Définition de la torsion :
Une poutre est sollicitée à la torsion lorsque le système des forces
extérieures crée des efforts internes représentables par un torseur dont le
seul élément de réduction au centre de gravité de chaque section droite
est le moment de torsion MT.
MT F D
D
42
21
Torsion entre deux sections droites :
les fibres d’une poutre sollicitée à la torsion s’enroulent suivant des
hélices autour de la ligne moyenne.
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Lorsqu’on sollicite en torsion une poutre circulaire, on constate :
que toute section droite reste droite et circulaire, sans variation de rayon, au
cours de la déformation.
Que la distance axiale séparant deux sections droites ne varie pas au cours de
la déformation.
Qu’une section quelconque tourne en entier dans son plan d’un angle
proportionnel à son abscisse.
1 2 3 max
... cte
l1 l2 l3 l
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Le vecteur déplacement d’un point M quelconque est:
u r e
Avec est l’angle avec lequel la section tourne, il dépend de z par:
max z z θ représente l’angle de torsion par unité
l
de longueur
u r z e
La composante z du tenseur de déformation est donnée par:
1 u 1 u 1
z z
r
2 z r 2
Avec la loi de de Hooke z 2G z G r
E pour matériau isotrope
où G est le module de cisaillement G
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z G r : contrainte de cisaillement
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Déformation angulaire unitaire:
Le moment de torsion est donné en fonction des contraintes τ
M T rdS avec G r
S
M T G r 2 dS
S
M T G r 2 dS
S
I G r dS
2
est le moment d’inertie Polaire par rapport au
S centre G d’inertie I
d 2
G
32
M
T : déformation angulaire unitaire
G IG
MT IG
.r :est le « module de torsion »
IG r
46
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Les contraintes sont donc proportionnelles à la distance du point
considéré au centre de la section. On peut alors tracer la répartition
de la contrainte dans une section
La contrainte tangentielle est maximale sur les fibres extérieures
(c’est à dire pour r = R ) ;
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