Le coauteur
I- LES CONDITIONS DE LA
COACTION
A. Le principe
Si plusieurs personnes participent à égalité
à la réalisation de l'infraction, elles sont
coauteurs: elles sont toutes auteur
principal de l'infraction car chacune a
personnellement commis les éléments
matériel et moral pénalement sanctionnés
par la loi.
B. Difficulté d’application
Il peut être parfois difficile de déterminer
avec précision le rôle exact joué par
chaque participant dans le cas notamment
d'une infraction collective. La
jurisprudence qualifie de coauteurs
l'ensemble des membres du groupe ayant
participé à l'infraction. Ainsi, en matière de
violences, si plusieurs individus y ont
participé, ils sont qualifiés de coauteurs
(Cass. crim 1er oct. 1984).
Il arrive que des coauteurs soient
considérés comme des complices : c'est la
théorie de la complicité corespective. La
jurisprudence estimait que le coauteur
d'un crime aidait nécessairement l'autre
auteur dans les faits et devenait donc par
la force des choses son complice. Cela
permettait de lui appliquer la peine qu'il
aurait encourue s'il avait été complice. Ce
subterfuge jurisprudentiel a perdu tout
intérêt car aujourd'hui le complice est puni
comme auteur.
La jurisprudence a tendance à considérer
comme coauteurs ceux participent à la
commission
qui
de l'infraction, même s'ils n'ont pas réalisé
directement l'élément matériel.
Ex : Celui qui fait le guet pendant
l'exécution d'un vol.
Il. Une extension de la catégorie des
coauteurs par la loi et la
jurisprudence:
on constate une tendance à l'extension de
la catégorie des coauteurs qui s'opèrent
au détriment de celle des complices sous
l'influence, soit de la loi, soit de la
jurisprudence.
A. Une extension de la catégorie par
la loi:
La loi le fait lorsqu'elle intègre la pluralité
de participants à l'élément constitutifs de
l'infraction.
C'est ce qui se passe quand on est en
présence de l'infraction collective par
nature, c'est-à-dire une infraction qui ne
peut pas être commise par une seule
personne. Ici l'infraction nécessite une
pluralité de participants. On trouve
plusieurs types d'infractions dans cette
catégorie.
On retrouve les crimes contre l'humanite
des articles 211 - 1 et suivants, dans la
mesure où cela doit être commis en
concertation, c'est-a-dire plusieurs
participants.
On y trouve toute une série d'infraction en
matière politique qui constitue des
atteintes soit aux intérêts fondamentaux
de la nation, livre 4 titre 1 du code pénal,
soit des atteintes à l'autorité de l'état, titre
4 livre 3. Par exemple le complot dans
l'article 412 - 2, c'est la résolution arrêtée
entre plusieurs personnes de commettre
un attentat contre la, république. On range
dans cette catégorie l'association de
malfaiteur, de l'article 450 - 1.
B. Une extension de la catégorie par
la jurisprudence:
La jurisprudence étend la catégorie des
coauteurs lorsqu'elle préfère traiter deux
individus comme deux auteurs et non pas
l'un complice de l'autre.
● - C'est ce qu'elle fait à l'encontre
des comparses. Les comparses ce
sont ceux qui ont agit
simultanément avec l'idée de se
substituer l'un à l'autre en cas de
besoins. Cette jurisprudence est
ancienne, par exemple, au 19e, en
1827, la chambre criminelle
considérait déjà comme un coauteur
celui qui assiste l'auteur dans les
faits de consommation de
l'infraction. Sur cette base la
chambre criminelle a considéré
comme un coauteur le guetteur ou
celui qui distrait la victime pendant
que l'auteur matériel va agir. A
l'époque, considérer le guetteur
comme un coauteur avait un intérêt
car cela permettait d'appliquer la
circonstance aggravante de
commission de l'infraction en
réunion. Aujourd'hui cet intérêt
n'existe plus dans la mesure ou le
nouveau code pénal a définit la
réunion comme la commission de
l'infraction par plusieurs personnas
agissant en qualité d'auteur ou de
complice.
● - La jurisprudence illustre cette
tendance à l'extension de la
catégorie des coauteurs en matière
de participation à des violences,
volontaires ou involontaires, lorsqu'il
n'est pas possible de savoir qui a
exactement fait quoi au cours d'une
scène de violence. La jurisprudence
a pris le parti de dire que tous ceux
qui ce sont associés à ces violences
doivent répondre pénalement de ces
conséquences en tant que
coauteurs, et sans qu'il soit
nécessaire de préciser la part
respective de chacun.
●
● On trouve cette jurisprudence en
matière de violence volontaire,
d'homicide et de blessure
intentionnelle. La chambre criminelle
a affirmé dans un arrêt du 13 juin
1972 que chacun des auteurs avait
volontairement pris part au fait
unique que constituait cette scène
de violence. Cette jurisprudence
n'est pas très critiquable en matière
d'infraction volontaire. Dans le cas
de celui qui est condamné sans
avoir porté le coup fatal. Cette
personne pourrait être considérée
comme complice. Or le complice est
puni comme auteur de l'infraction.
On pourrait au moins le considérer
comme auteur d'une tentative
d'homicide, or dans ce cas la
responsabilité pénale est en jeu.
● - En matière d'infraction non
intentionnelle, plusieurs personnes
tirent successivement avec la même
arme en direction de la victime. On
ne sait pas qui a tiré la balle qui a
atteint la victime. La chambre
criminelle dans un arrêt du 15 mai
1978 a retenu la responsabilité
pénale de tous les participants en
disant qu'ils avaient participés
ensemble à une action
essentiellement dangereuse et créé
un risque grave par leur commune
imprudence, dont un tiers a été la
victime. Ici la solution est plus
contestable dans la mesure où il ne
serait pas possible de considérer
celui qui n'a pas atteint la victime
comme un complice ou l'auteur
d'une infraction tentée. La
complicité d'une infraction
involontaire est une question tres
controversée. Par ailleurs il n'y a pas
de tentative d'infraction involontaire.
La jurisprudence est beaucoup plus
critiquable.