Chapitre 2
Chapitre 2
Enjeu :
En tant qu’enseignant, quelle que soit votre spécialité, vous devrez contribuer à
développer chez tous vos étudiants des compétences générales, TRANSVERSALES,
utiles dans tous les cours et hors de l’école. Une de ces compétences est la MEMORISATION.
Il y a quelques années encore, on enseignait des recettes (Comment mémoriser
efficacement ?) parce qu’on ne savait pas pourquoi ces « trucs » étaient efficaces. Depuis
quelques années, la psychologie cognitive expérimentale a apporté des explications sur les
divers types de mémoire, comment les faire fonctionner, comment et pourquoi on retient et
on oublie, etc. Vos étudiants eux aussi ont le droit de connaître ces explications pour en
enrichir leurs actions … de MEMORISATION. C’est vous qui leur expliquerez. Il importe
donc que vous les connaissiez bien.
D. Leclercq (2008) - Psychologie Educationnelle de l’Adolescent et du jeune Adulte - Editions de l’Université de Liège
Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 81
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Carte conceptuelle du chapitre
Capacité Magical
de l’ordre de
limitée number 7
a une
Mémorisation
rappel
Réseaux état
est faite de dans un
conceptuels d’activation
sont faits de
Actions - scripts
Concepts
Caractérist. schémas
sont
faits Sur- et sous-classes
MLT épisodique de
Mémoire à Noms
Long terme sémantique Définitions
Images
visuelle
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 83
A. Comment fonctionne notre (nos) mémoire(s) ?
Les types de mémoire et leurs fonctionnements
Un cas : Un élève vous dit : « J’ai beau écouter votre cours, je ne parviens pas à le
mémoriser ». Pourquoi ?
Quand nous sommes éveillés, des millions de stimuli bombardent nos systèmes sensoriels (visuels,
sonores, tactiles, olfactifs, etc.). La perception consiste à sélectionner, en temps réel, dans cet amas de
stimulations, un nombre très réduit d’entre elles et à leur donner une suite, par des réactions
immédiates (ex. les réflexes) ou légèrement différées (ex. changer de position pour diminuer
l’inconfort, retenir une phrase pour y répondre quelques minutes plus tard, etc.).
Les perceptions ainsi sélectionnées ne restent que très peu de temps dans la mémoire à court terme (ou
mémoire de travail), qui est « programmée » pour les oublier (voir « Magical number 7 »). Pour les y
maintenir, quand les stimuli sont verbaux (mots, chiffres, etc.), on peut pratiquer le rafraîchissement
acoustique du contenu de la mémoire à court terme (MCT), mais ce doit être rapide, que ce soit à voix
haute ou silencieusement. C’est le cas lorsque nous répétons un numéro de téléphone inconnu pour ne
pas l’oublier.
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A2. MLT et degré d'activation d’un réseau conceptuel
Un cas : Votre collègue commence sa leçon par parler d’un sujet d’actualité (la carte à puce
pour abonnement d’autobus) se rapportant au sujet de la leçon « les moyens non monétaires
de payement », avant d’annoncer ce sujet. Pourquoi perd-il ce temps ?
La connaissance d’une personne est « stockée » dans la mémoire à long terme (MLT). Elle peut être
représentée par un réseau de NOEUDS (correspondant à des CONCEPTS) et de LIENS
(correspondant aux RELATIONS entre les concepts). Chez un adulte, ces concepts et ces liens sont
très nombreux, ce qui ne signifie pas qu’il les a tous présents à l’esprit en permanence. Seuls ceux
qu’il ramène de la MLT vers la MCT sont présents à son esprit, un peu comme si la MCT était une
lampe de poche dont le faisceau ne peut éclairer qu’un petit nombre de concepts et de liens en même
temps. Rechercher une information dans sa MLT consiste à balader le faisceau de la lampe MCT dans
les réseaux conceptuels.
Souvent, des concepts de la MLT sont ramenés automatiquement en MCT sans que la personne le
veuille. C’est le cas quand on lui parle, quand elle lit, quand elle perçoit (par la vue, par les odeurs, par
le toucher, par les sons) son entourage. Ces stimuli augmentent l’état d’activation de concepts de la
MLT. En effet, les nœuds et les liens des réseaux conceptuels dans la MLT peuvent être dans
différents ETATS D'ACTIVATION. Ainsi, un nœud "actif" (électriquement, chimiquement) est plus
disponible (accessible plus rapidement) pour la personne qu'un nœud inactif.
Un nœud évoque d'autant plus facilement un autre qu'il est relié à peu d'autres nœuds. On a appelé cela
effet EVENTAIL (ou ventilateur) : si un nœud est connecté à beaucoup d'autres,
chacun de ceux-ci a une faible chance d'être évoqué.
Corneille ou Corneille ?
Berode Audrey (2007), AESS romanes.
Lors d’un cours sur la Pléiade, je citais les poètes qui appartenaient à ce groupe. Au
moment où j’ai cité le poète Pierre Corneille, j’ai entendu un petit bruit de fond :
« palapapa » en référence au refrain de la chanson de Corneille (chanteur contemporain), Parce
qu’on vient de loin.
Le concept « Corneille » était, pour les élèves, plus lié au nœud « chanson française actuelle » qu’au
nœud « poète du 16e siècle ». Le mot « Corneille » a activé chez les élèves un concept différent du
mien.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 85
A3. L'irradiation (ou diffusion) de l'activation
Un cas : Vaut-il mieux parler de la dérivée et de la primitive lors de la même leçon ou vaut-il
mieux en faire des sujets séparés ? Idem pour les différentes cultures fourragères …
Selon Quillian (1969) et Loftus (1975), l'activation peut s'étendre (se diffuser) le long de ces chemins
en réseau, de noeuds en nœuds associés d'autant plus que la distance
SEMANTIQUE est faible ou la "grosseur" des liens est forte et que l'effet
éventail (le nombre d'éléments associés) est faible.
Ainsi, l'expérience montre qu'une personne reconnaît ou évoque plus rapidement
le concept de CHAT lorsqu'on vient de parler de CHIEN (concept qui lui est
souvent associé) que si l'on vient de parler d'AVION.
Tout se passe comme si l'activité du concept CHIEN s'était propagée au concept
CHAT qui en est proche.
Le chasseur
Dal Fabbro Marc (2007), AESS romanes
Généralement quand on lit des œuvres de fictions, on se fait, au préalable, des
représentations ; on connaît le nom de l’auteur, un ami en a parlé, on lit le résumé sue
la couverture, etc.
Je donne à lire un texte sans aucunes indications sur l’auteur, sur l’époque ou sur le genre du texte.
En fait c’est une nouvelle fantastique de Thomas Owen, le chasseur, où c’est seulement tout à la fin
qu’on apprend qu’il s’agit d’un chasseur… de vampires.
On lit le texte et au fur et à mesure je pose des questions en leur demandant d’essayer d’imaginer la
suite. Ce qui est assez amusant, car ça part dans tous les sens et on a souvent des réponses
inattendues. Ce qui est intéressant dans cet exercice c’est de faire prendre conscience qu’on rattache
toujours l’inconnu à ce qu’on connaît déjà. (on essaie de rattacher la nouveauté au filet de concepts
déjà tissé, on essaie de l’intégrer à son réseau conceptuel).
Ils étaient peu nombreux ceux qui avaient deviné la fin et étaient assez surpris généralement.
Le but cet exercice est aussi de montrer que la littérature de fiction permet d’élargir son réseau
conceptuel grâce à son imagination.par induction comme par déduction.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 86
A4. La distance sémantique
Un cas : Un étudiant prétend qu’au Brésil on parle espagnol puisque, dit-il, dans tous les pays
d’Amérique du Sud, on parle espagnol.
L’efficacité de l’irradiation d’un concept vers un autre dépend de leur distance sémantique.Cette
distance dépend de plusieurs facteurs :
a) De la position relative des nœuds dans la structure sémantique. Ainsi, Collins et Quillian (1969)
montrent que le jugement (répondre OUI ou NON) est plus rapide pour la question "Un poisson peut-
il nager ?" que pour "Un saumon peut-il nager?".
Une telle observation pourrait s'expliquer par le fait que SAUMON est lié à NAGER par l'intermédiaire
de POISSON :
est un peut
SAUMON ------>POISSON-------> NAGER
\ est un
ANIMAL
b) De la fréquence des associations : on juge (VRAI-FAUX) plus vite l'expression "Les CHIENS ont
le sang chaud" que "Les MAMMIFERES ont le sang chaud", vu que l'on manipule (mentalement) plus
souvent le concept CHIEN que MAMMIFERE.
c)De la typicalité d'un exemple du concept. Par exemple, un moineau ou un merle sont plus typiques
de la classe « oiseau » qu’une autruche ou un pingouin, étant donné leurs caractéristiques, moins
prototypiques chez ces derniers. Nous approfondirons cette notion au chapitre 5, section B3b.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 87
A5. Les types de connaissance
Un cas : Un étudiant perd un temps énorme à reconstituer les passés des verbes en anglais
(work → worked) et dit encore souvent « You work ? » pour « Do you work ? »
Un autre cas : Un étudiant écrit les pluriels des mots se terminant par « ou » à tous les mots
(donc « des bijous, des hibous, des pous »).
1. La connaissance déclarative est constituée de relations entre nœuds d'un réseau propositionnel
dont les liens (ou arcs) sont des propositions du type
-est un(e) (lie un concept à une sur-classe)
- a pour propriétés (liste des propriétés) ;
- est représenté par, ou comprend (lie un concept à des exemples ou sous-catégories)
- signifie (définition) ;
- se représente par (image mentale) ;
- peut être (liste d'actions applicables sur le concept) ;
- peut (liste d'actions applicables par le concept)
- a déjà (allusion à des événements entreposés en mémoire épisodique).
2. La connaissance procédurale est faite de règles de production du type « si l'événement X se
produit, alors adopter le comportement Y ». On spécifie donc quand et comment agir.
Les connaissances déclaratives peuvent devenir procédurales (voir chapitre 4, section K3c) en
passant par une phase de « compilation » selon Fitts (1964) et Anderson (1983, 217 et suivantes.).
Nous avons représenté ce processus dans un schéma. On voit que plus la performance
s’automatise (par exemple passer des savoirs sur la conduite d’une automobile à la conduite elle-
même), plus diminuent le stress, les délais de réponse, les erreurs, la nécessité de la médiation
verbale.
3. Les connaissances conditionnelles, précisent dans quelles circonstances certaines connaissances
sont vraies ou son fausses, certains actes peuvent être appliqués ou non.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 88
A6. Deux types de liens : ceux de la mémoire sémantique et ceux de la mémoire
épisodique
Un cas : Un étudiant se souvient très bien du jour où il a compris ce qu’était « lire », mais il
est incapable de se souvenir quand il a appris que 2+2=4.
Dans la section A5 ci-avant, nous n’avons évoqué qu’un type de lien, celui dit « de la mémoire
sémantique », qui a « oublié » les circonstances dans lesquelles les concepts et leurs particularités ont
été acquis. En ce sens, il s’agit d’une mémoire abstraite, de liens abstraits.
Or, Elden Tulving (1972) a suggéré qu'à côté de la mémoire sémantique (les
définitions, le sens de mots) existerait une mémoire épisodique. C'est celle des
événements, des anecdotes que nous avons vécus, autour desquels se mémorisent
une série de nombreux détails : le lieu, les personnes présentes, la température, le
menu, le contenu des discussions, des phrases, des images (vêtements,...), etc.
La mémoire sémantique, au contraire, a "oublié" les circonstances dans lesquelles
les concepts et leurs particularités ont été acquis, elle a "abstrait".
Un cas : Un de vos collègues s’arrange pour que chacun de ses cours soit marqué par un
événement (un graphique, une histoire, un geste marquant, …). Pourquoi ?
Lieury (1981) pense que l'essentiel de notre expérience mnémonique se structure autour des épisodes.
Quand nous cherchons un élément dans notre mémoire, le plus efficace est de nous rappeler à quel
épisode il appartient. Parfois c'est un mot-clé (l'endroit de stockage serait alors proche du centre du
langage ?), parfois c'est une image-clé (stockage près des centres visuels ?) qui fournit de tels indices.
Selon Lieury, cette mémoire serait essentiellement figurative : visuelle et auditive.
On voit dès lors l'intérêt pour un formateur de faire VIVRE un certain nombre d'expériences par les
apprenants afin d'installer chez eux des épisodes riches en pouvoir d'évocation.
Le philosophe Hubert Dreyfus, opposant célèbre à l'intelligence artificielle (I.A.), fait remarquer qu'un
ordinateur n'a pas de corps, contrairement à un humain, et qu'il est donc privé d'une grande partie de
sources d'information.
Au moment où nous mémorisons certains concepts, ils s'associent en nous (involontairement ou non) à
des événements, des sensations, des sentiments vécus, qui vont leur donner une densité (une
connotation), une "épaisseur" toute personnelle.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 89
A8. Le pouvoir évocateur des images
Un cas : Le professeur Leclercq montre des photos de certains des auteurs qu’il cite.
Pourquoi ?
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 90
A9. La mémoire visuelle n'est pas photographique
Un cas : Alors que le professeur a dessiné un schéma dès le début de la leçon et l’a laissé
pendant 40 minutes sous les yeux des étudiants, il se rend compte, dans l’interro des 5
dernières minutes qu’ils n’ont pas tout retenu.
Les caractéristiques retenues nous permettent de reconstituer mentalement l'image. Ainsi, nous
pouvons nous imaginer une pièce que nous connaissons bien (notre cuisine, par exemple) et y opérer
des transformations imaginaires (un peu comme si nous en manipulions les paramètres en modifiant
les grandeurs des dimensions, comme le ferait un programme d'ordinateur) : par exemple, la rétrécir à
un point tel que nous puissions y mettre les deux pieds seulement, et que nous la voyions de haut.
Nous pouvons aussi imaginer la vision que nous en aurions si nous étions une caméra placée dans un
des coins du plancher. Que nous soyons capables de visualiser cela (que nous n'avons jamais pu
photographier) indique bien que nous ne pensons pas par traces photographiques, mais par
construction visuelle.
Un humain normal se souvient de certaines caractéristiques d'une maison entrevue (gros, toit bas,
volets en bois, entourée d'arbres, en pierres du pays, avec une porte cochère)... mais pas des détails
(nombre exact des fenêtres, leur alignement est-il à la même hauteur que la porte ?, etc.), alors qu'un
appareil photographique aurait TOUT capté.
Quoi d'étonnant à ce que l'on n'aboutisse qu'à des portraits robots à partir de témoignages en justice ?
La mémoire visuelle n'est pas photographique, sauf dans des cas extrêmement rares comme le russe
Veitanine étudié par Luria, rapporté par Lieury (1981). Ce phénomène humain pouvait se rappeler les
détails des façades des maisons... vues pendant un bref moment.
La plupart des êtres humains, au contraire,
1) interprètent les éléments sensoriels. Un "trouble" d'interprétation est illustré par les hallucinations.
Ainsi, peu avant de s'endormir au volant, certains conducteurs "voient" une grosse vache sur la
route. En se secouant, ils se rendent compte que les lignes générales (et les couleurs) du gros
camion qui les précède ont été mal interprétées par leur cerveau victime des endorphines dues à la
fatigue.
2) codent et ne retiennent que certains (peu) des éléments perçus. Seuls les éléments codés seront
rappelables de la mémoire. Les caractéristiques topologiques (position relative des objets) sont
mieux codées que les caractéristiques euclidiennes (distances exactes).
Le fait que des pertes corticales importantes n'affectent que peu la capacité de la mémoire visuelle, a
fait penser à certains chercheurs que la mémorisation se ferait selon un système fonctionnellement
comparable à celui des hologrammes (où l’image, ici l’information, est répliquée en plusieurs
endroits). Dans un tel type de documents, la moitié du document restitue l'image entière. Ce n'est
cependant qu'une analogie non vérifiée.
Pistes d’intervention
FAIRE VIVRE des situations significatives, ou multiplier les modalités de présentation
(vidéo, films, images) augmente les chances de mémorisation, les chances d’activation du
concept par divers types de stimuli, par divers types de liens.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 91
B. Quelle est la capacité de notre mémoire immédiate ?
Rappel immédiat (une mise en évidence de la M.C.T.)
Un cas : Bien que le professeur ait dit la loi tout haut (Tout corps plongé dans un liquide
subit une poussée du bas vers le haut égale à la masse du volume d’eau déplacée), peu sont
capables de la réciter IMMEDIATEMENT sans erreur ou omission.
B1. Le rappel immédiat d’une courte liste (ex. : les six chiffres d'un numéro de téléphone)
Il est généralement bon, mais il suffit de quelques secondes et la liste est oubliée : on a été distrait par
d'autres informations. Il faut combattre cette tendance à l'oubli en répétant les chiffres sans cesse... ou
en trouvant un "truc" pour les retenir, autrement dit, un moyen mnémotechnique.
c) Critères de correction
Il suffit qu'un mot soit écrit une fois pour qu'il compte même s'il a été écrit plusieurs fois par le sujet.
On remarquera que certains mots sont présentés plusieurs fois (du = 3 fois, le = 5 fois) pour mettre en
évidence l'effet (positif) de la répétition sur le rappel.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 92
C. Comment favoriser la mémorisation à court
terme chez les apprenants ?
Lois du rappel immédiat
Un cas : Dans le cas précédent, quasi tous ont retenu « Tout corps plongé dans un liquide »
et « volume d’eau déplacée ».
Lorsqu’un conférencier parle, lorsqu’un professeur donne cours, ils font souvent suivre leur exposé
d’une discussion avec la salle, avec la classe. Si les auditeurs n’ont pas pris de notes, ils retiendront de
la matière exposée (et non-étudiée) certains éléments plutôt que d’autres. Lesquels ? Cela dépend
beaucoup de l’orateur et de sa façon de structurer un message.
Nous invitons le lecteur à refaire l'expérience, puis à superposer les résultats à la courbe attendue ou,
plus exactement, à la courbe suivante, obtenue auprès de 100 étudiants de première candidature à
l'Université de Liège en septembre 1992.
De cette expérience, nous dégageons une série d’observations, de principes renforcés par des
publications scientifiques. Ce sera l’objet des 9 points à suivre.
C1. Répéter
Nous observons que les éléments répétés (dans l'expérience ci-avant, les mots "du"
et "te") sont mieux "rappelés" que les autres.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 93
C2. Favoriser le traitement en profondeur
Dans notre expérience, alors que "chapeau musical" consomme, en principe, plus d'énergie pour être
mémorisé que "ici" (5 syllabes au lieu de deux), il est mieux retenu.
Craik et Lockhart (1972) ont montré que plus un élément à retenir a été "traité" (dans le sens
"travaillé", "mentalement manipulé") au moment de la mémorisation, plus grandes sont les chances de
rappel.
Par exemple, des mots présentés dans des phrases plus longues et "chargées" sont mieux retenus que
des mots isolés de tout contexte. Cela est vrai aussi des images.
Bower (1971) conseille à l'apprenant de visionner l'image qu'il s'est construite pour la mémoriser en
fermant les yeux et en projetant cette image sur l'écran intérieur de ses paupières. C'est une manière de
la "travailler".
Il faudrait donc se garder de croire que "moins il y a d'éléments, plus on a de chance de les retenir". En
fait, cela dépend de la façon dont le cerveau les a "traités". Ils peuvent ainsi se renforcer l'un l'autre
parce que formant une STRUCTURE.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 94
C5. Donner du sens
Un cas : Pour faire retenir qu’en anglais le nom de l’animal diffère selon qu’il est sur pied
(pig, ox, sheep) ou en viande à consommer (porc, beef, mutton), le professeur d’anglais
explique que les vainqueurs de la Bataille de Hastings de 1066 étaient les seigneurs bretons
francophones et voyaient ces animaux tout cuits sur leur table, alors que les serfs anglo-
saxons les élevaient. Pourquoi ce long détour ?
Dans notre expérience "actrice du charme", venant après Marylin Monroe a pu être retenu comme une
seule expression SIGNIFICATIVE : "actrice de charme".
Cette influence de la signification a été étudiée par Craik. Dans une de ses expériences (1977) sur la
MLT, il montre une série de mots. Pour chacun, il pose une question (oralement) relevant d'une des
trois dimensions suivantes :
- un aspect visuel mineur (majuscule ou minuscule),
- la vocalisation,
- la signification.
Exemple :
Toutes les réponses fournies par les sujets sont correctes, car ils ont le mot sous les yeux au moment
de répondre. Plusieurs jours plus tard (MLT), les sujets furent invités à se "rappeler" les mots ainsi
présentés. Les résultats moyens (pourcentage de rappel) furent très différents selon que la question qui
les accompagnait portait :
- sur l'aspect visuel (15 %)
- sur la vocalisation (36 %)
- sur la signification (64 %)
Etymologiquement…
Hendrickx Sébastien (2007), AESS biologie.
En biologie, de nombreux mots se ressemblent parce qu’ils proviennent des mêmes
racines grecques. La confusion entre deux termes est fréquente. Un bon moyen
d’éviter cela est de leur expliquer la signification, l’étymologie du mot. Ainsi, lorsque
j’expliquais l’anatomie du cerveau à mes élèves, je m’attendais à ce qu’ils confondent les termes
hypothalamus et hypophyse.
En leur expliquant que « hypothalamus » signifie « sous le thalamus », et que « φυση» (phusè)
signifie croissance (ici, croissance en dessous… du cerveau), ils n’avaient plus de mal à positionner
ces deux parties du cerveau sur un schéma et cela facilitait leur mémorisation puisqu’ils pouvaient
alors retenir la signification pour retrouver le mot.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 95
C6. Ajouter des images aux mots
Un cas : On entend souvent dire : « Nous retenons 90 % de ce que nous avons vu ». Cette
expression est un abus de langage. Standing (1973) et Haber (1970) ont démontré que, quand
on nous présente deux images, nous sommes capables d’identifier correctement dans 90 %
des cas, laquelle des deux nous avons déjà vue, ce qui est très différent de « retenir »,
terme qui fait aussi bien penser à reconnaître qu’à évoquer deux opérations mentales
d’efficacités très différentes (voir section J ci-après).
Dans notre expérience "escalator" est mieux retenu que les termes qui l'entourent, notamment parce
qu'il est facile de s'en donner une image VISUELLE et même, EN MOUVEMENT. Ceci a été étudié
entre autres par Paivio et par Bower.
Paivio (1975) a montré que dans une variété de tâches de mémorisation (ce mot, cette image a-t-il/elle
déjà été présenté(e) ?), les images sont souvent mieux reconnues que les mots.
Mais le rappel visuel est beaucoup plus lent que l'acoustique. On peut le montrer par diverses
expériences.
Weber et Castleman (1970) suggèrent d'imaginer l'image des majuscules de l'alphabet, dans l'ordre.
Pour vous empêcher de tricher, et de sauter à la lettre suivante" sans avoir visualisé, la précédente,
décidez si oui ou non chaque lettre comporte une "figure fermée".
Ex : A oui B oui C non D oui E non
On peut concentrer en une seule image un certain nombre d'indices de rappel, d'où la puissance
d'évocation d'une structure iconique.
G. Bower (1971) fait apprendre des couples de mots (exemple : ARGENT - RIVIERE) sous trois
conditions :
1. Les sujets sont invités à se créer une image mentale combinant les deux mots.
2. Les sujets sont invités à se créer deux images séparées.
3. Les sujets ne sont pas invités à se créer des images mentales.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 96
C7. Ajouter des sons aux mots et aux images
Un cas : On retient plus facilement les poèmes écrits en rimes (car on sait déjà, quand on
connaît la première strophe, comment se termine la deuxième. Exemple : le poème
d’Apollinaire :
Les sanglots longs des violons de l’automne
Bercent mon cœur d’une langueur monotone
Et nos amours, faut-il qu’on s’en souvienne ?
La joie venait toujours après la peine.
Dans notre expérience, "cocorico" est mieux retenu que les termes qui l'entourent, parce qu'il évoque
en nous une image auditive.
Baddeley (1970) a observé qu'une personne est capable de se rappeler dans l'ordre correct à peu près
autant de mots qu'elle peut en articuler en 1,5 secondes. C'est ce qu'il appelle la "boucle articulatoire"
et que les mots ou lettres qui ont des sonorités proches l'une de l'autre sont moins bien retenus.
Zhang et Simon (1985) ont suggéré que rappeler des unités en mémoire et les articuler sont deux
processus concurrents car ils occuperaient le même système mnémonique (la MCT) dont l'ampleur
temporelle est limitée.
Le rappel des quelques derniers mots d'une liste est meilleur si la liste est présentée auditivement
(Gardiner, 1987, p. 145), comme si les derniers sons étaient encore dans la MCT sonore.
Du découpage à la compréhension
Thoms Marjolein (2007), AESS biologie.
Cours sur le cycle menstruel. Un de mes élèves ne s’en sort pas avec les définitions.
La définition d’OVULATION est « un ovule sort chaque mois de l’ovaire ».
1. J’ai mis en évidence la prononciation des deux mots qui se ressemblent (et donc
s’assemblent…) afin qu’il puisse les associer plus facilement : OVULation et OVULe.
2. J’ai mis l’accent sur le caractère auditif en répétant ovulation et ovule plusieurs fois.
3. J’ai remis cette définition dans son contexte grâce à des images et à un film (caractère visuel).
4. Il a ensuite répété cette définition plusieurs fois.
Maintenant, il dit que c’est tout à fait logique, pour lui c’est comme dire : « moustache c’est du poil en
dessous du nez » dit-il.
Cela fait 5 mois et il est tout fier de pouvoir me ressortir cette définition. Maintenant, il fait ce travail
de découpage des définitions par lui-même et l’explique à d’autres.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 97
C8. Mettre le plus important au début et à la fin
Un cas : Mon message essentiel était au cœur de mon diaporama qui contenait 20 dias. Ils ont
mieux retenu la première et la dernière dia que l’essentiel de mon message. Pourquoi ?
Dans notre expérience, si nous supprimons tous les éléments introduits pour démontrer les effets de
répétition ("du" et "te"), de profondeur du traitement ("chapeau musical"), de distinctivité ("Marylin
Monroe"), de prégnance ("pipi"), de signification ("actrice de charme"), d'iconicité ("escalator"),
d'auditivité ("cocorico"), voici ce qui reste :
On constate que les premiers mots de la série (qui ont pu être encodés dans la MLT) et les derniers
(qui sont encore dans la MCT) sont mieux retenus que les autres (qui ont été constamment
"remplacés" dans la MCT par les nouveaux mots, donc chassés, sans être transférés vers la MLT).
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 98
C9. Rafraîchir pour contrecarrer l’oubli
Un cas : Au chapitre 5, section H2, on raconte qu’un réseau conceptuel s’est largement
amplifié après une leçon (sur les protéines) mais que, pour un étudiant précis, après deux
mois, il n’en reste rien (en H3).
Lieury (1980, p. 11) signale les résultats obtenus par Postman et Phillips (1965) avec des expériences
comme celle que nous avons jouée ci-dessus.
Ils ont utilisé des listes de 10 mots, d'autres de 20 mots et d'autres de 30 mots.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 99
D. Pouvons-nous améliorer notre mémoire immédiate ?
Capacité de la MCT et CHUNKING
Un cas : Le professeur dit à ses étudiants les qualités qu’il exige de leur rapport : un titre
attrayant et un sous-titre plus précis, une problématique, une contextualisation … Un élève
l’interrompt : « Pourriez-vous recommencer pour que nous puissions prendre note par écrit
svp ? » Pourquoi cette incapacité de mémoriser ?
Dans son célèbre article The Magical number seven, plus or minus two (1956), G.A. Miller (1956)
met en évidence que pour la plupart des modalités "sensorielles" (auditives, visuelles, tactiles,
gustatives), l'information maximale que ces "canaux" peuvent traiter est de 2,6 bits en moyenne (NB :
2 bits = 4 éléments 3 bits = 8 éléments). Notre capacité maximale de perception et/ou de mémoire
immédiate est donc d'environ 7 éléments.
Avec une moyenne de 2,6 bits (6,5 catégories) et un écart-type de 0,6 bits (1 catégorie), on va donc,
avec deux erreurs-standard de part et d'autre de la moyenne, de 5 à 9 catégories.Ceci a amené Miller à
son célèbre titre et à son hypothèse, à la base des travaux sur la mémoire à court terme (MCT :
THERE SEEMS TO BE SOME LIMITATION BUILT INTO US.
Dans nos travaux sur les degrés de certitude, nous avons dû constater (Leclercq, 1983) que, dans ce
domaine aussi, 8 à 9 zones sur l'axe des probabilités (zones non égales entre elles d'ailleurs)
constituaient un maximum pour des adultes intellectuels non entraînés à ce genre d’estimations.
Un cas : Conduire une automobile est un bel exemple des limitations de notre MCT … et de
la façon dont notre cerveau « répartit les tâches sur la vision (surveillance de la route), la
proprioception et le toucher (surveillance de nos gestes), l’audition (surveillance du bruit du
moteur, des klaxons, écoute de la radio, des passagers….
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 100
Voici le résumé (par nous) des conclusions des recherches détaillées par G.A. Miller dans son article :
VUE Le nombre sur une Hare et Garner De 5 à 50 points sur 3,25 10 (3)
ligne. (1951). une ligne.
VUE Idem. Coonan & Idem mais 3,9 15 (1)
Klemmer (s.d.) expositions plus
longues.
VUE La taille des surfaces. Eriksen & Hake Expérience 1. 2,2 5
(1955). Expérience 2. 2,8 7
VUE La Brillance. Idem 2,3 5
VUE Les couleurs ou Idem. 3,1 8
teintes.
VUE Les longueurs (d'une Pollack (1954). Exposition courte. 2,6 6
ligne). Exposition longue. 3 8
VUE L'inclinaison d'une Pollack (1954). Exposition courte. 2,8 7
droite. Exposition longue. 3,3 9
VUE La courbure (le Pollack (1954). Longueur fixe de 2,2 5
cintrage). l'arc, de la corde. 1,6 3 (2)
On constate que les informations visuelles ont une capacité en bit (avant-dernière colonne) et en
nombre de stimuli (dernière colonne) supérieure aux autres modalités sensorielles.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 101
D2. Comment dépasser les limites de la MCT ?
Un cas : Pourtant, dans toutes sortes de domaines, nous retenons plus de 7 éléments. Par
exemple, sur les composantes du corps humain, essayez d’en lister le plus possible en
observant COMMENT vous élaborez cette liste, dans quel ordre, selon quelle structure ?
a) Le CHUNKING
C'est Miller encore (et dans le même article) qui a montré que nous parvenons à gérer (perceptivement
et en mémoire) bien plus que 7 éléments, et ce grâce à notre capacité de grouper les éléments en unités
significatives.
Ainsi, une série d'éléments (un nez, deux yeux, deux oreilles, des cheveux, un menton, etc.)
seront "perçus" comme une seule unité significative (une figure humaine). De même, une phrase
significative (comme "Ne me quitte pas") contient plusieurs mots, donc un grand nombre de
lettres, mais ne sera mémorisé que comme un seul élément.
Ce mécanisme de regroupement a été appelé le CHUNKING (en anglais chunk veut dire "gros
morceau", a chunk of bread = un quignon de pain).
Grâce aux CHUNKS, notre capacité de mémoire est quasi infinie, mais nous demande du temps de
"décomposition" et de "recomposition" des chunks.
Un CHUNK (ou groupement) permet de manipuler des unités porteuses de beaucoup d'informations.
Bower et Springston (1970) donnent les deux exemples suivants.
La série suivante est difficile à retenir parce que comportant plus de 7 éléments (CHUNKS) :
IB - MFB - ITVU - SA
Changeons les espacements de manière à avoir 4
chunks :
IBM - FBI - TV - USA
On peut procéder de même pour des séries de
chiffres :
149 - 2178 – 91945
peut devenir : 1492 - 1789 - 1945
Howdoyoudo ?
Kindermans Liesbeth (2007), AESS germaniques.
On remarque bien souvent que les élèves n’éprouvent aucune difficulté à former la phrase
interrogative How do you do ?
Par contre, si on leur demande de formuler une question (personnelle) commençant par How, on
obtient des How you did do this ? ou autres structures totalement erronées.
Ceci est bien la preuve que le How do you do ? a été intériorisé par les élèves comme étant un
« chunk » (groupe de mots mémorisé comme un seul et même élément, notamment
« Howdoyoudo »).
Pistes d’intervention
Le professeur peut structurer certains concepts ou message en x éléments, en veillant à
ce que x ne dépasse pas trop ce nombre 7. Il en va de même pour l’apprenant qui SE
donne des moyens de structuration.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 102
E. Comment se rappeler les choses à long terme ?
Indices de rappel
Un cas : La plupart des enseignants estiment qu’un certain nombre des contenus qu’ils ont
mis à leur programme devraient être mémorisés par les étudiants au-delà de la leçon où ils
ont été abordés, idéalement pendant des années, mais au minimum jusqu’à l’examen qui se
déroulera quelques semaines ou quelques mois plus tard. Même l’étudiant qui mémorise un
contenu lors d’une soirée « de bloque » pour le restituer le lendemain à l’examen doit
s’assurer que ce contenu « passera la nuit », autrement dit sera « récupérable » plusieurs
heures plus tard.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 103
0–1–2–3-4
Longton Frédéric (2007), AESS mathématiques.
En trigonométrie, les élèves doivent connaître la valeur du sinus et du cosinus de
cinq angles particuliers (0°, 30°, 45°, 60°, 90°). Pour retenir ce tableau on utilise les
indices de rappels suivants :
Ecrire 0 dans la première case, 1 dans la deuxième, 2 dans la troisième, 3 dans la
quatrième,4 dans la cinquième.
Ensuite prendre la racine carrée de ces 5 nombres et pour finir, les diviser par deux.
Pour le cosinus, il suffit de réécrire les nombres dans le sens inverse. Le tableau est ainsi rempli en se
rappelant les 4 petites étapes.
Il est aisé de montrer la différence de rendement entre deux apprentissages, l'un portant sur des
éléments structurés (c'est-à-dire ayant des indices de rappel), l'autre sur des éléments en vrac.
Expérience
Clark et al. (1969) font apprendre de deux façons 112 mots répartis en quatre thèmes : minéraux,
plantes, animaux, instruments. Pour le groupe 1, chacun des thèmes est divisé en super-catégories,
catégories et sous-catégories contenant quatre mots environ. Pour le groupe 2, tous les mots sont
mêlés.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 104
La bruyère boit l’eau de la fontaine par la racine :
Stiénon Valérie (2007), AESS romanes.
Lorsque j’étais élève en 4ème année secondaire, pour mémoriser les noms de plusieurs auteurs
français du XVIIe siècle appartenant au courant du classicisme, j’avais inventé la phrase suivante :
« la bruyère boit l’eau de la fontaine par la racine ». Elle me permettait de retenir les noms des
quatre auteurs suivants :
Jean de La Bruyère, Nicolas Boileau, Jean de La Fontaine, Jean Racine.
La technique de codage utilisée dans ce procédé mnémotechnique est assez peu élaborée, puisque ce
procédé repose sur l’intégration, dans une seule phrase, correcte du point de vue syntaxique et
sémantique, de patronymes référant à des choses réelles. Le jeu de mot était certes facile, mais il était
efficace. Et il était d’autant plus efficace que j’associais cette phrase à une image mentale plutôt
insolite, ce qui m’aidait davantage encore à la mémorisation de ces noms d’auteurs.
Si les éléments ont été traités verbalement, les indices doivent être verbaux ; s'ils ont été traités
acoustiquement, ils doivent être phonétiques, etc.
Réinstaller, au moment du rappel, les conditions dans lesquelles l'encodage a eu lieu, augmente la
performance du rappel (c'est le principe des "reconstitutions" judiciaires). Des indices inconscients
pour le sujet peuvent alors le "mettre sur la voie". Retourner sur les lieux fait "monter une bouffée de
souvenirs" (dans la MEMOIRE EPISODIQUE dont nous parlerons plus loin).
Gardiner (1987, p.143) compare cet effet à l'application d'une vibration d'une fréquence déterminée.
Elle fait vibrer tous les diapasons des épisodes vécus ayant cette fréquence comme composante.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 105
E4. Ne pas dépasser 7 éléments dans chaque niveau de codage
Un cas : Quand on déploie les menus déroulants de Word (Fichier, Edition, Format, Outils),
si on compte combien il y a de rubriques au total, on en compte à peu près 50 (cela varie
d’une version à l’autre de Word). Pourquoi ne pas avoir fait un seul menu de 50, ou deux de
25 ou trois menus de 17 ou, au contraire, dix-sept menus de 3 ?
Watkins et Watkins (1975) ont montré que plus les éléments associés à un même indice sont
nombreux, plus faible est la probabilité de les retenir TOUS (évidemment).
Ceci est assez semblable à l'effet "ventilateur" (Anderson, 1983, p. 107) : plus il y a d’ailettes, plus la
chaleur se disperse et moins chaque ailette concentre cette chaleur. En cognition, plus le nombre de
faits associés à un concept est élevé, moins chacun est "activé" lorsque le concept est évoqué, un peu
comme si le concept avait une capacité d'activation limitée, qui se "diviserait" dans les nombreuses
ramifications qui en partent.
Des expériences menées par D. P. Miller (1981) sur l'organisation de menus et de sous-menus dans
des bases de données montrent la supériorité (dans la recherche, et non le rappel de mémoire) de
menus larges (mais avec un maximum de 7-8) et peu profonds par rapport aux plus étroits et plus
profonds et par rapport aux menus contenant beaucoup d’items.
Ainsi, s'il s'agit de se "déplacer" dans 64 éléments. Il est préférable d'avoir un premier menu de 8
éléments, chacun en comportant 8 dans chaque sous-menu plutôt que 4 éléments dans le premier
menu, chacun suivi de 16 éléments dans chacun des sous-menus.
Les travaux de Dray et al. (1981) semblent confirmer que tout système qui permet à l'apprenant d'avoir
une VUE D'ENSEMBLE favorise le rappel. Ces résultats sont confirmés par Doughty et Kelso (1984)
et par Landauer et Nachbar (1985).
Un cas : Même pour des données très familières, comme son propre numéro de téléphone,
on se donne des moyens mnémotechniques pour s’en souvenir. Quel est le vôtre ?
Une courte liste (ex. : les 6 chiffres d'un numéro de téléphone) est bien retenue... mais risque d'être
oubliée aussitôt si une autre activité mentale vient occuper les "cases" (ou les sept tiroirs) de la
mémoire immédiate. Pour éviter cette interférence, on répète ces chiffres sans cesse... ou on les réduit
en 3 nombres (ou même 2) ou en un "truc mnémotechnique". On aura donc, en mémoire immédiate,
soit à retenir :
6 éléments différents transformés en 3 principes
C'est le mécanisme des nombreux moyens
mnémotechniques qui permettent d'optimiser le rappel.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 106
Ainsi, pour retenir la liste des conjonctions de coordination (Et, mais, donc, ou, ni, car, or), il suffit de
retenir une phrase et un principe (ce qui ne consomme que deux cases de la mémoire).
(1) Acoustiquement, car EST = ET. On aperçoit déjà là une faiblesse des moyens mnémotechniques : ils portent en eux des
sources de confusion.
Où est l’Est ?
Guillaume Nicolas (2007), AESS géographie.
En géographie, la spatialisation est essentielle. On travaille beaucoup à partir de
cartes, et un vocabulaire approprié doit être utilisé. Le point de départ consiste à
maîtriser la rose des vents. Beaucoup d’élèves, encore en 4ème (le cas vécu lors d’un
stage), confondent l’Est et l’Ouest.
Il existe pourtant une règle simple, un truc mnémotechnique aisé pour ne plus
les confondre. Il s’agit de la courte question : « Où est l’Est ? » à traduire Ouest
– Est. Donc, quand on lit la rose des vents ou une carte, comme en français,
c'est-à-dire de la gauche vers la droite, on place ainsi l’Ouest à gauche puis l’Est
à droite.
Un cas : Je cherchais (pour pouvoir le retrouver grâce à Google) le nom de l’auteur dont les
travaux ont donné lieu à la fable « Nous retenons 90 % de ce que nous avons vu ». Je savais
qu’il commence par Ha et se termine par er. Alors, était-ce Haller ? Hager ? Haster ? Hanger ?
Evidemment, j’ai fini par trouver : Haber. Est-ce un raté de ma mémoire ?
Que contient la mémoire à long terme (MLT), exactement ? Les éléments eux-mêmes (ex. : le mot
Nabuchodonosor) ou leurs attributs (ex. : mot long, nom d'un roi de Babylone, beaucoup de lettres, O
à la fin, commençant par Na, etc.) ? Probablement les deux.
Lorsqu'on ne peut pas se rappeler directement un élément, on essaie d'y arriver en rappelant ses
attributs. C'est le phénomène du "mot sur le bout de la langue".
Le stockage en mémoire à long terme par attributs expliquerait les hésitations lors du rappel.
Considérons qu'un étranger ait à mémoriser le mot COUR. Si, au lieu de mémoriser COUR, il a mémorisé trois éléments
(trois images acoustiques) C OU R, alors la moins bonne mémorisation de l'un d'eux provoquerait des confusions lors du
rappel.
Nous savons que c'est le genre d'erreur que nous faisons quand nous apprenons une langue étrangère.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 107
« Ton, tonton, tontaine »
Smisdom Christine (2007), AESS romane.
Lors d’un stage, je parle de Danton et de son rôle pendant la révolution française.
Avant de commencer, je demande aux élèves s’ils le connaissent. Un d’entre eux lève
la main et affirme qu’ils ont déjà vu cette matière.
Il feuillette son cours puis me dit d’un air déçu : « Ah non ! Zut, c’est Platon. » Il
avait retenu une partie des attributs du nom : la fin.
Un cas : Pour déstabiliser les étudiants, un professeur leur demande « Quelle est la
surface du tableau (2 m x 4 m) en ares ? » La réponse est déstabilisante parce
qu’inférieure à l’unité.
Loftus (1979) a montré que les mots présents dans la question (donc en
quelque sorte les attentes de l'interrogateur) influençaient la réponse (le
rappel ou l'expression de ce rappel ?).
Elle montre des vidéos d'accidents de voiture à des "témoins". On demande
à ces témoins d'estimer la vitesse des véhicules. Ceux auxquels on dit
"lorsqu'ils sont entrés en collision", fournissent une vitesse moyenne
estimée supérieure à celle fournie par ceux à qui l'on a dit "quand ils se
sont heurtés".
Les policiers qui recueillent des témoignages et les enseignants qui
sollicitent des estimations de leurs élèves doivent tenir compte de ce phénomène.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 108
F. Avons-nous plusieurs formes de mémoire(s) ?
L’hypothèse de la mémorisation multimodale
Un cas : Dans les logiciels, chaque bouton a une image (ex : deux petites pages) et un nom
(ex : copier) et un raccourci clavier gestuel (ctrl C). De même, « revenir en arrière » a une
image (la flèche arrondie orientée vers la gauche), un nom (UNDO) et un raccourci clavier
(ctrl Z). Ce sont trois façons différentes de se souvenir de chacune de ces opérations.
Pourquoi une telle redondance ?
Une série d'expériences (nous en rapporterons ici quelques-unes seulement) permettent de faire
l'hypothèse qu'il existe pour les images une MCT (MCT visuelle) distincte de la MCT des mots (MCT
verbale), distincte de la MCT des gestes (MCT kinesthésique), de l’olfactive, etc. Bref, il y aurait
autant de MCT que de modalités sensorielles. Fonctionnellement, dans les activités sensori-motrices
où le temps de réaction importe, comme conduire une voiture (réception acoustique et visuelle,
réponse motrice) ou utiliser une machine-outil (concentration visuelle et motrice, signaux de dangers
fournis par la voie acoustique), les modalités de réception et de réponse sont multiples.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 109
Le corps et l’esprit en contradiction
Bourlon Christine (2007), AESS médecine.
Lors d’un exercice corporel impliquant deux étudiantes, une active et l’autre
passive, la première « mobilise » (manipule les membres de) l’autre passivement
(qui doit NE PAS réagir). La seconde a des difficultés à se relâcher car elle reçoit
des informations au niveau kinesthésique et réagit à la mobilisation par une
contraction musculaire.
Le sujet a des difficultés à empêcher des automatismes (contracter ses muscles pour aider au
mouvement) alors qu’il lui est demandé de rester totalement passif : la connexion entre le verbal et le
musculaire et la déconnexion (momentanée) entre sensation tactile et mouvement finiront par se
faire, mais cela peut prendre du temps, …
Pistes d’intervention
Ne pas surcharger le même canal ! Par exemple, quand on présente un texte (projeté
sur écran), ne pas surimposer un discours oral en même temps ! Même pas lire tout
haut le texte affiché, car les différents lecteurs le lisent à LEUR vitesse. Pendant que
vous pensez que certains lisent la ligne 1, d’autres sont déjà à la ligne 5, et ce que vous dites tout haut
les perturbe.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 110
G. Comment mémoriser des textes entiers verbatim1 ?
Les Chaînes verbales : chunking et prompting
Un cas : Essayez avec un condisciple l’exercice suivant. Vous piquez au hasard une lettre de
l’alphabet et lui demandez celle qui la suit de trois lettres (ex : pour T, il faut répondre W). Il
vous avouera qu’il a dû passer par les deux lettres intermédiaires (ici U et V). Pourquoi ?
Ce type d'apprentissage est appelé App4 dans la classification de Gagné (voir page 24).
Les principes de l'association verbale (App4) ne sont pas fondamentalement différents de
l'apprentissage de liens S-R -> Rf (App2). Ils ont avec les chaînes motrices (App3) bien des points
communs. Cependant, ils prennent une telle importance dans les apprentissages humains que Gagné
(1965) en fait une catégorie à part, d'autant plus que les conditions à réunir sont assez spécifiques.
L'apprentissage de suites arithmétiques, comme 3,1416 par exemple, ou de suites littéraires, comme un
poème, sont de courtes chaînes verbales (App4). Chaque unité sert de lien entre l'unité précédente et
l'unité suivante. Des blocs sont ainsi constitués chez l'apprenant : il suffit qu'une unité lui soit
présentée pour que les éléments de la suite soient tous évoqués. Il existe des jeux radiophoniques où
l'animateur dit : "Le temps c'est ...", et le concurrent répond : "... de l'argent". Notre compétence dans
une langue ne réside pas seulement dans la connaissance de mots de vocabulaire et de règles de
grammaire, mais aussi de nombreuses séquences verbales. Quelques-unes d'entre elles deviennent,
chez certaines personnes, de véritables tics de langage. (Ex. : "Est-il besoin de dire que ..." ou "Vous
voyez ce que je veux dire ...", etc.). L'apprentissage de langues étrangères procède notamment par la
mémorisation de nombreuses séquences verbales brèves telles que "How do you do" ou "Hasta la
vista".
Comme exemples d'associations verbales (App4), Gagné cite l'alphabet, les tables de multiplication,
les formules comme H2SO4, etc.
1
Mot pour mot
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 111
G3. Les CHAINES LONGUES
Mémoriser un poème nécessite de nombreuses associations verbales dans un ordre déterminé. Gagné
parle alors de chaînes verbales ou série d'associations dans un ordre strict. Les premiers éléments
servent d’indices (en anglais « prompts ») aux suivants, et tout spécialement en cas de rimes.
Gagné cite comme exemples le texte d'un rôle dans une pièce de théâtre, le texte et l'air de chansons,
les discours, une prière comme le Pater Noster, les moyens mnémotechniques, etc.
L’alphabet en chantant
Crahay France (2007), AESS communication.
En français, on enseigne dès le primaire aux enfants à retenir l’alphabet. C’est une
chaîne longue de 26 éléments n’ayant aucune signification logique dans leur
succession. Les enfants le retiennent à la manière d’une chanson. C’est un exemple
de ce que Gagné appelle une chaîne verbale. L’importance de l’ordre est démontré
par la difficulté importante qu’éprouvent les enfants, et que nous éprouvons tous, à réciter ce même
alphabet à l’envers. Nous connaissons toutes les lettres de l’alphabet mais il faut qu’elles soient dites
dans un certain ordre, celui dans lequel on les a apprises sinon la tâche est rendue très complexe.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 112
L’interférence est rétroactive quand une activité entraîne l'oubli d'une matière précédente. Plus la
chaîne verbale est longue, plus l'interférence est forte.
7° Le rythme, les rimes agissent en tant qu'indicateurs comme dans les chaînes motrices.
8° C'est la répétition qui combat le plus efficacement l'interférence dont l'oubli n'est qu'une forme
particulière.
9° Emettre des réponses et non pas rester passif. Les actions engendrent des stimuli kinesthésiques,
visuels ou auditifs. En retour ces stimuli facilitent la réponse suivante, comme dans le cas des
chaînes motrices (App3). Quand on se récite une leçon, se la réciter à voix haute, c'est se donner
des feed-back supplémentaires. Dans certains cas, des mouvements expressifs (pas simplement
marcher de façon automatique) donnent eux aussi des feed-back.
D.L.
J’avais l’habitude d’écouter le « billet radio » quotidien d’un
éditorialiste très expressif dans son discours oral, diffusé par la RTBF vers 7 h 30.
Depuis début 2008, la RTBF diffuse, comme RTL le fait depuis longtemps, l’image
de son studio radio. J’ai ainsi pu voir cet éditorialiste et non plus seulement
l’entendre. J’ai constaté qu’il faisait des gestes, l’aidant sans doute à rendre
expressif son discours oral.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 113
H. Quels sont les trucs pour mémoriser ?
Moyens mnémotechniques
Un cas : Des étudiants (en médecine) retiennent dans l’ordre les 12 nerfs crâniens. Comment
font-ils ?
A B C
I Oh Oh Olfactif
II Oscar Oh Optique
III Ma Mon Moteur (oculo)
IV Petite Phono Pathétique
V Théière Tu Trijumeau
VI Me M’as Moteur ocul ext.
VII Fait Fait Facial
VIII A Aimer Acoustique
IX Grand Gounod Glosso
pharyngien
X Peine Pendant Pneumogastrique
XI Six Six Spinal
XII Grogs Hivers Grand
hypoglosse
On constatera que les deux phrases mnémotechniques ont la même efficacité fonctionnelle, mais
toutes deux supposent que l'utilisateur sache comment "décoder" (ex. : pour le distinguer le XII du IX,
B est supérieur à A).
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 114
H2. La méthode des loci
Lieury (1980, p. 43) rappelle qu'en 264 ACN, Simonides, selon la légende
(rapportée par Cicéron entre autres), assistant à un repas, avait dû sortir de la salle à
manger, par bonheur pour lui car celle-ci s'était écroulée sur les convives. En se
souvenant des places de chacun dans la pièce, il contribua grandement à
l'identification des cadavres sortis des décombres.
D'où la méthode des loci (pluriel de locus, latin pour lieu) : évoquez une pièce que
vous connaissez bien (votre cuisine par exemple) et associez les mots à apprendre
(violon, dentifrice, chapeau, etc.) aux endroits de cette pièce dans l'ordre où vous le
parcourez du regard (mental) : le violon sur le réfrigérateur, le dentifrice dans l'évier, le chapeau sur le
vide poubelle, etc.). L'efficacité du procédé tient à la formation d'images mentales insolites.
Exon et intron
Lahaye Carine (2007), AESS biologie.
Un moyen mnémotechnique que j’ai retenu en biologie moléculaire concerne le
gène : la signification de exon et intron
Exon : extraverti donc qui s’exprime
Intron : introverti donc qui ne s’exprime pas.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 115
H4. Les désavantages
Les inconvénients d'un processus de liaisons en chaîne sont de deux ordres : le temps de reconstitution
s'allonge à mesure que la chaîne grandit et une erreur peut se glisser à chaque maillon. (Pour le
chirurgien, par contre, une série d'indices additionnels CONFIRMENT l'exactitude de la réponse).
Voici des exemples de telles erreurs dans deux chaînes mnémotechniques célèbres (acrostiches de
mots) :
1° Pour se rappeler l'ordre des éléments de la deuxième ligne du tableau de MENDELEEV, de
nombreux étudiants recourent à la phrase :
Signé
LILY BAISE BIEN CHEZ SON ONCLE FERDINANT NESTOR
L B4 B C N O F N
Lythium Berylium Bore Carbone Azote Oxygène Fluor Néon
Signé
LILY BERCE BOA CHEZ SON ONCLE FERDINANT NESTOR
LE
L Bé Bo C N O P F
N
Et pourtant les étudiants préfèrent la première version, qu'ils retiennent mieux (ce que Buzan explique
très bien : la connotation sexuelle de la phrase).
2° Pour se rappeler les couleurs du spectre de la lumière blanche décomposée par un prisme (l'arc-
en-ciel), de nombreux étudiants retiennent :
Le passage entre l'étape 2 et l'étape 3 est très délicat et, fréquemment, les étudiants oublient le jaune ou
le vert.
Pistes d’intervention
Attirer l’attention des étudiants sur les défauts des moyens mnémotechniques (pouvant
mener à de fausses pistes).
Les meilleurs étant ceux qu’on se crée soi-même.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 116
I. A quelle vitesse mémorise-t-on ?
Courbes d’acquisition
Un cas : Un professeur constate que lors de son premier cours sur la corrélation point
bisériale, les étudiants ont très peu retenu. Lors du deuxième cours, ils ont retenu beaucoup
plus. Lors du troisième cours, les progrès étaient plus faibles parce qu’atteignant « le
plafond » (des objectifs qu’il s’était assignés) Est-ce un phénomène général valable pour
d’autres concepts ?
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 117
Les 3 phases qui suivent se rapportent au graphique ci-dessus :
Phase 1 : On apprend peu de mots au début par unité de temps.
Phase 2 : On apprend beaucoup par les dérivés, associations, basés sur ce que l'on connaît déjà.
Phase 3 : On apprend peu de choses nouvelles, parce qu'on sait s'exprimer à partir de ce que l'on sait,
que les mots que l'on sait sont, évidemment, les plus fréquents et que les interlocuteurs,
nous comprenant malgré nos erreurs, ne nous corrigent pas et nous laissent dans l'ignorance
de nos imperfections.
Pistes d’intervention
Il faut du temps pour comprendre, et pour mémoriser un cours. D’où l’importance de
s’y prendre à l’avance, et ne pas compter sur l’effet de récence (je les aurai frais en
mémoire si je les étudie la veille).
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 118
J. A quelle vitesse oublie-t-on ?
Méthodes de mesure de la rétention
Un cas : Un professeur constate : « Quand je leur présente (en QCM) des définitions de la Loi
d’Archimède, ils savent choisir la bonne, mais quand je leur demande de l’énoncer, beaucoup
ne m’en donnent qu’une définition incomplète ». Pourquoi ?
On constate que la reconnaissance (aux alentours de 90 à 75% de réussite) est très nettement meilleure
que toutes les autres formes de rappel, la forme entraînant la réussite la plus faible étant le rappel dans
l’ordre (ou l’anticipation car l’item qui précède est fourni).
Pistes d’intervention
Quand quelqu’un vous dit « normalement, ceci doit être mémorisé à 100 % »,
demandez « Sous quelle modalité cela sera-t-il vérifié ?
Rappel ? Reconnaissance ? Les résultats risquent d’être dramatiquement différents.
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 119
K. Dormir dessus facile-t-il le rappel ?
Pauses, sommeil et mémorisation
K1. Fatigue et pauses
Un cas : Un professeur constate : « Quand je donne cours en 1re heure, mes étudiants sont
attentifs sans interruption pendant 20 minutes au moins. Ce n’est plus le cas en 7e heure de
la journée ».
Notre capacité d'attention est limitée. Quand nous sommes auditeur d'une conférence ou spectateur
d'un film, nous manifestons de la fatigue (mentale et physique) au bout d'une heure ou d'une heure et
demie... et la qualité de notre "encodage" (vers la mémoire à long terme) baisse.
Dans un cours, notre participation peut être plus sollicitée (prendre des notes, répondre à des
questions, participer à un débat) et la fatigue peut apparaître plus tôt encore.
Un cours programmé pose constamment des questions et sa durée ne peut habituellement excéder une
demi-heure.
La fréquence et la durée optimale des pauses varient avec la difficulté du contenu, avec le type
d'activité mentale, avec l'âge et les habitudes intellectuelles des apprenants, etc.
Si l'on ne fait pas de pause, le rendement de l'apprentissage baisse progressivement : on comprend
moins bien ce qui est dit, on encode moins bien vers la mémoire à long terme, etc.
Un cas : Quand j’étudie, en période « de bloque », je m’étends fréquemment sur mon lit
après une heure ou deux. Etendu, mon cerveau ne doit plus gérer mon coprs (même me
maintenir en équilibre) ; il arrive même que je m’endorme, même très peu de temps : 5 à 10
minutes. C’est très efficace. Pourquoi ?
Le sommeil est parfois considéré - à tort - par les étudiants comme une perte de temps. Si la veille et
l'esprit alerte sont bien nécessaires à affronter de nouveaux contenus, à les "saisir" et les "travailler", le
sommeil, par contre, comparable à cette action de "consolidation" ou de "mise en ordre" du temps de
paix permet une stabilisation des "nouveaux venus" et des changements "indolores" (et
imperceptibles) de la structure mentale. Laisser aux nouvelles connaissances le temps de s'ancrer (de
"faire leur place") dans les autres est donc nécessaire.
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D'ailleurs, lors d'un accident producteur d'une amnésie partielle, il est fréquent que l'oubli porte sur ce
qui précédait juste l'accident : c'est le processus de CONSOLIDATION qui a été interrompu !
Un cas : On entend souvent dire : « On leur bourre le crâne, dans le secondaire, avec des tas
de matières qu’ils ont oubliées une fois arrivés dans le supérieur. Qu’en penser ?
Pour beaucoup de matières, que l’on croyait oubliées (parce que l’on ne pourrait plus les
évoquer), il apparaît, lors de la lecture d’un texte, de l’écoute d’une conférence, qu’elles
sont comprises et « ravivées » par ces stimulations. Alors que nous étions incapables de les
réexposer clairement nous-mêmes, elles nous aident à intégrer, à comprendre du nouveau.
Le ré-apprentissage de ces notions pseudo-oubliées est facilité (prend moins de temps) par
rapport à leur apprentissage à partir de zéro.
Pour beaucoup de matières, que l’on croyait oubliées (parce sue l’on ne pourrait plus les évoquer), il
apparaît, lors de la lecture d’un texte, de l’écoute d’une conférence, qu’elles sont comprises et
« ravivées » par ces stimulations. Alors que nous étions incapables de les réexposer clairement nous-
mêmes, elles nous aident à intégrer, à comprendre du nouveau. Le ré-apprentissage de ces notions
pseudo-oubliées est facilité (prend moins de temps) par rapport à leur apprentissage à partir de zéro.
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L. Quelles sont les maladies de la mémoire ?
Pathologie
Un cas : Des personnes très âgées (95 ans et plus) sont capables de se souvenir de ce
qu’elles faisaient quand elles avaient 20 ans, mais sont incapables de se souvenir de ce
qu’elles ont vécu hier ou il y a 15 minutes. Pourquoi ?
On sait par ailleurs que leur mémoire à long terme est peu atteinte. Ainsi, les amnésiques de ce type
peuvent accomplir toutes les tâches qui requièrent l'utilisation de la mémoire à long terme,
éventuellement la mémoire à court terme, mais toutes les tâches qui nécessitent la collaboration entre
ces deux mémoires sont impossibles. Un amnésique qui savait jouer aux échecs avant sa maladie peut
continuer à jouer, car ayant l'échiquier devant les yeux, il n'a pas besoin d'enregistrer le chemin
parcouru par les différentes pièces du jeu mais il ne pourra pas jouer au bridge car il sera incapable
d'enregistrer les cartes qui sont déjà tombées." (Lieury, 1981).
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 122
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Chap. 2 : Mémorisation et rappel – page 124