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Corrigé

La Cour suprême du Sénégal a déclaré irrecevable le recours en annulation de M. X contre trois décrets relatifs à l'organisation d'un référendum constitutionnel, considérant que ces décrets sont des actes de gouvernement bénéficiant d'une immunité juridictionnelle. M. X contestait la légalité des décrets en invoquant des violations du code électoral et de la Constitution, mais la Cour a estimé qu'elle n'était pas compétente pour examiner ces questions. En conséquence, la Cour a écarté la requête sans se prononcer sur le fond des moyens invoqués.

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Corrigé

La Cour suprême du Sénégal a déclaré irrecevable le recours en annulation de M. X contre trois décrets relatifs à l'organisation d'un référendum constitutionnel, considérant que ces décrets sont des actes de gouvernement bénéficiant d'une immunité juridictionnelle. M. X contestait la légalité des décrets en invoquant des violations du code électoral et de la Constitution, mais la Cour a estimé qu'elle n'était pas compétente pour examiner ces questions. En conséquence, la Cour a écarté la requête sans se prononcer sur le fond des moyens invoqués.

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Cour Suprême, Arrêt n°19 du 17 mars 2016, Ousmane SONKO c/

Etat du Sénégal
La Cour suprême,
Après en avoir délibéré conformément à la loi ;
Considérant que le recours en annulation inscrit sous le numéro J/103/RG/16 est en état d’être jugé
au fond dès lors que les mémoires des parties et les pièces ont été produits ;
Qu’il y a lieu de joindre la procédure J/104/RG/16 relative à la demande de sursis à celle du fond
pour statuer sur le tout par un seul et même arrêt ;
Considérant que par décret n° 2016-261 du 18 février 2016, le Président de la République a fixé la
date du référendum au 20 mars 2016 et convoqué le corps électoral ; Que le 19 février 2016, il a pris
le décret n° 2016-262 portant organisation d'un référendum et signé le 29 février 2016 le décret n°
2016-306 portant publication du projet de loi portant révision de la Constitution ;
Sur le premier moyen tiré de la violation du code électoral en ce que, d’une part, la convocation du
corps électoral en pleine révision ordinaire constitue une rupture de l’égalité des citoyens devant la
loi et contrevient aux articles L 39 alinéas 4 et 5 et L 53 du code électoral, d’autre part, l’alinéa 2 de
l’article 2 du décret n° 2016-261 du 18 février 2016, qui prévoit que le vote des corps militaires et
paramilitaires se tiendra les 12 et 13 mars 2016 coïncidant avec les deux premiers jours de la
campagne référendaire, porte atteinte au droit des électeurs à une information équilibrée et
préalable au vote puisqu’aucun scrutin ne peut se tenir en période de campagne, enfin, le délai de
trente (30) jours courant entre le 18 février 2016, date de convocation des électeurs, et le 20 mars
2016, date du scrutin ainsi que le délai de huit jours imparti pour la campagne référendaire ne
respectent pas l’esprit général du code électoral en ses articles L 66, L 67, LO 178 et LO 122 ;
Que selon le requérant, ces violations confèrent au référendum un caractère déloyal et inéquitable à
l’égard des partis politiques et coalitions de partis d’autant plus que l’article 7 du décret n° 2016-262
du 19 février 2016 portant organisation d'un référendum fixe, de manière partisane et non conforme
aux dispositions de l’article L.67 du code électoral, la composition du bureau à un seul représentant
du camp du OUI et un seul représentant du camp du NON ; que cette limitation n’accorde aucune
garantie de transparence, de sincérité et de fiabilité du scrutin, laquelle ne peut être apportée que
par l’accréditation de deux ou trois représentants par camp en raison de l’insécurité que causerait
l’absence momentanée d’un seul représentant
;
Sur le second moyen tiré de la violation de la Constitution et la non-conformité à l’esprit général de
la Constitution et aux principes généraux du droit invoqués dans la décision du Conseil
constitutionnel n° 1/c/2016 du 12 février 2016 en ce que le Président de la République a outrepassé
ses prérogatives en édictant à l’article 7 du décret n° 2016-262 du 19 février 2016 portant
organisation du référendum que « pour l’application du présent décret et pour les besoins du
référendum, les termes « candidat » ou « liste de candidats », partis politiques figurant dans le code
électoral sont remplacés par « représentant du courant du OUI » ou « représentant du courant du
NON » alors qu’il ressort des dispositions de l’article 4 de la Constitution que « les partis politiques et
coalitions de partis politiques concourent à l’expression du suffrage » et que ce droit s’applique à
tous les types de scrutin, sans restriction
;
Qu’en outre, selon le requérant, le Président de la République qui a manifesté sa volonté de se
conformer à l’avis du Conseil constitutionnel, n’a pas pris en compte, dans le projet final de révision,
certaines réserves formulées par cette juridiction, notamment celles relatives à l’extension des
clauses d’intangibilité prévues aux articles 26 et 27, à la réécriture de l’article 89 nouveau afin de
tenir compte de l’augmentation du nombre de membres du Conseil constitutionnel, à la pertinence
de fixer les règles de fonctionnement interne des partis politiques, violant ainsi la décision du Conseil
constitutionnel et les principes généraux qui la sous-tendent ;
Considérant que l’Agent judiciaire de l’État conclut à l’incompétence au motif que les décrets
attaqués procèdent d’une prise par l’autorité compétente d’actes de gouvernement sur le
fondement de l’ordre constitutionnel, revêtant ainsi une immunité juridictionnelle ;
Les moyens étant réunis :
Considérant que, selon l’article 51 de la Constitution, le Président de la République peut, après avoir
recueilli l’avis du Président de l’Assemblée nationale et du Conseil constitutionnel, soumettre tout
projet de loi constitutionnelle au référendum ;
Considérant qu’il résulte de ce texte que l’initiative et la décision d’organiser un référendum sont des
actes pris par le Président de la République dans le cadre de ses pouvoirs constitutionnels et
s’analysent à ce titre en un acte de gouvernement ;
Considérant qu'en outre, constituent notamment des actes de gouvernement ceux par lesquels le
gouvernement participe à la fonction législative, ceux accomplis par le gouvernement à l’occasion de
la préparation du référendum et les actes relatifs aux relations internationales ;
Considérant qu’en l’espèce, le requérant poursuit l’annulation, d’une part, du décret portant fixation
de la date du référendum et convocation du corps électoral, acte qui fait partie des pouvoirs
constitutionnels du Président de la République, d’autre part, du décret portant organisation du
référendum qui est un acte accompli par le gouvernement en vue de la préparation de la
consultation référendaire et, enfin, du décret portant publication du projet de loi portant révision
constitutionnelle qui est un acte de l’exécutif dans ses relations avec la souveraineté nationale ;
Qu’ainsi ces décrets constituent des actes de gouvernement insusceptibles de recours pour excès de
pouvoir ;
Considérant qu’au surplus, il n’appartient pas à la Cour suprême de se prononcer sur la
constitutionnalité d’un projet de loi portant révision constitutionnelle ;
Par ces motifs,
Déclare irrecevable le recours en annulation formé par M.X contre les décrets n° 2016-261 du 18
février 2016, 2016-262 du 19 février 2016 et 2016-306 du 29 février 2016 et portant respectivement
fixation de la date du référendum et convocation du corps électoral, organisation du référendum et
publication du projet de loi portant révision de la Constitution ;

POUR COMPRENDRE LE CAS


Le contexte est celui de l'organisation d'un référendum constitutionnel en
2016 au Sénégal. Plusieurs décrets sont alors pris pour fixer la date du
référendum, organiser le scrutin, publier le projet de révision constitutionnelle.
M. X, opposant politique, conteste la légalité de ces décrets par la voie d'un
"recours pour excès de pouvoir". Il s'agit d'une procédure permettant de
demander l'annulation d'un acte administratif (ici les décrets) devant le juge
administratif.

M. X invoque deux moyens à l'appui de sa requête :

 la violation du code électoral qui encadre normalement le déroulement


des opérations électorales.

 la violation de la Constitution, car le Président aurait outrepassé ses


pouvoirs.

Cependant, la Cour suprême invoque deux fins de non-recevoir, c'est-à-dire


deux raisons pour lesquelles elle ne peut pas examiner cette requête:

1. Ces décrets constituent des "actes de gouvernement", qui bénéficient


d'une immunité juridictionnelle. Il s'agit d'actes politiques insusceptibles
de recours.

2. La Cour suprême n'est pas compétente pour contrôler la


constitutionnalité d'un projet de révision constitutionnelle, monopole
dévolu au Conseil Constitutionnel.

La Cour écarte donc la requête sans examiner le bien-fondé des moyens.

INTRODUCTION
 L'accroche

La Cour suprême, dans cet arrêt du 17 mars 2016, a été saisie d'un recours en
annulation contre des décrets pris par le Président de la République dans le
cadre de l'organisation d'un référendum constitutionnel.

 Les faits

M. X a formé un recours pour excès de pouvoir à l'encontre de trois décrets pris


en février et mars 2016 fixant la date du référendum, organisant le scrutin et
publiant le projet de révision constitutionnelle. Selon lui, ces textes violent le
code électoral et la Constitution.

 La procédure

M. X a directement saisi la Cour suprême qui a joint au fond la demande de


sursis à exécution.

 Les prétentions des parties


 M. X demande l'annulation des trois décrets, qu'il estime entachés
d’irrégularités et portant atteinte à la sincérité du scrutin.
 L'Agent judiciaire de l'État soulève une fin de non-recevoir tirée de
l'immunité juridictionnelle des actes de gouvernement et de la non
compétence de la Cour suprême pour contrôler la
constitutionnalité.
 Le problème de droit

La Cour suprême devait décider si elle était compétente pour connaître de la


requête en annulation dirigée contre les décrets référendaires et de révision
constitutionnelle.

 La solution

La Cour suprême se déclare incompétente et écarte la requête comme portant


sur des actes de gouvernement insusceptibles de recours.

 Annonce du plan

I- L’irrecevabilité du recours contre les actes de gouvernement


A- La nature des actes attaqués
B- Le régime juridique des actes de gouvernement
II- L’incompétence de la Cour suprême pour contrôler la
constitutionnalité
A- Le monopole du Conseil constitutionnel
B- La portée de l’incompétence de la Cour suprême

« Jangue dou nakhé, jangantou moy Nakhé »

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