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La Possession

Le document traite de la possession en droit civil, définissant la possession comme l'exercice de fait d'un droit sur un bien, indépendamment de la propriété légale. Il explique les éléments constitutifs de la possession, notamment le corpus (élément matériel) et l'animus (élément intentionnel), ainsi que les conditions d'efficacité de la possession. Enfin, il aborde la distinction entre possession et détention précaire, ainsi que les effets juridiques de la possession.

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La Possession

Le document traite de la possession en droit civil, définissant la possession comme l'exercice de fait d'un droit sur un bien, indépendamment de la propriété légale. Il explique les éléments constitutifs de la possession, notamment le corpus (élément matériel) et l'animus (élément intentionnel), ainsi que les conditions d'efficacité de la possession. Enfin, il aborde la distinction entre possession et détention précaire, ainsi que les effets juridiques de la possession.

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Chapitre I-partie I- La possession

Droit civil : le droit des biens (Université Grenoble-Alpes)

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DROIT CIVIL
Pare I – Chapitre I

Partie I : Les pouvoirs exclusifs sur un bien


On va partir de considérations qui sont de purs faits entre une personne et un bien.

Chapitre I : Le pouvoir exclusif de fait : la possession

Le droit tien compte dans plusieurs matière du fait : droit de la famille, droit commercial,...

Ici on va accorder une place aux faits dans le droit des biens. La relation de fait qui va unir une
personne à un bien va constituer la possession.

La possession est le fait pour une personne de se comporter comme si elle été titulaire du
droit alors qu’elle ne l’est pas. La possession est l’exercice de fait d’un droit.

Donc, le possesseur va avoir matériellement le bien en sa possession, il va en avoir une


maitrise effective. Exemple : un voleur sera constitué comme un possesseur.

En droit, posséder ce n’est pas être propriétaire mais faire comme si : pouvoir de fait (≠
propriétaire qui a un pouvoir de droit).

Pourquoi est-ce que le droit des biens se préoccupe de la possession ?


 Souvent on va se rendre compte que les apparences ne sont pas trompeuses : en
pratique, celui qui exerce un pouvoir de fait sur un bien, est souvent le propriétaire.
Le plus souvent, le possesseur est en réalité le véritable titulaire du droit, c’est-à-dire
le propriétaire.
On va partir de l’idée que le possesseur est surement le propriétaire et on va se dire que
parfois ce n’est pas facile d’apporter la preuve de sa propriété et donc on va lui faciliter
la vie en disant en apparence vous vous comportez comme propriétaire et donc vous
allez être présumé propriétaire.

 En droit, on va préférer quelqu’un qui s’occupe vraiment du bien alors qu’il n’est pas
propriétaire, à un propriétaire qui s’ne désintéresse et laisse le bien à l’abandon.

La possession va s’appliquer en droit des biens principalement au droit de propriété, mais on


peut rencontrer des possessions qui s’appliquent à d’autres droits réels : usufruitier.

Pour qu’elle puisse exister et être efficace, la possession va devoir réunir des conditions et à ses
conditions elle bénéficiera d’un régime particulier.

Section I : Les conditions de la possession

Dans un cas pratique : Est-ce que la possession existe ? Si oui, est-ce qu’elle peut être
efficace ?

1. Les conditions d’existence de la possession

A. Les éléments constitutifs de la possession

On distingue traditionnellement dans la possession deux éléments constitutifs :

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1. L’élément matériel objectif ou corpus

Le corpus/l’élément matériel est le fait d’exercer sur la chose les actes matériels que le
titulaire du droit pourrait réaliser en sa qualité.

Les actes matériels sont indispensable à l’existence de la possession, sans ça pas de


possession : Civ, 2ème, 19 novembre 2015 : une famille avait réalisé des construction sur une
parcelle et revendiquer cette parcelle et elle été face à l’Etat qui se prétendait propriétaire du
terrain. L’Etat invoquait un extrait du cadastre qui mentionnait qu’il été propriétaire. Et il y avait
aussi le fait que le terrain n’était pas imposer à la taxe foncière (car les biens appartenant à
l’Etat sont exonérer de taxe foncière). La Cour de Cass a dit que ces éléments ne sont pas des
éléments matériels  pas de possession pour l’Etat.

Ces éléments matériels pour la Cour de Cass peuvent être de 2 ordres (pas forcément
cumulatif) : article 2255 Code Civil.
 Actes de détention : ce sont les actes par lesquels une personne va exercer un
pouvoir/une puissance physique sur la chose. Exemple : fait d’habiter l’immeuble. Civ,
3ème, 14 janvier 2015 : le fait d’habiter l’immeuble est un acte de détention et donc un
acte matériel de possession.
 Acte de jouissance : c’est une exploitation économique de la chose. Exemple :
perception des loyers.

Traditionnellement, le corpus nécessitait l’idée de maitrise matérielle et donc on estimait qu’il n’y
avait pas de corpus sur des biens incorporels.

Aujourd’hui, la JP considère que la possession peut porter sur des biens incorporels.

Le corpus va nécessité un acte matériel, cet acte peut pour la JP être seulement symbolique.
Exemple : sur une maison, on peut imaginer que le simple fait de remettre les clés suffit. La
remise des clés va pour la JP parfois suffire à considéré que le corpus est caractériser. Autrement
dit, le possesseur doit être mis en mesure d’occuper matériellement le bien.

En revanche, l’accomplissement d’actes juridiques sur le bien ne suffit pas à constituer le


corpus, il faut vraiment un acte matériel. Les actes juridiques ne nécessitent pas d’avoir la
main mise sur le bien. Exemple : j’ai donné à bail cet immeuble, ou j’ai vendu cet immeuble, j’ai
exercé un acte juridique, mais il ne nécessite pas que j’ai la main mise matérielle sur le bien,
quelqu’un d’autre que le possesseur peut le faire.

Il est possible d’acquérir l’élément matériel soit :


 De manière originaire : elle sera originaire quand le possesseur va lui-même accomplir
les actes matériels.
 De manière dérivée : elle sera dérivée quand les actes matériels vont être accomplis
pour le possesseur par l’intermédiaire d’un tiers. Le tiers aura le bien entre les mains et
il va l’exploiter mais seulement pour le compte du propriétaire.

Le corpus ne pourra conduire à la possession que s’il est accompagné de l’élément


intentionnel.

2. L’élément intentionnel subjectif ou animus

L’animus c’est l’intention de se comporter à l’égard du bien posséder comme son véritable
propriétaire. On va faire comme si on en été le véritable propriétaire.


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Peu importe la bonne ou mauvaise foi de la personne. Exemple : le voleur est de mauvaise foi, il
sait que le bien ne lui appartient pas, qu’il n’est pas propriétaire. Peu importe, l ’essentiel est qu’il
est l’intention de se comporter comme le véritable propriétaire.

L’animus ne peut être caractériser que lorsque la volonté de la personne est efficace : la
personne doit être lubriquement capable. Un mineur ou un majeur incapable ne peuvent pas
avoir d’animus et donc être possesseur.

Preuve de l’animus : comment le possesseur va-t-il établir qu’il a bien la volonté de se comporter
comme le véritable propriétaire ? la loi vient aider le possesseur à l’article 2256 Code Civil, qui
précise qu’ « on est toujours présumé posséder pour soi et à titre de propriétaire ». Il pose une
double présomption :
 On est présumé posséder pour soi : si ce n’est pas le cas et qu’on possède pour autrui il
faudra en rapport la preuve
 On est présumé posséder à titre de propriétaire

La double présomption est simple et peut être combattu par tous moyens. L’animus est
présumé donc on n’a pas a le démontrer. Si quelqu’un se prétend possesseur, il devra montrer
l’existence de l’élément matériel (détention ou jouissance), le reste n’a pas a être démontré.

La disparition de l’animus entraine celle de la possession. Même si le corpus continue, la


disparition de l’animus met fin à la possession. On bascule dans une hypothèse de détention
qu’avec le corpus.

B. La notion de détention précaire

C’est une notion voisine de la possession avec laquelle il ne faut pas la confondre.

Cette notion se situe à l’article 2266. L’idée c’est que le détenteur précaire va détenir le bien
d’autrui sans se prétendre propriétaire, ni prétendre à le devenir.

Contrairement au possesseur, le détenteur précaire va avoir le corpus mais pas l’animus.

Le détenteur précaire détient le bien en vertu d’un titre qui prouve qu’il n’est pas
propriétaire. Le titre reconnait la propriété d’autrui et qui l’oblige à la rendre un jour, d’où la
notion de précarité. Exemple : le locataire : il a le bien, il s’en occupe, mais en vertu du contrat de
bail. Ce contrat démontre qu’il n’est pas propriétaire et il prévoit une restitution à terme.

Ces personnes sont de simples détenteurs du bien.

A quoi sert la détention précaire ? Quels sont ses effets ?

La détention précaire va produire des effets juridiques inférieurs à ceux de la possession :


 Le détenteur précaire en principe, ne peut pas bénéficier de la prescription acquisitive.
 Il ne peut pas non plus bénéficier de la protection possessoire (le possesseur va avoir
des moyens juridiques de faire respecter sa possession) sauf contre les tiers (envers le
propriétaire, il peut faire respecter sa possession en vertu de son titre et contre les tiers il
pourra évoquer la protection possessoire).

La détention précaire ne se présume pas, seule la possession se présume. La détention


précaire doit être prouvée par le titre.

La détention n’est pas définitive. Le titre prévoit une restitution et donc une fin, mais il y a
aussi l’idée que la détention peut évoluée et se transformée en possession par l’interversion


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de titre. Cette interversion est exceptionnelle, elle va permettre au détenteur de devenir un
possesseur et notamment de l’avantage de bénéfice de la prescription acquisitive. L’interversion
de titre c’est l’hypothèse où le détenteur décide de se comporter comme le propriétaire donc
il va se prétendre possesseur en venant contredire les droits prévu dans le titre. Le seul
changement d’intention du détenteur est nécessaire mais pas suffisante. Il faut qu’il exerce
un fait non équivoque (net, clair), ayant pu être connu du propriétaire et qui manifeste sa
volonté désormais d’être propriétaire du bien.

Lorsque les éléments constitutifs de la possession sont réunis (corpus et animus), l’efficacité de la
possession va restée subordonnée à certaines conditions.

2. Les conditions d’efficacité de la possession

A supposer que la possession existe, il faut voir si la possession peut être efficace, sans quoi elle
ne peut pas produit d’effets juridique. On les retrouve à l’article 2261 Code Civil.

Si tous les critères sont remplis, on parlera de possession utile/efficace et elle produira des
effets juridique. Mais s’il en manque un ou plusieurs on va parler de possession viciée et elle
ne produira pas d’effets juridique.

L’article 2261 Code Civil énumère 6 caractères,


 Continue
 Non interrompue : l’ininterruption sera une condition d’existence et pas une condition
d’efficacité pour la doctrine car l’interruption va arrêter définitivement le cours de la
prescription acquisitive.
 Paisible
 Publique
 Non équivoque
 A titre de propriétaire : c’est critiqué par la doctrine car la possession ne s’exerce pas
seulement sur le droit de propriété, mais sur d’autres droits réels démembrés. Et ce
caractère renvoi à l’animus.

Donc traditionnellement seulement 4 de ces caractères sont étudiés :


A. Le caractère continu de la possession

Une possession continue signifie que le possesseur doit exercer la possession de manière
régulière et sans interruption.

Néanmoins, la JP estime que la possession n’a pas être constante. La JP considère que la
possession ne doit « pas faire l’objet d’intervalle anormaux assez prolongés ». Une
dépossession prolongée du bien rend sa possession viciée.

Ca caractère prolongée ou cas s’apprécie in concreto par les juges du fonds. Arrêt : cas de
possession sur une haie entretenue par une personne et cette personne c’est prétendue
possesseur pour ensuite pouvoir en revendiquer la propriété. Pour des raisons diverses, cette
haie n’a pas été entretenue pendant 9 ans. Pour la Cour de Cass, 9 ans n’était pas une
dépossession prolongée, pour elle, le caractère continu n’a pas été vicié.

B. Le caractère non équivoque de la possession

La possession est considérée comme équivoque, c’est-à-dire ambiguë quand le comportement


du possesseur ne traduit pas clairement son intention de se conduire en propriétaire.


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Pour être non équivoque, la possession doit clairement traduire l’intention du possesseur
de se comporter en propriétaire.

Son comportement ne doit pas pouvoir s’expliquer de différentes manières. Et son


comportement ne doit pas pouvoir se justifier par une autre raison que l’existence d’un
animus.

Exemple : La JP estime que les actes d’un indivisaire sont équivoques. Dans ce cas,
l’indivisaire va se comporter comme un propriétaire indivis (non exclusif). Mais, on peut imaginer
que l’indivisaire décide de se comporter comme un propriétaire exclusif du bien, dans ce cas, s’il
ne nuit pas aux autres indivisaires, le droit va considérer que sa possession va être viciée.

L’équivoque est un vice temporaire, c’est-à-dire que le vice pourra disparaitre quand le
possesseur du bien accomplis des actes que ferait le propriétaire exclusif du bien (en vertu
de l’animus).

C. Le caractère paisible de la possession

La possession doit être paisible, c’est-à-dire qu’elle ne doit pas être violente : article 2263
Code Civil.

Il faut non seulement détenir le bien (entrer en possession du bien), mais également conserver
le bien sans violence.

Le droit ne va pas protéger celui qui est entré en possession d’un bien et qui demeure en
possession de ce bien par l’usage de la force.

La violence est temporaire, elle peut s’arrêter et permettre à la possession de devenir


efficace.

Il est relatif, c’est-à-dire qu’il ne peut être invoqué que par celui qui en est victime (le
propriétaire) et pas par toutes personnes (≠ caractère continu et non équivoque).

D. Le caractère public de la possession

La possession doit être publique, c’est-à-dire que le possesseur doit se comporter comme le
propriétaire d’un droit sans se cacher.

S’il se cache pour réaliser le corpus, sa possession devient clandestine : vice de clandestinité.
Exemple : personne qui ramasse les fruits dans un terrain la nuit pour pas être vu par le
propriétaire.

La clandestinité est appréciée au cas par cas par les juges. Il faut qu’il y est une volonté de
dissimulation.

Ce vice de clandestinité est temporaire, il s’arrêtera quand la possession reviendra public.

Il est relatif, il ne peut être invoqué que par la personne à laquelle la possession a été
dissimulée.

Quand un seul des caractères va faire défaut, la possession sera considérée comme viciée et
inutile. Si elle réunit tous les caractères elle est efficace et produits tous les effets juridiques.


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Section II : Les fonctions ou les effets juridiques de la possession
Remarque : jusqu’à la loi du 16 février 2015 qui a réformé le droit des obligations, le possesseur
bénéficiait d’actions juridiques particulières, appelés les actions possessoires. Il y en avait 3
 L’action en complainte
 L’action en dénonciation de nouvelle œuvre
 L’action en réintégration

Depuis 2008, on lui avait aussi ouvert la voie du référé classique pour agir en justice contre un
trouble. Or, on c’est rendu compte que les conditions du référé étaient plus facile pour celle des
actions possessoires et donc ces 3 actions ont perdus de leur intérêt et ont étaient supprimées par
la réforme.

Aujourd’hui, la possession va être protégée par la voie du référé classique.

La possession à deux fonctions primordiales. C’est deux fonctions sont parfois fondées sur
le même texte. En matière de meuble : article 2276 : « en fait de meuble, la possession vaut
titre ». Elle regroupe les 2 fonctions de la possession qui vont jouer dans deux types de conflits
différents.

1. La fonction probatoire de la possession

On part de l’article 2276 al.1er Code Civil : on voit que la possession fait présumé la propriété,
ce qui veut dire que le possesseur est présumé propriétaire. Donc, le possesseur est dispensé
de produire son acte de propriété.

C’est donc celui qui conteste la propriété du possesseur qui doit rapporter la preuve de sa
propre propriété.

C’est une présomption simple : elle peut être contestée et renversée par la preuve contraire.

Cette présomption s’avère très utile en matière mobilière, car très souvent en matière de
meuble on ne garde pas la facture. On estime alors que ça serait beaucoup trop compliqué
d’imposer au possesseur de rapporter la preuve de sa propriété.

Peu importe la bonne ou mauvaise foi du possesseur. La présomption de propriété va


profiter à tout possesseur même au possesseur de mauvaise foi. Cette règle s’explique par le
fait que le véritable propriétaire du bien n’a pas le droit de se faire justice soi-même. Il faut
aller devant un juge pour démontrer l’existence de notre droit.

2. La fonction acquisitive

La possession qui certes est une relation de pure fait d’une personne sur un bien, au bout
d’un certain temps va se transformer en relation de droit : effet acquisitif. Cet effet va
permettre au possesseur d’acquérir la propriété du bien.

A. L’acquisition de la propriété

Attention : contrairement à la détention, la possession (utile) va conduire à l’acquisition de la


propriété, néanmoins, ici, cette acquisition se réalise de manière différente selon la bonne
ou mauvaise foi du possesseur.


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On parle de prescription acquisitive ou d’usucapion en matière d’immeuble (prescription
acquisitive en matière d’immeuble).

Est de bonne foi, le possesseur qui croit sincèrement être titulaire du droit qu’il exerce. A
l’inverse, est de mauvaise foi, celui qui sait pertinemment qu’il n’est pas propriétaire du
bien/titulaire du droit.

La bonne foi est toujours présumée : présomption de bonne foi très avantageuse. C’est celui
qui va allégué la mauvaise foi qui devra la prouvée.

1. La possession de mauvaise foi

Va-t-il acquérir la propriété ou pas ?

Cette possession de mauvaise foi va produire des effets limités car le possesseur sait qu’il n’est
pas le propriétaire du bien.

L’article 2272 Code Civil considère que la possession de mauvaise foi va permettre
l’acquisition de la propriété après un délai de 30 ans.

Donc, au bout de 30 ans de possession, le possesseur de mauvaise fois va devenir


propriétaire du bien qu’il soit meuble ou immeuble.

2. La possession de bonne foi

La possession de bonne foi va produire des effets renforcés le possesseur étant de bonne foi,
on va le favoriser.

Effets renforcée n°1 : La possession de bonne foi va conférer immédiatement l’acquisition de


la propriété des biens meubles. On va devenir immédiatement propriétaire du meuble.

L’article 2276 Code Civil « en fait de meuble, la possession vaut titre » : possession = titre de
propriété. Cette règle ne vaut que pour les meubles corporels. Les meubles incorporels eux, ne
s’acquièrent pas par la possession.

Par ailleurs, cet effet acquisitif immédiat va jouer uniquement dans les conflits à 3 personnes. Il
ya:
 Un propriétaire
 Détenteur précaire
 Possesseur
Dans ce schéma va jouer cette règle de l’article 2276 envisager dans son effet d’acquisition de la
propriété.

Exemple type : propriétaire d’une voiture va remettre sa voiture à un garagiste : contrat de


dépôt. Le garagiste doit réparer la voiture et la restituer. Le garagiste est un détenteur précaire
car il a le bien entre les mains, il le possède en vertu d’un titre (contrat de dépôt), qui l’oblige à
restitution
Le garagiste a décidé de vendre ma voiture à un client qui est intéressé. Il vend ma voiture au
client acheteur de la voiture, qui devient possesseur. Le garagiste n’a pas pu transmettre la
propriété à l’acheteur car il été que détenteur précaire.
Le contrat de vente ne prévoit pas de restitution.

Détenteur précaire
Contrat de dépôt Garagiste Contrat de vente


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Action en revendication
Propriétaire Possesseur
Dans Acheteur de la voiture
l’hypothèse de
Article 2276 Code Civil ce
schéma, on est dans une acquisition a non domino, c’est-à-dire, de
la part de quelqu’un qui n’est pas propriétaire. J’ai acquis un bien de la part de quelqu’un qui
n’est pas propriétaire.
Si le contrat de vente avait eu lieu entre le client et le propriétaire, acquisition a domino.

L’article 2276 Code Civil vient dire que la possession confère immédiatement la propriété au
possesseur de bonne foi. Le client qui est possesseur, devient immédiatement propriétaire,
même si le garagiste n’a pas pu lui donner ce droit. C’est le texte qui donne le droit de propriété.

Cela veut dire que le propriétaire initial se trouve privé de son bien, il n’est plus propriétaire. Il ne
peut plus agir en revendication de son bien contre le nouveau propriétaire, car en vertu de
2276, le nouveau propriétaire est considère comme le seul propriétaire.

On peut penser qu’on est dans un cas de la vente de la chose d’autrui. C’est un cas de nullité
relative qui ne peut être exercée que par l’acheteur. Mais il n’a pas d’intérêt à le faire, donc il ne va
pas le faire.

Cette hypothèse ne fonctionne qu’en cas de bonne foi de l’acheteur.

Dans cette hypothèse il n’y a pas ni perte du bien, ni vol.

On est plutôt sur une infraction d’abus de confiance.

La vente ne sera pas annulée, le possesseur va devenir propriétaire du bien il pourra le


conserver. Mais on ne va pas laisser le propriétaire initial comme ça. Il pourra agir pour abus de
confiance au niveau pénal et il pourra obtenir une indemnisation de la part du détenteur
précaire (garagiste) au nom de sa responsabilité contractuelle (contrat de dépôt).

Effets renforcée n°2 : elle permet l’acquisition abrégée des immeubles : il lui faudra moins de
temps pour devenir propriétaire. Le délai de prescription classique est de 30 ans, et là, le fait qu’il
soit de bonne fois ramène ce délai à 10 ans. On est dans l’hypothèse d’un immeuble.

Au bout de 10 ans que quelqu’un s’installe sur un terrain, au bout de 10 ans sans que personne
ne le réclame, le possesseur de bonne foi devient automatiquement propriétaire du bien.

Pour cette acquisition abrégée des immeubles, le possesseur doit :


 Etre de bonne foi
 Bénéficier d’un juste titre

B. L’acquisition des fruits

Idée n°1 : l’acquisition des fruits fonctionne seulement pour le possesseur de bonne foi :
article 549 Code Civil : le possesseur de bonne foi pourra conserver les fruits récupérer
pendant sa possession. S’il doit rendre le terrain au véritablement propriétaire, il gardera les
fruits perçus pendant la possession (≠ possesseur mauvaise fois qui devra restitué les fruits
même s’ils ont déjà étaient consommés).


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C’est une faveur que l’on vient faire au possesseur de bonne foi, car on considère que la
possession dure plusieurs année et le possesseur se croit propriétaire il va donc consommer les
fruits et le droit estime que ca serait injuste de rendre tous ces fruits alors qu’il été de
bonne foi.

La bonne foi est présumée, le possesseur pense être propriétaire.


Il faut aussi un juste titre : article 550 Code Civil. Ce titre (acte juridique) doit :
 Etre un acte juridique régulier en la forme : acte qui va remplir toutes les conditions
de forme, dès qu’il les remplis, on considère qu’il est régulier.

 Etre vicié sur le fonds : il est régulier sur la forme, mais vicié sur le fonds, de telle sorte
qu’il ne peut pas produire d’effet juridique.
C’est un acte juridique qui normalement aurait du transférer la propriété, s’il n’était pas
vicié. Du fait qu’il est vicié, il ne transmet pas la propriété.
La Cour de Cass estime qu’un bail ou un contrat de prêt ou un contrat de dépôt ou une
transaction ou un acte de partage successoral ne sont pas des justes titres, parce que
ces actes ne sont pas translatifs de propriété.
A l’inverse, est considéré comme un juste titre, un acte de vente : il est régulier en la
forme mais vicié sur le fond (quand la personne été incapable au moment où elle a
consentie la vente), une donation, un échange,....
Ce titre peut être pour la JP seulement putatif, c’est-à-dire, que cela n’existe que dans
l’esprit du possesseur. Le possesseur pense avoir un titre mais en réalité il n’existe pas.
Exemple : le possesseur qui pense être propriétaire en vertu d’un testament. Mais le
testament a été révoqué, sans que le possesseur le sache. Ici, on est sur un titre putatif,
car il existe dans l’esprit du possesseur.
Le titre putatif fonctionne pour l’acquisition des fruits, par contre, il ne fonctionne pas
pour l’acquisition abrégée des immeubles.

Le possesseur n’acquière les fruits que tant que dure sa bonne foi. Dès que la bonne foi
s’arrête, il arrête de percevoir les fruits. Exemple : dès que le possesseur connaitra l’existence du
véritable propriétaire.

Donc, quand un possesseur est de bonne foi est face à un véritable propriétaire qui revendique
son bien, il peut garder le bien s’il a déjà usucaper, c’est-à-dire si la prescription acquisitive
à fonctionner, et il peut conserver tous les fruits que lui a procureur le bien pendant la
possession.

S’il est de mauvaise foi, le possesseur de mauvaise foi va devoir rendre les biens et les
fruits.

Conclusion :

Vérifier si la possession est utile : si elle est utile


 Elle va faire présumé le droit possédé
 Elle procure le bénéfice d’une protection juridique : possibilité d’agir contre le trouble
causé à sa possession par la voie du référé
 Fait acquérir, si elle a durée 30 ans, le droit possédé

La possession utile et de bonne foi : en plus des 3 premiers effets :


 On acquiert immédiatement la propriété des meubles

La possession utile, de nonne foi et accompagnée d’un juste titre : on rajoute aux effets :


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 Permet d’acquérir les fruits du biens
 Permet de bénéficier pour les immeubles du délai de prescription abrégé (10 ans).


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