Les entreprises engagent généralement chaque année des frais d'entretien et de réparation qui
ont pour objectif de maintenir les immobilisations en état normal de fonctionnement. Se pose
alors la question de leur comptabilisation en charges ou en immobilisations.
Etape 1 - Identifier les dépenses pouvant être comptabilisées en charges
Etape 2 - Comptabiliser les dépenses d'entretien et de réparation
Etape 3 - Respecter les dispositions fiscales
Les dépenses d'entretien et de réparation doivent respecter un certain nombre de dispositions
comptables et fiscales.
Etape 1 - Identifier les dépenses pouvant être comptabilisées en charges
En principe, les pièces de rechange et le matériel d'entretien sont inscrits dans le stock et
comptabilisés dans le résultat lors de leur consommation. Toutefois, il faut comptabiliser en
charges uniquement les dépenses d'entretien et de réparation qui ne répondent pas aux critères
de comptabilisation à l'actif et celles qui ne sont pas destinées à être utilisées au-delà de
l'exercice en cours (soit sur une durée supérieure à 12 mois).
Exemple
Le remplacement d'un moteur de voiture sera à immobiliser car il aura des effets bénéfiques
sur les exercices futurs.
Le plan général comptable (PGC) prévoit en effet que sont considérés comme des
immobilisations corporelles, et non comme des charges, en tant qu'exception à la règle :
les pièces de rechange principales et le stock de pièces de sécurité sont utilisables sur
une durée supérieure à 12 mois, soit généralement sur plus d'un exercice ;
les éléments qui ne peuvent être utilisés qu'avec une immobilisation corporelle
spécifique (par exemple, des pièces non interchangeables).
Exemple
Sont comptabilisées comme des immobilisations les pièces de rechange des machines de
découpe de tôle au laser (remplacement de la nappe à tapis, d'un soufflet mécanique optique,
de la pompe à vide de refroidissement et des cartes à processeur), d'une chaîne cataphorèse
(installation de deux pompes et d'un compteur volumétrique) et des cabines de peinture (pose
d'une pompe d'évacuation des eaux usées) (CAA Nantes, 12 juin 2014, n° 13NT01648).
Distinction en charges et immobilisations : réfection d’une voie d’accès à un site industriel
Une société a comptabilisé dans un compte de charges une facture de travaux d’entretien de la
voie d’accès à la carrière qu’elle exploite, travaux d’entretien nécessités par le passage
régulier de camions pesant entre trente et quarante tonnes.
L’administration fiscale fait valoir que les travaux réalisés comprenaient le nettoyage du fond,
la consolidation des abords, la fourniture et la mise en place de grave-émulsion de bitume et
d’un revêtement bicouche. Estimant que l’ajout d’un revêtement bicouche renforce la
résistance et diminue l’usure du chemin d’accès et que ces dépenses avaient pour effet de
prolonger d’une manière notable la durée probable d’utilisation d’un élément de l’actif
immobilisé destiné à servir de façon durable à l’activité de l’entreprise, l’administration
fiscale a remis en cause la déductibilité des dépenses correspondantes.
Le juge confirme le rehaussement, nonobstant l’avis contraire de la commission
départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires. Est également sans
incidence sur cette qualification le caractère temporaire de l’autorisation administrative
d’exploiter les installations.
immobilisation/charge pour les travaux de désamiantage, Acheter la
conséquences de la requalification fiscale de charges en copie
immobilisations
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COMPTABILITE | 09/2003
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Revue : Bulletin CNCC
N° de la revue 131
Page(s) p. 499-500
Ref 87185
Résumé Compte tenu de la réponse publiée par la CNCC en mars
2002, qui concluait à la prise en charge des travaux de
désamiantage dès lors que ces travaux n’ont pas pour effet
d’augmenter la valeur de l’actif ou sa durée d’utilisation, le
traitement préconisé par l’administration fiscale est-il
conforme au Plan comptable général ? La non constatation de
l’immobilisation faisant perdre à la société le bénéfice de la
déductibilité des amortissements, est-il possible de constater
une provision non déductible fiscalement égale au montant de
la base de redressement notifiée et dont la reprise
interviendrait sur les mêmes bases que le plan
d’amortissement de l’immobilisation constatée à la suite du
redressement
fiscal ? A ces questions, la Commission des études
comptables a estimé que s’agissant de coûts identifiés relatifs
à des travaux qui n’ont pas pour but d’augmenter la valeur de
l’actif ou sa durée de vie, même s’ils sont réalisés dans le
cadre d’une opération globale de réhabilitation, les dépenses
de désamiantage ne peuvent être immobilisées. Cependant, si,
pour des raisons fiscales, l’entreprise est obligée de corriger
les bases d’amortissement des immobilisations, il convient de
déprécier immédiatement ces charges immobilisées
(puisqu’elles ne répondent pas comptablement à la définition
d’une immobilisation). La provision pour dépréciation ainsi
constituée sera reprise au fur et à mesure des amortissements
pratiqués. La Commission attire l’attention sur le fait que
cette solution ne pourra plus être pratiquée lors de l’entrée en
vigueur en 2005 du règlement n° 2002-10 du CRC relatif à
l’amortissement et la dépréciation des actifs. Ce règlement
dispose en effet que la constitution d’une provision pour
dépréciation entraîne nécessairement la révision prospective
du plan d’amortissement.