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III.3. LE METAMORPHISME ET LES ROCHES MÉTAMORPHIQUES
III.3.1. Le métamorphisme
III.3.1.1. Définitions
Le terme métamorphisme (du grec meta = changement et morph = forme) regroupe
l’ensemble de transformations que subissent les roches lorsque la température, la
pression, la nature des fluides et éventuellement la composition chimique de la roche
changent. Ces transformations entraînent une réorganisation des éléments dans les
roches et, de ce fait, un changement des minéraux de ces roches : on dit qu’il y a
recristallisation. Ces transformations peuvent aussi se limiter aux relations texturales
entre les différents minéraux, sans changement de ceux-ci. Par opposition aux roches
magmatiques, cette recristallisation se fait à l’état solide, c’est-à-dire sans l’intervention
du magma.
Le métamorphisme peut donc être défini comme une adaptation minérale et structurale
de roches préexistantes, à l’état solide ; lorsqu'elles sont soumises â des conditions
de température et de pression différentes de celles qui ont régné au cours de leur
genèse.
On appelle métamorphisme, la transformation à l’état solide d’une roche donnée en
une autre roche dite métamorphique, sous l’effet d’une élévation de température et/ou
de pression, avec comme conséquences : la cristallisation de nouveaux minéraux et
l’acquisition de textures et structures particulières.
Le domaine du métamorphisme commence à des températures de l'ordre de 100 à
200 °C et à des pressions proches de 1 Kbar. Il s'arrête au début de la fusion c'est à
dire à des températures et pressions élevées variables, mais en moyenne température
600°C et pression 13 ou 14 Kbars.
Les roches métamorphiques se forment dans les zones de déformations intenses de
la croûte terrestre : les zones de subduction, les chaînes de montagnes etc....
Le métamorphisme peut affecter :
Des roches sédimentaires, on parlera dans ce cas de roches
paramétamorphiques ou paradérivées,
Des roches magmatiques, on parlera de roches orthométamorphiques ou
orthodérivées,
Des roches métamorphiques, on parlera dans ce cas de roches
polymétamorphiques.
Le gros des roches métamorphiques (en volume) provient du métamorphisme
régional. Selon le degré de métamorphisme régional, il se développe une suite bien
spécifique de minéraux. Ces minéraux deviennent donc, pour une roche
métamorphique donnée, des indicateurs du degré de métamorphisme qu'à subit la
roche.
A partir des assemblages minéralogiques, on peut établir le niveau des pressions et
des températures à laquelle a été soumise la roche, et ainsi évaluer sa profondeur
d'enfouissement dans les racines d'une chaîne de montagne.
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Comme pour les roche ignées et sédimentaires, on applique un certain nombre de
noms aux roches métamorphiques. Le tableau qui suit présentent les plus courants en
fonction du degré de métamorphisme.
Une roche métamorphique est un type de roches dont la formation a pour origine la
transformation à l'état solide des roches sédimentaires, magmatiques ou encore
métamorphiques, en raison des modifications des paramètres physico-chimiques du
milieu dans lequel elles évoluent (notamment la pression et la température). Cette
transformation, désignée sous le terme de métamorphisme, se traduit par une
modification de la texture, de l'assemblage minéralogique à l'équilibre ou de la
composition chimique de la roche. La roche originelle d'une roche métamorphique est
appelée le protolithe.
III.3.1.2. Les facteurs du métamorphisme
Les facteurs du métamorphisme sont les modifications de la pression, de la
température et de la composition chimique (apport ou perte).
Une roche est caractérisée par un assemblage minéralogique. Cet assemblage est
stable seulement pour des conditions de pression et de température données. Si la
pression et la température varient, alors les minéraux se transforment en nouveaux
minéraux stables dans les nouvelles conditions de pression et de température. Donc
les principaux facteurs du métamorphisme sont : la température et la pression.
Diagramme pression-température (P-T)
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a. La pression
La pression résulte du poids des roches susjacentes. Au-delà de quelques centaines
de mètres de profondeur, la pression s’exerce dans tous les sens, comme dans un
fluide, d’où son nom de pression lithostatique. Pour des roches dont la densité
moyenne serait de 2,7, la pression lithostatique serait de 2.700 kg/cm2 (2,7 Kbars, soit
2,7.106 hPa) à 10 km et de 5,4 Kbars à 20 km. A titre de comparaison, la pression à
5000 m de profondeur dans un océan est de 500 kg/cm 2 (0,5 Kbar).
On distingue en géologie deux types de pression : la pression géostatique et la
pression orientée (dirigée) ou stress.
La pression géostatique en un point est dûe au poids des roches sus-jacentes
Une roche donnée subit des poussées diversement orientées, de la part des
roches qui l'entourent. La pression géostatique résultante s'apparente donc à la
pression hydrostatique. Elle croît avec la profondeur.
La pression dirigée ou stress est une pression engendrée par les contraintes qui
agissent sur la lithosphère, notamment sous l'effet de la collision et de la
subduction ...
En même temps que la température des roches augmente en profondeur, les
pressions qu'elles subissent s'élèvent progressivement. C'est la pression en accord ou
non avec la température qui modifie la structure des roches. Ces pressions sont dues:
A la charge de sédiment ou pression statique
C'est le poids des sédiments, des couches sur les roches en profondeur. Par exemple
en prenant 2.5 comme densité moyenne des roches de l'écorce terrestre, on arrive à
une pression de 1000 atmosphères (atm) à une profondeur de 4000 m.
Aux poussées orogéniques
Ces poussées qui conduisent aux déformations de l'écorce terrestre, créent une
pression orientée dont les effets sont plus intenses que ceux dus simplement à la
charge.
Les effets de la pression sont :
• La pression favorise les réactions chimiques,
• La pression favorise l'apparition de minéraux plus denses.
Mais au fur et à mesure que l'on s'enfonce, il devient difficile de dissocier ces deux
facteurs : température et pression.
b. La température
Elle augmente avec la profondeur (degré géothermique) sous l'influence des courants
de convection et avec la mise en place des roches magmatiques plutoniques ou
volcaniques.
Si dans une région, le gradient géothermique moyen (augmentation de la
température avec la profondeur) est d’environ 30°C/km. Ce qui donne, si on extrapole
cette valeur de façon linéaire, des températures de l’ordre de 300°C à 10 km et de
600°C à 20 km de profondeur.
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En s'enfonçant progressivement sous de nouvelles couches de sédiments ou au
contact d'autres couches plus chaudes, les roches sont soumises à des températures
de plus en plus élevées. Il existe trois sources de chaleur :
La géothermie ou chaleur interne de la terre
Elle se manifeste par une augmentation de la température moyenne de 1°C par 30 m
environ. C'est ce que l'on appelle le gradient thermique. A 10 km de profondeur la
température se situe entre 250 et 300 °C. L'augmentation de la température augmente
la vitesse des réactions, la mobilité des fluides et altère les réseaux cristallins. La
radioactivité des couches de roches peut localement ajouter ses effets à celui du
gradient géothermique.
Les déformations mécaniques
Elles sont principalement dues aux plissements qui sont génératrices de chaleur. Le
long de certaines failles, la présence de roches vitreuses laisse supposer que la
température de fusion a été atteinte. Cependant les déformations de l'écorce terrestre
sont des phénomènes lents et il est probable que la chaleur produite doit être
rapidement dissipée. L'élévation de la température dans ce cas ne pourrait avoir qu'un
effet faible et localisé.
Les intrusions magmatiques
La mise en place de batholites de granites sont accompagnées d'élévation de
température des roches encaissantes. Cependant l'élévation de la température n'est
pas le facteur déterminant du métamorphisme. Elle agit indirectement en facilitant les
réactions chimiques et en diminuant la viscosité des fluides, mais ne modifie pas
profondément la structure des roches.
c. Les modifications chimiques
Généralement le métamorphisme est isochimique c'est à dire qu'il n'entraîne ni
addition, ni soustraction des constituants chimiques de la roche de départ. Au cours
du métamorphisme, la composition chimique globale de la roche affectée n'est donc
pas modifiée.
Cependant il existe, bien que rare, un métamorphisme appelé métasomatisme ou
métamorphisme allochimique qui s'accompagne d'une modification
(métasomatose) de la composition chimique des roches originelles.
Dans certains cas, la composition originelle des roches peut être modifiée par des
apports et des départs d'éléments tels Si, Al, Na, K. Ce métamorphisme allochimique
est d'extension limitée et concerne surtout le métamorphisme hydrothermal. Les
circonstances géologiques qui provoquent les augmentations de pression et de
température peuvent être diverses. Il existe ainsi des métamorphismes :
De hautes températures et basses pressions relatives, situation au contact
d’un magma s’intrudant dans des roches situées à des profondeurs relativement
faibles (quelques km).
De basses températures et hautes pressions relatives, qui affectent
typiquement des portions de croûtes continentales entraînées par subduction à
de grandes profondeurs. La pression y augmente plus vite que la température
en raison de la mauvaise conductance des roches. Le segment peut ainsi
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atteindre des zones très profondes, et par conséquent subir une forte pression,
tout en conservant une température relativement peu élevée.
De moyennes températures et pressions, qui suivent plus ou moins le
gradient géothermique normal et sont liés le plus souvent à un plissement.
d. La durée
Le facteur temps à une telle importance en géologie, qu'il serait illusoire de penser qu'il
n'intervient pas dans le métamorphisme. Exemple : une pression brutale mais courte
entraîne un écrasement des roches : la mylonitisation. Alors qu'une pression plus faible
mais de longue durée à des effets plus importants sur la roche.
III.3.1.3. Les effets du métamorphisme
a. Effets minéralogiques
Au cours du métamorphisme, il se produit des changements minéralogiques qui
s'opèrent par le biais des réactions chimiques appelées réactions de métamorphisme.
Ces réactions se déroulent dans des conditions de pression et de température bien
définies qui peuvent être étudiées et reproduites expérimentalement. La mise en
œuvre de ces réactions se traduit dans les roches par la naissance de minéraux
nouveaux, les minéraux de métamorphisme qui apparaissent selon un ordre bien
établi significatif des conditions P/T dans lesquels les roches ont été placées. C'est le
cas de l'andalousite, la sillimanite et le disthène, minéraux de même composition
chimique AL2SiO5, mais qui vont apparaître et être stables dans des conditions P/T
différentes. L'andalousite est un minéral caractéristique des domaines de faible
pression, le disthène au contraire se rencontre dans les régions à haute pression alors
que la sillimanite apparait dans les domaines à haute température.
b. Effets structuraux
Sous l'effet des pressions orientées, les roches métamorphiques vont présenter un
feuilletage plus ou moins serré, distinct de la stratification originelle et selon lequel
elles peuvent se débiter en lames plus ou moins épaisses et régulières. Ce feuilletage
est appelé schistosité. La schistosité se développe d'autant mieux que le grain de la
roche est plus fin. Avec l'augmentation des contraintes et de la température, à la
schistosité va s'ajouter une différenciation pétrographique marquée par la
cristallisation des nouveaux minéraux et leur orientation selon des plans définis,
souvent perpendiculaires à la direction de la pression : C'est la foliation. La roche
prend alors un aspect lité ou rubanné (exemple gneiss à lits quartzo-feidspathiques
et à lits micacés).
III.3.1.4. Les limites du métamorphisme
Dans un diagramme P-T, du côté des basses températures, premier domaine du
métamorphisme est limité par le champ de la diagenèse. Vers les hautes
températures, il est limité par le domaine de l'anatexie du granite hydraté, c’est à dire
le domaine où débute la fusion des roches.
Le domaine du métamorphisme commence à des températures de l'ordre de 100 à
200°C et à des pressions proches de 1 Kbar. Il s'arrête au début de la fusion c'est-à-
dire à des températures et pressions élevées variables, mais en moyenne T 600°C et
P 13 ou 14 Kbars.
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Limites du métamorphisme dans le diagramme pression/ température
Le métamorphisme est différent de l'altération qui est le processus géologique qui
transforme les roches situées dans la zone superficielle du globe terrestre dans le
domaine des températures et pressions atmosphériques.
Le métamorphisme est également différent du magmatisme car au cours du
métamorphisme les roches restent à l'état solide, contrairement au magmatisme qui
implique la fusion des roches.
Le métamorphisme se situe au-delà de la diagenèse (mécanisme de transformation
des sédiments nouvellement déposés en roches sédimentaires) qui s'opère
essentiellement par compaction au cours de l'enfouissement dans un domaine de
pressions et de températures basses.
L’anatexie marque la limite entre le domaine des transformations à l’état solide du
métamorphisme et celui du magmatisme. Cette limite d’anatexie indique les conditions
au-delà desquelles les roches commencent à fondre en produisant un magma de
composition granitique : les roches subissent une fusion partielle. L’anatexie est
constituée des deux parties :
Le paléosome : partie ancienne non affectée par l'anatexie (généralement du
matériau gneissique),
Le néosome : partie nouvelle partiellement ou totalement affectée par la fusion,
divisée en :
o leucosome : région de gros grains clairs (quartz, feldspath) issus du liquide
recristallisé
o mélanosome : région de petits grains sombres de minéraux réfractaires
(biotite, cordiérite, sillimanite) qui n'ont pas fondu, le mélanosome ayant peu
conservé la structure métamorphique de la roche initiale, contrairement au
paléosome.
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Le mésosome désigne une région d'une anatexite de couleur intermédiaire entre le
leucosome et le mélanosome.
III.3.1.5. Les types de métamorphisme
Deux grands types de métamorphisme produisent la majorité des roches
métamorphiques : le métamorphisme de contact et le métamorphisme régional, mais
il existe d’autres types de métamorphisme.
a. Le métamorphisme de contact ou local
Le métamorphisme de contact est généré par une très forte hausse de la température
dans la roche encaissante au contact d'une intrusion plutonique. Le métamorphisme
de contact se produit typiquement au contact d’un magma. Le métamorphisme de
contact est celui qui se produit dans la roche encaissante au contact d'intrusifs.
Lorsque le magma encore très chaud est introduit dans une séquence de roches
froides, il y a transfert de chaleur (les flèches) et cuisson de la roche encaissante aux
bordures. Les minéraux de cette roche sont transformés par la chaleur et on obtient
une roche métamorphique. Ainsi, les calcaires argileux dans lesquels s'est introduit le
magma qui forme aujourd'hui le Mont-Royal, ont été transformés, tout autour de la
masse intrusive, en une roche dure et cassante qu'on nomme une cornéenne. On
appelle cette bordure transformée, une auréole métamorphique. Sa largeur sera
fonction de la dimension de la masse intrusive, de quelques millimètres à plusieurs
centaines de mètres, allant même à quelques kilomètres dans le cas des très grands
intrusifs.
Le métamorphisme de contact se déroule autour des intrusions magmatiques et
résulte de l’augmentation de la température au contact des magmas. Ce type de
métamorphisme entraîne la recristallisation chimique de roches encaissantes
(beaucoup de réactions entre minéraux) avec très peu de déformation.
On appelle auréole métamorphique, l'enveloppe de roches métamorphisées qui
entourent une intrusion. Elle est épaisse de quelques mètres à quelques centaines de
mètres (la largeur de l’auréole dépend de l’importance de la masse intrusive). Le degré
du métamorphisme augmente dans toutes les directions quand on s’approche de
l’intrusion. Les roches métamorphiques dans ces auréoles sont typiquement à grain
fin (le temps n'est pas une variable importante pendant un métamorphisme de
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contact): on les appelle cornéennes. Ce type de métamorphisme est à haute
température, basse pression. II se développe dans les terrains sédimentaires au
contact d'un massif granitique et de ses apophyses. Les terrains encaissants sont
d'autant plus profondément modifiés qu'ils sont près du granite. Ils forment une
succession de zones concentriques ou auréoles de métamorphisme.
S’il y a recristallisation progressive sans apport étranger à la roche, on parle
d'exomorphisme,
S'il y a interpénétration des roches encaissantes et du granite, il y a modification
de la composition dans ce cas on parle d'endomorphisme.
Les roches modifiées au contact de massifs éruptifs sont les cornéennes et les
schistes tachetés, d'où l'appellation de zones de schistes tachetés et zones des
cornéennes. Les cornéennes et les schistes tachetés sont des roches modifiées par
l'accroissement de la température et des injections de gaz, quand les masses
éruptives traversent des séries sédimentaires. Il se développe alors des sortes
d'auréoles de quelques centaines de mètres de largeur où s'exprime le
métamorphisme de contact ou métamorphisme local. Plus on s'éloigne de l'auréole,
plus la recristallisation devient plus faible. La zone interne est celle des cornéennes et
la zone externe celle des schistes tachetés. C'est ce qui explique la recristallisation
totale qui élimine le litage originel des cornéennes, alors que les schistes tachetés ne
sont que partiellement recristallisés et conservent le litage originel.
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Dans la partie interne de l'auréole de contact, le schiste change de couleur : du rouge
ou du vert, il passe au gris ou noir par remplacement de l'hématite par la magnétite.
Une seconde transformation peut se produire avec l'apparition de cristaux
d'andalousites ou de cordiérite. On a alors des schistes tachetés.
b. Le métamorphisme régional ou général
Le métamorphisme régional s'effectue à grande échelle et correspond à d'importantes
modifications des conditions de pression et de température. Le métamorphisme
régional est celui qui affecte de grandes régions. Il est à la fois contrôlé par des
augmentations importantes de pression et de température. C'est le métamorphisme
des racines de chaînes de montagnes.
Le métamorphisme régional produit trois grandes transformations : une déformation
souvent très poussée de la roche, le développement de minéraux dits métamorphiques
et le développement de la foliation métamorphique. Dans ce dernier cas, les cristaux
ou les particules d'une roche ignée ou sédimentaire seront aplatis, étirés par la
pression sous des températures élevées et viendront s'aligner dans des plans de
foliations ; c'est la foliation métamorphique caractéristique de ce type de
métamorphisme.
Le métamorphisme régional affecte de grandes superficies (plusieurs dizaines de
milliers de kilomètres carrés) qui sont le siège de déformations tectoniques et
contraintes orientées. Il se produit au cœur des grandes chaînes de Montagnes sous
des conditions de haute température-haute pression. Les roches métamorphiques
formées sont toujours orientées et très déformées (schistes, micaschistes, gneiss).
Le métamorphisme régional se produit au cœur des chaînes de montagnes. Ici
l'auréole de métamorphisme de quelques centaines de mètres fait place, à des séries
cristallophylliennes de plusieurs dizaines de Km. Le métamorphisme général ou
régional affecte les parties profondes de l'écorce terrestre dans les régions
orogéniques. Donc à la différence du métamorphisme de contact, il peut être dû à des
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phénomènes mécaniques contemporains. Les apports sont de plus en plus importants
au fur et à mesure que les zones profondes sont venues à jour. Il ne semble pas qu'il
y ait une différence de nature entre le métamorphisme de contact et le métamorphisme
régional. C'est plutôt une différence de degré, due à ce que l'apport se fait dans le
métamorphisme régional à une échelle régionale, générale et non localisée.
Les roches qui en résultent sont à la fois feuilletées et largement cristallines. Les
roches cristallophylliennes s'organisent en séries et sont susceptibles de présenter
des variations latérales de faciès et des horizons repères. Ces ensembles stratifiés et
très épais, correspondent à d'anciennes roches sédimentaires ou éruptives et sont
appelés roches cristallophylliennes. La recristallisation n'est pas due à l'intrusion d'un
corps chaud (apophyse) mais elle est due à une augmentation générale de la
température et de la pression à l'intérieur de l'écorce terrestre. Du point de vue de leur
texture, ces roches possèdent une réelle foliation due à l'existence d'un litage, d'une
stratification, une superposition de lits de minéraux blancs et de minéraux colorés. A
l'échelle du gisement les roches cristallophylliennes sont architecturées en blancs.
c. Le métamorphisme de choc (ou d’impact)
C'est un métamorphisme exceptionnel de haute pression (P atteignant 10 5 Kbars) et
de haute température (T=104 C) dû à l'impact d'une grosse météorite sur des roches
terrestres. Les roches formées appelées impactites présentent des marques de
fusion (présence de verre), des fractures coniques (shattercones) et la cristallisation
de minéraux particuliers tels coésite et stishovite (forme de silice de haute pression),
jadéite (pyroxène), spinelles.
Le métamorphisme de choc est celui produit par la chute d'une météorite à la surface
de la planète. Le choc engendre des températures et des pressions énormément
élevées qui transforment les minéraux de la roche choquées, des températures et des
pressions qui sont bien au-delà de celles atteintes dans le métamorphisme régional.
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Il est très exceptionnel et dû à la chute de grosses météorites et se produit dans des
conditions de très hautes pressions. Les roches formées au point d’impact sont des
impactites et renferment des minéraux caractéristiques de très hautes pressions
comme la coésite, la stishovite et le diamant. L’impact provoque aussi l’apparition de
plans de déformations dans des minéraux comme le quartz (quartz choqués). Les
roches peuvent acquérir des structures particulières appelées shatter-cones. Ce type
de métamorphisme est très rare.
d. Le métamorphisme d’enfouissement
Ce type de métamorphisme se produit dans des bassins sédimentaires profonds à la
base des séries sédimentaires épaisses de plusieurs kilomètres lorsque la
température dépasse 300°C en l’absence de contraintes orientées. Ce
métamorphisme est peu marqué et se manifeste par la formation de nouveaux
minéraux (essentiellement les zéolithes). Le métamorphisme d'enfouissement suit la
diagenèse et précède le métamorphisme régional.
e. Le métamorphisme cataclastique ou dynamique ou dynamométamorphisme
C’est un métamorphisme surtout lié aux contraintes qui se développent dans les zones
de failles. Il est donc très localisé au domaine des failles. C’est un métamorphisme
cataclastique qui se manifeste essentiellement par un broyage plus ou moins intense
conduisant à la formation des roches appelées Mylonite.
Ce type de métamorphisme se produit dans les zones de failles ou des grands
accidents cassants. Il est lié aux contraintes et déformations qui se développent dans
ces zones de failles et à l’augmentation de la température due aux frictions. Les roches
situées dans ces zones sont broyées et pulvérisées ce qui conduit à la formation de
roches appelées : brèches tectoniques et mylonites. Ce type de métamorphisme est
très localisé, limité dans l'espace.
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Le métamorphisme cataclastique ou dynamique ou encore dynamométamorphisme
est provoqué par les contraintes qui se développent dans les zones de failles. Il est
donc localisé au domaine des failles. C'est un métamorphisme dit cataclastique qui se
manifeste essentiellement par un broyage plus ou moins intense conduisant à la
formation des brèches tectoniques appelées "mylonites.
Ce métamorphisme serait dû à des actions mécaniques et est très discutable. Pour
certains géologues, il ne semble pas que des facteurs exclusivement dynamiques
soient générateurs de métamorphisme. Déjà P. Termier disait en 1910 : «les actions
dynamiques déforment, elles ne transforment pas».
Quand on observe vraiment un métamorphisme lié à des efforts mécaniques, il est
probable que d'autres facteurs : température et pression sont en jeu.
f. Le métamorphisme hydrothermal
Il est lié à des circulations de fluides (eau) à température élevée. Ces fluides
réchauffent les roches traversées et leur apportent des éléments chimiques
(phénomène appelé métasomatose). Ce type de métamorphisme se rencontre dans
les régions volcaniques.
Il est lié à des circulations de fluides notamment de l'eau minéralisée à température
élevée en relation avec des volcans ou des massifs plutoniques et qui, d'une part,
réchauffent les roches traversées et d'autre part, leur apportent des éléments
chimiques particuliers.
g. Le rétrométamorphisme ou métamorphisme régressif
L'équilibre atteint par une roche métamorphique dans des conditions données peut
devenir instable si ces conditions sont modifiées (le cas des roches métamorphiques
soulevées). Ces roches soumises à de très fortes pressions orientées subissent un
métamorphisme à rebours. Des minéraux, tels que les feldspaths potassiques, se
transforment en séricite et muscovite, les plagioclases en épidote, les pyroxènes en
amphibole, la biotite en chlorite. En plus de la pression, l'altération superficielle est le
second facteur favorisant le rétro métamorphisme.
III.3.1.6. Caractérisation du métamorphisme
a. Composition chimique
La composition chimique des roches métamorphiques varie entre des limites aussi
larges que celles des roches sédimentaires dont elles proviennent. On y trouve :
• Des roches purement siliceuses → les quartzites
• Des roches purement calcaires → les marbres
Les roches magmatiques peuvent également donner naissance à des roches
métamorphiques dont la composition globale est assez voisine de celle de l’argile ou
de la marne. Parfois, il y a apport d’alcalis qui transforme un micaschiste en un gneiss.
Cette feldspathisation des roches est appelée migmatisation (du grec, migma =
mélange). La migmatisation a pour effet de rapprocher la composition chimique des
schistes cristallins de celle des granites. Les fluides interstitiels jouent également un
rôle important dans le métamorphisme, car :
Ils sont un vecteur de chaleur,
Ils sont un vecteur de matière,
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Ils diminuent le point de fusion des roches qui peuvent atteindre plus tôt l’état
fondu (anatexie).
Ainsi, dans la réaction, (muscovite + quartz → feldspath potassique + andalousite +
H2O), on constate une déshydratation de la roche lors de la recristallisation de ses
éléments minéraux.
b. Origine
La dénomination d'une roche métamorphique se fait selon ses principales
caractéristiques, qu'il s'agisse de sa structure, de sa composition minéralogique ou de
son protolithe. Dans certains cas où l'identification de la roche est difficile, le nom qui
lui est attribué est celui de son protolithe affecté du préfixe « méta- ». Dans le cas où
l'origine de la roche métamorphique est connue, son nom est affecté du préfixe « ortho-
», si elle est issue d'une roche magmatique, ou du préfixe « para- », si elle est issue
d'une roche sédimentaire ; ainsi, un paragneiss est un gneiss ayant pour origine une
roche sédimentaire, tandis qu'un orthogneiss est un gneiss originaire d'une roche
magmatique. En raison de leur diversité et de la complexité pour déterminer leur
origine, la classification des roches métamorphiques n'est pas clairement définie et se
base sur différents critères qui amènent à plusieurs types de classification.
c. Structure
La formation et l’accroissement des minéraux d’une roche métamorphique ont lieu en
milieu solide. Les minéraux néoformés remplacent graduellement ceux qui
constituaient la roche initiale avant que soient atteintes les conditions de pression et
de température provoquant l’instabilité de l’association minérale originelle et le début
des réactions métamorphiques. Les structures des roches métamorphiques sont donc
le fruit de la « germination » de nouveaux cristaux, d’où le nom de structures
cristalloblastiques (du grec blastein, bourgeonner) que leur a donné Becke en 1903.
A la différence des roches magmatiques, où la cristallisation se produit dans un ordre
bien défini et durant un temps relativement long, dans les roches métamorphiques, la
croissance des différents minéraux qui constituent l’association minéralogique stable
dans les nouvelles conditions T/P, se fait simultanément. Parmi les structures
cristalloblastiques on définit :
La structure granoblastique (du latin granum, grain) : elle est assez semblable à
la structure grenue holocristalline des roches magmatiques. Dans leur ensemble,
les minéraux sont de taille voisine et sans orientation préférentielle. Elle caractérise
les cornéennes, roches du métamorphisme de contact.
– fp : feldspath potassique
(microcline)
– mi : mica
– pl : plagioclase
– q : quartz
Vue en lame mince, en lumière polarisée analysée
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La structure diablastique (du grec dia, à travers) : lorsque les cristaux des
différents minéraux s’interpénètrent irrégulièrement.
La structure myrmékitique (du grec murmêkitês, qui porte des traces de fourmi)
: voisine de la précédente, elle consiste en petits cristaux de feldspaths
(plagioclase) contenant de fins vermicules de quartz à disposition buissonnante.
On la rencontre surtout dans les roches gneissiques et dans les roches
magmatiques granitoïdes.
– Au centre, vermicules de
quartz (clairs) dans un
feldspath (en noir)
– pl : plagioclase
– q : quartz
Vue en lame mince en lumière polarisée analysée
La structure lépidoblastique (du grec lepidos, écaille) : caractérise les roches
formées par des cristaux lamellaires (micas, chlorite) en quantité notable,
disposées parallèlement les uns aux autres et dont la direction générale est celle
du plan de schistosité ou de foliation.
– Mib : mica blanc
– min : mica noir
Vue en lame mince
La structure nématoblastique (du grec nematos, fil) : s’applique aux roches
montrant des minéraux en aiguilles, cristaux aciculaires sensiblement parallèles
entre eux. Ce type de structure, comme la précédente se rencontrent fréquemment
dans les roches du métamorphisme régional.
La structure kélyphytique (du grec keluphos, écorce) : est déterminée par le
développement d’un minéral ou d’un agrégat de minéraux à la périphérie des
cristaux d’une autre espèce minéralogique ; qui est ainsi partiellement remplacée.
Cette kélyphitisation affecte des pyroxènes, amphiboles, spinelles et surtout
grenats.
La structure porphyroblastique (du grec porphyra, pourpre) : analogue par son
aspect à la structure porphyrique des roches magmatiques, c’est-à-dire que
des porphyroblastes ou phénoblastes (équivalent pour les roches
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………15/44
métamorphiques des phénocristaux) sont enchâssés dans une matrice de cristaux
plus fins.
– Am : porphyroblaste d’amphibole
(actinote)
– ch : chlorite donnant un feutrage
lépidoblastique
– q : quartz
Chlorito-schiste vu en lame mince
La structure poeciloblaste (du grec poikilos, varié) : dans ce type de structure,
les phénoblastes contiennent des inclusions de cristaux plus petits.
– pl : plagioclase
– px : pyroxène
(augite)
Dolérite vue en lame mince en lumière polarisée analysée
La structure hélicitique : même structure que la précédente mais dans laquelle
les phénoblastes ont subi une rotation progressive durant leur croissance,
provoquent des traînées d’inclusions aux lignes sinueuses.
– fp : feldspath potassique rare
– gr : grenat hélicitique (inclusion en
noir)
– mi : mica
– q : quartz
Vue en lame mince d’un michaschiste
d. Texture
La texture exprime la forme, la taille et l'orientation ou non des minéraux. Les minéraux
recristallisés dans les roches métamorphiques sont appelés des blastes par opposition
au terme claste qui désigne les cristaux broyés hérités du protolite. Les textures
suivantes (surtout visibles au microscope) sont distinguées :
texture granoblastique : minéraux en forme de grains peu ou pas orientés ;
exemples de roches : Quartzite, Marbre, Cipolin,
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………16/44
texture blastomylonitique : petits grains orientés ; exemple : Leptynite,
texture lepidoblastique : feuillets phylliteux parallèles à la schistosité ; exemples :
Schistes, Micaschistes,
texture nematoblastique : minéraux aciculaires (en forme d'aiguilles) orientés ;
exemple : Amphibolite,
texture porphyroblastique : présence de grands cristaux (porphyroblastes) ;
exemple : Eclogite à grenats.
Fréquemment, les textures sont associées et forment des lits et des alternances :
textures litées et rubanées ; exemple : gneiss, micaschiste à porphyroblastes de
grenat.
Les textures des roches métamorphiques sont déterminées par la disposition de
l’ensemble des minéraux qui les composent. Lorsque l’on examine un échantillon
d’une roche métamorphique on remarque en général une orientation des différents
minéraux selon une disposition en feuillets (cristallophyllien).
Le métamorphisme de contact ne produit pas de textures particulières car les
minéraux, souvent de grain fin, n’ont pas d’orientation préférentielle, et l’association
minéralogique est habituellement uniforme, sans concentration de minéraux
particuliers dans des niveaux distincts. La seule exception est :
La texture tachetée de certains argiloschistes et phyllades, métamorphisés
ultérieurement par une légère augmentation de température produite par une
intrusion magmatique qui a induit les premières réactions métamorphiques en
quelques endroits seulement de la roche qui se distinguent par de petites taches
de couleurs différentes.
Les roches soumises au métamorphisme régional présentent, quant à elles, des
textures caractéristiques provoquées essentiellement par la pression orientée
d’origine tectonique. On peut distinguer :
La texture schisteuse qui est la plus fréquente. Elle est déterminée par un
feuilletage plus ou moins serré (plans de schistosité) dû à des contraintes
tectoniques.
Vue en lame mince d’un schiste, montrant des lits très minces à séricite et chlorite et
petits grains détritiques ; la schistosité marquée par l’orientation des minéraux
micacés, est légèrement replissée.
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………17/44
Emile Haug donne la définition suivante de la schistosité (de schizein, diviser) : « la
division des roches en feuillets minces suivant des plans qui ne coïncident pas avec
les plans de stratification ». La schistosité se développe d’autant mieux que les grains
sont plus fins. A ne pas confondre avec la texture tabulaire qui affecte certaines
roches magmatiques.
La texture cataclastique (du grec klastein, briser) caractérise de nombreux
gneiss. Elle consiste en la fracturation des grains cristallins produite par des
déformations tectoniques ultérieures.
La texture linéaire s’applique lorsque les roches sont presque entièrement
formées de minéraux tous allongés suivant une même direction, parallèlement à
leur grand axe (cas des amphibolites).
La texture foliée. La foliation s’applique uniquement aux roches
crystallophyliennes. Elle consiste en la séparation des minéraux en deux groupes
qui forment des bandes alternantes parallèles.
La texture gneissique est caractéristique des gneiss, où elle se traduit par une
alternance de niveaux biotitique (micas) et de niveaux quartzo-feldsphatiques.
– fp : feldspath potassique
– mi : micas blancs et noirs
– q : quartz granoblastique
Vue en lame mince d’un gneiss fin
La texture œillée, lorsque certains minéraux, ou groupements de minéraux
(quartz, feldspaths, grenats) forment des nodules alignés, généralement clairs,
pouvant atteindre 1 à 5 cm de diamètre (gneiss œillé). Si les nodules s’allongent
en amande on parle de texture amygdalaire ou glandulaire.
Echantillon d’un gneiss œillé : foliation marquée par d’abondants micas noirs, et yeux
blancs quartzo-feldspathiques.
La texture migmatitique. Sous cette forme on peut réunir les principales
caractéristiques macroscopiques d’un groupe de roches, les migmatites,
constituées d’un matériel granitoïde et d’un matériel métamorphique sous des
formes diverses.
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………18/44
La texture rhéomorphique est assez fréquente dans les migmatites et dans
d’autres roches formées à haute température. Elle est caractérisée par la
déformation en petits plis serrés et irréguliers de bandes de composition
minéralogiques différentes.
Coupe polie de migmatite caractérisée
par l’aspect fluidal des replis affectant
les lits de granitoïde et due à un début
de fusion des roches.
III.3.2. Classification des roches métamorphiques
En raison de leur diversité et de la complexité pour déterminer leur origine, la
classification des roches métamorphiques n'est pas clairement définie et se base sur
différents critères qui amènent à plusieurs types de classification.
Le nom d’une roche métamorphique dépend de ses principales caractéristiques
(structure, composition minéralogique ou roche d’origine, appelée protolithe).
La classification des roches métamorphiques est très complexe car leur aspect et leur
constitution sont étroitement tributaires de deux facteurs très importants :
• La nature de la roche transformée dont il faut tenir compte des caractéristiques,
• La situation de la roche dans une série métamorphisée qui présente différents
degrés définis par les conditions de température et de pression.
III.3.2.1. Faciès
Pour le classement des roches métamorphiques on peut caractériser un certain
nombre de faciès. Mais l'aspect et la constitution des roches métamorphiques sont
étroitement tributaires des deux autres facteurs dont il faut tenir compte :
• La nature de la roche transformée : on retrouve plus ou moins divers faciès types
dans la recristallisation et
• La situation de la roche dans une série métamorphisée.
L'étude des roches sédimentaires et éruptives peut se faire au laboratoire sur un
échantillon, mais pour les roches métamorphiques, il faut en plus étudier la roche dans
ses rapports avec les autres termes de la série, car le métamorphisme s'exerce au fur
et à mesure que l'on s'enfonce.
Les zones où le métamorphisme s'est exercé avec la même intensité, c'est-à-dire où
les roches se présentent avec le même faciès, sont appelées zone d'iso
métamorphisme. L'étude de leur succession est appelée la zonéographie des
formations cristallophylliennes.
Toutes les roches métamorphiques ne sont pas des roches cristallophylliennes. Les
marbres, les quartzites, les cornéennes ne présentent pas une structure feuilletée bien
caractérisée.
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Les principaux faciès métamorphiques. Les droites de stabilité des alumino-silicates
sont représentées; les trois se recoupent approximativement à 600°C et 5 kbars.
La classification des roches métamorphiques par le biais des faciès métamorphiques
utilise l'assemblage minéralogique à l'équilibre des roches étudiées. Chaque faciès
métamorphique correspond à un champ de pression – température donné au sein
duquel est présent un unique assemblage minéralogique à l'équilibre donné. Les
limites entre les différents faciès correspondent à des réactions chimiques par le biais
desquelles apparaissent ou disparaissent certains minéraux index. Le nom des faciès
est tiré de ceux des roches de la séquence basique (roches de composition basaltique
ou gabbroïque).
Champs des principaux faciès minéraux du métamorphisme
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Un faciès minéral est défini par l’association de certains minéraux (la paragenèse)
caractérisant le chimisme d’une roche et le degré de métamorphisme qu’elle a subi.
Les mêmes associations minérales correspondant aux mêmes états d’équilibre se
retrouveront dans des conditions analogues. La classification actuellement en vigueur,
basée sur les travaux de P. Eskola, est la classification en faciès métamorphiques.
L’étude expérimentale a permis de délimiter plus ou moins bien les champs de T et P
où un minéral est stable, et de déterminer, lorsque T et/ou P varient, les réactions
chimiques, avec apparition de nouveaux minéraux.
On fait une distinction entre les faciès rencontrés dans les roches du métamorphisme
de contact et ceux rencontrés dans les roches du métamorphisme régional.
a. Faciès des roches du métamorphisme de contact
Les roches du métamorphisme de contact ont une structure granoblastique et sont
privées de schistosité. Elles sont généralement très dures et à grain fin. Les espèces
minéralogiques stables sont absentes ou très rares. En effet, le facteur principal de ce
type de métamorphisme est l’augmentation de température qui provoque un
déséquilibre des minéraux.
Pour ces roches, on distingue 4 faciès métamorphiques correspondant à la
température de leur formation.
Faciès des cornéennes à albite et épidote (300 - 500°C) : ce faciès est typique
des zones extérieures des auréoles de contact. Par suite des faibles températures
auxquelles elles sont soumises, les roches ne recristallisent pas complètement et
conservent des minéraux reliques, instables, présents dans la roche avant
métamorphisme,
Faciès des cornéennes à hornblende (500 - 670°C) : se formant à des
températures plus élevées, ce faciès se rencontre plus près du contact avec la
roche intrusive,
Faciès des cornéennes à pyroxène (670 - 775°C) : on le rencontre dans les
zones les plus proches du contact. Les roches sont complètement recristallisées,
Faciès des sanidites (775 - 900°C), avec feldspaths sanidine et albite : les roches
appartenant à ce faciès se rencontrent très rarement, au contact avec des roches
intrusives basiques de très haute température ou dans des xénolites contenues
dans les laves.
b. Faciès des roches du métamorphisme régional ou général
Les roches du métamorphisme régional sont caractérisées par leur texture schisteuse,
anisotrope, due à l’influence des pressions orientées. Présentant une grande variété,
leur classement est malaisé. Basée sur les faciès métamorphique d’Eskola, elle
groupe les roches, quelles que soient leur origine et leur composition chimique, en
différents faciès caractérisés par des associations minérales reconnaissable au
microscope et formées dans des conditions particulières de T et P. On distingue :
Faciès à zéolites : les roches présentant ce faciès sont le produit de réactions
métamorphiques ayant lieu à des températures d’environ 300°C et à des pressions
voisines de 3000 bars avec formation de différents minéraux où prédominent les
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………21/44
zéolites. Ce faciès représente une transition entre la diagenèse des sédiments et
le métamorphisme.
Faciès à pehnite et à pumpelyite : se formant à des températures légèrement
supérieures à celles du faciès précédent, les zéolites ne sont plus stables et se
recombinent pour former un minéral hydraté (pumpellyite), accompagné de quartz,
d’albite et parfois d’épidote.
Faciès des schistes verts : à des températures supérieures à 400°C, les
minéraux des roches des faciès précédents ne sont plus stables et se
décomposent en prenant part à des réactions métamorphiques. Les schistes verts
sont caractérisés par la présence de minéraux de couleur verte tels que l’épidote,
l’actinote, le chlorite.
Faciès des schistes à glaucophane - lawsonite : les températures régnant
durant la formation des schistes à glaucophane sont inférieures ou semblables à
celles donnant naissance aux schistes verts (300 - 500°C). Lorsque les pressions
s’élèvent (10000 bars), apparaît la jadéite associée au quartz.
Faciès des amphibolites : les conditions de formation correspondent à des
températures de 500 - 750°C et des pressions de 4000 - 7000 bars. Ce faciès est
caractérisé par la présence d’hornblende verte, avec épidote et albite dans le bas
de la zone ou avec plagioclase plus basique dans la zone supérieure. Les micas
sont stables et c’est la zone de P-T où se situe le point triple des silicates d’alumine
(andalousite, sillimanite, disthène). Les roches caractéristiques sont les
amphibolites, les gneiss, les micaschistes, certains marbres.
Faciès des granulites : les granulites se forment à des températures et pressions
très élevées (750 - 1000°C et 4000 - 12000 bars), atteignant le domaine de
l’anatexie. Ce faciès se caractérise par la disparition des micas (biotite et
muscovite) en présence de quartz, avec orthopyroxène, plagioclase basique et
grenat.
Faciès des éclogites : les éclogites se forment à des températures élevées (700
- 900°C) et des pressions très fortes (13000 - 15000 bars), par conséquent à de
grandes profondeurs (40 à 60 Km). Les gabbros et basaltes se transforment en
une roche à clinopyroxène sodique (omphacite) et grenat almandin (pyrope).
Par exemple :
La transformation albite → jadéite + quartz se produit vers 200°C lorsque P passe
de 9 à 10 kbars
Le point P est le point triple, situé très approximativement, des silicates d’alumine
(andalousite, disthène, sillimanite)
st : staurotide, avec son champ de stabilité (en pointillés) limité par les courbes
d’apparition st+ et de disparition st- lorsque T augmente.
Un faciès métamorphique est défini comme un ensemble de roches métamorphiques
chacune est caractérisée par une association de minéraux tous stables sous les
mêmes conditions de P et T, ce qu’on appelle la paragenèse. Par conséquent, chaque
roche métamorphique est un faciès métamorphique représenté par un ensemble de
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………22/44
minéraux indicateurs. C’est une notion qui permet de regrouper des roches avec des
paragenèses différentes mais soumises à des intervalles de P et T données,
indépendamment de leur composition chimique. Ainsi, les faciès métamorphiques
seront distribués par rapport au grade de métamorphisme.
Droite d’équilibre de réactions expérimentales entre quelques minéraux du
métamorphisme
Les faciès du métamorphisme de contact sont Corn Ab-Ep : cornéenne (auréole
métamorphique) à albite et épidote, Corn Hbl : cornéenne à hornblende, Corn Prxs :
cornéenne à pyroxènes et Sanidinite.
Les faciès Schiste Bleu, Eclogite, Schiste Vert, Amphibolite et Granulite sont des faciès
du métamorphisme régional.
L’anatexie est la fusion partielle des roches dans la croûte terrestre.
Diagramme des faciès métamorphiques avec P en pascal
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Diagramme des faciès métamorphiques avec P en bar
C'est une classification universelle, proposée au début du XXè siècle par le géologue
finlandais Eskola, où pression et température sont nettement explicitées, quelle que
soit la profondeur. Elle a été établie, non plus à partir de la série alumineuse, mais de
la série basique où la variété minérale est plus grande. Il regroupe ainsi, dans un même
faciès des roches qui ont subi un métamorphisme dans des conditions physiques
voisines, quelle que soit leur composition. Un faciès correspond donc à un domaine
défini de température et de pression. Cependant, l'appartenance d'une roche
métamorphique à un faciès donné n'implique pas nécessairement qu'elle ait la
composition de la référence basique.
Exemple : un basalte porté à 20 km de profondeur à 550°C devient une amphibolite,
ce qui donne le nom au faciès, mais un gneiss à deux micas (plagioclases, quartz,
feldspath potassique) appartient aussi au faciès amphibolites bien qu'il ne contienne
pas d'amphiboles.
Faciès des zéolites (cristallinité de l'illite) : marque la transition entre diagenèse et
métamorphisme (température inférieure à 300°C),
Faciès des cornéennes (à amphiboles, à pyroxènes) : caractéristique du
métamorphisme de contact (température élevée, faible pression),
Faciès des schistes verts (zoïsite, épidote, albite) : basse température et faible
pression,
Faciès des schistes bleus (jadéite, glaucophane, lawsonite) = faciès barrovien :
moyenne température et moyenne pression,
Faciès des amphibolites (horneblende, plagioclases) : pressions élevées (2 à 3
kbar) et températures de 600 à 700°C, voisines de la fusion,
Faciès des granulites : (absence de micas, pyroxènes, sillimanite, disthène, grenat)
: pression et températue élevées atteignant le domaine de l'anatexie,
Faciès des éclogites où basaltes et gabbros en une roche à pyroxène (ex : jadéite)
et grenats : température élevée et pression considérable,
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………24/44
Faciès des sanidinites (sanidine, corindon et formes de haute température de la
silice) : faciès de haute température instantanée et pression très faible qui concerne
des roches au contact des laves ou enclaves.
Répartition des principaux faciès métamorphiques
Chaque faciès métamorphique est donc défini par une gamme de pression et de
température et par la présence de minéraux index (minéraux ayant un champ de
stabilité (P,T) restreint.
Faciès T P
Minéraux index
métamorphiques (°C) (Kbar)
Zéolite 50 - 200 <4 Zéolite
Préhnite - Pumpellyite 100 - 300 <5 Préhnite + Pumpellyite
Cornéenne 200 - 1000 <2
Schistes verts 300 - 500 2-8 Chlorite + Epidote + Actinote
Schistes bleus 100 - 500 4 - 14 Glaucophane + Epidote
Amphibolites 500 - 750 2 - 10 Hornblende + Anorthite
Eclogite 300 - 1000 8< Pyrope (grenat) + Omphacite
Granulite 650 < 2 - 14 Hypersthène + Cordiérite
Sanidinites 900 > <1 Sanidine
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Ci-dessous l’agencement et la nature des minéraux constituant la roche.
Gneiss Schiste Quartzite Marbre Cornéenne
Minéraux Feldspath Mica, Min. Calcite
Quartz Variée
dominants Quartz argileux Dolomie
Moyen à Moyen à Moyen à
Grain Fin à moyen Fin
grossier grossier grossier
Couleur Claire Sombre Claire Variée Foncée
Structure Foliation Schistosité Massive Massive Massive
Type de Régional ou Régional ou Régional ou
Régional De contact
métamorphisme de contact de contact de contact
Faciès pétrographique
III.3.2.2. Séquences
On appelle séquence l'ensemble des faciès produits par le métamorphisme d'une
roche. Les séquences métamorphiques sont un ensemble de roches métamorphiques
de différents degrés métamorphiques, dont les compositions chimiques sont voisines,
et étant issues d'un même type de protolithe.
Ainsi, les principaux critères de détermination d'une séquence métamorphique sont la
nature et la chimie du protolithe. On distingue :
La séquence arénacée, issue des roches sédimentaires gréseuses,
La séquence carbonatée, issue des roches sédimentaires carbonatées,
La séquence pélitique, issue des roches sédimentaires argileuses,
La séquence basique, issue des roches magmatiques basiques,
La séquence granitique, issue des granitoïdes.
Séquence Protolithes Roches métamorphiques
Arénacée Grès, arkoses Paragneiss, quartzites
Pélitique ou argileuse Argilites, pélites Schistes, micaschistes, paragneiss
Calcaropélitique Marnes Calcschistes
Carbonatée Calcaires, dolomies Marbres, cipolins, tactite, skarns
Granitique Granitoïdes Orthogneiss
Schistes verts → schistes
Basique Basaltes, gabbros, diorites
bleus, amphibolites → éclogites
On appelle séquence, la suite des roches métamorphisées de degrés variables, issus
d’un même type de roche originelle caractérisée par une certaine composition
chimique moyenne. Ainsi, dans le métamorphisme général on reconnaît :
a. Séquence argileuse ou pélitique
Nous développons cette séquence plus en détail afin de faire comprendre le processus
général inhérent à toutes les séquences.
La séquence débute par l’argile que l’on suppose formée essentiellement de kaolinite,
silicate hydraté d’alumine (Al2O3, 2SiO2, 2H2O). Le premier faciès pétrographique
obtenu est celui de l’argilite, ou schiste argileux, dû à la formation d’illite. Par
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………26/44
déshydratation et cristallisation progressive, on passe ensuite aux phyllades, ou
aux schistes sériciteux et aux séricitoschsites. La séricite diffère de la kaolinite par
une teneur plus faible en OH et la présence de potassium. La potasse est contenue
dans les impuretés de l’argile avec d’autres alcalis, du fer et du magnésium qui
interviennent dans les cristallisations ultérieures pour former du chlorite et des grenats.
La séricite peut se transformer en muscovite (micaschistes à mica blanc), puis le
chlorite en biotite (miscaschistes à deux micas) :
Chlorite + alcali (muscovite) → biotite + grenat (almandin)
Des plagioclases commencent à se former en cristaux microscopiques. L’excès
d’alumine donne des silicates d’aluminium : andalousite, staurotide, disthène, grenats
(schistes à minéraux). Dès que les feldspaths deviennent macroscopiques, on passe
au faciès gneiss maintenant bien caractérisé par l’alternance de lits micacés et de lits
quartzo-feldspathiques. Le métamorphisme s’accentuant, la muscovite disparaît,
remplacée par une variété d’orthose, le microcline :
2[2SiO2, Al2O3, (H2 K2)O] + 3SiO2 → 6SiO2, Al2O3, K2O + SiO2, Al2O3 + H2O
muscovite quartz orthose sillimanite
Le silicate d’aluminium est représenté désormais par la sillimanite dont la proportion
augmente au fur et à mesure que disthène et staurotide se font plus rares. Lorsque la
muscovite a complètement disparu, nous arrivons au stade des gneiss à biotite, et
sillimanite abondante. Puis tandis que la biotite disparaît, la cordiérite fait son
apparition. Représentation de cette séquence en diagramme simplifié :
Argiles
Diagénèse
Schiste
Intensité croissante Phyllade
du métamorphisme
(P,T) Micaschiste Métamorphisme
Gneiss
Apport d’alcalis
Granite Anataxie (fusion)
Les pélites : c'est le stade premier du métamorphisme de l'argile. L'argile initiale
a subi 2 types de transformation : une compaction (disparition des vides et un
meilleur engrenage des constituants), et une déshydratation.
Les argiles schisteuses ou argilites : le feuilletage est assez net, il n'y a pas une
grande cohésion et il y a une absence de plasticité.
Les phyllades : se rapprochent beaucoup des ardoises mais se distingue à l'œil
nu par leur aspect lustré plus brillant.
Les schistes argileux : la roche est cohérente et finement cristallisée.
Les schistes ardoisiers ou ardoises : ils sont plus durs et peuvent se débiter en
plaquettes.
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Les micaschistes : la cristallisation est plus poussée, visible à l'œil nu. La roche
est caractérisée d'une foliation en lits minces clairs (quartz) et foncés (mica :
muscovite).
Les gneiss : comme les micaschistes ont des lits clairs (quartz et feldspaths) et
des lits foncés (mica noir). Ils se distinguent par la présence de feldspaths visible
à l'œil nu. Le litage du gneiss est beaucoup plus épais que celui du micaschiste.
Le gneiss est une roche claire, parfois rougeâtre, d'autant plus résistant qu'il est
moins feuilleté. Le gneiss a pratiquement la même composition minéralogique que
le granite.
b. Séquence arénacée
Des grès et arkoses donnent successivement des quartzites, gneiss et leptynites.
Le quartzite : c'est le résultat du métamorphisme d'un sable siliceux ou d'un grès
siliceux. C'est une roche cristalline, siliceuse d'origine sédimentaire. Elle est
compacte, grenue et de couleur claire à cause du quartz. Elle est dure avec une
cassure luisante. Le quartzite est entièrement recristallisé et la silice de
néoformation a grossi les grains de sable initiaux.
La leptynite : elle se présente un peu de la même façon que le quartzite. La texture
est grenue, la roche est dure. Du point de vue minéralogique on y retrouve du
quartz, du feldspath et quelques minéraux fragmentés de ferromagnésiens d'où les
taches noires.
c. Séquence calcaro-pélitique
Des marnes on passe aux schistes calcarifères (schistes lustrés dans les Alpes). Un
métamorphisme un peu plus intense provoque la formation d’amphibolites et de
pyroxénites.
d. Séquence carbonatée
Un calcaire chimiquement pur recristallise en marbre blanc entièrement cristallin. La
présence d’impuretés dans la roche lui confère un aspect particulier. Ainsi, l’argile
donne naissance à des lits micacés (cipolins). La magnésie (calcaires dolomitiques)
se transforme en serpentine.
Le marbre (du grec marmaros = brillant) : c'est le résultat du métamorphisme
d'une roche calcaire. Dans le marbre, la calcite a recristallisé. Le milieu dans lequel
la recristallisation s'est produite joue beaucoup dans la physionomie générale du
marbre. Le marbre est une roche cristalline, formés de cristaux de calcite, compact
et faiblement poreux d'où sa résistance.
Les cipolins (de cépa : oignon) : il s'agit de marbres traversés par des feuillets
de mica ou de serpentine.
e. Séquence granitique
A partir de granitoïde et de laves équivalentes, on obtient dans un premier temps des
granites faiblement métamorphisés (protogine des massifs centraux alpins). Un
métamorphisme plus intense conduit à la recristallisation de la biotite et des feldspaths
qui donnent des orthogneiss et des leptynites. Le granite faiblement métamorphisé
donne le protogine, fortement métamorphisé il donne : les ortho gneiss.
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f. Séquence basique ou gabbro dioritique
Les laves basiques (basaltes) deviennent schisteuses et granulaires par apparition
d’amphibole, albite, épidote. On obtient une prasinite puis, dans les zones profondes,
des ortho-amphibolites et des ortho-pyroxénites. Les éclogites proviennent aussi de la
transformation du basalte.
On a :
Les ortho-amphibolites,
Les ortho-pyroxénites,
L'éclogite.
g. Séquence carbonée
Elle concerne les roches contenant du carbone comme la houille dont le
métamorphisme donne de l'anthracite.
Le tableau suivant reprend ces différentes séquences.
Séquence Roches initiales Roches métamorphiques
Argileuse, pélitique Pélites, argiles Schistes → micaschistes → gneiss → leptynites
Arinacée Grès, arkoses Quartzites → gneiss → leptynites
Calcaropélitique Marnes Micaschistes → amphibolites → pyroxénites
Carbonatée Calcaires, dolomites Calcschistes → marbres, cipolins, serpentines
Granitoïdes,laves (protogine) → gneiss → leptynites(= granite
Granitique
analogues chlorotisé à texture schisteuse)
Diorites, gabbros,
Basique Schistes → prasinites → amphibolites → pyroxénites
basaltes
III.3.3.3. Séries
Les séries métamorphiques correspondent à la succession de différentes roches
métamorphiques issues d’une roche préexistante sous l’effet de l’intensité croissante
de pression et température.
Lorsque l’on se déplace dans une zone affectée par un métamorphisme régional, les
différentes roches témoignent de conditions variables, progressives, depuis les faibles
degrés jusque, parfois, les conditions de l’anatexie. Les conditions dont témoignent
ces roches permettent de tracer une évolution régulière dans le diagramme P-T : on
parle de gradient métamorphique. Les trois domaines (HP-BT, MP-HT et HT-BP)
matérialisent les évolutions métamorphiques régionales les plus souvent enregistrées
par les roches du métamorphisme régional. Ce sont les principaux gradients
métamorphiques.
Le gradient métamorphique de hautes pressions - basses températures (HP-
BT) indique que lorsque la pression (c’est à dire la profondeur) augmente, la
température reste faible. C’est l’inverse dans le cas du gradient métamorphique de
hautes températures - basses pressions (HT-BP). L’augmentation de pression est
modérée dans le cas du gradient métamorphique de moyennes pressions - hautes
températures (MP-HT, encore appelé de pressions intermédiaires - hautes
températures : PI-HT).
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………29/44
On remarque que le domaine de l’anatexie (dans lequel les roches commencent à
fondre et dont la limite est matérialisée par la courbe A) n’est que difficilement atteint
(à très grandes profondeurs) au cours d’un métamorphisme de HP, tandis qu’il est
commun dans le cas des métamorphismes de MP - HT et BP - HT.
Notez également que la succession des silicates d’alumine est différente dans le cas
d’un gradient de MP, avec disthène (K sur la figure), puis sillimanite (S) lorsque la
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………30/44
température augmente et dans le cas d’un gradient de BP avec andalousite (A), puis
sillimanite.
Il faut remarquer qu’aucun de ces gradients ne coïncident avec le géotherme moyen
d'une lithosphère stable (GLs). Cela signifie que ces gradients ne se sont pas formés
dans les conditions de cette lithosphère stable. En effet, ces 3 gradients
métamorphiques apparaissent dans différents contextes géodynamiques. Les lignes
noires délimitent les champs de stabilité des 3 silicates d’alumine : disthène (K),
sillimanite (S) et andalousite (A).
Dans les séries métamorphiques, on distingue trois principaux gradients :
Le gradient haute pression – basse température (HP-BT). Le gradient
géothermique est faible : la pression augmente sans élévation otable de la
température. Les schistes bleus se forment souvent dans ce contexte qui
n'aboutit jamais à l'anatexie. Ce climat s'observe souvent dans les contextes de
subduction
Le gradient moyenne pression – moyenne température (MP-MT). Le gradient
géothermique est moyen. Il aboutit souvent à l'anatexie et les minéraux
caractéristiques sont le disthène et la sillimanite. Cette série correspond souvent
à une tectonique type collision,
Le gradient basse pression – haute température (BP-HT). Le gradient
géothermique est fort : la température augmente très vite même pour une faible
profondeur et aboutit souvent à l'anatexie. Les minéraux caractéristiques sont
l'andalousite et la sillimanite
Il faut donc comprendre qu'une roche évoluera différemment selon le gradient
métamorphique. Par exemple :
- Basalte deviendra schistes vert amphibole granulite ; en MP-MT.
- Basalte deviendra schistes bleu Eclogite ; en climat HP-BT.
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………31/44
De ma manière générale :
- Argiles schistes micaschistes Gneiss ; série métamorphique de collision
- Basalte /Gabbro schistes verts schistes bleu Eclogite ; série métamorphique
de subduction.
Il est à noter qu'aucun des 3 gradients ne coïncide avec le géotherme moyen d'une
lithosphère stabe (GLs) ce qui signifie que ces gradients ne sont pas apparus dans
les conditions de lithosphère stable mais dans différents contextes géodynamiques.
III.3.2.4. Les zones d’isogrades du métamorphisme
On définit chacune de ces zones par un minéral caractéristique ou minéral-index qui
donne le degré de métamorphisme des roches qui le contiennent. Donc, en liaison
avec les faciès minéraux, une zone correspond à un volume de terrain présentant un
certain degré de métamorphisme. Les limites de celle-ci sont des isogrades (courbes
de même degré).
Diagramme pression-température des domaines du métamorphisme
Actuellement, on distingue, lors de la zonéographie (reconnaissance et
représentation des zones) :
L’anchizone forme la transition entre la diagenèse et le métamorphisme net, pour
T = 100 à 200° C et P = 1kbar. Présence constante de chlorite, d’illite bien
cristallisée et parfois de pyrophyllite.
L’épizone, ou zone supérieure, caractérisée par des températures et des
pressions lithostatiques basses et des pressions orientées fortes. Correspond à un
métamorphisme faible. Roches riches en minéraux hydroxydés (mica blanc, talc,
chlorite, épidote, actinote). Limite supérieure vers T = 500° C définie par l’isograde
« biotite ». Se rattache au faciès à zéolithes.
La mésozone, ou zone intermédiaire caractérisée par des températures plus
élevées que dans la zone précédente. Correspond à un métamorphisme moyen.
Minéraux-index : biotite et muscovite, hornblende, staurotide, oligoclase, disthène,
grenat almandin… C’est la zone des micaschistes et des gneiss à deux micas.
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………32/44
Limite supérieure vers T = 650° C, définie par l’isograde « sillimanite + feldspath
potassique ». Se rattache au faciès à amphibolites.
La catazone, ou zone inférieure, la température est encore plus élevée, la
pression lithostatique forte et les pressions orientées négligeables. Correspond à
un métamorphisme élevé. Minéraux-index : feldspath potassique, sillimanite,
plagioclase basique, pyroxène, grenat. C’est la zone des gneiss à sillimanite et
biotite. Se rattache au faciès des granulites et des éclogites. Limite supérieure au-
delà de 700° C avec le début de la fusion (anatexie).
L’ultrazone, peu usité avec les leptynites à cordéites et/ou grenat.
Les zones permettent d'établir une classification en fonction de l'intensité du
métamorphisme ramenée à la profondeur :
L'anchizone : C'est la zone intermédiaire entre diagenèse et métamorphisme.
L'épizone : Elle correspond au métamorphisme de basse pression et de
température faible (300 à 500°C). On y trouve de nombreux minéraux hydroxylés.
La mésozone : Elle caractérise un métamorphisme moyen, avec apparition de
biotite, muscovite, staurotide, amphiboles et disthène.
La catazone : Elle correspond à un métamorphisme intense. Température et
pression y sont élevées mais il y a peu de contraintes. Les minéraux que l'on y
trouve sont la sillimanite, l'andalousite, les grenats et les pyroxènes ainsi que des
plagioclases.
Diagramme pression-température des domaines du métamorphisme
E = épizone, M = mésozone, C = catazone
La catazone correspond au domaine de fusion des roches saturées en eau. Le
domaine à gauche de l’épizone est le domaine de la diagenèse.
On admet généralement que l'intensité du métamorphisme augmente avec la
profondeur du moins pour le métamorphisme général. Griibenmann en 1904
distinguait 3 zones de métamorphisme :
L’épizone superficielle,
La mésozone intermédiaire,
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La transformation catazone au contact du substratum.
Cette notion a été reprise et précisée par d'autres auteurs en particulier : Jung et
Roques en 1936. Ils distinguent :
Les séries où le métamorphisme s'est effectué par recristallisation sans apport
étranger : les formations cristallophylliennes normales ou ectinites normales,
Les séries où la recristallisation s'est accompagnée d'un changement dans la
composition chimique dû à un apport, à un départ ou à un échange : les formations
cristallophylliennes métasomatiques ou ectinites métasomatiques et migmatites.
III.3.3. Les roches métamorphiques
Une classification systématique des roches métamorphiques s’avère très difficile du
fait de la composition chimique et des conditions de formation très variées de ces
roches. Sur la base d’observations au microscope des associations minérales stables
on peut établir une classification génétique qui regroupe dans une même famille des
roches métamorphiques de compositions chimiques et minéralogiques variées et
formées dans les mêmes conditions de température et de pressions. C’est ainsi que
l’on groupe les roches métamorphiques selon les familles suivantes :
III.3.3.1. Les roches du métamorphisme thermique
a. Les cornéennes
Les cornéennes sont des roches d’apparence homogène, dont la structure finement
cristalline est granoblastique à diablastique, qui confère à leur cassure un aspect
corné. Elles se forment par le métamorphisme de contact de roches de nature variée,
mais le plus souvent d’origine sédimentaire et constituées de minéraux argileux. Elles
ne présentent pas de schistosité car la recristallisation n’est pas accompagnée de
déformations tectoniques. Leur composition minéralogique et leur coloration sont
variables.
Selon les séquences des roches initiales, et le degré du métamorphisme, on obtient
des cornéennes variées :
Dans la séquence pélitique, les schistes noduleux à andalousite et cordéites
passent à des cornéennes micacées, de teinte sombre, à trame de cristaux
d’andalousite avec de petits cristaux de micas, de quartz, de cordéite, souvent
d’apatite et de tourmaline. Lorsque le métamorphisme est plus intense, on obtient
des cornéennes feldsphatiques, à andalousite et nombreux feldspaths (microcline).
Dans la séquence calcaro-pélitique, les pélites calcareuses et les marno-
calcaires sableux donnent des cornéennes calciques, les tactiques, très variées,
passant du vert sombre au vert vif ou au rose à rouge, ou blanc verdâtre selon la
prédominance des minéraux-index.
Dans la séquence carbonatée, les calcaires et les dolomies donnent des
cornéennes qui sont des marbres et des skarns, et au contact du granitoïde, par
métasomatose de plus en plus marquée, elles s’enrichissent en SiO2, Fe et Al, et
autres éléments.
Autres séquences : des roches déjà métamorphisées, comme des micaschistes et
des gneiss, se transforment en cornéennes avec réarrangement des minéraux et
disparition progressive de la foliation originelle ; des laves basiques donneront des
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………34/44
cornéennes à albite et épidote, puis à métamorphisme plus fort des cornéennes à
plagioclases et hornblende, puis enfin à orthose et pyroxène.
b. Les schistes tachetés
Ils sont le résultat d’un métamorphisme de contact peu intense provoquant un début
de recristallisation des minéraux argileux et une concentration de certaines substances
(andalousite, cordiérite, graphite) cause des petites taches (0,5 à 3 mm) ou petites
boules noirâtres (schistes noduleux). La schistosité est généralement acquise
antérieurement à l’intrusion des roches magmatiques, mais elle peut aussi être liée à
la mise en place de l’intrusion.
III.3.3.2. Les roches du métamorphisme régional
Ces roches présentent généralement des textures anisotropes, schisteuses, à la
différence des roches produite par métamorphisme thermique, par suite des pressions
orientées qui agissent au cours du phénomène. On parle de schistes cristallins,
terme ancien qui recouvre les schistes sériteux ou chloriteux, les micaschistes et les
gneiss. Cette appellation a tendance à être abandonnée.
a. Les schistes
On préfère le terme générique de schiste qui dans notre cas (roches métamorphiques)
désigne toute roche ayant acquis une schistosité sous l’influence de contraintes
tectoniques comme dans le métamorphisme régional. Ces schistes sont caractérisés
par un débit plus ou moins facile en feuillets dû à une fracturation (schistosité de
fracture), soit à une orientation des cristaux de la roche parallèlement à ses plans de
clivage (schistosité de flux). On distingue à métamorphisme croissant :
Les schistes de métamorphisme régional très faible (anchizonal)
Il est difficile d’établir la limite précise entre la diagenèse et le domaine du
métamorphisme. Aussi, certaines roches se trouvent dans une zone indéterminée.
S’agit-il de roches sédimentaires ou de roches faiblement métamorphisées ? C’est le
cas de la série suivante :
Les argiles schisteuses ou argilites n’ont pas une grande cohésion et se
distinguent des argiles ordinaires par un début de consolidation, un feuilletage
assez net et l’absence de plasticité.
Les schistes argileux sont des roches cohérentes, finement cristallisées qui
contiennent du quartz, de la séricite, de l’illite, de la chlorite, de la calcite, de la
pyrite et de la magnétite. Leur coloration est variable, allant du noir (matière
organique, graphite), au bigarré (divers sels de fer) en passant par le vert
(chlorite), le rouge ou violet (oxyde de fer). Les principales variétés sont :
o Les schistes bitumineux dont on peut trier par distillation des
hydrocarbures,
o Les schistes carburés renfermant une forte proportion de graphite,
o Les schistes alunifères qui contiennent de l’alun produit en partie par la
décomposition de la pyrite.
Les schistes ardoisiers ou ardoises, à grain fin et homogène, à surface
légèrement satinée, noirs, gris, violacés. La présence de nodules de calcaire ou
de cubes de pyrite de fer diminue leur valeur marchande.
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………35/44
Les schistes de métamorphisme régional faible (épizonal)
Les phyllades se rapprochent des ardoises mais s’en différencient par grain
cristallin moins fin. La recristallisation est plus poussée et suivant la nature et
l’abondance des minéraux secondaires, on distingue :
o Les schistes sériciteux ou séricitoschistes, phyllades à séricite dominante
laquelle donne une teinte général grise, à surfaces blanchâtres nacrées ou
satinées ; le phyllade à ottrélite (d’Ottré en Ardenne) est un phyllade à
séricite, tacheté de petits cristaux vert foncé à noir d’ottrélite (variété de
chlorotoïde riche en Mn),
o Les schistes chloriteux ou chloritoschistes, verdâtres, riches en fines
aiguilles et lamelles de chlorite avec fréquemment des amphiboles vert pâle
et des granules microscopiques d’épidote,
o Les talcschistes, chargés en talc, blanchâtres et au toucher savonneux,
o Les calcschistes dérivant de marnes ou de pélites calcareuses, et donnant
en général des plaquettes de calcaire microcristallin à surfaces satinées
(schistes lustrés),
o La coticule (du latin coticula, pierre de touche) ou novaculite est un schiste
siliceux dur (quartzo-phyllade) et à grain très fin. Il est caractérisé par
l’abondance de quartz et surtout de grenat. C’est l’une de nos spécialités que
l’on trouve à Vielsam et qui est utilisé comme pierre à aiguise,
o Le quartzophyllade est un phyllade riche en quartz, disposé en fines
couches quartzitiques ; il résulte du métamorphisme d’un schiste à fines
couches de grès.
b. Les micaschistes
Ce sont des roches communes du métamorphisme régional épi- à mésozonal de
roches sédimentaires argileuses. Elles se distinguent des phyllades par leur grain plus
grossier, une schistosité et foliation marquées, la présence de muscovite ou de biotite
et d’autres minéraux, parmi lesquels le quartz, visibles à l’œil nu.
A côté de ces minéraux, on en trouve souvent d’autres tels que le grenat en grains
rouges rhombododécaedrique, le staurolite, maclé en croix, l’andalousite, en prisme,
etc. Ces minéraux, souvent porphyroblastiques (grands cristaux), manifestent
particulièrement clairement le caractère métamorphique de la roche.
– mi : mica
– q : quartz granoblastique
– st : staurotide en porphyroblastes à
inclusions de quartz
Micaschiste, vu en lame mince
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………36/44
c. Les gneiss
Ce sont des roches, très communes, du métamorphisme régional méso- à catazonal.
Le plus souvent à grain moyen ou grossier (du mm au cm), le gneiss est une roche
dont la foliation est bien marquée par l’alternance de bandes grenues composées de
quartz et feldspath, et de bandes micacées de muscovite et de biotite. Les paillettes
de mica sont généralement orientées parallèlement à la foliation qui correspond à la
schistosité des micaschistes et des phyllades.
Les gneiss peuvent se former à partir de roches sédimentaires ou
magmatiques : paragneiss formés à partir de grès feldspathiques, de pélites ou de
grauwackes, et orthogneiss à partir de granites, de rhyolites, de porphyres
quartzifères. Cependant, il est souvent difficile de les différencier les uns des autres à
cause de leur aspect identique. Seules les conditions géologiques de gisement et leur
association avec d’autres types de roches permettent de faire la différence.
Les leptynites sont des gneiss à grain fin, de couleur claire, très peu micacés, riches
en silice (70%).
Les gneiss oeillés sont des gneiss dans lesquels se rencontrent des grands cristaux
de feldspath autour desquels la foliation est déviée.
d. Les amphibolites
Les amphibolites sont des roches du métamorphisme régional méso- à catazonal, de
couleur vert sombre, composées essentiellement d’amphibole et de plagioclase
calcique blanc.
Les nombreuses variétés sont dénommées d’après la prédominance de leurs
minéraux, du degré de métamorphisme et de leur chimisme : actinolite, glaucophanite,
etc. L’amphibole est le plus souvent de la hornblende en aiguille assez fines.
Ce sont des roches parfois massives, parfois schisteuses (amphiboloschiste). Elles
ressemblent à une diorite à grain fin ; et ne s’en distinguent facilement que lorsque
l’orientation commune des aiguilles d’amphibole leur confère une schistosité nette.
Elles sont produites par le métamorphisme de diverses roches : roches magmatiques
(gabbros, basaltes…) ou de roches sédimentaires (grauwackes, argiles calcaires…).
La remarque concernant les paragneiss et les orthogneiss s’applique également ici
(distinction difficile)
e. Les éclogites
Les éclogites sont des roches peu communes du métamorphisme régional élevé,
formée dans un domaine assez vaste de T et de P. Massives et dures, elles sont
essentiellement constituées de pyroxène sodique vert (omphacite), et de cristaux de
grenat rose (solution solide de pyrope + almandin + grossulaire) bien visibles à l’œil
nu. Leur composition chimique globale est équivalente à celle d’un gabbro ou d’un
basalte, souvent en déficit de SiO2.
f. Les granulites
Les granulites résultent d’un métamorphisme catazonal de HT et HP. Ce sont une
variété de gneiss à grain fin, de teinte claire avec quartz, feldspath et plagioclase
calcique dominants. La structure est finement granoblastique : les cristaux de quartz
et de feldspath se présentent souvent en grains fortement aplatis suivant les plans de
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………37/44
schistosité ; leur foliation est plus ou moins bien développée, le quartz se présentant
en petits lits lentiformes.
Les granulites forment des affleurements importants dans les socles anciens
(précambrien). En Europe, on les rencontre en Saxe et en Scandinavie.
– di : disthène
– fp : feldspath potassique
– gr : grenat
– q : quartz en plaquettes finement
engrenées
Granulite vue en lame mince
g. Les quartzites
Ce sont des roches siliceuses compactes, constituées de cristaux de quartz
intimement soudés. Elles peuvent être d’origine sédimentaire ou métamorphique.
Dans le premier cas, les quartzites sont le résultat d’une cimentation par diagenèse
d’un grès ; dans le cas du métamorphisme, la roche provient d’une recristallisation
d’un grès, parfois d’une radiolarite ou d’un filon de quartz, et les cristaux de quartz
peuvent être parfois accompagnés d’autres minéraux en quantité mineure. La
distinction entre les deux types est difficile à faire sur un échantillon isolé.
Les quartzites formés par métamorphisme régional sont fréquents dans les Alpes
internes, dans des niveaux stratigraphiques du Trias inférieur.
h. Les marbres (du grec marmoros, brillant)
Les marbres se forment par métamorphisme régional ou de contact à partir de
calcaires ou de dolomies, pures ou à impuretés siliceuses ou argileuses. Un calcaire
pur peut se transformer en un marbre blanc à grands cristaux engrenés de calcite. Une
dolomie pure recristallise en plus grands cristaux pour un faible degré de
métamorphisme, puis à degré croissant, subit une dédolmitisation avec apparition de
calcite et d’autres minéraux. Les calcaires et dolomies impurs donnent des marbres
variés et colorés souvent veinés.
– ap : apatite
– ca : calcite
– mp : mica phlogopite
Marbre vue en lame mince
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Les marbres blancs les plus célèbres sont ceux de Paros, du Pentélique, de l’Hymette
en Grèce, qui datent du Crétacé ; ceux de Carrare (Italie) d’âge triasique.
Les cipolins (de l’italien cipolla, oignon) désignent au sens propre des marbres, de
couleur verdâtre, traversés par des feuillets de mica et de serpentine. Un bel exemple
est la « pierre de Karistos », dans l’île d’Evia face à Athènes.
Le terme « marbre » est également utilisé pour désigner toute roche susceptible d’être
polie et d’être utilisée en architecture. Dans cette acceptation, il n’a pas de sens
pétrographique précis.
i. Les serpentines
Ce sont des roches dérivant par altération et/ou métamorphisme, de roches
magmatiques basiques ou utlrabasiques, composées presque uniquement de
minéraux du groupe des serpentines, avec quelques cristaux reliques de pyroxène ou
d’olivine. La roche est compacte, assez tendre, verte avec des tons variés, sombres
et claires en plages irrégulières rappelant la peau de serpent.
III.3.3.3. Les roches de l’ultramétamorphisme
Rappelons que l’ultramétamorphisme est un ensemble de phénomènes
métamorphiques ayant lieu à des températures et des pressions très élevées. Elles
donnent lieu à la formation de migmatites.
a. Les migmatites (du grec migma, mélange)
Ces roches qui s’observent à l’échelle d’un affleurement et non d’un échantillon isolé,
sont à la limite des roches métamorphiques catazonales et des roches magmatiques.
Elles marquent donc la limite supérieure du métamorphisme. Elles sont composées
de deux termes pétrographiques en général bien distincts mais étroitement
interpénétrés : d’une part une roche métamorphique à texture schisteuse plus ou
moins prononcée, d’autre part une roche magmatique à structure granulaire, parfois
pegmatique, et à composition granitique.
A la température de 600 °C, certaines parties de la roche fondent, et sous l’action des
liquides magmatiques de composition granitique, constituent après cristallisation un
mélange d’un matériel granitique, le mobilisat, dans une trame métamorphique restée
solide (le restat ou restites). Le mobilisat peut migrer et former des petits filons
(aplites) qui peuvent se plisser de façon serrée.
Cette migmatite se présente sous de nombreux aspects auxquels on a donné des
noms :
embréchites ou gneiss rubanés comprend des roches où le terme
métamorphique est encore clairement gneissique, à foliation nette, à lits
granoblastiques de quartz et de feldspath, souvent épaissis ou oeillés, à zones
granitiques en taches ou en réseau flou,
arténites à structure planaire estompée, à micas en traînées discontinues,
nébulites où les micas sont en amas flous tourbillonnaires,
agmatites présentent un aspect hétérogène, bréchique, à mobilisat granitique
emballant des fragments arrondis ou anguleux des anciennes roches
métamorphiques.
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………39/44
b. Les granites d’anatexie (du grec ana, en haut et texis, enfantement, fusion)
Les granites orogéniques d’anatexie correspondent à un recyclage des matériaux de
la croûte terrestre. Ils prennent naissance dans les chaînes de montagne dues à des
collisions continentales, comme l’Himalaya ou les Alpes. Les matériaux, enfouis
pendant ces collisions, subissent des élévations de température et de pression
conduisant à leur fusion, donc à un magma. La température de fusion dépend de la
nature des matériaux enfouis, de la pression et de la présence, ou non, d’eau. Ce
phénomène, appelé anatexie (du grec anatèksis, fusion) est en fait une phase ultime
du métamorphisme, où la fusion est totale.
Nous avons vu que la formation des migmatites nécessite une fusion partielle des
minéraux constituant la roche. Si la fusion est plus importante, voire totale, les produits
de la fusion partielle peuvent se rassembler pour former un magma et, si celui-ci est
de nature granitique (par exemple si la roche partiellement fondue est un sédiment
pélitique) on obtiendra un granite d’anatexie après refroidissement. Le début de la
fusion dépend de nombreux facteurs, en particulier du chimisme des roches en
présence, de la pression totale, et enfin de la présence et de la quantité de vapeur
d’eau. L’ordre de fusion des roches est, en principe, l’inverse de l’ordre de la
cristallisation fractionnée et des suites réactionnelles. Les liquides anatectiques
peuvent se rassembler et constituer, au sein des roches métamorphiques, des amas,
des massifs de granites caractérisés par la présence de muscovite primaire ; ce sont
les leucogranites anatectiques.
Le granite d’anatexie a un aspect différent des autres granites. Il a souvent des
hétérogénéités, avec des minéraux orientés, et présente des contacts diffus,
progressifs avec les roches encaissantes métamorphiques. L’absence d’auréole de
métamorphisme de contact indique qu’il n’y a pas de contraste thermique entre le
magma et son encaissant. Le passage est progressif entre des roches hautement
métamorphiques et le granite d’anatexie par l’intermédiaire de gneiss migmatitiques.
Le magma granitique s’est formé sur place et représente le stade ultime du
métamorphisme. Si ce magma migre vers la surface, il peut être à l’origine de granites
intrusifs.
Formation du granite par anatexie
Argiles
Diagénèse
Schiste
Phyllade
Schistes à minéraux
Micaschiste Métamorphisme
Gneiss
+ alcalis
Granite
Si refusion des granites préexistants = palyngénèse
Les alcalis proviendraient de l’eau de mer (shand)
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………40/44
III.3.3.4. Les roches du métamorphisme dynamique
Sous le métamorphisme dynamique ou cataclastique on regroupe les roches dont les
structures et les textures ont subi un changement par suite de déformations de type
essentiellement catacclastique, c’est-à-dire produites par un écrasement mécanique
de certains ou de tous les minéraux qui les composent. On distingue :
a. Les brèches tectoniques
Les brèches tectoniques, d’aspect souvent analogues aux brèches sédimentaires,
sont parfois difficiles à distinguer de celles-ci. Leur origine est pourtant très différente.
Elles sont le résultat de la fragmentation des roches dans un contact tectonique. Les
débris ont été agglomérés sur place par un ciment, en général cristallin, de
précipitation chimique à partir des eaux circulant facilement dans la zone broyée.
Lorsque la déformation mécanique est plus intense et que la roche garde encore sa
structure originelle, on parle de cataclasites.
b. Les mylonites (du grec mulôn, moulin)
La mylonite n’est pas à proprement parler une roche métamorphique, car elle ne
montre pas, ou peu de recristallisation. Il s’agit d’une roche écrasée, triturée et laminée
le long des surfaces de glissement (failles), par suite de mouvements tectoniques et
dont les grains minéraux ont été détruits en une fine poussière, tout en conservant leur
cohésion, mais sans recristallisation.
Les mylonites dérivent de roches magmatiques ou métamorphiques qui ont subies les
effets les plus intenses du métamorphisme dynamique et ont acquis une texture très
différente de la texture initiale.
Dans les mylonites proprement dites prédomine une masse cristalline à grains très
fins, d’aspect semblable à certains verres volcaniques mais constituée par les
minéraux originels de la roche, très finement broyée. Le fond présente une texture
fluidale soulignée par des bandes parallèles à la schistosité, produites par la trituration
des cristaux. Dans ce fond prédominant subsistent des reliques lentiformes des
cristaux qui n’ont pas été complètement écrasés ou des agrégats polycristalllins qui
ont gardé leur composition minéralogique et leur structure originelles.
Mylonite
Le métamorphisme dynamique agissant sur cette roche ignimbritique a entraîné la
formation de bandes séricitiques suivant les surfaces de mouvement et la
recristallisation de la masse de fond originellement vitreuse ou microcristalline. Les
cristaux plus gros de quartz ont résisté au métamorphisme (lame mince en nicols
croisés).
La pétrographie ; le métamorphisme et les roches métamorphiques………………………………………………41/44
III.3.4. Les principaux minéraux des roches métamorphiques
La transformation des roches sédimentaires, ou des roches éruptives en roches
métamorphiques s'opère à une grande profondeur de l'écorce terrestre, sous des
conditions physiques (température et pression) et chimiques différentes de celles qui
règnent à la surface du globe. De sorte que quand elles affleurent, elles perdent les
caractères primitifs sous l'action des agents physico-chimiques à la surface de la terre.
La décomposition des roches métamorphiques n'offre pas de caractères originaux.
Leur composition minéralogique ressemble beaucoup à celle des roches éruptives
(quartz, feldspath, micas), ou celle des roches sédimentaires (calcite, quartz...). Les
mêmes minéraux subissent les mêmes altérations. Mais les roches métamorphiques
sont très sensibles à l'altération et la désagrégation mécanique jouera le rôle principal
dans leur décomposition.
Provenant de la transformation de roches sédimentaires et de roches magmatiques,
les roches métamorphiques présentent des associations de minéraux participant des
unes et des autres. On y trouve :
III.3.4.1. Les minéraux essentiels des roches magmatiques
Quartz (SiO2)
Feldspaths (orthose, microcline, plagioclases)
Micas (muscovite, biotite, phlogopite)
Amphiboles
Pyroxènes
Péridots (olivine)
III.3.4.2. Les minéraux propres aux roches sédimentaires
Calcite
Dolomie
Silice
Oxydes de fer
Carbone
III.3.4.3. Les minéraux communs aux roches endogènes et exogènes
Les minéraux accessoires très stables
Sphène
Topaze
Zircon
Tourmaline
Corindon
Les minéraux rencontrés lors de l’altération des roches magmatiques, mais
pouvant exister à l’état primaire dans les roches métamorphiques
Chlorite
Séricite
Épidote
Zoïsite
Saussurite
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Amiante
Talc
Serpentine
III.3.4.4. Les minéraux apparus lors du métamorphisme permettant de repérer
les conditions de transformation
Dans les roches silicatées et argileuses
Andalousite
Sillimanite
Disthène
Cordiérite
Staurotide ou staurolite
Dans les roches siliceuses, calcaires et magnésiennes
Grenat
Dipyre
Wollastonite
Forstérite
III.3.5. Les principales roches métamorphiques
III.3.5.1. Cornéenne
Roche très dure, non fissile, à patine et à cassure d'aspect corné (d’où le nom de
cornéenne), à cristaux fortement engrenés et enchevêtrés (structure granoblastique).
Ce sont des roches typiques de métamorphisme de contact. Selon la nature des
roches initiales et selon le degré du métamorphisme, on obtient des cornéennes
variées.
III.3.5.2. Gneiss
Roche très commune du métamorphisme général, à foliation souvent très nette,
caractérisée par des lits sombres riches en minéraux ferromagnésiens (biotite,
amphibole...) ; alternant avec des lits clairs de quartz et de feldspaths. Les feldspaths
sont nombreux et visibles à l'œil nu ; ce qui fait la différence avec les micaschistes. La
texture est lépido- à nematoblastique pour les lits sombres et granoblastique pour les
lits clairs.
Selon l'aspect, l'on distingue plusieurs variétés, notamment le gneiss rubané à lits
sombres et clairs réguliers et bien tranchés et le gneiss oeillé à lentilles ovoïdes (1 à
5 cm) constituées par des porphyroblastes de feldspaths ou des amas granoblastiques
quartz-feldspath.
Selon l'origine, on distingue les paragneiss, dérivant des roches sédimentaires (pelite,
grés arkosique, grauwacke) et les orthogneiss, dérivant des roches magmatiques
(granitoïde, rhyolite, syénite, diorite).
III.3.5.3. Micaschiste
Roche métamorphique commune, à schistosité et foliation nettes, riche en lamelles de
micas visibles à l'œil nu, d'où une texture lépidoblastique et un débit facile ne
plaquettes (quelques mm à cm), à surface brillante claire ou sombre selon la couleur
du mica. Les minéraux constitutifs sont les micas très abondants (biotite et/ou
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muscovite), le quartz en cristaux visibles à l'œil, dispersés ou regroupés en minces lits
discontinus, les feldspaths peu nombreux (< 20%) et microscopique (différence d'avec
les gneiss). Les micaschistes sont d'origine para, te dérivent d'argiles et de pelites
(séquence pelitique).
III.3.5.4. Quartzite
Roche siliceuse compacte, claire, d'aspect gras, à cassure conchoïdale lisse
constituée de cristaux de quartz intimement soudés, souvent dentelés et engrenés ; le
plan de cassure de la roche traverse les cristaux, et ne contourne pas les grains. On
distingue les quartzites sédimentaires provenant de la cimentation par diagenèse
des grès et les quartzites métamorphiques (métaquartzite) résultant de la
recristallisation des grès, des radiolarites ou de filons de quartz.
Les quartzites métamorphiques sont souvent intercalés, dans des
schistes micaschistes et des gneiss. Leur aspect restant pratiquement constant,
malgré l'augmentation du degré du métamorphisme. La distinction entre quartzite
sédimentaire et métaquartzite est parfois impossible au seul vu d'un échantillon isolé.
III.3.5.5. Leptynite
Roche métamorphique de teinte claire, assez homogène et à grain fin, compacte et à
foliation peu marquée, composée de quartz et feldspath alcalin dominants dérivant du
métamorphisme de grès arkosiques ou de granites.
III.3.5.6. Amphibolite
Roche du métamorphisme général, vert sombre, à structure plus ou moins massive,
essentiellement constituée de cristaux d'amphibole plus ou moins ordonnés dans les
plans de schistosité (texture nematoblastique à cristaux aciculaires) ; peu ou pas de
quartz ; feldspaths (plagioclases) toujours présents, parfois groupés en lits
(amphibolite rubanée). Les amphibolites dérivent du métamorphisme de marnes (para-
amphibolite) ou de basaltes, de spilites, de diorites et de gabbros (ortho-amphibolites).
III.3.5.7. Marbre
Roche métamorphique dérivant de calcaires ou de dolomies, par métamorphisme
général ou de contact. C'est une roche claire, à texture granoblastique constituée de
grands cristaux de calcite engrenés, faisant effervescence à froid avec HCI N/10. Les
calcaires et les dolomies impurs donnent des marbres variés et colorés, souvent
veinés appelés cipolins. Les veines constituées souvent de micas ou de serpentine,
correspondent à d'anciens horizons plus argileux ou plus riches en oxydes métalliques.
III.3.5.8. Eclogite
Roche peu commune du métamorphisme général, massive et dure, à cristaux de
grenats roses et de pyroxène vert bien visible à l'œil nu ; les micas blancs y sont assez
fréquents. On peut également y trouver du diamant. Ce sont des roches de
métamorphisme élevé ; mais la formation et l'origine des éclogites restent discutées ;
elles pourraient se former à la base de la croute ou dans le manteau supérieur, par
fusion partielle de péridotites.
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