Introduction à la pédagogie et ses concepts
Introduction à la pédagogie et ses concepts
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Pédagogie
La pédagogie (du grec παιδαγωγία / paidagôgía,
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direction ou éducation des enfants ) est l'art d'enseigner.
Le terme rassemble les méthodes et pratiques
d'enseignement requises pour transmettre un savoir
(connaissances), un savoir-faire (compétences), un savoir-
penser (capacités de réflexion) et un savoir-être (attitudes).
Généralités
Définitions
Le mot « pédagogie » dérive du grec παιδαγωγία / paidagôgía, de παιδός / paidόs, « enfant », et ἄγω /
ágô, « conduire, mener, accompagner, élever ». Dans l'Antiquité, le pédagogue était un esclave qui
accompagnait l'enfant à l'école, portait ses affaires, mais aussi lui faisait réciter ses leçons et faire ses
2
devoirs . « Pédagogie » est un mot remontant à 1495 d'après le dictionnaire Le Robert. L'Académie
française l'admet depuis 1762.
Ferdinand Buisson, qui fut inspecteur général de l'instruction publique, donne cette définition : « science
de l'éducation, tant physique qu'intellectuelle et morale » (Dictionnaire de pédagogie, 1887, col.
2 238 a).
Selon Émile Durkheim, la pédagogie est une « réflexion appliquée aussi méthodiquement que possible
aux choses de l'éducation » (L'évolution pédagogique en France, Paris, PUF, 1938, p. 10). « L'éducation
est l'action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore mûres pour la vie sociale.
Elle a pour objectif de susciter et de développer chez l'enfant un certain nombre d'états physiques,
intellectuels et mentaux que réclament de lui et la société politique dans son ensemble et le milieu social
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auquel il est particulièrement destiné » . Pour É. Durkheim « la pédagogie est une théorie pratique »,
comme la médecine ou la politique. La pédagogie est à la fois une théorie et une pratique : une théorie
ayant pour objet de réfléchir sur les systèmes et sur les procédés d'éducation, en vue d'en apprécier la
valeur et, par là, d'éclairer et de diriger l'action des éducateurs.
Pour Françoise Clerc, la pédagogie est « l'ensemble des savoirs scientifiques et pratiques, des
compétences relationnelles et sociales qui sont mobilisées pour concevoir et mettre en œuvre des
stratégies d'enseignement ».
Franc Morandi considère que la pédagogie signifie « étude et mise en œuvre des conditions
4
d'apprendre » .
Quelles différences entre pédagogie et didactique ? « Pédagogique réfère plus à l'enfant et didactique
5
plus à l'enseignement, en raison de leurs étymologies respectives » . D'autre part, la pédagogie est
généraliste, tandis que la didactique est spécifique, elle concerne telle ou telle discipline (« didactique des
mathématiques », « didactique du français langue étrangère »…) : la didactique porte sur l'enseignement
d'un contenu particulier. « La didactique fait l'hypothèse que la spécificité des contenus est déterminante
dans l'appropriation des connaissances, tandis que la pédagogie porte son attention sur les relations
6 7
entre l'enseignant et les élèves, et entre les élèves eux-mêmes » . Selon Marguerite Altet ,
« L'enseignement couvre donc deux champs de pratiques :
Notions
Dans l'histoire de la pédagogie, il faudrait distinguer méthodes, systèmes, mouvements, démarches,
dispositifs, modèles, approches, pratiques.
Contrat
Le contrat pédagogique est une notion introduite pour signifier que l'enseignement ne peut produire ses
fruits que s'il y a accord entre l'enseigné et l'enseignant sur les objectifs mêmes de la formation ; les
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comportements attendus des enseignants et enseignés ressortant, eux, du contrat didactique .
Démarche
Les démarches pédagogiques sont des attitudes méthodologiques et progressives de pensée insistant soit
sur les phases, les moments d'un travail, soit sur les formes, les aspects d'un objet de recherche, en
matière d'enseignement. Par exemple, l'approche ou démarche expérimentale se déroule en au moins
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trois phases (observation, hypothèse, contrôle) et se concentre sur au moins deux points (la
reproduction du phénomène, la modification des variables). On peut citer les démarches comparative,
10 11
déductive, historique, scientifique, transversale, complexe , innovante, analytique, systémique , que
l'on trouve autant chez les élèves que chez les professeurs ou les pédagogues.
Dispositif
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Les dispositifs pédagogiques sont des structures administratives, des agencements au sein du système
éducatif, en lieux, personnels, finances, règlements, matériels. Comme exemples en France, on peut citer
les zones d'éducation prioritaire (ZEP, 1981), l'organisation de l'école primaire en trois cycles (loi Lionel
Jospin, 1989), le socle commun de connaissances et de compétences (Gilles de Robien, 2006), les stages
de remise à niveau (Xavier Darcos, 2008), la prévention du piratage informatique (Christine Albanel,
2009), le dispositif d'évaluation des acquis des élèves en CE1 et CM2 (2009).
Doctrine
13, 14
Les doctrines pédagogiques sont de grands ensembles théoriques, complexes, mêlant théories et
procédures. Ce sont des philosophies, des visions du monde, des idéologies. Elles supposent, clairement
identifiées, une psychologie de l'enfant, une philosophie de l'éducation, une sociologie de l'institution
scolaire ou universitaire. Les principes comptent. Dès La République de Platon, on trouve des doctrines.
On peut considérer comme doctrines pédagogiques la pédagogie traditionnelle, la pédagogie négative
15 16
(Jean-Jacques Rousseau) ou non directive (Carl R. Rogers, 1969) , la pédagogie soviétique (Anton
Makarenko, 1917), l'Éducation nouvelle (dont Freinet), la pédagogie Steiner-Waldorf.
Méthode
Les méthodes pédagogiques consistent en des règles et des procédés pour mettre en œuvre un
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enseignement du maître ou un apprentissage de l'élève, de façon théorique ou pratique . On s'en sert
pour gérer, expliquer, découvrir, évaluer. Les réalisations comptent plus que les principes. En ce sens, la
maïeutique de Socrate (dite méthode interrogative), la pédagogie de projet (project-based learning), la
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pédagogie de contrat, la pédagogie différenciée , l'enseignement programmé (Burrhus F. Skinner,
1958), la pédagogie par objectifs, la pédagogie par situation-problème (problem-based learning),
19
l'enseignement assisté par ordinateur sont des méthodes pédagogiques.
Modèle
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Les modèles pédagogiques sont des types, des références, des idéaux, des principes utilisés dans l'acte
pédagogique, plutôt que des professeurs idéalisés ou des recettes d'enseignement toutes faites, prêtes à
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être utilisées . Marcel Lesne (1977) cite : transmission, incitation, appropriation. Jean-Pierre Astolfi
22
(1992) : empreinte, conditionnement, construction. Franc Morandi (1997) : tradition, pédagogies
actives, maîtrise, différenciation, autonomisation. Selon Labédie et Amossé : transmission (pédagogie
traditionnelle), stimulus-réponse (pédagogie béhavioriste), construction (pédagogie active), socio-
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construction, métacognition .
Mouvement
Les mouvements pédagogiques sont des « organisations militantes, inspirées par une idéologie éducative
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novatrice, regroupant des enseignants mus par le même idéal » . Exemples : le Groupe français
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d'éducation nouvelle (1921, Paul Langevin et Henri Wallon) , l'Institut coopératif pour l'école moderne
(1948, inspiré de Freinet).
Notion
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Les notions pédagogiques sont des concepts, idées, représentations, des objets abstraits de
connaissance. Exemples : apprentissage, autoformation, compétence, écriture, éducabilité,
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entraînement, imitation, métacognition , règlement intérieur, rythmes scolaires. Organisées, les notions
forment des théories.
Pratique
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Les pratiques pédagogiques concernent les activités volontaires à but éducatif. Elles couvrent un
champ très large : les consignes, les tâches et les activités, les interactions, les rituels et routines, les
notations et évaluations, les stimulations, les supports d'activité (comme l'usage de l'ardoise, le recours à
l'ordinateur, l'utilisation de la voix)…
Style / profil
Les styles (ou profils) pédagogiques sont les attitudes du maître qui enseigne. Jerome Bruner, le premier
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(en 1956), y a prêté attention, chez l'élève . Il y a les pédagogies formelles (structurées) ou informelles
(souples), directives (autoritaires) ou non directives (démocratiques ou permissives)... On distingue
habituellement les styles transmissif (le maître dispense des savoirs), appropriatif (le maître aide l'élève à
construire son savoir), modélisant (l'élève reproduit ou imite un modèle, ou bien il élabore une
représentation formelle). Marguerite Altet distingue ces « styles didactiques » : expositif (information,
organisation, gestion), interrogatif (interrogation, évaluation), incitatif (stimulation), animateur
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(guidance), guide (guidance, régulation), mixte-flexible . Aux styles d'enseignement des maîtres sont
mis en parallèle les styles d'apprentissage des élèves : visuel ou auditif ou kinesthésique, réfléchi ou
impulsif…
Théorie
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Les théories pédagogiques forment chacune un ensemble cohérent de notions. Une théorie
pédagogique est supposée expliquer ce qu'est l'éducation, l'apprentissage, l'instruction, l'élève,
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l'enseignant, le savoir scolaire. Par exemple, la théorie constructiviste de Jean Piaget avance de
nombreuses notions : stade, assimilation, accommodation, invariance des quantités physiques… (mais
Piaget refuse d'être pris pour un pédagogue, il est psychologue). Parmi les théories pédagogiques on
trouve : le traditionalisme (Étienne Gilson, 1954 ; Alain Finkielkraut, 1988), le marxisme soviétique
(Anton Makarenko, 1917), le béhaviorisme (John B. Watson, 1925), le constructivisme (Jean Piaget,
1923), le socio-constructivisme (Lev Vygotski, 1934), le spiritualisme (Abraham Maslow, Jiddu
33
Krishnamurti), la théorie de la reproduction de Pierre Bourdieu (1970) , le cognitivisme (Robert Mills
34, 35
Gagné, 1976) . Une théorie combine des notions, et si des théories se combinent elles forment une
doctrine.
Histoire
Préalablement, il faut rappeler que les normes pédagogiques sont ancrées dans l'histoire et donc
historiquement situées. Chaque époque contient des débats sur ce qu'il faut enseigner (valeurs,
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connaissances…) et comment les enseigner .
Précurseurs
L'humanisme de la Renaissance voit naître quelques précurseurs de la pédagogie, dont Érasme.
En territoire germanique, Martin Luther est un initiateur fondamental de l'enseignement moderne : ses
motivations puisent leur source au cœur même de sa théologie, mais aussi dans le contexte religieux,
économique et social de son temps. Le Réformateur implique l'ensemble du tissu social dans cette
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mission éducative .
En France Rabelais propose un idéal du dépassement de soi. Il décrit à la fin de Gargantua (1534) une
abbaye utopique, l'abbaye de Thélème. Rabelais, moine de son état, connaît bien la vie monacale, et dans
la description de cette abbaye fictive il expose son idée d'une abbaye humaniste où de beaux jeunes gens,
des deux sexes, viendraient étudier dans un cadre de vie idéal. L'accent est alors mis sur l'aspect moral,
plutôt que religieux. On réaffirme l'importance de l'éducation physique.
À la même époque (1547), Ignace de Loyola donne à l'ordre qu'il fonde une vocation d'enseignement sur
la base du nouveau programme d'enseignement, le Ratio Studiorum. Les collèges qui seront ouverts par
les Jésuites en Italie, en France (collège de Clermont à Paris, collège de La Flèche, où Descartes fait ses
études, collège de Mauriac et de Billom en Auvergne, etc.), puis progressivement dans toute l'Europe,
sont le modèle de l'enseignement secondaire des lycées du e siècle 38.
39
Pour le tchèque Comenius, la pédagogie doit être utile et pour tous .
Au e siècle, on revient contre l'enfermement. On veut former les Fiches botaniques conçues sous
jeunes au monde contemporain. forme de cartes à jouer par le
pasteur Oberlin au e siècle.
En Suisse, Johann Heinrich Pestalozzi (1746-1827) s'inspire de ces théories pour fonder son école. Il
souhaite aider l'enfant dans la vie réelle, mais en la différenciant suivant les classes sociales. Pour lui, la
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famille est le meilleur milieu éducatif .
e siècle
En Allemagne : Paul Natorp et Georg Kerschensteiner. Chaque individu doit se former à une fonction
déterminée. La communauté doit développer la solidarité, l'instruction civique le respect de l'autorité, et
le sentiment patriotique.
En Angleterre : Robert Owen. Le choix des professeurs se fait sur leur capacité à éveiller la curiosité des
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enfants, leur patience, leur amour de l'enfant .
e siècle
Au e siècle, la notion de pédagogie change. La pédagogie devient une pratique, un ensemble de
méthodes. Les pédagogues s'efforcent d'utiliser des éléments de psychologie, c'est notamment l'éclosion
du mouvement de l'Éducation nouvelle qui considère l'éducation comme un acte global de construction
de la personne et non comme une simple retransmission de connaissances.
En Allemagne, les écoles Steiner-Waldorf développent une pédagogie alternative basé sur
anthroposophie. Les élèves y apprennent savoirs et savoir-faire dans l'ordre historique où l'humanité a
créé ces savoirs. L'apprentissage de l'écriture intervient plus tard que dans l'enseignement standard de ce
fait : la phase historique de l'humanité étant relativement récente, l'oral est d'abord privilégié. La
musique, le dessin, la danse, les arts en général sont très présents et les enseignements sont toujours
présentés en lien les uns avec les autres. Par exemple, les fractions sont vues par le prisme des
mathématiciens et philosophes grecs, de la tensions des cordes et des rapports de notes obtenues. Dans
le système standard, après 1945, c'est un enseignement plus proche des concepts de Rousseau qui est mis
en œuvre.
Aux États-Unis, avec John Dewey, elle est pragmatique, expérimentale, volontariste et socialisante.
Dewey est, dès 1900, à l'origine de l'Éducation nouvelle (pédagogie active, écoute des besoins de l'enfant,
projet, apprendre en faisant…).
La médecine vient aider la pédagogie. Médecin elle-même, Maria Montessori, à Rome, 1907, avec sa
Casei dei bambini, crée la méthode portant son nom pour influencer la psychologie sensori-motrice des
écoles maternelles.
En France, dès 1918, Adolphe Ferrière, Célestin Freinet, en Belgique Ovide Decroly, instaurent
l'Éducation nouvelle, inspirée de John Dewey, où l'enfant est actif, social. L'inspecteur Roger Cousinet
propose « une méthode de travail libre par groupes » (1943), effectif : observations, collections, travaux
manuels, classement des connaissances acquises ; il cherche à établir un climat de confiance et de
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compréhension réciproque . En 1933, en Algérie, Mohand Said Lechani publie et expérimente une
méthode de lecture pour ses élèves autochtones de la casbah d'Alger s'inspirant des principes de
l'Éducation nouvelle, liant intimement la lecture, le langage et l'écriture.
De nos jours, le sens de pédagogie renvoie davantage à la manière dont va se faire la formation d'un
enfant qu'au contenu proprement dit de cette formation. Il s'agit tantôt des processus mis en œuvre dans
l'acquisition de connaissances, tantôt de l'attitude et de l'action du pédagogue, de celui qui accompagne.
C'est à partir de ces conceptions que se comprennent et se classent les différents courants de pédagogies.
En ce sens, il s'agit des techniques mises en œuvre dans une action formative ou d'enseignement. Le mot
technique englobant ici l'usage que le pédagogue fait de son premier outil : lui-même.
À partir de là, les principales voies qui s'ouvrent à l'élaboration d'une pédagogie sont de distinguer les
savoirs instruits à un élève des savoirs construits par une personne. Les savoirs instruits sont reliés à la
notion d'enseignement, alors que les savoirs construits font appel à l'autonomie de l'enfant. En ce sens, la
pédagogie n'est pas uniquement l'œuvre de l'enseignant. Elle serait plutôt l'ensemble des moyens –
consciemment mis en œuvre ou non – de la communauté éducative - les coéducateurs. Ainsi, la famille,
l'école, les centres de loisirs, les clubs, sont autant de sphères où l'enfant fréquente des « pédagogues ».
C'est le débat qu'a lancé l'équipe des « Carrefours de l'éducation », à Perpignan, en octobre 2003.
De plus, les Serious games (jeux sérieux) s'inscrivent dans ce contexte de révolution numérique. Cela
consiste à apprendre grâce à des jeux de simulations pédagogiques. Cet apprentissage permet d’acquérir
de l’expérience par l'action, tout en profitant de l'aspect de simulation, qui instaure un contexte sûr. Les
jeux permettent également d’évoluer dans un "cercle de sécurité" qui permet le droit à l’erreur.
« L'école obligatoire, la scolarité prolongée, la course aux diplômes sont autant de faux
progrès. Dévotions rituelles où la société de consommation se rend à elle-même son
propre culte, où elle produit des élèves dociles prêts à obéir aux institutions, à consommer
des programmes tous faits préparés par des autorités supposées compétentes. À tout cela il
faut substituer une véritable éducation qui prépare à la vie dans la vie, qui donne le goût
d'inventer et d'expérimenter. Il faut libérer la jeunesse de cette longue gestation scolaire
qui la conforme au modèle officiel. (…) Plus de crédits démesurés aux institutions
(scolaires ou autres). Que les moyens d'acquérir ou de transmettre un savoir soient mis en
commun et librement accessibles à tous. Plus de maîtres à la fois gardiens de l'ordre établi,
prédicateurs et thérapeutes. Mais des échanges entre « égaux », des éducateurs
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indépendants . »
Types de pédagogie
Les pédagogies traditionnelles sont centrées sur les savoirs constitués à transmettre et sur le
maître (magistro-centrisme), qui enseigne. Elles fonctionnent à la transmission de contenus déjà
structurés ou à l'empreinte, assimilation passive. On attend de l'élève réponses, performances,
savoirs. On a là les diverses pédagogies défendues par les congrégations religieuses jusqu'au
e siècle (les jésuites, etc.) et les pédagogues transmissifs (Comenius, Alain 48, etc.).
Les pédagogies actives sont centrées sur l'élève comme enfant (puéro-centrisme), un élève qui
construit son savoir, s'approprie personnellement les connaissances et les procédures. C'est le
mouvement pédagogique de l'Éducation nouvelle, avec la pédagogie fonctionnelle de John Dewey
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(1897) , l'école nouvelle d'Adolphe Ferrière (1899) , l'école nouvelle d'Ovide Decroly (1921) , la
pédagogie coopérative de Célestin Freinet (1924), la pédagogie de la liberté de Roger Cousinet
52
(1959) .
Les pédagogies technologiques sont centrées sur l'élève en tant qu'apprenant et sur les moyens
techniques, opératoires, d'acquérir effectivement des savoirs, savoir-faire, savoir-être (techno-
centrisme), en temps voulu. Il s'agit de rendre l'élève actif en lui proposant un savoir programmé à
découvrir ou à reconstruire. On obtient la pédagogie par objectifs (1935) qui articule objectif-
méthode-évaluation-objectif dans une optique de rationalisation et d'efficacité. On trouve
également l'enseignement programmé de B. F. Skinner (1958) à bases de récompenses, de
« conditionnement opérant ».
Les pédagogies socialisées sont centrées sur un enfant membre de la communauté sociale et
sujet social (socio-centrisme). Elles entendent former un homme social, éduquer socialement. Ici
figurent la pédagogie marxiste de A. Makarenko (1917), la pédagogie institutionnelle de Fernand
53 54
Oury (1963) , la pédagogie progressiste de G. Snyders (1976) .
Il existe également d'autres méthodes non présentes dans cette classification, telles les pédagogies
cognitives. Ces pédagogies sont basées sur les recherches en psychologie cognitive, qu'elles utilisent afin
de rendre l'enseignement plus efficace et/ou efficient. Elles utilisent notamment les recherches sur la
mémoire, la méta-cognition et l'expertise pour déduire des méthodes et pratiques pédagogiques
adaptées. parmi ces pédagogies, on trouve notamment la pédagogie explicite, et l'apprentissage multi-
épisodique d'Alain Lieury.
La pédagogie traditionnelle est celle du modèle transmissif. Sur le triangle pédagogique de Jean
Houssaye elle se situe du côté du savoir, elle privilégie ainsi la démarche didactique de l'enseignant.
Le terme de pédagogie traditionnelle est employé par ceux qui souhaitent s'en démarquer. On oppose
alors la pédagogie traditionnelle à l'Éducation nouvelle ou moderne.
1. Rousseau recommande de laisser « agir la nature » (p. 179, 158), il est pour le développement
spontané (contre les influences sociales).
2. L'enfant doit découvrir que les objets de la nature obéissent à la nécessité, c'est l'éducation par les
choses (plutôt que par les livres).
3. Il faut privilégier le développement des sens (avant celui de la raison) (p. 207, 816) et ne pas hâter
les initiations (p. 271, 889).
4. Dans cette éducation, il y a absence de punitions (à remplacer par des sanctions naturelles). Si
Émile casse un carreau de la fenêtre de sa chambre, on ne le gronde pas, il aura froid !
5. Rousseau admet une certaine permissivité et oisiveté : « gouverner sans préceptes et tout faire en
ne faisant rien » (p. 198).
6. Surtout, l'éducation négative assure la protection contre le vice plutôt que l'instruction.
« Je ne redirai jamais assez que la bonne éducation doit être négative. Empêchez les vices de
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naître, vous aurez fait pour la vertu » .
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Parmi les prédécesseurs de Rousseau, on peut noter le Socrate de Platon (la maïeutique) et le traité De
Magistro de saint Augustin, qui montre, par une théorie du langage, comme le maître ne peut
qu'indiquer la vérité qui est déjà dans l'élève. Montaigne aussi est pour la liberté, contre
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l'endoctrinement, le bourrage de crâne .
En 1919 commence en Allemagne l'expérience des écoles libertaires de Hambourg, dans le quartier
d'Altona : le directeur, Heinrich Siemss, recommande l'abolition du rapport autoritaire entre maître et
élève, le dessin libre, la facilité pour sortir de l'école en promenades scolaires, le matériel scolaire
61 62
abondant et spécialisé . Alexander Neill (1921) favorise liberté et auto-éducation . Carl Rogers se fait le
16
théoricien de la non-directivité (1969) .
diffusées dans toute l'Union soviétique. Il est en accord avec l'idéologie collectiviste de la Révolution
soviétique : formation d'un homme nouveau, primauté du collectif sur l'individu, organisation du travail
productif. Il a écrit en 1935 un Poème pédagogique où il décrit l'histoire d'une colonie d'enfants criminels
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et vagabonds .
La pédagogie active se réfère historiquement à Adolphe Ferrière qui, dès 1918, est parmi les premiers à
utiliser l'appellation école active. En 1921, il crée la Ligue internationale pour l'éducation nouvelle. La
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pédagogie active est une des bases du courant d'Éducation nouvelle .
Freinet, dès 1924, est un autre acteur important de l'évolution des pratiques pédagogiques françaises. Il
institue les promenades scolaires (1922), « la méthode nouvelle d'éducation populaire basée sur
66
l'expression libre par l'imprimerie à l'école » (1924) , la coopérative scolaire (1924), la correspondance
inter-scolaire (1926), la publication de textes et de dessins d'enfants (1927), le dessin libre (1931), les
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fichiers autocorrectifs (1932), le tâtonnement expérimental (1943) , etc. Freinet est engagé
politiquement (pacifiste, marxiste, libertaire aussi), il est membre du parti communiste (de 1926 à
1948) ; ce militantisme a retardé sa reconnaissance officielle, venue en 1991, quand l'État achète son
école de Vence. Il écrit en 1964 dans ses invariants pédagogiques :
« Les acquisitions ne se font pas comme l’on croit parfois, par l’étude des règles et des lois,
mais par l’expérience. Étudier d’abord ces règles et ces lois, en français, en art, en
mathématiques, en sciences, c’est placer la charrue devant les bœufs. »
La pédagogie de projet fait passer des apprentissages à travers la réalisation d'une production concrète.
Le projet peut être individuel (exposé, maquette) ou collectif (organisation d'une fête, voyage, spectacle).
C'est une « entreprise qui permet à un collectif d'élèves de réaliser une production concrète, socialisable,
69
en intégrant des savoirs nouveaux » .
Cette pédagogie est pratiquée dans les écoles Steiner, écoles privées qui comptent environ 1 000 sites
dans le monde, majoritairement en Amérique du Nord et en Europe, dont environ 200 en Allemagne.
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On donne Roger Cousinet pour père de la pédagogie de groupe vers
1920, mais il faudrait remonter à John Dewey, vers 1900. Un
71
Américain, Kurt Lewin, en 1939 , a bien étudié la dynamique de
groupe : la persuasion, les dominations et soumissions, les
contagions mentales, le conformisme, la sympathie ou antipathie,
l'apparition des leaders, les violences exprimées ou latentes contre le
leader ou entre membres, les capacités du groupe à s'autogérer
autour d'un but ou d'une tâche, les interactions multiples, les
École Waldorf près de Trèves
changements, la distribution des rôles; les rapports majorité/
(Allemagne).
minorité, etc. Les groupes résultent soit de la division d'une classe en
plusieurs sous-ensembles, soit de l'association d'élèves qui
n'appartiennent pas habituellement à la même classe. Un groupe, en général, se compose de cinq ou six
personnes, qui ont chacune une fonction particulière, complémentaire des autres personnes. Les
regroupements peuvent être homogènes ou hétérogènes, aléatoires ou décidés par l'enseignant. On
distingue les groupes de niveaux, de besoins, d'affinité, de compétition, etc. Les techniques de groupes
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d'apprentissage sont diverses : brain-storming (remue-méninges), panel (discussion), Phillips 6.6. (six
personnes, six minutes), intergroupes (nouveaux regroupements des membres des équipes
précédentes)…
La motivation à l'acquisition des connaissances est démultipliée par le fait d'avoir à gérer des relations
sociales: rapports conflictuels, par exemple, dont la résolution va de pair avec la résolution du problème
cognitif. Ainsi, le fait d'avoir à confronter les points de vue entre deux personnes qui partent de
conceptions a priori opposées favorise l'émergence d'un processus de négociation sur le plan cognitif,
mais aussi relationnel, et à l'issue de ce processus, les acteurs du conflit s'approprient véritablement une
solution élaborée en commun.
Née à une époque où le taylorisme s'accompagnait d'une montée en puissance du behaviorisme, ce type
de pédagogie vise avant tout à définir des objectifs de formation facilement quantifiables et observables,
le but de ces objectifs étant d'adapter l'homme aux besoins et valeurs de la société, vérifiables par des
comportements attendus, et non pas de chercher à élever son niveau de conscience. La pédagogie par
objectifs se veut rationnellement construite et immédiatement évaluable sur des critères quantifiés.
L'évaluation des résultats de l'apprenant y constitue le moyen de contrôle et de validation de la justesse
des critères et moyens de la formation.
Elle permet aux partenaires en présence (formés, formateurs, et commanditaires de la formation) une
vision très explicite des buts de la formation, qui peuvent être traduits sous une forme contractuelle. Cela
facilite tant l'adhésion des futurs apprenants et commanditaires au contenu de la formation (le
commanditaire pouvant négocier le contenu), que le rôle du formateur dans sa conception du cursus
proposé. À l'inverse, elle présente des risques tels que coupure de la formation avec le contexte social de
l'apprenant, élimination des valeurs humaines au profit d'un cadre dit rationnel, coupures de sens des
apprentissages du fait de leur morcellement, et faible investissement intellectuel de l'apprenant dans un
contexte balisé.
Initialement destiné en 1920 à enseigner aux États-Unis des gestes répétitifs simples dans des usines
d'automobiles sur du travail à la chaîne, ce type de pédagogie s'est par la suite répandu en Europe, dans
les années 1970, dans le cadre d'enseignement professionnel de type CAP. Dans le début des années
1980, il a gagné l'enseignement technique pour toucher à la fin de la même décennie, notamment en
France et en Belgique, l'ensemble des enseignements dans des voies plus générales, dans le primaire, les
collèges et lycées. Par ailleurs, après avoir un moment été remis en cause pour les actions de formation
permanente, il a retrouvé une place de choix dans les actions visant le couple formation/emploi.
Robert Mager a codifié la pédagogie par objectifs : Comment définir des objectifs pédagogiques ? (1962),
78
trad., Dunod, coll. Psycho, 2005 .
L'expérience éducative repose sur une vision humaniste et démocratique. Elle se traduit par l'absence de
hiérarchie dans les jardins d'enfants, par la direction concertée de la garderie des éducateurs et des
parents, ainsi que par la vision de la garderie comme centre de cristallisation culturelle dans les
quartiers.
Ce n'est qu'en 2007 et 2009 que Clifford Mayes dans Jung And
Education: Elements Of An Archetypal Pedagogy, suivant la pensée
de Jung [Quoi ?] :
Les procédés utilisés dans le cadre d'une pédagogie explicite permettent en premier lieu de mettre le
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savoir au centre du dispositif de transmission des connaissances et des savoir-faire ; en d'autres
termes, ces procédés ne conduisent pas à mettre l'enfant au centre du dispositif, comme c'est le cas dans
les pédagogies constructivistes ; ni à mettre l'enseignant au centre, comme c'est généralement le cas dans
les pédagogies traditionnelles.
En second lieu, la pédagogie explicite préconise la mise en œuvre de progressions précises et rigoureuses,
qui partent toujours des notions les plus simples en allant vers les plus complexes.
En troisième lieu, cette pédagogie met en place une structure de leçons identiques, qui part d'un rappel
des acquis, d'une courte phase de présentation de la notion et des objectifs attendus en fin de séance,
suivie par un moment de pratique guidée, puis d'un temps de pratique autonome, enfin d'un bilan et d'un
rappel des acquis ; par la suite, des révisions régulières et des évaluations viennent clore ce processus et
84
permettent un maintien en mémoire à long terme . Enfin, l'objectif des leçons est de permettre la
compréhension des notions abordées : au sein de la pédagogie explicite, la compréhension est considérée
comme étant l'intégration de nouvelles connaissances et leur mise en réseau avec celles déjà en mémoire
à long terme afin qu'elles soient disponibles à tout moment.
Pédagogie PNL
La programmation neuro-linguistique
(PNL) cherche à modéliser les
compétences cognitives et
relationnelles de gens de talent pour
les transmettre à d'autres. Dans le
domaine de la pédagogie, les
intervenants en PNL ont observé des
élèves brillants dans leur manière de
procéder mentalement pour réaliser
des tâches scolaires. Ils ont conclu que
ceux-ci, face à une même tâche Un exemple de stratégie mentale étudiée par la programmation neuro-
linguistique (dite « PNL ») : la stratégie de mémorisation d'une leçon.
scolaire, réalisaient les mêmes
opérations mentales. Par exemple
pour la mémorisation de l'orthographe, visualiser le mot (c'est le « visuel remémoré ») puis le ressentir
comme juste (« contrôle kinesthésique ») est un exemple de stratégie plus efficace que celle d'épeler
85
auditivement . Les PNListes ont décodé cinq stratégies (outils mentaux) chez ces apprenants :
86
comprendre, mémoriser, réfléchir, prononcer et transférer .
La spécificité de la pédagogie PNL repose sur l'expérimentation par les enfants, au travers de consignes
et d'exercices très concrets, de comment apprendre à apprendre. Lorsque ces stratégies sont intégrées,
les enfants sont invités à les utiliser dans toutes leurs leçons. Ces stratégies PNL d'apprentissage donnent
également des indications aux enseignants sur la manière d'aborder les contenus.
« Le gros problème est de traiter dans un même établissement des élèves différents. On ne
peut pas enseigner d'une façon commune à tous les élèves, même si on souhaite les
scolariser ensemble pour leur formation civique et morale. C'est dans ce sens que l'on a
travaillé sur la pédagogie différenciée, en s'inspirant beaucoup de la pédagogie de maîtrise
issue des États-Unis, qui consiste, à partir de programmes identiques, à traiter les élèves
87
en fonction de leurs besoins . »
La pédagogie différenciée part du constat que dans une classe, un professeur doit enseigner à des élèves
ou des étudiants ayant des capacités et des modes d'apprentissages très différents. Elle tente de donner
une réponse à cette hétérogénéité des classes par des pratiques adaptant à chaque élève les programmes
d'étude, l'enseignement et le milieu scolaire. Bien souvent, l'enseignant ne va plus être le centre de la
classe mais va mettre l'enfant ou l'activité au centre.
Pédagogie spiralaire
Cette pédagogie, à l'image d'une spirale, revient sur des notions similaires mais en approfondissant ces
notions à chaque passage.
Pédagogie coopérative
Une méthode d'éducation active, ou chacun apprend par les autres, avec les autres et pour les autres.
L'enseignant est à la fois animateur et gestionnaire des relations, des projets d'activités et des
apprentissages.
Pédagogie de la décision
Les pédagogies de la décision s'inspirent des « pédagogies autogestionnaires » et de la pédagogie
institutionnelle. Jean Houssaye invente la pédagogie de la décision au cours des années 1990 après avoir
expérimenté pendant deux décennies. À l'image de F. Oury et de J. Korczak, les pédagogies de la décision
sont nées dans les colonies de vacances puis se développent dans la formation, l'enseignement, le travail
social et l'animation socio-culturelle.
90 91, 92, 93
Ce sont les travaux de Jean-Marie Bataille et de Jean-Michel Bocquet qui structurent
scientifiquement les pédagogies de la décision : tant sur le volet historique que sur les effets produits par
ces pédagogies.
L'arrivée dans les salles de classe d'outils tels que des tableaux numériques reliés à des vidéoprojecteurs
permet aux enseignants de projeter des contenus textes, images ou autres et de les modifier en temps
réel. Le besoin de formation pour utiliser ces outils ne permet pas cependant à tous les enseignants de se
sentir à l'aise avec ces outils et de pouvoir en utiliser toutes les capacités.
Il faut également mettre en garde les apprenants contre les dérives du numérique et de l'arrivée massive
96
des cours en ligne qui ne permettent pas toujours des interactions aussi riches qu'en présentiel .
Pédagogie et psychanalyse
Freud, selon C. Millot, « espéra que la pédagogie éclairée par la psychanalyse sur le fonctionnement du
psychisme et la nature de son développement, pourrait réformer ses méthodes et ses objectifs et devenir
un instrument prophylactique. Il dut renoncer à cet espoir. Les tentatives de réformes pédagogiques
inspirées par la psychanalyse confirment que les conflits psychiques sont inélucatbles et qu’aucune
méthode pédagogique ne peut en préserver l’enfant. La découverte de l’Inconscient a pour corollaire
d’invalider toute tentative d’édifier une science pédagogique qui permettrait de déterminer les moyens à
employer pour atteindre un but donné. Du fait de l’existence de l’Inconscient, l’essentiel du
développement psychique de l’individu échappe à toute tentative de maîtrise. Le savoir sur l’Inconscient
acquis dans l’expérience psychanalytique ne peut être appliqué par la pédagogie, car si la psychanalyse
éclaire les mécanismes psychiques sur lesquels se fonde le processus éducatif, cet éclairage n’accroît pas
la maîtrise de ce processus. […] La psyhanalyse ne peut intéresser l’éducation que dans le champ de la
psychanalyse même : par la psychanalyse de l’éducateur et par celle de l’enfant. Chez l’enfant pour lever
le refoulement ; chez l’éducateur afin qu’il sache ne pas abuser de son rôle et se déprendre du
97
narcissisme, afin qu’il évite l’écueil qui consisterait à mettre l’enfant à la place de son Moi-Idéal » .
Notes et références
Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page « Permettre aux élèves d’oeuvrer pour
des sociétés justes: manuel pour le personnel enseignant du secondaire ([Link]
rg/ark:/48223/pf0000373116?posInSet=1&queryId=ae378d17-8088-41c8-9fb4-31eee2af9d20) » de
UNESCO, le texte ayant été placé par l’auteur ou le responsable de publication sous la CC BY-SA
3.0 IGO ([Link]
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43. Howard Gardner, 5 formes d’intelligence pour affronter l’avenir, Paris, Éditions Odile Jacob, 2009
(ISBN 978-2-7381-9559-3, lire en ligne ([Link]
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44. Jean-Charles Cailliez, La classe renversée. L’innovation pédagogique par le changement de posture,
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46. Ivan Illich, op. cit.
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Expérience et éducation (1938), trad., Armand Colin, 1968.
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philosophie, Université Laval (Québec) | Résumé: L’éducation rousseauiste, telle qu’exposée dans
l’ouvrage Émile ou de l’éducation, est caractérisée par trois lignes de force. Il s’agit d’abord d’une
pédagogie toute négative, selon laquelle le… ([Link]
Education) selon Gérald Allard.
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Voir aussi
Sur les autres projets Wikimedia :
Pédagogie ([Link]
rg/wiki/Category:Pedagogy?uselang=fr),
Bibliographie
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Agnès Baumier-Klarsfeld, Réveiller le désir d'apprendre, Albin Michel, 2016
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Naïl Ver, Adeline Paul et Farid Malki, Professeur des écoles : droits, responsabilités, carrière, Retz
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Ghislain Leroy, Sociologie des pédagogies alternatives. La Découverte, « Repères », 2022, 128 p.
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