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Choix Des Types de Murs: Tableaux de Synthèse: 6 I Iouiia I Iouiia Iib 6-18 I Iouiia I Iia Iib

Le chapitre 3 traite des murs extérieurs et intérieurs, en présentant différents types de maçonneries et leurs caractéristiques selon la norme NF DTU 20.1. Il aborde également l'importance de l'isolation thermique et acoustique, ainsi que les exigences réglementaires pour améliorer les performances énergétiques des bâtiments. Des tableaux synthétiques illustrent les classifications des murs et les recommandations pour l'utilisation de rupteurs thermiques.

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Choix Des Types de Murs: Tableaux de Synthèse: 6 I Iouiia I Iouiia Iib 6-18 I Iouiia I Iia Iib

Le chapitre 3 traite des murs extérieurs et intérieurs, en présentant différents types de maçonneries et leurs caractéristiques selon la norme NF DTU 20.1. Il aborde également l'importance de l'isolation thermique et acoustique, ainsi que les exigences réglementaires pour améliorer les performances énergétiques des bâtiments. Des tableaux synthétiques illustrent les classifications des murs et les recommandations pour l'utilisation de rupteurs thermiques.

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CHAPITRE 3 : MURS EXTÉRIEURS ET INTÉRIEURS 49

Enduit à base
de liants
hydrauliques
Polystyrène
expansé Enduit plâtre
en plaques
Enduit à base
de liant
organique
armé Maçonnerie
d’éléments Relevé d'étanchéité
d’un treillis
de verre enduite Joint vertical non
garni à hauteur
d'une brique
Isolant imputrescible,
Lame d’air hydrophobe
Enduit plâtre
Membrane bitumeuse
armée de protection
Isolant
non hydrophile Paroi en
maçonnerie
d’éléments
Peau
extérieure
à joints
ouverts

Figure 14 : Mur double (document RAGE)


Figure 12 : Exemples de mur de type XIII
Les différentes dispositions sont illustrées au § 3.7 partie 3
du DTU 20.1.

■■ Choix des types de murs :


tableaux de synthèse
Isolant
non hydrophile Les tableaux 1 à 3 ci-après figurent complets dans la norme
Paroi en NF DTU 20.1 partie 3 « Règles de conception et dispositions
Lame d’air maçonnerie constructives minimales », chapitre 3, paragraphe 3.4.
d’éléments
Tableau 1 : Maçonneries enduites isolées par l’intérieur ou à
isolation répartie (tableau extrait de la norme NF DTU 20.1)
Peau extérieure
étanche à l’eau Situation a, b ou c Situation d
(bardage ou essentage) Circulation
de l’air Façades
Hauteur
Figure 13 : Mur de type XIV (ou IV sans isolant) non abritées
du mur
au-dessus Façades Zone
Façades Façades
du sol(1) non littorale
abritées abritées
■■ Cas particulier des murs doubles (en m) abritées sauf
Front
de mer
front
Un mur double est assimilé :
de mer
■■ soit à un mur de type IIa si le jointoiement est effectué <6 I I ou II a I I ou II a II b
en montant et s’il n’existe, en partie basse, aucun
6-18 I I ou II a I II a II b
décrochement dans le plancher ;
1. À la hauteur près de la pointe de pignon.
■■ soit à un mur de type IIb si la maçonnerie est enduite
mais qu’il n’existe en partie basse aucun décrochement
dans le plancher, ou bien lorsque le jointoiement est Tableau 2 : Maçonneries destinées à rester apparentes isolées
effectué en montant (maçonnerie apparente) et lorsque le par l’intérieur (tableau extrait de la norme NF DTU 20.1)
plancher comporte un décrochement d’au moins 3 cm ou Situation a, b ou c Situation d
un dispositif équivalent (profilé spécial formant bavette) ;
Façades
soit à un mur de type III lorsque la maçonnerie est enduite Hauteur
■■ non abritées
du mur
ou lorsque le jointoiement est effectué après coup au-dessus Façades Zone
Façades Façades
(maçonnerie apparente) et lorsque le plancher comporte du sol abritées
non
abritées littorale
(en m) abritées Front
un décrochement d’au moins 3 cm ou un dispositif sauf
de mer
équivalent (profilé spécial), complété par un dispositif front
de mer
d’évacuation de l’eau collectée ou lorsque les dispositions
prises pour la réalisation des points singuliers (fenêtres, <6 II a II a II a II b III
refends) ont fait l’objet de justifications sur lesquelles le 6-18 II a II a II a II b III
maître d’ouvrage a donné son accord.
50 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

Tableau 3 : Maçonneries isolées par l’extérieur par système Le traitement des ponts thermiques est d’efficacité optimale
d’enduit sur isolant – SEI(1) (tableau extrait de la norme NF DTU 20.1) dans le cas de l’isolation du mur par l’extérieur puisque
Situation a, b ou c Situation d
l’isolant peut passer en pleine épaisseur et sans interruption
devant la structure en béton. C’est le cas avec les bardages
Façades
Hauteur
non abritées isolants traditionnels ou non traditionnels (voir Guide pratique
du mur Bardage rapporté sur une ossature secondaire en bois), les
au-dessus Façades Zone
Façades Façades vêtures, les systèmes d’enduits sur isolant ou encore les
du sol non littorale
abritées abritées Front
(en m) abritées sauf « murs doubles » en maçonnerie (voir norme NF DTU 20.1,
de mer
front partie 1‑1, § 6.2).
de mer
<6 XI XI XI XII XII
Dans le cas de maçonnerie à isolation répartie, type monomur,
en raison de l’épaisseur du mur et de celle de l’habillage
6-18 XI XII XI XII XII
isolant en rive de la structure en béton, le traitement du pont
1. Lorsque le revêtement extérieur est un bardage par éléments à thermique limite sensiblement les déperditions.
recouvrement ( joints non ouverts), le mur est classé de type IV (peau
du bardage sans isolant) ou de type XIV (bardage isolant), types de L’amélioration des performances énergétiques des bâtiments
murs qui tous deux sont satisfaisants pour toutes ces situations. constitue un enjeu stratégique prioritaire pour les pouvoirs
publics. C’est pourquoi, à leur demande, le programme
La lecture de ces tableaux montre que pour les petites
« Règles de l’art Grenelle environnement 2012 » (programme
constructions de hauteur inférieure à 18 m, qui sont le
RAGE) a reçu pour mission d’établir des guides décrivant des
principal objet de ce guide, la protection offerte par un mur
solutions techniques destinées à améliorer ces performances.
de type IIb (ou XII en cas d’isolation par l’extérieur) suffit,
Dans la continuité directe de ce programme, ces solutions
excepté en cas de maçonnerie apparente ou de la proximité
ont été reprises et développées dans le Programme d’action
d’une forte dénivellation.
pour la qualité de la construction et la transition énergétique
Cela est d’autant plus intéressant que la réalisation d’un mur (PACTE) lancé par les pouvoirs publics en 2015.
de type III, qui comporte en plus des dispositifs de pied, est On pourra se référer aux recommandations professionnelles
délicate. RAGE suivantes :
Il est par ailleurs toujours possible, en zone très exposée ■■ Maçonneries isolantes avec isolation thermique par
(après vérification sur les constructions existantes des l’intérieur ou répartie (ITI et ITR), août 2014 ;
habitudes locales), de revêtir d’un bardage un pignon face ■■ Maçonneries isolantes avec isolation thermique par
au vent de pluie : c’est une protection supplémentaire qui l’extérieur (ITE), avril 2014 ;
peut s’avérer de bonne pratique, d’autant plus aisée que le ■■ Murs doubles avec isolation thermique par l’extérieur,
pignon est quasi aveugle. mars 2014.
À l’inverse, limiter l’utilisation de maçonneries apparentes, L’ensemble des documents élaborés par le programme
parfois prisées pour leur aspect, aux façades bien protégées PACTE est disponible sur le site internet à l’adresse suivante :
(façade abritée ou protégée par une toiture débordante) est [Link]
aussi une sage précaution. Dans le cas de l’isolation intérieure, organisation dans laquelle
le pont thermique linéaire est le plus important, l’utilisation
de systèmes de rupteurs thermiques ou de planelles isolées
1.6. Isolation thermique de rive de plancher permet une réduction très sensible des
L’isolation thermique est, selon les techniques utilisées, déperditions.
répartie, c’est-à‑dire apportée par la maçonnerie elle-même Certains rupteurs thermiques, ou certaines planelles de
(monomur en terre cuite, béton cellulaire autoclavé) ou bien rive de plancher spécialement conçues pour l’application
rapportée à l’aide d’une couche d’isolant spécifique (PSE, à la maison individuelle et aux petites constructions, sont
laine minérale, etc.) côté intérieur le plus souvent ou encore particulièrement bien adaptés aux murs en maçonnerie. Ils
côté extérieur pour réduire l’influence des ponts thermiques sont évalués dans des Avis Techniques.
aux liaisons. Dans le cas de l’isolation répartie, l’exigence
d’isolation thermique est souvent déterminante pour le choix
de l’épaisseur du mur.

OBSERVATION
Les valeurs réglementaires relatives à l’isolation
thermique des bâtiments sont définies par les
règles Th‑U.
Rupteur continu Rupteur discontinu
L’hétérogénéité entraînée par la pénétration de la structure
Figure 15 : Rupteurs thermiques
en béton dans l’épaisseur du mur favorise les déperditions
thermiques et constitue un « pont thermique linéaire » qu’il
faut traiter (voir Guide pratique Les Ponts thermiques dans
le bâtiment).
CHAPITRE 3 : MURS EXTÉRIEURS ET INTÉRIEURS 51

OBSERVATION 1.8. Aspect extérieur et/ou intérieur


L’évaluation des rupteurs thermiques vérifie : Le fait que la maçonnerie soit laissée apparente, outre
−− qu’ils respectent les exigences réglementaires non qu’elle nécessite l’emploi d’éléments spécifiques, impose
seulement d’isolation thermique et acoustique, mais des sujétions particulières vis-à‑vis de l’étanchéité à l’eau
aussi de stabilité structurale et de sécurité en cas (voir chapitre 3 « Mise en œuvre des murs extérieurs et
d’incendie ; intérieurs »).
−− que leur présence ne compromet pas l’étanchéité
Dans les autres cas, l’aspect est celui des revêtements
à l’eau et à l’air des jonctions entre la façade et la
structure intérieure de murs et planchers ; associés à l’extérieur (enduits, bardages, etc.) ou à l’intérieur
−− que leur mise en œuvre est compatible avec celle (doublages, enduits, etc.).
des techniques de construction associées, pour ce
qui concerne le déroulement du chantier.

La possibilité d’emploi des rupteurs en zone sismique est à


2. Choix des produits
NF DTU 20.1 (NF P10-202) CGM, partie 1-2,
vérifier dans l’Avis Technique du procédé.
et NF DTU 20.13 (NF P10-204) CGM, partie 1‑2
Afin de répondre au besoin d’accompagnement des
professionnels du bâtiment en vue de l’amélioration des
performances énergétiques des bâtiments, le programme 2.1. Éléments principaux
PACTE a publié le guide Mise en œuvre des rupteurs de de maçonnerie
ponts thermiques sous Avis Techniques, en février 2013.
Ce guide ne se substitue pas aux Avis Techniques, mais ■■ Caractéristiques normalisées des éléments
donne une synthèse des principales observations formulées principaux de maçonnerie
dans les Avis Techniques ainsi que des recommandations
d’exécution. Normes de référence
Les éléments font pour chacune des familles (béton, terre
Ce document est librement consultable et téléchargeable à cuite, béton cellulaire autoclavé, pierre) l’objet d’une norme
l’adresse suivante : européenne de la série NF EN 771, respectivement parties 3,
[Link]/sites/default/files/pdf/guide-rage- 1, 4 et 6. Les blocs de coffrage en béton relèvent de la norme
rupteurs-ponts-thermiques-atec-neuf-2013-02_0.pdf NF EN 15435. Ces normes harmonisées servent de base au
L’étanchéité à l’air (apportée sans précautions particulières marquage CE obligatoire pour la mise sur le marché.
par les enduits extérieurs) est un complément pris en compte Compléments nationaux aux normes
pour les parois opaques dans les calculs de déperdition de NF EN 771-1/CN, NF EN 771-3/CN, NF EN 771-4/CN
la réglementation thermique. et NF EN 15435/CN

Pour répondre complètement aux prescriptions requises


1.7. Isolement acoustique par les ouvrages décrits dans les documents de conception,
ces quatre normes de dimensionnement et d’exécution
Les exigences réglementaires en matière d’isolement (fascicules des normes NF DTU 20.1 et 20.13) ont été assorties
acoustique visent uniquement les bâtiments d’habitation, chacune d’un complément national pour l’application en
les hôtels, les établissements d’enseignement et de santé France (voir tableau page 35).
(arrêté du 30 juin 1999).
Ce tableau récapitulatif indique, sur l’exemple des blocs en
Concernant les exigences contre les bruits aériens de BCA (béton cellulaire autoclavé) les additions spécifiques
l’espace extérieur, elles doivent être examinées en zone (et la mention des articles correspondants du complément
bruyante (voies de circulation), sachant que ce sont plutôt les national) en regard du sommaire de la norme européenne
baies vitrées et les entrées d’air qui sont les plus critiques de NF EN de base. Ce tableau illustre les nombreuses
ce point de vue. caractéristiques qui ont dû être précisées pour répondre aux
Pour répondre aux exigences réglementaires en matière dispositions décrites dans les DTU relatifs aux maçonneries.
d’isolement contre les bruits aériens entre logements Quant à la pierre, elle ne fait pas l’objet d’un complément
adjacents, les murs séparatifs en maçonnerie de petits national à la NF EN 771-6, mais la norme NF B 10-601 contient
éléments ne peuvent généralement pas être utilisés tels quels les prescriptions complémentaires correspondantes ; c’est
mais doivent être revêtus de doublages thermoacoustiques. en particulier le cas pour l’épaisseur minimale de mur à
En pratique, on pourra se référer aux solutions décrites dans respecter pour la pierre apparente en fonction du coefficient
le référentiel Qualitel, ou dans les Exemples de solutions de capillarité C2w,s de la pierre utilisée (voir tableau ci‑après).
acoustiques, Réglementation acoustique 2000, publié par le
ministère de l’Égalité des territoires et du logement et par
le ministère de l’Écologie, du Développement durable et de
l’Énergie en janvier 2014. Le document peut être trouvé sur
le site suivant : [Link]/sites/default/
files/2019-07/dgaln_exemples_de_solutions_acoustiques_
janvier_2014.pdf
52 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

Tableau 4 : Épaisseur des murs en pierre naturelle en élévation Tableau 5 (suite) : Complémentarité entre NF EN 771-4 +A1
et NF EN 771-4 + A1/CN
C2w,s parallèle au sens du lit Mur de type I Mur de type IIa
NF EN 772-11 en g/m2.s0,5 (cm) et IIb (cm) Paragraphe de Paragraphe de Paragraphe non
Paragraphes de la norme NF la norme NF EN traité
≤ 260 30 20
la norme NF EN EN 771-4 + A1 771-4 + A1 s’ap- dans la norme
520 30 22,5 771-4 + A1/CN s’appliquant à pliquant avec NF EN 771-4
l’identique complément + A1
780 30 25
5.5 Résistance
1040 35 30 X
à la compression
> 1300 40 30 5.6 Propriétés
X
thermiques
Pour les murs de type I, IIa et IIb, lorsque les pierres naturelles ont des coefficients de
capillarité C2w,s intermédiaires entre deux valeurs du tableau, l’épaisseur de la paroi 5.7 Durabilité X
s’obtient par interpolation linéaire. 5.8 Variation
L’épaisseur des murs de type III est au minimum de 20 cm, quel que soit le coefficient X
dimensionnelle
de capillarité de la pierre naturelle, avec jointoiement après coup obligatoire.
5.9 Perméabilité à
X
la vapeur d’eau
5.10 Absorption
Tableau 5 : Complémentarité entre NF EN 771-4 +A1 X
d’eau
et NF EN 771-4 + A1/CN 5.11 Réaction
X
au feu
Paragraphe de Paragraphe de Paragraphe non
Paragraphes de la norme NF la norme NF EN traité 5.12 Résistance
à l’adhérence au X
la norme NF EN EN 771-4 + A1 771-4 + A1 s’ap- dans la norme
cisaillement
771-4 + A1/CN s’appliquant à pliquant avec NF EN 771-4
l’identique complément + A1 5.13 Résistance à
l’adhérence à la X
Avant propos X flexion
1. Domaine 5.14 Substances
X X
d’application dangereuses
2. Références 5.15 Résistance à
X
normatives la traction directe X
de la paroi du bloc
3. Termes et
X
définitions 6. Description,
désignation et
3.2.1 Appellation X classification
X
4. Matières des blocs de
premières et X maçonnerie en
fabrication béton cellulaire

5. Spécifications 6.1 Description et


X
des éléments de désignation
X
maçonnerie en 6.2 Classification X
béton cellulaire
7. Marquage X
5.1 Généralités X
8. Évaluation
5.2 Dimensions X
X de la conformité
et tolérances
8.1 Généralités X
5.2.1 Dimensions X
8.2 Essais de
X
5.2.2 Tolérances X types initiaux
[Link] 8.3 Contrôle
Spécifications de la production X
complémentaires en usine
applicables aux
X 8.3.4 Essai de
blocs destinés à X
produit fini
être montés sans
joint de mortier 8.3.5 Contrôle
vertical X
du stock
5.3 Configuration X Annexe A :
Échantillonnage
5.3.1 Aspect X pour les essais
5.3.2 État de de détermination
X X
surface de produit type et
pour des essais
5.3.3 Blocs indépendants
X
accessoires sur lots
5.4 Masse Annexe B :
X
volumique Procédés de X
découpage
5.4.1 Masse
volumique X Annexe C :
apparente sèche Lignes directrices
concernant les
5.4.2 Masse fréquences de X
volumique X contrôle de la
absolue sèche protection en
usine (CPU)
5.4.3 Tolérances
X
admissibles
CHAPITRE 3 : MURS EXTÉRIEURS ET INTÉRIEURS 53

Comment prescrire le bon produit ■■ Choix de l’élément principal


Étant donné le nombre et la diversité des caractéristiques, en situation sismique
et la difficulté qu’il y aurait à s’assurer de la satisfaction de
En situation sismique (voir annexe 2), la résistance normalisée
l’ensemble des prescriptions, il est préférable, pour choisir
en compression verticale des éléments doit être au moins de
le bon produit correspondant à l’ouvrage à réaliser, de le
2,8 MPa pour les blocs en béton cellulaire autoclavé, et de
faire parmi les produits certifiés d’une classe adaptée à
4 MPa pour les autres produits.
l’ouvrage (par exemple, classe de précision dimensionnelle,
de résistance mécanique). De plus, la résistance normalisée en compression horizontale
des éléments doit être au moins de 2,8 MPa pour les blocs
C’est l’organisme certificateur qui, en incluant dans son
en béton cellulaire autoclavé, et de 1,5 MPa pour les autres
référentiel la conformité à l’ensemble des prescriptions du
produits.
DTU, prend en charge les vérifications préalables requises
que le producteur doit mettre en place. Les blocs pleins en béton cellulaire doivent présenter une
masse volumique supérieure ou égale à 350 kg/m3, avoir au
En France, il existe pour trois familles (béton, terre cuite,
moins 25 cm d’épaisseur, et être utilisés pour des bâtiments
béton cellulaire) une marque NF de conformité aux
de deux étages au plus.
normes ci-dessus (les produits certifiés sont de surcroît
systématiquement assortis du marquage CE qui constitue un ■■ Choix de l’élément principal au regard
préalable à la certification).
de l’exposition à l’environnement
Le choix des éléments principaux en fonction de la classe
OBSERVATION
d’exposition est à opérer en fonction des indications données
Un produit certifié NF répond aux prescriptions
dans le tableau ci-après.
nécessaires pour réaliser des ouvrages conformes
au DTU moyennant l’utilisation des critères de Tableau 6 : Choix des éléments en fonction de la classe d’exposition
dimensionnement habituels : nature du produit, classe
de résistance et épaisseur-largeur (indiquées en gras Pierres
Briques naturelles
dans les exemples ci-dessous). Classe
en terre
Blocs en Blocs en béton
conformes
Exemples : d’exposition béton cellulaire
cuite à la norme
−− bloc creux en béton à enduire 50 x 20 x 20 cm NF B 10‑601
de classe B40 pour un mur de façade doublé par MX1 Tous produits
complexe isolant côté intérieur ; MX2 Tous produits
−− bloc plein en béton à enduire 50 x 15 x 20 cm de Vérifier la MV ≥ 400 kg/m3 Tous
classe B60 pour un mur de refend séparatif enduit MX3 Vérifier la résistance
produits
deux faces ; résistance au gel
−− brique en terre cuite (P) monomur 40 x 37,5 x 20 cm de MX4 au gel Protéger Non visé
classe RC40 pour un mur de façade enduit deux faces ; MX5 ou enduire MV ≥ 450 kg/m3 Non visé
−− brique creuse (P) en terre cuite 50 x 20 x 20 cm
de classe RC40 pour un mur de façade doublé par
complexe isolant côté intérieur ; 2.2. Mortiers de joints
−− blocs en BCA 60 x 37,5 x 20 cm de classe 450 kg/m3 NF EN 998.2
(Rcn 3,5 MPa) pour un mur de façade enduit deux faces.
On distingue les mortiers pour joints épais (appelés « G » pour
usage courant et « L » pour mortiers allégés) et les mortiers
■■ Choix de l’élément principal au regard pour joints minces (appelés « T »).
de la stabilité mécanique du mur Les mortiers pour joints épais peuvent être confectionnés sur
Un des critères de choix des produits résulte du dimension- le chantier, à la bétonnière, par mélange de liant (ciment ou
nement des murs au titre de la stabilité mécanique. ciment + chaux) et de sable : il s’agit alors de mortiers dits
« de recette » (une recette pour un type d’ouvrage donné),
La résistance du mur est déterminée par le type, l’épaisseur
la recette consiste à donner les proportions du mélange.
et la classe de résistance de l’élément de maçonnerie, ainsi
C’est dans le DTU qu’on trouve ces recettes sous forme de
que par le type de mortier utilisé.
plages en poids des proportions de liant et de sable qui sont
À l’état limite ultime, il faut vérifier que la valeur de calcul de adaptées en fonction des besoins :
l’effet des actions appliquées à un mur de maçonnerie Ed est ■■ en règle générale, on peut obtenir une meilleure
inférieure ou égale à la résistance de calcul correspondante Rd. ouvrabilité et une meilleure adhérence en augmentant la
Ed ≤ Rd part de chaux par rapport au ciment (à dosage global en
liant équivalent) ;
Les produits à utiliser sont ceux permettant de satisfaire à
■■ si on doit privilégier la résistance du mortier (maçonnerie
cette condition, dont le mode de vérification est donné en
chargée), on diminue la part de chaux à dosage global
annexe 1.
équivalent ;
■■ si les sollicitations extérieures sont sévères (humidité,
pluie, gel), il faut être dans la fourchette haute de dosage
en liant (mortier « gras ») ; au contraire, en intérieur et si
les ouvrages ne sont que peu chargés, un mortier maigre
ou un mortier bâtard est à préférer (voir tableau ci‑après).
54 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

Tableau 7 : Caractéristiques des recettes de mortiers de montage de maçonnerie (les dosages indiqués sont exprimés en kg/m3)

Chaux
Ciments CEM Ciment à Ciment Chaux Chaux
Éléments de Type de hydraulique Mortier G
I, II, III/A, maçonner prompt hydraulique aérienne CL
maçonnerie mortier naturelle classe M
CEMV/A MC naturel HL ou FL ou DL
NHL
Liant pur 300 à 400 350 à 450 350 à 450 350 à 450 M10
En terre cuite
Bâtard 100 à 150 250 à 300 M10
Liant pur 300 à 350 350 à 450 350 à 450 350 à 450 M10
En béton
Bâtard 100 à 150 250 à 300 M10
Liant pur 200 à 300 200 à 300 M 2,5
100 à 125 100 à 200 M2,5
En pierre 50 à 100 100 à 200 M2,5
naturelle Mortier
tendre 100 à 200 100 à 200 M2,5
bâtard
50 à 100 150 à 200 100 à 200 M2,5
50 à 100 150 à 200 100 à 200 M2,5
Liant pur 250 à 350 250 à 350 200 à 400 200 à 400 M5
Mortier
50 à 100 200 à 250 M5
En pierre bâtard
naturelle
150 à 200 100 à 200 M5
ferme
50 à 100 200 à 250 M5
100 à 150 150 à 250 M5
Liant pur 300 à 350 300 à 400 350 à 450 300 à 400 M10
100 à 150 250 à 300 M10
En pierre
naturelle Mortier 150 à 250 100 à 200 M10
dure bâtard 150 à 200 100 à 200 M10
100 à 200 200 à 250 M10

Les mortiers de recette peuvent également être préparés Les mortiers performanciels sont également requis pour le
en usine (sacs ou silos) : poudre prémélangée dans les montage de maçonneries apparentes pour lesquelles le
proportions indiquées et « prête à mouiller ». risque d’efflorescences est à surveiller tout particulièrement.

Les mortiers peuvent aussi être des mortiers performanciels Pour le cas particulier des pierres tendres, et selon des
fabriqués industriellement, dont les caractéristiques sont habitudes locales, la pose à joints épais de plâtre coulé
annoncées : résistance mécanique principalement, mais (méthode dite « au godet ») peut être utilisée après obturation
aussi rétention d’eau, conductivité thermique… limitation des des contours des lits et des joints.
sels solubles (liée au risque d’efflorescences). Le choix des mortiers en fonction de la classe d’exposition
est à opérer en s’appuyant sur les indications données dans
Les mortiers pour joints minces sont des mortiers le tableau ci‑après.
performanciels, fabriqués industriellement. Ils ne peuvent
en aucun cas être confectionnés sur chantier. Ils sont Tableau 8 : Choix des mortiers en fonction de la classe d’exposition
spécialement adaptés (formulés) aux caractéristiques des Mortier de recette Mortier
éléments de maçonnerie (précision dimensionnelle de Classe d’exposition
préparé sur chantier performanciel
l’élément, nature du matériau constitutif) et à l’outillage prévu MX1
pour l’exécution des joints (pelles crantées, rouleaux) à Tout produit Tout produit
MX2
l’épaisseur convenable.
MX3 M5, M10 Absorption capillaire
MX4 M5, M10 C < 0,5 kg/m2.min0,5
ATTENTION Liant chaux NHL selon norme
MX5 non admis EN 1015-18
Ces mortiers pour joints minces doivent avoir des
propriétés rhéologiques adaptées au profil structurel
du matériau à coller (rétention d’eau, aptitude au Pour les maçonneries de classe d’exposition différente
mouillage, durée pratique d’utilisation, temps ouvert) de MX1, l’absorption d’eau déclarée du mortier doit être
et à l’outil d’application préconisé. inférieure ou égale à 0,20 kg/m2.min0,5.
La certification QB sur les mortiers de montage permet
de répondre à l’ensemble de ces exigences. Le montage au plâtre coulé n’est adapté qu’à la classe
d’exposition MX1.
CHAPITRE 3 : MURS EXTÉRIEURS ET INTÉRIEURS 55

2.3. Accessoires métalliques (pour les enduits monocouches) respectivement définies


dans la norme NF EN 998.1.
de liaison
Pour les enduits multicouches réalisés sur le chantier, la
NF EN 845-1
norme NF DTU 26.1 prescrit la composition des mortiers
constitutifs pour chacun des supports considérés.
■■ Organes de liaison entre maçonnerie
et charpente Tableau 9 : Choix de l’enduit selon le type de maçonneries à enduire

Il s’agit, par exemple, de sabots ou de suspentes. La Enduits Enduits


protection minimale contre la corrosion est assurée par une multicouches monocouches
galvanisation à chaud appliquée à raison de 275 g/m2. Pour Type de Classe de
Résistance (Rt)
maçonneries résistance Catégorie
les classes d’exposition MX2, MX3 et MX4, cette protection à enduire
à l’arrachement
du support de l’enduit de l’enduit
minimale est assurée soit par une galvanisation à chaud (exemples) (selon (selon
appliquée à raison de 460 g/m2, soit par l’utilisation de pièces NF EN 998.1 DTU 26.1)
en acier inoxydable austénitique. ou DTU 26.1)
Rt3
■■ Attaches de liaison entre murs Éléments de
Elles sont en acier inoxydable matériau de référence 3 au résistance à
sens de la norme NF EN 845‑1. Leur diamètre minimal est de l’arrachement
CS IV, CS III, OC3, OC2
4 mm. élevée (blocs Rt > 0,8 MPa
CS II ou CS I ou OC1
en béton de
■■ Consoles et cornières de supportage granulats
Pour une ligne courante jusqu’à 6 m de haut (sauf pignon) : courants,
consoles et cornières sont en acier galvanisé à chaud briques)
500 g/m2. En classe d’exposition MX4, en acier inoxydable Rt2
austénitique (alliages molybdène-chrome-nickel). Éléments de
À partir de deux lignes et plus de 6 m de haut, elles sont en résistance à
acier inoxydable matériau de référence 3 selon la NF EN 845- l’arrachement
moyenne 0,6 MPa ≤ Rt CS III, CS II
1, ou acier inoxydable austéno-ferritique. OC2 ou OC1
(briques, ≤ 0,8 MPa ou CS I
L’utilisation de ces accessoires métalliques en classe blocs en
d’exposition MX5 n’est pas visée par le DTU 20.1. béton de
granulats
légers)
2.4. Mortiers d’enduit
Rt1
NF DTU 26.1 CGM, tableaux 2 à 5
Éléments de
L’exécution de cette partie d’ouvrage n’est pas résistance à
systématiquement dévolue au maçon. Il existe cependant l’arrachement 0,4 MPa ≤ Rt
un lien évident entre les travaux respectifs du maçon et de CS II ou CS I OC1
réduite (blocs ≤ 0,6 MPa
l’enduiseur : en béton
■■ c’est notamment le cas du choix du réglage de la cellulaire
maçonnerie lors du montage au nu extérieur, par exemple, autoclavé)
qui conditionne directement la planéité du parement qui
servira de support à l’enduit : ce point est particulièrement
important en cas d’emploi d’enduit monocouche, ce qui
représente désormais une large majorité des surfaces
3. Mise en œuvre
enduites chaque année ;
■■ un autre volet conditionne le bon comportement global 3.1. Réalisation
du mur lui-même : le choix de l’enduit au regard de la NF DTU 20.1 (NF P10-202) CCT, partie 1-1
compatibilité de l’enduit et de son support.
Le support est caractérisé par sa résistance cohésive à ■■ Opérations préalables
l’arrachement mesurée par un essai de traction directe Exécution des fouilles et des terrassements
(modalités définies par la norme NF EN 1015.12 répertoriée destinés à l’implantation des fondations des murs
dans la norme NF EN 998.1 relative aux mortiers d’enduit) :
Traçage et vérification de l’implantation des ouvrages
la référence à ces classes de résistance est reprise dans
correspondants.
les compléments nationaux aux normes NF EN relatives aux
éléments de maçonnerie support.
OBSERVATION
Les classes correspondantes d’enduit compatible avec En l’absence d’un DTU spécifique aux terrassements,
chacune des classes de support sont définies par référence les documents particuliers du marché (DPM) en
aux classes CS (pour les enduits multicouches) ou OC définissent les conditions de réalisation.
56 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

Exécution des travaux de fondation(1)


Ces travaux consistent le plus souvent à réaliser, sur un 
béton de propreté disposé en fond de fouille, une semelle 

de fondation en béton armé sur laquelle prend appui un mur 
 Un mélangeur (avec adaptateur
de soubassement partiellement enterré. pour perceuse avec cariateur)
 Des truelles crantées adaptées
Ce mur est soit en béton armé, soit en maçonnerie. En à la largeur des blocs à poser
 Une planche à poncer
périphérie de sous-sol, pour protéger un local des entrées  Un maillet en caoutchouc 
 Une scie égoïne au carbure
d’eau, on peut être conduit à associer à cette maçonnerie un  Une rainureuse à main 
dispositif de drainage et un système de protection contre la
pénétration de l’eau, appliqué côté extérieur. Figure 16 : Outillage spécifique
pour montage de maçonnerie en BCA
OBSERVATION
On trouvera au chapitre « Ouvrages associés » des
■■ Dispositions générales
précisions sur les dispositions correspondantes. On distingue deux types de montage : le hourdage à joints
épais et le montage à joints minces. Dans les deux cas, il
Les murs de soubassement servent d’appui au plancher est nécessaire de réaliser une arase de départ, exécutée
du rez-de-chaussée autour duquel on réalise un chaînage au mortier, permettant de rattraper les inégalités de surface
périphérique associé, le cas échéant, à un chaînage de l’ouvrage supportant le mur, et de constituer une surface
transversal sur refend porteur (voir § « Exécution des points d’appui plane et horizontale pour les éléments du premier
singuliers » pour la réalisation de ces chaînages). rang posé.
Outils spécifiques : règle métallique, laser ou lunette, niveau
Organisation du chantier
à eau, platines de réglage.
Cette organisation comporte :
■■ le stockage des matériaux et produits de la maçonnerie OBSERVATION
à l’abri des chocs, de l’humidité et des souillures en Cette arase peut également servir de coupure de
provenance du sol, de la pluie ; capillarité, sous réserve d’utiliser un mortier hydrofugé
■■ la manutention au moyen des engins de chantier habituels fortement dosé en ciment (500 kg/m3 à 600 kg/m3)
(chariots, grues, etc.) ; additionné d’un hydrofuge de masse.
■■ la mise en place des équipements habituels d’accès en

hauteur (échafaudage, par exemple) ; Dans le cas de hourdage à joints épais, la pose des éléments
s’effectue sur le mortier frais.
ATTENTION Dans le cas de hourdage à joints minces, le premier lit peut
L’organisation du chantier, à adapter aux dimensions indistinctement être posé directement sur le mortier frais de
du terrain et de la construction, doit être conforme aux l’arase ou être posé sur l’arase préparée préalablement et
dispositions du livre II du Code du travail concernant durcie. Dans ce dernier cas, la pose est réalisée au moyen
l’hygiène, la sécurité et les conditions de travail et au d’un mortier (T) pour joints minces d’épaisseur définie dans
décret n° 65-48 du 8 janvier 1965 visant leur application la NF DTU 20.1 P1‑2.
aux travaux de construction.
Par temps sec ou chaud et/ou venté, les éléments
sont préalablement humidifiés en adaptant l’intensité
■■ la mise à disposition des outils spécifiques selon le choix d’humidification à l’intensité d’absorption d’eau de l’élément.
du type de montage des maçonneries. Par exemple, en
cas de pose à joints minces et en fonction du couple
élément-mortier de joint choisi, ce seront : OBSERVATION
−− des pinces de manutention pour mise en place L’emploi d’un mortier industriel présentant une
d’éléments lourds de grandes dimensions, rétention d’eau élevée grâce à la présence d’un
adjuvant « rétenteur d’eau » permet de réduire
−− des scies pour découpage et mise à longueur l’humidification préalable.
d’éléments creux et/ou tendres (briques en terre cuite,
blocs en béton cellulaire),
La pose des rangs suivants s’effectue à joints verticaux
−− des outils pour étalement des mortiers colles : rouleaux
croisés, le décalage en partie courante étant compris entre
sur éléments en terre cuite ou blocs en béton, pelles ou
le tiers et la moitié de la longueur de l’élément. Le départ
peignes crantés sur blocs en béton, en béton cellulaire
s’effectue à partir d’un angle ou d’une baie (porte-fenêtre de
ou pierre,
préférence).
−− des planches à raboter le béton cellulaire,
−− etc. Le mortier de joint, adapté au type d’éléments à assembler
et au type de joint choisi (épais ou mince) est appliqué à la
truelle en cas de joint épais et avec l’outil préconisé par le
fabricant des éléments ou du mortier en cas de joint mince.

1 Voir le Guide pratique du CSTB Fondations : conception, dimension-


nement et réalisation. Maisons individuelles et bâtiments assimilés.
CHAPITRE 3 : MURS EXTÉRIEURS ET INTÉRIEURS 57

Ajustage des dimensions du mur


ATTENTION
En longueur
Dans tous les cas, il est important de ne pas mettre en
œuvre un mortier ayant commencé à durcir (dont la L’ajustage est réalisé par recoupe d’éléments. Avec les
« durée pratique d’utilisation », DPU, a été dépassée). blocs en béton et les briques en terre cuite, on utilisera de
De même, on ne dépassera pas le « temps ouvert », préférence les éléments « de coupe » conçus spécialement à
c’est-à-dire le temps pendant lequel le mortier étalé cet effet (voir chapitre 2 § « Briques en terre cuite » et « Blocs
garde ses qualités d’origine, ni le « temps d’ajustage » en béton ») qui facilitent le décalage des joints verticaux d’un
des éléments une fois posés (ces délais sont plus rang sur l’autre.
courts dans le cas de mortier pour joints minces et par
temps chaud et ensoleillé ou venté). Le sciage au moyen de scies adaptées au matériau des
éléments est la méthode la plus précise.
Un essai simple permet de s’assurer que le « temps ouvert » En hauteur
du mortier n’est pas dépassé. Il consiste à lever un élément Avec les blocs en béton et les briques en terre cuite, l’ouvrage
quelques secondes après sa pose et à vérifier que le mortier est conçu de préférence avec des hauteurs de murs et
a bien adhéré sur au moins 90 % de la surface de contact d’ouvertures correspondant à un nombre entier de rangs.
avec le support sous-jacent. Cette conception est facilitée par l’existence de hauteurs
L’épaisseur usuelle des joints horizontaux épais est de 10 nominales différentes dans un même type d’éléments. De
à 5 mm. plus, dans le cas des briques en terre cuite, l’existence
d’éléments accessoires « d’arase » facilite l’ajustage en
L’épaisseur usuelle des joints horizontaux minces une fois le hauteur sans découpe.
mortier durci est de 1 à 3 mm.
À défaut d’un nombre entier de rangs, l’intervalle entre le
L’épaisseur des joints horizontaux semi-épais est comprise dernier rang posé et l’assise du plancher du niveau supérieur,
entre 3 et 10 mm. aussi faible que possible (pas plus de 5 cm avec les blocs
en béton), est à combler ; dans le cas de mur porteur, cela
OBSERVATION est réalisé par hourdage d’éléments complémentaires de
L’épaisseur de joint ne doit en aucun cas être inférieure résistance à la compression au moins équivalente à celle
au double du diamètre du granulat le plus gros du des éléments courants : briques en terre cuite pleines ou à
mortier de pose. perforations verticales U, éléments pleins en béton ou béton
coulé sur place.
Les joints verticaux peuvent être remplis ou non :
OBSERVATION
■■ dans le premier cas, les joints sont réalisés par remplissage
des évidements, le cas échéant constitués à cet effet par Que le mur soit porteur ou non, il y a grand intérêt
juxtaposition des faces d’about des éléments ; les joints à éviter de combler l’intervalle entre mur et plancher
horizontaux et verticaux doivent alors être exécutés de par des éléments à faible isolation thermique qui
façon à ce qu’il n’existe pas de discontinuité entre le accroissent les déperditions thermiques de la liaison
avec le plancher.
mortier des joints horizontaux et verticaux ; un joint vertical
est considéré comme rempli si le hourdage s’effectue sur
au moins 40 % de l’épaisseur du produit. Dans le cas des murs en béton cellulaire, l’ajustage en
■■ dans le deuxième cas, les éléments sont posés jointifs, hauteur s’effectue par montage d’éléments de base sciés à
l’ajustement en longueur de chaque rang étant effectué la hauteur requise, l’emploi de matériaux durs étant exclu.
en remplissant quelques joints verticaux (à l’extrémité du Particularités de la pose à joints minces
mur ou vers son centre).
Les éléments de maçonnerie destinés au montage à joints
minces sont fabriqués avec des tolérances dimensionnelles
ATTENTION réduites (voir NF DTU 20.1 P1-2). L’épaisseur du joint durci est
Dans le cas de trumeaux étroits (≤ 1,20 m), les joints comprise entre 1 mm et 3 mm selon la nature de la maçonnerie.
verticaux doivent être remplis.
La norme NF P06-014 « Construction parasismique ATTENTION
des maisons individuelles et des bâtiments assimilés –
Règles PS-MI 89 révisées 92 » impose le remplissage Le mortier doit être choisi pour un type d’élément de
des joints verticaux en zone sismique. maçonnerie et un outil de pose donnés. Ce choix doit
être réalisé conformément aux prescriptions de la
NF DTU 20.1 P1‑2.
En cas de joints horizontaux partiels (montage dit « à
rupture de joint ») associés généralement à des éléments
spéciaux, le mortier doit être réparti sur l’épaisseur du mur, ATTENTION
symétriquement de part et d’autre de son axe médian. Les éléments de maçonnerie destinés au montage à
joints épais ne peuvent en aucun cas être montés à
joints minces..
58 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

Afin d’assurer l’horizontalité et la planéité requises, l’arase


de départ doit être réalisée à l’aide d’un outillage approprié, 22 (mini)
compatible avec les tolérances exigées (par exemple :
Jointoiement Isolant
platines, niveau à bulle, niveau laser, etc.). Le soin à apporter après coup non hydrophile
à la réalisation de cette arase est d’autant plus important que
Plaque
le montage à joints minces ne permet pas les possibilités de de parement
rattrapage dimensionnel en cours de montage qu’offre un
montage à joints épais.
Le mortier est réparti sur les blocs à l’aide d’un outil spécifique
(pelle à rouleau ou pelle crantée, par exemple). Dans le cas de
blocs à alvéoles débouchantes, l’outil fourni à l’entreprise doit
permettre d’encoller toutes les cloisons longitudinales en un seul Plancher
passage. Toute la surface horizontale de pose doit être encollée.

Figure 18 : Mur de type IIa en briques


6 x 11 x 22 cm avec doublage isolant

Figure 17 : Encollage au rouleau (documents RAGE)


Figure 19 : Exemples d’appareillage de briques apparentes U
Lorsque la température est inférieure à 5 °C, des précautions
doivent être prises pour se prémunir contre le gel (protection Le jointoiement (finition des joints sur la face apparente) est
des murs par des bâches ou des auvents, par exemple). exécuté :
■ soit « en montant », en refoulant avec un fer le mortier de
OBSERVATION pose avant qu’il ait fait sa prise ;
Une maçonnerie montée à joints minces, avec ou sans ■ soit « après coup » (rejointoiement), en laissant au montage les
remplissage des joints verticaux, et enduite sur au moins joints dégarnis côté extérieur sur 10 à 15 mm de profondeur
une face selon la NF DTU 26.1, est réputée avoir les pour les regarnir « au fer » avec un mortier de jointoiement
mêmes performances d’imperméabilité à la pluie battante dès que le mortier de pose a suffisamment durci.
et d’étanchéité à l’air qu’une maçonnerie à joints épais.

OBSERVATION
Pour des raisons essentiellement esthétiques, Le DTU
vise également la pose dite « à joints semi-épais », limitée
a) en
a) Refoulés Refoulés en montant
montant
à certaines maçonneries apparentes non porteuses.

Particularités des murs en briques apparentes U


Le décalage minimal des joints verticaux peut être réduit du
tiers au quart de la longueur des éléments de petit format.
b) Rejointoyés
b) Rejointoyés
Les briques sont posées « en panneresse et boutisse », c’est-
à-dire en disposant le grand axe de la brique alternativement Figure 20 : Exemples de joints conseillés
dans le plan du mur et dans le plan perpendiculaire pour
éviter la continuité verticale des joints.
La pose s’effectue à bain refluant de mortier en remplissant bien
les surfaces de contact sans les regarnir après coup et en assurant
la continuité des remplissages verticaux avec les horizontaux.

Tous joints saillants


Figure 21 : Joints déconseillés
CHAPITRE 3 : MURS EXTÉRIEURS ET INTÉRIEURS 59

OBSERVATION
■■ Exécution des points singuliers
On trouvera dans la norme NF DTU 20.1 les dispositions Chaînages horizontaux
propres à d’autres types de murs en maçonnerie et jonctions avec les planchers
beaucoup moins utilisés : murs composites en Principe et section des chaînages
maçonnerie apparente en pierre, briques pleines U
ou blocs en béton associés à un béton banché, murs La norme NF DTU 20.1, partie 3, chapitre 5.1.1 définit ainsi les
doubles, etc. chaînages horizontaux : « Les murs en maçonnerie porteuse
doivent être ceinturés au niveau du plancher bas du rez-de-
chaussée ou du dallage (solidaire ou non des murs), à chaque
Stabilité en cours de montage
étage, au niveau des planchers, ainsi qu’en couronnement des
Les murs en cours de montage risquent d’être renversés par
murs libres en tête, et au maximum tous les 4 m, par un chaînage
le vent. Leur stabilité doit donc être assurée au moyen de
horizontal en béton armé, continu, fermé ; ce chaînage ceinture
précautions de montage (éviter les interruptions suivant un plan
les façades et les relie au droit de chaque refend. »
vertical continu, ne pas arrêter la pose en laissant du mortier
étalé à l’avance, etc.) et de dispositifs d’étayage provisoire Dans les niveaux courants, les chaînages horizontaux
(jambes de force reliées au plancher d’assise, par exemple). surmontant les murs extérieurs et intérieurs doivent comporter
une section minimale d’armatures longitudinales An, au moins
OBSERVATION égale à 0,4 % de la section du béton sans être inférieure à
Voir en particulier le cas des pointes de pignon traité 1,50 cm2. En pratique, ce sont trois aciers diamètre 8 ou deux
au paragraphe ci-après « Pointes de pignon ». aciers diamètre 10 de type qui sont le plus souvent appliqués.
La section de béton du chaînage doit être aussi faible que
Protection contre les intempéries possible tout en assurant un enrobage efficace des aciers.
Lorsque la température est supérieure à 30 °C, il est
nécessaire de protéger le mortier de la dessiccation OBSERVATION
en employant des procédés adaptés au chantier et à la Les variations dimensionnelles d’un béton de
sécheresse, tels que l’humidification, l’usage de paillassons chaînage de forte section risquent d’être néfastes au
ou de bâches maintenues humides. bon comportement de la maçonnerie. En pratique, la
section de béton est limitée en façade par la nécessité
Lors de fortes pluies ou neiges, on doit protéger les parties fréquente d’un habillage isolant des rives de plancher
de mur récemment montées, par exemple en mettant en qui réduit la section disponible.
place des bâches ou des auvents. Cette disposition est
impérative dans le cas de montage à joints minces ou lors de Les aciers des chaînages horizontaux et verticaux fonctionnent
périodes de gel nocturne. essentiellement comme des « tirants » s’opposant à des
efforts de traction. Le rôle du béton dont ils sont enrobés est
OBSERVATION d’assurer leur protection contre la corrosion et le scellement
En dessous de 5 °C, il est préférable d’arrêter le des longueurs de barres successives en recouvrement
montage et de protéger la maçonnerie. Les parties pour réaliser la continuité et la fermeture de la « chaîne ». La
d’ouvrages accidentellement gelées doivent être section minimale de béton permettant d’assurer ce rôle et
démolies jusqu’à la partie saine.
une mise en place correcte du béton est donc nettement
inférieure à celle qui serait exigée d’une ossature résistante
Lors du montage, certaines dispositions doivent être prises en béton armé, avec laquelle un chaînage ne doit pas être
selon les conditions climatiques. Par exemple, un temps confondu.
venteux et chaud nécessite une rétention d’eau élevée du
Jonction avec le plancher de rez-de-chaussée
mortier. Par temps froid, avec crainte de gel, il est nécessaire
d’additionner des accélérateurs de prise ou de choisir un Les murs en maçonnerie doivent être protégés des
mortier de classe de résistance supérieure. remontées d’eau du sol.
Les maçonneries apparentes doivent de plus être En général, on dispose à au moins 15 cm au-dessus du sol
protégées contre les salissures en cours de montage et fini une coupure de capillarité dans l’épaisseur du mur. Cette
de rejointoiement, indépendamment des intempéries (par coupure de capillarité est exécutée à l’aide :
exemple, au moyen de films en matière plastique). En outre, ■■ soit d’une bande d’une feuille bitumineuse armée, ou
pour diminuer le risque d’efflorescences, il est nécessaire de d’une feuille plastique ou élastomère, posée à sec
protéger contre la pluie les maçonneries en cours de mise sur une couche de mortier de ciment, définie dans la
en œuvre à l’aide d’une bâche. NF DTU 20.1 P1-2, finement talochée, de 2 cm d’épaisseur
après prise et séchage de ce dernier, et protégée par
ATTENTION une deuxième couche de mortier de ciment de même
Le délavage par une forte pluie du mortier de montage épaisseur sommairement dressée. À leurs extrémités, les
encore frais ou du béton non durci d’un plancher en segments de bande sont placés à recouvrement minimal
appui sur le mur risque d’engendrer d’importantes de 20 cm ;
efflorescences sur les maçonneries apparentes.
60 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

■■soit d’une chape de mortier hydrofugé de ciment :


e
−− pour les mortiers de recette, on réalise une chape
en mortier de ciment fortement dosé à raison
de 500 kg/m3 à 600 kg/m3 de sable sec 0/2 ou 0/4,
additionné d’hydrofuge de masse,
−− pour les mortiers performantiels, on utilise un mortier
d’imperméabilisation hydrofugé de résistance M ≥ 15 et 2,5 cm ou
de faible capillarité C ≤ 0,5 kg/m2.mn0,5. (5 cm si e ≥ 30 cm)
Lorsque les murs de soubassement sont en béton armé, la
maçonnerie en élévation est protégée des remontées d’eau
par le sol.

Maçonnerie
d’éléments

Chaînage Figure 24 : Débord


Habillage
en béton armé

Plancher du ATTENTION
15 cm rez-de-chaussée
La stabilité du mur en débord doit être vérifiée en ne
Maçonnerie Coupure considérant, dans le calcul des contraintes appliquées
d’éléments en de capillarité à la brique, que la partie en appui sur l’ouvrage sous-
soubassement
jacent.

Habillage de la rive de plancher


Figure 22 : Position de la coupure de capillarité
L’habillage est motivé par deux raisons :
■■ procurer à l’enduit de revêtement extérieur du mur un
Maçonnerie support en matériau homogène permettant d’éviter la
d’éléments
en élévation manifestation d’un « spectre » du plancher à travers l’enduit
et l’apparition de fissures aux jonctions entre matériaux de
Chaînage en supports différents ;
béton armé
■■ limiter les déperditions thermiques par la rive de plancher.
5 cm Plancher du
rez-de-chaussée
À cet effet, on utilise comme coffrage extérieur du béton de
chaînage un élément mince appelé « planelle » ou « about »,
Maçonnerie éventuellement complété par un isolant spécifique.
d’éléments en
soubassement L’épaisseur de ces éléments est conditionnée par la place
disponible qui dépend elle-même du matériau et de
Figure 23 : Chaînage en béton constituant coupure de capillarité
l’épaisseur du mur de soubassement (souvent inférieure à
celle du mur de rez-de‑chaussée).
OBSERVATION Les éléments permettant de déterminer cette épaisseur sont
L’existence, sur toute l’épaisseur du mur de donnés ci-après.
soubassement, d’un chaînage en béton armé laissé
à l’air libre ou revêtu d’un enduit protégé par un Jonction avec un plancher intermédiaire
débord de la maçonnerie ou d’un enduit filant sur la Appui du plancher
maçonnerie mais non capillaire et situé au minimum à La largeur minimale d’appui d’un plancher sur un mur de
5 cm au-dessus du sol fini permet de se dispenser de
façade porteur en maçonnerie est égale aux deux tiers de
coupure de capillarité rapportée..
l’épaisseur brute du mur (c’est-à‑dire enduits non compris).

Un débord du mur par rapport à l’ouvrage sous-jacent est OBSERVATION


possible dans le cas des briques en terre cuite. Il ne doit pas
Lorsque les planchers comportent des éléments
dépasser : préfabriqués en béton, cette largeur d’appui inclut la
■■ 2,5 cm pour les murs porteurs en briques P ou U à alvéoles largeur du chaînage coulé sur place. Cette largeur
horizontales et pour des constructions limitées à R + 1, s’ajoute ainsi à l’appui minimal habituel de 5 cm pour
le nombre de parois verticales de la brique au droit de les poutrelles préfabriquées et de 7 cm pour les dalles
l’ouvrage sous-jacent devant rester au moins égal à quatre ; de plancher en béton cellulaire armé.
■■ 2,5 cm pour les murs en briques P ou U à alvéoles
verticales d’épaisseur inférieure à 30 cm et 5 cm dans le
cas d’épaisseur supérieure.
CHAPITRE 3 : MURS EXTÉRIEURS ET INTÉRIEURS 61

Habillage extérieur du chaînage Traitement des fissures sous appui de plancher


Afin d’assurer l’homogénéité du support de l’enduit extérieur, La flexion des planchers sous charges engendre une rotation
on habille la rive de plancher en façade par un élément de l’extrémité en appui sur la maçonnerie porteuse. Cette
de maçonnerie de même nature (même matériau, même rotation engendre elle-même une fissure horizontale sous
organisation interne), dénommé « planelle » ou « about », l’appui ou dans le premier joint horizontal sous la dernière
disposé en coffrage de chaînage. rangée d’éléments. Pour empêcher les infiltrations d’eau
par cette fissure du support, on doit renforcer l’enduit par
des armatures métalliques ou en fibre de verre débordant
Bloc creux en béton de 15 cm au-dessus du plancher et de 15 cm au-dessous du
de granulats courants premier joint de la maçonnerie sous-jacente. On peut aussi
Armature localiser cette fissure sous un débord ou derrière un profilé
de rejet d’eau en matériau non corrodable dans la masse
(inox ou aluminium, par exemple) afin d’éviter l’accès de l’eau
Planelle creuse
en béton
de pluie à la fissure.

Enduit

> 0,15 m

Figure 25 : Exemple d’habillage extérieur Enduit


de chaînage sans isolant
Plancher
Pour réduire les déperditions thermiques par cette rive Grillage
de plancher, on interpose généralement entre planelle et
chaînage un isolant thermique (polystyrène expansé ou
Maçonnerie
mousse de polyuréthanne, par exemple).

Brique P
à perforations > 0,15 m
verticales
Armature
Brique P d'about
de 7 cm
Isolant polystyrène Figure 27 : Disposition de l’armature
de 2,5 cm de renfort d’enduit en rive de plancher

Enduit
Enduit Doublage
isolant
Bloc creux
37,5 cm en béton
épaisseur ≥ 5 cm Plancher
dit « planelle »
Figure 26 : Exemple d’habillage extérieur
de chaînage avec isolant Profilé
spécial
dit saillant Dande de
OBSERVATION désolidarisation
En règle générale et sauf pour les murs épais, compte
tenu de la largeur minimale d’appui du plancher,
l’épaisseur de l’habillage (planelle plus isolant) ne peut Figure 28 : Exemple de profilé de rejet d’eau
pas dépasser le tiers de l’épaisseur brute du mur. associé à une bande de désolidarisation

Les planelles en brique doivent satisfaire aux mêmes OBSERVATION


exigences de durabilité au gel que les briques de la Dans tous les cas, et notamment dans le cas de
maçonnerie courante. De plus, lorsqu’elles sont associées maçonneries apparentes (où le renfort d’enduit n’est
à un isolant sur leur face interne, leur épaisseur ne doit pas évidemment pas applicable), il y a intérêt à limiter la
être inférieure à 7 cm (même exigence dans le cas des flèche des planchers par un dimensionnement adapté
planelles en béton cellulaire). Ce mode de traitement du pont et une durée d’étaiement prolongée.
thermique de rive de plancher n’est donc possible qu’avec
des murs épais ; avec des murs minces, un traitement efficace
des ponts thermiques n’est obtenu que par l’isolation par
l’extérieur (l’emploi de planelles de rive bénéficiant d’Avis
Techniques spécifiques) ou l’emploi de rupteurs thermiques.
62 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

Jonction avec la charpente


Joint (diapason Joint
Lorsque le plancher du dernier niveau est en béton, son appui doit ou de dilatation) de dilatation
satisfaire aux mêmes prescriptions qu’un plancher intermédiaire.
Généralement, la charpente prend alors appui sur le chaînage et
sur la rive de plancher et est fixée sur cette structure.
25 m
Lorsque le plancher est à base de solives en bois ou en acier, 18 m 18 m
celles-ci doivent être fixées dans le chaînage horizontal, par
exemple par l’intermédiaire de lisses en bois et/ou de sabots Immeuble collectif
en acier (voir norme NF EN 845‑1).

OBSERVATION
Chaînages verticaux
Il est rappelé que ce plancher doit être organisé en
paroi de raidissement horizontal (contreventement).
8m Refend proteur
Dans la solution courante d’une charpente à fermettes,
celles-ci doivent être fixées au chaînage de couronnement
du mur sur lequel elles prennent appui soit directement, soit
par l’intermédiaire d’une lisse en bois ancrée dans le béton Maison individuelle
du chaînage.
La jonction avec une charpente en pannes est traitée au
paragraphe « Pointes de pignon ».
8m

Figure 30 : Déformation « en coupelle »


d’un plancher en béton par retrait différentiel de séchage

Charpente
en fermettes
Isolation
Figure 29 : Exemple de jonction d’un mur avec la charpente thermique Acier
Plafond
Angles et chaînages verticaux suspendu
Principe et section des chaînages Grillage
Lisse
Les chaînages verticaux ont un double rôle : en continuité en bois Isolant
avec les chaînages horizontaux, ils renforcent la cohésion fixée sur
le chaînage Carreau en béton
des pans de maçonnerie qu’ils ceinturent et ils s’opposent cellulaire autoclavé
au soulèvement, dans les angles, des dalles de plancher en Maçonnerie
de blocs de béton
béton armé par retrait différentiel de séchage. C’est pourquoi, cellulaire autoclavé
hors zone sismique, ils n’étaient auparavant obligatoires que
dans le dernier étage sous plancher en béton (plancher Figure 31 : Exemples d’implantation
en dalle pleine coulée sur place, plancher à poutrelles et des chaînages verticaux (coupe horizontale)
entrevous avec table de compression coulée sur place). Ils
sont disposés au moins dans les angles saillants et rentrants OBSERVATION
ainsi que de part et d’autre des joints de fractionnement
En raison du poids relativement réduit des petites
du bâtiment ; régnant sur toute la hauteur du bâtiment, ils constructions qui constituent l’objet principal de
doivent systématiquement être ancrés dans les fondations. ce guide, la pratique courante consistant à ancrer
Un recouvrement de leurs extrémités haute et basse avec systématiquement les chaînages verticaux dans les
les aciers de chaînage horizontaux assure la continuité fondations qui n’était jusqu’ici obligatoire qu’en zone
indispensable. sismique (voir Guide pratique CSTB Fondations :
conception, dimensionnement et réalisation. Maisons
individuelles et bâtiments assimilés) est parfaitement
justifiée.
CHAPITRE 3 : MURS EXTÉRIEURS ET INTÉRIEURS 63

La section minimale de béton des chaînages verticaux, qui


ne constituent que de simples tirants entre planchers et ne
sont pas conçus comme des poteaux d’ossature, est la plus
faible compatible avec une mise en place correcte du béton :
carré de 10 cm de côté ou cercle de 10 cm de diamètre.
La section minimale d’armatures est celle correspondant à
deux aciers HA10 hors situation sismique (quatre aciers HA10
en situation sismique, voir annexe 2). Ø 8 HA
Mise en œuvre
Pour assurer la continuité entre chaînages horizontaux et
verticaux, on dispose, dans le chaînage bas, des aciers formés 0,50 m Largeur 0,50 m
en équerre dont la branche verticale émerge de cinquante de la baie
fois leur diamètre (soixante fois en situation sismique) pour
Figure 32 : Armature de renfort à la jonction allège-trumeau porteur
venir en recouvrement des armatures du chaînage vertical.
Largeur des trumeaux porteurs et retours d’angle
ATTENTION
La largeur des trumeaux porteurs et des retours d’angle doit
Il est important d’appliquer les dispositions prévues
être d’au moins 80 cm et d’au moins deux fois la longueur de
par les règles de sécurité pour éviter que les maçons
soient blessés par ces aciers émergeant de l’assise l’élément courant constitutif.
des murs : courbure des extrémités ou mise en place Lorsque l’élément courant a une longueur supérieure à 60 cm
de bouchons en matière plastique, par exemple. (cas de certains blocs en béton cellulaire), la largeur minimale
des trumeaux est de 1,5 fois la longueur de l’élément.
Lorsqu’on utilise des éléments d’angle pour assurer le
coffrage du chaînage, ce qui est vivement recommandé, Linteau
porteur
on coiffe les aciers en attente par leur alvéole en alternant
le sens de l’élément d’un rang sur l’autre (voir § ci-après
« Jonctions avec les refends »).
Le bétonnage du chaînage s’effectue généralement sur la
hauteur d’étage, en même temps que celui du chaînage Blocs
horizontal après introduction des armatures verticales et
des armatures de continuité avec le plancher et avec l’étage Trumeau
Trumeau porteur
supérieur éventuel. On humidifie préalablement les alvéoles porteur L mini 80 cm
comme pour le hourdage des éléments courants. ou 1,5 bloc
(si l > 60 cm)

ATTENTION Figure 33 : Largeur minimale d’un trumeau porteur


S’agissant du bétonnage de sections étroites, il est
important qu’au cours des phases précédentes, des OBSERVATION
bouchons les aient protégées contre l’introduction de
tout déchet ou gravois résultant de l’activité du chantier. Il est rappelé que dans les trumeaux de largeur
inférieure ou égale à 1,20 m, les joints verticaux
doivent être remplis.
Jonctions avec les baies Des trumeaux de largeur inférieure à 0,80 m peuvent
Jonction entre allège et trumeau porteur être réalisés en béton armé en utilisant comme
coffrage la maçonnerie d’éléments.
Elle est réalisée par recouvrement des éléments comme en
partie courante (le « harpage ») lorsque les matériaux sont de
même nature (disposition habituelle dans les constructions Tableaux (ou jambages) de baie
constituant l’objet principal du présent guide). Ils sont réalisés de préférence avec des éléments spéciaux
Elle peut être renforcée contre la tendance à fissurer par la présentant une face d’about plane et, le cas échéant, une
mise en place d’armatures dans les joints horizontaux. C’est feuillure (5 x 5 cm au minimum) destinée à recevoir la
en particulier le cas avec la maçonnerie de blocs en béton menuiserie dans le mode de pose dit « en feuillure ».
cellulaire. On dispose alors dans une gorge de 5 x 5 cm Le dressage des tableaux et la découpe de feuillures par
une barre HA Ø 8 en Fe E 500 ancrée de 40 cm à partir sciage ne sont relativement aisés qu’avec le béton cellulaire.
de la verticale de chacun des jambages de la baie. Autre
possibilité : on dispose dans l’épaisseur des joints des
armatures protégées contre la corrosion et ancrées de
50 cm à chaque extrémité.
64 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

≥ 20 cm

Linteau de béton cellulaire

Figure 34 : Tableau d’ouverture avec briques feuillures

Figure 37 : Appuis de linteau en béton cellulaire autoclavé

Dans le cas des murs en briques, les fabricants proposent


des prélinteaux constitués d’armatures enrobées de béton
dans des coffrages en terre cuite destinés à être surmontés
par des briques pleines U.

10

About

Figure 35 : Ajustage des tableaux de baie par sciage Isolant Poutrelle


des blocs en béton cellulaire qui dépassent des règles

Enduit
ATTENTION extérieur
Dans le cas de construction en zone sismique, les
tableaux doivent être organisés pour recevoir un
chaînage vertical de section spéciale.
Prélinteau
type ST
Linteaux
Les linteaux sont réalisés en béton armé coulé sur place ou Figure 38 : Prélinteau avec feuillure
préfabriqués.
Appuis de baie
La longueur d’appui sur la maçonnerie est déterminée par
Destinés à servir d’appui en partie basse des menuiseries et
application de la norme NF DTU 20.1 pour que la contrainte
à protéger des pénétrations d’eau la maçonnerie en allège
maximale sous le bord d’appui reste inférieure à la contrainte
et en pied de jambage, les appuis de baie doivent présenter
résistante de calcul. Cette longueur d’appui est d’au
un profil en pente vers l’extérieur et comporter, côté intérieur,
moins 20 cm.
un rejingot faisant partie intégrante de l’appui et non rapporté
Les linteaux sont souvent coulés dans des éléments spéciaux après coup. Les prescriptions à satisfaire sont décrites dans
formant coffrage. la figure ci-après et le tableau correspondant. Côté extérieur,
le débord du larmier par rapport à la surface finie de la façade
doit être d’au moins 3 cm.

h
α
Figure 36 : Éléments de coffrage de linteau
en béton et en terre cuite

Dans le cas du béton cellulaire, les fabricants proposent des l = largeur


≥ 1,5 cm h = hauteur du rejingot
linteaux en béton cellulaire armé qui permettent d’obtenir α = angle de pente de l’appui
une homogénéité complète du mur. ≥ 1,5 cm

Figure 39 : Prescriptions à satisfaire par les appuis de baie


CHAPITRE 3 : MURS EXTÉRIEURS ET INTÉRIEURS 65

Tableau 10 : Prescriptions à satisfaire par les appuis de baie


A B
Rejingot1
Appui (cotes en mm)
Largeur Hauteur Pente min
min (l) min (h) (tga)
Coulé sur place avant
40 25 0,10
pose de la menuiserie
Préfabriqué en béton 25 0,08
mis en place avant pose 30
20 0,10 C D
de la menuiserie
Coulé sur place après
40 40 0,10
pose de la menuiserie
1. Le plan supérieur du rejingot peut présenter une légère pente qui
doit alors se présenter vers l’extérieur.

E F

Rejingot latéral

Figure 42 : Positions du rejingot par rapport au jambage

≥ 3 cm
OBSERVATION
Figure 40 : Rejingot latéral et débord par support à la façade Ces dispositions sont nécessaires pour assurer la
continuité du calfeutrement étanche entre le mur et la
ATTENTION menuiserie.
La présence d’un rejingot latéral et d’un larmier limite
efficacement les coulures et salissures résultant du Les appuis de baie peuvent être coulés sur place, en béton
ruissellement des eaux de pluie sur les tableaux et ou en mortier, ou préfabriqués. Lorsqu’ils sont préfabriqués,
l’appui de baie. ils peuvent aussi être réalisés en pierre ou en terre cuite,
En cas d’absence de rejingot latéral en continuité avec
mais le plus souvent ces matériaux ne constituent qu’un
la surface du jambage de baie et dans une façade
exposée aux vents de pluie, il convient d’interposer un habillage d’appuis en béton, les prescriptions géométriques
joint de mastic entre l’enduit et la surface de l’appui. s’appliquant alors à l’ensemble fini.
Enfin, dans tous les cas, afin d’éviter les salissures Pour empêcher des fissures de retrait, qui compromettraient
dites « en moustache », un débord de l’appui côté l’étanchéité des appuis de baie en béton armé, la norme
extérieur au-delà des jambages, de part et d’autre de NF DTU 20.1, partie 1-1, paragraphe 5.10.5, préconise un
la baie, est indispensable (voir § ci-après « Appuis de pourcentage minimal d’armatures longitudinales de 0,25 %
baie préfabriqués »).
dans les éléments les plus longs (plus de 2 m). Quel que soit le
pourcentage retenu, les armatures doivent être recouvertes
Côté intérieur, la face supérieure du rejingot doit filer sur d’au moins 30 mm de béton sur les faces exposées à
toute la largeur de la baie, y compris dans la feuillure s’il l’extérieur (notamment le débord à larmier) pour prévenir les
en existe une, ou, en l’absence de feuillure, dépasser d’au éclatements du béton qu’entraînerait leur corrosion.
moins 4 cm le tableau de part et d’autre de la baie.
Jonctions avec les refends
Pour la jonction avec les refends, la solution de base consiste
à effectuer le montage simultané des deux murs avec
croisement des éléments d’un rang sur l’autre (harpage).
On obtient ainsi une liaison continue entre les deux murs.
L’utilisation d’éléments d’angle pour constituer le harpage
Joint de mastic permet d’incorporer un chaînage vertical.

Figure 41 : Mastic au raccordement entre appui et jambage


66 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

OBSERVATION
Chaînage vertical Dans le cas de refend séparatif de logements, la
jonction ne doit pas affaiblir l’isolement acoustique et
le degré coupe-feu que doit assurer le refend.

Pointes de pignon
Du fait de leur position en couronnement de mur, les pointes
de pignon en maçonnerie devraient normalement comporter,
sur leurs rives inclinées, un chaînage en continuité avec les
chaînages verticaux et horizontaux du niveau sous-jacent
(voir § ci-dessus « Principe et section des chaînages »).
Toutefois, il est admis de ne pas mettre en place ce chaînage
lorsque la hauteur du pignon ne dépasse pas 1,50 m, et
lorsque la pointe du pignon ne porte pas la toiture.
La section des aciers doit être identique à celle des chaînages
verticaux.
Figure 43 : Liaison façade-refend avec chaînage vertical Pour la section de béton, on a le choix entre :
Dans le cas de maçonneries faiblement chargées, comme ■■ le chaînage classique de plancher comportant une
celles qui sont principalement visées dans ce guide, la planelle de coffrage côté extérieur. Ce type de chaînage
jonction peut être réalisée par montage séparé de chacun convient lorsque la pointe de pignon porte la toiture ;
des murs suivant l’une des deux solutions suivantes : Isolant
thermique
■■ lorsqu’une liaison mécanique est nécessaire entre
les deux murs pour assurer le contreventement de la Chaînage
béton armé
construction, elle est obtenue par pénétration partielle Planelle
du refend dans le mur de façade : au moins un rang sur
trois sur une profondeur d’environ 5 cm sans atteindre le
parement extérieur ;
■■ lorsque la jonction ne joue aucun rôle dans le Dalle
de toiture
contreventement, elle est réalisée par simple juxtaposition isolante
des murs avec calfeutrement du joint par du mortier ou et autoporteuse
des matériaux souples. Des attaches métalliques (au
moins trois sur la hauteur) peuvent être interposées pour Pignon
participer à la stabilité transversale de l’un ou des deux en blocs
murs.
Figure 45 : Pignon et toiture en béton cellulaire,
chaînage classique incliné

■■ le chaînage plat, réalisable lorsque la pointe de pignon ne


Pénétrations
porte pas la toiture et qui peut être alors habillé du côté
sur environ 5 cm extérieur par un rabat de la couverture ou une planche
(une assise sur trois) de rive.
réparties sur la hauteur

Planche
de rive
Liteaux

Chaînage
Mastic Bourrage à l’aide plat incliné
Blocs
de fibre minérale
haute densité
Fermettes

Figure 46 : Chaînage plat incliné

Figure 44 : Deux exemples de jonction avec les refends


CHAPITRE 3 : MURS EXTÉRIEURS ET INTÉRIEURS 67

Dans tous les cas, il faut découper les éléments de rive à la


pente voulue soit au moyen d’une scie à disque ou à lame OBSERVATION
après montage de l’ensemble des rangs, soit par découpe La stabilité au vent des pointes de pignon en maçonnerie
des éléments avant leur montage en visant à limiter la section est normalement assurée en phase définitive par la
de dressement du rampant. charpente. Cela implique la réalisation d’une liaison
mécanique entre mur et charpente et la présence de
raidisseurs ou de diagonales appelées pour cela « de
contreventement » souvent disposés dans les plans
des versants de la toiture appelés « rampants ».

■■ Incorporation d’éléments de baie


préfabriqués, saignées et percements
Appuis de baie préfabriqués
Comme indiqué au paragraphe « Les appuis de baie », on
Figure 47 : Découpe de la pointe de pignon à la scie à disque peut incorporer à la maçonnerie, en cours de montage, des
appuis de baie préfabriqués en béton ou en mortier qui
doivent satisfaire aux prescriptions énoncées concernant
leurs formes (visant à écarter les eaux de pluie de la
maçonnerie adjacente) et l’enrobage des armatures (pour
les protéger contre la corrosion). De tels appuis peuvent
comporter un habillage en éléments en terre cuite.

OBSERVATION
Les appuis de baie préfabriqués ne répondant pas
Figure 48 : Dressement du rampant par mortier ou béton aux prescriptions du DTU peuvent être trouvés dans
des Avis Techniques ou des Documents Techniques
Lorsque la charpente est constituée de pannes en appui sur
d’Application.
le pignon, l’appui doit être rendu glissant par interposition
d’une platine métallique ou d’un contreplaqué.
Pour assurer la pénétration minimale de 4 cm au-delà des
L’appui peut être constitué de sabots métalliques fixés par jambages de baie, la mise en place de l’appui doit être
chevilles métalliques à expansion dans le béton du chaînage précédée par la découpe d’une encoche dans les éléments
affleurant le parement intérieur. à monter de part et d’autre (hauteur égale à la hauteur de
La position des pointes de pignon dans la construction les l’appui augmentée de celle des joints horizontaux de mortier
expose particulièrement à être renversées par le vent avant de scellement, largeur égale à la pénétration prévue pour
la réalisation de la charpente contreventée. La mise en place l’appui augmentée du joint vertical de scellement).
d’un dispositif d’étayage provisoire, élément essentiel de la L’appui de baie est posé sur un joint continu de mortier.
sécurité du chantier, revêt donc ici une importance particulière.
En cas de nécessité d’ajustement en hauteur, le mortier peut
être coffré avant l’insertion de l’appui.
Pignon Chaînage Lorsque l’appui comporte des rejingots latéraux, la
extérieur rampant disposition la plus efficace contre les pénétrations d’eau de
porteur
pluie consiste à aligner la « face vue » de ces rejingots avec
la surface des jambages de baie.
Planelle
Panne

Sabot
métallique

Pignon
en blocs

Plaque de base de
fixation du sabot

Figure 49 : Panne en appui sur sabot métallique en pointe de pignon Figure 50 : Pose d’un appui de baie sur un joint continu de mortier
68 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

béton incorporant des armatures destinées à équilibrer des


OBSERVATION efforts de traction dans la longueur du linteau, surmonté, au
La garniture de mastic destinée à renforcer montage, par des éléments pleins maçonnés ou du béton
l’imperméabilité de la jonction entre appui et coulé sur chantier pour équilibrer des efforts de compression
jambage de baie est normalement mise en place en partie haute, suivant le même axe.
après l’enduisage du mur (interposition d’un cordon
provisoire entre enduit et appui).

Linteaux, prélinteaux
et coffres de volet roulant préfabriqués
On peut utiliser un linteau monobloc préfabriqué en béton
armé dans le cas de baie de grande largeur (linteau de porte
de garage, par exemple). Un élément de ce poids ne peut
pas être manutentionné à bras d’homme.
Dans le cas de mur en éléments de béton cellulaire
autoclavé (servant généralement de support à des dalles
armées constituées du même matériau), les linteaux armés Figure 52 : Linteau maçonné.
préfabriqués avec le même matériau confèrent au mur une Après pose du prélinteau sur lit de mortier, montage d’une
homogénéité de constitution et d’isolation thermique. ou deux rangées de blocs pleins au-dessus du prélinteau

Blocs

Chape armée

Lit de mortier
de ciment
Planelle
Chaînage
horizontal
Isolation
complémentaire

Linteau Dalles Revêtement


porteur de plancher intérieur
Figure 53 : Linteau banché. Après pose du prélinteau sur lit
de mortier, mise en place des coffrages latéraux et des aciers
Grillage complémentaires éventuels ; pour des portées courantes
en fibre Coffre de volet
de verre roulant non porteur inférieures ou égales à 1,40 m, le linteau banché ne nécessite
pas d’aciers complémentaires ; au-delà, la rehausse doit être
Enduit réalisée en incluant deux aciers filants dans sa partie inférieure
extérieur (2HA 8, 2HA 10 ou 2HA 12 suivant le cas), coulage du linteau
banché en béton de classe C20/25b (NF EN 206)

OBSERVATION
Il est rappelé que dans le cas des murs en briques
de terre cuite, le prélinteau est généralement bétonné
dans des coffrages en terre cuite, réservant une
Figure 51 : Pose d’un plancher sur linteau en béton cellulaire homogénéité de support pour l’enduit.
La largeur d’appui des linteaux et prélinteaux sur les
murs en maçonnerie doit satisfaire aux mêmes règles
OBSERVATION que dans le cas des linteaux coulés sur place ; en
La capacité résistante des linteaux armés préfabriqués particulier, la longueur d’appui minimale est de 20 cm.
est justifiée par leurs fabricants. On la trouve dans la
fiche de déclaration de performances accompagnant le
marquage CE et dans la notice d’utilisation du produit.
OBSERVATION
Les coffres de volet roulant étant des éléments
Le plus souvent, on incorpore, au-dessus des ouvertures dits « non porteurs », en appui de 8 à 15 cm sur les
courantes des murs en maçonnerie, des linteaux composites jambages des baies, l’appui « efficace » des linteaux et
(ce qui permet de limiter le poids des pièces à manutentionner) prélinteaux les surmontant est à compter à partir des
constitués de deux parties superposées : un prélinteau en extrémités du volet roulant.
CHAPITRE 3 : MURS EXTÉRIEURS ET INTÉRIEURS 69

L + 70 cm On peut également incorporer des encadrements de baie


L + 30 cm en quatre parties : une allège, deux jambages et un coffrage
de linteau. La manutention en est facilitée. L’assemblage
Linteau s’effectue en place par emboîtement et par collage avec
porteur Blocs
de réhausse un mortier colle. Un cordon d’étanchéité doit toujours être
Blocs introduit dans les assemblages.

Coffre de volet Dans les deux cas, une garniture de mastic doit être mise en
roulant, place à la jonction entre la face extérieure de la maçonnerie
non porteur
et l’encadrement.
L

OBSERVATION

On trouvera dans les Avis Techniques ou les Documents


Techniques d’Application dont ces éléments font
Figure 54 : Linteau porteur positionné l’objet leur description et leur mise en œuvre.
au-dessus d’un coffre de volet roulant

Les linteaux monoblocs et les linteaux composites peuvent Saignées et percements


surmonter des coffres de volet roulant préfabriqués. Ces On doit éviter au maximum les saignées pour passage de
coffres sont généralement constitués d’un tunnel destiné à canalisations (électricité, plomberie, chauffage) dans les
entourer le rouleau du volet, fermé par une trappe d’accès murs en maçonnerie (risque de réduction excessive de leur
et comportant à chaque extrémité une paroi supportant l’axe résistance).
du rouleau. L’intérieur du coffre est constitué par un matériau On préférera donc d’autres passages, par exemple dans le
isolant thermique complété, lorsque c’est nécessaire, par un vide d’air et/ou l’isolant des murs avec doublage par contre-
film plastique assurant l’étanchéité à l’air puisque le volume cloison ou complexe isolant.
du coffre est nécessairement en communication avec
Si l’on doit cependant effectuer des saignées dans des
l’extérieur.
murs en briques de terre cuite, type monomur ou en
béton cellulaire autoclavé, elles doivent être exécutées de
OBSERVATION préférence sur maçonnerie brute. L’organisation du tracé ne
L’hétérogénéité du support à la jonction entre la devrait pas dépasser les limites définies pour les cloisons
maçonnerie et la face extérieure du coffre nécessite en maçonnerie d’au moins 6 cm d’épaisseur en terre cuite
un renforcement de l’enduit par un grillage en acier et 7 cm d’épaisseur en béton cellulaire autoclavé (voir
galvanisé ou en fibre de verre, éventuellement chapitre 4 « Cloisons de distribution et de doublage »).
incorporé au coffre.
Les coffres de volets roulants sont des produits Pour le rebouchage des saignées, il faut utiliser un mortier
relevant d’Avis Techniques spécifiques. dont le liant de base est de même nature que le liant du
mortier de montage, additionné de produits améliorant son
Afin de répondre au besoin d’accompagnement des adhérence et sa rétention d’eau.
professionnels du bâtiment le Programme d’action pour La surface des saignées doit être nettoyée et humidifiée
la qualité de la construction et la transition énergétique avant rebouchage.
(PACTE) lancé par les pouvoirs publics a publié le
La traversée d’un mur par une canalisation doit être réalisée
guide RAGE Coffres de volet roulant. Mise en œuvre
au travers d’un fourreau scellé dans le trou de traversée
(décembre 2014). Ce guide n’a pas vocation de se
par un mortier du même type que pour le rebouchage des
substituer aux Avis Techniques, mais précise les conditions
saignées. L’étanchéité à l’air (et à l’eau dans les pièces
générales de mise en œuvre en neuf et en rénovation
humides) doit être assurée, sur les faces d’émergence de la
permettant d’assurer les performances thermiques et de
canalisation, par la mise en place d’une garniture de mastic
limiter la perméabilité à l’air du coffre.
d’étanchéité entre la canalisation et le fourreau.
Ce document est librement consultable et téléchargeable à
l’adresse suivante : ■■ Fixation des équipements
[Link]/sites/default/files/pdf/guide-rage- Les éléments de maçonnerie courants dont traite ce guide
coffres-volet-roulant-2014-12_0.pdf étant essentiellement des éléments creux (terre cuite ou
Encadrements de baie béton) ou de faible masse volumique (béton cellulaire
On peut incorporer dans les maçonneries des encadrements enclavé), la fixation par pistoscellement risquerait de créer
de baie monoblocs en béton. Ces encadrements peuvent dans le support des ruptures importantes et pas toujours
être équipés en usine des menuiseries et des fermetures. visibles. Elle ne doit donc pas être employée. Il en est de
même pour la fixation par cheville métallique à expansion.
Leur mise en place s’effectue nécessairement à la grue.
Les scellements ponctuels traditionnels par ancrage au
Leurs rives verticales comportent généralement un relief
mortier de pattes métalliques dans des trous découpés ou
destiné à coffrer un mortier de liaison avec la maçonnerie. Ils
forés par machine ne conviennent pratiquement que pour
peuvent éventuellement incorporer des armatures prescrites
les éléments pleins. On peut donc, au moyen de perceuses
pour la construction en zone sismique.
70 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

ou de scies mécaniques, réaliser dans les murs en béton Quel que soit le type de fixation utilisé, la fixation doit être à
cellulaire des trous cylindriques ou à section en queue- 5 cm au moins d’une arête du support.
d’aronde (pour améliorer l’ancrage) pour scellement au Les chevilles métalliques à expansion, exclues des fixations
mortier (de gonds de volet, par exemple). sur les produits creux, peuvent cependant être mises
Cependant, pour une large gamme de charges, on peut en place sur les éléments en béton associés : chaînages,
utiliser des fixations spécialement adaptées au matériau : encadrements de baies, etc.
■■ clous en forme de tronc de pyramide en aluminium ou en
acier zingué ; ATTENTION
■■ chevilles plastiques à ailettes permettant, par vissage Pour la fixation dans les murs d’éléments de structure
dans un trou foré, un ancrage par verrouillage de forme ; tels que des poutres ou des pannes, on doit utiliser
■■ chevilles à expansion en caoutchouc ; des chevilles dites « de structure » ou « de sécurité » sur
■■ chevilles à scellement chimique convenant particulière-
lesquelles figure obligatoirement le marquage « CE »
ment aux charges élevées (ampoules en verre contenant sur la base d’une évaluation technique européenne.
séparément une résine et un durcisseur dont le mélange
est déclenché, dans le trou de scellement, par la rupture Dans la plupart des cas où une charge lourde est à fixer, on
de l’ampoule sous la pression rotative de la tige filetée à a la possibilité de la répartir sur plusieurs points de fixation
sceller) ; pour limiter les charges ponctuelles.
■■ chevilles à scellement par injection, dans un trou préforé,

d’un mortier ou d’un mélange à durcissement rapide. OBSERVATION


Les chevilles plastique en polypropylène ou en polyamide, Les fabricants de chevilles indiquent généralement la
à expansion par clou ou par vis de longueur adaptée à une charge maximale admissible et les distances minimales
fixation au travers de la pièce (cas des menuiseries, par à respecter.
exemple) sont adaptées à tous les supports. Pour la fixation des objets lourds, on trouvera au
chapitre « Cloisons » des critères de chargement dont
Dans les éléments creux, elles peuvent être utilisées, pour l’application aux murs en maçonnerie s’effectue avec
les charges courantes, par pénétration au travers d’une ou sécurité (voir § « Fixations, saignées et encastrements »).
plusieurs cloisons internes suivant l’importance de la charge
à équilibrer.

3.2. P
 rescriptions à satisfaire
par les maçonneries brutes
■■ Implantation – Verticalité
La norme NF DTU 20.1 définit ainsi les écarts que l’on peut
admettre sur les dimensions de l’ouvrage mur ainsi que sur
les distances entre les faces de murs voisins :
■■ les écarts sur la distance d entre deux murs ne doivent
pas être supérieurs à 2 cm en plus ou en moins ;
■■ les écarts sur l’épaisseur e d’un mur doivent être inférieurs
Figure 55 : Différentes chevilles à 1 cm en plus ou en moins ;
■■ les écarts s sur la verticalité d’une face de mur doivent
Pour les charges lourdes (ancrage de gonds de volet, par
être inférieurs à 1,5 cm sur une hauteur d’étage H.
exemple), on peut utiliser des chevilles à scellement par
injection pour corps creux (injection du produit de scellement
dans un tube cylindrique du diamètre du trou et muni de
perforations comme un tamis : en débordant par les mailles
du tamis, le produit d’injection réalise l’ancrage derrière une
ou plusieurs cloisons internes).

ATTENTION
Sur des éléments creux en béton ou en terre cuite, ne
pas utiliser de foreuse à percussion qui risquerait de
briser les cloisons intérieures de l’élément.
CHAPITRE 3 : MURS EXTÉRIEURS ET INTÉRIEURS 71

d + 2 cm
e - 1 cm
d
e

20 cm
2m
d - 2 cm
e +1 cm

Coupe horizontale

Réglet de 20 cm
H
Régle de 2 m

s < 1,5 cm Figure 57 : Règle de 2 m (planéité d’ensemble),


réglet de 20 cm (planéité locale)

Les critères et les seuils d’acceptation sont définis dans les


Coupe verticale tableaux ci-après.

Figure 56 : Écarts admissibles Tableau 11 : Tolérances d’exécution des maçonneries de briques


en terre cuite ou de blocs en béton à enduire

OBSERVATION Désaffleu-
Planéité rement
Ces écarts ne sont pas mesurés par rapport à un d’ensemble et planéité
repère général de l’ensemble de la construction. Type rapportée locale
Aspect
d’exécution à la règle rapportée
de 2,00 m au réglet
(en cm) de 0,20 m
■■ Planéité et état de surface (en cm)
La planéité d’ensemble est mesurée à l’aide d’une règle Joints arasés
de 2 m. Épaufrures ou manque
Les désaffleurements et la planéité locale sont mesurés à de matières accidentels
l’aide d’un réglet de 0,20 m. L’aspect de surface est apprécié ne pouvant être repris
à l’œil et par dénombrement des éléments affectés de par les travaux normaux
défauts. d’enduits traditionnels :
réparés
On distingue deux types d’exécution : l’exécution courante et
Courante 1,5 1 Après réparation,
l’exécution soignée, qui tolère des défauts moindres :
les défauts localisés
■■ l’exécution courante est réservée aux parois de locaux
résiduels pouvant
utilitaires pour lesquels une finition soignée n’est pas
être repris par les
nécessaire, ou aux parois destinées à recevoir soit une
travaux normaux
finition non directement appliquée sur le support, soit des
enduits de parement traditionnels épais ; d’enduits traditionnels
n’intéressent pas plus
■■ l’exécution soignée permet de limiter les travaux ultérieurs
de 10 % des éléments
de revêtements éventuels, en particulier du type enduit
monocouche. Mêmes règles, mais
le % de blocs affectés
Soignée 1 0,7 de défauts localisés
résiduels est ramené
à5
72 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

Tableau 12 : Tolérances d’exécution des maçonneries en blocs


de béton cellulaire OBSERVATION
Désaffleu-
La qualité d’exécution « soignée » est généralement
Planéité rement obtenue sur la face de réglage (face sur laquelle le
d’ensemble et planéité maçon règle la planéité du mur), la qualité résultante
Type d’exé- rapportée locale
Aspect sur l’autre face étant inévitablement moindre. La face
cution à la règle rapportée de réglage des murs de façade sera donc la face
de 2,00 m au réglet
(en cm) de 0,20 m extérieure dans les murs (en briques de terre cuite ou
(en cm) en blocs de béton à enduire) associés à un doublage
isolant intérieur collé par plots (murs de type II) et
Pose à Joints arasés
la face intérieure dans les murs de blocs en béton
joints épais Épaufrures ou cellulaire recevant un enduit intérieur mince (murs de
manque de matières type I).
accidentels ne En revanche, dans le cas du monomur en briques
pouvant être repris de terre cuite, dont les deux faces sont destinées à
par les travaux recevoir un enduit monocouche, il n’y a pas avantage
normaux d’enduits à assurer le réglage sur une face plutôt que sur l’autre.
traditionnels : réparés
Après réparation,
1 0,7 ■■ Cas particulier des murs en briques de terre
les défauts
localisés résiduels
cuite ou en blocs de béton destinés à rester
pouvant être repris apparents
par les travaux ■■ Écart maximal de planéité d’ensemble rapporté au
normaux d’enduits cordeau de 10 m : 2 cm.
traditionnels ■■ Écart maximal d’alignement des lignes de joints
n’intéressent pas horizontaux sur 10 m : 1 cm.
plus de 10 % des
éléments
Pose à
joints épais,
exécution Mêmes règles
soignée, mais le % de blocs
et pose 0,7 0,5 affectés de défauts
à joints localisés résiduels
minces, est ramené à 5
exécution
courante
Pose à Face de Même règle que
joints réglage : ci-dessus, mais tous
minces, 0,5 0,21 les défauts localisés
exécution Autre résiduels sont
soignée face : 0,3 réparés
1. Ce doit être la face intérieure lorsqu’il est prévu l’exécution d’un
enduit intérieur mince.
73

Chapitre 4 : Cloisons de distribution


et de doublage

Rappelons qu’une cloison est une paroi verticale ne principes de montage sont appliqués aux carreaux en terre
participant pas à la structure résistante de la construction et cuite de grande dimension (3 au m2) ; des briques en terre
dont la fonction principale est de délimiter des volumes à cuite de moindre format dont les tranches présentent un
l’intérieur de cette construction (la distribution des pièces de emboîtement de type rainure et languette sont également
la maison). posées à joints minces.
On appelle « cloison de doublage » ou « contre-cloison »
une cloison montée contre un mur de façade dont elle OBSERVATION
est séparée par une lame d’air, une couche d’isolant ou la Les conditions d’emploi des carreaux en terre cuite
combinaison des deux. de grande dimension (3 au m2) sont actuellement
définies dans des Avis Techniques ou des Documents
Techniques d’Application (DTA).

1. Choix des produits


NF DTU 20.13 (NF P 10-204), partie 1-2 CGM
1.3. C
 hoix des raidisseurs,
des bandes de désolidarisation
1.1. Choix de l’élément principal
et des couvre-joints
de maçonnerie
Les cloisons sont exposées à des efforts essentiellement
L’élément principal de maçonnerie est choisi parmi ceux
horizontaux : chocs de personnes ou d’équipements légers,
définis chapitre 3 paragraphe « Éléments principaux de
vent pénétrant par des ouvertures en façade.
maçonnerie ».
Sous ces efforts, elles ne doivent présenter ni rupture ni
OBSERVATION déformation excessive. Compte tenu de la valeur élevée
S’agissant d’un élément pour un ouvrage non porteur, du rapport entre la hauteur et l’épaisseur de ces ouvrages
son épaisseur est moindre et sa surface généralement (élancement), il faut limiter leur flexibilité par l’incorporation
plus importante que celles des éléments pour murs. d’éléments rigides, les raidisseurs. Ce sont des poteaux
en bois, en béton ou en acier destinés à être fixés à la
Pour l’emploi en cloison, il est prescrit une classe minimale structure en tête et en pied. Ils comportent généralement
de résistance B40 pour les blocs en béton de granulats des engravures ou des feuillures pour faciliter leur ancrage
courants et une masse volumique minimale de 500 kg/m3 sur la cloison.
(classe de résistance 4,0 MPa) pour les blocs en béton
cellulaire autoclavé. OBSERVATION
Les raidisseurs verticaux sont rapportés entre les
éléments verticaux de raidissement procurés par
1.2. Choix du matériau de montage la structure dans laquelle s’insère la cloison (murs
Aux mortiers de joints définis chapitre 3 paragraphe ou poteaux) ou par les angles de cloison ou par les
« Mortiers de joints » s’ajoutent ici les plâtres conformes à piédroits des huisseries à imposte qui sont fixées au
la norme NF EN 13279.1 et, notamment, le plâtre à briqueter plancher et au plafond.
(référence C2) réservé au montage de briques comportant Les raidisseurs horizontaux sont constitués par les
une seule rangée verticale d’alvéoles ou d’épaisseur planchers et par les plafonds suspendus venant en
inférieure ou égale à 6 cm. butée sur chaque face de la cloison. Un chaînage
horizontal tenu à chaque extrémité dans la structure ou
Le montage de cloisons avec des éléments en béton fermé sur lui-même constitue également un raidisseur
cellulaire autoclavé (souvent dénommés « carreaux ») horizontal.
est généralement effectué à joints minces au moyen du
même mortier colle (base ciment) que celui utilisé pour le
Les bandes de désolidarisation sont définies dans la
montage des murs, mais aussi au moyen de liants colles
norme NF DTU 20.13 comme des bandes qui, lorsqu’elles
à base de plâtre auxquels sont associées des colles dites
sont placées entre la cloison et un autre élément de la
« de blocage ».
construction, permettent de les dissocier et d’assurer une
Ces dernières sont destinées au remplissage de joints épais liaison élastique entre eux, lorsqu’elles sont constituées d’un
aux raccordements avec les ouvrages adjacents. Les mêmes matériau à bas module élastique (bandes résilientes).
74 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

Elles servent à éviter que la cloison soit mise en charge et horizontale entre raidisseurs à une valeur telle que la surface
détériorée par des déformations prévisibles de la structure du panneau de cloison ne dépasse pas les valeurs du
et à constituer une barrière contre la transmission des bruits. tableau ci-après.
Divers matériaux peuvent constituer cette bande : laine
minérale précomprimée, aggloméré de fibres de bois OBSERVATION
imprégnées de bitume, liège aggloméré et, pour la fonction Les huisseries courantes sont tenues uniquement
de barrière acoustique, bande en matériau élastomère de en pied : elles ne constituent pas des raidisseurs. Le
raideur dynamique n’excédant pas 600 MN/m3. dimensionnement est effectué comme si l’ouverture
était remplacée par un remplissage de même nature
En tête, on peut aussi obtenir la désolidarisation de la cloison
que la cloison.
vis-à‑vis de la sous-face de plancher en injectant, dans le
vide du joint correspondant, une mousse de polyuréthanne
expansive dont le DTU précise les caractéristiques minimales Tableau 2 : Surface maximale des panneaux permettant un
dépassement des distances verticales entre raidisseurs figurant
et les méthodes pour les mesurer. Sont précisées également au tableau précédent
les caractéristiques minimales de l’enduit couvre-joint souple
dont elle doit être revêtue. Épaisseur brute de la cloison Surface maximale du panneau
(en mm) de cloison (en m2)
Dans tous les autres cas, la bande de désolidarisation est
recouverte en parement par un couvre-joint constitué par un Briques en terre cuite et blocs en béton
calicot, une baguette en métal protégé contre la corrosion
ou un profilé en matière plastique ou en bois. 351 10
40 à 55 14
60 à 75 20

2. Détermination 80 à 110 25

des dimensions Éléments en béton cellulaire autoclavé (BCA)

NF DTU 20.13 (NF P10-204), partie 1-1 CCT 502 8

Sur la base d’expérimentations réalisées pour les différentes 70 et 75 10


familles d’éléments de maçonnerie pour cloisons, confirmée 100 15
par une expérience de longue date, la norme NF DTU 20.1, 125 20
CCT partie 1, détermine, en fonction de l’épaisseur de la paroi,
1. Épaisseur ne concernant que les briques en terre cuite.
les distances maximales entre éléments raidisseurs pour 2. Épaisseur admise en cloison de doublage seulement.
lesquelles la cloison présente un comportement satisfaisant.
Les panneaux de cloison, constitués par la surface
OBSERVATION
de maçonnerie délimitée sur les quatre côtés par des
raidisseurs, doivent respecter, en fonction de l’épaisseur La présence éventuelle de bandes de désolidarisation
ne modifie pas le dimensionnement des cloisons.
brute de la cloison (épaisseur des éléments principaux de la
maçonnerie), les dimensions du tableau ci-après.
Tableau 1 : Dimensions maximales des panneaux de cloison

Épaisseur brute de
Distance verticale
maximale entre
Distance horizontale
maximale entre
3. Mise en œuvre
la cloison (en mm)
raidisseurs1 (en m) raidisseurs (en m) En général, les cloisons ne sont montées qu’après
Briques en terre cuite et blocs en béton achèvement de la structure de l’étage.
35 2
2,60 5,00 Avant le montage, on procède au traçage au sol de la
40 à 55 3,00 6,00 cloison et à la préparation des jonctions avec la structure
60 à 75 3,50 7,00 (voir chapitre 3 § « Exécution des points singuliers »). Les
huisseries sont ensuite mises en place, étayées et rigidifiées
80 à 110 4,00 8,00
par des entretoises provisoires empêchant leur déformation
Éléments en béton cellulaire autoclavé (BCA)
sous les poussées engendrées par le montage de la cloison.
503 2,50 4,00
70 et 75 2,60 5,00
100 3,00 6,00 3.1. Raccordement avec le sol
125 3,80 7,00 La première rangée d’éléments est maçonnée directement
1. Pour les cloisons sous rampant, ces valeurs s’appliquent à la hauteur sur le sol lorsqu’il n’existe pas de bande de désolidarisation.
moyenne.
2. Épaisseur ne concernant que les briques en terre cuite. Lorsqu’il est prévu une bande de désolidarisation, elle
3. Épaisseur admise en cloison de doublage seulement. est préalablement collée sur le sol au moyen d’une colle
à base de néoprène ou de polyuréthanne ; les raccords
La distance verticale maximale indiquée dans le tableau éventuels sont réalisés par la pose jointive des extrémités
ci-devant peut être dépassée en limitant la distance
­ des bandes.
CHAPITRE 4 : CLOISONS DE DISTRIBUTION ET DE DOUBLAGE 75

La largeur de la bande doit être au moins égale à l’épaisseur 3.4. Liaison avec les raidisseurs
de la cloison finie et son épaisseur minimale est de :
Les raidisseurs sont choisis d’une épaisseur coordonnée
■■ 10 mm si elle n’est disposée qu’en pied de cloison ; avec celle de la cloison en tenant compte du mode de
■■ 5 mm si elle est disposée à la fois en pied et en tête de traitement prévu pour le raccordement. Le joint entre
cloison. maçonnerie et flanc de raidisseur est rempli par le matériau
de hourdage.
3.2. Montage en partie courante 4 3
Le montage des rangées successives est réalisé à joints
décalés comme pour les murs. Dans le cas de briques à 1
2
enduire montées au plâtre (briques d’épaisseur au plus
égale à 11 cm), l’élément est garni de plâtre sur deux tranches
perpendiculaires, puis appliqué sur les briques déjà posées
en réglant une épaisseur de joint de 5 à 8 mm (les joints
verticaux sont systématiquement remplis). 3
1- Raidisseur
2 2- Matériau de hourdage
Même avec les autres éléments minces de maçonnerie, 3- Enduit
1
les joints verticaux sont généralement remplis pour ne pas 4- Bande de renfort
5- Chant plat
affaiblir la cohésion entre les éléments de ces parois minces.
5
OBSERVATION
Le montage des briques réalisé au plâtre (C2) n’est
3
compatible qu’avec l’exécution d’enduits au plâtre.

1
2
3.3. Raccordement avec le plafond
L’espace restant entre l’élément de maçonnerie de la dernière Figure 3 : Exemples de raidisseurs en bois
rangée montée et le plafond (ou, le cas échéant, la bande de
désolidarisation) doit être de 2 à 3 cm. Le bourrage de ce joint
3
est généralement réalisé à l’aide du matériau de hourdage 1- Raidisseur
des éléments. Le joint est masqué par un couvre-joint. 2- Matériau de hourdage
1 3- Enduit
La bande de désolidarisation éventuelle est collée de la 2 4- Bande de renfort
même manière qu’en pied de cloison. 4
La désolidarisation peut également être réalisée par injection Figure 4 : Exemple de raidisseur en béton
d’une mousse de polyuréthanne expansive.
1 3
2
1- Raidisseur
1 2- Matériau de hourdage
3- Enduit
2
3 3
2 Figure 5 : Exemple de raidisseur mécanique

1- Bande de désolidarisation
2- Enduit mince
3- Bande « calicot »
Figure 1 : Enduit mince au plafond
1

1- Bande de désolidarisation
2- Bande « calicot »
3- Enduit épais
Figure 2 : Enduit épais au plafond
76 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

4. Exécution Il est rappelé que les surfaces maçonnées exposées aux


ruissellements d’eau (paroi de douche, par exemple) sont
des points singuliers généralement habillées par un revêtement d’imperméabili-
sation dont le parement est un carrelage.
OBSERVATION
Le document de référence définissant le degré OBSERVATION
d’exposition à l’eau des locaux est le « Classement Le document de référence traitant de l’adéquation
des locaux en fonction de l’exposition à l’humidité entre les différents types de supports de colles et
des parois et nomenclature des supports pour de revêtements par carrelage est le Cahier des
revêtements muraux intérieurs » (e‑Cahier du CSTB prescriptions techniques d’exécution concernant
n° 3567, mai 2006). les « Revêtements muraux intérieurs en carreaux
céramiques ou analogues collés au moyen de
mortiers-colles ou d’adhésifs en travaux neufs ».

4.1.  ieds de cloison de locaux


P
humides (salles d’eau)
Pour empêcher l’humidification du pied de la cloison (risquant
4.2. Cloisons en surplomb
d’entraîner l’apparition de champignons et l’altération du Les cloisons en surplomb (en mezzanine, par exemple)
parement opposé), on met en œuvre l’une des deux solutions doivent présenter une sécurité vis-à‑vis des chocs meilleure
suivantes : que les autres cloisons en raison de la plus grande gravité
des chutes qu’entraînerait leur rupture. C’est pourquoi elles
■■ réalisation d’un socle en béton dépassant d’au moins ne doivent pas avoir une épaisseur inférieure à 7 cm et elles
20 mm le niveau du sol fini sur lequel reposera la cloison ; doivent comporter en pied un renfort constitué :
■■ mise en place ultérieure d’une imperméabilisation formée
en équerre entre sol et cloison du côté humide (bande de ■■ soit par un habillage de nez de dalle formant butée
renfort noyée dans un système de protection à l’eau sous (bandeau en bois, par exemple) ;
carrelage, le SPEC). ■■ soit par des renforts ponctuels par équerres métalliques
protégées contre la corrosion, fixées tous les 1,20 m dans
Dans le cas de cloison en éléments de béton cellulaire de le plancher par chevillage et vissage.
longueur au plus égale à 3,50 m, une solution consiste à
insérer le premier rang d’éléments dans un profilé plastique ATTENTION
en forme de U, de largeur d’aile égale à celle de l’élément
La fixation par pistoscellement n’est pas admise en
de maçonnerie et de hauteur d’aile telle que ces dernières
rive de plancher de mezzanine.
dépassent d’au moins 20 mm le niveau du sol fini et dont le
fond présente une structure grenue ou striée afin d’assurer
une adhérence du mortier colle de montage des éléments.
Cet U plastique est fixé par collage continu au mastic 1 1
colle polyuréthanne, ou par clouage à travers un cordon
d’étanchéité interposé entre la sous-face du U et le sol brut.

5
2 2
2
1 - Carreaux
2 - Enduit 4 3 3
3 - Plinthe
1 4 - Sol fini
5 - Socle
6 - Plancher bas
1- Enduit
2- Matériaux de hourdage
3- Stucture de porteuse
3
4- Bandeau filant en bois (fixation par chevillage et vissage)
5- Équerre tous les 1,20 m (fixation par chevillage et vissage)
5 ≥ 2 cm
4
Figure 7 : Cloison en surplomb.
6 Exemples de fixations avec le gros œuvre

Figure 6 : Liaison avec le sol, cas particulier des sols humides


CHAPITRE 4 : CLOISONS DE DISTRIBUTION ET DE DOUBLAGE 77

4.3. Raccordement avec les huisseries 4.5. Liaisons entre cloison


Le profil des huisseries doit permettre l’encastrement et mur ou poteau
de la cloison. La liaison de la cloison s’effectue soit par Au raccordement de la cloison avec un élément de structure
encastrement et scellement dans la feuillure de l’huisserie, (mur en maçonnerie, poteau ou mur en béton) pris en compte
soit par collage avec le matériau de montage (plâtre ou comme raidisseur vertical, on doit assurer l’ancrage de la
mortier). Dans les deux cas, on dispose sur la hauteur cloison :
au moins trois renforts constitués de pattes métalliques
protégées contre la corrosion, ancrées dans l’huisserie ■■ soit par l’exécution d’un piquage profond de l’ouvrage
par vissage ou scellement. Ces renforts sont disposés de de structure pour créer un relief d’ancrage (sur béton ou
enduit, par exemple) ;
préférence au droit des paumelles de porte.
■■ soit par le scellement, ou la fixation par vis et chevilles, de
pattes à scellement protégées contre la corrosion, noyées
OBSERVATION dans les joints horizontaux de montage.
Dans le cas d’huisseries métalliques, l’emploi de
pattes à scellement coulissantes facilite le montage.
4.6. Protection contre
les déformations de la structure
Pour les bâtiments visés dans ce guide, il s’agit
Patte vissée essentiellement d’empêcher que la flexion des planchers du
au droit d’un joint
et d’une paumelle rez-de‑chaussée ou de l’étage entraîne la fissuration ou la
déformation des cloisons. En effet, dans ce type de bâtiments,
on a peu à craindre une mise en charge des cloisons par
raccourcissement des murs porteurs en maçonnerie sous les
charges permanentes qu’ils ont à porter (fluage).

OBSERVATION
Le risque de déformation par mise en charge d’une
cloison augmente avec la minceur et la rigidité du
Patte coulissante
matériau constitutif. Ainsi, une cloison mince en
briques de terre cuite serait particulièrement exposée
aux déformations en l’absence de protection.
Figure 8 : Patte vissée au droit d’un joint
et d’une paumelle (à gauche), patte coulissante (à droite) La protection consiste à interposer une bande souple de
désolidarisation (bande résiliente) entre cloison et plancher,
4.4. Liaison entre cloisons en pied et/ou en tête (voir chapitre 3 § « Raccordement avec
le sol » et « Raccordement avec le plafond »).
Il est rappelé que les croisements entre cloisons (en angle,
en T ou en croix) sont pris en compte comme des raidisseurs
pour leur dimensionnement. La liaison est réalisée : OBSERVATION
■■ soit par harpage d’un rang sur deux lors du montage : Les risques de fissuration d’une cloison sous l’effet
chaque élément pénètre sur toute l’épaisseur de la cloison
de la flexion des planchers entre lesquels elle est
insérée sont les plus importants lorsque la cloison se
perpendiculaire ; ce mode de liaison est obligatoire pour
développe d’un mur porteur à l’autre.
les jonctions d’angle ;
La solution consistant à interposer une bande souple
■■ soit par pénétration partielle d’au moins un rang sur trois de désolidarisation à la fois en pied et en tête de
régulièrement répartis, pour une hauteur d’étage courant ; cloison est recommandée.
cette disposition permet un montage séparé des cloisons Dans le cas d’un plafond suspendu de poids
et nécessite la réalisation de découpes dans la première surfacique inférieur à 15 daN/m2, il n’est pas nécessaire
cloison montée. d’interposer une bande souple de désolidarisation.

OBSERVATION La présence d’une bande souple de désolidarisation entre une


Cette liaison s’applique notamment à la jonction entre rive de cloison et l’ouvrage adjacent constitue un amortisseur
cloison séparative et cloison de doublage. vis-à‑vis des bruits transmis par les rives (transmission
latérale). L’effet d’amortissement des transmissions latérales
est maximal lorsque la désolidarisation est réalisée sur tout
le pourtour de la cloison.
78 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

4.7. D
 ispositions particulières relier. L’ancrage dans le mur par fixation mécanique (vis et
cheville, par exemple, voir ci-dessous § « Fixations, saignées
aux cloisons de doublage et encastrements ») est également possible. L’attache est
inclinée vers l’extérieur ou munie d’un dispositif formant
■■ Interposition de l’isolant goutte d’eau.
et/ou de la lame d’air
Dans le cas des murs de types II et III (voir chapitre 3 § ■■ Dispositions en pied de murs de type III
« Étanchéité aux intempéries – Choix du type de mur Rappel : les murs de type III sont caractérisés par la
en fonction de l’exposition de la façade »), un isolant est présence, en pied de la lame d’air, d’un dispositif de recueil
généralement disposé entre mur et cloison. Cet isolant et d’évacuation vers l’extérieur des pénétrations d’eau
doit être choisi non hydrophile et en panneaux ou plaques de pluie ayant pu traverser l’épaisseur du mur extérieur
rigides ou semi-rigides (les isolants en rouleau sont exclus). en situation non abritée (voir chapitre 3 § « Étanchéité aux
La cloison doit être montée au contact direct de l’isolant. intempéries (choix du type de mur en fonction de l’exposition
de la façade) »).
OBSERVATION
Un relevé en matériau formé en cornière (par moulage ou
Un isolant est dit « non hydrophile » si, placé au
par façonnage de bandes à former en matériau plastique
contact de l’eau, il n’absorbe celle-ci qu’en quantité
ou élastomère) est inséré sous le mortier de réglage du
négligeable ; les panneaux ou plaques d’isolant
couramment utilisés le sont généralement (à vérifier premier rang de la maçonnerie. Il constitue ainsi une rigole
sur l’étiquetage des produits). sur l’épaisseur de la lame d’air. Le relevé contre la cloison de
doublage doit avoir une hauteur d’au moins 10 cm, en tout cas
supérieure de 3 cm à la hauteur de l’exutoire d’évacuation
Dans le cas où il est prévu une lame d’air dans l’intervalle
constitué :
entre mur et cloison (murs de types IIb et III), cette lame d’air
doit être continue pour constituer une coupure de capillarité. ■■ dans le cas de maçonnerie apparente, par un joint vertical
Il faut donc éviter lors du montage qu’un contact ne se trouve laissé non garni sur une hauteur de 5 cm au moins, tous
réalisé par erreur : l’épaisseur minimale de la lame d’air à les mètres environ ;
prévoir sur les plans doit par suite être de 3 cm lorsqu’il n’y a ■■ dans le cas de maçonnerie enduite, par un tuyau en
pas d’isolant et de 2 cm lorsqu’il y a un isolant. plastique rigide ou en métal non corrodable de 20 mm
de diamètre, disposé tous les mètres environ, avec son
La traversée de la lame d’air par des attaches métalliques extrémité émergente coudée vers le bas.
non corrodables disposées de façon telle qu’elles ne
conduisent pas l’eau vers la cloison de doublage n’annule
pas le caractère continu de la lame d’air. OBSERVATION
Les exutoires décrits ci-devant ayant pour fonctions
■■ Attaches entre parois d’évacuer d’éventuelles infiltrations d’eau de débit
non significatif et d’aérer la lame d’air, leur section
La mise en place d’attaches entre cloison et mur doublé est n’est pas un critère décisif ; il faut surtout veiller à ce
nécessaire pour empêcher les déformations des cloisons qu’ils ne soient pas bouchés par des chutes de mortier
les plus minces lorsqu’elles sont associées à des enduits au montage.
dont les caractéristiques risquent d’aggraver la dissymétrie Sauf lorsqu’elle émerge en façade par rabat constituant
de constitution de ces cloisons (enduit d’un seul côté). Les un larmier, la cornière est disposée au fond d’un
cloisons nécessitant la mise en place d’attaches sont les défoncé d’au moins 3 cm d’épaisseur réservé en rive
suivantes : de plancher (ce défoncé est recommandable dans le
cas de construction sur terre-plein, même lorsque le
■■ cloison en briques de terre cuite à une seule rangée mur n’est pas de type III).
verticale d’alvéoles et de 60 mm d’épaisseur au maximum
ou cloison en éléments de béton cellulaire de 70 ou
Au raccordement entre deux segments de cornières, on doit
75 mm d’épaisseur destinées à être revêtues d’un enduit
réaliser un recouvrement de 20 cm au moins.
à base de liants hydrauliques ou de plâtre de haute dureté
(plâtre référencé B7 dans la norme) : elles doivent être
ATTENTION
reliées au mur par des attaches disposées environ tous
les mètres dans chaque sens ; si la hauteur ne dépasse La réalisation de la continuité de l’étanchéité de la
pas 2,50 m, une rangée à mi-hauteur avec un espacement rigole en cornière dans les angles saillants et rentrants
d’un mètre environ entre attaches est suffisante ; est délicate et nécessite une attention particulière.
■■ cloison en éléments de béton cellulaire de 5 cm
d’épaisseur (à n’associer qu’à des enduits traditionnels
au plâtre ou à des enduits minces à base de plâtre) : elle
doit être reliée au mur par des attaches disposées environ
tous les mètres dans chaque sens.
La fixation des attaches dans le mur et dans la cloison peut
s’effectuer dans le mortier des joints : ancrage rectiligne
de 120 mm au moins (dans le mur) ou par retour d’équerre
de 50 mm pénétrant au moins jusqu’au milieu des parois à
CHAPITRE 4 : CLOISONS DE DISTRIBUTION ET DE DOUBLAGE 79

Lame d’air

4 6
Relevé en chape
de bitume armé 2
Type 40

≥ 3 Défoncé 3

Plancher
1

Lame d’air
1 - Enduit
2 - Matériau de hourdage
Relevé en feuille 3 - Structure porteuse
de polyéthylène 4 - Plénum
e ≥ 200 µm 5 - Plafond suspendu
6 - Obturation avec matériau de construction de la cloison
Figure 10 : Obturation en tête de la cloison
Exutoire ≥ 3 Défoncé
Lorsque l’extrémité haute d’une cloison de doublage en
Plancher briques de terre cuite d’épaisseur inférieure ou égale à 6 cm
vient en butée contre la sous-face d’un plancher, on doit
interposer une bande de désolidarisation (bande résiliente).
Lame d’air

Brique
■■ Raccordement avec les dormants
apparente ≥ 3 cm de menuiserie
Profilé Les dormants de menuiserie sont fixés sur le mur. On doit
en PVC interposer une bande de désolidarisation (bande résiliente)
≥ 10 cm

entre la rive haute de la cloison et la traverse basse de la


menuiserie (ou la pièce qui la prolonge, dénommée « fourrure »).
Joint vertical
non garni Sur tout le pourtour de l’ouverture, un calfeutrement d’étan-
(tous les Plancher ≥ 3 cm chéité à l’air est réalisé avec le mortier de montage de la
mètres)
cloison.

Lame d’air
Jointement
après coup Cloison de
doublage
5.  ixations, saignées
F
Profilé
spécial
et encastrements
≥ 3 cm
≥ 10 cm

5.1. Fixations
Joint vertical
non garni ■■ Fixations ponctuelles directes
(tous les Plancher
mètres) On doit utiliser des chevilles adaptées à la nature de
l’élément de maçonnerie et à l’épaisseur de la cloison (voir
Figure 9 : Exutoires des murs de type III
chapitre 3 § « Fixations des équipements ») en respectant les
■■ Obturation en tête de la cloison limites de charge indiquées par le fabricant des chevilles si
ces charges sont inférieures aux limites ci-après.
Lorsque l’extrémité haute d’une cloison de doublage n’est
pas en butée directe contre la sous-face d’un plancher, le
OBSERVATION
vide qui la sépare du mur doit être obturé avec le matériau
de construction de la cloison.
Pour la fixation d’objets ou d’équipements lourds
tels que des lavabos, on peut utiliser une fixation au
Cette prescription s’applique au doublage sans lame d’air travers de la cloison de type vis et écrou avec rondelle
comme au doublage avec lame d’air. de répartition, éventuellement incorporée dans
l’épaisseur de la cloison (cas d’une cloison en béton
OBSERVATION cellulaire autoclavé, notamment).
La mise en œuvre de cette disposition est
particulièrement importante dans le cas d’un vide
débouchant en comble. Elle s’oppose : ■■ Limites pour la fixation d’objets lourds
aux circulations d’air imprévues entraînant des déper- Il est possible d’accrocher des objets lourds sur la cloison
ditions thermiques ; à condition qu’ils n’introduisent pas un moment de
aux pénétrations de rongeurs pouvant détériorer l’isolant. renversement supérieur à 30 daN.m/m.
80 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

Par point de fixation, les efforts à transmettre doivent Dans le cas contraire, l’encastrement des canalisations
respecter les limites suivantes : électriques doit être effectué en respectant les prescriptions
■■25 daN dans la direction perpendiculaire à la cloison ; ci-après imposant une limitation du tracé et de son développé :
■■50 daN dans une direction parallèle au plan de la cloison. ■■ les saignées d’encastrement sont pratiquées en suivant
La distance minimale entre deux points ainsi chargés est l’alignement des alvéoles des éléments constitutifs de la
de 0,30 m. cloison, s’ils en comportent ; leur tracé doit être distant
d’au moins 5 cm des joints entre éléments ;
OBSERVATION ■■ l’encastrement par saignée en parcours horizontal ne
On trouvera dans la norme NF P40-201 (DTU 60.1) de peut intéresser qu’une seule face de la cloison ;
décembre 2012 les dispositions à respecter pour la ■■ en tracé horizontal, l’encastrement ne peut être exécuté
fixation des chauffe-eau. que sur une longueur de 0,50 m de part et d’autre de
l’intersection de deux cloisons ou d’une cloison et d’un
mur, et sur une longueur de 1 m de part et d’autre d’une
saignée verticale ;
5.2. Saignées et encastrements ■■ en tracé vertical, l’encastrement ne peut descendre à plus
de 0,80 m sous le plafond ou monter à plus de 1,20 m au-
■■ Généralités dessus du sol fini (la hauteur d’encastrement de 0,80 m
Les saignées, encastrements, percements et découpes peut être portée au tiers de la hauteur de la cloison s’il
exécutés après coup dans les cloisons doivent l’être à n’est réalisé dans celle-ci qu’un seul encastrement) ;
l’aide de machines à rainurer, percer ou découper, après ■■ dans une même cloison, la distance horizontale entre les
durcissement des joints et raccords et avant exécution des axes de deux saignées verticales est d’au moins 1,50 m,
enduits et revêtements prévus le cas échéant. que ces saignées soient pratiquées sur l’une ou sur l’autre
face de la cloison. Il est interdit d’exécuter, sur un même
ATTENTION axe, un encastrement sous plafond et un autre au-dessus
du sol ;
L’exécution de saignées d’encastrement en parcours
horizontal est interdite dans les cloisons d’épaisseur de : ■■ les saignées verticales ne peuvent être exécutées qu’à
35 et 40 mm pour les éléments en terre cuite ; une distance minimale de 0,20 m de l’intersection de
50 mm pour les éléments en béton cellulaire autoclavé. deux parois (murs, poteaux, cloisons).
Il est par ailleurs interdit d’exécuter des montages La fixation des canalisations dans les saignées doit être
encastrés dans les parois des conduits de fumée, mais réalisée par des polochons en matériau utilisé pour le
aussi dans les cloisons de doublage de ces parois.
montage des cloisons.

≤ 0,80 m
■■ Limites de dimensions des saignées ≤2m
et canalisations
Les dimensions de la saignée doivent être limitées à celles
du conduit à encastrer compte tenu du jeu nécessaire pour
assurer un rebouchage aisé.
Pour les briques à enduire à alvéoles verticales ou
horizontales d’épaisseur inférieure à 80 mm, la profondeur
de la saignée est limitée à une alvéole, et la dimension de
la canalisation est limitée à 20 mm, sauf pour les briques
d’épaisseur inférieure à 50 mm pour lesquelles elle est ≥ 0,20 m ≥ 1,50 m
limitée à 16 mm.

■■ Limitations du tracé des saignées ≤ 1,20 m


≤ 0,50 m
pour canalisations électriques ≥5m
(norme NF C 15-100) ≥5m
Les canalisations électriques doivent être, dans toute la
mesure du possible, incorporées dans les plinthes et les
huisseries.

OBSERVATION
Il est souhaitable, de ce point de vue, que l’implantation
des canalisations électriques intervienne avant la pose
de la cloison. Figure 11 : Encastrement des canalisations électriques
(limitation du tracé des saignées)
CHAPITRE 4 : CLOISONS DE DISTRIBUTION ET DE DOUBLAGE 81

■■ Limitations du tracé des saignées Épaisseur Épaisseur


brute < 50 ≥ 15 brute ≥ 50
pour canalisations d’eau Saignées
DTU 60.1, NF P40-201 interdites

Les canalisations d’eau à encastrer doivent être entourées ≥ 15


d’un fourreau.
≥ 150 ≥ 700
Les limitations de tracé et d’implantation sont regroupées
dans le tableau et les figures ci-après. Elles s’énoncent ainsi :
Alimentation soit ≥ 700
■■ tracé oblique interdit ; d’un appareil soit ≤ 50
■■ tracé horizontal limité à 0,40 m ;

■■ hauteur du tracé vertical limitée à :

−− 1,20 m pour les cloisons d’épaisseur brute 50 mm au Figure 12 : Engravement. Coupes horizontales
moins,
−− 1,50 m pour les cloisons d’épaisseur brute 70 mm au
Raidisseur
moins ; Raidisseur
≥ 700
■■ espacement minimal entre canalisations (entraxe) :
700 mm.
Toutefois, deux canalisations alimentant un même appareil
(eau chaude et eau froide, par exemple) peuvent être :
■■ soit dans deux saignées distinctes séparées de 150 mm Panneau de cloison
au moins ; Figure 13 : Position des engravures par rapport
■■ soit placées dans une même saignée de largeur maximale aux parements d’une cloison. Coupe horizontale
50 mm.
Si plusieurs saignées sont nécessaires sur un même
panneau de cloison (voir ci‑dessus § « Détermination des Cloison d’épaisseur Cloison d’épaisseur
brute ≥ 50 mm brute ≥ 70 mm
dimensions »), elles doivent toutes être du même côté de la
≤ 40 m
cloison.
≤ 40 m
Tableau 3 : Limitations de tracé et d’implantation
des saignées pour canalisations d’eau

≤ 1,50 m
≤ 1,20 m

Cloisons
Épaisseur1 de la cloison
Prescriptions
(en mm)
≥ 50 ≥ 70
Diamètre extérieur maximal de
21 21 Figure 14 : Tracé des saignées. Élévation
fourreau (mm)
Épaisseur minimale d’enrobage (mm) 15
Tracé oblique interdit
Tracé horizontal maximal (m) 0,40
Tracé vertical maximal (m) 1,20 1,50
700 avec possibilité
Entraxe minimal de deux
de 150 en saignée
canalisations (mm)
double
1. L’épaisseur minimale résiduelle des éléments en fond de saignée
est de 15 mm pour les éléments pleins et d’au moins une paroi pour
les éléments alvéolés.
82 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

6.  rescriptions à satisfaire
P Planéité
Désaffleure-
ment et
par les parements bruts Type
d’exécution
d’ensemble
rapportée
planéité
locale Aspect de surface

des cloisons à la règle


de 2,00 m
rapportée
au réglet
de 0,20 m
Éléments en béton cellulaire autoclavé
6.1. Cas général Les joints sont arasés
Les épaufrures ou
Les écarts sur la verticalité, la planéité et l’état de surface des manques de matière
parements sont mesurés comme sur les murs. accidentels, ne pouvant
être repris par les
Pour les cloisons en éléments à enduire, les critères et les travaux normaux
seuils d’acceptation sont les suivants : d’enduits traditionnels
après montage, sont
■■ verticalité d’une face de la cloison sur la hauteur d’étage :
Courante 0,7 cm 0,5 cm réparés
−− 1,5 cm pour les cloisons en briques de terre cuite ou en Après réparation,
blocs de béton courant, les défauts localisés
résiduels pouvant
−− 1 cm pour les cloisons en éléments de béton cellulaire ; être repris par les
■■ planéité et état de surface : les critères sont définis dans travaux normaux
le tableau ci-après : d’enduits traditionnels
n’intéressent pas plus
de 5 % de la surface
Tableau 4 : Planéité et état de surface pour les parements bruts
des cloisons Façade de Mêmes règles mais
Soignée 0,5 cm réglage tous défauts localisés
Désaffleure- 0,2 cm résiduels sont séparés
Planéité ment et
d’ensemble planéité
Type
rapportée locale Aspect de surface
d’exécution
à la règle rapportée
OBSERVATION
de 2,00 m au réglet Les critères de choix entre l’exécution « courante »
de 0,20 m et l’exécution « soignée » ont été définis au
Briques en terre cuite ­chapitre 3 ­paragraphe « Planéité et état de surface ».
Courante 1,5 cm 0,7 cm Les joints sont arasés Pour les cloisons en éléments de béton cellulaire
Les épaufrures ou autoclavé, l’exécution soignée est nécessaire en cas
manques de matière
accidentels, ne pouvant
d’application d’un enduit mince.
être repris par les Les désaffleurements sur les faces brutes des cloisons
travaux normaux résultent du cumul d’écarts de fabrication sur les
d’enduits traditionnels épaisseurs et d’écarts de montage.
après montage,
sont réparés
Après réparation,
les défauts localisés
résiduels pouvant 6.2. C
 as particulier des éléments
être repris par les
travaux normaux destinés à rester apparents
d’enduits traditionnels
n’intéressent pas plus
L’écart maximal d’alignement des lignes de joints horizontaux
de 10 % des briques sur 10 m est de 1 cm. Les écarts sur la verticalité d’une face de
Blocs en béton la cloison doivent être inférieurs à 1 cm sur la hauteur d’étage.
Courante 1,5 cm 1 cm Les joints sont arasés L’écart maximal de planéité d’ensemble rapporté au cordeau
Les épaufrures ou
manques de matière de 10 m est de :
accidentels, ne pouvant ■■ 2 cm dans le cas des cloisons en briques de terre cuite ou
être repris par les
travaux normaux
en blocs de béton ;
d’enduits traditionnels ■■ 1,5 cm dans le cas des cloisons en éléments de béton
après montage, sont cellulaire autoclavé.
réparés
Après réparation,
les défauts localisés OBSERVATION
résiduels pouvant
être repris par les Les joints verticaux des cloisons en éléments destinés à
travaux normaux rester apparents doivent nécessairement être remplis.
d’enduits traditionnels
n’intéressent pas plus
de 10 % des blocs
Mêmes règles, mais le %
d’éléments affectés
Soignée 1 cm 0,7 cm de défauts localisés
résiduels est ramené à 5
CHAPITRE 4 : CLOISONS DE DISTRIBUTION ET DE DOUBLAGE 83

6.3. Exclusions d’emploi MAUVAIS BON MAUVAIS


concernant les enduits Enduit
Enduit Enduit mortier
■■ Compatibilité entre enduit plâtre plâtre de
ciment
et matériau de montage
ATTENTION
Lorsque le montage de la cloison a été réalisé au Enduit
plâtre, les enduits à base de liants hydrauliques sont à mortier
de
proscrire : les enduits doivent être au plâtre. Enduit
ciment
plâtre

Les enduits au plâtre à haute dureté (référencé B7) doivent


être réservés aux cloisons en briques comportant deux
rangées verticales d’alvéoles.
Les enduits au mortier de ciment pur sont à proscrire sur les
cloisons en briques d’épaisseur inférieure à 11 cm. MAUVAIS

OBSERVATION Enduit Mortier


plâtre de
Le plâtre à briqueter traditionnel (référencé C2) est ciment
particulièrement adapté au montage d’éléments
minces : sa rapidité de durcissement réduit les délais
de montage.

Plâtre ou
mortier
■■ Précautions particulières de chaux
pour cloisons minces ou bâtard

Sont concernées par ces précautions : BON BON MAUVAIS BON


Figure 15 : Exemples de bonne ou de mauvaise
■■ les cloisons en briques de terre cuite à une rangée
pose d’enduit sur cloisons minces
d’alvéoles et de 60 mm d’épaisseur au maximum ;
■■ les cloisons en éléments de béton cellulaire de 70 ou

75 mm d’épaisseur.
Précautions à prendre :
■■ si les cloisons sont enduites sur les deux faces, les enduits
doivent être de même composition sur chaque face ;
■■ si les cloisons sont enduites sur une seule face, l’enduit
doit être au plâtre.

OBSERVATION
Le non-respect de ces précautions amorce des
déformations et favorise le bombement (flambage)
des cloisons.
85

Chapitre 5 : Ouvrages associés

1. Fondations(1) ■■ Troisième catégorie : le mur n’a à assurer aucune autre


fonction que la résistance mécanique, c’est cette exigence
NF DTU 13.1 P1-1 (P11-201-1-1) qui conditionne l’épaisseur minimale de la paroi.
Les bâtiments visés ici étant de petits bâtiments, la réalisation ■■ C’est, en général, le cas des murs de vide sanitaire et des
de fondations de catégorie superficielles suffit généralement. murs périphériques de terre-plein.
En pratique, c’est l’exigence de mise hors gel (le gel peut
entraîner un gonflement du sol de fondation) qui détermine la
profondeur : 0,60 m, 0,80 m ou 1,00 m suivant les trois zones
2.2. Nature des éléments
de sévérité croissante du gel. de maçonnerie
Le plus souvent, on réalise sur un béton de propreté des Les faces des éléments suivants en contact avec le sol
semelles filantes surmontées d’un mur de soubassement doivent être revêtues d’un enduit :
en béton ou en maçonnerie. On ne traite ci-après que des ■■ blocs en béton cellulaire autoclavé ;
particularités des murs de soubassement en maçonnerie. ■■ briques en terre cuite de maçonneries enterrées
obligatoirement enduites.
Rappelons que lorsque la portance d’un sol homogène est
particulièrement faible (de l’ordre de 0,05 MPa, soit 0,5 daN/ Les faces des éléments suivants en contact avec le sol
cm2), la réalisation d’une dalle en béton armé (appelée peuvent être enduites ou non :
« radier ») sur laquelle s’appuieront les murs constitue une ■■ blocs en béton pleins ou creux ;
solution de fondation efficace.
■■ briques en terre cuite de maçonneries enterrées pouvant
être enduites ou non.

2.  rotection des soubasse-


P 2.3. Exigences d’utilisation
ments en maçonnerie Deux cas sont à distinguer selon qu’il y a ou non nécessité
NF DTU 20.1 (NF P10-202), partie 1-1 CCT art. 5.6 et partie 3 art. 5.2 d’organiser un drainage en pied de soubassement pour
empêcher toute accumulation prolongée de l’eau (voir dans
L’objet de la protection des soubassements est d’assurer ce chapitre ci-après § « Drainage »).
la compatibilité de la maçonnerie avec l’environnement
humide du sol extérieur : en quelque sorte, les « bottes de
protection » complètent l’équipement du mur, associées au
ATTENTION
« chapeau en débord » et à « l’imperméable » en surface. Lorsque le terrain est baigné par une nappe phréatique
dont le niveau peut dépasser le dallage de sous-sol,
Le traitement de la partie enterrée du mur est choisi en le drainage ne convient pas. Il faut alors réaliser un
fonction de la nature des éléments de maçonnerie et des cuvelage (voir DTU 14.1), sorte de piscine à l’envers en
exigences d’utilisation éventuelle des volumes qu’elle béton armé (l’eau est à l’extérieur) pour constituer le
délimite. Ces exigences sont classées en trois catégories : support des murs.

2.1. Catégories d’exigence ■■ Premier cas : l’étude conduit à l’inutilité d’un


■■ Première catégorie : le mur borde des locaux utilisés drainage (cas d’une construction fondée sur
où aucune trace d’humidité n’est acceptée sur sa face un terrain perméable)
intérieure.
Les murs de première catégorie doivent recevoir un
■■ C’est, en général, le cas des murs limitant des locaux revêtement extérieur.
habitables en sous-sol.
■■ Deuxième catégorie : le mur borde des locaux pour Les murs de deuxième catégorie peuvent ou non recevoir
lesquels l’étanchéité de la paroi n’est pas obligatoire et un revêtement selon l’utilisation du local et les prescriptions
où, notamment, des infiltrations limitées peuvent être du maître d’ouvrage, de préférence sur la face extérieure du
acceptées par le maître d’ouvrage. mur.
■■ C’est, en général, le cas de murs bordant des locaux Le revêtement peut être soit un enduit traditionnel à base de
non habitables, utilisés, par exemple, comme chaufferie, liants hydrauliques conforme aux spécifications de la norme
garage ou cave. NF DTU 26.1, soit un enduit d’imperméabilisation de façade à
base de liants hydrauliques bénéficiant d’un Avis Technique
ou d’un Document Technique d’Application concluant
1 Les fondations sont traitées dans le Guide pratique favorablement à son emploi sur des maçonneries enterrées,
CSTB Fondations : conception, dimensionnement et ré- éventuellement complétés par un produit noir (EIF) appliqué
alisation. Maisons individuelles et bâtiments assimilés. en une ou deux couches continues.
86 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

■■ mise en place de contreforts verticaux espacés de :


ATTENTION −− 6 m lorsque la hauteur H des terres est inférieure
Les produits noirs appliqués à froid (EIF) améliorent à 1,80 m,
l’efficacité de la fonction d’imperméabilisation de −− 2,50 m lorsque la hauteur H des terres est comprise
l’enduit mais ne le remplacent en aucun cas. entre 1,80 m et 2,40 m, cette hauteur étant mesurée à
partir du niveau bas du local ;
mise en place, dans les joints horizontaux de maçonnerie
■■ Deuxième cas : un drainage est prévu ■■

situés environ au tiers et aux deux tiers de la hauteur


(cas d’une construction sur un terrain peu des murs de chaînages intermédiaires en béton armé de
perméable, limoneux, etc.) section 5 x 5 cm environ, ayant pour armature minimale un
Les murs de première catégorie doivent recevoir un revêtement acier Ø 12 à haute adhérence.
extérieur constitué par : Plancher
■■ un enduit de dressement ;

■■ une protection par une feuille de produit noir hydrocarboné

appliquée à chaud selon une technique dérivée des Niveau


des
étanchéités de toiture-terrasse ou un système de feuilles terres
plastiques ou de drain vertical en liaison avec le drainage
horizontal, décrit dans un Avis Technique ou un Document
Technique d’Application ;
■■ une protection mécanique contre les chocs lors du Sous-sol
remblaiement des fouilles. H

Les murs de deuxième catégorie doivent recevoir :


■■ soit un enduit extérieur à base de liants hydrauliques
Mur en
blocs de
(voir NF DTU 26.1) complété par deux couches d’enduit béton
d’imprégnation à froid (produit noir EIF) ; cellulaire
autoclavé Dallage
■■ soit par un système de drain vertical en liaison avec le

drainage horizontal.

2.4. C
 as particulier des murs ≥ 0,15

de soubassement en béton
cellulaire autoclavé (BCA) Chaînage
horizontal
Contrefort
vertical
Pour les murs de première catégorie en béton cellulaire intermédiaire
en béton
autoclavé (BCA), le revêtement extérieur est constitué comme armé
indiqué ci-dessus pour les autres éléments de maçonnerie
lorsqu’un drainage est prévu, quels que soient le terrain et le
sol environnants.
Pour les murs de deuxième catégorie, le revêtement est
constitué par un mortier de liants hydrauliques conforme
aux spécifications de la norme NF DTU 26.1 relatives aux
maçonneries de béton cellulaire autoclavé en élévation, sur Blocs
lequel sont appliquées deux couches d’enduit d’imprégnation de béton
cellulaire
à froid ou une couche d’enduit d’imprégnation à froid et une Figure 1 : Coupe horizontale sur un contrefort
couche d’enduit d’application à chaud à base de bitume. au niveau d’un chaînage horizontal
En outre, le domaine d’utilisation des murs de soubassement
en BCA est défini ainsi :
■■ leur hauteur libre ne dépasse pas 2,50 m ;
■■ la hauteur des terres soutenues ne dépasse pas 2,40 m ;
■■ la charge d’exploitation sur le sol en rive des murs ne

dépasse pas 200 daN/m2 ; Chaînage horizontal


■■ l’ouvrage ne risque pas d’être inondé.

Le montage des blocs de 25 cm d’épaisseur au moins doit Blocs de béton cellulaire


être réalisé au mortier pour joints minces (T) pour blocs à
coller présentant une résistance à la compression Rcn au
moins égale à 3,0 MPa.
Les murs en BCA doivent être renforcés par des contreforts
verticaux et des chaînages horizontaux intermédiaires
organisés comme suit : Figure 2 : Coupe verticale sur un chaînage horizontal
CHAPITRE 5 : OUVRAGES ASSOCIÉS 87

OBSERVATION
Coupure de capillarité
Des épaisseurs minimales sont spécifiées pour tous
les éléments utilisables en soubassement : Imperméabilisation
de surface éventuelle
– 25 cm pour le béton cellulaire autoclavé,
– 20 cm pour les autres éléments.
Dans tous les cas, l’épaisseur est à déterminer par Terrain perméable
les calculs de résistance (voir chapitre 3 § « Choix de
Terrain peu ou
l’élément principal au regard de la stabilité mécanique non perméable
du mur »). Remblai peu ou
Le revêtement extérieur de protection doit être non perméable
prolongé jusqu’à la barrière coupe-capillarité. Complexe d'étanchéité
Vide sanitaire
Géotextile
(séparation et filtration)

3. Drainage Gravier ou grave


Drain
NF DTU 20.1 (NF P10-202), partie 3, annexe C
Chanfrein en
Il convient de réaliser un drainage chaque fois que le béton maigre
bâtiment est fondé :
■ sur un sol dont les caractéristiques mécaniques sont
sensibles à l’eau ;
■ sur une couche peu perméable (argile, limon) surmontée Figure 3 : Réalisation d’un drainage
par un sol perméable. Si la profondeur d’encastrement des fondations ne permet
La tranchée drainante est constituée d’une zone de collecte pas une mise en œuvre à proximité immédiate, il convient de
et d’évacuation des eaux, recouverte d’un remblai peu décaler le drainage périphérique d’environ deux mètres afin
perméable. de répondre à cette exigence.
La zone de collecte est elle-même constituée :
■ d’un tuyau de drainage généralement en PVC perforé (en Imperméabilisation
de surface éventuelle
concurrence avec les drains traditionnels en terre cuite Coupure de capillarité
ou en béton poreux ou perforé) d’environ 100 mm de Terrain perméable
diamètre, posé sur une forme de pente de 5 à 10 mm par Complexe d'étanchéité
Terrain peu ou
mètre vers un dispositif d’évacuation de l’eau drainée. Le non perméable
diamètre du drain est déterminé en fonction de la quantité Vide sanitaire
d’eau à évacuer. La résistance minimale pour les drains Remblai peu ou
en matières thermoplastiques est de 4 kN/m2 (classe de non perméable
Chanfrein en
rigidité SN4) ; béton maigre
■ d’une couche de matériaux filtrants granuleux (graviers Gravier ou grave
ou graves), sans fines et de préférence roulés, venant Géotextile (séparation et filtration)
recouvrir ce drain ; Drain
■ d’une membrane géotextile qui, en enveloppant
Figure 4 : Réalisation d’une tranchée drainante
complètement le remplissage en granulats et le drain, éloignée de la semelle
les protège du colmatage. Ce géotextile doit être choisi
suivant les prescriptions d’une étude préalable. OBSERVATION
Un drainage périphérique n’a pas pour fonction
ATTENTION d’évacuer une nappe phréatique.
Les tuyaux de drainage doivent être situés plus haut
que la base des fondations. OBSERVATION
Le drainage périphérique doit toujours se trouver en
dessous des dallages intérieurs. Les réseaux de collecte et d’évacuation des eaux
La pente doit être donnée par une forme en béton pluviales (eaux de ruissellement et de toiture) doivent
lorsque le drainage est le long des fondations. être séparés des réseaux de drainage.
88 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

4. Dallages
DTU 13.3 (NF P11-213-3), partie 3

La solution classique est le dallage désolidarisé, qui permet


l’interposition d’un isolant thermique entre rive de dallage
et mur de soubassement (coupure du pont thermique par
lequel s’échapperaient les calories en hiver).

Maçonnerie

Dallage
Barrière
coupe
capillarité
Isolant
thermique Figure 6 : Dallage solidarisé
Sol damé L’épaisseur minimale d’un dallage de maison individuelle est
de 120 mm.
Une nappe de treillis soudé représentant 0,2 % de la section
Sol
du dallage, à fonction antiretrait, est disposée en partie haute
du dallage.
Figure 5 : Dallage désolidarisé Les rives de dallage solidarisé comportent en plus des « U »
de fermeture diamètre 8 HA disposés tous les 150 mm et de
1,50 m de longueur développée.
OBSERVATION
La pose d’une isolation thermique horizontale OBSERVATION
périphérique sous dallage risque de favoriser des Le dallage solidarisé évite le soulèvement des rives
fissures par tassement différentiel. Il est recommandé de dallage par retrait différentiel (déformation en
de lui préférer : coupelle).
– l’isolation thermique verticale en bêche périphérique ; Les fondations des murs doivent être calculées sans
– l’isolation thermique sous l’ensemble du dallage ; prendre en compte le dallage.
– l’isolation intérieure par chape sur une couche
isolante relevée en périphérie. Le module de déformation du support (avec ou sans forme)
déterminé en surface par essai à la plaque est au moins égal
À côté de cette solution, le DTU 13.3 figure le dallage à Kw = 30 MPa/m pour une plaque de diamètre 75 cm.
solidarisé avec le mur de soubassement en béton
sous-jacent. OBSERVATION
La forme, lorsqu’elle est nécessaire, doit avoir une
ATTENTION épaisseur minimale de 200 mm.
Le « dallage solidarisé » ne doit pas être confondu
avec le « plancher porté » en dalle de béton armé,
car un dallage n’est pas dimensionné pour prendre
appui sur le mur et ne peut pas servir d’assise à des
éléments porteurs en partie courante.
CHAPITRE 5 : OUVRAGES ASSOCIÉS 89

5. Acrotères Les acrotères bas en blocs de coffrage admettent tout type


de structure sous-jacente, y compris des murs en maçonnerie
NF DTU 20.12 (NF P10-203-1), règles professionnelles de juillet 2018 de petits éléments. En revanche, en isolation par l’intérieur,
Les acrotères sont des ouvrages constitués de murets situés les acrotères hauts en blocs de coffrage n’admettent que
en bordure de toiture, dans le prolongement des murs de des façades sous-jacentes de type structure béton (béton
façade. Ils permettent la réalisation du relevé d’étanchéité banché, maçonnerie de blocs coffrages, ossature béton).
de la toiture et participent, pour tout ou partie, à la protection
contre les chutes. Ces ouvrages sont de plus en plus utilisés. OBSERVATION
On distingue : Ces Règles professionnelles ont été validées par la
■■ les acrotères bas, dont la hauteur au-dessus de la C2P (commission prévention produits de l’Agence
protection de l’étanchéité ne dépasse pas 30 cm ; qualité construction). Elles sont donc considérées en
techniques courantes au sens assurantiel, au même
■■ les acrotères hauts, dont la hauteur au-dessus de la
titre que les techniques relevant des DTU.
protection de l’étanchéité excède 30 cm.
Le DTU 20.12 traite de la réalisation des acrotères hauts et
Le document est téléchargeable sur le site de l’Union de la
bas en béton armé exclusivement.
maçonnerie et du gros œuvre (UMGO) et sur [Link].
Afin de répondre au besoin d’accompagnement des
professionnels du bâtiment, le Programme d’action pour ATTENTION
la qualité de la construction et la transition énergétique
Dans chacun de ces deux documents (DTU 20.12 et
(PACTE) a publié les recommandations professionnelles Règles professionnelles), les murs de façade porteurs
« Isolation thermique et étanchéité des points singuliers en maçonnerie de petits éléments (assemblés au
de toitures avec éléments porteurs en maçonnerie », de mortier) ne peuvent être surmontés que par des
mars 2014. Ce document précise les bonnes pratiques en acrotères bas.
matière de conception et de mise en œuvre des complexes Les acrotères hauts en maçonnerie de petits éléments
d’étanchéité et d’isolation thermique en toiture-terrasse sur ne sont pas admis.
éléments porteurs en maçonnerie définis dans le DTU 20.12.
Ce document est librement consultable et téléchargeable à OBSERVATION
l’adresse suivante :
Les configurations d’acrotères autres que celles visées
w w w. p r o g r a m m e p a c t e . f r / s i t e s / d e f a u l t / f i l e s / p d f / dans les deux documents cités ci-dessus relèvent
recommandation-pro-rage-isolation-etancheite-toitures- d’Avis Techniques particuliers, consultables sur le site
elements-porteurs-maconnerie-neuf-2014-03_0.pdf internet du CSTB.
De plus, les « Règles professionnelles sur les acrotères en
blocs et briques à bancher » de juillet 2018 visent la réalisation
d’acrotères hauts et bas en blocs de coffrage en béton
ou en briques de terre cuite à bancher. Elles permettent la
réalisation de toitures-terrasses inaccessibles ou accessibles
aux piétons et de toitures-terrasses végétalisées visées par
les règles professionnelles traitant de ces ouvrages.

Chaînage renforcé

Figure 7 : Exemple d’acrotère bas en blocs à bancher


(Règles professionnelles de juillet 2018)
90 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

6. Revêtements côté extérieur 7. Revêtements côté intérieur


Hormis le cas de la maçonnerie laissée apparente, les murs Un enduit intérieur peut être appliqué sur la face intérieure
de façade reçoivent un revêtement extérieur qui peut être : des murs en maçonnerie isolante en éléments en terre cuite
■■ un enduit extérieur dont la fonction essentielle, outre ou en béton cellulaire autoclavé (mur de type I) ou d’une
l’aspect extérieur du mur, est de constituer « l’imper-
­ cloison de doublage en maçonnerie ou encore sur la face
méable » de la maçonnerie en cas de pluie ; intérieure d’un mur isolé par l’extérieur. Ce même type
■■ La mise en œuvre des enduits extérieurs est traitée dans
d’enduit peut être appliqué sur chacune des faces d’une
la norme NF DTU 26.1. L’adéquation entre les tolérances cloison de distribution en maçonnerie.
d’exécution de la maçonnerie et le type d’enduit prévu La mise en œuvre des enduits intérieurs est traitée dans
pour la revêtir est indiquée au chapitre 3 paragraphe la norme NF DTU 26.1 s’il s’agit d’enduits en mortier de
« Planéité et état de surface » ; liants hydrauliques, ou dans le DTU 25.1 s’il s’agit d’enduits
■■ un bardage rapporté (voir Guide pratique Bardage au plâtre.
rapporté sur une ossature secondaire en bois) :
L’adéquation entre le type d’enduit (traditionnel, monocouche,
−− traditionnel sur ossature secondaire en bois (par
mince) et les tolérances d’exécution de la maçonnerie
exemple, en petits éléments de couverture tels que
support sont indiquées chapitre 3 paragraphe « Planéité et
des tuiles ou des ardoises),
état de surface ».
−− non traditionnel, c’est-à-dire dont les éléments et/ou la
mise en œuvre ne sont pas visés par des normes de
produits ou de mise en œuvre (normes DTU). ATTENTION
■■ Le bardage rapporté est caractérisé par l’organisation Les incompatibilités entre matériaux d’enduit et
d’une circulation d’air entre la peau extérieure et la face matériaux de montage de la maçonnerie sont
extérieure du mur ou de la couche isolante qui la recouvre. indiquées chapitre 4 paragraphe « Compatibilité entre
Le mur qui en résulte est du type XIII ou XIV (ou IV sans enduit et matériau de montage ».
isolant) ; Les précautions particulières concernant les enduits
sur cloisons minces en maçonnerie sont indiquées
■■ un système d’isolation par l’extérieur (SIE) constitué, par
chapitre 4 paragraphe « Précautions particulières pour
exemple, d’un enduit sur isolant.
cloisons minces ».
On se référera, pour la mise en œuvre d’un tel système à
l’Avis Technique ou au document Technique d’Application
Un système de doublage à base de plaques de plâtre peut
dont il fait l’objet.
être mis en place sur maçonnerie brute.
OBSERVATION
OBSERVATION
Comme indiqué au chapitre 3 paragraphe « Isolation
thermique », un bardage rapporté avec isolant et un Des plaques de plâtre collées directement sur la
système d’isolation par l’extérieur permettent de traiter maçonnerie brute présentant une planéité de qualité
avec une efficacité maximale les ponts thermiques des courante (chapitre 3 paragraphe « Planéité et état de
liaisons entre maçonnerie et structure en béton. surface ») peuvent être utilisées en substitution à un
enduit.

La mise en œuvre des plaques de plâtre sur ossature est


traitée dans la norme NF DTU 25.41.
Les complexes et cloisons de doublage à base de plaques de
plâtre collées en usine sur un isolant constituent la solution
d’isolation des murs la plus répandue. Leur mise en œuvre
est traitée dans le DTU 25.42.
La mise en œuvre des cloisons en carreaux de plâtre
(pouvant être utilisées en cloisons de doublage d’un mur en
maçonnerie) est traitée dans le DTU 25.31.
91

Chapitre 6 : Annexes

1.  nnexe 1 : Règles de calcul


A ■■de la catégorie des produits mis en œuvre et du type
de mortier utilisé. La catégorie des éléments (I ou II) est
statique des maçonneries indiquée dans la fiche de déclaration de performances
accompagnant le marquage CE des produits.
Dans ce guide, les valeurs retenues de γM sont les suivantes :
1.1. Préambule ■■ maçonnerie d’éléments de catégorie I montés au mortier
La méthode de calcul donnée dans la révision du DTU 20.1 performanciel : 2,5 ;
d’octobre 2008 était une méthode dite « aux contraintes ■■ maçonnerie d’éléments de catégorie I montés au mortier
admissibles ». Elle basait la justification du dimensionnement de recette : 2,7 ;
des maçonneries sur la non-atteinte d’une contrainte ■■ maçonnerie d’éléments de catégorie II : 3,3.
nominale maximale divisée par un coefficient global de
sécurité fixe, supposé intégrer les diverses causes possibles Les définitions des différentes catégories d’éléments et
d’incertitude. Dans les eurocodes, ainsi que dans la révision types de mortiers sont rappelées dans le glossaire ci-après.
du NF DTU 20.1 de juillet 2020 rendue eurocompatible, la L’évaluation des résistances de calcul est effectuée selon
méthode des contraintes admissibles a été abandonnée au les principes énoncés dans la norme NF EN 1996-1‑1 et son
profit d’une approche dite « aux états limites ». annexe nationale, précisés dans la norme NF DTU 20.1 P3 et
À l’état limite ultime, on doit vérifier que la valeur de rappelés ci-après.
calcul de l’effet des actions appliquées à un mur de
maçonnerie Ed est inférieure ou égale à la résistance de ■■ Murs sous charges verticales réparties
calcul correspondante Rd. La résistance de calcul sous charges verticales NRd, exprimée
en MN, est donnée par l’expression suivante :
Ed ≤ Rd
Les valeurs de calcul correspondent à des valeurs
caractéristiques divisées par un coefficient partiel de sécurité. où :
Les actions à prendre en compte sont données dans les Φ est un coefficient de réduction, inférieur à l’unité, permettant
normes de la série NF EN 1991‑1 et leurs annexes nationales. de prendre en compte les effets de l’élancement du mur et
Les combinaisons d’actions sont données dans la norme NF de l’excentricité des charges appliquées ;
EN 1990 et son annexe nationale. l et t sont respectivement la longueur et l’épaisseur du mur,
Pour les ouvrages en maçonnerie, la résistance de calcul en mètre ;
est obtenue en divisant la résistance caractéristique par un fk est la résistance de calcul à la compression de la
coefficient partiel de sécurité « matériau » noté γM, dont la maçonnerie, en MPa.
valeur dépend :
du niveau de contrôle de l’exécution sur chantier. Pour les
1.2. Évaluation de fk
■■

constructions de maisons individuelles et de bâtiments


peu chargés faisant l’objet de ce guide, il est généralement Des valeurs tabulées des résistances caractéristiques en
approprié de retenir le niveau de base, noté IL1 (Inspection compression, exprimées en MPa, sont données dans le
Level 1) ; tableau ci-après :
Tableau 1 : Valeurs tabulées de fk
Résistance déclarée de l’élément (MPa) 2 4 6 8 10 12 15 20
Type d’élément Type de mortier
Briques en terre cuite pleines ou perforées Usage courant 1,97 3,19 4,24 5,19 6,07 6,89 8,06 9,85
Briques en terre cuite du groupe 2* Courant 1,61 2,61 3,47 4,24 4,96 5,64 6,59 8,06
Briques en terre cuite du groupe 3* Courant 1,25 2,03 2,70 3,30 3,86 4,39 5,13 6,27
Briques en terre cuite à alvéoles horizontales* Courant 1,25 2,03 2,70
Blocs pleins en béton Courant 3,59 4,76 5,83 6,81 7,74 9,05 11,06
Blocs creux en béton Courant 1,61 2,61 3,46 4,24
Pierre naturelle tendre à ferme Courant 1,02 1,84 2,59 3,31 4,00 4,67 5,65 7,21
Blocs pleins en béton Joint mince 1,87 3,37 4,76 6,07 7,34 8,57 10,36 13,23
Blocs creux en béton Joint mince 1,17 2,11 2,97 3,80
Blocs en béton cellulaire Joint mince 1,37 2,47 3,49
* Le groupe auquel appartient l’élément est indiqué dans la fiche de déclaration des performances accompagnant le marquage CE. Les briques
pleines ou perforées appartiennent au groupe 1, les briques creuses à alvéoles verticales appartiennent au groupe 2 ou 3 selon leur pourcentage
de vides, les briques creuses à alvéoles horizontales appartiennent au groupe 4.

Nota : des valeurs certifiées de résistances caractéristiques peuvent être trouvées dans des certificats QB (référentiel QB 07 :
« Murs en maçonnerie et éléments connexes »).
92 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

Dans le cas de maçonneries en blocs de coffrage, la ■ pour les maçonneries montées au mortier d’usage
résistance caractéristique à la compression fk est prise égale courant :
à 80 % de la résistance caractéristique en compression du − éléments en terre cuite : fvk0 = 0,3 MPa,
béton de remplissage. Rappelons que les parois de coffrage − éléments en béton : fvk0 = 0,2 MPa,
ne sont pas prises en compte dans le calcul de la résistance.
− éléments en béton cellulaire : fvk0 = 0,15 MPa,
− éléments en pierre naturelle : fvk0 = 0,3 MPa.
1.3. Évaluation de Φ En outre :
Pour des murs d’élancement inférieur à 20 et pour des ■ cette longueur minimale est à répartir dans des murs
portées de plancher inférieures à 6 m, on pourra prendre par situés dans au moins deux plans parallèles distincts ;
défaut Φ = 0,78 pour un chargement centré, Φ = 0,55 pour ■ la longueur de chaque pan de mur pris en compte dans
un chargement excentré et Φ = 0,40 pour les murs de rive de le contreventement doit être égale à au moins 0,4 fois sa
plancher situés au dernier niveau. hauteur.

■ Murs sous charges verticales concentrées ■ Murs enterrés


Il convient de vérifier les deux conditions suivantes : Pour les murs de soubassement soumis à la poussée des
■ localement sous l’appui d’une charge concentrée, que la terres, il convient de procéder à une double vérification : la
contrainte de compression calculée ne dépasse pas la résistance en compression de la maçonnerie ne doit pas
résistance de calcul ; être atteinte, et la maçonnerie ne doit pas être sollicitée en
■ à mi-hauteur du mur, que la contrainte de compression traction. Les méthodes indiquées au chapitre 4.5 de l’EN 1996
sous charges réparties additionnée aux contraintes de partie 3, ou au chapitre 7.5.2 du DTU 20.1 partie 3 peuvent
compression sous charges concentrées calculées en être appliquées dans les limites d’utilisation indiquées dans
supposant un épanouissement de ces charges selon ces documents.
deux droites inclinées de ¼ sur la verticale (15° environ),
Le tableau ci-après permet d’évaluer si ces murs peuvent
ne dépasse pas la résistance de calcul.
ou non se dispenser de raidisseurs verticaux intermédiaires,
et dans la négative de connaître la distance maximale à
1/2 Panneau de respecter entre ces derniers.
maçonnerie
I I Tableau 2 : Distance maximale entre raidisseurs verticaux

1/2 1/4 Épaisseur du mur (en cm)


Type
de bâtiment 20 25 30
Plancher BA
R + 0 avec
Bord du panneau
plancher 2,50 3,40 4,00
Figure 1 : Contraintes de compression haut lourd
à prendre en compte pour murs R + 1 avec Raidisseurs
sous charges verticales concentrées plancher 4,10 4,80 verticaux non
haut lourd nécessaires
Si la condition sous charge concentrée n’est pas respectée,
il faut disposer sous cette charge une semelle de répartition R + 2 avec Raidisseurs Raidisseurs Raidisseurs
plancher verticaux non verticaux non verticaux non
en béton permettant de respecter cette condition. haut lourd nécessaires nécessaires nécessaires

■ Murs de contreventement Les limites d’utilisation de ce tableau sont les suivantes :


Pour des bâtiments hors situation sismique ne dépassant pas ■ la hauteur libre du mur est limitée à 2,60 m ;
R + 2 en maçonnerie chaînée, la longueur minimale cumulée ■ son épaisseur minimale est de 0,20 m ;
Lmin des murs de contreventement (exprimée en mètres) dans ■ le mur supporte un plancher servant de diaphragme et
chaque direction peut être évaluée par la formule suivante : supportant les forces résultant de la poussée des terres ;
■ le mur est enterré sur une hauteur ne dépassant pas 2 m ;
■ le mur n’est soumis à aucune poussée hydrostatique ;
■ la pression verticale exercée sur la surface du sol dans
avec : la zone d’influence de la poussée des terres ne dépasse
n : nombre de niveaux (n ≤ 3) ; pas 5 kPa ;
b : distance horizontale du bâtiment en mètres dans la ■ aucun plan de glissement n’est créé, ni en tête ni en pied
direction perpendiculaire aux murs de contreventement pour de mur.
lesquels on calcule Lmin ; Il importe surtout que les murs soient porteurs d’un plancher
haut les maintenant en tête, et qu’ils soient correctement
t : épaisseur hourdée de la maçonnerie, en mètres ;
drainés afin d’éliminer les risques de mise en pression
fvk0 : résistance initiale au cisaillement de la maçonnerie, en hydrostatique. Pour la réalisation des ouvrages enterrés, il
MPa. Par défaut, on pourra prendre les valeurs suivantes : convient de se conformer aux prescriptions de l’annexe 3 de
■ pour toutes maçonneries montées à joints minces : la partie 3 du DTU 20.1 « Conception des ouvrages annexes
fvk0 = 0,3 MPa ; associés aux maçonneries enterrées : réseaux de collecte
CHAPITRE 6 : ANNEXES 93

des eaux de surface et réseaux de drainage », rappelées au


chapitre 5 « Ouvrages associés » de ce guide.
2.  nnexe 2
A
Résistance aux séismes
■■  urs non porteurs chargés
M
perpendiculairement à leur plan
Il s’agit de panneaux d’enveloppe de façades ou de
2.1. Identification des bâtiments
partitionnement intérieur de grandes dimensions, non concernés
chargés verticalement. Le territoire français est découpé en cinq zones de sismicité
Compte tenu des incertitudes auxquelles conduirait un définies dans le décret no 2010-1255 du 22 octobre 2010. La
dimensionnement par un calcul en flexion, il est pertinent carte correspondant à ce zonage est rappelée ci‑après :
en pratique de se limiter au respect des dispositions
constructives suivantes :
■■ les panneaux non porteurs soumis à l’action du vent
doivent être ceinturés par des raidisseurs horizontaux et
verticaux (murs tenus sur chacun de leurs quatre rives) ;
■■ les rapports h/t et l/h ne doivent pas dépasser les valeurs
indiquées dans le tableau ci-après.
Tableau 3 : Rapports maximaux

h/t maxi l/h maxi


Murs intérieurs 30 2
Murs extérieurs 25 2

Où t, h et l sont respectivement l’épaisseur, la hauteur


libre et la longueur du mur. La longueur du mur s’entend
comme la distance horizontale entre murs perpendiculaires,
ou également comme la distance entre poteaux d’inertie
suffisante pour pouvoir jouer le rôle de raidisseurs.

Chaînage horizontal

Figure 3 : Zones sismiques en France

Les bâtiments soumis à exigences réglementaires


h parasismiques sont ceux visés à l’article 3 de l’arrêté du
Chaînage
22 octobre 2010 relatif à la classification et aux règles de
vertical construction parasismique applicables aux bâtiments de la
classe dite « à risque normal ».
Les cas concernés sont ceux indiqués par un « oui » dans
le tableau à double entrée ci-dessous faisant intervenir les
l
deux critères suivants :
■■ la zone sismique concernée (de 1 à 5) ;
Figure 2 : Panneau d’enveloppe
■■ la catégorie d’importance (de I à IV), qui classe le
Nota : ces prescriptions sont en cohérence avec celles bâtiment selon le niveau d’importance des conséquences
données dans le DTU 20.13 pour les cloisons en maçonnerie socioéconomiques prévisibles en cas de survenue d’un
de petits éléments, ouvrages dont les conditions de séisme. Ces quatre catégories sont définies à l’article 2 de
sollicitations et le comportement mécanique sont voisins de l’arrêté du 22 octobre 2010.
ceux des murs de remplissage.
94 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

Tableau 4 : Bâtiments concernés par les exigences réglementaires parasismiques

Zone de sismicité
1 2 3 4 5

Très Faible Modérée Moyenne Forte


faible

I Bâtiments avec activité humaine de courte durée Non Non Non Non Non
Catégorie d’importance

Bâtiments courants de hauteur inférieure à 28 m, ERP de 4e


II Non Non Oui Oui Oui
et de 5e catégorie

Bâtiments de plus de 28 m, ERP de catégories 1, 2 ou 3,


III Non Oui Oui Oui Oui
établissements scolaires

Bâtiments dont la protection est primordiale pour les besoins de la


IV sécurité civile Non Oui Oui Oui Oui
et de la défense nationale

2.2. Exigences requises ■■ il convient de placer les chaînages verticaux :

pour ces bâtiments −− à chaque intersection entre les murs de structure,


−− si nécessaire à l’intérieur d’un même mur, pour que la
■■ Exigences générales distance horizontale entre ces chaînages ne dépasse
Les règles générales à appliquer aux bâtiments concernés pas 5 m,
sont données : −− de part et d’autre des joints de dilatation,
■■ soit dans la norme NF EN 1998-1 (eurocode 8) et son −− aux bords libres de chaque élément de mur de la structure,
annexe nationale ;
−− de chaque côté des ouvertures pratiquées dans les murs,
■■ soit dans des Avis Techniques, dans le cas de techniques si la surface de ces ouvertures est supérieure à 1,5 m2.
de construction non visées par ces normes.
Chaînages horizontaux Mur secondaire Chaînage vertical
■■ Dispositions constructives générales à chaque niveau de ne participant pas en bords libres
plancher et distance au contreventement des murs de
Pour les techniques de maçonneries relevant du chapitre 9 verticale maximale : 4 m contreventement
de l’eurocode 8, les dispositions constructives générales
Chaînages verticaux
à appliquer sont rappelées ci-dessous. Ces dispositions continus d’un niveau
viennent en complément de celles demandées en situation à l’autre et ancrage
dans la fondation
non sismique :
■■ les murs de contreventement doivent être disposés dans
au moins deux directions perpendiculaires ;
■■ les bâtiments doivent être constitués de planchers et de
murs liaisonnés dans les deux directions horizontales et
dans la direction verticale par des chaînages périphériques
en béton armé ;
■■ l’épaisseur des murs de contreventement ne doit pas être
inférieure à 20 cm ;
■■ le rapport entre la hauteur et l’épaisseur de ces murs ne
doit pas dépasser 20 ; Section des chaînages
■■ seuls les éléments accessoires présentant une section de verticaux et horizontaux : Espacement
minimum 15 x 15 cm entre chaînages
chaînage minimale de 15 x 15 cm2, ou pouvant englober un ou ø 15 cm verticaux ≤ 5 m
disque de 15 cm de diamètre, peuvent être utilisés ;
Chaînages verticaux de chaque
■■ la section minimale des armatures de chaînage dans côté des ouvertures de plus
chacune des directions est de 4HA10 ; de 1,50 m2

■■ il convient de prévoir des étriers de 5 mm de diamètre au Section totale de aciers longitudinaux ≥ 300 mm2
et 1 % de la section transversale du chaînage
minimum, et espacés de 150 mm au maximum, autour des Cadres ø 5 mm minimum, espacés de 150 mm au maximum
armatures longitudinales ; Figure 4 : Positionnement des chaînages selon l’eurocode 8
■■ il convient que l’acier de béton armé appartienne aux classes B (document RAGE)
ou C conformément à la norme NF EN 1992-1‑1, tableau C.1 ;
■■ les recouvrements des armatures ne peuvent pas être Nota : les joints verticaux peuvent être remplis ou non.
inférieurs à 60 diamètres de barre en longueur ; L’eurocode 6 auquel se réfère l’eurocode 8 considère que
■■ les chaînages horizontaux doivent être placés dans le les joints verticaux sont remplis si le mortier est appliqué sur
plan du mur, au niveau de chaque plancher, et en aucun toute la hauteur des produits et sur au moins 40 % de leur
cas avec un espacement vertical supérieur à 4 m ; épaisseur.
CHAPITRE 6 : ANNEXES 95

60 Ø 60 Ø

Vue en plan Vue en plan

60 Ø 60 Ø

60 Ø 60 Ø
Vue en 3D Vue en 3D

Boucle Équerre
(diamètre de (diamètre de
cintrage = 5 ‡) cintrage = 10 ‡) Vue en élévation
60 Ø
60 Ø
Angle

Partie 60 Ø
courante Alvéole

Figure 5 : Liaisons entre armatures de chaînage

Nota : en situation sismique, la valeur du coefficient partiel de sécurité à associer à la maçonnerie est de 2/3 de la valeur
spécifiée à l’état limite ultime de résistance, sans que cette valeur soit inférieure à 1,5.

■■ Cas de petits bâtiments de forme simple le Guide CP-MI Antilles Construction parasismique des
maisons individuelles aux Antilles (nouvelle édition 2004),
Pour des petits bâtiments de forme simple relevant du
rédigé par l’Association française de génie parasismique
domaine d’application de la norme NF P 06-014 « Règles PS-
(AFPS).
MI 89 révisées 92. Règles de construction parasismique.
Construction parasismique des maisons individuelles et
des bâtiments assimilés », il est possible de satisfaire aux ■■ Éléments non structuraux (cloisons)
exigences réglementaires sans nécessité de vérification par Les ouvrages de cloisons ne sont soumis à aucune vérification
calcul dans les situations suivantes : particulière dans l’un des deux cas suivants :
■■ bâtiments appartenant à la catégorie d’importance II et ■■ cloisons incorporées dans des bâtiments non soumis à
situés en zones de sismicité 3 ou 4 ; exigences parasismiques ;
■■ établissements scolaires appartenant à la catégorie ■■ cloisons incorporées dans des bâtiments soumis à
d’importance III et situés en zone de sismicité 2. exigences parasismiques, mais présentant une dimension
de référence inférieure ou égale à 3,50 m et une masse
Il est rappelé que les bâtiments visés par cette norme surfacique inférieure à 25 kg/m2 (par « dimension de
doivent être au maximum de type R + 1 + comble, de forme référence », on entend la distance verticale entre le point
simple tant en plan qu’en élévation, et contreventés par des haut de la cloison et l’aire de chute potentielle située
murs répartis sur le pourtour des planchers. De plus, les directement sous la cloison).
maçonneries doivent être posées à joints verticaux remplis
Dans les autres cas, il conviendra de justifier de la tenue
de mortier.
de la cloison aux séismes selon les prescriptions indiquées
Pour les maisons individuelles appartenant à la catégorie dans le document interministériel « Dimensionnement
d’importance II et qui sont situées en zone de sismicité 5, parasismique des éléments non structuraux du cadre bâti »,
il est également possible de se dispenser de vérification disponible à l’adresse suivante : [Link]/IMG/pdf/
par calcul en appliquant les dispositions définies dans guide_a4_bd_sp.pdf
96 PARTIE 2 : MAÇONNERIE DE PETITS ÉLÉMENTS

3.  nnexe 3
A Les murs en maçonnerie traditionnelle peuvent convenir pour
les maisons individuelles appartenant à la première famille.
Résistance au feu Pour des locaux d’activités (bureaux), les exigences contre les
risques d’incendie sont énoncées dans la quatrième partie,
livre II du Code du travail. Hormis vis-à‑vis de bâtiments tiers
3.1. Exigences réglementaires adjacents, ce code ne contient pas d’exigences particulières
La résistance au feu, et en particulier la stabilité au feu (SF), en matière de résistance au feu.
est la durée pendant laquelle un élément de construction tel
qu’un mur en maçonnerie peut continuer à assurer la fonction
qui lui est impartie. Les durées minimales demandées par la 3.2. Évaluation des performances
réglementation dépendent du type de bâtiment à réaliser, et En pratique, les maçonneries visées dans le DTU 20.1
sont rappelées dans le tableau ci-après. présentent généralement des performances de résistance
au feu suffisantes pour la construction de petits bâtiments,
Tableau 5 : Durée minimale de stabilité au feu (SF) selon le type
de bâtiment objet principal de ce guide.
Les justifications réglementaires peuvent être apportées par
Destination Configuration SF
la fourniture de procès-verbaux de classement de résistance
Habitation 1re famille 15 min. au feu ou par des appréciations délivrés par des organismes
2 famille
e
30 min. agréés, sur la base d’essais réalisés en laboratoire. Il doit
alors être vérifié que la valeur du chargement maximal
3 famille A et B
e
1 heure
indiqué dans ces documents soit supérieure ou égale à la
4 famille
e
1 h 15 valeur du chargement à l’état limite ultime multipliée par 0,7.
Établissements 1 catégorie, avec plancher bas
re
1 heure Nota : ces procès-verbaux précisent les conditions de
recevant du dernier niveau
du public à moins de 8 m du sol validité de ces classements (niveau de chargement maximal,
mais aussi hauteur maximale du mur, type de jointoiement,
1re catégorie, avec plancher bas 1 h 30 types de revêtements associés). La durée de validité de ces
du dernier niveau situé
entre 8 et 28 m du sol documents est de cinq ans reconductibles.

2e à 4e catégorie, avec plancher 30 min. Nota bis : pour les murs de structure en maçonnerie,
bas du dernier niveau l’annexe nationale de la norme NF EN 1996-1-2 (eurocode 6,
à moins de 8 m du sol partie 1-2 : règles générales. Calcul du comportement au feu)
2e à 4e catégorie, avec plancher 1 heure indique que l’évaluation de la résistance au feu par la voie du
bas du dernier niveau calcul n’est pas autorisée, notamment pour les maçonneries
situé entre 8 et 28 m du sol de produits creux.
5e catégorie 30 min.
3
PLANCHERS

PARTIE ET RUPTEURS
DE PONTS
THERMIQUES
99

Chapitre 1 : Domaine d’application


Ce guide s’intéresse à la conception, au dimensionnement et différentes fonctions attendues des planchers. L’articulation
à la réalisation des planchers de bâtiments de types maisons des chapitres est la suivante :
individuelles et bâtiments assimilés. Destiné aux entreprises ■■ le premier chapitre est consacré aux planchers dont
de construction ainsi qu’aux concepteurs, calculateurs et les constituants principaux sont en béton, qu’ils soient
autres architectes, il présente de manière synthétique et coulés intégralement sur le site ou préfabriqués
simple les différents planchers utilisés dans le domaine pour partie ;
d’emploi visé, et précise les précautions et spécifications ■■ le deuxième chapitre présente les planchers à bacs
techniques à respecter afin d’avoir des ouvrages résistants, acier collaborants, peu utilisés en maisons individuelles
durables et dont l’aptitude à l’emploi ne soit pas mise en mais qui sont bien adaptés aux chantiers de moyenne
défaut. importance pour lesquels la rapidité de mise en œuvre
La nouvelle édition du guide qui intégrait déjà l’application est privilégiée ;
généralisée des Eurocodes en France tient compte des ■■ le troisième chapitre concerne les planchers classiques en
évolutions du contexte normatif et réglementaire, en bois, à poutres et solives ;
particulier la parution de nouveaux NF DTU concernant les ■■ le quatrième chapitre aborde le cas des planchers mixtes
planchers à prédalles et les planchers à poutrelles ou encore bois-béton, que l’on rencontre de plus en plus souvent
la mise en application de la RE 2020. dans le domaine de la rénovation de bâtiment ;
■■ enfin le cinquième et dernier chapitre fait le point
Le guide est découpé en deux parties.
sur diverses performances attendues des planchers,
La première, constituée de quatre chapitres, décrit la quels qu’ils soient, en termes de tenue au séisme,
typologie et le mode de conception et d’exécution des divers tenue au feu, isolation acoustique, isolation thermique,
types de planchers utilisés. La seconde fait le point sur les performance environnementale, etc.

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