Libéralités, 2025
LES LIBERALITES
La loi n°64-380 du 07 octobre 1964 relative aux donations entre vifs et aux
testaments est désormais remplacée par la loi n°2020-669 du 10 septembre 2020
relative aux libéralités.
La libéralité est définie comme l’acte par lequel une personne dispose à titre gratuit
de tout ou partie de ses biens ou de ses droits au profit d’une autre personne. Cette
opération de disposition se fait soit par donation entre vifs, soit par testament
(art.1).
CHAPITRE I : GENERALITES
SECTION I : CAPACITE DE RECEVOIR OU DE DISPOSER PAR DONATION
ENTRE VIFS OU PAR TESTAMENT
A. Conditions pour disposer
• Pour faire une donation entre vifs ou un testament, il faut être sain d’esprit
et majeur ou mineur émancipé (art.8) ;
• Le mineur, devenu majeur ou émancipé, ne peut disposer au profit de son
ancien tuteur que si le compte de la tutelle a été apuré (art.11) ;
• Les dispositions au profit des collectivités ou établissements ou des
associations d’utilité publique doivent être autorisées par l’autorité de tutelle
et la libéralité doit être exempte de toute charge ou condition (art.12).
B. Conditions pour recevoir
• Pour recevoir entre vifs, il faut être conçu au moment de la donation (art.9) ;
• Pour recevoir par testament, il faut être conçu au moment du décès du
testateur ;
• Cependant, la donation ou le testament ne produiront leur effet que si
l’enfant est né vivant ;
• Les personnes qui ne sont ni déterminées, ni déterminables ne peuvent
recevoir à titre gratuit (art.10) ;
• Les médecins, pharmaciens et personnels soignants qui ont traité une
personne pendant la maladie des suites desquelles elle meurt, ne peuvent
bénéficier des dispositions entre vifs ou testamentaires qu’elle aurait faites
en leur faveur pendant le cours de sa maladie ; il en est de même des ministres
du culte et des notaires (art.13).
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SECTION II : REDUCTION DE LA PORTION DE BIENS DISPONIBLES
A. Portion des biens disponibles
• Les libéralités ne peuvent excéder le ¼ des biens du disposant si, à son décès,
il laisse des enfants ou descendants d’eux ;
• Les libéralités ne peuvent excéder la moitié des biens si, à défaut d’enfants
ou de descendants d’eux, le disposant laisse des ascendants ou un conjoint
survivant, des frères et sœurs ou descendants d’eux (art.14) ;
• A défaut de tous ces héritiers précités, les libéralités peuvent épuiser la
totalité des biens (art.15).
B. Réduction des donations et legs
• Les libéralités sont réduites aux différentes proportions ci-dessus citées
lors de l’ouverture de la succession, s’il existe des héritiers
réservataires ;
• Seules les personnes au profit desquelles la réserve est faite, leurs
héritiers ou ayants cause peuvent demander la réduction des dispositions
entre vifs, à l’exclusion des créanciers du défunt (art.19) ;
• La réduction commence par les biens donnés par testament et par les
dernières donations (art.21) ;
• Lorsque la valeur des donations entre vifs excède ou égale la quotité
disponible, toutes les dispositions testamentaires sont caduques (art.23).
CHAPITRE II : DONATIONS ENTRE VIFS
La donation entre vifs est un acte par lequel le donateur se dépouille actuellement
et irrévocablement de la chose donnée, en faveur du donataire qui l’accepte (art.2).
SECTION I : FORME DE LA DONATION ENTRE VIFS
• Toute donation d’immeuble ou de droits immobilier doit se faire par acte
notarié ;
• Toute donation de meuble ou de d’effets mobiliers peut être faite soit par
acte notarié, soit acte sous seing privé ;
• La donation entre vif ne produit son effet que du jour où elle est expressément
acceptée par le donataire ;
• La donation doit être acceptée, si elle est faite à un mineur par ses père et
mère ou par son tuteur ;
• La donation acceptée est parfaite par le seul consentement des parties ;
• Le donateur doit livrer la chose donnée et s’abstenir de tout acte susceptible
d’en troubler la jouissance ;
• Seuls les biens présents peuvent faire l’objet de donation entre vifs, à
l’exclusion des biens à venir ;
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• Toute donation entre vifs faite sous des conditions dont l’exécution dépend
de la seule volonté du donateur, est nulle.
SECTION II : EXCEPTION A LA REGLE DE L’IRREVOCABILITE DE LA
DONATION ENTRE VIFS
La donation entre vifs peut être révoquée pour deux causes : l’inexécution des
conditions sous lesquelles elle est faite et l’ingratitude.
A. Inexécution des conditions
• Dans ce cas, les biens reviennent au donateur, libres de toutes charges et
hypothèques du chef du donataire ;
• Le donateur a, contre les tiers détenteurs des immeubles donnés, tous les
droits qu’il aurait contre le donataire lui-même.
B. Ingratitude
Les cas d’ingratitude sont les suivants :
• Le donataire a attenté à la vie du donateur ;
• Il s’est rendu coupable envers lui de sévices, délits ou injures graves à sa
personne ou à sa mémoire ;
• Il lui refuse les aliments.
N.B : la révocation ne peut avoir lieu de plein droit. L’action en révocation pour
cause d’ingratitude appartient au donateur. En cas d’atteinte à la mémoire du
donateur par le donataire, l’action en révocation appartient aux héritiers du
donateur.
CHAPITRE III : TESTAMENTS
Le testament est l’acte par lequel le testateur dispose, pour le temps où il n’existera
plus, de tout ou partie de ses biens, en faveur d’un ou de plusieurs légataires (art.3).
SECTION I : FORME DES TESTAMENTS
A. Testament olographe (art.63)
• C’est le testament écrit en entier, daté et signé de la main du testateur ;
• Il n’est assujetti à aucune autre forme
B. Testament par acte public
• Il est dicté par le testateur au notaire qui l’écrit lui-même ou le fait
écrire à la main ou mécaniquement ;
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• Lecture en est donnée au testateur qui le signe avec le notaire ;
• Le testament par acte public peut être reçu par deux notaires (art.64) ;
• S’il est reçu par un seul notaire, il doit être authentifié, en présence du
notaire et du testateur, par le président du tribunal de la résidence du
notaire (art.67).
C. Testament mystique
• Pour ce genre de testament, les dispositions du testateur sont mises dans une
enveloppe close, cachetée et scellée ;
• Accompagné de deux témoins qu’il a choisis, le testateur remet l’enveloppe
au notaire ;
• Le procès-verbal de dépôt est dressé ;
• Le testament mystique pour lequel les formalités légales n’ont pas été
observées est nul, mais vaut comme testament olographe si les conditions de
validité de ce testament sont remplies ;
•
SECTION II : REVOCATION ET CADUCITE DU TESTAMENT
• Le testament ne peut être révoqué que par un testament postérieur ou par un
acte notarié exprimant le changement de volonté (art.107) ;
• Toute disposition testamentaire est caduque si celui en faveur de qui elle est
faite décède avant le testateur (art.111) ;
• Toute disposition testamentaire faite sous une condition dépendant d’un
évènement incertain sera caduque, si le légataire décède avant
l’accomplissement de la condition ;
• Le legs est caduc, si la chose léguée a totalement péri pendant la vie du
testateur ;
• La disposition testamentaire est caduque, lorsque le légataire la répudie, ou
se trouve dans l’impossibilité de recueillir le legs ;
• Lorsque le legs est fait à plusieurs personnes conjointement, il y a lieu à
accroissement au profit des autres légataires, si l’un des légataires répudie la
disposition testamentaire ou est dans l’impossibilité de recueillir le legs ;
N.B :
v Legs : don par testament ;
v Legs universel : don par testament de la totalité ses biens ;
v Legs à titre universel : don par testament d’une quote-part de ses
biens (exemple le 1/2, 1/3, ¼… des biens) ;
v Legs particulier : don par testament d’un bien individualisé (exemple :
don d’une voiture parmi tant de biens).
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