Fiche de cours
2. Les personnages secondaires
a. Les Gardes
Ils ne sont pas des personnages issus de la tragédie antique et
se contentent de passer au travers de la tragédie sans la
comprendre ni avoir aucun influence sur elle : ils ne sont que
des instruments du pouvoir royal. Ils sont présentés comme
des brutes, et même comme des machines soumises à la
hiérarchie. Englués dans leur quotidien avec « femmes et
enfants », ils sont très intéressés par une augmentation et leur
promotion sociale qui leur permettra de se saouler, de jouer aux
cartes - activité qui enserre la tragédie - et de rigoler (p. 57-60).
b. Hémon
Fils de Créon et amoureux d'Antigone, il se comporte
comme un enfant face à son père pour sombrer dans le
désespoir le plus total et se suicider devant la dureté de la vie.
Figure peu présente dans la pièce avec seulement deux
apparitions (le congé donné par Antigone et la supplication
devant Créon), il est le prototype de l'incompris qui finit par se
révolter contre toute attente et par devenir éminemment
tragique car il passe sans transition de l'amoureux (p. 37 à 44),
à l'enfant trahi par son père (p. 100-104), au héros tragique et
silencieux ( p. 117).
c. La Nourrice
La nourrice est un personnage traditionnel des
tragédies mais ne lui appartient pas. Elle représente la vie
quotidienne comme préparer le « café » (p. 21), des « tartines »
(p. 31) et des « laits de poule » (p. 19). Ce personnage est
fondamentalement positif et rassure l'héroïne tragique qui, dans
ses bras, redevient une enfant qui n'a « plus peur »
(p. 33). « Nounou plus forte que la fièvre, nounou plus forte que
le cauchemar […], nounou plus forte que la mort » (p. 32).
Amoindrissant la peur d'Antigone en la traitant comme une
enfant, son personnage augmente l'intensité tragique de la
pièce tout en restant hors de la tragédie.
d. Le page
Ce personnage est celui d'un enfant, pur et naïf qui
accompagne le Roi, lui rappelle son emploi du temps (p. 122 :
« Conseil, monsieur ») et serait prêt à mourir pour lui (p. 53).
Il est un personnage tragique en devenir puisqu'il est construit
sur le même type que le personnage d'Œdipe : il voit tout mais
ne comprend rien et aspire à grandir pour « savoir » (p. 122).
e. Le messager
Le messager est un personnage type de la tragédie
antique ; il est décrit comme un « garçon pâle […] qui rêve »
(p. 12). Il a une unique fonction : annoncer la mort d'Hémon à
son père (p. 117-119) qu'il connaît dès le prologue « c'est pour
cela qu'il n'a pas envie de bavarder ni de se mêler aux autres ».
Son intervention dans la pièce est donc extrêmement limitée
mais c'est une séquence clef de la tragédie à laquelle il
participe activement d'autant que son ombre menaçante plane
sur l'intégralité de la pièce.
f. Eurydice
Femme de Créon, elle est présentée comme « une vieille
dame qui tricote » et « tricotera pendant toute la tragédie
jusqu'à ce que son tour vienne de se lever et de mourir »
(p. 11). Elle a un rôle positif : « bonne, digne, aimante » mais
pas tragique : « une bonne femme parlant toujours de son
jardin, de ses confitures, de ses tricots, de ses éternels tricots
pour les pauvres » (p. 120). De plus, elle n'a de reine que le
titre puisqu'elle n'intervient à aucun moment pour conseiller
son mari : « elle ne lui est d'aucune aide » (p. 11).
g. Le Chœur
Traditionnellement, c'est un groupe d'acteurs qui commentent
l'action et font entendre la voix de l'opinion commune, le Chœur
est, ici, réduit à un seul acteur. Son rôle de commentateur
s'exerce à la page 53 lorsqu'il définit ce que doit être une
tragédie et à la page 122 lorsqu'il met à distance la tragédie.
Ces deux interventions donnent son mouvement à la tragédie
et la rythment grâce au leitmotiv « et voilà » qui les inaugure.
Cependant, il n'a aucune action réelle sur les événements
comme le prouvent les suggestions inutiles qu'il fait (p. 101-
102) à Créon pour empêcher la mort d'Antigone.