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Origines et évolutions de la psychologie

Le document présente une introduction à la psychologie, définissant son origine, ses influences et ses courants principaux. Il souligne que la psychologie, bien que relativement récente, s'est développée à partir de la philosophie, des sciences naturelles et de la médecine. Le chapitre aborde également la notion de normalité et d'anormalité en psychologie, en introduisant des concepts tels que la normalité statistique et les critiques associées.

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Origines et évolutions de la psychologie

Le document présente une introduction à la psychologie, définissant son origine, ses influences et ses courants principaux. Il souligne que la psychologie, bien que relativement récente, s'est développée à partir de la philosophie, des sciences naturelles et de la médecine. Le chapitre aborde également la notion de normalité et d'anormalité en psychologie, en introduisant des concepts tels que la normalité statistique et les critiques associées.

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CHAPITRE I-

GENERALITES SUR LA PSYCHOLOGIE

Introduction

Le comportement humain a toujours fasciné les êtres humains. Parfois nous nous
surprenons nous-mêmes à éprouver certaines pulsions ou à entretenir certaines
idées ou encore nous utilisons un mot surprenant à la place du mot désiré.
Pourquoi cela ? Souvent, la réponse à cette question est imprécise et désorganisée.
C’est pourquoi il s’est constitué un ensemble plus rigoureux de connaissances sur
le comportement. Ce corps de connaissance s’appelle la psychologie.

I-Origine de la psychologie

La psychologie est une discipline relativement nouvelle dan l’histoire de la


science. Alors que de nombreuses disciplines telles que la biologie, la physique et
la chimie une tradition scientifique qui remonte à l’antiquité, la date retenue
habituellement pour marquer le début de la psychologie comme telle est 1879 ; en
effet, c’est à cette année que Wilhelm Wundt (1832-1920) créa le premier
laboratoire de psychologie. Wundt établit ce laboratoire à l’Université de Leipzig,
en Allemagne. D’autres chercheurs avaient déjà réalisé déjà réalisé des recherches
en psychologie bien avant Wundt ; mais c’est lui qui a été le premier à se déclarer
psychologue et à présenter ses installations et ses instruments comme faisant
partie d’un laboratoire de psychologie.

La psychologie n’était pas à ses débuts lorsqu’elle est apparue sur la scène
scientifique. L’intérêt pour les questions et problèmes psychologique remonte à
l’antiquité. En effet, le comportement humain et animal a toujours intéressé les
marchands, les scientifiques, les philosophes, bref tous les êtres pensants. Parmi
les domaines qui ont contribué au développement de la psychologie comme
discipline, il y a la philosophie, les sciences naturelles, la médecine et même
certains domaines non scientifiques et pseudo-scientifiques.

La philosophie

Les philosophes essaient de comprendre le comportement depuis des millénaires.


En effet, ce sont les philosophes qui, les premiers, ont abordé les questions
fondamentales en psychologie, telles que l’apprentissage, la motivation, la
personnalité, la perception ou les influences physiologiques agissant sur le
comportement.

Exemple : Les psychologues cherchent à comprendre comment l’esprit humain


se développe, de la naissance à l’âge adulte. Les philosophe ont aussi abordé les
mêmes questions ; Platon croyait que l’être humain naissait avec certaines
connaissances et capacités mentales innées. Par contre, John Locke, croyait qu’à
la naissance l’esprit humain était une sorte de ‘’tabula rasa’’, ou ‘’une table vide’’
sur laquelle s’imprimerait les idées venant toutes de l’expérience. Ni les
philosophes ni les psychologues n’ont pu établir de façon définitive laquelle de
ces théories, si ce n’est les deux, est exacte.

C’est par une approche différente que la psychologie a pu se séparer de la


philosophie. La psychologie a pu devenir une science indépendante lorsque la
philosophie, aux dix-huitième et dix-neuvième siècle, commença à ce tourner
davantage vers des valeurs empiriques alors que la psychologie s’orientait plus
vers des méthodes scientifiques qui devaient dorénavant la caractériser.

Les sciences

La physique, la chimie la biologie et la physiologie ont toutes contribué


énormément à l’avènement de la psychologie.
Ainsi, la physique et la chimie ont non seulement fourni une méthodologie, mais
ont aussi amené la psychologie et d’autres sciences à s’intéresser à certains
domaines de recherche comme les sensations et la perception. La physiologie de
l’époque a vite intégré ces aspects dans son champ d’étude.

La théorie de l’évolution élaborée en biologie, a largement contribué au


développement de la psychologie comparée, qui compare les comportements
d’une espèce à ceux d’une autre. La biologie a aussi fourni une grande partie des
données sur la génétique et l’hérédité, lesquelles devaient servir aux psychologues
qui ont étudié les effets de ces variables sur le comportement. La psychologie a
donc emprunté aux disciplines scientifiques plus anciennes la méthodologie,
certains domaines de recherche ainsi que les éléments pour justifier ses études.

La médecine

La médecine a contribué énormément à la naissance de la psychologie, mais d’une


façon quelque peu détournée. Jusqu’au début des années 1800, la plupart des
personnes présentant des troubles de comportement étaient considérées possédées
du démon. Mais, au début du dix-neuvième siècle, la médecine introduisait des
traitements pour les maladies physiques considérées comme la cause de ces
comportements anormaux.

A la fin du dix-neuvième siècle, cette conception changea. Ces comportements


anormaux furent classés comme maladies mentales, et leur traitement évolua en
conséquence. Ce tournant historique a mené à la création de ce qui est appelé
aujourd’hui psychiatrie, et a beaucoup influencé la psychologie clinique à ses
débuts. Ainsi l’objet de la psychiatrie et de la psychologie clinique est né de la
tradition médicale.

Les influences non scientifiques et pseudo-scientifiques


Certains domaines étudiés en psychologie ont vu le jour parce que les chercheurs
voulaient démontrer que certaines croyances populaires sur le comportement
étaient fausses. Souvent, ces affirmations erronées prennent une certaine allure
scientifiques, puisqu’elles sont regroupées sous des étiquettes savantes que
l’expression physiognomonie, phrénologie ou typologie.

Les physiognomonistes croyaient que l’expression du visage et l’aspect de la tête


révélaient certains traits de la personnalité.

Les phrénologistes ont étudié la confrontation du crâne et établi une ‘’carte’’ des
différentes régions du crâne humain servant à localiser les fonctions du cerveau
et leurs effets sur le comportement humain.

Les typologistes ont essayé d’établir une corrélation entre le type physique et
certaines caractéristiques du comportement.

Même s’il a été démontré par la suite que tous ces domaines étaient rarement
exacts (par exemple les personnes obèses ne sont pas toujours obèses), les
questions soulevées ont donné lieu à des recherches qui ont permis de mieux
comprendre le comportement. Les recherches en psychologie ont souvent été
entreprises en réaction à ces données non scientifiques.
Cette session de cours a pour objectifs de :

- Définir la psychologie;

- Citer les courants de la psychologie

II- Définition de la psychologie

Du grec psykhê : âme, esprit et logos : science, le terme de


‘’psychologie’’ ne date que du XIXe siècle. La science
psychologique est fort ancienne, bien que pendant longtemps
l’étude du psychisme humain ait été associée aussi bien à la
philosophie qu’à la littérature ou à la médecine. Déjà au XVIIIème
siècle, on voit la psychologie se constituer comme une discipline
autonome. L’isolement et surtout l’extension de la psychologie
coïncident avec la démonstration des possibilités d’action qu’elle
offre sur le réel : la psychologie n’est pas seulement une science
théorique, elle est un ensemble de techniques appliquée.

Toutefois, définir la psychologie est difficile, car ses limites sont


fixées à la fois par son objet, par les méthodes qu’elle emploie, et
par l’esprit dans lequel ces méthodes sont employées.

Quelques définitions :

La psychologie humaine a pour objet d’étude l’homme dans sa


double perspective de ses comportements et de ses conduites
d’une part, de ses états de conscience d’autre part, elle cherche à
formuler les lois de ses phénomènes, à en expliquer la genèse,
afin de pouvoir éventuellement les modifier (Delay et Pichot,
1990).

La psychologie en tant que science, a pour but de décrire,


d’expliquer, de prédire et de contrôler les faits qu’elle étudie
(Spencer, 1991).

De toutes les définitions, retenons que : la psychologie est l’étude


scientifique du comportement et des processus mentaux.

Parmi les sujets qui intéressent les psychologues, on trouve le


système nerveux, les sensations et la perception, la conscience,
l’apprentissage et la mémoire, la pensée, la motivation et les
émotions, la croissance et le développement, la personnalité, le
stress, le comportement anormal, le comportement sexuel, le
comportement des gens dans le cadre social, les groupes et les
organisations.

III- Les courants de la psychologie

Au tout début, la psychologie se caractérisait surtout par des


systèmes. Ces systèmes tentaient d’expliquer tous les aspects du
comportement au moyen d’un ensemble unique de principes. Bien
qu’aujourd’hui aucun de ces systèmes n’exerce une influence
importante, tous ont joué un rôle appréciable dans le
développement de la psychologie telle qu’il existe maintenant.

3.1. Le structuralisme

Le structuralisme en tant qu’approche à l’étude des processus


mentaux ternes est attribué à Edward B. Titchener (1867-1927),
qui, au fait, était un étudiant de Wilhelm Wundt.

Tout comme son professeur et mentor, Edward B.Titchener


s’intéressait lui aussi à l’étude des processus mentaux selon le
modèle qu’on lui avait enseigné. Il com- mença par donner une
nouvelle définition à la psychologie comme étant l’étude analytique
de l’esprit humain normal d’un adulte à l’aide de l’introspection. Pour
lui, la psychologie consiste à étudier le vécu immédiat des êtres
humains. À partir de ce moment, l’occupation principale de la
pratique de la psychologie est de travailler fort, afin de découvrir les
éléments et la façon dont ils se composent. Ceci forme donc la base
de son approche, laquelle sera connue sous le nom de
structuralisme.

3.2. Le fonctionnalisme

Le développement du fonctionnalisme en tant qu’approche à la


compréhension des processus mentaux internes a commencé aux
États-Unis et a été conduit par William James (1842-1910), à
l’Université Harvard. Encore une fois, ce mouvement était en
réaction aux restrictions des études de méthodes développées par
Edward B. Titchener et Wilhelm Wundt.

Le fonctionnalisme prétendait que l’engagement avec les activités


était très im- portant pour expliquer ce qui se passe à l’intérieur des
processus mentaux. Ceci est comparable à ce qui a lieu dans un
contexte scolaire lorsque les apprenants travaillent activement. Le
fonctionnalisme est donc une approche qui voit la ré- flexion comme
étant quelque chose qui a lieu lorsqu’une situation problématique
survient. La réflexion survient seulement lorsqu’un organisme est
contré par une force extérieure ou un obstacle.
3.3. Le behaviorisme

Ce courant est attribué à J.B. Watson (1878-1958) et est apparu


pour populariser le béhaviorisme, lequel a certainement révolutionné
la psychologie en tant qu’étude objective du comportement, de
l’animal et des êtres humains. Comme définition, Watson a proposé
que toutes les choses que font les organismes, telles jouer, penser
et sentir doivent être considérées comme des comportements. En
d’autres termes, cela signifie que les comportements peuvent en effet
être scientifiquement décrits sans avoir recours aux événements
physiologiques internes de concepts hypothétiques, comme l’esprit.
Les points soulevés par Watson étaient en fait opposés à ceux
proposés par le structuralisme. Selon lui, la psychologie doit être
objective dans son approche de l’étude des processus mentaux et des
comportements, contrairement à l’approche mentaliste de Titchener
et de ses associés. Il a défini la psychologie comme la science du
comportement (d’où le béhaviorisme).

3.4. La psychanalyse
Sigmund Freud (1856-1936) est connu comme étant le père de la
psychanalyse.
Les idées principales de Freud reposent sur la prémisse que la plus
grande partie de notre personnalité est enfouie dans l’inconscient.
Pour lui, le phénomène mental est comparable à un iceberg qui flotte
à la surface de l’océan : sa plus grande surface se trouve sous l’eau.
La signification derrière cette déclaration est que l’étude du
comportement humain ne peut être réalisée en observant
seulement les comportements manifestes puisque la plupart des
désirs, pensées et sentiments refoulés se trouvent dans l’inconscient,
bien qu’ils influencent notre comportement.

Pour traduire se théorie, Sigmund Freud a développé une structure unique de l’âme,
formée du Ça, du Moi et du Surmoi.
- le Ça est :

 composé de désirs, pensées et sentiments refoulés.


 un réservoir de libido. C’est là que se trouve la pulsion de vie
et de mort. Il promeut la formation d’habitudes primitives et
est le siège de tous les instincts.
- Le Moi apparaît pour contrecarrer les exigences du ça. Le moi
repose en grande partie sur le principe de réalité. Ses
caractéristiques principales sont les suivantes :
 il censure les rêves.
 il établit un compromis entre les forces de la
pression instinctive, de la réalité extérieure et les
interdictions du surmoi.
- Le Surmoi est la dernière instance de l’appareil psychique.
Selon Sigmund Freud, il est l’instance parentale ou d’une autre
figure d’autorité dont l’enfant hérite. Le surmoi est aussi connu
comme étant le véhicule du moi idéal.
 il représente l’influence d’autres personnes; les parents,
l’autorité à l’intérieur de la société.
 Il est une partie différente du moi.
 Il est grandement inaccessible pour le moi
 Il bloque les impulsions qui ne respectent pas les normes
sociales

3.5. La Gestaltpsychologie ou la psychologie de la forme

Le père fondateur de ce courant est Max Wertheimer.

Le principe de base de la Gestaltpsychologie est l’holisme ou le manque


de séparation. En termes pratiques, l’essence est que les êtres humains
ne peuvent être séparés de leur environnement et ne peuvent être
séparés en parties. Les fonctionnements physique et psychologique
sont donc reliés de façon inhérente : les pensées, les sentiments et
les sensations physiques font toutes parties d’un être complet.

Plus tard, d’autres psychologues tels Kurt Koffka et Wolfgang Kohler


se sont joints à Max Wertheimer à l’Université de Frankfurt.
Objectif du chapitre :
Distinguer le normal de l’anormal (ou du pathologique)

CHAPITRE 2 :
NORMALITE ET ANORMALITE EN PSYCHOLOGIE

Plan du chapitre :
Introduction
I- Notion de normalité
1.1- Normalité statistique
1.2- Normalité idéale
1.3- Normalité fonctionnelle
1.4- Normalité sociale
II- Notion d’anormalité
Conclusion

Jean BERGERET (1996). La personnalité normale et pathologique3ème


édition. Paris, édition DUNOD
.
Introduction
Les notions de la normalité et d’anormalité s’inscrivent dans le champ de la
psychopathologie, un des autres domaines de la psychologie; la psychopathologie
correspond à l’étude de la maladie mentale ou du trouble mental. Elle appartient
ainsi en même temps à la psychiatrie à la psychologie. La psychopathologie a pour
objet les déviances de la personnalité, les désordres pathologiques de la
personnalité et du comportement. Toute déviance est anormale. A quoi
correspond alors au normal ?

2. Notion de normalité
La notion de normalité n’est pas neutre, elle n’est pas simple en plus. Elle pose
la question de la norme. En psychologie, le normale renvoie à des statistiques,
soit à des règles, soit à des encore à un idéal.

a) Normalité statistique
Puisque les individus présentent des conduites diversifiées et hétérogènes,
peuvent être considérées comme normales les conduites de la majorité ou d’une
moyenne obtenue dans une population donnée.
La «normalité » statistique se réfère à un pourcentage majoritaire de
comportements par rapport à une moyenne statistique.
Le normal concerne la majorité des sujets d’une population donnée tandis que le
pathologique renvoie aux extrémités et aux déviants par rapport à une moyenne.

N.B : Critiques de la normalité statistique


Lorsque la normalité est définie en fonction d’une majorité, donc d’un nombre, la
situation de la minorité peut devenir problématique. Ainsi, certaines
communautés minoritaires furent dans le passé réprimées voire supprimées, avant
d’être aujourd’hui intégrées dans les variations de la normale.
L’autre critique qui peut être émise par rapport à la normalité statistique concerne
le choix de la frontière entre le normal et le pathologique : cette limite est de fait,
artificielle et arbitraire. En conséquence, réduire le normal à la normalité
statistique et le pathologique au déviant n’est pas satisfaisant ni sans danger.

b) Normalité idéale
La normalité idéale désigne une perfection à laquelle l’idéal collectif aspire.
Dans ce cas, la «normalité » est définie par rapport à un idéal, un absolu, une
perfection ou une utopie. La norme peut être parentale, groupale, institutionnelle
ou politique.

N.B. : Critiques de la normalité idéale


Quand la «normalité» est définie en fonction d’un idéal collectif, les risques sont
nombreux dans la mesure où cette définition peut réduire l’équilibre
psychologique au conformisme social.
Ainsi, est normal tout ce qui est conforme; devient pathologique tout ce qui n’est
pas conforme. Or, il est impossible de préconiser un respect aveugle de toute règle
en toutes circonstances puisque la règle sociale évolue.

c) Normalité fonctionnelle
La normalité fonctionnelle ne compare pas l’individu par rapport aux autres mais
par rapport à lui-même. L’individu devient la norme. Le normal est le
fonctionnement optimum pour l’individu par rapport à ses caractéristiques
psychologiques propres. La normalité, ici, est discutée en fonction des réalités
profondes et propres à chaque personnalité.
Avant les travaux de S. Freud, les aliénistes considéraient d’une part, les gens dits
« normaux », d’autre part, les « malades mentaux ». Les travaux de S. Freud et
les recherches contemporaines ont démontré qu’une personnalité « normale » peut
connaître à un moment de son existence un épisode psychopathologique
particulier et qu’inversement, une pathologie bien traitée et traitée tôt, peut revenir
à la « normalité ».
Actuellement, on n’oppose plus les « normaux » aux « malades mentaux ». La
majorité des psychopathologues considèrent qu’il existe un continuum entre les
différents modes de fonctionnement psychique et il serait erroné de ne s’arrêter
qu’aux manifestations extérieures, à l’état manifeste ou au mode apparent de
fonctionnement psychique.
J. Bergeret considère que l’individu « bien portant », n’est ni l’individu qui se
proclame bien portant ni le malade qui s’ignore. Le « bien portant » est un individu
qui n’a pas rencontré de difficultés supérieures à ses facultés affectives,
adaptatives et défensives, un individu conservant des fixations conflictuelles
comme tant d’autres, un individu qui se permet un espace de jeu psychique.
Objectif :

Distinguer le normal de l’anormal (ou du pathologique) (suite et fin)

d) Normalité sociale

Elle est assez proche de l'approche statistique, sauf que la définition de la norme
est faite par les acteurs du système social (vous et moi), et qu'elle est donc
nettement emprunte de subjectivité.
Edouard ZARIFIAN présente le problème dans le cas de la maladie mentale ainsi
: "Au fond, la folie est toujours définie par un autre, jamais par soi-même (...) On
est toujours le fou des autres, de la société, ou de son mandataire : le psychiatre."
On peut dire qu'il en va de même pour l'anormalité en général.
Selon la théorie de la norme sociale, le comportement qui s'écarte de tout ce qui
est conçu comme un comportement modal (c'est-à-dire "majoritaire", "standard",
pour ne pas dire "idéal") est considéré comme anormal, contre-nature,
répréhensible moralement, et parfois même comme l'expression d'une maladie.
Ici le terme de "majoritaire" est d'ailleurs purement artificiel, et ne reflète pas
nécessairement la réalité.
Le problème est que la définition de la norme est par conséquent extrêmement
variable selon l'époque et la société. Pour citer à nouveau
ZARIFIAN : "Mais où est l'étalon référence ? Il n'existe pas de norme en soi, mais
seulement un consensus du groupe culturel sur ce qui est comportement normal
et ce qui est comportement déviant."

N.B. : Critiques

Le danger inhérent à cette approche sociale, vous l'aurez compris, est que
n'importe qui peut définir ce qu'est la normalité, selon sa propre appréciation.
I- L’anormalité ou le pathologique

BUSS a proposé une définition de la pathologie selon les trois, de bizarrerie et


d'inefficacité.
L'inconfort, c'est ce qu'exprime la personne verbalement, l'état de souffrance
qu'elle vit et sa détresse personnelle.
La bizarrerie est décrite par l'entourage. C'est la déviation par rapport aux
standards acceptés de comportements. Il y a donc une notion de déviance
sociale, de comportement exceptionnel, extrême, inhabituel, et persistant dans
le temps.
L'inefficacité, ce sont les conséquences des troubles mentionnés par la
personne elle-même et par les personnes qui l'entourent. C'est le "handicap
psychique", c'est-à-dire l'incapacité d'une personne à faire certaines choses
qu'à priori ses compétences et ses capacités rendraient possible.
Cette approche a le mérite de combiner la perception que la personne a d'elle-
même, et la perception que les personnes ont d'elle. Mais ces deux perceptions
ne sont pas nécessairement consensuelles. Si une personne présente des
troubles, elle ne se ressent pas nécessairement dans un état d'inconfort.
Chapitre III-

DÉVELOPPEMENT
PSYCHOSEXUEL
SELON FREUD
Objectifs du cours

Au terme de ce chapitre, l’étudiant doit être


capable de :

- Citer les stades de développement


psychosexuel chez l’enfant;

- Caractériser chacun des stades.


Introduction
Le concept de développement mental freudien le plus
connu est la sexualité infantile.
L'affectif tient une place dominante dans sa
conception.
L'originalité chez Freud est que le développement
psychologique repose sur le corps, qui est le support
du fonctionnement mental.
Le développement peut être réversible du fait du
conflit social.
Il soutient donc que la personnalité s’élabore
pendant l’enfance en cinq stades successifs bien
définis.

Il qualifie ces stades de psychosexuels parce que


pour lui le développement psychologique dépend
du fait que l’énergie sexuelle se manifeste dans
différentes parties du corps au fur et à mesure
que l’enfant grandit.
I- Qui est FREUD?
Sigmund FREUD (1856 1939) est un médecin
viennois.

Ses premiers travaux se font dans un premier


temps dans le champ de la physiologie.

C'est assez tardivement qu'il s'intéresse à des


problèmes de psychologie.
Il élabore une technique de traitement des
névroses basée sur la libre association, la
remémoration, l'exploration de l'infantile et la
prise en compte du phénomène du transfert.

La cure des patients adultes lui a permis de


reconstruire les étapes de développement
psychosexuel de l'enfant.
II- Les stades du développement
psychoaffectif chez l'enfant
Freud distingue cinq stades de développement
psychosexuel. Il s’agit de:
• Le stade oral (1ère année);
• Le stade anal (2ième et 3ième années);
• Le stade phallique (4ième et 5ième années);
• La période de latence (6ième à 12ième années);
• Le stade génital (plus de la 12ième année).
II1- Le stade oral
La période concerne la 1ère année de la vie (de 0 à 12
mois).

Freud le nomme oral parce que la source de plaisir


ou zone érogène est la zone bucco-labiale.

Une zone érogène est un endroit de la peau ou des


muqueuses dans lesquelles des stimulations
entraînant une sensation de plaisir.
La bouche constitue donc à ce stade la partie du
corps est la plus stimulée : elle est source de
plaisir mais aussi de survie (alimentation).

Sein maternel devient l'objet pulsionnel.

Mais, peu à peu, l'enfant va découvrir par hasard


qu'il peut stimuler tout seul cette zone : c’est
plaisir auto-érotique (tétine, doigt dans la
bouche).
Karl Abraham divise en deux sous-stades:

• Sous-stade oral précoce ou primitif, lié à


l’activité de succion;

• Sous-stade oral sadique, extériorisation des


pulsions cannibaliques (apparition des premières
dents : il mort, et il prend du plaisir)
II2- Le stade anal
Il couvre la 2ième année de la vie jusqu'à la 3ième.

Tout l’enjeu de ce stade réside dans la relation aux


autres et son contrôle/maîtrise.

Cet enjeu de contrôle, de maîtrise du monde va se


jouer dans le corps avec comme premier enjeu le
principe de la propreté qui se met en place
La zone érogène de ce stade c’est la muqueuse anale
(et digestive) : c’est là que peu à peu l’enfant
impose un sentiment de contrôle, d’emprise sur le
corps.

La jouissance est ainsi due non plus comme le fait


d’incorporer le monde mais dans celui de maîtriser
ou non son corps : contrôle des entrées et sorties
du corps.
Le stade anal est aussi appelé stade de
l’ambivalence maximale : le monde commence à
se définir en deux catégories : ce qui est à moi et
ce qui ne l’est pas ou ce que je garde et ce que je
donne.

Le « bâton fécal » qui devient à la fois bon ou


mauvais, attirant ainsi soit les félicitations soit
les réprimandes.
Masochique : recherche active de plaisir autour
d'expérience douloureuse (fessé).

Sadique : destruction de l'objet extérieur et par


sa conservation à l'intérieur.
=>Les sous stades de K. Abraham

• Le stade sadique anal expulsif

->3° semestre de la vie

->double polarité : détruire / perdre au


moment de l'expulsion
• Le stade masochique anal retentif

->4° semestre de la vie

->recherche active de plaisir passif

->retenir / donner : maîtrise de l'objet. Les


selles sont considérées comme un objet
d'amour pour l'enfant. C'est une monnaie
d'échange avec l'adulte.
Ce contrôle et cette maîtrise du corps va
devenir par extension: le contrôle et la
maîtrise de l’autre, bâton fécal, bâton de
pouvoir permet d’avoir de l’affection, l’amour
des autres (bénéfice majeur : tu es un grand).
La moralité, la notion du partage commencent à
partir du stade anal : c’est le stade qui engage le
sujet dans son rapport aux autres, vers une
découverte des pouvoirs qu’il a sur le monde ainsi
que de la limite de ces pouvoirs.
• Le zone érogène *sphincters + parois
digestives

• L'objet pulsionnel *les fèces (les selles)


*la mère et plus
généralement à l'entourage

• Le but pulsionnel *plaisir autoérotique


*recherche de pression
relationnelle
II3- Le stade phallique
Il va de la 4ième à 5ième années.
Il annonce et précéder la problématique
Oedipienne.
Il s'ouvre sur une constatation importante
d’absence ou de présence du pénis.
C’est la découverte de la différence des sexes.
Cela commence quand l’enfant est le plus
confronté à la socialisation (autour de 3 ans).
Cette prise de conscience est entraînée par
l’entourage ou par la valorisation de certains
traits de comportements.

La zone érogène est l’urètre. C’est le stade de la


curiosité sexuelle infantile c’est-à-dire que
l’enfant fait face à une différence : ceux qui
ont un pénis et ceux qui n’en ont pas, il va
alors devoir se définir.
La période de la curiosité de soi est d’abord
basée sur la libido (on va s’intéresser à ce qui
se passe dans la culotte de l’autre).
Cette période est une période où les enfants sont
très curieux et s’engagent dans une vraie
découverte du monde en général et vers une
découverte des savoirs : apprendre, c’est
d’abord un plaisir pour combler le manque et
trouver l'amour de l'autre, du maitre.

Le rapport au savoir s’ancre dans la découverte


d’une différence au sexe.
Les enfants ont peur de cette différence parce
que cela crée un écart déni.

Cette différence au départ est violente parce


que demeure la peur de la castration : du
coup ils cherchent à expliquer pourquoi il y a
cette différence ou cette non-différence.
Chez le garçon

Il se sait détenteur du pénis. Cela lui permet de se


valoriser, en l'exhibant pour se réassurer. Il
s'identifie à son pénis et a très peur de la
castration de la loi.
Pour lutter contre cette castration, il pourra d'abord
refuser psychiquement la réalité : "c'est pas vrai
que les filles n'en ont pas; On ne le voit pas mais
c'est à l'intérieur".
Il pourra aussi penser que le pénis poussera chez les
personnes qui n'en ont pas : "il n'y a pas de
différences entre les petites filles et les petits
garçons".
Il pourra enfin voir le manque de pénis comme une
punition : "c'est ceux qui le méritent bien qui n'en
ont pas".
Le petit garçon résorbera le conflit par
l'identification au père.
Chez La fille
Elle sait qu'elle n'en a pas. Mais elle pourra aussi se
persuader qu'il suffit d'attendre et qu'il poussera.
Revendications phalliques: "je veux faire comme
les garçons, je veux grimper aux arbres...".

Elle commence ensuite à accepter son manque, mais


contre un avantage: possibilité d'avoir des enfants
donc de se rapprocher du pouvoir.
Le désir d'enfant porte alors un véritable enjeu
phallique, celui-là même sera encore actif au niveau
du désir adulte de la future mère, comme enfant
imaginaire.

A un moment donné, ils vont dévier vers l’origine de


la vie : ce sont toutes les questions autour de la
procréation (comment on fait les bébés ?) C’est la
période du pourquoi : période où l’exhibitionnisme
et le voyeurisme est très présent.
Ainsi, la curiosité sexuelle et la curiosité
intellectuelle sont deux sentiments très liés
et les apprentissages scolaires se saisissent
de cette curiosité là.
Le stade phallique fait partie des derniers stades
prégénitaux où le plaisir est encore auto-érotique.

Ce sont des stades très tournés vers soi-même,


(narcissiques).

Ces derniers préparent le sujet aux autres stades qui


arrivent, et engagent des relations objectales où le
plaisir dépend de la relation à l’objet à l’autre.
Le complexe d'Oedipe
C'est le point essentiel qui va structurer le
groupe familial et la société moderne par
l'interdit de l'inceste.

La période Oedipienne se situe entre 4 et 7


ans.

A l'entrée de ce stade il est dans la


méconnaissance de l'angoisse de
castration.
Il s’intéressa à ce mythe car il se rendit compte qu’il
était composé des 3 interdits fondamentaux
universels que l’on retrouve selon lui dans toute
société :

• le parricide : meurtre du père qui signifie de


manière générale l’attaque de la loi (qui organise
les rapports sociaux)

• l’inceste : interdiction de passer à l’acte sexuel avec


des personnes de sa famille
• Le cannibalisme : au sens propre manger l’autre,
dévorer sa place.
Ces 3 interdits organisent toutes les structures
familiales.

L’intérêt se porte surtout sur l’appareil génial et


l’auto-érotisme s’oriente donc vers des relations
tournées vers l’autre et non plus vers soi.
La problématique œdipienne illustre la condition
humaine, à savoir se situer entre 2
objets/principes :

• le principe de réalité qu’organise le monde des


interdits, des impossibles (la loi
incarnée/la fonction du père)

• le principe de plaisir (recherche de jouissance, de


satisfaction pulsionnelle)
II4-La période de latence
Située entre 7 et 12 ans

• Puberté : modifications corporelles

• Adolescence : travail psychique qui y est associé

Elle commence à la clôture de la problématique oedipienne et finit


au début de la puberté. C’est une période aconflictuelle, une
période de refoulement. Tous les conflits des stades précédents
persistent ainsi, mais à bas bruit et sont donc refoulés, étouffés ou
même déviés sur d’autres scènes (sublimés, détournées de leur
objet premier) telles que l’investissement scolaire, la relation
sociale, l’apprentissage…
C’est une période de sas, de mise entre
parenthèses qui est sensé être une période de
repos psychique. C’est la période des tabous, de
la pudeur, de la honte.

La pensée de l’enfant pendant cette période


prend une forme obsessionnelle : on assiste à
une obsessionnalisation de la pensée.
 mode de gestion beaucoup plus rigide,
rangée, pensée de plus en plus catégorisée :
l’apprentissage des règles va de pair avec.
La stimulation scolaire profite de cette disposition, de cette
organisation psychique pour permettre à l’enfant d’accepter
ces rythmes, cette discipline, ce fonctionnement social.

Ces tendances reposent sur la mise en place de formation


réactionnelle (mouvement qui vise à aller contre l’objet de
la pulsion ou du désir afin de s’en détourner). Cela peut être
une réaction de dégoût importante face à un objet qui est à
l’inverse désiré : par exemple la distance que prennent les
enfants avec la sexualité.
II5- Le stade génital
(plus de la 12ième année).
• Période marquée par des crises successives mettant
fin à la période de latence.
*Crise narcissique et identificatoire.
*Réactivation de la problématique oedipienne.
*Tendance au passage à l'acte.
*Renoncements multiples.
*Tolérance de la frustration.
• Le corps se modifie et créer une angoisse. Il y a
une émergence pulsionnelle. L'enfant se sent
envahi par ses angoisses et met en place des
mécanismes de défense.

• Il remet tout en question : identité.


Conclusion

Le développement est un processus long et


hypercomplexe qui mobilise toutes les capacités
de l'enfant dans un mouvement de séparation-
individuation, le poussant vers son identité propre.
Dans certains cas ce développement se trouve
empêché par une symptomatologie
psychopathologique témoignant d'une souffrance.

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