EMC : exposé
Introduction : Les États-Unis, un modèle de démocratie ?
La démocratie est un concept hérité de l’Antiquité, notamment de la Grèce et de Rome. À
Athènes, au Ve siècle av. J.-C., Périclès affirmait que "notre constitution est appelée une
démocratie parce que le pouvoir est entre les mains non d'une minorité, mais du plus grand
nombre" (Thucydide, La Guerre du Péloponnèse). Ce principe a traversé les siècles pour
inspirer les penseurs des Lumières comme Montesquieu (De l’Esprit des lois, 1748) et Locke
(Second traité du gouvernement civil, 1690), qui ont posé les bases des démocraties
modernes.
La démocratie américaine, née à la fin du XVIIIe siècle, souvent perçus comme le berceau de
la démocratie moderne, a été fondée sur les principes de séparation des pouvoirs et de
protection des libertés individuelles, inspirés des Lumières. Ce modèle a par conséquent
influencé de nombreuses constitutions à travers le monde, notamment en Europe ou en Asie.
Cependant, bien que les États-Unis aient longtemps été perçus comme une référence
démocratique, leur système est aujourd’hui en proie à de profondes crises :
📉 Selon The Economist Intelligence Unit, la démocratie américaine a été classée comme «
démocratie imparfaite » en 2021 avec un score de 7,85/10, en raison du manque de
confiance de ses citoyens en leur institutions et des inégalités croissantes.
➡️Problématique : Les États-Unis sont-ils toujours un modèle de
démocratie ou leur système est-il en déclin ?
I. Les Etats-Unis, un modèle démocratique
Démocratie : Larousse : Système politique, forme de gouvernement dans lequel la
souveraineté émane du peuple. [La démocratie politique est née dans la Grèce
antique. Pourtant, ce n’est pas avant le xviiie siècle que fut formulée la théorie de
la séparation des pouvoirs (Montesquieu) et mis en place le suffrage universel
(États-Unis, 1776), qui en sont deux des fondements. Le respect des libertés
publiques est au cœur même du fonctionnement de la démocratie dite aujourd'hui
« libérale ».]
En gros, Une démocratie est un régime où le pouvoir appartient au peuple, exercé
directement ou par des représentants élus. Elle repose sur :
1. La souveraineté populaire (vote et participation citoyenne).
2. L’État de droit (égalité devant la loi).
3. La séparation des pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire).
4. Le respect des libertés fondamentales (expression, presse, religion).
5. Le pluralisme politique (diversité des partis et opinions).
6. Des élections libres et régulières (transparentes et accessibles).
Une démocratie garantit ainsi droits, justice et participation. Alors pourquoi peut-on
affirmer que les Etats-Unis incarnent, du moins à première vue, un modèle de démocratie ?
Les Etats-Unis sont un modèle démocratique :
1) Elle instaure un équilibre entre les trois pouvoirs :
Législatif (Congrès) : fait les lois.
Exécutif (Président) : applique les lois.
Judiciaire (Cour suprême) : veille à leur conformité avec la
Constitution.
Ce système empêche une concentration excessive du pouvoir.
2) Elle permet la protection des droits fondamentales grâce au Bill of Rights
(1791) :
Def : Le Bill of Rights, adopté en 1791, est un ensemble des dix premiers amendements
de la Constitution des États-Unis. Il garantit les libertés fondamentales des citoyens et
limite les pouvoirs du gouvernement fédéral, faisant des États-Unis un modèle démocratique.
Le Bill of Rights protège des droits essentiels, comme par exemple :
1er Amendement : Liberté d'expression, de presse, de religion et de réunion.
2e Amendement : Droit de porter des armes.
4e Amendement : Protection contre les perquisitions et saisies
abusives.
5e Amendement : Droit au silence et protection contre
l’auto-incrimination.
6e Amendement : Droit à un procès équitable et rapide.
Etc…
Permet la limitation du pouvoir de l’État :
Empêche le gouvernement de restreindre arbitrairement les droits des citoyens.
Assure un équilibre entre liberté individuelle et autorité publique.
Influence sur les démocraties modernes :
Inspiré par les idées des Lumières (Locke, Montesquieu) : Séparation des pouvoirs
→ Principe défendu par Montesquieu, ce qui limite l’arbitraire du gouvernement et
protège les citoyens contre les abus de l'État. Souveraineté populaire et droits
naturels → John Locke affirmait que les gouvernements doivent protéger la vie, la
liberté et la propriété ; le Bill of Rights empêche les perquisitions abusives et garantit
un procès équitable (4e, 5e et 6e amendements).
C’est donc un modèle pour d’autres constitutions, puisqu’elle garantit les droits de
l’homme et libertés civiles.
Grâce au Bill of Rights, les États-Unis renforcent leur modèle démocratique en assurant la
protection des droits fondamentaux et en empêchant les abus de pouvoir. En cela, elle
constitue parfaitement un modèle de démocratie pour les autres pays.
3) Le Fédéralisme américain :
Def : Le fédéralisme est un système politique dans lequel le pouvoir est partagé entre un
gouvernement central et des États fédérés, chacun ayant des compétences propres. Aux
États-Unis, la Constitution de 1787 établit ce modèle, ce qui permet de garantir un équilibre
entre unité nationale et autonomie locale.
1. Répartition des pouvoirs
Gouvernement fédéral : Responsable des affaires nationales (défense, politique
étrangère, monnaie, commerce interétatique).
États fédérés : Gèrent des domaines comme l’éducation, la police locale, la santé, les
infrastructures.
Cour suprême : Arbitre les conflits entre l’État fédéral et les États.
2. Pourquoi le fédéralisme renforce la démocratie ?
✅ Décentralisation du pouvoir → Évite une concentration excessive du pouvoir à
Washington.
✅ Autonomie des États → Permet d’adapter les lois aux réalités locales (ex. : législation sur
l’avortement, fiscalité, peine de mort).
✅ Expérimentation politique → Les États peuvent tester des politiques avant une
application nationale.
✅ Participation citoyenne → Multiplication des niveaux de gouvernance encourage
l’engagement politique local.
Ref : Extrait Article 1 Section 8 de la Constitution des Etats-Unis :
"Le Congrès aura le pouvoir de lever et percevoir des impôts, de réglementer le commerce
avec les nations étrangères et entre les différents États, d'établir une monnaie uniforme, de
lever et entretenir des armées..."
-> certains sujets (comme la défense) relèvent de l’État fédéral, tandis que d’autres
(éducation, sécurité locale) restent aux États.
Grâce au fédéralisme, les États-Unis sont un modèle démocratique en combinant unité
nationale et diversité locale, favorisant ainsi la souplesse politique et la participation
citoyenne
4) Stabilité démocratique
La démocratie américaine, fondée en 1787 avec l’adoption de la Constitution des États-
Unis, est l’une des plus anciennes au monde encore en vigueur.
- En plus de 200 ans d’existence, la Constitution a été peu modifiée (seulement 27
amendements), preuve de sa solidité
- Depuis 1789, les États-Unis ont connu des élections
régulières et des transitions présidentielles, même en période
de crise (Guerre de Sécession, Grande Dépression,
Guerre Froide).
- Même après des tensions (ex. crise de 2020-2021 avec
l’assaut du Capitole), les institutions ont résisté aux
contestations et permis la continuité démocratique : Joe Biden a bel et bien pu poursuivre
son mandat sans encombre.
- La démocratie américaine a influencé de nombreuses constitutions modernes (France,
Allemagne, Inde) en promouvant la séparation des pouvoirs, le fédéralisme et les droits
fondamentaux, qui existent aussi dans ces pays à présent :
- En France : Séparation des pouvoirs : Inspirée du modèle américain, la
Constitution française établit un exécutif fort mais contrôlé par le Parlement et le Conseil
constitutionnel. Droits fondamentaux : La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen
de 1789, reprise dans la Constitution, garantit des libertés similaires à celles du Bill of Rights
(liberté d'expression, égalité devant la loi). Contrôle de constitutionnalité : Comme aux
États-Unis, le Conseil constitutionnel peut censurer des lois contraires aux principes
fondamentaux.
- En Allemagne : Fédéralisme : L’Allemagne est une république fédérale, inspirée du
modèle américain, avec des Länder ayant une autonomie importante. Droits fondamentaux
: La Loi fondamentale garantit des libertés comparables à celles du Bill of Rights (liberté
d’opinion, égalité, droit au recours judiciaire). Cour constitutionnelle fédérale : Comme la
Cour suprême des États-Unis, elle contrôle la conformité des lois à la Constitution.
- En Inde : Fédéralisme : L’Inde a adopté un système fédéral, avec une répartition
des pouvoirs entre le gouvernement central et les États. Droits fondamentaux : La
Constitution indienne inclut une charte des droits fondamentaux inspirée du Bill of Rights
(liberté d’expression, égalité, protection contre l’arbitraire). Révision judiciaire : La Cour
suprême de l’Inde a le pouvoir de déclarer des lois inconstitutionnelles, comme aux États-
Unis.
- Son système électoral, ses contre-pouvoirs et la liberté d’expression en font une
référence mondiale en termes de démocratie.
Conclusion de la 1ère partie :
Donc les Etats Unis pourraient être (sur le papier) considérés comme un modèle de
démocratie :
✅ Une Constitution stable et adaptable, en vigueur depuis 1787, qui garantit la
séparation des pouvoirs et la protection des libertés fondamentales (Bill of Rights).
✅ Un système fédéraliste qui permet à la fois l’unité nationale et l’autonomie locale, et
favorise la diversité politique et la participation citoyenne.
✅ Des élections libres et régulières, qui assure une transition pacifique du pouvoir depuis
plus de 200 ans.
✅ Un État de droit fort, avec une Cour suprême protégeant les droits des citoyens et
limitant les abus de pouvoir.
✅ Une influence mondiale, inspirant d’autres démocraties modernes à travers ses principes
de gouvernance et de libertés individuelles.
Transi : (Peut-être qu’on s’en blc parce qu’on le fait pas à l’oral donc pas besoin de le mettre
dans le powerpoint ?)
Après avoir analysé les principes fondamentaux qui font des États-Unis un modèle
démocratique, notamment à travers la séparation des pouvoirs, le fédéralisme et la protection
des droits fondamentaux, il est essentiel d’adopter un regard plus critique. En effet, si la
démocratie américaine s’est imposée comme une référence, elle n’est pas exempte de
contradictions et de failles. Aujourd’hui, de nombreux indicateurs montrent qu’elle traverse
une crise profonde : polarisation politique extrême, influence grandissante de l’argent dans la
vie politique, atteintes aux libertés publiques et dysfonctionnements institutionnels. Ainsi,
derrière l’image d’un modèle démocratique exemplaire, les États-Unis font face à de
nombreux défis qui remettent en cause la solidité de leur système.
II) Mais une démocratie américaine en crise
Introduction : la aussi en vrai on s’en blc
La démocratie américaine est souvent perçue comme un modèle à suivre, en incarnant
des principes universels de liberté et de droits humains.
Cependant, en 2022 et au-delà, des crises profondes affectent ses fondements, ce qui
remet en question sa position de "phare de la démocratie".
Contexte : Un Affaiblissement de la Démocratie Américaine
En 2022, les États-Unis sont confrontés à plusieurs crises internes :
o Polarisation politique accrue. (vois la suite tkt je détaille après)
o Influence excessive de l’argent sur la politique. (la aussi)
o Inégalités sociales et économiques grandissantes. (la aussi)
Malgré cela, les États-Unis se positionnent toujours comme le défenseur du modèle
démocratique sur la scène internationale.
Statistique :
"Le système démocratique américain a reculé de 11 places dans le classement de
l'International Democracy Index entre 2008 et 2021." (The Economist Intelligence Unit,
2021). DEF ?
-> Cependant, le pays continue de se voir comme un modèle pour les autres pays : tension
entre la réalité interne et l’image extérieur
Les Crises Internes : Une Démocratie Fragilisée
1) Polarisation Politique
Def : La polarisation politique aux États-Unis se caractérise par une division profonde et
croissante entre les positions idéologiques des principaux partis, ce qui réduit le terrain
d'entente et exacerbe les tensions partisanes.
Causes de la Polarisation :
1. Médias partisans : L'émergence de médias alignés politiquement, comme Fox News
pour les conservateurs et MSNBC pour les progressistes, renforce les convictions
existantes et amplifie les divisions idéologiques
2. Fragmentation culturelle et sociale : Les zones urbaines (progressistes) et rurales
(conservatrices) s'éloignent idéologiquement, ce qui renforce les divisions
géographiques et politiques.
3. Réseaux sociaux : Les plateformes en ligne enferment les individus dans des "bulles
de filtrage", où ils ne sont exposés qu’à des opinions similaires aux leurs, alimentant les
extrêmes.
-> « bulle de filtrage : phénomène où les algorithmes des réseaux sociaux et des
moteurs de recherche sélectionnent les contenus affichés en fonction des préférences
et des interactions passées de l'utilisateur. Cela limite l'exposition à des opinions
divergentes et renforce les croyances existantes, contribuant ainsi à la polarisation
politique. (Concept popularisé par Eli Pariser en 2011)
4. Division croissante entre démocrates et républicains :
o Sur les valeurs fondamentales : Un sondage de Pew Research Center en 2022
montre que 92 % des républicains estiment que les démocrates menacent la
nation, et 91 % des démocrates pensent la même chose des républicains.
o Sur la confiance institutionnelle : 71 % des démocrates ont confiance dans les
élections, contre 33 % des républicains d’après Pew Research Center, ce qui
illustre une méfiance asymétrique envers les institutions
o Sur l’idéologie économique : 83 % des démocrates soutiennent des politiques
sociales interventionnistes, contre 22 % des républicains, creusant l'écart sur des
questions clés comme la fiscalité et les aides sociales.
Conséquences de la polarisation politique :
Blocage institutionnel : La polarisation rend difficile l’adoption de réformes majeures
et conduit à des crises budgétaires et à la paralysie du Congrès.
Montée de la radicalisation : L’animosité croissante entre camps opposés favorise
les discours extrêmes et la défiance envers le processus démocratique.
Méfiance envers les élections : L’élection présidentielle de 2020 a illustré cette
fracture, avec 68 % des républicains affirmant que l’élection avait été truquée. (Pew
Research Center)
En résumé, cette polarisation exacerbe les tensions sociales et remet en question le bon
fonctionnement de la démocratie américaine.
Autre Exemple :
L’attaque du Capitole en janvier 2021, où des partisans de Donald Trump ont tenté de
renverser les résultats de l’élection, montre l’intensité de la polarisation.
Autre Statistique :
"54 % des électeurs américains estiment que la politique des États-Unis est
profondément divisée, selon un sondage de Pew Research Center (2021)."
2) L’Influence Disproportionnée de l’Argent dans la Politique
Les grandes fortunes et les lobbies dominent les élections et les décisions politiques.
En 2022, les élections de mi-mandat ont coûté plus de 16,7 milliards de dollars : Les
candidats les mieux financés ont souvent un avantage, ce qui réduit la compétitivité
électorale et favorise une ploutocratie où les intérêts des donateurs l'emportent sur
ceux des citoyens.
Les partis politiques sont financés par une poignée de donateurs fortunés : Le
financement des campagnes provient majoritairement de grandes entreprises et de
milliardaires. Par exemple, en 2020, les 10 plus gros donateurs ont contribué à
hauteur de 640 millions de dollars (OpenSecrets). Conséquences néfastes : Cela
entraîne un biais dans les décisions politiques, les élus étant plus enclins à défendre les
intérêts de leurs financiers plutôt que ceux de la population
Ainsi, se présenter à une élection devient de plus en plus coûteux, excluant les
candidats issus de classes populaires et limitant ainsi la diversité politique. Le
financement privé excessif peut aussi décourager la participation des électeurs, qui
perçoivent un système dominé par l’argent et déconnecté des citoyens.
Citation :
"L'argent est le carburant de la politique américaine." (Larry Lessig, professeur
de droit à Harvard)
3) La Politisation du Système Judiciaire
Une cour suprême de plus en plus partisane : Les juges de la Cour suprême sont
nommés à vie par le président, avec l’approbation du Sénat. Cette procédure entraîne
une politisation croissante, les présidents choisissant des juges alignés sur leur
idéologie. Par exemple, en 2020, Donald Trump a nommé trois juges conservateurs,
donnant une majorité de 6 contre 3 en faveur des républicains, ce qui a conduit à des
décisions controversées comme l’annulation du droit à l’avortement en 2022 (Dobbs v.
Jackson Women’s Health Organization).
La cours suprême comme un outil politique : La polarisation du système judiciaire
entraîne des décisions qui reflètent plus les intérêts des partis que l’application
impartiale du droit. Par exemple, la Cour suprême a élargi le droit au port d’armes (New
York State Rifle & Pistol Association v. Bruen, 2022) et limité les pouvoirs de régulation
du gouvernement sur le climat (West Virginia v. EPA, 2022), des décisions souvent
perçues comme favorisant les conservateurs.
Citation :
"Les juges ne sont pas censés être des instruments de la politique partisane,
mais nous vivons dans une époque où la Cour suprême est de plus en plus
perçue comme une extension du processus politique." (Sandra Day O’Connor,
ancienne juge de la Cour suprême)
4) La Contradiction entre la Démocratie Externe et la Réalité Interne
La promotion de la démocratie à l’étranger… : Depuis la Guerre froide, les États-
Unis ont justifié de nombreuses interventions militaires et diplomatiques en se
présentant comme le garant des valeurs démocratiques (ex : Plan Marshall, guerre en
Irak 2003).Washington finance aussi des programmes de promotion de la démocratie à
travers des institutions comme la National Endowment for Democracy (NED), qui
soutient des mouvements pro-démocratie dans plusieurs pays. En 2021 notamment, le
président Joe Biden a organisé le "Sommet pour la démocratie", rassemblant plus de
100 pays pour lutter contre l’autoritarisme et promouvoir les droits humains.
… En contradiction avec une démocratie affaiblie en interne : En 2021, pour la
première fois, les États-Unis ont été classés comme une "démocratie en recul" par
l'International IDEA (Institute for Democracy and Electoral Assistance). En effet, l’assaut
du Capitole du 6 janvier 2021 a montré la fragilité des institutions américaines et la
contestation croissante du système électoral. De plus, malgré un discours sur la liberté
et l’égalité, les États-Unis sont parmi les pays développés avec le plus fort indice de
Gini (41,5 % en 2022, selon la Banque mondiale), ce qui montre des écarts sociaux
marqués.
Indice de Gini : indicateur qui mesure les inégalités de revenus ou de richesses au sein d’un
pays. Il varie entre 0 (égalité parfaite, où tout le monde a le même revenu) et 1 (inégalité
totale, où une seule personne possède toute la richesse). Plus l’indice est élevé, plus les
inégalités sont fortes. Il peut s’exprimer en pourcentage.
Citation :
"Les États-Unis veulent propager la démocratie, mais le soutien à des
régimes autoritaires contredit ce principe." (Noam Chomsky, critique social)
5) Manipulation de l’Information et Pressions sur les Médias
Les médias partisans et les réseaux sociaux diffusent des informations biaisées,
renforçant les clivages politiques. En 2020, une étude de l’Université de Princeton a
montré que 70 % des fake news les plus partagées provenaient de sources ultra-
partisanes.
Les médias comme Fox News et MSNBC ciblent des audiences spécifiques, ce qui
amplifie les divisions entre républicains et démocrates. Un rapport du Pew Research
Center (2022) montre que 78 % des Américains estiment que les médias accentuent les
divisions politiques.
6) Inégalités Sociales Croissantes et Crise des Valeurs
Le 1 % des Américains les plus riches détient 17 % de la richesse nationale, selon
l'Institute for Policy Studies (2021).
Les classes défavorisées ont un accès réduit aux services essentiels (éducation, santé),
ce qui limite leur participation politique, et renforce la frustration sociale et le
sentiment d’injustice
7) Liberté d’Expression et Contrôle des Médias
Concentration des médias et contrôle de l’information : 90 % des médias
américains sont contrôlés par seulement 6 grandes entreprises (Comcast, Disney,
Warner Bros. Discovery, Paramount, News Corp et Sony) (source : Business Insider).
Cette concentration réduit la diversité des opinions et favorise une couverture biaisée
des événements politiques.
Les réseaux sociaux sont aussi manipulés par des campagnes de désinformation,
faussant le débat public et influençant les élections. Par exemple, Musk a été accusé
d’avoir modifié l’algorithme de X pour favoriser ses propres tweets et ceux de ses alliés
politiques. Il aurait réactivé des comptes bannis, comme celui de Donald Trump, sous
prétexte de défendre la liberté d’expression. Cependant, il a aussi supprimé des
comptes critiques envers lui, montrant une application sélective de cette liberté.
Censure et pressions gouvernementales :
Censure et pression gouvernementale : Des lanceurs d’alerte comme Edward
Snowden ou Julian Assange ont révélé comment les agences gouvernementales (NSA,
CIA) surveillent les citoyens, limitant leur liberté d’expression. Selon Reporters Sans
Frontières (2023), les États-Unis occupaient la
Censure sur les plateformes numériques : En 2021, Facebook a supprimé plus de
20 millions de publications liées à des débats politiques sous prétexte de lutter contre
la désinformation (source : Transparency Report).
Conclusion : Un Modèle en Crise
Les États-Unis, longtemps considérés comme un modèle démocratique, sont aujourd’hui
confrontés à des dysfonctionnements systémiques : polarisation politique extrême, influence
croissante de l’argent en politique, manipulation de l’information et crise des institutions. Si
les principes fondateurs de la démocratie américaine – séparation des pouvoirs, fédéralisme,
protection des libertés individuelles – restent en place, leur application est fragilisée par des
tensions internes croissantes.
Loin d’être un exemple incontestable, la démocratie américaine doit surmonter ces crises
pour éviter un affaiblissement progressif de ses valeurs fondamentale
L’histoire montre que les démocraties ne sont pas immortelles. La démocratie athénienne,
tout comme la République romaine, ont décliné sous l’effet de fractures sociales, d’inégalités
croissantes et de l’érosion de leurs institutions. De la même manière, la montée des élites
économiques et l’affaiblissement du débat public aux États-Unis rappellent ces dynamiques
historiques. La question demeure alors : la démocratie américaine saura-t-elle se réinventer
pour éviter le sort des démocraties antiques ?
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