Cours Chapitre 3)
Cours Chapitre 3)
Indications du programme :
Comprendre le rôle des dotations factorielles et technologiques (avantages comparatifs) dans les échanges commerciaux et la
spécialisation internationale.
Comprendre le commerce entre pays comparables (différenciation des produits, qualité des produits, et fragmentation de la
chaîne de valeur).
Comprendre que la productivité des firmes sous-tend la compétitivité d’un pays, c’est-à-dire son aptitude à exporter.
Comprendre l’internationalisation de la chaîne de valeur et savoir l’illustrer.
Comprendre les effets induits par le commerce international : gains moyens en termes de baisse de prix, réduction des inégalités
entre pays, accroissement des inégalités de revenus au sein de chaque pays ; comprendre les termes du débat entre libre-échange et
protectionnisme.
Le commerce international correspond aux flux d’échange de biens et de services (exportations et importations) entre des
agents économiques situés dans des pays diffé[Link] commerce international c’est à dire l’ouverture des économies au
reste du monde a pris un véritable essor au moment de la Révolution Industrielle avec le développement de grandres voies
maritimes qui rendent possibles l’échange entre les différents continents. (besoins d’échanger car besoins de matières
premières nécessaires aux industries européennes). L’Europe est alors la première zone commerciale du monde. Aujoud’hui,
la croissance des échanges est 2 fois plus forte que celle de la production. Entre 1950 et 2020, les échanges internationaux
ont augmenté de 3883 % c’est-à-dire que le volume des échanges a été multiplié par 70 au cours de cette période.
Les débats actuels sur les relocalisations des entreprises notamment depuis la crise du COVID ou la guerre en
UKRAine, la concurrence internationale, le réchauffement climatique ou encore les problèmes de compétitivité de la France
face à ses partenaires commerciaux comme la Chine ou l’Allemagne nécessitent d’y voir plus clair sur les avantages et limites
que procure l’ouverture des pays aux échanges internationaux.
Au XXe siècle, après s’être effondré pendant les deux guerres mondiales et la crise des années 1930, le commerce
international connaît un essor remarquable à partir de 1945, avec un taux de croissance nettement plus rapide que celui de
la production mondiale (PIB mondial).
Le taux d’ouverture mondial (exportations/PIB) a en effet été multiplié par 3 entre 1950 et 2010, traduisant une
augmentation jamais vue des échanges internationaux qui ont cru plus vite que la richesse mondiale produite. Ainsi, alors
que les exportations mondiales représentaient à peine 10% du PIB mondial, elles en représentent maintenant près de 30% -
soit 1/3 des biens et services produits dans le Monde sont destinés à être vendus à l’étranger.
Définitions :
Les exportations correspondent aux ventes de biens et de services à un agent économique étranger.
Les importations correspondent aux achats de biens et de services à un agent économique étranger.
Le document type bac ci-contre permet de révéler la corrélation entre la croissance du PIB et celle des exportations
car les trois courbes croissent ensemble, et subissent une baisse la même année en 2009. Mais attention à la lecture et
l’interprétation des données ! Ce sont des indices base 100 en 1951 donc les exportations de marchandises et de produits
manufacturés ne sont pas supérieures en volume au PIB ! On ne peut en déduire que des variations : le PIB mondial a été
multiplié par 8 depuis 1951 (800/100) quand les exportations de marchandises ont été multipliées par 33 (3300/100). On
voit donc que les exportations, ont progressé plus vite que le PIB.
Le développement du libre-échange :
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Le GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, 1948) est né du fait que les mesures
protectionnistes mises en œuvre dans l’entre-deux guerres sont considérées comme responsables de la Grande dépression et
de la 2nde Guerre mondiale. L’ONU décida alors de favoriser le libre-échange comme moyen de la prospérité et de la paix.
Les accords du Gatt en sont la conséquence.
Définition :
Le libre-échange est une doctrine économique qui promeut la suppression de toutes les entraves aux échanges de
biens et de services.
En 1994, le GATT laisse place à l’OMC (Organisation mondiale du commerce) qui a des
pouvoirs d’arbitrage plus étendus que le GATT. Ces organisations ont pour but de favoriser le
libre-échange au niveau international et de régler les litiges entre firmes et Etats (Organe de
règlement des différends (ORD)). Les négociations (cycles ou « rounds » de négociations) ont
permis de réduire le niveau moyen des droits de douane et donc d’accroître les échanges
internationaux en les rendant moins chers.
Le développement du commerce international après 1945 a été aussi favorisé par les politiques de libre-échange
menées par le GATT puis l’OMC qui ont permis de diminuer fortement les droits de douane et donc les coûts liés aux
échanges internationaux. Les droits de douane ont ainsi été divisés par près de 3 entre 1950 et 2000, atteignant le niveau le
plus bas de toute l’histoire du commerce international.
quantités de biens et de services transportées (production en forte augmentation) donc le rapport production/coût (soit la
productivité) augmente fortement : même quantité de fioul, mêmes taxes et droits de douane (les coûts fixes), mais avec 11
000 conteneurs !
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I Comment expliquer le commerce entre pays ?
L’économiste D. Ricardo (1815) formule alors la plus célèbre théorie de la science économique en retravaillant celle de Smith.
C’est la théorie des avantages comparatifs (ou relatifs).
Selon David Ricardo (1815), un pays se spécialise donc dans les productions où il a l’avantage relatif le plus élevé
Si les pays
par rapport aux autres souhaitent s’intégrer
pays c’est-à-dire fortement dans
dans les productions le commerce
où il est mondial (le
le moins mauvais. c’est qu’elles
plus grand en tirent des
avantage gains,
ou bien le
c’est-à-dire des gains à l’échange.
désavantage le plus faible) : on parle alors d’avantage comparatif. L’avantage ou le désavantage provient de la
comparaison des niveaux de productivité.
A Pourquoi les pays se spécialisent-ils ?
En utilisant l’exemple de l’Angleterre et du Portugal échangeant du vin et des draps, il démontre que même si un
pays ne dispose d’aucun avantage absolu, s’il se spécialise dans la production où il est relativement le meilleur, il en tirera un
L’essor du commerce international s’accompagne d’une vaste division internationale du travail (DIT), chaque pays se
avantage tout comme son partenaire qui lui disposait des deux avantages absolus. Cet avantage s’appelle un gain à
spécialisant dans la réalisation de certains produits et les échangeant contre ceux qu’il ne produit pas. Quels sont les
l’échange.
déterminants de cette DIT ?
Gain à l’échange représente
La spécialisation : la spécialisation
le fait permet
pour unde pouvoir
pays de neacheter
produireunequequantité plus importante
des marchandises du bien que
pour lesquelles l’on ne
il dispose
produit plus par l’échange. Au final, on obtient plus de
d’un avantage sur les autres pays et d’importer les [Link] par la spécialisation que par une production autonome.
Cependant, on constate que les spécialisations des pays évoluent. La Chine anciennement spécialisée dans le textile
exporte maintenant davantage de produits technologiques et de capital. Ceci s’explique par les dotations technologiques
c’est-à-dire le niveau de technologie dont dispose un pays.
Il s’agit de concentrer l’analyse moins sur les facteurs de production (capital, travail) et davantage sur la fonction de
production (facteurs technologiques). L’étude des dotations technologiques permet d’identifier des pays innovateurs (ou
leader) et des pays copieurs (ou suiveurs), qui mettent un certain temps pour réaliser les productions des économies
avancées.
Les économies avancées exportent les produits innovants puis, progressivement, à mesure que les technologies
deviennent plus communes, les économies en développement les imitent et deviennent exportateurs lorsque ces produits
peuvent être fabriqués par une main-d’œuvre à faible coût. Pour maintenir leur part de marché à l’exportation, les
économies avancées doivent donc innover continuellement.
Ainsi, les pays les plus avancés qui disposent de capital de haute technologie et de travail qualifiés se spécialisent
naturellement dans des produits manufacturés de haute valeur ajoutée (luxe, aéronautique…). Les pays émergents et en
développement qui disposent d’un capital abondant mais rudimentaire et d’une main-d’œuvre peu qualifiée se spécialisent
dans des produits manufacturés simples à faible valeur ajoutée (textile, petit électronique). Enfin, les pays disposant de
ressources naturelles abondantes (pétrole, gaz, minerais…) se spécialisent dans leur exportation.
Les spécialisations des pays peuvent évoluer du fait que les dotations factorielles évoluent elles aussi. Les pays
asiatiques par exemple ont mené des stratégies de remontée de filière : ils commencent par assembler des produits (travail
peu qualifié) puis par des effets d’apprentissage, ils finissent par pouvoir les produire en totalité et en concevoir de nouveaux
(travail qualifié).
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échangent beaucoup entre eux. Si on s’intéresse aux principaux partenaires commerciaux
de la France, on retrouve parmi les 5 premiers des pays développés similaires, dont
l’Allemagne. Ils échangent par ailleurs des produits similaires, remettant en cause
apparemment la théorie ricardienne de la spécialisation, et mettant en avant les notions
de différenciation des produits et d’échange intra-branche.
Définition :
La différenciation des produits est une stratégie d’entreprise qui vise à proposer un produit différent de celui de
ses concurrents pour en tirer un avantage. Elle peut être :
- horizontale : produit de même qualité mais de variété différente par exemple (couleur, goût…),
- verticale : produit de qualité inférieure ou supérieure.
Ce phénomène engendre des échanges intra-branches, soit les exportations et importations de produits ayant des
caractéristiques proches.
Dans les années 1980, des économistes comme Paul Krugman montrent que cela peut être expliqué par l’existence
de marchés imparfaitement concurrentiels sur deux aspects :
- présence de coûts fixes élevés qui réduit le nombre d’offreurs possibles (barrière à l’entrée)
- goûts différenciés des consommateurs (absence d’homogénéité des produits).
En effet, si les consommateurs des deux pays apprécient deux types de voitures différentes, il vaut mieux que
chaque pays se spécialise dans la production d’un des deux modèles pour dégager des économies d’échelle (la présence de
coûts fixes élevés rend plus rentable de faire produire en grandes quantités le bien par une seul entreprise = théorie du
monopole naturel) et ainsi le proposer à un prix plus bas favorisant l’apparition de gain à l’échange pour les consommateurs
de chaque pays. Alors que si chaque pays produisait les deux modèles de voiture, cela occasionnerait deux fois plus de coûts
fixes soit autant d’augmentation du prix du produit.
Ainsi la répartition de la production de voitures au niveau européen permet aux consommateurs allemands
d’acheter des voitures italiennes sportives et nerveuses et aux italiens de pouvoir acheter au meilleur prix des voitures
allemandes et suédoises robustes et sécurisantes.
II Le rôle des firmes dans l’internationalisation de la production ?
Les quinquennats de Nicolas Sarkozy (2007 – 2012) et de François Hollande (2012 – 2017) ont tous les deux été placés sous
l’agenda du nécessaire sursaut français pour retrouver son lustre passé. A ce titre, les médias et la littérature économique
mettaient en exergue le manque de compétitivité de l’économie française, cédant des parts de marché à ses concurrents
allemands, américain et chinois et voyant son industrie décliner inexorablement. 2012 fut une année marquante avec la
publication d’un Rapport remarqué, le Rapport Gallois ou Pacte de compétitivité qui décida François Hollande à créer le
Pacte de compétitivité, accordant 40 milliards d’euros d’aide publique chaque année aux entreprises françaises pour
restaurer leur compétitivité.
Définition :
La compétitivité d’un pays est sa capacité à exporter les produits de ses entreprises nationales. Elle dépend de la
productivité de ces dernières et est mesurée par sa part de marché dans les exportations mondiales.
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La compétitivité des Etats, atout majeur dans le commerce international, peut être distingué en deux grandes
formes.
Tout d’abord les Etats peuvent chercher à favoriser leurs entreprises via des prix plus faibles. C’est une stratégie de
compétitivité-prix.
Pour permettre à ses entreprises d’avoir des prix plus faibles, le premier levier est de réduire leurs coûts de production :
baisser le coût unitaire du travail par la baisse du coût du travail (voir chapitre « lutte contre le chômage ») et/ou
l’augmentation de la productivité du travail, baisse des coûts intermédiaires (loyers, énergie…), baisse du coût du capital
(crédit facilité et moins cher…) via la fiscalité
Egalement ils peuvent réduire les coûts de transport par des investissements dans les infrastructures (ports, routes,
aéroports…).
Enfin, ils peuvent manipuler leur taux de change : en faisant baisser la valeur de la monnaie nationale, ils rendent les produits
de leurs entreprises moins chers à l’exportation.
Définition :
Compétitivité-prix (ou coût) : capacité à faire face à la concurrence par des prix plus faibles.
Compétitivité
logique
logique
de
de
compétiti
compétiti
vité hors-
vité-prix
prix
autres
coût qualité
coûts de coût du taux de innovatio image de
unitaite change des
productio transport n marque
du travail produits
n
La mondialisation de la production et de la consommation des biens et services ne peut se faire que par
l’intermédiaire d’acteurs de grande dimension. Ainsi à mesure que les échanges mondiaux croissaient, la taille des
entreprises augmentaient pour devenir elles-aussi mondiales. Les firmes multinationales (FMN) sont donc à la fois les
moteurs du commerce international mais elles profitent aussi de la mondialisation pour en tirer des avantages économiques
et financiers.
Définition :
Une firme multinationale (FMN) est une entreprise qui dispose d’au moins une unité de production à l’étranger.
Elle se compose alors :
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- d’une maison-mère : l’entreprise propriétaire des unités de production, c’est elle qui donne la nationalité de la firme,
- de filiales : unités de production détenues à hauteur de 50% par la maison mère.
Le développement mondial des FMN se mesure à l’aide des investissements qu’elles réalisent dans le monde entier pour
développer leurs activités. Ce sont les investissements directs à l’étranger (IDE).
Définition :
Un IDE a pour objectif d’installer de nouvelles unités de production à l’étranger ou racheter des sites étrangers
existants pour en faire des filiales (filialisation).
Si ces IDE traduisent la croissance extrêmement forte et rapide des FMN, ils révèlent également un important mouvement de
concentration, les FMN devenant de plus en plus puissantes économiquement. Les plus grandes FMN disposent d’un chiffre
d’affaire comparable aux PIB de pays développés (10 des 30 plus grandes entités économiques).
Plus largement, si le commerce international a tant progressé, entre pays comparables comme entre pays différents,
c’est aussi du fait du développement d’un nouveau processus de production, qui l’a internationalisée. Les entreprises
mondialisées ont su tiré profit des avantages comparatifs des différents pays pour organiser leur production au niveau
international, entraînant la fragmentation internationale de la chaîne de valeur.
Définition :
La fragmentation de la chaîne de valeur représente les différentes étapes de la production d’un produit
(conception, approvisionnement, fabrication, commercialisation) qui sont réalisées dans plusieurs pays.
La chaîne de valeur peut être simple (le produit traverse une seule frontière) ou complexe (plusieurs frontières).
Aujourd’hui, plus de la moitié des échanges mondiaux sont donc des échanges intra-firmes, du fait que la réalisation
d’un produit a lieu dans au moins deux pays.
Le terme de chaîne de valeur signifie que la valeur ajoutée finale d’un produit se répartit tout au long du
processus internationalisé de production qui à chaque étape lui ajoute de la valeur. La valeur totale du produit est donc la
somme de toutes ces valeurs ajoutées dans chacun des pays. Chaque pays cherche alors à se spécialiser dans la partie de la
production qui apporte la plus grande partie de la valeur ajoutée, ce que font les pays développés aujourd’hui.
Ce processus entraîne des difficultés comptables. Car un produit assemblé en Chine voit sa valeur ajoutée être attribuée à la
Chine (quand il est vendu en Europe par exemple) générant un excédent commercial pour la Chine et un déficit pour le pays
acheteur. Or la part principale de la valeur ajoutée du produit peut provenir d’un autre pays (par exemple les Etats-Unis où se
situent les centres de recherche ayant conçu le produit), mais cette part n’est pas déduite de la valeur du produit exporté de
Chine.
Pour en savoir plus : [Link]
[Link]
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L’exemple d’Apple montre que les FMN à travers la fragmentation de la chaîne de valeur internationalisent leur
production.
Définition :
L’internationalisation de la production signifie que les FMN organisent leur processus de production à l’échelle
mondiale via la fragmentation de la chaîne de valeur.
Dans ce but, les FMN disposent de deux stratégies : l’internalisation et l’externalisation qui ont chacune leurs
avantages et
leurs limites.
Définitions :
L’internalisation correspond au rachat d’une unité de production ou à l’implantation d’unités de production,
devenant des filiales.
L’externalisation correspond au fait pour une entreprise de faire accomplir par une autre entreprise une partie de
la production qu’elle réalisait auparavant.
D’une manière générale, les FMN ont recours à l’externalisation pour des tâches de production rudimentaires
(assemblage, extraction de matières premières), et à l’internalisation pour des activités sensibles, ou correspondant au cœur
de métier de la firme (recherche-développement, conception des produits…).
Un des enjeux de savoir si l’ouverture au commerce international a plutôt amélioré la situation économique de la
majorité des pays et donc de la population mondiale.
Depuis les années 1970, les pays les plus pauvres voient enfin leur retard sur les pays développés se réduire. Leur
ouverture au commerce mondial, associée à des stratégies de compétitivité adaptées, tirant profit de leurs avantages
comparatifs (main d’œuvre abondante et bon marché, ressources naturelles), leur a permis de connaître des taux de
croissance deux à trois fois supérieurs à ceux des pays riches qui connaissaient eux un fort ralentissement de leur expansion.
Les NPIA (Hong Kong, Corée du Sud, Taïwan, Singapour dans les années 1950) n’ont pas de matières 1ères à exporter pour
compenser leurs importations, ni de marché intérieur important (petit pays pauvre) pour offrir des débouchés à leur
production. Ils ont donc mis en œuvre une stratégie de promotion des exportations de produits manufacturés simples : ils se
spécialisent dans la production de produits simples à concevoir destinés à être vendus dans les pays développés.
Les NPIA ont ensuite fait évolué leur spécialisation : la formation de la main d’œuvre et les transferts de technologie
(FMN) ont permis aux pays de remonter les filières et de réaliser des produits plus élaborés et donc à plus forte valeur
ajoutée. Les revenus ont donc augmenté et alimenté un processus de croissance durable. Depuis les années 1980, la Chine,
la Malaisie, la Thaïlande et l’Indonésie ont suivi la même stratégie.
Cependant, l’ouverture aux échanges internationaux produit depuis les années 1980 un accroissement des inégalités
internes dans les pays (voir chapitre « structure sociale »), générant des « gagnants » et « perdants » de la mondialisation,
que l’économiste Branko Milanovic a représenté sous la forme d’une courbe devenue célèbre sous le nom de la « courbe de
l’éléphant ».
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(1% de la population mondiale), sans tenir compte de leur
nationalité (on fait comme si le Monde forme une seule et
même Nation). On constate alors que les 5% les plus pauvres
dans le Monde ont vu leur revenu ………….. de ………% entre
1988 et 2008, tandis que celui de la population médiane a lui
augmenté de ………… %.
Apparaissent alors 4 faits majeurs :
- les grands gagnants de la mondialisation sont la classe
moyenne et supérieure des pays …………………, ainsi que le 1%
le plus riche de la population mondiale, soit les classes
supérieures des pays ……………………. .
- les grands perdants de la mondialisation sont les 10% les
plus pauvres de la population mondiale, soit la classe pauvre
et moyenne des pays …………….., ainsi que les classes
………………………………………….. des pays développés.
Ce document type-bac représente la croissance du revenu
des différentes catégories de population classées en centiles
Il apparaît donc que :
- dans les pays en développement, les plus pauvres voient leur situation stagner alors qu’émerge une classe moyenne et
supérieure qui profite des emplois et de la croissance exceptionnelle des revenus apportée par l’ouverture des secteurs
d’activité dans lesquels elle travaille,
- dans les pays développés, la classe populaire et moyenne voit sa situation se dégrader du fait de la concurrence
qu’exercent les entreprises des pays développés sur leurs emplois et leurs revenus (ils occupent des emplois dans des
« secteurs exposés » à la mondialisation), alors que la classe supérieure profite elle des débouchés que la mondialisation
offre à leurs activités (ils occupent des emplois dans les « secteurs protégés » de la mondialisation).
Dans ces deux cas, les inégalités de revenu s’accroissent, avec deux précautions cependant :
- les inégalités de revenu ne sont pas seulement causées par l’ouverture au commerce international, mais aussi à
d’autres facteurs comme le progrès technique (voir chapitre « sources et défis de la croissance »),
- deux pays similaires peuvent voir leurs inégalités internes évoluer différemment selon la politique de redistribution
que mène l’Etat .
B) Libre-échange ou protectionnisme ?
a) le libre échange
D’un point de vue économique, la théorie de la spécialisation de Ricardo permet de faire apparaître les grands
avantages de l’ouverture aux échanges internationaux.
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- le développement des importations de produits étrangers leurs permet de bénéficier de baisses de prix ce qui accroît leur
pouvoir d’achat. Les économistes considèrent à 1 000 € en moyenne par an le gain de pouvoir d’achat réalisé par les
ménages du fait des importations moins chères que les produits nationaux.
- la concurrence à laquelle sont soumises les entreprises nationales pousse ces dernières à baisser leurs prix pour s’aligner
sur ceux des entreprises étrangères, renforçant le gain de pouvoir d’achat des consommateurs nationaux qui ont la
possibilité de faire jouer cette concurrence.
C’est au nom de ces avantages que l’Union européenne a été créée en 1957 pour mettre en place un marché unique
associé à une zone de libre-échange, et qu’elle signe des accords de libre-échange avec les autres puissances commerciales
comme le CETA avec le Canada et le TAFTA avec les Etats-Unis
Au-delà de l’effet négatif sur les inégalités internes, le libre-échange produit également de nombreux effets
pervers, à la fois pour les pays en développement et les pays développés.
Les pays en développement font face au risque de fluctuation des cours des produits qu’ils exportent. Par
exemple, la guerre en Ukraine,principal producteur de blé mondial, fait courir le risque de famine pour certains pays
africains.
Leurs exportations peuvent en effet souffrir d’une surproduction du fait de la concurrence
des autres pays accroissant l’offre mondiale, ou d’une crise économique réduisant la demande mondiale. C’est une situation
dangereuse en particulier pour les pays spécialisé dans une seule production (pays mono-exportateurs) comme le Venezuela
dans le pétrole qui voient le prix du seul produit qu’ils exportent s’effondrer.
Ils voient les produits des pays riches venir concurrencer leur production locale du fait que ces derniers à travers leurs
grandes FMN ont un niveau de compétitivité trop élevé. Ils ne peuvent pas faire face à cette concurrence inégale. Par
exemple, de nombreux pays asiatiques sont importateurs de riz américain alors que c’était le produit qu’ils produisaient
traditionnellement ! C’est pour cela que de nombreuses ONG comme ATTAC demandent à revoir les règles du commerce
international pour protéger les pays les plus pauvres.
Les inconvénients du commerce international (ou libre-échange) pour les pays développés ne sont pas négligeables.
C’est ainsi que certaines productions locales, confrontées à la concurrence internationale, peuvent disparaitre, entraînant
des coûts de reconversion souvent importants. Le commerce international peut ainsi ruiner certains producteurs dont les
activités déclinent et mettre leur main-d’œuvre au chômage. La concurrence étrangère à bas coût est ainsi accusée de
provoquer du chômage, du fait des délocalisations qu’elle incite les FMN à réaliser. Cela menace en particulier les industries
vieillissantes, utilisant beaucoup de main-d’œuvre peu qualifiée que celle des pays du Sud peut aisément remplacer.
La concurrence des produits des pays à bas salaires est également souvent accusée dans les pays riches de faire
pression à la baisse sur les salaires, spécialement pour la main d’œuvre peu qualifiée.
Définition :
Une délocalisation est la fermeture d’un site de production dans une région pour la réinstaller dans une autre
région.
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- des niveaux de législation écologique plus faibles (émissions de
CO2, utilisation de composants polluants) – dumping
environnemental.
Définition :
Le protectionnisme correspond aux différentes barrières mises en œuvre pour réduire l’ouverture d’un pays aux
échanges commerciaux. Il vise à réduire les importations d’un pays et/ou à favoriser la production intérieure au détriment
des importations.
Tout d’abord le protectionnisme éducateur (F. List) : idée qu’une industrie naissante nécessite l’adoption initiale de
politiques protectionnistes pour lui laisser le temps de devenir compétitive par des gains de productivité et l’assurance de
débouchés. Une fois cela réalisé, il est alors possible d’ouvrir le secteur à la concurrence. Dans un premier temps, la
fermeture du marché aux importations étrangères permet à l’entreprise naissante de produire à perte, de financer de la
recherche-développement pour améliorer sa compétitivité. Puis une fois compétitive, dans un second temps le pays lève les
barrières et soumet l’entreprise à la concurrence étrangère.
Ce protectionnisme doit être temporaire, le temps que l’industrie soit compétitive pour faire face à la concurrence
étrangère.
Dans cette perspective, le protectionnisme est le moyen de favoriser le libre-échange en se construisant un
avantage comparatif. Cette politique est menée par des pays en développement qui s’ils s’ouvraient à la concurrence des
pays riches ne pourraient jamais voir leurs entreprises nationales rivaliser.
Ensuite les politiques commerciales stratégiques. Le protectionnisme peut être justifié lorsque le marché mondial est en
concurrence imparfaite, en particulier du fait de coûts fixes élevés entraînant des économies d’échelle importantes et ne
permettant pas la coexistence de nombreuses entreprises.
Une intervention publique par le biais de politiques industrielle ou commerciale est alors fortement recommandée pour faire
émerger un champion national et lui assurer des parts de marché suffisantes en lui réservant le marché national comme le
font l’UE et les USA avec Airbus et Boeing. Ces entreprises peuvent alors rentabiliser leurs coûts fixes élevés, et devenir
compétitifs sur le marché mondial, et rivaliser avec leurs concurrents peu nombreux en situation d’oligopole. C’est le cas
également des producteurs d’énergie (électricité, pétrole…) ou des secteurs sensibles (armement…) qui sont souvent des
entreprises publiques, appartenant aux Etats.
Cette politique est menée par des pays disposant d’un marché intérieur vaste et prospère et d’un budget public
important pour financer des subventions soutenant les entreprises nationales.
Le protectionnisme ne peut donc qu’être une politique limitée dans le temps et à certains échanges.
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