CCF 121 : LÉGISLATION EN MATIÈRE DU COUPLE ET DE LA FAMILLE
Par MENGUE Serge
Table des matières
Introduction .................................................................................................................................... 2
Chapitre 1 : le concubinage .............................................................................................................. 2
Chapitre 2 : les fiançailles ................................................................................................................ 3
Chapitre 3 : le mariage..................................................................................................................... 4
3.1. Types de mariage............................................................................................................... 4
3.2. Cadre légal et réformes ...................................................................................................... 4
3.3. Droits et responsabilités des époux ...................................................................................... 4
3.4. Conditions de formation du mariage ................................................................................... 5
3.5. Procédure de célébration.................................................................................................... 5
Chapitre 4 : la séparation de corps en droit camerounais ................................................................... 5
4.1. Causes de la séparation de corps ......................................................................................... 5
4.2. Procédure de séparation de corps........................................................................................ 5
4.3. Effets de la séparation de corps........................................................................................... 6
Chapitre 5 : le divorce en droit camerounais ..................................................................................... 6
5.1. Types de divorce ................................................................................................................ 6
5.2. Motifs de divorce ............................................................................................................... 7
5.3. Procédure de divorce ......................................................................................................... 7
5.4. Conséquences du divorce ................................................................................................... 7
Chapitre 6 : la filiation biologique en droit camerounais .................................................................... 7
6.1. Modes d'établissement de la filiation ................................................................................... 7
6.2. Principes d'égalité et droits des enfants ............................................................................... 8
6.3. Protection des enfants illégitimes ........................................................................................ 8
6.4. Défis et évolutions ............................................................................................................. 8
Chapitre 7 : la filiation adoptive en droit camerounais ...................................................................... 9
7.1. Types d'adoption ............................................................................................................... 9
7.2. Conditions d'adoption ........................................................................................................ 9
7.3. Procédure d'adoption......................................................................................................... 9
7.4. Droits et obligations......................................................................................................... 10
Références bibliographiques ........................................................................................................... 11
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Introduction
La législation en matière de couple et de famille varie selon les pays et leurs systèmes
juridiques. Celle camerounaise est influencé par un ensemble complexe de sources juridiques, qui
reflètent la diversité culturelle et historique du pays. Elle intègre des sources différentes. La
Constitution camerounaise joue un rôle fondamental en garantissant les droits fondamentaux des
individus au sein de la famille. Elle établit les principes de base qui régissent les relations familiales
et assure la protection des droits des membres de la famille. Le Code civil quant à lui, hérité du droit
français, constitue la pierre angulaire du droit de la famille au Cameroun. Il régit les relations
familiales, y compris le mariage, la filiation, et les obligations entre époux. Les dispositions relatives
aux devoirs et droits des époux sont principalement tirées du chapitre VI du Code civil de 1804
(Atangana-Malongue, 2006). Parallèlement, la Common law, appliqué dans les régions anglophones,
a été introduit pendant la période coloniale et coexiste avec le droit civil et le droit coutumier (Mbeng
Tataw Zoueu, 2010). L'unification des différents droits reste partielle, et des efforts sont en cours pour
harmoniser ces systèmes. Le droit coutumier est une source importante du droit de la famille, surtout
dans les zones rurales où les traditions locales influencent les relations familiales. Ce droit est souvent
appliqué dans les affaires de mariage, de divorce et de succession, bien qu'il puisse parfois entrer en
conflit avec les lois écrites (Mbeng Tataw Zoueu, 2010). Les décisions judiciaires, bien que non
toujours contraignantes, jouent un rôle significatif dans l'interprétation et l'application des lois
relatives à la famille. La jurisprudence peut influencer l'évolution du droit de la famille en établissant
des précédents qui sont souvent suivis par les tribunaux. Des lois spécifiques ont été adoptées pour
traiter des questions particulières relatives à la famille, telles que la loi sur la protection des femmes
et des enfants, ainsi que des lois récentes qui reconnaissent les mariages coutumiers. Ces lois visent
à renforcer les droits des individus au sein de la famille et à protéger les plus vulnérables.
Chapitre 1 : le concubinage
Le concubinage, souvent désigné par des expressions comme "union libre" ou "come we stay".
Il est souvent perçu comme une alternative au mariage, surtout dans un contexte où les contraintes
financières et sociales rendent le mariage traditionnel difficile pour de nombreux couples. Cette
pratique est en augmentation, mais elle est également entourée de stigmates et de défis, notamment
en ce qui concerne la reconnaissance sociale et les droits des partenaires. C’est une pratique de plus
en plus courante au Cameroun. Cependant, il est important de noter que le droit camerounais ne
reconnaît pas formellement le concubinage, ce qui entraîne des conséquences juridiques significatives
pour les concubins.
Le concubinage au Cameroun se caractérise d’abord par l’absence de cadre légal. En effet, il
n'est pas régi par une législation spécifique au Cameroun. Cela signifie qu'il n'existe pas de droits ou
d'obligations juridiques entre les partenaires, contrairement au mariage qui est bien encadré par la loi.
Ensuite, comme conséquences juridiques, les concubins ne bénéficient d'aucun droit légal en matière
de succession, de nationalité ou de reconnaissance de paternité. Par exemple, les enfants nés de
parents concubins ne bénéficient pas de la présomption de paternité qui s'applique aux enfants nés
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dans le cadre d'un mariage. De plus, la rupture d'une union de concubinage peut se faire de manière
unilatérale, sans formalités légales. Enfin, bien que le concubinage ne soit pas reconnu légalement, il
peut être prouvé par des éléments tels que des témoignages ou des documents attestant de la vie
commune. Cependant, cette preuve n'entraîne pas de droits juridiques (Mbeng Tataw Zoueu, 2010).
En clair, le concubinage au Cameroun est une réalité sociale qui ne bénéficie d'aucune
protection légale. Les couples qui choisissent cette forme d'union doivent être conscients des risques
associés, notamment en matière de droits de succession et de reconnaissance des enfants. Il est
conseillé aux concubins de formaliser leur situation par des contrats ou des testaments pour protéger
leurs intérêts mutuels, car la législation actuelle ne leur offre pas de cadre de protection.
Chapitre 2 : les fiançailles
Les fiançailles, en tant que promesse réciproque de mariage entre deux personnes. Dans de
nombreuses cultures africaines, elles sont perçues comme un engagement sérieux entre deux familles,
marquant une étape importante avant le mariage. Elles impliquent souvent des cérémonies
traditionnelles et des échanges de cadeaux, symbolisant l'union à venir. Bien qu'elles soient souvent
perçues comme une étape préalable au mariage, les pratiques et les implications juridiques varient
d'un pays à l'autre.
En droit camerounais, les fiançailles sont considérées comme une situation de fait, ce qui
signifie qu'elles ne sont pas régies par une législation spécifique. L'article 16(2) de la Convention sur
l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDEF) stipule que les
fiançailles n'ont pas d'effets juridiques. De même, elles ne créent aucune obligation légale de se
marier. Chaque partie peut rompre les fiançailles librement, sans encourir de sanctions juridiques
(Tjouen, 2012).
Comme effets, étant donné leur nature non contraignante, les fiançailles ne protègent pas les
parties en cas de rupture. Il n'existe pas de recours légal pour une rupture abusive, bien que des
dommages-intérêts puissent être réclamés si la rupture est jugée fautive. Par ailleurs, les biens acquis
durant la période de fiançailles ne sont pas automatiquement considérés comme appartenant à l'un ou
l'autre des fiancés. En cas de rupture, chaque partie conserve ses biens personnels, sauf accord
contraire.
Les fiançailles ont cependant une grande importance culturelle. Dans la culture camerounaise,
les fiançailles sont souvent perçues comme un engagement sérieux, même si elles n'ont pas de valeur
juridique. Elles peuvent impliquer des cérémonies et des échanges de cadeaux, renforçant ainsi les
liens entre les familles des fiancés. Mais avec l'évolution des mentalités, de plus en plus de couples
choisissent de vivre ensemble sans formaliser leur union par le mariage, ce qui peut parfois mener à
des situations de concubinage, souvent confondu avec les fiançailles dans le langage courant (Tjouen,
2012).
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Au demeurant, les fiançailles en droit camerounais sont une promesse de mariage dépourvue
de valeur juridique contraignante. Elles n'engendrent pas de droits ou d'obligations légales, et leur
rupture ne donne lieu à aucune protection juridique. Les couples doivent être conscients de ces
implications lorsqu'ils s'engagent dans une relation de fiançailles, et il est conseillé de formaliser leur
union par le mariage pour bénéficier des protections légales associées.
Chapitre 3 : le mariage
L'encadrement juridique du mariage en Afrique est complexe et varié, reflétant la diversité
culturelle, sociale et juridique du continent. Les lois sur le mariage diffèrent d'un pays à l'autre,
influencées par des traditions locales, des systèmes juridiques coloniaux et des réformes modernes.
Au Cameroun, le mariage est régi par un cadre juridique complexe qui intègre à la fois des lois civiles
et des pratiques coutumières. Ce cadre vise à encadrer les différentes formes d'union, à protéger les
droits des époux et à répondre aux réalités culturelles du pays.
3.1. Types de mariage
Le droit camerounais reconnait en fait deux types de mariage : civil et coutumier. Le mariage
civil est celui qui est enregistré par l'État et qui suit les procédures établies par le Code civil
camerounais. Il est soumis à des conditions spécifiques, notamment l'âge minimum pour se marier,
qui est de 15 ans pour les filles et 18 ans pour les garçons, sauf dispense. Le mariage coutumier quant
à lui est basé sur les traditions locales. Il a récemment reçu une reconnaissance légale. La loi
n°2024/016, adoptée en décembre 2024, stipule que les mariages coutumiers doivent être déclarés
auprès des autorités compétentes pour acquérir une existence légale. Cette loi vise à protéger les droits
des couples et à assurer la traçabilité de leur situation matrimoniale (Tjouen, 2012).
3.2. Cadre légal et réformes
Au Cameroun, les époux peuvent choisir entre différents régimes matrimoniaux, qui peuvent
être conventionnels (déterminés par un contrat de mariage) ou légaux (imposés par la loi). Les couples
peuvent établir des contrats de mariage pour définir la gestion de leurs biens. Par ailleurs, La
reconnaissance légale de la dot et du mariage coutumier représente une avancée significative dans le
droit camerounais. Cela permet aux couples de bénéficier de droits juridiques clairs et de protections
contre les abus, tout en respectant les traditions culturelles.
3.3. Droits et responsabilités des époux
Le droit camerounais promeut l'égalité entre les époux, stipulant que chacun a des droits et
des responsabilités égaux dans le mariage. Cela inclut des obligations telles que le soutien mutuel et
l'éducation des enfants. Les lois camerounaises reconnaissent également l'importance de la filiation
légitime, garantissant que les enfants issus de mariages légaux bénéficient de droits successoraux et
d'une situation sociale stable. Les enfants nés de unions non légales peuvent se retrouver dans une
situation précaire, sans droits clairs.
En un mot, le mariage en droit camerounais est un domaine en évolution, cherchant à
équilibrer les traditions culturelles avec les exigences modernes de justice et d'égalité. Les récentes
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réformes, notamment la reconnaissance du mariage coutumier et de la dot, visent à renforcer la
protection des droits des époux et des enfants. Cependant, des défis subsistent, notamment en ce qui
concerne le mariage des enfants et les unions libres, qui nécessitent une attention continue pour
garantir la stabilité et le bien-être des familles au Cameroun (Mbeng Tataw Zoueu, 2010).
3.4. Conditions de formation du mariage
La formation d'un mariage au Cameroun implique plusieurs conditions essentielles. D’abord,
concernant l’âge minimum, les filles peuvent se marier à partir de 15 ans, tandis que les garçons
doivent avoir au moins 18 ans. Ces âges sont fixés pour protéger les jeunes contre les mariages
précoces. Ensuite, le consentement libre et éclairé des deux parties est crucial. Dans le cas du mariage
coutumier, bien que la loi de 2024 ait renforcé certaines protections, des préoccupations subsistent
quant à l'absence de précisions sur le consentement et l'âge minimum dans le cadre de cette loi. Enfin,
pour le mariage civil, une publication d'un mois est requise avant la célébration. Cela permet de
vérifier l'absence d'oppositions et d'assurer la transparence du processus.
3.5. Procédure de célébration
Le mariage doit être célébré par un officier d'état civil au lieu de naissance ou de résidence de
l'un des époux. L'acte de mariage est ensuite enregistré dans les registres de l'état civil. Et puis, avec
la nouvelle loi, les mariages coutumiers doivent également être transcrits dans les registres de l'état
civil. Cela inclut la déclaration de la dot, qui doit être validée par les chefs de famille et les témoins.
Chapitre 4 : la séparation de corps en droit camerounais
La séparation de corps est une institution juridique au Cameroun qui permet à des époux de
cesser de vivre ensemble sans mettre fin à leur mariage. Elle est régie par le Code civil camerounais
et présente des caractéristiques spécifiques, tant en termes de procédure que d'effets. Sur le plan
juridique, elle est définie comme une décision judiciaire qui dispense les époux de l'obligation de
cohabitation tout en maintenant le lien matrimonial. Elle est souvent considérée comme une étape
intermédiaire entre la séparation de fait et le divorce.
4.1. Causes de la séparation de corps
Les causes qui peuvent justifier une séparation de corps sont similaires à celles du divorce. Il
s’agit d’abord de l’adultère. Car, considéré comme une cause péremptoire, l'adultère peut être prouvé
par divers moyens, y compris des témoignages ou des preuves matérielles. Il s’agit ensuite du
comportement déraisonnable. Un époux peut demander la séparation de corps si l'autre adopte un
comportement qui rend la vie commune intolérable. Il s’agit enfin du consentement mutuel.
Effectivement, les époux peuvent également convenir de se séparer, bien que cela doive être formalisé
par une décision judiciaire.
4.2. Procédure de séparation de corps
La procédure pour obtenir une séparation de corps implique plusieurs étapes. La première
consiste en une demande au tribunal. L'époux souhaitant se séparer doit introduire une requête auprès
du tribunal compétent. Ce tribunal tentera d'abord de réconcilier les époux avant de statuer sur la
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séparation. La seconde est le jugement. Car, si la réconciliation échoue, le tribunal rendra un jugement
prononçant la séparation de corps. Ce jugement doit préciser la date à laquelle les époux ont cessé de
cohabiter.
4.3. Effets de la séparation de corps
Les effets de la séparation de corps sont significatifs. Notons premièrement la cessation du
devoir de cohabitation. Les époux ne sont plus tenus de vivre ensemble, ce qui leur permet de mener
des vies séparées. Révélons ensuite le maintien des devoirs matrimoniaux. Car, malgré la séparation,
les époux conservent certains devoirs, comme celui de fidélité. L'époux qui a obtenu la séparation
peut également demander une pension alimentaire si nécessaire. Remarquons enfin les droits
parentaux : La séparation de corps n'affecte pas les droits et obligations des parents envers leurs
enfants. Les décisions concernant la garde et l'autorité parentale sont prises en tenant compte de
l'intérêt supérieur des enfants.
Il est important de noter que si la séparation de corps dure trois ans, elle peut être convertie
en divorce à la demande de l'un des époux. Cette conversion est automatique et ne nécessite pas de
nouvelles preuves, mais doit être formalisée par le tribunal.
La séparation de corps en droit camerounais constitue une alternative au divorce, permettant
aux époux de vivre séparément tout en maintenant leur statut marital. Cette institution offre une
certaine flexibilité dans la gestion des relations conjugales, tout en préservant les droits et obligations
des parties, notamment en ce qui concerne les enfants. Les procédures et effets associés à la séparation
de corps soulignent l'importance de la législation camerounaise dans la régulation des relations
familiales.
Chapitre 5 : le divorce en droit camerounais
Le divorce au Cameroun est un sujet complexe qui est régi par un cadre juridique qui varie
selon que le mariage est civil ou coutumier. Les procédures, les motifs et les conséquences du divorce
sont influencés par cette distinction, ainsi que par les lois spécifiques en vigueur dans les différentes
régions du pays.
5.1. Types de divorce
Au Cameroun, le divorce peut désormais être classé en deux catégories principales le divorce
civil et celui coutumier. Le premier est régi par le Code civil et nécessite une procédure judiciaire.
Les époux doivent saisir le tribunal compétent, généralement le Tribunal de Grande Instance ou le
Tribunal de Premier Degré, selon la nature de la demande. Le second est basé sur les traditions locales
et peut obéir à des règles différentes, souvent moins formelles. Les causes de divorce peuvent inclure
des motifs non écrits tels que la stérilité, l'absence prolongée, ou des manquements aux devoirs
conjugaux.
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5.2. Motifs de divorce
Les motifs de divorce au Cameroun peuvent varier selon le type de mariage. Pour le divorce
civil les motifs incluent l'adultère, le comportement déraisonnable, ou la séparation prolongée. La loi
exige que le demandeur prouve que le mariage a irrémédiablement échoué. Quant au divorce
coutumier, les motifs peuvent être plus flexibles et inclure des raisons culturelles ou personnelles,
souvent déterminées par les chefs de famille ou les autorités coutumières.
5.3. Procédure de divorce
La procédure de divorce au Cameroun implique plusieurs étapes. La première concerne la
saisine du tribunal. Le demandeur doit rédiger une requête en divorce et la soumettre au tribunal
compétent. Cette requête doit énoncer les motifs du divorce et peut inclure des demandes de mesures
provisoires, comme la garde des enfants ou des pensions alimentaires. La seconde étape renvoie à la
conciliation. En effet, avant de procéder au divorce, le tribunal peut ordonner une tentative de
conciliation entre les époux. Cela vise à résoudre les conflits sans recourir à une séparation légale. La
dernière étape est le jugement. Car, si la conciliation échoue, le tribunal rendra un jugement sur le
divorce. Ce jugement peut inclure des décisions sur la garde des enfants, la répartition des biens, et
d'autres questions connexes.
5.4. Conséquences du divorce
Les conséquences d'un divorce au Cameroun peuvent être significatives. Il s’agit notamment
de la garde des enfants. Le tribunal prend des décisions basées sur l'intérêt supérieur des enfants. La
garde peut être attribuée à l'un des parents ou partagée, en tenant compte des circonstances de chaque
cas. Il s’agit aussi de la répartition des biens. La loi prévoit des règles pour la répartition des biens
acquis pendant le mariage, mais cela peut varier selon que le mariage était sous le régime de la
communauté ou de la séparation des biens. Et enfin il s’agit des pensions alimentaires, le cas échéant.
Le tribunal peut en fait ordonner le paiement de pensions alimentaires pour soutenir l'époux qui en a
besoin ou pour les enfants.
Le divorce en droit camerounais est en réalité un processus qui reflète la diversité culturelle
et juridique du pays. Les différences entre le divorce civil et coutumier, ainsi que les procédures et
motifs variés, soulignent la nécessité d'une approche adaptée aux spécificités de chaque cas. Les
réformes récentes visent à améliorer la protection des droits des époux et des enfants, mais des défis
subsistent, notamment en matière d'égalité et d'accès à la justice.
Chapitre 6 : la filiation biologique en droit camerounais
La filiation est un concept juridique fondamental qui détermine les liens de parenté entre un
enfant et ses parents. En droit camerounais, la filiation est régie par un cadre complexe qui intègre
des éléments de droit civil, de droit coutumier et des principes modernes de protection des droits de
l'enfant.
6.1. Modes d'établissement de la filiation
La filiation peut être établie de plusieurs manières au Cameroun :
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• Filiation légitime : Elle est généralement reconnue lorsque l'enfant est né dans le cadre d'un
mariage légal entre ses parents. Le Code civil camerounais stipule que la filiation légitime
confère des droits et des obligations tant aux parents qu'à l'enfant.
• Filiation naturelle : Cette forme de filiation concerne les enfants nés hors mariage. Bien que
ces enfants aient des droits, ceux-ci peuvent être limités par rapport à ceux des enfants
légitimes, notamment en matière d'héritage.
• Reconnaissance de paternité : Les pères peuvent reconnaître leurs enfants, qu'ils soient nés
dans le mariage ou hors mariage. Cette reconnaissance peut se faire par acte notarié ou par
déclaration à l'état civil. La reconnaissance est essentielle pour établir des droits de succession
et d'autres droits légaux pour l'enfant.
6.2. Principes d'égalité et droits des enfants
Le droit camerounais met un accent particulier sur le principe d'égalité, qui vise à protéger les
droits des enfants, qu'ils soient légitimes ou naturels. Les lois camerounaises cherchent à garantir que
tous les enfants aient accès à des droits fondamentaux, y compris le droit à la filiation, à l'éducation
et à la protection contre la discrimination.
6.3. Protection des enfants illégitimes
Les enfants nés hors mariage, souvent appelés enfants illégitimes, rencontrent des défis
spécifiques en matière de reconnaissance et de protection. Le droit camerounais prévoit des
mécanismes pour protéger ces enfants, notamment en facilitant la recherche de paternité par des tests
ADN, bien que des obstacles subsistent, notamment le coût des tests et la réticence des pères à
reconnaître leur paternité.
6.4. Défis et évolutions
Le droit de la filiation au Cameroun est confronté à plusieurs défis, notamment :
• Pluralisme juridique : La coexistence de différentes sources de droit (coutumier, civil, et
common law) complique l'application uniforme des lois sur la filiation. Les pratiques
coutumières peuvent parfois entrer en conflit avec les lois écrites, créant des ambiguïtés.
• Évolution des normes sociales : Les changements dans les normes sociales et les attentes
concernant la famille et la parentalité nécessitent une adaptation des lois pour mieux protéger
les droits des enfants et des parents dans des situations variées.
En clair, la filiation en droit camerounais est un domaine dynamique qui reflète les réalités
sociales et culturelles du pays. Bien que des progrès aient été réalisés pour protéger les droits des
enfants et établir des mécanismes de reconnaissance de la paternité, des défis subsistent.
L'harmonisation des lois et la sensibilisation aux droits des enfants sont essentielles pour garantir que
tous les enfants, indépendamment de leur statut de naissance, bénéficient des protections et des droits
qui leur sont dus.
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Chapitre 7 : la filiation adoptive en droit camerounais
La filiation adoptive est un aspect essentiel du droit de la famille au Cameroun, permettant de
créer des liens juridiques entre un enfant et ses nouveaux parents adoptifs. Ce processus est régi par
des lois spécifiques qui définissent les types d'adoption, les conditions requises et les droits des parties
impliquées.
7.1. Types d'adoption
Au Cameroun, il existe principalement deux types d'adoption :
• Adoption simple : Ce type d'adoption permet à l'enfant adopté de conserver ses liens de
filiation avec sa famille d'origine tout en établissant une nouvelle filiation avec sa famille
adoptive. Cela signifie que l'enfant a deux familles légales, ce qui peut être bénéfique pour
maintenir des relations avec ses parents biologiques.
• Adoption plénière : Contrairement à l'adoption simple, l'adoption plénière remplace
complètement le lien de filiation existant entre l'enfant et sa famille d'origine. L'enfant devient
alors un membre à part entière de la famille adoptive, sans lien légal avec ses parents
biologiques. Ce type d'adoption est généralement réservé aux mineurs et nécessite le
consentement des deux parents adoptifs.
7.2. Conditions d'adoption
Pour adopter un enfant au Cameroun, plusieurs conditions doivent être remplies :
• Âge des adoptants : Les adoptants doivent avoir au moins 40 ans ou être mariés depuis plus
de 10 ans. Si un couple souhaite adopter, l'un des partenaires doit répondre à ces critères.
• Consentement des parents biologiques : Dans le cas d'une adoption simple, le consentement
des parents biologiques est nécessaire, à moins qu'ils ne soient décédés ou inconnus. Pour
l'adoption plénière, le consentement des deux parents est requis, sauf si l'un d'eux est décédé.
• Âge de l'enfant : L'enfant à adopter doit généralement être âgé de moins de cinq ans et doit
être abandonné par ses parents, ou ceux-ci doivent être inconnus ou décédés.
7.3. Procédure d'adoption
Le processus d'adoption au Cameroun implique plusieurs étapes :
• Demande d'adoption : Les candidats à l'adoption doivent soumettre une demande formelle
auprès des autorités compétentes, généralement un tribunal. Cette demande doit inclure des
documents prouvant leur capacité à adopter et leur situation familiale.
• Évaluation : Une évaluation sociale est souvent réalisée pour s'assurer que l'environnement
familial est propice à l'accueil d'un enfant. Cela inclut des visites à domicile et des entretiens
avec les adoptants potentiels.
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• Jugement d'adoption : Une fois que toutes les conditions sont remplies et que l'évaluation est
positive, le tribunal rend un jugement d'adoption, officialisant ainsi la nouvelle filiation.
7.4. Droits et obligations
L'adoption crée des droits et des obligations tant pour l'adopté que pour les adoptants. L'enfant
adopté a droit à la protection, à l'éducation et à l'héritage au même titre que les enfants biologiques
des adoptants. De leur côté, les adoptants ont l'obligation de prendre soin de l'enfant et de lui fournir
un environnement stable et aimant.
La filiation adoptive en droit camerounais est en définitive un processus bien encadré qui vise
à protéger les droits des enfants tout en respectant les traditions familiales. Bien que des défis
subsistent, notamment en matière de sensibilisation et d'accès à l'adoption, le cadre légal actuel offre
des possibilités significatives pour les enfants sans famille et les couples souhaitant agrandir leur
famille.
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Références bibliographiques
Atangana-Malongue, T. (2006). Le principe d’égalité en droit camerounais de la famille. Revue
internationale de droit comparé, 58(3), 833-858.
Mbeng Tataw Zoueu. (2010). L'unification du droit de la famille au Cameroun. L’Harmattan.
Tjouen, A-F. (2012). La condition de la femme en droit camerounais de la famille. Revue
internationale de droit comparé, 64(1),137-167
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