MOUVEMENT ARTISTIQUE
NÉOCLASSICISME (1775 – 1815)
- Inspiré de l’Antiquité gréco-romaine, il prône un retour aux
valeurs de clarté, d’ordre et de rigueur.
- Utilisation d’un dessin précis, de contours nets et d’une
composition équilibrée.
- Palette de couleurs sobres et limitées, souvent dominées par des
tons froids.
- Recherche de la perfection formelle et idéalisation des figures.
- Valorisation des thèmes historiques, mythologiques et héroïques,
mettant en avant des idéaux de vertu,de discipline et de
moralité.
Joseph-Marie Vien, La Marchande d'Amour
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STYLE EMPIRE (1805-1830)
Plus présent dans le mobilier, le style Empire marque la domination
politique de Napoléon Bonaparte à travers les arts. En rupture avec la
sobriété néoclassique, il remet au goût du jour l’ostentation. Il
s’associe à l’égyptolomanie, dans le sillage des campagnes militaires.
- Composition monumentale et équilibrée : mise en scène
symétrique inspirée des fresques antiques.
- Lignes précises et dessin rigoureux : héritage du néoclassicisme,
influencé par l’art antique et Raphaël.
- Palette de couleurs riches et profondes : dominantes de rouge,
or, bleu et blanc, renforçant l’effet majestueux.
- Utilisation du clair-obscur : pour accentuer le relief et donner une
impression de grandeur.
- Idéalisation des personnages : musculature parfaite, visages
nobles et expressions dignes.
Tableau Empire de François Pascal Simon Gérard
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ROMANTISME (1790-1848)
L’évasion artistique proposée par l’artiste romantique est émotive et
fantastique, ce qui implique la liberté de la créativité. Il s’agit de
retranscrire mélancolie, nostalgie, sentiment du sublime et souffrance,
par opposition avec la supériorité de la raison humaine prônée par les
Lumières.
Exaltation des émotions, du rêve et de la subjectivité, en opposition à
la rigueur classique.
- Importance de la nature, souvent représentée comme un élément
puissant, sublime et incontrôlable.
- Usage de couleurs vives, de contrastes marqués et de
compositions dynamiques.
- Recherche du mouvement et de l’intensité dramatique dans les
scènes représentées.
- idéalisme avec une réalité fantasmée et embellie
- Intérêt pour l’exotisme, le mysticisme, le surnaturel et les thèmes
historiques ou littéraires.
Tableau romantique de Füssli
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ORIENTALISME (1800s)
Chez l’artiste orientaliste, l’atmosphère fabuleuse du conte ou du rêve
domine. Le désir d’évasion et de connaissance s’associe au fantasme
du monde musulman.
- Sujets exotiques et pittoresques : paysages désertiques, bazars,
harems, scènes de rue, palais orientaux.
- Couleurs riches et vibrantes : tons chauds, dorés, contrastes
marqués.
- Lumière éclatante : rend compte de la chaleur et de l’atmosphère
lumineuse des pays orientaux.
- Détails minutieux et réalisme : costumes, tissus, architectures
finement reproduits.
- Vision idéalisée et fantasmatique : l’Orient est souvent
représenté comme mystérieux, sensuel et hors du temps.
Tableau orientaliste d’Ingres
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RÉALISME (1840-1880)
Le refus de l’artiste des conventions le pousse à s’intéresser aux
aspects indignes et vulgaires de la vie. Il entend représenter le monde
contemporain.
- Représentation fidèle et objective de la réalité, sans idéalisation
ni dramatisation excessive.
- Mise en avant des scènes de la vie quotidienne, du monde rural
et du travail.
- Palette souvent terreuse et naturelle, avec une attention
particulière aux textures et à la lumière.
- Volonté de traduire les inégalités sociales et de donner une voix
aux classes populaires.
- Rejet du romantisme et de l’imaginaire pour privilégier une
approche documentaire et engagée.
Tableau réaliste de Courbet
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IMPRESSIONNISME (1870-1880)
L’impressionnisme repose sur la volonté de capter la lumière naturelle
à différents instants. Les artistes ne cherchent pas nécessairement à
produire une représentation fidèle d’un paysage ou d’une scène, mais
plutôt à saisir sur le vif. L’impression est esquissée, inachevée, afin de
rendre la fugacité de la vie moderne
- Peinture en plein air pour capturer les variations de la lumière et
de l’atmosphère.
- Touches rapides et visibles, sans contours précis, donnant une
impression de spontanéité.
- Utilisation de couleurs pures, souvent appliquées côte à côte sans
mélange préalable.
- Thèmes modernes : scènes urbaines, loisirs, paysages, instants
fugaces de la vie quotidienne.
- Importance de la perception immédiate et de l’instantanéité,
souvent au détriment du détail.
Tableau impressionniste de Monet
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POINTILLISME (1880-1900)
Les artistes pointillistes pratiquent la pose de couleur pure en petits
points, afin de figurer la décomposition de la lumière.
- Application de petites touches de couleur pure sous forme de
points juxtaposés.
- Mélange optique : les couleurs ne sont pas mélangées sur la
palette mais fusionnent dans l'œil du spectateur.
- Théorie scientifique des couleurs : inspirée des travaux de
Chevreul et de Rood sur le contraste et la perception des
couleurs.
- Effet lumineux intense grâce à la décomposition des couleurs et à
l’absence de tons gris ou noirs mélangés.
- Thèmes variés, souvent inspirés du quotidien, des paysages et
des scènes de loisirs (Un dimanche après-midi à l’île de la Grande
Jatte de Seurat)
Tableau pointilliste de Seurat
7
CUBISME (1900-1910)
L’artiste cubiste préfère le cube pour fragmenter ses compositions
jusqu’à l’abstraction. Il multiplie les points de vue, afin de forcer le
spectateur à reconstruire les formes lui-même.
- Fragmentation des objets et figures en formes géométriques.
- Représentation simultanée de plusieurs points de vue dans une
même image.
- Palette de couleurs souvent restreinte, axée sur les tons terreux
et neutres.
- Rejet de la perspective traditionnelle au profit d’une vision
déconstruite de la réalité.
- Recherche d’une nouvelle manière d’appréhender l’espace et la
structure des formes.
Tableau cubiste de Juan Gris
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FUTURISME (1910-1930)
La passion de l’artiste futuriste pour la vitesse et le progrès technique
place au cœur de son œuvre la représentation du dynamisme des
grandes villes.
Célébration du mouvement, de la vitesse et de la modernité
industrielle.
- Dynamisme extrême dans les compositions, avec des formes
éclatées et en superposition.
- Rejet du passé et exaltation du progrès technique et mécanique.
- Influence des nouvelles technologies et des avancées
scientifiques.
- Style agressif et énergique, marqué par des lignes obliques et
des effets de répétition.
Tableau futuriste de Luigi Russolo
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DADAÏSME (1915-1920)
Ce courant artistique réunit des artistes qui expriment leur rage envers
la guerre. L’artiste dadaïste remet en cause l’ordre établi.
Rejet des conventions artistiques et de la logique traditionnelle.
- Promotion du hasard, de l’absurde et de la provocation comme
principes créatifs.
- Utilisation du collage, du photomontage, des objets détournés et
des performances.
- Contestation des valeurs culturelles et politiques en réponse à la
guerre et à la société bourgeoise.
- Démystification de l’art en le rendant volontairement incohérent
et imprévisible.
Œuvre dadaïste de Marcel Duchamp
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SURRÉALISME (1920-1960)
L’artiste surréaliste refuse la logique et la raison, et préfère libérer son
inconscient ; ses phobies, ses désirs, ses rêves réprimés.
Exploration de l’inconscient, des rêves et de l’imaginaire.
- Association d’éléments incongrus pour créer des images
troublantes et poétiques.
- Influence de la psychanalyse et des théories freudiennes sur
l’esprit humain.
- Importance du hasard, de l’écriture automatique et de
l’expression libre.
- Vision du monde où le rationnel et l’irrationnel se mêlent pour
révéler une réalité supérieure.
Tableau surréaliste de Dali
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RÉALISME SOCIAL (1930-1940)
Les artistes américains réalistes et socialistes proposent un art
populaire, à contenu social ; ils archivent ainsi les conditions de vie des
zones rurales appauvries.
- Sujets liés au monde du travail et à la pauvreté : ouvriers,
paysans, mineurs, migrants, chômeurs.
- Style réaliste et détaillé : refus de l'idéalisation, représentation
brute du quotidien.
- Engagement social et critique : dénonciation des inégalités, du
capitalisme, de l’exploitation.
- Couleurs sobres et compositions austères : accent sur
l'expressivité et la dureté des conditions de vie.
Tableau réaliste américain de Grant Wood
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ART DÉCO (1920-1940)
L’Art Déco se définit comme un art luxueux et décoratif, encouragé par
les compagnies de transport ; il célèbre la vitesse, le voyage et le luxe.
Style ornemental et élégant caractérisé par des formes géométriques
épurées.
- Influence des avancées technologiques et de la modernité, avec
une recherche de sophistication.
- Usage de matériaux luxueux (marbre, verre, chrome, bois
précieux) et de contrastes marqués.
- Fusion entre tradition et innovation, avec un design fonctionnel et
raffiné.
- Présence marquée en architecture, mobilier, mode, affiches et
arts visuels.
Tableau Art Déco de Tamara de Lempicka
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POP ART (1950-1970)
Le Pop Art puise son inspiration dans la publicité, les médias, le design.
Les artistes pop s’intéressent à la culture populaire de masse.
- Inspiration de la culture populaire, des médias de masse et de la
publicité.
- Utilisation de couleurs vives et de motifs reconnaissables
(célébrités, produits de consommation, bandes dessinées).
- Critique et célébration de la société de consommation et du culte
de l’image.
- Recours à des techniques industrielles (sérigraphie, reproduction
en série).
- Démystification de l’art en le rapprochant du quotidien et en
supprimant la frontière entre haute culture et culture populaire.
Tableau Pop de Roy Lichtenstein
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HYPER-RÉALISME (1965)
Les hyper-réalistes optent pour une peinture et une sculpture
descriptive et figurative ; ils copient les photographies et effectuent
des moulages corporels.
- Représentation extrêmement détaillée et illusionniste, proche de
la photographie.
- Thèmes du quotidien, souvent banals ou anodins, sublimés par
un rendu précis et minutieux.
- Utilisation de techniques sophistiquées pour reproduire textures,
lumières et reflets.
- Mise en question de la perception et du rapport entre réalité et
image.
- Influence du Pop Art dans son intérêt pour la culture de masse et
les objets de consommation.
Tableau hyperréaliste de Norman Rockwell
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STREET ART (1990s)
Le street art est un courant artistique contemporain qui rassemble des
artistes autour de la pratique de l’art urbain (à l’origine un art
éphémère né dans la rue). Les artistes français et internationaux
manient à la perfection la communication 2.0 et les réseaux sociaux.
- Art urbain qui s’exprime sur les murs, le mobilier urbain et
l’espace public.
- Utilisation de techniques variées : graffiti, pochoirs, affiches,
collages, installations.
- Messages souvent engagés, politiques ou humoristiques, avec
une volonté de démocratiser l’art.
- Pratique parfois illégale, en opposition à l’art institutionnalisé des
galeries et musées.
- Évolution vers une reconnaissance internationale avec des
artistes influents et des œuvres commandées par des villes.
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VOCABULAIRE PEINTURE
Application picturale
Empâtement : Application épaisse de peinture en relief.
Glacis : Couche transparente superposée pour modifier la teinte et la
luminosité.
Fondus : Fusion progressive des couleurs sans contours marqués.
Lavis : Couche fluide et diluée pour des effets de transparence.
Craquelures : Fissures dans la peinture dues au vieillissement.
Estompe : Atténuation des contours par un effet de flou ou de
dégradé.
Techniques d’Application
Tamponnage : Application par touches ponctuelles, souvent avec une
éponge.
Dripping : Projection de peinture goutte à goutte (Jackson Pollock).
Pointillisme : Petits points juxtaposés de couleur pure (Seurat,
Signac).
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Grattage (Sgraffito) : Incision dans la couche picturale pour révéler
les couleurs sous-jacentes.
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Composition
Cadrage : Délimitation de la scène dans l’espace du tableau.
Perspective linéaire : Construction en profondeur avec lignes de
fuite et point de convergence.
Perspective atmosphérique : Effet de profondeur par atténuation
des couleurs et des contrastes.
Équilibre des masses : Répartition harmonieuse des formes et
volumes.
Dynamisme : Sensation de mouvement créée par la composition et
les diagonales.
Plan successif : Superposition d’éléments pour marquer la
profondeur.
Lumière et Couleur
Clair-obscur : Contraste marqué entre les ombres et les lumières
(Caravage).
Tons rompus : Couleurs mélangées pour adoucir l’intensité.
Tons purs : Couleurs vives non mélangées, posées directement sur la
toile.
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Reflets : Effets lumineux sur des surfaces brillantes (eau, métal).
Ombres portées : Zones sombres projetées par un objet éclairé.
Contraste chaud/froid : Opposition de teintes chaudes (rouge, jaune)
et froides (bleu, vert).
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