Chapitre IV : STATIONS EXTENSIVES OU RUSTIQUES : CAS DU LAGUNAGE
Le lagunage utilise des bassins de stabilisations pour épurer les eaux usées. Ces bassins plus ou moins
profonds, dispose d’une seule entrée et d’une seule sortie. Le processus d’épuration s’appuie sur
l’aptitude des bactéries et des micro-algues à consommer la matière organique présente dans les eaux
usées.
L’Afrique tropicale, caractérisée par un climat relativement chaud, dispose de conditions idéales pour
le traitement des eaux usées par voies naturelles.
IV.1/- BASSINS DE STABILISATION
Les bassins de stabilisation sont simples à réaliser et s’entretiennent facilement avec un personnel plus
ou moins bien qualifié. La technologie est généralement simple avec l’utilisation de très peu
d’équipements sophistiqués. Comparé aux systèmes classiques, les bassins de stabilisation éliminent
les germes pathogènes, assurant ainsi une qualité d’épuration meilleure pour l’homme et
l’environnement. Ils disposent en outre une sensibilité très faible vis-à-vis des variations des charges
de pollution. Les bassins de stabilisation nécessitent cependant beaucoup plus d’espaces. Les bassins
de stabilisation utilisés dans le lagunage sont les bassins anaérobies, les bassins facultatifs et les
bassins de maturation.
IV.1.1/- Bassins anaérobies
Toujours placé en tête du système, les bassins anaérobies sont utilisés pour dégrader la matière
organique et assurer une bonne décantation. De tous les bassins de stabilisation, les bassins anaérobies
sont les plus profonds (entre 2 et 5m). La matière solide des eaux usées se décante pour former une
couche de boue au fond du bassin. Ces bassins reçoivent des charges organiques très importante (˃
100g DBO5/3m3/j). Ils fonctionnent comme des fosses septiques à ciel ouvert. Les bactéries
anaérobies dégradent alors ces matières organiques des boues. Il se dégage pendant cette phase du gaz
pauvre de digestion. Les produits solubles dans les eaux usées passent aux bassins suivants. La DBO
est éliminée entre 40 et 60%. Ils présentent comme inconvénient, le fait qu’il y a autour des bassins,
des odeurs nauséabondes. Les temps de séjours moyens sont de 1 à 2 jours.
IV.1.2/- Bassins facultatifs
Le caractère « facultatif » vient de ce qu’il se forme dans le bassin des couches anaérobies au fond et
des couches aérobies en surface. Les bassins facultatifs sont, en général, utilisés pour éliminer la DBO
et les gerles pathogènes.
Ils peuvent être en tête d’une série de bassins ou alors recevoir les effluents provenant du bassin
anaérobie. Les bassins facultatifs sont dits « primaires » lorsque dans la série, ils reçoivent directement
des eaux brutes. Ils sont dits « secondaires » quand ils reçoivent les effluents du bassin anaérobie.
D’une manière générale, dans les bassins facultatifs, la DBO est éliminée entre 60 et 80%.
Dans un bassin facultatif, il se produit les phénomènes suivants :
Les matières solides en suspension décantent au fond et forment la couche anaérobie. Ces
boues sont digérées par des bactéries anaérobies. Près de 30% de la DBO sont éliminées à
cette étape.
La couche aérobie qui se forme au-dessus de la couche anaérobie, est le siège de prolifération
des algues qui par photosynthèse, produisent l’oxygène. Ces algues se nourrissent à partir
d’éléments nutritifs issues des sous-produits de l’activité des bactéries. Ces dernières ont
besoin à leur tour de l’oxygène produit par les algues pour se développer. Il se passe donc
dans les bassins facultatifs une certaine interdépendance, appelée « symbiose ».
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Il est recommandé de doter les bassins facultatifs d’une profondeur moyenne de 1 à 1,5m. Les
profondeurs inférieures à 1 m ne sont pas recommandées. Les profondeurs supérieures à 1,5 m
favorisent les conditions anaérobies. Il est en outre recommandé de laisser les bassins accessibles au
vent. Le vent assure, en effet, le brassage vertical et horizontal des eaux du bassin et homogénéise
ainsi leur épuration. En l’absence du vent, la production d’algue diminue et se stratifie à moins de
20cm de la surface du plan d’eau. En fonction de l’intensité de la luminosité (rayon solaire) cette
bande d’algue varie autour de la profondeur 50 cm. Les temps de séjours requis sont de 5 à 30 jours.
IV.1.3/- Bassins de maturation
Les bassins de maturation améliorent le traitement des effluents issus des bassins facultatifs ou d’un
autre bassin de maturation. Ils permettent d’éliminer les germes pathogènes au fur et à mesure que les
effluents s’écoulent lentement dans les bassins. Ils ne doivent pas recevoir d’eaux usées brutes. Ils sont
essentiellement aérobies sur toute la profondeur, qui ne dépasse jamais les 1m. Pour cette profondeur,
les bassins de maturation sont bien oxygénés et bien brassés. Le nombre de bassin de maturation
dépend essentiellement de la qualité de l’effluent à la sortie du système. Les temps de séjours sont de 5
à 7 jours.
Un exemple de station de lagunage est celui du quartier Biyem Assi II à Yaoudé. Les initiateurs de ce
type de station sont souvent guidés par les avantages socio-économiques, techniques et
environnementaux qu’offre ce type de technologie.
La schématisation de cette station est présentée comme suit :
Effluents traités Dimensions des bassins
B7
Bassins L (m) L(m) P(m)
BO 7,5 3,5 1,8
B6
B1 22 4,4 0,7
B5 B2 22 4,3 0,8
B3 22 4,4 0,9
B4
Aire de B4 22 4,3 0,8
compostage et de
B3 diverses B5 22 4,3 0,9
expérimentations
B6 22 4,4 0,9
B2
B7 18 6,6
B0→ Bassin anaérobie
B1 B1 à B7→ Bassins facultatifs à macrophytes et de maturation
B0
Effluents bruts
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Figure : Principe de fonctionnement de la section par lagunage àmacrophytes de Biyem Assi
Source : [KENGNE, 2000]
Cette station pilote a été conçue pour traiter en moyenne 45 m3/j d’eaux usées domestiques provenant
de ces 650 habitations. Elle couvre près de 1000 m2 et comporte 08 bassins disposés en série et séparés
par des digues de terre compactée comme l’indique la figure 9. Les eaux usées arrivent dans cette
station de manière gravitaire. Le temps de rétention théorique de cette station oscille entre 09 et 16
jours. Les eaux usées brutes entrent dans la station par le bassin BO, qui assure simultanément la
décantation et la digestion anaérobie. La phase de lagunage à macrophytes proprement dite se déroule
dans les bassins B1-B7. L’espèce épuratrice utilisée, Pistia stratiotes, élabore une biomasse végétale
importante récoltée périodiquement afin d’éviter le recyclage des polluants absorbés.
IV.2/- PRINCIPES DE DIMENSIONNEMENT DES BASSINS DE STABILISATION
Charge admissibles à la sortie du système
Charges caractéristiques des eaux usées brutes à épurer : (normes de rejet en fonction des usages à
l’émissaire de la station d’épuration)
DBO 360 -700 (400) 25 -60 (30)
MES 1200 -2000 (500) 30
DCO 670 -1300 (600) 90
CF X.107 100 -50000
La qualité de l’effluent à la sortie dépend des paramètres ci-dessous :
1. La DBO est utilisée pour étudier la teneur en matière organique ;
2. Les MES sont nécessaire pour évaluer la concentration des matières solides dans l’effluent. Ce
paramètre est déterminant surtout lorsqu’à la sortie du système on envisage d’irriguer les
champs (éviter ainsi le colmatage des systèmes d’irrigation et de pompage) ;
3. La quantité des coliformes fécaux (qualité bactérienne) pour éviter la contamination par des
germes pathogènes.
IV.2.1/- Paramètres de dimensionnement
Volume journalier des eaux usées produites dans la zone (Vj en m3/j,
Concentration en DBO5 des eaux usées à traiter [DBO]
La température du mois le plus froid de la zone.
Volume des rejets par polluant (Flux polluant de DBO, de MES)
Débit journalier moyen par temps sec
Débit de pointe horaire par temps sec
Débit moyen horaire diurne par temps sec
Débit de pointe horaire par temps de pluie
Rendement souhaité (abattement de DBO à la sortie du système)
IV.2.2/- Dimensionnement des bassins
A/- Bassin anaérobie
Charge de DBO à l’entrée : 100 -400 g/m3/j
Taux d’accumulation des boues dans les bassins : 30 -40 l/personne/an
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Fréquence d’enlèvement des boues : 2 – 5 ans
Disposition constructive : prévoir toujours 2 bassins anaérobies en parallèle pour permettre un
service alterné en cas de pannes éventuelles.
Démarche de dimensionnement des bassins anaérobie
Calcul de la charge volumique en DBO ƛV = LI × QI / V
ƛV = charge volumique en DBO (g/m3/j), en général comprise entre 100 et 400 g/m3/j
QI = débit d’entrée (m3)
V = Volume du bassin à mi-hauteur
LI = concentration en DBO5 à l’entrée (mg/l ou g/m3), en général mesuré sur des échantillons
Avec LI = 1000 × B/q
B = contribution journalière de DBO (g/hab/j)
q = débit journalier d’eau usée (l/hab/j).
Evaluer le temps de séjour tr = V/Q (entre 1 et 2 jours)
B/- Bassin facultatif
Deux méthodes sont généralement utilisées pour dimensionner le bassin facultatif : la méthode des
réactions cinétiques et la méthode des empiriques ou méthode des charges admissibles.
La méthode des réactions cinétiques concerne le modèle d’écoulement en piston ou en mélange
intégral dans le bassin. Dans la réalité, ce n’est pas souvent le cas. C’est pourquoi, on lui préfère la
méthode empirique.
Démarche de la méthode des charges admissibles
Calcul de la charge admissible de DBO par unité de surface (ƛS en kg/ha/j)
Formule INDIENNE ƛS = 375 – 6,25L (ƛS en kg/ha/j)
Où L est la latitude de la zone (en °) et la profondeur requise varie de 1,5 à 2 m
Formule ARTHUR ƛS = 20T – 60 (ƛS en kg/ha/j)
Où T est la température minimal de l’air du mois le plus froid (en °C)
Formule de MAC GARRY & PESCOD ƛS = 20T – 120 (ƛS en kg/ha/j)
C/- Bassin de maturation
Kb = 2,6 × (1,9)T-20
Ne = NI / (1+Kb×t1) pour un seul bassin de maturation
Ne = NI / (1+Kb×t1) (1+Kb×t2) (1+Kb×t3)… (1+Kb×tn)n pour n bassin de maturation en aval des
bassins
facultatifs et/ou anaérobie
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Où
Ne = Nombre de coliformes fécaux pour 100ml, à la sortie du système (ce nombre est donné
par la norme de rejet.
NI = Nombre de coliformes fécaux à l’entrée
tI = Temps de rétention du ième bassin (en jour)
Kb = Constante de vitesse de premier ordre pour l’élimination des bactéries (en J -1).
Temps de séjours dans le bassin de maturation est de 5 à 7 jours.
Détermination de certains paramètres
Flux polluant (pour la DBO5) = débit des rejets multiplié par la concentration de la charge
polluante de DBO5
Concentration en DBO5 = rapport de la DBO5 totale par personne/Quantité d’eau usée rejetée
par personne
Rendement d’épuration (pour la DBO5) = (DBO5entrant – DBO5 sortant) / DBO5entrant
IV.3/- DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES
1. Les bassins peuvent être enterrés (bassins en déblais) ou en surface (bassin en remblais). Il est
souvent recommandé, en fonction de la disponibilité des terres et du type de sol, de donner
aux digues, des pentes de 1/3
2. Les parois doivent être parfaitement étanches. A défaut (sol perméable), il est nécessaire de
prévoir un revêtement en argile, en limon stabilisé, film plastique, en géo-membrane, en béton
en fonction des moyens financiers disponibles ou des matériaux locaux mobilisables dans la
zone. La hauteur des digues doit être supérieure d’environ 50cm de la hauteur moyenne de
l’eau dans le bassin.
3. Il est nécessaire de protéger les digues de l’érosion en prévoyant une maçonnerie de moellon,
de pierre, de béton sur au moins 20cm de de part et d’autre du niveau de l’eau dans les bassins.
4. Les eaux usées doivent être admises dans les bassins suffisamment loin des digues, afin
d’éviter la formation des bancs de boue aux abords des bassins.
5. Pour permettre aux eaux usées d’avoir un long parcours dans les bassins, il est important que
les tuyaux d’entrée et de sortie soient aussi diamétralement opposés que possible.
IV.4/- OPERATIONS D’ENTRETIEN DES STATIONS NATURELLES
Ces opérations concernent : la végétation, la nappe d’écume dans les bassins, les insectes, les odeurs,
etc.
A/- Désherbage du site
Faucher régulièrement la végétation autour des bassins pour éviter que celle-ci n’empêche le
vent d’avoir accès dans les bassins ;
Enlever régulièrement les plantes dans les bassins et aux abords de ceux-ci pour permettre un
meilleur échange de rayonnement lumineux, faciliter la photosynthèse des algues et éviter le
développement des moustiques ;
B/- Les nappes d’écumes
Ce sont en général des algues flottantes, les particules de boues remontées en surface par des
bulles de gaz. Il faut régulièrement désagréger cette nappe flottante par des jets d’eau, suivi de
leur collecte au moyen de râteau. Les écumes doivent être enfouies.
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Un meilleur contrôle des algues consiste à élever des
C/- les insectes et les odeurs
La présence d’herbes dans le plan d’eau est généralement à l’origine des moustiques dans le
site de la station. Certaines études prouvent cependant que ces moustiques ne sont pas des
vecteurs de maladies (genre Anophèle femelle, glocine).
Les odeurs sont généralement liées au bassin anaérobie.
D/- Le contrôle et le suivi de la station
Il est important d’effectuer des prélèvements réguliers d’échantillons aux entrées et aux sorties
des bassins, pour des analyses en laboratoire et évaluer les performances du système.
Le contrôle concerne la mesure des volumes d’eaux usées qui s’écoulent d’un bassin à un
autre. Ce contrôle permet de mesurer la part de l’évaporation, des pertes par infiltration ou des
eaux parasites susceptible de diluer les eaux usées. C’est pourquoi, il est demandé de prévoir
en ces points, des ouvrages de mesure des débits tels que le Canal de Venturi et le Canal de
Parshall.
IV.5/- CRITERES DE CHOIX DES SITES DES STEP
Le choix de la localisation d’une STEP ne se fait pas au hasard. Elle doit prendre en compte les
objectifs de qualité assignés au milieu récepteur et surtout respecter un certain nombre de critères de
choix parmi lesquels [EPLF, 93] :
La disponibilité des terrains (superficie, formes et topographie générale du site, etc.) ;
La proximité des habitations et des activités socio-économiques de type collectif ;
La nécessité de localiser la STEP au point le plus bas possible de l’agglomération ;
La nature et les caractéristiques du milieu récepteur des eaux usées (volumes et courants
lacustres des lacs, débits moyens d’une rivière à la rivière, périodes d’étiages, etc.) ;
La position du point de rejet par rapport à la rive ou à la berge (risques de pollution localisée)
Le sens des vents dominants (risques de propagation d’odeurs) ;
L’accessibilité du site de la STEP par une route carrossable pour faciliter également le
raccordement aux réseaux techniques urbains (eau potable, électricité, téléphone, etc.) ;
La variation saisonnière (battement) de la nappe phréatique ;
Disponibilité des sites pour le traitement et l’évacuation des sous-produits d’épuration des
eaux usées, notamment les boues, les déchets solides des dégrilleurs et dessableurs, etc.
Il convient de remarquer que chaque STEP est un cas particulier adapté aux contraintes locales. Il
n’existe pas de station d’épuration standard, mais de technologies et de méthodologies standards et
transposable. On ne saurait de ce fait transposer dans un contexte jugé différent, des techniques et des
schémas trouvé dans un autre contexte. Il convient régulièrement de songer à les adapter aux
conditions socio-économiques, culturelles et environnement de la localité considérée. La disposition
générale des équipements de la STEP est guidée par la topographie du site, sa forme et son profil en
long, la quantité d’eaux usées transportées jusqu’à la station, etc.
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CHAPITRE V : TRAITEMENT DES BOUES
Les boues des ouvrages de traitement des eaux usées constituent un autre déchet, source de pollution
importante du milieu récepteur. Il s’agit d’un sous-produit de l’épuration contenant 1 à 4% et de l’eau.
Les boues extraites des ouvrages d’épuration (décanteurs et des autres compartiments du traitement
primaire et secondaire) doivent nécessairement être traitées avant leur rejet dans le milieu récepteur
ou avant leur valorisation éventuelle. Ce type de déchet, très putrescible par ailleurs, constitue un
danger pour l’homme et la nature. Le but de ce traitement est multiple, à savoir :
Limiter les phénomènes de putréfaction des boues et réduire leur pouvoir fermentescible ;
Réduire le volume des boues à évacuer ;
Faciliter le conditionnement des boues et leur transport vers les lieux de mise en décharge ou
de valorisation.
Le traitement des boues requiert quatre principales étapes, à savoir : (1) la stabilisation, (2)
l’épaississement, (3) la déshydratation et enfin (4) l’élimination.
Un des procédés de traitement des boues peut être le suivant :
Epaississement→ Digestion ouverte→ Digestion anaérobie fermée → Stabilisation aérobie.
V.1/- STABILISATION DES BOUES
Le procédé de fermentation le plus répandu est la digestion anaérobie encore appelée fermentation
méthanique. Le digesteur, cuve hermétiquement fermée est l’équipement permettant la fermentation
des boues par digestion en double phase : (a) la liquéfaction avec production d’acides volatiles et (b) la
fermentation proprement dites avec production de gaz dont le méthane est en grande proportion (entre
65 et 70% du volume) suivi du gaz carbonique (entre 30 et 35%)
Une bonne stabilisation dans le digesteur s’effectue entre 20 et 30 jours à une température voisine de
350C. Les boues ainsi stabilisées peuvent être valorisées en agricultures, répandues directement dans
les champs (le taux d’humidité reste encore élevé) ou compostées avec de la matière organique
végétale, ligneuse, etc. avant d’être utilisées dans les champs. Ces boues peuvent également subir
l’épaississement.
La stabilisation des boues intervient pendant 2 à 3 semaines et représente la phase de maturation ou de
minéralisation avancée de la matière organique présente dans les boues. Le résultat final d’une bonne
stabilisation est l’obtention d’une boue stable de couleur noirâtre et inodore. A l’issue de la
stabilisation, la boue digérée doit être séchée. Le séchage s’opère sur un lit de séchage constitué de
matériaux filtrants. Le séchage peut se faire par voie naturelle (séchage au soleil) ou par voie intensive
(filtration sous vide, centrifugation, filtres presse, etc.). En climat tempéré, un ratio de 1m2 pour 5 à 15
usagers est souvent utilisé pour dimensionner le lit de séchage. Les boues séchées peuvent être
incinérées, compostées avec les ordures ménagères, utilisées directement en agriculture dans certaines
conditions, etc.
La digestion aérobie ouverte se fait par minéralisation de la matière organique par la microflore et la
microfaune dans un décanteur à froid (type IMHOFF) pendant 6 à 8 semaines ; il s’ensuit un
dégagement lent de méthane ;
La digestion anaérobie fermée se fait en deux phases principales : la digestion en phase mésophile (30
– 350 C) s’opère avec libération d’acide aminé (d’où un pH caractéristique des milieux acides) ; la
digestion en phase thermophile (50 – 550C), caractérisée par un pH alcalin, provoque le dégagement
rapide du méthane et la réduction de près de la moitié du temps de digestion ; la digestion permet en
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outre de diminuer le taux de matières sèches de plus du tiers du volume initial et le taux de matière
volatile de plus de la moitié.
V.2/- EPAISSISSEMENT ET DESHYDRATATION DES BOUES
L’épaississement des boues peut se faire par injection de bulles d’air afin de les rendre plus légères
pour faciliter leur entrainement en surface. Cette étape permet de diminuer le volume de
VC = - [ρs-ρl] 2= Kd2
En milieu turbulent → C = 0,4 et : En milieu transitoire
VC = 3,3g [ ]1/2 - d1/2 = k d1/2 VC = k d1/2
K, K’, K’’ → constante dépendant de m, ρs et ρl → Masse spécifiques des particules.
Quelques valeurs de Vc en fonction du diamètre moyen des particules
Diamètres (mm) 1,0 0,5 0,25 0,10 0,05 0,005 0,001 0,0001
VC (m/h) 360 190 96 29 10 0,14 0,005 0,000054
Type Sable et gravier Sable fin Vase Argile
VC = Vitesse de chute de la particule
Démarche de dimensionnement Vd = Vitesse de translation
Surface théorique : S = L × I L = Longueur du décanteur
Débit : Q = Vd × h × I l = Largeur du décanteur
Vitesse de chute : VC = Q/S Q = Débit de l’effluent
Conditions : ≥
Remarque générale :
Le volume réel d’un décanteur devra toujours être grand de 1,5 à 2 fois que son volume
théorique calculé
La vitesse de chute permettant de retenir environ 2/3 de la DBO5 en 2 heures est V C = 2 à
3m/s
La vitesse de translation est telle que Vd < = 15 Vc
D’où : L < = 15h Q< = [Link].h.l, et on en déduit que h ˃ = Q/ ([Link].l)
Pour assurer un écoulement laminaire de l’eau en translation uniforme, il faut que la longueur
et la largeur du décanteur soit telles que : L/l ˃ = 5
L’efficacité d’un décanteur est indépendante de la profondeur h,
Quelques valeurs théoriques des caractéristiques du décanteur
Vc (m/h) 2,0 2,2 2,4 2,6 2,8 3,0
S (m2) 0,5Q 0,45Q 0,42Q 0,38Q 0,36Q 0,33Q
lmax (m) 0,3 0,3 0,29 0,28 0,27 0,26
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h (m) 0,11 0,10 0,096 0,092 0,088 0,085
Le volume réel mouillé est de la forme :
l = lth + 0,5 L = Lth + 3 h = hth + 0,5 (à 0,7)
en pratique, on prend souvent h = 1,5 à 3m
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