CHAPITRE I : PATENTE ET IMPOT FONCIER
I-/ La contribution des patentes
La patente est un impôt professionnel payé à partir du chiffre d’affaires hors taxe de l’année
précédente et de la valeur locative des locaux professionnels par toute personne exerçant une activité
commerciale en Côte d’Ivoire. C’est un impôt annuel payé par les entreprises qui sont au régime réel.
1-/ Les assujettis à la patente (art 264 du CGI)
Sont assujetties à la patente toutes personnes physiques ou morales, ivoiriennes ou étrangères au
régime réel simplifié d’imposition (RSI) ou au régime réel normal d’imposition (RNI) qui exercent en
Côte d’Ivoire un commerce, une industrie, une profession non comprise dans les exceptions du présent
article.
Selon l’annexe fiscale 2021, les entreprises relevant du régime des microentreprises peuvent opter pour
le régime du bénéfice réel simplifié. Cette option est subordonnée à la réalisation d’un chiffre
d’affaires annuel toutes taxes comprises égal ou supérieur à cent millions (100 000 000) de francs.
L’option doit être exercée avant le 1er février de chaque année et prend effet à compter du 1er janvier
de l’année au cours de laquelle elle est exercée.
Elle est exercée par une simple lettre d’information adressée au Directeur général des Impôts avec
ampliation au service d’assiette des Impôts de rattachement du contribuable.
2-/ Les non assujettis à la patente (art 280 du CGI) et les exonérations à la patente
Ne sont pas assujetties à la patente (sont exonérées) les personnes ci-après :
- L’Etat, les collectivités territoriales et les établissements publics pour les services publics
d’utilité générale ;
- Les entreprises de publication de journaux et périodiques ;
- Les caisses d’épargne et de prévoyance administrées gratuitement ;
- Les établissements d’enseignements scolaires et universitaires ;
- Les fonctionnaires et employés salariés en ce qui concerne seulement l’exercice de leur
fonction ;
- Les redevables de la taxe de l’entreprenant et des microentreprises ;
- Les édifices religieux
- Les petites et moyennes entreprises, nouvellement sur une période de 5 ans, à compter de
la date de création ;
- Les sociétés coopératives agricoles de production et leurs unions pour les opérations qui,
entrant dans les usages normaux de l’agriculture, ne donneraient pas lieu à l’application de
la patente si elles étaient effectuées dans les mêmes conditions par chacun des adhérents
desdites société ;
- Les adhérents aux Centres de Gestion Agrées sur 3 ans à compter de l’année d’adhésion.
Cette exonération est ramenée à 50% sur la quatrième et cinquième année ;
- Les Centres de Gestion Agrées sur 3 ans à compter de la date de création ;
- Etc. (consulter l’article 280 et 280 bis du CGI)
3-/ Calcul de la patente
Selon l’article 265 du CGI, la contribution des patentes se compose d’un droit sur le chiffre d’affaires
et d’un droit sur la valeur locative.
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 1
3-1-/ Le droit sur le chiffre d’affaires (DCA)
Selon l’art 270 du CGI, le chiffre d’affaires est l’ensemble des recettes et produits acquis dans le cadre
de l’exercice de l’activité y compris toutes les sommes provenant des activités annexes et accessoires
ou de la gestion de l’actif commercial quelle que soit leur situation fiscale au regard des taxes sur le
chiffre d’affaires.
Le taux du DCA (art 267 du CGI) est de 0.5%. Il est calculé sur le chiffre d’affaires ou des recettes
brutes hors taxes de l’année précédente. Le DCA ne peut être inférieure à un montant de 300 000fCFA
qui constitue le minimum de perception.
Selon l’art 269 du CGI, le maximum de perception du DCA est fixé comme suit :
Chiffre d’affaires ou recette hors taxe Montant maximum du DCA
Inférieur à 200 000 000 350 000f
De 200 000 000 à 500 000 000 700 000f
De 500 000 000 à 1 000 000 000 1 300 000f
Supérieur à 1 000 000 000 3 000 000f
Le taux du DCA est porté à 0.7% selon l’art 268 du CGI pour les personnes suivantes :
- Les entrepreneurs de télégraphie et téléphonie par câble ou sans fils ;
- Les ports ivoiriens
- Les concessionnaires de la distribution d’eau ;
- Les entrepreneurs d’enlèvement des ordures ménagères ;
- La poste de Côte d’Ivoire
- Les sociétés fournissant des infrastructures passives de télécommunication aux opérateurs
de téléphonie par la location de pylônes (Loi n°2018 – 984 du 28 décembre 2018, annexe
fiscale article 5)
Pour ces entreprises qui acquittent le DCA au taux de 0.7%, la limite maximum de perception du DCA
ne leur est pas applicable. Elles sont aussi exemptées du droit sur la valeur locative.
3-2-/ Le droit sur la valeur locative (DVL)
Selon l’art 274 du CGI, le DVL est établi sur la valeur locative annuelle (VLA) des bureaux, magasins,
boutiques, usines, ateliers, hangars, chantiers, garages, terrains de dépôt, autres locaux et
emplacements professionnels à l’exclusion des matériels et outillages, des mobiliers, agencement et
installation.
Le minimum du DVL est fixé à 1/3 du DCA.
3-2-1-/Assiette du DVL des établissements industriels et commerciaux ou PS
La VLA sur laquelle est calculé le DVL, est déterminée comme suit pour les établissements
industriels :
- Terrains, bâtiments industriels, usines 5.6% de la valeur brute au bilan ;
- Bureaux (immeubles à usage administratif) 15% de la valeur brute au bilan
- Magasins (immeuble à usage commercial) 15% de la valeur brute au bilan
Les matériels et outillages, les matériels de transport, les mobiliers, les agencements et installations
sont à exclure de l’assiette de la valeur locative.
La méthode de calcul de la VLA à partir du bilan n’est utilisée qu’à défaut d’une valeur locative réelle.
Pour les entreprises de distribution et les entreprises de prestataire de services (PS), la valeur locative
est calculée au taux de 10% de la valeur brute au bilan des immeubles.
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 2
3-2-2-/ Le taux du DVL (art 278 du CGI)
Il existe deux taux à savoir :
- 18.5% de la valeur locative au niveau des communes
- 16% de la valeur locative hors des communes
4-/ Les obligations des redevables
4-1-/ La déclaration de la patente
La contribution des patentes est de pour l’année entière par toutes les personnes physiques ou morales exerçant
au 1er janvier un commerce, n’industrie ou une profession. La patente des entreprises nouvelles est acquittée au
prorata du nombre de jours restant à courir jusqu’au 31 décembre de l’année.
4-2-/ Le paiement de la patente
La patente peut être recouvrée en un seul terme. Mais la loi de finance 2005 a institué un paiement fractionné en
deux échéances :
- 1er versement, la moitié de la patente au plus tard le 10/03/N ou 15/ 03/ ou 20/ 03
- 2ème versement l’autre moitié au plus tard le 10/ 07/N ou 15/ 07 ou 20/ 07
Exercice d’application 1
Trois entreprises spécialisées dans la distribution exercent dans trois localités à savoir Bouaké, Dimbokro,
Abidjan et dispose à cet effet trois établissements. KASH est propriétaire des locaux d’Abidjan. Les autres
fonctionnent dans les locaux sous contrat de bail.
Etablissements Nature des locaux Location mensuelle Montant brut au bilan des CA HT N-1
propriétés
Bouaké (CAS) Hall d’exposition 250 000 1 000 000 000
Dimbokro (LYS) Magasins 50 000 55 000 000
Abidjan (KASH) Bâtiment commercial 500 000 000
Bâtiments industriels 1 200 000 000
Magasins 2 000 000 000 15 000 000 000
Matériels et outillages 400 000 000
TAF :
1- Calculer la patente due par chaque entreprise.
2- Calculer la patente due dans le cas où KASH est une entreprise industrielle.
5-/ Cas des entreprises de transport (art 272 du CGI)
5-1-/ Transport de personnes
Pour le transport terrestre, par voiture 50 400f majoré de 2520 par place à l’exception de celle du conducteur.
Pour le transport maritime, fluvial ou lagunaire, par bateau 75 600f majoré de 1 008f par place, excepté celle du
conducteur
5-2-/Transport de marchandises
Par voiture ou tracteur 37 800 majoré de 1 008f par tonne.
5-3/ Transport mixte
Par voiture 50 300f augmenté du cumul des majorations par place et par tonne.
6-/ Cas des établissements hôteliers
La valeur locative des établissements hôteliers est déterminée à partir d’un revenu locatif annuel (RLA) liquidé
comme suit : RLA est égal au prix cumul des chambres pour une journée x 360 jours
VLA = 10% x RLA pour un hôtel n’excédant pas 02 étoiles
VLA = 20% x RLA pour un hôtel de plus de 02 étoiles
Exemple d’application 2
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 3
L’hôtel N’KODAH est un réceptif à 4 étoiles de 40 chambres classées en 3 catégories
Catégorie1 : 20 chambres à 20 000f la journée
Catégorie2 : 15 chambres à 30 000f la journée
Catégorie3 : 5 chambres à 70 000f la journée.
TAF : Calculer la patente due par l’hôtel si le CA HT de N-1 est de 300 000 000.
II-/ LES IMPOTS FONCIERS (LFP 2007 ET 2009)
L’impôt foncier (IF) = Impôt sur le REVENU foncier (IRF) + Impôt sur le PATRIMOINE foncier (IPF)
1- IMPOT SUR I.E REVENU FINANCIER ET IMPOT SUR LE PATRIMOINE FONCIER
DES PROPRIETES BATIES
1-1) Champ d’application
1-1-1 Propriétés imposables
Art. 149 — Il est établi un impôt annuel sur le revenu foncier et sur le patrimoine foncier des
propriétés bâties, telle que maisons, fabriques, manufactures, usines et en général, tous les immeubles
construits en maçonnerie, fer ou bois fixés au sol à demeure, à l’exception de ceux qui en sont
expressément exonérés par les dispositions du présent Code.
Art. 150 — Sont également soumis à l’impôt sur le revenu foncier et à l’impôt sur le patrimoine
foncier des propriétés bâties :
1- Les terrains non cultivés employés à usage commercial ou industriel, tels que
chantiers, lieux de dépôt de marchandises et autres emplacements de même nature, soit que
les propriétaires les occupent, soit qu’ils les fassent occuper par d’autrui à titre gratuit ou onéreux.
2- Les bateaux utilisés en un point fixe et aménagés pour l’habitation, le commerce,
l’industrie ou la prestation de services même s’ils sont seulement retenus par des
amarres.
1-1-2) Propriétés exemptées
Art. 151 — Sont exemptés de l’impôt sur le revenu foncier et de l’impôt sur le patrimoine foncier des
propriétés bâties :
1- Les immeubles, bâtiments ou constructions appartenant à l’Etat, aux collectivités
territoriales et aux établissements publics, lorsqu’ils sont affectés à un service public ou
d’utilité générale et sont improductifs de revenus.
2- Les installations qui dans les ports maritimes, fluviaux ou aériens, et sur les voies de
navigation intérieure font l’objet de concessions d’outillage public accordées par l’Etat à des
chambres de commerce, d’agriculture ou d’industrie, ou à des municipalités et sont exploitées dans
les conditions fixées par un cahier des charges.
3- Les ouvrages établis pour la distribution de l’eau potable ou de l’énergie électrique et
appartenant à l’Etat, ou à des collectivités territoriales.
4- Les édifices servent à l’exercice public des cultes.
5- Les immeubles à usage scolaire non productifs de revenus fonciers.
6- Les immeubles affectés à des œuvres d’assistance médicale ou d’assistance sociale.
Etc.
1-1-3) La base d’imposition
L’impôt sur le revenu foncier et l’impôt sur le patrimoine foncier des propriétés bâtis sont calculés à
raison de la valeur marchande au 1 er janvier de l’année d’imposition (article 161 du CGI). Nous allons
qualifiée la valeur marchande de valeur locative annuelle (VLA)
A défaut de la valeur marchande, si les propriétés appartiennent à l’entreprise :
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 4
Si l’entreprise est une entreprise commerciale ou une entreprise de prestation de services : on
prendra dans ce cas 10 % de la valeur brute au bilan des propriétés comme VLA.
Si l’entreprise est une entreprise industrielle, on déterminera la VLA comme suit :
Terrains, bâtiments industriels, usines : 5,6 % valeur brute au bilan
Matériel mobile de production : 10% valeur brute au bilan (Doctrine fiscale 2018)
Bureaux (immeuble à usage administratif) : 15 % valeur brute au bilan
Magasins (immeuble à usage commercial) : 15 % valeur brute au bilan
NB : Les matériels et outillages, les matériels de transport, les matériels et mobiliers, les agencements
et installations, les charges immobilières, les immobilisées, les immobilisations incorporelles et
financières sont à exclure de l’assiette de la valeur locative.
1-2) Taux de l’impôt
Le taux sur le revenu foncier est de 3% pour les personnes physiques et 4 % pour les entreprises ou
les personnes morales. Le taux sur le patrimoine foncier des propriétés bâties est de 9% pour les
personnes physiques et 11% pour les entreprises ou personnes morales ; soit le taux de l’impôt foncier
actuellement en vigueur est 3% + 9% = 12% pour les personnes physiques et 4% + 11% = 15%
pour les entreprises ou personnes morales.
1-3) Remise et modération pour perte de revenu
Selon l’article 157 du CGI, en cas de vacances de maison ou de chômage d’établissements
commerciaux industriels, les propriétaires peuvent obtenir du taux réduit prévu à l’article 156 du CGI,
lorsqu’il est établi que la vacance ou le chômage, qu’ils soient totaux ou partiels, sont indépendants de
leur volonté et que la durée totale de l’inoccupation excède six mois. Le point de départ de ces
périodes est le premier jour du mois suivant l’ouverture de la vacance ou du chômage.
Exemple 3 :
Le propriétaire d’un bâtiment met en louage à 100 000 F par mois.
Calculer le montant de l’impôt foncier à payer dans les cas suivants :
1) Location normale sur les 12 mois
2) Le bâtiment vacant durant 3 mois
3) Le bâtiment vacant durant 8 mois
4) Le bâtiment est habité par le propriétaire lui-même.
SOLUTION : 3
CAS IRF IPF IF = IRF + IPF
1 Bât : 100 000/mois 3% (100 000 x 12) = 9% x (100 000 x 12) =
2 Bâtiment vacant durant
3 mois
3 Bâtiment vacant durant 3% x (4 x 100 000) = 9%x4x100 000+3% x100 000x8 =
8 mois
4 Bâtiment habité par le - 3% x (100 000 x 12) =
propriétaire
Exemple 4
L’entreprise SOCOCE (entreprise commerciale) a trois établissements Yakro, Daloa et Abidjan.
SOCOCE loue les locaux de Daloa et de Yakro, mais au niveau d’Abidjan, SOCOCE est dans ses
propres bureaux. Elle déclare ses impôts à la direction générale des grandes entreprises.
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 5
Les autres informations suffisantes sont dans le tableau ci-dessous.
Etablissements Nature Location mensuelle Propriétés de CAHT N-1
SOCOCE Mt brut au
bilan
YAKRO Hall d’exposition 400 000 1 000 000 000
DALOA Magasins 45 000 55 000 000
Bâtiment …………… 500 000 000
administratif… …………… 1 200 000 000
ABIDJAN Bâtiments commerciaux ……………. 2 000 000 000 15 000 000 000
Magasins…………..
3 700 000 000
Matériels et outillages ……………… 400 000 000
TAF
1) Calculer le montant de l’impôt foncier dû par SOCOCE
2) Calculer le montant de l’impôt foncier dû si SOCOCE était BLOHORN (entreprise
industrielle, en considérant le bâtiment commercial à titre industriel).
2- IMPOT SUR LE PATRIMOINE FONCIER DES PROPRIETES NON BATIES
2-1) Champ d’application
2-1-1) Propriétés imposables
Art. 167- Il est établi un impôt annuel sur le patrimoine foncier des propriétés non bâties.
Art. 168- Pour- l’assiette de [‘impôt annuel sur le patrimoine foncier des propriétés non bâties, les
immeubles sont répartis en deux catégories :
2-1-1-1) Les immeubles urbains, imposables.
Sont considérés comme immeubles urbains :
a) Les terrains situés dans l’étendue d’une agglomération déjà existante ou en voie de formation et
compris dans les limites des plans de lotissement régulièrement approuvés.
b) Ceux qui, se trouvent en dehors du périmètre des agglomérations visées aux paragraphes
précédents, sont destinés à l’établissement de maisons d’habitation, factoreries, comptoirs avec leurs
distances et dépendances, lorsque lesdites constructions ne se rattachent pas à une exploitation
agricole.
2-1-1-2 Les immeubles ruraux, non imposables
Zones non cultivées et non affectées à usage d’exploitation
Base d’imposition
Propriétés imposables
Art. 169 — Les immeubles urbains sont imposables en raison de leur valeur vénale au 1er Janvier de
l’année de l’imposition.
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 6
La valeur vénale est déterminée :
- en ce qui concerne les terrains urbains visés à l’article 168 — 10 a ci-dessus, par des commissions
communales nommées par arrêté du Ministre des Finances, composées et statuant dans des conditions
qui seront fixées pour chaque par décret pris en Conseil des Ministres. Cette valeur vénale est fixée
pour chaque année d’imposition, au cours des deux derniers mois de l’année précédente ;
- en ce qui concerne les autres terrains imposables, au moyen des actes translatifs de propriété
concernant les terrains imposables ou les terrains voisins, ou à défaut d’actes translatifs, par voie
d’estimation directe.
Les Exemptions
Art. 170— Sont exempts de l’impôt sur le patrimoine foncier des propriétés bâties :
a) Les terrains faisant l’objet d’une interdiction générale absolue de construire résultant par application
de textes réglementaires de leur situation topographique et ceux qui font l’objet d’une interdiction
temporaire ou conditionnelle résultant d’une décision particulière ne provenant pas du fait du
propriétaire.
b) Les terrains dont le propriétaire se trouve privé temporairement de la jouissance par la suite d’une
situation de fait indépendante de sa volonté.
c) Les terrains appartenant à l’Etat, aux collectivités territoriales, à la SODEFOR (LFP 2008), affectés
ou non à un usage public, mais improductifs de revenus.
d) Les pépinières et jardins d’essai créés par l’Administration ou par les sociétés d’intérêt collectif
agricole et les centres de coopération et coordination agricole dans un but de sélection et
d’amélioration des plants.
e) Les terrains à usage scolaire, à usage du culte ou utilisés par des établissements d’assistance
médicale ou sociale ou par des sociétés reconnues d’utilité publique et agrées comme sociétés
d’éducation physique ou de préparation militaire.
3) Taux d’imposition
L’article 173 du CGI fixe le taux d’impôt sur le patrimoine foncier des propriétés non bâties est fixé à
1,5 % de la valeur marchande déterminée conformément aux dispositions de l’article 161 bis du CGI.
Ce taux s’applique à partir de la fin de la 2e année suivant l’année d’acquisition du terrain.
4) Les obligations des contribuables et des redevables à l’impôt foncier.
Les contribuables de l’impôt foncier sur les propriétés bâties et non bâties doivent déclarer ladite
charge au plus tard le 15 février de l’année suivant l’année d’imposition.
REMARQUES/Prélèvement d’un acompte au titre des impôts sur les revenus locatifs
Art. 158 — Les organisations payeurs du Trésor Public, y compris les régies des Forces Armées, de la
Gendarmerie, et des Eaux et Forêts, sont tenues de prélever une somme égale à 15 % du montant brut
des loyers qu’ils paient au titre des baux administratifs.
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 7
Art. 159 — La même obligation est faite aux agences immobilières, syndics d’immeubles, gérants de
biens, sociétés civiles immobilières et tous autres intermédiaires de prélever 15 % sur le montant brut
des loyers qu’ils reversent à leurs propriétaires des locaux loués.
Art. 160 — De même, les entreprises soumises à un régime d’imposition réel, les ambassades et les
organisations internationaux sont obligés de prélever 15 % sur le montant des loyers de l’ensemble des
immeubles pris en location, sauf pour les immeubles loués par les intermédiaires visés à l’article 162,
auquel cas, seuls ces derniers sont soumis aux obligations du présent texte.
Art. 161 — Ces prélèvements constituent un acompte à valoir sur l’impôt sur le revenu foncier et sur
l’impôt sur le patrimoine foncier des propriétés bâties.
Art. 162 — Les agences immobilières, syndics d’immeubles, gérants de biens, sociétés civiles
immobilières, tous intermédiaires et, les entreprises, les ambassades et organismes internationaux visés
à l’article 160 doivent reverser les sommes prélevées dans les quinze premiers jours du mois suivant
leur encaissement, à la caisse du receveur des impôts.
Les versements doivent être accompagnés d’une déclaration comportant le nom, l’adresse et le numéro
de compte contribuable du propriétaire, l’identification de l’immeuble loué, les noms des locataires et
le montant des loyers payés par ceux-ci.
Art. 163 — Le taux du prélèvement est ramené au niveau du taux de l’impôt sur le revenu foncier et
de l’impôt sur le patrimoine foncier applicable à l’immeuble concerné.
Art. 164 — Toute personne physique ou morale tenue à cette obligation qui n’a pas fait les retenues ou
qui n’a opéré que des retenues insuffisantes est passible d’une amende fiscale égale au montant des
retenues non effectuées, sans préjudice de la réintégration des sommes en cause au bénéfice
imposable.
En outre, pour chaque période d’un mois écoulé entre la date à laquelle les versements auraient dû être
normalement effectués le jour du paiement, une amende fiscale égale à 10 % du montant des sommes
dont le versement a été différé sera appliqué. Pour le calcul de cette amende, toute période d’un mois
commencé est complétée entièrement.
Exemple : 5
Monsieur AKOTO Yao a acheté un terrain de 600 m2 au prix de 2500 000 F. La lettre d’attribution est
datée du 10 Mai N+1. AKOTO n’a pas encore mis en valeur la parcelle au 31/12/N+6.
La commission communale a fixé les années ci-après, les valeurs suivantes :
N+2:6 500 F/m2 N+4:5 000 F/m2 N+6:1 0000 F/m2
N+3:8 000 F/m2 N+5: 10 000 F/m2
TAF : Calculer l’impôt foncier dû au titre des exercices N+2 à N+6
SOLUTION : 5
Périodes Surfaces Prix/m2 IPF 1,5 % x valeur vénale
N+2 600 m2 6500 IPF=0
N+3 600 m2 8000 IPF = 1,5 %x (8 000x600) = 72 000
N+4 600 m2 5000 IPF=1,5%x (5000x600) = 45000
N+5 600 m2 10000 IPF = 1,5% x (10 000 x 600) = 90000
N+6 600 m2 10000 IPF1, 5%x (10000x600)90000
CHAPITRE II : IMPOTS SUR LES BENEFICES INDUSTRIELS ET COMMERCIAUX
Introduction
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 8
La loi de finance de janvier 2021 a reparti les agents économiques en quatre régimes en fonction de leurs
activités et du volume du chiffre d’affaires annuel réalisé :
Annexe fiscale 2021, article 33
Tableau récapitulatif des différents nouveaux régimes d’imposition depuis le 8 janvier 2021.
Agents économique Tranche de CATT/an Régimes
] 0 ; 5 000 000] Taxe communale de l’entreprenant
(TCE)
Les petits commerçants et artisans
] 5 000 000 ; 50 000 000] Taxe d’Etat de l’entreprenant
(TEE)
Le régime de l’entreprenant
- Personnes physique faisant du négoce
(Commerce ou industrie)
- Personnes physique faisant de la prestation de ] 50 000 000 ; 200 000 000] Le régime des microentreprises
Service (expo : CIE, SODECI)
- Personnes physique à cheval sur les deux
activités
- Personne physique ou morale faisant du négoce
- Personne physique ou morale faisant de la
Prestation de service ] 200 000 000 ; 500 000 000] Le régime du réel simplifié
- Personne physique ou morale à cheval sur les
Deux activités
- Personne physique ou morale faisant du négoce
- Personne physique ou morale faisant de la
Prestation de service
- Personne physique ou morale à cheval sur les ] 500 000 000 ; + ∞ [ Le régime du réel normal
Deux activités
- Les marchands de biens d’équipement
Lotisseurs…
I-/ Régime de l’Entreprenant
Les personnes concernées par le régime de l’Entreprenant sont les entreprises (personnes physiques ou
personnes morales) dont le chiffre d’affaires annuel toutes taxes comprises n’excède pas 50 millions
de francs, quelle que soit la nature de l’activité exercée. Le chiffre d’affaires s’entend de l’ensemble
des recettes et produits acquis dans le cadre de l’exercice de l’activité, y compris toutes les sommes
provenant des activités annexes et accessoires ou de la gestion de l’actif commercial, quelle que soit
leur situation fiscale au regard des taxes sur le chiffre d’affaires.
1- Modalités d’application du régime de l’Entreprenant
Le dispositif opère au sein du régime de l’Entreprenant, une distinction entre la taxe communale de
l’Entreprenant et la taxe d’Etat de l’Entreprenant.
1-1-Taxe communale de l’Entreprenant
La taxe communale de l’Entreprenant se substitue à la taxe forfaitaire des petits commerçants et
artisans et s’applique aux contribuables dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à cinq millions (5
000 000) de francs toutes taxes comprises.
La gestion de cette taxe relève de la compétence des collectivités territoriales, mais sous
l’encadrement technique de la Direction générale des Impôts.
Il convient de préciser que les autorités municipales de leur localité sont autorisées à délibérer sur des
tarifs journaliers dont elles déterminent l’assiette et la quotité. Cette taxe est libératoire de la
contribution des patentes, des taxes communales, de la contribution à la charge des employeurs, de
l’impôt sur les traitements et salaires, à l’exclusion des retenues à la source.
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 9
1-2-Taxe d’Etat de l’Entreprenant
Elle se substitue à l’impôt synthétique et est due par les contribuables dont le chiffre d’affaires annuel
toutes taxes incluses est compris entre cinq millions (5 000 000) et cinquante millions (50 000 000) de
francs. La gestion des contribuables assujettis à cette taxe relève de la compétence des services de la
Direction générale des Impôts. Les taux de la taxe sont de :
- 4 % applicable au chiffre d’affaires annuel toutes taxes comprises, réalisé ou prévisionnel déclaré
pour les activités de commerce et de négoce ;
- 5 % en ce qui concerne les autres activités, notamment l’industrie, l’artisanat et les prestations de
services.
Ces taux sont réduits de moitié en cas d’adhésion à un centre de gestion agréé. Cette taxe qui est
calculée annuellement, est payée mensuellement par versement au plus tard le 10 de chaque mois,
d’une fraction égale au douzième de l’impôt annuel auprès de la recette des Impôts dont dépend le
contribuable, au moyen d’un imprimé téléchargeable sur le site internet de la Direction générale des
Impôts. Le paiement de la taxe d’Etat de l’Entreprenant est libératoire de tous les autres impôts et
taxes, à l’exclusion des impôts sur les traitements, salaires, pensions et rentes viagères (ITS) et des
retenues à la source.
II-/ Régime des microentreprises
1-/ Personne imposable
Le régime des microentreprises concerne les contribuables dont le chiffre d’affaires annuel toutes
taxes comprises se situe entre cinquante millions (50 000 000) de francs et deux cent millions (200
000 000) de francs sans distinction de la nature de l’activité exercée.
Ainsi, avec l’entrée en vigueur de l’annexe fiscale 2021, le chiffre d’affaires requis pour être assujetti
à la taxe sur la valeur ajoutée, est désormais fixé à 200 millions de francs.
Toutefois, le dispositif prévoit pour les entreprises qui relèvent du régime des microentreprises, la
possibilité d’opter pour leur assujettissement à ladite taxe et donc au régime du réel simplifié,
lorsqu’elles réalisent un chiffre d’affaires annuel toutes taxes comprises d’au moins cent millions (100
000 000) de francs.
2-2-Modalités de détermination de l’impôt des microentreprises
Pour la détermination de l’impôt des contribuables qui relèvent du régime des microentreprises, il est
fait application du taux de 6 % au chiffre d’affaires annuel toutes taxes comprises. Ce taux est ramené
à 4 % pour les adhérents des centres de gestion agréés (CGA).
Cette taxe qui est calculée annuellement, est payée mensuellement par versement au plus tard le 10 de
chaque mois, d’une fraction égale au douzième de l’impôt annuel auprès de la recette des Impôts dont
dépend le contribuable, au moyen d’un imprimé téléchargeable sur le site internet de la Direction
générale des Impôts. La cotisation due au titre de l’impôt des microentreprises est libératoire de tous
les autres impôts et taxes, à l’exclusion des impôts sur les traitements, salaires, pensions et rentes
viagères (ITS) aussi bien à la charge des salariés que de l’employeur et des retenues à la source. La
gestion des redevables du régime des microentreprises relève de la compétence de la DGI.
III-/Le régime du réel simplifié
1-/Personnes imposables ou champ d’application
(Voir tableau des régimes d’imposition à l’introduction de ce chapitre)
La détermination de leurs impositions s’effectue suivant les conditions de droit commun.
Il convient de préciser que les contribuables qui relèvent du régime réel simplifié ne sont pas autorisés à adhérer
à un centre de gestion agréé.
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 10
Par ailleurs, le dispositif de l’article 33 de l’annexe fiscale 2021 aménage les conditions d’exigibilité de l’impôt
minimum forfaitaire (IMF) et prévoit que le montant cumulé des impôts et taxes, hors impôts de tiers, acquitté
par une entreprise relevant du régime du réel simplifié d’imposition, ne peut être inférieur au montant maximum
de l’impôt dû par une entreprise relevant du régime des microentreprises.
2-/ Le résultat d’imposition ou le résultat fiscal
Il est déterminé à partir du résultat comptable. En effet le résultat comptable est déterminé le 31 décembre de
chaque année. A partir de ce résultat comptable, on procède à des corrections en ajoutant des charges non
déductibles qui ont été déduites (réintégrations) et en soustrayant des produits non taxables qui ont été
comptabilisés (déductions) pour avoir le résultat fiscal imposable.
Seul l’amortissement linéaire est autorisé sous ce régime. Il est pratiqué selon les taux suivants :
Eléments Taux Durée
Construction à usage commercial artisanal et agricole 5% 20 ans
Mobilier, matériel de bureau, installation et aménagement 10% 10 ans
Matériel de transport 33,33% 3 ans
Matériel et outillage 20% 5 ans
Matériel informatique 50% 2 ans
NB : Les assujettis à ce régime sont interdits de pratiquer l’amortissement réputé différé en cas de résultat
fiscal déficitaire. De même il leur est interdit de pratiquer toute provision. Enfin, ils ne bénéficient pas de
l’exonération de la plus-value de cession d’immobilisation (article 28 du CGI), donc produit taxable.
3-/Calcul de l’IBIC, impôt minimum forfaitaire (IMF), son paiement et les notions de réintégration et de
déduction
3-1-/ Calcul de l’impôt BIC
L’impôt BIC est calculé au taux de 25% pour les personnes morales (entreprises) et pour les personnes
physiques sur le bénéfice fiscal. Le résultat fiscal doit être arrondi à la centaine de franc inférieur.
NB : Les petites et moyennes entreprises constituées sous la forme de personne morale et exerçant dans le
domaine de la transformation industrielle et les nouvelles technologies d’information et de la communication
acquittent l’IBIC au taux de 20%. Le taux de 25% s’applique aux grandes entreprises, entreprises ayant un
chiffre d’affaires supérieur à 1 000 000 000.
3-2-/ Calcul de l’impôt minimum forfaitaire (L’IMF)
Avec l’entrée en vigueur de l’annexe fiscale 2021, L’IMF est exigible dans l’un des cas suivants :
- le montant de l’impôt sur les bénéfices de l’exercice est inférieur à l’IMF dudit exercice ;
- le montant cumulé des impôts et taxes dus au titre d’un exercice, hors impôts de tiers, est inférieur au montant
maximum de l’impôt des microentreprises déterminé sur la base du seuil supérieur du chiffre d’affaires du
régime des microentreprises.
La cotisation d’IMF due au titre d’un exercice comptable donné est égale à 0,5 % du chiffre d’affaires, toutes
taxes comprises de cet exercice. Cette cotisation ne peut être inférieure à un minimum de perception de 3 000
000 de francs. Pour les stations-services et les distributeurs de gaz butane, ce montant est ramené à 500 000
francs.
Toutefois, lorsque l’impôt minimum forfaitaire est dû à raison de la condition définie ci-dessus, le minimum de
perception est majoré de la différence entre le montant cumulé des impôts et taxes dus au titre d’un exercice et
le montant maximum de l’impôt des microentreprises déterminé sur la base du seuil supérieur du chiffre
d’affaires du régime des microentreprises.
IMFN = 0,5% CATTCN
Sont exclus de l’assiette de l’IMF les produits suivants :
- variation de stock de marchandises ;
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- variation de produits stockés ;
- les récupérations de charges imputées à des tiers ;
- les transferts de charges ;
- les rentrées sur créance amortie
- quote-part de subvention d’équipement rapporté au résultat ;
- reprise d’amortissement de provision, les reprises de plus-value au résultat ;
- selon le pourcentage exonéré pour les produits partiellement taxables à l’impôt BIC ;
- les produits exonérés à 100% d’impôt BIC.
Ainsi, par détermination de la loi, le cumul des impôts et taxes, hors impôts de tiers acquittés par les
contribuables et le minimum de perception à payer lorsque l’IMF est dû pour les contribuables relevant
du régime réel simplifié ne peuvent être inférieurs à 200 000 000 X 4% = 8 000 000 de francs.
Si le minimum de perception est inférieur au montant maximum payé par un contribuable relevant du
régime des microentreprises (200 000 000 X 4% = 8 000 000, une régularisation est effectuée (paiement
complémentaire d’impôt).
Cette disposition s’applique à compter de la date d’entrée en vigueur de l’annexe fiscale 2022.
Exemple d’application
Cas pratique 1
L’entreprise ZANA est au RSI et elle réalise un chiffre d’affaires annuel toutes taxes comprises de 350 000 000
de francs au cours de l’année 2022. Le bénéfice réalisé au titre de cet exercice est de 10 000 000 de francs et elle
acquitte un montant cumulé au titre des impôts professionnels de 6 000 000 de francs.
Déterminer l’impôt dû au titre des impôts sur les bénéfices.
Détermination de l’impôt sur les bénéfices : 10 000 000 x 25 % = 2 500 000 francs.
Détermination de l’IMF : 350 000 000 x 0,5 % = 1 750 000 francs. Le minimum de perception étant fixé à 3 000
000 de francs, l’IMF normalement dû est donc égal à 3 000 000 de francs.
Montant cumulé des impôts professionnels acquittés = 6 000 000 de francs. Montant maximum de l’impôt des
microentreprises = 2 00 000 000 x 4 % = 8 000 000 de francs. Le montant cumulé des impôts professionnels
acquittés (6 000 000 de francs) étant inférieur au montant maximum de l’impôt des microentreprises (8 000 000
de francs), l’IMF est dû.
Toutefois, cet IMF sera majoré de la différence entre le montant cumulé des impôts et taxes acquittés au titre de
l’exercice 2022 c'est-à-dire 6 000 000 de francs et le montant maximum de l’impôt des microentreprises (8 000
000). Soit :
8 000 000 – 6 000 000 = 2 000 000 de francs.
L’IMF sera donc majoré de 2 000 000 de francs.
Ainsi, le montant de l’IMF est de : 3 000 000 + 2 000 000 = 5 000 000 de francs.
Cas pratique 2
L’entreprise APP est au RSI et elle réalise un chiffre d’affaires annuel toutes taxes comprises de 250 000 000
de francs au cours de l’année 2022. Le bénéfice réalisé au titre de cet exercice est de 50 000 000 de francs et elle
acquitte un montant cumulé des impôts professionnels de 5 000 000 de francs.
Calculer l’impôt exigible au titre de l’impôt sur les bénéfices.
Détermination de l’impôt sur les bénéfices : 50 000 000 x 25 % = 12 500 000 francs.
Détermination de l’IMF : 250 000 000 x 0,5 % = 1 250 000 francs. Le minimum de perception étant fixé à 3 000
000 de francs, l’IMF est donc égal à 3 000 000 de francs.
Toutefois, l’impôt sur les bénéfices étant supérieur à l’IMF, le contribuable devra acquitter l’impôt sur les
bénéfices d’un montant de 12 500 000 francs.
Montant cumulé des impôts professionnels acquittés = 5 000 000 de francs.
Montant maximum de l’impôt des microentreprises = 2 00 000 000 x 4 % = 8 000 000 de francs.
Le montant cumulé des impôts professionnels acquittés (5 000 000 de francs) étant inférieur au montant
maximum de l’impôt des microentreprises (8000 000 de francs), l’IMF devrait en principe être dû.
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Toutefois, l’impôt sur les bénéfices étant supérieur à l’IMF, aucune régularisation ne sera effectuée.
NB : Il est précisé que la majoration du minimum de perception est liée au paiement de l’IMF. Ainsi,
lorsque l’entreprise détermine un impôt sur les bénéfices, supérieur à l’IMF, aucune majoration n’est à
effectuer.
3-3-/Le paiement de l’impôt (CGI, article 52)
Au titre d’un exercice, on calcule l’IBIC et L’IMF. Le montant le plus élevé des deux impôts calculés est
l’impôt dû. Son paiement s’effectue au cours de l’exercice suivant, en trois versements égaux.
Exemple : L’impôt dû, calculé au 31/12/N sera payé de la manière suivante :
-1er versement le 15/ 04 / N+1
- 2e versement le 15 /6 / N+1
- 3e versement le 15 / 9 / N+1
NB : Les entreprises nouvelles, assujetties au régime du réel simplifié sont exonérées de l’IMF
3-4-/Les réintégrations et les déductions
Ces deux notions sont expliquées en large sous le régime réel normal. Mais sous le réel simplifié, nous
porterons un avant-goût à travers les exercices d’application suivants.
Exercice 4
Monsieur DJAGUY, commerçant à Abidjan réalise un CATTC annuel de 260 770 000. Les charges engagées
pour la réalisation de ce chiffre d’affaires sont les suivantes :
- achat de matière première 139 000 000
- frais de personnel 90 000 000
- charge locative annuelle 25 000 000
- contravention due à une infraction de la route 20 215
- mariage de DJAGUY 1 000 000
- billet d’avion pour sa fille pour ses vacances à New York 500 000.
Total Impôts professionnels payés : 6 800 000
Travail à faire :
1-/ Déterminer le résultat comptable.
2-/ Déterminer le résultat fiscal.
3-/ Calculer l’impôt exigible.
4-/ Quels sont les montants et les échéances de versement de l’impôt dû ?
Exemple 5
L’entreprise individuelle DABODABO de monsieur N’ZUEBA au capital de 80 000 000 a réalisé au 31/12/N-1
un bénéfice comptable de 98 000 000. Le chiffre d’affaires (CATTC) de la même année s’élève à 296 000 000.
Le bénéfice comptable a été déterminé à partir des informations suivantes :
- pénalité pour paiement hors délais de la patente 200 000
- majoration pour paiement tardif de la TVA 1 500 000
- rémunération annuelle de monsieur N’ZUEBA 1 000 000
- rémunération de sa femme 700 000 sachant que les secrétaires de cette entreprise touchent 600 000 par an
- rémunération des autres employés 120 500 000.
Travail à faire :
1-/ Quel est le régime fiscal de cette entreprise ?
2-/ Déterminer le bénéfice fiscal.
3-/ Quel est l’impôt dû ? Déduire le montant et les échéances légales de versement.
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NB : impôts professionnels payés 19 500 000
IV-/Le régime du réel normal
1-/Personnes imposables ou champ d’application
(Voir tableau des régimes d’imposition à l’introduction de ce chapitre)
2-/Calcul du résultat fiscal
Résultat comptable avant impôt
+ Réintégration des charges non déductibles et des produits taxables non comptabilisés
- Déduction des produits non taxables comptabilisés et les charges déductibles non comptabilisées
Résultat fiscal de l’exercice
- Déficits fiscaux ordinaires des cinq derniers exercices consécutifs
- Amortissements réputés différés
Résultat fiscal avant déduction des investissements placés sous l’article 110 et des plus-values
Exonérées
- Déduction des plus-values sous l’article 28
- Déduction des plus-values sous l’article 30
- Déduction des plus-values sous l’article 32
- Déduction des plus-values sous l’article 33
Résultat fiscal avant déduction des investissements placés sous l’article 110
- Déduction des investissements placés sous l’article 110
Résultat imposable de l’exercice ou Assiette de l’impôt BIC de l’exercice
3-/Calcul et paiement de l’impôt BIC
3-1-/ Calcul de l’impôt minimum forfaitaire (l’IMF)
En effet, avec l’entrée en vigueur des annexes fiscales 2021 et 2022, l’IMF est exigible dans l’un des cas
suivants :
- le montant de l’impôt sur les bénéfices de l’exercice est inférieur à l’IMF dudit exercice ;
- le montant cumulé des impôts et taxes dus au titre d’un exercice, hors impôts de tiers, est inférieur au montant
maximum de l’impôt des microentreprises déterminé sur la base du seuil supérieur du chiffre d’affaires du
régime des microentreprises.
La cotisation de l’IMF due au titre d’un exercice comptable donné est égale à 0,5 % du chiffre d’affaires, toutes
taxes comprises de cet exercice. Cette cotisation ne peut être inférieure à un minimum de perception de 3 000
000 de francs. Pour les stations-service et les distributeurs de gaz butane, ce montant est ramené à 500 000
francs. Toutefois, lorsque l’impôt minimum forfaitaire est dû à raison de la condition définie au b) ci-dessus, le
minimum de perception est majoré de la différence entre le montant cumulé des impôts et taxes dus au titre d’un
exercice et le montant maximum de l’impôt des microentreprises déterminé sur la base du seuil supérieur du
chiffre d’affaires du régime des microentreprises, affecté d’un coefficient de 1,2.
En conséquence, le cumul des impôts et taxes, hors impôts de tiers acquittés par les contribuables et le minimum
de perception à payer lorsque l’IMF est dû pour les contribuables relevant du régime réel simplifié ne peuvent
être inférieurs à 200 000 000 x 4% x 1,2 = 9 600 000 de francs.
Lorsque l’IMF est dû et que les impôts proportionnels payés par l’entreprise sont inférieurs à 9 600 000, alors
une régularisation s’impose : impôt dû = (IMF + (9 600 000 - impôts professionnels)) x 1,2.
Le montant de l’IMF est compris entre un minimum de 3 000 000 et un plafond de 35 000 000.
IMF = 0,5% x CATTC
NB : Le taux de 0,5% passe à 0,15% pour les banques, les compagnies d’assurance et de réassurance et à
0,1% pour les entreprises pétrolières.
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Les entreprises nouvelles sont exonérées de l’IMF pour le premier exercice comptable mais ne sont pas
exonérées de l’IBIC
Exemple d’application
Cas pratique 1
L’entreprise BAMEL qui relève du régime réel normal d’imposition réalise un chiffre d’affaires de 750 000 000
de francs au cours de l’année N et un bénéfice de 12 500 000 de francs. Elle acquitte un montant cumulé au titre
des impôts professionnels de 7 200 000 francs.
Calculer l’impôt exigible.
Détermination de l’impôt sur les bénéfices : 12 500 000 x 25 % = 3 125 000 francs. Détermination de l’IMF :
750 000 000 x 0,5 % = 3 750 000 francs qui est supérieur à l’impôt sur les bénéfices, L’IMF qui est en principe
dû est donc égal à 3 750 000 francs.
Montant cumulé des impôts professionnels acquittés = 7 200 000 de francs. Montant minima des impôts
professionnels est de 9 600 000. Il y aura donc une régularisation de : 9 600 000 – 7 200 000 = 2 400 000
Impôt exigible = (3 750 000 + 2 400 000) x 1,2 = 7 380 000
Cas pratique 2
L’entreprise BKCAE est une station-service qui relève du régime réel normal d’imposition. Elle réalise un
chiffre d’affaires de 95 000 000 de francs au cours de l’année N et un bénéfice de 1 200 000 francs. Elle acquitte
un montant cumulé au titre des impôts professionnels de 8 500 000 francs.
Calculer l’impôt exigible.
Détermination de l’impôt sur les bénéfices : 1 200 000 x 25 % = 300 000 francs. Détermination de l’IMF : 95
000 000 x 0,5 % = 475 000 francs qui est supérieur à l’impôt sur les bénéfices, toutefois, cet IMF est inférieur
au minimum de perception de 500 000 francs. L’IMF qui est en principe dû est donc ramené à 500 000 francs en
raison de ce qu’il s’agit d’une station-service.
Montant cumulé des impôts professionnels acquittés = 8 500 000 francs.
Montant minima des impôts professionnels est de 9 600 000
(9 600 000 – 8 500 000) = 1 100 000 francs.
L’IMF de 500 000 francs sera donc majoré d’un montant de 3 500 000 francs.
Ainsi, le montant de l’IMF dû est de : (500 000 + 1 100 000) x 1,2 = 1 920 000 francs.
3-2-/Calcul de l’IBIC
L’IBIC est calculé au taux de 25% sur le résultat fiscal imposable pour les personnes morales et pour les
personnes physiques. Le résultat fiscal imposable est arrondi au millième inférieur.
3-3-/Le paiement de l’impôt
Au titre d’un exercice, on calcule l’IBIC et L’IMF. Le montant le plus élevé des deux impôts calculés est
l’impôt dû. Son paiement s’effectue au cours de l’exercice suivant, en trois versements égaux.
Exemple : L’impôt dû, calculé au 31/12/N sera payé de la manière suivante :
- 1er versement le 20 / 04 / N+1
- 2e versement le 20 / 6 / N+1 Pour les grandes entreprises prestataires de services
- 3e versement le 20 / 9 / N+1
- 1er versement le 15 / 04 / N+1
- 2e versement le 15 / 6 / N+1 Pour les grandes entreprises commerciales
- 3e versement le 15/ 9 / N+1
- 1er versement le 10 / 04 / N+1
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- 2e versement le 10 / 6 / N+1 Pour les grandes entreprises industrielles, minières et pétrolières.
- 3e versement le 10 / 9 / N+1
4-/ Les conditions générales de déduction des charges et les principales charges déductibles
4-1-/Conditions générales de déduction
Peuvent faire objet de déduction fiscale, les charges exposées dans l’intérêt de l’exploitation ou pour le besoin
de l’entreprise. Sont exclues les dépenses n’étant pas dans l’exploitation de l’entreprise. Telles que les dépenses
personnelles, somptuaires, les sanctions pénales, les dépenses fictives et les dépenses à caractère
d’immobilisation.
4-2-/Les principales charges déductibles (CGI, article 18)
4-2-1-/Les achats
Ils sont déductibles pour tout montant TTC supérieur ou égal à 250 000 réglé par chèque (CGI, article 18 bis).
Mais les dépenses d’investissement (acquisition d’immobilisation) ne sont pas déductibles en intégralité au
cours de l’exercice. Leur déduction se fait par le jeu des amortissements. Cependant, certaines dépenses
d’investissement sont déductibles fiscalement en intégralité (Article 18, paragraphe A, alinéas 9 du CGI). Ce
sont :
- acquisition de mobilier de bureau de valeur unitaire TTC ≤ 300 000 ;
- achat de petit matériel de bureau de valeur unitaire HT ≤ 300 000 ;
- achat de petit matériel et outillage de valeur unitaire HT ≤ 300 000.
NB : Les achats d’immobilisations des entreprises en zone assiégée sont admis comme charge déductibles pour
les exercices 2004 et 2005. En ce qui concerne les constructions, c’est la moitié des charges qui est admise en
déduction. L’autre moitié fait l’objet d’amortissement dans les conditions normales.
Exemple
La SA « KANGANIMAN » assujettie au régime du réel normal a réalisé au cours de l’exercice N un bénéfice
comptable avant impôt de 25 000 000f. Lequel bénéfice prend en compte les dépenses ci-après :
- achat d’un bureau 250 000 HT réglé par chèque ;
- achat d’une machine 20 000 000 HT réglé par chèque amortissable linéairement sur 5 ans ;
- acquisition d’une bibliothèque 260 000 HT en espèce ;
- achat d’un matériel et outillage 342 200 TTC réglé par chèque ;
- acquisition d’un véhicule de tourisme le 01/01/N à 6 000 000 HT pour une durée de 3 ans et de PF = 14
chevaux.
TAF : Calculer l’IBIC de l’exercice N.
4-2-2-/Les charges de personnel
♣ Le salaire proprement dit : il est déductible en nature comme en espèce
♣ Les primes de stage versées aux stagiaires sont déductibles dans la limite de 150 000 par mois et par
stagiaire sur une période n’excédant pas 6 mois.
Les primes versées aux salariés en cas des cérémonies de décoration ne doivent pas excéder six (6) mois de
salaire hors avantage en nature
♣ Appointement ou salaire de l’exploitant individuel : non déductible car qualifié de prélèvement anticipé sur
bénéfice professionnel. Cependant, si la conjointe de l’exploitant effectue un travail dans l’entreprise de son
conjoint et que sa rémunération n’est pas excessive (tenant compte des normes salariales), alors elle est
déductible. En cas d’excédent de rémunération, celle-ci est à réintégrer.
♣ Gratifications et primes allouées au personnel : les gratifications et primes d’un exercice N sont versées au
personnel au cours de l’exercice N+1. Elles sont donc à déduire des résultats de l’exercice au cours duquel elles
sont versées. Cependant, deux cas de primes et gratifications sont déductibles à l’exercice au cours duquel elles
sont nées. Ce sont :
- le cas des allocations ou primes de fin d’année rendues obligatoires par la convention collective de juillet 1977
- les primes et gratifications dont leur montant, leur modalité de versement résultent d’un engagement ferme et
irrévocable de l’employeur pris antérieurement à la clôture de l’exercice.
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♣ Indemnité pour congé payé : les indemnités de l’exercice N étant payées à l’exercice N+1, elles sont
déductibles à l’exercice N+1 ; la provision constituée à cet effet est à réintégrer à l’exercice N.
♣ Rémunération des associés gérants des sociétés de personnes (SNC, SCS) : elles sont des charges non
déductibles.
♣ Rémunération des associés gérants des SARL : la rémunération versée aux gérants minoritaires et aux
gérants majoritaires des SARL est déductible.
♣ Rémunération des gérants des SA : la rémunération proprement dite est déductible ; cependant certains
accessoires de salaire comme "jetons de présence" ou "prime de fonction" ou "indemnité de fonction" sont
déductibles à concurrence de 3 000 000f par bénéficiaire et par an. En cas d’excédent, l’excédent est à réintégrer
Seuls peuvent bénéficier des jetons de présence au-delà de 3 000 000, le PCA, le PDG, et son adjoint, le DG et
son adjoint.
Exemple :
Le 31 mai 19N, l’assemblée générale ordinaire des actionnaires de la SA « M’GBAN » a statué sur les comptes
de l’exercice clos le 31/12/19(N-1). Elle a alloué des jetons de présence de 36 000 000 aux administrateurs. Le
conseil d’administration compte 12 membres. Le 1 er juillet 19(N-1), monsieur TCHONGON a été coopté en tant
qu’administrateur en remplacement de monsieur TCHOUKOU décédé le 31 mars 19(N-1).
TAF : 1/ calculer le montant des jetons de présence déductible des bénéfices de l’exercice 19N (exercice de
versement desdits jetons)
4-2-3-/Les charges financières
Ce sont les intérêts des sommes dues aux tiers. Elles sont déductibles si la dette a été contractée pour les besoins
ou dans l’intérêt de l’entreprise.
♣ Les intérêts versés par une succursale à sa maison –mère : ils sont non déductibles
♣ Les intérêts du capital social (dividende, part d’intérêt) : les intérêts servis au capital engagé par
l’exploitant individuel ne sont pas déductibles. Il en est de même des intérêts et dividendes versés aux associés
ou actionnaires de toute société quelle que soit sa forme juridique.
♣ Les intérêts des comptes courants des associés : pour être déductibles fiscalement, il faut que le taux
d’intérêt auquel la société rémunère ses capitaux n’excède pas celui de la BCEAO majoré de trois (02) points.
C’est-à-dire de 2%.
Le montant de l’emprunt ne doit pas dépasser le capital social de l’entreprise
Exemple : Une SA au capital de 10 millions a emprunté auprès de ses associés les montants suivants :
- associé DJOUFA, 9 000 000 le 01/07/2007
- associé TEININ, 6 000 000 le 01 :09/2007
Le taux d’intérêt appliqué par la SA est de 16%. Le taux des avances de la BCEAO est de 10%.
TAF : Quel est le sort de ces intérêts au regard des BIC ?
4-2-4-/ Dons, subventions et Libéralités
Ils ne sont pas déductibles. Cependant, les dons, subventions et libéralités offerts aux personnes suivantes sont
déductibles dans la double limite de :
- 2,5% CAHT
- 200 000 000f CFA par an.
Ces personnes sont :
- les associations sportives reconnues par le ministère de la jeunesse et des sports par arrêté conjoint avec le
ministère de l’économie et des finances
- les organismes de recherche scientifique agréés
- les organismes œuvrant dans le domaine de la santé publique et de l’action sociale désignés par arrêté
conjoints des ministères de l’économie et des finances et de la santé publique
- les associations œuvrant dans le domaine de la culture et de l’enseignement.
Par contre, les dépenses engagées par les entreprises au profit des collectivités territoriales et des populations
pour la réalisation des routes, écoles, hôpitaux et châteaux d’eau sont déductibles dans la double limite de :
- 3% CAHT
- 500 000 000f CFA par an.
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 17
Exemple : Une SA a accordé une subvention de 300 000 000 à l’ASEC d’Abidjan pour sa participation à la
ligue des champions, 350 000 000 à la municipalité de M’BATTO pour la réalisation d’un lycée. Le CAHT de
la SA ou cours de cette année s’élève à 7 000 000 000.
TAF : Quel est le régime fiscal de ces subventions ?
Exemple : Au cours des trois derniers exercices, la société « BIANSSA » a octroyé les dons suivants :
- N-3, 7 000 000f à l’AFRICA et 13 000 000f à l’ASEC ;
- N-2, 50 000 000f à la croix rouge pour les déplacés de guerre
- N-1, 10 000 000f à la belle-mère du DG.
Les CAHT respectifs de N-1 à N-3 sont : 55 000 000 000 ; 9 000 000 000 ; 700 000 000.
TAF : Quel est le sort fiscal de ces charges durant ces différentes périodes ?
Les bourses d’étude accordées aux étudiants ne doivent pas excéder les limites suivantes :
- 12 000 000 par an par entreprise donatrice.
- 600 000 par étudiant du 1er et 2nd cycle par an.
- 1 000 000 par étudiant du 3ème cycle par an.
NB : Les étudiants ne doivent pas être des proches (avoir des liens familiaux) des salariés de l’entreprise
donatrice.
Exemple : Au cours d’une année, la SA YEMELE a accordé 11 000 000 à 5 étudiants dans le cadre de leur
étude. Il s’agissait de 3 étudiants au BTS finance comptabilité et 2 étudiants en DEA de criminologie.
TAF : Quel est le régime fiscal de ce don au regard de l’impôt BIC ?
4-2-5-/Les primes d’assurance
La prime d’assurance-vie représentative de la participation de l’entreprise dans les contrats d’assurance-vie ou
d’assurance décès est déductible.
Les primes d’assurance contractées en vue de garantir les divers éléments d’actifs (incendie, inondation…) sont
déductibles. Cependant, les primes annuelles d’assurance-vie souscrites au bénéfice de l’entreprise à la tête des
dirigeants sont non déductibles. Mais en fin de contrat ou en cas de décès du dirigeant, le montant total doit être
déduit du bénéfice imposable.
4-2-6-/ Les loyers et les charges locatives
Les loyers des locaux professionnels, des matériels et mobiliers sont déductibles si leur valeur ne dépasse pas
la valeur locative réelle.
Le droit d’entrée : c’est la somme versée par un locataire à un propriétaire louant un immeuble qui était
jusque-là libre. Il est non déductible (amortissable).
Le pas de porte : c’est la somme versée par le nouveau locataire à l’ancien en cas de droit au bail. Il est non
déductible (amortissable sur la durée de bail).
Les cautions constituent une immobilisation donc non déductible.
4-2-7-/Les dépenses de prospection, d’étude et de fonctionnement
Les dépenses d’étude, de prospection et de fonctionnement engagées par une société mère située sur le sol
ivoirien dans sa succursale à l’étranger, sont admises en déduction pendant les trois premiers exercices. A
partir du quatrième exercice, les dépenses engagées ne sont plus des charges déductibles. Par ailleurs, à partir du
quatrième exercice, les dépenses déductibles auparavant doivent être rapportées par cinquième au résultat
imposable de chacun des cinq (05) exercices suivants.
Exemple : La société « EKOULEE » basée en Côte d’Ivoire a créé une succursale au Ghana. Les dépenses
d’étude et de prospection s’élèvent au cours des cinq premiers exercices comme suit :
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 18
N-5 : 10 000 000 ; N-4 : 15 000 000 ; N-3 : 12 000 000 ; N-2 : 8 000 000 ; N-1 : 3 000 000
TAF : Quel est le sort fiscal de ces charges de l’exercice N-5 à N+4 ?
4-2-8-/Le cadeau d’entreprise
Il est déductible à condition que le montant ne soit pas excessif (dans la limite de 100 000 l’unité et par
bénéficiaire et par an) et que le cadeau n’ait pas un caractère illicite.
4-2-9-/Les frais de représentation, de déplacement et de mission
Ils sont déductibles. Car ils correspondent à des dépenses d’ordre professionnel.
4-2-(10) /Les dépenses de correspondance, de téléphonie, d’eau et d’électricité
Elles sont déductibles car inhérentes à l’exploitation de l’entreprise.
4-2-(11) /Les frais d’assistance technique, redevance pour l’utilisation des brevets et savoir-faire,
Commissions diverses versées en rémunération des services rendus
Ils sont déductibles dans la double limite de 5% du CAHT et 20% des frais généraux de l’entreprise débitrice
(comptes 61 à 67).
Exemple : Une société a versé au titre des frais d’assistance technique une somme de 80 000 000 et
500 000 000 au titre des frais généraux. Le CAHT de l’entreprise s’élève à 1 200 000 000.
TAF : Quel est le montant des frais d’assistance technique déductible ?
4-2-(12) /Les frais de réparation et d’entretien
Ils sont déductibles s’ils n’ont pas pour effet d’augmenter la valeur de l’immobilisation. Dans le cas contraire,
ils sont non déductibles (par exemple, l’achat du pneu d’un véhicule est déductible alors que l’achat du moteur
du véhicule est non déductible en totalité pour le même exercice. Sa déductibilité se fera par le jeu
d’amortissement).
4-2-(13) /Les impôts, taxes, amendes et pénalité
Les amendes et pénalités sont non déductibles. Par contre tous les impôts mis en recouvrement au cours d’un
exercice sont déductibles à l’exception des impôts BIC, IMF, BNC, complément d’IBIC, BA, CN, IGR et les
impôts à la charge des dirigeants.
4-2-(14) /Les commissions, courtages, honoraires, frais d’acte et de redevance
- Les redevances versées pour la concession de droit de propriété industrielle (brevet, marque de fabrique…)
sont déductibles.
- Les honoraires des notaires acquittés à l’occasion d’acquisition d’immobilisation sont déductibles.
- Les honoraires de l’architecte intervenant dans la construction pour les travaux de modernisation sont à
incorporer au prix de revient de l’immeuble, donc non déductibles.
- Les commissions, courtages, honoraires et redevances versés par l’entreprise à des tiers sont déductibles à
condition que leur montant soit inférieur ou égal à 50 000f. Par contre, si leur montant est supérieur à 50 000f
par an par bénéficiaire, pour qu’ils soient déductibles, il faut que l’entreprise fasse une déclaration spéciale
selon l’article 80 (art. 108) et qu’elle établisse l’état 302.
4-2-(15) /Les pertes de change
Après réalisation de change, le gain effectif de change est imposable ; par conséquent la perte effective de
change est déductible.
NB : les pertes sur les éléments d’actif (moins-values) sont des charges déductibles.
4-2-(16) / Les amortissements
♣ Les conditions de déduction des amortissements
Pour être déductible fiscalement, l’amortissement doit remplir un certain nombre de conditions :
- il doit porter sur un élément d’actif immobilisé appartenant à l’entreprise ;
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 19
- il doit porter sur un élément qui se déprécie avec l’usage ou par obsolescence ;
- il doit tenir compte des taux admis par l’administrateur comme suit :
Eléments Années Taux
Immeuble 20 5%
Agencement 10 10%
Matériel de bureau 5 20%
Matériel et outillage 5 à 10 10% à 20%
Matériel de transport 3 33,33%
Mobilier de bureau 10 10%
Appareils divers 5 20%
♣ La base d’amortissement (BA)
La base d’amortissement est égale au prix d’achat du bien majoré des frais accessoires d’achat. Elle varie d’un
bien à un autre :
- Pour les biens, ouvrant droit à déduction, la base d’amortissement est égale au montant hors taxe
- Pour les biens ouvrant droit à déduction à x%, (BA = Montant HT + Fraction de TVA non déductible)
- Pour les biens n’ouvrant pas droit à déduction de TVA, (BA = Montant TTC)
♣ Les modalités d’amortissement
Il existe trois types d’amortissement à savoir l’amortissement linéaire, accéléré et dégressif.
Pour les plans d’amortissement et les écritures comptables, voyez le cours de comptabilité générale.
NB : Il existe un cas particulier d’amortissement dit « accéléré », appliqué aux immeubles affectés au logement
du personnel des entreprises industrielles ou commerciales.
Pour bénéficier de cette politique d’amortissement, ces immeubles doivent remplir les conditions suivantes :
- être un immeuble affecté au logement du personnel
- le coût de revient par logement de l’immeuble et par an doit être inférieur ou égal à 4 500 000f
- chaque logement doit comporter trois (03) pièces minimums avec un minimum de confort, de salubrité et
d’hygiène (équipements sanitaires, d’eau, d’électricité et de cuisine).
La première annuité se calcule de la manière suivante :
a1 = amortissement exceptionnel + amortissement fiscal avec amortissement exceptionnel = 40% V 0 et
amortissement fiscal = VCNF/ n
Exemple : Une entreprise industrielle a achevé le 1 er avril un immeuble d’habitation divisé en logement de trois
pièces entièrement équipées. Elle l’affecte à l’usage de son personnel. Le coût global de construction de
l’immeuble est 300 000 000f. Chaque logement est évalué à 4 000 000f pour une durée de vie de 20 ans.
TAF : Quel est l’amortissement à déduire chaque année ?
♣ Les cas particuliers d’amortissement
- L’amortissement des frais d’établissement et des charges à répartir sur plusieurs exercices
La déduction se fait soit intégralement sur les bénéfices de l’exercice soit de façon étalée en les transférant dans
les charges immobilisées pour être amorties linéairement sur cinq ans au maximum.
- L’amortissement de biens d’occasion
Les biens d’occasion acquis ne sont amortis qu’en mode linéaire. La durée doit porter sur la durée normale
d’utilisation et non sur la durée restante à courir.
- L’amortissement des biens donnés en location
L’amortissement se fait sur la durée de bail
- L’amortissement des biens provenant d’une fusion, scission ou d’apport partiel (placé sous l’article 32)
Il s’agit d’un régime spécial de fusion. En cas de fusion ou d’apport partiel ou d’opération assimilée, la plus-
value réalisée par la société absorbée (apporteuse), portant sur les éléments d’actif immobilisé, est exonérée
d’IBIC à condition que la société absorbante (bénéficière) prenne l’engagement d’amortir et de calculer les plus-
values ultérieures sur les éléments apportés sur la base du bilan apporté de la société absorbée.
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 20
Exemple : Un matériel acquis à 10 000 000 est apporté par une société absorbée, de valeur nette fiscale
2 000 000. Le bien a été ré estimé à 6 000 000 lors de l’opération de fusion. Le matériel a une durée de vie de
cinq ans. Deux ans après dans la société absorbante, elle le revend à 4 000 000.
Travail à faire :
1-/ Quel est le sort fiscal de la plus-value dégagée au regard de l’IBIC ?
2-/ Quelles sont les conséquences fiscales à la fin de l’exercice de l’apport et à la revente du bien ?
- Les amortissements différés
Il existe deux amortissements différés à savoir l’amortissement réputé différé et celui réellement différé.
a-) Les amortissements réputés différés (ARD)
Ce sont des amortissements qui ont été comptabilisés mais leur déduction fiscale est reportée à un exercice
ultérieur à cause du résultat fiscal déficitaire. Donc il y a amortissement réputé différé lorsque le résultat fiscal
est déficitaire. Les entreprises ont la possibilité dans ce cas de réputer différer une partie ou la totalité des
amortissements de l’exercice.
Les ARD se déterminent de la manière suivante :
Résultat comptable avant impôt
+ Réintégrations
- Déductions
- Déficits fiscaux ordinaires des cinq derniers exercices consécutifs
= Résultat fiscal (RF)
Lorsque le RF est positif (bénéficiaire), alors pas de constitution d’ARD.
Lorsque le RF est négatif (déficitaire), alors il y a constitution d’ARD. Le montant de l’ARD à constituer doit
être inférieur ou égal au montant du déficit fiscal de l’exercice ou au montant de la dotation aux amortissements
dudit exercice.
Remarque :
En cas de RF bénéficiaire, il n’y a pas lieu de réputer différer les amortissements. Cependant, l’assujetti est
tenu de faire l’imputation des ARD antérieurs, sinon il perd les droits de déduction de ses ARD pour non
exercice de droit.
Exemple : une SA a réalisé un bénéfice comptable de 18 000 000. Les dotations aux amortissements de l’année
s’élèvent à 15 000 000. Les charges non déductibles fiscalement s’élèvent à 12 000 000. Les produits exonérés
sont à 14 000 000. Le CATTC de l’année est de 300 000 000. Les déficits fiscaux ordinaires sont :
N-6 ………16 000 000 N-3……………8 000 000
N-5………...5 000 000 N-2……………6 000 000
N-4………..10 000 000 N-1……………5 000 000
Travail à faire :
A-) 1-/ Déterminer le montant de l’ARD
2-/ Déterminer le résultat fiscal provisoire puis définitif
3-/ Calculer le montant de l’impôt exigible de l’année
B-) Répondre aux questions A en supposant que le bénéfice comptable est 28 000 000.
b-) Les amortissements réellement différés
Il existe deux amortissements réellement différés à savoir l’amortissement irrégulièrement différé et
l’amortissement régulièrement différé.
b-1-) Les amortissements irrégulièrement différés (AID)
On est en présence des AID lorsqu’à la clôture de l’exercice, le cumul des amortissements pratiqués devient
inférieur au cumul des amortissements linéaires (qui est obligatoire). Dans ce cas, l’écart entre le cumul linéaire
et le cumul pratiqué donne L’AID.
AID = Σ amortissements linéaires – Σ amortissements pratiqués
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 21
Comme conséquences fiscales, l’entreprise perd le droit de déduction ultérieure de ses AID du résultat
imposable. Et en cas de cession du bien, l’AID sera pris en compte dans le calcul de la plus-value fiscale.
Exemple : Un matériel est acquis à 6 000 000 pour une durée d’utilisation de trois (03) ans. A la fin de la
deuxième année, le cumul des amortissements s’élève à 3 000 000 contre 4 000 000 de cumul linéaire. Le
matériel a été vendu à 4 500 000.
Travail à faire :
1-/ Calculer l’AID
2-/ Calculer les plus-values comptables et fiscales
3-/ Etablir la relation entre AID, plus-value comptable et plus-value fiscale
b-2-)Les amortissements régulièrement différés(ARgD)
Il arrive parfois que le comptable oublie de pratiquer l’amortissement (pas de comptabilisation) ou il peut
volontairement renoncer à la pratique de l’amortissement parce que le résultat comptable avant l’amortissement
est déjà déficitaire. Dans ces pareils cas, l’ARgD survient lorsque le cumul des amortissements pratiqués est
supérieur ou égal au cumul de l’amortissement linéaire (cas d’amortissement dégressif ou amortissement
accéléré).
L’entreprise conserve le droit de déduction des ARgD ultérieurement dans le cas d’exercice comptable
bénéficiaire et déficitaire.
En cas d’exercice comptable bénéficière, la déduction des ARgD se fait par la seule voie d’étalement
(amortissement) sur la durée d’amortissement restant à courir dans les cas d’amortissement dégressif. Par contre
si le bien est amorti en mode accéléré, la déduction se fera au taux linéaire normal après la fin de la période
d’amortissement.
En cas d’exercice comptable déficitaire, les ARgD se déduisent soit globalement sur les premiers exercices
bénéficières, sans limitation de durée après l’imputation de l’annuité de l’exercice, des reports déficitaires. Soit
sur la durée d’amortissement restant à courir en cas d’amortissement dégressif. En mode accéléré, la déduction
se fera au taux linéaire normal après la fin de la période normale d’amortissement.
4-2-(17) Les provisions
La provision est la constatation comptable, soit de la dépréciation, soit de la perte subie par un élément d’actif
non amortissable, soit d’une charge non encore effective à la date de clôture de l’exercice, mais que les éléments
en cours rendent probable.
♣ Les conditions de déduction des provisions
- Les conditions de fond
Les provisions ne sont déductibles des résultats comptables que si les pertes et les charges qu’elles couvrent,
présentent les caractéristiques suivantes :
- elles doivent être nettement précisées dans leur nature et dans leur montant ;
- elles doivent être probables et non pas seulement éventuelles ;
- elles doivent être déductibles des résultats imposables.
- Les conditions de forme
Les provisions doivent être régulièrement constatées dans les écritures comptables de l’exercice et doivent
figurer sur le relevé des provisions à joindre à la déclaration des résultats.
♣ Analyse des principales provisions
Les provisions constituées selon les formes suivantes sont non déductibles :
- provisions constituées forfaitairement ;
- provision constituées statistiquement ;
- provisions constituées de x% du chiffre d’affaires ;
- provisions constituées de x% sur l’ensemble des clients ;
- provisions constituées de x% sur l’ensemble des provisions.
♣ Les provisions pour créances douteuses
Ce sont des charges déductibles fiscalement. Cependant toute provision douteuse indéterminée quant à son
montant ou non individualisée est à réintégrer.
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 22
Exemple : Une entreprise assujettie au régime du réel normal a réalisé un bénéfice comptable de 10 000 000,
lequel bénéfice prend en compte les charges suivantes :
- impôt (CN) dû 3 000 000 ;
- provision pour client douteux 4 000 000
- achat d’un matériel et outillage 55 000 TTC
- provision constituée forfaitairement 4 000 000.
Travail à faire : Déterminer le bénéfice fiscal.
♣ Provisions pour dépréciation de stocks : elles sont déductibles
♣ Provisions pour dépréciation de titre en portefeuille : elles sont également déductibles
♣ Provisions pour renouvellement de matériels : elles sont non déductibles car elles ne couvrent pas une
charge mais une immobilisation.
♣ Provisions pour propre assureur : elles sont non déductibles car la charge provisionnée n’est pas probable
mais éventuelle.
♣ Provisions pour rabais, remise et ristourne accordés : elles sont non déductibles.
♣Provision pour impôt : elles sont déductibles si l’impôt est déductible et non déductibles dans le cas contraire
♣ Provisions pour hausse de prix : elles sont non déductibles.
♣ Provision pour travaux et réparation : elles sont déductibles si la charge est déductible et non déductible si
la charge ne l’est pas.
♣ Provision pour retraite ou départ du personnel : elles sont non déductibles.
♣ Provision pour perte de change : elles sont non déductibles.
♣ Reprise de provisions déjà taxées : les provisions qui ont fait l’objet d’une taxation antérieure donnent lieu à
une déduction à condition que la charge couverte par la provision soit déductible. C’est le cas des provisions
pour congés payés qui sont réintégrées au résultat lors de leur constitution.
4-2-(18) / Analyse des produits
♣ Les ventes ou les recettes : elles sont constituées par les prestations de service et les produits vendus. Elles
sont imposables.
♣ Production livrée à soi-même : elles sont imposables.
♣ Production et profits divers : elles sont taxables.
♣ Produits accessoires : ils sont imposables.
Exemple de synthèse
La SA « TOKOTOKO » assujettie au régime du réel normal a réalisé un bénéfice avant impôt de 200 000 000f.
Le comptable voudrait déterminer le résultat fiscal. Il a auparavant liquidé les charges non déductibles qui
s’élèvent à 10 000 000 et les produits non imposables qui s’élèvent à 12 000 000. Il sollicite votre aide sur le
reste des produits et charges pour déterminer le résultat fiscal. Ces produits et charges liés au résultat comptable
avant impôt sont :
- gain de change 3 000 000 ;
- vente de produits finis 4 000 000 ;
- vente de produits accessoires que le comptable a omis de comptabiliser 1 500 000 ;
- produits vendu 10 000 000 exonérés à 30% ;
- cession d’un matériel à l’entreprise « KOKOTA » à 4 000 000 de valeur résiduelle 3 000 000. « KOKOTA » a
accepté les conditions de l’article 32 ;
- provision / BNC 1 000 000 ;
- provision pour amende 3 000 000 ;
- provision / IGR 2 000 000 ;
- provision sur 40% de l’ensemble de provision 3 000 000 ;
- provision sur dépréciation de stock de produits finis 3 000 000.
Les déficits fiscaux et ARD sont :
- N-7 10 000 000 dont 3 000 000 d’ARD ;
- N-5 3 000 000 ;
- N-3 4 000 000 d’ARD ;
- N-1 7 000 000 dont 6 000 000 d’ARD
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 23
Travail à faire : Calculer le bénéfice net de l’exercice N.
♣ Les subventions
Les subventions d’exploitation et d’équilibre sont des produits imposables.
Les subventions d’équipement ou d’investissement sont accordées par l’Etat ou des organismes publics aux
opérateurs économiques en vue de réaliser des projets d’investissement. Lorsque la subvention d’équipement est
utilisée pour acquérir un bien amortissable, elle est imposable au rythme des amortissements, donc taxable par
le jeu des amortissements.
Quote-part de subvention amortie (taxable) = subvention x taux d’amortissement.
Exemple : Le 05 / 04 / N, une entreprise a acquis une machine industrielle d’occasion à 12 000 000 dont
8 000 000 de subvention reçue de l’Etat.
Travail à faire : Calculer le bénéfice net (BN) sachant que le bénéfice comptable (BC) s’élève à 10 000 000 et
que la durée d’utilisation de la machine est de cinq ans.
♣ Les produits financiers
Ils sont en principe imposables intégralement. Cependant, certaines conditions fiscales exonèrent partiellement
ou totalement certains produits financiers.
- Les produits des actions ou des parts sociales
Ces produits sont passibles de l’IRVM avant leur prise en compte dans le résultat imposable :
- les dividendes et les produits assimilés ne sont imposables qu’à concurrence de 50% de leur montant net.
- les dividendes et tous les autres produits des actions des sociétés de droit public ou privé étrangères ou
ivoiriennes cotées à la bourse des valeurs sont exonérés à 90% de leur montant
- les dividendes provenant d’une filiale sont exonérés à concurrence de 95% de leur montant. Cette exonération
est faite à condition que l’entité mère ait au moins 10% des titres de sa filiale et qu’elle est son siège en Côte-
D’ivoire et de nationalité ivoirienne.
- Les revenus des créances, Ils sont imposables à l’IRC (impôt sur le revenu des créances) avant leur prise en
compte.
- les revenus des obligations sont exonérés à concurrence de 50% de leur montant après avoir supporté l’IRC.
Cette exonération passe à 90% pour les sociétés étrangères ou locales cotées à la bourse des valeurs.
- exonération de 50% des intérêts sur les dépôts, prêts et comptes courants
- les produits des emprunts émis par l’Etat, les départements, les communes ou tout autre établissement
public coté à la bourse des valeurs sont exonérés à 90% de leur montant.
- les intérêts des bons au porteur émis par la BNI (CAA) en règlement des travaux à paiement différé sont
exonérés à 100% ainsi que les intérêts des bons de caisse ayant supportés l’IBNC à 25%.
- les intérêts des obligations émises par les pays membres de l’UEMOA sont exonérés à 100%
Exemple
Le résultat avant impôt de l’entreprise « IROKO » s’élève à 20 000 000. Ce résultat prend en compte les charges
et les produits suivants :
- achat d’une voiture personnelle pour le directeur général : 4 000 000 TTC
- AID déduit : 3 000 000
- produits finis vendus : 4 000 000
- livraison à soi-même omis par le comptable : 5 000 000
- produit finis taxables à 20% : 10 000 000
- produits finis vendus non taxables : 4 000 000
- intérêt issu du compte bancaire de l’entreprise : 70 000 000
- revenu sur obligation : 4 000 000
- dividende reçu de sa filiale 40 000 000 sachant que l’entreprise est en Côte d’Ivoire et détient 15% du capital
de sa filiale
- intérêt de bon de caisse 30 000 000 ayant supporté l’IBNC à 25%.
Travail à faire : calculer le résultat fiscal.
♣ Les plus-values
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 24
En principe les plus-values sont immédiatement imposables. Cependant le CGI a prévu trois (03) régimes
d’imposition privilégiés.
- L’imposition des plus-values réalisées en fin d’exercice (article 30 et 33 du CGI)
. Article 33
Les plus-values provenant de la cession d’un élément d’actif immobilisé sont soumises à un régime préférentiel
de taxation lorsqu’elles sont réalisées en fin d’exploitation ou en cas de cession partielle de l’entreprise. Dans
cette hypothèse, les plus-values sont comprises dans le résultat imposable de l’exercice au cours duquel la
cession est intervenue pour la moitié de leur montant. Cette fraction de plus-value est ramenée au tiers (1/3) de
son montant lorsque la cession ou la cessation intervient plus de cinq (5) ans après la création ou l’achat du
fonds.
. Article 30
Lorsque la cession d’activité résulte du décès de l’exploitant, la taxation de la plus-value du fonds de commerce
(éléments corporels et incorporels) est reportée au moment de la cessation des héritiers.
Deux conditions sont à remplir dans ce cas à savoir :
- les héritiers doivent continuer l’exploitation en ligne directe
- aucune augmentation de valeur ne doit être apportée à ces éléments d’actif d’après le dernier bilan établit par
le défunt.
- L’imposition des plus-values d’apports en société (article 32 du CGI)
Les plus-values dégagées par la société apporteuse lors d’une opération de fusion, de scission, d’apport partiel
d’actif, peuvent échapper à l’impôt dans la mesure où les sociétés apporteuses et bénéficiaires sont des sociétés
de capitaux.
- Les sociétés apporteuses peuvent déduire de leur bénéfice imposable les plus-values visées ci-dessus.
- La société bénéficiaire est dans l’obligation de calculer en ce qui concerne les éléments visés ci-dessus les
amortissements à pratiquer sur les biens provenant de l’apport sur la VNC telle qu’elle résulte du compte de la
société la société bénéficiaire au jour de l’apport.
- En ce qui concerne les éléments d’actif non amortissables, la société bénéficiaire devra calculer les plus-values
ultérieurement réalisées en cas de rétrocession en se basant sur le coût de revient dans les comptes de la société
apporteuse et non sur la valeur d’apport. La pratique comptable étant différente de la politique, il y aura
réintégration de l’excédent d’amortissement ou de plus-value.
- Les plus-values à réinvestir (article 28 du CGI)
La plus-value de cession réalisée en cours d’exploitation est normalement imposable. Mais afin d’inciter les
entreprises exerçant en Côte d’Ivoire à réinvestir sur le territoire ivoirien, l’article 28 du CGI leur accorde la
possibilité de déduire la plus-value du bénéfice imposable à condition que l’entreprise prenne l’engagement de
procéder à un nouvel investissement dans les trois (03) années qui suivent. Mais il ne s’agit pas d’une véritable
exonération car cette plus-value sera imposée selon le rythme d’amortissement s’il s’agit des biens
amortissables. Dans le cas des biens non imposables, cette plus-value sera imposable à la cession du bien.
Les conditions d’accès à l’exonération de la plus-value placée sous l’article 28 du CGI
- Condition de période de cession : cession en cours d’exploitation
- Condition de délai de réinvestissement : s’engager à réinvestir dans les trois (03) ans à compter de la clôture de
l’exercice de réalisation de la plus-value.
- Condition d’affectation et de lieu : réinvestissement en immobilisation dans les entreprises en Côte d’Ivoire.
- Condition liée à la nature du bien cédé : immobilisation corporelle ou incorporelle et aussi financière.
- Condition du montant : le minimum à réinvestir en immobilisation doit être égal à la formule ci-dessous
V0 (bien cédé) + plus-value par rapport à l’article 28 = PC HT + Σ amortissements.
Exemple : Une entreprise a cédé le 01/07/19N une machine-outil acquise le 01/01/19N-5 au prix de 1 000 000.
Durée d’utilisation 10 ans. Prix de cession 800 000.
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 25
L’entreprise bénéficie de l’article 28 du CGI pour la plus-value née de la cession de 19N. A l’exercice suivant
(19N+1), elle a employé cette plus-value pour acquérir une immobilisation de valeur V i = x f.
Travail à faire :
1-/ Déterminer le montant à réinvestir prévu par l’article 28 du CGI.
2-/ Déterminer le montant à déduire et à réintégrer dans les cas suivants :
a-/ x = 1 350 000 ; b-/ x = 1 200 000 ; c-/ x = 500 000 ; d-/ x = 2 000 000
DOSSIER 1 : IBIC
La SA BOBONOU spécialisée dans la distribution a réalisé pour l’année N-1, un chiffre
d’affaires TTC de 947 954 300 à partir des marchandises.
Au titre de cette même année, après avoir comptabilisés les éléments ci-après, elle a réalisé un
bénéfice comptable de 185 235 650 :
1- Acquisition de mobilier de bureau en espèce 248 000 HT ;
2- Salaire du personnel 296 540 000 dont 3 900 000 pour huit stagiaires ayant effectué trois
mois de stage chacun ;
3- Loyer annuel 3 600 000 payé mensuellement à 300 000 par chèque ;
4- Patente payée 450 000 et approvisionnement 50 000 000 ;
5- TVA déclarée à l’Etat 10 450 000 ;
6- Acquisition d’un véhicule utilitaire 15 000 000 HT de puissance fiscale 32 chevaux
amortissable linéairement sur 3 ans ;
7- Bourse d’étude accordée à 6 étudiants 8 600 000 ; deux étudiants sont au 3ième cycle ;
8- Intérêt au taux de 12% versé à l’associé BATEH pour avoir prêté 8 000 000 à l’entreprise
au début du troisième trimestre de l’année N-2. Ce prêt est remboursable sur 3 ans. Le
taux de la BCEAO est 8% sur toutes les années ;
9- Réfection de la peinture des locaux de l’entreprise 520 450 réglé par chèque ;
10- Annuité d’amortissement 5 000 000 concernant un bâtiment d’habitation du personnel de
l’entreprise BOBONOU remplissant toutes les conditions de commodités. Le bâtiment a
été acquis le 12/5/N-8 à 100 000 000, amortissable exceptionnellement sur 20 ans ;
11- Annuité de 950 000 déduite pour une immobilisation acquise en début d’année N-3 à
4 750 000 amortissable sur 5 ans linéairement ;
12- Revenu brut des obligations émises par l’Etat 5 200 000 ;
13- Dividende brut provenant de la SA BOUTOU 8 500 000 ;
14- Dividende brut reçu de la SA TOUMA 13 200 000, BOBONOU détient 59 % du capital ;
15- Intérêt issu des comptes de BOBONOU logés à la BNI 2 300 000.
En outre les éléments ci-dessous n’ont pas été pris en compte dans la détermination du résultat
comptable :
N-7 : 5 000 000 ARD et 2 500 000 DFO
N-6 : 3 450 000 ARD et 1 200 000 DFO
N-5 : 6 845 000 ARD et 500 000 DFO
N-4 : Résultat fiscal 25 895 525
N-3 : 3 500 000 ARD
N-2 : 1 250 000 ARD et 1 000 000 DFO
Travail à faire
1- Calculer l’impôt exigible au titre de l’année N-1.
2- Indiquer les montants et les échéances de payement de l’impôt exigible.
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 26
DOSSIER 2 IBIC
La SA « BOSSONDEH », entreprise industrielle au capital de 1 800 000 000 divisé en actions de
valeur nominale 10 000 f a réalisé au 31/12/N un bénéfice comptable de 80 850 545 f. Ce bénéfice a
été déterminé à partir des charges et produits comptables suivants :
1- Acquisition d’un véhicule de service pour le DG à 7 080 000 TTC de puissance fiscale 14 chevaux
le 1/4/N pour une durée de vie de 3 ans.
2- Annuité d’amortissement 1 200 000 d’un matériel de valeur comptable nette 2 000 000, apporté
par la société HOSSA lors d’une opération d’apport partiel d’actif placée sous l’article 32 du code
général des impôts. Le matériel d’une durée de vie de 5 ans a été réestimé lors de l’opération à 6 000
000.
3- Provision pour divers impôts 2 900 000 dont 1 200 000 pour la patente
4- Provision pour renouvellement du matériel 4 000 000
5- Salaire du personnel 125 000 000 dont 1 520 000 pour quatre stagiaires pendant le dernier
trimestre de l’année N
6- Bourse d’étude accordée à 8 étudiants 12 000 000 dont l’un est le neveu du DG et deux au
troisième cycle
7- Dons de 50 000 000 accordés à l’ASEC et 545 600 000 à la commune de BOTRO
8- Intérêts de 15 800 000 accordés au compte courant associé 200 000 000 mis à la disposition de
BOSSONDEH après le premier mois du dernier semestre de l’année N : taux BCEAO : 9%
9- Dividende d’un actionnaire de l’entreprise 6 500 000
10- Subvention reçue de l’Etat 10 000 000 servant à l’acquisition d’une machine industrielle de 15
900 000 HT le 30/6/N pour une durée de vie de 5 ans
11- Revenu brut des obligations 12 000 000
12- Dividende provenant de la SA TNT 3 500 000 dont BOSSONDEH détient 9% du capital
13- Intérêt issu des comptes bancaires de l’entreprise 8 500 000
14- Dividende brut unitaire reçu 800 f de la SA BOYABO, société ivoirienne au capital de 250 000
000 divisé en actions de 10 000f. BOSSONDEH détient 80% du capital.
15- Reprise sur provision pour dépréciation des stocks 12 450 000.
16- Intérêt de bon de caisse ayant supporté l’IBNC 4 500 000.
17- Revenu brut des obligations émises par l’ETAT 5 200 000.
Informations complémentaires
Chiffre d’affaires de l’année N : 4 519 200 000 TTC
Les reports déficitaires et ARD sont :
N-6 : 8 000 000 dont 3 000 000 d’ARD
N-5 : 4 000 000 dont 1 000 000 de DFO
N-3 : IBIC payé 14 450 000
N-1 : ARD 3 000 000
Travail à faire
1-/ Calculer l’impôt exigible sur les bénéfices de l’entreprise BOSSONDEH au titre de l’année N.
2-/ Déterminer le montant et les échéances de versement de l’impôt exigible.
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 27
CHAPITRE III : MESURES FISCALES D’AIDE A L’INVESTISSEMENT ET A LA
RESOLUTION DU CHOMAGE (CGI 2022)
L’Etat de Côte d’Ivoire, enfin d’inciter l’initiative privée et l’embauche des jeunes diplômés, a pris des
mesures à travers des lois, ordonnances et décrets pour formaliser cet état de fait.
Il s’agit des mesures qui accordent des faveurs fiscales (réduction et exonération d’impôt) aux
entreprises qui investissent en Côte d’Ivoire et embauchent les nationaux et accordent des stages
écoles, de perfectionnement. Ces faveurs ou avantages sont plus importants lorsque les investissements
sont réalisés en dehors de la zone d’Abidjan. Ces mesures sont :
- le code des investissements (ordonnance n°2018-646 du 1er août 2018 et le décret n°2018-647 du 1er
août2018) modifiée par l’ordonnance n°2019-1088 du 18 décembre 2019 ;
- la réduction d’impôt en cas d’investissement du bénéfice (CGI article 110) ;
- l’exonération des plus-values sous condition de réemploi (CGI article 28) ;
- l’exonération des plus-values dans le cas de fusion et d’apport partiel d’actif (CGI article 32) ;
- la réduction d’impôt en cas d’acquisition de brevet et de procédés de fabrication (CGI articles 112,
113 et 114) ;
- la réduction d’impôt en cas de création d’emploi ou de formations (CGI article 111).
I- Mesures d’incitation fiscale à l’investissement
1- Le code des investissements (ordonnance n°2018-646 du 1er août 2018)
Ce nouveau code des investissements se substitue aux anciens codes et aux régimes spéciaux d’aide
fiscale à l’investissement du CGI à savoir le code des investissements de 1973 (loi 73-368 du
26/07/73), le code des investissements de 1984 (loi 84-1230 du 08/11/84), le régime de l’usine
nouvelle (art 4 du CGI), le code des investissements de 1995 et celui de 2012 et 2015.
Toutefois les entreprises qui ont bénéficié des avantages de ces régimes anciens demeurent régies par
lesdits régimes jusqu’à ce que l’effet des avantages ait expiré.
Le code des investissements de 1995, revu par l’ordonnance n°2018-646 du 1 er août 2018, comprend
deux régimes :
- le régime de déclaration des projets d’investissement
- le régime d’agrément à l’investissement.
Ces mesures s’appliquent aux investissements privés réalisés en Côte d’Ivoire par toute personne
physique ou morale relevant d’un régime réel d’imposition et remplissant ses obligations comptables,
fiscales et environnementales (Article 4 du code des investissements, CGI édition 2022).
Sont exclus du bénéfice des avantages du présent code (article 6 du code des investissements) et article
3 du décret n°2018-647 du 1er août 2018 :
- Le secteur du commerce ;
- Le secteur bancaire et financiers ;
- Le secteur du bâtiment à usage non industriel ;
- Le secteur des professions libérales ;
- Activités extractives ;
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 28
- Promotion immobilière ;
- Fabrication de produits à base de tabac ;
- Activités des agences de réservation et de voyagistes…
1-1-/ Le régime de déclaration
Ce régime consiste à déclarer les projets d’investissement concernent les créations d’activités, contre
une attestation de dépôt délivrée par le CEPCI (ou le représentant de la DGI) et permet à l’entreprise
d’être éligible sous 48 heures maximum. Il concerne essentiellement la création d’activité dans les
secteurs d’activités suivantes (code des investissements, article 5) :
Catégorie 1 :
Agriculture, agro-industrie, la santé et l’hôtellerie. Le secteur de l’hôtellerie est éligible à
la catégorie 1 lorsque les investissements prévus sont d’un montant égal ou supérieur :
- A cinq milliards en zone A ;
- A deux milliards en zone B et C.
Catégorie 2 :
Les secteurs d’activités ne relevant pas de la catégorie 1 ;
Les secteurs d’activités qui ne sont pas expressément exclus par l’article 6 de
l’ordonnance ;
Le secteur de l’hôtellerie pour les investissements d’un montant inférieur aux seuils fixés
pour la catégorie 1.
1-1-1- Conditions d’admission
Le code des investissements en son article 38, stipule que le bénéfice des avantages liés au régime de
déclaration est subordonné :
- A la tenue d’une comptabilité régulière conforme aux dispositions du droit comptable
OHADA ;
- A la soumission à un régime réel d’imposition (réel normal ou réel simplifié) ;
- Au respect des normes environnementales conformément à la législation en vigueur ;
- Aux investissements en outillages neufs et adaptés à la transformation de la ressource
disponible, dans le cadre de la gestion durable du patrimoine forestier ;
- Une visite de constat sur le terrain de la réalisation effective de l’investissement.
En cas d’exercice d’une activité mixte ou de plusieurs activités, seules les activités éligibles ouvrent
droit au bénéfice des avantages prévus. A cet effet, l’entreprise tient une comptabilité permettant
d’isoler les chiffres liés aux activités éligibles.
La durée de réalisation de l’investissement est fixée à 24 mois à compter de la date de délivrance de
l’attestation de dépôt. Cette durée peut être prorogée à 24 mois maximum sous décision du conseil de
gestion du CEPICI si l’investisseur a réalisé au moins 66% de ses investissements. (Décret n°2018-647
du 1er août 2018, article 21)
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 29
1-1-2- Procédure pour le régime de déclaration
Pour bénéficier des avantages liés au régime de déclaration, les entreprises sont tenues de déposer en
quatre exemplaires à l’agence chargée de la promotion des investissements (CEPICI), un dossier de
demande de déclaration dûment rempli et complété suivant le modèle fourni par le CEPICI. (Décret
n°2018-647 du 1er août 2018, article 10). L’investisseur est tenu également de fournir ce dossier sous
format électronique.
Le dossier de demande de déclaration comprend les éléments suivants (Décret n°2018-647 du 1 er août
2018, article 11) :
- Les documents et formulaires, selon les modèles fournis par le CEPICI ;
- Une copie des statuts enregistrés ;
- Une copie du registre de commerce ;
- Une copie de la déclaration faite par l’employeur à la CNPS ;
- Une copie de déclaration fiscale d’existence ;
- Un code import-export si l’activité l’exige ;
- Une autorisation administrative d’exercice ou d’exploitation pour les activités ou professions
réglementées ;
- Tout autre document jugé nécessaire pour l’analyse du dossier ;
- Les PME sont tenues de fournir, en outre, toute documentation justifiant leur qualité de PME.
Dans les deux jours ouvrables qui suivent la réception de la demande de déclaration, le CEPICI, après
instruction du dossier, délivre une attestation de dépôt signée par son Directeur général. Cette
attestation de dépôt confère de plein droit au déclarant, le bénéfice des avantages liés au régime de
déclaration.
La demande du bénéfice des avantages liés au régime de déclaration peut être faite par voie
électronique selon des modalités définies par le CEPICI.
Le CEPICI transmet à la Direction Générale des Impôts et aux Directions compétentes du Ministère en
charge de l’industrie et des autres Ministères techniques concernés, une copie de l’attestation de dépôt
et du dossier de demande de déclaration correspondant, pour information. (Décret n°2018-647 du 1 er
août 2018, article 12)
En cas de non recevabilité ou de rejet du dossier de demande de déclaration, le Directeur général du
CEPICI adresse un courrier à l’entreprise pour lui notifier dans les deux jours ouvrables, le motif de
l’irrecevabilité ou du rejet de son dossier de demande de déclaration. (Décret n°2018-647 du 1 er août
2018, article 13).
1-1-3- Les avantages accordés
Le bénéfice des avantages liés au régime de déclaration varie en fonction du lieu de réalisation de
l’investissement. A cet effet, le territoire ivoirien est divisé en trois zones A, B, C. (Code des
investissements article 8).
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 30
Le décret n°2018-647 du 1er août 2018, article 27, fixant les modalités d’application de l’ordonnance
n°2018-646 du 1er août 2018 portant code des investissements, a prévu le découpage du territoire
ivoirien de la manière suivante :
- Zone A : district d’Abidjan ;
- Zone B : chefs-lieux de régions, Bonoua et Grand-Bassam ;
- Zone C : autres agglomérations hors zone A et B.
Durée des avantages accordés, catégorie 1 (code des investissements article 11)
Zone A : cinq (05) ans pour les investissements réalisés ;
Zone B : dix (10) ans pour les investissements réalisés ;
Zone C : quinze (15) ans pour les investissements réalisés.
Contenu des avantages accordés (code des investissements article 11)
Zone A : une exonération d’une durée de 5 ans, de cinquante pour cent (50%)
portant sur :
- L’impôt sur les bénéfices, y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
- La contribution des patentes et licences ;
- La contribution à la charge des employeurs, concernant les employés
nationaux, à l’exclusion de la taxe d’apprentissage et de la taxe de la
formation continue ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier.
Zone B : une exonération d’une durée de dix ans, totale sur les cinq premières
années, de cinquante pour cent sur les cinq années suivantes et portant sur :
- L’impôt sur les bénéfices, y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
- La contribution des patentes et licences ;
- La contribution à la charge des employeurs, concernant les employés
nationaux, à l’exclusion de la taxe d’apprentissage et de la taxe de la
formation continue ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier ;
- L’impôt sur le revenu des valeurs mobilières pour les dividendes versés aux
actionnaires nationaux.
Zone C : une exonération de 15 ans, totale sur les 10 premières années, de
soixante-quinze pour cent sur les cinq années suivantes et portant sur :
- L’impôt sur les bénéfices, y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
- La contribution des patentes et licences ;
- La contribution à la charge des employeurs, concernant les employés
nationaux, à l’exclusion de la taxe d’apprentissage et de la taxe de la
formation continue ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier ;
- L’impôt sur le revenu des valeurs mobilières pour les dividendes versés aux
actionnaires nationaux.
Avantages accordés à la catégorie 2
Les entreprises appartenant aux secteurs d’activités relevant de la catégorie 2, bénéficient
au terme de la réalisation de leurs programmes d’investissements, de crédits d’impôts
déterminés en pourcentage des montants investis dont les taux sont fixés ci-après :
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 31
Zone A : un crédit d’impôt de vingt-cinq pour cent (25%) imputable sur :
- L’impôt sur les bénéfices, y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
- La contribution des patentes et licences ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier ;
- La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ;
- La contribution à la charge de l’employeur au titre des emplois nationaux.
Zone B : un crédit d’impôt de trente-cinq pour cent (35%) imputable sur :
- L’impôt sur les bénéfices, y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
- La contribution des patentes et licences ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier ;
- La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ;
- La contribution à la charge de l’employeur au titre des emplois nationaux.
Zone C : un crédit d’impôt de cinquante pour cent (50%) imputable sur :
- L’impôt sur les bénéfices, y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
- La contribution des patentes et licences ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier ;
- La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ;
- La contribution à la charge de l’employeur au titre des emplois nationaux.
Les crédits d’impôts octroyés en zone A, B et C sont imputables jusqu’au remboursement
complet.
Les avantages applicables aux PME sont les mêmes que ceux qui leurs sont accordés en
régime d’agrément, en phase d’exploitation (article 12 du code des investissements)
Ces avantages accordés en régime de déclaration concernent exclusivement la phase d’exploitation
(code des investissements article 10).
L’investisseur est tenu d’informer le CEPICI de la fin des travaux du programme
d’investissement, dans un délai de trente (30) jours avant l’expiration de la durée du projet
d’investissement.
Dans un délai maximum de quinze jours ouvrables suivant la date de l’information du CEPICI par
l’investisseur, le CEPICI effectue avec la Direction générale des impôts et les Directions
compétentes du Ministère chargé de l’industrie et du Ministère technique concerné, une visite de
constat de réalisation des activités. Cette visite de constat de réalisation des activités donne lieu à
un procès-verbal de visite signé par toutes les parties présentes lors de la visite.
Dans les quinze jours ouvrables suivant la date de la visite de constat de réalisation des activités,
et sur la base du procès-verbal de visite, une décision de notification de début d’exploitation,
précisant les avantages accordés, est signée par le Directeur général du CEPICI, décret n°2018-
647 du 1er août 2018, article 26.
1-2- Le régime de l’agrément à l’investissement
Ce régime s’applique aux opérations de création et de développement d’activité. (Code des
investissements article 13)
1-2-1- Conditions d’admission
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 32
En plus des conditions du régime de déclaration, il y a des seuils d’investissement à observer :
Pour les grandes entreprises : deux cents millions de F CFA hors taxe et hors fonds de
roulement ;
Pour les PME : cinquante millions de F CFA hors taxe et hors fonds de roulement ;
Pour les grands centres commerciaux :
- Dix milliards de F CFA pour la zone A ;
- Cinq milliards de F CFA pour les zones B et C.
Pour les activités de l’hôtellerie relevant de la catégorie 1 :
- Zone A : supérieur ou égal à cinq milliards ;
- Zones B et C : supérieur ou égal à deux milliards.
Pour les activités de l’hôtellerie relevant de la catégorie 2 :
- Zone A : inférieur à cinq milliards ;
- Zones B et C : inférieur à deux milliards.
Pour les projets structurants :
- Zone A : cent milliards de F CFA d’investissement ;
- Zone B : cinquante milliards de F CFA d’investissement ;
- Zone C : quinze milliards de F CFA d’investissement.
La durée de réalisation du programme d’investissement est identique au cas précédent.
1-2-2- Procédure pour le régime d’agrément à l’investissement
Pour bénéficier des avantages liés au régime d’agrément, les entreprises sont tenues de déposer en dix
exemplaires à l’agence chargée de la promotion des investissements (CEPICI), un dossier de demande
d’agrément à l’investissement dûment rempli et complété suivant le modèle fourni par le CEPICI.
(Décret n°2018-647 du 1er août 2018, article 15). L’investisseur est tenu de fournir ce dossier sous
format électronique.
Le dossier de demande d’agrément comprend les éléments suivants (Décret n°2018-647 du 1 er août
2018, article 16) :
- Les documents et formulaires, selon les modèles fournis par le CEPICI ;
- Une copie des statuts enregistrés ;
- Une copie du registre de commerce ;
- Une copie de la déclaration faite par l’employeur à la CNPS ;
- Une copie de déclaration fiscale d’existence et en cas de développement d’activités, une
attestation de régularité fiscale ;
- Un code import-export si l’activité l’exige ;
- Une autorisation administrative d’exercice ou d’exploitation pour les activités ou professions
réglementées ;
- Un inventaire exhaustif des matériels, biens d’équipements et pièces de rechange pouvant être
admis au bénéfice des avantages selon un modèle fourni par le CEPICI ;
- Un engagement à tenir une comptabilité séparée en cas de développement d’activités ;
- Un engagement à fournir au CEPICI, les états financiers et les comptes analytiques se
rapportant à l’investissement ayant obtenu le bénéfice des avantages du code des
investissements ;
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 33
- Un engagement à s’acquitter, dans le délai imparti, du montant de la TVA dont le paiement est
suspendu ;
- Les PME sont tenues de fournir, en outre, toute documentation justifiant leur qualité de PME.
Le CEPICI dispose d’un délai de vingt un (21) jours à compter de la date de dépôt de la demande, pour
instruire le dossier d’agrément à l’investissement. (Décret n°2018-647 du 1er août 2018, article 17).
En cas d’avis favorable émis par le comité d’agrément, le président du comité de gestion du CEPICI
signe la décision d’agrément à l’investissement sur la base des délibérations du comité d’agrément.
Le Directeur général du CEPICI informe dans les quarante-huit heures, l’entreprise concernée et lui
communique un exemplaire de l’originale de la décision d’agrément à l’investissement et de l’arrêté
pris pour l’exécution de la décision d’agrément à l’investissement, avec ampliation au Ministre
technique compétent, à la Direction générale des Douanes et à la Direction générale des Impôts.
La décision d’agrément à l’investissement ouvre droit au bénéfice des avantages fiscaux et douaniers
prévus aux articles 14, 17 et 18 suivants du code des investissements.
En cas d’avis défavorable du comité d’agrément, son président adresse à l’entreprise concernée, dans
les jours qui suivent la date de la délibération, une note motivée relative à la décision de refus. (Décret
n°2018-647 du 1er août 2018, article 20).
1-2-3- Les avantages accordés au régime d’agrément à l’investissement.
Le bénéfice des avantages accordés varie en fonction des seuils d’investissement et du lieu de
réalisation de l’investissement. (Code des investissements, article 14)
Les entreprises agrées au titre de la création d’activités bénéficient pour la réalisation de leur
programme d’investissement, des avantages en phase d’implantation et en phase d’exploitation.
Les entreprises agrées au titre du développement d’activités bénéficient exclusivement des avantages
en phase d’implantation.
Les trois zones (A, B et C) d’investissement et les durées des avantages sous le régime de l’agrément
sont identiques au régime de déclaration.
1-2-3-1- Entreprise en phase d’implantation
Selon l’article 14 du code d’investissement, les entreprises agrées bénéficient au titre de leur
implantation, des avantages suivants :
- Exonération de droits de douane, à l’exception de la redevance statique et des prélèvements
communautaires et continentaux ;
- Suspension temporaire de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les acquisitions de biens,
services et travaux, pour les activités assujetties à la TVA ;
- Exonération de la TVA sur les acquisitions de biens, services et travaux pour les activités non
assujetties à la TVA ;
- L’exonération de droit de douane, la suspension temporaire ou l’exonération de la TVA
portent sur les matériels et biens d’équipement et le premier lot des pièces de rechange acquis
localement ou importés, ainsi que les services et travaux sur le territoire ivoirien ou à
l’étranger.
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 34
La valeur des pièces de rechange pour le premier lot doit représenter au maximum en proportion de la
valeur d’acquisition des matériels et biens d’équipements :
- Dix pour cent (10%) en zone A ;
- Vingt pour cent (20%) en zone B ;
- Trente pour cent (30%) en zone C.
1-2-3-2- Entreprise en phase d’exploitation
Selon l’article 17 du code des investissements, il est accordé aux entreprises agrées qui réalisent une
opération de création d’activité pendant la période d’agrément, les avantages ci-après énumérés selon
le montant des investissements :
Pour les grandes entreprises au titre des activités de la catégorie 1 :
Zone A : une exonération d’une durée de cinq ans, de cinquante pour cent et
portant sur :
- Impôt sur les bénéfices y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
- La contribution des patentes et licences ;
- La contribution à la charge des employeurs, concernant les employés
nationaux, à l’exclusion de la taxe d’apprentissage et de la taxe de la
formation continue ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier.
Zone B : une exonération d’une durée de dix ans, totale sur les cinq premières
années, de cinquante pour cent sur les cinq années suivantes et portant sur :
- L’impôt sur les bénéfices, y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
- La contribution des patentes et licences ;
- La contribution à la charge des employeurs, concernant les employés
nationaux, à l’exclusion de la taxe d’apprentissage et de la taxe de la
formation continue ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier ;
- L’impôt sur le revenu des valeurs mobilières pour les dividendes versés aux
actionnaires nationaux.
Zone C : une exonération d’une durée de quinze ans, totale sur les dix premières
années, de soixante-quinze pour cent sur les cinq années suivantes et portant sur :
- L’impôt sur les bénéfices, y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
- La contribution des patentes et licences ;
- La contribution à la charge des employeurs, concernant les employés
nationaux, à l’exclusion de la taxe d’apprentissage et de la taxe de la
formation continue ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier ;
- L’impôt sur le revenu des valeurs mobilières pour les dividendes versés aux
actionnaires nationaux.
Pour les grandes entreprises au titre des activités de la catégorie 2
Les grandes entreprises appartenant aux secteurs d’activités relevant de la catégorie 2,
bénéficient de crédit d’impôt déterminé en pourcentage des montants investis dont les taux sont
fixés ci-après :
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 35
Zone A : le crédit d’impôt de vingt-cinq pour cent (25%) imputable sur :
- L’impôt sur les bénéfices, y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
- La contribution des patentes et licences ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier ;
- La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ;
- La contribution à la charge de l’employeur au titre des emplois nationaux.
Zone B : un crédit d’impôt de trente pour cent (30%) imputable sur
- L’impôt sur les bénéfices, y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
- La contribution des patentes et licences ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier ;
- La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ;
- La contribution à la charge de l’employeur au titre des emplois locaux.
Zone C : un crédit d’impôt de cinquante pour cent (50%) imputable sur :
- L’impôt sur les bénéfices, y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
- La contribution des patentes et licences ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier ;
- La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ;
- La contribution à la charge de l’employeur au titre des emplois locaux.
Pour les PME au titre de la catégorie 1
Zone A : une exonération d’une durée de cinq ans, de soixante-quinze pour cent
(75%) et portant sur :
- L’impôt sur les bénéfices, y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
- La contribution des patentes et licences ;
- La contribution à la charge des employeurs, concernant les employés
nationaux, à l’exclusion de la taxe d’apprentissage et de la taxe de la
formation continue ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier ;
- La taxe sur les opérations bancaires.
Zone B : une exonération d’une durée de dix ans, totale sur les cinq premières
années, de soixante-quinze pour cent sur les cinq années suivantes et portant sur :
- L’impôt sur les bénéfices, y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
- La contribution des patentes et licences ;
- La contribution à la charge des employeurs, concernant les employés
nationaux, à l’exclusion de la taxe d’apprentissage et de la taxe de la
formation continue ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier ;
- La taxe sur les opérations bancaires ;
- L’impôt sur le revenu des valeurs mobilières pour les dividendes versés aux
actionnaires nationaux.
Zone C : une exonération totale d’une durée de quinze ans et portant sur :
- L’impôt sur les bénéfices, y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 36
- La contribution des patentes et licences ;
- La contribution à la charge des employeurs, concernant les employés
nationaux, à l’exclusion de la taxe d’apprentissage et de la taxe de la
formation continue ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier ;
- La taxe sur les opérations bancaires ;
- L’impôt sur le revenu des valeurs mobilières pour les dividendes versés aux
actionnaires nationaux.
Pour les PME au titre de la catégorie 2
Zone A : un crédit d’impôt de trente-sept virgule cinq pour cent (37,5%) imputable
sur :
- L’impôt sur les bénéfices, y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
- La contribution des patentes et licences ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier ;
- La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ;
- La contribution à la charge de l’employeur au titre des emplois locaux.
Zone B : un crédit d’impôt de cinquante-deux virgule cinq pour cent (52,5%)
imputable sur :
- L’impôt sur les bénéfices, y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
- La contribution des patentes et licences ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier ;
- La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ;
- La contribution à la charge de l’employeur au titre des emplois locaux.
Zone C : un crédit de soixante-quinze pour cent (75%) imputable sur :
- L’impôt sur les bénéfices, y compris l’impôt minimum forfaitaire ;
- La contribution des patentes et licences ;
- L’impôt sur le patrimoine foncier ;
- La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ;
- La contribution à la charge de l’employeur au titre des emplois locaux.
Pour les projets structurants
Selon l’article 1er du code des investissements, un projet structurant est tout programme
d’investissement important en raison de son montant, du nombre d’emplois stables à créer, des effets
induits sur l’ensemble de l’économie, de la région dans laquelle il doit être réalisé, de la technologie
dont il assure le transfert ou de sa contribution à la protection de l’environnement.
Le projet structurant concerne principalement les projets industriels, notamment le montage
automobile, la production de machines-outils pour l’industrie de transformation des produits agricoles
locaux, d’assemblage de produits électroménagers et TIC, ou tout autre secteur jugé hautement
stratégique par le gouvernement.
Les projets d’investissement bénéficiant des avantages du code des investissements et classés dans la
catégorie des projets structurants sont présentés par l’agence chargée de la promotion des
investissements au gouvernement en vue de l’ouverture d’une négociation pour la signature d’une
convention d’Etat. Les négociations sont conduites par l’agence chargée de la promotion des
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 37
investissements en liaison avec toutes les parties prenantes des services de l’Etat et des collectivités
territoriales si possible. La convention, après son approbation par le conseil des ministres, est signée
par les ministres en charge des finances et du budget ainsi que les ministres sectoriels.
Les grandes entreprises dont le capital est détenu en majorité par des étrangers, éligibles aux avantages
du code des investissements et appartenant aux catégories d’activités 1 et 2, ont droit, en plus de ces
avantages, à des crédits d’impôt à condition qu’elles appliquent une politique de contenu local portant
sur la création d’emplois, l’ouverture du capital social aux nationaux et la sous-traitance. Les
entreprises de la catégorie 1 appliquent les crédits d’impôt à compter de la fin de la période
d’exonération totale. Ces crédits d’impôt sont :
Au titre de l’emploi local : un crédit d’impôt additionnel de deux pour cent (2%) est
accordé à l’investisseur étranger dont l’effectif des cadres et agents d’encadrement de
nationalité ivoirienne, représente quatre-vingts pour cent de l’effectif total de ces deux
catégories d’employés ;
Au titre de la sous-traitance : un crédit d’impôt additionnel de deux pour cent (2%) est
accordé aux entreprises qui sous-traitent avec des entreprises nationales, la réalisation des
travaux d’infrastructures, de logiciels, la fabrication de pièces détachées ou de tout autre
bien destiné à être incorporé dans un produit final en Côte d’Ivoire comme à l’étranger. La
sous-traitance couvre les services et droit représentés au moins vingt-cinq pour cent des
activités sous-traitées par l’entreprise ;
Au titre de l’ouverture du capital social aux nationaux : un crédit d’impôt de deux
pour cent (2%) est accordé à l’investisseur qui opère dans l’un des secteurs d’activités et
qui ouvre son capital social à trente-quatre pour cent (34%) minimum à des investisseurs
nationaux. Cette part du capital social dédiée au nationaux ne pourra être revue à la baisse
durant une période de dix ans.
2- La réduction d’impôt en cas d’investissement du bénéfice (art. 110 du CGI)
L’avantage de ce régime est ouvert aussi bien aux sociétés qu’aux entreprises individuelles. Il est
limité à l’impôt BIC ou BA.
2-1- Conditions et procédure d’admission
Donnent droit au bénéfice de ce régime, seuls les investissements entrant dans le cadre
d’un programme d’investissement effectué sous la forme de création ou de développement
des entreprises industrielles, commerciales ou agricoles ;
L’investissement doit avoir un montant net minimum de 100 000 000 HT ;
Le programme d’investissement doit être réalisé dans un délai de deux (02) ans à compter
du 31 décembre de l’année au cours de laquelle il est agrée ;
L’entreprise doit avoir une situation fiscale régulière et tenir une comptabilité régulière ;
L’entreprise a l’obligation de produire dans un délai de deux (02) mois à compter de la fin
de la réalisation des investissements, une déclaration de fin de réalisation dudit
programme, accompagnée d’un état récapitulatif des investissements réalisés en indiquant
la provenance des fonds investis.
Sont exclus de ce régime, les investissements déjà placés sous un régime de faveur (article 28 du CGI
ou code des investissements…). Les biens d’équipement acquis d’occasion. Les souscriptions de parts,
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 38
d’obligations ou d’actions des sociétés immobilières. Les véhicules de toute nature à l’exception des
véhicules de moyen de manutention. Le mobilier et le matériel de bureau à l’exception du matériel
informatique.
Les biens meubles affectés à l’exploitation des activités des entreprises commerciales et de prestation
de services ne sont pas concernés par ces exclusions.
Le programme dont le dépôt doit être antérieur aux premières opérations d’investissement, peut être
présenté à toute époque de l’année. Le programme d’investissement, accompagné de tous les
justificatifs nécessaires, est adressé sous pli recommandé, au Directeur général des impôts.
Le Ministre chargé des finances prononce l’admission ou le rejet, total ou partiel, du programme sur
proposition du Directeur général des impôts après avis éventuel des services économiques compétents.
2-2-/Détermination de la réduction d’impôt
Les avantages liés à cet article sont fonction de la zone d’investissement. A cet effet, le territoire
ivoirien est divisé en deux zones à savoir la région d’Abidjan (département d’Abidjan, d’Aboisso,
d’Adzopé et d’Agboville) et les autres régions.
L’exonération accordée aux entreprises est de 35% du montant HT de l’investissement dans la région
d’Abidjan et 40% du montant HT de l’investissement dans les autres régions.
La déductibilité de cette exonération prend effet à compter du 31 décembre de l’année qui suit celle
pendant laquelle l’investissement a pris fin. Elle est à déduire du résultat de l’exercice.
Toutefois au titre d’un exercice donné, la déduction ne peut excéder 50% du montant du bénéfice
imposable. Les sommes qui n’ont pu être déduites au titre du premier exercice peuvent être déduites au
titre des trois exercices suivants, dans la limite de 50% du bénéfice. Soit un bénéfice de déduction
d’une période de quatre exercices.
Exemple d’application : Une SA installée au Nord de la Côte d’Ivoire a acquis le 01/03/N un matériel
et outillage lourd à 254 880 000 TTC. Les bénéfices fiscaux prévus sur cinq (05) exercices sont les
suivants :
N+1 : 26 000 000
N+2 : 38 000 000
N+3 : 46 000 000
N+4 : 50 000 000
N+5 : 55 000 000
Travail à faire : En supposant que cet investissement remplit les conditions de l’article 110 ; montrer
comment l’entreprise peut bénéficier des avantages de cet article.
3-/ Exonération des plus-values sous condition de réemploi (article 28 du CGI)
La plus-value de cession réalisée en cours d’exploitation est normalement imposable. Mais afin
d’inciter les entreprises exerçant en Côte d’Ivoire à réinvestir sur le territoire ivoirien, l’article 28 du
CGI leur accorde la possibilité de déduire la plus-value du bénéfice imposable à condition que
l’entreprise prenne l’engagement de procéder à un nouvel investissement dans les trois (03) années qui
suivent. Mais il ne s’agit pas d’une véritable exonération car cette plus-value sera imposée selon le
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 39
rythme d’amortissement s’il s’agit des biens amortissables. Dans le cas des biens non imposables, cette
plus-value sera imposable à la cession du bien.
Les conditions d’accès à l’exonération de la plus-value placée sous l’article 28 du CGI
- Condition de période de cession : cession en cours d’exploitation
- Condition de délai de réinvestissement : s’engager à réinvestir dans les trois (03) ans à compter de la
clôture de l’exercice de réalisation de la plus-value.
- Condition d’affectation et de lieu : réinvestissement en immobilisation dans les entreprises en Côte
d’Ivoire.
- Condition liée à la nature du bien cédé : immobilisation corporelle ou incorporelle et aussi financière.
- Condition du montant : le minimum à réinvestir en immobilisation doit être égal à la formule ci-
dessous
V0 (bien cédé) + plus-value par rapport à l’article 28 = PC HT + Σ amortissements.
Exemple : Une entreprise a cédé le 01/07/19N une machine-outil acquise le 01/01/19N-5 au prix de 1
000 000. Durée d’utilisation 10 ans. Prix de cession 800 000.
L’entreprise bénéficie de l’article 28 du CGI pour la plus-value née de la cession de 19N. A l’exercice
suivant (19N+1), elle a employé cette plus-value pour acquérir une immobilisation de valeur Vi = x f.
Travail à faire :
1-/ Déterminer le montant à réinvestir prévu par l’article 28 du CGI.
2-/ Déterminer le montant à déduire et à réintégrer dans les cas suivants :
a-/ x = 1 350 000 ; b-/ x = 1 200 000 ; c-/ x = 500 000 ; d-/ x = 2 000 000
II- Mesures d’incitation fiscale pour la création d’emploi (CGI, article 111)
1- Conditions d’éligibilité
Sont éligibles au crédit d'impôt emploi, les entreprises (exploitants individuels et sociétés) en activité
depuis au moins un (1) an, assujetties au régime réel d’imposition et passibles de l'impôt sur les
bénéfices (BIC, BA, BNC) ou de la taxe d’Etat de l’entreprenant ou de l’impôt des microentreprises
qui créent des emplois par la conclusion d’au moins cinq (5) contrats à durée indéterminée
« CDI » avec des personnes de nationalité ivoirienne. Ce nombre est ramené à au moins 2 emplois
créés pour les entreprises réalisant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 1 milliard de francs
(Additif L.F. p. 2016, Annexe Fisc, Art 1-1-b).
2 - Le crédit d’impôt
Le montant du crédit d’impôt au titre d’une année est égal à :
- 1 000 000 F par emploi créé pour les entreprises assujetties au régime du réel. Ce
montant passe à 1 500 000 F par personne handicapée embauchée ;
- 250 000 F par emplois créés sur l'année pour les entreprises relevant de la taxe d’Etat
de l’entreprenant et de l’impôt des microentreprises. Ce montant passe à 500 000 F par
personne handicapée embauchée.
Ces crédits d’impôts sont réduits de moitié pour les CDD.
Le nombre d'emplois créés s'apprécie au 31 décembre de chaque année. C’est le nombre de contrats
à durée indéterminée « CDI » conclus avec des personnes de nationalité ivoirienne. Aussi, sont
considérés comme une nouvelle embauche, notamment, les contrats de travail à durée déterminée
(CDD), les contrats de travail temporaire et les contrats de travail occasionnel au titre de leur année de
transformation en CDI.
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 40
Le bénéfice du crédit d'impôt est subordonné à la déclaration des salariés nouvellement embauchés et
déclarés à la CNPS par l’employeur et à la production d’un certificat médical et d’un document délivré
par le ministère en charge des affaires sociales attestant le handicap physique ou intellectuel lorsque le
contrat concerne les personnes en situation de handicap. Le salaire stipulé au contrat doit être
conforme à la réglementation sociale en vigueur en matière de fixation du niveau selon les catégories
socioprofessionnelles.
[Link]é d’Imputation du Crédit d’Impôt
3.1. Employeurs soumis à la taxe d’Etat de l’entreprenant ou microentreprise
Le crédit d'impôt s'impute sur les cotisations d'impôt sur salaires exigibles au cours de l'année
d'obtention dudit crédit. Pour la DGI, cette imputation ne concerne que les impôts et taxes sur salaire à
la charge de l’employeur et l’imputation est limitée à la contribution employeur proprement dite et à la
contribution nationale.
3.2. Employeurs soumis au régime du réel
Le crédit d'impôt s'impute sur les cotisations d'impôt sur les bénéfices ou d’IMF exigibles au cours de
l'année d'obtention dudit crédit.
Les crédits d’impôt non imputés ne sont ni reportables, ni restituables. Autrement dit, un crédit
d’impôt non imputé est perdu.
4. Crédit d’impôt par personnes formées par les entreprises (article 111 bis du CGI)
Les personnes physiques ou morales passibles de l’impôt sur les bénéfices peuvent bénéficier d’un
crédit d’impôt annuel de 500 000 F par personne formée dans le cadre d’un contrat d’apprentissage, de
stage, de qualification ou d’expérience professionnelle. Ce crédit est porté à 750 000 pour les
personnes en situation de handicap.
Le montant du crédit est ramené à 100 000 F par an par personne formée et à 150 000 par an par
personne en situation de handicap pour les entreprises relevant du régime de la taxe d’Etat de
l’entreprenant ou des microentreprises. Ce crédit d’impôt qui n’est ni reportable ni restituable, est
imputable sur la cotisation d’impôt sur les bénéfices à l’exclusion de l’impôt minimum forfaitaire, ou
sur le montant de la taxe de l’entreprenant ou de l’impôt des microentreprises.
Le nombre de personnes formées s’apprécie au 31 décembre de chaque année et ne doit pas être
inférieur à cinq. En ce qui concerne les entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à un milliard
de francs, ce nombre est fixé à deux.
L’apprentissage peut se dérouler dans l’entreprise ou être financé par celle-ci dans une entreprise
tierce.
La période d’apprentissage ne peut être inférieur à 6 mois et supérieur à 12 mois consécutifs.
La détermination du crédit d’impôt est effectuée au moyen d’une déclaration réglementaire produite
par l’administration fiscale, qui doit être certifiée conforme par l’organisme en charge de la promotion
de l’emploi. La déclaration ainsi certifiée doit être déposée auprès du service du lieu d’exercice de
l’activité en même temps que la déclaration de résultats.
5. Crédit d’impôt dans le cas d’un contrat stage-école (article 111 ter du CGI)
Les personnes physiques ou morales passibles de l’impôt sur les bénéfices peuvent bénéficier d’un
crédit d’impôt annuel par personne formée dans le cadre d’un contrat stage-école.
Le montant de ce crédit d’impôt est établi comme suit :
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 41
- 25 000 par stagiaire, pour les entreprises relevant du régime de la taxe d’Etat de
l’entreprenant accueillant au moins deux (02) élèves ou étudiants et pour les petites et
moyennes entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 1 000 000 000,
accueillant au moins cinq (05) élèves ou étudiants ;
- 50 000 par stagiaire, pour les grandes entreprises ayant un chiffre d’affaires supérieur
à 1 000 000 000, accueillant au moins dix (10) élèves ou étudiants.
Le nombre d’élèves ou étudiants pris en stage s’apprécie au 31 décembre de chaque année. La
durée du stage de validation de diplôme est de six (06) mois maximum.
La détermination du crédit d’impôt est effectuée au moyen d’une déclaration réglementairement
produite par l’administration fiscale. Ce crédit d’impôt qui n’est ni reportable ni restituable, est
imputable sur la cotisation d’impôt sur les bénéfices, sur l’impôt minimum forfaitaire et sur le
montant de la taxe d’Etat de l’entreprenant ou sur la cotisation d’impôt des microentreprises.
III- Mesure d’incitation fiscale pour l’acquisition de brevet et de procédés de fabrication
Les petites et moyennes entreprises bénéficient d’un crédit d’impôt s’élevant à 30% de la valeur
d’acquisition de brevet ou procédés de fabrication, article 112 du CGI.
1- Conditions d’admission (article 114 du CGI)
Pour bénéficier de cette mesure, la PME intervenant dans la transformation industrielle ou dans le
domaine des nouvelles technologies de l’information et de la communication doit remplir les
conditions suivantes :
Faire la preuve de son adhésion à un cabinet d’expert-comptable ou à un centre de
gestion agrée ;
Utiliser un brevet ou une licence ou utiliser de nouveaux procédés de fabrication
constatés par l’Office Ivoirien de la Protection Intellectuelle (OIPI) pour les
entreprises de transformation ;
Être titulaire d’une attestation du ministère des nouvelles technologies de
l’information et de la communication pour les entreprises intervenant dans le secteur
des nouvelles technologies de l’information et de la communication (application
service provider, fournisseur d’accès à internet, génie informatique, génie logiciel,
internet, extranet, télématique) ;
Conserver le brevet ou le procédé dans l’entreprise pendant une durée de 05 ans au
moins.
2- Crédit d’impôt accordé aux activités de recherche et de développement (article 114
bis du CGI)
Les entreprises privées dont au moins 15% des charges sont exclusivement affectées aux activités
de recherche, de développement et d’innovation, peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt de 50%
des sommes investies. Ce crédit est imputable sur l’impôt sur les bénéfices.
Le bénéfice de ce crédit d’impôt est subordonné à la réalisation des investissements par l’entreprise
elle-même et n’exclut pas l’application des dispositions plus favorables prévues au code des
investissements.
IV- Crédit d’impôt pour le recyclage de déchets
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 42
Il est accordé un crédit d’impôt aux entreprises de recyclage de déchets. Ce crédit fixé à 10% du
montant des investissements réalisés est plafonné à 50% des bénéfices sur une période de quatre
exercices consécutifs.
Le bénéfice de ce crédit d’impôt est subordonné à l’agrément préalable délivré à l’entreprise de
recyclage des déchets par le ministère en charge de l’environnement et du développement durable et
n’exclut pas l’application des dispositions plus favorables prévues au code des investissements.
Au-delà de la période de quatre ans, le reliquat du crédit d’impôt n’est ni reportable, ni restituable.
ELEMENTS ET CALCULS Réintégrations Déductions
Bénéficiaire … …… … …… …… … …… …… … …… …… … …… …… … …… …… …
X ----
Résultat comptable ∫ ❑ …… X
Perte …… …… … …… …… … …… …… … …… …… … …… …… … …… …… … …… …… .. ------
-----
-------
-----
ANALYSE DES CHARGES AU PLAN FISCAL X
-----
1- Toute dépense liée au fonctionnement de l’entreprise d’un montant --------
------
Inférieur à 250 000 est déductible quel que soit le mode de règlement….. X
X
2- Tout achat ou dépense d’un montant supérieur à 250 000 et égal à 300 000 --------
-----
Réglé par chèque est une charge déductible…………………………….. --------
Si le règlement est effectué en espèce, alors c’est une charge non déductible X
X
(Les frais généraux, les mobiliers et les petits matériels) --------
X
3- Les immobilisations sont des charges déductibles par le jeu d’amortissement : X
---------
L’annuité (linéaire, accéléré ou dégressif) est déductible…………………… X
---------
Si le montant déduit est supérieur à l’annuité alors la différence est à X
X
réintégrer X
4- Les frais du personnel -------------
X
X
. Salaire du personnel embauché, journalier, charge déductible……………… X
……..
. Salaire du personnel non embauché (honoraire, commission…)
Lorsque le montant par an et par personne est inférieur ou égal à 50 000…….. X x
Lorsque le montant par an et par personne est supérieur à 50 000…………… X
----
(Si l’état 302 est établit dans ce dernier cas, alors c’est une charge déductible) ------
X
. Les jetons de présence ou indemnité de fonction aux administrateurs X
X
PDG et son adjoint, DG et son adjoint et le PCA………………………….. -----
X
Les autres administrateurs 3 000 000 /an / administrateur………………… X
Si le montant des jetons/ administrateur est supérieur à 3 000 000 alors la X
différence est à réintégrer……………………………………………………. -------
Prime de stage versée aux stagiaires, déductible à 150 000 / mois / stagiaire X
sur 6 mois maximum. -----
Le salaire de l’exploitant individuel est non déductible à réintégrer…………
X
Les primes versées aux salariés lors des cérémonies de décorations ne doivent
-----
pas excéder 6 mois de salaire hors avantage en nature……………………….
------
Si la prime excède les 6 mois de salaire alors la différence est à réintégrer….
5- Les dépenses réalisées hors de la Côte d’Ivoire sont à réintégrer…………… X
. Les dépenses d’étude et de prospection pour l’installation de l’entreprise à X
l’étranger sont déductibles pour les 3 premières années……………………. -----
A partir de la 4 ième année, il y a réintégration de 1/5 des dépenses des 3 X
premières années sur 5 ans et toute autre dépense réalisée sont à réintégrer…. ……….
6- Les impôts et taxes sont déductibles………………………………………… X
Sauf droit d’enregistrement, IBIC, IMF, TVA, AIRSI, IRVM, IRC, CN, IGR, ------
IS et la cotisation sociale sur salaire à la charge du salarié sont à réintégrer X
7- Les pénalités, amendes et contraventions sont à réintégrer …………………
-----
8- Les dons accordés par les entreprises
CONGO BOSSON /CAMPC/MASTER/ FISCALITE 2022-2023 43
------
. Aux équipes de football reconnues par le ministère des sports, les organismes
de recherche scientifique agrées, aux organismes œuvrant dans le domaine de la ------
santé publique et de l’action sociale, de la culture et de l’enseignement ------
reconnus par le ministère de tutelle sont exonérés à 2.5% CA HT et à X
200 000 000 par an ------
Si le montant du don est supérieur à la plus petite limite alors la différence est à ------
Réintégrer……………………………………………………………………… X
. Aux collectivités territoriales pour la construction d’écoles, hôpitaux, routes : -----
L’exonération est fixée à 3% CA HT et 500 000 000 par an…………………… X
si le montant du don est supérieur à la petite limite, la différence est à réintégrer
------
X
9- Les cadeaux d’entreprise sont déductibles si le montant unitaire par
bénéficiaire et par an n’excède pas 100 000. ……………………………..
10- Les charges financières
. Les intérêts payés sont déductibles si la dette a été contractée dans l’intérêt
de l’entreprise………………………………………………………………….
. Les intérêts versés par une succursale à sa maison mère sont non déductibles
. Les intérêts et dividendes versés aux actionnaires sont non déductibles…….
. Les intérêts des comptes courants associés, déductible si le taux d’intérêt est
inférieur ou égal au taux BCEAO + 2%, et si le montant du CCA ne dépasse
pas le capital social (ces conditions sont cumulatives) ………………………
Mais si le taux d’intérêt est supérieur à celui de la BCEAO + 2% alors la
différence est à réintégrer……………………………………………………..
NB : tenir compte du prorata si le prêt a été accordé en cours d’année
11- Les bourses d’étude accordées aux étudiants (ces conditions sont cumulatives)
. Etudiants du 1er et 2nd cycle : déductible à 600 000/ an / étudiant
. Etudiants du 3ième cycle : déductible à 1 000 000 / an / étudiants
Le montant total de la bourse / an / entreprise ne doit pas excéder 12 000 000
En cas d’excès de ces limites, la différence est à réintégrer………………….
NB : Les étudiants bénéficiaires ne doivent pas être des proches des salariés
de l’entreprise. (Pas de lien de parenté)
12- Les charges locatives
. Les loyers des locaux de l’entreprise sont des charges déductibles………….
. Les pas de porte, les droits d’entrée et les cautions sont non déductibles…….
13- Les frais généraux liés au fonctionnement de l’entreprise, déductibles………
(Factures CIE, SODECI ; peinture, entretien …)
14- Les primes d’assurance payées par l’entreprise pour tout le personnel et pour
la sécurisation des divers éléments de l’actif (incendie, inondation) sont
déductibles…………………………………………………………………..
15- Les pertes de change sont déductibles ………………………………………
16- Les amortissements sont des charges déductibles……………………………
. Si l’amortissement pratiqué est supérieur à l’amortissement linéaire, accéléré
ou dégressif selon la nature, la durée et le choix de l’entreprise alors la
différence est à réintégrer……….……………………………………………
. Amortissement particulier des immeubles d’habitation des entreprises
industrielles ou commerciales :
Pour la 1ère année, annuité = 40% V0 + ((60% V0) / n)………………….
Pour les autres années, annuité = (60% V0) / n………………………….
. Les amortissements irrégulièrement différés (AID) sont à réintégrer…….
Article 32 du CGI : Pour les immobilisations acquises par fusion ou d’apport
partiel d’actif, c’est amortissement fiscal = (VCN / n) qui est déductible……
Si l’amortissement pratiqué est supérieur à l’amortissement fiscal alors la
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différence est à réintégrer……………………………………………………
17- Les provisions
. Les provisions pour créance douteuse, dépréciation des stocks, des titres en
portefeuille et pour les charges à répartir sont déductibles…………………..
. Les provisions pour rabais, ristourne, remise, hausse des prix, pour retraite
ou départ du personnel, pour perte de change, pour le renouvèlement des
immobilisations et les provisions constituées forfaitairement, statistiquement
sont non déductibles donc à réintégrer. ………………………………
ANALYSE DES PRODUITS
1- Les produits des activités ordinaires sont imposables (vente de biens, services)
2- Les produits accessoires, divers et les livraisons à soi-même sont imposables
3- Les subventions reçues des autres entreprises sont imposables
4- Les subventions d’équipement ou d’investissement accordées par l’Etat pour
l’acquisition d’immobilisations sont des produits imposables par le jeu
d’amortissement. Si l’amortissement est comptabilisé ……………………..
Si le montant total de la subvention (MS) est comptabilisé alors la différence
Entre (MS – annuité) est à déduire…………………………………………..
5- Les reprises de provisions
Si la provision est déductible alors sa reprise est un produit imposable…….
Si la provision est non déductible alors sa reprise est non imposable à déduire
6- Les produits financiers
- Les intérêts des prêts, des comptes bloqués, des dépôts, des obligations
émises par les entreprises privées sont exonérés à 50%..........................
- Les revenus ou dividendes nets provenant des sociétés minoritaires
Ivoiriennes ou étrangères non cotées à la BRVM sont exonérés à 50%......
L’exonération passe à 90% si les entreprises sont cotées à la BRVM……
- Les intérêts nets des obligations émises par les collectivités publiques sont
exonérés à 90%...............................................................................
- Les dividendes nets provenant des sociétés majoritaires (filiale ou
détenant plus de 10% du capital) sont exonérés à 95%.......................
- Les intérêts des bons de caisse du trésor et ceux aux porteurs de la BNI
sont exonérés à 100%.....................................................................
7- Les bénéfices reçus des succursales à l’étranger sont exonérés à 100%...……
8- Les plus-values
- Article 28 du CGI : si le montant investi est supérieur ou égal au MMR,
alors la plus-value est exonérée………………………………………….
Si la plus-value n’est pas investie ou investie à un montant inférieur au
MMR alors elle est imposable………………………………………….
- Article 32 du CGI : la plus-value est exonérée chez l’entreprise
apporteuse………………………………………………………………
- Article 33 du CGI : si la plus-value est réalisée pendant les 05
Premières années de la création de l’entreprise alors elle est exonérée à
50%.............................................................................................
Si la plus-value est réalisée après les 5 ans alors elle est exonérée à 2/3…
TOTAL (R+) (D-)
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NB : - Pour les évaluations, lorsqu’une charge déductible fiscalement a été omise il faut la
déduire pour trouver le résultat imposable fiscalement. Mais dans la pratique lorsque cela se
présente l’entreprise perd le droit de déductibilité.
Lorsqu’un produit imposable fiscalement a été omis alors il faut le réintégrer.
Il faut aussi tenir compte :
- Des amortissements réputés différés (ARD) qui sont déductibles fiscalement
jusqu’à ce que l’entreprise puisse réaliser un résultat bénéficiaire pouvant les
couvrir.
- Des déficits fiscaux ordinaires (DFO) qui sont déductibles sur 05 années au
maximum
- Des exonérations liées aux investissements placés sous l’article 110 du CGI.
Les échéances et les montants pour le paiement de l’impôt exigible sur le résultat au Réel
Normal
IBIC = 25% x R Fiscal arrondi au millième inférieur
IMF = 0.5% x CA TTC. Avec 3 000 000 ≤ IMF ≤ 35 000 000
L’impôt le plus élevé entre ces deux (IBIC et IMF) est l’impôt exigible
Le paiement de l’impôt exigible est fractionné de la manière suivante selon l’activité de
l’entreprise :
Pour les grandes et moyennes entreprises industrielles, minières et pétrolières
- 10/ 4 / année suivante
- 10/ 6 / année suivante
- 10/ 9 / année suivante
Pour les grandes et moyennes entreprises commerciales (entreprise de distribution)
- 15/ 4 / année suivante
- 15/ 6 / année suivante
- 15/ 9/ année suivante
Pour les grandes et moyennes entreprises prestataires de services
- 20/ 4 / année suivante
- 20/ 6 / année suivante
- 20/ 9 / année suivante
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Bibliographie
- Le code général des impôts 2022
- Le mémento fiscal 2021
- La doctrine fiscale 2018
- Le mémento fiscal 2018
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