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Chapitre 1: Introduction À La Gestion Des Risques Financiers

Le document traite de la gestion des risques financiers dans le secteur bancaire, en soulignant l'importance de l'identification précoce des risques et des stratégies pour les gérer, telles que l'évitement, la réduction, le transfert et l'assumption des risques. Il aborde également le rôle du comité de Bâle dans la réglementation des fonds propres des banques, en mettant l'accent sur les exigences de capital et les amendements apportés aux réglementations précédentes. Enfin, il souligne les avantages et inconvénients de la réglementation Bâle 1, notamment son incapacité à prendre en compte certains types de risques et l'évolution du marché financier.

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Chapitre 1: Introduction À La Gestion Des Risques Financiers

Le document traite de la gestion des risques financiers dans le secteur bancaire, en soulignant l'importance de l'identification précoce des risques et des stratégies pour les gérer, telles que l'évitement, la réduction, le transfert et l'assumption des risques. Il aborde également le rôle du comité de Bâle dans la réglementation des fonds propres des banques, en mettant l'accent sur les exigences de capital et les amendements apportés aux réglementations précédentes. Enfin, il souligne les avantages et inconvénients de la réglementation Bâle 1, notamment son incapacité à prendre en compte certains types de risques et l'évolution du marché financier.

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Chapitre 1 : Introduction à la gestion des risques financiers

4. La gestion des risques bancaires :


4.1. Notion de la gestion des risques bancaires :
le processus permettant de réduire la probabilité de perte ou de réduire les pertes si cela se produit ». Ce
qui signifie que la gestion des risques implique l'identification précoce des risques pour la prévention.
4.2. Les principes de la gestion des risques bancaires :
1. Chaque banque doit avoir un comité de gestion des risques indépendant, chargé de :
- Élaborer des politiques
- Assurer un suivi quotidien
- Garantir que les activités sont conformes aux stratégies/politiques
2. Désigner un responsable pour chaque risque principal, avec :
- Connaissances nécessaires
- Expérience dans son domaine
3. Développer un système spécifique de mesure des risques
4. Identifier les techniques de mesure adoptées
5. Évaluer les actifs de la banque sur la base de la juste valeur
- Principe fondamental pour mesurer risques et rentabilité
6. Utiliser des systèmes d'information modernes de gestion des risques
7. Développer des plans d'urgence avec mesures préventives renforcées contre les crises
4.3. Fonctions du processus de gestion des risques bancaires:
1. Préparer des études techniques sur les politiques définies par la direction (crédit, liquidité, taux...)
2. Développer des indicateurs et analyses financières pour évaluer si les politiques répondent aux
objectifs
3. Collecter les données nécessaires pour le comité de gestion des actifs et passifs
4. Rassembler et analyser les données sur les risques
5. Présenter des rapports périodiques à la direction sur l'étendue des risques
6. Proposer des alternatives pour diversifier les sources de passif et obtenir de la liquidité
7. Préparer des modèles financiers pour analyser la sensibilité des actifs/passifs aux taux
8. Assurer la coordination avec les autorités de régulation sur :
- Instructions
- Contrôles
- Lois réglementaires
- Déterminer le respect des instructions par la banque
4.4. les stratégies de la gestion des risques bancaires :
A- Éviter le risque :
1. Stratégie basée sur l'évitement total du risque
2. La banque n'exerce pas certaines activités ou opérations à risque
3. La banque évite le risque si:
- Elle ne peut pas y faire face
- Ou si le coût de l'éviter est inférieur au coût de sa gestion
4. Manière négative de gérer les risques car:
- Prive souvent la banque d'opportunités et profits
- Plus le risque est élevé, plus la probabilité de profit est grande
B- Réduire le risque :
1. Stratégie visant à diminuer le sentiment d'incertitude lors de la prise de décisions
2. La banque accepte les risques auxquels elle est exposée
- À condition de fixer des limites à ne pas dépasser
- Exemples de limites :
- Nombre de contrats de prêts accordés
- Valeur des options
- Capital nécessaire pour couvrir les pertes
3. Permet aux banques de :
- Surveiller les risques auxquels elles sont exposées
- Mais supporter le coût d'opportunité en abandonnant certaines opérations pour respecter les
limites
C- Transférer le risque :
1. Stratégie consistant à transférer le risque à une autre partie
2. L'autre partie est plus disposée à gérer le risque
3. En contrepartie du paiement d'une prime
4. Les banques utilisent généralement des produits dérivés pour cette stratégie
D- Assumer le risque :
1. La banque assume le coût du risque
2. En déterminant le capital requis pour le couvrir
3. La banque attend alors un rendement supplémentaire
4. Elle accepte l'exposition au risque s'il existe une possibilité de le supporter
5. Et reconnaît que le risque fait partie intégrante d'une activité rentable
6. À condition d'être indemnisée de manière adéquate
Facteurs influençant le choix de la stratégie :
1. Fréquence du risque et coût de sa réalisation
- Risque à faible probabilité -> Assumer
- Risque à forte probabilité -> Éviter ou transférer
- Faibles coûts -> Assumer
- Coûts élevés -> Éviter ou transférer
2. Tendance des gestionnaires à prendre des risques (aversion au risque)
- Influencée par des facteurs comme la taille de la banque, nature des actionnaires, etc.
3. Tolérance au risque acceptable pour chaque banque
- Exemple : une banque peut accepter 5% de probabilité, une autre 1% seulement
4.5. Étapes du processus de gestion des risques :
A- Première étape : Déterminer le type de risque
- Avant de définir les procédures et politiques de gestion des risques
- Suivre une approche scientifique organisée (difficulté de détection du risque)
B- Deuxième étape : Évaluation des risques identifiés
- Déterminer la probabilité de perte
- Déterminer la valeur de la perte (varie selon le risque)
- Déterminer l'ordre de priorités
- Sélectionner la méthode appropriée pour mesurer chaque risque
C- Dernière étape : Suivi permanent du processus
- Les risques peuvent changer, disparaître ou de nouveaux apparaître
- Nécessitant un changement des techniques d'identification et de mesure
5. La couverture des risques bancaires par les exigences de fonds propres :
5.1. le comité Bâle :
1. Créé en 1974 par le Groupe des 10 (G10)
2. Suite aux crises du marché financier international :
- Aggravation de la crise de la dette des pays en développement
- Augmentation du volume des créances douteuses
- Faillite de la banque allemande Herstatt (effet domino)
3. Porte le nom de la ville de Bâle, en Suisse
4. Première réunion en février 1975, réunions 3-4 fois par an depuis
5. Comprend des représentants des banques centrales et autorités de surveillance des pays membres
6. Siège au BRI (Banque des Règlements Internationaux) à Bâle
7. N'a pas d'autorité légale, mais ses recommandations ont été largement adoptées
5.2. Objectifs du comité de Bâle :
1. Contribuer au renforcement, approfondissement et maintien de la stabilité du système bancaire
mondial
- Notamment après les chocs violents subis
2. Trouver des mécanismes pour s'adapter aux changements du secteur bancaire
- En particulier la mondialisation financière
3. Mettre les banques internationales en position concurrentielle
Pour atteindre ces objectifs, le comité applique 3 méthodes :
1. Échanger des informations sur les procédures et méthodes de contrôle entre banques
2. Améliorer les méthodes techniques de contrôle des banques
3. Fixer des normes minimales de surveillance dans les états membres et autres états intéressés
5.3. La réglementation Bâle 1 :
- Le premier accord de Bâle avait formulé les recommandations du Comité concernant le ratio de fonds
propres et ses amendements, à savoir l'inclusion du risque de marché.
A- la réglementation Bâle de l’année 1988 :
1. En juin 1988, approbation du rapport du Comité de Bâle sur la norme d'adéquation des fonds propres
2. Par le Conseil des gouverneurs des banques centrales des pays industrialisés et de l'UE
3. Le Comité a fixé le ratio des fonds propres bancaires sur l'ensemble des actifs risqués à un minimum
de 8% d'ici fin 1992
4. Cette norme est définie par le ratio Cooke
5. Utilisée pour évaluer la solvabilité des banques dans les transactions internationales
6. Le ratio Cooke de 1988 concernait principalement le risque de crédit, sans autre risque
B- les composants du capital de la banque et les pondérations du risque proposées par le comité
de Bâle :
• Eléments constitutifs des fonds propres :
Selon la réglementation Bâle de 1988, le capital de la banque est constitué de deux tranches :
- Première tranche (Noyau de fonds propres) (capital de base) : qui se constitue des éléments
suivants :
1- Le capital social :
c’est la valeur payée par les propriétaires lors de la création de la banque, ce qui représente un faible
montant du total des fonds reçus d'autres sources.
2- Réserves publiées :
comprend toutes les réserves créées, qu’elles soient liées au surplus, à la prime d’émission, aux
bénéfices non affectés ,ou aux réserves légale ou facultative déduit des bénéfices pour faire face aux
imprévus.
- Deuxième tranche (Fonds propres complémentaires) : qui se constituent des éléments suivants :
1- Réserves non publiés (Les réserves occultes) :
- ont été passées par le compte des profits et sont acceptés par les autorités de contrôle de la banque.
Elles peuvent avoir la même qualité intrinsèque que les bénéfices non distribuées publiés mais dans le
cadre d’une norme minimale.
- leur absence de transparence et le fait que nombreux pays ne reconnaissent les réserves non publiées
ni comme pratique comptable ni comme élément légitime des fonds propres militent contre leur inclusion
dans le noyau de fonds propres.
2- Réserves de réévaluation :
- Les pratiques comptables ou les systèmes de contrôle bancaire de plusieurs pays permettent la
réévaluation de certains actif s à leur valeur courante au lieu, et la prise en compte, dans les fonds
propres, des réserves de réévaluation qui en résultent.
3- Provisions générales/réserves générales pour créances douteuses :
- sont constituées en prévision de pertes éventuelles. Lorsqu'elles ne sont pas affectées à des actifs
particuliers et ne correspondent pas à une baisse de valeur d'actifs spécifiques, ces réserves présentent
les caractéristiques requises pour figurer parmi les fonds propres et il a été admis de les incorporer dans
la deuxième tranche.
4- Instruments hybrides (dette / capital) :
- Cette catégorie recouvre divers instruments qui allient certaines caractéristiques du capital et certaines
particularités de l'endettement. Chacun de ces instruments possède des traits spécifiques dont on peut
considérer qu'ils affectent leur qualité de fonds propres.
5- Dette subordonnée à terme :
- Le Comité est d'avis que les instruments de dette subordonnée à terme présentent des insuffisances
importantes en tant qu'éléments de fonds propres en raison de leur échéance à terme fixe et de leur
incapacité de compenser des pertes en dehors du cas de liquidation.
- Ces insuffisances justifient l'application d'une restriction supplémentaire sur le montant de tels
instruments admis à figurer dans les fonds propres.
- Il a donc été décidé que les instruments de dette subordonnée à terme ayant une échéance initiale
minimale de plus de cinq ans peuvent être incorporés dans les éléments complémentaires des fonds
propres, mais seulement à concurrence de 50% du noyau, et sous réserve de mécanismes
d'amortissement adéquats.
• Eléments à déduire des fonds propres :
Il a été décidé d'opérer les déductions suivantes sur les fonds propres pour le calcul du ratio de fonds
propres pondéré en fonction des risques. Ces déductions comprendront:
- Première tranche : le good Will
- Du total des fonds propres : le good Will
- Les investissements dans les filiales ayant une activité bancaire et financière qui ne sont pas consolidés
dans les systèmes nationaux. La pratique normale consistera à consolider les filiales pour évaluer le
niveau des fonds propres des groupes bancaires.
- Investissements sous forme de participation au capital d'autres banques et établissements financiers.
Remarque :
Le capital complémentaire le noyau
Capital complémentaire / ensemble des engagements 4%
Le capital social étant le type de capital le plus important, chaque banque devrait donc
fonctionner avec un minimum de capital social pour couvrir le risque de crédit.

• Pondération des risques :


- Le Comité considère que la meilleure méthode pour évaluer le niveau des fonds propres des banques
est celle du ratio des risques pondérés :
dans laquelle les fonds propres sont rapportés à différentes catégories de risques nés d'actifs ou
d'engagements hors bilan, pondérés selon de grandes catégories de risque relatif.
Le ratio de risques présente les avantages suivants :
- Il permet d'effectuer, sur une base plus équitable, des comparaisons internationales
entre des systèmes bancaires de structures parfois différentes,
- Il permet d'incorporer plus facilement les risques hors bilan dans le système de mesure.
- Pondération des risques d'actifs figurant au bilan :
L'échelle des pondérations a été simplifiée au maximum, pour ne retenir que cinq
coefficients : 0%, 10%, 20%, 50% et 100%.
- Pondération des engagements hors bilan :
Le dispositif prend en compte le risque de crédit encouru sur les engagements hors bilan en appliquant
des facteurs de conversion en équivalent risque de crédit aux différents types d'instruments ou de
transactions hors bilan.
5.4. Les amendements de Bâle de 1996 :
- les gouverneurs du groupe des grands pays industrialisés ont convenu d'introduire plusieurs
modifications à l'accord de 1988 :
- la nécessité de trouver une nouvelle méthode de calcul de l'exigence des fonds propres pour couvrir les
risques de marché, à savoir le risque de pertes sur le bilan ou hors bilan dues aux variations
des prix sur marché.
- Le Comité a également autorisé les banques visées par cet accord à choisir entre les formules définies
par elle et entre les modèles internes permettant de faire face aux risques de marché.
- dont le plus important est le modèle de Risk Metrics développé par la banque J.P Morgan :
- Basé sur le concept de la valeur au risque. Si la Banque utilise les approches internes, les autorités de
surveillance se réservent le droit de procéder à des tests, tels que le STRESS TESTING, qui vérifient
l'exactitude des estimations.
A- Le capital de la banque selon l’amendement de 1996 :
- Les amendements ont mis en évidence la nécessité d’ajouter une troisième tranche comprenant des
prêts subordonnés d'une échéance de deux ans, ainsi le capital de la banque se compose de trois
Tranche: capital de base, capital supplémentaire et le capital sur complémentaire.
- Le fond propre de la troisième catégorie est soumis aux conditions suivantes :
- Avoir une échéance d'au moins deux ans ;
- A n'utiliser que pour couvrir les risques de marché, y compris le risque de change ;
- Sous réserve de ce que l'on appelle la clause de gel, qui inclut le non-paiement des intérêts ou de la
dette si cela réduit les exigences de fonds propres du minimum requis ;
- Être dans la limite de 250% du capital de base alloué pour couvrir les risques de marché ;
- Les éléments de la deuxième tranche peuvent être remplacés par des éléments de la troisième tranche
dans la limite de 250%, afin de couvrir le risque de marché.
- le fond propre de la banque au sens des amendements de 1996 est égal à la somme des trois tranches
de capital, à condition que l’arbitrage suivant soit réalisé:
La première tranche (la deuxième tranche + la troisième tranche)
Ainsi les exigences de fonds propres sont calculées selon la formule suivante :
B- L’évaluation du ratio cooke (réglementation Bâle 1) :
L'accord comporte de nombreux avantages et inconvénients qui peuvent être résumés ci-dessous :
• Les avantages de la mise en œuvre de la réglementation Bâle 1 :
- Organisation des opérations de contrôle et les rendre plus réalistes.
- L'augmentation relative du niveau de sécurité des actifs bancaires.
- La contribution à soutenir la stabilité du système bancaire mondial, notamment en augmentant le capital
d'institutions bancaires, où une augmentation des exigences de fonds propres.
• Les inconvénients de la mise en œuvre de la réglementation Bâle 1 :
- L'évolution du marché financier depuis 1988, notamment le développement du marché des
dérivés, a rendu le contrôle bancaire difficile en utilisant le ratio Cooke.
- les exigences de fonds propres visaient uniquement à couvrir le risque de crédit via l'accord de 1988 et
le risque de marché par la suite en 1996. Autres risques tels que le risque opérationnel n'ont pas été pris
en considération.
- la norme Cooke ne permettait qu'une estimation statistique du risque de crédit, sans tenir compte de
l'évolution de la qualité du crédit au cours de la période du prêt.
- Les pondérations proposées sont limitées en nombre et ne reflètent pas le niveau de risque réel. Ces
pondérations sont basées sur des critères institutionnels non économiques.
- Bâle 1 était limité à une mesure unique et typique du risque bancaire sans tenir compte des
caractéristiques de la banque et de la nature du risque auquel elle fait face.
- L’accumulation de ces points négatifs a conduit à l’incohérence de la relation entre le capital
réglementaire et les exigences en fonds propres constituées par les banques pour couvrir les risques
auxquels elles sont exposées du point de vue économique.
6. La réglementation Bâle 2 :
- Le premier accord de Bâle, qui visait principalement les grandes banques ayant une activité
internationale a été appliqué par plus de 100 pays, et la norme Cook est devenue une norme unifiée des
exigences de fonds propres.
6.1. Les objectifs de la réglementation Bâle 2 :
- Construire une relation plus précise entre le capital et le risque et rendre les exigences de fonds propres
plus sensible.
- Fournir plusieurs méthodes d’évaluation et de mesure des risques pour les banques et les autorités de
régulation.
- Inclure les risques négligés tels que le risque opérationnel et trouver des nouvelles approches de
mesure plus appropriés.
6.2. Les piliers de la réglementation de Bâle 2 :
• Premier pilier : les exigences de fonds propres :
- Le nouveau cadre maintient la définition précédente du capital, et des exigences de fonds propres fixé à
8%, en plus le risque opérationnel a été inclus. Ainsi le ratio cooke est remplacé par le ratio MC-
Donough.
- En ce qui concerne les méthodes de calcul des exigences de fonds propres pour couvrir le risque de
crédit, le comité de Bâle a proposé deux intrants différents:
- L'approche standard et l’approche interne. Bien que les méthodes de mesure du capital nécessaire pour
couvrir le risque de marché n’aient pas été ajustées.
- Par ailleurs, le Comité a proposé plusieurs approches pour mesurer le risque opérationnel : l'approche
de l'indicateur de base, l'approche normative et l'approche avancé.
• Premier pilier : les exigences de fonds propres :
- repose sur un ensemble de principes qui soulignent la nécessité pour la banque d'évaluer les exigences
de fonds propres en fonction de la taille des risques auxquels elle est confrontée.
- Ce système nécessite une connaissance du niveau de risque, une évaluation précise du capital
nécessaire et des risques, ainsi qu'un examen des systèmes de contrôle interne.
- Afin de réaliser l’harmonisation visée par ce système entre les exigences de fonds propres et les risques
bancaires, il faut prendre en considération quatre principes :
1- L’existence de procédures d’évaluation des exigences de fond propre par rapport à la taille du risque ;
2- Les autorités de surveillance doivent réviser et évaluer les procédures internes permettant de
déterminer le capital nécessaire.
3- les autorités de régulation peuvent obliger les banques à appliquer les règles de prudence qu'elles
jugent nécessaires, sachant que la nature de ces règles n’est pas mentionnée dans la réglementation de
Bâle 2.
4- Les autorités de régulation doivent intervenir progressivement en fonction de la nature du risque
observé.
• Le troisième pilier : la discipline de marché :
- La réglementation Bâle 2 vise à soutenir les processus de contrôle du marché en établissant un
ensemble d'exigences en matière de divulgation. L'information financière est un élément clé de l'efficacité
du marché et de la rigidité des systèmes financiers.
- Bâle II définit un ensemble d'informations que les banques devraient publier, concernant la structure du
capital, les méthodes d'évaluation des risques et, le détail des emprunts en date d'échéance…..
6.3. Les piliers de la réglementation de Bâle 2 :
A- Exigences pour l'application de la réglementation Bâle 2 :
La réglementation Bâle 2 ne se contente pas de remplacer un ensemble de règles par de nouvelles
normes de mesure des exigences de fonds propres, il modifie totalement le concept de gestion des
risques et oblige les banques à disposer d'un ensemble d'éléments d'infrastructure pour mettre en œuvre
leurs décisions.
• Développement du systèmes comptables :
- La réglementation Bâle 2 requiert davantage l'utilisation du marché pour l’évaluation des risques.
L’orientation adoptée dans les nouvelles propositions est la sensibilité élevée à ce que le marché décide,
- par conséquent, la disponibilité de données financières appropriées est la base pour traduire les
tendances du marché en normes et règles de gestion et de contrôle bancaires.
- Par conséquent, il est nécessaire de coordonner les exigences de Bâle 2 d’une part, et les exigences
imposées par les normes comptables internationales d'autre part.
• Développement des compétences humaines :
- La mise en œuvre de Bâle 2 requiert une qualité distinguée de compétences humaines, à la fois en
analyse financière, en application et en révision de systèmes comptables, ou en termes de compétences
techniques et technologiques dans le domaine des technologies de l'information, augmentant ainsi les
besoins des banques et des régulateurs et supervisant ces disciplines.
- Des efforts substantiels seront nécessaires dans le domaine des systèmes de formation et
d’apprentissage en général.
6.4. Evaluation de la réglementation Bâle 2 :
A- Les avantages de la réglementation Bâle 2 :
- Prise en compte d'une vision plus large des risques bancaires, incluant le risque opérationnel en plus
des risques de crédit et de marché.
- Intégration renforcée de la gestion des risques dans les activités bancaires, au-delà de la simple
exigence de fonds propres minimaux.
- Introduction du 2e pilier relatif au contrôle et à l'audit des processus de gestion des risques.
- Mise en place du 3e pilier sur la discipline de marché et la transparence de l'information publiée par les
banques.
- Prise en compte accrue des évaluations des risques par le marché, au lieu de pondérations forfaitaires
administratives.
- Plus grande souplesse d'application, avec possibilité pour les banques de choisir entre approches
standards ou approches internes de mesure des risques.
B- Les inconvénients de la réglementation Bâle 2 :
- Complexité des approches proposées, notamment les approches internes basées sur des techniques
avancées, nécessitant des compétences et systèmes d'information spécialisés coûteux.
- Problème de procyclicité : lien entre exigences de fonds propres et notations de risque du marché,
amplifiant les cycles économiques.
- Accent mis principalement sur le premier pilier (exigences de fonds propres) au détriment des 2e et 3e
piliers (supervision et discipline de marché).
- Limites de la discipline de marché seule pour contrôler les risques bancaires.
- Impact différencié sur les activités bancaires selon leur pondération en risque (crédits de détail
favorisés, capital-investissement défavorisé).
- Incitation à privilégier les activités moins risquées, potentiellement au détriment du financement de
l'innovation.
Chapitre 2 : la gestion du risque de crédit
1. Définition du risque de crédit :
le risque d'engendrer des pertes inattendues au cours d'une période spécifique, généralement une
année, liée au portefeuille de prêts.
2. Les composants du risque de crédit :
2.1. Le risque de défaut :
1. Lié à l'incapacité de l'emprunteur à rembourser ses engagements envers la banque
2. Survient à la suite d'un événement qui entraîne une détérioration de sa capacité financière
3. Défini par Moody's comme :
- Toute diminution de la valeur de la dette remboursée
- Ou un retard dans le remboursement du capital du prêt ou des intérêts
2.2. Le risque de dégradation de la qualité du crédit :
1. Autre source de risque de crédit pour les banques
2. Due à la perte de confiance en l'emprunteur
3. Se traduit par l'écart de taux (credit spread)
- Différence entre le rendement exigé par le prêteur et le taux sans risque des obligations du Trésor
2.3. Le risque de recouvrement :
1. Découle de l'incertitude associée au taux de recouvrement en cas de défaillance
2. Le taux de recouvrement détermine le montant récupérable du prêt si défaillance
3. Le risque pays peut être divisé en 3 sous-risques :
- Risque de séparation politique affectant les droits de propriété (saisie, nationalisation)
- Risque d'incapacité de la banque centrale à transférer des ressources en monnaie locale vers
un paiement international
- Risque que l'État ou institutions publiques ne s'acquittent pas de leurs engagements en devises
3. Les exigences de gestion du risque de crédit :
3.1. Créer un climat approprié pour la gestion du risque de crédit :
1. Le conseil d'administration doit envisager d'importantes stratégies et politiques de crédit
- S'assurer qu'elles reflètent la volonté de prise de risques de la banque
- Déterminer la rentabilité qui en résulte
- Formulées après disposer d'informations diverses :
- Types de prêts et secteurs
- Échéances des dettes
- Informations sur la structure des actifs
2. Déterminer le type de garantie à fournir et les méthodes d'évaluation adoptées
3. Pour faciliter la mise en œuvre des stratégies, les banques développent généralement :
- Procédures d'approbation de crédit
- Procédures de suivi
- Méthodes de reporting périodique
- Liste des données et documents à fournir
- Règles de provision cohérentes avec les décisions des autorités
3.2. Fournir les procédures appropriées d'octroi de crédit :
A- Critères d'octroi de crédit :
- La banque doit disposer d'informations suffisantes pour :
- Evaluer complètement la qualité des risques liés à l'emprunteur
- Evaluer la capacité juridique de l'emprunteur
- Evaluer les risques actuels et futurs associés à l'emprunteur et son secteur
- Evaluer la sensibilité du secteur aux évolutions économiques
- Connaître l'historique de remboursement des dettes antérieures
- La banque recueillera des données sur :
- Les sources de remboursement
- Les flux de trésorerie attendus de l'emprunteur pour rembourser le prêt et intérêts
- La banque déterminera le type de garantie fourni et sa contribution à la réduction du risque de
crédit
B- Détermination des limites de crédit :
- Il est important que la banque fixe des limites maximales :
- A la valeur du prêt octroyé en fonction de la note de crédit de chaque client
- A la valeur des prêts octroyés aux secteurs économiques
- A la valeur des prêts octroyés aux régions géographiques
- En général, les banques fixent des limites à tous les postes de bilan et hors bilan
- L'objectif est de mieux contrôler le risque de crédit auquel elles sont exposées
3.3. Mise en place de procédures de traitement du crédit et de son suivi :
- La banque est tenue de mettre en place un système de traitement des dossiers de crédit
- Gérer les dossiers des clients ainsi que les documents d'endettement
- Le système mis en place doit être sous la supervision du service de surveillance du crédit
- La banque veille au respect :
- Des politiques
- Des procédures
- Des lois
- Des consignes en matière de réglementation
- Des instructions internes
- La banque doit aussi :
- S'assurer de la situation financière du client
- S'assurer de la qualité du crédit
- S'assurer de la disponibilité de la garantie
- Ainsi la banque constitue les provisions permettant de couvrir les différents risques de crédit
3.3. Mise en place des procédures adéquates de contrôle du risque de crédit :
- Le processus de contrôle du crédit nécessite un système indépendant d'examen du crédit
- Il vise à assurer l'efficacité des agents responsables:
- De l'octroi des crédits
- Du suivi des crédits
- Il mène des recherches sur:
- L'intégrité des procédures de crédit
- La qualité du portefeuille
- L'adéquation des provisions
- Les résultats de l'audit et les éventuelles exceptions à l'octroi de prêts sont reportés au conseil
d'administration
- La banque affecte un département indépendant conçu pour:
- La détection des situations de défaillances
- Permettre de les résoudre rapidement
4. Étapes de détermination du risque de crédit :
- Les banques élaborent des procédures à suivre avant et après l'octroi du crédit
- Objectifs :
- Réduire le risque d'exposition au risque de crédit
- Réduire les pertes potentielles
- Permettre de constituer des provisions pour couvrir les pertes attendues
4-1- Avant l'octroi de crédit :
- Établir des procédures de divulgation des risques basées sur les 5C :
a- La personnalité de l'emprunteur (Character)
b- La capacité de l'emprunteur (Capacity)
c- Le capital (Capital)
d- Les garanties (Collateral)
e- Les conditions (Conditions)
A- La personnalité de l'emprunteur (Character) :
- Examiner son éthique et comportement dans le travail
- Examiner son niveau scientifique
- Etudier sa réputation sur le marché
- Etudier la nature de ses relations avec d'autres agents économiques
- Etudier son historique de remboursement des engagements antérieurs à l'échéance
B- La capacité de l'emprunteur (Capacity) :
- Vérifier sa capacité à gérer efficacement son entreprise
- Vérifier sa capacité à utiliser efficacement les ressources disponibles
- Vérifier l'expérience administrative et technique de la structure administrative
C- Le capital (Capital) :
- Vérifier l'équilibre de la structure financière de l'institution
- Vérifier l'efficacité de l'administration dans la gestion de la liquidité
- Vérifier la capacité de l'institution à réaliser un fonds de roulement positif
D- Les garanties (Collateral) :
- Banques attachent une grande importance à la garantie fournie
- Vérifier la disponibilité et validité des documents relatifs à la garantie
- Examiner le degré de liquidité de la garantie et possibilité de la vendre
- Veiller à ce que sa conservation ne représente pas un coût supplémentaire
E- Les conditions (Conditions) :
- Déterminer les conditions économiques actuelles liées au secteur et à l'économie
- Identifier la position de l'institution sur le marché
- Examiner sa capacité à faire face à la concurrence locale et internationale
- Examiner l'effet du développement technologique sur ses activités
4-2- Après l'octroi de crédit :
- Vérifier que le client signe tous les contrats liés au crédit et garanties
- Un service de la banque surveille l'évolution de la situation financière de l'emprunteur
- Ce suivi se fait par :
- Visites sur le terrain
- Analyse financière
- Détermination de la valeur des actifs et garanties
- S'appuyer sur les rapports comptables et financiers, internes et externes
- Suivre les circonstances économiques, financières, politiques entourant l'emprunteur
5. Les techniques de réduction du risque de crédit :
- Les méthodes utilisées pour couvrir le risque de crédit se sont considérablement développées
- Cela a conduit à l'expansion des marchés de transfert du risque de crédit vers d'autres
- Le comité de Bâle a autorisé l'utilisation de "garanties" pour réduire les exigences de fonds propres
Tableau n° 06 : Liste des garanties utilisées pour réduire le risque de crédit selon Bâle 2
Garanties

a Liquidité déposée auprès de la banque exposée au risque de crédit en plus des certificats de dépôt émis
par le prêteur
b L’or

c Titres évalués par une agence externe de notation de crédit reconnu, notées : - Au moins BB− s’ils sont émises par
des tiers souverains, ou des entreprises publiques ;
- Au moins BBB− s’ils sont émises par d’autres tiers, y compris les banques et les institutions
d’investissement ;
- Au moins A − 3/P − 3, pour les titres financiers à court terme.

d Titres financiers non évalués par les agences de notation, qui remplissent les conditions suivantes :
- Émises par une banque ;
- Enregistrés sur une bourse connu ;
- Niveau de liquidité acceptable par les autorités de contrôle.

e Les titres qui composent un indice boursier de base.

f Les OPCVM à condition que :


- Les informations sur la valeur de marché de ses actions doivent être publiées quotidiennement

6. Méthodes d’évaluation du risque de crédit :


6.1. L’approche standard (l’approche de notation externe) :
- L'approche standard est la méthode la plus simple proposée par le Comité de Bâle
- Elle repose sur la notation externe des contreparties
- Selon cette méthode, les banques affectent 6% du ratio de fonds propres à la couverture du risque de
crédit
- Les exigences de fonds propres sont calculées en :
- Déterminant la somme du montant de crédit
- Multipliant par des pondérations
- Ces pondérations sont déterminées par les agences de notation reconnues par le Comité de Bâle
A- Les agences de notation (rating) :
Notation : des procédures d’évaluation des risques associées à une dette, qui se traduisent par une note
qui permet de classer la dette en fonction de ses caractéristiques, ainsi que des garanties fournies par
l’emprunteur.
• Définition des agences de notation :
- Les agences de notation sont des institutions indépendantes qui expriment une opinion objective sous
forme de notation
- Elles notent divers types de crédit et publient ces notations
- Objectif : évaluer le risque de crédit en déterminant la qualité du crédit (solvabilité de la contrepartie)
- Reflète la capacité de l'emprunteur à régler ses engagements aux dates convenues
- Ne constitue pas une recommandation d'achat ou de vente selon Standard & Poor's
- Les agences notent les émetteurs de valeurs transférées : sociétés, institutions financières, publiques,
assurances, pays
- Elles notent aussi les certificats de dépôt, bons du Trésor, obligations, emprunts bancaires, titres
hybrides
- L'agence Standards & Poor's :
- Nommée d'après son fondateur Henry Poor
- A commencé son activité d'évaluation en 1924
- Filiale du groupe McGraw Hill depuis 1966 aux États-Unis
- Spécialisée dans la notation des entreprises industrielles
- L'agence Moody's :
- Moody's Investors Services fondée en 1913 par John Moody
- Activités d'évaluation débutées en 1919
- Spécialisée dans l'évaluation des opérations de titrisation
- Branche indépendante de Moody's Corporation
- Gérée par Dun and Bradstreet de 1962 à 2000 puis cédée à des investisseurs
- L'agence Fitch :
- Fitch Investors Services fondée en 1922 par John Knowles Fitch à New York
- Fusion avec IBCA Limited à Londres en 1997
- Acquisition de Duff & Phelps en 2000
B- Conditions de reconnaissance des agences de notation :
- L'Objectivité :
- Approches disciplinées, basées sur des données historiques
- Évaluation soumise à un examen permanent
- L'indépendance :
- Être indépendante de toute pression politique ou économique
- Qui pourrait affecter son évaluation de crédit
- La transparence :
- Faciliter l'accès aux résultats d'évaluation pour tous les établissements
- La communication :
- Publier les méthodes d'évaluation approuvées
- Publier les périodes d'évaluation
- Publier les taux de défaut réels des contreparties
- Communiquer l'évolution des évaluations dans le temps
- Les ressources :
- Disposer des ressources nécessaires
- Pour évaluer précisément le crédit
- Entretenir une relation permanente avec les contreparties évaluées
- Assurer le suivi du statut de chaque client
- La crédibilité :
- Assurée par la disponibilité des critères précédents
- Représente la confiance des parties indépendantes dans les notations
- Concerne aussi les procédures internes anti-utilisation abusive d'informations confidentielles
C- Conditions de reconnaissance des agences de notation :
- Les exigences minimales de fonds propres sont déterminées après que les banques ont :
- Classé leurs actifs dans des centres spécifiques
- Pour qu'ils soient évalués par une agence de notation reconnue
- La pondération du risque est déterminée sur la base de la notation attribuée à la contrepartie
- Les banques sont tenues d'appliquer des coefficients de pondération réglementaire à chaque actif
- Les actifs hors bilan sont transférés au bilan pour être pondérés de la même manière
• Eléments hors bilan :
- Dans l'approche standard, les éléments hors-bilan sont convertis en "équivalent risque de crédit" au
moyen de facteurs de conversion
- Pour les engagements dont l'échéance initiale est :
- Inférieure ou égale à 1 an : facteur de 20%
- Supérieure à 1 an : facteur de 50%
- Cependant, un facteur de 0% est appliqué pour tout engagement :
- Révocable sans condition par la banque
- A tout moment et sans préavis
- Ou devenant caduc automatiquement en cas de dégradation de la signature de l'emprunteur
- Un facteur de 100% est appliqué pour tous les autres engagements
D- L’évaluation de l’approche standard :
• Les avantages de l’approche standard :
- L'avantage principal est la facilité d'application
- Cette méthode est basée sur les évaluations des agences de notation agréées
- Toute banque peut suivre cette approche pour calculer le capital couvrant le risque de crédit

- L'adoption d'une approche standard permet de fournir des informations quantitatives sur le risque de
crédit sur une base vérifiable
- L'approche de notation externe dépend du suivi statistique des probabilités de défaut
- Exemple: probabilité de défaut estimée à 4% sur 15 ans pour une note BBB
- Contre 28% pour une note B
- Bien que coûteuses, les évaluations des agences restent moins chères qu'une évaluation individuelle
par chaque institution prêteuse
- Du point de vue du prêteur et de l'emprunteur
• Les inconvénients de l’approche standard :
- La couverture limitée des agences de notation par rapport à l'ampleur du marché financier
- A conduit à l'évaluation de nombreuses banques et petites entreprises en dehors des agences
- Entraînant des sources d'informations sur le crédit différentes en raison de la multiplicité des
approches
- Rendant difficile le processus d'unification

- L'inefficacité des agences et leur estimation erronée des probabilités de défaut à plusieurs reprises (ex:
crise asiatique)
- Ont incité de nombreux pays à s'abstenir de recourir à la notation externe

- Problème illustré pour les crédits à haut risque :


- Probabilité de défaut de 30% pour une note B, mais ratio de fonds propres reste à 8%
- Ce ratio n'augmente qu'à partir de la note CCC (48%) pour atteindre 12%
- La pondération des contreparties non notées est toujours inférieure à la pondération du risque le plus
élevé
- Incite de nombreux agents à ne pas recourir aux agences de notation
- Pouvant constituer un risque pour les banques si la situation financière se détériore
6.2. L’approche fondée sur les notations interne (IRB) :
- L'approche de notation interne est plus complexe car liée à l'auto-estimation de certains éléments
- Elle n'est pas obligatoire
- Mais une fois adoptée pour évaluer les contreparties, il n'est plus possible de revenir à l'approche
standard
- L'approche de notation interne comporte deux sous-approches :
- L'approche de fondation (de base)
- L'approche avancée
A- Le principe de l’approche de notation interne (quatre éléments) :
• La probabilité de défaut (PD) :
- Le risque de crédit est le risque de modification de la valeur d'un prêt dû à des facteurs affectant la
qualité de l'emprunteur (ex : variation de notation)
- Pour estimer la probabilité de défaut :
- Dans l'approche de fondation : le crédit est classé en catégories de risque en utilisant une
agence de notation interne
- Dans l'approche avancée : le classement utilise un modèle interne
- On calcule ensuite la probabilité de passer d'une classe de risque à une autre, à l'aide d'une matrice de
transition
- La matrice montre la probabilité de variation de notation d'une contrepartie sur un an, ainsi que la
probabilité de faillite
- Il est préférable d'ajuster les probabilités de transition selon la nature, situation financière et secteur de
chaque contrepartie
• Valeur exposé au risque en cas de défaut :
- Dans le cas du crédit classique, la valeur exposée au risque est la valeur actuelle des flux de trésorerie
impayés
- Cette valeur doit être ajustée au fil du temps selon la méthode d'amortissement du prêt
- Si une garantie est fournie par l'emprunteur :
- La valeur exposée change avec le temps, à mesure que la dette diminue
- Tandis que la valeur de la garantie change de manière aléatoire
- Car la valeur de la garantie est liée au marché
• La perte en cas de défaut (LGD) :
- Cette valeur varie en fonction du montant du prêt et de la garantie fournie
- Nécessité de calculer le taux de remboursement et la valeur actuelle des remboursements effectivement
réglés
• L'échéance (M) :
- C'est la période de remboursement des engagements
- Son calcul est important car elle détermine le degré de risque associé au crédit
- Les prêts long terme présentent un risque plus élevé que les prêts court terme
Une fois les 4 éléments déterminés (PD, EAD, LGD, M), on peut calculer :
- Le montant de la perte prévue (EL) selon la formule : EL = EAD × PD × LGD
- EL est couverte par les provisions
- Le montant de la perte imprévue (UL) qui est la différence entre la perte prévue et la perte réelle
- UL est couverte par les exigences de fonds propres
B- Les conditions d’utilisation de l’approche interne :
- Avoir un système de notation interne d'au moins trois ans qui respecte les principes déterminés par le
régulateur
- Avoir des méthodes internes développées pour identifier tous les indicateurs nécessaires (EAD, PD,
LGD)
- Avoir des méthodes de traitement des garanties et des dérivés de crédit
- Collecter des données historiques sur le "PD" au moins pour les cinq dernières années
- Collecter des données historiques sur les pertes LGD au moins pour les sept dernières années
- Procéder à une estimation interne de l'EAD depuis au moins trois ans
- Avoir les méthodes et les procédures pour identifier tous les types d'exposition aux risques et pour
toutes les contreparties importantes
- Diversifier son portefeuille de prêts
- Veiller à ce que les contreparties soient notées
- Procéder à un examen approfondi des procédures de notation et de gestion des risques
- Élaborer un ensemble d'indicateurs d'orientation pour garantir l'efficacité du système de notation interne
- Garantir un système d'information précis et fiable pour répondre aux exigences de l'information et de la
communication
C- Les approches de la notation interne :
• L’approche fondation :
- La banque doit estimer la probabilité de défaut (PD) pour chaque groupe d'actifs
- Les autres variables (LGD, EAD) sont déterminées par les autorités de régulation
• L’approche avancée :
- Doit s'appliquer à tous les actifs de même rang
- Les banques sont obligées de l'utiliser également pour gérer les actions
- Les banques doivent estimer : EAD, PD, LGD
- Utilisation de méthodes standards avec évaluations ajustées en fonction du cycle économique
- Nécessite des informations historiques sur une longue période, avec au moins une phase de récession
- Comprend trois approches : approche de la matrice de transition, approche par les spreads de
signature, approche de la volatilité des actifs
6.3. Les modèles de mesures du risque de crédit :
- Bâle 2 permet aux banques de calculer les exigences de fonds propres pour couvrir l'exposition au
risque de crédit
- Modèles importants : modèle de Merton, modèle de matrices de crédit, modèle de risque de crédit+
- Deux approches principales : approche des modèles structurels et approche des nouveaux modèles
A- L’approche des modèles structurels :
- Basée sur les méthodes d'évaluation de Black & Scholes (1973) et Merton (1974)
- Lie le risque de crédit à la réalité économique de l'institution
- Une situation de faillite survient quand la valeur des actifs diminue jusqu'à un certain niveau
- Avantage : liés à la capacité et structure financière de l'emprunteur, reposant sur des données
structurelles
• Le modèle de Merton :
- Considère la valeur des actifs comme principal déterminant du défaut potentiel (faillite)
- Fondé sur les hypothèses de Black & Scholes (1973) pour l'évaluation des options européennes
- Appliqué au bilan d'une institution avec un actif A et une dette B (obligations à coupon zéro)
- Nécessite l'identification de nombreux indicateurs :
- La valeur des actifs, la structure financière de l'émetteur
- Les conditions d'émission de la dette
- La perte en cas de défaillance
- Le taux d'intérêt sans risque
- La valeur des actifs et la structure financière :
- Déterminer la valeur de marché des actifs et son évolution
- Valeur difficile à observer, doit être estimée avec précision
- Nécessite une base de données avec les informations nécessaires
- Les conditions d'émission de la dette :
- Indiquées dans le contrat (date d'échéance, valeurs payées, procédures en cas de faillite)
- Ex : payer la dette B à l'échéance T, pas de nouvel emprunt ni remboursement avant
- La perte en cas de défaut :
- Évaluation des actifs pour payer les créanciers en cas de faillite
- Défaut si V(T) < B, créancier reçoit V(T) et perd B-V(T)
- Le taux d'intérêt sans risque :
- Corrélé au cycle économique comme le risque de crédit
- Augmentation des spreads en récession, diminution dans le cas contraire
- Reste constant dans le temps à r
- Difficulté : Déterminer précisément la valeur de l'institution
• Le modèle KMV* * (credit monitor) :
- Proposé par l'entreprise KMV pour évaluer le risque de crédit en fonction de la valeur de l'entité
- Vise à modéliser la valeur des actifs pour déterminer la relation avec la valeur de la dette, puis la
probabilité de défaut
- La fréquence de défaut (EDF) est calculée en 3 étapes :
1. Estimer la valeur de l'actif
2. Estimer la volatilité de la valeur
3. Déterminer la probabilité de défaut
- Représentation graphique avec zone de défaut lorsque la valeur des actifs devient inférieure à un seuil
- Points forts du modèle KMV :
- Base théorique solide, liant probabilité de faillite à la différence entre valeurs d'actifs et de dette
- Applicable aux institutions cotées et non cotées avec informations suffisantes
- Limites du modèle KMV :
- Utilise la loi normale pour la rentabilité des actifs, hypothèse inacceptable à court terme et
situations instables
- Besoin de données du marché financier, limitant la portée
- Ne fait pas de distinction entre les différents types de dette
- Modèle statique conduisant à une estimation inexacte des défauts à court terme
B- L’approche des nouveaux modèles :
- Développée par Madan, Unal (1994), Duffie, Singleton (2000)
- S'appuie sur les travaux de Black & Scholes mais diffère du modèle de Merton sur la relation
faillite/valeur
- Classée comme forme réduite
- Comprend plusieurs approches : indicateurs de crédit, risque de crédit +, portefeuille de crédit
• L’approche d’indicateurs de crédit (credit metrics) :
- Développée par JP Morgan en 1997 après l'approche RiskMetrics
- Vise à estimer le spread pour chaque émetteur sur 1 an, lié à la notation
- Construction en 4 étapes principales :
1. Détermination de la note de l'institution
- Notation externe pour grandes entreprises
- Système d'évaluation interne pour PME
2. Etablir une matrice de transition
- Déterminer probabilité de passer d'une note à l'autre sur 1 an
- Publié régulièrement par agences de notation
- Utilisé pour estimer la probabilité de défaut
3. Evaluation de la valeur de l'entreprise
- En cas d'absence de faillite, profit/perte lors de la vente du titre
- Calculer la valeur actualisée des flux attendus avec un taux d'actualisation approprié
4. calculer la VAR
• L’approche du risque de crédit + (credit risk +) :
- Développé par le groupe Crédit Suisse en 1996
- Utilisé pour simuler la perte d'un portefeuille d'obligations suite à une faillite
- Prend en compte la valeur non remboursée mais ignore la perte due aux changements de notation
- Hypothèses :
- Indépendance des défauts
- Chaque crédit a sa propre probabilité de défaut
- Nombre de défauts suit une distribution binomiale
- Basée sur le nombre de prêts et la probabilité de défaut
- Distribution binomiale peut être remplacée par la distribution de Poisson
• L'approche du portefeuille de crédit (CreditPortfolioView) :
- Développée par McKinsey sur la base des travaux de Wilson en 1997
- Suppose que les entreprises d'un même secteur ont la même probabilité de défaut
- Repose sur un modèle multi-variables
- La probabilité de défaut et de changement de notation sont liées à l'économie
- En récession: notation diminue, probabilité de défaut augmente
- En expansion: inverse
7. Traitement des opérations de titrisation :
- Technique financière pour convertir des créances ou actifs non liquides en titres négociables
- Un groupe de dettes de même nature est cédé à une institution spécialisée
- Cette institution finance l'achat en émettant des titres
- Utilisée par les banques pour réduire le risque de crédit et les exigences de fonds propres
- Le risque peut être transféré à des tiers via une titrisation synthétique avec dérivés de crédit
A- Traitement actuel de la titrisation (loi du 1er janvier 2003) :
- Engagements non notés ou notés < BBB- peuvent être déduits du capital avec taux d'escompte de 8%
- Classement des notations du plus bas au plus élevé
- Déduction avant prise en compte des réserves
- Autres engagements pondérés à 100%
- En phase d'amortissement, la valeur déduite diminue
B- Traitement selon Bâle 2 :
- Exposition au risque liée à la notation externe et au montant du capital pour risque de crédit sans
titrisation
- Taux d'escompte fixé à 50% du capital de base et 50% du capital supplémentaire
- Deux approches : standard et notation interne
• Approche standard :
- Banques appliquent l'approche standard pour mesurer le risque de crédit
- Valeur pondérée = valeur de la tranche x coefficient de pondération
- Tableau des pondérations proposées par Bâle
• Approche de notation interne :
- Deux méthodes : formule de supervision (SFA) et approche basée sur la notation (RBA)
- Valeur pondérée = valeur de l'engagement x facteur de pondération
- Facteurs déterminés par période de validité de la notation, diversification des actifs (N) et rang de
l'engagement (Q)

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