Faculté de Médecine Et d'Odonto-Stomatologie: These
Faculté de Médecine Et d'Odonto-Stomatologie: These
FMOS
Année universitaire 2022 - 2023 Thèse N° : ………/………
THESE
ETUDE DES FACTEURS ASSOCIES A LA MORTALITE PEDIATRIQUE DE LA
DREPANOCYTOSE AU CENTRE DE RECHERCE ET DE LUTTE CONTRE LA
DREPANOCYTOSE (CRLD)
JURY
Président : Mr DIAKITE Abdoul Aziz, Professeur
Membres : Mme KANTA Mariam, Pédiatre
Co-directeur : Mr TOURE Boubacari Ali, Assistant
Directeur : Mr MAIGA Belco, Maitre de conférences
ETUDE DES FACTEURS ASSOCIES A LA MORTALITE PEDIATRIQUE DE LA DREPANOCYTOSE AU
CENTRE DE RECHERCE ET DE LUTTE CONTRE LA DREPANOCYTOSE (CRLD)
DEDICACES
Je dédie ce travail :
À ma mère ZOUMENOU Arlette, je loue le Seigneur qui m’a donné une si bonne mère. Tu
es dans ce monde infernal mon étoile parmis les étoiles. Dans la maladie la sante, les larmes la
joie, l’échec la réussite, en gros dans les mauvais comme les bons jours ; tu as toujours été là et
tu n’as jamais faillir à ton rôle de mère. Je voudrais t’honore par ce travail qui est le fruit de ma
reconnaissance pour toi. La lionne que tu es quand il est question de tes enfants m’a beaucoup
inspiré pour mener ce travail au bout. Tu seras toujours ma merveille ; Je t’aime maman. Puisse
le bon DIEU te donne la sante et t’accorde longue vie pour récolter ce que tu as semée Iya tché.
À mon père SAIZONOU Zinsou Damien ONANGA, les mots me manquent pour te
témoigner ma reconnaissance. Je respecterai à jamais ce choix que t’as fait de placer l’éducation
de tes enfants en premier. Tu es et tu as été pour moi le meilleur père. Je prie le bon Dieu de
t’accorder santé et longévité afin que tu puisses manger les fruits de l’arbre que t’as planté. Ce
travail est pour toi ; je t’aime papa.
À mes frères et sœurs Marcy, Yollie, Arnold, Pyrrhis Pyrs, Marlyse, Junior, David ; mes
nièces Ife et Marina ; ce travail est le vôtre. Merci pour votre amour sans fin. Que DIEU veille
sur nous. Amen.
À tous les défunts drépanocytaires spécialement à feu EMME Synelle qui a été emporté trop
tôt par la drépanocytose que Dieu t’accorde repos éternel, ce travail est pour toi.
REMERCIEMENTS
À l’Être Suprême, DIEU infiniment bon infiniment aimable ; DIEU unique en trois personnes
distinctes : le Père le Fils et le Saint Esprit. Gloire et honneur à vous qui êtes qui était et qui
vient dans les siècles des siècles, Amen. Je te remercie mon DIEU pour tes merveilles sans fin
dans ma vie, pour le souffre de vie, la sante, la force dont tu m’as fait grâce depuis le
commencement jusqu’à ce jour. Tu es le DIEU qui peut tout, le DIEU en qui tout est et sans
qui rien n’est. Ce travail est le fruit de ta grâce Seigneur. Recevez, la SAINTE TRINITE la
gloire qui vous êtes du par ce travail.
À maman MARIE Rosa Mystica, Vierge Immaculée, Mère des grâces. Par toi qui as portée
celui qui porte tout, J’ai reçu la guérison la réussite et surtout l’accomplissement de ce travail.
Reçoit par ce dernier, Reine du ciel et de la terre toute ma gratitude. Assiste-moi sur ce chemin
qui m’attend et donne-moi toujours de marcher selon les commandements de ton fils mon
Seigneur et Sauveur, Amen.
À ma patrie le Benin, merci. Reste à jamais terre bénie pour la gloire de DIEU.
Au Mali, qui m’a accueilli en toute bonté. J’ai pu réaliser ce travail grâce à toi. Merci « I ni
ce » ! Puisse l’Éternel y faire toujours régner stabilité et paix.
À l’homme de DIEU AGBANGLA Annonciation Antony, mon père de Bamako tu as été pour
moi tout au long de ce trajet un frère exceptionnel. Que DIEU t’assiste toujours et te donne la
force d’accompli encore plus son œuvre. Puisses-tu trouves dans ce travail toue ma
reconnaissance.
À ma marraine, mes tantes et mes oncles aussi bien maternels que paternels ; à mon parrain,
mes cousins cousines neveux et nièces je vous remercie pour vos soutiens, vos attentions et
votre confiance. Que le bon DIEU nous assiste, Amen.
À mes frère et sœurs de Bamako Zakyath Mizyath Franckèle Mouayid merci pour tout.
À mon cadet académique et fils de Bamako Sidiki ABOUMON, merci pour ta disponibilité et
tes présences puisse DIEU te récompense.
À ma sœur de tous les temps Mme BADOU Christelle merci pour ton amour et ton soutien
depuis le Benin.
HOMMAGES AU
MEMBRES DU JURY
Chers Maîtres
C’est un grand honneur que vous nous faites en acceptant de présider ce jury. Votre
simplicité, votre rigueur, l’abnégation du travail bien fait, le sens élevé du devoir, vos qualités
scientifiques et humaines font de vous un maitre admiré. Veuillez recevoir cher maitre le
témoignage de notre profonde gratitude et notre plus grand respect.
Qu’Allah vous donne une longue vie pleine de santé.
Médecin PEDIATRE.
Chargée de recherche au CRLD.
Praticienne au Centre de Recherche et de Lutte Contre la Drépanocytose (CRLD).
Cher Maître,
Ce fut pour nous une grande fierté de faire partie de vos étudiantes. Votre engagement dans le
travail bien fait et pour la recherche scientifique, votre disponibilité, vos qualités de femme de
science très méthodique font de vous une référence, une pédiatre admirée et sollicitée. Vous
n’avez ménagé aucun effort pour suivre de près ce travail du début à la fin.
Puisse le tout puissant vous aide à aller jusqu’au bout de vos ambitions professionnelles.
Médecin hématologiste.
Assistant en hématologie à la FMOS.
Responsable unité consultation hospitalisation au CRLD.
Membre de la SAFHEMA (Société Africaine Francophone d’Hématologie).
Membre de la [Link]. HO (Société Malienne d’Hématologie et Oncologie).
Cher Maître,
Nous vous remercions pour l’accueil spontané et affectueux que vous nous avez réservé et pour
la confiance que vous avez placée en nous pour l’élaboration de ce travail.
Votre simplicité, votre haute qualité intellectuelle, votre abord facile ainsi que votre
disponibilité malgré vos multiples occupations sont autant de qualité que vous incarnez,
permettez-nous de vous exprimer cher Maitre, le témoignage de notre profonde reconnaissance.
Puisse le Tout Puissant vous couvre de sa Miséricorde et vous accorde longue vie.
Cher Maître,
La spontanéité avec laquelle vous avez accepté de diriger ce travail malgré vos multiples
occupations, nous a beaucoup marqué. Votre probité, votre simplicité, votre immense savoir et
surtout vos multiples distinctions scientifiques font de vous une fierté légendaire dans l’art
médical. Ce travail est le fruit de votre volonté de parfaire et surtout de votre savoir-faire.
Permettez-nous cher maitre de vous exprimer notre profonde reconnaissance. Puisse le Tout
Puissant vous bénisse.
SIGLES &
ABRÉVIATIONS
SIGLE ET ABREVIATIONS
% : pourcentage
ADN : Acide désoxyribonucléique
AVC : Accident vasculaire cérébral
AVP : Accident de voie publique
AS : Hétérozygote porteur sain
CRLD : Centre de recherché et de lutte contre la drépanocytose
CVO : Crise vaso occlusive
DTC : Doppler trans crânien
DTC P : Doppler trans crânien pathologique
FMOS : Faculté de médecine et d’odontostomatologie
GB : Globule Blanc
G6PD : Déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase
Hb : Hémoglobine
Hb A : Hémoglobine normale A
Hb A1 : Hémoglobine A1
Hb A2 : Hémoglobine A2
Hb C : Hémoglobine C
Hb S : Hémoglobine S
HTA : Hypertension artérielle
HU : Hydroxy urée
IDR : Indice de distribution des globules rouges
IRM : Imagerie par résonance magnétique
NO : Monoxyde d’azote
ONA : Ostéonécrose aigue
PCR : Réaction en chaine de la polymérase
PIC : Priapisme intermittent chronique
PTF : Partenaires techniques et financiers
S β+ : S beta plus thalassémie
S β0 : S beta zéro thalassémie
SC : Drépanocytaire hétérozygote composite
SPO2 : Saturation en oxygène
SS : Homozygote drépanocytaire malade
STA : Syndrome thoracique aigu
TLR4 : Toll Like Receptor 4
TABLES DES
ILLUSTRATIONS
INTRODUCTION .................................................................................................................... 1
OBJECTIFS .............................................................................................................................. 4
1 GENERALITES ................................................................................................................ 6
1.1 Définition ..................................................................................................................... 6
1.2 Historique .................................................................................................................... 6
1.3 Génétique ..................................................................................................................... 8
1.4 Épidémiologie .............................................................................................................. 8
1.5 Physiopathologie ......................................................................................................... 9
1.6 Clinique ..................................................................................................................... 12
1.7 Diagnostic biologique ................................................................................................ 18
1.8 Traitement .................................................................................................................. 20
2 METHODOLOGIE ........................................................................................................ 23
2.1 Cadre d’étude ............................................................................................................. 23
2.2 Type d’etude .............................................................................................................. 23
2.3 Periode d’etude .......................................................................................................... 23
2.4 Population d’etude ..................................................................................................... 23
2.5 Échantillonnage ......................................................................................................... 24
2.6 Critères d’inclusion.................................................................................................... 24
2.7 Critères de non inclusion ........................................................................................... 24
2.8 Recueil traitement et analyse des données ................................................................ 24
2.9 Variables étudiées ...................................................................................................... 24
2.10 Considération éthique ................................................................................................ 25
2.11 Définitions opérationnelles ........................................................................................ 25
3 RESULTATS ................................................................................................................... 27
3.1 Résultats globaux. ...................................................................................................... 27
3.2 Données sociodémographiques : ............................................................................... 27
3.3 Données cliniques ...................................................................................................... 28
3.4 Données biologiques.................................................................................................. 32
3.5 Données de suivi ........................................................................................................ 33
3.6 Donnée du décès ........................................................................................................ 34
3.7 Etude analytique: ....................................................................................................... 35
CONCLUSION ...................................................................................................................... 44
RECOMMANDATIONS ...................................................................................................... 46
ANNEXES ............................................................................................................................... 52
Résumé ................................................................................................................................ 53
Summary ............................................................................................................................... 54
Serment d’Hippocrate ........................................................................................................... 58
INTRODUCTION
INTRODUCTION
Chaque année, on estime que 300 000 enfants naissent avec la maladie, dont les deux tiers en
Afrique subsaharienne. Il s’agit de la première maladie génétique au monde et de la quatrième
pandémie en Afrique. Alors que les symptômes particulièrement handicapants et douloureux
peuvent être atténués par une prise en charge précoce, la drépanocytose demeure une cause
majeure de souffrance et de mortalité infantile [2].
Au cours des 30 dernières années, la mortalité pédiatrique chez les enfants atteints de
syndromes drépanocytaires majeurs (SDM) a fortement diminué dans les pays à hauts revenus,
passant de 1,1 à 0,13/ 100 patient-années entre 1980 et 2010 selon différentes études de cohortes
[3]. Elle reste encore très élevée dans les pays à ressources limitées. Les données issues d’une
méta analyse portant sur plus de 15 publications montre que la mortalité globale était estimée
à 0,64 pour 100 ans d’observation d’enfants avec un taux plus élevé en Afrique qui est de 7,3%
[4].
drépanocytaires sont inscrits dans un programme de suivi ; parmi eux des enfants. D’après une
OBJECTIFS
OBJECTIFS
1- Objectif général
Étudier les circonstances de décès des enfants drépanocytaires de 0 à 15 ans suivi au Centre de
Recherche et de Lutte contre la Drépanocytose.
2- Objectifs spécifiques
Décrire les caractéristiques socio démographiques, cliniques et biologiques des
enfants drépanocytaires de 0 à 15 ans décédés au CRLD.
Formuler des suggestions en vue d’améliorer la prise en charge des enfants au Centre
de Recherche et de Lutte contre la Drépanocytose.
GÉNÉRALITÉS
1 GENERALITES
1.1 Définition
La drépanocytose est une maladie génétique qui se caractérise par la présence dans les globules
rouges de l’hémoglobine S (Hb S), une forme anormale de la protéine servant au transport de
l’oxygène. Les personnes qui héritent d’un gène drépanocytaire de leurs deux parents sont des
« homozygotes » et développent la maladie, alors que celles qui n’héritent d’un tel gène que
d’un seul parent sont porteuses du trait drépanocytaire et sont asymptomatiques, mais peuvent
transmettre la maladie à leurs enfants [6].
1.2 Historique
La première description moderne de la drépanocytose remonte peut-être à 1846 avec la
publication aux États-Unis de l’autopsie d’un esclave fugitif dépourvu de rate.
Des cas d’esclaves montrant une résistance au paludisme et ayant tendance aux ulcères de la
jambe ont également été décrits.
Les caractéristiques anormales des globules rouges ont été décrites pour la première fois en
1910 par Ernest Irons et James Herrick à partir du cas de Walter Clément Noel, un étudiant en
odontologie d’une vingtaine d’années originaire de la Grenade, dans les Antilles : ce patient
était traité à Chicago pour une anémie depuis 1904, puis pour des « rhumatismes musculaires »
et des « attaques biliaires », avant de mourir d’une pneumonie à Saint-Georges en 1916.
L’observation d’un frottis sanguin montra des globules rouges de forme inhabituelle en faucille,
c’est-à-dire « falciforme » ou en feuille d’acanthe, résultat publié en novembre 1910. Quelques
mois après cette publication, un autre article intitulé exactement de la même manière —
Peculiar elongated and sickle-shaped red blood corpuscles in a case of severe anemia décrivit
le cas d’un patient admis à l’hôpital de l’université de Virginie le 15 novembre 1910 ; la
publication qu’en fit Verne Mason.
En 1917, Victor E. Emmel parvint à reproduire la falciformation in vitro chez certains sujets
cliniquement sains, et conclut à l’existence de deux formes de la maladie.
Par la suite, des études familiales envisagèrent l’hypothèse d’une transmission héréditaire
autosomique récessive avec des formes manifestes et des formes latentes ou silencieuses.
Les facteurs de falciformation furent précisés, dont la pression partielle d’oxygène, ainsi que la
durée de vie plus courte des globules rouges falciformes.
En 1922 employait pour la première fois le terme « anémie falciforme » pour définir cette
maladie.
C’est en 1933 que furent ainsi décrits la drépanocytose d’une part, et le trait drépanocytaire
d’autre part, grâce aux travaux de Lemuel Diggs.
Il fallut attendre 1949 pour que James Neel établisse les propriétés génétiques de la maladie et
l’existence d’une forme homozygote héritée de parents hétérozygotes.
C’est également en 1949 que les Américains Linus Pauling et Harvey Itano et al. Décrivirent la
solubilité anormale de l’hémoglobine S et attribuèrent ces anomalies à la molécule
d’hémoglobine elle-même, la discrimination entre hémoglobine S et hémoglobine A étant
réalisée par électrophorèse des protéines ; ce fut la première description de la base moléculaire
d’une maladie génétique.
La compréhension des liens entre paludisme et drépanocytose s’affina entre la fin des années
1940 et le début des années 1950, tandis que la nature précise de l’altération moléculaire
conduisant à l’hémoglobine S — mutation d’un acide aminé sur la chaîne β de l’hémoglobine
— fut précisée par le Britannique Vernon Ingram.
En 1978, Tom Maniatis isola le gène HBB de la chaîne bêta de l’hémoglobine sur le
chromosome 11.
En 1980, Yuet Wai Kan met au point un test génétique prénatal de la drépanocytose.
1.3 Génétique
La drépanocytose est une maladie génétique transmise selon le mode mendélien récessif
autosomique. Les sujets hétérozygotes AS sont dits porteurs sains du trait drépanocytaire. Les
homozygotes SS sont atteints par la maladie drépanocytaire. D’autres anomalies du gène β-
globine, en particulier l’hémoglobine C ou la β-thalassémie, peuvent s’associer au gène βS chez
un même sujet pour donner une hétérozygotie composite SC ou Sβ-thalassémique. Ces derniers
sont également atteints par la maladie drépanocytaire. La drépanocytose homozygote SS et les
hétérozygoties composites SC et Sβ thalassémiques sont regroupées sous le terme global de
syndromes drépanocytaires majeurs [8].
1.4 Épidémiologie
La drépanocytose est certainement la maladie de l’hémoglobine la plus répandue dans le monde,
elle concerne plus de 120 millions d’individus qui sont porteurs d’une mutation drépanocytaire
[9].
Sa distribution géographique est particulière, se confondant avec les zones d’endémie palustre
ou ayant une histoire d’endémie palustre [10].
Les plus hautes fréquences de la maladie se rencontrent en Afrique, mais la drépanocytose est
une maladie qu’on rencontre actuellement sur plusieurs continents [11]. Schématiquement on
distingue des foyers originels représentés par l’Afrique, le sous-continent indien et le Yémen
(moyen orient) et des foyers secondaires apparus du fait des courants de migration des
populations. Ces foyers sont l’Europe, l’Amérique, la méditerranée. En ce qui concerne
l’Afrique, les plus hautes fréquences s’observent dans une zone comprise entre le 15ème
parallèle Nord et le 20ème parallèle Sud baptisé « ceinture sicklenique de LEHMAN » où 30 à
40 % des sujets sont porteurs du gène d’hémoglobine S dans certaines ethnies, 05 à 20 % en
Afrique du nord et en Afrique de l’ouest ; 09 % des noirs américains [11].
Au Mali la prévalence moyenne de la drépanocytose évaluée vers les années 1980 est d’environ
12 % [12,13] ; cette prévalence est variable d’une ethnie à l’autre et d’une région à l’autre. La
dernière revue générale faite en 2002 rapporte que 1 à 3% d’enfants naissent avec la forme
grave SS [12]. Une enquête de sondage conduite en 2005 fait état d’environ 500 naissances
drépanocytaires majeurs à Bamako par an (étude non publiée).
1.5 Physiopathologie
La drépanocytose (anémie falciforme) est une hémoglobinopathie autosomique récessive. C’est
la maladie génétique la plus fréquente dans le monde avec environ 300 000 naissances par an,
dont les deux tiers surviennent en Afrique [15]. Elle est causée par une mutation ponctuelle
survenant sur le gène β –globine à l’origine de la production d’une hémoglobine (Hb) anormale,
l’hémoglobine S(HbS).La forme la plus fréquente et sévère associe la mutation HbS à l’état
homozygote, mais il existe d’autres formes de drépanocytose (hétérozygotie composite),
associant l’HbS à une autre Hb mutée (HbC, D-Punjab, O-Arab par exemple) ou produite en
quantité insuffisante (mutation β-thalassémique). En condition désoxygénée, l’HbS polymérise,
ce qui conduit à la falciformation des globules [Link] globules rouges falciformés sont
fragiles et rigides, ce qui explique d’une part l’anémie hémolytique chronique des patients et
d’autre part la survenue de crises vaso-occlusives douloureuses.
1.5.1 Vaso-occlusion :
Les complications vaso-occlusives (crises vaso-occlusives douloureuses, ostéonécrose, etc.)
étaient classiquement considérées comme la conséquence directe de la perte de déformabilité
des globules rouges à l’origine d’un blocage dans la microcirculation et d’une ischémie d’aval.
Ce modèle physiopathologique simple ne rendait cependant pas compte de la grande variabilité
clinique de la maladie, ce d’autant que le délai à la polymérisation de la désoxy HbS est
théoriquement supérieur au temps de transit des globules rouges dans la microcirculation. Il a
été montré que ce temps de transit était en réalité allongé en raison d’une adhérence accrue de
plusieurs populations de cellules circulantes (neutrophiles, monocytes, plaquettes, globules
rouges denses, réticulocytes) à l’endothélium. Ces phénomènes d’adhérence vasculaire accrue
sont responsables d’un ralentissement circulatoire, favorisant la falciformation dans ces zones
vasculaires au diamètre réduit. Ces phénomènes d’adhérence vasculaire accrue sont en partie
liés au contexte pro-inflammatoire et pro-oxydant exacerbé dans la drépanocytose [16,17].
Il a également été montré que les patients avec un hématocrite, un taux d’Hb et une viscosité
sanguine élevés étaient plus enclins à développer des crises vaso-occlusives fréquentes [18]. En
effet, la diminution de la réserve vasomotrice liée à la diminution de la biodisponibilité en
Le traitement par hydroxycarbamide (HC) augmente la proportion d’Hb fœtale (HbF) dans les
globules rouges drépanocytaires, réduisant ainsi la proportion d’HbS et sa polymérisation, ainsi
que la tendance à la falciformation érythrocytaire. De plus, l’HC agit comme un donneur de
monoxyde d’azote, améliorant ainsi la fonction vasculaire [20].
Le monoxyde d’azote provenant de l’HC semble également améliorer la rhéologie des globules
rouges, et notamment leur déformabilité [21]. Enfin, l’HC limite les phénomènes d’adhérence
vasculaire [20]. Pour ces raisons, l’HC réduit la survenue des événements vaso-occlusifs (crises
vaso-occlusives et syndrome thoracique aigus) et améliore l’anémie des patients [20,22].
En revanche, les patients les moins anémiés et marqués par une viscosité sanguine plus
importante développeraient plus fréquemment des complications vaso-occlusives telles que les
crises vaso-occlusives douloureuses, le syndrome thoracique aigu et l’ostéonécrose.
1.6 Clinique
1.6.1 Expression Clinique :
De 0 à- 3 mois : l’expression clinique est tout à fait asymptomatique du fait de l’effet protecteur
du taux élevé de l’hémoglobine fœtale qui inhibe la polymérisation de l’oxyhémoglobine S dans
le globule rouge. C’est la période où le diagnostic doit être fait en vue d’une meilleure prise en
charge, avant l’apparition des complications [30].
De 5 ans à l’adolescence : C’est une période qui est marquée par les crises vaso-occlusives
douloureuses. La douleur prédomine au niveau des os. Ces complications sont redoutables car
elles mettent en jeu le pronostic vital, et sont récidivantes. C’est à cette période que doit
s’effectuer le dépistage actif des complications [30].
1.6.2 Complications:
[Link] Complications aiguës:
Syndrome anémique :
L’anémie est constante et apparait souvent vers l’âge de trois mois. Elle peut s’exprimer par
une pâleur cutanéomuqueuse d’importance variable, une asthénie importante et assez
fréquemment inaugurale, une dyspnée d’effort voire de repos, des vertiges, des palpitations, des
crises d’angor. Dans la drépanocytose homozygote SS, le taux moyen d’hémoglobine est aux
alentours de 8g /dl. L’hémoglobine S ayant une affinité diminuée pour l’oxygène, l’adaptation
fonctionnelle est satisfaisante dans la majorité des cas. Cependant, l’anémie chez l’enfant peut
s’aggraver dans les circonstances suivantes :
Les crises de séquestration splénique sont bien particulières aux enfants. Elle est caractérisée
par une anémie aiguë mal tolérée, une splénomégalie douloureuse, des ballonnements
abdominaux. C’est une complication aiguë qu’il faut savoir faire rechercher par les parents de
l’enfant drépanocytaire, en lui apprenant à palper l’abdomen à la recherche de cette énorme
splénomégalie.
Enfin, les crises d’érythroblastopénie peuvent survenir dans la drépanocytose comme au cours
de toute anémie hémolytique chronique congénitale ou acquise.
Syndrome infectieux :
La gravité des infections chez les malades drépanocytaires est liée à leur risque vital et à la
possibilité de déclenchement de crises de falciformation et de complications. Cette sensibilité
à l’infection est d’origine multifactorielle : asplénie, anomalies du complément, anomalie de la
réponse du polynucléaire neutrophile aux cytokines. Les infections les plus graves sont les
bactériémies, les méningites, les ostéomyélites, les pneumopathies. Le pneumocoque et les
salmonelles sont les bactéries les plus fréquentes, mais la prévention et l’hygiène ont modifié
leur épidémiologie. Parmi les infections virales, le parvovirus B19 donne une
érythroblastopénie aiguë en règle bien tolérée. La grippe peut provoquer des crises et des
complications respiratoires justifiant la prévention vaccinale [31].
Priapisme :
Il est une complication de la drépanocytose et est défini comme une érection prolongée
douloureuse et irréductible survenant en dehors de toute stimulation sexuelle et n’aboutissant à
aucune éjaculation [34]. Il se manifeste sous 2 formes distinctes :
La forme aiguë, la plus connue, réalise une érection douloureuse, spontanément de longue
durée, pouvant aboutir à l’impuissance.
Complications cardiaques :
Les manifestations cardiaques de la drépanocytose apparaissent souvent dès l’enfance. Des
souffles systoliques éjectionnels ou d’insuffisance mitrale fonctionnelle, une hyperpulsatilité
o Atteinte du tube digestif : La survenue d’un iléus paralytique lors d’une CVO de
l’intestin grêle est vraisemblablement la conséquence d’une ischémie et/ou de lésions
de reperfusion. Les infarctus sont rares en raison de la richesse de la vascularisation du
grêle.
Complications rénales :
L’atteinte rénale n’est pas rare. Elle concerne des anomalies structurales et fonctionnelles. La
présence d’une protéinurie et même d’un syndrome néphrotique n’est pas rare. Les facteurs
prédictifs de l’insuffisance rénale sont : la sévérité de l’anémie, l’hypertension, la protéinurie,
le syndrome néphrotique et les hématuries microscopiques. Les infarctus rénaux sont fréquents
bien que quasi asymptomatiques. La zone médullaire rénale est particulièrement exposée du
fait des conditions locales prédisposant à la falciformation : hypoxie, hyper osmolarité,
diminution du pH, stase circulatoire [30].
Complications cutanées :
Les ulcères de jambe surviennent à la face interne du tibia, et sont extrêmement douloureux et
de cicatrisation difficile [37].
Figure 4 : Ulcères de jambe (Pr Diallo D. Formation sur la Drépanocytose Mopti (2008).
L’attitude thérapeutique repose sur la mise en décharge avec des cannes béquilles pendant toute
la période douloureuse et tant que la hanche est raide. Par la suite, la remise de la douleur doit
inciter à la modération. Il ne semble pas possible de proposer des décharges avec l’idée
Le test de diagnostic rapide de la drépanocytose (ex : Sickle Scan) est basé sur une méthode
immunologique permettant d’identifier la présence d’hémoglobine A, S, et C
Dans la forme homozygote SS seules sont présentes : l’hémoglobine S majoritaire (75 – 95%)
; l’hémoglobine A 2 sensiblement normale (2 – 4%) ; l’hémoglobine fœtale ou hémoglobine F
de taux variable (0 – 20%).
1.8 Traitement
La prévention et les mesures symptomatiques
L’hydroxy urée
L’hydroxy urée est susceptible d’augmenter le taux d’HbF dans le globule rouge drépanocytaire
et d’exercer ainsi un rôle protecteur contre les effets pathologiques de l’HbS. Des essais
conduits chez les adultes et les enfants ont montré l’efficacité de ce traitement dans la
prévention des CVO, des syndromes thoraciques aigus et du priapisme. L’efficacité est moins
bien établie pour les autres complications, notamment à l’égard des AVC. Des inconnues
demeurent sur les inconvénients à long terme de cette chimiothérapie, en particulier, sur la
fertilité ultérieure des garçons et sur les risques inconnus de leucémogenèse ou de
cancérogenèse [41 ,42].
METHODOLOGIE
2 METHODOLOGIE
Le CRLD est situé dans le quartier du Point-G, en commune III du district de Bamako. C’est le
premier centre de référence en matière de prise en charge de la drépanocytose au Mali. Il a été
créé en 2008 grâce à une volonté politique appuyée par des partenaires techniques et financiers
(PTF) dont la coopération internationale de Monaco et la Fondation Pierre Fabre.
Inauguré le 21 janvier 2010, le CRLD a commencé ses activités le 15 mars 2010 avec comme
objectif principal : améliorer la qualité et l’espérance de vie des drépanocytaires. Il compte
actuellement douze (12) médecins dont trois (04) hématologistes, deux (02) pédiatres et un
biostaticien, cinq (05) pharmaciens, dont deux (02) biologistes et un (01) épidémiologiste,
trente (30) techniciens de santé, un psychologue, une assistante sociale et du personnel
administratif.
2.5 Échantillonnage
Il s’agit d’un échantillonnage exhaustif non probabiliste.
o Les données ont été ensuite saisies sur la base de données à partir du logiciel REDCap
version 10.3.3. Cette saisie a été faite sous la supervision du data manager qui assure la
gestion de la qualité des données.
Données cliniques
Âge au diagnostic, circonstances de découverte de la drépanocytose, le nombre moyen de crise
par an, le nombre moyen d’hospitalisation par an, les complications aigues et chroniques, la
saturation moyenne en oxygène, le nombre de transfusion et motifs de transfusion.
Données biologiques
Phénotype hémoglobinique, taux d’Hb moyen, nombre moyen de GB, nombre moyen de
plaquettes, IDR moyenne.
Données de suivi
Suivi régulier ou irrégulier, nombre d’années de suivi, perdue de vue.
Les patients ne seront pas identifiés dans les publications scientifiques et/ou dans les
présentations liées à cette étude.
RÉSULTATS
3 RESULTATS
MASCULIN
30 (45,15%)
FEMININ
35 (53,85%)
b. Age
35 50,77%
30
40%
25
20
15
10
9,23%
5
0
≤1 an ]1-5ans] > 5ans
Dans notre étude, l’âge moyen au diagnostic était de 5,11 pour un extrême allant de 0 à 14 ans.
b. Circonstances de découverte
Tableau IV : Répartition des cas selon les circonstances de découverte.
Les complications aigues ont été les principales circonstances de découverte (93,85%).
c. État vaccinal
Tableau V : Répartition selon l’état vaccinal (vaccin spécifique).
d. Paramètres cliniques
Tableau VI : Répartition des cas en fonction des paramètres cliniques.
Dans notre étude, l’age moyen de survenu des premiers signes était de 2.32 ± 2,48 ans. La
moyenne du nombre de CVO par an était estimée à 3,26 ± 1,67 pour un minimal et un maximal
qui était respectivement à 1 et 6 CVO par an.
Dans notre étude 46,15% des patients faisaient plus de trois (3) crises par an.
f. Antecédent d’hospitalisation
Tableau VIII : Répartition des cas selon le nombre d’hospitalisation par an.
Soixant quatre virgule soixant deux pourcent(64,62%) des patients avait au plus deux (2)
hospitalisation par an.
g. Complications aigues
Tableau IX : Répartition des cas selon les types de complication aigue.
La crise vaso occlusive (CVO) était la complication aigue la plus courante soit 98,46% de notre
population.
h. Complications chroniques
Tableau X: Répartition des cas selon les types de complication chronique.
i. Antécédents de transfusion
Tableau XI : Répartition des cas selon les antécédents de transfusion.
j. Motif de transfusion
Tableau XII : Répartition des cas selon le dernier motif de transfusion.
60
80%
50
40
30
20
10 9,23% 9,23%
1,54%
0
SS Sβ0 SC Sβ+
b. Paramètres de l’hémogramme
Tableau XIII : Répartition des cas en fonction des paramètres de l’hémogramme.
Dans notre étude, la moyenne du taux d’hémoglobine était 7,9 g/dl avec un taux moyen d’IDR
de 19,74%.
Dans notre étude, 93,85% des cas avaient un taux moyen de GB inférieur ou égale à 20.103.
b. Perdu de vue
Tableau XVII: Répartition des cas selon les perdus de vue.
b. Circonstance de décès
Tableau XX : Répartition des cas selon les circonstances du décès.
Dans la totalité de notre population 35,38% des cas étaient décédés dans un contexte de CVO ;
suivi de l’anémie (32,31%), des causes non connues (26,16%), du STA (20%), de l’infection
(7,69%) et enfin de l’AVC (3,08%).
Il n’y avait pas de relation statistiquement significative entre les complications aigues
et la tranche d’âge.
Dans notre étude il n’y avait pas de relation statistiquement significative entre les circonstances
de décès et l’âge.
Circonstances de
décès/phénotypes Sβ+ Sβ° SC SS P-value
hémoglobinique
CVO sévère 0 (0) 3 (13,04) 2 (8,7) 18 (78,26) 0,769
Anémie aigue 0 (0) 0 (0) 3 (14,29) 18 (85,71) 0,228
STA 0 (0) 0 (0) 0 (0) 13 (100) 0,255
Infection sévère 0 (0) 1 (20) 1 (20) 3 (60) 0,634
AVC 0 (0) 0 (0) 0 (0) 2 (100) 0,915
Autre 1 (4,35) 3 (13,04) 2 (8,7) 17 (73,91) 0,464
Dans notre étude il n’y avait pas de relation statistiquement significative entre les circonstances
de décès et le phénotype de l’hémoglobine.
Il n’y avait aucune relation statistiquement significative entre les causes de décès et le taux
moyen d’hémoglobine.
Il n’y avait pas de relation statistiquement significative entre les circonstances de décès et la
nature du suivi.
Nous ne remarquons aucune relation statistiquement significative entre la prise d’hydroxy urée
et les circonstances de décès
COMMENTAIRES ET
DISCUSSION
4. COMMENTAIRES ET DISCUSSION
Dans le but d’étudier les circonstances de décès des enfants drépanocytaires de 0 à 15 ans suivi
au Centre de Recherche et de Lutte contre la Drépanocytose, nous avons réalisé une étude
transversale avec recueil rétrospectif des données. Elle a concerné 65 décès qui répondaient
correctement à nos critères.
1- Limite :
Le recueil des données n'a pas été exhaustif du fait des informations manquantes dans certains
dossiers cliniques, et ce au regard du caractère rétrospectif de notre étude.
Les causes des décès étaient présomptives car il n’y avait pas de précision concernant les
circonstances de décès dans la plupart des dossiers ni d'autopsie post-mortem.
Aussi dans une population de quatre-vingt-quatorze (94) enfants de 0 à 15ans décédés, nous
avons retrouvé 86 dossiers parmi lesquels 65 répondaient à nos critères d’inclusions. Les 11
dossiers restants appartenaient aux patients qui était reçu au CRLD dans un contexte de
complication ayant conduit au décès.
2- Données sociodémographiques :
Nous avons remarqué une légère prédominance du sexe féminin sur le sexe masculin avec 53,85
% contre 45,15% soit un sex-ratio de 0,86. Cette prédominance est aussi retrouvée dans l’étude
de Chetcha Chemegni B et al qui ont trouvé en 2018 un sex-ratio de 0,96 [44]. Par contre ce
résultat diffère de celui de Thomas C et ses collaborateurs chez qui la population d’étude était
dominée par le sexe masculin [45]. Ces différents résultats s’expliquent par le fait que la
drépanocytose est une maladie génétique à transmission récessive non liée au sexe.
En ce qui concerne la tranche d’âge, les enfants de 0 à 5 ans représentaient 60% de la population
de notre étude. Ceci concorde avec le résultat de J Koko et al qui ont retrouvé 60,9% patients
de moins de 5 ans dans leur étude [46]. Aussi dans notre série, l’âge médian au décès était de 8
ans ; la moyenne était de 8,69±3,87 ans pour un minimum de 2 ans et un maximum de 15 ans.
Ces résultats sont supérieurs à ceux retrouvé par Desselas, E en 2018 en France métropolitaine
chez qui l’âge médian au décès était de 3 ans et 7 mois et la moyenne de 5 ans et 5 mois [3].
Cette différence pourrait s’expliquer d’une part par, le retard au diagnostic et d’autre part par
la présence d’une population de drépanocytaire double hétérozygote SC ayant une espérance
de vie plus élevé que les sujets homozygotes.
Plus de la moitié de nos patients vivait à Bamako. La proximité du CRLD et sa facilité d’accès
pour les patients vivant à Bamako pourrait expliquer cet état de fait.
Nous avons observé un taux élevé soit 80% d'enfants décédés issus de parents non scolarisé.
Ceci pourrait s’expliquer par le taux net de scolarisation qui est encore bas dans la population
malienne, mais aussi par le fait que les parents instruits prennent la précaution de faire des
examens prénuptiaux, dont l'électrophorèse de l'hémoglobine avant de s’unir ou encore une fois
qu’ils ont un enfant drépanocytaire ils sont conscients de la maladie et assurent une prise en
charge correcte des enfants.
Pour ce qui est des circonstances de découverte, elles étaient dominées par les manifestations
cliniques en particulier devant une complication aigue. Ces manifestations sont connues comme
étant les principales circonstances de découverte de la drépanocytose en Afrique. La découverte
de la maladie a été faite suite à une complication chronique chez un seul patient.
Les Crises Vaso-Occlusives (CVO) ont été les principales complications aigues retrouvés chez
98,46% des enfants décédés. Leur moyenne était de 3,26±1,67 avec des extrêmes allant de 1 à
6 CVO par an. Aussi 46,15% de nos patients avaient plus de 3 CVO par an. Ce résultat est
supérieur à celui de Ba O qui dans son étude en 2016 avait trouvé au moins 3 CVO par an chez
38% de ses patients [47]. Ces crises survenaient dans 50% des cas dans la tranche d’âge de
]1-5ans]. Les autres complications aigues étaient constituées d’infection (66%), d’anémie
(46%) et de Syndrome Thoracique Aigue (31%). Ces résultats sont proches de ceux décrits dans
la littérature.
Les complications chroniques étaient présentes chez 10,77% de nos patients, et étaient à type
d’ONA dans plus de la moitié des cas.
Dans notre série, 80% des patients étaient de phénotype SS. Cette représentation massive de ce
phénotype est aussi retrouvée dans les études de Latoundji S et al. et de Leikin S. L et al.
[14,48]. Ce constat pourrait s’expliquer par le fait l’homozygotie SS est la forme de
drépanocytose la plus fréquente dans notre pays.
Concernant l’hémogramme, le taux d’hémoglobine moyen a été de 7,9g/dl avec une minimale
à 5g/dl et une maximale à 11,2g/dl. Cette moyenne a été observée dans des séries africaines
comme dans le cas de l’étude d’Elie A et al. [49].
Le taux moyen de globules blancs a été de 13,98 avec des extrêmes de 5,3 et 65,8 /mm. Une
hyperleucocytose à prédominance polynucléaire neutrophile a été souvent décrite chez des
patients homozygotes et constitue parfois un facteur de gravité de la maladie.
Le taux de plaquettes moyen quant à lui a été de 434,52 avec des extrêmes de 32 et 844.
Aussi ces décès sont survenus dans un contexte de CVO chez 35,38% suivi de l’aggravation de
l’anémie chez 32,21%, du STA chez 20%, du syndrome infectieux chez 7,69% et de l’AVC
chez 3,08% de nos patients. Dans 26,16% des cas, les circonstances de décès sont restées
inconnus. Ces résultats diffèrent de ceux décris par Desselas E chez qui les causes infectieuses
étaient retrouvées en premier lieu [3]. Au Bénin dans l’étude de Latoundji S, l’anémie était
retrouvée comme cause première des décès [14]. Cette différence entre nos résultats peut
s’expliquer par la diversité de l’expression clinique chez les drépanocytaires. Ce pendant
l’ensemble de ces résultats reste parmi les principales circonstances de décès chez les enfants
drépanocytaires en général.
5- Données analytiques :
Il n’y avait pas de relation statistiquement significative entre les circonstances de décès et les
paramètres étudiés. Ce résultat pourrait s’expliquer par le fait que malgré les mesures de
prévention, la maladie reste associée à une mortalité importante. Une étude de suivi de cohorte
permettra de mieux comprendre les facteurs associés à la mortalité dans cette tranche d’âge.
CONCLUSION
CONCLUSION :
L’étude de la mortalité des enfants drépanocytaires au CRLD montre que le décès était survenu
plus chez les enfants de moins de cinq ans de sexe féminin, irrégulièrement suivi ayant des
antécédents de complications aigues ou chroniques. Le décès survenait dans la majorité des cas
à domicile dans un contexte de crise vaso occlusive, d’aggravation de l’anémie et/ou de
syndrome thoracique aigue. Nous n’avons néanmoins pas trouvé de relation statistiquement
significative entre les circonstances de décès et les paramètres étudiés.
RECOMMANDATIONS
RECOMMANDATIONS :
Au terme de notre étude nous formulons les recommandations suivantes :
- Projeter la création d’autres centres et/ou unités de prise en charge de la maladie dans
les autres régions du Mali
Au CRLD :
- Veiller à informatiser les données cliniques biologiques et radiologiques de tous les
patients.
- Organiser les séances d’éducation des parents d’enfants drépanocytaires sur les risques
liés à la maladie.
- Sensibiliser les parents sur l’importance des consultations de suivi chez les enfants
drépanocytaires.
A la population :
- Faire dépister les enfants dès le bas âge.
- Faire suivre régulièrement les enfants drépanocytaires dans des structures de santé
spécialisées.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Drepanocytose-en-Afrique-senegal
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ANNEXES
ANNEXE
FICHE SIGNALETIQUE
Nom : SAIZONOU
Prénom : YABO GLORIA
E-mail : saizonougloria@[Link]
Nationalité : Béninoise
Année universitaire : 2022-2023
Titre de la thèse : Etude des facteurs associés à la mortalité pédiatrique de la drépanocytose au
centre de recherche et de lutte contre la drépanocytose (CRLD)
Ville de soutenance : Bamako
Section : Médecine
Lieu de dépôt : Bibliothèque de la faculté de médecine, de pharmacie et d’odonto-stomatologie
du Mali.
Secteur d’intérêt : médecine, hématologie, santé publique et pédiatrie.
Résumé :
L’objectif de notre travail était d’étudier les circonstances de décès des enfants drépanocytaires
de 0 à 15 ans suivi au Centre de Recherche et de Lutte contre la Drépanocytose (CRLD).
Il s’agissait d’une étude transversale analytique avec recueil rétrospectif des données sur une
période de 12 ans.
Au cours de cette période, 65 dossiers d’enfants décédés répondaient à nos critères d’inclusions.
La tranche d’âge de 1 à 5 ans était la plus représentée avec une légère prédominance du sexe
féminin (une sex-ratio de 0,86). L’âge moyen au décès était de 8,69±3,87 ans avec des extrêmes
allant de 2 ans à 15 ans. La majorité de nos patients venait de Bamako. L’âge moyen au
diagnostic était de 5,11±3,14 ans. Le phénotype SS était majoritaire à 80%, suivi des
phénotypes SC et Sβ0 à 9,23% chacun et du phénotype Sβ+ à 1,54% .Le suivi était régulier chez
43,08% des patients. La durée de suivi moyen était de 3,71 ± 2,55 ans. Les décès sont survenus
dans un contexte de CVO chez 35,38% suivi de l’aggravation de l’anémie chez 32,21%, du
STA chez 20%, du syndrome infectieux chez 7,69% et de l’AVC chez 3,08% de nos patients.
Dans 26,16% des cas, les circonstances de décès sont restées inconnus. Ces décès sont arrivés
à domicile chez 66,15% des patients. Nous n’avons pas trouvé de relation statistiquement
significative entre les circonstances de décès et les paramètres étudiés.
Les circonstances de décès des enfants drépanocytaires restent les mêmes quel que soit le
contexte sans corrélation statistiquement significative. Une étude prospective permettra de
mieux édifier sur ces faits.
Summary:
Sickle cell disease is the most common genetic disease of’hemoglobin in the world. Despite the
progress made in the care of sickle cell patients, mortality remains high in Sub-Saharan Africa
where newborn screening is not yet systematic and where care is not sufficiently organized.
The’ objective of our work was to study the circumstances of death of sickle cell children from
0 to 15 years followed at the Centre for Research and Fight against Sickle cell disease (CRLD).
This’ was an analytical cross-sectional study with retrospective data collection over a period of
12 years.
During this period, 65 files of deceased children met our inclusion criteria. The age group of 1
to 5 years was the most represented with a slight predominance of the female sex (a sex ratio
of 0.86). The average age at death was 8.69±3.87 years with extremes ranging from 2 years to
15 years. The majority of our patients came from Bamako. The average age at diagnosis was
5.11±3.14 years. The SS phenotype was the majority at 80%, followed by the SC and Sβ 0
phenotypes at 9.23% each and the Sβ+ phenotype at 1.54%. Follow-up was regular in 43.08%
of patients. The average follow-up duration was 3.71 ± 2.55 years. Deaths occurred in a context
of vaso occlusive crisis in 35.38% followed by worsening anemia in 32.21%, acute chest
syndrome in 20%, infectious syndrome in 7.69% and stroke in 3 .08% of our patients. In 26.16%
of cases, the circumstances of death remained unknown. These deaths occurred at home in
66.15% of patients. We did not find a statistically significant relationship between the
circumstances of death and the parameters studied.
The circumstances of death of children with sickle cell disease remain the same whatever the
context without any statistically significant correlation. A prospective study will provide better
insight into these facts.
Key words: sickle cell disease – death circumstance – infant and child mortality – CRLD.
F ICHE D'ENQUETE
DONNES DEMOGRAPHIQUE
1. N° CRLD
2. N° d'inclusion à l'étude
3. Age à l’inclusion au CRLD
4. Genre
o Masculin
o Féminin
5. Résidence
o Bamako
o Hors de Bamako
DONNEES CLINIQUES
7. Âges du diagnostic au CRLD
8. Circonstance de découverte de la maladie
o Fortuite
o Devant les signes cliniques
Si oui à préciser…………………………………….
o Devant des complications
Si oui à préciser…………………………………….
9. Age de survenue des premiers signes cliniques
10. Phénotype de l’hémoglobine
o SS
o SC
o Sβ° thal
o Sβ+ thal
o Régulier
o Irrégulier
19. Transfusion
o Oui
o Non
33. Indication
34. Durée
35. Programme transfusionnel
o Oui
o Non
DECEDE
36. Age du décès
37. Circonstance et/ou cause immédiate du décès
o Infection sévère
o Anémie aigue
o STA
o AVC
o CVO Sévère
o Autre à préciser….…………………
SERMENT D’HIPPOCRATE
En présence des Maîtres de cette faculté, de mes condisciples, devant
l'effigie d'Hippocrate, je promets et je jure, au nom de l'Être suprême,
d'être fidèle aux lois de l'honneur et de la probité dans l'exercice de la
médecine.
Admise à l'intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s'y
passe, ma langue taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne
servira pas à corrompre les mœurs, ni à favoriser le crime.
Je le jure!