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Mécanismes d'action de la mélisse et valériane

La thèse de Stéphanie Pineau, soutenue en 2012, explore les mécanismes d'action des composés de la mélisse et de la valériane, en mettant en lumière leurs applications potentielles en pharmacie et en phytosanitaire. Elle aborde les propriétés thérapeutiques, la composition chimique et les activités pharmacologiques de ces plantes. Le document inclut également des remerciements et une liste des enseignants impliqués dans le programme de pharmacie.

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Mécanismes d'action de la mélisse et valériane

La thèse de Stéphanie Pineau, soutenue en 2012, explore les mécanismes d'action des composés de la mélisse et de la valériane, en mettant en lumière leurs applications potentielles en pharmacie et en phytosanitaire. Elle aborde les propriétés thérapeutiques, la composition chimique et les activités pharmacologiques de ces plantes. Le document inclut également des remerciements et une liste des enseignants impliqués dans le programme de pharmacie.

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Année universitaire 2011-2012

THÈSE

pour le

DIPLÔME D'ÉTAT DE DOCTEUR EN PHARMACIE

par

PINEAU Stéphanie

née le 11 mars 1988 à Angers (49)

----------------

soutenue publiquement le 3 décembre 2012

----------------

Mécanismes d’action cellulaires et physiologiques des composés


de la mélisse (Melissa officinalis L.) et de la valériane (Valeriana
officinalis L.)

Caractérisation et perspectives d’applications pharmaceutiques et


phytosanitaires.

JURY :

Président : M. Pascal RICHOMME


Directeur : M. César MATTEI
Co-directeur : M. Christian LEGROS
Membres : M. Denis BELLENOT
Mme Patricia LICZNAR

Département Pharmacie
16, Boulevard Daviers - 49045 ANGERS Cedex - Tél. : 02 41 22 66 00 - Fax : 02 41
22 66 34
Liste des enseignants

Année Universitaire 2012-2013

PROFESSEURS Disciplines

BENOIT Jean-Pierre Pharmacotechnie

BOUET Gilles Chimie Physique Générale et Minérale

BOURY Franck Biophysique

CALENDA Alphonse Biologie Moléculaire - Biotechnologie

DUVAL Olivier Chimie Thérapeutique

FOUSSARD Françoise Biochimie Générale et Clinique

JARDEL Alain Physiologie

MAHAZA Chetaou Bactériologie - Virologie


MARCHAIS Véronique Bactériologie et Virologie

MAURAS Geneviève Biologie Cellulaire

MAURAS Yves Toxicologie


PASSIRANI Catherine Chimie générale – Chimie analytique

RICHOMME Pascal Pharmacognosie

ROBERT Raymond Parasitologie et Mycologie médicale

SAULNIER Patrick Biophysique pharmaceutique et biostatistiques

SERAPHIN Denis Chimie Organique

VENIER Marie-Claire Pharmacotechnie

MAITRES DE CONFERENCES Disciplines

ANNAIX Véronique Biochimie Générale et Clinique

BASTIAT Guillaume Biophysique pharmaceutique et biostatistiques

BAGLIN Isabelle Pharmaco - Chimie

BATAILLE Nelly Biologie Cellulaire et Moléculaire

BENOIT Jacqueline Pharmacologie et Pharmacocinétique

CLÈRE Nicolas Pharmacologie

CORVEZ Pol Sémiologie


DERBRE Séverine Pharmacognosie
MAITRES DE CONFERENCES Disciplines

DUBREUIL Véronique Chimie Analytique


ÉVEILLARD Matthieu Bactériologie - Virologie
FAURE Sébastien Pharmacologie Physiologie
FLEURY Maxime Immunologie
GALLAND Françoise Biophysique
GIRAUD Sandrine Biologie moléculaire et cellulaire
GUILET David Chimie Analytique
HELESBEUX Jean-Jacques Chimie Organique
JOLIVET Jean-Paul Biophysique
KHAN Mustayeen Chimie Générale et Minérale
LAGARCE Frédéric Pharmacotechnie-Biopharmacie
LANDREAU Anne Botanique
LARCHER Gérald Biochimie Générale et Clinique
LE RAY Anne-Marie Valorisation des substances naturelles
LICZNAR Patricia Bactériologie - Virologie
MALLET Marie-Sabine Chimie Analytique et Bromatologie
MAROT Agnès Parasitologie et Mycologie médicale
MILTGEN-LANCELOT Caroline Management et gestion des organisations
de santé
NAIL BILLAUD Sandrine Immunologie
OGER Jean-Michel Chimie
PECH Brigitte Pharmacotechnie
SCHINKOVITZ Andréas Pharmacognosie
TRICAUD Anne Biologie Cellulaire

A.H.U. Disciplines

SPIESSER-ROBELET Laurence Pharmacie clinique et Éducation Thérapeutique

PRAG (Professeurs Agrégés) Disciplines

HANOTTE Caroline Economie – Gestion


ROUX Martine Espagnol

PRCE (Professeurs certifiés affectés dans


l’enseignement supérieur)

Anglais
GENARD Nicole
Anglais
LECOMTE Stéphane
″La science ne sert qu’à vérifier les découvertes de l’instinct″
Jean Cocteau (extrait de Le Potomak)
Mes sincères remerciements à César Mattei et Christian Legros, mes directeurs de
thèse pour m’avoir permis de travailler sur un sujet qui m’intéresse, de m’avoir suivie dans
mes recherches et apporter leur aide lorsqu’il le fallait.

Mes remerciements à Pascal Richomme, professeur de pharmacognosie et directeur


du SONAS pour avoir encadré la partie phytochimie et corrigé mon travail. Je le remercie
d’avoir accepté de présider ma soutenance.

Mes remerciements à Denis Bellenot pour avoir accepté de m’aider au départ de ce


travail, de m’avoir rencontrée, et m’avoir permis d’emprunter des documents à l’ITEIPMAI.
Je le remercie pour les précisions qu’il m’a apportées sur la législation des produits de
phytothérapie.

Mes remerciements à Mme Licznar sans qui je n’aurais jamais su que ce sujet
m’attendait.

Mes remerciements pour leur participation au cours de mes recherches à l’antenne


de Volx du Ministère de l’Agriculture, la Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire, au
CPPARM, à Végépolys, au jardin Camifolia, à l’association professionnelle Phytolia, et aux
producteurs de la région de Chemillé.

Mes remerciements à mes maîtres de stage Mme Lesca et Mme Viault qui m’ont
toutes les deux accueillie au sein de leur officine dans d’excellentes conditions et m’ont
beaucoup appris sur la pratique du métier de pharmacien.

Mes chaleureux remerciements à mes amis de la maternelle jusqu’à la fac, pour les
bons moments passés ensemble. Le bac, les partiels, les dossiers en tout genre, la thèse,
nous avons réussi cela ensemble, j’espère pouvoir encore passer à vos côtés les moments
clés de ma vie.

Mes remerciements les plus affectueux à mes parents qui n’ont jamais douté de moi
et m’ont laissé suivre la voie que je souhaitais.

Mes remerciements les plus tendres à Simon pour son soutien permanent et son
amour.
Sommaire
SOMMAIRE 11
TABLE DES ABRÉVIATIONS ET ACRONYMES 15
LEXIQUE 19
LISTE DES TABLEAUX 23
LISTE DES FIGURES 25
AVANT-PROPOS 27
INTRODUCTION 31
A. LA MÉLISSE (MELISSA OFFICINALIS L.) ........................................................................................ 33
1. DESCRIPTION BOTANIQUE 33
2. HABITAT 35
3. CULTURE ET RÉCOLTE 35
4. UTILISATION TRADITIONNELLE ET CONTEMPORAINE 37
5. AUTHENTIFICATION ET ANALYSE DE LA DROGUE* 39
B. LA VALÉRIANE (VALERIANA OFFICINALIS L.) ............................................................................... 39
1. DESCRIPTION BOTANIQUE 39
2. HABITAT 41
3. CULTURE 41
4. UTILISATION TRADITIONNELLE ET CONTEMPORAINE 43
5. AUTHENTIFICATION ET ANALYSE DE LA DROGUE* 43
I. USAGES TRADITIONNELS ET ÉTUDES DES PROPRIÉTÉS THÉRAPEUTIQUES DE
LA MÉLISSE ET DE LA VALÉRIANE 45
A. PROPRIÉTÉS DE LA MÉLISSE ......................................................................................................... 45
1. ANTALGIQUE DANS LES DOULEURS D’ORIGINE DIGESTIVE 45
2. EFFETS SUR LE SYSTÈME NERVEUX CENTRAL 49
3. ANTIOXYDANT 53
4. VIRUCIDE 55
5. PHYTOSANITAIRE 59
B. PROPRIÉTÉS DE LA VALÉRIANE ..................................................................................................... 59
1. EFFETS CLINIQUES 61
2. EFFETS PHARMACOLOGIQUES 65
C. ÉTUDES D’UNE ASSOCIATION MÉLISSE-VALÉRIANE .................................................................... 69
1. EFFETS SUR LES TROUBLES DU SOMMEIL 69
2. EFFETS FACE À UN STRESS INDUIT 69
3. EFFETS SUR DES SUJETS SAINS 71
II. COMPOSITION CHIMIQUE DE LA MÉLISSE ET DE LA VALÉRIANE 73
A. COMPOSITION CHIMIQUE DE LA MÉLISSE .................................................................................... 73
1. COMPOSITION CHIMIQUE DES FEUILLES DE MÉLISSE 73
2. COMPOSITION CHIMIQUE DE L’HUILE ESSENTIELLE* DE MÉLISSE 77
B. COMPOSITION CHIMIQUE DE LA VALÉRIANE ............................................................................... 85
1. COMPOSITION CHIMIQUE DES RACINES DE VALÉRIANE 85
2. COMPOSITION CHIMIQUE DE L’HUILE ESSENTIELLE* DE VALÉRIANE 91

III. ACTIVITÉS PHARMACOLOGIQUES DES COMPOSÉS DE LA MÉLISSE ET DE LA


VALÉRIANE 99
A. SYSTÈME NERVEUX........................................................................................................................ 99
11
1. INTERACTION AVEC LE SYSTÈME GABAERGIQUE 99
2. ACTION SUR LES RÉCEPTEURS DE LA VANILLOÏDE 105
3. INTERACTION AVEC LE SYSTÈME ADÉNOSINE 107
4. ACTION SUR LES RÉCEPTEURS SÉROTONINERGIQUES 109
B. MYORELAXANT ............................................................................................................................ 111
C. ANTIOXYDANT ............................................................................................................................. 113
D. ANTI-INFLAMMATOIRE ............................................................................................................... 113
1. MÉCANISMES DE L’INFLAMMATION 113
2. EFFET ANTI-INFLAMMATOIRE 113
E. ANTIMICROBIEN .......................................................................................................................... 121
1. BACTÉRICIDE 121
2. FONGICIDE 121
F. PHYTOSANITAIRE ......................................................................................................................... 123
1. INSECTICIDE 123
2. INSECTIFUGE 125
3. EFFET PHEROMON-LIKE 125
4. ANTI-GERMINATIF 127
5. NÉMATICIDE 127
G. BIODISPONIBILITÉS ET TOXICITÉS ÉVENTUELLES ..................................................................... 127
1. BIODISPONIBILITÉ 129
2. TOXICITÉ ÉVENTUELLE 131
CONCLUSION ET PERSPECTIVES 133
BIBLIOGRAPHIE 139
TABLE DES MATIÈRES 153
ANNEXES I
ENGAGEMENT DE NON PLAGIAT LI

13
Table des abréviations et acronymes

5-HT : 5-hydroxytryptamine, appelée CPPARM : Comité des Plantes à Parfum


sérotonine Aromatiques et Médicinales
ADAS-cog : Cognitive subscale of DEQM : Direction Européenne de la
Alzheimer’s Disease Assessment Scale = Qualité du Médicament
échelle d’évaluation de la maladie DER [x:x]: Drug to Extract Ratio
d’Alzheimer, sous-partie relative aux [quantité de plante initiale : quantité
facultés cognitives d’extrait obtenu]
ADN : Acide DésoxyriboNucléique DPPH : 1,1-DiPhényl-2-PicrylHydrazyle
AFSSaPS : Agence Française de Sécurité EFSA : European Food Safety Authority =
Sanitaire des Produits de Santé Autorité Européenne de sécurité
AMM : Autorisation de Mise sur le alimentaire
Marché EGFP : Enhanced green fluorescence
AMPA : α-Amino-3-hydroxy-5-Méthyl-4- protein
isoxasolePropionate
EMA : European Medicine Agency =
AMPc : Adénosine MonoPhosphate Agence Européenne du médicament*
cyclique EPA : (U.S.) Environmental Protection
ANSM : Agence Nationale de Sécurité du Agency = Agence américaine de la
Médicament* et des produits de santé protection de l’environnement
APG : Angiosperm Phylogeny Group = GABA : Acide Gamma-AminoButyrique
groupe phylogénétique des Angiospermes GABA-T : GABA transaminase
ARNc : Acide RiboNucléique codant GAT : GABA Transporter = transporteur
ARNm : Acide RiboNucléique messager du GABA
AVC : Accident Vasculaire Cérébral GLC4 (cell line) : Small cell Lung
Carcinoma
CB-2 (récepteurs) : Récepteurs
cannabinoïdes de type 2 HEK : Human Embryonic Kidney
CE : Communauté Européenne HEp-2 : Human epithelial type 2
CE50 et DE50 : Concentration et Dose HMPC : Committee on Herbal Medicinal
efficace 50* Products = Comité des produits à base de
plantes médicinales
CHO (cellules) : Chinese Hamster Ovary
cells HSV : Herpes simplex virus
CI50 : Concentration Inhibitrice 50* IFN-γ : Interféron gamma
CL50 et DL50 : Concentration et Dose IL : Interleukine
létale 50* iNOS : Monoxyde d’azote synthase
CMB : Concentration Minimale inductible
Bactéricide* INRA : Institut National de la Recherche
COLO 320 (cell line) : Human Agronomique
COLOrectal cancer cell line
Ip : Intra-péritonéal
COX-2 : Cyclo-oxygénase de type 2

15
ITEIPMAI : Institut technique RGABA-A : Récepteurs GABA de type A
interprofessionnel des plantes à parfum, ROS : Reactive Oxygen Species = dérivés
médicinales et aromatiques réactifs de l’oxygène
IVHD : IsoValéroxy- SIDA : Syndrome d’ImmunoDéficience
HydroxyDihydrovaltrate Acquise
LPS : Lipopolysaccharide* SNC : Système Nerveux Central
M. officinalis : Melissa officinalis
SONAS : (Laboratoire) Substances
MAO-A : MonoAmine Oxydase de type A d’Origine Naturelle et Analogues
Structuraux
MAPK : Mitogen-Activated Protein
Kinases Subsp. : Subspecies = sous-espèce
NF-κB : Nuclear Factor-kappa B TGF : Tumor Growth Factor
NK : Natural Killer TNFα : Tumor Necrosis Factor alpha
NMDA : N-Méthyl-D-Aspartate TPA : 12-O-TetradecanoylPhorbol-13-
Acetate
NO : Monoxyde d’azote
TRPV : Transient Receptor Potential
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
Vanilloid
PAF : Platelet Activating Factor
TSH : Thyroid Stimulating Hormon
PBS : Phosphate Buffered Saline
UE : Union Européenne
P. cent : Pour cent
UPRES EA : Unité Propre de Recherche
PC12 : Pheochromocytome cells 12 de l’Enseignement Supérieur et Équipe
PDGF : Platelet-Derived Growth Factor d’Accueil

PG : Prostaglandine USC : Unité Sous Contrat

PHY : Physostigmine V. officinalis : Valeriana officinalis

PKA : Protéine Kinase de type A VEGF : Vascular Endothelial Growth


Factor
Ppm : Partie par million
VGaT : Vesicular GABA Transporter
RCIM : (Laboratoire) Récepteurs et
Canaux Ioniques Membranaires VIH : Virus de l’Immunodéficience
Humaine

17
Lexique
Les mots définis dans ce lexique sont indiqués dans le texte par un astérisque (*).
 Bisannuelle : se dit d’une plante dont le cycle se déroule sur deux ans.
 Caduque : partie de la muqueuse utérine se détachant avec le placenta à l’accouchement
(Delamare, 2006).
 CI50 : concentration nécessaire pour une inhibition de 50 % de la pousse bactérienne, ou
concentration d’antagoniste nécessaire pour obtenir la moitié de l’effet maximal généré
par une concentration donnée d’agoniste.
 CMI : plus faible concentration d’un produit pour laquelle la croissance microbienne est
inhibée après une incubation de 24 heures pour les bactéries et 5 jours pour les
champignons et levures.
 Cyme : inflorescence où chaque ramification est terminée par une fleur. Une ou deux
ramification(s) parte(nt) de l’axe principal un peu plus bas sous la fleur, puis une ou deux
ramification(s) parte(nt) de celles-ci et ainsi de suite (Dictionnaire Larousse, 2011).
 DE50 ou CE50: dose ou concentration d’une molécule pour laquelle on obtient la moitié de
l’effet maximal possible (Lüllemann et al., 2010).
 Didyname : qualifie les étamines lorsque, sur quatre étamines, deux sont plus courtes.
 DL50 : dose létale (en unité de masse d’un toxique/unité de masse d’une cible animale
testée) pour 50 % de la population étudiée.
 Drogue (végétale) : ″Les drogues végétales sont essentiellement des plantes, parties de
plantes ou algues, champignons, lichens, entiers, fragmentés ou brisés, utilisés en l’état,
soit le plus souvent sous forme desséchée, soit à l’état frais. […] Les drogues végétales
doivent être définies avec précision par la dénomination scientifique botanique selon le
système binomial (genre, espèce, variété, auteur).″(DEQM, 2011)
 Éréthisme cardiaque : excès d’activité du cœur, se traduisant par des palpitations
(Delamare, 2006).
 Exuviation : étape de la mue des arthropodes correspondant au rejet de la cuticule
(Dictionnaire Larousse, 2011).
 Huile essentielle : ″Produit odorant, généralement de composition complexe, obtenu à
partir d’une matière première végétale botaniquement définie, soit par entraînement à la
vapeur d’eau, soit par distillation sèche, soit par un procédé mécanique approprié sans
chauffage. Une huile essentielle est le plus souvent séparée de la phase aqueuse par un
procédé physique n’entraînant pas de changement significatif de sa composition″
(DEQM, 2011).
19
 Indéhiscent : se dit d’un fruit qui ne s’ouvre pas à maturité pour libérer les graines
(Dictionnaire Larousse, 2011).
 Inotrope positif ou négatif (effet) : respectivement augmentation ou diminution des
contractions du myocarde (Dictionnaire Larousse, 2011).
 Lipopolysaccharide : type d’endotoxine présent sur la membrane cellulaire des bactéries à
Gram négatif.
 Médicament : Art. 5111-1 du Code de la Santé publique – On entend par médicament
toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou
préventives à l'égard des maladies humaines ou animales, ainsi que toute substance ou
composition pouvant être utilisée chez l'homme ou chez l'animal ou pouvant leur être
administrée, en vue d'établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier
leurs fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique
ou métabolique (Secrétariat Général du Gouvernement, 2011).
 Pappus : aigrette de soies correspondant aux sépales persistants.
 Pennatiséqué : se dit d’une feuille à nervation pennée, divisée en plusieurs folioles.
 Phytothérapie : traitement des pathologies par les plantes.
 Vivace : se dit d’une plante dont le cycle est supérieur à deux ans et pouvant produire
plusieurs floraisons.

21
Liste des tableaux

Tableau 1 – Médicaments* à base de plantes contenant de la mélisse, autorisés en France ...... 36


Tableau 2 – Médicaments* à base de plantes contenant de la valériane, autorisés en France ... 42
Tableau 3 – Posologies recommandées par l’HMPC dans le cadre d’un usage traditionnel de
la mélisse .................................................................................................................................... 44
Tableau 4 – Posologies recommandées par l’HMPC dans le cadre d’un usage traditionnel et
reconnu de la valériane ............................................................................................................... 58
Tableau 5 – Effet d'un extrait hydro-alcoolique de valériane sur les contractions de l’iléon du
cochon d’Inde stimulé par 0,1 Hz ............................................................................................... 64
Tableau 6 – Évaluation des symptômes de l’hyperactivité et des troubles du sommeil à la
première et la seconde consultations .......................................................................................... 68
Tableau 7 – Potentialisation de la réponse des RGABA par différentes molécules végétales . 104
Tableau 8 – Les différents récepteurs sérotoninergiques identifiés et leurs caractéristiques ... 110
Tableau 9 – Médiateurs pro- et anti-inflammatoires ................................................................ 112
Tableau 10 – Effets de la quercétine et de l’acétate de bornyle sur la gestation des souris ..... 118
Tableau 11 – Activité antimicrobienne du xanthorrhizol ......................................................... 120
Tableau 12 – Effets du traitement oral par lignanes et néolignanes sur le quatrième stade
larvaire de Rhodnius prolixus ................................................................................................... 124

23
Liste des figures

Figure 1 – Mélisse officinale (Melissa officinalis) ..................................................................... 34


Figure 2 – Valériane officinale (Valeriana officinalis) .............................................................. 40
Figure 3 – Chronologie des indications de la mélisse ................................................................ 44
Figure 4 – Effets d'un extrait aqueux de M. officinalis sur le comportement de la souris dans
le test de la nage forcée............................................................................................................... 48
Figure 5 – Un extrait aqueux de mélisse possède une activité anti-VIH-1 concentration-
dépendante sur les cellules T Sup-T1 ......................................................................................... 56
Figure 6 – Effets de différentes fractions d’un extrait sec de mélisse sur la germination de
graines de laitue .......................................................................................................................... 58
Figure 7 – Effet inhibiteur concentration-dépendant d’un extrait de valériane surl’excitabilité
neuronale .................................................................................................................................... 66
Figure 8 – Effets d'un extrait aqueux et d’un extrait hydro-alcoolique de valériane sur la
fixation du glutamate en présence d’agonistes des récepteurs au glutamate .............................. 66
Figure 9 – Structure du récepteur GABA-A............................................................................. 100
Figure 10 – Structure du récepteur GABA-B ........................................................................... 100
Figure 11 – Mécanisme d’action du récepteur GABA-B ......................................................... 102
Figure 12 – Effet du (+)-bornéol sur les RGABA-A α1β2γ2L ................................................... 102
Figure 13 – Effets du géraniol et du linalol sur les RGABA-A ............................................... 104
Figure 14 – Les canaux TRP sensibles aux paramètres de l’environnement (température,
pH). ........................................................................................................................................... 106
Figure 15 – Augmentation de [Ca2+]i dans les cellules HEK293 exprimant TRPV3 ou
TRPV2 après exposition au carvacrol. ..................................................................................... 106
Figure 16 – La 5-hydroxytryptamine (5-HT), ou sérotonine.................................................... 108
Figure 17 – Effet du pinorésinol sur la production de NO induite par le LPS et l'expression
par la microglie primaire d’iNOS ............................................................................................. 114
Figure 18 – Effet du pinorésinol sur la production de PGE2 induite par le LPS et l'expression
par la microglie primaire de COX-2 ......................................................................................... 114
Figure 19 – Effet d'un traitement préventif (1) et curatif (2) par α–humulène et β–
caryophyllène............................................................................................................................ 116
Figure 20 – Action temps-dépendante des flavonoïdes sur la libération de TNFα induite par
le LPS ....................................................................................................................................... 118
Figure 21 – Numérotation des carbones de la quercétine ......................................................... 118
Figure 22 – Effets sur la germination des semences de laitue des différentes fractions d’un
extrait hydro-acétonique de M. officinalis ................................................................................ 126
Figure 23 – Structure générale des valépotriates, présence d’un cycle époxyde ..................... 130

25
Avant-propos
La mélisse (Melissa officinalis) et la valériane (Valeriana officinalis) sont consommées
par l’homme depuis l’Antiquité (Babulka, 2005), en infusion c’est-à-dire en tant qu’extrait
aqueux liquide, pour leurs vertus sédatives et relaxantes. Ces propriétés sont liées à des
observations empiriques des effets de ces plantes sur l’organisme. Or, il existe un regain
d’intérêt pour la phytothérapie* en tant que médecine alternative au sens où l’entend l’OMS,
et depuis quelques années, il est apparu sur le marché des extraits hydroalcooliques ou des
huiles essentielles, pour lesquelles les mêmes indications que pour les infusions sont
revendiquées. Il convient donc d’élucider ou de préciser les mécanismes d’action de leurs
divers constituants afin d’expliquer leur efficacité. Et ce, d’autant plus que la réglementation
européenne des compléments alimentaires et des médicaments* à base de plantes a évolué.
En effet, la période de transition de sept ans 1 de la directive 2004/24/CE (Annexe 1) a pris
fin le 1er mai 2011. Désormais, les médicaments* à base de plantes autorisés dans l’Union
Européenne (UE) sont ceux considérés comme ″traditionnels″ qui ont prouvé leur innocuité
(dans les conditions normales d’utilisation) et ayant un passé montrant un bénéfice2 réel,
sans avoir nécessairement subi d’essais cliniques ou ceux ayant une AMM classique comme
les autres médicaments. Les médicaments à base plantes ″d’usage traditionnel″ peuvent
bénéficier d’une demande d’AMM allégée, c’est-à-dire sans essais cliniques prouvant leur
efficacité ou leur innocuité dès lors que les plantes qu’ils contiennent possèdent une
monographie à l’HMPC. Le règlement européen n°1924/2006 à propos des compléments
alimentaires est plus contraignant financièrement. Il stipule que la bibliographie justifiant les
allégations relatives à la santé doit être fournie par les industriels eux-mêmes (Commission
Européenne, 2011).
Le but de ce travail est de dresser un bilan des connaissances actuelles concernant les
cibles pharmacologiques – en particulier récepteurs membranaires et canaux ioniques – des
divers composés de la mélisse et de la valériane. De cette façon, les activités de ces
molécules, observées empiriquement à l’échelle de l’organisme, peuvent être expliquées et
objectivées aux niveaux moléculaire et cellulaire. L’intérêt étant d’expliquer
scientifiquement les effets pharmacologiques observés dans la médecine traditionnelle.
Parallèlement aux aspects réglementaires, l’agriculture biologique connaît un essor qui
incite de plus en plus la science à se tourner vers les plantes pour trouver de nouveaux

1
La période de transition est la durée prévue par la directive, accordée aux producteurs ou importateurs de
médicaments à base de plantes pour régulariser l’AMM de leurs produits.
2
Trente ans d’utilisation, dont au moins quinze dans l’UE.
27
principes actifs, efficaces contre les nuisibles, mais qui soient sans impact sur les cultures,
les animaux non cibles et l’homme. La finalité est de préserver au maximum un écosystème
déjà fragilisé par l’agriculture intensive et l’activité humaine en général.

La problématique de cette thèse est née de ce constat et de la collaboration scientifique,


dans le cadre d’un projet de recherche commun, entre deux structures angevines :
l’ITEIPMAI et le laboratoire RCIM (UPRES EA 2647, USC INRA 1330). Pascal
Richomme, directeur du SONAS (EA 221) a également contribué à ce travail. L’occasion
s’est donc présentée de pouvoir me consacrer à un sujet de thèse qui répond à mes
aspirations personnelles : la valorisation des ressources végétales.

29
Introduction
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS*), dans la plupart des pays
industrialisés, 70 à 95 % de personnes ont recours aux médecines traditionnelles 3
(phytothérapie* incluse), ce qui représente un marché de plus de 65 milliards d’euros en 2008
(OMS, 2011b).
De nos jours, la problématique en phytothérapie* est de mettre en évidence l’efficacité
des plantes utilisées. Il s’agit non seulement de caractériser leurs cibles, mais aussi de prévoir
ou de comprendre certains effets secondaires, et de définir précisément les doses efficaces, en-
deçà desquelles un principe actif n’exerce aucun effet, et au-delà desquelles il devient toxique.
Cette contrainte pour les entreprises commercialisant des produits à base de plantes –
médicaments* et compléments alimentaires – nécessite des moyens humains, matériels et
financiers importants. Cependant, cela constitue aussi un avantage puisqu’en appuyant
scientifiquement les propriétés revendiquées, le produit gagne en crédibilité. De plus, depuis
le début du XXIème siècle, l’engouement de la population occidentale (Clément, 2005) pour la
phytothérapie* impose d’apporter un éclairage nouveau sur des plantes déjà connues et
utilisées. L’important est d’éviter la mise sur le marché de produits aux propriétés non ou
partiellement caractérisées qui pourraient s’avérer inefficaces voire dangereux. Mieux
connaître les composés permettrait de mieux cibler les exigences quant au contenu de ces
produits.
En France, la loi qui régissait les demandes d’autorisation de mise sur le marché pour
les médicaments* traditionnels à base de plantes n’a plus cours car c’est la directive
européenne qui prévaut. Toutefois, avant leur commercialisation, un enregistrement auprès de
l’ANSM (anciennement l’AFSSaPS) est nécessaire pour une durée initiale de cinq ans.
L’Agence peut malgré tout exiger un dépôt de demande d’AMM classique si elle le juge
nécessaire, tant sur le plan de l’efficacité que de la sécurité du produit (Secrétariat Général du
Gouvernement, 2011).
La mélisse et la valériane, c’est-à-dire respectivement Melissa officinalis et Valeriana
officinalis sont des plantes médicinales reconnues depuis l’Antiquité. Quelles sont leurs
caractéristiques ? Les propriétés qui leur sont attribuées ont-elles été démontrées ? Quels sont
les composés de ces plantes responsables de leurs effets bénéfiques ? Ce travail propose

3
L’OMS regroupe sous le terme ″médecines traditionnelles″ : la phytothérapie et les pratiques ayant recours à
des parties animales et/ou minérales, nommées médecine ″alternative″, ″complémentaire″ ou ″non-
conventionnelle″ (OMS, 2011b).
31
d’apporter des réponses à ces questions à partir d’une analyse de la bibliographie scientifique
et médicale

A. La mélisse (Melissa officinalis L.)

La place de la mélisse dans la classification phylogénétique APG III* (2009) est la


suivante (Perrot & Paris, 1971 ; Meyer et al., 2008 ; Thoby, 2009) :
Règne : Végétal, Ordre : Lamiales,
Embranchement : Spermaphytes, Famille : Lamiacées,
Sous-embranchement : Angiospermes, Genre : Melissa,
Classe : Eudicotylédones, Espèce : officinalis.
Sous-classe : Astéridées,
Il existe trois sous-espèces : officinalis, inodora et altissima (Sari & Ceylan, 2002) mais
c’est la sous-espèce officinalis qui est utilisée en thérapeutique (Carnat et al., 1998).
Elle possède plusieurs appellations vernaculaires en français telles que : citronnelle, thé
de France, piment des abeilles et poincirade (Wichtl & Anton, 2003). En anglais, elle porte le
nom de lemon balm, sweet lemon ou cure-all, tandis qu’en allemand, c’est Melissenblätter,
Zitronenkraut ou Zitronenmelisse entre autres (Perrot & Paris, 1971). Ces dénominations font
référence au parfum citronné qui se dégage des feuilles lorsqu’elles sont froissées.

1. Description botanique

La mélisse (Figure 1a) est une plante herbacée vivace* à la tige carrée (Figure 1g),
dressée et ramifiée, poussant en touffe, mesurant le plus souvent entre 30 et 80 centimètres de
haut (Perrot & Paris, 1971 ; Thoby, 2009).
Les feuilles (Figure 1f), pétiolées, sont réparties de façon opposée et décussée sur la tige
(Wichtl & Anton, 2003). Leurs bords sont fortement crénelés. Elles sont de forme ovale et
cordiforme, aux nervures réticulées très saillantes sur la face inférieure, donnant cet aspect
gaufré à la face supérieure. La surface est recouverte de fins poils courts (Perrot & Paris,
1971).

33
Figure 1 – Mélisse officinale (Melissa officinalis)
http://www.herbierimages.be
a : plante entière ; b : fleur zygomorphe ; c : fleurs disposées en verticilles à la base des feuilles ; d : quatre
étamines ; e : calice bilabié et pubescent ; f : feuille ; g : tige carrée.
Les fleurs sont regroupées par douzaine ou demi-douzaine, en verticille (Figure 1c), à la
base des feuilles. De couleur blanche à rosée, elles sont formées d’une corolle tubulaire
(Figure 1b) constituée de deux lèvres inégales. La lèvre supérieure est dressée (Perrot & Paris,
1971) et celle inférieure est divisée en trois lobes. Quatre étamines didynames* (Figure 1d)
s’insèrent sur le tube formé par la corolle, elles sont courbées et tendent ainsi les unes vers les
autres. Le pistil, quant à lui, est constitué de quatre loges et possède un long style terminé par
un stigmate. Le calice (Figure 1e) est bilabié et pubescent (Wichtl & Anton, 2003).
Le fruit est un tétrakène contenant de petites graines brunes, foncées et luisantes.
La mélisse officinale peut parfois, notamment si elle est cueillie à l’état sauvage, être
confondue avec d’autres plantes (Wichtl & Anton, 2003 ; Babulka, 2005) qui sont : la cataire
citronnée (Nepeta cataria var. citriodora), la mélisse des bois (Melittis melissophyllum), la
mélisse à grandes fleurs (M. grandiflora Sm.) et la mélisse de Moldavie (Dracocephalum
moldavicum).

2. Habitat

La mélisse est présente à l’état sauvage dans le sud de l’Europe et de l’Amérique du


Nord, et en Asie Mineure (Sari & Ceylan, 2002) dans des endroits légèrement ombragés tels
que le bord d’une haie, un bois ou un lieu non cultivé et frais (Perrot & Paris, 1971 ; Wichtl &
Anton, 2003). Elle est cultivée en Europe centrale et occidentale, ainsi qu’aux Etats-Unis
(OMS, 1999a).

3. Culture et récolte

La première récolte normale ne se fait qu’après la deuxième année de culture (Wichtl &
Anton, 2003). En effet, la première année, le producteur ne peut espérer que 25 % d’un
rendement normal. Les feuilles et les tiges sont ramassées avant la floraison c’est-à-dire fin
juin à début juillet. Une deuxième récolte peut avoir lieu fin août à début septembre. A
l’origine, le ramassage se faisait à la faucille mais désormais il existe des récolteuses
mécaniques, utilisées surtout lorsque la surface du champ est importante (Fiche technique de
l’ITEIPMAI : Mélisse). Le séchage de la plante doit être effectué sitôt la cueillette terminée

35
Tableau 1 – Médicaments* à base de plantes contenant de la mélisse, autorisés en France
AFSSaPS, 2011 ; Vidal, 2011
Médicaments* à base
Forme de la mélisse Nom commercial Indications
de plantes
Mélisse seule Poudre de plante Arkogélules Mélisse® 1, 2 et 3
Médiflor n°14 calmante®
3
Poudre de plante Troubles du sommeil
Mélisse associée à Santane N9® 3
d’autres plantes
Extrait sec Vagostabyl® 3 et 4
Extrait fluide Biocarde® 3 et 4

1 : Traitement symptomatique de troubles digestifs tels que : ballonnement épigastrique, lenteur à la digestion,
éructations, flatulences.
2 : Traitement adjuvant de la composante douloureuse des troubles fonctionnels digestifs.
3 : Traitement symptomatique des états neurotoniques des adultes et des enfants, notamment en cas de troubles
mineurs du sommeil.
4 : Troubles de l'éréthisme cardiaque* de l'adulte (cœur sain)
car la plante s’abime très rapidement (Fiche technique de l’ITEIPMAI : Mélisse ; Filière des
plantes médicinales biologiques du Québec, 2003).
En 2008, la culture de la mélisse représentait 55,24 ha en France, soit 1,6 % des terres
cultivées pour les plantes aromatiques et médicinales (Krausz, 2009). En 2009, l’exploitation
des terres pour cette plante était constante, c’est-à-dire 50 ha dont 40 en agriculture
biologique. Près de 50 % de la production de mélisse est transformée en huile essentielle*
(source : CPPARM, 2011). En 2010, la culture de la mélisse a doublé, 98 ha y sont consacrés
(source : antenne de Volx, ministère de l’Agriculture). Une trentaine d’hectares est située en
Anjou (source : producteurs angevins).

4. Utilisation traditionnelle et contemporaine

La drogue* utilisée dans les médicaments* ou les compléments alimentaires est l’extrait
sec de feuilles de mélisse (M. officinalis L.) ou les feuilles de mélisse séchées. Cependant,
l’huile essentielle* extraite de celles-ci peut aussi être utilisée.
La mélisse est connue depuis la Grèce antique. En effet, Théophraste (372 - 287 av. J.-
C.)4 et Hippocrate (460 – 377 av. J.-C.)4 utilisaient déjà les feuilles de cette plante pour
améliorer la digestion et réduire les états de nervosité. Au XVIème siècle, Paracelse (1493 -
1541)4 l’utilisait aussi (Wichtl & Anton, 2003).
L’Eau de mélisse des Carmes Boyer® existe depuis 1611. C’est une solution alcoolisée
à base de mélisse, et contenant également neuf épices et treize autres plantes. Elle est
présentée comme un produit aux multiples vertus, notamment celles de diminuer le stress et la
fatigue, de faciliter la digestion et d’apaiser le mal des transports (Perrot & Paris, 1971 ; Eau
des Carmes Boyer, 2011).
De nos jours, plusieurs médicaments* proposés en vente-conseil contiennent de la
mélisse officinale. Selon les Cahiers de l’Agence (1998), par voie orale, elle est
″traditionnellement utilisé[e] dans le traitement symptomatique de troubles digestifs
(ballonnement épigastrique, lenteur à la digestion, éructations, flatulences) et dans le
traitement adjuvant de leur composante douloureuse / dans le traitement symptomatique des
états neurotoniques (troubles mineurs du sommeil)″ (AFSSaPS, 1998). En France, l’usage se
limite à ces propriétés (Tableau 1) tandis qu’en Allemagne, il existe des formes pour usages

4
Larousse, 2008
37
externes contenant de la mélisse et indiquées dans le traitement de l’herpès labial telles que
Lomaherpan® du laboratoire Lomapharm (Wichtl & Anton, 2003).
La mélisse peut être administrée sous forme d’infusion en procédant de la manière
suivante : laisser reposer cinq à dix minutes 1,5 à 4 g de feuilles finement coupées sur
lesquelles il a été versé de l’eau bouillante, puis filtrer avant de boire (Wichtl & Anton, 2003).
M. officinalis fait partie de la liste des 34 plantes sorties du monopole pharmaceutique 5
à la suite du décret 79-480 du 15 juin 1979 (Secrétariat Général du Gouvernement, 2011).

5. Authentification et analyse de la drogue*

La mélisse possède deux monographies à la Pharmacopée Européenne VIIème édition


(Annexes 2 et 3) concernant la feuille de mélisse et l’extrait sec de feuille de mélisse (DEQM,
2011).
Elle est aussi inscrite à la Pharmacopée française pour ses feuilles et ses sommités
fleuries.

B. La valériane (Valeriana officinalis L.)

La place de la valériane dans la classification phylogénétique APG III est la


suivante (Bisby et al., 2011) :
Règne : Végétal, Ordre : Dipsacales,
Embranchement : Spermaphytes, Famille : Valérianacées,
Sous-embranchement : Angiospermes, Genre : Valeriana,
Classe : Eudicotylédones, Espèce : officinalis.
Sous-classe : Astéridées,
La valériane porte plusieurs noms vernaculaires tels que l’Herbe aux chats ou l’Herbe
de Saint-Georges. En anglais, on l’appelle Valerian et en allemand, Baldrian (Perrot & Paris,
1971).

1. Description botanique

La valériane (Figure 2g) est une plante bisannuelle* par sa racine (ou souche) pouvant
mesurer jusqu’à 1,50 mètres selon la sous-espèce (Wichtl & Anton, 2003). La souche est
courte et fibreuse tandis que la tige est creuse et d’aspect cannelé (Perrot & Paris, 1971).

5
Le monopole pharmaceutique correspond à un ensemble d’éléments dont la préparation ou la vente en gros ou
au détail, sont exclusivement réservés aux pharmaciens, sauf dérogations. Ses dispositions générales et pénales
sont définies de l’article L4211-1 à L4212-8 (Secrétariat Général du Gouvernement, 2011).
39
Figure 2 – Valériane officinale (Valeriana officinalis)
http://www.herbierimages.be
a : inflorescence en cyme* ; b : fleurs à corolle infundibuliforme ; c : calice ; d : tige avec disposition opposée
des feuilles; e : feuilles disposées en rosette à la base de la tige; f : feuilles opposées sur la tige; g : plante entière.
Les feuilles pennatiséquées* (constituées de 11 à 21 folioles lancéolés ; Figure 2f) sont
organisées en rosette (Figure 2e) à la base de la tige et de façon opposée (Figure 2d) le long de
celle-ci (Perrot & Paris, 1971).
Les fleurs sont de couleur blanche à rose et disposées en cymes* (Figure 2a) à
l’extrémité de la tige. Leur corolle infundibuliforme (Figure 2b) est composée de cinq pétales
soudés entre eux, libres et étalés à l’extrémités supérieures et formant une bosse à l’extrémité
inférieure. Les anthères sont distinctes et proéminentes (Perrot & Paris, 1971 ; Wichtl &
Anton, 2003). L’ovaire contient trois loges dont une seule donnera un ovule après maturation.
Les poils plumeux du calice (Figure 2c) se replient sur eux-mêmes, formant ainsi un
renflement autour de la base de la corolle (Perrot & Paris, 1971).
Le fruit est un akène indéhiscent* surmonté d’un pappus* (Wichtl & Anton, 2003 ;
Bruneton, 2009). L’embryon contenu dans la graine est dépourvu d’albumen (Perrot & Paris,
1971).
Les organes souterrains sont constitués d’un rhizome conique gris-brun clair d’où
partent de multiples racines longues et fines, et auquel s’ajoutent des stolons à nœuds
proéminents et entre-nœuds striés (Bruneton, 2009).
La plante (surtout la partie souterraine séchée) dégage une odeur particulièrement forte
et désagréable, qui attire les chats d’où son nom d’Herbe aux chats (Vial, 1998).

2. Habitat

La valériane pousse naturellement dans les régions tempérées et subpolaires d’Eurasie


(OMS, 1999b). Elle pousse dans les bois humides et au bord des cours d’eau, en France à
l’exception de la région méditerranéenne (Perrot & Paris, 1971). Elle pousse aisément sur les
sols argilo-siliceux (Wichtl & Anton, 2003).

3. Culture

La valériane est cultivée pour sa racine. La récolte se fait par arrachage à l’automne
(octobre et novembre), à partir de la deuxième année de culture. Les parties aériennes de la
plante sont coupées, les racines sont déterrées mécaniquement puis lavées (Fiches techniques
de l’ITEIPMAI : valériane ; Filière des plantes médicinales biologiques du Québec, 2010). La
racine obtenue est ensuite coupée et séchée à moins de 40°C (Gruenwald et al., 2007).
La production française de valériane représente plus d’un quart de la production
européenne, soit 50 à 80 ha. Les deux tiers des surfaces cultivées en France sont situées en
Anjou (source : ITEIPMAI et producteurs angevins).

41
Tableau 2 – Médicaments* à base de plantes contenant de la valériane, autorisés en France
AFSSaPS, 2011 ; Vidal, 2011
Médicaments* à base Forme de la
Nom commercial Indications
de plantes valériane
Poudre de plante Arkogélules Valériane® 1
Valériane seule
Extrait sec Elusanes Valériane® 2
Médiflor® calmante Troubles
Poudre de plante 1
du sommeil n°14
Valériane associée à Euphytose® 3
d’autres plantes Extrait sec Spasmine® 1
Tranquital® 2
Teinture Biocarde® 1 et 4
1 : Traitement symptomatique des états neurotoniques des adultes et des enfants, notamment en cas de troubles
mineurs du sommeil.
2 : Traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique des états neurotoniques des adultes, notamment
en cas de troubles mineurs du sommeil.
3 : Traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique des états anxieux mineurs et en cas de troubles
mineurs du sommeil des adultes et des enfants.
4 : Troubles de l'éréthisme cardiaque* de l'adulte (cœur sain).

.
4. Utilisation traditionnelle et contemporaine

La drogue* est constituée de la racine de valériane, c’est-à-dire les organes souterrains


de la plante (rhizome, racines et stolons) séchés, qu’ils soient entiers ou divisés (Bruneton,
2009).
Selon les Cahiers de l’Agence 1998, par voie orale, la valériane est ″traditionnellement
utilisé[e] dans le traitement symptomatique des états neurotoniques des adultes et des enfants
en cas de troubles mineurs du sommeil″ (AFSSaPS, 1998).
Actuellement, il existe en France plusieurs médicaments* à base de plantes contenant de
la valériane, le plus souvent sous forme d’extrait sec de racine (Tableau 2) : elle est alors
utilisée seule ou en association avec d’autres plantes aux propriétés sédatives telles que la
passiflore, l’aubépine et la ballote (Vidal, 2011).

5. Authentification et analyse de la drogue*

La valériane (V. officinalis) comporte cinq monographies à la Pharmacopée européenne


VIIème édition (Annexes 4 à 6) concernant la racine de valériane (divisée ou non), les extraits
secs aqueux ou hydroalcooliques, ainsi que la teinture de racine de valériane (DEQM, 2011).
La plante est également inscrite à la Pharmacopée française (Xème édition) pour le
rhizome et la racine.

43
Figure 3 – Chronologie des indications de la mélisse

Tableau 3 – Posologies recommandées par l’HMPC dans le cadre d’un usage traditionnel de la mélisse
EMA, 2007
Formes employées Posologies
Feuilles sèches coupées ou en
1,5 – 4,5 g, 1 à 3 fois par jour
poudre
Enfants de plus de 12 ans, 1,5 – 4,5 g de feuilles sèches
adultes, personnes âgées pour 150 ml d’eau bouillante,
Infusion
infusées pendant 5 à 15 minute,
L’emploi chez l’enfant de 1 à 3 fois par jour
moins de 12 ans, chez la Teinture 2 - 6 ml, 1 à 3 fois par jour.
femme enceinte ou allaitante Extrait liquide 2 - 4 ml, 1 à 3 fois par jour.
n’est pas recommandé. Doses équivalentes aux
Extrait sec aqueux ou
posologies de l’infusion, de la
éthanolique 45% v/v
teinture et de l’extrait liquide
La voie d’administration recommandée est la voie orale uniquement. La durée de traitement doit être
limitée et en cas de persistance des symptômes, une consultation médicale doit être envisagée.
I. Usages traditionnels et études des propriétés thérapeutiques de la
mélisse et de la valériane
Les effets de la mélisse et de la valériane, sous forme de poudre de plante ou d’extrait
sec (aqueux ou hydroalcooliques le plus souvent) ont été beaucoup étudiés, afin de déterminer
leur mécanisme d’action. De ce fait, la plupart des études ont d’abord eu pour objectif de
démontrer l’efficacité thérapeutique supposée par l’usage traditionnel. En outre, certaines se
sont attachées à découvrir de nouvelles propriétés médicales par des expériences in vitro ou
chez l’animal, ou une observation clinique sur l’animal ou l’homme.
Cette partie propose de déterminer si les propriétés attribuées à la mélisse et à la
valériane sont fondées cliniquement puis pharmacologiquement. Toutefois, la pharmacologie
des récepteurs impliqués dans leur activité ne sera pas abordé (cf. III).

A. Propriétés de la mélisse

La mélisse est depuis l’Antiquité (Figure 3) une plante utilisée dans les cas de nervosité
et de troubles mineurs du sommeil, ainsi qu’en cas de troubles gastro-intestinaux telles les
flatulences et les douleurs abdominales. C’est de façon empirique que ces propriétés lui ont
été attribuées (Babulka, 2005 ; Ollier, 2011).
Le Comité des médicaments* à base de plantes (HMPC* ou Herbal Medicinal Products
Committee) de l’Agence Européenne du médicament* (EMA* ou European Medicine
Agency) reconnaît l’utilisation des feuilles sèches de M. officinalis, intactes ou sous forme de
poudre, de teinture éthanolique 45% v/v (DER [1 :5]*) et d’extraits éthanoliques 45% v/v sec
ou liquide (DER [1 :1]) pour ces usages traditionnels. Il préconise donc des doses de plantes à
respecter (Tableau 3). Toutefois, l’HMPC ne reconnaît pas d’usages scientifiquement établis
(EMA, 2007).

1. Antalgique dans les douleurs d’origine digestive

L’usage de la plante pour soulager les douleurs abdominales est propre à M. officinalis,
la valériane n’étant pas utilisée dans ce but. Cette propriété antalgique serait due à une
composante antispasmodique associée à une stimulation de la digestion, notamment par un
effet cholérétique.

45
1.1. Origine de la spasticité intestinale

Le péristaltisme intestinal est assuré par des fibres musculaires lisses circulaires, douées
d’un automatisme contrôlé par le système nerveux autonome, qui en se contractant permettent
la progression du bol alimentaire dans la lumière du tube digestif. Le transit est ainsi régulé
par les récepteurs à la 5-hydroxytryptamine de type 3 et 4 (5-HT3 et 5-HT4) qui, s’ils sont
stimulés par un agoniste, entraînent une accélération du transit par augmentation du
péristaltisme et production de mucus, ce qui peut parfois occasionner des douleurs. Il existe
aussi un contrôle par des récepteurs muscariniques et adrénergiques. La sérotonine provient
dans ce cas en majorité des cellules entérochromaffines, situées exclusivement au niveau du
tube digestif. Une possibilité de traitement pourrait donc être assurée par un antagoniste des
récepteurs 5-HT3 et 5-HT4 (Ahn & Ehrenpreis, 2002 ; Johanson, 2004 ; Beattie & Smith,
2008).
Parallèlement, l’intestin possède une population de neurones sensitifs qui lui est propre
et qui constitue le système nerveux entérique. Ce dernier est constitué de neurones
sérotoninergiques, de petits neurones peptidergiques de nature opioïdes et de fibres motrices
parasympathiques et sympathiques. Les neurones du système nerveux entérique comportent
différents types de récepteurs pouvant être stimulés par la sérotonine libérée par les cellules
entérochromaffines (Lebouvier, 2008).

1.2. Effet antispasmodique de la mélisse

Il a été montré qu’un extrait hydro-éthanolique (éthanol 45 % v/v) de mélisse a un effet


inhibiteur des acétylcholinestérases équivalent à 1,72 ± 0,16 µg de physostigmine6/mg
(PHY/mg) d’extrait après dix minutes d’exposition des enzymes à cet extrait in vitro. Cela
s’exprime par une diminution de l’hydrolyse de l’acétylcholine par les acétylcholinestérases.
Une fraction de cet extrait est apparue plus efficace par une activité équivalent à 25,36 ± 1,63
µg PHY/mg. Celle-ci contient de l’acide rosmarinique et deux de ses dérivés qui pourraient
être à l’origine de l’activité observée (Dastmalchi et al., 2009).
L’huile essentielle* de mélisse possède des propriétés spasmolytiques car elle inhibe les
contractions d’iléon de rat induites par dépolarisation avec du KCl avec une CI50* de 19
ng/ml. Cet effet relaxant s’observe d’ailleurs également lorsque les contractions sont induites
par l’acétylcholine et par la sérotonine. Ce qui laisse supposer une interaction des composés
de l’huile essentielle* avec leurs récepteurs. Cette activité semble être liée à la présence de

6
Molécule de référence qui inhibe de façon réversible l’acétylcholinestérase (Katzung, 2006).
47
Figure 4 – Effets d'un extrait aqueux de M. officinalis sur le comportement de la souris dans le test de la
nage forcée
D’après Emamghoreishi & Talebianpour, 2009
Counts : nombre ; water : eau = groupe témoin ; imp : imipramine ; flux : fluoxétine ; A25-300 : extrait
aqueux de 25 à 300 mg/kg ; climbing : escalade = tentative de fuite ; swimming : nage ; immobility : immobilité.
Dans le test de nage forcée, trois paramètres ont été évalués dans des conditions de contrôle et après
administration en ip des produits énumérés ci-dessus. Les extraits aqueux de mélisse produisent un effet au profil
comparable à celui observé chez les animaux traités par imipramine, c’est-à-dire une augmentation des tentatives
de fuite et une diminution de l’immobilité. La fluoxétine en revanche produit une augmentation significative de
la nage et une augmentation plus modérée de l’escalade.
citral (Sadraei et al., 2003). Ceci confirme que la mélisse peut être utilisée dans les troubles
gastro-intestinaux d’origine spasmodique.

2. Effets sur le système nerveux central

2.1. Effet anxiolytique

La GABA-transaminase, GABA-T, est l’enzyme responsable de la dégradation du


GABA. Son inhibition entraine donc une augmentation du GABA au niveau cérébral. Dans
une étude de 2007, Awad et son équipe ont montré sur des cerveaux de rat qu’un extrait de
mélisse possédait une activité inhibitrice de la GABA-T in vitro, CI50 = 0,35mg/ml (Awad et
al., 2007). Cette activité serait due à l’acide rosmarinique, à l’acide ursolique et à l’acide
oléanolique (Awad et al., 2009). Cependant, une étude in vivo serait nécessaire pour savoir si
l’inhibition de la GABA-T par ces composés a un effet sur la fonction GABAergique.

2.2. Effet antidépresseur

Il a été montré chez la souris qu’un extrait aqueux de mélisse présente une activité,
apparentée à une activité antidépressive chez l’homme, similaire à celle observée chez les
animaux traités par imipramine7. Le test de la nage forcée permet d’évaluer les effets des
traitements antidépresseurs sur la souris. L’animal est placé dans un récipient en verre
cylindrique rempli à moitié d’eau. Alors soit il essaie d’escalader les parois pour s’échapper
(escalade ou fuite), soit il nage, soit il se laisse flotter sans bouger (immobilisme). Ainsi, une
activité antidépressive d’un produit se caractérisera dans ce test par une augmentation de
l’activité locomotrice de la souris (temps de nage et escalade). L’étude d’Emamghoreishi et
Talebianpour (2009) révèle que 25 mg/kg d’extrait aqueux de mélisse administrés par voie
intra-péritonéale réduisent de 46 % l’immobilité de la souris, augmentent de 170 % les
tentatives de fuite sans modifier le nombre de fois où la souris nage (Figure 4). Cette activité
possède un effet au profil semblable à celui observé pour 15 mg/kg d’imipramine, mais est
différent de celui observé pour 20 mg/kg de fluoxétine (Emamghoreishi & Talebianpour,
2009).
L’effet antidépresseur peut s’expliquer par l’inhibition de la monoamine oxydase de
type A, MAO-A* par des extraits de M. officinalis. La CI50* pour l’extrait méthanolique étant
d’environ 19 µg/ml, tandis qu’elle est d’environ 48 µg/ml pour l’extrait aqueux. En revanche,

7
L’imipramine fait partie de la classe des antidépresseurs dits tricycliques. Elle possède une activité
thymoanaleptique due à ses effets noradrénergique, sérotoninergique et anticholinergique central et périphérique
(Dorosz et al., 2011).
49
aucun d’eux n’a montré d’activité vis-à-vis de l’acétylcholinestérase (Lopez et al., 2009).
Cela signifierait une absence d’effets indésirables liés à une activité anticholinergique,
contrairement aux antidépresseurs imipraminiques. Ceci est cependant en contradiction avec
l’étude de Dastmalchi en 2009 qui montre une activité par rapport aux acétylcholinestérases.
Toutefois, cette différence de résultats peut être due à la nature de l’extrait employé : extrait
méthanolique ou aqueux dans un cas et hydro-alcoolique dans l’autre. Pour s’en assurer, il
faudrait étudier l’effet de différents types d’extrait de mélisse sur les acétylcholinestérases.

2.3. Sédatif et inducteur du sommeil

Il semble que ni un extrait méthanolique ni un extrait aqueux de mélisse ne déplace le


flumazenil8 de son récepteur GABA-A. Ceci suggère que ces extraits n’agissent donc pas sur
les sites récepteurs aux benzodiazépines (Lopez et al., 2009). Ces extraits n’induiraient donc
peut-être pas les mêmes effets secondaires que les benzodiazépines.

2.4. Intérêt chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer résulterait d’une baisse générale de la transmission


cholinergique au niveau central. Or, M. officinalis possèderait des propriétés cholinergiques.
C’est pourquoi un extrait liquide hydro-alcoolique de mélisse [1 :1] (éthanol 45%) et
standardisé à 500 µg/ml de citral a été testé chez des patients atteints de la maladie
d’Alzheimer à un stade légèrement à modérément avancé. Les patients ont reçu pendant
quatre mois, 60 gouttes de cet extrait par jour et d’autres ont reçu un placebo. L’étude montre
une nette amélioration des performances cognitives des sujets, observée par une diminution
du score ADAS-cog9, non observée chez les patients sous placebo. L’extrait étudié n’a par
ailleurs pas montré d’effets secondaires majeurs (Akhondzadeh et al., 2003). Il faudrait
désormais déterminer si l’amélioration est due à une activité cholinergique de l’extrait de
mélisse ou à un autre effet pharmacologique.
Il apparait qu’un extrait éthanolique de M. officinalis présente un intérêt dans la maladie
d’Alzheimer puisqu’il associe une activité antioxydante, CI50 = 0,36 mg/ml, à une inhibition
des acétylcholinestérases, près de 40 % d’inhibition pour 1 mg/ml d’extrait. En revanche,

8
Le flumazenil est un antagoniste compétitif du site récepteur aux benzodiazépines utilisé comme traitement
antidotique en cas de surdosage en benzodiazépines (Dorosz et al., 2011).
9
Le score ADAS-cog va de 0 (stade léger de la maladie d’Alzheimer) à 70 (stade le plus sévère). Ce score
permet d’évaluer l’attention, le langage, la mémoire, l’orientation, les habitudes de vie et le raisonnement des
patients atteints de la maladie d’Alzheimer.
51
l’effet anti-amnésique ne s’observe pas chez la souris ayant une amnésie induite par la
scopolamine (Orhan & Aslan, 2009). Orhan et Aslan (2009) ont donc aussi observé une
inhibition des acétylcholinestérases avec le même type d’extrait que Dastmalchi (2009) et son
équipe.

3. Antioxydant

Les antioxydants sont des agents protecteurs des cellules. Ils leur permettent de lutter
contre le stress oxydatif provoqué par les rayonnements, ou les agents chimiques par exemple.
Certains antioxydants sont naturellement synthétisés par les cellules, ils sont endogènes. Ils
peuvent être enzymatiques (superoxyde dismutase, catalase, glutathion peroxydase et hème
oxygénase) ou non (glutathion et acide urique). A cela s’ajoutent les antioxydants exogènes
apportés par l’alimentation. Il s’agit notamment des vitamines C et E (Nadji, 2010). La
mélisse présente des propriétés antioxydantes importantes (Dastmalchi et al., 2008).

3.1. Intérêt dans le traitement des maladies neurodégénératives

Le stress oxydatif est supposé être l’un des facteurs influençant la survenue de certaines
maladies neurodégénératives comme les maladies d’Alzheimer et de Parkinson. Le pouvoir
antioxydant de M. officinalis pourrait donc offrir une protection contre les dérivés oxygénés
réactifs ou Reactive oxygen species (ROS*). Un extrait méthanolique de la plante de 60 et 80
µg/ml protège in vitro plus de 60% des cellules chromaffines tumorales de médullosurrénale
de rat, nommées PC12 (Pheochromocytome cells 1210), contre le peroxyde d’hydrogène. Cette
protection atteint 50% pour un extrait aqueux (Lopez et al., 2009).
L’huile essentielle* de mélisse pourrait être associée à un traitement de la maladie
d’Alzheimer grâce à ses propriétés antioxydantes qui confèrent ainsi une protection cellulaire
aux neurones (Bahtiyarca Bagdat & Cosge, 2006).

3.2. Intérêt dans le traitement des hyperlipidémies

Les ROS interviennent dans le processus d’athérosclérose, c’est-à-dire dans la


formation de plaques d’athéromes qui peuvent être à l’origine d’infarctus du myocarde ou
d’accidents vasculaires cérébraux (AVC). L’organisme libère une molécule de défense
antioxydante : le glutathion (Nadji, 2010). Or, il se trouve que chez le rat hyperlipidémique sa
production est fortement abaissée. Une étude de Bolkent et al. (2005) a montré qu’un extrait

10
Ces cellules sont considérées comme des neurones, d’où leur utilisation dans l’étude.
53
de mélisse augmente sa concentration dans le sang et le foie du rat hyperlipidémique. En
effet, celle-ci est supérieure de 33% chez les rats hyperlipidémiques qui ont reçu l’extrait par
rapport aux rats hyperlipidémiques n’ayant pas été traités. Chez les rats traités, le taux de
peroxydation des lipides est diminué de 63%. En revanche, l’administration de l’extrait à des
rats dont la cholestérolémie et la triglycéridémie sont normales ne produit pas des résultats
aussi équivoques. On peut donc supposer qu’une administration en prévention n’aurait pas
d’utilité. Selon les auteurs, ces effets pourraient être attribués aux flavonoïdes (Choi, 1991 ;
Ribeiro et al., 2001). Par ailleurs, cette étude a aussi mis en évidence qu’un extrait aqueux de
feuilles de mélisse induisait une réduction de la cholestérolémie et du taux de lipides sanguins
chez le rat hyperlipidémique (Bolkent et al., 2005). Actuellement, aucun médicament* ne
cible les ROS dans le traitement de l’athérosclérose.

4. Virucide

4.1. Action sur le Virus d’Immunodéficience Humaine

4.1.1. Thérapeutiques existantes

La lutte contre le VIH11* fait partie des enjeux médicaux les plus importants de notre
époque. En effet, l’OMS estime à 1,8 millions le nombre de personnes mourant du SIDA 12*
chaque année (OMS, 2011a). Actuellement, il n’existe aucun médicament* capable de guérir
cette infection. En revanche, une trithérapie peut être instaurée afin de repousser le plus
longtemps possible le stade de SIDA déclaré, c’est-à-dire lorsque le taux de lymphocytes T
CD4 est inférieur à 500/mm3 de sang. Il existe plusieurs types d’antirétroviraux permettant de
limiter la multiplication du virus: les inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse, les
inhibiteurs nucléotidiques de la transcriptase inverse, les inhibiteurs non nucléosidiques de la
transcriptase inverse, les inhibiteurs de protéase et les inhibiteurs de fusion. De plus, ces
traitements engendrent de nombreux effets indésirables (Talbert et al., 2008).

4.1.2. Activité de la mélisse sur le VIH

La mélisse, ainsi que d’autres plantes de la famille des Lamiaceae, possède une activité
sur le virion du VIH. En effet, l’efficacité d’un extrait aqueux de mélisse a été étudiée in vitro
et ex vivo. Celui-ci n’a d’effet que sur les particules virales libres, en inhibant le mécanisme
de fusion. Ce dernier semble pourtant être différent de celui de l’enfuvirtide, Fuzeon®, qui est

11
Virus de l’Immunodéficience Humaine
12
Syndrome d’Immunodéficience Acquise
55
Figure 5 – Un extrait aqueux de mélisse possède une activité anti-VIH-1 concentration-dépendante sur les
cellules T Sup-T1
Geuenich et al., 2008
L’extrait aqueux de mélisse inhibe la réplication du virus HIV-1 (HIV-1 replication) dans les cellules T Sup-
T1 à des concentrations (Concentration of Extract) relativement faible (IC50=0,045% à J5 après l’infection) et
s’avère peu toxique (viability) pour les cellules à cette concentration. Dans cet essai, la réplication virale a été
évaluée en mesurant la quantité de protéine p24 présente dans le surnageant (ng p24/ml).
aussi un inhibiteur de fusion. L’extrait n’est cytotoxique qu’à des concentrations relativement
haute (Figure 5) par rapport à la CI50* (Geuenich et al., 2008).
Il faut cependant rester très vigilant par rapport aux résultats qui attesteraient une
activité anti-VIH. En effet, ces essais ont été menés sur des modèles. Il se peut donc qu’à
l’échelle de l’organisme humain, ces effets ne soient pas observés.

4.2. Action sur l’Herpes simplex virus

4.2.1. Thérapeutiques existantes

Il existe plusieurs molécules anti-herpétiques qui sont l’aciclovir, par voie orale ou
locale, et le valaciclovir par voie orale uniquement (Talbert et al., 2008). L’aciclovir inhibe la
synthèse de l’ADN viral, et il en est de même pour le valaciclovir, car celui-ci donne après
clivage de la partie valine, une molécule d’aciclovir. L’intérêt du valaciclovir est que son
absorption au niveau intestinal est nettement supérieure à celle de l’aciclovir (Katzung, 2006).

4.2.2. Activité de la mélisse sur l’HSV

L’activité anti-herpétique de l’huile essentielle* de M. officinalis sur HSV13 de types 1


et 2, a été étudiée sur des cellules rénales de singe. A très haute dilution (pour lesquelles la
cytotoxicité est très faible), c’est-à-dire pour des concentrations inférieures à 0,002 %, il a été
observé une inhibition de la formation de plaques virales de 98,8 % pour HSV-1 et 97,2 %
pour HSV-2 (Schnitzler et al., 2008). L’efficacité de l’huile essentielle* de mélisse a aussi été
montrée sur HSV 2 par Allahverdiyev et son équipe en 2004, pour des concentrations non-
cytotoxiques inférieures à 100 µg/ml. La cytotoxicité envers les cellules HEp-2 apparaissait
dès 100 µg/ml (Allahverdiyev et al., 2004). Il semblerait que l’huile essentielle* empêche la
pénétration du virus dans les cellules mais n’aurait aucune activité une fois le virus dans la
cellule-hôte (Schnitzler et al., 2008). Il semble donc que, à l’instar du VIH, seules les
particules virales libres d’HSV soient sensibles à la mélisse.
En Allemagne, une spécialité à base de mélisse est déjà commercialisée dans les
traitement de l’herpès labial : Lomaherpan® du laboratoire Lomapharm (Wichtl & Anton,
2003).

13
Herpes simplex virus
57
Figure 6 – Effets de différentes fractions d’un extrait sec de mélisse sur la germination de graines de laitue
On observe que la fraction soluble dans l’eau de l’extrait de mélisse possède un pouvoir inhibiteur nettement
supérieur à celui de la fraction soluble dans le n-hexane et dans l’acétone. Ce sont donc les composés
hydrophiles qui ont la plus forte activité.

Tableau 4 – Posologies recommandées par l’HMPC dans le cadre d’un usage traditionnel et reconnu de
la valériane
EMA, 2005
Formes employées Posologies
Usage reconnu
1 dose équivalente à 2-3 g de
drogue* :
- 3 fois par jour en cas de nervosité
modérée
Teinture DER [1:5] ou extrait - ou 1 dose 1 heure avant le coucher
aqueux ou hydro-éthanolique en cas de troubles de
(éthanol 70 % v/v max.) l’endormissement, voire 1 dose
Enfants de plus de 12 ans, supplémentaire au dîner si
adultes, personnes âgées nécessaire
Maximum 4 doses par jour
L’emploi chez l’enfant de
moins de 12 ans, chez la Usage traditionnel
femme enceinte ou allaitante Poudre ou tisane de racine 0,3 à 1 3 fois par jour, si visée
n’est pas recommandé. sèche de valériane g relaxante
Jus de plante fraîche 15 ml Ou 1 dose 1 heure avant le
coucher en cas de troubles
de l’endormissement,
voire 1 dose
Huile essentielle* de racine
15 mg supplémentaire au dîner si
de valériane nécessaire
Maximum 4 doses par
jour
La voie d’administration recommandée est la voie orale uniquement. Pour un effet optimal, il est
conseillé de poursuivre le traitement sur 2 à 4 semaines. Le traitement ne saurait être efficace en
phase aiguë d’insomnie. Toutefois, la durée de traitement doit être limitée et en cas de persistance des
symptômes, une consultation médicale doit être envisagée.
5. Phytosanitaire

L’utilisation de la mélisse est depuis toujours orientée vers la médecine humaine. Or,
depuis quelques années, d’autres usages sont étudiés notamment dans le domaine des produits
phytosanitaires.

5.1. Herbicide

Certaines fractions d’un extrait hydro-acétonique de M. officinalis inhibe la germination


et la croissance (Figure 6) de racines et de pousses de ″queue de renard″ (Amaranthus
caudatus), du cresson (Lepidium sativum L.), du millet sanguin (Digitaria sanguinalis L.), de
fléole des prés (Phleum pratense L.), de laitue (Lactuca sativa L.) et d’ivraie multiflore
(Lolium multiflorum Lain.). Ces plantes ont été choisies car leur processus de germination est
bien connu. La fraction soluble dans l’eau est la plus efficace, la CI50* étant de 0,14 mg/ml
(Kato-Noguchi, 2001).

5.2. Insecticide

Un extrait méthanolique de parties aériennes de mélisse a été testé sur Spodoptera


littoralis, un ver ravageur du cotonnier. Il s’avère que cet extrait concentré à 10 % possède
une légère toxicité (62 % de mortalité) sur les larves de ce papillon avec une CL50 de 3,74 %.
Toutefois ceci reste très inférieur aux effets observés avec un extrait méthanolique de basilic,
de marjolaine et de sauge, dont les CL50 respectives sont 0,36 %, 0,17 % et 0,47 %. Aucun
effet de l’extrait de mélisse sur la chrysalide n’a été observé (Pavela, 2004). Cet extrait
permettrait donc de lutter contre l’insecte adulte mais non d’empêcher sa transformation de
l’état de larve à l’état adulte. Ce n’est pas un effet qui mérite d’être approfondi car l’efficacité
est limitée.

B. Propriétés de la valériane

La valériane est traditionnellement utilisée pour traiter les troubles du sommeil et


apaiser les tensions nerveuses notamment lorsqu’elles sont associées à des contractures
musculaires (Ollier, 2011). L’HMPC reconnaît un usage bien établi seulement pour les
préparations à base de racine de valériane qui sont : l’extrait aqueux ou hydro-éthanolique et
les teintures avec un DER [1 :5], le titre alcoolique étant au maximum 70 % v/v dans les deux
cas. Leur usage dans le cas d’état de nervosité modérée et de difficultés d’endormissement est
reconnu et le comité propose donc des doses (Tableau 4) à respecter pour ces indications
(EMA, 2005).
59
1. Effets cliniques

1.1. Anxiolytique

1.1.1. Thérapeutiques existantes

Actuellement, il existe deux familles principales d’anxiolytiques : les benzodiazépines


(majoritaires), les antihistaminiques H1 et autres. Les carbamates ont été retirés du marché
début 2012 (Katzung, 2006 ; Dorosz et al., 2011 ; Vidal, 2012). Cela réduit d’autant plus le
choix dans les traitements de l’anxiété C’est pourquoi il devient important de trouver des
alternatives thérapeutiques, telle que la valériane par exemple. Les benzodiazépines facilitent
la transmission GABAergique dont résultent les effets anxiolytique, myorelaxant,
anticonvulsivant et sédatif. Parmi les effets secondaires relevés dans l’utilisation des
benzodiazépines, il faut souligner les problèmes de dépendance physique et psychique, la
somnolence (effets sédatifs dose-dépendants), les troubles de la cognition (amnésie
antérograde et concentration), la tolérance (Vidal, 2012), etc.

1.1.2. Activité anxiolytique sur le rat de laboratoire

L’effet anxiolytique d’un extrait hydro-éthanolique 50 % v/v de racine de valériane a


été prouvé chez les rats de laboratoire à hauteur de 3 ml/kg injectés en intra-péritonéal. L’effet
était similaire à celui observé avec 1 ml/kg de diazépam, un anxiolytique de la famille des
benzodiazépines. Les animaux étaient ensuite soumis au test Elevated Plus Maze, c’est-à-dire
un labyrinthe surélevé en forme de croix dont deux bras sont murés sur trois côtés – ce sont
les bras fermés – et les deux autres non – ce sont les bras ouverts. Il est ensuite compté le
nombre d’entrées dans chacun des bras et le temps passé dessus. Ce modèle comportemental
permet de ″mesurer″ l’anxiété du rat présent dans le labyrinthe. Ainsi, plus le rat passe de
temps à explorer les bras ouverts et plus il y entre, moins son anxiété est considérée
importante (Murphy et al., 2010). Cet effet a aussi été montré par Hattesohl et son équipe
(2008) avec différents types d’extraits de racine de valériane (Hattesohl et al., 2008).

1.2. Anticonvulsivant

1.2.1. Thérapeutiques existantes

Actuellement, il existe différents traitements contre l’épilepsie. En officine, les


thérapeutiques sont variées. Il y a l’acide valproïque et le valproate de sodium qui sont des
anticonvulsivants actifs dans tous les types d’épilepsies. Ils sont dans la plupart des cas
61
utilisés en première intention. Les benzodiazépines telles que le diazépam (Valium®), le
clonazépam (Rivotril®) et le clobazam (Urbanyl®), ainsi que les barbituriques tels que le
phénobarbital (Gardenal®, Alepsal®) et la primidone (Mysoline®) sont également utilisées.
Ils possèdent une activité anticonvulsivante, sédative et hypnotique. Le topiramate
(Epitomax®), la tiagabine (Gabitril®), la gabapentine (Neurontin®) et la prégabaline
(Lyrica®) interagissent avec le système GABAergique par différents mécanismes d’action.
En dernière intention, le vigabatrin (Sabril®) peut être utilisé. Il inhibe la GABA-
transaminase de façon irréversible ce qui a pour conséquence d’augmenter la concentration de
GABA dans le cerveau. La lamotrigine (Lamictal®) permet une diminution de la libération
des neuromédiateurs excitateurs ainsi que la stabilisation de la membrane cellulaire des
neurones. Certains possèdent des mécanismes d’actions différents, pas toujours très bien
déterminés, tels que la phénytoïne (Di-Hydan®, Dilantin ®), l’éthosuximide (Zarontin®) et le
lévétiracétam (Keppra®). Enfin, dans certains cas des modulateurs de l’activité des canaux
sodium dépendants du potentiel peuvent être utilisés, tels que la carbamazépine (Tégrétol®)
par exemple. Il les maintiennent plus longtemps dans un état inactivé (Katzung, 2006 ; Dorosz
et al., 2011 ; Vidal, 2012). Le système GABAergique est une cible très importante dans le
traitement de l’épilepsie.

1.2.2. Activité anticonvulsivante sur un modèle expérimental


d’épilepsie

La valériane est depuis longtemps utilisée pour ses propriétés antiépileptiques en Iran.
Chez l’adulte, l’épilepsie du lobe temporal est la plus commune. C’est pourquoi Rezvani et
son équipe (2010) ont étudié les effets d’un extrait aqueux de valériane et d’un extrait par de
l’éther de pétrole de ces mêmes racines sur un modèle animal d’épilepsie obtenue après une
lésion spécifique au niveau du lobe temporal. Dans ce cas, des cassures électriques et motrices
ont été induites progressivement par stimulation de sites particuliers dans le cerveau du rat, en
l’occurrence l’amygdale qui est fortement impliquée dans ce processus. L’effet
antiépileptique observé serait en partie dû à l’activation du système adénosine. Les récepteurs
à l’adénosine A1 sont principalement pré-synaptiques. Leur activation induit une baisse de la
libération de neurotransmetteurs. Ils constituent une cible potentielle dans le traitement de
l’épilepsie (Rezvani et al., 2010).

63
Tableau 5 – Effet d'un extrait hydro-alcoolique de valériane sur les contractions de l’iléon du cochon
d’Inde stimulé par 0,1 Hz
D’après Emami-Abarghouei et al., 2009
Extrait (mg/ml) 5 15 50 150 500
Diminution des contractions (%) 34,5 36,1 47,6 56,4 76,2
Un extrait hydro-alcoolique provoque une diminution des contractions de l’iléon de façon dose dépendante.
La CE50* est de près de 50 mg/ml, ce qui représente une concentration relativement importante.
1.3. Hypnotique

Une méta-analyse d’études randomisées contrôlées par placebo révèle que la valériane
améliore la qualité du sommeil si elle est évaluée qualitativement, c’est-à-dire s’il est
seulement demandé aux volontaires si leur sommeil est amélioré ou non (variable
dichotomique). En revanche, lorsque la qualité du sommeil est évaluée par une échelle
visuelle (évaluation quantitative), il s’avère que la valériane n’apporte pas d’amélioration, ni
n’induit le sommeil plus rapidement et que cette appréciation est très subjective. Le problème
de la valériane serait son odeur. Elle biaiserait, en faveur de la valériane, les études menées
contre placebo car de ce fait, les patients qui reçoivent la valériane et non le placebo en sont
conscients (Bent et al., 2006 ; Fernandez-San-Martin et al., 2010). Les méta-analyses
s’accordent toutes à montrer que la valériane ne présente pas de danger d’utilisation mais
qu’elle est sans effet sur les troubles du sommeil (Taibi et al., 2007 ; Salter & Brownie, 2010 ;
Sarris & Byrne, 2010).
Il semblerait que l’effet ″sédatif″ de la valériane serait plus lié à son fort potentiel
anxiolytique qu’à un quelconque effet hypnotique. De ce fait, le sommeil ne peut être induit
et/ou amélioré que chez les patients dont l’anxiété est à l’origine de ces troubles (Hattesohl et
al., 2008). Cela expliquerait peut-être pourquoi les extraits de valériane n’induisent pas de
somnolence chez des sujets sains.

1.4. Myorelaxant

Un extrait hydro-alcoolique de valériane possède un effet myorelaxant dose-dépendant


sur l’iléon – partie de l’intestin grêle – de cochon d’Inde stimulé par 0,1 Hz qui est un modèle
in vitro des mouvements intestinaux (Tableau 5). Emami-Abarghouei et son équipe précisent
qu’une étude précédente montrait que ce type de contractions était dû à une libération
d’acétylcholine, et pouvait être atténuées par l’administration d’atropine. Ceci les laisse
supposer que l’extrait étudié pourrait posséder une activité anticholinergique qu’il serait
intéressant d’approfondir par la suite (Emami-Abarghouei et al., 2009).

2. Effets pharmacologiques

Selon l’HMPC, les effets sédatifs et anxiolytiques des racines de valériane ont été
démontrés au cours d’essais précliniques et des études cliniques. Il est donc admis que les
préparations reconnues à base de racine de valériane réduisent le délai d’endormissement et
améliorent la qualité du sommeil et le bien-être en journée. Cependant, le comité n’attribue
pas ces activités à l’un ou l’autre des composants en particulier. Mais il propose l’intervention
65
Figure 7 – Effet inhibiteur concentration-dépendant d’un extrait de valériane surl’excitabilité neuronale
D’après Yuan et al., 2004
a : essai avec 3 mg/ml d’extrait de valériane associé à 10 µM de bicuculline.
Un extrait de valériane, standardisé à 0,3 % d’acide valérénique, inhibe de façon dose-dépendante
l’excitation des neurones du tronc cérébral de rat. Un extrait à 3 mg/ml possède une activité inhibitrice de 29 %.
La bicuculline antagonise l’effet observé avec l’extrait de valériane.

Figure 8 – Effets d'un extrait aqueux et d’un extrait hydro-alcoolique de valériane sur la fixation du
glutamate en présence d’agonistes des récepteurs au glutamate
D’après Del Valle-Mojica et al., 2010
1 mg/ml d’extrait aqueux ou hydro-alcoolique de valériane diminue l’effet du NMDA, de l’AMPA et du
kainate (KA) sur la fixation du glutamate aux membranes synaptiques de rat. L’extrait hydro-alcoolique
augmente cependant la fixation de l’acide quisqualique alors que l’extrait aqueux ne la modifie pas.
Au total, les extraits de valériane diminuent fortement la fixation du glutamate.
de mécanismes d’action faisant intervenir le système GABAergique, les récepteurs à
l’adénosine A1 et les récepteurs sérotoninergiques 5-HT1A (EMA, 2005).

2.1. Interaction avec le système GABAergique

La valériane interagit avec le système GABAergique, le GABA étant un


neurotransmetteur inhibiteur. Ceci explique les effets sédatifs et anxiolytiques observés lors
de la consommation de valériane. Un extrait de valériane, standardisé à 0,3 % d’acide
valérénique, inhibe in vitro l’activité neuronale des neurones du tronc cérébral de rat (Figure
7) avec une CI50* de 240 µg/ml. Cet effet est en partie diminué en présence de bicuculline, un
antagoniste des récepteurs GABA-A, ou RGABA-A (Yuan et al., 2004). Cela suggère donc
que l’activité de l’extrait de valériane étudié est médiée par les RGABA.

2.2. Interaction avec le système glutamatergique

Le glutamate est un neurotransmetteur excitateur du système nerveux central. Son


activité est compensée par celle du GABA garantissant ainsi un état d’équilibre. Si un
composé inhibait l’effet du glutamate, alors la balance pencherait vers le GABA et le système
nerveux central se trouverait dans un état d’inhibition plus important. Or des extraits hydro-
alcoolique et aqueux de racines de valériane ont montré une interaction avec les récepteurs
glutamatergiques ionotropiques. Ils entrainent une diminution de la fixation du NMDA, de
l’AMPA, et du kaïnate sur les récepteurs glutamatergiques (Figure 8). En revanche, l’extrait
hydro-alcoolique augmente la fixation de l’acide quisqualique, un agoniste des récepteurs
métabotropiques du groupe I, principalement post-synaptiques, qui pourrait se traduire par un
effet excitateur exacerbé. La sélectivité dépend du type d’extrait et de leur durée de
conservation. Toutefois, l’effet total des extraits de valériane se manifeste par une forte
diminution de la fixation du glutamate sur ses récepteurs exprimés sur des membranes
synaptiques de rat (Del Valle-Mojica et al., 2010). Ceci doit se traduire par une augmentation
de l’inhibition du système nerveux central puisqu’en parallèle, ce type d’extrait provoque une
potentialisation de l’effet GABAergique.

67
Tableau 6 – Évaluation des symptômes de l’hyperactivité et des troubles du sommeil à la première et la
seconde consultations
D’après Muller & Klement, 2006

Hyperactivité Troubles du sommeil


Importance des
1ère visite 2ème visite Évolution 1ère visite 2ème visite Évolution
symptômes
(%) (%) (%) (%)
Pas d’informations 0,9 0,9 = 0,4 0,6 =
Absents 10,9 29,6  6,2 29,7 
Légers 18,1 45,5  10,0 46,8 
Modérés 37,8 18,4  35,6 18,5 
Sévères 28,1 4,5  41,5 3,6 
Très sévères 4,3 1,1  6,21 0,7 
Total 100 100 100 100
C. Études d’une association mélisse-valériane

1. Effets sur les troubles du sommeil

Un traitement associant valériane et mélisse, Euvegal® forte14, a été testé pendant


quatre semaines sur 918 enfants diagnostiqués hyperactifs de moins de douze ans et souffrant
de troubles du sommeil (Muller & Klement, 2006). La posologie quotidienne était de deux
comprimés, deux fois par jour soit une dose de 640 mg d’extrait sec hydro-alcoolique de
racine de valériane et 320 mg d’extrait sec hydro-alcoolique de feuilles de mélisse. Les effets
ont été observés d’un côté par les parents et de l’autre par les instigateurs de l’enquête. Une
nette amélioration des troubles du sommeil et des symptômes liés à l’hyperactivité a été notée
par ceux-ci (Tableau 6). Le traitement n’a pas révélé d’effets secondaires car la tolérance a été
considérée comme bonne voire très bonne pour 96 % des patients. Toutefois, 157 patients ont
stoppé prématurément le traitement, mais dans 50 % des cas, cela était dû à une rémission. En
aucun cas, il n’a été suspendu pour des raisons de mauvaise tolérance (Muller & Klement,
2006).

2. Effets face à un stress induit

L’efficacité anxiolytique est parfaitement admise pour la mélisse et la valériane, mais il


apparait également très intéressant de comprendre les effets de l’association de ces deux
plantes. C’est ce qu’ont fait Kennedy et son équipe en 2006. Vingt-quatre volontaires sains se
sont prêtés à l’étude. Ils recevaient quotidiennement neuf gélules dont la quantité totale
représentait soit 3, 6 ou 9 fois l’association de 120 mg d’extrait de racines de valériane [4,5:1]
et 80 mg d’extrait de feuilles mélisse [5:1] – nature de l’extrait inconnue – ou un placebo,
avant d’être soumis à un test facteur de stress 15. Il apparaît que 600 mg de cette association
réduisent l’anxiété du sujet. En revanche, 1800 mg ont provoqué une légère augmentation de
celle-ci. Les trois doses ont perturbé les scores des volontaires aux tests (Kennedy et al.,
2006).

14
Ce produit n’est pas commercialisé en France.
15
Lors de ce type de test, il est demandé aux participants de réaliser quatre tâches simultanément. Celles-ci font
intervenir leurs facultés cognitives et psychomotrices. A l’issue du test, ils obtiennent un score plus ou moins
élevé selon leur degré de réussite.
69
3. Effets sur des sujets sains

Afin de déterminer si une association de 120 mg d’extrait de racines de valériane [4,5:1]


et 80 mg d’extrait de feuilles mélisse [5:1] – nature de l’extrait inconnue – était bien tolérée et
sans effets secondaires, Cerny et Schmid (1999) ont étudié sur des volontaires sains de 20 à
70 ans les effets de l’administration de trois fois cette dose, une demi-heure avant le coucher
pendant un mois. Au total, 98 participants ont été recrutés, un tiers a reçu le placebo et deux
tiers ont reçu le traitement par mélisse et valériane. L’association a été très bien tolérée (97 %)
et seulement 3 % ont jugé cette tolérance insatisfaisante, tout comme le placebo
(respectivement 95 et 3 %). Dans les deux groupes, des effets secondaires de type fatigue et
troubles du sommeil ont été observés chez 28 % des sujets. L’association n’a pas apporté de
modification quant au bien-être des personnes, mais a montré une amélioration des troubles
du sommeil pour un tiers des volontaires ayant reçu le traitement, alors qu’aucun d’eux ne
s’en plaignait au début de l’étude (Cerny & Schmid, 1999). Cette étude montre bien que
l’utilisation de ces deux plantes en thérapeutique présente un risque faible et que leur
tolérance est très bonne.

71
COOH

HO COOH

1 2

COOH
COOH

OH
OH HO
OH

3 4

COOH

5
II. Composition chimique de la mélisse et de la valériane
La mélisse et la valériane possèdent une composition chimique très variée. Les
constituants de la drogue* entière et ceux de l’huile essentielle* diffèrent. La mélisse et la
valériane dérivent de la même sous-classe : les Astéridées. Il n’est donc pas surprenant de
trouver des similitudes dans leur composition (eugénol, pinène, β-caryophyllène, etc.).
Les structures moléculaires présentées ont été réalisées avec le logiciel ISIS/Draw 2.5.

A. Composition chimique de la mélisse

1. Composition chimique des feuilles de mélisse

Les feuilles de mélisse sont riches en acides-phénols (ou acides phénoliques) et en


flavonoïdes (Annexe 7).

1.1. Acides phénoliques

Un acide phénolique (ou acide-phénol) est un composé organique polaire constitué d’au
moins une fonction carboxylique et un hydroxyle phénolique. Dans le monde végétal, ce
terme désigne les dérivés cinnamiques (C6-C3) et les dérivés benzoïques (C6-C1).
Ils peuvent être extraits par les solvants organiques en milieu légèrement acide. Les
acides-phénols sont des molécules instables qui ont tendance à s’oxyder, notamment en
milieu alcalin (Bruneton, 2009).

1.1.1. Dérivés de l’acide benzoïque

Les dérivés de l’acide benzoïque (1) sont des acides-phénols en C6-C1 (Bruneton,
2009). Il y en a trois identifiés dans les feuilles de mélisse. Il s’agit de l’acide para-
hydroxybenzoïque (2), de l’acide protocatéchique (3) et de l’acide gentisique (4) (Guignard et
al., 1985).

1.1.2. Dérivés de l’acide cinnamique

Les acides-phénols dérivés de l’acide cinnamique (5) un composé en C6-C3, le plus


souvent estérifiés (Bruneton, 2009). Les feuilles de mélisse contiennent ce type d’acides-
phénols, l’acide caféique (6), et des composés qui en sont dérivés : l’acide rosmarinique (7),
l’acide chlorogénique (8) et les acides A et B mélitriques (9 et 10).

73
COOH
O
HO OH
O
HO
HO OH
OH O
OH
6 7
O
HO COOH O OH HO OH
O
O
HO
O OH
HO
O OH O

OH HO
HO
OH
8 9
OH
O
O OH
HO
O
O
HO COOH
O OH
O

HO

OH

10 11

12
L’acide caféique (6) est un acide-phénol dérivé de l’acide cinnamique (Bruneton, 2009).
Il peut être oxydé en quinone à l’occasion d’une blessure infligée à la plante (Guignard et al.,
1985).
L’acide rosmarinique (7), comme son nom l’indique, a été isolé et identifié pour la
première fois à partir du romarin (Rosmarinus officinalis) par Scarpati et Oriente, en 1958
(Pereira et al., 2005). Pourtant, il est présent en plus grande quantité dans les feuilles de
mélisse, où sa concentration est de 3,9% contre 2,5% dans le romarin Rosmarinus officinalis
(Geller et al., 2010). Sa teneur peut toutefois atteindre les 4,7 % (Gruenwald et al., 2007).
L’acide rosmarinique est un ester de l’acide caféique et de l’acide 3,4-hydroxyphényllactique
(Pereira et al., 2005). C’est une molécule polaire (ce qui explique sa solubilité dans l’eau et
l’éthanol). Il est présent chez les Lamiacées, les Borraginacées et les Apiacées (Penchev,
2010) et est supposé participer aux mécanismes de défense de la plante (Petersen &
Simmonds, 2003).
L’acide chlorogénique (8), ou acide 5-caféoyl-quinique est un ester de l’acide quinique
et de l’acide caféique. C’est une molécule très représentée dans le règne végétal qui a été
détectée pour la première fois dans le café, en 1837 (Petersen et al., 2009). Il s’isomérise par
rapport à la position de l’ester en milieu alcalin ou acide et forme ainsi un mélange d’isomères
de position, ce sont les acides chlorogéniques. Du fait de la présence de nombreux
hydroxyles, l’acide chlorogénique est soluble dans l’eau (Bruneton, 2009).
Les acides A (9) et B (10) mélitriques, dérivant de l’acide rosmarinique, peuvent être
considérés comme des ″trimères″ de l’acide caféique (Agata et al., 1993).

1.1.3. Acide carnosique

L’acide carnosique (11) ou rosmaricine est un diterpène phénolique (Penchev, 2010). Il


est avec l’acide rosmarinique le marqueur du romarin dont des extraits sont autorisés dans
l’UE comme antioxydants alimentaires par le biais d'une directive de l’Autorité Européenne
de Sécurité Alimentaire ou EFSA, European Food Safety Authority (EFSA, 2008).

1.2. Flavonoïdes

Les flavonoïdes sont des composés souvent polaires et donc solubles dans l’eau et dans
l’alcool, qui possèdent tous la même structure de base (12) puisque qu’ils ont une origine
biosynthétique commune. Leur teneur, dans les feuilles de mélisse, varie de 0,2 % à 0,7 %
(Bruneton, 2009).

75
OH
OH
OH OH

R HO O
OH HO O
HO O O

O O
O
HO
OH O OH OH O OH
OH O O O
OH
H
OH H3C OH

OH
HO OH

13 : R = H
15 16
14 : R = OH

HO

O O
COOH
H
COOH

HO
O OH HO
HO CH3

17 18 19
Ils ont un rôle dans le renouvellement de l’espèce car ils participent à la pollinisation en
attirant les insectes. Au niveau des feuilles, ils constituent un filtre protecteur par rapport au
rayonnement ultraviolet (Simmonds, 2003 ; Bruneton, 2009 ; Miller et al., 2011).

1.2.1. Hétérosides flavoniques

La cosmosiine (13) est un 7-glucoside de l’apigénol tandis que le cynaroside (14) est un
7-glucoside de lutéolol. Ces deux molécules sont constituées d’un noyau flavone (Bruneton,
2009).

1.2.2. Hétérosides flavonoliques

Des hétérosides flavonoliques sont aussi présents dans les feuilles de mélisse. Il s’agit
de l’isoquercitroside (15), le quercitroside (16) et la rhamnocitrine (17).

1.3. Triterpènes

Les triterpènes sont des composés en C 30 issus de la cyclisation du squalène ou de


l'époxysqualène. Ils possèdent le plus souvent une fonction oxygénée en 3. Ce sont des
molécules fortement lipophiles, propres au monde végétal (Bruneton, 2009), tandis que les
stéroïdes qui en dérivent sont communs aux deux règnes.
L’acide ursolique (18) et l’acide oléanolique (19) sont des triterpènes contenus dans les
feuilles de mélisse (Bruneton, 2009). Ce sont deux isomères largement répandus dans le
monde végétal (Liu, 1995).

1.4. Autres

Les feuilles de mélisse possèdent également des tanins catéchiques qui correspondent
aux proanthocyanidols. Ils possèdent des propriétés sur l’éréthisme* cardiaque (Thoby, 2009).
Comme beaucoup de plantes, la mélisse contient des vitamines, notamment B1 et B2
(Thoby, 2009), de la chlorophylle, des cires et des stérols, ainsi que de l’acide succinique
(Penchev, 2010).

2. Composition chimique de l’huile essentielle* de mélisse

L’huile essentielle* ne représente en moyenne que 0,05 pour cent des feuilles de
mélisse sèches (Bruneton, 2009). Cette faible quantité explique son prix élevé (Sari & Ceylan,
2002) bien que la concentration en huile essentielle* soit en fait très variable : de 0,02 à 0,8 p.

77
20 21
OH
HO
CH2OH

CH2OH

22 23 24 25

OH
OH

26 27
cent (Babulka, 2005 ; Gruenwald et al., 2007). L'huile essentielle*, de couleur jaune pâle, est
riche en composés terpéniques volatils (Annexe 8) qui lui confèrent une légère odeur
citronnée (Bahtiyarca Bagdat & Cosge, 2006).

2.1. Terpénoïdes

Les terpénoïdes sont des composés fortement lipophiles constitués d’unités


isopréniques. Ils sont principalement représentés par les monoterpènes et les sesquiterpènes.
Certains de ces produits sont très volatils (Bruneton, 2009) ce qui explique leur présence dans
l’huile essentielle*.

2.1.1. Monoterpènes réguliers

Les monoterpènes constituent un groupe de molécules dont la structure terpénique est la


plus simple (les hémiterpènes étant très rares) car ils sont issus du couplage de seulement
deux unités d’isoprène (C5). Ils sont dits ″réguliers″ lorsqu’ils sont issus du couplage en tête-
à-queue de deux unités en C5. Ils existent principalement à l’état libre dans l’huile
essentielle*, mais ils peuvent aussi parfois être conjugués avec un ose (Bruneton, 2009).

2.1.1.1. Hydrocarbures monoterpéniques

L’huile essentielle* de mélisse contient deux hydrocarbures monoterpéniques :


l’ocimène et l’α-pinène.
L’ocimène (20), dénominatif regroupant en fait les deux isomères cis-β-ocimène et
trans-β-ocimène, est un monoterpène acyclique (Bruneton, 2009).
Quant à l’α-pinène (21), c’est un monoterpène cyclique (Bruneton, 2009). C’est un
phytoncide, c’est-à-dire une substance volatile libérée par les arbres qui aurait des vertus
sédative, anxiolytique et anticonvulsivante, ce qui expliquerait l’effet apaisant d’une
promenade en forêt (Aoshima & Hamamoto, 1999).

2.1.1.2. Alcools monoterpéniques

L’huile essentielle* de mélisse contient des alcools monoterpéniques acycliques tels que
le citronellol (22), le géraniol (23), le linalol (24) et le nérol (25) présent jusqu’à 5%
(Teuscher et al., 2005), et cycliques qui sont l’isopulégol (26), aussi nommé p-menth-3-èn-8-
ol, et l’α-terpinéol (27) (Bruneton, 2009).

79
CHO

CHO CHO

30
28 29

O O
O
O
33
31 32

COCH3 O

O
O

36
34 35
2.1.1.3. Aldéhydes monoterpéniques

Les aldéhydes monoterpéniques sont généralement acycliques (Bruneton, 2009). Ils


contribuent à l’arôme de l’huile essentielle* de mélisse. Ils représentent 50 à 97 % de cette
dernière (Teuscher et al., 2005).

a. Citral

Le citral est un mélange de deux isomères : le géranial, ou citral a (28) et le néral, ou


citral b (29). Sa quantité est variable dans l’huile essentielle* de mélisse, toutefois le rapport
géranial/néral est assez stable, à savoir de 4/3 à 5/3 (Teuscher et al., 2005 ; Bruneton, 2009).
Le géranial constitue le composé principal de l’huile essentielle* de mélisse (Sari & Ceylan,
2002). Il est utilisé en agro-alimentaire comme exhausteur de goût ou arôme (Stotz et al.,
2008).

b. Citronellal

L’huile essentielle* de mélisse contient du citronellal (30) constitué de près de 98 % de


l’énantiomère (+) et 2 % de l’énantiomère (-) (Teuscher et al., 2005). Il représente avec le
citral 40 à 75 % de l’huile essentielle* de mélisse, et est responsable de son arôme ″citronné″
(Gruenwald et al., 2007).

2.1.1.4. Cétones monoterpéniques

La pinocamphone (31) est une cétone monoterpénique bicyclique.

2.1.1.5. Esters terpéniques

L’huile essentielle* de mélisse contient également des esters terpéniques car ce sont des
molécules lipophiles. Celles-ci sont les acétates de géranyle (32), de néryle (33), de
citronellyle (34) et de linalyle (35) et le citronellate de méthyle (36).
La teneur de l’acétate de géranyle atteint parfois 6 % (Teuscher et al., 2005).

81
O

HO
H H H H

O
O

37 38 39 40

OH

H HO

41 42 43 44

OH

HO
HO

45 46 47
2.1.1.6. Éthers monoterpéniques

Le 1,8-cinéole (37), aussi appelé eucalyptol, est un monoterpène cyclique comportant


un pont éther (Bruneton, 2009).
L’oxydation du linalol conduit à une cyclisation de la molécule. Le produit de cette
transformation est l’oxyde de cis-linalol (38). Il joue un rôle dans l’arôme des fruits
(Bruneton, 2009).

2.1.2. Sesquiterpènes

Les sesquiterpènes sont des terpènes en C15.

2.1.2.1. Hydrocarbures sesquiterpéniques

L’huile essentielle* de mélisse contient de nombreux hydrocarbures sesquiterpéniques.


La teneur en β-caryophyllène (39) de l’huile essentielle* de mélisse peut atteindre 28 %.
Mais celle-ci diminue par transformation du β-caryophyllène en oxyde de caryophyllène(40),
au fur et à mesure de la conservation (Teuscher et al., 2005). Le β-caryophyllène est aussi
présent dans de nombreuses plantes (l’isomère Z est moins présent) dont l’origan, la cannelle
et le poivre noir. Il est utilisé comme fragrance dans les cosmétiques pour son odeur qualifiée
de boisée et épicée. Son oxydation à l’air produit l’oxyde de caryophyllène (Skold et al.,
2006).
Le germacrène D (41), parfois absent, est également un composé important puisqu’il
peut représenter jusqu’à 15 % de l’huile essentielle* (Teuscher et al., 2005).
L’α-copaène (42) représente 5% de l’huile essentielle* (Teuscher et al., 2005).
Les autres hydrocarbures sesquiterpéniques sont présents en quantité beaucoup plus
négligeable (Annexe 9).

2.1.2.2. Alcools sesquiterpéniques

L’huile essentielle* de mélisse contient cinq alcools sesquiterpéniques identifiés qui


sont : le caryophyllènol (43), l’α-Cadinol (44), le nérolidol (45), le farnésol (46) et le
germacradiènol (47).

83
OH
O
O O
O O

48 49 50

OH OH O

51 52 53

H H H OH
H O
O

COOH COOH
COOH

54 55 56
2.2. Composé aromatique

L’eugénol (48) est un allylphénol, dérivé du phénylpropane (C6-C3). Il existe sous


forme libre ou estérifiée, l’acétate d’eugényle (49) (Bruneton, 2009). Il est principalement
présent dans l’huile essentielle* de clou de girofle, Eugenia carophyllata. Il est employé en
dentisterie pour ses propriétés analgésiques (Vriens et al., 2008).

2.3. Composés aliphatiques

Ces composés correspondent probablement à des produits de dégradation naturels ou


dus aux techniques d’extraction. Il s’agit d’aldéhyde, le nonanal (50), et d’alcools, l’hept-1-
èn-3-ol (51), l’oct-1-èn-3-ol (52) et la 6-méthylhept-5-èn-2-one (53). Cette dernière constitue
un produit de dégradation du citral (Bruneton, 2009). Sa teneur atteint parfois 9 % (Teuscher
et al., 2005).

B. Composition chimique de la valériane

La valériane présente quelques similitudes chimiques avec la mélisse, c’est pourquoi les
composés communs aux deux plantes ne sont pas développés de nouveau dans cette partie.

1. Composition chimique des racines de valériane

Les racines de valériane sont riches en composés sesquiterpéniques et en iridoïdes


(Annexe 10).

1.1. Terpénoïdes

1.1.1. Sesquiterpènes

Les sesquiterpènes présents dans la valériane sont des acides carboxyliques


cyclopentaniques chimiquement stables et non volatils. Il s’agit de l’acide valérénique et ses
dérivés (Bruneton, 2009).
Chez certaines variétés cultivées de valériane, la concentration en acide valérénique
(54), acide 2-acétoxyvalérénique (55) et acide 2-hydroxyvalérénique (56) oscille entre 0,2 et
0,7 %. Celle-ci est maximale en mars, où elle peut atteindre les 0,9 % (Bruneton, 2009).
L’acide valérénique constitue un marqueur qualitatif et quantitatif de la valériane (DEQM,
2011).
85
O
O
11 O
O O
4 5 6 O
3
O
7 O O
O H O
9 8 O O O
H
1 O O O
10

57 58 59

O
O

O O
O O
O O O
O O
H
O O
O
O O
H O OH
O O O
H
O O
O O O

O O O

60 61 62

OH

R O

63 : R= CH3
64 : R= C2H4(CH3)2
L’acide 2-hydroxyvalérénique est un produit de dégradation de l’acide valérénique
présent seulement dans les racines mal conservées (Bruneton, 2009).

1.1.2. Iridoïdes

Les iridoïdes, au sens strict, sont des monoterpènes irréguliers particulièrement


instables. Leur dégradation est à l’origine du brunissement rapide des plantes les renfermant,
une fois récoltées. Ils prédominent sous une forme hétérosidique. Ils peuvent être extraits par
des solvants polaires (Bruneton, 2009).
Les iridoïdes sont aussi retrouvés chez la cataire (Nepeta cataria L., Lamiacées),
notamment la népétalactone qui a un effet sur les chats comme les phéromones sexuelles d’où
les noms : chataire, cataire, herbe-aux-chats, Katzenmelisse (Tucker & Tucker, 1988 ;
Bruneton, 2009).

1.1.2.1. Valépotriates

Les iridoïdes de la valériane ne sont pas hétérosidiques, ce sont les valépotriates (″val″
pour valériane, ″épo″ pour époxydes et ″tri″ pour triesters). Ce sont des esters de triols dérivés
de l’iridane (57) époxydés en 8 et 10 et comportant deux doubles liaisons en 3 et en 5, les
rendant particulièrement instables. Ils ne peuvent être extraits des racines par l’eau mais
seulement par des solutions hydroalcooliques contenant au moins 70 % d’éthanol (Bruneton,
2009). Ils ont été isolés pour la première fois en 1966 par Thies (Hazelhoff et al., 1979). Ce
sont des composés instables qui ne peuvent être retrouvés que dans la plante fraîche ou séchée
à moins de 40°C (Capasso et al., 2003).
La valériane contient donc du valtrate (58), de l’isovaltrate (59), de l’acétovaltrate (60),
du dihydrovaltrate (61) et de l’isovaléroxy-hydroxydihydrovaltrate, IVHD (62). Leur teneur
varie de 0,5 à 2 % (Ghedira et al., 2008). Le valtrate et l’isovaltrate représentent le plus
souvent 90 % des valépotriates (OMS, 1999b).

1.1.2.2. Baldrinals

Les baldrinals, en l’occurrence le baldrinal (63) et l’homobaldrinal (64) sont les produits
de décomposition (de couleur jaune) des valépotriates, issus de l’hydrolyse de ces derniers en
milieu chaud (température supérieure à 40°C), humide et acide (pH inférieur à 3). Ils ont
tendance à se polymériser (Bruneton, 2009).

87
N N

N O
O
O

65 66 67

HOOC NH2
N
H O
N

68 69 70

H2N
COOH HN COOH
NH2 H
N
O NH2 H2N
HO NH2
COOH

73
71 72

OH
COOH

O
O

O HO
O
O

HO
74 75
1.2. Composés azotés

1.2.1. Alcaloïdes pyridiniques

Plusieurs alcaloïdes ont été isolés, à l’état de traces, dans les racines de valériane,
notamment l’actinidine (65) et la naphtyridylméthylcétone (67) (Patočka & Jakl, 2010).
L’actinidine a été isolée pour la première fois par Torssel et Wahlberg en 1966. Cette
molécule pourrait être à l’origine de l’attraction des chats pour la valériane (Tucker & Tucker,
1988). En effet, sa structure est similaire à celle de la népétalactone (66) présente chez la
cataire, et à laquelle on attribue l’activité attractive sur les chats de Nepetaria cataria.
L’actinidine a été isolée à l’état de traces dans les parties souterraines de la valériane
(Bruneton, 2009), ainsi que la valérianine (68), c’est-à-dire la 8-méthoxyactinidine et l’α-
méthylpyrrylcétone (69).

1.2.2. Acides aminés

L’acide γ-aminobutyrique (GABA, 70) a aussi été isolé des racines de valériane
(Bruneton, 2009). Tout comme dans la majorité des plantes, d’autres acides aminés ont été
identifiés tels que la glutamine (71), la tyrosine (72) et l’arginine (73).

1.3. Lignanes

Les lignanes sont présents en faible quantité dans les racines de valériane. ils dérivent
de trois précurseurs phénylpropanoïdes : l’alcool p-coumarylique, l’alcool coniférylique et
l’alcool sinapylique (Schroeder et al., 2006). Dans les racines de valériane, ils sont
représentés par le pinorésinol (74) et ses dérivés osidiques. Le pinorésinol est un dimère de
l’alcool coniférylique. Il est très fréquent dans les plantes ligneuses ou fibreuses (Ghedira et
al., 2008).

1.4. Acides phénoliques

Des traces d’acides-phénols sont aussi retrouvées dans les parties souterraines de
valériane (Bruneton, 2009), notamment l’acide chlorogénique et l’acide isoférulique (75).

89
76 77 78

HO

79 80 81

HO
O O
O
H

82 83 84

O OH

85 86
1.5. Autres

Il est aussi fait mention de la présence de flavonoïdes sans plus de détails.

2. Composition chimique de l’huile essentielle* de valériane

L’huile essentielle* représente de 0,2 à 1,5 pour cent de la drogue* sèche. Il existe 4
chimiotypes principaux de l’huile essentielle* de valériane : à valéranone, à valérianol (appelé
d’abord ″élémol type″), à cryptofauronol et à valérénal (Bos et al., 1997). Comme toute plante
aromatique, la composition de cette huile essentielle*(Annexe 11) varie fortement selon la
période à laquelle la plante est récoltée (Hazelhoff et al., 1979).

2.1. Terpénoïdes

2.1.1. Monoterpènes

2.1.1.1. Hydrocarbures monoterpéniques

Certains monoterpènes sont présents en grande quantité. Il s’agit du camphène (76) dont
la concentration peut atteindre 6,4%, le β-phellandrène (77) jusqu’à 2,4 %, de l’α-pinène (78)
qui peut atteindre 2,2 %, le p-cymène (79) jusqu’à 1,5 % et le limonène (80) 1,2 %. Les autres
monoterpènes présents dans l’huile essentielle* ne représentent pas plus de 1% chacun, voire
à l’état de traces (Bos et al., 1997). Ce sont le tricyclène, le sabinène, le β-pinène, le β-
Myrcène, le fenchène, le γ-terpinène et le terpinolène (Annexe 12).

2.1.1.2. Alcools monoterpéniques

Le bornéol est présent dans l’huile essentielle* de valériane à hauteur de 0,1 à 0,6 %
(Bos et al., 1997). L’huile essentielle* de nombreuses plantes médicinales contient également
du bornéol, telle que celle du romarin (Rosmarinus officinalis) et du thym (Thymus vulgaris).
Il possède deux énantiomères (Granger et al., 2005) : le (+)-bornéol (81) et le (-)-bornéol (82).
Le bornéol est peu présent dans l’huile essentielle* de valériane alors que l’un de ses esters,
l’acétate de bornyle (83) peut être présent en grande quantité, entre 2 et 36 % (Bos et al.,
1997). Le bornéol peut aussi être estérifié en isovalérate de bornyle (84).

L’acétate de myrtényle (85) est retrouvé de l’état de traces à 9 % de l’huile essentielle*


(Bos et al., 1997). Le myrténol (86) peut être estérifié en acétate de myrtényle, en hexanoate
de myrtényle ou en isovalérate de myrtényle.

91
O

87 88

O O

O O

89 90

H
H
H

91 92
D’autres alcools monoterpéniques sont présents dans l’huile essentielle* de valériane
mais en beaucoup plus faibles quantités. Il s’agit du carvacrol (sous forme méthyléther), du
terpinèn-4-ol, et du (-)-cis et (-)-trans-carvéol (Annexe 12).

2.1.1.3. Cétone monoterpénique

Le camphre (87) est un analogue structural du bornéol (Granger et al., 2005). Il n’est
présent qu’à l’état de traces dans l’huile essentielle* de valériane (Bos et al., 1997).

2.1.1.4. Aldéhyde monoterpénique

Le menthénal (88), aussi présent dans les racines de valériane, n’est retrouvé qu’en très
petites quantités dans l’huile essentielle* de V. officinalis, c’est-à-dire de l’état de trace à 0,3
% (Bos et al., 1997).

2.1.1.5. Esters terpéniques

Des esters terpéniques retrouvés dans l’huile essentielle* de valériane sont l’isovalérate
de citronellyle (89), 0,2 à 2,1 %, et l’acétate de citronellyle (90), 0,1%.

2.1.2. Sesquiterpènes

2.1.2.1. Hydrocarbures sesquiterpéniques

L’acide valérénique représente 0,3 à 3 % de l’huile essentielle* de valériane. Un ester


de l’acide valérénique est également présent, il s’agit du valérénate de méthyle.
L’eudesmatriène (91) est un sesquiterpène volatil (Bruneton, 2009). L’α-humulène (92)
est un synonyme d’α-caryophyllène. Il représente moins d’1 % de l’huile essentielle* (Bos et
al., 1997).

93
H

HO
HO

HO
93 94 95
O H

H
O
O
H

96 97 98

H
OH

99
2.1.2.2. Alcools sesquiterpéniques

Des alcools sesquiterpéniques sont également présents dans l’huile essentielle* de


valériane : le valérianol (93), le valérénol (94), le maaliol (95), etc (Annexe 12).

2.1.2.3. Cétones sesquiterpéniques

Des cétones telles que la faurinone (96) et la valéranone (97) sont également présentes
dans l’huile essentielle* de valériane.

2.1.2.4. Aldéhyde sesquiterpénique

Le valérénal (98) est un aldéhyde sesquiterpénique présent dans l’huile essentielle* de


valériane.

2.1.3. Sesquiterpénoïde

Le xanthorrhizol (99) est un sesquiterpénoïde de type bisabolane également présent


dans le rhizome de gingembre, Curcuma xanthorrhiza, plante asiatique à laquelle sont
associés de nombreux bienfaits dont des vertus antioxydantes (Cho et al., 2011).

2.1.4. Iridoïdes

2.1.4.1. Valépotriates

Il est incertain de retrouver des valépotriates dans l’huile essentielle* puisque celle-ci
est obtenue par entrainement à la vapeur d’eau conformément à la définition de la
Pharmacopée Européenne VIIème édition, ce qui implique un chauffage à plus de 100°C, or ils
sont dégradés au-delà de 40°C. Il est fort probable, en revanche de retrouver leurs produits de
dégradation : les baldrinals.

2.1.4.2. Baldrinals

Les baldrinals (baldrinal et homobaldrinal) sont les produits de décomposition des


valépotriates présents également dans les racines de valériane (cf. 1.1.2.2).

95
OH
O

100 101

HO O

O
O

102 103
2.1.5. Caroténoïde : la β-ionone

La β-ionone (100) provient de l’auto-oxydation du carotène (Bruneton, 2009).

2.2. Composés aromatiques

2.2.1. Eugénol (et esters)

L’eugénol est présent sous forme estérifiée, c’est-à-dire hexanoate et isovalérate


d’eugényle, mais aussi isovalérate, valérénate et isovalérénate d’isoeugényle.

2.2.2. Thymol

Le thymol (101) ne représente que 0,1 % de l’huile essentielle* de valériane. En


revanche, le méthyléther de thymol peut être présent jusqu’à 0,4 % (Bos et al., 1997).

2.3. Autres

L’odeur désagréable caractéristique de la valériane lui est conférée par la présence de


l’acide isovalérique (102) (Khom et al., 2010).
L’acétate de nojigiku (103) est présent à l’état de traces dans l’huile essentielle* de
valériane, mais certaines espèces peuvent en contenir jusqu’à 0,8 % (Bos et al., 1997).

97
III. Activités pharmacologiques des composés de la mélisse et de la
valériane
Les constituants de la mélisse et de la valériane (cf. II) ont principalement été étudiés
afin de déterminer s’ils concourent aux propriétés sédatives, anti-inflammatoires,
antibactériennes, antifongiques et antioxydantes des deux plantes. Les études scientifiques
sont donc particulièrement focalisées sur la caractérisation de leur mode d’action. Les
questions adressées par l’usage traditionnel de ces plantes sont les hypothèses de départ des
études qui suivent. Celles-ci permettent d’objectiver l’usage médical qui est fait de la
valériane et de la mélisse, sur la base de résultats obtenus à la lumière de nos connaissances
actuelles en physiologie et pharmacologie. Ces études permettent également d’entrevoir
d’autres usages, non connus, de ces plantes, et d’en comprendre la toxicité potentielle.
Certains composés ne seront pas abordés dans ce qui suit, notamment les vitamines et
les acides aminés. En effet, ceux-ci sont impliqués dans de nombreuses réactions du
métabolisme au sein de la plante et ils sont largement répandus au sein du règne végétal. De
ce fait, il est peu probable qu’une activité particulière leur soit attribuée, mais si tel était le
cas, elle ne serait pas spécifique à la mélisse ou la valériane. Les activités présentées ci-après
sont celles des composés des deux plantes et leurs dérivés (esters, éthers, etc.) car il est
fortement probable qu’ils soient métabolisés dans le tube digestif.

A. Système nerveux

1. Interaction avec le système GABAergique

La mélisse et la valériane sont principalement réputées pour leurs vertus relaxante et


anxiolytique. Partant de cette constatation, les chercheurs s’intéressent au mode d’action des
extraits végétaux de chacune de ces plantes sur le système GABAergique.

1.1. Pharmacologie des récepteurs GABA

Le GABA, acide gamma-aminobutyrique, est le principal neurotransmetteur inhibiteur


du système nerveux central. Il est synthétisé à partir du glutamate par les neurones, au sein de
leur cytoplasme. Il est ensuite stocké dans des vésicules cytoplasmiques grâce à des
transporteurs : les VGaT, Vesicular GABA transporter. Puis, il est libéré dans la fente
synaptique où il agit sur ses récepteurs ou est recapturé dans les neurones GABAergiques
grâce aux transporteurs GAT-1 et 4, ou les cellules gliales par les transporteurs GAT-2 et 3.
Sa dégradation est ensuite assurée par les mitochondries par la GABA transaminase (Roth &
Draguhn, 2012).
99
Figure 9 – Structure du récepteur GABA-A
D’après Olsen & Tobin, 1990 ; Enz & Cutting, 1998

Figure 10 – Structure du récepteur GABA-B


D’après Enz & Cutting, 1998
Il existe deux types de RGABA : les récepteurs-canaux à perméabilité anionique dits
ionotropiques, GABA-A et GABA-C, et les récepteurs couplés aux protéines G dits
métabotropiques, GABA-B.

1.1.1. Récepteurs ionotropiques du GABA

Les RGABA sont des protéines membranaires hétéropentamèriques (Figure 9). Chaque
sous-unité, ou monomère, est composée de quatre hélices transmembranaires à extrémités N-
et C-terminales extracellulaires. La deuxième hélice transmembranaire (segment M2) de
chaque monomère, borde le canal chlore. L’activation de ce type de récepteur permet une
entrée des ions chlore dans la cellule, Cl-, dépendante de la concentration du Cl- en
intracellulaire, entrainant une hyperpolarisation. Ainsi la probabilité de déclenchement d’un
potentiel d’action est faible puisque le potentiel membranaire s’éloigne du seuil d’excitabilité
neuronale. Ceci explique que le GABA est un neuromédiateur inhibiteur (Olsen & Tobin,
1990 ; Enz & Cutting, 1998).
Les monomères (sous-unités) peuvent être de plusieurs types qui eux-mêmes possèdent
plusieurs isoformes : α1 à α6, β1 à β3, γ1 à γ3, δ, ε, π, ρ1 à ρ3 et θ. Il existe trois groupes de
récepteurs selon la répartition des différents types de sous-unités : GABA-A1 à 6, GABA-A0
et GABA-C.
Les RGABA-A1 à 6 sont numérotés en fonction de l’isoforme α qui les constitue. Au
niveau cérébral, la majorité des récepteurs sont de type GABA-A1 constitués de deux sous-
unités α1, deux β2 et une γ2. Quant aux RGABA0, ils sont constitués des isoformes αβδ et αβε.
Les RGABA sont inhibés par la bicuculline et la picrotoxine (Enz & Cutting, 1998).
Les récepteurs GABA-C sont quant à eux constitués uniquement des sous-unités ρ1, ρ2
ou ρ3. Leur affinité pour le GABA est dix fois supérieure à celle des RGABA. En revanche, le
baclofène, la bicuculline, les barbituriques et les benzodiazépines n’ont aucun effet sur les
récepteurs GABA-C (Enz & Cutting, 1998).

1.1.2. Récepteurs métabotropiques

Les récepteurs GABA-B sont des récepteurs couplés aux protéines G. Ils comportent
sept hélices transmembranaires (Figure 10). Leur activation entraine l’activation de la
protéine Gi (sous-unité α). Cela induit l’inhibition de l’adenylate-cyclase, ce qui conduit à la
diminution d’AMP cyclique, AMPc. Ceci a pour effet d’inactiver la protéine-kinase de type
A, PKA. Les canaux calciques étant ainsi peu phosphorylés, il y a une baisse d’afflux des ions
calcium Ca²+ (Figure 11). Il y a donc une baisse de l’exocytose du GABA dans la synapse. Ce

101
Figure 11 – Mécanisme d’action du récepteur GABA-B
D’après Bettler et al., 2004

Figure 12 – Effet du (+)-bornéol sur les RGABA-A α1β2γ2L


D’après Granger et al., 2005
Le courant produit par 3mM de (+)-bornéol en présence de 10 µM de GABA est similaire à celui produit par
1mM de GABA seul. La potentialisation de la réponse des RGABA-A est fonction de la concentration en (+)-
bornéol.
rétrocontrôle de la libération de GABA permet de maintenir un équilibre entre inhibition et
excitation neuronale. Ils sont insensibles aux modulateurs des RGABA mais sont activés de
façon sélective par le baclofène (Enz & Cutting, 1998).

1.2. Action sur les RGABA-A

Plusieurs molécules présentes dans les deux plantes potentialisent la réponse des
RGABA-A in vitro ou in vivo par modulation allostérique ou par effet agoniste. Ainsi, la
fixation du GABA sur ces récepteurs induit une plus grande inhibition de l’activité neuronale.
Plusieurs composés végétaux ont donc été étudiés afin de déterminer scientifiquement leur
mécanisme d’action.

L’acide valérénique (cf. II.B.1.1.1) est considéré comme l’agent responsable des effets
de V. officinalis par action sur les RGABA-A (Yuan et al., 2004). Cependant, son site
d’action restait inconnu. C’est pourquoi, Khom et al. (2007) ont étudié ses effets sur 13
combinaisons de sous-unités de RGABA-A différentes. Cette expérience a également montré
que l’effet de l’acide valérénique n’est pas perturbé par la présence de flumazenil –
antagoniste compétitif du site récepteur aux benzodiazépines – et donc que le ″principe actif″
de la valériane n’interagit pas avec le site de fixation des benzodiazépines (Khom et al.,
2007). Il est un modulateur spécifique de la sous-unité β2/3 des RGABA-A, ce qui lui confère
un potentiel anxiolytique (Khom et al., 2010). De plus, l’acide valérénique comme le
valérénol favorise la fixation in vitro des benzodiazépines sur leur site (Benke et al., 2009).

Le bornéol (cf. II.B.2.1.1.2), présent dans l’huile essentielle* de la valériane, agit sur les
récepteurs GABA ionotropes de type A (RGABA-A) par une action modulatrice positive.
L’activation des RGABA-A par le GABA en présence de modulateurs allostériques
(barbituriques, benzodiazépines, etc.) produit un effet anxiolytique, sédatif, anesthésique et
myorelaxant. Les deux énantiomères, (+)- et (-)-bornéol, produisent une modulation positive
dose-dépendante de la conductance au chlore générée par 10 µM de GABA, à partir de 0,1
µM de (+)- ou (-)-bornéol, sur les RGABA-A α1β2γ2L humains exprimés à la surface
d’ovocytes de Xenopus laevis, sous-type prédominant dans le cerveau humain. Un effet
équivalent à 1 mM de GABA seul peut même être obtenu avec 3 mM de bornéol associé à 10
µM de GABA (Figure 12). L’expérience a révélé que le (+)-bornéol était plus actif que le (-)-
bornéol. De façon inexpliquée, cette différence d’activité s’observe à très faible et à très forte
concentrations. L’étude montre également que le bornéol possède aussi un effet agoniste
partiel des RGABA. Le flumazenil n’inhibe pas l’action du (+)-bornéol, ceci
103
Tableau 7 – Potentialisation de la réponse des RGABA par différentes molécules végétales
Modifié d’après Aoshima & Hamamoto, 1999
Réponse (%)
Concentration
du GABA 10 µM 30 µM 100 µM 1mM
Composés
Contrôle 100 100 100 100
* (14,9) (49,5) (93,6) (100)
0,63 mM d’α-pinène 149±16 157±9 98±2 117±12
0,65 mM d’eugénol 356±58 234±21 140±3 102±10
0,55 mM de citronellol 301±32 146±12 101±5 92±2
0,56 mM de citronellal 224±11 123±6 108±7 90±1
Contrôle : correspond à la réponse des récepteurs uniquement exposés au GABA
* Si on considère qu’1mM de GABA provoque une réponse de 100%, alors la valeur entre parenthèses indique la
réponse relative aux différentes concentrations de GABA.
La potentialisation de la réponse des RGABA est plus importante en présence de quantité plus faible de
GABA. Ceci laisse supposer que les molécules étudiées possèdent une faible affinité pour le site d’action des
RGABA.

Figure 13 – Effets du géraniol et du linalol sur les RGABA-A


D’après Hossain et al., 2002
(a) Potentialisation des RGABA en fonction de la concentration de linalol (O), de géraniol (∆), et d’alcool de
feuilles de thé (□). (b) Courbe dose-réponse montrant l’effet potentialisateur de linalol à 0,28 mM (O) et de
géraniol à 0,29 mM (∆) sur le courant induit par le GABA (valeur normalisée par rapport au courant maximal.
La réponse des RGABA-A augmente lorsque la concentration en linalol et géraniol augmente (a). A dose
équivalente, le linalol et le géraniol potentialise les récepteurs dans les mêmes proportions (b).
laisse supposer que ce dernier n’agit pas sur le même site que les benzodiazépines (Granger et
al., 2005). Ceci accrédite l’utilisation du (+)-bornéol dans les médecines chinoises et
japonaises en tant qu’anesthésique et antalgique et explique pourquoi il provoque une légère
sédation en inhalation chez la souris (Buchbauer et al., 1993).
L’eugénol, le pinène (il n’existe pas de différence pharmacologique notable entre les
formes α et β), le citronellol et le citronellal potentialisent aussi l’action du GABA sur les
RGABA-A (Tableau 7) de cerveau de rat exprimés dans des ovocytes de xénopes (Aoshima
& Hamamoto, 1999). C’est aussi le cas pour le linalol et le géraniol (Figure 13) avec les
RGABA-A sous-unités α1 et β1(Hossain et al., 2002).

1.3. Inhibition de la GABA transaminase

L’inhibition de la GABA-T par un extrait méthanolique de mélisse est attribuée à trois


molécules : l’acide rosmarinique, l’acide ursolique et l’acide oléanolique. L’inhibition de la
GABA-T atteint 40 % avec 100 µg/ml d’acide rosmarinique. Ce dernier est présent à cette
concentration dans l’extrait méthanolique, ce qui laisse supposer qu’il est à l’origine de
l’activité inhibitrice observée. L’inhibition de la GABA-T est respectivement de 13 et 20 %
pour 10 µg/ml d’acide ursolique et d’acide oléanolique. (Awad et al., 2009). L’activité
observée est sûrement due à une synergie entre ces différents composés et éventuellement
d’autres non étudiés dans ce cas.

2. Action sur les récepteurs de la vanilloïde

2.1. Pharmacologie des récepteurs de la vanilloïde

Il existe six récepteurs de la vanilloïde ou Transient Receptor Potential Vanilloid


(TRPV) nommés TRPV 1 à TRPV6 (Annexe 13). TRPV1,2,3,4 sont des récepteurs-canaux à
perméabilité cationique principalement exprimés par les neurones sensitifs périphériques
(Pedersen et al., 2005). Ils agissent comme des capteurs (Figure 14) sensibles aux
changements de température, de pH, d’osmolarité, etc. Ils sont ainsi responsables des
phénomènes de nociception, c’est-à-dire de douleur ressentie à cause des agents
précédemment cités. De ce fait, ils constituent des cibles thérapeutiques de choix dans le
traitement de la douleur (Moran et al., 2011). Les TRPV1 à V4 sont sensibles à la chaleur.
Les TRPV1 et V2 en particulier sont à l’origine de la douleur ressentie en cas de chaleur
nociceptive – températures supérieures à 42 et 52 °C respectivement (Lumpkin & Caterina,
2007 ; Vay et al., 2011).

105
Chaleur

pH
Potentiel
d’action

TRPV1 sur les terminaisons


Réactifs nerveuses
chimiques Autres canaux TRP dans la moelle
épinières ?

Environnement
froid
Moelle
Hyperalgie due épinière

au froid

Figure 14 – Les canaux TRP sensibles aux paramètres de l’environnement (température, pH).
D’après Moran et al., 2011.
Les récepteurs de la vallinoïde (TRPV1, 2, 3, 4) sont exprimés dans des neurones sensoriels, en périphérie.
TRPV1, V2, V3 et V4 répondent à des températures chaudes. Les pH acides activent TRPV1.

Figure 15 – Augmentation de [Ca2+]i dans les cellules HEK293 exprimant TRPV3 ou TRPV2 après
exposition au carvacrol.
D’après Xu et al., 2006
La fluorescence traduit ici la concentration intracellulaire en Ca 2+. (a) et (a’) confirment l’expression de
TRPV3 et TRPV2 par HEK293, par la technique EGFP, Enhanced green fluorescence protein. Les activités
observées sont comparées à des témoins : (b) et (b’) correspondant à l’activité des récepteurs sans exposition au
carvacrol, ni au diphenyl boronic anhydride (DPBA), et (e) et (e’) correspondant à l’activité maximale observée
par exposition à la ionomycine. L’expérience montre donc que le carvacrol permet une augmentation de [Ca 2+]i
seulement lorsque la cellule exprime TRPV3 (c). Toutefois, celle-ci n’est pas maximale. Les TRPV2 semblent
quant à eux insensibles à l’exposition au carvacrol (c’) alors qu’ils le sont au DPBA (d’).
2.2. Effets du carvacrol, du thymol et de l’eugénol

Le carvacrol, le thymol et l’eugénol ont pour particularité de provoquer une sensation


de chaleur lorsque les plantes qui les contiennent sont ingérées, et qu’ils se retrouvent donc en
contact avec la langue. Ces trois molécules sont aussi connues pour provoquer des dermo-
sensibilisations car ce sont des allergènes. Xu et al. (2006) ont décidé d’étudier les
mécanismes mis en jeu pour obtenir cette sensation. Afin d’observer les effets des trois
molécules sur TRPV3, qui est très présent au niveau de la peau, de la langue et du nez, le
récepteur a été exprimé dans un système par hybridation in situ de l’ARNm de souris codant
pour ce récepteur, puis exprimé dans un système hétérologue classique, les cellules HEK293
(Human Embryonic Kidney). Les résultats montrent que 500 µM de carvacrol provoquent une
augmentation importante de calcium intracellulaire, [Ca2+]i, consécutive à l’activation des
récepteurs TRPV3 (Figure 15). La conclusion est que le carvacrol, le thymol et l’eugénol
activent et sensibilisent TRPV3. (Xu et al., 2006). L’eugénol est aussi reconnu pour activer
TRPV1 (Vriens et al., 2008).

2.3. Effets du citral

Le citral interagit aussi avec les canaux TRP in vitro et notamment TRPV1 et TRPV3
en les inhibant de façon irréversible après les avoir faiblement activés – effet agoniste partiel
– l’effet étant supérieur pour TRPV1 que pour TRPV 3. L’inhibition ne peut avoir lieu qu’une
fois ces canaux ouverts, ce qui suggère que les sites d’activation et d’inhibition sont
différents. Cette activité s’observe aussi bien avec les deux énantiomères du citral : le néral et
le géranial, que leurs alcools : le nérol et le géraniol indépendamment les uns des autres (Stotz
et al., 2008).

3. Interaction avec le système adénosine

3.1. Pharmacologie des récepteurs à l’adénosine

L’adénosine apparaît comme un des principaux neuromédiateurs sédatifs dans le


cerveau. Elle permettrait l’induction du sommeil par interaction avec les récepteurs
purinergiques A1 et A2A après accumulation dans le cerveau durant la journée. Les récepteurs
à l’adénosine de type A1 sont très présents au niveau cérébral mais peuvent aussi être
retrouvés au niveau périphérique en quantité beaucoup plus négligeable. Les récepteurs A2A,
contrairement aux récepteurs A2B et A3, sont aussi très répandus au niveau cérébral (Lacher
et al., 2007).
107
HO
NH2

N
H

Figure 16 – La 5-hydroxytryptamine (5-HT), ou sérotonine


3.2. Isovaltrate

Sur la base de test de fixation de radioligand de référence, il a été montré que des
extraits de racine de valériane présentent une forte affinité pour les récepteurs A1. Cependant,
il s’avère que les extraits hydrophiles agissent plutôt comme agonistes partiels alors que les
extraits lipophiles agissent plutôt comme des antagonistes. Partant de cette constatation,
Lacher et son équipe ont décidé de déterminer les composés présents dans les racines de
valériane qui pourraient expliquer l’effet antagoniste des extraits lipophiles. Ils ont ainsi
déterminé que l’isovaltrate possédait une activité agoniste inverse, c’est-à-dire que sa fixation
au récepteur entraîne l’effet opposé à celui provoqué par l’adénosine. Ceci provoquerait in
vivo une excitation plutôt qu’une sédation (Lacher et al., 2007). La valériane étant
traditionnellement ingérée sous forme d’infusion, dépourvues en isovaltrate qui est un
composé lipophile, ces effets ne s’observent pas. Les extraits hydrophiles agissent comme des
agonistes partiels des récepteurs A1, ce qui peut expliquer l’effet sédatif de la tisane.

4. Action sur les récepteurs sérotoninergiques

4.1. Pharmacologie des récepteurs sérotoninergiques

La sérotonine, ou 5-hydroxytryptamine (Figure 16), est une amine biogène dérivée d’un
acide aminé essentiel : le tryptophane. Elle a une qualité de neurotransmetteur et d’hormone
locale dont les récepteurs sont pour la plupart définis depuis la fin des années 70. Elle est
présente à 80% au niveau de la muqueuse gastro-intestinale où elle est synthétisée par les
cellules entérochromaffines qui la stockent également dans des vésicules cytoplasmiques, en
quasi totalité. Les 20% restants sont répartis dans les plaquettes sanguines qui stockent la
sérotonine mais ne la synthétisent pas, et au niveau du système nerveux central (Katzung,
2006 ; Nichols & Nichols, 2008). Une dépolarisation au niveau des terminaisons des neurones
sérotoninergiques provoque une entrée massive de Ca2+ dans la cellule nerveuse. Cela a pour
conséquence la migration des vésicules de stockage de la sérotonine vers la membrane
cellulaire. Celles-ci fusionnent avec la membrane et ainsi le neuromédiateur est libéré dans la
synapse. C’est à ce moment que la sérotonine peut interagir avec ses récepteurs ou être
recaptée grâce à un transporteur protéique membranaire qui lui est spécifique. Ce dernier est
la cible de la fluoxétine et de la paroxétine qui sont des inhibiteurs sélectifs de la recapture de
la sérotonine, utilisés dans le traitement des dépressions. La sérotonine recaptée est soit de
nouveau stockée dans des vésicules, soit dégradée au niveau des mitochondries par la
monoamine oxydase (Nichols & Nichols, 2008).

109
Tableau 8 – Les différents récepteurs sérotoninergiques identifiés et leurs caractéristiques
Sous-
Type Famille Localisation principale Effet agoniste
types
Ouverture du canal cationique b
Récepteur-canal Système nerveux périphérique et
Potentiel d’action
à perméabilité 5-HT3 centralb
Nausées b
cationique Pré et post-synapse b
Anxiété b
5-HT1A Entérocytes Relaxation du tractus intestinal a
5-HT1B Neurones sensoriels a Contraction/relaxation du tractus
5-HT1 5-HT1D Muscles lisses a intestinal a
5-HT1E
5-HT1F
Cerveau b
Dépolarisation membranaire b
5-HT2A Tissus cardiovasculaires b
Fermeture des canaux potassiques b
Neurones entériques a
5-HT2
Neurones entériques a
5-HT2B
Récepteur Muscles lisses a
couplé à une 5-HT2C
protéine G Système nerveux périphérique et
5-HT4
central b
5-HT5A SNC b Diminution d’AMPc
5-HT5
5-HT5B Non exprimé chez l’homme b
Antagoniste provoque
SNC b
5-HT6 augmentation de la transmission
Post-synapse b
acétylcholinergique b
b
Cortex cérébral Antagoniste augmente le temps
5-HT7 Vaisseaux sanguins périphériques b d’apparition et la durée du sommeil
Muscles lisses (colon) b paradoxal b
a - Beattie & Smith, 2008 b - Nichols & Nichols, 2008
Il existe sept familles de récepteurs 5-HT, nommées de 5-HT1 à 5-HT7, comprenant au
total 17 récepteurs différents (Tableau 8). Ce sont tous des récepteurs couplés à une protéine
G, à l’exception du 5-HT3 qui est un récepteur couplé à un canal perméable aux cations
mono- et divalents (Nichols & Nichols, 2008).
La sérotonine joue un rôle important dans le rythme circadien puisqu’un de ses
métabolites est la mélatonine, uniquement synthétisée par l’épiphyse. Sa production et sa
libération son corrélées à la luminosité qui entoure l’individu. En effet, lorsque la lumière
diminue, la concentration sanguine en mélatonine augmente. C’est pour cela que l’organisme
observe des cycles jour/nuit. Il semblerait que les récepteurs 5-HT5A et 5-HT7 jouent un rôle
dans le contrôle du rythme circadien (Nichols & Nichols, 2008).
Les récepteurs 5-HT3, quant à eux, constituent des cibles moléculaires pour la
recherche d’antagonistes permettant de traiter les symptômes de manque lié au sevrage en
diazépam, nicotine, alcool et cocaïne (Nichols & Nichols, 2008).

4.2. Acide valérénique

L’insomnie peut être due à la perturbation du rythme circadien. L’acide valérénique est
un agoniste partiel des récepteurs 5-HT5A (80% d’affinité pour 50 µg/ml d’acide valérénique)
in vitro (cellules CHO-KI humaines 5-HT5A-transfectées), or ces récepteurs sont impliqués
dans la régulation du cycle veille-sommeil (Dietz et al., 2005). L’acide valérénique pourrait
donc lutter contre les troubles du sommeil en permettant le rétablissement d’un rythme
circadien normal.

B. Myorelaxant

De la même façon que la nifédipine – un inhibiteur calcique sélectif à effets vasculaires


utilisé dans le traitement de l’hypertension et de l’angor – l’eugénol possède un effet
inotrope* négatif (CI50 = 127 µmol/l) associé à une diminution du délai de contraction.
Toutefois, contrairement à la nifédipine, l’eugénol à faible dose ne modifie pas la vitesse de
contraction. L’effet inotrope* négatif est aussi observé avec l’oxyde de β-caryophyllène (CI50
= 36 µmol/l), mais le délai de contraction n’est diminué que pour un effet inotrope* négatif
supérieur à 50 % (Sensch et al., 2000).
Le citral est myorelaxant vis-à-vis de l’iléon de rat stimulé par dépolarisation au KCl, à
l’acétylcholine ou à la sérotonine. Les valeurs de CI50* respectives sont 29 ng/ml, 32 ng/ml et
19 ng/ml (Sadraei et al., 2003), indiquant une forte activité spasmolytique. Cet effet
spasmolytique s’observe aussi sur les contractions utérines de rat induite par PGF2 avec une

111
Tableau 9 – Médiateurs pro- et anti-inflammatoires
D’après DeFranco et al., 2009
Médiateurs pro-inflammatoires Médiateurs anti-inflammatoires
TNF-α IL-1β IL-6 IL-4
Cytokines IL-10 TNF-β
IL-12 IL-18 IFN-γ IL-13

COX 2 Lipoxygénases
Enzymes (synthèse des iNOS (synthèse des
prostaglandines leucotriènes)

Monoxyde d’azote Endothéline-1


Vasodilatateurs PGI-2 Vasoconstricteurs
Thromboxane A2
Histamine
PGE2
Médiateurs algogènes TGF-β
Autres Bradykinine
substances Sérotonine
Facteurs de VEGF
PAF croissance
Autres NF-κB
Eicosanoïdes PDGF
(PG et leucotriènes)

TNF : Tumor Necrosis Factor PAF : Platelet Activating Factor


IL : Interleukine TGF : Tumor Growth Factor
IFN : Interféron VEGF : Vascular Endothelial Growth Factor
COX : Cyclooxygénase PDGF : Platelet-Derived Growth Factor
iNOS : NO synthase inductible NF-κB : Nuclear Factor κB
PG : Prostaglandine
CI50* de 20 µg/ml (Ponce-Monter et al., 2010). Il peut donc être attribué au citral l’effet
spasmolytique de l’huile essentielle* de mélisse.
Le xanthorrhizol inhibe les contractions utérines du rat induite par du KCl, ou du
CaCl2, ou du BAY K 8644. Il a été également démontré des effets relaxants endothélium-
indépendant sur des préparations d’aorte thoracique de rat (Mata et al., 2001).

C. Antioxydant

La mélisse possède des propriétés antiradicalaires (Ollier, 2011). Or, un de ces


constituants majeurs est l’acide rosmarinique. Il possède une forte activité antioxydante.
Celle-ci a été mesurée par réduction d’un radical libre : le DPPH (1,1-DiPhényl-2-
PicrylHydrazyle). La CE50* de l’acide rosmarinique est de 3,1 µg/ml alors que celle de l’α-
tocophérol – une forme de la vitamine E – est de 10,1 µg/ml (Mencherini et al., 2007). La
forte activité antioxydante de l’acide rosmarinique est liée à ses quatre hydroxyles
phénoliques, deux à deux en position ortho (Penchev, 2010).

D. Anti-inflammatoire

1. Mécanismes de l’inflammation

L’inflammation est un ensemble d’activation de mécanismes de défenses de


l’organisme qui inclut la reconnaissance, la destruction et l’élimination des substances qui lui
sont étrangères. Les causes d’activation de ce processus sont nombreuses. Il peut s’agir d’un
agent pathogène, d’une lésion tissulaire, d’une substance inerte, etc. L’inflammation se
déroule selon trois phases successives : l’initiation, l’amplification et la réparation.
L’initiation correspond à la phase de reconnaissance par les cellules locales, c’est-à-dire
tissulaires. L’amplification est le résultat de la mobilisation des cellules circulantes du sang et
de leurs médiateurs. La réparation consiste en la phagocytose, le remodelage tissulaire et la
cicatrisation. Lors d’un processus inflammatoire, de nombreux médiateurs chimiques
(Tableau 9) interviennent, ils peuvent être pro- ou anti-inflammatoires (DeFranco et al.,
2009).

2. Effet anti-inflammatoire

Plusieurs molécules de la mélisse et de la valériane montrent une forte activité anti-


inflammatoire.

113
Figure 17 – Effet du pinorésinol sur la production de NO induite par le LPS et l'expression par la
microglie primaire d’iNOS
Jung et al., 2010
La production de NO est nettement diminuée en présence de pinorésinol, de façon concentration-dépendante.
Cette baisse s’explique par l’inhibition de l’iNOS.

Figure 18 – Effet du pinorésinol sur la production de PGE2 induite par le LPS et l'expression par la
microglie primaire de COX-2
Jung et al., 2010
La production de PGE2 est diminuée de moitié dès 10 µM de pinorésinol. Ceci s’explique par une inhibition
importante de la COX2 à l’origine de la PGE2.
2.1. Xanthorrhizol

Le xanthorrhizol atténue la rectocolite hémorragique induite chez la souris (par le dextran


sulfate de sodium), en modulant l’expression de 34 gènes impliqués dans la réponse
inflammatoire aiguë, jouant un rôle important dans la rectocolite (Cho et al., 2011). Les
médiateurs de l’inflammation, IL-1β, TNF-α, COX-2, l’iNOS sont inhibés par le
xanthorrhizol chez les macrophages de souris stimulés par LPS ou IFN-γ (Lee et al., 2002 ;
Cho et al., 2008). L’expression de la COX 2 et de l’iNOS est très remarquablement diminuée
chez la souris ayant une inflammation aiguë induite par TPA. De plus, le xanthorrhizol inhibe
l’activation du gène codant pour NF-κB (Chung et al., 2007).

2.2. Pinorésinol

Le pinorésinol inhibe la réponse inflammatoire issue de l’activation des cellules de la


microglie (macrophages présents au niveau du système nerveux central) par le LPS. La
microglie produit des médiateurs inflammatoires tels que le monoxyde d’azote (NO), la
prostaglandine E2 et les cytokines proinflammatoires IL-6, IL-1β et TNFα. Le pinorésinol,
testé sur des cellules gliales de rats, agit en empêchant leur formation. En effet, il diminue de
façon dose-dépendante l’ARNm codant pour la iNOS à l’origine de la production de NO,
réduisant ainsi l’expression de l’enzyme (Figure 17). Il en va de même pour l’ARNm codant
pour la COX-2 qui génère la prostaglandine E2 (Figure 18). L’effet est important (-65 % de
nitrite et -70% de PGE2) dès 50 µmol/l. Quant aux cytokines proinflammatoires, l’effet est
aussi dose-dépendant, seulement il est plus important pour l’IL-6 que l’IL-1β et le TNFα . Des
études chez l’animal sont nécessaires pour savoir si ces propriétés persistent à l’échelle de
l’organisme (Jung et al., 2010).

2.3. β-caryophyllène

Le E-β-caryophyllène se lie de façon sélective aux récepteurs cannabinoïdes de type 2


(CB2), exprimés essentiellement dans les tissus périphériques. Il inhibe l’expression d’une
cytokine pro-inflammatoire induite par le LPS. A la dose de 5mg/kg per os, il réduit de façon
conséquente l’inflammation induite par le carraghénane16 chez la souris de type sauvage, mais
non chez la souris à qui il manque les récepteurs CB2. Malgré son interaction avec les

16
Le carraghénane est utilisé comme irritant, il induit un œdème de la patte. C’est une méthode pour obtenir un modèle
inflammatoire (Fehrenbacher et al., 2012).

115
Figure 19 – Effet d'un traitement préventif (1) et curatif (2) par α–humulène et β–caryophyllène
D’après Rogerio et al., 2009
(1) Bien que l’efficacité soit inférieure à celle observée avec la dexaméthasone, l’α- humulène montre une
activité anti-inflammatoire préventive : baisse des leucocytes totaux, et baisse des éosinophiles.
(2) En traitement curatif, l’effet anti-inflammatoire se manifeste pour l’α- humulène par une baisse des
leucocytes totaux, des éosinophiles et des neutrophiles (effet équivalent à la dexaméthasone).
récepteurs CB2, il ne serait pas psychoactif. C’est une molécule lipophile qui traverse donc
aisément les membranes cellulaires. (Gertsch et al., 2008). Le β-caryophyllène possède des
propriétés anti-inflammatoires en curatif, et non en préventif, mais moins importantes que
celles de l’α-humulène (Rogerio et al., 2009).

2.4. Acide oléanolique et acide ursolique

L’acide oléanolique et l’acide ursolique ont des activités similaires car leurs structures
chimiques sont très proches. Ils sont reconnus pour leur effet hépatoprotecteur, rapporté pour
l’acide oléanolique dès 1975 par He et Shi (Hunan Medical Institute, 1975). Il a aussi été
montré qu’un traitement d’au moins trois mois par acide oléanolique permet de diminuer le
nombre d’hépatites chroniques évoluant en cirrhoses, et d’améliorer les symptômes de ces
hépatites. Il semblerait que cette activité (aussi bien pour l’acide oléanolique qu’ursolique)
soit due à la diminution de l’activité du cytochrome P-450 (notamment les CYP1A et
CYP2A), cytochrome métabolisant bon nombre de produits toxiques. L’acide oléanolique
pourrait aussi agir en augmentant les composés antioxydants du foie, notamment le glutathion
(Liu, 1995). Les propriétés anti-inflammatoires de l’acide oléanolique ont été décrites pour la
première fois par Gupta et al. en 1969 (Liu, 1995).

2.5. Humulène

L’asthme, caractérisé par une hyperréactivité des voies respiratoires (inflammation à


éosinophiles et hypersécrétion de mucus bronchique), fait partie des troubles d’origine
inflammatoire. Les éosinophiles constituent une cible thérapeutique évidente. L’humulène
administré en préventif ou en curatif (Figure 19) réduit l’inflammation des voies aériennes,
même s’il est moins efficace en prévention que la dexaméthasone utilisée en beaucoup plus
faible quantité (Rogerio et al., 2009).

2.6. Flavonoïdes

Le 7-glucoside de lutéolol (ou cynaroside) possède in vitro des propriétés


inflammatoires. En effet, dosé à 50 µmol/l, il réduit d’environ 50 % la libération de TNFα
induite par endotoxine bactérienne, des macrophages de souris prétraitées par la molécule,
pour une faible toxicité (viabilité cellulaire supérieure à 90 %). Cette propriété n’apparaît pas
lorsque le cynaroside est administré après l’ajout de l’endotoxine. Il n’a donc pas d’action
préventive. A cela s’ajoute une inhibition de 50 % de libération d’IL-6, à la même
concentration de 7-glucoside de lutéolol (Xagorari et al., 2001).

117
Figure 20 – Action temps-dépendante des flavonoïdes sur la libération de TNFα induite par le LPS
D’après Xagorari et al., 2001
Plus les macrophages sont exposés tardivement aux flavonoïdes moins l’activité anti-inflammatoire est
importante. Cette diminution d’activité est très significative pour la quercétine après 90 minutes. Il faudrait donc
qu’elle soit administrée très rapidement après la stimulation des macrophages par le LPS.

Figure 21 – Numérotation des carbones de la quercétine

Tableau 10 – Effets de la quercétine et de l’acétate de bornyle sur la gestation des souris


D’après Wang et al., 2010

0,4 ml de drogue* ou de PBS 0,2 ml de LPS ou de PBS à Taux d’avortement Taux de résorption
Groupe
de J4 à J7 de gestation J7 de gestation (%) (%)

A PBS 20** 24,4**


PBS
B 100 100

C Quercétine 50* 53,2**


LPS
D Acétate de bornyle 60* 60,4*
Quercétine + Acétate de
E 30** 28,6**
bornyle
* P < 0,05 et ** P < 0,01comparé au groupe B

Le groupe A est un groupe témoin, n’ayant reçu aucun traitement et n’ayant pas été exposé au LPS. Le groupe B
correspond au modèle LPS, il a été exposé au LPS et n’a reçu aucun traitement. Les groupes C, D et E ont été exposés
au LPS et ont reçu respectivement les traitements suivants : quercétine, acétate de bornyle et quercétine+acétate de
bornyle. La quercétine est diluée dans le PBS donc les souris-témoins (groupes A et B) ont reçu du PBS seul.
La quercétine (quercitroside sans la partie osidique) possède des propriétés anti-
inflammatoires. In vitro, elle inhibe la libération de TNFα par les macrophages de souris,
qu’elle soit administrée avant (CI50* < 1 µmol/l) ou après l’ajout de LPS* (Figure 20). La
quercétine dosée à 10 µmol/l inhibe de 70 % la libération de TNFα jusqu’à 90 minutes
suivant l’activation des macrophages par l’endotoxine. Cette activité anti-inflammatoire se
complète d’une inhibition de 75 % de la libération d’IL-6, avec une concentration de 50
µmol/l de quercétine, et d’une diminution de la libération de NO, quel que soit le moment où
les cellules sont exposées au flavonoïde. L’expérience montre que la présence d’une double
liaison en C2-C3 (Figure 21) sur le cycle C associée à une fonction cétone en 4 et des
hydroxyles en 3’ et 4’ sur le cycle B sont nécessaires pour inhiber la libération de TNFα
induite par endotoxine (Xagorari et al., 2001).
D’une certaine façon, l’effet anti-abortif de la quercétine est lié à ses propriétés anti-
inflammatoires. En effet, il a été montré la présence en grande quantité de lymphocytes T et
NK dans la caduque* humaine qui peuvent devenir toxiques pour le trophoblaste s’ils sont
activés par certaines cytokines. Ils induisent une apoptose de l’embryon, conduisant à un
avortement spontané (Olivares et al., 2002). Or, des souris exposées au LPS n’avortent que
dans 50 % des cas avec une solution de quercétine dosée à 2,5 mg/ml et dans 30 % des cas
seulement si la quercétine est associée à l’acétate de bornyle alors que le taux d’avortements
naturels, dans le groupe A, est de 20 % (Tableau 10). Cet effet est dû aux propriétés anti-
inflammatoires de la quercétine et de l’acétate de bornyle. En effet, chez les souris traitées, le
taux d’IFN-γ (cytokine pro-inflammatoire) est nettement diminué, alors que celui d’IL-4
(cytokine anti-inflammatoire) est augmenté. De plus, le nombre de lymphocytes T est
inférieur chez les souris du groupe A et celles des groupes traitées par quercétine et/ou acétate
de bornyle, et il s’avère que ceux-ci restent essentiellement dans le myomètre alors que chez
les souris du groupe B ils sont majoritairement présents dans l’endomètre, ce qui explique
l’avortement (Wang et al., 2010).

2.7. Acide rosmarinique

Il a été montré in vitro et in vivo que l’acide rosmarinique possédait des effets anti-
inflammatoires, antioxydant et antiviral. Il aurait donc des effets inhibiteurs sur la 5-
lipoxygénase (en maintenant à l’état ferreux, donc inactif, le site actif de l’enzyme), la 12-
lipoxygénase et l’expression des gènes codant pour COX- 2. Il agit aussi sur la p38α MAPK,
impliquée dans la libération de TNFα (Geller et al., 2010).

119
Tableau 11 – Activité antimicrobienne du xanthorrhizol
Modifié d’après Mata et al., 2001

CMI* (µg/ml) c
Nom du micro-organisme Xanthorrhizol Pénicilline Gd
Staphylococcus aureus 16 0,06
Staphylococcus aureus
32 64
(MRa)
Staphylococcus aureus 16 0,06
b
Enterococcus faecium (VR ) 16 32
Enterococcus faecium 16 32
Bacillus subtilis 16 32
Escherichia coli 32 2
Escherichia coli >128 32
Escherichia coli >128 128
Klebsiella pneumoniae 32 128
Pseudomonas aeruginosa >128 >128
Candida albicans 128 >128
a – MR : résistant à la méticilline c – Méthode : microdilution en bouillon
b – VR : résistant à la vancomycine d – Substance standard
E. Antimicrobien

1. Bactéricide

Il semble que le xanthorrhizol soit efficace contre les staphylocoques méticillino-


résistants (CMI*S. aureus (MR) = 32 µg/ml) et les entérocoques résistants à la vancomycine
(CMI*E. faescium (VR) = 16 µg/ml), mais peu efficace contre les bactéries à Gram négatif
(Klebsiella pneumoniae, Escherichia coli et Pseudomonas aeruginosa). Cependant, il s’est
révélé inefficace in vivo chez la souris infectée par Staphylococcus aureus (Tableau 11), la
dose efficace n’a d’ailleurs pas été déterminée car elle était trop importante (Mata et al.,
2001).
L’activité antimicrobienne de l’acide rosmarinique a également été testée sur les
bactéries Staphylococcus aureus, S. epidermidis, Bacillus subtilis subsp. spizizenii,
Pseudomonas aeruginosa et Escherichia coli. L’acide rosmarinique est plus efficace sur les
staphylocoques. En effet, la CMI* est 0,12 mg/ml contre 0,5 mg/ml pour B. subtbilis. Elle est
supérieure à 2 mg/ml pour P. aeruginosa et E. coli ce qui représente une concentration
importante (Mencherini et al., 2007).
Le carvacrol et le thymol possèdent également une activité antibactérienne. En effet, la
croissance de diverses souches d’Escherichia coli est complètement absente à partir de 400
µg/ml de thymol ou de carvacrol (Kaloustian et al., 2008).

2. Fongicide

Dans l’étude de Mata et al. (2001), le xanthorrhizol a également été testé sur Candida
albicans. Une activité fongique a été montrée avec une CMI* de 128 µg/ml (Mata et al.,
2001). Il a aussi été montré que le xanthorrhizol possède une activité antifongique, une
toxicité contre Artemia salina (modèle de toxicité) et une cytotoxicité contre les cellules
carcinomateuses nasopharyngées humaines.
L’acide rosmarinique ne possède qu’une faible activité antifongique sur Candida
albicans et Aspergillus niger car la CMI* observée est supérieure à 2 mg/ml, ce qui représente
une dose importante (Mencherini et al., 2007).

121
Du citral commercial, composé de 40% de néral et 60% de géranial, possède une
activité antifongique à l’égard d’Aspergillus fumigatus et Candida krusei avec une CMI*
respective de 62.5 μg/ml et 39.4 μg/ml (Mesa-Arango et al., 2009).

Les huiles essentielles de mélisse et de valériane sont donc dotées d’un potentiel
antifongique intéressant.

F. Phytosanitaire

La mélisse et la valériane possèdent une activité thérapeutique marquée grâce à des


composés aux actions pharmacologiques prouvées scientifiquement et pharmacologiquement
expliqués. Pour les deux plantes ou leurs composés les plus actifs, de nouvelles perspectives
d’utilisations dans le domaine médical se précisent. Leur développement dans le monde de la
santé humaine est indéniable. Cependant, étant donné les effets pharmacologiques révélés, il
peut être envisagé un autre usage, notamment dans le domaine de l’agriculture. Les cibles des
produits phytosanitaires sont nombreuses et bien connues. Depuis l’Antiquité, l’homme s’est
servi des plantes pour lutter contre certains végétaux, insectes, rongeurs et autres ″nuisibles″.
Mais ces pesticides naturels ont laissé place aux pesticides de synthèse au cours de la Seconde
Guerre Mondiale, car les matières premières végétales ne pouvaient fournir un rendement
suffisant. Cependant, depuis quelques années, les produits naturels sont de nouveau sur le
devant de la scène par souci écologique principalement – respect de l’environnement, impact
sur la santé humaine – mais aussi parce que l’emploi des produits de synthèse a provoqué
beaucoup de résistance chez les insectes (Regnault-Roger et al., 2008).

1. Insecticide

1.1. Mécanismes d’action des insecticides

La majorité des insecticides commercialisés aujourd’hui ciblent le système nerveux des


insectes. Les cibles sont diverses. Par exemple, les pyréthrinoïdes interagissent avec les
canaux sodium. D’autres agissent sur les récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine, c’est le
cas de l’imidaclopride. Le fipronil agit sur les RGABA (Raymond & Sattelle, 2002) et
l’avermectine agit sur les récepteurs inhibiteurs du glutamate. Les organophosphorés sont
quant à eux des inhibiteurs de l’acétylcholinestérase(Raymond-Delpech et al., 2005). D’autres
produits aux propriétés insecticides pouvant être exploités sont les poisons respiratoires ou
des molécules inhibant la mue.

123
Tableau 12 – Effets du traitement oral par lignanes et néolignanes sur le quatrième stade larvaire de
Rhodnius prolixus
Modifié d’après Cabral et al., 2000
Durée inter-
Dosage Sang ingéré Exuviation* Mortalité
Composés mues
(µg/ml) (mg/insecte) (%) (%)
(jours)
Podophyllotoxine 100 92,0 ± 17,2 0 0 90
1 92,0 ± 17,1 12-24 94 0
Pinorésinol 10 78,9 ± 21,7 12-18 80 0
100 72,5 ± 18,9 12-14 42 5
Contrôle - 106,0 ± 13,7 12-16 100 0
1.2. Pinorésinol

Le pinorésinol a été testé sur Rhodnius prolixus, un des insectes hématophages vecteurs
de la maladie de Chagas. Administré par voie orale à l’insecte (Tableau 12), c’est-à-dire en
supplémentant le sang ingéré en lignanes, le pinorésinol se révèle moins efficace et donc
beaucoup moins toxique que la podophyllotoxine17 à la concentration 100 µg/ml. Le
pinorésinol dosé à 100 µg/ml inhibe de 58 % l’exuviation* tout en exerçant une faible toxicité
(5 % de mortalité). L’inhibition de la mue est totale à 500 µg/ml, sans provoquer d’anomalies
morphologiques extérieures au corps de l’insecte (Cabral et al., 1999). En revanche, une
application locale de la molécule n’inhibe pas la mue, mais il la retarde de 6 jours à la dose de
100 µg/ml. Donc, le pinorésinol pourrait agir sur le système neuroendocrinien et/ou les
cellules épidermiques impliquées dans le développement de l’insecte et sa mue. Son action ne
peut être systémique puisque la mortalité est faible (Cabral et al., 2000). Il n’a pas non plus
montré une activité sur la fonction excrétrice de l’insecte (Cabral et al., 2000).
Le traitement topique de la punaise de l’asclépiade, Oncopeltus fasciatus18, par le
pinorésinol présente une grande toxicité avec une DL50* faible (DL50*=16 µg/ml).
L’inhibition de la mue est de 67 % à 25 µg/ml (DE 50*=20 µg/ml). En revanche, un contact
continu entre la molécule et l’insecte provoque 90 % de mortalité à 25 µg/cm². A cette même
dose, la mue est inhibée pour 90 % des insectes survivants. Chez O. fasciatus, le pinorésinol
montre donc une toxicité aiguë (Cabral et al., 1999).

2. Insectifuge

De nombreux terpénoïdes possèdent des propriétés insectifuges vis-à-vis des tiques.


C’est le cas du bornéol, du 1,8-cinéole, du carvacrol, de l’α-copaène, de l’eugénol, de
l’humulène, du nonanal, du nérol, du nérolidol et du 4-terpinéol (Bissinger & Roe, 2010). Or
ces composés sont présents dans l’huile essentielle* de mélisse et de valériane. Ceci laisse
supposer, notamment par synergie, une action répulsive envers les tiques.

3. Effet Pheromon-like

L’actinidine présente dans la valériane agirait comme la népétalactone et aurait des


effets attracteurs sur les chats. Par ailleurs, cet effet pheromon-like s’observerait aussi chez les

17
La podophyllotoxine est un composé utilisé comme antimitotique et cytolytique utilisé dans le traitement des
condylomes acuminés (infection sexuellement transmissible), extrait de la résine produite par les rhizomes et
racines de Podophyllum peltatum et P. emodi (Vidal, 2012).
18
La punaise de l’asclépiade n’est pas un ravageur mais constitue un insecte utile en expérimentation car il est
facile à élever et possède une grande capacité de reproduction (Ewen-Campen et al., 2011).
125
Figure 22 – Effets sur la germination des semences de laitue des différentes fractions d’un extrait hydro-
acétonique de M. officinalis
D’après Kato-Noguchi, 2001
L’inhibition de la germination, après deux jours d’incubation à 25°C, des semences de laitue est beaucoup
plus forte pour la fraction soluble dans l’eau de l’extrait (water-soluble) que pour les fractions soluble dans
l’hexane (hexane-soluble) et dans l’acétone (acetone-soluble). En effet, avec 0,13 mg/ml, 50 % des semences ne
germent pas, alors qu’elle est supérieure ou proche de 1 mg/ml pour les autres fractions.
insectes notamment des fourmis. En effet, l’actinidine est sécrétée par deux espèces de
fourmis du genre Conomyrma, grâce à une glande anale (Patočka & Jakl, 2010) ce qui
expliquerait qu’elles la reconnaissent et soient attirées par elle.

4. Anti-germinatif

L’effet anti-germinatif observé est une piste pour la lutte contre les ″mauvaises herbes″.
Un extrait hydro-acétonique de jeune pousse de mélisse inhibe la germination et la
croissance des racines et des pousses d’amarante (Amaranthus caudatus L), de cresson
(Lepidium sativum L.), de digitaire sanguine (Digitaria sanguinalis L.), de fléole des prés
(Phleum pratense L.), de laitue (Lactuca sativa L.) et de l’ivraie (Lolium multiflorum Lam.).
Des différentes fractions de cet extrait, c’est la fraction soluble dans l’eau qui s’est révélée la
plus efficace (Figure 22) (Kato-Noguchi, 2001).

5. Nématicide

In vitro, le citral fait partie des monoterpènes les plus nématicides contre Meloidogyne
incognita responsable de la formation de galle sur les plants de tomates. Il agit en diminuant
l’éclosion des œufs de 51,8 % et la mobilité à J2 de 61,4 % pour une concentration de
250mg/l, cette activité étant supérieure à 90% pour une concentration de 500mg/l. La mobilité
à J2 du nématode est inhibée à 80% pour une concentration de 60mg/l. De plus, toutes les
larves dont la mobilité a été inhibée ne l’ont pas retrouvée une fois plongées dans l’eau. A
100mg/kg, il diminue la formation de galle sur les racines de plants de tomates, et à 250mg/kg
il l’inhibe complètement et à plus fortes doses, le citral devient toxique pour les plants de
tomates. Par conséquent, une huile essentielle* riche en citral serait donc potentiellement
nématicide, c’est le cas de la mélisse puisqu’elle associe au citral d’autres monoterpènes
efficaces contre les nématodes tels que le citronellal, le linalol et le géraniol. Le mécanisme
d’action n’est cependant pas complètement défini (Echeverrigaray et al., 2009).

G. Biodisponibilités et toxicités éventuelles

Les différents composés végétaux étudiés montrent de réelles activités


pharmacologiques. Cependant, il convient de se demander si celles-ci peuvent exister à
l’échelle de l’organisme. En effet, une substance chimique aussi puissante soit-elle n’aura
aucun effet si elle ne franchit pas la barrière intestinale. De ce fait, leur biodisponibilité doit

127
être évaluée. De même, leur toxicité doit être étudiée afin de déterminer si l’ingestion
chronique de mélisse et de valériane est sans risque pour le patient.

1. Biodisponibilité

L’étude de la pharmacocinétique des composés de M. officinalis et V. officinalis est


primordiale pour savoir s’il y a une chance que les effets observés in vitro ou sur des modèles
animaux puissent se reproduire dans l’organisme. Il est donc important de connaitre leur
biodisponibilité.

1.1. Acide valérénique

La pharmacocinétique de l’acide valérénique a été étudiée chez la femme âgée, car les
troubles du sommeil sont fréquents chez les femmes ménopausées. La pharmacocinétique de
la molécule a été évaluée après une administration unique de 300 mg d’extrait de valériane et
après une administration quotidienne pendant deux semaines.
Il semble que les paramètres pharmacocinétiques soient très dépendants de l’individu.
En effet, la concentration sanguine maximale Cmax diminue si le poids de la patiente augmente
alors que Tmax, la durée nécessaire pour obtenir Cmax diminue (Anderson et al., 2010).

1.2. Pinorésinol

Le pinorésinol-diglucoside est transformé par la flore intestinale, notamment en (+)-


pinorésinol (Xie et al., 2003).

1.3. Acide caféique

Les modèles d’absorption in ou ex vivo laissent supposer que l’acide caféique peut être
absorbé au niveau de l’estomac et de l’intestin (jéjunum, iléon et colon) des rats. L’acide
caféique est métabolisé au niveau de la muqueuse hépatique et par la flore commensale
digestive. Une petite quantité de métabolites est excrétée dans la lumière intestinale et une
faible quantité d’acide caféique sous forme inchangée est excrétée dans les urines (Zhao &
Moghadasian, 2010).

1.4. Acide rosmarinique

L’acide rosmarinique est absorbé rapidement au niveau du tube digestif. En effet, il est
retrouvé dans le plasma, sous forme intacte, une demi-heure après son administration au rat,
et sous forme méthylée, une heure après (Zhao & Moghadasian, 2010).
129
CH 2OR 3

R 2O
O

O
OR 1

Figure 23 – Structure générale des valépotriates, présence d’un cycle époxyde


2. Toxicité éventuelle

Avant d’envisager une quelconque utilisation dans les domaines pharmaceutique et


agricole, il faut bien sûr s’assurer de l’efficacité de la mélisse et de la valériane mais surtout
évaluer les limites de l’innocuité ou la toxicité des différents extraits. Car si ces plantes n’ont
pas montré d’effets secondaires lors de prise sur des durées limitées, qu’en est-il d’une prise
répétée ou d’une exposition chronique ?

2.1. Hépatotoxicité

La valériane pourrait être à l’origine d’une toxicité hépatique à long terme à cause de la
présence des valépotriates. Ceux-ci sont expérimentalement sédatifs et spasmolytiques, ce qui
leur a valu d’être longtemps considérés comme les principes actifs de la drogue* (Bos et al.,
1998). Cependant ils sont aussi cytotoxiques et mutagènes. Ils possèdent un potentiel alkylant
du fait de la présence d’un cycle époxyde dans leur structure les rendant très instables et donc
réactifs (Figure 23). La cytotoxicité de ces constituants a été testée sur les modèles cellulaires
GLC4 et COLO 320. Malgré tout, il est fort probable que la plupart des formes commerciales
de racine de valériane soient dépourvues de valépotriates car ceux-ci s’hydrolysent
rapidement en baldrinals qui seraient 10 à 30 fois moins toxiques que la molécules dont ils
dérivent (Bos et al., 1998). Mais par principe de précaution, les extraits aqueux ou à faible
titre alcoolique sont à privilégier.

2.2. Interaction avec la TSH

Il apparaît in vitro et chez l’animal, qu’un extrait aqueux de mélisse inhiberait l’activité
de la Thyroid Stimulating Hormon (TSH) en empêchant sa fixation sur ses récepteurs,
induisant une hypothyroïdie, mais cela n’a pas été montré dans les études cliniques (Santini et
al., 2003 ; EMA, 2007).

2.3. Dermo-allergie

L’oxyde de caryophyllène, produit de l’oxydation du β-caryophyllène présent dans


l’huile essentielle* de mélisse et de valériane, est à l’origine d’une sensibilisation de la peau
chez les cochons d’inde. Cette activité allergisante est toutefois faible car il est rapidement
dégradé en une molécule plus stable et donc moins réactive (Skold et al., 2006). De même, en
application locale, le citral (concentration supérieure à 1 %) provoque une sensibilisation de la
peau (Mesa-Arango et al., 2009). Comme toutes les huiles essentielles, il faut veiller à les
diluer avant toute application externe afin de limiter le risque d’irritation cutanée.
131
Conclusion et perspectives
Depuis des siècles, la mélisse et la valériane sont traditionnellement utilisées pour leurs
propriétés sédatives. Des études sont menées depuis des dizaines d’années afin d’établir si les
propriétés de ces deux plantes peuvent être argumentées scientifiquement. Il est donc
désormais admis que de nombreux systèmes sont impliqués dans cette activité. Il s’avère que
le système GABAergique intervient de façon prépondérante. Cependant, les systèmes
sérotoninergique et glutamatergique participent aussi. La composition chimique de M.
officinalis et V.officinalis est très riche, et nombre de leurs constituants ont été étudiés
indépendamment dans le but de déterminer celui ou ceux qui seraient à l’origine de l’action
pharmacologique. Plusieurs molécules, telles que l’acide valérénique, le citral et l’acide
rosmarinique, jouent un rôle majeur. Des actions anti-inflammatoire, antioxydante,
spasmolytique, entre autres, ont aussi été démontrées. Des perspectives autres que
thérapeutiques ont également été explorées notamment dans le domaine phytosanitaire.

La mélisse et la valériane ont largement prouvé leur efficacité. Cependant, il peut être
difficile d’utiliser ces plantes en thérapeutique car leur composition est extrêmement variable
et dépend de nombreux facteurs dont le mode de culture, le lieu, la saison, etc. Or, il est
nécessaire d’avoir une constance dans la composition des produits afin d’obtenir un résultat
thérapeutique fiable. Peut-être serait-il plus judicieux d’avoir recours aux extraits aqueux, de
préférence, car ils sont ceux qui se rapprochent le plus de l’utilisation traditionnelle et qui
offrent donc un meilleur recul. Qu’il s’agisse de poudre de plante entière ou d’extrait, ceux-ci
doivent être normalisés, c’est-à-dire que leur composition doit être stable d’un lot à l’autre.
Dans ce cas, il convient de déterminer quelle(s) molécule(s) constitue(nt) la matière active de
la plante afin de convenir d’une teneur minimale que doit contenir le produit pour garantir son
efficacité.

De nombreux composés identifiés dans la mélisse et la valériane possèdent une activité


pharmacologique démontrée. C’est le cas de l’acide valérénique, composé notable présent
dans la valériane. Celui-ci possède en effet une forte affinité pour les récepteurs GABA, ce
qui confère une activité sédative aux racines de valériane. Il en va de même pour l’acide
rosmarinique présent dans les feuilles de mélisse et de sa puissante activité antioxydante. Par
ailleurs, d’autres molécules apparaissent comme ayant des propriétés pharmacologiques
similaires voire complémentaires. C’est le cas du citral, du β-caryophyllène, du bornéol, de
l’eugénol, des acides ursolique et oléanolique entre autres. De ce fait, les activités décrites

133
s’expliquent sûrement, non pas par un ou deux composés actifs, mais plutôt par une synergie
entre les constituants de la plante. Cependant au sein de la plante ou des extraits, il peut aussi
exister des interactions entre les composés, les rendant moins disponibles et donc moins
efficaces.

M. officinalis et V. officinalis possèdent donc une réelle activité pharmacologique et la


plupart des études menées, sur la plante entière, un extrait ou leurs composés pris séparément,
le prouvent. C’est avec assurance que l’on peut conseiller ces deux plantes à l’officine car
elles ont prouvé leur efficacité dans le traitement des troubles mineurs du sommeil et de
l’anxiété légère. La mélisse et la valériane ne font pas figure d’exception dans le monde
végétal. D’autres plantes, déjà utilisées traditionnellement, offrent de nombreuses possibilités
thérapeutiques. Il serait intéressant que d’autres plantes soient ainsi étudiées afin de conseiller
au mieux les patients en phytothérapie* notamment dans le domaine des troubles du sommeil
et de l’anxiété afin de constituer une réelle alternative aux benzodiazépines. D’autres
propriétés intéressantes, antioxydant et anti-inflammatoire notamment, méritent d’être plus
approfondies afin d’envisager une extension de l’usage de la mélisse et de la valériane à
d’autres pathologies.

Par ailleurs, l’action sur les récepteurs du GABA et du glutamate, chez l’insecte, ouvre
de nouvelles perspectives d’utilisation, notamment en agriculture. L’avenir verra peut-être se
multiplier les produits à base de mélisse et/ou de valériane dans la lutte contre les insectes.
Pour les producteurs de mélisse et de valériane l’enjeu économique est important. En effet, si
la mélisse et la valériane rencontrent un grand succès dans le domaine médical et agricole, la
demande risque d’augmenter. Les produits phytosanitaires d’origine végétale présentent un
intérêt majeur car il est parfaitement concevable qu’il existe des systèmes de dégradation déjà
présents dans la nature pour ces composés végétaux puisqu’ils sont naturellement présents.
De ce fait, ils pourraient être répandus dans l’environnement sans risque que cela n’affecte
l’écosystème. Toutefois, des quantités maximales devraient être déterminées afin de ne pas
saturer ces systèmes d’épuration et voir apparaître une éventuelle pollution. Malgré tout, des
études de toxicité doivent être menées et un risque d’accumulation dans la chaîne alimentaire
doit être éliminé, pour qu’ils puissent être utilisés sans danger pour l’homme. Les systèmes

135
pharmacologiques sur lesquels agissent ces biopesticides ne devraient pas être communs aux
mammifères et aux insectes. L’idéal serait de trouver des composés naturels spécifiques des
cibles visées. Les composés de la mélisse et de la valériane ne sont pas très efficaces contre
les insectes, mais ils peuvent servir de base à la synthèse de molécules plus spécifiques.
C’est tout l’enjeu de la recherche dans ce domaine.

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151
Table des matières
SOMMAIRE 11
TABLE DES ABRÉVIATIONS ET ACRONYMES 15
LEXIQUE 19
LISTE DES TABLEAUX 23
LISTE DES FIGURES 25
AVANT-PROPOS 27
INTRODUCTION 31
A. LA MÉLISSE (MELISSA OFFICINALIS L.) ........................................................................................ 33
1. DESCRIPTION BOTANIQUE 33
2. HABITAT 35
3. CULTURE ET RÉCOLTE 35
4. UTILISATION TRADITIONNELLE ET CONTEMPORAINE 37
5. AUTHENTIFICATION ET ANALYSE DE LA DROGUE* 39
B. LA VALÉRIANE (VALERIANA OFFICINALIS L.) ............................................................................... 39
1. DESCRIPTION BOTANIQUE 39
2. HABITAT 41
3. CULTURE 41
4. UTILISATION TRADITIONNELLE ET CONTEMPORAINE 43
5. AUTHENTIFICATION ET ANALYSE DE LA DROGUE* 43
I. USAGES TRADITIONNELS ET ÉTUDES DES PROPRIÉTÉS THÉRAPEUTIQUES DE
LA MÉLISSE ET DE LA VALÉRIANE 45
A. PROPRIÉTÉS DE LA MÉLISSE ......................................................................................................... 45
1. ANTALGIQUE DANS LES DOULEURS D’ORIGINE DIGESTIVE 45
1.1. Origine de la spasticité intestinale 47
1.2. Effet antispasmodique de la mélisse 47
2. EFFETS SUR LE SYSTÈME NERVEUX CENTRAL 49
2.1. Effet anxiolytique 49
2.2. Effet antidépresseur 49
2.3. Sédatif et inducteur du sommeil 51
2.4. Intérêt chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer 51
3. ANTIOXYDANT 53
3.1. Intérêt dans le traitement des maladies neurodégénératives 53
3.2. Intérêt dans le traitement des hyperlipidémies 53
4. VIRUCIDE 55
4.1. Action sur le Virus d’Immunodéficience Humaine 55
4.1.1. Thérapeutiques existantes 55
4.1.2. Activité de la mélisse sur le VIH 55
4.2. Action sur l’Herpes simplex virus 57
4.2.1. Thérapeutiques existantes 57
4.2.2. Activité de la mélisse sur l’HSV 57
5. PHYTOSANITAIRE 59
5.1. Herbicide 59
5.2. Insecticide 59
B. PROPRIÉTÉS DE LA VALÉRIANE ..................................................................................................... 59
1. EFFETS CLINIQUES 61
1.1. Anxiolytique 61
153
1.1.1. Thérapeutiques existantes 61
1.1.2. Activité anxiolytique sur le rat de laboratoire 61
1.2. Anticonvulsivant 61
1.2.1. Thérapeutiques existantes 61
1.2.2. Activité anticonvulsivante sur un modèle expérimental d’épilepsie 63
1.3. Hypnotique 65
1.4. Myorelaxant 65
2. EFFETS PHARMACOLOGIQUES 65
2.1. Interaction avec le système GABAergique 67
2.2. Interaction avec le système glutamatergique 67
C. ÉTUDES D’UNE ASSOCIATION MÉLISSE-VALÉRIANE .................................................................... 69
1. EFFETS SUR LES TROUBLES DU SOMMEIL 69
2. EFFETS FACE À UN STRESS INDUIT 69
3. EFFETS SUR DES SUJETS SAINS 71
II. COMPOSITION CHIMIQUE DE LA MÉLISSE ET DE LA VALÉRIANE 73
A. COMPOSITION CHIMIQUE DE LA MÉLISSE .................................................................................... 73
1. COMPOSITION CHIMIQUE DES FEUILLES DE MÉLISSE 73
1.1. Acides phénoliques 73
1.1.1. Dérivés de l’acide benzoïque 73
1.1.2. Dérivés de l’acide cinnamique 73
1.1.3. Acide carnosique 75
1.2. Flavonoïdes 75
1.2.1. Hétérosides flavoniques 77
1.2.2. Hétérosides flavonoliques 77
1.3. Triterpènes 77
1.4. Autres 77
2. COMPOSITION CHIMIQUE DE L’HUILE ESSENTIELLE* DE MÉLISSE 77
2.1. Terpénoïdes 79
2.1.1. Monoterpènes réguliers 79
2.1.1.1. Hydrocarbures monoterpéniques 79
2.1.1.2. Alcools monoterpéniques 79
2.1.1.3. Aldéhydes monoterpéniques 81
a. Citral 81
b. Citronellal 81
2.1.1.4. Cétones monoterpéniques 81
2.1.1.5. Esters terpéniques 81
2.1.1.6. Éthers monoterpéniques 83
2.1.2. Sesquiterpènes 83
2.1.2.1. Hydrocarbures sesquiterpéniques 83
2.1.2.2. Alcools sesquiterpéniques 83
2.2. Composé aromatique 85
2.3. Composés aliphatiques 85
B. COMPOSITION CHIMIQUE DE LA VALÉRIANE ............................................................................... 85
1. COMPOSITION CHIMIQUE DES RACINES DE VALÉRIANE 85
1.1. Terpénoïdes 85
1.1.1. Sesquiterpènes 85
1.1.2. Iridoïdes 87
1.1.2.1. Valépotriates 87
1.1.2.2. Baldrinals 87
1.2. Composés azotés 89
1.2.1. Alcaloïdes pyridiniques 89
1.2.2. Acides aminés 89
1.3. Lignanes 89

155
1.4. Acides phénoliques 89
1.5. Autres 91
2. COMPOSITION CHIMIQUE DE L’HUILE ESSENTIELLE* DE VALÉRIANE 91
2.1. Terpénoïdes 91
2.1.1. Monoterpènes 91
2.1.1.1. Hydrocarbures monoterpéniques 91
2.1.1.2. Alcools monoterpéniques 91
2.1.1.3. Cétone monoterpénique 93
2.1.1.4. Aldéhyde monoterpénique 93
2.1.1.5. Esters terpéniques 93
2.1.2. Sesquiterpènes 93
2.1.2.1. Hydrocarbures sesquiterpéniques 93
2.1.2.2. Alcools sesquiterpéniques 95
2.1.2.3. Cétones sesquiterpéniques 95
2.1.2.4. Aldéhyde sesquiterpénique 95
2.1.3. Sesquiterpénoïde 95
2.1.4. Iridoïdes 95
2.1.4.1. Valépotriates 95
2.1.4.2. Baldrinals 95
2.1.5. Caroténoïde : la β-ionone 97
2.2. Composés aromatiques 97
2.2.1. Eugénol (et esters) 97
2.2.2. Thymol 97
2.3. Autres 97
III. ACTIVITÉS PHARMACOLOGIQUES DES COMPOSÉS DE LA MÉLISSE ET DE LA
VALÉRIANE 99
A. SYSTÈME NERVEUX........................................................................................................................ 99
1. INTERACTION AVEC LE SYSTÈME GABAERGIQUE 99
1.1. Pharmacologie des récepteurs GABA 99
1.1.1. Récepteurs ionotropiques du GABA 101
1.1.2. Récepteurs métabotropiques 101
1.2. Action sur les RGABA-A 103
1.3. Inhibition de la GABA transaminase 105
2. ACTION SUR LES RÉCEPTEURS DE LA VANILLOÏDE 105
2.1. Pharmacologie des récepteurs de la vanilloïde 105
2.2. Effets du carvacrol, du thymol et de l’eugénol 107
2.3. Effets du citral 107
3. INTERACTION AVEC LE SYSTÈME ADÉNOSINE 107
3.1. Pharmacologie des récepteurs à l’adénosine 107
3.2. Isovaltrate 109
4. ACTION SUR LES RÉCEPTEURS SÉROTONINERGIQUES 109
4.1. Pharmacologie des récepteurs sérotoninergiques 109
4.2. Acide valérénique 111
B. MYORELAXANT ............................................................................................................................ 111
C. ANTIOXYDANT ............................................................................................................................. 113
D. ANTI-INFLAMMATOIRE ............................................................................................................... 113
1. MÉCANISMES DE L’INFLAMMATION 113
2. EFFET ANTI-INFLAMMATOIRE 113
2.1. Xanthorrhizol 115
2.2. Pinorésinol 115
2.3. β-caryophyllène 115
2.4. Acide oléanolique et acide ursolique 117
2.5. Humulène 117
2.6. Flavonoïdes 117
157
2.7. Acide rosmarinique 119
E. ANTIMICROBIEN .......................................................................................................................... 121
1. BACTÉRICIDE 121
2. FONGICIDE 121
F. PHYTOSANITAIRE ......................................................................................................................... 123
1. INSECTICIDE 123
1.1. Mécanismes d’action des insecticides 123
1.2. Pinorésinol 125
2. INSECTIFUGE 125
3. EFFET PHEROMON-LIKE 125
4. ANTI-GERMINATIF 127
5. NÉMATICIDE 127
G. BIODISPONIBILITÉS ET TOXICITÉS ÉVENTUELLES ..................................................................... 127
1. BIODISPONIBILITÉ 129
1.1. Acide valérénique 129
1.2. Pinorésinol 129
1.3. Acide caféique 129
1.4. Acide rosmarinique 129
2. TOXICITÉ ÉVENTUELLE 131
2.1. Hépatotoxicité 131
2.2. Interaction avec la TSH 131
2.3. Dermo-allergie 131
CONCLUSION ET PERSPECTIVES 133
BIBLIOGRAPHIE 139
TABLE DES MATIÈRES 153
ANNEXES I
ENGAGEMENT DE NON PLAGIAT LI

159
Annexes
Annexe 1 – Directive 2004/24/CE à propos des médicaments* traditionnels à base de plante

I
III
V
VII
IX
XI
Annexe 2 – Monographie des feuilles de M. officinalis à la Pharmacopée Européenne
VIIème édition

XIII
XV
Annexe 3 – Monographie de l’extrait sec des feuilles de M. officinalis à la Pharmacopée
Européenne VIème édition

XVII
XIX
Annexe 4 – Monographie des racines (entières ou divisées) et de la teinture de valériane à la
Pharmacopée Européenne VIIème édition

XXI
XXIII
XXV
XXVII
Annexe 5 – Monographie de l’extrait sec aqueux de racine de valériane à la Pharmacopée
Européenne VIIème édition

XXIX
XXXI
Annexe 6 – Monographie de l’extrait sec hydro-alcoolique de racine de valériane à la
Pharmacopée Européenne VIIème édition

XXXIII
Annexe 7 – Composition chimique des feuilles de mélisse

Flavonoïdes a

Cosmosiine d,e,f,g Isoquercitrine/Isoquercitroside d,e,f,g


Cynaroside d,e,f,g Rhamnocitrine b,d,e,f,g

Acides phénoliques d

Acide carnosique g Acide p-hydroxybenzoïque g


Dérivés de l’acide benzoïque
Acide gentisique g Acide protocatéchique g

Acide caféique c,f Acide rosmarinique c,d,e,f,g


Dérivés de l’acide cinnamique
Acide chlorogénique c,f Acides A et B mélitriques a,e

Acides de triterpènes

Acide oléanolique b,c,f,g Acide ursolique b,c,d,f,g

Tanins

Tanins catéchiques f

Vitamines

B1 et B2 f

Autres

Acide succinique f, stérols g, chlorophylles g, cires g, etc.


a - Agata et al., 1993 b - Herodez et al., 2003 c - Wichtl & Anton, 2003
d - Gruenwald et al., 2007 e - Bruneton, 2009 f - Thoby, 2009
g - Penchev, 2010

XXXV
Annexe 8 – Composition chimique de l’huile essentielle* de mélisse

Terpénoïdes
Monoterpènes réguliers
Hydrocarbures α-pinène e Cis- et trans-β-ocimène b,c,d,e
α-terpinéol d Isopulégol d,e
Alcools Citronellol a,d,e Linalol a,b,d,e
Géraniol a,b,d,e Nérol a,d
Acétate de citronellyle d
Acétate de néryle d,e
Esters Acétate de géranyle a,b,d,e
Citronellate de méthyle a,b
Acétate de linalyle d
Oxydes 1,8-cinéole d Oxyde de cis-linalol e

Citronellal a,b,c,d,e
Aldéhydes Néral (citral b) a,b,c,d,e
Géranial (citral a) a,b,c,d,e
Cétones bicycliques Pinocamphone
Sesquiterpènes
α-bisabolène d β-caryophyllène a,b,c,d,e et
α-copaène a,d oxyde de caryophyllène a,b,c,d,e
α-cubébène e / β-cubébène d β-cédrène d
Hydrocarbures
α-humulène d β-élémène / γ-élémène d
β-bourbonène d Calarène
β-cadinène Germacrène D a,b,c,d,e
Cadinol d
Germacradiènol c
Alcools Caryophyllènol d
Nérolidol
Farnésol d
Composés aromatiques
Eugénol et acétate d’eugényle b,d,e
Composés aliphatiques
Aldéhydes Nonanal
Hept-1-èn-3-ol Oct-1-èn-3-ol b,e
Alcools a,b,c,d,e
6-méthylhept-5-èn-2-one
a - Wichtl & Anton, 2003 b - Gruenwald et al., 2007 c - Bruneton, 2009
d - Thoby, 2009 e - Penchev, 2010

XXXVII
Annexe 9 – Composés minoritaires de l’huile essentielle* de mélisse

H
H
H

H H
H
H
H H
H

β-Élémène α-cubébène β-cubébène β-Cédrène

H H
H H

H
H
α-Bisabolène α-Humulène β-Cadinène β-Bourbonène

Calarène

XXXIX
Annexe 10 – Composition chimique des racines de valériane

Terpénoïdes
Acide valérénique a,b,c,d
Sesquiterpènes Acide 2-acétoxyvalérénique a,b,c,d
Acide 2-hydroxyvalérénique a,b,c,d
Iridoïdes
Valtrate a,b,c
Isovaltrate a,b,c
Valépotriates Acévaltrate a,b,c
Dihydrovaltrate a,b,c
Isovaléroxy-hydroxydihydrovaltrate IVHD a,b,c
Baldrinal a,e
Baldrinals
Homobaldrinal a,e
Composés azotés
Actinidine et valérianine b,c,d,f
Alcaloïdes pyridiniques Naphtyridylméthylcétone f
Alpha-méthylpyrrylcétone c,d
GABA a,d
Glutamine a,e
Acides aminés
Tyrosine a
Arginine a,e
Lignanes
Pinorésinol b
Acides phénoliques d
Acide isoférulique Acide chlorogénique c
Autres
Flavonoïdes
a - Bos, 1997 d - Bruneton, 2009
b - Wichtl & Anton, 2003 e - European Scientific Cooperative on Phytotherapy, 2009
c - Gruenwald et al., 2007 f - Patočka & Jakl, 2010

XLI
Annexe 11 – Composition chimique de l'huile essentielle* de valériane

Terpénoïdes
Monoterpènes
Camphène a,c,e α- β-pinène a,e Terpinolène a
β-Cymène Sabinène b Tricyclène a,b
Hydrocarbures
Fenchène a γ-Terpinène a Limonène a
β-Myrcène a α- et β-phellandrène a P-Cymène a,b
Bornéol (et esters) a
Linalol et acétate de linalyle a Terpinèn-4-ol a
Alcools Carvacrol (méthyléther de) a
Myrténol (et esters) a α-Terpinéol a
Cis- et trans-carveol b
Aldéhydes Menthénal b
Cétone Camphre b
Acétate de citronellyle a,b
Esters Isovalérate de citronellyle a,b
Acétate de bornyle a,c,d,e
Oxydes 1,8-cinéole a
Sesquiterpènes
Acide valérénique (et ester) a
Eudesma-2,6,8-triène e
β-bisabolène a,b
β-farnésène a
β-caryophyllène a,c
Germacrène D a
Hydrocarbures α-copaène = α-ylangène a
α-guaiène a
δ-et γ-cadinène a, 1,4,9-cadinatriène
β-gurjunène a
α-curcumène a
α-humulène b
β-, δ- et γ-élémène a
Alcool kessylique (et esters) e
Lédol b
Epi-α-bisabolol b
Maaliol b
Cryptofaurinol b,c,d et acétate de
Pacifigorgiol b
Alcools cryptofauronyle b Valérénol (et esters) e
Driménol b Valérianol b,e
Élémol a
β-eudesmol et γ-eudesmol a
Cétones Faurinone b Valéranone b,d,e
Aldéhyde Valérénal a,c,d,e
Sesquiterpénoïdes Xanthorrhizol b
Iridoïdes
Baldrinals Baldrinal b,c,f Homobaldrinal b,f
Caroténoïdes
β-ionone a
Composés aromatiques
Isoeugényle isovalérénate et
Eugénol b Thymol b
isoeugényle valérénate b,d
Autres
Acétate de nojigiku b Acide isovalérique a,d
c - Wichtl & Anton, 2003
a - Hazelhoff et al., 1979 b - Bos, 1997
f - European Scientific Cooperative on
d - Gruenwald et al., 2007 e - Bruneton, 2009
Phytotherapy, 2009

XLIII
Annexe 12 – Composés minoritaires de l’huile essentielle* de valériane

α-Phellandrène β-Cymène Fenchène

β-Pinène Sabinène γ-Terpinène

Terpinolène Tricyclène β-Myrcène

HO
O OH

Méthyléther de carvacrol Terpinèn-4-ol (-)-cis-carvéol

OH

(-)-trans-carvéol δ-cadinène γ-cadinène

cadinatriène α-curcumène β-élémène

XLV
δ-élémène γ-élémène β-bisabolène

β-farnésène Germacrène D α-guaiène


H
H

H O
H
H
H
H H
OH
β-gurjunène α-copaène Alcool kessylique

OH
H
O
OH HO

Epi α-bisabolol Cryptofauronol Driménol

HO H H HO

H
H

OH
Élémol β-eudesmol γ-eudesmol
OH
H

OH
H
OH
H H

Lédol Nardol Pacifigorgiol

XLVII
Annexe 13 – Les différents récepteurs TRPV identifiés et leurs principales caractéristiques

Type de Perméabilité Sensibilité à la


Site d’expression Agoniste/Activation par
récepteur cationique température
Cellules épidermiques e
Ganglions spinaux b,e
Capsaïcine e
Ganglion trigéminé b,c
pH acide e
TRPV1 Terminaisons nerveuses ≥ 42°C d
Étirement de la membrane
périphériques b
cellulaire d
Moelle épinière e
Tissu non-neuronal b
Ganglions spinaux b,d
Perméabilité aux Tractus gastro-intestinal b Étirement mécanique d
TRPV2 ≥ 52°C d
ions Ca2+ non Muscles lisses b Stress osmotique d
sélective, PCa/PNa Cerveau (quelques régions) b
allant de 1 à 10 b Kératinocytes e
Ganglions spinaux b
Ganglion trigéminé b,c Camphrec, carvacrol d,
TRPV3 32 – 39°C a,d
Cerveau b thymol d, eugénol d
Langue b
Testicules b
Acide arachidonique
Endothélium urinaire e
TRPV4 27 – 34°C d Urine hypo-osmolaire e
Detrusor e
Distension vésicale e
TRPV5 Faible concentration
Haute sélectivité Reins b intracellulaire de Ca2+ b
Non
TRPV6 aux ions Ca2+ b Intestins b Hyperpolarisation
membranaire b
a - Smith et al., 2002
d - Vay et al., 2011
b - Pedersen et al., 2005
e - Moran et al., 2011
c - Vogt-Eisele et al., 2007

XLIX
Engagement de non plagiat

Stéphanie PINEAU

LI

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