Phytopathologie Partie 2#AEL2-S3 - 2024
Phytopathologie Partie 2#AEL2-S3 - 2024
(FAMA)
(L2, S3-AE)
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Dr. M.COULIBALY/PhD Ing in Agriculture & Dr. M. KANTE/ PhD in Plant Pathology
Chapitre 3 : BACTERIOLOGIE
I. Historique
Les procaryotes sont des organismes unicellulaires dépourvus de noyau différencié.
Parmi les procaryotes phytopathogènes, on distingue les bactéries sensu stricto dotées
de paroi donnant une forme rigide à la cellule et les mollicutes (phytoplasmes et
spiroplasmes) dépourvus de paroi.
L’étude des bactérioses a débuté à la fin du 19ème siècle. L’idée de la possibilité d’infection
des plantes par les bactéries a été avancée par le professeur M.C Voronine en 1866.
La même année Heckel a créé le règne des Protistes divisés en protistes supérieurs ou
Eucaryotes (algues inférieurs, champignons inférieurs, protozoaires) et en protistes
inférieurs ou procaryotes (bactérie).
En 1875, le savant anglais E. Xalir a été le 1er à signaler la présence des bactéries dans
les tubercules pourries de la pomme de terre.
En 1879, les savants allemands I. Reïke et A. Bertolde ont signalé que les bactéries
présentes dans les tubercules pourries de pomme de terre sont les causes de cette
pourriture.
En 1880, l’Américain T. Berile pour la première fois a démontré que les bactéries sont la
cause des maladies des plantes et l’a prouvé expérimentalement (brûlures bactériennes
des arbres fruitiers).
Toutes les bactéries parasites des végétaux sont des bacilles (longueur 1-2 µm et largeur
0,3-0,5 µm).
Les bactéries phytopathogènes ont différentes formes mais la forme dominante est la
forme de bâtonnet (bacilles). Certaines bactéries sont immobiles, d’autres se déplacent
à l’aide de flagelles, cils et mouvements contractiles.
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Les bactéries ont une spécificité génétique. La cellule bactérienne est composée de
protoplasme et de membrane cellulaire. Le noyau de la cellule est dans un état diffus.
Les bactéries se nourrissent par osmose. La membrane cellulaire laisse passer les
éléments nutritifs dans la cellule et expédie les déchets de métabolisme (diffusion et
absorption).
Beaucoup de bactéries sont aérobiques, exigent l’oxygène, donc vivent à la surface des
corps solides pouvant servir de nourriture. Elles forment des colonies brillantes dont la
forme, la couleur, les contours sont caractéristiques du type de bactérie.
On utilise pour cela un colorant du groupe para rosaniline (cristal violet) et une solution
d’iode :
- pour les organismes Gram+, on obtient une coloration qui ne s’enlève qu’à l’acétone ou
à l’alcool ;
- pour les Gram-, on n’obtient pas de coloration violette.
La réaction Gram+ et Gram- est fonction de la composition chimique de la paroi. Les Gram+
ont une paroi composée essentiellement de Peptidoglucane (50 %) et les Gram- ont une
paroi complexe constituée de couche de Peptidoglucane (10 %) recouverte d’une double
couche de lipopolysaccharides et de phospholipides.
1. Rôle positif
a. Agriculture
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L’existence des maladies bactériennes des insectes a été pour la première fois annoncée
par I.I. Mechnikov en 1879.
Les bactéries causent rarement l’épizootie chez les insectes mais certaines provoquent de
grands dégâts.
Pour les bactéries qui ne produisent pas de spores on fait la culture dans les chenilles
d’insectes hôtes qu’on place dans des serres 10-12 jours.
b. Industrie
c. Médecine
2. Rôles négatifs
Les bactéries sont agents de plusieurs maladies des plantes des animaux et de l’homme.
a. Agriculture
c. Santé animale
PILI
La capsule : est une couche gélatineuse. Elle joue le rôle de protection de la cellulaire bactérienne.
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Elle contient beaucoup d’eau qui permet à la bactérie de survivre à la dessiccation et de résister aux
bactériophages.
La paroi : Elle entoure la cellule, lui confère la forme et assure la résistance aux faibles pressions
osmotiques. Elle contient les composants qui déterminent la réaction de coloration (GRAM+ GRAM-
). Elle est perméable aux solutions minérales et organiques.
II y a aussi les chromosomes qui assurent la synthèse des protéines, les plasmides (fragment d'ADN
circulaires de petite taille) ; et les granules de réserves. Les pillis sexuels jouent un grand rôle dans
le transfert génétique lors de la conjugaison bactérienne
Les fimbriae sont présents chez le genre Erwinia. Ils contrôlent l’adhésion aux surfaces et la
conjugaison bactérienne. Les appendices externes (flagelles) assurent la mobilité de la bactérie. Ils
peuvent être absents ou présents. Le nombre de flagelles et la disposition varient selon les espèces.
Certaines bactéries possèdent des endospores qui assurent la survie dans les conditions
défavorables d’environnement.
II. Reproduction :
La température optimale pour la reproduction est comprise entre 25 et 35 °C avec un pH neutre
ou alcalin.
Les bactéries se reproduisent par voies végétatives (simple division des cellules
maternelles).
Dans les conditions favorables, la division s’effectue chaque 20 – 30 minute (300 milliards
d’éléments/jour).
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Chez certaines bactéries et dans certaines conditions, il existe la reproduction sexuée (fusion
binaire) qui conduit à l’échange des informations génétiques (transformation). Dans les
conditions très défavorables (pauvreté alimentaire, sécheresse), certaines bactéries cessent
de se diviser et ne tardent pas à sporuler par rupture de la membrane cellulaire. Ces spores
permettent à la bactérie de supporter les mauvaises conditions du milieu.
Il existe quelques classifications des bactéries phytopathogènes basées sur les signes
morphologiques des bactéries (taille, formes, présence de d’endospore, de flagelle et de cils,
capacité de mobilisation, disposition des flagelles) et sur les propriétés physiologiques,
biochimiques (source de carbone, d’azote, constituants de la paroi cellulaire, optimum et
gamme de température de croissance, tolérance osmotique, relation avec l’oxygène,
sensibilité aux antibiotiques)
On distingue les bactéries visibles au microscope ou bactéries géantes. Elles sont arrondies,
allongées et rectilignes, courbées. On rencontre aussi des bactéries filamenteuses (bactéries
aquatiques).
1. Selon la forme on distingue : les bactéries sphériques, rondes (appelées coque) les
bactéries en forme de bâtonnet droit (appelées bacilles), et incurvées (appelées
vibrions).
On trouve aussi des bactéries avec des formes spiralée, hélicoïdale. Certaines bactéries
s’agrègent pour donner des bicoques (2 bactéries) des staphylocoques (bactéries en
grappe) et des streptocoques (bactéries en chapelet). Les bactéries invisibles au microscope
(ultramicrobes) peuvent traverser les filtres les plus fins.
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3. Selon l’exigence pour l’oxygène : aérobie stricte, anaérobie stricte, anaérobie
facultative.
4. Selon la présence des flagelles : on distingue les bactéries avec flagelles et sans
flagelles.
5. Selon la disposition des flagelles : on distingue : les monotriches, lophotriches,
amphitriches, péritriches.
Monotriche Lophotriche
Amphitriche Péritriche
6. Selon la pathogénéité :
Les niveaux taxonomiques les plus couramment utilisés chez les Procaryotes en
phytopathologie sont dans un ordre ascendant : l’espèce, le genre, la famille, l’ordre, la classe,
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le règne et le domaine. Il est important de connaître le pathovar (spécificité parasitaire vis-à-
vis d’une espèce hôte).
Les bactéries phytopathogènes appartiennent au règne végétal, sous règne des sans noyau
(Procaryotes) au Groupe des Protistes inférieurs à l’embranchement des Schizomycetes, à
la division des Bactéria, classe Eubacteria auxquelles appartiennent tous les genres
phytopathogènes.
Parmi les bactéries phytopathogènes, les bactéries Gram – (Protéobactéries) semblent être
issues d’une bactérie pourpre photosynthétique. Elles ont perdu la capacité photosynthétique
en s’adaptant métaboliquement à de nouvelles niches écologiques. On les regroupe en
section :
a. Section α -Protéobactéria
Elle comprend la famille des Rhizobiaceae, Genre Agrobactérium et Rhizobium qui sur les
légumineuses fixent l’azote atmosphérique.
b. Section ϐ-Protéobactéria
Les bactéries de l’ancien genre Pseudomonas sont reparties en quatre nouveaux genres :
Acidovorax, Burkholderia, Ralstomia (ϐ-Protéobactéria) et Pseudomonas (γ-Protéobactéria)
c. Section Ϫ-Protéobactéria
Ex. X. campestris
d. Section Ϭ-Proteobactéria
Cette section ne renferme aucune bactérie phytopathogène.
e. Section Ɛ-Protéobactéria
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Plusieurs espèces des bactéries colonisent le phloème (phloem -limited bactéria) par analogie
avec le xylem-limited bactéria parasites obligatoires intracellulaires.
Genre clostridium. Ce sont des bactéries anaérobies strictes en forme de bâtonnets formant
des spores et responsables de pourriture molle. C. butytricum, C. puniceum
❖ les phytoplasmes
L’appellation phytoplasme a été retenue en 1994 par le comité de taxonomie des mollicutes
en remplacement de mycoplasme.
Chez les plantes infectées par des phytoplasmes on observe fréquemment du nanisme, des
jaunisses de la polyphyllie, des balais de sorcière de la virescence, la panachure, les
bois souples.
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Principaux symptômes des spiroplasmes : le nanisme, la chlorose, les jaunisses, la
réduction de la taille des fruits et fleurs, le flétrissement. Les agents vecteurs sont des insectes.
Genre Bacillis. Ces bactéries sont principalement des saprophytes, des agents de lutte
biologique.
Les bactéries corynéformes. Ce sont des bactéries plus ou moins incurvées (2-6 µm),
aérobie strict. La plus part des corynebactéries phytopathogènes peuvent être transmises par
les graines ou par les insectes.
Genre Clavibacter
Clavibacter sepedonicum/C.sepedonium
Les symptômes sont : flétrissements rapides et unilatéraux des feuillages et tiges, nécroses
annulaires, nécroses brunes au niveau du xylème. La transmission est liée aux nématodes
Genre Rhodococcus
Genre Streptomyces
Les cellules s’associent pour former de pseudomycelium. Le genre streptomyces forme des
spores.
Ex. Streptomyces scabies – gale de la pomme de terre ; S. ipomoeae – infecte la patate douce.
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Tableau 1 :Familles et genres des bactéries phytopathogènes
Brûlure et
pourriture
- Bâtonnet mobile Sans coloration
- sans spores
Bacillaceae
Selon le degré de parasitisme, les bactéries sont des parasites conditionnels et des
saprophytes :
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- Le mécanisme de pénétration est lié à la présence d’enzymes. Ces derniers
permettent à la bactérie d’agir sur la paroi pectocellulaire de l’hôte. Ce sont des pectinases
qui provoquent la dissolution des cellules de la paroi, entraînant des nécroses, des
pourritures.
Trois principales familles d’enzymes sont à noter : Polygalacturonases (PG) ;
Polygalacturonides-lyases (PGL) ; Pectines-methyles-esterases (PME).
En principe, les bactéries pénètrent dans les plantes par les terminaisons radiculaires, les
ouvertures naturelles, le pistil des fleurs, les blessures des écorces, des tiges et par des
stomates.
Chez certaines bactéries, la mobilité liée ou non aux flagelles semble favoriser l’aptitude de
pénétration dans les plantes sans constituer toutefois une condition indispensable à l’infection.
L’apparition des bactérioses dépend du niveau de parasitisme de l’agent pathogène donc des
enzymes et ferments qu’il contient.
Les bactéries endophytes sont transmises par la voie végétative mais la contamination via le
rhizosphère représente la principale voie d’entrée.
1. les bactérioses qui attaquent le parenchyme. Elles se propagent par les voies
intercelluraires du tissu du parenchyme et produisent une toxine qui provoque la destruction
des tissus et des cellules entraînant ainsi la pourriture des organes frais (oignon et tubercules).
Ces bactéries provoquent des actions stimulantes, entraînant une division cellulaire intensive,
une augmentation du nombre et de la dimension des cellules, provoquant ainsi des
déformations (cancer).
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Les agents produisent des toxines et des enzymes de dégradation des parois, bloquent le
transport de l’eau vers les feuilles, entraînent des flétrissements et des fanaisons.
- semences infectées,
1. Milieu de conservation :
Les bactéries phytopathogènes majoritairement ne forment pas de spores c’est pourquoi ils
ne se conservent pas longtemps.
- Le sol (la rhizosphère) est la source de conservation, de multiplication et d’infection tant qu’il
y a des débris organes végétaux infectés,
L’infection bactérienne se conserve aussi dans les graines (en surface ou à l’intérieur), les
débris organiques, les insectes et les mauvaises herbes. Certaines bactéries peuvent se
conserver sous forme d’endospores et d’exospores de cellules en repos physiologiques.
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- températures de 18 – 25°c à 35 – 37°c
- humidité élevée de l’air et du sol,
- présence d’oxygène pour les aérobies stricts
- réaction neutre et faiblement basique du sol,
- la grande lumière a une action négative sur les bactéries, c’est pourquoi les semis touffus
souffrent de bactérioses.
b .Les nécroses : Les lésions sont circulaires, angulaires ou de différentes formes sur les
limbes, pétioles, fruits.
c. Les tumeurs et galles : liées à une croissance accélérée des cellules (tumeurs) ou dépôt
massif lié à la réaction de la plante.
e. Les chancres : nécrose profonde avec destruction des tissus ligneux du cambium.
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Sous-Chapitre 3-2: BACTERIOSE DES CULTURES
Ce sont des bâtonnets mobiles Gram négatifs avec flagelle sur un bout. Température optimale
25-30°C, à 50°C cette bactérie meurt.
− Apparaît sur les feuilles, les tiges, les épis, les graines,
− Sur les feuilles apparaissent des petites taches qui après grandissent deviennent brunes
ou noires,
− Sur les tiges atteintes sous les nœuds apparaissent des bandes brunes ou noires, la tige
sous l’épi change de couleur (brune).
Symptômes :
Symptômes :
- variétés résistantes
- repiquage des plantules saines
- apport optimal d’azote
- destruction des résidus de récolte.
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III. MALADIES BACTERIENNES DU MIL AU SAHEL
Les stries « bactériennes » et le « bactérial blocth » sont les maladies bactériennes fréquentes
aux Sahel.
Au Mali, les bactérioses responsables des stries foliaires chez le mil et le sorgho sont dues à
l’agent pathogène Pseudomonas rubrilineans (yong 1988)
Symptômes : Cette bactériose provoque sur les feuilles des fines stries de couleur rouge ou
brune :
Le bactérial blocth (Pseudomonas sp.) peut attaquer aussi le sorgho et le maïs mais son
incidence est négligeable. Elle est peu connue.
La maladie attaque la tige, les feuilles et fruits des Ctrus reticulata, Citrus limon, Citrus
chinensis.
Symptômes :
- apparition de taches vert-claires sur l’écorce des rameaux (à la base des rameaux)
- diamètre des taches 1 – 2 mn au début, ces taches se développent et deviennent brunes.
- Les rameaux se dessèchent,
- La chute massive des feuilles se produit sous l’effet des vents.
- La branche devient nue.
- Au niveau des taches s’effectue une sécrétion de gomme (patte visqueuse).
- L’écorce se détache de la drevesine au niveau des taches,
- Sur les fruits atteints on observe des taches,
- Les fruits malades tombent.
L’agent pathogène meurt sous des températures supérieures à 50°C
Répandue en Afrique, Asie, la maladie attaque les rameaux, les feuilles et les fruits.
Symptômes :
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Méthode de lutte :
− Variétés résistantes,
− Terrains bien drainés,
− Coupe des rameaux malades et désinfection de la blessure avec une solution de cuivre,
− Pulvérisation avec la bouillie bordelaise,
− Lutte contre les insectes.
Symptômes :
- petites taches angulaires d’aspect huileux sur les feuilles (dimension 1 – 3 mm),
- les taches prennent une teinte noire et visible sur les deux faces des feuilles,
- les jeunes lésions sont bordées d’un halo chlorotique,
- les vieilles lésions prennent une teinte brune puis gris cendre.
Le parasite n’entraimes pas la mort de l’arbre mais provoque la baisse de rendement grâce à
la défoliation.
Les symptômes sur les fruits apparaissent sous la forme de petites lésions d’aspect huileux.
- Les lésions prennent une teinte noire et un aspect cratériforme (diamètre 8-10),
- Les lésions s’étendent en profondeur dans la chair sur 10mm environ,
- Production d’exsudat gommeux très infectieux qui parasite tout au long de
l’écoulement.
La maladie provoque une chute importante des jeunes fruits.
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Cette maladie est répandue au Brésil, Afrique de l’Est et du Sud, Madagascar, Inde et
Australie. Elle présente des symptômes sur les feuilles, tiges, épines et fruits en provoquant :
- des lésions sous la forme de petites taches aqueuses qui évoluent en petits points blancs,
- les lésions sont circulaires ensuite de couleur beige (dimension 1-1,5cm de diamètre),
- un halo chlorotique est généralement visible autour des lésions,
- des défoliations sévères sur les hôtes sensibles.
Méthode de lutte :
- Eviter les blessures sur les plantes pendant les opérations d’entretien des vergers et
pépinières,
- Lutter efficacement contre la mineuse des agrumes (phyllocnistes cirtella) et le vent,
- Traitement chimique avec des composés de cuivre qui ont une action antibactérienne et
insecticides : diflubenzuron, malathion etc pour contrôler les attaques de mineuses,
- Irrigation par aspersion favorise le développement du chancre donc il faut un système
d’irrigation localisée au pied des arbres,
- Plantation de brise-vent autour du verger,
- Tailler, brûler les pousses malades,
- Désinfecter des outils lors des opérations de taille.
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BIBLIOGRAPHIE
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Chapitre 4: VIROLOGIE
I. Historique et définition :
La virologie est la science qui étudie les virus et les maladies virales (viroses). Le mot virus
signifie poison.
Les virus constituent un groupe spécifique de forme de vie non cellulaire. Ils sont composés
d’un génome spécifique capable de se reproduire dans les cellules de tous les organismes.
Les virus sont des microorganismes encore plus petits que les bactéries. Ils se mesurent en
nanomètre (1 nanomètre = 1/1000 µ).
Ils sont responsables de certaines maladies les plus dévastatrices : la peste bovine, le sida, le
choléra, la variole, la poliomyélite, l’hépatite A et B, la rougeole, la rage, les rhumes, les
mosaïques des plantes.
Les conséquences économiques des dégâts causés par les infections virales dans le secteur
agricole demeurent sous-estimées.
La notion de maladie virale remonte au 19e siècle quand Pasteur, Ivanovski, Toffler et
Frosch montrèrent respectivement pour une maladie pouvant atteindre l’homme (la rage) les
végétaux (la mosaïque du tabac) et les animaux (la fièvre aphteuse).
Dans les années 1886-1892, Adolf MAYER (Hollande) et M.V.Bejerinc le botanicien danois
ont donné le non latin Virus à l’agent d’infestation.
A. Mayer a décrit la mosaïque du tabac tout en notant que cette maladie pouvait se transmettre
à des plantes saines par frottement. Il démontra que le fluide contagieux pouvait traverser les
filtres en porcelaine de Chamberland donc pouvait conclure que l’agent pathogène n’était ni
un champignon ni une bactérie.
L’idée de Toxine produite par les bactéries ou de batteries filtrante a été émise par Ivanovski.
M.V Beijerinck en 1892 a montré que l’agent de la mosaïque du tabac était capable de se
multiplier dans les cellules des plantes donc ne pouvait pas être une toxine.
En conclusion de ses recherches, il aboutit à une substance fluide qu’il nomma. Contagion
virum, fluidum. Par la suite l’agent de la mosaïque fut alors qualifié de virus filtrant puisqu’il est
à mesure de se reproduire dans les cellules vivantes.
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En 1935 Y. Stenli le 1ER dans l’histoire a obtenu le virus du tabac en état propre, et prouve
que le virus est composé d’albumine (ARNet ADN).
Il réussit à cristalliser le TMV alors que d’autres (Bawden et Pirie 1936) obtinrent des vrais
cristaux avec le Tomato Bushy Stunt Virus (TBSV) et montrent que ces cristaux étaient des
nuléoprotéines. Gere et Schram ont à leur tour prouver que l’infectiosité du TMV était localisée
dans l’acide ribonucléique (ARN).
Ex. - African Cassava mosaîc virus peut entraîner des pertes de 24-75% sur les plantules de
manioc
- Maize streak virus peut anéantir la production si le maïs est attaqué une semaine
après la levée
Les virus sont des parasites qui vivent et se multiplient obligatoirement à l’intérieur des cellules
vivantes de l’homme, des animaux, des insectes, des plantes, des champignons et des
bactéries.
Il existe plus de 200 viroses des insectes. L’utilisation des virus dans la lutte biologique a eu
un succès les 20-40 dernières années. Beaucoup de préparations virales ont vu le jour, les
techniques de production des préparations virales ont été élaborées et les produits mis au
marché. Biotrole VHZ, biotrole VTH, viron H2, virine
En santé humaine et animale les types de virus sont multiples : Adénovirus (conjonctivite
virale), Coccivirus (variole), Picarnavirus (poliomyélite, hépatite A et B), Paramycovirus
(rougeole, oreillon), Caranovirus (rhumes), Rhabdovirus (rage), Retrovirus (sida), Aphtovirus
(fièvre aphteuse), Morbilivirus (peste bovine).
Les virus sont privés de système de synthèse de protéine, de ferments et d’énergie donc
dépourvus de toutes propriétés métaboliques propres.
Les particules virales présentent des formes isométriques ou globuleuses (25-70 nm), des
formes de bâtonnets rigides ou des formes filamenteuses, d’autres possèdent des
particules bacilliformes.
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Les virus sont des polymères d’unités, appelées nucléotides et associés à une gaine en
protéine (nucléoprotéines). Dans le cas des virus à enveloppe la nucléoprotéine peut être
revêtue d’une gaine de nature lipidique ou glycoprotéine.
Le nucléotide est constitué d’un sucre à 5 atomes de carbone (pentose) d’une base azotée
et d’un groupement phosphate.
La molécule d’acide nucléique est composée de nucléotides attachés les uns aux autres par
des liaisons covalentes ester- phosphates qui relient le 5 phosphate d’un nucléotide au 3’ OH
du nucléotide suivant.
La chaîne polynucléotide est généralement monocaténaire (une chaîne) et peut aussi être
bicatenaire (2 chaînes). Dans le dernier cas, les bases de chaque chaîne sont disposées face
à face et sont reliées entre elles par des liaisons hydrogènes.
2. Structure du virus
- pas de noyau, pas de cytoplasme
ARN ou ADN
Enzyme (transcriptase)
La découverte quasi-fréquente des nouvelles maladies à virus sur des nouvelles plantes ne
simplifie pas l’étude du phénomène viral. Plusieurs classifications ont été élaborées mais
aucune n’est définitive à l’heure actuelle. Le plus souvent on classe les maladies d’après le
type de symptômes plutôt que les virus.
3. Classification
i. Système LHT :
Depuis 1960 un système de classification dit LHT (Lwoff, Horne, Tournier) basée sur :
Le type de l’acide nucléique, son pourcentage dans le virus, le nombre de fibre de l’acide et
son architecture permettent de distinguer les virus à ARN et les virus à ADN.
- Les virus à symétrie hélicoïdale (symétrie par rapport à un point) ces virus se
présentent au microscope électronique sous forme de bâtonnets rigides ou filaments
flexueux.
- Les virus isométriques : la symétrie est isocaéodrique (par rapport à un point).
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- Virus à symétrie cubique : Cette forme de virus résulte de l’assemblage des
capsomères et est caractérisée par le nombre de capsomères par arrête.
- Bactériophage : où virus à symétrie complexes possédant une tête à symétrie
hélicoïde entourée par une gaine contractile pouvant former une queue par laquelle
passe le matériel génétique pour atteindre la bactérie.
- Les virus à enveloppe : Qui sont de gros virus enveloppés dans un tube lipoprotéine et
à symétrie généralement hélicoïdale.
La nomenclature des virus peut être définie sous la base de la plante hôte, le type de
symptôme (nomenclature symptomatique).
Ex. Tabaco Mosaïque Virus symptôme principal (mosaïque) sur la plante hôte (tabac).
L’opinion consensuelle actuelle est qu’une taxonomie hiérarchique stricte des virus ne peut
être établie pour deux raisons :
1- les virus ont une origine polyphyletique c’est – à- dire que les divers groupes de virus se
sont formés de façons indépendantes à différents moments.
Ce système universel de taxonomie des virus englobe les agents viraux infectant l’homme,
les animaux, les plantes et établit les niveaux hiérarchiques d’ordres, familles, sous-
familles, genres et espèces.
Des niveaux inférieurs de sous-espèces, souches et de variants peuvent être définis sur la
base des propriétés biologiques comme la symptomatologie ou l’interaction avec les gènes
de résistances de l’hôte.
Au sein de ces groupes, les virus sont classés en ordre (suffixe « -ales », en famille
(suffixe « - viridea »), en genres (suffixe « -virus »).
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Ce système de taxonomie des virus englobe les agents viraux infectant l’homme, les
animaux, les plantes et établit des niveaux hiérarchiques d’ordres, familles, sous familles,
genres et espèces.
Des niveaux inférieurs de sous-espèces, souches et variants peuvent être définis sur la base
de propriétés biologiques comme la symptomatologie ou l’interaction avec les gènes de
résistance de l’hôte.
Les différents types de génome viraux sont divisés en sept groupes fondamentaux selon la
classification de Baltimore.
Au sein de ces groupes les virus sont classés en ordres, familles, genres et espèces.
Les ordres –suffixe (-ales), les familles-suffixe (-viridae), les genres-suffixe (-virus)
La distribution des phytovirus en genres et familles est basée sur trois critères :
- la masse moléculaire.
Si les gènes viraux forment un seul filament d’ADN ou d’ARN génomique le virus est appelé
virus à génome monopartie, mais si le génome est divisé en plusieurs espèces distinctes,
le virus est un virus à génome fractionné ou multipartite.
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(Quelques éléments du tableau de classification)
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Caulimoviridae Cassava vein CsVMV-virus de la mosaïque des nervures du
mosaice-like manioc
viruses
SbCMV-virus de la marbrune chlorotique du soja
Soybean chlorotic
mottle-like viruses
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En santé
Figurehumaine les virus
5 : Présentation sont multiples
schématique et causent
des familles beaucoup
et genres de maladies
(ou groupes) et les voies de
de phytovirus
transmissions sont diverses.
Enveloppe
Capside
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Génome Spicule
Les virus pathogènes possèdent les propriétés d’organismes vivants. La reproduction virale
très souvent s’accompagne de mutation, aboutissant à l’apparition chez le virus de nouveaux
signes caractéristiques différents de ceux des parents.
La capacité du virus de former de nouvelles formes de virus rend très difficile la lutte contre
les maladies virales.
Les virus se conservent généralement dans les tissus et les cellules des plantes.
IL y a des formes résistantes qui peuvent vivre dans les produits de récolte pendant des
mois voir même l’année.
EX. le virus de la mosaïque du tabac peut se maintenir dans les feuilles sèches pendant 50
ans.
On parle d’infection systémique quand un virus est capable de se mouvoir du site d’infection
primaire pour atteindre d’autres régions de la plante après une étape d’amplification du
génome.
Les virus se déplacent d’abord de cellule à cellule à travers les plasmodesmes et ensuite à
longue distance via le phloème. Le mouvement de cellule à cellule implique la participation
d’une ou plusieurs protéines spécialisées (protéines de mouvement).
Les mouvements du virus dans le phloème est gouverné par les mêmes paramètres qui
régissent le mouvement des photoassimilats selon le schéma « source – puits » où les
feuilles matures photosynthetiquement actives (sources) produisent et fournissent les
photoassimilats tandis que les jeunes feuilles non photosynthétiquement actives agissent en
tant que puits pour ces assimilats.
La pénétration ne s’effectue que par des ouvertures artificielles (blessure, lésion) ou des
vecteurs (arthropodes, nématodes, champignons).
1. La pénétration :
Elle débute pat l’adsorption liée à l’interaction électrostatique entre protéines membranaires et
protéines capsidiques. Les virus pénètrent en s’associant aux protoplastes.
Les virus nus pénètrent par pinocytose et son d’abord contenus dans les vacuoles
intracytoplasmiques avant d’atteindre leur site de multiplication.
Virus enveloppé
Fusion-lyse
Membrane cellulaire
2. La décapsidation :
Une fois dans la cellule de l’hôte l’acide nucléique (ARN) se libère de sa couche protectrice
exprime l’information génétique. Chaque type de virus s’octroi d’un environnement moléculaire
particulier correspondant à « une niche écologique » où il effectue sa reproduction.
3. La réplication et traduction :
L’acide nucléique viral inséré dans le flux de l’information cellulaire communique ses propres
instructions aux mécanismes de synthèse de la cellule. Il y a détournement du métabolisme
cellulaire en faveur du virus et formation de particules virales par duplication de l’acide
nucléique viral et synthèse des protéines de la capside. Le complexe réplicatif est lié à des
structures membranaires appelées viroplasmes.
Après la réplication de l’ADN viral (protéine non structurale), une transcription tardive
s’effectue et aboutit à la synthèse de la protéine structurale capable de s’incorporer dans
l’édifice viral.
Virus à ARN
ARN + lu directement
Les nouvelles particules virales migrent vers les cellules voisines et sont entraînées par la
sève vers tous les organes de la plante.
C’est un auto-ensemblage à partir des composants viraux. Les virus enveloppés tirent leur
enveloppe des membranes cellulaires cytoplasmiques ou moléculaires qui sont modifiées par
l’adjonction de spicules sur la face externe et de protéine de matrice sur la face interne.
La libération des virus nus se fait par éclatement des cellules de l’hôte.
Les symptômes de l’infection virale peuvent être divers mais dépendent de la plante, de la
durée de l’infection, du virus et des conditions climatiques.
Les symptômes sont atypiques (chlorose, nanisme etc.). Ils peuvent être regroupés par leur
effet sur :
Les mycoplasmes (phytoplasme) se distinguent des virus par le fait qu’ils contiennent à la
fois l’ARN et l’ADN.
Les cellules de mycoplasmes contiennent aussi des ribosomes de type bactérien. Ils se
multiplient par division binaire.
Dans la plante les mycoplasmes s’installent dans les vaisseaux, dans les nervures des
feuilles, les tiges et dans les fleurs déformées.
Certains virus sont très résistants, se conservent dans les débris végétaux, les graines
(haricots, tomates), les bulbes d’oignon, les tubercules et dans le sol (virus du tabac et la
tomate).
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La conservation d’inoculum se fait principalement par les semences, les plantes hôtes et les
vecteurs.
Les agents de la maladie des feuilles jaunes (mosaïque jaune) sont moins résistants. Ils vivent
seulement dans les parties vivantes des plantes et les éléments de bouturage. L’agent des
viroses se trouve dans la plante, dans le jus donc la phytovirus, les pluies est impossible.
Cette transmission peut être conduite au laboratoire à partir du jus des feuilles contaminées
qui donne l’inoculum viral. L’inoculum peut être, porté sur les feuilles des plantes saines à
l’aide de doigts ou d’instruments. C’est la transmission horizontale.
X. METHODES DE LUTTE
1. Prévention
❖ Mesures agrotechniques
- Elimination des sources d’infections et des vecteurs
- Nettoyage des outils de travail et des mains avec une solution de 3-10 % de phosphate
trisonique ;
- Variétés résistantes ou tolérantes aux virus et aux vecteurs ;
- Semences propres (sélection sanitaire aux champs des semences) ;
- Respect des normes et dates des semis ;
- Rotation des cultures ;
- Destruction des mauvaises herbes, des plantes malades, des débris de végétaux qui sont
des réservoirs ;
- Conditions optimales de croissance et de développement.
❖ Prémunition par vaccination :
Inoculer une souche virale produisant des symptômes atténués pour protéger les plantes
contre l’infection par les souches sévères du même virus.
Les virus qui font l’objet de prémunition et en commerce sont le virus de la Tristeza des
agrumes, Le virus de la mosaïque du tabac.
2. Traitement
La thermothérapie :
On expose le végétal à une forte température qui est capable de détruire les virus à l’image
de la fièvre chez les humains (par bains chauds, ou en serre chauffée).
La cryothérapie.
Technique in vitro de stockage du matériel biologique à très basse température (azote liquide
à -196°c). C’est une technique d’assainissement des virus chez les plantes à multiplication
végétative.
La chimiothérapie :
Utilisation des produits chimiques pour guérir les viroses . La chimiothérapie est confrontée au
problème de toxicité des plantes traitées. L’application est de nos jours difficiles mais on peut
retenir la désinfection chimique des semences ; l’utilisation d’antibiotique et autres produits.
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BACTERIES VIRUS
Deux types d’acides nucléiques ADN et Un seul type d’acide nucléique ADN ou
ARN ARN
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Sous-Chapitre 4-2: VIROSES DES CULTURES
Elle est transmise par des cicadelles (Cicadulina sp) de manière persistante et est la maladie
la plus importante du maïs.
Symptômes :
formation sur les feuilles de longues stries chlorotiques discontinues qui réduisent la surface
photosynthétique, perturbent le développement de la plante.
Méthode de lutte :
2. VIROSE DU MIL :
Freckled Yellow Disease (maladie jaune)- Attaque le mil, le sorgho et le maïs.
Symptômes
- au début, petites tâches de couleur jaune crème disposées en ligne entre les nervures,
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3. LA MOSAÏQUE DE LA CANNE A SUCRE (Saccharum virus)
- dans les cas graves, la plante est rabougrie, la maladie cause des dégâts peu importants.
Méthode de lutte:
4. LA MOSAÏQUE DU TABAC
Agent pathogène
le tabac est attaqué pendant toutes les phases de végétation au point de blessure mécanique.
Il peut résister dans les feuilles sèches et dans les débris de tabac,
Les taches apparaissent sur les feuilles supérieures qui se fissurent quand elles se
dessèchent.
Méthode de lutte
- variétés résistantes,
- semences améliorées,
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- désinfection des semences (avec formaline),
- labour et hersage,
Symptômes :
Le virus attaque les feuilles à partir des extrémités supérieures qui prennent des colorations
vert-claires,
Les virus X et S se transmettent quant il y a contact entre les tiges malades et saines
(transmission par voie de contact et par le sol)
Symptômes :
c. Salanium virus 14 – S - L
Symptômes:
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Les pertes de rendement peuvent atteindre 30 – 70 %.
Salanium virus 14 fait une période d’incubation de 16 – 24 heures dans l’agent vecteur et peut
demeurer dans l’insecte pendant 3 semaines.
Salanium virus 14 se conserve dans les tubercules, les mauvaises herbes et est répandu par
les insectes piqueurs.
Méthode de lutte :
6. VIROSES DE LA TOMATE :
Enroulement des feuilles de la Tomate
TYLC est fréquent dans la zone sahélienne. Les pertes peuvent atteindre 15% en cas
d’attaque avant la floraison.
Symptômes :
Méthode de lutte :
7. LA MOSAIQUE DU BLE
Plantes attaquées : Principalement le blé, mais aussi le maïs, le sorgho, le riz et le petit mil.
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Symptômes
La maladie est causée par le virus RYMV (Rice Yellow Mottle Virus).
Les plantes attaquées par cette virose présentent les symptômes suivants :
Trois à quatre semaines après repiquage, les signes apparaissent chez la plante attaquée.
Cette maladie est transmise par les insectes Sessibia pusila (Coléoptère) par un mode
persistant. Elle peut anéantir toute une récolte.
Méthode de lutte :
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9. VIROSES DU NIEBE :
Le CGMV n’est signalé que sur le Niébé en zone Soudano - sahélienne. Il provoque des dégâts
variables. Il est transmis par une mouche blanche Bemissia tabaci de manière persistante.
Symptômes :
-Formation de taches jaune vives qui se joignent pour donner une coloration dorée à
toutes les feuilles attaquées.
Méthodes de lutte :
Cette maladie est fréquente en zone sahélienne ou les pertes peuvent atteindre 60%. Elle peut
attaquer aussi l’arachide. Elle est transmise par Cotheca métabilis (Coléoptère) dé manière
semi persistante
Symptômes :
Mosaïque jaune vif à vert claire très marquée sur les jeunes feuilles. Le jaunissement peut
toucher les nervures.
Méthodes de lutte :
L’agent vecteur est Bémissia tabaci (mouche blanche) selon le mode persistant.
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Symptômes :
Méthode de lutte :
Symptômes :
Méthodes de lutte
Elle est très destructrice dans le monde (plus de 25 millions d’arbres en Amérique du Sud) :
a. Le cadang-cadang du cocotier :
Cette maladie conduit doucement à la mort de l’arbre. Gadang-gadang en langue philippine
veut dire mourant, très répandue au Philippine (30 000 000 de cocotiers détruits).
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Aucune transmission par insecte n’est connue.
Psorosis A sur les jeunes feuilles sous la forme de taches blanches ou jaunes entre les
nervures.
Psorosis B sur les vieilles feuilles, les taches rondes s’observent avec formation de boutons.
Il y a 4 autres formes de psorosis.
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ANNEXES
Annexes 1 : caractéristique et symptômes typiques des bactéries
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Annexes 2: Caractéristique et symptômes typiques des virus
Caractéristiques
Nutrition Reproduction Types de Virus
générales
*Particule à base Parasitisme -Pas possible de se 1-Virus à ADN
de nucléotides obligatoire/vivant reproduire eux *Geminivirus
(acide nucléique) même *Caulimovirus
*vivant que -Uniquement dans *Badnavirus
lorsqu’introduit la cellule de leur 2-Virus à ARN
dans un vivant cible/hote vivant *Phytoreovirus
(parasite qui est dit parasité *Cytorhabdovirus
obligataire) *Cucumovirus
*immobile
(Transport via des
vecteurs
*1000 types de
virus /plantes
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