HYDRAULIQUE ROUTIERE
LICENCE 3 BTP Présenté par:
ESUP Jeunesse Taofik Ulrich ONIFADE
Ingénieur en Eau / Hydraulicien - hydrologue:
18/11/2022 Spécialiste en AEP et Assainissement
I- Généralité sur les ouvrages
d’assainissement
I-1 Introduction
Lors de la conception des ouvrages routiers, un des
problèmes techniques les plus importants auquel doit faire
attention un ingénieur est celui de l'assainissement du future
ouvrage. Il s'agit essentiellement de la collecte et de
l'évacuation des eaux superficielles sur l'emprise de la route,
de la collecte et l'évacuation des eaux internes (drainage) et
enfin, du rétablissement des petits écoulements naturelles
(petits ouvrages de franchissement). A noter que, pour ce
dernier type de problème, les cas des grands cours d'eau,
rivières et fleuves ne sont pas pris en compte dans le cadre
de cet ouvrage, ces cas étant traités par les projets de grands
ouvrages de franchissement tels que les ponts. Le choix des
différents ouvrage doit répondre à un certains nombre de
contraintes toutes dépendant de la taille du projet routier
(routes en terres, petites routes bitumées, autoroutes…), mais
aussi des conditions naturelles (pluviométrie, géologie,
relief…).
I-1 Introduction
Par ailleurs, si la plus part des calculs se font dans les
conditions d'écoulement uniforme, il faut faire attention aux
points singuliers et aux extrémités ou les écoulements se
produisent dans les conditions d'un régime graduellement
varié et ou les eaux internes risquent de s'accumuler (Zones
de transition remblai-déblai, passages inférieurs, tranchées
sous-chaussées etc.). Les problèmes posés par
l'assainissement routier sont relativement différents de ceux
posés par l'assainissement urbain en ce sens que le bassin
versant routier est plus homogène, le réseau routier est
souvent linéaire. Les solutions proposées dans ce ouvrage
vont dans tous les cas privilégier la simplicité des ouvrages,
leur solidité et la facilité de les entretenir.
I-1 Introduction
Pour finir, le projeteur doit avoir à l'esprit que des problèmes
environnementaux peuvent découler de sont projet
(modification des écoulements naturels de surface,
interruption des écoulements souterrains irrigant les cultures,
rabattement des nappes) et prendre des dispositions
conséquentes pour éviter des catastrophes. Ce document
traite essentiellement des ouvrages neuves, mais il est à
recommander qu'il est important, pour maintenir en bon état
les ouvrages, d'en assurer la surveillance et l'entretien
permanent.
I-2 Définition
L'hydraulique routière ou encore l'assainissement routier est
l'ensemble des moyens et techniques utilisés pour résoudre
les problèmes de collecte et d'évacuation des eaux
superficielles et des eaux internes sur l'emprise de l'ouvrage
routier mais aussi ceux du rétablissement des petits
écoulements naturels qui devraient se faire si l'ouvrage routier
ne s'était pas implanté. Comme on l'a souligné en
introduction, cette forme d'hydraulique est différente de ce
qu'on appelle hydraulique urbaine à cause du 6 caractère
particulier du bassin versant caractéristique de l'ouvrage
routier, ainsi que du caractère linéaire de la plate-forme.
I-3 Rappels d’écoulement à surface libre
Ecoulement uniforme
Un écoulement se déroule à un régime dit uniforme lorsque les
paramètres géométriques (sections transversales et pentes),
hydrauliques (vitesses du fluide) et rugosité des parois et du fond sont
tous constants. En conséquence, la surface libre est parallèle au fond
de l'ouvre. Ce type d'écoulement n'a lieu que loin des extrémités et
des singularités observables sur le profil en long de l'ouvrage. La
hauteur correspondante à un débit donnée pour un écoulement
uniforme s'appelle hauteur normale ou encore tirant d'eau normale.
Elle se calcule par une formule du type Manning-Strickler :
I-3 Rappels d’écoulement à surface libre
Ecoulement graduellement varié
Notion de charge hydraulique
C'est l'énergie totale du fluide par unité de poids (estimée par rapport
à une référence horizontale). Elle est la somme, en une section
donnée, de l'énergie mécanique, de l'énergie de pression et de
l'énergie cinétique, toutes par unité de poids.
I-3 Rappels d’écoulement à surface libre
Ecoulement graduellement varié
Théorème de Bernoulli
Il stipule que lorsque les pertes de charge sont négligeable, entre
deux sections distinctes de l'ouvrage, on a :
H1 = Z1 + y1 + v1²/2g = Z2 + y2 + v2²/2g = H2
Charge spécifique
C'est la charge hydraulique pour laquelle le fond est pris comme
référence. Elle s'écrit donc :
Hs = y + v²/2g
II- Collectes des eaux superficielles
III- Drainage interne des chaussées et de
leurs abords
IV- Détermination des débits de projet
I V-1 Méthode ORSTOM
Dans la méthode ORSTOM, le débit de pointe correspondant au ruissellement
superficiel de la crue décennale est défini par la relation suivante :
Qr10 A P10 Kr10 10 S /Tb10
Avec :
A : le coefficient d'abattement de la pluie
P10 : la pluie journalière décennale en mm,
Kr10 : le coefficient de ruissellement,
α10: le coefficient de pointe, correspondant à la crue décennale
S : la surface du bassin en km²,
Tb10 : le temps de base correspondant à la crue décennale
Les différents paramètres sont déterminés à l’aide d’abaques ou de formules.
Seul α10 peut, dans de nombreux cas, être assimilé à une constante. Les méthodes
de détermination des différents paramètres sont décrites ci-après.
I V-1 Méthode ORSTOM
Coefficient d’abattement (A)
La précipitation moyenne Pm10 sur un bassin versant est obtenue en multipliant la
hauteur de précipitation ponctuelle P10 par le coefficient d’abattement A, déterminé
par l’équation simplifiée de Vuillaume (1974) :
(161 0,[Link])
A 1 .log S
1000
Avec :
Pan. : Précipitation moyenne annuelle (mm),
S : Superficie du bassin versant (km²).
I V-1 Méthode ORSTOM
Coefficient de ruissellement décennal (Kr10)
Les coefficients de ruissellement Kr70 et Kr100, correspondant à des
hauteurs de précipitations décennales P10.1 = 70 mm et P10.2 = 100 mm,
ont été déterminés analytiquement et graphiquement (abaques) en
fonction de la superficie S du bassin, pour cinq classes d’infiltrabilité et
pour différentes valeurs de l’indice global de pente Ig. Les cinq classes
d’infiltrabilité sont définies comme suit :
PI : bassin naturel particulièrement imperméable
I : bassin imperméable
RI : bassin relativement imperméable
P : bassin perméable
TP : bassin très perméable
I V-1 Méthode ORSTOM
Coefficient de ruissellement décennal (Kr10)
La détermination analytique de Kr70 et Kr100 se fait par la formule ci-après :
a
Kr70 ou Kr100 c
S b
Avec :
S : la superficie du bassin en km2,
a, b, c : coefficients déterminés en fonction de la classe d’infiltrabilité, de
l’indice global de pente et de S.
La détermination graphique de Kr70 et Kr100 se fait à l’aide d’abaques.
I V-1 Méthode ORSTOM
Coefficient de ruissellement décennal (Kr10)
I V-1 Méthode ORSTOM
Coefficient de ruissellement décennal (Kr10)
I V-1 Méthode ORSTOM
Temps de base décennal (Tb10)
Le temps de base décennal Tb10 est déterminé en utilisant des relations analytiques
ou des abaques graphiques. La formule analytique est donnée ci-après :
Tb10 a S s b
Avec :
S : la superficie du bassin en km2
a, s et b : coefficients déterminés en fonction de l’indice global de pente et
de S
La détermination graphique de Tb10 se fait à l’aide d’abaques.
I V-1 Méthode ORSTOM
Temps de base décennal (Tb10)
I V-1 Méthode ORSTOM
Temps de base décennal (Tb10)
I V-1 Méthode ORSTOM
Coefficient de pointe décennal (α10)
Le coefficient de pointe décennal est le rapport du débit maximum ruisselé au débit
moyen :
Qr 10
10
Qmr 10
On admet que α10 est voisin de 2,6 quelle que soit la superficie du bassin. Toutefois,
l’aspect du réseau hydrographique devra être analysé pour apporter d’éventuelles
corrections.
I V-1 Méthode ORSTOM
Écoulement retardé
Le débit de pointe décennal ou débit maximal total Q10 comprend le débit maximal
de ruissellement Qr10 et le débit dû à l’écoulement retardé Qret10.
Q10 Qr10 Qret10
En région sahélienne, l’écoulement retardé Qret10 n’est jamais très important.
Pour en tenir compte, on applique les relations suivantes :
Pour des bassins d’indice d’infiltrabilité I : Q10 1.03 Qr10
Pour des bassins d’indice d’infiltrabilité P : Q10 1.06 Qr10
I V-1 Méthode ORSTOM
Écoulement retardé
En zone tropical sèche, le rapport Qret10 /Qr10 est lié davantage à la superficie du
bassin dont dépend les possibilités de stockage superficiel (lit des cours d’eau) ou
interne (horizons pédologiques voire géologiques) qui favorise l’écoulement retardé :
Pour les petits bassins imperméables (quelques dizaines de km2) : Q10 1.03 Qr10
Pour les petits bassins perméables : Q10 1.05 Qr10
Pour les grands bassins imperméables (plusieurs centaines de km2)
avec un réseau hydrographique bien marqué
: Q10 (1.10 à 1.15) Qr10
Pour les grands bassins perméables avec des lits suffisamment
larges
: Q10 (1.15 à 1.20) Qr10
I V-2 Méthode CIEH
En 1983, Puech et Chabi-Gonni ont proposé une méthode statistique, connue
depuis sous le nom de méthode CIEH et basée sur 162 bassins versants dont
l’origine vient essentiellement du recueil de Dubreuil (1972) sur les bassins
expérimentaux.
La formulation retenue pour retrouver l’expression du débit de pointe Q10 est basée
sur un schéma de régression multiple et se présente sous la forme générale :
p i k
Q10 a S Pan
s
I g Kr10 Dd d
Où :
a, s, p, i, k, d sont des coefficients ;
S est la surface du bassin (Km²) ;
Ig est l’indice global de pente (m/km) ;
Pan est la pluie moyenne (mm) ;
Kr10 est le coefficient de ruissellement décennal (%) ;
Dd est la densité de drainage (km-1).
I V-2 Méthode CIEH
La précipitation décennale Pm10 est obtenue par la formule suivante :
Pm10 A P10
Avec :
A : le coefficient d’abattement
P10 la précipitation ponctuelle décennale.
Le coefficient d’abattement est obtenu par la formule :
(161 0 .042 Pan )
A 1 log S
1000
Avec :
S la superficie du bassin versant en km2
Pan la hauteur moyenne de précipitation annuelle en mm.
I V-3 Méthode superficielle de CAQUOT
C’est une méthode simplifiée de calcul du débit maximum à l’exutoire d’un
bassin versant urbain soumis à une précipitation donnée.
La formule de Caquot est tirée de la formule rationnelle (mais en
introduisant un facteur d’amortissement prenant en compte les effets de
stockage temporaire du ruissellement sur le bassin versant et dans le
réseau) donnant le débit de pointe QT :
QT=K 1/u .I v/u. C 1/u .A w/u
Q (T) = le débit de période de retour T. Q (m3/s)
I = la pente moyenne du B.V. (m/m)
C = le coefficient de ruissellement
A = la superficie du B.V. (ha)
K est un coefficient d'expression : (0.5 b (T). a (T))/ 6.6
U est un coefficient d'expression : 1 + 0.287 b (T) ;
V est un coefficient d'expression : - 0.41 b (T) ;
W est un coefficient d'expression : 0.95 + 0.507 b (T).
I V-3 Méthode superficielle de CAQUOT
Limites de validité de la méthode
A≤ 200ha
0,2%< I<5%
C≥0.2
Conditions d’utilisation : la méthode est appliquée pour les surfaces
d’apport élémentaires de pente et de coefficient de ruissellement
homogène.
I V-3 Méthode superficielle de CAQUOT
Détermination du coefficient de ruissellement
On choisit Les coefficients de ruissellement selon le tableau de
classification d’usage suivant:
I V-4 Méthode Rationnelle
4.1.2 Méthode de prédétermination des débits d’eaux pluviales
[Link] Méthode rationnelle
Méthode simplifiée de calcul du débit maximum à l’exutoire d’un bassin
versant soumis à une précipitation donnée (1851, Thomas Mulvaney) dont
l’usage doit être limité à des bassins versants urbains sans ouvrage
spécifique (stockage, …).
Détermination du débit de pointe décennal (Q10) :
Q10 (m3/s) = 0.00278.C.I.A
Avec :
Q10 = débit décennal (en m3/s)
C = coefficient de ruissellement
I = intensité de la pluie sur le temps de concentration (tc) (en mm/h)
A = surface totale du BV (en ha)
I V-4 Méthode Rationnelle
L’intensité de la pluie sera obtenue à partir de l’équation de Montana :
I = a tc-b, les coefficients a et b (dits de Montana) étant fournis par la
météorologie nationale ou bien par des études antérieures.
tc (mn) est le temps de concentration égal au temps que met la goutte
d’eau la plus éloignée de l’exutoire pour rejoindre ce dernier.
On a donc:
Temps de concentration tc (mn) = (L0,77 / i0,38)/52
Avec L: longueur du plus long chemin hydraulique
i: pente moyenne
Le débit centennal pourra être obtenu par la même formule en utilisant
les valeurs de a et b pour T = 100 ans.
I V-4 Méthode Rationnelle
Limites de validité : En toute rigueur, elle ne devrait s’appliquer qu’aux
bassins versants urbanisés (où le rôle des surfaces imperméabilisés
sur les ruissellements est prépondérant) ; en pratique, on l’utilise aussi
fréquemment pour des bassins versants naturels, en assainissement
routier. La surface de bassin versant (A) est limitée à quelques dizaines
voire centaines d’hectares.
Débit de crue de projet
Le débit de crue est calculé pour les surfaces d’apport (bassins extérieurs, les
voies, les [Link].) drainés vers les caniveaux et les ouvrages de
franchissement. Lorsque les bassins sont en parallèle ou en série, les
paramètres équivalents pris en compte sont donnés par les relations dans le
tableau ci-dessous.
Débit de crue de projet
V- Détermination des sections
hydrauliques des ouvrages
Hypothèses et dimensionnement
Pour le dimensionnement hydraulique des ouvrages, la formule de Manning
Strickler sera utilisée. Les hypothèses suivantes ont été faites :
le mode de fonctionnement hydraulique des dalots adopté dans cette étude est
celui à surface libre. Dans certains cas le fonctionnement à pleine section sera
toléré dès lors que la vitesse est inférieure à 3 m/s et que le nombre de Froude
est inférieur à 1 ;
le coefficient Ks de Manning Strickler sera pris égal à 70, valeur utilisée pour
les dalots en béton ;
la pente longitudinale minimum permettant l’autocurage des ouvrages est de
0.3%. Pour les calculs, la pente de départ a été prise égale à 0.4%, mais sa
valeur finale doit être au moins égale à la pente critique, vu le choix du mode
de fonctionnement des dalots qu’on a retenu ;
la vitesse maximale adoptée est de l’ordre de 3 m/s étant donné que les parois
des dalots sont en béton tandis que la vitesse minimale retenue est de 0.5 m/s.
La vitesse moyenne est donnée par la formule ci-après :
V Ks R 2 / 3 I 1 / 2
Hypothèses et dimensionnement
la revanche minimale adoptée dans cette étude est de 0.20 m ;
la hauteur h de l’ouvrage est déterminée par approximations successives en
fixant la largeur b. Elle est donnée par la formule :
Q
h
3/5
b 2h
2/5
0.5
Ks I b
Hypothèses et dimensionnement
Considérant les relations ci-dessus, la formule de Manning devient alors:
b = la largeur en base du caniveau (m)
h = le tirant d’eau (m)
m = le fruit des berges
Le dimensionnement se fait en fixant une valeur de b et on calcule h par itération
jusqu’à la convergence en obtenant des valeurs optimales.
Le calcul informatique se fait par les références circulaires.