0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
42 vues7 pages

Zygomycoses (II)

Les entomophthoromycoses, causées par des champignons des genres Conidiobolus et Basidiobolus, sont des infections fongiques rares, principalement observées dans les zones tropicales, sans facteurs favorisants évidents. Les deux formes principales sont la basidiobolomycose, touchant surtout les enfants en milieu rural, et la conidiobolomycose, affectant principalement les adultes avec des déformations faciales. Le diagnostic repose sur l'examen anatomopathologique et la culture, tandis que le traitement combine imidazolés et chirurgie, avec un pronostic généralement favorable.

Transféré par

naouarhasna
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
42 vues7 pages

Zygomycoses (II)

Les entomophthoromycoses, causées par des champignons des genres Conidiobolus et Basidiobolus, sont des infections fongiques rares, principalement observées dans les zones tropicales, sans facteurs favorisants évidents. Les deux formes principales sont la basidiobolomycose, touchant surtout les enfants en milieu rural, et la conidiobolomycose, affectant principalement les adultes avec des déformations faciales. Le diagnostic repose sur l'examen anatomopathologique et la culture, tandis que le traitement combine imidazolés et chirurgie, avec un pronostic généralement favorable.

Transféré par

naouarhasna
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

8-614-B-11

ENCYCLOPÉDIE MÉDICO-CHIRURGICALE 8-614-B-11

Zygomycoses (II) :
entomophthoromycoses
D Chabasse R é s u m é. – Les entomophthoromycoses dues aux Entomophthorales sont à l’opposé des
R Herbrecht mucormycoses, des infections rares essentiellement rencontrées en zone tropicale, sans
facteurs favorisants évidents (ce ne sont pas des mycoses opportunistes) en dehors d’un
éventuel traumatisme. On distingue classiquement : la basidiobolomycose et la
conidiobolomycose.
La basidiobolomycose à Basidiobolus ranarum, aussi appelée entomophthoromycose sous-
cutanée, affecte surtout des enfants ou adolescents en milieu rural. Les lésions se
présentent, habituellement, comme une panniculite inflammatoire touchant les épaules, le
thorax et les fesses.
Il n’y a habituellement pas d’envahissement des organes profonds.
La conidiobolomycose à Conidiobolus coronatus, également appelée rhinophycomycose,
touche surtout l’adulte. Elle se présente, au début, par un granulome endonasal qui envahit
progressivement toute la région du nez puis de la face pour aboutir à une déformation
monstrueuse du visage. L’envahissement aux os du nez ou du sinus reste exceptionnel.
L’évolution des entomophthoromycoses est en général très lente et, de ce fait, les patients
tardent souvent à consulter.
Le diagnostic est anatomopathologique. Dans les tissus, les filaments des
Entomophthorales, d’aspect voisin de ceux des Mucorales, c’est-à-dire larges et peu septés,
sont entourés par un manchon d’éosinophiles (phénomène de Splendore et Hoeppli). La
culture sur milieu de Sabouraud sans antibiotiques ni ActidioneT assure l’identification de
l’espèce en cause.
Le traitement médical fait appel aujourd’hui surtout aux imidazolés (kétoconazole,
itraconazole). Il est avantageusement complété par une chirurgie d’exérèse ou réparatrice.
Le pronostic de ces affections est en général favorable.

Introduction Quelle que soit l’espèce, toutes les Entomophthorales déterminent des
affections fongiques évoluant sur un mode chronique et déterminant sur le
plan tissulaire des lésions histologiques identiques : la présence, au sein d’un
Les entomophthoromycoses sont des mycoses qui restent rares, rencontrées granulome, de filaments mycéliens larges, peu septés, entourés d’une
essentiellement en milieu tropical ou subtropical [17, 29, 39, 50]. Elles sont dues à couronne éosinophile. C’est le phénomène de Splendore-Hoeppli [74].
des champignons appartenant à l’ordre des Entomophthorales et aux genres
Conidiobolus et Basidiobolus, saprophytes du sol et de détritus végétaux [17]. Sur le plan clinique, il est habituel de distinguer, selon les espèces en cause,
Trois espèces sont bien individualisées chez l’homme, deux appartiennent au deux types d’entomophthoromycoses :
genre Conidiobolus : Conidiobolus coronatus et Conidiobolus incongruus, et
– la basidiobolomycose à Basidiobolus ranarum, classiquement appelée
la troisième au genre Basidiobolus : Basidiobolus ranarum (Basidiobolus
entomophthoromycose sous-cutanée ;
haptosporus ou encore Basidiobolus meristoporus). Chez l’animal, en
particulier les chevaux, les champignons incriminés sont Conidiobolus – la conidiobolomycose à Conidiobolus coronatus, anciennement
coronatus et Basidiobolus ranarum, auxquels il faut ajouter une autre espèce dénommée entomophthoromycose rhinofaciale ou rhinophycomycose.
plus rarement rencontrée, Conidiobolus lamprauges.
La taxinomie bénéficie aujourd’hui de l’apport de la biologie moléculaire
grâce à l’étude des séquences de l’acide désoxyribonucléique (ADN) Basidiobolomycose
ribosomique [63] . Elle intègre à la fois les données morphologiques
(phénotypie) et celles issues de l’analyse du génome de ces espèces. Par
ailleurs, l’étude du pouvoir pathogène de ces champignons met en évidence Agent responsable - répartition géographique
des facteurs de virulence dont des enzymes protéolytiques et
collagénolytiques [66]. Elle est due à Basidiobolus ranarum. C’est un champignon tellurique isolé
pour la première fois par Dreschler en 1947, dans la litière des forêts du
Wisconsin aux États-Unis [26]. On peut aussi le retrouver dans l’intestin de
grenouilles et de nombreux reptiles tels que caméléons, lézards, tortues...
[29, 39, 51, 69, 75]. Les lézards s’avèrent d’excellents vecteurs de ce champignon,
Dominique Chabasse : Professeur des Universités, praticien hospitalier, service de
parasitologie-mycologie, centre hospitalier universitaire, 4 rue Larrey, 49033 Angers cedex notamment l’espèce Agama agama dont la distribution géographique
01, France. coïncide souvent avec les cas cliniques de basidiobolomycoses [19, 42]. Selon
Raoul Herbrecht : Praticien hospitalier, service d’oncohématologie, hôpital de Hautepierre, Coremans-Pelseneer, le rôle d’un insecte vecteur, en particulier les fourmis,
avenue Molière, 67098 Strasbourg cedex, France.
© Elsevier, Paris

ne serait pas étranger à la contamination des lézards, puisque certains d’entre


eux hébergent le champignon [15, 19, 20]. Le tube digestif desAgamidés constitue
Toute référence à cet article doit porter la mention : Chabasse D et Herbrecht R. en effet un réservoir potentiel des Basidiobolus. D’autres vecteurs sont
Zygomycoses (II) : entomophthoromycoses. Encycl Méd Chir (Elsevier, Paris), Maladies
infectieuses, 8-614-B-11, 1999, 7 p.
incriminés comme des chiroptères mais aussi des kangourous et des wallabies
en Australie [89].
8-614-B-11 ZYGOMYCOSES (II) : ENTOMOPHTHOROMYCOSES Maladies infectieuses

L’homme, ainsi que de nombreux herbivores, peuvent se contaminer par


l’ingestion de spores [6, 18, 23]. La basidiobolomycose humaine sévit tout
particulièrement en milieu tropical humide. C’est en Afrique que l’on décrit
le plus grand nombre de cas [75]. Les foyers principaux sont le Nigeria [67],
l’Ouganda, le Cameroun [8, 34, 59, 76] et le Kenya [11] qui, à eux seuls, réunissent
plus de 75 % des observations [39]. Les autres pays africains concernés sont le
Mali [55], le Burkina Faso, le Congo-Brazzaville [12], la Côte-d’Ivoire [54], le
Gabon [73] , le Ghana [82] , la Guinée équatoriale [77] , la République
centrafricaine [92], le Sénégal [4], le Soudan, la Sierra Leone [49], la Somalie, le
Tchad et le Togo [94]. La maladie est aussi décrite à Madagascar [71]. Les autres
continents touchés, mais dans des proportions moindres, sont l’Asie, avec
l’Indonésie et la Chine, mais aussi le Myanmar, la Thaïlande et l’Inde [88]. Au
Moyen-Orient, c’est l’Irak, et sur le continent américain, les observations sont
issues du Brésil [6, 7, 21] et parfois du Mexique. Un cas a été publié en
Australie [22]. En revanche, les cas observés en Europe et aux États-Unis
semblent tous être d’importation [84]. Cette mycose sévit parfois dans les
régions sèches à faible pluviométrie [39].
En conclusion, il faut retenir que la majeure partie des cas cliniques publiés
(les deux tiers environ) sont issus du continent africain où l’on dénombre plus
de 200 observations [29].

Facteurs favorisants - modalités de contamination


Les populations touchées sont surtout rurales, en particulier des enfants de 1 Basidiobolomycose, in-
filtration cutanée profonde du
4 à 15 ans (maximum dans la tranche de 5 à 9 ans), de sexe masculin. Mais dos et de la fesse. Photo due à
tous les âges peuvent être atteints [53]. Chez l’homme, les voies d’inoculation l’amabilité du Dr. A Mahé.
du champignon sont loin d’être toutes connues. Plusieurs mécanismes de
pénétration peuvent être avancés.
Formes atypiques
Traumatisme [29, 43, 46, 51, 94] Elles sont liées aux autres localisations moins habituelles. Les zones touchées
intéressent aussi les régions périnéales et périanales [12, 55] ; également la paroi
C’est l’hypothèse la plus évoquée avec deux possibilités d’inoculation : abdominale [88]. À la face, elles simulent une conidiobolomycose. La peau en
– soit par le biais d’une épine s’enfonçant à travers le plan cutané, ou à la regard n’est pas toujours lisse ; elle peut être plissée en « peau d’orange »,
suite d’une blessure, d’un traumatisme, de lésions de grattage, d’une griffure voire ulcérée, avec parfois un écoulement sérohémorragique [88].
ou d’une injection en intramusculaire. En pratique, par l’intermédiaire de tout La diffusion aux tissus sous-jacents, dans ces atteintes superficielles, est
ce qui assure une solution de continuité permettant à la spore de s’implanter possible, en particulier au muscle, à partir duquel on peut craindre une
dans les tissus sous-cutanés ; dissémination sanguine [48]. Dworzack et al rapportent aussi le cas d’un sujet
– soit par le biais d’un insecte piqueur. Ce dernier introduirait diabétique ayant une localisation faciale avec un envahissement au niveau du
accidentellement la spore au moment du repas sanguin. voile du palais et du sinus maxillaire [30].

Ingestion [17, 29, 39, 51] Formes profondes


Dans cette hypothèse, la pénétration du champignon se fait par voie orale Ces localisations sont plus rares. La basidiobolomycose peut aussi toucher de
(aliments souillés par les spores). On incrimine aussi les fourmis, ou autres nombreux organes tels que le poumon [7], le médiastin [18], le péritoine [62].
arthropodes vecteurs contaminés, ingérés accidentellement lors du repas [28]. Cinq observations d’atteintes digestives, toutes issues du continent américain,
Le champignon ainsi avalé avec l’aliment se localiserait ensuite au niveau des ont été recensées en 1997 [70]. Les signes cliniques (nausées, vomissements,
tissus graisseux sous-cutanés. La présence de Basidiobolus ranarum à l’état douleurs abdominales, diarrhées...) sont non spécifiques. Basidiobolus
commensal, dans l’intestin de l’homme, donne du crédit à cette hypothèse [10]. ranarum est retrouvé et isolé à partir de biopsies de l’estomac, du duodénum,
de l’iléon et du côlon. Dans une observation, un seul facteur, supposé
Inhalation [29, 30] favorisant, a été mentionné : le diabète. Les localisations digestives ne sont
pas toutes symptomatiques. Camerlynck et al ont isolé Basidiobolus ranarum
Cette modalité est rare, mais non exceptionnelle. Elle est possible puisque dans les selles, à plusieurs reprises, chez un patient atteint d’un lymphome,
l’on peut isoler des Basidiobolus dans les sinus. sans signes cliniques ni atteinte histologique digestive associée [10].

Aspects cliniques de la basidiobolomycose humaine Diagnostic différentiel


Trois formes cliniques peuvent être individualisées. Habituellement, l’aspect clinique est évocateur, surtout en zone d’endémie.
Le diagnostic peut se discuter avec une cellulite, un phlegmon, une myosite,
Forme dermo-hypodermique [3, 39, 43, 75, 80] une sclérodermatomyosite, un éléphantiasis filarien, un sarcome des parties
molles ou même un lymphome malin non hodgkinien. Cependant, dans la
C’est la forme la plus classique et la plus répandue. Elle est caractérisée par basidiobolomycose, l’état général est bien conservé. Il n’y a pas de fièvre et,
une panniculite ou cellulite inflammatoire, localisée essentiellement au habituellement, les adénopathies locorégionales sont absentes. C’est
niveau des épaules et du thorax. Les fesses, les cuisses et le périnée sont aussi l’examen anatomopathologique et la culture mycologique qui assurent le
des localisations habituelles chez les jeunes patients (fig 1). Le début de la diagnostic.
maladie est souvent difficile à préciser. On retrouve habituellement la
présence d’un nodule sous-cutané qui se transforme progressivement et
s’étend pour former une sorte de placard ligneux plus ou moins régulier. À la Diagnostic mycologique
palpation, cette infiltration donne l’impression d’une masse plus ou moins L’examen direct associé à la mise en culture du matériel de biopsie ou
régulière, de consistance ferme, insensible, à bords nets et émoussés. Elle est d’exérèse chirurgical permet le diagnostic de l’espèce en cause.
mobilisable, les doigts pouvant aisément l’accrocher et la déplacer. Elle
adhère cependant à la peau sus-jacente. Cette dernière est parfois œdématiée, Examen direct
hyperpigmentée, desquamative mais rarement ulcérée [55]. Dans le produit biologique, le champignon se présente sous la forme d’hyphes
Dans les formes typiques, cette panniculite respecte les articulations et les courts, larges de 8 à 22 µm de diamètre, à paroi épaisse, pas ou peu cloisonnés.
muscles d’où l’absence, au moins au début, de gêne fonctionnelle. Le reste de Il est difficile de les observer à l’état frais en dehors d’une coloration
l’examen est habituellement normal. Les adénopathies locorégionales sont spécifique, car les éléments fongiques sont habituellement rares (fig 2).
inconstantes, bien que Fromentin et Ravisse aient décrit des observations avec
de volumineux ganglions [39]. Culture
L’évolution spontanée se fait par poussées. Les nodules deviennent chauds, Elle est décevante. L’isolement du champignon responsable à partir du
parfois même douloureux, d’allure pseudophlegmoneuse ou simulant un produit pathologique est difficile. Les cultures restent souvent négatives et les
érysipèle. Ces signes s’apaisent ensuite dans les formes chroniques. Des contaminations sont fréquentes à cause de l’absence d’antibiotiques et de
guérisons spontanées, sans traitement spécifique, peuvent survenir. cycloheximide dans les milieux d’isolement.

page 2
Maladies infectieuses ZYGOMYCOSES (II) : ENTOMOPHTHOROMYCOSES 8-614-B-11

Conidiobolomycose

Agents responsables - répartition géographique


Conidiobolus coronatus (anciennement appelé Entomophthora coronata) est
un saprophyte largement répandu dans le milieu extérieur. Il affectionne
particulièrement l’humus et les végétaux en décomposition [29, 50, 51, 57]. On le
retrouve aussi chez certains insectes comme les termites [19] . Il serait
également véhiculé par les araignées et les moustiques. En revanche, à
l’inverse de Basidiobolus, il n’a pas été isolé de l’intestin des reptiles. En
dehors de l’homme, le champignon parasite aussi le singe et le cheval où il
détermine des lésions du nez et des babines [32].
La plupart des cas humains sont issus du continent africain, principalement
dans les régions à forte pluviométrie dans les zones forestières humides. C’est
au Nigeria et au Cameroun que l’on a décrit les premières observations en
1961 et que l’on recense le plus de cas cliniques [8, 56]. Les autres pays touchés,
tous issus des zones équatoriales ou tropicales humides, sont la Côte-d’Ivoire
[33, 54], le Zaïre [78], le Kenya [11], le Gabon [73], le Congo-Brazzaville [12, 13, 99], la
République centrafricaine [93, 97], le Tchad [93] et Madagascar [71]. Quelques
2 Examen direct d’une ponction d’une entomophthoromycose cutanée. Hyphes à l’état observations proviennent cependant de contrées plus sèches, ce qui
frais (grossissement x 420) (photo due à l’amabilité du Pr M Kombila). complique l’épidémiologie de cette affection [14]. En dehors du continent
africain, c’est en Amérique centrale [85], au Costa Rica [86], aux Caraïbes
(Jamaïque, Porto Rico) [29] au Brésil [29] et en Colombie [79] que l’on rencontre
aussi la conidiobolomycose. Dans tous les cas, on observe cette préférence
pour des régions au climat chaud et humide. Enfin, contrairement à la
basidiobolomycose, elle semble absente, (à l’exception de l’Inde) de tout le
continent asiatique et de l’Extrême-Orient.

Facteurs favorisants - modalités de contamination


La conidiobolomycose, à l’opposé de la basidiobolomycose, est une maladie
de l’adulte. Si les observations s’échelonnent entre 8 et 72 ans, 60 % d’entre
elles prédominent entre 20 et 29 ans. Les hommes sont massivement touchés
dans une proportion de 8 sur 10 [29]. Sans être une infection opportuniste, des
formes disséminées peuvent être aussi décrites chez les patients
immunodéprimés [2, 45, 68].
La porte d’entrée est vraisemblablement nasale [29]. Mais les conditions de
pénétration, et surtout de diffusion, sont encore mystérieuses. L’hypothèse
d’une inoculation traumatisante par voie nasale est la plus probable. Les
3 Basidiobolus ranarum. Culture sur milieu de Sabouraud (photo due à l’amabilité du spores issues du sol seraient véhiculées par les doigts sales au niveau des
Pr M Kombila).
orifices du nez. Mais pour qu’il y ait une pénétration dans la sous-muqueuse,
une solution de continuité semble nécessaire. On incrimine une blessure par
Les ensemencements se font sur milieu de Sabouraud sans Actidionet, ni un fragment de végétal ou toutes sortes d’objets pouvant faire office de
chloramphénicol qui inhibe la croissance du Basidiobolus. Pour Coremans- grattoir.
Pelseneer, le Corn Meal-Agar et le Synthetic-Mucor-Agar seraient les Chez un patient observé par Fromentin et Ravisse, le malade avait vu débuter
meilleurs milieux pour l’isolement du champignon [19]. La croissance de sa maladie après une blessure du nez par une planchette de bois [39]. Au
Basidiobolus ranarum est plus rapide à 30 °C qu’à 37 °C. On obtient en Nigeria, où le champignon a été isolé du sol par Clark, il y a une prédominance
4 jours des colonies plates, glabres, blanchâtres, de texture cireuse au départ, des cas humains chez les ruraux vivant en plein air et ayant des contacts
elles deviennent ensuite beiges, grisâtres et plissées au centre (fig 3). Le revers répétés avec la terre [17]. Les spores peuvent aussi pénétrer dans les fosses
de la culture est chamois. nasales par inhalation ou encore par l’intermédiaire d’un insecte (vecteur
mécanique) au moment de la piqûre.
L’examen microscopique montre :
– des hyphes de diamètre variable (8 à 25 µm) à paroi épaisse, peu ou pas Aspects cliniques de la conidiobolomycose [24, 65, 67, 91]
septés ;
On distingue classiquement une forme superficielle ou cutanéomuqueuse due
– des conidiophores (ou sporangiophores) à extrémité renflée, produisant des à Conidiobolus coronatus et des formes disséminées, occasionnées le plus
conidies (sporangioles) de 20 à 60 µm de diamètre. Ce sont des souvent par d’autres espèces dont Conidiobolus incongruus.
macroconidies, lisses, éjectables (ballistospores) conservant à leur base le
reste de la partie apicale du sporangiophore ; Forme cutanéomuqueuse
– des conidiophores étroits avec une extrémité adhésive qui produisent des Au début, la maladie se présente comme un granulome endonasal de la sous-
conidies mais libérées passivement (spores adhésives) ; muqueuse au niveau du cornet inférieur. C’est une sensation d’obstruction
nasale, d’un épistaxis, ou une rhinorrhée aqueuse qui poussent le malade à
– des zygospores de 30 à 40 µm de diamètre possédant des becs de consulter [65, 67, 68].
conjugaison.
Du nez, au départ, l’envahissement fongique s’étend au sinus, au pharynx,
aux tissus sous-cutanés de la face et plus tardivement aux muscles et aux os
Techniques complémentaires du nez. À ce stade, l’invasion se caractérise par une tuméfaction de la face
avec infiltration de la peau de toute la région du nez, du sillon nasogénien mais
La sérologie utilisant un antigène spécifique pour les techniques aussi de la lèvre supérieure (fig 4). À un stade ultérieur, le nez et les lèvres
d’immunodiffusion est peu usitée. Les tests physiologiques (assimilation de supérieures, qui soulèvent la narine, sont complètement infiltrés, simulant la
certains sucres) et enzymatiques (trypsine, â-galactosidase) peuvent être forme d’un groin. À la palpation, la masse tumorale est ferme, mobile sur le
réalisés dans les laboratoires de référence en cas de difficultés de diagnostic. plan osseux. La peau qui recouvre la tumeur est luisante, souvent
hyperpigmentée, et surtout infiltrée par un œdème dur. Il n’y a pas
d’adénopathies ou elles sont rares.
Basidiobolomycose chez l’animal L’examen des fosses nasales met en évidence une tumeur rouge charnue
d’aspect polypoïde pouvant saigner au contact. La radiographie du massif
La maladie touche aussi les chevaux et les chiens [60]. Basidiobolus ranarum facial ne montre pas de destruction osseuse notable. En revanche, un
est retrouvé aussi bien dans des localisations intestinales que disséminées [61]. comblement des sinus maxillaires et des cellules ethmoïdales est fréquent [11].
Chez les poissons, la mycose est connue chez la truite où elle est à l’origine L’évolution est lente ; il faut des mois et des années pour observer un
d’un syndrome entérique [32, 90]. envahissement progressif vers l’arrière et vers l’avant. L’extension vers les

page 3
8-614-B-11 ZYGOMYCOSES (II) : ENTOMOPHTHOROMYCOSES Maladies infectieuses

Tableau I. – Critères morphologiques culturaux différentiels des Entomophthorales


pathogènes.

Critères Basidiobolus Conidiobolus Conidiobolus


morphologiques ranarum coronatus incongruus

Spores adhésives + 0 0

Microconidies en 0 + +
« couronne »

Spores en + 0 0
« haltère »

Spores villeuses 0 + 0

Zygospores + 0 +

Azygospores 0 0 +

Méristospores + 0 0
4 Conidiobolomycose faciale (photo due
à l’amabilité du Dr M Huerre).
d’une thaïlandaise de 20 ans qui, à partir d’une lésion sous-cutanée, a
développé une forme pulmonaire massive. Elle décéda rapidement d’une
hémorragie foudroyante. D’autres observations similaires furent décrites par
la suite par Kwon-Chung et Bennett [51] puis par Walsh et al [98]. Conidiobolus
incongruus fut isolé à chaque fois dans le poumon et dans le cœur. Dans un
cas, on a retrouvé comme terrain prédisposant un lymphome. Le champignon
dans le tissu est indistinguable des autres Conidiobolus et on y retrouve le
classique phénomène de Splendore-Hoeppli. Le diagnostic d’espèce est
mycologique.
Walker et al rapportèrent le cas d’un homme de 64 ans avec une atteinte
viscérale diffuse à Conidiobolus coronatus (cœur, poumon, cerveau, rein)
récemment transplanté rénal, sous immunosuppresseurs [97]. De même, Jaffey
et al soulignèrent le cas d’une infection disséminée à Conidiobolus sp (espèce
non précisée) chez un consommateur de cocaïne de 29 ans et non porteur du
virus de l’immunodéficience humaine (VIH) [45].

Diagnostic différentiel
L’entomophthoromycose rhinofaciale pose en général peu de problème
diagnostique en zone d’endémie. Il convient d’éliminer dès le début une
rhinite hypertrophique, un rhinosclérome, une tumeur bénigne du nez
5 Conidiobolomycose faciale évoluée, déformation monstrueuse de la face (photo due à (polypes) ou du maxillaire, un sarcome des parties molles et enfin un
l’amabilité du Dr P Ravisse).
lymphome de Burkitt chez l’enfant. Parmi les autres infections fongiques
notamment endonasales, il faut citer les aspergilloses mais surtout la
sinus et le pharynx va générer des difficultés respiratoires. Vers l’avant, rhinosporidiose à Rhinosporidium seeberi chez laquelle on ne retouve pas de
l’infiltration des téguments de la face provoque un élargissement des ailes du filaments mais seulement les sphérules à paroi épaisse, mesurant de 50 à
nez, une déformation de la lèvre supérieure, mais aussi des régions sus- et 300 µm de diamètre et contenant à maturité des endospores. Cette affection
sous-oculaires, entraînant au passage l’obstruction des voies lacrymales. Au est rencontrée en Inde, mais aussi au Brésil et dans certaines régions
maximum, ces lésions centrofaciales, qui ne dépassent habituellement pas d’Afrique notamment en Ouganda, au Ghana, au Gabon, en Tanzanie où la
l’angle de la bouche, vont aboutir à une déformation monstrueuse du visage conidiobolomycose est aussi présente. Contrairement à cette dernière,
justifiant l’appellation d’« homme hippopotame », ou « homme tapir » (fig 5). Rhinosporidium seeberi, de taxinomie incertaine, ne pousse pas sur les
À long terme, l’évolution clinique est mal connue. Elle semble progresser par milieux usités en mycologie [81].
poussées. Les nodules deviennent plus chauds et sensibles, tandis que dans
Le diagnostic se pose parfois avec la localisation faciale d’une
les phases de rémission, ils restent indolores. Selon Fromentin et Ravisse [39],
entomophthoromycose sous-cutanée à Basidiobolus ranarum. Ce dernier
le pronostic est habituellement favorable. La guérison, parfois même
peut envahir la face, mais cette localisation est généralement secondaire à des
spontanée, est assurée par une thérapeutique adaptée. Les formes graves
lésions thoraciques ou de l’épaule. Enfin, les mucormycoses rhinofaciales (cf
seraient rares, le plus souvent liées à l’extension postérieure qui entraîne des
supra) ne surviennent habituellement que chez les sujets prédisposés.
phénomènes d’asphyxie ou de compression. Une trachéotomie est parfois
nécessaire. Dans une observation récente, Fournier et al rapportent le cas d’un
adolescent de 13 ans atteint d’une conidiobolomycose à Conidiobolus Diagnostic mycologique
coronatus, caractérisée par un envahissement locorégional avec lyse osseuse
et polyadénopathies. Cette mycose a résisté aux azolés classiques La démarche mycologique au laboratoire est identique à celle entreprise pour
(itraconazole, kétoconazole, fluconazole) [37]. Les destructions osseuses dans la basidiobolomycose. On distingue en culture deux espèces pathogènes
la conidiobolomycose, tout à fait inhabituelles, sont rarement rapportées dans appartenant au genre Conidiobolus dont les caractéristiques sont les suivantes
la littérature. (tableau I).

Formes disséminées à Conidiobolus sp Conidiobolus coronatus


Les entomophthoromycoses, à l’opposé des mucormycoses, restent Sa croissance est rapide à 37 °C. La colonie est plate, glabre, de texture
habituellement sous-cutanées, même si certaines montrent une tendance à un cireuse, se plisse en vieillissant et devient légèrement duveteuse et poudreuse.
envahissement locorégional [1, 58] . Il existe cependant d’authentiques La couleur, blanche au départ, devient brun-clair ensuite. Le revers est
observations bien documentées où le champignon a été isolé dans les tissus jaunâtre.
profonds, à l’état parasitaire, et à distance d’une localisation cutanée. Ces
L’aspect microscopique confirme le caractère commun des zygomycoses. Les
observations, qui n’interviennent pas seulement chez les sujets fragilisés,
hyphes sont larges et plus ou moins septés. Les conidiophores
suggèrent une dissémination par voie lymphatique avec présence
(sporangiophores), peu différenciés des hyphes végétatifs, sont d’aspect
d’adénopathies [47]. L’espèce la plus souvent en cause dans ces localisations
cylindrique.
profondes est Conidiobolus incongruus dont les observations semblent pour
l’instant limitées à l’Asie [40], à l’Arabie Saoudite [2] et au continent américain. Ils produisent à l’apex des conidies (macroconidies) rondes de 25 à 45 µm de
Le premier cas a été publié aux États-Unis en 1972 [2]. Il s’agissait d’un enfant diamètre, éjectables, avec une papille basale proéminente.
de 15 mois présentant un envahissement médiastinal bronchique associé à une Certaines macroconidies ainsi éjectées produisent à leur tour une ou plusieurs
péricardite, sans facteurs favorisants connus. Il guérit après un traitement à microconidies globuleuses (secondaires) disposées en « couronne » autour de
l’amphotéricine B. La deuxième observation, décrite en 1983 [9], est celle la macroconidie.

page 4
Maladies infectieuses ZYGOMYCOSES (II) : ENTOMOPHTHOROMYCOSES 8-614-B-11

Conidiobolus incongruus
Il pousse moins rapidement mais aussi bien à 25 °C qu’à 37 °C. Il se
différencie de la précédente par :
– la présence de conidies simples sphériques avec une papille basale nette ;
– l’absence de spores villeuses ;
– la présence de zygospores de 25 à 50 µm de diamètre, à double paroi sans
becs de conjugaison ;
– la présence inconstante d’azygospores.
Conidiobolus incongruus est très proche sur le plan morphologique d’une
espèce saprophyte, Conidiobolus brefeldianus [98]. Cette dernière donne des
colonies peu expansives en culture et le diamètre des filaments est lui-même
plus étroit (4 à 6 µm) que ceux de Conidiobolus incongruus (5 à 15 µm).

Conidiobolomycose de l’animal
Cette affection affecte en réalité plus les animaux, et tout particulièrement les
équidés, que l’homme [31, 32]. Les zones d’endémies recoupent celles des cas
humains. Chez le cheval, elle se manifeste par des tumeurs d’aspect polypoïde
intéressant la muqueuse pituitaire, les naseaux, les lèvres et parfois la face. La 7 Aspect histologique du phénomène de Splendore-Hoeppli. Coloration à l’hémalun-
conidiobolomycose touche aussi les chimpanzés [83] et les chiens [5]. Outre éosine-safran (grossissement x 1 000) (photo due à l’amabilité du Dr M Huerre).
Conidiobolus coronatus, on isole chez le cheval une autre espèce appelée à une chlamydospore en culture. Un signe négatif important qui les oppose
Conidiobolus lamprauges [44]. aux mucormycoses est l’absence habituelle d’envahissement vasculaire. Le
diagnostic histologique peut être avantageusement aidé par l’utilisation d’une
technique d’immunofluorescence sur coupe déparaffinée (à l’aide de deux
Diagnostic anatomopathologique sérums spécifiques respectivement chacun de Basidiobolus et Conidiobolus),
des entomophthoromycoses [25, 39, 54, 74, 75] en cas de négativité de la culture mycologique [59].

Il repose sur la qualité des biopsies au niveau du processus lésionnel. Il est


nécessaire d’en réaliser plusieurs et de privilégier la périphérie et non le centre Diagnostic enzymatique et immunologique
des lésions. La coloration de choix est l’hémalun-éosine-safran (HES). En des entomophthorales pathogènes
pratique, l’examen anatomopathologique permet, souvent à lui seul, le
diagnostic d’entomophthoromycose. L’aspect histologique est le même, Avec le système APIZIM, mis au point par Fromentin [38], il est possible de
quelle que soit l’espèce incriminée. différencier Conidiobolus de Basidiobolus en testant certaines de leurs
activités enzymatiques. Par exemple, l’activité trypsinique est positive avec
Les Entomophthorales sont à l’origine de lésions inflammatoires qui vont
Basidiobolus ranarum tandis qu’elle reste négative avec Conidiobolus
évoluer, selon les cas, sur un mode aigu, subaigu ou chronique, avec
coronatus et Conidiobolus incongruus. À l’inverse, toutes les souches de
formation de microabcès à éosinophiles et de granulomes épithélioïdes et
Conidiobolus testées sont glucosidase positives tandis que les Basidiobolus
gigantocellulaires au contact du champignon dans les tissus. Les hyphes sont
n’expriment pas cette activité.
en général peu nombreux mais facilement reconnaissables au Gomori-
Grocott (fig 6) mais plus typés à l’HES grâce à l’épais manchon éosinophile Un test de croissanse simple, en présence de saccharose comme source de
qui les entoure. C’est le phénomène de Splendore-Hoeppli (fig 7) qui est carbone, est proposé par Latge [52] pour séparer les Basidiobolus, qui
absent chez les Mucorales [74]. Le dépôt éosinophile est constitué de débris de assimilent ce sucre, des Conidiobolus, qui ne le peuvent pas.
polynucléaires éosinophiles, d’immunoglobulines G, et de protéines, comme Sur le plan immunologique, il est possible aussi de différencier les deux
la major basic protein. Les hyphes sont larges, de 5 à 30 µm de diamètre, genres. Yangco et al [100], par les techniques d’immunodiffusion, ont montré
irréguliers et non cloisonnés, se ramifiant parfois à angle droit. Le que Basidiobolus haptosporus et Basidiobolus ranarum étaient
champignon et son manchon caractéristique ne sont présents que dans les antigéniquement identiques, confirmant ainsi l’unicité de ces deux espèces
stades précoces ou florides de l’inflammation (phase aiguë). Par la suite, les aujourd’hui appelées : Basidiobolus ranarum. En culture, l’étude des
lésions évoluent sous forme de nodules mycotiques, de granulomes exoantigènes de Basidiobolus et Conidiobolus, révèle, à l’aide d’antisérums
épithélioïdes et gigantocellulaires pour aboutir à un stade plus tardif, à une issus du lapin, des différences suffisantes pour constituer un test rapide en
fibrose avec quelques cellules géantes à corps étrangers. À ce stade, il est immunodiffusion. Mais la sérologie n’est pas d’usage courant en France et
difficile, avec les techniques de routine, de mettre en évidence le champignon. donc peu usitée en pratique.
L’observation en lumière polarisée permet cependant de repérer des
structures fongiques sans manchon éosinophile, contenant du matériel
cytoplasmique avec un granule central. Ces éléments, qui persistent dans les Thérapeutiques des entomophthoro-
tissus, sont souvent interprétés par les anatomopathologistes et les mycoses [41, 51, 81]
mycologues comme étant des formes de résistance du champignon équivalent
La régression spontanée des lésions est possible, mais le traitement institué
rapidement accélère la guérison et évite le passage à la chronicité. Deux
approches thérapeutiques complémentaires peuvent être proposées.

Traitement médical
Il est utilisé seul ou s’associe volontiers à l’acte chirurgical.
Iodure de potassium
Les thérapeutiques classiques font appel à l’iodure de potassium (IK) saturé.
Elle reste la plus utilisée dans les zones d’endémie en raison de son faible
coût [43, 62, 72] . La posologie moyenne est de 30 mg/kg/j, pouvant être
augmentée jusqu’à 4 g/j, en une à deux prises quotidiennes. Trois mois de
traitement sont nécessaires pour une conidiobolomycose et 6 mois pour une
basidiobolomycose [46, 56, 57]. Mais les résultats obtenus sont variables, l’IK
semble surtout agir sur la lésion granulomateuse sans véritable action sur le
champignon. Par ailleurs, les réactions d’intolérance ou les résistances à
l’iode ne sont pas rares [29, 46]. L’IK peut être aussi avantageusement associée
à des corticoïdes ainsi qu’à l’acte chirurgical.
Amphotéricine B
L’amphotéricine B a une action inconstante [57, 78], et les rechutes à l’arrêt du
6 Conidiobolus coronatus. Coupe histologique, coloration au Gomori-Grocott, hyphes traitement sont fréquentes. In vitro, Conidiobolus incongruus est
irréguliers (grossissement x 400) (photo due à l’amabilité du Dr M Huerre).
habituellement résistant à l’amphotéricine B [98].

page 5
8-614-B-11 ZYGOMYCOSES (II) : ENTOMOPHTHOROMYCOSES Maladies infectieuses

5-fluorocytosine Le fluconazole, à raison de 100 mg/j, semble avoir une action identique à
l’itraconazole [80, 88].
Active in vitro, elle peut être utilisée en association avec l’IK [29].
Les échecs aux azolés sont cependant possibles. Fournier et al rapportent le
Sulfamides cas d’un adolescent de 13 ans, sans facteur favorisant connu, atteint de
rhinophycomycose à Conidiobolus coronatus, avec envahissement
Comme le sulfaméthoxazole (23 mg/kg/j) et le triméthoprime (4,6 mg/kg/j), locorégional et polyadénopathies [37]. Chaque essai thérapeutique successif,
ils donnent parfois de bons résultats, en association ou non avec les avec l’itraconazole d’abord, le fluconazole ensuite, et enfin le kétoconazole,
corticoïdes, chez des malades résistants à l’IK [11, 35, 39, 75]. fut suivi d’une amélioration initiale puis d’une rechute, sous traitement, dans
les semaines suivantes, malgré des tests d’absorptions corrects et une bonne
Azolés observance par le patient. Cela pose le problème d’une virulence particulière
de la souche en question. Récemment, Foss et al [36] ont rapporté le cas d’une
Ils représentent, depuis le début des années 1980, la meilleure alternative aux jeune Brésilienne de 12 ans présentant une conidiobolomycose à
thérapeutiques précédentes [27, 28]. Le kétoconazole est le premier d’entre eux Conidiobolus coronatus qui, devant l’absence de réponse efficace au
qui a révolutionné le traitement des entomophthoromycoses [29]. Drouhet et kétoconazole d’abord, à l’itraconazole ensuite, fut traitée avec succès par une
Dupont ont rapporté les premiers succès thérapeutiques chez deux patients association amphotéricine B (dose totale 3 g) et terbinafine (250 mg/j)
atteints de conidiobolomycose et un de basidiobolomycose [27], 3 à 4 mois de pendant 4 mois. Aucune rechute ne fut observée dans l’année qui suivit.
traitement furent nécessaires pour assurer une guérison complète. Depuis,
d’autres auteurs ont souligné l’efficacité de cet azolé [16, 33, 73, 77, 95]. Sur 17 cas L’oxygénothérapie hyperbare, proposée dans le traitement des
d’entomophthoromycoses publiés en 1993, quatre de basidiobolomycoses et mucormycoses, a également été utilisée avec succès comme traitement
neuf de conidiobolomycoses ont répondu efficacement avec le kétoconazole. d’appoint dans la conidiobolomycose [56] . Elle exercerait une action
Il est habituellement utilisé à raison de 200 à 400 mg/j pour une durée de 3 à fongistatique sur la croissance du champignon.
6 mois afin d’assurer la guérison. Il faut aussi noter que des extraits de plantes médicinales dont Piper guineense
Depuis 1987, l’itraconazole donne des résultats encore plus intéressants et Ocimum gratissimum ont une activité inhibitrice sur Basidiobolus sp in
[55, 87, 96]. Dans la conidiobolomycose, les signes fonctionnels disparaissent vitro [64] . Ce sont des perspectives intéressantes comme alternative
rapidement en moins de 1 semaine et la guérison clinique et mycologique dans thérapeutique pour les populations économiquement faibles.
les formes de début peut être espérée en 3 semaines avec une posologie de
100 à 200 mg/j [55]. Dans les formes chroniques, le traitement doit être Traitement chirurgical
prolongé de plusieurs mois et éventuellement complété par un acte
chirurgical. Dans la basidiobolomycose, la réponse thérapeutique est aussi Il peut servir d’appoint au traitement médical, mais il n’est pas de pratique
rapide. Mahe et al rapportent l’observation d’une fillette de 12 ans, présentant courante. Il s’agit essentiellement d’une chirurgie de réduction. L’absence de
une infiltration profonde du dos et de la fesse, dont le traitement à plan de clivage de la tumeur rend aléatoires les résultats. Son intérêt réside
l’itraconazole à raison de 100 mg/j a permis en moins de 10 jours une nette dans les formes très localisées qui semblent résister au traitement médical, ou
amélioration des lésions dorsales [55]. comme chirurgie réparatrice en vue d’une reconstruction faciale [22].

Références
[1] Akpunonu BE, Ansel G, Kaurich JD, Savolaine ER, Camp- [15] Chaturvedi VP, Randhawa HS, Khan ZU, Singh N, Kinis S. [27] Drouhet E, Dupont B. Chronic mucocutaneous candidoses
bell EW, Miles JL. Zygomycosis mimicking paranasal malig- Prevalence of Basidiobolus ranarum in the intestinal tract of and other superficial and systemic mycose succesfully
nancy. Am J Trop Med Hyg 1991 ; 45 : 390-398 an insectivorous bat in Dehli. J Med Vet Mycol 1984 ; 22 : treated with ketoconazole. Rev Infect Dis 1980 ; 2 : 602-612
[2] Al-Hajjar S, Perfect J, Hashem J, Tufenkeji M, Kayes S. Or- 185-189 [28] Drouhet E, Dupont B. Laboratory and clinical assessment of
bitofascial conidiobolomycosis in a child. Pediatr Infect Dis J [16] Chauvin JL, Drouhet E, Dupont B. Nouveau cas de rhinoen- ketoconazole in deap-seated mycoses. Am J Med 1983 ;
1996 ; 15 : 1130-1132 tomophthoromycose. Guérison par le kétoconazole. Ann 74 : 30-47
[3] Basset A. Aspect cliniques et traitement de la basidiobolomy- Otolaryngol 1982 ; 99 : 563-568 [29] Drouhet E, Ravisse P. Entomophthoromycosis. Curr Top
cose. Ann Soc Belge Med Trop 1972 ; 52 : 307-314 [17] Clark BM. The epidemiology of entomophthoromycosis. In : Med Mycol 1993 ; 5 : 215-245
[4] Basset A, Camain R, Lariviere M. Trois cas sénégalais de The epidemiology of human mycotic diseases. Springfield : [30] Dworzack DL, Pollock AS, Hodges GR, Barnes WG, Ajello
phycomycoses. Bull Soc Pathol Exot 1963 ; 56 : 108-112 CC Thomas, 1975 : 178196 L, Padhyee AA. Zygomycosis of the maxillary sinus and pal-
[5] Bauer RW, Lemarie SL, Roy AF, Aranjo M, Das GS, Men- [18] CoelhoFilho JC, Pereira J, Rabello A. Mediastinal and pul- ate caused by Basidiobolus haptosporus. Arch Intern Med
donca N et al. Oral conidiobolomycosis in a dog. Vet Derma- monary entomophthoromycoses with superior vena cava 1978 ; 138 : 1274-1276
tol 1997 ; 8 : 115-120 syndrome. Case report. Rev Inst Med Trop de Sao Paulo
[31] Emmons CW, Bridges CH. Entomophthora coronata. The
[6] Bittencourt AL. Entomophthoromycoses. A review. Med Cu- 1989 ; 31 : 430-433
etiological agent of phycomycosis of horses. Mycologia
tan Ibero Latino Am 1988 ; 16 : 93-100 [19] Coremans-Pelseneer J. Isolation of Basidiobolus meristo- 1967 ; 53 : 307-312
[7] Bittencourt AL, Londero AT, Bittencourt AL, Gracas Santana, porus from natural sources. Mycopathol Mycol Appl 1973 ;
[32] Euzeby J. Les Entomophthorales. In : Mycologie médicale
Araujo M, Socorro FontouraPaes M. Occurence of subcuta- 49 : 173-176
et comparée. Collection fondation Marcel Merieux, 1992 :
neous zygomycosis caused by Basidiobolus haptosporus [20] Coremans-Pelseneer J. Biologie des champignons du genre Tome I, 161-167
with pulmonary involvement. Mycopathologia 1980 ; 11 : Basidiobolus Fidane 1886. Saprophytisme et pouvoir patho-
[33] Ferly-Therizol M, Ehouman A, Ouhon J, Assale G, Fakhry K,
155-158 gène. Acta Zoo Pathol Ant 1974 ; 60 : 1-142
Ette A. Deux cas de rhinophycomycose traités par le kétoco-
[8] Blache R, Destombes P, Nazimoff O. Nouvelles mycoses [21] Costa JM, Costa IS, Gaspar JM, Ferreira LA, Barahini MN. nazole. Bull Soc Fr Mycol Med 1982 ; 11 : 295-299
sous-cutanées au sud Cameroun. Bull Soc Pathol Exot Mucocutaneous entomophthoromycoses in the state of
1961 ; 54 : 56-63 Marunhäo, Brazil : clinical aspects and evolution. Anais Bra- [34] Floch JJ, Jacquetin JC, Declochement R. À propos d’un
sil Dermatol 1996 ; 71 : 29-33 nouveau cas d’entomophthoromycose découvert en Répu-
[9] Busapakum R, YoungChaiyud U, Sriumpai S, Segretin G, blique Unie du Cameroun. Bull Soc Pathol Exot 1979 ; 72 :
Fromentin H,. Disseminated infection with Conidiobolus in- [22] Davis SR, Ellis DH, Goldwater P, Dimitrou S, Buyard R. First 424-430
congruus. Sabouraudia 1983 ; 21 : 323-330 human culture-proven Australian case of entomophthoromy-
cosis caused by Basidiobolus ranarum. J Med Vet Mycol [35] Fomufold AR, Antia AU. Successful treatment of subcutane-
[10] Camerlynck P, DeBievre C, Caillot D, Cuissenier B, Guy M. ous phycomycosis with trimethoprim - sulfamethoxazole.
Isolement de Basidiobolus haptosporus, Dreschler1947, 1994 ; 32 : 225-230
Trop GeorgMed 1971 ; 23 : 208-211
chez un patient atteint d’un lymphome malin. Bull Soc Fr [23] DeAguilar EW, Moraes C, Londero AT. Gastrointestinal ento-
Mycol Med 1986 ; 15 : 323-328 mophthoromycosis caused by Basidiobolus haptosporus. [36] Foss NT, Rocha MR, Lima VT, Velludo MA, Roselino AM.
[11] Cameron HM. Entomophthoromycosis. Beerse : Tropical Mycopathologia 1980 ; 72 : 101-105 Entomophthoromycosis: therapeutic success by using am-
Mycoses. Janssen Research Council, 1989 : 187-197 photericin B and terbinafine. Dermatology 1996 ; 193 :
[24] Debrie JC, Cornessa CL, Martet G, Lecamus JL, Touze JE.
258-260
[12] Carme B, Nevez G, Ebikili B, Kokolo J, Plassart H. Basidio- Approches nouvelles des phycomycoses. À propos de deux
bolomycose : une observation chez un enfant congolais cas de rhinoentomophthoromycoses. Med Trop 1991 ; 51 : [37] Fournier S, Dupont B, Begue L, Improvisi L, Saint-Martin L,
avec régression rapide sous kétoconazole. Cahier/santé 191-200 Huerre M. Infection rhino-faciale à Conidiobolus coranatus
1995 ; 5 : 346-347 [25] Destombes P, Ravisse P, Nazimoff O. Bilan des mycoses avec lyse osseuse et adénomégalies. Difficultés thérapeuti-
profondes établi en 20 années d’histopathologie à l’Institut ques. J Mycol Med 1995 ; 5 (suppl 1) : 35-39
[13] Carme B, Winter C, Ilougou K. Rhinoentomophthoromycose
- Aspects thérapeutiques des deux premiers cas congolais. Pasteur de Brazzaville. Bull Soc Pathol Exot 1970 ; 63 : [38] Fromentin H. Enzymatic charactererization with the APIZIM
Bull Soc Pathol Exot 1988 ; 81 : 211-217 315-324 system of entomophthorales potentialy pathogenic to man.
[14] Carrere C, Simon F, Moncade F, Martet G. À propos d’un [26] Dreschler C. Formation of sporangia from conidia and hy- Curr Microbiol 1982 ; 7 : 315-318
cas de rhinoentomophthoromycose observé en zone sèche phal segments in an Indonesian Basidiobolus. Am J Bot [39] Fromentin H, Ravisse P. Les entomophthoromycoses tropi-
africaine (Somalie). Med Trop 1994 ; 54 : 239-241 1958 ; 45 : 632-638 cales. Acta Trop 1977 ; 34 : 375-394

page 6
Maladies infectieuses ZYGOMYCOSES (II) : ENTOMOPHTHOROMYCOSES 8-614-B-11

[40] Fromentin H, Segretain GL, Segretain GM. Identification [60] Miller RI, Campbell RS. Clinical observations in equine phy- [81] Rippon JW. Zygomycosis. In : Rippon JM ed. Medical mycol-
d’un Conidiobolus incongruus agent d’une mycose profonde comycosis. Aust Vet J 1982 ; 58 : 221-226 ogy. Philadelphia : WB Saunders, 1988 : 681713
en Thaïlande. Bull Soc Fr Mycol Med 1981 ; 10 : 77-80 [61] Miller RI, Turnwald GH. Disseminated basidiobolomycosis [82] Rodrigues O, Commey JO. Basidiobolomycoses in Ghana-
[41] Grateau P, Rigaud A, Drouhet E, Mariat F. Phycomycose à in a dog. Vet Pathol 1984 ; 21 : 117-119 ian children. Trop Doct 1994 ; 24 : 170-171
Entomophthora coronata, essais thérapeutiques. Bull Soc Fr [62] Nazir Z, Hasan R, Pervaiz S, Moazam F. Invasive retroperi- [83] Roy AD, Cameron MH. Rhinophycomycosis entomophtho-
Mycol Med 1974 ; 3 : 113-116 toneal infection due to Basidiobolus ranarum with response rae in a Chimpanzae in wild in East Africa. Am J Trop Med
[42] Gugnani MC, Okafor JI. Mycotic flora of intestine and other to potassium iodide case report and review of literature. Ann Hyg 1972 ; 21 : 234-237
internal organes of certain reptiles and amphibians with spe- Trop Paediatr 1997 ; 17 : 161-164
cial reference to charactererization of Basidiobolus isolates. [84] Schmidt JH, Howard RJ, Chen JL, Pierson KK. First culture
[63] Nelson RT, Yangco BG, Testrake D, Cochrame BJ. Genetic - proven gastro-intestinal entomophthoromycose in the
Mykosen 1980 ; 23 : 260-268 studies in the genus Basidiobolus. II Phylogenetic relation- United States: a case report and review of the literature. My-
[43] Hocquet P. Les Phycomycoses. Dermatologica 1979 ; 158 : ships inferred from ribosomial DNA analysis. Exp Mycol copathologia 1986 ; 95 : 101-104
1-11 1990 ; 14 : 197-206
[44] Humber RA, Brown CC, Kornegay RW. Equine zygomyco- [85] Scholtens RE, Harrison SM. Subcutaneous phycomycosis.
[64] Nwosu MO, Okafor JI. Preliminary studies of the antifungal Trop Georg Med 1994 ; 46 : 371-373
sis caused by C lamprauges. J Clin Microbiol 1989 ; 27 : activities of some medicinal plants against Basidiobolus and
573-576 some other pathogenic fungi. Mycoses 1995 ; 38 : 191-195 [86] Segura JJ, Gonzales K, Berrocal J, Marin G. Rhinoento-
[45] Jaffey PB, Haque AH, El Zoatari M, Pasarell L, McGinnis mophthoromycosis: report of the first two cases observed in
[65] Ochoa LF, Duque CS, Velez A. Rhinoentomophthoromyco-
MR. Disseminated Conidiobolus infection with endocarditis Costa Rica and review of the literature. Am J Trop Med Hyg
sis. Report of two cases. J laryngol Otol 1996 ; 110 :
in a cocaine abuser. Arch Pathol Lab Med 1990 ; 114 : 1981 ; 30 : 1078-1084
1154-1156
1276-1278 [87] Shaoxi W, Ningru G, Guixiz L, Zhuyn X, Yong-Nain S. Basid-
[66] Okafor JL. Purification et characterization of protease en-
[46] Kamalan A, Sentamilselvi G, Thambiah AS. Entomophthoro- zymes of Basidiobolus and Conidiobolus species. Mycoses iobolomycosis in China sucessfully treated with itraconazole.
mycosis. Proc R Coll Phys Edinburgh 1992 ; 22 : 52-59 1994 ; 37 : 265-269 J Mycol Med 1997 ; 7 : 40-42
[47] Kamalan A, Thambiah AS. Lymph node invasion by Conid- [67] Okafor JL, Gugnani HC. Nasal entomophthoromycosis in Ni- [88] Sood D, Sethy S, Banerjee U. Entomophthoromycosis due
iobolus coronatus and its spore formation in vivo. Sabourau- geria Igbos. Trop Georg Med 1983 ; 35 : 53-57 to Basidiobolus haptosporus. Mycoses 1997 ; 40 : 345-346
dia 1978 ; 16 : 175-184 [89] Speare R, Thomas AD. Kangaroos and wallabies as carriers
[68] Okafor JL, Gugnani HC, Jacob A. Nasal entomophthoromy-
[48] Kamalan A, Thambiah AS. Muscle invasion by Basidiobolus cosis with laryngeal involment. Mykosen 1983 ; 26 : 471-474 of Basidiobolus haptosporus. Aust Vet J 1985 ; 62 : 209-211
haptosporus. J Med Vet Mycol 1984 ; 22 : 273-271
[69] Okafor JL, Testrake D, Mushinsky HR, Yango BG. A Basid- [90] Sweeney JC, Migaki G. Systemic mycosis in marine ani-
[49] Kelly SN, Gill N, Hutt MR. Subcutaneous phycomycosis in iobolus sp and association with reptiles and amphibians in mals. J Am Vet Med Assoc 1976 ; 169 : 946-948
Sierra Leone. Trans R Soc Trop Med Hyg 1980 ; 74 : southern Florida. Sabouraudia 1984 ; 22 : 47-51
396-397 [91] Taylor GD, Sekhon AS, Tyrelle DL, Goldsano G. Rhinofacial
[70] Pasha TM, Leighton JA, Smilack JD, Heppell J, Colby TV, zygomycosis caused by Conidiobolus coronatus: a case re-
[50] King DS. Entomophthorales. In : Howard DH ed. Fungi Kaufman L. Basidiobolomycosis an unusual fungal infection port including in vitro sensitivity to antimitotic agents. Am J
pathogenic for humans and animals. New York : Marcel Dek- mimicking inflammatory bowel disease. Gastroenterology Trop Med Hyg 1987 ; 36 : 398-401
ker, 1983 ; 3 : 8172 1997 ; 112 : 250-254 [92] Testa J, Vuillecard E, Ravisse P, Dupont B, Gonzalez JP,
[51] Kwon-Chung KJ, Bennett JE. Entomophthoromycosis. In : [71] Pecarrere JL, Huerre M, Lafond P, Esterre P, Raharisolo C, Georges AJ. Deux nouveaux cas de rhinoentomophthoromy-
Kwon-Chung KJ, Bennett JE eds. Medical Mycology. Phila-
DeRotalier P. Les entomophthoromycoses à Madagascar (à coses diagnostiqués en République Centre Africaine. Re-
delphia : Lea and Febiger, 1992 : 447-463
propos de trois cas malgaches). Arch Inst Past Madagascar vue de la littérature. Bull Soc Pathol Exot 1987 ; 80 : 781-799
[52] Latge JP. Un nouveau caractère physiologique permettant 1994 ; 61 : 99-102
la différenciation des genres Basidiobolus et Entomophthora [93] Testa J, Lagarde R, Nali NN, Georges AJ. Premier cas de
[72] Peloux Y, Foucard M. La phycomycose. Med Trop 1964 ; basidiobolomycose diagnostiqué en République Centre Afri-
pathogènes de l’homme. Bull Soc Fr Mycol Med 1975 ; 4 :
24 : 447-451 caine avec isolement de la souche. Bull Soc Pathol Exot
25-29
[73] Piens MA, Garin C, RichardLenoble D, Garin JP. Premier 1990 ; 83 : 37-42
[53] Leon-Bojorde B, De Ruis Maldonado R, LoyerMartinez R.
Subcutaneous phycomycosis caused by Basidiobolus hap- cas de phycomycose sous-cutanée observée au Gabon et [94] Tourte-Schaefer CJ, Dupouy-Camet J, Kpodzro K, Djato N,
tosporus. A clinicopathologic and mycologic study in a child. traité avec succès par le kétoconazole. Bull Soc Pathol Exot Agbo K, Assimadi K. Premier cas togolais de basidiobolomy-
Pediatr Dermatol 1988 ; 5 : 33-36 1985 ; 78 : 170-178 cose. Bull Soc Fr Mycol Med 1985 ; 14 : 103-106
[54] Loubiere R, Salaun JJ, Doucet J, Assale G, Freitlere Y, Ette [74] Ravisse P. Le phénomène de Splendore-Hoeppli, point de [95] Towersey L, Wanke B, Estrella RR, Londero A, Mendocca
A et al. Aspects anatomopathologiques des phycomycoses. vue d’un pathologiste. Bull Soc Fr Mycol Med 1984 ; 13 : AM, Neves RG. Conidiobolus coronatus infection treated
À propos de six cas observés en Côte-d’Ivoire. Bull Soc Pa- 409-414 with ketoconazole. Arch Dermatol 1988 ; 124 : 1392-1396
thol Exot 1976 ; 69 : 40-43 [75] Ravisse P. Les entomophthoromycoses. Bull Soc Fr Mycol
[96] Vuillecard E, Testa J, Ravisse P, Dupont B, Gonzales JP,
[55] Mahe A, Huerre M, Keita S, Traore F, Bobin P. Basidiolomy- Med 1987 ; 16 : 51-60
Georges AJ. Traitement de trois cas de rhinoentomophthoro-
cose traitée avec succès par l’itraconazole. Ann Dermatol [76] Ravisse P, Destombes P, Legonidec G. Dix nouvelles obser- mycose par l’itraconazole. Bull Soc Fr Mycol Med 1987 ;
Venereol 1996 ; 123 : 182-184 vations de mycoses par les Entomophthorales au Came- 16 : 403-410
[56] Marshall DN, Keller AP, Lerner CJ, Jefferson CD. Entomoph- roun. Bull Soc Pathol Exot 1976 ; 69 : 33-39
[97] Walker SD, Clark RV, King CT, Humphries JE, Lytle LS, Bu-
torales infection of the maxillo facial region. Laryngoscope [77] Ravisse P, Drouhet E, Dupont B. Premier cas d’ento- tkus DE. Fatal disseminated Conidiobolus coronatus infec-
1982 ; 92 : 767-777 mophthoromycose en République de Guinée. Guérison par tion in a renal transplant patient. Am J Clin Pathol 1992 ; 98 :
[57] Martinson FD, Clark BM. Rhinophycomycosis Entomoph- le kétoconazole. Bull Soc Fr Mycol Med 1985 ; 14 : 99-102 559-564
thora in Nigeria. Am J Trop Med Hyg 1967 ; 16 : 40-47 [78] Renoirte R, Vandepitte J, Gatti F, Werth F, Werth R. Phyco-
mycose naso-faciale (rhino-phycomycose) due to Ento- [98] Walsh TP, Renshaw G, Andrews J, Kwon-Chung J, Cunnion
[58] Mayorga Rodriguez JA, Munoz Estrada FV, Arosemena Se- RC, Pass HI et al. Invasive zygomycosis due to Conidiobo-
rkisian R, Morales Ortiz R, Fajardo Barajas D, BarbaGomez mophthora coronata. Bull Soc Pathol Exot 1965 ; 58 :
867-872 lus incongruus. Clin Infect Dis 1994 ; 19 : 423-430
JM. Nasal and paranasal infection caused by Conidiobolus
coronatus : first case in Mexico. Rev Ibero Am Micol 1996 ; [79] Restrepo A, Greer D, Robledo M, Diaz C, Lopez GM, Bravo [99] Winter C, Carme B. Premier cas de rhinoentomophthoromy-
13 : 6-7 CC. Subcutaneous phycomycosis: report of the first case ob- cose observé en République Populaire du Congo. Bull Soc
served in Colombia, South America. Am J Trop Med Hyg Pathol Exot 1984 ; 77 : 377-384
[59] Michel G, Ravisse P, Lohoue-Petmy J, Steinmetz JP, Winter
C, Mbakop A et al. Cinq nouveaux cas d’entomophthoromy- 1976 ; 16 : 34-39 [100] Yangco BG, Okafor JL, Strake DT. In vitro susceptibilities of
cose observés au Cameroun. Place de l’immunofluores- [80] Ribeiro Costa A, Porto E, RebeiraPegas JR. Rhinofacial zy- human and wild-type isolates of Basidiobolus and Conid-
cence dans le diagnostic. Bull Soc Pathol Exot 1992 ; 85 : gomycosis caused by Conidiobolus coronatus. Mycopatho- iobolus species. Antimicrob Agents Chemother 1983 ; 25 :
10-16 logia 1991 ; 115 : 1-8 413-416

page 7

Vous aimerez peut-être aussi