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Ce document traite de la dyshidrose, une affection cutanée, en se concentrant sur sa définition, son épidémiologie, sa physiopathologie et son impact sur la qualité de vie. Il explore également la prise en charge de cette condition par les pharmaciens d'officine, incluant des enquêtes sur leurs connaissances et des conseils dermo-cosmétiques. Enfin, il aborde les traitements médicamenteux et non médicamenteux disponibles pour les patients.

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Dyshidrose : prise en charge et accompagnement par le

pharmacien d’officine
Janyce Ylmaz-Camel

To cite this version:


Janyce Ylmaz-Camel. Dyshidrose : prise en charge et accompagnement par le pharmacien d’officine.
Sciences pharmaceutiques. 2022. �dumas-04223689�

HAL Id: dumas-04223689


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UNIVERSITE DE ROUEN NORMANDIE
UFR SANTE – Département PHARMACIE

Année 2022 N° 1

THESE
pour le DIPLOME D’ETAT DE DOCTEUR EN
PHARMACIE

Présentée et soutenue publiquement le 05/12/2022


par
YILMAZ Janyce
CAMEL

Né(e) le 26/03/1994 à Rouen

Dyshidrose : prise en charge et


accompagnement par le pharmacien d’officine

Président du jury : Mr GARGALA Gilles, qualité MCU-PH


Directeur de thèse : Mme TETART Florence, qualité de Médecine Dermatologue –
Allergologue au CHU de ROUEN
Membres du jury : Mme LOUIN Lucile, Pharmacien titulaire
Mr VAUGEOIS Jean-Marie, Professeur de pharmacologie
Mr FAVENNEC Loïc, qualité PU-PH et Directeur du département
de pharmacie à la faculté de Rouen

1
Remerciements

Dr Florence Tetart, merci de m’avoir fait l’honneur d’être ma directrice de thèse, de


m’avoir aidé et encouragé. Je tenais plus particulièrement à vous remercier pour le
médecin que vous êtes, dévoué et à l’écoute de vos patients. Veuillez trouver ici mes
meilleurs remerciements et ma profonde reconnaissance.

Dr Gilles Gargala, merci de m’avoir fait l’honneur d’être mon président de thèse, d’être
toujours présent, à l’écoute et d’être autant dévoué pour nous tous les étudiants.
Veuillez trouver ici mes remerciements les plus chaleureux.

Dr Lucile Louin, merci de m’avoir fait l’honneur d’être dans mon jury et de vous êtes
rendu disponible pour cet évènement si précieux. Veuillez trouver ici toute ma gratitude
et ma considération.

Dr Jean-marie Vaugeois, merci de m’avoir fait l’honneur d’être dans mon jury et merci
de nous procurer un enseignement indispensable pour être de bon pharmacien.
Veuillez trouver ici mes remerciements les plus chaleureux.

Dr Loïc Favennec, merci de m’avoir fait l’honneur d’être dans mon jury, de m’avoir
aidé et offert cette chance d’avoir un jury d’exception. Veuillez trouver ici mon estime
à votre égard et mes remerciements les plus chaleureux.

Dr Catherine Herpin, merci de m’avoir encouragé, d’avoir été à mon écoute, d’avoir
eu les mots juste pour me redonner des forces, et surtout d’avoir cru en moi depuis le
début. Veuillez trouver ici mes remerciements les plus affectueux.

Aux professeurs de la faculté de Rouen, merci de nous apporter un enseignement


tout au long de nos études et qui feront de nous de bons et consciencieux
pharmaciens.

2
Justine, mille merci d’avoir été un pilier dans ma vie et tout particulièrement pour ma
thèse. Tu as été d’une aide précieuse. Tu es une amie et une collègue en or.

Marine, mon acolyte de pharmacie, merci pour toutes ses belles années ensembles,
rien n’aurait été pareil sans toi.

Cha, ma cousine, merci d’avoir cru en moi, de m’encourager dans mes choix et surtout
pour ton soutient infaillible depuis toujours.

Ebru, un grand merci d’être toujours présente dans ma vie d’étudiante et dans ma vie
personnelle. Tu es d’un soutien sans faille.

Melvina, Chloé, Ines, Seda, et Imane, merci à chacune d’entre vous pour votre
soutien indéniable, votre aide, et votre joie de vivre durant ce début d’année. Ca aura
été un réel plaisir.

Mes amies, Audrey, Chloé, Eva, Fanny, Johanna, Léa et Sara ; Alison, Camille,
Jennifer, Laura et Léa ; Aymen, Camille, Elodie et Margaux ; Lisa ; merci à tous d’être
tout simplement présent dans ma vie.

Ismail, mon mari, merci durant ces 13 années de m’avoir soutenu, encouragé, et
poussé vers le haut. Merci de m’avoir fait réviser des heures avec une patience
incroyable, de t’être montré compréhensif et aimant. Je n’en serai pas là sans toi
aujourd’hui. Merci.

Note à moi-même : « Plus le combat est dur, plus la victoire est belle. »

3
« L’Université de Rouen et l’UFR de Médecine et de Pharmacie de Rouen
n’entendent donner aucune approbation ni improbation aux opinions émises dans
cette thèse. Ces opinions sont propres à leurs auteurs. »

4
Liste des enseignants-chercheurs
5
6
7
8
9
10
11
12
13
Table des matières

Remerciements ------------------------------------------------------------------ 2
Liste des enseignants-chercheurs ---------------------------------------- 5
Table des matières ----------------------------------------------------------- 14
Table des tableaux ----------------------------------------------------------- 20
Table des figures-------------------------------------------------------------- 21
Table des images ------------------------------------------------------------- 23
Glossaire------------------------------------------------------------------------- 24
Introduction --------------------------------------------------------------------- 25

PARTIE I : LA DYSHIDROSE ------------------------- 27

1 Définition -------------------------------------------------------- 28

2 La dyshidrose, une cause possible d’eczéma des


mains ------------------------------------------------------------------- 29

2.1 Dermite irritative de contact ---------------------------------- 29

2.1.1 Dermite irritative de contact aiguë ----------------- 30


2.1.2 Dermite irritative de contact prolongé ------------- 30

2.2 Dermite allergique de contact -------------------------------- 30

2.2.1 Le nickel -------------------------------------------------- 30


2.2.2 Le chrome ------------------------------------------------ 31
2.2.3 Le cobalt -------------------------------------------------- 31

2.3 Dermatite atopique des mains ------------------------------- 31

2.4 Dyshidroses------------------------------------------------------- 33

2.4.1 Les dyshidroses réactionnelles --------------------- 33


2.4.2 Les dyshidroses idiopathiques---------------------- 33

14
3 Épidémiologie de la dyshidrose --------------------------- 34

4 Physiopathologie de la dyshidrose ----------------------- 35

4.1 Anatomie et physiologie de la peau ------------------------ 35

4.2 Histologie et réactions vésiculeuses ----------------------- 37

4.3 Prurit ---------------------------------------------------------------- 39

4.4 L’allergie ----------------------------------------------------------- 40

4.5 Les irritations de contact -------------------------------------- 41

5 Impact sur la qualité de vie --------------------------------- 42

5.1 Qualité de vie ----------------------------------------------------- 42

5.2 Scores -------------------------------------------------------------- 43

5.2.1 Numerical rating scale -------------------------------- 43


5.2.2 Dermatology Life quality Index --------------------- 43
5.2.3 The hand eczema severity index------------------- 44
5.2.4 Hand eczema score for occupational screenings
44
5.2.5 Osnabrück hand eczema severity index --------- 45

5.3 Retentissement psychologique ------------------------------ 45

5.4 Retentissement économique --------------------------------- 46

5.5 Retentissement des gestes barrières durant l’épidémie


de la covid-19 ------------------------------------------------------------ 48

6 Diagnostics ----------------------------------------------------- 50

6.1 Diagnostics étiologiques --------------------------------------- 50

6.2 Diagnostic différentiel ------------------------------------------ 51

7 Traitements ----------------------------------------------------- 53

15
7.1 Les traitements médicamenteux ---------------------------- 53

7.1.1 Les dermocorticoïdes --------------------------------- 54


7.1.2 L’Alitrétinoïne -------------------------------------------- 58
7.1.3 Les immunosuppresseurs --------------------------- 59
7.1.3.1 Ciclosporine ---------------------------------------------- 60
7.1.3.2 Tacrolimus ------------------------------------------------ 61
7.1.3.3 Méthotrexate --------------------------------------------- 62
7.1.3.4 Dupilumab ------------------------------------------------ 64
7.1.4 Les antihistaminiques --------------------------------- 66
7.1.5 Les hypnotiques ---------------------------------------- 67

7.2 Les traitements non médicamenteux ----------------------- 68

7.2.1 Les photothérapies ------------------------------------ 68


7.2.1.1 Photothérapie UVB ------------------------------------- 69
7.2.1.2 Photothérapie UVA ------------------------------------- 69
7.2.2 La Toxine Botulique ----------------------------------- 70
7.2.3 L’ionophorèse ------------------------------------------- 71

PARTIE II : PRISE EN CHARGE DE LA


DYSHIDROSE PAR LE PHARMACIEN
D’OFFICINE ------------------------------------------------ 73

1 Enquête sur les connaissances de la dyshidrose ---- 74

1.1 Présentation de l’enquête ------------------------------------- 74

1.1.1 Introduction à l’enquête------------------------------- 74


1.1.2 Matériels et méthodes -------------------------------- 74
1.1.2.1 Construction du questionnaire ----------------------- 74
1.1.2.2 Conception du questionnaire------------------------- 75
1.1.2.3 Diffusion du questionnaire ---------------------------- 75

1.2 Résultats et discussion ---------------------------------------- 75

1.2.1 Connaissance et expérience ------------------------ 76

16
1.2.2 Dyshidrose, localisation et incidence ------------- 78
1.2.3 Dyshidrose et facteurs de risques ----------------- 79
1.2.4 Diagnostic différentiel de la dyshidrose ---------- 80
1.2.5 Dyshidrose, qualité de vie et covid-19 ------------ 82

1.3 Conclusion de l’enquête --------------------------------------- 84

2 Conseils dermo-cosmétiques ------------------------------ 85

2.1 L’hygiène ---------------------------------------------------------- 85

2.1.1 L’hygiène des mains ---------------------------------- 85


2.1.2 L’hygiène corporelle ----------------------------------- 85

2.2 Les hydratants --------------------------------------------------- 88

2.3 Crème NIK-L-BLOKTM ------------------------------------------ 92

2.4 Les relipidants ---------------------------------------------------- 93

2.4.1 L’huile d’amande douce ------------------------------ 94


2.4.2 L’huile d’andiroba -------------------------------------- 94
2.4.3 L’huile d’argan ------------------------------------------ 95
2.4.4 L’huile de bourrache----------------------------------- 95
2.4.5 L’huile de carotte --------------------------------------- 95
2.4.6 L’huile de germes de blé ----------------------------- 96
2.4.7 L’huile de jojoba ---------------------------------------- 96
2.4.8 L’huile d’onagre ----------------------------------------- 97

2.5 Les antisudoraux ------------------------------------------------ 97

2.6 Phytothérapie et indications symptomatiques ----------- 98

2.6.1 Coupures, éraflures, petites blessures ouvertes 98


2.6.2 Crevasses du pied ------------------------------------- 98
2.6.3 Démangeaison ------------------------------------------ 99
2.6.4 Eczéma --------------------------------------------------- 99
2.6.4.1 Chronique ------------------------------------------------- 99
2.6.4.2 Kératosique ----------------------------------------------- 99

17
2.6.4.3 Phase aiguë --------------------------------------------- 100
2.6.5 Gerçures ------------------------------------------------ 100
2.6.6 Hyperhidrose ------------------------------------------- 100
2.6.7 Inflammation ou irritation locales de la peau --- 100

2.7 Les huiles essentielles ---------------------------------------- 102

2.7.1 Précautions d’emploi --------------------------------- 102


2.7.2 Dosages et dilutions ---------------------------------- 102
2.7.3 Caractéristiques des HE ---------------------------- 102
2.7.4 Exemples de préparation --------------------------- 104

2.8 Conseils associés ---------------------------------------------- 105

2.8.1 Conseils préventifs ----------------------------------- 105


2.8.2 Eviction des allergènes ------------------------------ 105

3 Conseils hygiéno-diététiques ---------------------------- 106

3.1 Les probiotiques ------------------------------------------------ 106

3.2 Les prébiotiques ------------------------------------------------ 109

3.3 L’alimentation---------------------------------------------------- 110

3.4 Les oligoéléments ---------------------------------------------- 112

3.4.1 Le sélénium --------------------------------------------- 112


3.4.2 Le zinc --------------------------------------------------- 112
3.4.3 Le cuivre ------------------------------------------------- 113
3.4.4 Le silicium ----------------------------------------------- 113
3.4.5 Le fer ----------------------------------------------------- 113

4 Thérapeutiques complémentaires ---------------------- 114

4.1 L’homéophatie -------------------------------------------------- 114

4.1.1 Squame -------------------------------------------------- 114


4.1.2 Lésions vésiculeuses et eczéma ------------------ 115

18
4.1.3 Coupures, éraflures, petites blessures ouvertes
ou en sténon ----------------------------------------------------- 115

4.2 Education thérapeutique du patient ----------------------- 117

4.3 Psychologie ------------------------------------------------------ 117

4.4 Cures thermales ------------------------------------------------ 117

4.5 Acuponcture ----------------------------------------------------- 118

4.6 Magnétisme ------------------------------------------------------ 118

4.7 Sophrologie ------------------------------------------------------ 119

Fiche synthétique ------------------------------------------------------------ 120


Conclusion --------------------------------------------------------------------- 122
Annexe -------------------------------------------------------------------------- 123
Bibliographie ------------------------------------------------------------------ 141
Serment de Galien ----------------------------------------------------------- 146

19
Table des tableaux

Tableau 1 - Score NRS ------------------------------------------------------- 43

Tableau 2 - Score DLQI------------------------------------------------------- 43

Tableau 3 - Activités des dermocorticoïdes. ----------------------------- 55

Tableau 5 - Médicaments hypnotiques listés ---------------------------- 67

Tableau 6 - Médicaments non listés --------------------------------------- 67

Tableau 7 – Groupes des toxines botuliques. --------------------------- 70

Tableau 8 – Produits lavants non irritants disponibles en pharmacie


-------------------------------------------------------------------------------------- 87

Tableau 9 - Excipients acanthogènes et non acanthogènes -------- 89

Tableau 10 – Produits hydratants recommandés dans la


dyshidroses et disponibles en pharmacie -------------------------------- 89

Tableau 11 – Antisudoraux disponibles en pharmacie --------------- 97

Tableau 12 – Phytothérapie et indications symptomatiques ------- 101

Tableau 13 – Produits homéopathiques et leurs cibles -------------- 116

20
Table des figures

Figure 1 - Arbre représentant les différents groupes d’eczéma des


mains ------------------------------------------------------------------------------ 29

Figure 2 - Impacts du déficit en filaggrine -------------------------------- 32

Figure 3 - Diagramme de Venn --------------------------------------------- 34

Figure 4 - Schéma de la peau ----------------------------------------------- 36

Figure 5 - Voies neurologiques du prurit. --------------------------------- 39

Figure 6 - Schéma représentant un diagnostic différentiel ----------- 52

Figure 7 - Quantité d'unité phalangette nécessaire -------------------- 57

Figure 8 – Statut des répondants à l’enquête --------------------------- 76

Figure 9 – Connaissance du terme dyshidrose ------------------------- 76

Figure 10 - Proportions des années d’expérience -------------------- 77

Figure 11 - Proportion des années d’expérience par formation ---- 77

Figure 12 - Graphique représentant les zones touchées par la


dyshidrose d’après les professionnels officinaux ----------------------- 78

Figure 13 - Incidence saisonnière selon les professionnels officinaux


-------------------------------------------------------------------------------------- 79

Figure 14 - Facteurs aggravants la dyshidrose selon les


professionnels officinaux ----------------------------------------------------- 80

21
Figure 15 – Avis concernant l’existence d’un diagnostic différentiel
-------------------------------------------------------------------------------------- 81

Figure 16 – Proposition de diagnostic différentiel ---------------------- 81

Figure 17 - Degré d’impact sur la qualité de vie selon les


professionnels officinaux ----------------------------------------------------- 82

Figure 18 – Estimation du degré d’impact selon la profession ------ 83

Figure 19 – Augmentation ou aggravation des cas de dyshidroses


selon les professionnels officinaux ----------------------------------------- 83

Figure 20 – Produit le plus adapté pour se laver les mains d’après


les professionnels de santé exerçant en officine ----------------------- 84

22
Table des images

Image 1- Doigt atteint de dyshidrose -------------------------------------- 28

Image 2 – Doigt atteint de dyshidrose bulleuse ------------------------ 28

Image 3 - Coupe histologique de peau présentant une dyshidrose,


au microscope optique au grossissement : (a) x40, (b) x100, (c)
x200 et (d) 400. ----------------------------------------------------------------- 38

Image 4 – Unité phalangette------------------------------------------------- 57

Image 5 – Carte de la dureté de l’eau sur le territoire français ----- 86

23
Glossaire

AGE Acides gras essentiel


ALD Affection Longue Durée
AMM Autorisation de mise sur le marché
ANC Apport nutritionnel conseillé
CHU Centre hospitalier universitaire
DA Dermatite atopique
DAC Dermite allergique de contact
DCA Dermatite de contact allergique
DCI Dénomination commune internationale
DIC Dermite irritative de contact
ECLA Eczema cohorte longitudinale Adulte
FHLS Film hydrolipidique de surface
HE Huile essentielle
HV Huile végétale
IL Interleukines
IgA Immunoglobulines sécrétoires A
NFS Numération de formule sanguine
OMS Organisation mondiale de la santé
PA Principe actif
PPP Pustulose palmo-plantaire
SFD Société française de dermatologie
SHA Solution hydro-alcoolique
SI Système immunitaire
SNC Système nerveux central
SS Sécurité sociale
TB Toxine botulique
UV Ultraviolets

24
Introduction
La dyshidrose est une pathologie dermatologique qui touche les mains et
les pieds, de façon aigue ou chronique. Cette dermatose est difficile de diagnostic
de par les similitudes qu’elle présente avec d’autres pathologies de la peau, et
du fait que ce soit une maladie peu connue du grand public et des professionnels
de santé, malgré qu’elle soit en augmentation dans les pays industrialisés.
Seulement 0,1% de la population générale serait concerné par cette
dermopathologie.

Comme un grand nombre de dermatoses, la dyshidrose a un impact sur la qualité


de vie et le confort des patients. Elle nécessite une prise en charge
multifactorielle incluant un traitement thérapeutique et un traitement préventif afin
de prévenir les phases de poussées. Le pharmacien d’officine étant le
professionnel de santé de proximité, il a un rôle primordial dans la bonne prise
en charge de cette pathologie dermatologique. Il va tout d’abord pouvoir orienter
le patient vers une consultation en dermatologie, puis l’accompagner dans le
traitement optimal de la maladie.

Ainsi, le pharmacien d’officine tient une place importante dans la prise en charge
du patient atteint de dyshidrose. Il va pouvoir orienter et conseiller le patient afin
d’accélérer son diagnostic et sa guérison. Cependant, cela nécessite une
connaissance de cette dermopathologie. Qu’est-ce que la dyshidrose ?
Comment la reconnaitre ? Quels conseils apporter aux patients ? La crise
sanitaire du Covid-19 a-t-elle eu un impact sur l’incidence de la dyshidrose ?

Ce travail de thèse vise à répondre à des questions afin d’optimiser


l’accompagnement du patient atteint de dyshidrose. Pour cela, nous définirons
dans une première partie la dyshidrose en abordant son diagnostic, sa
physiopathologie et ses impacts sur la qualité de vie du patient. Dans une
seconde partie, nous verrons grâce à une enquête menée auprès des
pharmaciens d’officine et des préparateurs, à quelle échelle est connue la
dyshidrose dans le milieu officinal. Enfin, nous verrons dans une troisième et

25
dernière partie quels conseils associés le pharmacien va pouvoir amener aux
patients et comment il pourra accompagner le patient souffrant de dyshidrose.

26
PARTIE I : LA
DYSHIDROSE

27
1 Définition
La dyshidrose, aussi appelée pompholyx ou ezcéma dyshidrosique est une
affection inflammatoire de la peau, caractérisée par un eczéma des mains et des
pieds. Elle se manifeste le plus souvent par des vésicules enchâssées dans
l’épiderme qui se localisent au niveau des paumes et/ou des plantes et des faces
latérales des doigts ; mais une extension dorsale et palmaire est possible.

A ces endroits les vésicules d’eczéma restent solides, tendues, très


prurigineuses ; s’accompagnant parfois d’un érythème qui peut s’expliquer par le
fait que l’épiderme soit particulièrement épais.

Le devenir des vésicules est très variable :


- elles peuvent simplement rester discrètes, se dessécher sous forme de petites
macules brunâtres et desquamer (image 1 – Doigt atteint de dyshidrose).
- ou elles peuvent contenir un liquide citrin donnant un aspect de « cloque d’eau »
qui vont confluer et donner naissance à des bulles. Il s’agit de dyshidrose
bulleuse (image 2 – Doigt atteint de dyshidrose bulleuse).

Dans le second cas, les cloques d’eau peuvent être hémorragiques et/ou se
rompre en faisant des érosions. Elles peuvent devenir parfois douloureuses et
invalidantes, voire même devenir purulentes, s’ulcérer, être la source de
suintements et former des croûtes. Ces croûtes qui se forment ne laissent pas
de cicatrices mais sont responsables d’un épiderme rosâtre aminci et lisse au
toucher (1–5). De plus, quand il y a une ulcération, une surinfection ou une
colonisation à Staphylocoque doré peut survenir.

Image 1- Doigt atteint de dyshidrose


Image 2 – Doigt atteint de dyshidrose bulleuse

28
2 La dyshidrose, une cause possible d’eczéma des
mains
L’eczéma des mains désigne des troubles inflammatoires cutanées
localisées au niveau des mains. Sa prévalence serait de 14,5% dans le monde.
Il n’est pas toujours évident d’en définir les causes tant son étiologie est variée.
Il peut être répartie selon différents groupes (Figure 1 – Arbre représentant les
différents groupes d’eczéma des mains).

Figure 1 - Arbre représentant les différents groupes d’eczéma des mains

2.1 Dermite irritative de contact


La dermite irritative de contact (DIC) est dû soit à une exposition répétée à des
irritants en concentration suffisante et sur une période prolongée, soit à un
contact aiguë, provoquent une réaction inflammatoire, et compromettant la
fonction barrière de la peau.

Les agents irritants peuvent être :


- des détergents domestiques ou professionnels,
- des shampooings, gels douches, savons abrasifs, crèmes,
- des parfums,
- des produits chimiques,
- des plantes.

La dermite irritative de contact se sépare en deux catégories, celle de contact


aiguë et celle de contact chronique.

29
2.1.1 Dermite irritative de contact aiguë
La dermite irritative de contact aiguë concerne les irritants puissants, tels que les
produits chimiques caustiques, peuvent immédiatement léser la peau. Dans ces
cas-là les symptômes seront plutôt des sensations de brûlures, avec des
érythèmes, des œdèmes, des douleurs, des éléments maculeux, papuleux. Des
bulles, des pustules voire même une nécrose peut apparaitre si l’agent irritant est
très puissant.

2.1.2 Dermite irritative de contact prolongé


La dermite irritative de contact prolongé concerne des irritants moins puissants,
qui nécessitent des périodes de contact plus longues ou répétées. Les
symptômes se manifesteront plutôt par un prurit, accompagné de sécheresse
cutanée, de crevasses et / ou d’hyperkératoses. Les lésions siègent
exclusivement au niveau des zones de contact.

2.2 Dermite allergique de contact


La dermite allergique de contact (DAC) est une inflammation de la peau
provoquée par le contact direct avec des allergènes. Ces allergènes sont des
éléments de l’environnement, non toxiques, non pathogènes, qui ne devraient
pas déclencher de réponse immunitaire. Ces principaux allergènes responsables
sont le nickel, le chrome et le cobalt (6,7).

2.2.1 Le nickel
C’est un des allergènes le plus fréquemment responsable de dermatite allergique
de contact (DAC). C’est un métal ubiquitaire qui entre dans la composition de
nombreux alliages. Il est très utilisé dans l’industrie du fait de ses nombreuses
propriétés. Le risque de sensibilisation dépend de la quantité d’ions nickel libérée
dans l’environnement et de sa concentration cutanée. En Europe, la prévalence
de l’allergie cutanée au nickel dans la population générale varie de 10 à 15 %
chez les femmes et 2 à 5 % chez les hommes (4,8–11).

30
2.2.2 Le chrome
C’est un métal ubiquitaire qui entre dans la composition de nombreux alliages, il
est aussi fréquemment utilisé. Les allergènes sont les composés hexavalents et
trivalents du chrome, le métal lui-même n’est pas allergisant. En Europe la
prévalence de l’allergie cutanée au chrome dans la population générale varie de
1 à 3%.

La dermite allergique de contact professionnelle au chrome est typiquement


localisée aux mains et aux pieds. L’éviction de produits qui en contient est très
compliqué dans le milieu du bâtiment car il y en a dans le ciment, le béton, et les
briques (12,13).

2.2.3 Le cobalt
C’est un métal ubiquitaire qui entre dans la composition de nombreux alliages.
Les allergènes sont le cobalt métal, les sels et les oxydes. La prévalence
d’allergie de contact au cobalt dans la population générale est évaluée à environ
1%. Il existe une allergie de co-sensibilisation entre le cobalt et le nickel (14–16).

2.3 Dermatite atopique des mains


La dermatite atopique des mains est un eczéma des mains représenté par
un trouble inflammatoire chronique des mains lié à la peau. Les causes sont
multifactorielles : ça peut être dû à des facteurs exogènes qui comprennent des
contacts irritants ou allergisants, mais aussi à des facteurs endogènes comme la
xérose ou l’atopie, souvent lié à un système immunitaire réactif. Les symptômes
les plus fréquents sont un érythème, une sécheresse cutanée, et/ou des
démangeaisons.

De plus, les patients présentent généralement des antécédents personnels ou


familiaux positifs d’atopie. Il se pourrait qu’il y ait une prédisposition héréditaire
ou encore des anomalies constitutionnelles de la barrière cutanée (2,17).

Par exemple, la mutation du gène de la filaggrine entraîne une altération de la


fonction barrière de la peau. La filaggrine est une protéine qui a un rôle essentiel

31
dans la différenciation terminale de la peau et la formation de l'enveloppe cutanée
dans la couche cornée. Par conséquence, il y a une augmentation de la
pénétration des agents nocifs environnementaux, et ainsi un risque plus élevé
d’eczéma de contact (7,18,19) (Figure 2 – Impacts du déficit en filaggrine).

Figure 2 - Impacts du déficit en filaggrine

32
2.4 Dyshidroses
Les dyshidroses en tant que telles se séparent en deux groupes : les dyshidroses
réactionnelles et les dyshidroses idiopathiques.

2.4.1 Les dyshidroses réactionnelles


Certaines dyshidroses sont considérées comme secondaires à des infections,
particulièrement à des intertrigos inter orteils à dermatophytes.

Il y a des facteurs aggravants ou déclenchants comme la chaleur estivale, la


macération, le stress d’intensité variable, l’hyperhidrose, le tabac, l’alcool ou
encore le travail en milieu chaud et humide. L’expérience clinique nous apprend
que le travail en milieu chaud et humide favorise des poussées de dyshidrose,
en particulier lorsque les mains sont en contacts répétés avec des produits
irritants comme les détergents et les antiseptiques. Les poussées s’aggravent en
milieu occlusif (tel que le port de gants en caoutchouc).

Les professions à risques concernent principalement les domaines de la


boulangerie, boucherie, métallurgie, restauration, et le milieu hospitalier. Celles-
ci présentent au moins un des facteurs aggravants.

D’autres facteurs peuvent en être la cause : par exemple le rôle déclenchant du


stress émotionnel dans les récidives de dyshidrose est suspecté depuis
longtemps. Mais la maladie elle-même est source d’anxiété, enfermant l’affection
dans un cercle vicieux. La dépression et l’anxiété, induisent une augmentation
de la sécrétion des immunoglobulines E (IgE) et des éosinophiles, ce qui tend à
accroître les symptômes. En effet, cette augmentation accroît une dermite
prurigineuse. Les poussées de dyshidrose peuvent donc apparaître à cause d’un
stress trop important chez le patient.

2.4.2 Les dyshidroses idiopathiques


Le plus grand nombre des dyshidroses semblent être des dyshidroses
idiopathiques, c’est-à-dire dont on ne connait pas la cause. Ces dyshidroses
récidivent de façon saisonnière et plus particulièrement aux saisons chaudes

33
(printemps et été). Dans ce cas, que ce soit les examens mycologiques, les
recherches d’hypothétiques foyers infectieux, ou encore les tests épicutanés,
tous s’avèrent négatifs. Il faut noter que la variabilité d’évolution de l’affection
dyshidrosique est très fluctuante d’un patient à un autre (3,7).

Malgrè des différences parfois significatives entre chacun des 4 groupes


d’eczéma des mains, il y a plusieurs points communs avec des symptômes
semblables que le diagramme de Venn représente bien (Figure 2 – Diagramme
de Venn).

Figure 3 - Diagramme de Venn

3 Épidémiologie de la dyshidrose
La dyshidrose est une affection commune puisque d’après l’article « eczéma et
dyshidrose » du dermatologue W.Bahtaoui, cette pathologie représenterait 1 %
des consultations en dermatologie et aurait une fréquence de 0,1 % dans la
population générale.

La dyshidrose est une maladie de survenue sporadique, c’est-à-dire qui survient


de manière irrégulière. Elle peut être aigue et devenir chronique. Il n’y a pas de
prédominance relative au sexe : les hommes et les femmes semblent être
touchés de la même façon. En revanche plus de cas ont été recensé chez les
adultes que chez les enfants, d’après la revue française de dermatologie et
d’immunologie clinique, l’âge de survenue moyen est de 40 ans.

34
La dyshidrose serait présente dans le monde entier, mais plus rarement en Asie.
L'analyse de la répartition géographique montre une prévalence plus importante
de pathologies cutanées dans les pays développés (exemples : Norvège, Suède,
Etats-unis, Belgique, Espagne). Une piste de compréhension possible et
prometteuse est celle d'une relation inverse entre l'augmentation des maladies
immunitaires et la diminution des maladies infectieuses, et plus généralement de
l'environnement infectieux dans les pays développés.

D’après l’institut Pasteur, l’environnement avec l’exposition aux microbes, et / ou


aux substances chimiques joue un rôle majeur dans l’augmentation des maladies
auto-immunes dans les pays industrialisés. Cela pourrait être une conséquence
de l’hygiène et de l’utilisation des antibiotiques.

Alors que notre système immunitaire (SI) est censé nous protéger contre les
agents pathogènes, il peut devenir trop sensible à certains constituants exogènes
et déclencher des allergies. Notre SI peut aussi bien réagir contre des
constituants du soi, et favoriser l’émergence des maladies auto-immunes.

Il est difficile de trouver le mécanisme de la dyshidrose et plus généralement des


maladies inflammatoires chroniques. Ces maladies se développent sur plusieurs
années et différents facteurs interviennent : génomiques, environnementales, et
/ ou comportementales (5,20–23).

4 Physiopathologie de la dyshidrose
4.1 Anatomie et physiologie de la peau
L’épiderme est la structure la plus superficielle de la peau, il est en perpétuel
auto-renouvellement. Elle est constituée de différentes couches : la couche
cornée, la couche claire, la couche granuleuse, et pour finir la couche de
Malpighi. La couche cornée est la partie la plus fine, mais la plus cruciale pour la
fonction barrière de la peau, protégeant des agressions extérieures et contre la

35
pénétration de substances étrangères. Sous cet épiderme se trouve le derme et
l’hypoderme (Figure 4 – Schéma de la peau).

Figure 4 - Schéma de la peau

La barrière représentée par la couche cornée est assurée par un film


hydrolipidique de surface (FHLS) qui est le résultat du long processus de
renouvellement cellulaire des kératinocytes basaux. Ces kératinocytes se
multiplient par mitose et synthétisent la kératine, une protéine résistante et
imperméable qui confère à la peau sa fonction de protection mécanique et
chimique. Le FHLS représente par conséquent notre protection naturelle contre
toutes agressions externes, et contre l’évaporation.

Ce FHLS est composé de deux types de sécrétions provenant du derme : le


sébum et la sueur ; et de deux produits de l’épiderme, issus de la kératinisation
épidermique : les cornéocytes et le ciment intracellulaire.

C’est une émulsion avec une phase aqueuse contenant de substances


minérales, organiques, des oligoéléments, et des métabolites ; puis d’une phases
lipidique composé principalement d’acides gras, des triglycérides, des
céramides, du squalène et du cholestérol.

36
Tous ces composés ont chacun un rôle important :
- Les acides aminés jouent un rôle précurseur des réserves en eau des
glycosaminoglycanes (GAG) donc dans le maintien de l’hydratation de la peau.
- Le film lipidique aide à maintenir l’humidité de la peau en empêchant
l’évaporation.
- Les acides oméga 3, ont un rôle de nutrition, pour favoriser l’élasticité des fibres
d’élastine.
- Les lipides, ainsi que l’acidité du film cutané préviennent la croissance des
germes pathogènes, préservant au contraire la flore bactérienne résidente.
- Les peptides et les protéines, possèdent une large activité antimicrobienne.
- Les kératinocytes et les cellules présentatrices d’antigènes (cellules de
Langerhans, cellules dendritiques du derme, lymphocytes T et macrophages)
participent à la défense bactérienne. Ces cellules sont en étroite collaboration
avec notre SI et interviennent lors de tentatives d’intrusion.

Les glandes sudorales eccrines sont distribuées sur tout le corps, mais sont plus
nombreuses sur les paumes et les plantes. Elles comprennent un peloton
sécrétoire et un long canal excréteur qui traverse le derme pour s’aboucher dans
l’épiderme. De plus elles sont impliquées dans la régulation thermique. La
sudation est un processus actif contrôlé par les fibres sympathiques
cholinergique.

Spécificités de la peau du pied qui est hyper-kératinisée, épaisse et sèche, elle


peut parfois présenter des callosités et des fendillements. Elle a une transpiration
importante et le retour veineux et lymphatique est souvent stagnant. Son derme
est dépourvu de glandes sébacées, pour éviter les glissements. Sa couche
cornée comporte plus de 20 couches, pour une protection physique renforcée
(24–26).

4.2 Histologie et réactions vésiculeuses


L’examen histologique de la dyshidrose simple révèle l’abouchement de canaux
sudoripares à la base de la vésicule en l’absence presque complète de cellules

37
inflammatoires dans la cavité intra-épidermique. L’œdème des papilles
dermiques, constant dans tout eczéma aigu, est absent dans la dysidrose.

De plus, la dyshidrose est une dermatose spongiotique modifiée par les


caractéristiques histologiques de la peau palmo-plantaire plus épaisse dans
toutes ses couches notamment la couche cornée. C’est en microscopie optique
et en coupes semi-fines que sont observées les vésicules avec des spongioses.

La dyshidrose ne présente jamais de microabcés au bord des vésicules. Ces


caractéristiques permettent donc une distinction avec les pathologies similaires
tel que la pustulose palmo-plantaire (PPP) (5,27) (Image 3 – Coupe histologique
de peau présentant une dyshidrose, au microscope optique au grossissement :
(a) x40, (b) x100, (c) x200 et (d) 400).

Image 3 - Coupe histologique de peau présentant une dyshidrose, au


microscope optique au grossissement : (a) x40, (b) x100, (c) x200 et (d) 400.

Sur les photographies optiques (a) et (b) nous voyons bien les vésicules avec
des spongioses (liquide blanc dans les vésicules). En revanche sur les photos
(c) et (d) il n’apparait pas de microabcès sur le bord des vésicules.

38
4.3 Prurit
Le prurit, ou démangeaison, est un phénomène sensitif unique à la peau, qui
incite à se gratter. De nombreux médiateurs agissent sur les nocicepteurs,
entraînant une stimulation centrale et la réponse mécanique du prurit.
L’histamine est le neuromédiateur le plus connu de transmission du prurit, après
dégranulation mastocytaire, les autres neuromédiateurs sont : des interleukines
(IL) 2 et 31, des lymphocytes T, des neuroleptiques (principalement des
opioïdes), l’acétylcholine, la sérotonine, les interférons, et certaines enzymes
comme la tryptase.

Ces différents neuromédiateurs peuvent être synthétisés directement au niveau


cutané produits à distance et parvenir par voie sanguine, au niveau de la peau,
ou niveau du système nerveux central (SNC). En revanche, il semble exister
qu’un type de récepteur cutané spécifique du prurit : il s’agit de terminaisons
libres d’une population particulière de fibres sensitives de type C, à conduction
lente, distinctes des fibres de la douleur. Ces fibres stimulées par les
neuromédiateurs du prurit vont conduire l’influx nerveux jusqu’à la corne dorsale
de la moelle où elles font synapse avec un deuxième neurone. L’influx est ensuite
véhiculé jusqu’au cortex cérébral avec des projections multiples au niveau de
zones sensitives ou motrices (Figure 5 – Voies neurologiques du prurit).

Figure 5 - Voies neurologiques du prurit.

39
Même si les voies du prurit et de la douleur sont indépendantes, elles sont
interconnectées au niveau du SNC. Alors, l’effet de prurit peut-être
transitoirement soulagée par une sensation douloureuse (comme un pincement
par exemple) au niveau du même territoire. En revanche, l’antalgie par opiacés
peut engendrer une récidive.

L’anxiété et la dépression sont connues pour moduler le degré des


démangeaisons. D’autres facteurs peuvent inverser l’intensité du prurit comme
le froid qui peut supprimer le prurit, alors que la chaleur tend à l’augmenter
(24,28,29).

4.4 L’allergie
Une allergie est une modification des réactions d’un organisme à un agent
pathogène lorsque cet organisme a été l’objet d’une atteinte antérieure par le
même agent.

Dans la phase de sensibilisation qui est asymptomatique, les allergènes sont


captés par les cellules présentatrices de l’antigène. Ces cellules vont être
activées par les cascades de l’immunité innée, vont migrer vers les ganglions
lymphatiques où elles traiteront et présenteront l’antigène à des lymphocytes T
naïfs spécifiques de l’antigène. Une fois le lymphocyte T naïfs lié à son récepteur,
il va se différencier en lymphocyte T mémoire. Par la suite, lorsque les cellules
présentatrices de l’antigène exposeront l’antigène aux lymphocytes T
sensibilisés, une réaction inflammatoire sera déclenchée, entrainant une
symptomatologie.

En raison du temps nécessaire pour recruter et étendre les lymphocytes T dans


l’épiderme, la dermite de contact allergique prend généralement 24 à 48heures.
La réaction va monter crescendo avec le temps. C’est donc une réaction
retardée, c’est-à-dire une réaction d’hypersensibilité de type IV. Très rarement,
dans moins de 5% des cas, la réaction peut être immédiate, de type urticaire.

40
Ce phénomène est toujours localisé dans un tissu, ce qui diffère des autres types
d’hypersensibilités. Il ne peut pas y avoir d’activation systémique de l’immunité
dans ce cas d’allergie. Le plus souvent c’est une atteinte cutanée qui comprend :
un érythème, une desquamation, un gonflement de la peau, mais aussi des
bulles et / ou des ulcérations. Ces atteintes cutanées sont accompagnées de
prurit quasi constant. La guérison peut aller jusqu’à 3 semaines après l’exposition
de l’allergène.

Il n’existe pas de traitements efficaces à proposer aux patients en dehors des


traitements symptomatiques et bien sûr l’éviction de l’allergène. Cette éviction
devra avoir lieu toute la vie. Pour confirmer et diagnostiquer l’allergie de type IV
l’allergologue devra faire un patch-test (30,31).

4.5 Les irritations de contact


Ces irritations provoquent une réaction inflammatoire non immunologique de la
peau à un agent irritant. C’est donc un mécanisme non allergique.

Un produit irritant en contact avec la peau induit la libération de cytokines et de


chimiokines par différentes cellules dont les kératinocytes. Ces médiateurs sont
à l’origine de l’apparition de l’œdème, d’un appel leucocytaire avec infiltration
leucocytaire de la peau.

Certains irritants génèrent également un stress oxydatif avec peroxydation des


membranes cellulaires et de protéines intracellulaires, malgré l’existence
d’antioxydants naturels dans le tégument. La répétition de contact entraîne une
lichenification progressive du tégument qui devient érythémateux, squameux et
crevassé, notamment en regard des articulations métacarpophalangiennes et
inter-phalangiennes.

Les mesures prises sont principalement préventives, mais si besoin les


traitements sont symptomatiques, associés à l’utilisation de crème ou pommade
apaisantes et cicatrisantes (30,32–34).

41
5 Impact sur la qualité de vie
5.1 Qualité de vie
Il est difficile de quantifier l’impact de la maladie dans la vie quotidienne des
patients et de mesurer le « handicap » qu’il génère, que ce soit
professionnellement ou personnellement.

Le prurit et les sensations de brûlures engendrés par la pathologie est quasiment


constant, ils peuvent avoir un fort retentissement sur la qualité de vie telle qu’une
insomnie. Le seuil de perception et de tolérance sont variables selon chaque
patient. De plus, les vésicules, papules ou fissures causés par la dyshidrose
peuvent être très douloureuses. Certains patients ont une hyperhidrose associée
qui peut devenir handicapante.

Lorsque les affections sévères touchent les pieds, la douleur peut gêner la
marche. Même si la dyshidrose des pieds est modérée, elle peut empêcher la
possibilité de mettre des chaussures fermées ; à cause de la douleur mais aussi
pour éviter une macération. Porter des chaussures ouvertes n’est pas forcément
évident, car l’aspect esthétique est souvent disgracieux et le patient peut
présenter une gêne, voir une honte.

Quand les mains sont concernées, le fardeau esthétique est bien présent. Cette
zone du corps étant à la vue de tous, et étant l’organe le plus utilisé. Les tâches
de la vie quotidienne peuvent devenir difficiles et douloureuses. Et le risque de
surinfection des plaies est élevée (17,35–38).

Cette maladie peut donc devenir très invalidante allant jusqu’à un retentissement
socio-professionnel important.

42
5.2 Scores
Différents scores sont utilisés par les médecins pour évaluer la sévérité de la
maladie et peuvent être utiles dans le suivi médical et dans le choix du traitement
du patient.

5.2.1 Numerical rating scale


Le score NRS est une échelle de notation numérique permettant de quantifier le
prurit rapporté par le patient avec une échelle allant de 1 à 10. Il est facile à
utiliser en pratique clinique, et repose sur une évaluation simple des
démangeaisons. 0 représente aucune démangeaison et 10 les pires prurits
imaginables (39).

Tableau 1 - Score NRS

Prurit Légère Modéré Sévère


Score ≤3 4–6 ≥7

5.2.2 Dermatology Life quality Index


Le score DLQI est un indice de qualité de vie en dermatologie (Annexe 1 –
Questionnaire DLQI) :
C’est un outil qui évalue la qualité de vie des 7 derniers jours, dans de
nombreuses affections dermatologiques, tel que la dyshidrose. Il permet
d’évaluer les répercussions de la maladie sur les activités quotidiennes, dont les
activités professionnelles, sociales et les relations intimes. Il est facile à mettre
en œuvre, sous forme de questionnaire rempli par le patient lui-même. Le score
varie de 0 à 30 (qualité de vie la plus altérée) et offre une bonne corrélation avec
la gravité de la maladie (7,39–41).

Tableau 2 - Score DLQI

Dyshidrose Légère Modérée Sévère


Score ≤5 6 – 10 ≥ 11

43
5.2.3 The hand eczema severity index
Le score HECSI est l’indice de gravité de l’eczéma des mains varie de 0 à 360
points, allant jusqu’au plus sévère.
Chaque main est divisée en cinq zones :
- les phalanges distales,
- les phalanges proximales + intermédiaires,
- les paumes des mains,
- le dos des mains,
- et les poignets.
Pour chaque territoire des deux mains, la zone affectée perçoit un score de 0 à
4 ; 0 : 0%, 1 : 1 – 25%, 2 : 26 – 50%, 3 : 51 – 75%, 4 : 76 – 100%, en fonction de
l’étendue des symptômes cliniques.
Pour chacune de ces zones six évaluations qualitatifs vont être faites :
0 : aucun changement cutané, 1 : maladie légère, 2 : modérée, et 3 : sévère
- l’intensité de l’érythème,
- l’induration de la peau,
- les papulations,
- les vésicules,
- les fissurations,
- les desquamations,
- et les œdèmes.
La somme des évaluations qualitatifs va être multipliée par la somme de
l’étendue des symptômes cliniques et donnera une somme totale pour
déterminer le score HECSI (7).

5.2.4 Hand eczema score for occupational screenings


Le score HEROS est un score d’ezcéma des mains pour les dépistages
professionnels.
Il permet de quantifier la dermatite précoce des mains dans les dépistages
professionnels sur le lieu de travail. Il a donc un potentiel pour identifier les
personnes à risque accru de maladies cutanées liées au travail. Le score reflète
l’état de la peau des sujets sains et aptes au travail (7,42).

44
5.2.5 Osnabrück hand eczema severity index
Le score OHSI est un indice de gravité de l’eczéma des mains d’Osnabrück allant
de 0 à 18 évaluant la gravité clinique. Six signes morphologiques vont être
expertisés : les érythèmes, la desquamation, les papules, les vésicules,
l’infiltration et les fissurations. Chaque signe va être noté de 0 à 3 selon la
gravité ; 0 : rien, 1 : léger, 2 : modéré et 3 : sévère. La somme des gravités va
être multiplié par les six zones pour avoir le total (7).

5.3 Retentissement psychologique


A ce jour, il n’y a pas d’enquête qui permet de mettre en évidence l’impact de la
dyshidrose dans la vie quotidienne des patients et de mesurer leur « handicap ».
En revanche, une étude nommée ECLA (eczéma cohorte longitudinale Adulte) a
été mené en France de 2016 à 2017. Elle avait pour objectif de mesurer le
retentissement psychologique de l’eczéma.

Cette étude ne peut être adapter à la dyshidrose car ici elle concerne toutes les
parties du corps. Mais, certains chiffres sont évocateurs du mal-être des
patients :
- 70% des patients ont une vie sexuelle perturbée à cause de l’eczéma.
- 13% des patients souffrant d’eczéma ont déjà eu au moins un arrêt de travail
lié à la maladie.
- 38% des cas sévères et 25% des cas modérés se disent déprimés en
permanence.

Des arrêts de travail sont réguliers pour certains patients atteints de dyshidrose,
pour d’autres, la maladie professionnelle doit être déclarée et un changement
d’orientation s’impose si le métier devient trop impactant.

Les maladies psychologiques sont fréquemment rencontrées (l’anxiété et/ou la


dépression). Elles augmentent avec la gravité de la maladie et / ou les échecs

45
thérapeutiques. Des patients se renferment sur eux même, et / ou peuvent
présenter une perte de confiance en eux. Et si le prurit ou la douleur est trop
importante, des troubles du sommeil peuvent surgir, ce qui a un impact sur les
troubles psychologique du fait que la fragilité psychologique augmente avec la
fatigue (36,37).

5.4 Retentissement économique


Il y a un retentissement économique qui doit tenir compte de plusieurs facteurs :
- les consultations médicales*,
- les frais médicamenteux*,
- les arrêts de travail,
- le changement de poste,
- les indemnisations
- la reconversion professionnelle.

*En France, les consultations médicales et les frais médicamenteux sont pris en
charge par la sécurité sociale (SS) ainsi que la mutuelle si le patient en bénéficie.
Dans le cadre d’une maladie chronique telle que la dyshidrose le patient peut
être reconnu en Affection Longue Durée (ALD). Dans ce cas c’est une prise en
charge à 100% par la sécurité sociale (Annexe 2 – « tout savoir sur l’ALD »).

De plus les traitements dermatologiques peuvent être très couteux. Chez


certaines personnes, le budget des agents topiques peut atteindre 25% des
dépenses de santé.

D’après une enquête des prix menée par moi-même le 15 septembre 2022 en
Haute-Normandie :
- une huile lavante dermatologique coûte entre 9 et 35€ le litre selon les marques,
contre 2 à 10€ le litre de gel douche classique de cosmétologie en grande
surface.
- un nettoyant cicatrisant coûte environ 11€ les 200mL
- une crème cicatrisante revient à environ 7 – 8€ les 40mL

46
- une crème pour les mains dermatologique est à 6€ les 50mL contre 1,30€ en
grande surface pour des crèmes en cosmétologie, soit 4,5 fois plus.
- un antitranspirant ou détranspirant revient environ à 7 – 8€
- une huile essentielle coûte entre 3€ et 30€ l’unité de 5mL
- une huile végétale coûte de 2,75€ à 11,50€ la bouteille de 100mL
- une boite de probiotique revient à une vingtaine d’euros (tout confondu : gélules,
comprimé, sticks)

Une seule séance chez un thérapeute en France :


- chez le psychologue entre 50 – 70€
- chez un sophrologue en moyenne 60€
Une cure thermale coûte entre 300 et 450€ pour 6 jours en France.

L’enquête nommée ECLA (eczema cohorte longitudinale Adulte) mené en


France sur la DA comporter une partie sur le retentissement économique
engendré par la maladie. Principaux résultats :
- Le montant total des dépenses non remboursées est estimé à 350,50 euros par
patient et par an selon le déclaratif, réparti entre 76,70 euros pour les DA légères
à 462,1 euros pour les DA sévères. Le calcul mené par les investigateurs donne
des résultats comparables (de 51,70 à 489,80 euros).
- Les émollients (utilisés par 40,90 à 93% des sujets de la cohorte selon la
sévérité) représentent entre 51,50 et 254,70 euros non pris en charge par an.
- Les produits d’hygiène (utilisés par 33,7 à 86,3% des sujets de la cohorte)
représentent entre 544,20 et 103,40 euros non pris en charge par an.
- Enfin, des vêtements adaptés et des compléments alimentaires, qui peuvent
être utilisés jusqu’à respectivement 26,9% et 18,5% des patients, représentent
un reste à charge de 162 et 107 euros respectivement pour les patients.
- Et au total, seuls 21,1% des participants ont déclaré n’avoir aucun frais lié à la
DA restant à charge.

47
Cette étude montre le retentissement économique chez des patients
atteints de DA, et ce n’est pas la même surface cutanée qui est concerné dans
la dyshidrose. Néanmoins il montre l’importance des coûts (24,36,37,44).

5.5 Retentissement des gestes barrières durant l’épidémie


de la covid-19
Lors de la crise sanitaire endémique apparut en 2019, des gestes barrières ont
été mis en place. Ils peuvent avoir un impact sur les pathologies cutanées dont
la dyshidrose. Ceux qui auront le plus de répercussion sont principalement le
lavage des mains et l’utilisation de solution hydro-alcoolique (SHA).

Il est recommandé de se laver systématiquement les mains :


- après avoir pris les transports en commun (bus, car, train, métro), en arrivant
au bureau ou chez soi,
- après chaque sortie à l’extérieur,
- après s’être mouché, avoir toussé ou éternué,
- avant et après s’être occupé d’un bébé,
- après avoir rendu visite à une personne malade,
- avant de préparer les repas, de les servir ou de manger,
- après être allé aux toilettes.
Les mains doivent être lavées à l’eau et au savon pendant 30 secondes, en
frottant les ongles, le bout des doigts, la paume et l’extérieur des mains et entre
les doigts. Si le lavage des mains à l’eau et au savon n’est pas faisable, il est
possible d’utiliser une solution hydro-alcoolique en faisant bien les 30 secondes
de friction avec une dose suffisante (Annexes 3 et 4 – Lavage des mains à l’eau
et au savon et utilisation du SHA).

D’après le Indian Journal of Dermatology de septembre 2021, l’accent mis sur


l’hygiène des mains a conduit à une augmentation de dermatoses des mains.
Certaines dermatoses, comme la dyshidrose par exemple, conduisent à une
hygiène des mains compromises, ainsi qu’à des brèches dans la barrière cutanée
qui deviennent une porte d’entrée aux agents infectieux.

48
En 2020, une étude réalisée chez le personnel du Centre hospitalier universitaire
(CHU) de Nantes, permettant de comparer l’impact du lavage des mains avec du
gel hydro-alcoolique et de l’eau et du savon. Les dermites des mains sont
fréquentes chez les soignants et ont significativement augmentées avec les
recommandations concernant l'hygiène des mains et la désinfection des surfaces
depuis le début de l'épidémie de Covid.
Selon l’étude, le pourcentage :
- de ceux qui se lavent les mains plus de 10 fois par jour est passé de 48 % avant
l'épidémie à 78 %,
- de ceux qui utilisent les produits hydro-alcooliques plus de 20 fois par jour de
50 à 77 %,
- avec une augmentation du nombre de dermites des mains, de 60 % à 79 %
dans les unités Covid-19, réanimation et urgences,
- et de 54% à 86 % dans les autres services.
Or, non seulement ces dermites d'irritation sont douloureuses mais elles peuvent
constituer une entrave à l'application des gestes barrière. Pour la société
française de dermatologie (SFD), contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas
les produits hydro-alcooliques qui aggravent ou provoquent cette dermite, mais
plutôt le lavage des mains répété à l'eau et au savon et l'utilisation des
désinfectants de surface.

Pour finir, Chernyshov et Kolodzinska ont fait une étude prospective sur la
dermatite des mains chez le personnel soignant pendant la pandémie de COVID-
19. Cette étude a été publiée le 20 octobre 2020. Les résultats montrent une
prévalence élevée de problème cutané au niveau mains chez le personnel
médical, notamment les infirmières et les médecins durant cette période. Ces
professionnels de santé ont signalé une hausse de l’utilisation de désinfectants
(SHA principalement) durant cette période.

Effectivement le SHA fait partie des gestes barrières permettent de limiter la


transmission des virus saisonniers et de la Covid-19. L’utilisation de crèmes,
lotions, nettoyants, déodorants, antibiotiques ou anti-transpirants peuvent aussi

49
avoir un impact important sur la composition des communautés microbiennes
cutanées, en particulier l’utilisation excessive et/ou prolongée de savons
antibactériens. On parle de dysbiose, terme employé lorsqu’il y a un déséquilibre
du microbiote (7,45–49).

6 Diagnostics
Il est important de diagnostiquer la pathologie que présente les patients afin de
leur proposer un traitement optimal (5,27,31).

6.1 Diagnostics étiologiques


Le diagnostic de la dyshidrose et de l’eczéma dyshidrosique est principalement
basé sur les antécédents du patient. De plus l'interrogatoire est primordial, afin
de déterminer le début des symptômes et leurs éventuels facteurs déclenchants.
Les aliments introduits, ainsi que les habitudes d'hygiène sont eux aussi
examinés à la recherche de responsables douteux.

En effet, l’interrogation va permettre de rechercher les facteurs qui peuvent


provoquer une irritation ou une allergie de contact. Exemples : Y a-t-il une
exposition à des irritants dans le milieu professionnel ou personnel ? à des
allergènes ? L’arrêt de l’exposition améliore-t-il les symptômes ?
Les informations données par le patient vont aider à éliminer les diagnostics
différentiels ou les diagnostics associés.

Les critères de la dyshidrose sont très stricts :


- La présence de vésicules sont essentiellement sur des paumes et/ou des
plantes des mains et des pieds.
- L’aspect histologique est distinct de celui de l’eczéma aigu de contact. Il en
résulte des crevasses profondes et douloureuses siégeant avec prédilection aux
endroits où se forment des durillons ainsi qu’aux plis de flexion des paumes.

50
- Certains eczémas de contact évoquent la dyshidrose. Néanmoins, la
distribution des vésicules et des bulles est souvent irrégulière et asymétrique,
contrairement à la dyshidrose dont la topographie symétrique est habituelle.
L’anamnèse, l’histopathologie, et les tests épicutanés permettent de faire la part
des choses.

Les tests épicutanés appelés aussi patch-tests vont être intéressant pour
analyser des allergies de contacts, comme les métaux souvent liés dans la
dyshidrose. Le principe d'un patch-test est de recréer un eczéma localisé en
laissant agir un ou des constituants suspects (appelé aussi batterie de tests) sur
la peau du dos (Annexes 5 et 6 – Photos d’un patient ayant des batteries de
patch-tests dans le dos et résultats des patch-tests après 72 heures).
L’application de l’allergène est sous occlusion. La peau à l'endroit où est pratiqué
le test doit être indemne de toute lésion aigue et ne doit pas avoir été
excessivement photo-exposée (ce qui induit une immunosuppression locale). De
la même façon, il faut pratiquer les tests en dehors de toute prise concomitante
de corticoïdes dans les 10 derniers jours (Annexe 7 – Recommandation lors de
l’exploration).

Il y a différents résultats possibles à la lecture d’un patch-test :


- une réaction négative ;
- une réaction douteuse : un érythème discret ;
- une réaction faiblement positive : érythème et infiltration discrète avec petites
papules éventuelles ;
- une réaction fortement positive : érythème, infiltration et/ou vésicules ;
- une réaction violemment positive : érythème intense, infiltration, vésicules qui
peuvent confluer en bulles.

6.2 Diagnostic différentiel


C’est une méthode qui permet de différencier une maladie d’autres pathologies
présentant des symptômes proches.

51
Il est parfois très difficile pour les dermatologues de différencier les dermatoses
les unes des autres en raison de leurs similitudes très proches. En effet, la
dyshidrose peut-être confondu avec d’autres pathologies semblables à première
vue : un psoriasis, une mycose, la gale, des petites verrues, une sécheresse
cutanée. Le but du diagnostic différentiel est d’éliminer ces autres pathologies.

Figure 6 - Schéma représentant un diagnostic différentiel

Un diagnostic différentiel peut se poser principalement en cas de dyshidrose


pustuleuse, en cas de doute avec des pustuloses palmo-plantaire (psoriasiques
ou non), d’une dermatophytie palmaire ou plantaire, d’une dermite atopique et de
certains eczémas de contact dysidrosiformes. Un prélèvement biopsique permet
d’orienter le clinicien.

L’eczéma palmaire hyperkératosique pourrait représenter une modalité évolutive


d’eczéma dysidrosique associant un érythème intense et une hyperkératose
prononcée. Il pourrait aussi s’agir d’une forme de transition entre une dermite
d’irritation traumitérative et un eczéma dysidrosique subintrant. De telles lésions
s’étendent de manière diffuse aux paumes et aux plantes avec présence de
nombreuses squames adhérentes. Il en résulte des crevasses profondes et
douloureuses siégeant avec prédilection aux endroits où se forment des durillons
ainsi qu’aux plis de flexion des paumes.

Les formes chroniques sont d’interprétations difficiles et discutables lors


d’étiologies inconnues et incontrôlables.

52
7 Traitements
Dans le cas de cette pathologie les traitements ont des 3 objectifs principaux :
1. Réduire voire supprimer l’inflammation et la formation de vésicules
2. Diminuer le prurit
3. Prévenir et/ou réduire la surinfection

7.1 Les traitements médicamenteux


Le traitement médicamenteux consiste principalement à un traitement local.
Dans la majorité des cas, le but est la pénétration du principe actif à travers la
couche cornée puis le passage dans l’épiderme, et pour finir le derme superficiel.
Cela permet d’avoir une action locale directe. Le choix de l’excipient, le mode
d’application et l’état de la peau à traiter sont aussi important que le choix du
principe actif (PA).

Le PA est la substance naturelle ou synthétique destinée à exercer une activité


pharmacologique, il est responsable de l’action thérapeutique d’un médicament.
A chaque étape présentée ensuite, le principe actif doit être soluble ou en
concentration suffisante pour pouvoir pénétrer la peau :
1) libération du PA ;
2) adsorption : liaison du PA aux structures cutanées, couche cornée ;
3) absorption : par exemple, au sein d’un film lipidique, en cas de liposolubilité
du PA ;
4) pénétration : passage au travers de la couche cornée, la barrière principale ;
5) perméation : passage au travers des autres barrières, telles que les autres
couches de l’épiderme, la membrane basale, le derme, l’endothélium vasculaire ;
6) résorption : passage dans le vaisseau, responsable d’éventuels effets
systémiques.

L’excipient est tout composant autre que le(s) principe(s) actif(s) entrant dans la
composition d’un médicament et est dépourvu d’activité thérapeutique. Il permet
de mettre en forme le médicament et lui donner sa forme pharmaceutique.

53
Le choix de la forme pharmaceutique est essentiel lors de la prescription d’un
topique :
- crème : il en existe deux formes, huile dans eau et eau dans huile ; elle doit être
non occlusive et cosmétiquement acceptable.
- lotion : crème liquide, plus facile à appliquer.
- solution : solution hydro-alcoolique, peut brûler les irritations.
- pommade : monophase dans lequel peuvent être dispersé un liquide ou un
solide. Elle est gras et occlusive.
- gel : liquide gélifié, aqueux ou hydro-alcoolique semi-solide qui se transforme
en liquide lorsqu’il est appliqué sur la peau. Il hydrate bien.
- pâte : pommade plus poudre solide, effet protecteur.
Utiliser les pommades sur les lésions sèches ou squameuses, les lotions sur les
zones pileuses, les crèmes et gel sur les lésions aiguës suintantes et au niveau
des plis.

Malgré le fait qu’il existe des traitements par voie générale, la voie locale est
privilégiée car il y a moins d’effets secondaires qu’un traitement systémique et
peu d’interactions médicamenteuses. En revanche il demande d’y consacrer un
peu plus temps car les traitements topiques nécessitent une application
quotidienne, voire pluriquotidienne, notamment à leur instauration. Mais dans le
cas, de cette pathologie de petites surfaces cutanées sont atteintes. (4,5,24,50)

7.1.1 Les dermocorticoïdes


Les corticoïdes sont des stéroïdes, naturellement présents dans
l’organisme, ils sont synthétisés par les surrénales. Les dermocorticoïdes
constituent actuellement la première étape du traitement de la dyshidrose. De
nombreux protocoles d’utilisation sont proposés.

Les principaux effets thérapeutiques recherchés des dermocorticoïdes topiques


sont les effets anti-inflammatoires, antiprolifératifs, immunosuppresseurs et
cytotoxiques. L’effet anti-inflammatoire se traduit par une vasoconstriction et une
diminution de la perméabilité des capillaires dans le derme, empêchant
l’extravasation des neutrophiles. L’effet antiprolifératif affecte toutes les cellules

54
de la peau : kératinocytes, mélanocytes et fibroblastes. L’immunosuppression se
produit grâce à l’inhibition de l’activation des leucocytes et de la libération des
cytokines et par une diminution des cellules de Langerhans dans l’épiderme.

En France, ces dermocorticoïdes topiques sont divisés en 4 classes allant de la


classe I avec un niveau d’activité le plus faible, à la classe IV pour ceux ayant le
niveau d’activité le plus fort. Cette classification dépend de leur action sur peau
saine. Les dermocorticoïdes sont recensés par classe dans le Tableau 3 –
Activités des dermocorticoïdes.

Tableau 3 - Activités des dermocorticoïdes.

Classe IV : Dermocorticoïdes d’activité très forte – Liste I


Dermoval® crème, gel, mousse Clobétasol propionate 0,05%
Diprolene® pommade Bétaméthasone dipropionate 0,05% avec
propylène-glycol
Clobex® Clobétasol
Classe III : Dermocorticoïdes d’activité forte – Liste I
Betneval® crème, pommade, lotion Bétaméthasone valérate 0,1%
Diprosone® crème, pommade, lotion Bétaméthasone dipropionate 0,05%
Efficort® crème lipophile, hydrophile Bétaméthasone acéponate 0,127%
Epitopic® crème Difluprednate 0,05%
Flixovate® crème, pommade Fluticasone 0,05%
Nerisone® crème, pommade Diflucortolone valérianate 0,1%
Locatop® crème Désonide 0,1%
Locoïd® crème, pommade, lotion, émulsion Hydrocortisone acétate 0,5%
Classe II : Dermocorticoïdes d’activité modérée – Liste I
Desonide® crème
Désonide 0,1%
Locapred® crème
Tridesonit® crème Désonide 0,05%
Classe I : Dermocorticoïdes d’activité faible – Liste I
Hydrocortisone® et Hydracort® crème Hydrocortisone

55
Dermocorticoïdes de classe II associé à un antiseptique – Non remboursé
Nerisone C® crème Diflucortolone 0,1% + chlorquinaldol
Dermocorticoïdes de classe II associé à un antifongique – Non remboursé
Pevisone® crème Triamcinolone 0,1% + éconazole

Il existe plusieurs excipients. L'action du véhicule est importante puisqu'elle peut


permettre de modifier le résultat des tests de vasoconstriction. Ainsi le propylène
glycol contenu dans le Diprolène® permet de rendre plus puissant ce
dermocorticoïde, alors qu'il s'agit du même principe actif que dans le Diprosone®
de la même façon, l'action anti-inflammatoire de la pommade Diprosone® est
plus forte que la crème.

Les pommades et les crèmes épaisses sont adaptées aux lésions sèches,
fissulaires ou hyperkératosiques. Les crèmes conviennent à tous types de
lésions, y compris suintantes. Il existe des associations proposées avec des
kératolytiques de type acide salicylique. Celui-ci agit en modifiant l'équilibre
lipidique, ce qui diminue la cohésion intercellulaire et favorise la pénétration du
dermocorticoïde.

La posologie d'application est le domaine le plus empirique. L'application


biquotidienne est la plus habituelle, au moins pendant 3 jours sur les zones
touchées. L'expérience montre, en effet, intuitivement, que le traitement réalisé
2 fois par jour apporte un soulagement plus important au patient. L’application
doit être idéalement réalisée après le bain ou la douche. Pour arrêter un
traitement supérieur à 30 jours, la décroissance posologique est recommandée
car il existe un effet rebond si l’interruption du traitement n’est pas progressive.
Dans le cas de la dyshidrose, le risque d’un arrêt brutal est une augmentation
soudaine de lésions.

La quantité optimale de crème à appliquer a été définie à 4 mg/cm2, soit une


application en fine couche. Une augmentation de cette quantité n’optimise pas
l’effet thérapeutique et ne permet pas d’accélérer le résultat. Chez l'adulte
comme chez l'enfant et le nourrisson, afin de mieux connaitre le volume de

56
dermocorticoïdes topique à appliquer sur la surface à soigner, on peut utiliser la
méthode de l'unité phalangette.

L’unité phalangette correspond à la quantité de crème déposée d'un trait continu


sur toute la longueur de la dernière phalange de l'index d'un adulte (Image 4 –
Unité phalangette). Cette quantité ainsi délivrée permet de traiter une surface de
peau correspondant à la surface des 2 mains d'un adulte.

Il existe un tableau définissant la quantité nécessaire d’unité phalangette pour le


traitement de la tête, des membres supérieur et main, des membres inférieur et
pied, du tronc face antérieur, et du tronc face postérieur. Ce tableau est en
fonction de l’âge (Figure 7 – Quantité d’unité phalangette nécessaire).

Image 4 – Unité phalangette Figure 7 - Quantité d'unité


phalangette nécessaire

Une unité phalangette correspond à 0,5 g de produit. Un tube de 30 grammes


contient donc 60 unités phalangettes. Il est conseillé d'appliquer le produit en
l’espaçant, puis de l'étaler en massant légèrement jusqu'à ce qu'il soit absorbé.
Il est utile de comptabiliser le nombre de tubes utilisés, en particulier lors du
traitement de grandes surfaces.

Les paumes et les plantes sont très résistants aux effets des
dermocorticoïdes. En effet, le coefficient d’absorption percutanée est de 0,1 pour
la voûte plantaire et 0,83 pour la paume des mains ; par rapport à celui de la face

57
antérieure de l’avant-bras pris comme référence. Il existe un passage
transcutané, qui est augmenté en cas d'altération de la peau.

Concernant les effets secondaires de la corticothérapie locale, ils dépendent


principalement de la puissance de l’agent, de la durée d’application et du site
concerné. Ils sont surtout marqués par une hyperpilosité, une hypopigmentation,
un érythème persistant, les télangiectasies, une atrophie dermique ou encore
une tendance aux ecchymoses. Dans le cas de la dyshidrose, les zones atteintes
sont peu concernées par ces effets car la peau est épaisse et le site reste
localisé. Cependant les effets secondaires pour une même dose appliquée
peuvent être très différents d’une personne à l’autre.

Pour finir ; les dermocorticoïdes sont contre indiqués chez les nourrissons de
moins de trois mois, chez l’homme en application lorsqu’il y a de l’acné, des
lésions ulcérées, des infections cutanées bactériennes, virales, mycosiques ou
parasitaires et bien sûre s’il y a une hypersensibilité à l’un des constituants
(24,35,50–52).

7.1.2 L’Alitrétinoïne
L’alitrétinoïne est un médicament dérivé de la vitamine A. Le mécanisme
d’action est inconnu mais des effets immunomodulateurs et anti-inflammatoires
applicables aux inflammations cutanées ont été démontrés. De plus, les
rétinoïdes ont des effets sur la prolifération cellulaire, la différenciation cellulaire,
l’apoptose, l’angiogenèse, la kératinisation, la sécrétion de sébum et
l’immunomodulation.

Il est indiqué chez l'adulte atteint d'eczéma chronique sévère des mains,
incluant la dyshidrose, ne répondant pas au traitement par dermocorticoïdes
puissants. Les patients ayant des signes prédominants d'hyperkératose seront
plus susceptibles de répondre au traitement que ceux pour lesquels la dyshidrose
est prédominante.

58
Il est commercialisé sous le nom de Toctino® et Alizem® sous forme de capsule
molle de 10 ou 30mg. Sa prescription est initialement réservée aux
dermatologues. La dose d'initiation recommandée est de 30 mg en une prise
quotidienne. Une diminution de la dose à 10 mg en une fois par jour peut être
envisagée chez les patients ayant des effets indésirables non tolérables à la dose
de 30 mg. L’alitrétinoïne est généralement bien tolérée.

Les effets secondaires rapportés sont des céphalées qui sont dose-
dépendantes, des bouffées de chaleur, des événements cutanéomuqueux (par
exemple, xérose cutanée, chéilite et xérophtalmie), des hyperlipidémies et
rarement une diminution des taux de thyroxine libre et de TSH.

Comme tous les rétinoïdes systémiques, l’alitrétinoïne est tératogène et


nécessite une surveillance stricte lorsqu’elle est utilisée chez les femmes en âge
de procréer. Il est nécessaire de faire un test de grossesse avant l’instauration
d’un traitement par alitrétinoïne, et d’être sous contraception efficace durant toute
la durée du traitement et un mois après l’arrêt du traitement.

Ce médicament est contre indiqué en cas d’allergie aux arachides, d’insuffisance


hépatique, d’insuffisance rénale grave, de troubles métaboliques
(hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie, ou d’hypothyroïdie non contrôlée),
d’hypervitaminose A, aux femmes enceintes et allaitantes (50,53–56).

7.1.3 Les immunosuppresseurs


Les immunosuppresseurs sont autres classes pharmaceutiques utilisés
dans le traitement de la dyshidrose malgré qu’ils n’aient pas d’AMM pour cette
dermopathologie. Il y a la ciclosporine, le tacrolimus, le méthotrexate, qui ont une
AMM dans certaines pathologies cutanées et le dupilumab qui a une ATU
nominative.

59
7.1.3.1 Ciclosporine
La ciclosporine est un immunosuppresseur systémique, inhibiteur de la
calcineurine. La ciclosporine est commercialisée sous le nom de Néoral® sous
forme capsule dosée à différents : 10mg, 25mg, 50mg ou 100mg ; et sous forme
de solution buvable à 100mg/mL. Elle existe aussi en solution injectable sous le
nom de Sandimmum®, mais elle n’est pas indiquée dans le cadre de la
dyshidrose.

Indication et posologie
Elle est indiquée dans les formes sévères, lorsque les traitements classiques
sont insuffisants. Elle est à prescrire avec prudence du fait de leurs effets
secondaires à court, moyen et long terme.
La ciclosporine est administrée par voie orale en deux prises par jour, une le
matin et une le soir. Chez l'adulte, son efficacité optimale nécessite une posologie
de 2 à 5 mg/kg/j en cure de 3 à 6 mois.

La prescription initiale est réservée aux spécialistes hospitaliers. Elle est


indiquée qu'en cas d'échec aux autres thérapeutiques.

Surveillances et précautions d’emploi


Elle nécessite surveillance spécialisée avec des dosages réguliers de la
créatinine, de la bilirubine, des transaminases et des taux plasmatiques ou
sanguin, afin d’adapter la posologie.

Effets indésirables et contre-indication


Les plus fréquents s’observent en début de traitement : fatigue, tremblement des
doigts, sensations de fourmillements, céphalées et douleurs musculaires. Ces
effets sont observés chez 10 à 20% des patients. Plus rarement, une
néphrotoxicité dose-dépendante peut apparaître, ainsi qu’une hépatotoxicité, des
troubles neurologiques, des troubles métaboliques tels qu’une hyperglycémie,
hyperuricémie, hyperkaliémie, ou hypermagnésémie et un risque accru
d’infections et de cancers cutanés.

60
Ce médicament est contre indiqué en cas d’occlusion intestinale, de vaccins
vivants atténués et de certaines associations médicamenteuses. En effet,
quelques molécules peuvent être incompatibles avec la ciclosporine à cause des
interactions médicamenteuses, des cytochromes et des p-glycoprotéines, tels
que carbamazépine, millepertuis, et rifampicine (50,54,56,57).

7.1.3.2 Tacrolimus
Le tacrolimus un macrolide immunosuppresseur. Son action repose sur
l'inhibition de la calcineurine, qui bloque donc la sécrétion de cytokines par les
lymphocytes T. Lorsqu'un antigène se fixe sur un récepteur du lymphocyte T, il
provoque son activation, ce qui se traduit par une libération de calcium dans le
cytoplasme du lymphocyte. Ce calcium se lie à la calmoduline, qui active la
calcineurine (phosphatase). Cette cascade biologique induit la synthèse de
cytokines (IL2, IL3, IL4, TNF...), qui exacerbent la réaction d'eczéma.

Le Tacrolimus est commercialisé sous la forme de pommade à deux


concentrations : 0,01% pour le Takrozem® et 0,1% et 0,03% pour le Protopic®.

Indication et posologie
C’est un médicament d’exception dont la prescription est réservée aux
dermatologues et aux pédiatres. Il doit être appliqué en couche mince sur toutes
les parties à traiter deux fois par jour pendant maximum six semaines, puis une
fois par jour. Il y a un passage dans la circulation générale très faible.

Surveillance et précautions d’emploi


Cette pommade ne doit pas être appliquée sous pansement occlusif.

Une étude de 2008 publiée par la Haute Autorité de Santé montre une
augmentation des infections cutanées de 16%, ou encore celle de l’Agence
Européenne du Médicament qui met en évidence l’accroissement de ces
infections. Il faut donc indiquer aux patients qu’il faut interrompre le traitement en
cas de doute sur une infection.

61
Effets indésirables et contre-indication
Le plus fréquent est le prurit ou une sensation de brûlure surtout lors des
premières applications. Cet effet est plus fréquent chez l'adulte (44%) que chez
l'enfant (25 %). Ces sensations disparaissent spontanément après quelques
jours de traitement ou immédiatement en association avec de l’aspirine 1g. C’est
une cause d'interruption du traitement assez fréquente. Cet effet secondaire
serait lié à la libération de substance P par les terminaisons nerveuses.

Des cancers cutanés n'ont pas été rapportés chez l'homme, mais il apparaît
important d'éviter une photothérapie en même temps que l'application de
Tacrolimus.

Ce médicament est contre indiqué en cas d’hypersensibilité aux macrolides,


d’immunodépression congénitale ou acquise et chez les enfants de moins de
deux ans (20,50,53,54,58,59).

7.1.3.3 Méthotrexate
Le méthotrexate est un antagoniste de l'acide folique qui, en tant
qu'antimétabolite, appartient à la classe des principes actifs cytotoxiques. Il agit
par inhibition compétitive de l'enzyme dihydrofolate réductase et inhibe ainsi la
synthèse de l'ADN. Il n'a pas encore été clairement déterminé si l'efficacité du
méthotrexate dans le traitement de certaines dermatoses est due à un effet anti-
inflammatoire ou immunosuppresseur.

L’autorisation de mise sur le marché (AMM) est délivrée dans le cadre de certains
cancers sous forme injectable à fortes doses ; mais aussi dans certaines
maladies inflammatoires de la peau ou des articulations, sous forme injectable
par voie sous-cutanée ou per os, à faibles doses.

Il est commercialisé sous les noms de Novatrex® et Imeth® sous forme de


comprimé de 2,5mg ou 10mg ; ainsi que sous le nom de Metoject® sous forme
de stylo pré-remplis ou seringue allant de 7,5mg à 30mg. Lors du passage d’une

62
formulation orale à une formulation sous-cutanée, une réduction de dose peut
s’avérer nécessaire.

Indication et posologie
Ce traitement est prescrit en qu’à d’échec des autres thérapeutiques dans le cas
de la dyshidrose. Il est pris en charge par l’assurance maladie à 65%. La
posologie du méthotrexate est une prise hebdomadaire de 7,5 à 25 mg.

Une supplémentation en folates est recommandée : l’acide folique per os, à


5mg/semaine, doit être administré 24 à 48h après la prise unique de
méthotrexate. Cette vitamine permet de réduire la iatrogénie digestive et
hépatique de l’immunosuppresseur.

Ce traitement est suspensif c’est-à-dire qu’il ne guérit pas la maladie mais


contrôle son évolution, il peut donc être instauré durant des mois voire des
années. De plus un début de réponse peut être observé le 1er mois, mais l’effet
maximum est obtenu environ 3 à 4 mois après l’introduction du traitement.

Surveillance et précautions d’emploi


En raison du risque de surdosage toxique une surveillance biologique doit être
mise en place après 7 jours puis tous les 15 jours le premier mois, puis une fois
par mois tous les 2 à 3 mois. Cette surveillance comprend : une numération de
formule sanguine (NFS), un bilan rénal et hépatique, puis avant de débuter le
traitement, une radiographie pulmonaire est réalisée en plus.

Effets indésirables et contre-indication


Il est généralement bien toléré, mais peut-être à l’origine de certains effets
secondaires : nausées, vomissements, diarrhée, fibrose hépatique et au
maximum cirrhose, fibrose pulmonaire et pan-cytopénie. De plus, un risque
hématologique existe : leucopénie, thrombopénie, agranulocytose, anémie
macrocytaire ; ainsi qu’une atteinte rénale. Le méthotrexate peut s’avérer aussi
tératogène.

63
Du fait de sa tératogénicité, la grossesse est une contre-indication. Les autres
contre-indications sont : une insuffisance hépatique sévère, une insuffisance
rénale sévère, un alcoolisme, une anémie, leucopénie, thrombopénie sévères,
des infections aigues ou chroniques sévères, une immunodéficience primitive ou
acquise, une stomatite, des ulcères buccaux et maladie ulcéreuse gastro-
intestinale évolutive sont eux aussi formellement contre-indiqués (50,54,60).

7.1.3.4 Dupilumab
Le Dupilumab est un anticorps monoclonal recombinant humain de type
IgG4, inhibant la signalisation des interleukines-4 et -13, cytokines majeures
dans la voie Th2 impliquées dans la dermatite atopique. Il est commercialisé sous
le nom de Dupixent® sous forme de solution injectable sous cutané :
- en seringue ou stylo de 200mg pour les enfants de moins de 60kg
- en seringue ou stylo de 300mg pour les adultes et enfants de plus de 60kg.

Indication et posologie
Il est indiqué dans le traitement de la DA modérée à sévère de l’adulte et de
l’enfant âgé de 6 ans et plus qui nécessitent un traitement systémique. Sa
prescription est conditionnée à une prescription initiale hospitalière (PIH)
réservée aux dermatologues, internistes, pneumologues et pédiatres.

Il y a deux injections à la première utilisation, puis une injection tous les 15 jours.
La posologie est la suivante : deux injections simultanées puis une injection
bimensuelle, toutes les deux semaines. L’injection se fait dans l’abdomen, les
cuisses ou le haut du bras.

Précautions d’emploi
Les infections aux helminthes doivent être traitées avant d’initier un traitement
par Dupilumab, et un bilan ophtalmologique doit être fait en cas de conjonctivites
persistantes.

64
Effets indésirables et contre-indication
Concernant les effets secondaires, la principale est une réaction au site
d’injection avec une fréquence supérieure à 10%. Les autres effets indésirables
sont : céphalées, conjonctivites, herpès, prurit oculaire, blépharites, arthralgies,
éosinophilies, angioedèmes, maladie sérique ou encore anaphylaxie.

Il n’y a qu’une seule contre-indication qui est l’hypersensibilité au principe actif


ou excipient.

Il n’y a pas d’AMM pour ce médicament mais un Accès Compassionnel


(anciennement ATU nominative) :
Deux études cliniques de phase 2 évaluant l’efficacité et la tolérance du
Dupilumab versus placebo dans le traitement de l'eczéma chronique des mains
sont actuellement en cours :
- Dupeczemain qui a pour objectif d’évaluer l’efficacité et la tolérance du
Dupilumab dans l’eczéma modéré à sévère et non répondant aux traitements
locaux par corticoïdes.
- Dupshe qui a pour objectif de démontrer l’efficacité du Dupilumab chez les
patients avec eczéma des mains ayant une réponse inadéquate ou une
intolérance à l’Alitrétinoïne.

Waldman et al. décrivent l’utilisation de Dupilumab chez 15 patients atteints


d’eczéma dyshidrotique. Cette série excluait les patients s’ils présentaient une
dermatite atopique connue ou des éruptions eczémateuses sur d’autres parties
du corps. Les patients incluent dans l’étude ont été traités sans succès par des
corticoïdes topiques, et 73% d’entre eux (soit 11/15) avaient également reçu sans
succès un immunosuppresseur oral, de la photothérapie ou les deux.
Tous les patients ont démontré une réponse au moins partielle au Dupilumab,
avec une diminution des érythèmes et du prurit, et 6 des 15 patients (40%)
avaient une réponse complète. 93% des patients (14/15) qui ont commencé le
traitement par Dupilumab ont continué à le recevoir, avec une durée moyenne
de traitement de 12,5 mois (50,56,61,62).

65
7.1.4 Les antihistaminiques
L'amélioration de la dermatose cutanée par des émollients et de l'état
inflammatoire par des dermocorticoïde suffit en général à réduire et à faire
disparaître le prurit. Si cela ne suffit pas, notamment en cas de prurit nocturne,
les antihistaminiques peuvent être proposés contre ces démangeaisons.

Des antihistaminiques ont une AMM dans le cas de traitement symptomatiques


adjuvant des dermatoses prurigineuses ainsi que dans le traitement
symptomatique des dermatoses tel que l’urticaire.

Les antihistaminiques anti-H1 agissent au niveau des récepteurs


histaminergiques de type H1 par antagonisme spécifique et compétitif, expliquant
leur effet avant tout préventif et leur inefficacité dans les réactions allergiques
sévères. Les antihistaminiques H1 de 2ème génération n’ont pas d’effets
anticholinergiques et moins d’effets sédatifs mais une somnolence peut survenir
à doses élevés. Les plus utilisés sont :
• Aerius® = Desloratatide
• Bilaska® ou Inorial® = Bilastine
• Kestin® ou Kestinlyo® = Ebastine
• Zyrtec® ou Virlix® = Cétirizine
• Xyzall® = Lévocétirizine
Ils sont tous sous forme de comprimé, et comprimé orodispersible pour
l’ébastine.

Ils sont contre indiqués dans le cas d’une insuffisance rénale (pour la cétirizine
et la levocétirizine), en cas d’insuffisance hépatique, d’allongement congénital ou
acquis de l’espace QT, de risque de glaucome par fermeture de l’angle ou de
rétention urinaire, chez les enfants de moins de 2ans et les femmes enceintes.

Parmi les stratégies antiprurigineuses, l’application d’une compresse


froide peut-être mise sur la région atteinte, ainsi que le maintien des ongles courts
car le grattage peut causer la formation de fissures ou blessures qui peuvent

66
laisser certaines bactéries pénétrer dans l’épiderme abîmé et causer une
infection (50,53,56).

7.1.5 Les hypnotiques


Les hypnotiques, appelés aussi somnifères, sont indiqués en cas de troubles
sévères du sommeil : des insomnies occasionnelles ou transitoires. Celles-ci
peuvent être causées par le prurit dû à la dyshidrose.

En plus d’être prescrit très ponctuellement, ils doivent être à la posologie la plus
faible possible et pour la plus courte période envisageable. Ces médicaments
peuvent s’avérer très addictif et se divise en quatre sous-groupes (Tableau 5 –
Médicaments hypnotiques listés) (50,54,56).

Tableau 4 - Médicaments hypnotiques listés

Nom Classe
Imovane® = Zopiclone Cyclopyrrolones
Stilnox® = Zolpidem Imidazopyridines
Havlane® = Loprazolam Benzodiazépines
Lormétazépam d’action intermédiaire
Mogadon® = Nitrazépam Benzodiazépines
Nuctalon® = Estazolam d’action prolongée

En plus des hypnotiques listés, c’est-à-dire nécessitant une prescription


médicale, il existe d’autres classes médicamenteuses qui elles sont moins
addictives et non listés (Tableau 6 – Médicaments non listés, non exhaustif).
Tableau 5 - Médicaments non listés

Nom Classe
Donormyl® = Doxylamine Antihistaminique
Circadin® = Mélatonine Régulateur des rythmes circadiens
Tranquital® = Aubépine + Valériane Phytothérapie

67
Euphytose nuit® = Passiflore +
Mélatonine
ZzzQuil® = Mélatonine + Vitamine B6
+ Valériane + Camomille + Lavande
Alvityl® Méla-Sommeil = Mélatonine Phytothérapie + Régulateur des
+ Passiflore + Mélisse + Camomille- rythmes circadiens
matricaire + Vitamine B6
ArkoRelax® Sommeil = Mélatonine +
Valériane + Passiflore + Eschscholzia
+ Viramine B6

7.2 Les traitements non médicamenteux


7.2.1 Les photothérapies
Les photothérapies sont un traitement qui utilisent la lumière ou des
rayonnements du spectre solaire (comme les ultraviolets). C’est une technique
particulière utilisée pour détruire des cellules.

Les propriétés immunosuppressives des ultraviolets (UV) sont déjà exploitées


dans le traitement d’autres dermatoses telles que le psoriasis, et la dermatite
atopique. Dans le cadre de la dyshidrose, il existe plusieurs protocoles :
- UVA (320 à 400 m),
- UVB (290 à 320 nm),
- Association UVA et UVB,
- Balnéopuvathérapie
L'efficacité de ces différents traitements a été reconnue ; l'association UVA-UVB
est classiquement la plus efficace.

Seulement, la photothérapie est contraignante puisqu’en moyenne une


quarantaine de séances sont nécessaires pour obtenir un résultat thérapeutique,
ce qui nécessite une bonne observance des patients. Puis les effets sont

68
suspensifs, c’est-à-dire qu’ils ne durent que sur le période de thérapie. Ces
différents traitements sont réservés aux formes sévères.

Les photothérapies UVB et UVA sont prises en charge par la sécurité sociale
après acceptation de la demande d’entente préalable établie par le dermatologue
et adressée immédiatement par l’assuré au médecin-conseil de sa caisse
d’assurance maladie.

7.2.1.1 Photothérapie UVB


La photothérapie UVB est un traitement irradiant les zones du corps par
des rayons ultraviolets B (UVB) à spectre étroit de 311 nm sans prise de
médicament photosensibilisant. Un examen cutané est indispensable avant de
débuter la photothérapie UV. Elle est utilisée depuis plus de 30 ans avec succès
dans le traitement de nombreuses dermatoses.

Afin d’éviter les effets indésirables (érythème de type coup de soleil ou une
sécheresse cutanée), il est important d’informer de dire aux patients d’en
informer leurs médecins qu’ils sont sous photothérapie.

La photothérapie UVB est contre indiquée en cas d’antécédents personnels de


cancer cutané, d’expositions antérieures aux rayons X, ou de la présence de
lésions pré-cancéreuses cutanées (50,54,63).

7.2.1.2 Photothérapie UVA


La photothérapie UVA appelée PUVAthérapie est un traitement consistant
en l’irradiation du corps par des rayons ultraviolets A après la prise d’un
médicament photosensibilisant : le méthoxsalène ou Méladinine®, de la famille
des psoralènes.

Un bilan cutané est indispensable avant de débuter la PUVAthérapie. Un examen


ophtalmologique et un bilan sanguin pourront être demandés au patient en
fonction de son état de santé. Ensuite, les séances sont espacées de 48 heures
au minimum, et les doses d’UVA seront progressivement croissantes.

69
Concernant les effets indésirables, ils sont équivalents aux UVB mais en plus il
est probable de présenter une intolérance digestive aux comprimés prescrits
avant la séance. Afin d’éviter d’en avoir, comme pour un traitement par
photothérapie UVB, il est indispensable que le patient informe tous les
professionnels de santé qui interviennent dans son parcours de soin.

La photothérapie UVA est formellement contre indiquée chez la femme enceinte


et allaitante du fait de la prise de Méthoxsalène. Puis comme pour les UVB : en
cas d’antécédents personnels de cancer cutané, d’expositions antérieures aux
rayons X, ou de la présence de lésions pré-cancéreuses cutanées (50,54,64).

7.2.2 La Toxine Botulique


La toxine botulique (TB) représente une nouvelle modalité thérapeutique
d’un certain nombre d’infections pour lesquelles les traitements conventionnels
sont inopérants. La TB s’est avérée efficace dans l’hyperhidrose qui accompagne
souvent la dyshidrose. Sa prescription est réservée à certains spécialistes dont
les dermatologues. En revanche, ces injections ne sont pas prises en charge par
la sécurité sociale contrairement à la phorothérapie.

Il existe deux types de TB : la A et la B (Tableau 7 – groupe des toxine botulique)


Tableau 6 – Groupes des toxines botuliques.
Toxines les plus utilisées
Botulinum toxin type A Botox®, Dysport®, Azzalure®
Botulinum toxin type B Myobloc®

La TB de type A est la plus utilisée en clinique humaine. Elle provient de la


fermentation du Clostridium botulinum type A dans un milieu contenant des
hydrolysats de caséine, du glucose et des extraits de levure. Cette TB bloque la
libération périphérique d'acétylcholine au niveau des terminaisons nerveuses
cholinergiques présynaptiques, en clivant la SNAP-25, une protéine impliquée
dans le stockage et la libération de l'acétylcholine à partir des vésicules situées
dans les terminaisons nerveuses. Elle bloque donc provisoirement la production

70
de sueur par ces glandes. Après un certain temps, de nouvelles terminaisons
nerveuses se forment et les connexions se rétablissent.

En plus de réduire l’hyperhidrose, des preuves cliniques suggèrent que la TB de


type A réduit les seuils de douleur, d'inflammation neurogène et de douleur
cutanée liée à la chaleur dans un modèle de sensibilisation du trijumeau induite
par capsaïcine.

Concernant les effets secondaires, les plus fréquents sont généralement


des effets indésirables locaux : rougeur, œdème, hématome aux points
d’injections, sécheresse cutanée. Plus rarement des troubles musculaires dans
la zone traitée, à signaler au médecin. Tous ces effets sont transitoires
(54,65,66).

7.2.3 L’ionophorèse
L’ionophorèse est une technique médicale utilisée pour traiter les patients
ayant une transpiration excessive localisée, comme dans les cas de dyshidrose.
Il suffit de plonger les mains et / ou les pieds dans un récipient d’eau dans lequel
passe un courant électrique de faible intensité afin de bloquer ou réduire le
mécanisme des glandes sudoripares et donc la production de sueur.

Avant de commencer un traitement par ionophorèse, un avis médical s’impose.


Les séances peuvent avoir lieu chez le dermatologue et être prise en charge par
l’Assurance Maladie à hauteur de 70%, (le reste à charge peut être supporté par
la mutuelle). Il est possible de poursuivre le traitement à domicile, après avoir
acquis l’appareil spécifique.

Une dizaine de séances d’environ 20 minutes chacune sont nécessaires pour


obtenir un résultat satisfaisant, puis des séances d’entretien en raison d’une fois
par mois sont souvent utiles pour éviter le risque d’une récidive.

Concernant les effets indésirables, l’ionophorèse est généralement


indolore mais peut causer des sensations désagréables tels que des

71
picotements, une irritation cutanée, et / ou des douleurs en cas de plaie de la
zone immergée.

L’ionophorèse est formellement contre-indiquée chez les personnes porteuses


de pacemaker, puis évitée chez les patients porteurs de prothèse métallique et
chez les femmes enceintes (67).

72
PARTIE II : PRISE EN
CHARGE DE LA
DYSHIDROSE PAR LE
PHARMACIEN
D’OFFICINE

73
1 Enquête sur les connaissances de la dyshidrose

1.1 Présentation de l’enquête


1.1.1 Introduction à l’enquête
Par sa faible incidence, la dyshidrose est une pathologie cutanée peu
connue voire méconnue des professionnels de santé, notamment par les
pharmaciens et le personnel officinal. Quelles connaissances ont ces
professionnels de santé de la dyshidrose ? Quels conseils délivrer au comptoir ?
Existe-t-il des produits de parapharmacie adaptés à cette maladie
dermatologique ?

C’est dans l’intention de répondre à ces questionnements, que l’étude est


réalisée. L’objectif est de faire un état des lieux des connaissances des
pharmaciens concernant la dyshidrose, afin de proposer une fiche spécifique de
conseils associés.

1.1.2 Matériels et méthodes


L’étude est menée sous forme de questionnaire (Annexe 8 –
Questionnaire), sur une période de deux mois. Ce questionnaire comporte 5
rubriques et chacune d’entre elles sont divisées en sous parties. Au total il y a 10
questions obligatoires et une facultative.

1.1.2.1 Construction du questionnaire


En introduction du questionnaire, une courte lettre explicative a été
adressée aux pharmaciens et personnel officinal de façon à énoncer le but de
l’enquête et d’indiquer à qui s’adresse exactement le questionnaire.

Le questionnaire débute par une section consacrée au recueil des données


personnelles. La deuxième rubrique est consacrée aux connaissances de la
dyshidrose : localisation des lésions, facteurs aggravants, saisonnalité et les
diagnostics différentiels.

74
Pour terminer une troisième et dernière partie est destinée à recueillir l’opinion
du répondant sur la dyshidrose, le covid-19 et la qualité de vie du patient atteint
de cette dermopathologie.

1.1.2.2 Conception du questionnaire


Afin de mener au mieux l’enquête auprès des pharmaciens et des
préparateurs, celle-ci a été faite sous la forme d’un questionnaire. Ce
questionnaire a été réalisé à l’aide du logiciel Google Forms® facile d’utilisation.

Ce logiciel a été choisi pour 2 intérêts majeurs : la possibilité de créer un


questionnaire en ligne facilement accessible, et le recensement simple des
réponses sous forme de statistiques.

1.1.2.3 Diffusion du questionnaire


Le questionnaire s’adresse à toutes les professions officinales :
pharmaciens, préparateurs, étudiants pharmacien et aux apprentis préparateur.

La diffusion du questionnaire s’est faite de deux manières distinctes : via les


réseaux sociaux et via une tablette connectée lors d’un démarchage direct. La
diffusion via les réseaux sociaux a eu lieu en publiant un lien d’accès au
questionnaire Google Form® sur des groupes Facebook® de pharmaciens.
Concernant le démarchage direct, je me suis présentée dans une cinquantaine
d’officines avec une tablette connectée sur laquelle j’avais chargé le
questionnaire. Ce démarchage direct m’a permis de récolter un tiers des
réponses totales.

1.2 Résultats et discussion


Cette enquête a été mise en ligne le 25 juillet 2022 et clôturée le 25
septembre 2022, soit 2 mois après sa diffusion. Tous les formulaires retournés
ont été intégralement complétés. Elle comptabilise 330 réponses dont la majorité
sont des pharmaciens (Figure 8 – Statut des répondants à l’enquête).

75
Figure 8 – Statut des répondants à l’enquête

Cette majorité s’explique par le fait que la diffusion du questionnaire s’est faite
principalement sur des groupes de pharmaciens d’officines qui sont en plus
grands nombres comparés aux groupes de préparateurs.

L’étude révèle que plus de 90% des répondants connaissent le terme dyshidrose
(Figure 9 – Connaissance du terme dyshidrose). Mais qu’en est-il vraiment ? Est-
ce que la dyshidrose est correctement connue des pharmaciens ?

Figure 9 – Connaissance du terme dyshidrose

1.2.1 Connaissance et expérience


Trois tranches d’expérience ont été définies : moins de 5 ans, 6 à 10 ans
et plus de 10 ans. Le taux de réponse est majoritaire chez le groupe ayant moins
de 5 ans d’expérience, il représente 42,1% des participants. Il est suivi de près

76
par la tranche « plus de 10 ans » avec 39,1% (Figure 10 – Proportions des
années d’expériences).

Parmi les personnes ayant le moins d’expérience, il y a 52% de pharmaciens,


10% de préparateurs, 36% d’étudiants pharmaciens, et 2% d’apprentis
préparateurs (Figure 11 – Proportions des années d’expérience par formation).

Figure 10 - Proportions des années d’expérience

1 à 5 ans 6 à 10 ans 10 ans et plus

80
70
60
50
40
30
20
10
0
Pharmaciens Préparateurs Etudiants Apprentis

Figure 11 - Proportion des années d’expérience par formation

Les années d’expérience sont significatives quant à la connaissance de la


dyshidrose pour les préparateurs en pharmacie : la majorité ayant bien répondu
ont 10 ans et plus d’expérience. Cependant, pour les pharmaciens, l’expérience
n’a pas d’impact sur les connaissances de la dyshidrose. Ont été recensées

77
autant de bonnes réponses venant des jeunes pharmaciens que des
pharmaciens expérimentés.

1.2.2 Dyshidrose, localisation et incidence


Les organes touchés par la dyshidrose sont les mains et les pieds. Cette
notion est connue de la très grande majorité des répondants, malgré 11% pense
que les plis cutanés sont également impactés par la dyshidrose, et que 3% pense
que le cuir chevelu est atteint par cette pathologie (Figure 12 – Graphique
représentant les zones touchées par la dyshidrose, d’après les professionnels
officinaux).

Figure 12 - Graphique représentant les zones touchées par la dyshidrose


d’après les professionnels officinaux

Au total, 207 personnes ont correctement répondu en indiquant que seuls les
pieds et les mains sont les organes où se développent les lésions
dyshidrosiques ; ce qui correspond à 62% du panel. Parmi ces bonnes
réponses : 53% sont des pharmaciens, 34% sont des préparateurs en
pharmacie, 11% sont des étudiants en pharmacie et 2% sont des apprentis
préparateurs.

En comparant les réponses justes aux réponses erronées : 62% des


pharmaciens ont correctement répondu, contre 71% des préparateurs en

78
pharmacie, 46% des étudiants en pharmacie et 2 apprentis préparateurs sur 3.
Par conséquent, nous pouvons dire que la localisation des lésions
dyshidrosiques, est mieux connue des préparateurs que des pharmaciens.

Parmi les répondants qui pensaient que la dyshidrose touchait les plis cutanés
et/ou le cuir chevelu, seulement 27% n’ont jamais entendu parler de la
dyshidrose. Cela montre bien que la dyshidrose est une pathologie mal connue
dans le milieu officinal.

La dyshidrose est une pathologie survenant aux saisons chaudes, c’est-


à-dire au printemps et en été. Cette notion est bien connue des professionnels
officinaux (Figure 13 – Incidence saisonnière selon les professionnels officinaux).

Figure 13 - Incidence saisonnière selon les professionnels officinaux

Parmi les 20% qui pensent que l’incidence de la dyshidrose est plus élevée aux
saisons froides (automne / hiver), seulement 4,5% n’ont jamais entendu parler
de la dyshidrose. Il y a autant de mauvaises réponses chez les personnes avec
moins de 5 ans d’expérience qu’avec ceux de plus de 10 ans, que ce soit chez
les pharmaciens ou chez les préparateurs.

1.2.3 Dyshidrose et facteurs de risques


Il y a 6 facteurs aggravants la dyshidrose, ce sont l’alcool, le tabac, la
chaleur, l’humidité, la sécheresse et le stress. Dans le questionnaire, 8 facteurs

79
étaient proposés et seuls moins de 10% ont donnés une mauvaise réponse, en
indiquant que l’alimentation est un facteur aggravant de la dyshidrose (Figure 14
– Facteurs aggravants de la dyshidrose selon les professionnels officinaux).

Figure 14 - Facteurs aggravants la dyshidrose selon les professionnels


officinaux

Concernant l’alcool et le tabac, malgré que ce soit deux facteurs aggravants, ils
n’ont pas été cités en majorité, ce qui s’explique par le fait que l’avis des
scientifiques n’est unanime.

Concernant les réponses des propositions de la chaleur et de l’humidité, elles


sont cohérentes avec l’incidence de la dyshidrose selon les saisons. En effet,
parmi les professionnels de santé qui ont répondu que l’incidence est plus élevée
aux saisons chaudes, 97% ont également répondu que la chaleur est un facteur
aggravant.

1.2.4 Diagnostic différentiel de la dyshidrose


Un diagnostic différentiel est une méthode permettant de distinguer une
maladie d’une autre, malgré la similitude de certains symptômes. Presque 50%
du panel pense qu’il existe un diagnostic différentiel pour la dyshidrose (Figure
15 – Avis concernant l’existence d’un diagnostic différentiel). En effet, il y a de
nombreux diagnostics différentiels, telles que la DIC, la DAC, l’eczéma des mains
ou encore les infections mycosiques des pieds et des mains.

80
Figure 15 – Avis concernant l’existence d’un diagnostic différentiel

Parmi les réponses positives à l’existence d’un diagnostic différentiel, 35% ont
proposés l’eczéma, 14% les mycoses, 3% le syndrome pieds-mains-bouche, 6%
le psoriasis, 4% l’eczéma de contact, 2% la dermatite atopique, 2% la gale et 1%
l’eczéma bulleux. Ce qui fait un total de 67% de réponses justes (Figure 16 –
Proposition de diagnostic différentiel).

60
51
50

40

30
20
20
11 10
9
10 5 6 5 5
2 2 2 3 2 3 3 2
1 1 1 1 1 1
0
/m M a

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Ec
e
pi

ul
de
e

st
m

n
ro

tio
nd

ac
Sy

Figure 16 – Proposition de diagnostic différentiel

81
Les 10 réponses enregistrées sous le terme « sans rapport » concernent des
symptômes ou pathologies n’ayant aucun lien avec la dyshidrose (exemples :
douleurs, fièvre, échauffement, hyperthyroïdie...).

Sur l’ensemble des pharmaciens seulement 36% ont proposés une réponse,
parmi les préparateurs et les étudiants pharmaciens : 22% de chacun d’entre
eux, et 1 apprenti préparateur sur 3.

1.2.5 Dyshidrose, qualité de vie et covid-19


L’impact de la dyshidrose sur la qualité de vie peut aller jusqu’à l’invalidité.
Il est difficile de quantifier le degré d’impact sur la vie quotidienne étant donné
que c’est une mesure qui est propre à chacun. Cependant, les professionnels ont
conscience que cette pathologie peut avoir un très fort impact sur la qualité de
vie du patient (Figures 17 et 18 – Degré d’impact sur la qualité de vie selon les
professionnels officinaux et Estimation du degré d’impact selon la profession).

Figure 17 - Degré d’impact sur la qualité de vie selon les professionnels


officinaux

82
Pharmaciens Préparateurs Etudiants Apprentis
90
80
80
69
70
60
50 44
40
30 25 25
21 22
20 15
10 7 7 7
2 3 2 1
0 0 0 0 0
0
1 sur 5 2 sur 5 3 sur 5 4 sur 5 5 sur 5

Figure 18 – Estimation du degré d’impact selon la profession

Quelle que soit la formation, les professionnels de santé exerçant en officine


pensent que la maladie peut avoir un fort impact sur la qualité de vie.

D’après l’étude, l’impact de la crise sanitaire sur la prévalence de la


dyshidrose ou sur l’aggravation des cas est difficilement quantifiable. En effet,
presque la majorité des répondants est sans avis (Figure 19 – Augmentation ou
aggravation des cas de dyshidrose selon les professionnels officinaux), malgré
que ces professionnels soient en première ligne.

Figure 19 – Augmentation ou aggravation des cas de dyshidroses selon


les professionnels officinaux

En cas de pathologie eczémateuse des mains, il fortement recommandé


d’utiliser la Solution Hydro-Alcoolique (SHA) pour se laver les mains. Cette

83
notion est très peu connue des pharmaciens et préparateurs en pharmacie : à
peine 3% des répondants (Figure 20 – Produit le plus adapté pour se laver les
mains d’après les professionnels de santé exerçant en officine)

Figure 20 – Produit le plus adapté pour se laver les mains d’après les
professionnels de santé exerçant en officine

Parmi les réponses justes, il y a 5 pharmaciens et 2 préparateurs, dont 5 ont plus


de dix ans d’expérience.

1.3 Conclusion de l’enquête


Malgré que la dyshidrose soit un terme répandu auprès des professionnels
de santé exerçant en officine, les pharmaciens d’officine et les préparateurs en
pharmacie ne sont pas suffisamment sensibilisé sur cette pathologie cutanée.

Cette enquête montre que même si la grande majorité ont conscience des
symptômes qu’elle induit, une minorité réalise l’impact qu’elle a sur la qualité de
vie du patient. De plus, étant donné que seuls 2,4% du panel sait qu’il est
préférable d’utiliser en prévention le SHA plutôt que l’eau et le savon pour se
laver les mains lorsqu’on est atteint de dyshidrose, nous pouvons penser que le
pharmacien n’est pas suffisamment informé quant aux conseils associés dans
l’accompagnement du patient dyshydrodisique.

84
2 Conseils dermo-cosmétiques

2.1 L’hygiène

2.1.1 L’hygiène des mains


Pour l’hygiène des mains il est préférable d’utiliser des SHA plutôt que
l’eau et le savon ; tout simplement parce que l’eau est calcaire (notamment en
Seine-Maritime) et que le calcaire est asséchant. La sécheresse étant un facteur
aggravant de la dyshidrose il faut au maximum la prévenir.
Cependant, lors du lavage des mains à l’eau et au savon, il est recommandé de
tamponner les endroits sensibles plutôt que de les frotter. Pour s’essuyer c’est
pareil, il ne faut pas frotter mais tamponner les zones symptomatiques, sans
oublier les espaces interdigitaux.

2.1.2 L’hygiène corporelle


Concernant la toilette corporelle, il faut éviter de se laver chaque jour pour
ne pas assécher l’épiderme. Une toilette quotidienne élimine le film
hydrolipidique, c’est-à-dire la fine couche de sébum qui protège la peau des
agressions extérieures. L’élimination de cette couche de sébum est également
provoquée par l’eau chaude, eau chaude qui est un facteur aggravant de la
dyshidrose.

De plus, mieux vaut se laver à mains nues et bannir les gants de toilette et fleurs
de douche qui sont irritants pour la peau en plus d’être des nids à microbes. En
effet, l’utilisation d’adjuvants pour la toilette corporelle sont irritants, et peuvent
être à l’origine d’une surinfection des lésions dyshidrosiques. Enfin, il faut
préférer les douches à température modérée, plutôt que les bains chauds.

Cependant, c’est surtout le calcaire, une roche présente dans l’eau qui
abîme le film hydrolipidique et qui accentue la sécheresse. Il est quasiment
invisible et se dépose sur la peau sous forme de petits cristaux qui vont venir
absorber l’hydratation naturelle de l’épiderme. En effet, l’eau calcaire contient des
ions qui attirent l’eau autour d’eux et viennent capter l’eau présent dans le corps.

85
Pour quantifier le taux de cette roche on parle de « dureté de l’eau » qui s’exprime
en degrés français °f. 1°f équivaut à 10mg de calcaire par litre. Jusqu’à 15°f l’eau
est dite douce, au-delà de 30°f, l’eau est dure ou très dure (12). En 2022 en
Normandie la dureté de l’eau est en moyenne à 22,3°f mais peu atteindre plus
de 40°f selon les zones géographiques (Image 5 – Carte de la dureté de l’eau
sur le territoire français).

Image 5 – Carte de la dureté de l’eau sur le territoire français

Pour réduire le taux de calcaire et limiter la sécheresse cutanée plusieurs


solutions existent. En effet, afin de ne pas aggraver la sécheresse cutanée, il faut
conseiller pour la toilette et le bain un produit non irritant, de préférence sans
parfum, sans alcool, qui respecte le pH physiologique de la peau :
- Amidon de blé en cas de bains
- Huiles lavantes ou des syndets
- Crèmes lavantes ou des sugras.
à L’amidon de blé possède des propriétés émollientes et surtout il permet
d’adoucir l’eau du bain. Les huiles lavantes neutralisent le calcaire et ont un
pouvoir hydratant et nourrissant. Les syndets sont un ensemble de produits
chimiques ayant un pouvoir tensio-actif, ils sont moins agressifs que les savons
et plus proche du pH physiologique de la peau (24,26,35,68 –78). Une liste non
exhaustive des produits de parapharmacie conseillés dans la prévention de la
sécheresse cutanée est présentée sous forme de tableau ci-dessous (Tableau 8
– Produits lavants non irritants disponibles en pharmacie).

86
Tableau 7 – Produits lavants non irritants disponibles en pharmacie
LABORATOIRE GAMME ACTIFS REPRESENTATIFS PROPRIETES
Exomega control® Nettoyant, calmant et protecteur
Extrait de plantules
huile lavante émolliente contre tiraillements et
d’Avoine Rhealba®
anti-grattage dessèchement
Filaxerine®, vitamine B3,
Restauration barrière cutanée,
Exomega control® Bain Glycérine, extrait de
A-DERMA apaisant et calmant des
apaisant anti-grattage plantules d’Avoine
sensations de démangeaisons
Rhealba®
Cuivre, Zinc, Extrait de
Nettoyant, assainissant et
Cica-gel moussant Plantules d’Avoine
apaisant
Rhealba®, glycérine
XeraCalm A.D® Huile Eau thermale, Cer-omaga,
Nettoyant, nourrissant, apaisant
lavante relipidante I-modulia®
AVENE
Nettoyant peaux sensibles et
Cicalfate+® Gel nettoyant C+-restaure®, Cuivre, Zinc
irritées, apaisant, et assainissant
Biphase Lipo
Ethanol, huile de karité et Action virucide, bactéricide et
BIODERMA alcoolique®, Gel
de squalane relipidante.
hydroalcoolique
Céramides essentiels, Nettoie et élimine les rugosités
SA gel nettoyant anti-
CERAVE Acide salicylique et Acide des peaux sèches sans altérer
ruosité
hyaluronique la barrière cutanée
Nettoyant, apaisant, anti-
Dexyane®, gel nettoyant
DUCRAY Isoleucine, Zinc, Glycerine, irritation et réduit les
surgras
démangeaisons
Glycérine, Huile de Soja, Nettoyant, apaisant, diminue les
AtopiControl®, huile bain
EUCERIN Huile de Ricin, enrichie en démangeaisons, préserve la
et douche
𝛚-3 et 𝛚-6. barrière cutanée
Lipikar Syndet AP+ Beurre de karité, Nettoyant, apaisant, rétablit et
LA ROCHE POSAY
crème/huile lavante Niacinamide, Glycérine stabilise le microbiome.
Complexe probiotique
Spiral déo-douche®,gel Nettoyant, déodorant, maintient
(lactoccocus ferment),
lavant l’équilibre de la flore cutanée
SVR glycérine
Tensioactifs doux, glycérine Nettoyant, hydratant, et action
Baume lavant mains
végétale 5%, glycérine. anti-tiraillement
Nettoyant, purifiant, protégeant,
Gel lavant mains Eau thermal, glycérine
et hydratant
URIAGE
Eau thermale, Casterol Apaisant, nettoyant et préserve
Xémose® syndet doux
2F® la barrière cutanée.

87
2.2 Les hydratants
Les hydratants ont une importance capitale. Il est nécessaire d’hydrater
régulièrement la peau afin de la protéger, de réduire les démangeaisons, les
tiraillements, et surtout d’espacer les phases de poussées. En effet, l’épiderme
est plus épais aux niveaux des mains et les pieds, ce qui diminue le passage
cutané et donc l’hydratation de la peau. Plus la peau est épaisse, moins
l’absorption est bonne.

L’hydratation intervient après chaque toilette, soit après toutes douche ou bain.
Elle se fait sur peau encore un peu humide, avec un émollient (crème, pommade,
baume ou cérat qui est la forme galénique la plus riche). Il faut favoriser un
émollient de type eau dans huile qui allie protection et effet anti-déshydratant.
Comme pour les lavants, il faut privilégier les produits sans parfum, sans alcool,
et sans agents conservateurs.
En cas de sécheresse importante ou de gerçures, le pharmacien peut conseiller
aux patients le port de gants et/ou chaussettes en coton la nuit, après l’application
d’un produit hydratant afin de favoriser sa pénétration.

Concernant les mains il est important d’appliquer une crème hydratante


spécifique pour les mains après chaque nettoyage.

Concernant les pieds : il est également conseiller d’utiliser des crèmes


hydratantes spécifiques pour les soins de pédicures, ainsi que des crèmes
kératolytiques pour favoriser la desquamation et des gels fraîcheur pour favoriser
le retour veineux. L’idéal est d’appliquer en alternance ces trois types de soins.

Il y a certains excipients qui ont une activité acanthogène, c’est-à-dire susceptible


de provoquer un épaississement de l’épiderme. Ces excipients sont donc à
éviter, contrairement aux excipients non ancanthogènes qui n’auront pas
d’impact néfaste sur la couche épidermique (Tableau 9 – Excipients
acanthogènes et non acanthogènes) (69–71,73–76,78–81).

88
Tableau 8 - Excipients acanthogènes et non acanthogènes
EXCIPIENTS EXCIPIENTS
EXCIPIENTS NON EXCIPIENTS FORTEMENT
MODEREMENT NOTABLEMENT
ACANTHOGENES ACANTHOGENES
ACANTHOGENES ACANTHOGENES
Acide stéarique Alcool cétylique Acide caproïque Acides gras de l’huile de ricin
Alcool éthylique et stéarylique Huile d’arachide Acide laurique Acides gras saturés à chaine
Acétone Huile de coco Acide oléique de longueur moyenne

Carbowax® Huile d’olive Huile paraffine Acides gras insaturés

Cire blanche Huile de ricin Acide undécylénique

Glycérine Vaseline
Huile de Sésame
Propylène glycol
Polyoxyéthylèneglycols
Silicones

Afin de faciliter l’accompagnement le conseil au comptoir dispenser par les


pharmaciens d’officine et les préparateurs en pharmacie, une liste non
exhaustive des produits hydratants disponibles en officine a été dressée sous
forme d’un tableau (Tableau 10 – Produits hydratants recommandés dans la
dyshidrose et disponibles en pharmacie).

Tableau 9 – Produits hydratants recommandés dans la dyshidroses et


disponibles en pharmacie
Laboratoire Gamme Actifs représentatifs Propriétés
Amihope,
Réparant, protégeant et
Tigopax® phytostérols naturels,
apaisant la peau des
Crème ciclopirox, tocophérol,
macérations
zinc
Soulageant les
ACM
Glycérine, démangeaisons, apaisant et
Sédacalm® Triglycéride, Menthol, hydratant, effet fraicheur et
Crème Chlorhexidine, calmant. Réparant la barrière
Diméthicone cutanée, protégeant et
restaurant sa souplesse
extrait de plantules
Cica crème® Réparant, apaisant et
A-DERMA d’Avoine Rhealba®,
réparateur assainissant
Cuivre, Zinc

89
Réparation de l’épiderme
Sucrafalte, Zinc, Apaisement des irritations et
Cicalfate®
Cuivre, eau thermale, des tiraillements,
crème
Diméthicone Assainissement des gerçures,
Protecteur la barrière cutanée
Urée 30%, Acide
AVENE Lactique, Acide
Akérate 30® Hydratant, Kératoréducteur,
Salicylique 2%, eau
crème Apaisant
thermale,
Dimethicone
Nourrissant, protégeant
Cold Cream® Eau thermale,
l’épiderme, apaisant les
crème Triglycérie caprylique,
sensations d’irritation
Antalgicine®,
triglycérides, oméga
Cicabio® Mains Apaisant, nourrissant, réparant
9, acide
Baume et protégeant
hyaluronique, Lipo-
AA et Lipo-Koline
BIODERMA Atoderm® Urée, Enoxolone,
Apaisant, réparant, et pouvoir
Palmakera Antalgicine®,
Kératolytique
Crème Glycérine
Vitamine PP, Huile de
Atoderm® mains & Hydratant, nourrissant,
karité, Acide
ongles apaisant et protégeant
palmitique, Glycérine
Huile de pépin de
Nourrissant, réparant et réduit
Vinotherapist® raisin, beurre de
les sensations de tiraillements
crème des pieds karité, extrait de
et de rugosités
CAUDALIE vigne rouge
Huile de pépin de Nourrissant, réparant,
Vinotherapist®
raisin, beurre de protégeant, apaisant et
crème des mains
karité, polyphénols hydratant
Niacinamide,
SA® Céramide, Glycérine,
Régénérant, hydratant,
CERAVE crème pieds Phytosphingosine,
restaurant la barrière cutanée
régénérante Acide salicylique et
Lactate d’ammonium

90
Niacinamide,
SA® Céramide, Glycérine, Réparant, hydratant, apaisant
crème mains Phytosphingosine, et restaurant la barrière
régénérante Zinc, Triglycérie cutanée.
caprylique,
Dexyane MeD® Réparant, apaisant, traitant les
Triglycérie caprylique
crème lésions
Hydrosis Chlorure d’aluminium
DUCRAY
contrôle® hexahydraté, Régule la transpiration
crème anti- Ricinoleate de Zinc, excessive
transpirante Triethyl citrate
10% d’urée,
UreaRepair Plus® Céramide, Glycérine, Apaisant, revitalisant,
mousse pieds Dexpanthénol, régénérant et hydratant
Décanédiol.
Glycérine, Panthénol, Réparant les peaux très
Aquaphor® baume
Paraffinul Liquidum, sèches et fissurées,
réparateur pieds
EUCERIN Cera Microcristallina, protégeant, apaisant,
mains
Ceresin, Lanolin régénérant la barrière cutanée
Licochalcone A,
Anti-inflammatoire,
Céramide, Glycérine,
AtopiControl® antioxydant, apaisant,
Paraffiunum
crème mains renforçant la barrière cutanée
Liquidum,
et hydratant
Triglycérie caprylique
Réparant, apaisant, protégeant
Cicaplast® Niacinamide 4%,
et restaurant la barrière
crème mains Glycérine 30%,
cutanée
Acide palmitique, Hydratant, réparant,
Lipikar Xerand®
Glycérine, Acide protégeant et restaurant la
LA ROCHE crème mains
stéarique barrière cutanée
POSAY
Acide salicylique,
Lipikar Glycérine 20%,
Lissant, exfoliant, réparant et
Podologics® Beurre de Karité 5%,
hydratant
crème pieds Acide stéarique et
palmitique
5% d’urée, 8% de Hydratant, isolant, nourrissant,
SVR Xerial®
glycérol, 5% de et apaisant

91
crème mains et beurre de karité,
pieds allantoïne
Oméga 3, 6 et 9,
peptides réparateur, Anti-grattage, protégeant,
Topialyse
acide glycyrrhizique, restructurant et restaurant la
barrière®
acide hyaluronique, barrière cutanée, nourrissant,
crème mains
complexe huile de et apaisant
Crambe + Phytostérol
Polyssacharide riche
Apaisant, réparant,
Cicavit+® en rhamnose, sucre
nourrissant, film protecteur,
crème mains prébiotique, huile et
renforce la barrière cutanée
beurre végétaux.
Eau thermale, urée
Kératosane 30® Exfoliant, lissant, et fait
30%, Glycocolle,
gel crème disparaitre les squames.
sulfate de dextran
Eau thermale,
complexe Poly-2P®,
Bariéderm-Cica® Isolant, protégeant,
phytosqualanes,
crème mains assainissant et apaisant
glycérine, miel de
Manuka
URIAGE
Emulsion huile dans
Crème d’eau Apaisant, hydratant,
eau, beurre de karité,
mains nourrissant et protégeant
glycérine, vitamine E.
Cerasterol 2F®,
Elimine les plaques, renforce
Cerasterol LL 37
Xémose PSO® la barrière cutanée, apaisant,
modulation®, eau
concentré apaisant et calme les sensations de
thermale, beurre de
démangeaisons.
karité.

2.3 Crème NIK-L-BLOKTM


La crème NIK-L-BLOKTM barrière innovante avec une formule brevetée qui
piège les ions nickel et cobalt. Elles protègent efficacement la peau contre le
développement d’une dermatite de contact allergique. Sa formule utilise un
chélateur d’ions métalliques : le DTPA, qui empêche les ions de nickel et de
cobalt de pénétrer dans la peau.

92
Lors de la manipulation d’objets libérant du nickel ou du cobalt, cette crème
permettra de prévenir la sensibilisation de ces métaux et par la suite une allergie
de contact. En revanche, si le patient a déjà développé une allergie de contact
au nickel et / ou au cobalt, la crème aidera à protéger la peau et permettra de
pouvoir être en contact avec des objets métalliques sans se soucier de
développer un eczéma, ou d’induire une poussée de dyshidrose.

Il suffit de l’appliquer sur toutes les zones cutanées en contact avec les métaux
allergisant. Exemple : mettre la crème sur le ventre si l’anneau de la ceinture est
en contact avec la peau (11).

2.4 Les relipidants


Comme son nom l’indique un relipidant est un produit qui permet de
redonner un bon niveau de lipides à la peau. Toutes les huiles végétales (HV)
sont des relipidants, mais elles ne sont pas toutes adaptées aux soins de
dermatologies. Pour être recommandé en dermatologie les huiles doivent avoir
un bon équilibre en acide linoléique (79).

Les Acides gras essentiel (AGE) au niveau cutané ont un rôle élémentaire. Ils
jouent différents rôles fondamentaux : structural, fonctionnel et énergétique.

Les AGE acides linoléique et alpha-linolénique ont un rôle important dans la


constitution du stratum corneum :
- ils entrent dans la composition du ciment intercellulaire, à l’état libre et en
tant que constituant prépondérant des céramides, empêchant ainsi la perte
insensible en eau responsable de ce que l’on appelle improprement la
« sécheresse cutanée »
- ils participent à la régulation des protéases qui contrôlent le clivage des
protéines cornéo-desmosomiales impliquées dans la desquamation des
cornéocytes
- ils entrent dans la composition du sébum.

93
Ce sont aussi des précurseurs fonctionnels d’importants médiateurs cellulaires
et intercellulaires tels que des diacylglycérols, des protaglandines (anti-
inflammatoires), des leucotriènes et des acides gras hydroxylés.

Les carences en AGE se traduisent par :


- une perte de souplesse et d’élasticité de la peau, une grande « sécheresse »
avec desquamation excessive
- des retards de cicatrisation
- des anomalies de la différenciation cutanée avec xérose et hyperkératose
pouvant atteindre un état ichtyosiforme.
Ceci explique que les HV les plus intéressantes pour la peau soient celles qui
sont les plus riches en AGE et qu’il y ait un bon équilibre en acide linoléique et
alpha-linoléique.

2.4.1 L’huile d’amande douce


L’huile de Prunus amygdalus, de la famille des Rosaceae renferme au
minimum 60% d’acides gras (AG) insaturés oléique (𝛚-9) et 20% d’AG linoléique
(𝛚-6). Elle a des propriétés émolliente, cicatrisante et anti-inflammatoire. Elle
offre une aide précieuse dans la lutte contre les gerçures douloureuses des
crevasses des mains, mais aussi en cas d’irritations, de démangeaisons,
d’eczémas, d’inflammations et de dermatoses des peaux sèches en raison de
ses qualités anti-inflammatoires.

2.4.2 L’huile d’andiroba


L’huile de Carapa guianensis, de la famille des Meliaceae renferme au
minimum 10% d’𝛚-6 et 50% d’𝛚-9. Elle renferme aussi des limonoïdes. Ces
limonoïdes ont des propriétés biologiques les plus intéressantes de cette huile, à
savoir, des propriétés antalgiques des douleurs inflammatoires. Cette huile à
d’autres bienfaits tels que cicatrisante, antibactérienne, antifongique, anti-virale
et apporte au stratum corneum ses propriétés nutritives, régénérantes et
assouplissantes.

94
2.4.3 L’huile d’argan
L’huile d’Argania spinosa, de la famille des Sapotaceae renferme des AG
à 99%, ainsi que des ß-carotènes et de la vitamine E. Elle a des propriétés anti-
inflammatoires, anti-rougeur, nutritif de la peau et une activité anti-oxydante.
Cette huile est particulièrement conseillée pour les peaux très desséchées, grâce
à son rôle restructurant.

2.4.4 L’huile de bourrache


L’huile de Borago officinalis, de la famille des Boraginaceae referme
principalement des acides gras insaturés à 80% (dont 𝛚-3, 𝛚-6, 𝛚-9), des stérols
et de la chlorophylle. C’est la forte teneur en acide gamma-linolénique et en
vitamines A, D, E et K qui donne tout son intérêt à cette huile qui est hydratante
et antirides.

Elle améliore les dermatoses liées à la sécheresse cutanée par augmentation de


l’hydratation du stratum corneum. Elle constitue aussi une excellente base de
dilution des huiles essentielles.

2.4.5 L’huile de carotte


L’huile de Daucus carota, de la famille des Apiaceae est obtenue à partir
des racines de carotte macérées dans l’huile de Tournesol Helianthus annutus.
Cette huile de tournesol renferme des 𝛚-6 et des 𝛚-9 ainsi que des acides
palmitique et stéarique qui sont des AG saturés.

La racine de carotte est enrichie par les composants lipophiles, principalement la


pro-vitamine A (la ß-carotène). En plus de son activité protectrice de la peau à
l’exposition du soleil, elle apporte une quantité importante de minéraux. Elle a
également des propriétés antioxydantes.

Elle peut s’appliquer sur les démangeaisons, les gerçures et les blessures
superficielles. En effet, ses vertus cicatrisantes et adoucissantes favorisent la
régénération des tissus abîmés.

95
2.4.6 L’huile de germes de blé
L’huile de Triticum aestivum, de la famille des Poaceae renferme un
minimum de 12% d’𝛚-9 et 50% d’𝛚-6. Elle aussi composé d’acide palmitique,
des vitamines A, D, E, K et des acides aminés.

Elle a des propriétés anti-radicalaires, protectrices des cellules épidermiques,


régénérant, tonifiante, recommandée pour les peaux sèches, gercées. Elle
permet de rétablir une bonne cohésion de la couche cornée grâce à ses
céramides. Elle peut être ajoutée dans l’eau du bain. Elle présente un petit plus :
un effet satiné sur la peau.

2.4.7 L’huile de jojoba


L’huile de Simmondsia sinensis/californica, de la famille des Buxaceae.
Elle est qualifiée « d’huile », mais par de sa composition chimique il s’agit plutôt
d’une cire liquide, elle comporte 97% d’ester cireux. Elle renferme des acides
gras divers (𝛚-6, 𝛚-9) et 45% d’insaponifiables. Sa composition se rapproche le
plus de celle du sébum humain. Elle créé une couche hydratante « non grasse »
sur la peau. Elle est stable, ne rancit pas et résiste bien à l’oxydation et à la
chaleur grâce à l’absence de triglycérides dans sa composition.

L’huile de jojoba possède différentes propriétés :


- protectrice : absorption dans l’UVB, filtre solaire naturel de protection 5,
- émolliente : elle pénètre très bien dans la peau et la régénère,
- équilibrante : sans doute à cause de sa parenté avec le sébum, elle
régularise la sécrétion sébacée cutanée,
- adoucissante
- préservation de l’hydratation naturelle du stratum corneum contre les
agressions du froid et de la sécherresse,
- anti-inflammatoire : elle constitue une excellence base pour les crèmes de
soins destinées aux peaux sensibles.

96
2.4.8 L’huile d’onagre
L’huile d’Oenothera biennis, de la famille des Onagraceae renferme
minimum 65% d’AG linoléique, 65% de gama-linoléique d’𝛚-6, 6% d’𝛚-9 à 6 et
98% de triacylglycérols. Cette huile améliore la sécheresse des muqueuses,
régénère la peau en diminuant le stress oxydatif, restaure la souplesse de
l’épiderme tout en diminuant sa déshydratation.

2.5 Les antisudoraux


L’hyperhidrose étant un facteur aggravant de la dyshidrose, les
antisudoraux sont conseillés en cas d’hypersudation palmo-plantaire et axillaire.
Ils ont des propriétés topiques utilisés pour leur action astringente et
antiperspirante. Ils sont plutôt bien tolérés malgré la possibilité d’irritations et de
sensation de picotements lors des premières utilisations.

Ils sont contre-indiqués en application sur les plaies ou sur la peau lésée. Ces
détranspirants sont à utiliser une à deux fois par semaine, contrairement aux
antitranspirants qui peuvent être mis jusqu’à deux fois par jour (50).

Afin de faciliter l’accompagnement le conseil au comptoir dispenser par les


pharmaciens d’officine et les préparateurs en pharmacie, une liste non
exhaustive des produits antisudoraux disponibles en officine a été dressée sous
forme d’un tableau (Tableau 11 – Antisudoraux disponibles en pharmacie).

Tableau 10 – Antisudoraux disponibles en pharmacie


NOM COMMERCIAL DCI ACTION PRESENTATION
Driclor® Lotion
Détranspirant
Etiaxil® Chlorure Bille, Lotion, Stick
Akilène® d’aluminium Crème, Lotion
Hidrosis control® Antitranspirant Stick
PM® Bille, Crème
Hydroxychlorure
Antitranspirant ou
SVR Spirial® d’aluminium Bille, Crème
Détranspirant

97
2.6 Phytothérapie et indications symptomatiques
La phytothérapie repose sur la connaissance et l’utilisation des propriétés
des plantes pour soigner des maladies. Elle peut constituer, pour les maux les
plus courants, une alternative au traitement allopathique et elle peut aussi, dans
de nombreuses situations, le compléter afin d’en améliorer la tolérance ou d’en
augmenter l’efficacité (79,82). Selon les symptômes cutanés que cause la
dyshidrose, différentes plantes ou organes de la plante sont utilisés pour les
traiter.

2.6.1 Coupures, éraflures, petites blessures ouvertes


Le traitement en phytothérapie devra exercer une action antiseptique, anti-
inflammatoire, antalgique, cicatrisante, et si possible immunostimulante. Pour
cela sont préconiser 4 espèces :
- Le Peuplier (Populus sp) est à base de 20 à 30% de drogue. Il est intéressant
pour ses propriétés antibactériennes et cicatrisante. Il faut faire attention aux
allergies cutanées qu’elle peut provoquer.
- La Cassoude (Symphytum officinale) a des propriétés cicatrisantes
principalement, ainsi qu’antiseptiques et astringent grâce aux allantoïnes et aux
tanins qu’elle contient.
- L’Aloe Vera (Aloès) a un rôle cicatrisant, antimicrobien, hydratant.
- Le Sedum (sedum sp) a des propriétés cicatrisantes grâce aux tanins qu’il
contient.

2.6.2 Crevasses du pied


En plus d’être douloureuse, ces blessures sont exposées aux infections
microbiennes. On recherche une cicatrisation rapide et atténuation de la douleur.
Pour cela 2 plantes sont indiquées : le Cyprès de Lambert aussi appelé de
Monterey (Cupressus macrocarpa) ou la poudre d’écorce ou d’écailles de cônes
de Pin d’Alep (Pinus halepensis).

98
2.6.3 Démangeaison
Pour diminuer les démangeaisons 4 espèces sont préconisées :
- Le Petit houx appelé aussi Fragon épineux (Rucus aculeatus) augmente le
tonus veineux et l’activité anti-inflammatoire liée à la présence de saponines
stéroïdiques, de flavonoïdes et de stérols.
- En voie locale et/ou infusion la Matricaire (Matricaria recutita) est recommandé
avec 2,5 à 5g pour ¼ à ½ L d’eau ; la Menthe poivrée (Mentha piperita) avec 1,5
à 3g de feuilles pour ¼ L ; et l’Origan (Origanum compactum) avec 5 à 10g de
sommités fleuries pour ¼ à ½ L d’eau.

2.6.4 Eczéma
Il faut différencier l’eczéma chronique de l’eczéma aigue de l’eczéma kératosique
car selon le type d’eczéma les conseils de phytothérapie ne seront pas les
mêmes.
2.6.4.1 Chronique
Pour cela sont préconiser 5 espèces :
- La Douce-Amère (Solanum dulcamara) a des propriétés astringentes,
antimicrobiennes et anti-inflammatoires grâce aux tanins, aux alcaloïdes
stéroïdiques, et aux saponines. Par voie externe, sous forme d’infusions ou de
décoction avec 1 à 2g de drogue dans 250mL d’eau.
- Le Fumeterre (Fumaria officinalis) est connu pour son effet draineur cholagogue
et diurétique mais peut aussi être utiliser dans le traitement des éruptions
cutanées.
- Le Scrofulaire noueuse (Scrofularia nodosa) est recommandé dans les
maladies chroniques de la peau. Il a des propriétés anti-inflammatoires.
- La Bourrache (Borago officinalis) et l’Onagre (Oenothera biennis) sont utilisées
sous forme de complément alimentaire Per os : soit 320 à 480mg par jour d’acide
gama-linoléique chez les adultes.

2.6.4.2 Kératosique
Une seule plante est indiquée : le Cèdre du Liban (Cedrus libani) est prescrit en
gemmothérapie sous forme de macérats glycérinés.

99
2.6.4.3 Phase aiguë
Pour cela sont préconiser 3 espèces : Il est recommandé de brumiser la peau
avec de l’eau d’un hydrolat de Rose pâle (Rosa centifolia) ou de Rose de Damas
(Rosa damascena) ou de Fleur d’Oranger (Citrus aurantium). Si les
démangeaisons sont étendues un bain d’amidon de blé avec 5g/L ou de
permangante de potassium à 1g/L peut être conseillé.

2.6.5 Gerçures
Les micro-crevasses des mains et/ou des pieds peuvent s’avérer très
handicapante. Une seule plante est indiquée : le Millepertuis (Hypericum
perforatum) qui est reconnu pour ses propriétés cicatrisantes. Attention il est
photosensibilisant.

2.6.6 Hyperhidrose
Une seule plante est utilisée : la Sauge officinale (Salvia officinalis) qui a des
propriétés astringentes, antibactériennes, fongistatiques, virostatiques et permet
de lutter contre l’hyperhidrose. Elle s’utilise sous forme d’infusions chaudes avec
2,5g de drogue ou 2 à 3 gouttes d’HE à appliquer sur les régions concernées.
Soit 4,5g de drogue en infusion en Per os pendant 30 jours.

2.6.7 Inflammation ou irritation locales de la peau


Pour cela sont préconiser 2 espèces :
- L’Aigremoine (Agrimonia eupatoria) qui a des vertus anti-inflammatoires et
astringents grâce aux flavonoïdes et aux tanins.
- La Calendula (Calendula officinalis) a des propriétés cicatrisantes, anti-
bourgeonnements, anti-inflammatoires, anti-oedémateuses, antibactériennes et
antifongiques grâce aux flavonoïdes, aux saponosides, et aux triterpènes.

Afin de faciliter les conseils en phytothérapie au comptoir, une liste non


exhaustive des produits à base de plantes disponibles en officine a été dressée
sous forme d’un tableau (Tableau 12 – Phytothérapie et indications
symptomatiques).

100
Tableau 11 – Phytothérapie et indications symptomatiques
INDICATIONS PLANTES CONSEILS D’UTILISATION
Le Peuplier Appliquer en pommade
COUPURES, ERAFLURES,
La Cassoude Appliquer sur plaies ouvertes
PETITES BLESSURES
Aloe vera Appliquer directement sur la peau
OUVERTES
Sedum Application des feuilles directement sur les plaies

CREVASSES DU PIED En application locale

Petit houx Utilisé par voie orale


DEMANGEAISONS Matricaire, Menthe
En voie locale et/ou infusion
poivrée et Origan

Par voie externe ou sous forme d’infusion /


Douce-Amère
décoction

Fumeterre Per os
CHRONIQUE
ECZEMAS

Scrofulaire noueuse Per os

Bourrache
Per os
Onagre

KERATOSIQUE Cèdre du Liban 50 à 100 gouttes par jour par voie orale

PHASE AIGUË Appliquer / Brumiser sur peau propre

100g de sommités fleuries fraîches pour 100g


GERÇURES Millepertuis
d’une huile végétale
Sous forme d’infusions chaudes avec 2,5g de
drogue ou 2 à 3 gouttes d’HE à appliquer sur les
HYPERHIDROSE Sauge officinale
régions concernées. Soit 4,5g de drogue en
infusion en Per os pendant 30 jours
Compresse ou cataplasme imprégné d’une
Aigremoine
infusion de la drogue
INFLAMMATION OU
Calendula En infusion de 1 à 2g pour 150mL d’eau
IRRITATION LOCALES DE
Compresses imprégnées avec des infusions (20g
LA PEAU
Chênes de drogue pour 1L d’eau)

101
2.7 Les huiles essentielles
Les huiles essentielles (HE) abordé sont celles que l’on peut se procurer
aisément en Europe (79,83).

2.7.1 Précautions d’emploi


Pour les patients allergiques, un test cutané dans le pli du coude est
impératif à une concentration 2 fois plus élevé que le mélange prévu pour la
dermatose. Le test cutané se fait en appliquant la préparation sur la peau en la
recouvrant d’un pansement. Après 12 heures le pansement est retiré et la
recherche de tout signe de rougeur ou réaction cutanée permet de mettre en
évidence une allergie potentielle.

Attention, il est difficile d’appliquer des HE sur des peaux atopiques et / ou


abîmées. De plus, les HE peuvent provoquer des allergies de contact. Il est donc
très important de respecter les doses indiquées et de les utiliser avec parcimonie.

2.7.2 Dosages et dilutions


Les HE sont généralement utilisées diluées dans une huile végétale. Les
huiles fixes jouent un rôle d’excipients et/ou de vecteurs dans l’épiderme. Les
recommandations sont les suivantes :
- 1% à 5% d’HE pour une dermatose étendue et/ou avec la peau abîmée, voire
que de l’HV uniquement,
- 3% pour l’eczéma, une cicatrice.
- 1% représente 1 goutte dans 5ml (soit une cuillère à café) de diluant, 2%
représente 2 gouttes, 3%, 3 gouttes etc.

2.7.3 Caractéristiques des HE


HE lavande fine, Lavandula angustifolia :
Cette HE est reconnue pour ses propriétés sur les plaies. Elle accélère la
régénération cutanée, est apaisante, sédative et a une action calmante sur les
démangeaisons. De plus elle a une très bonne action antibactérienne,
décongestionnante et même une légère propriété antifongique.

102
HE bois de rose, Aniba rosaeodora :
Cette HE a des propriétés protectrices, cicatrisantes, anti-infectieuses,
antibactériennes, antimycosiques, antiparasitaires. Elle est utilisée en cas
d’eczéma et de plaies infectées.

HE géranium rosat, Pelargonium asperum :


Cette HE a des vertus antifongique, circulatoire, régénérante, cicatrisante, anti-
prurigineuse, et antiseptiques.

HE hélichryse italienne, Helichrysum italicum :


Cette HE est reconnue pour ses propriétés anti-inflammatoire, régénérante,
cicatrisante, antibactérienne, agissant sur l’eczéma et les plaies. On la choisit
pour ses capacités de cicatrisation et d’accélération de la croissance cellulaire
au niveau du tissu cutané, notamment pour les plaies à cicatrisation lente.

HE nard de l’Himalaya, Nardostachys jatamansi :


Cette HE à des propriétés anti-inflammatoire et anti-prurigineuse cutanée.

HE myrrhe, Commiphora myrrha :


Cette HE est reconnue pour ses vertus anti-inflammatoire, cicatrisante,
décongestionnante des plaies, anti-infectieuse, et antalgique avec action locale
sur la douleur.

HE menthe poivrée, Mentha piperita :


Cette HE est efficace en cas de démangeaisons pour son effet glaçant,
anesthésiant et antifongique.

HE tea tree, Melaleuca alternifolia :


Cette HE est reconnue pour son action antifongique et antibactérienne à large
spectre. Elle permet de traiter les plaies infectées.

103
HE matricaire, Matricaria recutita :
Cette HE est incontournable dans la guérison des plaies de par son action anti-
inflammatoire, antimicrobienne et cicatrisante.

HE sapin baumier, Abies balsamea :


Cette HE est reconnue pour ses propriétés antiseptique, anti-inflammatoire et
facilitant la formation de collagène et la cicatrisation des lésions.

HE oliban, Boswellia carterii :


La composition de cette HE en fait une huile régénérante au niveau des cellules
et anti-dégénérative.

HE ciste ladanifère, Cistus ladaniferus :


Cette HE a des vertus antibactérienne, cicatrisante, et régénérante. Elle joue
également un rôle sur la cicatrisation des plaies mal irriguées.

2.7.4 Exemples de préparation


Il existe différents mélanges d’HE pouvant être utilisés notamment dans l’eczéma
ou l’hyperhidrose.

Dans l’indication de l’eczéma :


L’utilisation d’1 HE calmante, 1 HE anti-prurigineuse, 1 HE anti-allergique ; et, 1
huile végétale particulièrement nourrissante est préconisée.
- 10 gouttes d’HE lavande vraie fine
- 10 gouttes d’HE camomille noble
- 5 gouttes d’HE matricaire
- HV avocat, qsp 30ml
Appliquer sur les zones atteintes 4 fois par jour.

Dans l’indication de l’hyperhidrose :


- 2 gouttes d’HE palmarosa
- 2 gouttes d’HE ciste ladanifère

104
- 2 gouttes d’HE géranium rosat
- 1 goutte d’HE sauge officinale
A incorporer dans 50g de crème de jour ou dans de l’huile de Calendula pour une
application 2 fois par jour.

2.8 Conseils associés


En plus des conseils en dermo-cosmétique, phytothérapie et aromathérapie, le
professionnel de santé pourra apporter des conseils préventifs et la mise en
place d’éviction de certains allergènes mis en cause afin que le patient atteint de
dyshidrose puisse prévenir et espacer au maximum les phases de poussées.

2.8.1 Conseils préventifs


Les conseils préventifs sont les suivants :
- porter des chaussettes en coton
- porter des chaussures en cuir
- utiliser d’antitranspirants locaux de type chlorure d'aluminium hexahydraté
- utiliser des poudres absorbantes pour la transpiration excessive
- porter des gants en coton (en hiver mettre des gants +++)
- bien sécher les mains et les pieds
- utiliser une lessive hypoallergénique.

De plus le personnel de santé doit rappeler les facteurs de risques favorisant


l’apparition de poussées dyshidrosiques. C’est-à-dire :
- éviter le contact prolongé avec l'eau, lavage des mains intempestifs
- éviter le contact avec produits irritants, parfois certains fruits ou légumes
(port de gant)
- éviter les baskets
- éviter les changements rapides de température (5)

2.8.2 Eviction des allergènes


Lorsqu’un patient à des patch-tests qui révèlent des réactions positives à certains
métaux, une fiche informative sur l’allergène lui sera transmise (Annexe 9, 10 et

105
11 – Fiche informative). Les patients devront éviter de porter à même la peau
des objets étant pourvu du métal mis en cause. Les métaux incriminés en
majorité sont : le nickel, le chrome et le cobalt.

Pour écarter davantage le plus de métal contenant du nickel il existe le Chemo


Nickel TestTM (Annexe 12 – Chemo Nickel). C’est une solution d’ammoniacale de
Dimethylglyoxime permettant de détecter le nickel dans les objets métalliques.
Son utilisation est simple :
- Imbiber un coton-tige de la solution
- Frotter la surface du métal durant une minute avec le coton-tige
- Si une couleur rosée apparaît sur coton-tige, le métal testé contient du nickel.

Pour bannir au maximum les objets contenant du cobalt un Chemo Cobalt TestTM
existe (Annexe 13 – Chemo Cobalt TestTM) ; C’est une solution de sel de nitroso-
R permettant de détecter le cobalt dans les objets métalliques. La pratique se
déroule exactement comme pour le Chemo Nickel TestTM. (8,9,13,15)

3 Conseils hygiéno-diététiques

3.1 Les probiotiques


Les probiotiques ont été définis par l’Organisation mondiale de la santé
(OMS) comme des « micro-organismes vivants qui, lorsqu’ils sont ingérés en
quantité suffisante, exercent des effets positifs sur la santé, au-delà des effets
nutritionnels traditionnels ».

Si de nombreuses espèces bactériennes sont bel et bien néfastes et inductrices


de pathologies, voir mortelles, d’autres sont essentielles à notre bon état de
santé. On estime que la peau est colonisée par environ 1012 bactéries. Pour que
les probiotiques soient de bonnes qualités et aient des effets bénéfiques, ils
doivent remplir certains critères qui sont à prendre en compte lors du choix d’un
probiotique : souches identifiées, gastro-résistance testée, traçabilité, stabilité
des souches et adhésion à la muqueuse intestinale.

106
La flore intestinale, ou microbiote intestinal, représente l’ensemble des micro-
organismes vivant dans l’intestin désignant ici à la fois l’intestin grêle et le côlon.
Le microbiote intestinal assure son propre métabolisme en puisant dans nos
aliments (notamment parmi les fibres alimentaires). Dans le même temps, les
micro-organismes qui le constituent jouent un rôle direct dans la digestion :
- Ils assurent la fermentation des substrats et des résidus alimentaires non
digestibles.
- Ils facilitent l’assimilation des nutriments grâce à un ensemble d’enzymes
dont les cellules humaines sont dépourvues.
- Ils assurent l’hydrolyse de l’amidon, de la cellulose, des polysaccharides...
- Ils participent à la synthèse de certaines vitamines (vitamine K, certaines
vitamines B) et à trois acides aminés essentiels : la valine, la leucine et
l’isoleucine.
- Ils régulent plusieurs voies métaboliques : absorption des acides gras, du
calcium, du magnésium...

De plus ils ont un effet immunologiques positifs comme :


- Modulation système immunitaire, exemple : du profil des cytokines
- Production des substances antimicrobiennes
- Exclusion compétitive de la liaison des agents pathogènes
- Induction d’une hyporéponse aux antigènes alimentaires
- Activation des macrophages locaux pour augmenter la présentation des
antigènes aux lymphocytes B et augmenter la production
d’immunoglobulines sécrétoires A (IgA) à la fois sur un plan local et
systémique.

Le microbiote, et principalement son implantation au cours des premiers mois de


la vie, semble avoir un rôle prépondérant dans le développement des allergies et
de l'atopie.

107
Un microbiote cutané existe aussi, il est constitué de micro-organismes
pluriels : des bactéries, des virus, des champignons, et également des parasites.
Il est également appelé flore cutanée. Cette flore se situe au niveau de
l’épiderme, et en quantité plus dérisoire au niveau du derme.

Les mécanismes par lesquels les probiotiques exercent une influence sur la
physiologie cutanée ne sont pas encore totalement élucidés. Cependant, des
découvertes récentes ont permis de mettre en lumière qu’il y avait un lien entre
un déséquilibre du microbiome de la peau et une perturbation du système
immunitaire de la peau ; ainsi qu’un lien entre un déséquilibre du microbiome de
l’intestin et une perturbation du système immunitaire de l’intestin. C’est donc un
cercle vicieux entretenu par l’inflammation elle-même au niveau de chaque zone.
Autrement dit : Le déséquilibre du microbiome intestinal peut déclencher des
poussées d’eczéma.

Différentes études prouvent leur efficacité comme celle de Rosenfeldt et al. en


2003, qui a montré un effet des probiotiques dans le traitement de la dermatite
atopique. Un traitement de 6 semaines par un mélange de 2 lactobacilles
(Lactobacillus rhamnosus et Lactobacillus reuteri) a réduit significativement
l'étendue de l'eczéma d'enfants âges de 1 à 13 ans, et ce, d'autant plus que les
sujets présentaient par ailleurs un fond allergique.

Une autre étude fait en 2004 par Chapat, montre qu’une souche de probiotique
Lacobacillus casei DN-114001 administré oralement était capable de diminuer
l’inflammation de la peau dans un modèle préclinique d’hypersensaibilité de
contact.

Il y a deux souches spécifiques qui représentent une stratégie primaire de


prévention et de la prise en charge des dermatoses : L. rhamnosus GG et de B.
lactis BB-12.
Concernant plus généralement les réactions immunitaires, les allergies et
l’eczéma : L. rhamnosus GG, L.rhamnosus HN001, L.fermentum VRI-033 PCC,
L.reuteri ATCC 55730, 2 L.rhamnosus (GG + LC705) + B.breve Bb99 +

108
P.freudenreichii JS, B. longum BB536 + yaourt, L. rhamnosus19070-2 + L. reuteri
DSM122460, L. gasseri TMC0356 + L. rhamnosus GG.

3.2 Les prébiotiques


Les prébiotiques sont des substances alimentaires (consistant surtout en
polysaccharides à l’exclusion de l’amidon et oligosaccharides non digestibles par
les enzymes humaines) qui nourrissent un groupe sélectif de microorganismes
vivant dans l’intestin. Ils stimulent la croissance des bactéries à effet positif aux
dépends des autres à effets négatifs.

La première approche consiste en la prise orale de micro-organismes vivants, ou


probiotiques, sélectionnés en raison de leur influence positive sur la santé. Ils
sont très souvent incorporés à l’alimentation sous forme de laits fermentés et aux
produits laitiers frais. Cependant, l’approche prébiotique est potentiellement plus
avantageuse car elle agit sur les bactéries commensales spécifiques de l’hôte
qui, de plus, sont déjà bien établies dans le gros intestin. Les prébiotiques sont
facilement incorporés dans pratiquement tous les produits alimentaires
contrairement aux probiotiques.

Afin d’être reconnu comme prébiotique, un ingrédient alimentaire devrait être :


- ni digéré, ni assimilé dans la partie supérieure du tractus gastro-intestinal,
- fermenté dans le côlon et stimuler de façon sélective, la croissance d’un nombre
limité de bactéries potentiellement favorables.

Ces prébiotiques ont différents rôles :


• Effets métaboliques : production d’acides gras à chaîne courte,
métabolisme des graisses, amélioration de l’absorption des ions et
minéraux (Ca, Fe, Mg).
• Renforcer l’immunité de l’hôte (production d’IgA, modulation des
cytokines, etc.).
• Améliore la qualité organoleptique de toute une gamme de produits
alimentaires.

109
D’autres évidences scientifiques sont prometteuses.

En attendant, l’association pré et probiotiques à un nombre limité d’études ; mais,


le concept symbiotique pourrait toutefois s’avérer très intéressant à l’avenir
(84,85).

3.3 L’alimentation
De nombreuses études scientifiques attestant de l’existence d’une relation
étroite entre le statut nutritionnel d’une part, et les capacités de réponse
immunitaire à l’agression d’autre part. Différents travaux ont principalement
analysé l’impact de la dénutrition protéino-énergétique montrant qu’elle altérait
significativement la réponse immunitaire tant innée qu’acquise, induisant
l’augmentation du risque infectieux.

La peau est un organe largement vascularisé dont le bon fonctionnement et le


métabolisme endogène nécessitent l’apport de nutriments adéquats. Les
éléments nutritifs indispensables à la peau lui parviennent via la circulation
sanguine générale et les tissus cutanés sous-jacents.

Besoins fondamentaux pour être en bonne santé :


- les glucides (55%) : l’homme en a besoin pour satisfaire ses dépenses
énergétiques. Son cerveau en consomme environ 120g par jour, mais c’est aussi
le carburant énergétique de nombreux tissus : cellules sanguines, intestin, cœur,
poumeau, muscles, et évidemment, la peau.
- les protéines (15%) : lorsqu’elles sont dégradées elles fournissent les fameux
acide aminés (AA). Ceux-ci jouent un rôle important pour moduler l’activité du
système immunitaire.
- les lipides (30%) : en quantité raisonnable ils peuvent être bénéfique pour la
physiologie humaine, pour le développement du cerveau, pour la prévention des
maladies cardio-vasculaires ou autres pathologies.

110
D’autres nutriments ont un effet immunomodulateur :
- les acide gras, modifient la réponse immunitaire et inflammatoire,
- les nucléotides, sont nécessaires à la multiplication cellulaire et au
développement du système immunitaire,
- les vitamines, micronutriments essentiels pour l’immunité, le maintien et la
régulation de la réponse immunitaire
- les polyphénols, ont des propriétés antioxydantes.

Le régime alimentaire, et plus généralement le style de vie, conditionnent la


composition du microbiote.

Certains aliments ont des propriétés anti-inflammatoires naturelles, il est donc


logique de les intégrer dans l’alimentation des personnes atteintes de maladie
inflammatoire. Par exemple (liste non exhaustive) :
- Thé vert et thé matcha
- Mélange curcuma-poivre noir
- Gingembre
- Baies et fruits rouges : baie de goji, fraises, framboises, myrtilles, etc.
- Aliments riches en oméga 3 (poissons bleus : sardine, maquereau, hareng ;
huile végétale de noix de colza, d’olive)
- Fruits secs : noix, noisettes, amandes
- Chocolat noir
- Certains légumes verts : brocolis, artichauts

Le thé noir refroidie peut être utilisé contre les plaies et les eczémas suintants
car il contient des substances amères et des tanins qui ont des propriétés
astringentes et assèche le suintement. Il suffit d’imbiber une gaze ou un tissu en
coton de thé qu’on laisse infuser 10 minutes dans un peu d’eau qu’on laisse
refroidir ensuite, puis appliquer pendant 10 minutes sur la zone. Cette opération
peut être renouvelée plusieurs fois par jour.

111
En revanche, l’alcool peut apporter des carences nutritionnelles ainsi qu’une
hypersudation. Pour un patient ayant une dyshidrose et une consommation
d’alcool déraisonnable c’est un cercle vicieux : l’hypersudation augmente la
fréquence des poussées et les carences nutritionnelles empêchent une bonne
réponse immunitaire et inflammatoire. De plus un patient carencé met plus de
temps à cicatriser (85–88).

3.4 Les oligoéléments


Les oligoéléments sont des minéraux essentiels à notre organisme, mais
en très faible quantité seulement. Ils font partie des micronutriments. Un manque
d'oligoéléments peut être source de maladies. Quelques oligoéléments les plus
importants pour avoir une peau en bonne santé : (85,87)

3.4.1 Le sélénium
C'est un puissant antioxydant qui protège les cellules ; il a une action importante
sur la peau, les cheveux, les ongles et la thyroïde. Il est nécessaire pour
optimiser les défenses immunitaires et réduire le risque d’inflammation et
d’infection. On trouve du sélénium en grande quantité dans la noix du Brésil et la
noix de coco, mais aussi dans le chou et le brocoli, les oignons et l'ail, les
champignons, les asperges et les légumes secs, comme les lentilles. Apport
nutritionnel conseillé (ANC) : 50 à 80 ug/j.

3.4.2 Le zinc
C’est un oligoélément très répandu dans notre organisme. Il seconde plus de 300
enzymes dans leur tâche quotidienne. Le zinc participe à d'innombrables
processus de l'organisme et de la peau, notamment à la constitution du matériel
héréditaire composant l'ADN, à la production de protéines et à la division
cellulaire dans la peau, les ongles et les cheveux. Il aide la peau à se kératiniser
et à construire sa barrière protectrice. Il soutient la cicatrisation, les défenses
immunitaires et la lutte anti-infectieuse. Il peut être prescrit en pommade ou en
comprimé, en cas d'inflammations cutanées, ou d'infections. Il faut néanmoins
être prudent avec les traitements de longue durée. Le zinc fait baisser le taux de
cuivre, le traitement devrait donc ne pas dépasser trois mois d'affilée, et

112
s'accompagner d'un bilan sanguin régulier. Une carence en zinc a de très fortes
répercussions sur la peau.

S'il est mal absorbé par l'intestin, les zones les plus touchées sont les doigts.
Cela se traduit par des eczémas cutanés, une tendance aux verrues et aux
mycoses des pieds, de la fatigue, etc. On peut aussi rétablir l'équilibre par
l'alimentation en consommant des abats, de la viande, du lait, du fromage et des
œufs, mais aussi des fruits à coque, des céréales complètes et des coquillages.
ANC pour l’adulte : 10 à 12mg/j.

3.4.3 Le cuivre
C’est le collaborateur indispensable de nombreuses enzymes. Côté peau, il est
nécessaire à la solidité, la fermeté et l'élasticité de notre tissu conjonctif, à la
synthèse de la mélanine, à la détoxication des radicaux libres, à la production de
neurotransmetteurs qui régulent aussi l'irrigation cutanée et, enfin, à l'expression
des gènes. On trouve du cuivre essentiellement dans les céréales et les légumes
secs.

3.4.4 Le silicium
Il est considéré comme un super-micronutriment. Dans la peau, il sert à stabiliser
la kératine et les briques de la barrière cutanée. Le silicium s'intègre au tissu
conjonctif, dont l'état est déterminant pour la fermeté de notre peau. Il y a
beaucoup de silicium dans les haricots verts, les céréales, la bière et l'eau
minérale. Il existe en complément alimentaire sous plusieurs formes solubles
dans l'eau : acide silicique, silice et silicates.

3.4.5 Le fer
C’est un nutriment essentiel qui participe au transfert d’électrons, au transport de
l’O2, aux réactions d’oxydoréduction et un cofacteur de nombreuses enzymes.
Son déficit majore la morbidité par complications infectieuses en lien avec de
multiples altérations immunitaires. ANC pour l’adulte : 9mg/j.

113
4 Thérapeutiques complémentaires
Les thérapeutiques complémentaires sont absentes des recommandations et
des conférences de consensus en raison de la faiblesse de leur niveau de
preuve. Mais il est difficile d’ignorer les éventuelles alternatives à la médecine
allopathiques. Les patients sont de plus en plus demandeurs d’une médecine
« douce » et / ou « naturelle ». Des études effectuées aux Etats-Unis, en
Australie, en Allemagne et en France indiquent qu’entre 34 et 49 % des patients
atteints d’affections cutanées inflammatoires ont recours à ces thérapeutiques.
Elles sont souvent utilisées en association aux traitements médicamenteux de
référence dans les pathologies dermatologiques (19,20,89–91).

4.1 L’homéophatie
L’homéopathie signifie thérapeutique de similitude, qui a une
administration à des doses très faibles ou infinitésimales de substances
susceptibles de provoquer, à des concentrations différentes chez l’homme en
bonne santé, des manifestations semblables aux symptômes présentés par le
malade. Elle est dépourvue de risques, et présente un rapport bénéfice-risque
favorable. Cependant, il y a une absence de données scientifiques pour validées
son efficacité. Depuis le 1er janvier 2020 ce n’est plus remboursé par la sécurité
sociale (19,92).

4.1.1 Squame
S’il y a des squames larges et blanchâtres sur une peau rouge brillante : Natrum
sulfuricum, peut-être complété par Kalium bichromicum à 15CH ; ceux-ci peuvent
être associés en basse dilution dans une préparation de drainage. Si
l'aggravation se fait vers l'apparition de fissures, les professionnels officinaux
peuvent proposer :
- Graphites dans le cas où elles donneraient de petites croûtes et un liquide
visqueux et jaune comme du miel, de la 15 à la 30 CH.
- Nitricum acidum à 7 à la 9CH si la fissure est nette et sanguinolente, si récidive
de la 15 à la 30CH.
- Petroleum sur les peaux malsaines,

114
- et Antimonium crudum pour les dermatoses kératosiques, de la 5 à la 9 CH.
Les médicaments de fond sont ceux notamment de la psore avec Psorinum,
Sepia, Sulfur.

4.1.2 Lésions vésiculeuses et eczéma


Quel que soit le stade, souvent Anagallis 5CH et Mezereum ainsi que Rhus
toxicodendron 9CH, prendre 5 granules par jour. Le prurit intense peut-être
soulagé par Apis, Urtica, Histaminum, ou encore Croton tiglium 15CH. Si cet
eczéma s'avère plutot « sec.», Psorinum inaugure la prescription faite de
remèdes comme, Kalium bichromicum, Pix liquida, etc. En revanche, s'il est «
humide », nous disposons de Graphites, Natrum sulfurcum, Petroleum, etc.

4.1.3 Coupures, éraflures, petites blessures ouvertes ou en


sténon
Granules d’Arnica montana 9CH, à raison de 2 granules 3 fois par jour ; associé
à Staphysagria 9CH, à la même posologie.

Afin de faciliter l’accompagnement et le conseil au comptoir dispenser par les


pharmaciens d’officine et les préparateurs en pharmacie, une liste non
exhaustive des produits homéopathiques disponibles en officine a été dressée
sous forme d’un tableau (Tableau 13 – Produits homéopathiques et leurs cibles).

115
Tableau 12 – Produits homéopathiques et leurs cibles
NOM CIBLES DU MEDICAMENTS
ANAGALLIS - dermatologie : eczéma, prurit
- signe cutanés comme des pathologies eczémateuses et impétigineuses
ANTIMONIUM CRUDUM suintantes « comme du miel »
- dermatoses chroniques
- éruptions cutanées s’accompagnent d’un œdème
APIS MELLIFICA
- inflammations aiguës

ARNICA MONTANA - états infectieux avec dermatoses


CROTON TIGLIUM - eczéma avec démangeaisons intenses
- atteintes polymorphe de la peau : fissures, prurigineuses, suintantes,
GRAPHITES
aggravé par la chaleur, dermatose squameuse
- causes d’inflammation de la peau
- ulcération de la peau
KALIUM BICHROMICUM
- troubles dermatologiques se traduisent par des érythèmes, des papules
et des eczéma suintants
MEZEREUM - eczéma avec éruptions cutanées
NATRUM SULFURCUM - élimination irritantes pour la peau
- ulcération aux jonctions cutanées ont une tendance à saigner et à
NITRICUM ACIDUM s’étendre en profondeur
- troubles dermatologiques
PETROLEUM - troubles dermatologiques
PIX LIQUIDA - eczéma avec démangeaisons
- dermatose avec vésicules très prurigineuses
PSORINUM - transpiration abondante, avec un prurit aggravé par la chaleur et des
lésions cutanées
SEPIA OFFICINALIS - troubles dermatologiques chroniques
- troubles cutanés
- éliminations des affections cutanées irritantes
STAPHYSAGRIA
- lésions prurigineuses, eczémas suintants
- eczéma suite à une contrariété, un stress
- irritation inflammatoire de la peau
SULFUR
- dermatoses prurigineuses, surinfectées, aggravé par l’eau
- peau avec des aspects polymorphes
RHUS TOXICODENDRON
- muqueuses avec une inflammation productive

116
4.2 Education thérapeutique du patient
L’éducation thérapeutique du patient (ETP) peut être un bon moyen pour
alléger l’impact de la maladie sur la qualité de vie ainsi que sur le retentissement
psychologique. « L’ETP vise à aider les patients à gérer aux mieux leur vie avec
une maladie chronique. Elle est un processus continu, qui fait partie intégrante et
de façon permanente de la prise en charge du patient. » Elle se fait avec l’accord
du patient, qui va être acteur de sa prise en charge, en coordinations avec les
personnels de santé impliqués (43).

4.3 Psychologie
La dyshidrose peut s’accompagner d’une perte de l’estime de soi. Il est
nécessaire d’en tenir compte dans la prise en charge des patients. Seule une
écoute attentive permet d’évaluer le degré de retentissement psychologique. Le
stress est souvent rapporté comme facteur déclenchant des poussés, même s’il
reste difficile à évaluer. Ce stress induit des modifications de l’immunité et de
l’inflammation qui commencent à être connues.

4.4 Cures thermales


Les propriétés bienfaitrices des eaux minéralisées des stations thermales
sont connues de façon empirique depuis l'Antiquité et reconnues par le Haut
Comité du thermalisme pour 12 d'entre elles. Les soins qui y sont dispensés
représentent une méthode de soins agréée par la Sécurité sociale et les
mutuelles.
Les propriétés des principales eaux :
- l'eau d'Uriage (Isère) est une eau isotonique riche en oligoéléments (cuivre,
zinc, manganèse, sélénium...) et en sels minéraux (magnésium, potassium, fer...
pour un total de 11 g/L de résidu sec) ;
- l'eau de la Roche-Posay (Vienne) est une eau peu minéralisée et riche en
sélénium, dotée d'un effet anti-radicalaire et anti-inflammatoire ;
- l'eau d'Avène (Hérault) est faiblement minéralisée et riche en silicates et en
oligoéléments ;

117
- l'eau de Saint-Gervais (Haute-Savoie) est une eau riche en sulfate de sodium,
de strontium, de bore et de manganèse.

Les soins de base journaliers comprennent :


- un bain d'une durée moyenne de 20 minutes, à une température de 32 °C : des
douches ordinaires, qui facilitent l'élimination de tout ce qui a été préalablement
décollé par le bain ;
- des douches filiformes, qui sont administrées par des médecins. La pression
est modulable : à forte pression, les indications sont les états kératosiques ; à
faible pression ou à jet brisé, elles sont réservées aux lésions plus suintantes ;
- des compresses humides imprégnées d'eau thermale, appliquées sur les
lésions les plus inflammatoires et laissées en place une trentaine de minutes ;
- la pulvérisation (qui peut être localisée selon le siège des lésions) (73,75,80).

4.5 Acupuncture
L’acupuncture est l’une des pratiques fondatrices de la médecine
traditionnelle chinoise. Elle repose sur la stimulation de points spécifiques, situés
à différents endroits du corps, à l’aide de plusieurs techniques physiques. La
maladie ou les symptômes de la maladie sont perçus comme des dérèglements
dans la circulation de l’énergie corporelle, comme un déséquilibre énergétique.
L’objectif de la pratique est de restaurer l’équilibre de cette circulation. Ses
indications thérapeutiques sont très vastes, mais elle va nous intéresser dans le
cadre de dermatose, ou encore l’anxiété (89).

4.6 Magnétisme
Cette thérapie s’inspire directement de la médecine traditionnelle chinoise.
Le magnétisme repose sur le fait que tout être humain, comme toute matière qui
nous entoure, contient de l’énergie. Les magnétiseurs sont des personnes qui
seraient en mesure d’utiliser cette énergie pour soulager les maux des autres.
Son rôle est d’avoir une action sur le corps énergétique de son patient, en
opposition avec le médecin traditionnel qui traite le corps physique. Cette
pratique permet de guérir aussi bien le corps que l’esprit en insufflant une énergie

118
nouvelle au patient afin qu’il puisse se guérir. Les vibrations électriques ou les
radiations émises par un corps doivent être équilibrées pour être en bonne santé
(90).

4.7 Sophrologie
La sophrologie est une approche thérapeutique, qui s’inspire de
nombreuses techniques occidentales et orientales. Étymologiquement, la
sophrologie désigne ainsi l’étude de l’harmonisation de la conscience. En mettant
à l’unisson le corps et l’esprit et en se focalisant sur le positif, la personne qui
pratique la sophrologie peut avec de l’entraînement être mieux préparé à tous
les évènements de la vie et voir la vie sous un meilleur jour. Cette thérapie permet
en autre, de changer de regard sur soi-même, d’évacuer les aspects négatifs et
de mieux gérer son stress (91).

119
Dyshidrose
Fiche synthétique
Qu’est-ce que c’est ? A quoi ça ressemble ?
ü Affection de la peau caractérisée par
un eczéma des mains et des pieds
ü Vésicules enchâssées dans la peau,
parfois sous forme de « cloque
d’eau »
ü Très prurigineux

Ça touche qui ?
ü Surtout chez l’adulte, mais est aussi
possible chez l’enfant

Faut-il consulter ?
Oui si la forme est très étendue et très
inflammatoire et si cela devient
invalidant. Conseils à l’Officine ?
ü Favoriser le gel hydroalcoolique
ü Bien se sécher les mains et les
LES TRAITEMENTS pieds
üAppliquer un émollient spécifique
Allopathique mains ou pieds
En fonction de la sévérité, le ü Si hypersudation mettre un
traitement sera local ou général : détranspirant ou antitranspirant
ü Dermocorticoïdes d’activité modéré üÉviction des facteurs favorisants et
à très forte en pommade ou crème des allergènes
ü Tacrolimus pommade, 2x/jour üNe pas manipuler les lésions
ü Ciclosporine 10 à 100mg, 2x/jour üPhotoprotection adaptée si
ü Méthotrexate de 7,5 à 25mg, traitement prise de
1x/semaine photosensibilisant
ü Dupilumab 300mg tous les 15 jours ü Réduire le stress : activité
ü Alitrétinoïde de 10 ou 30 mg, 1x/jour sportive et / ou de la relaxation
ü Desloratadine 5mg, 1x/jour ü Bien s’hydrater
ü Bonne observance
médicamenteuse

120
Thérapeutiques Complémentaires

Ça touche qui ? LES TRAITEMENTS COMPLEMENTAIRES


ü Les patients demandeurs de
Aromatherapie
thérapeutiques
complémentaires HE lavande vrai fine Mélanger et
HE camomille noble appliquer
HE matricaire localement 4
HV avocat fois par jour
Conseils à l’Officine ?
üProposer une cure de
Phytotherapie
probiotiques comme
ü Bourrache : contre l’eczéma en gélule
Lactobacillus Rhamnosus
320 à 480 mg/j ; < 6ans
ü Ajouter à cela une cure de
ü Aigremoine : contre les inflammations,
prébiotiques
sous forme de compresse imprégné
ü Favoriser les aliments riches
d’une infusion de la drogue
en oligoéléments, en
ü Sauge officinale : contre l’hyperhidrose
antioxydants, en oméga 3,
sous forme d’infusion, 2,5g de drogue
oméga 6 et oméga 9
ü Favoriser le port de gants ou
Homéopathie
chaussettes en coton
ü Proposer des thérapeutiques Anagallis 5CH
Arnica montana 9CH 2 granules 3
alternatives : séances de
Croton tiglium 15CH fois par jour
sophrologie, d’acuponcture

HE = Huile Essentielle ; HV = Huile Végétale

121
Conclusion
La dyshidrose est une affection inflammatoire de la peau, caractérisée par un
eczéma des mains et des pieds. Sa prévalence est plus importante durant le
printemps et l’été à cause de nombreux facteurs aggravants plus présents à ces
saisons. Certaines études démontrent une augmentation de son incidence durant
la crise sanitaire du covid-19 pour les professionnels de santé travaillant en milieu
hospitalier. En revanche les résultats du questionnaire qui a été rempli par les
professionnels officinaux ne montrent pas d’élévation des cas concernant les
patients.

Les symptômes peuvent être similaires à ceux d’une dermite irritative de contact,
d’une dermite allergique de contact ou encore d’une dermatite atopique localisée
aux mains. La frontière entre tous ses groupes n’est pas évidente à distinguer.
Une consultation dermatologique est souvent nécessaire afin d’en trouver les
causes et de pouvoir établir un diagnostic.

La thérapeutique de première intention va comporter des antihistaminiques et un


traitement local avec l’application de dermocorticoïdes. Quand cela ne suffit pas
des immunomodulateurs voire des immunosuppresseurs peuvent être prescrits.
D’autres thérapies comme la photothérapie, la toxine botulique ou l’ionophorèse
peuvent être une solution de recours pour les patients.

La dyshidrose peut-avoir un impact important sur la qualité de vie des patients.


Afin d’aider au mieux le malade, les pharmaciens et préparateurs en pharmacie
peuvent apporter différents conseils dermocosmétiques et hygiéno-diététiques
en complément d’une prescription médicale ou afin de prévenir les phases de
poussées. De plus, des thérapeutiques complémentaires peuvent être
proposées.

Le pharmacien a donc un rôle essentiel à jouer dans la prise en charge et


l’accompagnement du patient dans la dyshidrose.

122
Annexe 1 : Questionnaire
DLQI DLQI

DLQI – Dermatology Life Quality Index

Au cours des 7 derniers jours :

1. Votre peau vous a-t-elle démangé(e), fait souffrir ou brûlé(e) ?


3 Enormément 2 Beaucoup 1 Un peu 0 Pas du tout

2. Vous êtes-vous senti(e) gêné(e) ou complexé(e) par votre problème de peau ?


3 Enormément 2 Beaucoup 1 Un peu 0 Pas du tout

3. Votre problème de peau vous a-t-il gêné(e) pour faire des courses, vous occuper de votre maison ou pour jardiner ?
3 Enormément 2 Beaucoup 1 Un peu 0 Pas du tout 0 Non concerné(e)

4. Votre problème de peau vous a-t-il influencé(e) dans le choix de vos vêtements que vous portiez ?
3 Enormément 2 Beaucoup 1 Un peu 0 Pas du tout 0 Non concerné(e)

5. Votre problème de peau a-t-il affecté vos activités avec les autres ou vos loisirs ?
3 Enormément 2 Beaucoup 1 Un peu 0 Pas du tout 0 Non concerné(e)

6. Avez-vous eu du mal à faire du sport à cause de votre problème de peau ?


3 Enormément 2 Beaucoup 1 Un peu 0 Pas du tout 0 Non concerné(e)

7. Votre problème de peau vous a-t-il complètement empêché de travailler ou étudier ?


3 Oui 0 Non 0 Non concerné(e)

Si la réponse est « Non » : votre problème de peau vous a-t-il gêné(e) dans votre travail ou vos études ?
2 Beaucoup 1 Un peu 0 Pas du tout 0 Non concerné(e)

8. Votre problème de peau a-t-il rendu difficile vos relations avec votre conjoint(e), vos amis ou votre famille ?
3 Enormément 2 Beaucoup 1 Un peu 0 Pas du tout 0 Non concerné(e)

9. Votre problème de peau a-t-il rendu votre vie sexuelle difficile ?


3 Enormément 2 Beaucoup 1 Un peu 0 Pas du tout 0 Non concerné(e)

10. Le traitement que vous utilisez pour votre peau a-t-il été un problème par exemple en prenant trop de votre temps
ou en salissant votre maison ?
3 Enormément 2 Beaucoup 1 Un peu 0 Pas du tout 0 Non concerné(e)

Score final DLQI : (0-30)

Annexe 123
Annexe 2 : tout savoir sur l’ALD

124
Annexe 3 : Technique d’hygiène des mains à l’aide d’eau et du savon

125
Annexe 4 : Technique d’hygiène des mains à l’aide d’une solution de gel
hydro-alcoolique

TECHNIQUE D’HYGIÈNE DES MAINS

Solution hydro-alcoolique (SHA)


PRÉVENTION Gardez les ongles courts sans vernis
DES INFECTIONS et ne portez ni ongles artificiels, ni bijoux.

1 Dans la paume de la main,


appliquez la quantité de produit
2 Trempez le bout des doigts
dans le produit ; transférez
3 Frottez les mains,
paume contre paume.
prescrite par le fabricant. le reste dans l’autre main et
trempez-y le bout des doigts.

4 Entrelacez les doigts


et frottez.
5 Frottez en alternance
le dos d’une main avec
6 Encerclez les pouces
avec la main opposée
la paume de l’autre. et frottez.

7 Frottez chacun des


poignets.
8 Laissez sécher à l’air ou
frottez jusqu’à ce que les
9 Ne pas essuyer
les mains.
mains soient sèches.

Utilisez la solution hydro-alcoolique (SHA) uniquement sur des


MISE EN mains sèches : l’humidité dilue le produit et en diminue l’efficacité.
GARDE Si les mains sont visiblement souillées, lavez-les à l’eau et au
savon plutôt que d’utiliser la solution hydro-alcoolique (SHA).
ASSTSAS © 2020

Zones souvent oubliées


asstsas.qc.ca
lors du lavage

126
Annexe 5 : Batteries de patch-tests collées dans le dos du patient

Annexe 6 : Résultats des patch-tests avec plusieurs réactions


positives après 72h

127
Annexe 7 : Fiche délivrée aux patients avant les patch-tests

128
Annexe 8 : Enquête diffusé auprès des professionnels de santé dans le milieu
officinal

LA DYSHIDROSE - Prise en charge et


accompagnement par le pharmacien d'officine
Etudiante en 6ème année de pharmacie à Rouen, je mène une étude sur la connaissance d'une
pathologie dermatologique : la dyshidrose. Le questionnaire s'adresse aux pharmaciens, aux
préparateurs, aux étudiants en pharmacie et aux apprentis préparateurs travaillant en oHcine.

Les réponses seront traitées de manière anonyme.

*Obligatoire

Situation professionnelle

1. Vous êtes : *

Une seule réponse possible.

Pharmacien
Préparateur

Etudiant en pharmacie

Apprenti préparateur

2. Depuis combien de temps travaillez-vous en officine ? *

Une seule réponse possible.

1 à 5 ans

6 à 10 ans
Plus de 10 ans

Concernant la dyshidrose

129
130
131
132
Annexe 9 : Fiche informative donnée aux patients en cas d’allergie au Nickel
avérée
NNEXE

Allergie au nickel

(Batterie standard N°7)

• Le nickel est un métal ubiquitaire, d'utilisation extrêmement répandue, aussi bien


dans la vie courante que dans le milieu professionnel et peu coûteux. Il pénètre
facilement la peau et est un puissant allergène aussi bien sous sa forme métallique que
par ses sels bivalents (chlorure, sulfate, oxyde, hydroxyde).

• Le nickel et ses sels, au contact de la peau, ou s'il est ingéré en grandes quantités ou
encore si le patient est porteur d'une prothèse interne en contenant, est responsable
principalement d'eczémas de contact (le plus souvent sous forme de plaques rouges avec
petites vésicules et croûtes accompagnées de démangeaisons) pouvant persister
plusieurs jours ou semaines et se reproduire en cas de nouveau contact. D'autres
manifestations cutanées, voire générales ont été décrites telles que des vascularites
allergiques, des urticaires de contact, des érythèmes polymorphes, des dermites
granulomateuses. Les sensibilisations par voie aérienne sont possibles (fumées de
métaux) et peuvent provoquer d'exceptionnels asthmes ou rhinites allergiques.

• Il est donc important d'éviter, autant que faire se peut, tout contact cutané avec cette
substance.

Eviction des produits contenant du nickel

• La sensibilisation au nickel est favorisée par la chaleur et la transpiration au contact


de l'objet.

• Les sources du nickel sont nombreuses :

=> Dans la vie courante :

- Le nickel est utilisé dans la plupart des alliages de métaux (cuivre, manganèse, zinc,
chrome, or) et sert également à recouvrir d'autres matériaux (l'acier : le nickel y est peu
sensibilisant car fortement lié, l'aluminium, les plastiques). C'est ainsi qu'on le retrouve,
notamment, dans des outils divers, les pièces de monnaie (1 et 2 €), stylos, robinets,
trombones, ustensiles de cuisine, aiguilles
- La source principale de sensibilisation par contact est le port de bijoux fantaisie et
même plaqué-or, mais aussi les accessoires vestimentaires, les montres, les pièces de
monnaie (1 et 2 €), les instruments de cuisine, le matériel médical (aiguilles,
instruments chirurgicaux) et prothétique (orthopédique, dentaire, le port de lunettes), les
pigments utilisés dans certains fards à paupière et mascaras
- Il est aussi présent dans l'eau du robinet, les détergents et poudres à laver, l'industrie
du nickelage.
- La sensibilisation, ou la réactivation d'une sensibilisation de contact initiale, est
possible par voie digestive : ingestion d'aliments contenant du nickel (huiles, haricots,
asperges, chocolat) ou contaminés par les ustensiles de cuisine métalliques.

133
• Activités professionnelles :

- Coiffure ;
- Industrie automobile ;
- Industrie des matières plastiques ;
- Industries de la métallurgie et des alliages : association de nickel et d'acier, aluminium,
argent, cuivre, zinc, nickelage ;
- Galvanoplastie et galvanisation ;
- Industrie de fabrication de batteries alcalines ;
- Industrie de l'électronique ;
- Industrie de fabrication des insecticides et fertilisants ;
- Industries de la construction ;
- Nombreux colorants utilisés en industrie : peintures (émail en particulier), papiers,
textiles, céramiques, verres, huiles ;

• Des régimes d'éviction peuvent être proposés en cas de test de provocation orale
positif (suppression des aliments riches en nickel et cuisson des aliments avec des
ustensiles de cuisine non métalliques). Le port de gants peut être rendu nécessaire lors
de certains contacts professionnels. La présence de nickel peut être détectée par un spot-
test au diméthylglyoxime à 1% : le dépôt de quelques gouttes du réactif sur un objet
contenant du nickel, suivi de l'application d'une solution d'ammoniaque à 10% entraîne
une réaction chimique se traduisant par une coloration rose.

134
Annexe 10 : Fiche informative donnée aux patients en cas d’allergie avérée
au bichromate de potassium

Allergie a u bichromate de
potassium

(Batterie standard N°1)

• Le chrome est un métal gris acier qui, sous sa forme métallique, n'est pas sensibilisant
; par contre, les sels de chrome, notamment les sels hexavalents (bichromates) sont
très allergisants. Ils sont présents dans une grande variété de substances.

• Le bichromate de potassium, au contact de la peau, est responsable principalement


d'eczémas de contact (le plus souvent sous forme de plaques rouges avec petites
vésicules et croûtes accompagnées de démangeaisons) pouvant persister plusieurs jours
ou semaines et se reproduire en cas de nouveau contact. Autres manifestations
allergiques au plan respiratoire : le chrome peut déclencher, par inhalation de fumées
métalliques, des rhinites et des asthmes. Il est également toxique pour la peau et les
muqueuses respiratoires.

• Il est donc important d'éviter autant que faire se peut tout contact cutané avec cette
substance.

Eviction des produits contenant du bichromate de potassium

• L'éviction allergénique est difficile car le chrome est un métal ubiquitaire dont
l'ingestion alimentaire peut réactiver des lésions cutanées d'eczéma.

• Liste des activités et des substances pouvant exposer à ce produit et qui sont à éviter :

1. Activités professionnelles et de bricolage :


=> Ciments et industries du ciment ;
=> Matériaux de construction : béton, briques, mortier ;
=> Dactylographie (encres, papiers carbone) ;
=> Industries alimentaires : contaminant de la farine ;
=> Industries des colorants : jaunes, rouges, verts (bougies, caoutchoucs, colles,
crayons, émaux, encres, linoléum, peintures, plastiques, porcelaines, savons, verres) ;
=> Industries des textiles : imperméabilisation, tannage et teinture du cuir et de la
fourrure, teinture de la laine et du coton ;
=> Lithogravure (photogravure) et imprimerie (offset) ;
=> Métaux : traitement de surface des métaux et des alliages (aluminium, argent,
cadmium, cuivre, fer, zinc) , chromage électrolytique de l'acier, procédés de

135
galvanisation du zinc et du fer blanc, fumées de soudure autogène ;
=> Fabrication de batteries automobiles ;
=> Fabrication d'écrans de télévision couleur ;
=> Installations de refroidissement en circuit fermé (air conditionné, réfrigérateurs,
moteurs diesel) ;
=> Manipulation et fabrication de bandes magnétiques ;
=> Manipulation d'huiles industrielles (huiles anticorrosion, huiles de coupe, huiles
solubles) ;
=> Manipulation de peintures et de vernis : peintures antirouille et anticorrosives,
peintures au chromate de zinc (peintures marines en particulier) ;
=> Manipulation de résine époxy (durcisseurs ou résines époxy finies) ;
=> Produits chimiques de laboratoire (réactifs) et de photographie (fixateurs) ;
=> Produits de protection et teintures pour le bois ;
=> Professions médicales et paramédicales (fixateurs d'histologie, antiseptiques et
astringents, certains catguts, acide chromique utilisé pour traiter les gingivites).

2. Substances de la vie courante, dans lequel on le retrouve à l'état de traces :


=> Cuir : port d'objet en cuir (chaussures, gants, ceintures,vêtements) les sels de chrome
étant utilisés comme agents tannants dans la plupart des cuirs ;
=> Cirages et cires ;
=> Cosmétiques (ombres à paupière) ;
=> Port d'uniforme militaire de couleur verte ;
=> Tatouages verts ;
=> Traitement par aiguilles d'acupuncture ;
=> Légumes secs, cacao, les céréales non raffinées, eau du robinet, aliments cuits et
maintenus dans les casseroles métalliques, colles fortes, certaines allumettes (pointes et
frottoirs), eau de Javel (mais pas les pastilles javellisantes)

136
Annexe 11 : Fiche informative donnée aux patients en cas d’allergie avérée au
chlorure de cobalt

Allergie au chlorure de cobalt

(Batterie standard N°5)

• Le cobalt est un métal dur, gris argent, magnétique, extrait à partir des minerais de
cuivre ou d'argent. Il est presque constamment associé au nickel, et très fréquemment à
l'arsenic. Il est sensibilisant par lui-même ainsi que ses différents sels et oxydes. Ce
métal contamine facilement de nombreux objets en nickel. La sensibilisation au cobalt
entre souvent dans le cadre d'une polysensibilisation à d'autres métaux (bichromate
de potassium et nickel).

• Le chlorure de cobalt, au contact de la peau, ou s'il est ingéré en grandes quantités ou


encore si le patient est porteur d'une prothèse interne en contenant, est responsable
principalement d'eczémas de contact (le plus souvent sous forme de plaques rouges avec
petites vésicules et croûtes accompagnées de démangeaisons) pouvant persister
plusieurs jours ou semaines et se reproduire en cas de nouveau contact. Il peut être
également responsable de dermites d'irritation.

• Il est donc important d'éviter autant que faire se peut tout contact cutané avec cette
substance.

Eviction des produits contenant du chlorure de cobalt

• Les sources du cobalt sont nombreuses :

=> Dans la vie courante, il est retrouvé :

- Manipulation d'objets métalliques en nickel (où le cobalt est contaminant comme les
bijoux et accessoires vestimentaires) ;
- Utilisation de pigments bleus : crayons, émaux, encres, ombres à paupières, peintures,
plastiques, porcelaines, tatouages, teintures, textiles, verres) ;
- A l'état de traces dans le sol, l'eau, les plantes ;
- Dans des aliments : ceux qui en contiennent le plus sont le cacao, les fruits de mer, le
son et la mélasse ;
- Dans les bibelots indicateurs d'humidité (bleu = humide ; rose = sec)
- Manipulation du ciment ;
- Manipulation d'additifs alimentaires (essentiellement pour le bétail), de fertilisants et
d'engrais ;
- Injection de vitamine B12 (le cobalt a un rôle physiologique en tant que cofacteur) ;
- Prothèses dentaires ;
- Plastiques de montures de lunettes ;
- Utilisation d'antisudoraux ;
- Utilisation de détergents, poudres à lessiver et savons solides ;

137
- Utilisation de produits de protection pour le bois.

=> Il est également employé dans l'industrie :

- Brasseries (agent stabilisant) ;


- Imprimeries (offset) et photographie industrielle ;
- Industrie du ciment (contaminant du nickel) ;
- Industrie des pigments de la peinture et de vernis (siccatif et colorant bleu et jaune) ;
- Industries de la céramique, de la poterie, du verre (pigment) ;
- Industries métallurgiques et des alliages : métaux durs en particulier ;
- Industrie du caoutchouc et des matières plastiques (catalyseur et colorant) ;
- Industrie textile (colorant) ;
- Industrie pharmaceutique (catalyseur) ;
- Industrie des semi-conducteurs (contaminant) ;
- Industrie de la galvanisation (contaminant) ;
- Industrie du pétrole et des huiles minérales (catalyseur) ;
- Industrie de la fourrure ;
- Industries utilisant des huiles minérales (agents de refroidissement et de lubrification)
ou des huiles de coupe usagées (cobalt dissous à partir d'alliages divers) ;
- Industries utilisant de la soudure (cobalt présent dans les fumées et vapeurs)

138
Annexe 12 : Bon de commande donnée aux patients en cas d’allergie avérée
au Nickel

139
Annexe 13 : Bon de commande donnée aux patients en cas d’allergie avérée
au Cobalt

140
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SERMENT DE GALIEN

Je jure d’honorer ceux qui m’ont instruit dans les préceptes de mon art et de leur témoigner
ma reconnaissance en restant fidèle à leur enseignement.
D’exercer dans l’intérêt de la Santé publique ma profession avec conscience et de respecter
non seulement la législation en vigueur mais aussi les règles de l’Honneur, de la Probité et du
Désintéressement.
De ne jamais oublier ma responsabilité et mes devoirs envers le malade et sa dignité humaine.
De ne dévoiler à personne les secrets qui m’auraient été confiés ou dont j’aurais eu
connaissance dans l’exercice de ma Profession.
En aucun cas, je ne consentirai à utiliser mes connaissances et mon état pour corrompre les
mœurs et favoriser les actes criminels.
Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.
Que je sois méprisé de mes Confrères si je manque à mes engagements.

Serment de Galien 146

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