Mécanismes d'action de la mélisse et valériane
Mécanismes d'action de la mélisse et valériane
THÈSE
pour le
par
PINEAU Stéphanie
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JURY :
Département Pharmacie
16, Boulevard Daviers - 49045 ANGERS Cedex - Tél. : 02 41 22 66 00 - Fax : 02 41
22 66 34
Liste des enseignants
PROFESSEURS Disciplines
A.H.U. Disciplines
Anglais
GENARD Nicole
Anglais
LECOMTE Stéphane
″La science ne sert qu’à vérifier les découvertes de l’instinct″
Jean Cocteau (extrait de Le Potomak)
Mes sincères remerciements à César Mattei et Christian Legros, mes directeurs de
thèse pour m’avoir permis de travailler sur un sujet qui m’intéresse, de m’avoir suivie dans
mes recherches et apporter leur aide lorsqu’il le fallait.
Mes remerciements à Mme Licznar sans qui je n’aurais jamais su que ce sujet
m’attendait.
Mes remerciements à mes maîtres de stage Mme Lesca et Mme Viault qui m’ont
toutes les deux accueillie au sein de leur officine dans d’excellentes conditions et m’ont
beaucoup appris sur la pratique du métier de pharmacien.
Mes chaleureux remerciements à mes amis de la maternelle jusqu’à la fac, pour les
bons moments passés ensemble. Le bac, les partiels, les dossiers en tout genre, la thèse,
nous avons réussi cela ensemble, j’espère pouvoir encore passer à vos côtés les moments
clés de ma vie.
Mes remerciements les plus affectueux à mes parents qui n’ont jamais douté de moi
et m’ont laissé suivre la voie que je souhaitais.
Mes remerciements les plus tendres à Simon pour son soutien permanent et son
amour.
Sommaire
SOMMAIRE 11
TABLE DES ABRÉVIATIONS ET ACRONYMES 15
LEXIQUE 19
LISTE DES TABLEAUX 23
LISTE DES FIGURES 25
AVANT-PROPOS 27
INTRODUCTION 31
A. LA MÉLISSE (MELISSA OFFICINALIS L.) ........................................................................................ 33
1. DESCRIPTION BOTANIQUE 33
2. HABITAT 35
3. CULTURE ET RÉCOLTE 35
4. UTILISATION TRADITIONNELLE ET CONTEMPORAINE 37
5. AUTHENTIFICATION ET ANALYSE DE LA DROGUE* 39
B. LA VALÉRIANE (VALERIANA OFFICINALIS L.) ............................................................................... 39
1. DESCRIPTION BOTANIQUE 39
2. HABITAT 41
3. CULTURE 41
4. UTILISATION TRADITIONNELLE ET CONTEMPORAINE 43
5. AUTHENTIFICATION ET ANALYSE DE LA DROGUE* 43
I. USAGES TRADITIONNELS ET ÉTUDES DES PROPRIÉTÉS THÉRAPEUTIQUES DE
LA MÉLISSE ET DE LA VALÉRIANE 45
A. PROPRIÉTÉS DE LA MÉLISSE ......................................................................................................... 45
1. ANTALGIQUE DANS LES DOULEURS D’ORIGINE DIGESTIVE 45
2. EFFETS SUR LE SYSTÈME NERVEUX CENTRAL 49
3. ANTIOXYDANT 53
4. VIRUCIDE 55
5. PHYTOSANITAIRE 59
B. PROPRIÉTÉS DE LA VALÉRIANE ..................................................................................................... 59
1. EFFETS CLINIQUES 61
2. EFFETS PHARMACOLOGIQUES 65
C. ÉTUDES D’UNE ASSOCIATION MÉLISSE-VALÉRIANE .................................................................... 69
1. EFFETS SUR LES TROUBLES DU SOMMEIL 69
2. EFFETS FACE À UN STRESS INDUIT 69
3. EFFETS SUR DES SUJETS SAINS 71
II. COMPOSITION CHIMIQUE DE LA MÉLISSE ET DE LA VALÉRIANE 73
A. COMPOSITION CHIMIQUE DE LA MÉLISSE .................................................................................... 73
1. COMPOSITION CHIMIQUE DES FEUILLES DE MÉLISSE 73
2. COMPOSITION CHIMIQUE DE L’HUILE ESSENTIELLE* DE MÉLISSE 77
B. COMPOSITION CHIMIQUE DE LA VALÉRIANE ............................................................................... 85
1. COMPOSITION CHIMIQUE DES RACINES DE VALÉRIANE 85
2. COMPOSITION CHIMIQUE DE L’HUILE ESSENTIELLE* DE VALÉRIANE 91
13
Table des abréviations et acronymes
15
ITEIPMAI : Institut technique RGABA-A : Récepteurs GABA de type A
interprofessionnel des plantes à parfum, ROS : Reactive Oxygen Species = dérivés
médicinales et aromatiques réactifs de l’oxygène
IVHD : IsoValéroxy- SIDA : Syndrome d’ImmunoDéficience
HydroxyDihydrovaltrate Acquise
LPS : Lipopolysaccharide* SNC : Système Nerveux Central
M. officinalis : Melissa officinalis
SONAS : (Laboratoire) Substances
MAO-A : MonoAmine Oxydase de type A d’Origine Naturelle et Analogues
Structuraux
MAPK : Mitogen-Activated Protein
Kinases Subsp. : Subspecies = sous-espèce
NF-κB : Nuclear Factor-kappa B TGF : Tumor Growth Factor
NK : Natural Killer TNFα : Tumor Necrosis Factor alpha
NMDA : N-Méthyl-D-Aspartate TPA : 12-O-TetradecanoylPhorbol-13-
Acetate
NO : Monoxyde d’azote
TRPV : Transient Receptor Potential
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
Vanilloid
PAF : Platelet Activating Factor
TSH : Thyroid Stimulating Hormon
PBS : Phosphate Buffered Saline
UE : Union Européenne
P. cent : Pour cent
UPRES EA : Unité Propre de Recherche
PC12 : Pheochromocytome cells 12 de l’Enseignement Supérieur et Équipe
PDGF : Platelet-Derived Growth Factor d’Accueil
17
Lexique
Les mots définis dans ce lexique sont indiqués dans le texte par un astérisque (*).
Bisannuelle : se dit d’une plante dont le cycle se déroule sur deux ans.
Caduque : partie de la muqueuse utérine se détachant avec le placenta à l’accouchement
(Delamare, 2006).
CI50 : concentration nécessaire pour une inhibition de 50 % de la pousse bactérienne, ou
concentration d’antagoniste nécessaire pour obtenir la moitié de l’effet maximal généré
par une concentration donnée d’agoniste.
CMI : plus faible concentration d’un produit pour laquelle la croissance microbienne est
inhibée après une incubation de 24 heures pour les bactéries et 5 jours pour les
champignons et levures.
Cyme : inflorescence où chaque ramification est terminée par une fleur. Une ou deux
ramification(s) parte(nt) de l’axe principal un peu plus bas sous la fleur, puis une ou deux
ramification(s) parte(nt) de celles-ci et ainsi de suite (Dictionnaire Larousse, 2011).
DE50 ou CE50: dose ou concentration d’une molécule pour laquelle on obtient la moitié de
l’effet maximal possible (Lüllemann et al., 2010).
Didyname : qualifie les étamines lorsque, sur quatre étamines, deux sont plus courtes.
DL50 : dose létale (en unité de masse d’un toxique/unité de masse d’une cible animale
testée) pour 50 % de la population étudiée.
Drogue (végétale) : ″Les drogues végétales sont essentiellement des plantes, parties de
plantes ou algues, champignons, lichens, entiers, fragmentés ou brisés, utilisés en l’état,
soit le plus souvent sous forme desséchée, soit à l’état frais. […] Les drogues végétales
doivent être définies avec précision par la dénomination scientifique botanique selon le
système binomial (genre, espèce, variété, auteur).″(DEQM, 2011)
Éréthisme cardiaque : excès d’activité du cœur, se traduisant par des palpitations
(Delamare, 2006).
Exuviation : étape de la mue des arthropodes correspondant au rejet de la cuticule
(Dictionnaire Larousse, 2011).
Huile essentielle : ″Produit odorant, généralement de composition complexe, obtenu à
partir d’une matière première végétale botaniquement définie, soit par entraînement à la
vapeur d’eau, soit par distillation sèche, soit par un procédé mécanique approprié sans
chauffage. Une huile essentielle est le plus souvent séparée de la phase aqueuse par un
procédé physique n’entraînant pas de changement significatif de sa composition″
(DEQM, 2011).
19
Indéhiscent : se dit d’un fruit qui ne s’ouvre pas à maturité pour libérer les graines
(Dictionnaire Larousse, 2011).
Inotrope positif ou négatif (effet) : respectivement augmentation ou diminution des
contractions du myocarde (Dictionnaire Larousse, 2011).
Lipopolysaccharide : type d’endotoxine présent sur la membrane cellulaire des bactéries à
Gram négatif.
Médicament : Art. 5111-1 du Code de la Santé publique – On entend par médicament
toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou
préventives à l'égard des maladies humaines ou animales, ainsi que toute substance ou
composition pouvant être utilisée chez l'homme ou chez l'animal ou pouvant leur être
administrée, en vue d'établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier
leurs fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique
ou métabolique (Secrétariat Général du Gouvernement, 2011).
Pappus : aigrette de soies correspondant aux sépales persistants.
Pennatiséqué : se dit d’une feuille à nervation pennée, divisée en plusieurs folioles.
Phytothérapie : traitement des pathologies par les plantes.
Vivace : se dit d’une plante dont le cycle est supérieur à deux ans et pouvant produire
plusieurs floraisons.
21
Liste des tableaux
23
Liste des figures
25
Avant-propos
La mélisse (Melissa officinalis) et la valériane (Valeriana officinalis) sont consommées
par l’homme depuis l’Antiquité (Babulka, 2005), en infusion c’est-à-dire en tant qu’extrait
aqueux liquide, pour leurs vertus sédatives et relaxantes. Ces propriétés sont liées à des
observations empiriques des effets de ces plantes sur l’organisme. Or, il existe un regain
d’intérêt pour la phytothérapie* en tant que médecine alternative au sens où l’entend l’OMS,
et depuis quelques années, il est apparu sur le marché des extraits hydroalcooliques ou des
huiles essentielles, pour lesquelles les mêmes indications que pour les infusions sont
revendiquées. Il convient donc d’élucider ou de préciser les mécanismes d’action de leurs
divers constituants afin d’expliquer leur efficacité. Et ce, d’autant plus que la réglementation
européenne des compléments alimentaires et des médicaments* à base de plantes a évolué.
En effet, la période de transition de sept ans 1 de la directive 2004/24/CE (Annexe 1) a pris
fin le 1er mai 2011. Désormais, les médicaments* à base de plantes autorisés dans l’Union
Européenne (UE) sont ceux considérés comme ″traditionnels″ qui ont prouvé leur innocuité
(dans les conditions normales d’utilisation) et ayant un passé montrant un bénéfice2 réel,
sans avoir nécessairement subi d’essais cliniques ou ceux ayant une AMM classique comme
les autres médicaments. Les médicaments à base plantes ″d’usage traditionnel″ peuvent
bénéficier d’une demande d’AMM allégée, c’est-à-dire sans essais cliniques prouvant leur
efficacité ou leur innocuité dès lors que les plantes qu’ils contiennent possèdent une
monographie à l’HMPC. Le règlement européen n°1924/2006 à propos des compléments
alimentaires est plus contraignant financièrement. Il stipule que la bibliographie justifiant les
allégations relatives à la santé doit être fournie par les industriels eux-mêmes (Commission
Européenne, 2011).
Le but de ce travail est de dresser un bilan des connaissances actuelles concernant les
cibles pharmacologiques – en particulier récepteurs membranaires et canaux ioniques – des
divers composés de la mélisse et de la valériane. De cette façon, les activités de ces
molécules, observées empiriquement à l’échelle de l’organisme, peuvent être expliquées et
objectivées aux niveaux moléculaire et cellulaire. L’intérêt étant d’expliquer
scientifiquement les effets pharmacologiques observés dans la médecine traditionnelle.
Parallèlement aux aspects réglementaires, l’agriculture biologique connaît un essor qui
incite de plus en plus la science à se tourner vers les plantes pour trouver de nouveaux
1
La période de transition est la durée prévue par la directive, accordée aux producteurs ou importateurs de
médicaments à base de plantes pour régulariser l’AMM de leurs produits.
2
Trente ans d’utilisation, dont au moins quinze dans l’UE.
27
principes actifs, efficaces contre les nuisibles, mais qui soient sans impact sur les cultures,
les animaux non cibles et l’homme. La finalité est de préserver au maximum un écosystème
déjà fragilisé par l’agriculture intensive et l’activité humaine en général.
29
Introduction
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS*), dans la plupart des pays
industrialisés, 70 à 95 % de personnes ont recours aux médecines traditionnelles 3
(phytothérapie* incluse), ce qui représente un marché de plus de 65 milliards d’euros en 2008
(OMS, 2011b).
De nos jours, la problématique en phytothérapie* est de mettre en évidence l’efficacité
des plantes utilisées. Il s’agit non seulement de caractériser leurs cibles, mais aussi de prévoir
ou de comprendre certains effets secondaires, et de définir précisément les doses efficaces, en-
deçà desquelles un principe actif n’exerce aucun effet, et au-delà desquelles il devient toxique.
Cette contrainte pour les entreprises commercialisant des produits à base de plantes –
médicaments* et compléments alimentaires – nécessite des moyens humains, matériels et
financiers importants. Cependant, cela constitue aussi un avantage puisqu’en appuyant
scientifiquement les propriétés revendiquées, le produit gagne en crédibilité. De plus, depuis
le début du XXIème siècle, l’engouement de la population occidentale (Clément, 2005) pour la
phytothérapie* impose d’apporter un éclairage nouveau sur des plantes déjà connues et
utilisées. L’important est d’éviter la mise sur le marché de produits aux propriétés non ou
partiellement caractérisées qui pourraient s’avérer inefficaces voire dangereux. Mieux
connaître les composés permettrait de mieux cibler les exigences quant au contenu de ces
produits.
En France, la loi qui régissait les demandes d’autorisation de mise sur le marché pour
les médicaments* traditionnels à base de plantes n’a plus cours car c’est la directive
européenne qui prévaut. Toutefois, avant leur commercialisation, un enregistrement auprès de
l’ANSM (anciennement l’AFSSaPS) est nécessaire pour une durée initiale de cinq ans.
L’Agence peut malgré tout exiger un dépôt de demande d’AMM classique si elle le juge
nécessaire, tant sur le plan de l’efficacité que de la sécurité du produit (Secrétariat Général du
Gouvernement, 2011).
La mélisse et la valériane, c’est-à-dire respectivement Melissa officinalis et Valeriana
officinalis sont des plantes médicinales reconnues depuis l’Antiquité. Quelles sont leurs
caractéristiques ? Les propriétés qui leur sont attribuées ont-elles été démontrées ? Quels sont
les composés de ces plantes responsables de leurs effets bénéfiques ? Ce travail propose
3
L’OMS regroupe sous le terme ″médecines traditionnelles″ : la phytothérapie et les pratiques ayant recours à
des parties animales et/ou minérales, nommées médecine ″alternative″, ″complémentaire″ ou ″non-
conventionnelle″ (OMS, 2011b).
31
d’apporter des réponses à ces questions à partir d’une analyse de la bibliographie scientifique
et médicale
1. Description botanique
La mélisse (Figure 1a) est une plante herbacée vivace* à la tige carrée (Figure 1g),
dressée et ramifiée, poussant en touffe, mesurant le plus souvent entre 30 et 80 centimètres de
haut (Perrot & Paris, 1971 ; Thoby, 2009).
Les feuilles (Figure 1f), pétiolées, sont réparties de façon opposée et décussée sur la tige
(Wichtl & Anton, 2003). Leurs bords sont fortement crénelés. Elles sont de forme ovale et
cordiforme, aux nervures réticulées très saillantes sur la face inférieure, donnant cet aspect
gaufré à la face supérieure. La surface est recouverte de fins poils courts (Perrot & Paris,
1971).
33
Figure 1 – Mélisse officinale (Melissa officinalis)
http://www.herbierimages.be
a : plante entière ; b : fleur zygomorphe ; c : fleurs disposées en verticilles à la base des feuilles ; d : quatre
étamines ; e : calice bilabié et pubescent ; f : feuille ; g : tige carrée.
Les fleurs sont regroupées par douzaine ou demi-douzaine, en verticille (Figure 1c), à la
base des feuilles. De couleur blanche à rosée, elles sont formées d’une corolle tubulaire
(Figure 1b) constituée de deux lèvres inégales. La lèvre supérieure est dressée (Perrot & Paris,
1971) et celle inférieure est divisée en trois lobes. Quatre étamines didynames* (Figure 1d)
s’insèrent sur le tube formé par la corolle, elles sont courbées et tendent ainsi les unes vers les
autres. Le pistil, quant à lui, est constitué de quatre loges et possède un long style terminé par
un stigmate. Le calice (Figure 1e) est bilabié et pubescent (Wichtl & Anton, 2003).
Le fruit est un tétrakène contenant de petites graines brunes, foncées et luisantes.
La mélisse officinale peut parfois, notamment si elle est cueillie à l’état sauvage, être
confondue avec d’autres plantes (Wichtl & Anton, 2003 ; Babulka, 2005) qui sont : la cataire
citronnée (Nepeta cataria var. citriodora), la mélisse des bois (Melittis melissophyllum), la
mélisse à grandes fleurs (M. grandiflora Sm.) et la mélisse de Moldavie (Dracocephalum
moldavicum).
2. Habitat
3. Culture et récolte
La première récolte normale ne se fait qu’après la deuxième année de culture (Wichtl &
Anton, 2003). En effet, la première année, le producteur ne peut espérer que 25 % d’un
rendement normal. Les feuilles et les tiges sont ramassées avant la floraison c’est-à-dire fin
juin à début juillet. Une deuxième récolte peut avoir lieu fin août à début septembre. A
l’origine, le ramassage se faisait à la faucille mais désormais il existe des récolteuses
mécaniques, utilisées surtout lorsque la surface du champ est importante (Fiche technique de
l’ITEIPMAI : Mélisse). Le séchage de la plante doit être effectué sitôt la cueillette terminée
35
Tableau 1 – Médicaments* à base de plantes contenant de la mélisse, autorisés en France
AFSSaPS, 2011 ; Vidal, 2011
Médicaments* à base
Forme de la mélisse Nom commercial Indications
de plantes
Mélisse seule Poudre de plante Arkogélules Mélisse® 1, 2 et 3
Médiflor n°14 calmante®
3
Poudre de plante Troubles du sommeil
Mélisse associée à Santane N9® 3
d’autres plantes
Extrait sec Vagostabyl® 3 et 4
Extrait fluide Biocarde® 3 et 4
1 : Traitement symptomatique de troubles digestifs tels que : ballonnement épigastrique, lenteur à la digestion,
éructations, flatulences.
2 : Traitement adjuvant de la composante douloureuse des troubles fonctionnels digestifs.
3 : Traitement symptomatique des états neurotoniques des adultes et des enfants, notamment en cas de troubles
mineurs du sommeil.
4 : Troubles de l'éréthisme cardiaque* de l'adulte (cœur sain)
car la plante s’abime très rapidement (Fiche technique de l’ITEIPMAI : Mélisse ; Filière des
plantes médicinales biologiques du Québec, 2003).
En 2008, la culture de la mélisse représentait 55,24 ha en France, soit 1,6 % des terres
cultivées pour les plantes aromatiques et médicinales (Krausz, 2009). En 2009, l’exploitation
des terres pour cette plante était constante, c’est-à-dire 50 ha dont 40 en agriculture
biologique. Près de 50 % de la production de mélisse est transformée en huile essentielle*
(source : CPPARM, 2011). En 2010, la culture de la mélisse a doublé, 98 ha y sont consacrés
(source : antenne de Volx, ministère de l’Agriculture). Une trentaine d’hectares est située en
Anjou (source : producteurs angevins).
La drogue* utilisée dans les médicaments* ou les compléments alimentaires est l’extrait
sec de feuilles de mélisse (M. officinalis L.) ou les feuilles de mélisse séchées. Cependant,
l’huile essentielle* extraite de celles-ci peut aussi être utilisée.
La mélisse est connue depuis la Grèce antique. En effet, Théophraste (372 - 287 av. J.-
C.)4 et Hippocrate (460 – 377 av. J.-C.)4 utilisaient déjà les feuilles de cette plante pour
améliorer la digestion et réduire les états de nervosité. Au XVIème siècle, Paracelse (1493 -
1541)4 l’utilisait aussi (Wichtl & Anton, 2003).
L’Eau de mélisse des Carmes Boyer® existe depuis 1611. C’est une solution alcoolisée
à base de mélisse, et contenant également neuf épices et treize autres plantes. Elle est
présentée comme un produit aux multiples vertus, notamment celles de diminuer le stress et la
fatigue, de faciliter la digestion et d’apaiser le mal des transports (Perrot & Paris, 1971 ; Eau
des Carmes Boyer, 2011).
De nos jours, plusieurs médicaments* proposés en vente-conseil contiennent de la
mélisse officinale. Selon les Cahiers de l’Agence (1998), par voie orale, elle est
″traditionnellement utilisé[e] dans le traitement symptomatique de troubles digestifs
(ballonnement épigastrique, lenteur à la digestion, éructations, flatulences) et dans le
traitement adjuvant de leur composante douloureuse / dans le traitement symptomatique des
états neurotoniques (troubles mineurs du sommeil)″ (AFSSaPS, 1998). En France, l’usage se
limite à ces propriétés (Tableau 1) tandis qu’en Allemagne, il existe des formes pour usages
4
Larousse, 2008
37
externes contenant de la mélisse et indiquées dans le traitement de l’herpès labial telles que
Lomaherpan® du laboratoire Lomapharm (Wichtl & Anton, 2003).
La mélisse peut être administrée sous forme d’infusion en procédant de la manière
suivante : laisser reposer cinq à dix minutes 1,5 à 4 g de feuilles finement coupées sur
lesquelles il a été versé de l’eau bouillante, puis filtrer avant de boire (Wichtl & Anton, 2003).
M. officinalis fait partie de la liste des 34 plantes sorties du monopole pharmaceutique 5
à la suite du décret 79-480 du 15 juin 1979 (Secrétariat Général du Gouvernement, 2011).
1. Description botanique
La valériane (Figure 2g) est une plante bisannuelle* par sa racine (ou souche) pouvant
mesurer jusqu’à 1,50 mètres selon la sous-espèce (Wichtl & Anton, 2003). La souche est
courte et fibreuse tandis que la tige est creuse et d’aspect cannelé (Perrot & Paris, 1971).
5
Le monopole pharmaceutique correspond à un ensemble d’éléments dont la préparation ou la vente en gros ou
au détail, sont exclusivement réservés aux pharmaciens, sauf dérogations. Ses dispositions générales et pénales
sont définies de l’article L4211-1 à L4212-8 (Secrétariat Général du Gouvernement, 2011).
39
Figure 2 – Valériane officinale (Valeriana officinalis)
http://www.herbierimages.be
a : inflorescence en cyme* ; b : fleurs à corolle infundibuliforme ; c : calice ; d : tige avec disposition opposée
des feuilles; e : feuilles disposées en rosette à la base de la tige; f : feuilles opposées sur la tige; g : plante entière.
Les feuilles pennatiséquées* (constituées de 11 à 21 folioles lancéolés ; Figure 2f) sont
organisées en rosette (Figure 2e) à la base de la tige et de façon opposée (Figure 2d) le long de
celle-ci (Perrot & Paris, 1971).
Les fleurs sont de couleur blanche à rose et disposées en cymes* (Figure 2a) à
l’extrémité de la tige. Leur corolle infundibuliforme (Figure 2b) est composée de cinq pétales
soudés entre eux, libres et étalés à l’extrémités supérieures et formant une bosse à l’extrémité
inférieure. Les anthères sont distinctes et proéminentes (Perrot & Paris, 1971 ; Wichtl &
Anton, 2003). L’ovaire contient trois loges dont une seule donnera un ovule après maturation.
Les poils plumeux du calice (Figure 2c) se replient sur eux-mêmes, formant ainsi un
renflement autour de la base de la corolle (Perrot & Paris, 1971).
Le fruit est un akène indéhiscent* surmonté d’un pappus* (Wichtl & Anton, 2003 ;
Bruneton, 2009). L’embryon contenu dans la graine est dépourvu d’albumen (Perrot & Paris,
1971).
Les organes souterrains sont constitués d’un rhizome conique gris-brun clair d’où
partent de multiples racines longues et fines, et auquel s’ajoutent des stolons à nœuds
proéminents et entre-nœuds striés (Bruneton, 2009).
La plante (surtout la partie souterraine séchée) dégage une odeur particulièrement forte
et désagréable, qui attire les chats d’où son nom d’Herbe aux chats (Vial, 1998).
2. Habitat
3. Culture
La valériane est cultivée pour sa racine. La récolte se fait par arrachage à l’automne
(octobre et novembre), à partir de la deuxième année de culture. Les parties aériennes de la
plante sont coupées, les racines sont déterrées mécaniquement puis lavées (Fiches techniques
de l’ITEIPMAI : valériane ; Filière des plantes médicinales biologiques du Québec, 2010). La
racine obtenue est ensuite coupée et séchée à moins de 40°C (Gruenwald et al., 2007).
La production française de valériane représente plus d’un quart de la production
européenne, soit 50 à 80 ha. Les deux tiers des surfaces cultivées en France sont situées en
Anjou (source : ITEIPMAI et producteurs angevins).
41
Tableau 2 – Médicaments* à base de plantes contenant de la valériane, autorisés en France
AFSSaPS, 2011 ; Vidal, 2011
Médicaments* à base Forme de la
Nom commercial Indications
de plantes valériane
Poudre de plante Arkogélules Valériane® 1
Valériane seule
Extrait sec Elusanes Valériane® 2
Médiflor® calmante Troubles
Poudre de plante 1
du sommeil n°14
Valériane associée à Euphytose® 3
d’autres plantes Extrait sec Spasmine® 1
Tranquital® 2
Teinture Biocarde® 1 et 4
1 : Traitement symptomatique des états neurotoniques des adultes et des enfants, notamment en cas de troubles
mineurs du sommeil.
2 : Traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique des états neurotoniques des adultes, notamment
en cas de troubles mineurs du sommeil.
3 : Traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique des états anxieux mineurs et en cas de troubles
mineurs du sommeil des adultes et des enfants.
4 : Troubles de l'éréthisme cardiaque* de l'adulte (cœur sain).
.
4. Utilisation traditionnelle et contemporaine
43
Figure 3 – Chronologie des indications de la mélisse
Tableau 3 – Posologies recommandées par l’HMPC dans le cadre d’un usage traditionnel de la mélisse
EMA, 2007
Formes employées Posologies
Feuilles sèches coupées ou en
1,5 – 4,5 g, 1 à 3 fois par jour
poudre
Enfants de plus de 12 ans, 1,5 – 4,5 g de feuilles sèches
adultes, personnes âgées pour 150 ml d’eau bouillante,
Infusion
infusées pendant 5 à 15 minute,
L’emploi chez l’enfant de 1 à 3 fois par jour
moins de 12 ans, chez la Teinture 2 - 6 ml, 1 à 3 fois par jour.
femme enceinte ou allaitante Extrait liquide 2 - 4 ml, 1 à 3 fois par jour.
n’est pas recommandé. Doses équivalentes aux
Extrait sec aqueux ou
posologies de l’infusion, de la
éthanolique 45% v/v
teinture et de l’extrait liquide
La voie d’administration recommandée est la voie orale uniquement. La durée de traitement doit être
limitée et en cas de persistance des symptômes, une consultation médicale doit être envisagée.
I. Usages traditionnels et études des propriétés thérapeutiques de la
mélisse et de la valériane
Les effets de la mélisse et de la valériane, sous forme de poudre de plante ou d’extrait
sec (aqueux ou hydroalcooliques le plus souvent) ont été beaucoup étudiés, afin de déterminer
leur mécanisme d’action. De ce fait, la plupart des études ont d’abord eu pour objectif de
démontrer l’efficacité thérapeutique supposée par l’usage traditionnel. En outre, certaines se
sont attachées à découvrir de nouvelles propriétés médicales par des expériences in vitro ou
chez l’animal, ou une observation clinique sur l’animal ou l’homme.
Cette partie propose de déterminer si les propriétés attribuées à la mélisse et à la
valériane sont fondées cliniquement puis pharmacologiquement. Toutefois, la pharmacologie
des récepteurs impliqués dans leur activité ne sera pas abordé (cf. III).
A. Propriétés de la mélisse
La mélisse est depuis l’Antiquité (Figure 3) une plante utilisée dans les cas de nervosité
et de troubles mineurs du sommeil, ainsi qu’en cas de troubles gastro-intestinaux telles les
flatulences et les douleurs abdominales. C’est de façon empirique que ces propriétés lui ont
été attribuées (Babulka, 2005 ; Ollier, 2011).
Le Comité des médicaments* à base de plantes (HMPC* ou Herbal Medicinal Products
Committee) de l’Agence Européenne du médicament* (EMA* ou European Medicine
Agency) reconnaît l’utilisation des feuilles sèches de M. officinalis, intactes ou sous forme de
poudre, de teinture éthanolique 45% v/v (DER [1 :5]*) et d’extraits éthanoliques 45% v/v sec
ou liquide (DER [1 :1]) pour ces usages traditionnels. Il préconise donc des doses de plantes à
respecter (Tableau 3). Toutefois, l’HMPC ne reconnaît pas d’usages scientifiquement établis
(EMA, 2007).
L’usage de la plante pour soulager les douleurs abdominales est propre à M. officinalis,
la valériane n’étant pas utilisée dans ce but. Cette propriété antalgique serait due à une
composante antispasmodique associée à une stimulation de la digestion, notamment par un
effet cholérétique.
45
1.1. Origine de la spasticité intestinale
Le péristaltisme intestinal est assuré par des fibres musculaires lisses circulaires, douées
d’un automatisme contrôlé par le système nerveux autonome, qui en se contractant permettent
la progression du bol alimentaire dans la lumière du tube digestif. Le transit est ainsi régulé
par les récepteurs à la 5-hydroxytryptamine de type 3 et 4 (5-HT3 et 5-HT4) qui, s’ils sont
stimulés par un agoniste, entraînent une accélération du transit par augmentation du
péristaltisme et production de mucus, ce qui peut parfois occasionner des douleurs. Il existe
aussi un contrôle par des récepteurs muscariniques et adrénergiques. La sérotonine provient
dans ce cas en majorité des cellules entérochromaffines, situées exclusivement au niveau du
tube digestif. Une possibilité de traitement pourrait donc être assurée par un antagoniste des
récepteurs 5-HT3 et 5-HT4 (Ahn & Ehrenpreis, 2002 ; Johanson, 2004 ; Beattie & Smith,
2008).
Parallèlement, l’intestin possède une population de neurones sensitifs qui lui est propre
et qui constitue le système nerveux entérique. Ce dernier est constitué de neurones
sérotoninergiques, de petits neurones peptidergiques de nature opioïdes et de fibres motrices
parasympathiques et sympathiques. Les neurones du système nerveux entérique comportent
différents types de récepteurs pouvant être stimulés par la sérotonine libérée par les cellules
entérochromaffines (Lebouvier, 2008).
6
Molécule de référence qui inhibe de façon réversible l’acétylcholinestérase (Katzung, 2006).
47
Figure 4 – Effets d'un extrait aqueux de M. officinalis sur le comportement de la souris dans le test de la
nage forcée
D’après Emamghoreishi & Talebianpour, 2009
Counts : nombre ; water : eau = groupe témoin ; imp : imipramine ; flux : fluoxétine ; A25-300 : extrait
aqueux de 25 à 300 mg/kg ; climbing : escalade = tentative de fuite ; swimming : nage ; immobility : immobilité.
Dans le test de nage forcée, trois paramètres ont été évalués dans des conditions de contrôle et après
administration en ip des produits énumérés ci-dessus. Les extraits aqueux de mélisse produisent un effet au profil
comparable à celui observé chez les animaux traités par imipramine, c’est-à-dire une augmentation des tentatives
de fuite et une diminution de l’immobilité. La fluoxétine en revanche produit une augmentation significative de
la nage et une augmentation plus modérée de l’escalade.
citral (Sadraei et al., 2003). Ceci confirme que la mélisse peut être utilisée dans les troubles
gastro-intestinaux d’origine spasmodique.
Il a été montré chez la souris qu’un extrait aqueux de mélisse présente une activité,
apparentée à une activité antidépressive chez l’homme, similaire à celle observée chez les
animaux traités par imipramine7. Le test de la nage forcée permet d’évaluer les effets des
traitements antidépresseurs sur la souris. L’animal est placé dans un récipient en verre
cylindrique rempli à moitié d’eau. Alors soit il essaie d’escalader les parois pour s’échapper
(escalade ou fuite), soit il nage, soit il se laisse flotter sans bouger (immobilisme). Ainsi, une
activité antidépressive d’un produit se caractérisera dans ce test par une augmentation de
l’activité locomotrice de la souris (temps de nage et escalade). L’étude d’Emamghoreishi et
Talebianpour (2009) révèle que 25 mg/kg d’extrait aqueux de mélisse administrés par voie
intra-péritonéale réduisent de 46 % l’immobilité de la souris, augmentent de 170 % les
tentatives de fuite sans modifier le nombre de fois où la souris nage (Figure 4). Cette activité
possède un effet au profil semblable à celui observé pour 15 mg/kg d’imipramine, mais est
différent de celui observé pour 20 mg/kg de fluoxétine (Emamghoreishi & Talebianpour,
2009).
L’effet antidépresseur peut s’expliquer par l’inhibition de la monoamine oxydase de
type A, MAO-A* par des extraits de M. officinalis. La CI50* pour l’extrait méthanolique étant
d’environ 19 µg/ml, tandis qu’elle est d’environ 48 µg/ml pour l’extrait aqueux. En revanche,
7
L’imipramine fait partie de la classe des antidépresseurs dits tricycliques. Elle possède une activité
thymoanaleptique due à ses effets noradrénergique, sérotoninergique et anticholinergique central et périphérique
(Dorosz et al., 2011).
49
aucun d’eux n’a montré d’activité vis-à-vis de l’acétylcholinestérase (Lopez et al., 2009).
Cela signifierait une absence d’effets indésirables liés à une activité anticholinergique,
contrairement aux antidépresseurs imipraminiques. Ceci est cependant en contradiction avec
l’étude de Dastmalchi en 2009 qui montre une activité par rapport aux acétylcholinestérases.
Toutefois, cette différence de résultats peut être due à la nature de l’extrait employé : extrait
méthanolique ou aqueux dans un cas et hydro-alcoolique dans l’autre. Pour s’en assurer, il
faudrait étudier l’effet de différents types d’extrait de mélisse sur les acétylcholinestérases.
8
Le flumazenil est un antagoniste compétitif du site récepteur aux benzodiazépines utilisé comme traitement
antidotique en cas de surdosage en benzodiazépines (Dorosz et al., 2011).
9
Le score ADAS-cog va de 0 (stade léger de la maladie d’Alzheimer) à 70 (stade le plus sévère). Ce score
permet d’évaluer l’attention, le langage, la mémoire, l’orientation, les habitudes de vie et le raisonnement des
patients atteints de la maladie d’Alzheimer.
51
l’effet anti-amnésique ne s’observe pas chez la souris ayant une amnésie induite par la
scopolamine (Orhan & Aslan, 2009). Orhan et Aslan (2009) ont donc aussi observé une
inhibition des acétylcholinestérases avec le même type d’extrait que Dastmalchi (2009) et son
équipe.
3. Antioxydant
Les antioxydants sont des agents protecteurs des cellules. Ils leur permettent de lutter
contre le stress oxydatif provoqué par les rayonnements, ou les agents chimiques par exemple.
Certains antioxydants sont naturellement synthétisés par les cellules, ils sont endogènes. Ils
peuvent être enzymatiques (superoxyde dismutase, catalase, glutathion peroxydase et hème
oxygénase) ou non (glutathion et acide urique). A cela s’ajoutent les antioxydants exogènes
apportés par l’alimentation. Il s’agit notamment des vitamines C et E (Nadji, 2010). La
mélisse présente des propriétés antioxydantes importantes (Dastmalchi et al., 2008).
Le stress oxydatif est supposé être l’un des facteurs influençant la survenue de certaines
maladies neurodégénératives comme les maladies d’Alzheimer et de Parkinson. Le pouvoir
antioxydant de M. officinalis pourrait donc offrir une protection contre les dérivés oxygénés
réactifs ou Reactive oxygen species (ROS*). Un extrait méthanolique de la plante de 60 et 80
µg/ml protège in vitro plus de 60% des cellules chromaffines tumorales de médullosurrénale
de rat, nommées PC12 (Pheochromocytome cells 1210), contre le peroxyde d’hydrogène. Cette
protection atteint 50% pour un extrait aqueux (Lopez et al., 2009).
L’huile essentielle* de mélisse pourrait être associée à un traitement de la maladie
d’Alzheimer grâce à ses propriétés antioxydantes qui confèrent ainsi une protection cellulaire
aux neurones (Bahtiyarca Bagdat & Cosge, 2006).
10
Ces cellules sont considérées comme des neurones, d’où leur utilisation dans l’étude.
53
de mélisse augmente sa concentration dans le sang et le foie du rat hyperlipidémique. En
effet, celle-ci est supérieure de 33% chez les rats hyperlipidémiques qui ont reçu l’extrait par
rapport aux rats hyperlipidémiques n’ayant pas été traités. Chez les rats traités, le taux de
peroxydation des lipides est diminué de 63%. En revanche, l’administration de l’extrait à des
rats dont la cholestérolémie et la triglycéridémie sont normales ne produit pas des résultats
aussi équivoques. On peut donc supposer qu’une administration en prévention n’aurait pas
d’utilité. Selon les auteurs, ces effets pourraient être attribués aux flavonoïdes (Choi, 1991 ;
Ribeiro et al., 2001). Par ailleurs, cette étude a aussi mis en évidence qu’un extrait aqueux de
feuilles de mélisse induisait une réduction de la cholestérolémie et du taux de lipides sanguins
chez le rat hyperlipidémique (Bolkent et al., 2005). Actuellement, aucun médicament* ne
cible les ROS dans le traitement de l’athérosclérose.
4. Virucide
La lutte contre le VIH11* fait partie des enjeux médicaux les plus importants de notre
époque. En effet, l’OMS estime à 1,8 millions le nombre de personnes mourant du SIDA 12*
chaque année (OMS, 2011a). Actuellement, il n’existe aucun médicament* capable de guérir
cette infection. En revanche, une trithérapie peut être instaurée afin de repousser le plus
longtemps possible le stade de SIDA déclaré, c’est-à-dire lorsque le taux de lymphocytes T
CD4 est inférieur à 500/mm3 de sang. Il existe plusieurs types d’antirétroviraux permettant de
limiter la multiplication du virus: les inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse, les
inhibiteurs nucléotidiques de la transcriptase inverse, les inhibiteurs non nucléosidiques de la
transcriptase inverse, les inhibiteurs de protéase et les inhibiteurs de fusion. De plus, ces
traitements engendrent de nombreux effets indésirables (Talbert et al., 2008).
La mélisse, ainsi que d’autres plantes de la famille des Lamiaceae, possède une activité
sur le virion du VIH. En effet, l’efficacité d’un extrait aqueux de mélisse a été étudiée in vitro
et ex vivo. Celui-ci n’a d’effet que sur les particules virales libres, en inhibant le mécanisme
de fusion. Ce dernier semble pourtant être différent de celui de l’enfuvirtide, Fuzeon®, qui est
11
Virus de l’Immunodéficience Humaine
12
Syndrome d’Immunodéficience Acquise
55
Figure 5 – Un extrait aqueux de mélisse possède une activité anti-VIH-1 concentration-dépendante sur les
cellules T Sup-T1
Geuenich et al., 2008
L’extrait aqueux de mélisse inhibe la réplication du virus HIV-1 (HIV-1 replication) dans les cellules T Sup-
T1 à des concentrations (Concentration of Extract) relativement faible (IC50=0,045% à J5 après l’infection) et
s’avère peu toxique (viability) pour les cellules à cette concentration. Dans cet essai, la réplication virale a été
évaluée en mesurant la quantité de protéine p24 présente dans le surnageant (ng p24/ml).
aussi un inhibiteur de fusion. L’extrait n’est cytotoxique qu’à des concentrations relativement
haute (Figure 5) par rapport à la CI50* (Geuenich et al., 2008).
Il faut cependant rester très vigilant par rapport aux résultats qui attesteraient une
activité anti-VIH. En effet, ces essais ont été menés sur des modèles. Il se peut donc qu’à
l’échelle de l’organisme humain, ces effets ne soient pas observés.
Il existe plusieurs molécules anti-herpétiques qui sont l’aciclovir, par voie orale ou
locale, et le valaciclovir par voie orale uniquement (Talbert et al., 2008). L’aciclovir inhibe la
synthèse de l’ADN viral, et il en est de même pour le valaciclovir, car celui-ci donne après
clivage de la partie valine, une molécule d’aciclovir. L’intérêt du valaciclovir est que son
absorption au niveau intestinal est nettement supérieure à celle de l’aciclovir (Katzung, 2006).
13
Herpes simplex virus
57
Figure 6 – Effets de différentes fractions d’un extrait sec de mélisse sur la germination de graines de laitue
On observe que la fraction soluble dans l’eau de l’extrait de mélisse possède un pouvoir inhibiteur nettement
supérieur à celui de la fraction soluble dans le n-hexane et dans l’acétone. Ce sont donc les composés
hydrophiles qui ont la plus forte activité.
Tableau 4 – Posologies recommandées par l’HMPC dans le cadre d’un usage traditionnel et reconnu de
la valériane
EMA, 2005
Formes employées Posologies
Usage reconnu
1 dose équivalente à 2-3 g de
drogue* :
- 3 fois par jour en cas de nervosité
modérée
Teinture DER [1:5] ou extrait - ou 1 dose 1 heure avant le coucher
aqueux ou hydro-éthanolique en cas de troubles de
(éthanol 70 % v/v max.) l’endormissement, voire 1 dose
Enfants de plus de 12 ans, supplémentaire au dîner si
adultes, personnes âgées nécessaire
Maximum 4 doses par jour
L’emploi chez l’enfant de
moins de 12 ans, chez la Usage traditionnel
femme enceinte ou allaitante Poudre ou tisane de racine 0,3 à 1 3 fois par jour, si visée
n’est pas recommandé. sèche de valériane g relaxante
Jus de plante fraîche 15 ml Ou 1 dose 1 heure avant le
coucher en cas de troubles
de l’endormissement,
voire 1 dose
Huile essentielle* de racine
15 mg supplémentaire au dîner si
de valériane nécessaire
Maximum 4 doses par
jour
La voie d’administration recommandée est la voie orale uniquement. Pour un effet optimal, il est
conseillé de poursuivre le traitement sur 2 à 4 semaines. Le traitement ne saurait être efficace en
phase aiguë d’insomnie. Toutefois, la durée de traitement doit être limitée et en cas de persistance des
symptômes, une consultation médicale doit être envisagée.
5. Phytosanitaire
L’utilisation de la mélisse est depuis toujours orientée vers la médecine humaine. Or,
depuis quelques années, d’autres usages sont étudiés notamment dans le domaine des produits
phytosanitaires.
5.1. Herbicide
5.2. Insecticide
B. Propriétés de la valériane
1.1. Anxiolytique
1.2. Anticonvulsivant
La valériane est depuis longtemps utilisée pour ses propriétés antiépileptiques en Iran.
Chez l’adulte, l’épilepsie du lobe temporal est la plus commune. C’est pourquoi Rezvani et
son équipe (2010) ont étudié les effets d’un extrait aqueux de valériane et d’un extrait par de
l’éther de pétrole de ces mêmes racines sur un modèle animal d’épilepsie obtenue après une
lésion spécifique au niveau du lobe temporal. Dans ce cas, des cassures électriques et motrices
ont été induites progressivement par stimulation de sites particuliers dans le cerveau du rat, en
l’occurrence l’amygdale qui est fortement impliquée dans ce processus. L’effet
antiépileptique observé serait en partie dû à l’activation du système adénosine. Les récepteurs
à l’adénosine A1 sont principalement pré-synaptiques. Leur activation induit une baisse de la
libération de neurotransmetteurs. Ils constituent une cible potentielle dans le traitement de
l’épilepsie (Rezvani et al., 2010).
63
Tableau 5 – Effet d'un extrait hydro-alcoolique de valériane sur les contractions de l’iléon du cochon
d’Inde stimulé par 0,1 Hz
D’après Emami-Abarghouei et al., 2009
Extrait (mg/ml) 5 15 50 150 500
Diminution des contractions (%) 34,5 36,1 47,6 56,4 76,2
Un extrait hydro-alcoolique provoque une diminution des contractions de l’iléon de façon dose dépendante.
La CE50* est de près de 50 mg/ml, ce qui représente une concentration relativement importante.
1.3. Hypnotique
Une méta-analyse d’études randomisées contrôlées par placebo révèle que la valériane
améliore la qualité du sommeil si elle est évaluée qualitativement, c’est-à-dire s’il est
seulement demandé aux volontaires si leur sommeil est amélioré ou non (variable
dichotomique). En revanche, lorsque la qualité du sommeil est évaluée par une échelle
visuelle (évaluation quantitative), il s’avère que la valériane n’apporte pas d’amélioration, ni
n’induit le sommeil plus rapidement et que cette appréciation est très subjective. Le problème
de la valériane serait son odeur. Elle biaiserait, en faveur de la valériane, les études menées
contre placebo car de ce fait, les patients qui reçoivent la valériane et non le placebo en sont
conscients (Bent et al., 2006 ; Fernandez-San-Martin et al., 2010). Les méta-analyses
s’accordent toutes à montrer que la valériane ne présente pas de danger d’utilisation mais
qu’elle est sans effet sur les troubles du sommeil (Taibi et al., 2007 ; Salter & Brownie, 2010 ;
Sarris & Byrne, 2010).
Il semblerait que l’effet ″sédatif″ de la valériane serait plus lié à son fort potentiel
anxiolytique qu’à un quelconque effet hypnotique. De ce fait, le sommeil ne peut être induit
et/ou amélioré que chez les patients dont l’anxiété est à l’origine de ces troubles (Hattesohl et
al., 2008). Cela expliquerait peut-être pourquoi les extraits de valériane n’induisent pas de
somnolence chez des sujets sains.
1.4. Myorelaxant
2. Effets pharmacologiques
Selon l’HMPC, les effets sédatifs et anxiolytiques des racines de valériane ont été
démontrés au cours d’essais précliniques et des études cliniques. Il est donc admis que les
préparations reconnues à base de racine de valériane réduisent le délai d’endormissement et
améliorent la qualité du sommeil et le bien-être en journée. Cependant, le comité n’attribue
pas ces activités à l’un ou l’autre des composants en particulier. Mais il propose l’intervention
65
Figure 7 – Effet inhibiteur concentration-dépendant d’un extrait de valériane surl’excitabilité neuronale
D’après Yuan et al., 2004
a : essai avec 3 mg/ml d’extrait de valériane associé à 10 µM de bicuculline.
Un extrait de valériane, standardisé à 0,3 % d’acide valérénique, inhibe de façon dose-dépendante
l’excitation des neurones du tronc cérébral de rat. Un extrait à 3 mg/ml possède une activité inhibitrice de 29 %.
La bicuculline antagonise l’effet observé avec l’extrait de valériane.
Figure 8 – Effets d'un extrait aqueux et d’un extrait hydro-alcoolique de valériane sur la fixation du
glutamate en présence d’agonistes des récepteurs au glutamate
D’après Del Valle-Mojica et al., 2010
1 mg/ml d’extrait aqueux ou hydro-alcoolique de valériane diminue l’effet du NMDA, de l’AMPA et du
kainate (KA) sur la fixation du glutamate aux membranes synaptiques de rat. L’extrait hydro-alcoolique
augmente cependant la fixation de l’acide quisqualique alors que l’extrait aqueux ne la modifie pas.
Au total, les extraits de valériane diminuent fortement la fixation du glutamate.
de mécanismes d’action faisant intervenir le système GABAergique, les récepteurs à
l’adénosine A1 et les récepteurs sérotoninergiques 5-HT1A (EMA, 2005).
67
Tableau 6 – Évaluation des symptômes de l’hyperactivité et des troubles du sommeil à la première et la
seconde consultations
D’après Muller & Klement, 2006
14
Ce produit n’est pas commercialisé en France.
15
Lors de ce type de test, il est demandé aux participants de réaliser quatre tâches simultanément. Celles-ci font
intervenir leurs facultés cognitives et psychomotrices. A l’issue du test, ils obtiennent un score plus ou moins
élevé selon leur degré de réussite.
69
3. Effets sur des sujets sains
71
COOH
HO COOH
1 2
COOH
COOH
OH
OH HO
OH
3 4
COOH
5
II. Composition chimique de la mélisse et de la valériane
La mélisse et la valériane possèdent une composition chimique très variée. Les
constituants de la drogue* entière et ceux de l’huile essentielle* diffèrent. La mélisse et la
valériane dérivent de la même sous-classe : les Astéridées. Il n’est donc pas surprenant de
trouver des similitudes dans leur composition (eugénol, pinène, β-caryophyllène, etc.).
Les structures moléculaires présentées ont été réalisées avec le logiciel ISIS/Draw 2.5.
Un acide phénolique (ou acide-phénol) est un composé organique polaire constitué d’au
moins une fonction carboxylique et un hydroxyle phénolique. Dans le monde végétal, ce
terme désigne les dérivés cinnamiques (C6-C3) et les dérivés benzoïques (C6-C1).
Ils peuvent être extraits par les solvants organiques en milieu légèrement acide. Les
acides-phénols sont des molécules instables qui ont tendance à s’oxyder, notamment en
milieu alcalin (Bruneton, 2009).
Les dérivés de l’acide benzoïque (1) sont des acides-phénols en C6-C1 (Bruneton,
2009). Il y en a trois identifiés dans les feuilles de mélisse. Il s’agit de l’acide para-
hydroxybenzoïque (2), de l’acide protocatéchique (3) et de l’acide gentisique (4) (Guignard et
al., 1985).
73
COOH
O
HO OH
O
HO
HO OH
OH O
OH
6 7
O
HO COOH O OH HO OH
O
O
HO
O OH
HO
O OH O
OH HO
HO
OH
8 9
OH
O
O OH
HO
O
O
HO COOH
O OH
O
HO
OH
10 11
12
L’acide caféique (6) est un acide-phénol dérivé de l’acide cinnamique (Bruneton, 2009).
Il peut être oxydé en quinone à l’occasion d’une blessure infligée à la plante (Guignard et al.,
1985).
L’acide rosmarinique (7), comme son nom l’indique, a été isolé et identifié pour la
première fois à partir du romarin (Rosmarinus officinalis) par Scarpati et Oriente, en 1958
(Pereira et al., 2005). Pourtant, il est présent en plus grande quantité dans les feuilles de
mélisse, où sa concentration est de 3,9% contre 2,5% dans le romarin Rosmarinus officinalis
(Geller et al., 2010). Sa teneur peut toutefois atteindre les 4,7 % (Gruenwald et al., 2007).
L’acide rosmarinique est un ester de l’acide caféique et de l’acide 3,4-hydroxyphényllactique
(Pereira et al., 2005). C’est une molécule polaire (ce qui explique sa solubilité dans l’eau et
l’éthanol). Il est présent chez les Lamiacées, les Borraginacées et les Apiacées (Penchev,
2010) et est supposé participer aux mécanismes de défense de la plante (Petersen &
Simmonds, 2003).
L’acide chlorogénique (8), ou acide 5-caféoyl-quinique est un ester de l’acide quinique
et de l’acide caféique. C’est une molécule très représentée dans le règne végétal qui a été
détectée pour la première fois dans le café, en 1837 (Petersen et al., 2009). Il s’isomérise par
rapport à la position de l’ester en milieu alcalin ou acide et forme ainsi un mélange d’isomères
de position, ce sont les acides chlorogéniques. Du fait de la présence de nombreux
hydroxyles, l’acide chlorogénique est soluble dans l’eau (Bruneton, 2009).
Les acides A (9) et B (10) mélitriques, dérivant de l’acide rosmarinique, peuvent être
considérés comme des ″trimères″ de l’acide caféique (Agata et al., 1993).
1.2. Flavonoïdes
Les flavonoïdes sont des composés souvent polaires et donc solubles dans l’eau et dans
l’alcool, qui possèdent tous la même structure de base (12) puisque qu’ils ont une origine
biosynthétique commune. Leur teneur, dans les feuilles de mélisse, varie de 0,2 % à 0,7 %
(Bruneton, 2009).
75
OH
OH
OH OH
R HO O
OH HO O
HO O O
O O
O
HO
OH O OH OH O OH
OH O O O
OH
H
OH H3C OH
OH
HO OH
13 : R = H
15 16
14 : R = OH
HO
O O
COOH
H
COOH
HO
O OH HO
HO CH3
17 18 19
Ils ont un rôle dans le renouvellement de l’espèce car ils participent à la pollinisation en
attirant les insectes. Au niveau des feuilles, ils constituent un filtre protecteur par rapport au
rayonnement ultraviolet (Simmonds, 2003 ; Bruneton, 2009 ; Miller et al., 2011).
La cosmosiine (13) est un 7-glucoside de l’apigénol tandis que le cynaroside (14) est un
7-glucoside de lutéolol. Ces deux molécules sont constituées d’un noyau flavone (Bruneton,
2009).
Des hétérosides flavonoliques sont aussi présents dans les feuilles de mélisse. Il s’agit
de l’isoquercitroside (15), le quercitroside (16) et la rhamnocitrine (17).
1.3. Triterpènes
1.4. Autres
Les feuilles de mélisse possèdent également des tanins catéchiques qui correspondent
aux proanthocyanidols. Ils possèdent des propriétés sur l’éréthisme* cardiaque (Thoby, 2009).
Comme beaucoup de plantes, la mélisse contient des vitamines, notamment B1 et B2
(Thoby, 2009), de la chlorophylle, des cires et des stérols, ainsi que de l’acide succinique
(Penchev, 2010).
L’huile essentielle* ne représente en moyenne que 0,05 pour cent des feuilles de
mélisse sèches (Bruneton, 2009). Cette faible quantité explique son prix élevé (Sari & Ceylan,
2002) bien que la concentration en huile essentielle* soit en fait très variable : de 0,02 à 0,8 p.
77
20 21
OH
HO
CH2OH
CH2OH
22 23 24 25
OH
OH
26 27
cent (Babulka, 2005 ; Gruenwald et al., 2007). L'huile essentielle*, de couleur jaune pâle, est
riche en composés terpéniques volatils (Annexe 8) qui lui confèrent une légère odeur
citronnée (Bahtiyarca Bagdat & Cosge, 2006).
2.1. Terpénoïdes
L’huile essentielle* de mélisse contient des alcools monoterpéniques acycliques tels que
le citronellol (22), le géraniol (23), le linalol (24) et le nérol (25) présent jusqu’à 5%
(Teuscher et al., 2005), et cycliques qui sont l’isopulégol (26), aussi nommé p-menth-3-èn-8-
ol, et l’α-terpinéol (27) (Bruneton, 2009).
79
CHO
CHO CHO
30
28 29
O O
O
O
33
31 32
COCH3 O
O
O
36
34 35
2.1.1.3. Aldéhydes monoterpéniques
a. Citral
b. Citronellal
L’huile essentielle* de mélisse contient également des esters terpéniques car ce sont des
molécules lipophiles. Celles-ci sont les acétates de géranyle (32), de néryle (33), de
citronellyle (34) et de linalyle (35) et le citronellate de méthyle (36).
La teneur de l’acétate de géranyle atteint parfois 6 % (Teuscher et al., 2005).
81
O
HO
H H H H
O
O
37 38 39 40
OH
H HO
41 42 43 44
OH
HO
HO
45 46 47
2.1.1.6. Éthers monoterpéniques
2.1.2. Sesquiterpènes
83
OH
O
O O
O O
48 49 50
OH OH O
51 52 53
H H H OH
H O
O
COOH COOH
COOH
54 55 56
2.2. Composé aromatique
La valériane présente quelques similitudes chimiques avec la mélisse, c’est pourquoi les
composés communs aux deux plantes ne sont pas développés de nouveau dans cette partie.
1.1. Terpénoïdes
1.1.1. Sesquiterpènes
57 58 59
O
O
O O
O O
O O O
O O
H
O O
O
O O
H O OH
O O O
H
O O
O O O
O O O
60 61 62
OH
R O
63 : R= CH3
64 : R= C2H4(CH3)2
L’acide 2-hydroxyvalérénique est un produit de dégradation de l’acide valérénique
présent seulement dans les racines mal conservées (Bruneton, 2009).
1.1.2. Iridoïdes
1.1.2.1. Valépotriates
Les iridoïdes de la valériane ne sont pas hétérosidiques, ce sont les valépotriates (″val″
pour valériane, ″épo″ pour époxydes et ″tri″ pour triesters). Ce sont des esters de triols dérivés
de l’iridane (57) époxydés en 8 et 10 et comportant deux doubles liaisons en 3 et en 5, les
rendant particulièrement instables. Ils ne peuvent être extraits des racines par l’eau mais
seulement par des solutions hydroalcooliques contenant au moins 70 % d’éthanol (Bruneton,
2009). Ils ont été isolés pour la première fois en 1966 par Thies (Hazelhoff et al., 1979). Ce
sont des composés instables qui ne peuvent être retrouvés que dans la plante fraîche ou séchée
à moins de 40°C (Capasso et al., 2003).
La valériane contient donc du valtrate (58), de l’isovaltrate (59), de l’acétovaltrate (60),
du dihydrovaltrate (61) et de l’isovaléroxy-hydroxydihydrovaltrate, IVHD (62). Leur teneur
varie de 0,5 à 2 % (Ghedira et al., 2008). Le valtrate et l’isovaltrate représentent le plus
souvent 90 % des valépotriates (OMS, 1999b).
1.1.2.2. Baldrinals
Les baldrinals, en l’occurrence le baldrinal (63) et l’homobaldrinal (64) sont les produits
de décomposition (de couleur jaune) des valépotriates, issus de l’hydrolyse de ces derniers en
milieu chaud (température supérieure à 40°C), humide et acide (pH inférieur à 3). Ils ont
tendance à se polymériser (Bruneton, 2009).
87
N N
N O
O
O
65 66 67
HOOC NH2
N
H O
N
68 69 70
H2N
COOH HN COOH
NH2 H
N
O NH2 H2N
HO NH2
COOH
73
71 72
OH
COOH
O
O
O HO
O
O
HO
74 75
1.2. Composés azotés
Plusieurs alcaloïdes ont été isolés, à l’état de traces, dans les racines de valériane,
notamment l’actinidine (65) et la naphtyridylméthylcétone (67) (Patočka & Jakl, 2010).
L’actinidine a été isolée pour la première fois par Torssel et Wahlberg en 1966. Cette
molécule pourrait être à l’origine de l’attraction des chats pour la valériane (Tucker & Tucker,
1988). En effet, sa structure est similaire à celle de la népétalactone (66) présente chez la
cataire, et à laquelle on attribue l’activité attractive sur les chats de Nepetaria cataria.
L’actinidine a été isolée à l’état de traces dans les parties souterraines de la valériane
(Bruneton, 2009), ainsi que la valérianine (68), c’est-à-dire la 8-méthoxyactinidine et l’α-
méthylpyrrylcétone (69).
L’acide γ-aminobutyrique (GABA, 70) a aussi été isolé des racines de valériane
(Bruneton, 2009). Tout comme dans la majorité des plantes, d’autres acides aminés ont été
identifiés tels que la glutamine (71), la tyrosine (72) et l’arginine (73).
1.3. Lignanes
Les lignanes sont présents en faible quantité dans les racines de valériane. ils dérivent
de trois précurseurs phénylpropanoïdes : l’alcool p-coumarylique, l’alcool coniférylique et
l’alcool sinapylique (Schroeder et al., 2006). Dans les racines de valériane, ils sont
représentés par le pinorésinol (74) et ses dérivés osidiques. Le pinorésinol est un dimère de
l’alcool coniférylique. Il est très fréquent dans les plantes ligneuses ou fibreuses (Ghedira et
al., 2008).
Des traces d’acides-phénols sont aussi retrouvées dans les parties souterraines de
valériane (Bruneton, 2009), notamment l’acide chlorogénique et l’acide isoférulique (75).
89
76 77 78
HO
79 80 81
HO
O O
O
H
82 83 84
O OH
85 86
1.5. Autres
L’huile essentielle* représente de 0,2 à 1,5 pour cent de la drogue* sèche. Il existe 4
chimiotypes principaux de l’huile essentielle* de valériane : à valéranone, à valérianol (appelé
d’abord ″élémol type″), à cryptofauronol et à valérénal (Bos et al., 1997). Comme toute plante
aromatique, la composition de cette huile essentielle*(Annexe 11) varie fortement selon la
période à laquelle la plante est récoltée (Hazelhoff et al., 1979).
2.1. Terpénoïdes
2.1.1. Monoterpènes
Certains monoterpènes sont présents en grande quantité. Il s’agit du camphène (76) dont
la concentration peut atteindre 6,4%, le β-phellandrène (77) jusqu’à 2,4 %, de l’α-pinène (78)
qui peut atteindre 2,2 %, le p-cymène (79) jusqu’à 1,5 % et le limonène (80) 1,2 %. Les autres
monoterpènes présents dans l’huile essentielle* ne représentent pas plus de 1% chacun, voire
à l’état de traces (Bos et al., 1997). Ce sont le tricyclène, le sabinène, le β-pinène, le β-
Myrcène, le fenchène, le γ-terpinène et le terpinolène (Annexe 12).
Le bornéol est présent dans l’huile essentielle* de valériane à hauteur de 0,1 à 0,6 %
(Bos et al., 1997). L’huile essentielle* de nombreuses plantes médicinales contient également
du bornéol, telle que celle du romarin (Rosmarinus officinalis) et du thym (Thymus vulgaris).
Il possède deux énantiomères (Granger et al., 2005) : le (+)-bornéol (81) et le (-)-bornéol (82).
Le bornéol est peu présent dans l’huile essentielle* de valériane alors que l’un de ses esters,
l’acétate de bornyle (83) peut être présent en grande quantité, entre 2 et 36 % (Bos et al.,
1997). Le bornéol peut aussi être estérifié en isovalérate de bornyle (84).
91
O
87 88
O O
O O
89 90
H
H
H
91 92
D’autres alcools monoterpéniques sont présents dans l’huile essentielle* de valériane
mais en beaucoup plus faibles quantités. Il s’agit du carvacrol (sous forme méthyléther), du
terpinèn-4-ol, et du (-)-cis et (-)-trans-carvéol (Annexe 12).
Le camphre (87) est un analogue structural du bornéol (Granger et al., 2005). Il n’est
présent qu’à l’état de traces dans l’huile essentielle* de valériane (Bos et al., 1997).
Le menthénal (88), aussi présent dans les racines de valériane, n’est retrouvé qu’en très
petites quantités dans l’huile essentielle* de V. officinalis, c’est-à-dire de l’état de trace à 0,3
% (Bos et al., 1997).
Des esters terpéniques retrouvés dans l’huile essentielle* de valériane sont l’isovalérate
de citronellyle (89), 0,2 à 2,1 %, et l’acétate de citronellyle (90), 0,1%.
2.1.2. Sesquiterpènes
93
H
HO
HO
HO
93 94 95
O H
H
O
O
H
96 97 98
H
OH
99
2.1.2.2. Alcools sesquiterpéniques
Des cétones telles que la faurinone (96) et la valéranone (97) sont également présentes
dans l’huile essentielle* de valériane.
2.1.3. Sesquiterpénoïde
2.1.4. Iridoïdes
2.1.4.1. Valépotriates
Il est incertain de retrouver des valépotriates dans l’huile essentielle* puisque celle-ci
est obtenue par entrainement à la vapeur d’eau conformément à la définition de la
Pharmacopée Européenne VIIème édition, ce qui implique un chauffage à plus de 100°C, or ils
sont dégradés au-delà de 40°C. Il est fort probable, en revanche de retrouver leurs produits de
dégradation : les baldrinals.
2.1.4.2. Baldrinals
95
OH
O
100 101
HO O
O
O
102 103
2.1.5. Caroténoïde : la β-ionone
2.2.2. Thymol
2.3. Autres
97
III. Activités pharmacologiques des composés de la mélisse et de la
valériane
Les constituants de la mélisse et de la valériane (cf. II) ont principalement été étudiés
afin de déterminer s’ils concourent aux propriétés sédatives, anti-inflammatoires,
antibactériennes, antifongiques et antioxydantes des deux plantes. Les études scientifiques
sont donc particulièrement focalisées sur la caractérisation de leur mode d’action. Les
questions adressées par l’usage traditionnel de ces plantes sont les hypothèses de départ des
études qui suivent. Celles-ci permettent d’objectiver l’usage médical qui est fait de la
valériane et de la mélisse, sur la base de résultats obtenus à la lumière de nos connaissances
actuelles en physiologie et pharmacologie. Ces études permettent également d’entrevoir
d’autres usages, non connus, de ces plantes, et d’en comprendre la toxicité potentielle.
Certains composés ne seront pas abordés dans ce qui suit, notamment les vitamines et
les acides aminés. En effet, ceux-ci sont impliqués dans de nombreuses réactions du
métabolisme au sein de la plante et ils sont largement répandus au sein du règne végétal. De
ce fait, il est peu probable qu’une activité particulière leur soit attribuée, mais si tel était le
cas, elle ne serait pas spécifique à la mélisse ou la valériane. Les activités présentées ci-après
sont celles des composés des deux plantes et leurs dérivés (esters, éthers, etc.) car il est
fortement probable qu’ils soient métabolisés dans le tube digestif.
A. Système nerveux
Les RGABA sont des protéines membranaires hétéropentamèriques (Figure 9). Chaque
sous-unité, ou monomère, est composée de quatre hélices transmembranaires à extrémités N-
et C-terminales extracellulaires. La deuxième hélice transmembranaire (segment M2) de
chaque monomère, borde le canal chlore. L’activation de ce type de récepteur permet une
entrée des ions chlore dans la cellule, Cl-, dépendante de la concentration du Cl- en
intracellulaire, entrainant une hyperpolarisation. Ainsi la probabilité de déclenchement d’un
potentiel d’action est faible puisque le potentiel membranaire s’éloigne du seuil d’excitabilité
neuronale. Ceci explique que le GABA est un neuromédiateur inhibiteur (Olsen & Tobin,
1990 ; Enz & Cutting, 1998).
Les monomères (sous-unités) peuvent être de plusieurs types qui eux-mêmes possèdent
plusieurs isoformes : α1 à α6, β1 à β3, γ1 à γ3, δ, ε, π, ρ1 à ρ3 et θ. Il existe trois groupes de
récepteurs selon la répartition des différents types de sous-unités : GABA-A1 à 6, GABA-A0
et GABA-C.
Les RGABA-A1 à 6 sont numérotés en fonction de l’isoforme α qui les constitue. Au
niveau cérébral, la majorité des récepteurs sont de type GABA-A1 constitués de deux sous-
unités α1, deux β2 et une γ2. Quant aux RGABA0, ils sont constitués des isoformes αβδ et αβε.
Les RGABA sont inhibés par la bicuculline et la picrotoxine (Enz & Cutting, 1998).
Les récepteurs GABA-C sont quant à eux constitués uniquement des sous-unités ρ1, ρ2
ou ρ3. Leur affinité pour le GABA est dix fois supérieure à celle des RGABA. En revanche, le
baclofène, la bicuculline, les barbituriques et les benzodiazépines n’ont aucun effet sur les
récepteurs GABA-C (Enz & Cutting, 1998).
Les récepteurs GABA-B sont des récepteurs couplés aux protéines G. Ils comportent
sept hélices transmembranaires (Figure 10). Leur activation entraine l’activation de la
protéine Gi (sous-unité α). Cela induit l’inhibition de l’adenylate-cyclase, ce qui conduit à la
diminution d’AMP cyclique, AMPc. Ceci a pour effet d’inactiver la protéine-kinase de type
A, PKA. Les canaux calciques étant ainsi peu phosphorylés, il y a une baisse d’afflux des ions
calcium Ca²+ (Figure 11). Il y a donc une baisse de l’exocytose du GABA dans la synapse. Ce
101
Figure 11 – Mécanisme d’action du récepteur GABA-B
D’après Bettler et al., 2004
Plusieurs molécules présentes dans les deux plantes potentialisent la réponse des
RGABA-A in vitro ou in vivo par modulation allostérique ou par effet agoniste. Ainsi, la
fixation du GABA sur ces récepteurs induit une plus grande inhibition de l’activité neuronale.
Plusieurs composés végétaux ont donc été étudiés afin de déterminer scientifiquement leur
mécanisme d’action.
L’acide valérénique (cf. II.B.1.1.1) est considéré comme l’agent responsable des effets
de V. officinalis par action sur les RGABA-A (Yuan et al., 2004). Cependant, son site
d’action restait inconnu. C’est pourquoi, Khom et al. (2007) ont étudié ses effets sur 13
combinaisons de sous-unités de RGABA-A différentes. Cette expérience a également montré
que l’effet de l’acide valérénique n’est pas perturbé par la présence de flumazenil –
antagoniste compétitif du site récepteur aux benzodiazépines – et donc que le ″principe actif″
de la valériane n’interagit pas avec le site de fixation des benzodiazépines (Khom et al.,
2007). Il est un modulateur spécifique de la sous-unité β2/3 des RGABA-A, ce qui lui confère
un potentiel anxiolytique (Khom et al., 2010). De plus, l’acide valérénique comme le
valérénol favorise la fixation in vitro des benzodiazépines sur leur site (Benke et al., 2009).
Le bornéol (cf. II.B.2.1.1.2), présent dans l’huile essentielle* de la valériane, agit sur les
récepteurs GABA ionotropes de type A (RGABA-A) par une action modulatrice positive.
L’activation des RGABA-A par le GABA en présence de modulateurs allostériques
(barbituriques, benzodiazépines, etc.) produit un effet anxiolytique, sédatif, anesthésique et
myorelaxant. Les deux énantiomères, (+)- et (-)-bornéol, produisent une modulation positive
dose-dépendante de la conductance au chlore générée par 10 µM de GABA, à partir de 0,1
µM de (+)- ou (-)-bornéol, sur les RGABA-A α1β2γ2L humains exprimés à la surface
d’ovocytes de Xenopus laevis, sous-type prédominant dans le cerveau humain. Un effet
équivalent à 1 mM de GABA seul peut même être obtenu avec 3 mM de bornéol associé à 10
µM de GABA (Figure 12). L’expérience a révélé que le (+)-bornéol était plus actif que le (-)-
bornéol. De façon inexpliquée, cette différence d’activité s’observe à très faible et à très forte
concentrations. L’étude montre également que le bornéol possède aussi un effet agoniste
partiel des RGABA. Le flumazenil n’inhibe pas l’action du (+)-bornéol, ceci
103
Tableau 7 – Potentialisation de la réponse des RGABA par différentes molécules végétales
Modifié d’après Aoshima & Hamamoto, 1999
Réponse (%)
Concentration
du GABA 10 µM 30 µM 100 µM 1mM
Composés
Contrôle 100 100 100 100
* (14,9) (49,5) (93,6) (100)
0,63 mM d’α-pinène 149±16 157±9 98±2 117±12
0,65 mM d’eugénol 356±58 234±21 140±3 102±10
0,55 mM de citronellol 301±32 146±12 101±5 92±2
0,56 mM de citronellal 224±11 123±6 108±7 90±1
Contrôle : correspond à la réponse des récepteurs uniquement exposés au GABA
* Si on considère qu’1mM de GABA provoque une réponse de 100%, alors la valeur entre parenthèses indique la
réponse relative aux différentes concentrations de GABA.
La potentialisation de la réponse des RGABA est plus importante en présence de quantité plus faible de
GABA. Ceci laisse supposer que les molécules étudiées possèdent une faible affinité pour le site d’action des
RGABA.
105
Chaleur
pH
Potentiel
d’action
Environnement
froid
Moelle
Hyperalgie due épinière
au froid
Figure 14 – Les canaux TRP sensibles aux paramètres de l’environnement (température, pH).
D’après Moran et al., 2011.
Les récepteurs de la vallinoïde (TRPV1, 2, 3, 4) sont exprimés dans des neurones sensoriels, en périphérie.
TRPV1, V2, V3 et V4 répondent à des températures chaudes. Les pH acides activent TRPV1.
Figure 15 – Augmentation de [Ca2+]i dans les cellules HEK293 exprimant TRPV3 ou TRPV2 après
exposition au carvacrol.
D’après Xu et al., 2006
La fluorescence traduit ici la concentration intracellulaire en Ca 2+. (a) et (a’) confirment l’expression de
TRPV3 et TRPV2 par HEK293, par la technique EGFP, Enhanced green fluorescence protein. Les activités
observées sont comparées à des témoins : (b) et (b’) correspondant à l’activité des récepteurs sans exposition au
carvacrol, ni au diphenyl boronic anhydride (DPBA), et (e) et (e’) correspondant à l’activité maximale observée
par exposition à la ionomycine. L’expérience montre donc que le carvacrol permet une augmentation de [Ca 2+]i
seulement lorsque la cellule exprime TRPV3 (c). Toutefois, celle-ci n’est pas maximale. Les TRPV2 semblent
quant à eux insensibles à l’exposition au carvacrol (c’) alors qu’ils le sont au DPBA (d’).
2.2. Effets du carvacrol, du thymol et de l’eugénol
Le citral interagit aussi avec les canaux TRP in vitro et notamment TRPV1 et TRPV3
en les inhibant de façon irréversible après les avoir faiblement activés – effet agoniste partiel
– l’effet étant supérieur pour TRPV1 que pour TRPV 3. L’inhibition ne peut avoir lieu qu’une
fois ces canaux ouverts, ce qui suggère que les sites d’activation et d’inhibition sont
différents. Cette activité s’observe aussi bien avec les deux énantiomères du citral : le néral et
le géranial, que leurs alcools : le nérol et le géraniol indépendamment les uns des autres (Stotz
et al., 2008).
N
H
Sur la base de test de fixation de radioligand de référence, il a été montré que des
extraits de racine de valériane présentent une forte affinité pour les récepteurs A1. Cependant,
il s’avère que les extraits hydrophiles agissent plutôt comme agonistes partiels alors que les
extraits lipophiles agissent plutôt comme des antagonistes. Partant de cette constatation,
Lacher et son équipe ont décidé de déterminer les composés présents dans les racines de
valériane qui pourraient expliquer l’effet antagoniste des extraits lipophiles. Ils ont ainsi
déterminé que l’isovaltrate possédait une activité agoniste inverse, c’est-à-dire que sa fixation
au récepteur entraîne l’effet opposé à celui provoqué par l’adénosine. Ceci provoquerait in
vivo une excitation plutôt qu’une sédation (Lacher et al., 2007). La valériane étant
traditionnellement ingérée sous forme d’infusion, dépourvues en isovaltrate qui est un
composé lipophile, ces effets ne s’observent pas. Les extraits hydrophiles agissent comme des
agonistes partiels des récepteurs A1, ce qui peut expliquer l’effet sédatif de la tisane.
La sérotonine, ou 5-hydroxytryptamine (Figure 16), est une amine biogène dérivée d’un
acide aminé essentiel : le tryptophane. Elle a une qualité de neurotransmetteur et d’hormone
locale dont les récepteurs sont pour la plupart définis depuis la fin des années 70. Elle est
présente à 80% au niveau de la muqueuse gastro-intestinale où elle est synthétisée par les
cellules entérochromaffines qui la stockent également dans des vésicules cytoplasmiques, en
quasi totalité. Les 20% restants sont répartis dans les plaquettes sanguines qui stockent la
sérotonine mais ne la synthétisent pas, et au niveau du système nerveux central (Katzung,
2006 ; Nichols & Nichols, 2008). Une dépolarisation au niveau des terminaisons des neurones
sérotoninergiques provoque une entrée massive de Ca2+ dans la cellule nerveuse. Cela a pour
conséquence la migration des vésicules de stockage de la sérotonine vers la membrane
cellulaire. Celles-ci fusionnent avec la membrane et ainsi le neuromédiateur est libéré dans la
synapse. C’est à ce moment que la sérotonine peut interagir avec ses récepteurs ou être
recaptée grâce à un transporteur protéique membranaire qui lui est spécifique. Ce dernier est
la cible de la fluoxétine et de la paroxétine qui sont des inhibiteurs sélectifs de la recapture de
la sérotonine, utilisés dans le traitement des dépressions. La sérotonine recaptée est soit de
nouveau stockée dans des vésicules, soit dégradée au niveau des mitochondries par la
monoamine oxydase (Nichols & Nichols, 2008).
109
Tableau 8 – Les différents récepteurs sérotoninergiques identifiés et leurs caractéristiques
Sous-
Type Famille Localisation principale Effet agoniste
types
Ouverture du canal cationique b
Récepteur-canal Système nerveux périphérique et
Potentiel d’action
à perméabilité 5-HT3 centralb
Nausées b
cationique Pré et post-synapse b
Anxiété b
5-HT1A Entérocytes Relaxation du tractus intestinal a
5-HT1B Neurones sensoriels a Contraction/relaxation du tractus
5-HT1 5-HT1D Muscles lisses a intestinal a
5-HT1E
5-HT1F
Cerveau b
Dépolarisation membranaire b
5-HT2A Tissus cardiovasculaires b
Fermeture des canaux potassiques b
Neurones entériques a
5-HT2
Neurones entériques a
5-HT2B
Récepteur Muscles lisses a
couplé à une 5-HT2C
protéine G Système nerveux périphérique et
5-HT4
central b
5-HT5A SNC b Diminution d’AMPc
5-HT5
5-HT5B Non exprimé chez l’homme b
Antagoniste provoque
SNC b
5-HT6 augmentation de la transmission
Post-synapse b
acétylcholinergique b
b
Cortex cérébral Antagoniste augmente le temps
5-HT7 Vaisseaux sanguins périphériques b d’apparition et la durée du sommeil
Muscles lisses (colon) b paradoxal b
a - Beattie & Smith, 2008 b - Nichols & Nichols, 2008
Il existe sept familles de récepteurs 5-HT, nommées de 5-HT1 à 5-HT7, comprenant au
total 17 récepteurs différents (Tableau 8). Ce sont tous des récepteurs couplés à une protéine
G, à l’exception du 5-HT3 qui est un récepteur couplé à un canal perméable aux cations
mono- et divalents (Nichols & Nichols, 2008).
La sérotonine joue un rôle important dans le rythme circadien puisqu’un de ses
métabolites est la mélatonine, uniquement synthétisée par l’épiphyse. Sa production et sa
libération son corrélées à la luminosité qui entoure l’individu. En effet, lorsque la lumière
diminue, la concentration sanguine en mélatonine augmente. C’est pour cela que l’organisme
observe des cycles jour/nuit. Il semblerait que les récepteurs 5-HT5A et 5-HT7 jouent un rôle
dans le contrôle du rythme circadien (Nichols & Nichols, 2008).
Les récepteurs 5-HT3, quant à eux, constituent des cibles moléculaires pour la
recherche d’antagonistes permettant de traiter les symptômes de manque lié au sevrage en
diazépam, nicotine, alcool et cocaïne (Nichols & Nichols, 2008).
L’insomnie peut être due à la perturbation du rythme circadien. L’acide valérénique est
un agoniste partiel des récepteurs 5-HT5A (80% d’affinité pour 50 µg/ml d’acide valérénique)
in vitro (cellules CHO-KI humaines 5-HT5A-transfectées), or ces récepteurs sont impliqués
dans la régulation du cycle veille-sommeil (Dietz et al., 2005). L’acide valérénique pourrait
donc lutter contre les troubles du sommeil en permettant le rétablissement d’un rythme
circadien normal.
B. Myorelaxant
111
Tableau 9 – Médiateurs pro- et anti-inflammatoires
D’après DeFranco et al., 2009
Médiateurs pro-inflammatoires Médiateurs anti-inflammatoires
TNF-α IL-1β IL-6 IL-4
Cytokines IL-10 TNF-β
IL-12 IL-18 IFN-γ IL-13
COX 2 Lipoxygénases
Enzymes (synthèse des iNOS (synthèse des
prostaglandines leucotriènes)
C. Antioxydant
D. Anti-inflammatoire
1. Mécanismes de l’inflammation
2. Effet anti-inflammatoire
113
Figure 17 – Effet du pinorésinol sur la production de NO induite par le LPS et l'expression par la
microglie primaire d’iNOS
Jung et al., 2010
La production de NO est nettement diminuée en présence de pinorésinol, de façon concentration-dépendante.
Cette baisse s’explique par l’inhibition de l’iNOS.
Figure 18 – Effet du pinorésinol sur la production de PGE2 induite par le LPS et l'expression par la
microglie primaire de COX-2
Jung et al., 2010
La production de PGE2 est diminuée de moitié dès 10 µM de pinorésinol. Ceci s’explique par une inhibition
importante de la COX2 à l’origine de la PGE2.
2.1. Xanthorrhizol
2.2. Pinorésinol
2.3. β-caryophyllène
16
Le carraghénane est utilisé comme irritant, il induit un œdème de la patte. C’est une méthode pour obtenir un modèle
inflammatoire (Fehrenbacher et al., 2012).
115
Figure 19 – Effet d'un traitement préventif (1) et curatif (2) par α–humulène et β–caryophyllène
D’après Rogerio et al., 2009
(1) Bien que l’efficacité soit inférieure à celle observée avec la dexaméthasone, l’α- humulène montre une
activité anti-inflammatoire préventive : baisse des leucocytes totaux, et baisse des éosinophiles.
(2) En traitement curatif, l’effet anti-inflammatoire se manifeste pour l’α- humulène par une baisse des
leucocytes totaux, des éosinophiles et des neutrophiles (effet équivalent à la dexaméthasone).
récepteurs CB2, il ne serait pas psychoactif. C’est une molécule lipophile qui traverse donc
aisément les membranes cellulaires. (Gertsch et al., 2008). Le β-caryophyllène possède des
propriétés anti-inflammatoires en curatif, et non en préventif, mais moins importantes que
celles de l’α-humulène (Rogerio et al., 2009).
L’acide oléanolique et l’acide ursolique ont des activités similaires car leurs structures
chimiques sont très proches. Ils sont reconnus pour leur effet hépatoprotecteur, rapporté pour
l’acide oléanolique dès 1975 par He et Shi (Hunan Medical Institute, 1975). Il a aussi été
montré qu’un traitement d’au moins trois mois par acide oléanolique permet de diminuer le
nombre d’hépatites chroniques évoluant en cirrhoses, et d’améliorer les symptômes de ces
hépatites. Il semblerait que cette activité (aussi bien pour l’acide oléanolique qu’ursolique)
soit due à la diminution de l’activité du cytochrome P-450 (notamment les CYP1A et
CYP2A), cytochrome métabolisant bon nombre de produits toxiques. L’acide oléanolique
pourrait aussi agir en augmentant les composés antioxydants du foie, notamment le glutathion
(Liu, 1995). Les propriétés anti-inflammatoires de l’acide oléanolique ont été décrites pour la
première fois par Gupta et al. en 1969 (Liu, 1995).
2.5. Humulène
2.6. Flavonoïdes
117
Figure 20 – Action temps-dépendante des flavonoïdes sur la libération de TNFα induite par le LPS
D’après Xagorari et al., 2001
Plus les macrophages sont exposés tardivement aux flavonoïdes moins l’activité anti-inflammatoire est
importante. Cette diminution d’activité est très significative pour la quercétine après 90 minutes. Il faudrait donc
qu’elle soit administrée très rapidement après la stimulation des macrophages par le LPS.
0,4 ml de drogue* ou de PBS 0,2 ml de LPS ou de PBS à Taux d’avortement Taux de résorption
Groupe
de J4 à J7 de gestation J7 de gestation (%) (%)
Le groupe A est un groupe témoin, n’ayant reçu aucun traitement et n’ayant pas été exposé au LPS. Le groupe B
correspond au modèle LPS, il a été exposé au LPS et n’a reçu aucun traitement. Les groupes C, D et E ont été exposés
au LPS et ont reçu respectivement les traitements suivants : quercétine, acétate de bornyle et quercétine+acétate de
bornyle. La quercétine est diluée dans le PBS donc les souris-témoins (groupes A et B) ont reçu du PBS seul.
La quercétine (quercitroside sans la partie osidique) possède des propriétés anti-
inflammatoires. In vitro, elle inhibe la libération de TNFα par les macrophages de souris,
qu’elle soit administrée avant (CI50* < 1 µmol/l) ou après l’ajout de LPS* (Figure 20). La
quercétine dosée à 10 µmol/l inhibe de 70 % la libération de TNFα jusqu’à 90 minutes
suivant l’activation des macrophages par l’endotoxine. Cette activité anti-inflammatoire se
complète d’une inhibition de 75 % de la libération d’IL-6, avec une concentration de 50
µmol/l de quercétine, et d’une diminution de la libération de NO, quel que soit le moment où
les cellules sont exposées au flavonoïde. L’expérience montre que la présence d’une double
liaison en C2-C3 (Figure 21) sur le cycle C associée à une fonction cétone en 4 et des
hydroxyles en 3’ et 4’ sur le cycle B sont nécessaires pour inhiber la libération de TNFα
induite par endotoxine (Xagorari et al., 2001).
D’une certaine façon, l’effet anti-abortif de la quercétine est lié à ses propriétés anti-
inflammatoires. En effet, il a été montré la présence en grande quantité de lymphocytes T et
NK dans la caduque* humaine qui peuvent devenir toxiques pour le trophoblaste s’ils sont
activés par certaines cytokines. Ils induisent une apoptose de l’embryon, conduisant à un
avortement spontané (Olivares et al., 2002). Or, des souris exposées au LPS n’avortent que
dans 50 % des cas avec une solution de quercétine dosée à 2,5 mg/ml et dans 30 % des cas
seulement si la quercétine est associée à l’acétate de bornyle alors que le taux d’avortements
naturels, dans le groupe A, est de 20 % (Tableau 10). Cet effet est dû aux propriétés anti-
inflammatoires de la quercétine et de l’acétate de bornyle. En effet, chez les souris traitées, le
taux d’IFN-γ (cytokine pro-inflammatoire) est nettement diminué, alors que celui d’IL-4
(cytokine anti-inflammatoire) est augmenté. De plus, le nombre de lymphocytes T est
inférieur chez les souris du groupe A et celles des groupes traitées par quercétine et/ou acétate
de bornyle, et il s’avère que ceux-ci restent essentiellement dans le myomètre alors que chez
les souris du groupe B ils sont majoritairement présents dans l’endomètre, ce qui explique
l’avortement (Wang et al., 2010).
Il a été montré in vitro et in vivo que l’acide rosmarinique possédait des effets anti-
inflammatoires, antioxydant et antiviral. Il aurait donc des effets inhibiteurs sur la 5-
lipoxygénase (en maintenant à l’état ferreux, donc inactif, le site actif de l’enzyme), la 12-
lipoxygénase et l’expression des gènes codant pour COX- 2. Il agit aussi sur la p38α MAPK,
impliquée dans la libération de TNFα (Geller et al., 2010).
119
Tableau 11 – Activité antimicrobienne du xanthorrhizol
Modifié d’après Mata et al., 2001
CMI* (µg/ml) c
Nom du micro-organisme Xanthorrhizol Pénicilline Gd
Staphylococcus aureus 16 0,06
Staphylococcus aureus
32 64
(MRa)
Staphylococcus aureus 16 0,06
b
Enterococcus faecium (VR ) 16 32
Enterococcus faecium 16 32
Bacillus subtilis 16 32
Escherichia coli 32 2
Escherichia coli >128 32
Escherichia coli >128 128
Klebsiella pneumoniae 32 128
Pseudomonas aeruginosa >128 >128
Candida albicans 128 >128
a – MR : résistant à la méticilline c – Méthode : microdilution en bouillon
b – VR : résistant à la vancomycine d – Substance standard
E. Antimicrobien
1. Bactéricide
2. Fongicide
Dans l’étude de Mata et al. (2001), le xanthorrhizol a également été testé sur Candida
albicans. Une activité fongique a été montrée avec une CMI* de 128 µg/ml (Mata et al.,
2001). Il a aussi été montré que le xanthorrhizol possède une activité antifongique, une
toxicité contre Artemia salina (modèle de toxicité) et une cytotoxicité contre les cellules
carcinomateuses nasopharyngées humaines.
L’acide rosmarinique ne possède qu’une faible activité antifongique sur Candida
albicans et Aspergillus niger car la CMI* observée est supérieure à 2 mg/ml, ce qui représente
une dose importante (Mencherini et al., 2007).
121
Du citral commercial, composé de 40% de néral et 60% de géranial, possède une
activité antifongique à l’égard d’Aspergillus fumigatus et Candida krusei avec une CMI*
respective de 62.5 μg/ml et 39.4 μg/ml (Mesa-Arango et al., 2009).
Les huiles essentielles de mélisse et de valériane sont donc dotées d’un potentiel
antifongique intéressant.
F. Phytosanitaire
1. Insecticide
123
Tableau 12 – Effets du traitement oral par lignanes et néolignanes sur le quatrième stade larvaire de
Rhodnius prolixus
Modifié d’après Cabral et al., 2000
Durée inter-
Dosage Sang ingéré Exuviation* Mortalité
Composés mues
(µg/ml) (mg/insecte) (%) (%)
(jours)
Podophyllotoxine 100 92,0 ± 17,2 0 0 90
1 92,0 ± 17,1 12-24 94 0
Pinorésinol 10 78,9 ± 21,7 12-18 80 0
100 72,5 ± 18,9 12-14 42 5
Contrôle - 106,0 ± 13,7 12-16 100 0
1.2. Pinorésinol
Le pinorésinol a été testé sur Rhodnius prolixus, un des insectes hématophages vecteurs
de la maladie de Chagas. Administré par voie orale à l’insecte (Tableau 12), c’est-à-dire en
supplémentant le sang ingéré en lignanes, le pinorésinol se révèle moins efficace et donc
beaucoup moins toxique que la podophyllotoxine17 à la concentration 100 µg/ml. Le
pinorésinol dosé à 100 µg/ml inhibe de 58 % l’exuviation* tout en exerçant une faible toxicité
(5 % de mortalité). L’inhibition de la mue est totale à 500 µg/ml, sans provoquer d’anomalies
morphologiques extérieures au corps de l’insecte (Cabral et al., 1999). En revanche, une
application locale de la molécule n’inhibe pas la mue, mais il la retarde de 6 jours à la dose de
100 µg/ml. Donc, le pinorésinol pourrait agir sur le système neuroendocrinien et/ou les
cellules épidermiques impliquées dans le développement de l’insecte et sa mue. Son action ne
peut être systémique puisque la mortalité est faible (Cabral et al., 2000). Il n’a pas non plus
montré une activité sur la fonction excrétrice de l’insecte (Cabral et al., 2000).
Le traitement topique de la punaise de l’asclépiade, Oncopeltus fasciatus18, par le
pinorésinol présente une grande toxicité avec une DL50* faible (DL50*=16 µg/ml).
L’inhibition de la mue est de 67 % à 25 µg/ml (DE 50*=20 µg/ml). En revanche, un contact
continu entre la molécule et l’insecte provoque 90 % de mortalité à 25 µg/cm². A cette même
dose, la mue est inhibée pour 90 % des insectes survivants. Chez O. fasciatus, le pinorésinol
montre donc une toxicité aiguë (Cabral et al., 1999).
2. Insectifuge
3. Effet Pheromon-like
17
La podophyllotoxine est un composé utilisé comme antimitotique et cytolytique utilisé dans le traitement des
condylomes acuminés (infection sexuellement transmissible), extrait de la résine produite par les rhizomes et
racines de Podophyllum peltatum et P. emodi (Vidal, 2012).
18
La punaise de l’asclépiade n’est pas un ravageur mais constitue un insecte utile en expérimentation car il est
facile à élever et possède une grande capacité de reproduction (Ewen-Campen et al., 2011).
125
Figure 22 – Effets sur la germination des semences de laitue des différentes fractions d’un extrait hydro-
acétonique de M. officinalis
D’après Kato-Noguchi, 2001
L’inhibition de la germination, après deux jours d’incubation à 25°C, des semences de laitue est beaucoup
plus forte pour la fraction soluble dans l’eau de l’extrait (water-soluble) que pour les fractions soluble dans
l’hexane (hexane-soluble) et dans l’acétone (acetone-soluble). En effet, avec 0,13 mg/ml, 50 % des semences ne
germent pas, alors qu’elle est supérieure ou proche de 1 mg/ml pour les autres fractions.
insectes notamment des fourmis. En effet, l’actinidine est sécrétée par deux espèces de
fourmis du genre Conomyrma, grâce à une glande anale (Patočka & Jakl, 2010) ce qui
expliquerait qu’elles la reconnaissent et soient attirées par elle.
4. Anti-germinatif
L’effet anti-germinatif observé est une piste pour la lutte contre les ″mauvaises herbes″.
Un extrait hydro-acétonique de jeune pousse de mélisse inhibe la germination et la
croissance des racines et des pousses d’amarante (Amaranthus caudatus L), de cresson
(Lepidium sativum L.), de digitaire sanguine (Digitaria sanguinalis L.), de fléole des prés
(Phleum pratense L.), de laitue (Lactuca sativa L.) et de l’ivraie (Lolium multiflorum Lam.).
Des différentes fractions de cet extrait, c’est la fraction soluble dans l’eau qui s’est révélée la
plus efficace (Figure 22) (Kato-Noguchi, 2001).
5. Nématicide
In vitro, le citral fait partie des monoterpènes les plus nématicides contre Meloidogyne
incognita responsable de la formation de galle sur les plants de tomates. Il agit en diminuant
l’éclosion des œufs de 51,8 % et la mobilité à J2 de 61,4 % pour une concentration de
250mg/l, cette activité étant supérieure à 90% pour une concentration de 500mg/l. La mobilité
à J2 du nématode est inhibée à 80% pour une concentration de 60mg/l. De plus, toutes les
larves dont la mobilité a été inhibée ne l’ont pas retrouvée une fois plongées dans l’eau. A
100mg/kg, il diminue la formation de galle sur les racines de plants de tomates, et à 250mg/kg
il l’inhibe complètement et à plus fortes doses, le citral devient toxique pour les plants de
tomates. Par conséquent, une huile essentielle* riche en citral serait donc potentiellement
nématicide, c’est le cas de la mélisse puisqu’elle associe au citral d’autres monoterpènes
efficaces contre les nématodes tels que le citronellal, le linalol et le géraniol. Le mécanisme
d’action n’est cependant pas complètement défini (Echeverrigaray et al., 2009).
127
être évaluée. De même, leur toxicité doit être étudiée afin de déterminer si l’ingestion
chronique de mélisse et de valériane est sans risque pour le patient.
1. Biodisponibilité
La pharmacocinétique de l’acide valérénique a été étudiée chez la femme âgée, car les
troubles du sommeil sont fréquents chez les femmes ménopausées. La pharmacocinétique de
la molécule a été évaluée après une administration unique de 300 mg d’extrait de valériane et
après une administration quotidienne pendant deux semaines.
Il semble que les paramètres pharmacocinétiques soient très dépendants de l’individu.
En effet, la concentration sanguine maximale Cmax diminue si le poids de la patiente augmente
alors que Tmax, la durée nécessaire pour obtenir Cmax diminue (Anderson et al., 2010).
1.2. Pinorésinol
Les modèles d’absorption in ou ex vivo laissent supposer que l’acide caféique peut être
absorbé au niveau de l’estomac et de l’intestin (jéjunum, iléon et colon) des rats. L’acide
caféique est métabolisé au niveau de la muqueuse hépatique et par la flore commensale
digestive. Une petite quantité de métabolites est excrétée dans la lumière intestinale et une
faible quantité d’acide caféique sous forme inchangée est excrétée dans les urines (Zhao &
Moghadasian, 2010).
L’acide rosmarinique est absorbé rapidement au niveau du tube digestif. En effet, il est
retrouvé dans le plasma, sous forme intacte, une demi-heure après son administration au rat,
et sous forme méthylée, une heure après (Zhao & Moghadasian, 2010).
129
CH 2OR 3
R 2O
O
O
OR 1
2.1. Hépatotoxicité
La valériane pourrait être à l’origine d’une toxicité hépatique à long terme à cause de la
présence des valépotriates. Ceux-ci sont expérimentalement sédatifs et spasmolytiques, ce qui
leur a valu d’être longtemps considérés comme les principes actifs de la drogue* (Bos et al.,
1998). Cependant ils sont aussi cytotoxiques et mutagènes. Ils possèdent un potentiel alkylant
du fait de la présence d’un cycle époxyde dans leur structure les rendant très instables et donc
réactifs (Figure 23). La cytotoxicité de ces constituants a été testée sur les modèles cellulaires
GLC4 et COLO 320. Malgré tout, il est fort probable que la plupart des formes commerciales
de racine de valériane soient dépourvues de valépotriates car ceux-ci s’hydrolysent
rapidement en baldrinals qui seraient 10 à 30 fois moins toxiques que la molécules dont ils
dérivent (Bos et al., 1998). Mais par principe de précaution, les extraits aqueux ou à faible
titre alcoolique sont à privilégier.
Il apparaît in vitro et chez l’animal, qu’un extrait aqueux de mélisse inhiberait l’activité
de la Thyroid Stimulating Hormon (TSH) en empêchant sa fixation sur ses récepteurs,
induisant une hypothyroïdie, mais cela n’a pas été montré dans les études cliniques (Santini et
al., 2003 ; EMA, 2007).
2.3. Dermo-allergie
La mélisse et la valériane ont largement prouvé leur efficacité. Cependant, il peut être
difficile d’utiliser ces plantes en thérapeutique car leur composition est extrêmement variable
et dépend de nombreux facteurs dont le mode de culture, le lieu, la saison, etc. Or, il est
nécessaire d’avoir une constance dans la composition des produits afin d’obtenir un résultat
thérapeutique fiable. Peut-être serait-il plus judicieux d’avoir recours aux extraits aqueux, de
préférence, car ils sont ceux qui se rapprochent le plus de l’utilisation traditionnelle et qui
offrent donc un meilleur recul. Qu’il s’agisse de poudre de plante entière ou d’extrait, ceux-ci
doivent être normalisés, c’est-à-dire que leur composition doit être stable d’un lot à l’autre.
Dans ce cas, il convient de déterminer quelle(s) molécule(s) constitue(nt) la matière active de
la plante afin de convenir d’une teneur minimale que doit contenir le produit pour garantir son
efficacité.
133
s’expliquent sûrement, non pas par un ou deux composés actifs, mais plutôt par une synergie
entre les constituants de la plante. Cependant au sein de la plante ou des extraits, il peut aussi
exister des interactions entre les composés, les rendant moins disponibles et donc moins
efficaces.
Par ailleurs, l’action sur les récepteurs du GABA et du glutamate, chez l’insecte, ouvre
de nouvelles perspectives d’utilisation, notamment en agriculture. L’avenir verra peut-être se
multiplier les produits à base de mélisse et/ou de valériane dans la lutte contre les insectes.
Pour les producteurs de mélisse et de valériane l’enjeu économique est important. En effet, si
la mélisse et la valériane rencontrent un grand succès dans le domaine médical et agricole, la
demande risque d’augmenter. Les produits phytosanitaires d’origine végétale présentent un
intérêt majeur car il est parfaitement concevable qu’il existe des systèmes de dégradation déjà
présents dans la nature pour ces composés végétaux puisqu’ils sont naturellement présents.
De ce fait, ils pourraient être répandus dans l’environnement sans risque que cela n’affecte
l’écosystème. Toutefois, des quantités maximales devraient être déterminées afin de ne pas
saturer ces systèmes d’épuration et voir apparaître une éventuelle pollution. Malgré tout, des
études de toxicité doivent être menées et un risque d’accumulation dans la chaîne alimentaire
doit être éliminé, pour qu’ils puissent être utilisés sans danger pour l’homme. Les systèmes
135
pharmacologiques sur lesquels agissent ces biopesticides ne devraient pas être communs aux
mammifères et aux insectes. L’idéal serait de trouver des composés naturels spécifiques des
cibles visées. Les composés de la mélisse et de la valériane ne sont pas très efficaces contre
les insectes, mais ils peuvent servir de base à la synthèse de molécules plus spécifiques.
C’est tout l’enjeu de la recherche dans ce domaine.
137
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Table des matières
SOMMAIRE 11
TABLE DES ABRÉVIATIONS ET ACRONYMES 15
LEXIQUE 19
LISTE DES TABLEAUX 23
LISTE DES FIGURES 25
AVANT-PROPOS 27
INTRODUCTION 31
A. LA MÉLISSE (MELISSA OFFICINALIS L.) ........................................................................................ 33
1. DESCRIPTION BOTANIQUE 33
2. HABITAT 35
3. CULTURE ET RÉCOLTE 35
4. UTILISATION TRADITIONNELLE ET CONTEMPORAINE 37
5. AUTHENTIFICATION ET ANALYSE DE LA DROGUE* 39
B. LA VALÉRIANE (VALERIANA OFFICINALIS L.) ............................................................................... 39
1. DESCRIPTION BOTANIQUE 39
2. HABITAT 41
3. CULTURE 41
4. UTILISATION TRADITIONNELLE ET CONTEMPORAINE 43
5. AUTHENTIFICATION ET ANALYSE DE LA DROGUE* 43
I. USAGES TRADITIONNELS ET ÉTUDES DES PROPRIÉTÉS THÉRAPEUTIQUES DE
LA MÉLISSE ET DE LA VALÉRIANE 45
A. PROPRIÉTÉS DE LA MÉLISSE ......................................................................................................... 45
1. ANTALGIQUE DANS LES DOULEURS D’ORIGINE DIGESTIVE 45
1.1. Origine de la spasticité intestinale 47
1.2. Effet antispasmodique de la mélisse 47
2. EFFETS SUR LE SYSTÈME NERVEUX CENTRAL 49
2.1. Effet anxiolytique 49
2.2. Effet antidépresseur 49
2.3. Sédatif et inducteur du sommeil 51
2.4. Intérêt chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer 51
3. ANTIOXYDANT 53
3.1. Intérêt dans le traitement des maladies neurodégénératives 53
3.2. Intérêt dans le traitement des hyperlipidémies 53
4. VIRUCIDE 55
4.1. Action sur le Virus d’Immunodéficience Humaine 55
4.1.1. Thérapeutiques existantes 55
4.1.2. Activité de la mélisse sur le VIH 55
4.2. Action sur l’Herpes simplex virus 57
4.2.1. Thérapeutiques existantes 57
4.2.2. Activité de la mélisse sur l’HSV 57
5. PHYTOSANITAIRE 59
5.1. Herbicide 59
5.2. Insecticide 59
B. PROPRIÉTÉS DE LA VALÉRIANE ..................................................................................................... 59
1. EFFETS CLINIQUES 61
1.1. Anxiolytique 61
153
1.1.1. Thérapeutiques existantes 61
1.1.2. Activité anxiolytique sur le rat de laboratoire 61
1.2. Anticonvulsivant 61
1.2.1. Thérapeutiques existantes 61
1.2.2. Activité anticonvulsivante sur un modèle expérimental d’épilepsie 63
1.3. Hypnotique 65
1.4. Myorelaxant 65
2. EFFETS PHARMACOLOGIQUES 65
2.1. Interaction avec le système GABAergique 67
2.2. Interaction avec le système glutamatergique 67
C. ÉTUDES D’UNE ASSOCIATION MÉLISSE-VALÉRIANE .................................................................... 69
1. EFFETS SUR LES TROUBLES DU SOMMEIL 69
2. EFFETS FACE À UN STRESS INDUIT 69
3. EFFETS SUR DES SUJETS SAINS 71
II. COMPOSITION CHIMIQUE DE LA MÉLISSE ET DE LA VALÉRIANE 73
A. COMPOSITION CHIMIQUE DE LA MÉLISSE .................................................................................... 73
1. COMPOSITION CHIMIQUE DES FEUILLES DE MÉLISSE 73
1.1. Acides phénoliques 73
1.1.1. Dérivés de l’acide benzoïque 73
1.1.2. Dérivés de l’acide cinnamique 73
1.1.3. Acide carnosique 75
1.2. Flavonoïdes 75
1.2.1. Hétérosides flavoniques 77
1.2.2. Hétérosides flavonoliques 77
1.3. Triterpènes 77
1.4. Autres 77
2. COMPOSITION CHIMIQUE DE L’HUILE ESSENTIELLE* DE MÉLISSE 77
2.1. Terpénoïdes 79
2.1.1. Monoterpènes réguliers 79
2.1.1.1. Hydrocarbures monoterpéniques 79
2.1.1.2. Alcools monoterpéniques 79
2.1.1.3. Aldéhydes monoterpéniques 81
a. Citral 81
b. Citronellal 81
2.1.1.4. Cétones monoterpéniques 81
2.1.1.5. Esters terpéniques 81
2.1.1.6. Éthers monoterpéniques 83
2.1.2. Sesquiterpènes 83
2.1.2.1. Hydrocarbures sesquiterpéniques 83
2.1.2.2. Alcools sesquiterpéniques 83
2.2. Composé aromatique 85
2.3. Composés aliphatiques 85
B. COMPOSITION CHIMIQUE DE LA VALÉRIANE ............................................................................... 85
1. COMPOSITION CHIMIQUE DES RACINES DE VALÉRIANE 85
1.1. Terpénoïdes 85
1.1.1. Sesquiterpènes 85
1.1.2. Iridoïdes 87
1.1.2.1. Valépotriates 87
1.1.2.2. Baldrinals 87
1.2. Composés azotés 89
1.2.1. Alcaloïdes pyridiniques 89
1.2.2. Acides aminés 89
1.3. Lignanes 89
155
1.4. Acides phénoliques 89
1.5. Autres 91
2. COMPOSITION CHIMIQUE DE L’HUILE ESSENTIELLE* DE VALÉRIANE 91
2.1. Terpénoïdes 91
2.1.1. Monoterpènes 91
2.1.1.1. Hydrocarbures monoterpéniques 91
2.1.1.2. Alcools monoterpéniques 91
2.1.1.3. Cétone monoterpénique 93
2.1.1.4. Aldéhyde monoterpénique 93
2.1.1.5. Esters terpéniques 93
2.1.2. Sesquiterpènes 93
2.1.2.1. Hydrocarbures sesquiterpéniques 93
2.1.2.2. Alcools sesquiterpéniques 95
2.1.2.3. Cétones sesquiterpéniques 95
2.1.2.4. Aldéhyde sesquiterpénique 95
2.1.3. Sesquiterpénoïde 95
2.1.4. Iridoïdes 95
2.1.4.1. Valépotriates 95
2.1.4.2. Baldrinals 95
2.1.5. Caroténoïde : la β-ionone 97
2.2. Composés aromatiques 97
2.2.1. Eugénol (et esters) 97
2.2.2. Thymol 97
2.3. Autres 97
III. ACTIVITÉS PHARMACOLOGIQUES DES COMPOSÉS DE LA MÉLISSE ET DE LA
VALÉRIANE 99
A. SYSTÈME NERVEUX........................................................................................................................ 99
1. INTERACTION AVEC LE SYSTÈME GABAERGIQUE 99
1.1. Pharmacologie des récepteurs GABA 99
1.1.1. Récepteurs ionotropiques du GABA 101
1.1.2. Récepteurs métabotropiques 101
1.2. Action sur les RGABA-A 103
1.3. Inhibition de la GABA transaminase 105
2. ACTION SUR LES RÉCEPTEURS DE LA VANILLOÏDE 105
2.1. Pharmacologie des récepteurs de la vanilloïde 105
2.2. Effets du carvacrol, du thymol et de l’eugénol 107
2.3. Effets du citral 107
3. INTERACTION AVEC LE SYSTÈME ADÉNOSINE 107
3.1. Pharmacologie des récepteurs à l’adénosine 107
3.2. Isovaltrate 109
4. ACTION SUR LES RÉCEPTEURS SÉROTONINERGIQUES 109
4.1. Pharmacologie des récepteurs sérotoninergiques 109
4.2. Acide valérénique 111
B. MYORELAXANT ............................................................................................................................ 111
C. ANTIOXYDANT ............................................................................................................................. 113
D. ANTI-INFLAMMATOIRE ............................................................................................................... 113
1. MÉCANISMES DE L’INFLAMMATION 113
2. EFFET ANTI-INFLAMMATOIRE 113
2.1. Xanthorrhizol 115
2.2. Pinorésinol 115
2.3. β-caryophyllène 115
2.4. Acide oléanolique et acide ursolique 117
2.5. Humulène 117
2.6. Flavonoïdes 117
157
2.7. Acide rosmarinique 119
E. ANTIMICROBIEN .......................................................................................................................... 121
1. BACTÉRICIDE 121
2. FONGICIDE 121
F. PHYTOSANITAIRE ......................................................................................................................... 123
1. INSECTICIDE 123
1.1. Mécanismes d’action des insecticides 123
1.2. Pinorésinol 125
2. INSECTIFUGE 125
3. EFFET PHEROMON-LIKE 125
4. ANTI-GERMINATIF 127
5. NÉMATICIDE 127
G. BIODISPONIBILITÉS ET TOXICITÉS ÉVENTUELLES ..................................................................... 127
1. BIODISPONIBILITÉ 129
1.1. Acide valérénique 129
1.2. Pinorésinol 129
1.3. Acide caféique 129
1.4. Acide rosmarinique 129
2. TOXICITÉ ÉVENTUELLE 131
2.1. Hépatotoxicité 131
2.2. Interaction avec la TSH 131
2.3. Dermo-allergie 131
CONCLUSION ET PERSPECTIVES 133
BIBLIOGRAPHIE 139
TABLE DES MATIÈRES 153
ANNEXES I
ENGAGEMENT DE NON PLAGIAT LI
159
Annexes
Annexe 1 – Directive 2004/24/CE à propos des médicaments* traditionnels à base de plante
I
III
V
VII
IX
XI
Annexe 2 – Monographie des feuilles de M. officinalis à la Pharmacopée Européenne
VIIème édition
XIII
XV
Annexe 3 – Monographie de l’extrait sec des feuilles de M. officinalis à la Pharmacopée
Européenne VIème édition
XVII
XIX
Annexe 4 – Monographie des racines (entières ou divisées) et de la teinture de valériane à la
Pharmacopée Européenne VIIème édition
XXI
XXIII
XXV
XXVII
Annexe 5 – Monographie de l’extrait sec aqueux de racine de valériane à la Pharmacopée
Européenne VIIème édition
XXIX
XXXI
Annexe 6 – Monographie de l’extrait sec hydro-alcoolique de racine de valériane à la
Pharmacopée Européenne VIIème édition
XXXIII
Annexe 7 – Composition chimique des feuilles de mélisse
Flavonoïdes a
Acides phénoliques d
Acides de triterpènes
Tanins
Tanins catéchiques f
Vitamines
B1 et B2 f
Autres
XXXV
Annexe 8 – Composition chimique de l’huile essentielle* de mélisse
Terpénoïdes
Monoterpènes réguliers
Hydrocarbures α-pinène e Cis- et trans-β-ocimène b,c,d,e
α-terpinéol d Isopulégol d,e
Alcools Citronellol a,d,e Linalol a,b,d,e
Géraniol a,b,d,e Nérol a,d
Acétate de citronellyle d
Acétate de néryle d,e
Esters Acétate de géranyle a,b,d,e
Citronellate de méthyle a,b
Acétate de linalyle d
Oxydes 1,8-cinéole d Oxyde de cis-linalol e
Citronellal a,b,c,d,e
Aldéhydes Néral (citral b) a,b,c,d,e
Géranial (citral a) a,b,c,d,e
Cétones bicycliques Pinocamphone
Sesquiterpènes
α-bisabolène d β-caryophyllène a,b,c,d,e et
α-copaène a,d oxyde de caryophyllène a,b,c,d,e
α-cubébène e / β-cubébène d β-cédrène d
Hydrocarbures
α-humulène d β-élémène / γ-élémène d
β-bourbonène d Calarène
β-cadinène Germacrène D a,b,c,d,e
Cadinol d
Germacradiènol c
Alcools Caryophyllènol d
Nérolidol
Farnésol d
Composés aromatiques
Eugénol et acétate d’eugényle b,d,e
Composés aliphatiques
Aldéhydes Nonanal
Hept-1-èn-3-ol Oct-1-èn-3-ol b,e
Alcools a,b,c,d,e
6-méthylhept-5-èn-2-one
a - Wichtl & Anton, 2003 b - Gruenwald et al., 2007 c - Bruneton, 2009
d - Thoby, 2009 e - Penchev, 2010
XXXVII
Annexe 9 – Composés minoritaires de l’huile essentielle* de mélisse
H
H
H
H H
H
H
H H
H
H H
H H
H
H
α-Bisabolène α-Humulène β-Cadinène β-Bourbonène
Calarène
XXXIX
Annexe 10 – Composition chimique des racines de valériane
Terpénoïdes
Acide valérénique a,b,c,d
Sesquiterpènes Acide 2-acétoxyvalérénique a,b,c,d
Acide 2-hydroxyvalérénique a,b,c,d
Iridoïdes
Valtrate a,b,c
Isovaltrate a,b,c
Valépotriates Acévaltrate a,b,c
Dihydrovaltrate a,b,c
Isovaléroxy-hydroxydihydrovaltrate IVHD a,b,c
Baldrinal a,e
Baldrinals
Homobaldrinal a,e
Composés azotés
Actinidine et valérianine b,c,d,f
Alcaloïdes pyridiniques Naphtyridylméthylcétone f
Alpha-méthylpyrrylcétone c,d
GABA a,d
Glutamine a,e
Acides aminés
Tyrosine a
Arginine a,e
Lignanes
Pinorésinol b
Acides phénoliques d
Acide isoférulique Acide chlorogénique c
Autres
Flavonoïdes
a - Bos, 1997 d - Bruneton, 2009
b - Wichtl & Anton, 2003 e - European Scientific Cooperative on Phytotherapy, 2009
c - Gruenwald et al., 2007 f - Patočka & Jakl, 2010
XLI
Annexe 11 – Composition chimique de l'huile essentielle* de valériane
Terpénoïdes
Monoterpènes
Camphène a,c,e α- β-pinène a,e Terpinolène a
β-Cymène Sabinène b Tricyclène a,b
Hydrocarbures
Fenchène a γ-Terpinène a Limonène a
β-Myrcène a α- et β-phellandrène a P-Cymène a,b
Bornéol (et esters) a
Linalol et acétate de linalyle a Terpinèn-4-ol a
Alcools Carvacrol (méthyléther de) a
Myrténol (et esters) a α-Terpinéol a
Cis- et trans-carveol b
Aldéhydes Menthénal b
Cétone Camphre b
Acétate de citronellyle a,b
Esters Isovalérate de citronellyle a,b
Acétate de bornyle a,c,d,e
Oxydes 1,8-cinéole a
Sesquiterpènes
Acide valérénique (et ester) a
Eudesma-2,6,8-triène e
β-bisabolène a,b
β-farnésène a
β-caryophyllène a,c
Germacrène D a
Hydrocarbures α-copaène = α-ylangène a
α-guaiène a
δ-et γ-cadinène a, 1,4,9-cadinatriène
β-gurjunène a
α-curcumène a
α-humulène b
β-, δ- et γ-élémène a
Alcool kessylique (et esters) e
Lédol b
Epi-α-bisabolol b
Maaliol b
Cryptofaurinol b,c,d et acétate de
Pacifigorgiol b
Alcools cryptofauronyle b Valérénol (et esters) e
Driménol b Valérianol b,e
Élémol a
β-eudesmol et γ-eudesmol a
Cétones Faurinone b Valéranone b,d,e
Aldéhyde Valérénal a,c,d,e
Sesquiterpénoïdes Xanthorrhizol b
Iridoïdes
Baldrinals Baldrinal b,c,f Homobaldrinal b,f
Caroténoïdes
β-ionone a
Composés aromatiques
Isoeugényle isovalérénate et
Eugénol b Thymol b
isoeugényle valérénate b,d
Autres
Acétate de nojigiku b Acide isovalérique a,d
c - Wichtl & Anton, 2003
a - Hazelhoff et al., 1979 b - Bos, 1997
f - European Scientific Cooperative on
d - Gruenwald et al., 2007 e - Bruneton, 2009
Phytotherapy, 2009
XLIII
Annexe 12 – Composés minoritaires de l’huile essentielle* de valériane
HO
O OH
OH
XLV
δ-élémène γ-élémène β-bisabolène
H O
H
H
H
H H
OH
β-gurjunène α-copaène Alcool kessylique
OH
H
O
OH HO
HO H H HO
H
H
OH
Élémol β-eudesmol γ-eudesmol
OH
H
OH
H
OH
H H
XLVII
Annexe 13 – Les différents récepteurs TRPV identifiés et leurs principales caractéristiques
XLIX
Engagement de non plagiat
Stéphanie PINEAU
LI