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Ed 6370

Le document de l'INRS traite des syndromes collectifs inexpliqués dans les bureaux, définissant les symptômes et les facteurs potentiels tels que la ventilation, les ambiances thermiques, sonores, et les contaminants. Il propose une démarche d'analyse pour identifier les causes de ces symptômes, en insistant sur l'importance de la qualité de l'air intérieur et d'autres éléments environnementaux. L'objectif est de guider les acteurs de la prévention dans la recherche des causes de ces plaintes afin d'améliorer les conditions de travail.

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Le document de l'INRS traite des syndromes collectifs inexpliqués dans les bureaux, définissant les symptômes et les facteurs potentiels tels que la ventilation, les ambiances thermiques, sonores, et les contaminants. Il propose une démarche d'analyse pour identifier les causes de ces symptômes, en insistant sur l'importance de la qualité de l'air intérieur et d'autres éléments environnementaux. L'objectif est de guider les acteurs de la prévention dans la recherche des causes de ces plaintes afin d'améliorer les conditions de travail.

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Syndromes collectifs

inexpliqués dans les bureaux


Causes potentielles
et démarche d’analyse
L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS)

Dans le domaine de la prévention des risques


professionnels, l’INRS est un organisme scientifique
et technique qui travaille, au plan institutionnel,
avec la Cnam, les Carsat, Cramif, CGSS
et plus ponctuellement pour les services de l’État
ainsi que pour tout autre organisme s’occupant
de prévention des risques professionnels.
Il développe un ensemble de savoir-faire pluridisciplinaires
qu’il met à la disposition de tous ceux qui, en entreprise,
sont chargés de la prévention : chef d’entreprise, médecin
du travail, instances représentatives du personnel, salariés.
Face à la complexité des problèmes, l’Institut dispose
de compétences scientifiques, techniques et médicales
couvrant une très grande variété de disciplines, toutes
au service de la maîtrise des risques professionnels.
Ainsi, l’INRS élabore et diffuse des documents
intéressant l’hygiène et la sécurité du travail :
publications (périodiques ou non), affiches,
audiovisuels, sites Internet… Les publications de l’INRS
sont diffusées par les Carsat. Pour les obtenir,
adressez-vous au service Prévention de la caisse régionale
ou de la caisse générale de votre circonscription,
dont l’adresse est mentionnée en fin de brochure.
L’INRS est une association sans but lucratif (loi 1901)
constituée sous l’égide de la Cnam et soumise
au contrôle financier de l’État. Géré par un conseil
d’administration constitué à parité d’un collège
représentant les employeurs et d’un collège
représentant les salariés, il est présidé alternativement
par un représentant de chacun des deux collèges.
Son financement est assuré en quasi-totalité
par la Cnam sur le Fonds national de prévention
des accidents du travail et des maladies professionnelles.

Les caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat),


la caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France (Cramif)
et les caisses générales de sécurité sociale (CGSS)

Les caisses d’assurance retraite et de la santé au travail,


la caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France
et les caisses générales de sécurité sociale disposent,
pour participer à la diminution des risques professionnels
dans leur région, d’un service Prévention composé
d’ingénieurs-conseils et de contrôleurs de sécurité.
Spécifiquement formés aux disciplines de la prévention
des risques professionnels et s’appuyant sur l’expérience
quotidienne de l’entreprise, ils sont en mesure
de conseiller et, sous certaines conditions, de soutenir
les acteurs de l’entreprise (direction, médecin du travail,
instances représentatives du personnel, etc.) dans
la mise en œuvre des démarches et outils de prévention
les mieux adaptés à chaque situation. Ils assurent la mise
à disposition de tous les documents édités par l’INRS.

Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’INRS,


de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite.
Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction,
par un art ou un procédé quelconque (article L. 122-4 du code de la propriété intellectuelle).
La violation des droits d’auteur constitue une contrefaçon punie d’un emprisonnement de trois ans
et d’une amende de 300 000 euros (article L. 335-2 et suivants du code de la propriété intellectuelle).

© INRS, 2020. Conception graphique et mise en pages : Blue Graphic & Madehok
Photo de couv : © Gael Kerbaol - INRS
Syndromes collectifs
inexpliqués dans les bureaux
Causes potentielles
et démarche d’analyse

Isabelle Balty, Marie-Cécile Bayeux-Dunglas,


Bruno Courtois, Christine David, Valérie Langevin,
Aline Ménard, Nadia Nikolova-Pavageau,
Laurence Robert, INRS

ED 6370
mai 2020
Les auteurs remercient pour leur relecture attentive
et leurs remarques constructives :
Patrick Chevret, Jean-Marc Deniel, Philippe Duquenne
et Patrick Moureaux, INRS.
SYNDROMES COLLECTIFS INEXPLIQUÉS DANS LES BUREAUX

SOMMAIRE

1. Qu’est-ce que le syndrome collectif inexpliqué ? 4

2. Facteurs à prendre en compte pour déterminer l’origine des symptômes 6

2.1 Ventilation 7

2.2 Ambiances thermiques 7

2.3 Ambiances sonores 8

2.4 Éclairage 8

2.5 Contaminants chimiques 8

2.6 Contaminants biologiques 9

2.7 Champs électromagnétiques 10

2.8 Facteurs de risques psychosociaux 11

3. Analyse des plaintes et recherche des causes potentielles d’un syndrome inexpliqué 12

3.1 Recueil général d’informations 14

3.2 Analyse de la situation 15

3.3 Mesures de paramètres environnementaux 15

Fiche n° 1 Ventilation 18

Fiche n° 2 Ambiances thermiques 20

Fiche n° 3 Ambiances sonores 21

Fiche n° 4 Éclairage 23

Fiche n° 5 Contaminants chimiques 24

Fiche n° 6 Contaminants biologiques 26

Fiche n° 7 Climatisation et risques biologiques 27

Fiche n° 8 Facteurs de risques psychosociaux 28

Annexe 1 Sources d’information au sein de l’entreprise 31

Annexe 2 Aide-mémoire pour la visite des locaux 33

Bibliographie 40
1
QU’EST-CE QUE
LE SYNDROME COLLECTIF
INEXPLIQUÉ ?

© Claude Almodovar pour l'INRS

—4
SYNDROMES COLLECTIFS INEXPLIQUÉS DANS LES BUREAUX

Il arrive que des salariés travaillant dans des Il peut s’agir de :


bureaux se plaignent de divers symptômes symptômes généraux (fatigue, sensation de
(maux de tête, sécheresse oculaire et cutanée, malaise, maux de tête, nausées, vertiges, diffi-
rhinite, fatigue…) qu’ils attribuent à leur envi- cultés de concentration…) ;
ronnement de travail. symptômes cutanés (sécheresse de la peau,
rougeur, démangeaisons, larmoiement…) ;
Dans les années soixante-dix, le terme de symptômes oculaires (sécheresse des yeux,
« syndrome des bâtiments malsains » (SBM) a picotements…) ;
été introduit pour désigner cet ensemble de symptômes ORL (sécheresse du nez, de la
symptômes non spécifiques survenant au sein gorge, nez bouché, écoulement nasal, éternue-
d’un collectif d’individus dans des bâtiments, ments…) ;
le plus souvent des lieux de travail. symptômes respiratoires (toux, sifflements,
difficultés respiratoires…).
L’expression de « syndrome collectif inexpliqué »
est également utilisée quand ces symptômes, Ces symptômes diminuent après la sortie des
qu’on ne peut pas d’emblée expliquer, touchent locaux incriminés, à l’exception des manifes-
plusieurs personnes fréquentant un même lieu tations cutanées qui disparaissent en géné-
de vie ou de travail. Selon Santé publique France, ral pendant les congés mais non pendant les
cette expression définit « l’ensemble des épi- périodes plus courtes comme le week-end.
démies de symptômes non spécifiques, essen- Dans tous les cas, l’avis du médecin du travail
tiellement de type neurologique (malaises, est indispensable afin d’établir un diagnostic,
céphalées), dermatologique (prurit, boutons), éventuellement après réalisation d’examens
oto-rhino-laryngien (irritations, inflammations) complémentaires.
ou digestif (douleurs abdominales, nausées),
survenant en collectivité et dont l’origine n’est Dans ce contexte, quelle démarche d’analyse
pas établie, les causes infectieuses et toxiques mettre en œuvre ? La métrologie peut elle
majeures ayant été écartées »1. aider à objectiver la situation ? Comment en
interpréter les résultats afin d’identifier l’ori-
Si la qualité de l’air intérieur (QAI) est souvent gine d’un tel syndrome ? Autant de questions
suspectée d’être à l’origine de ce syndrome, que se posent les acteurs de la prévention
d’autres facteurs peuvent également être mis en entreprise, les services de santé au tra-
en cause, tels que l’inconfort thermique, les vail ou les Carsat-Cramif-CGSS, lorsqu’ils sont
ambiances sonores, l’éclairage, des facteurs confrontés à la survenue d’un syndrome inex-
de risques psychosociaux (RPS), etc. Tant que pliqué dans des bureaux, affectant une ou plu-
l’origine des symptômes n’a pas été détermi- sieurs personnes.
née, il est donc préférable d’utiliser le terme
de syndrome inexpliqué qui ne renvoie pas, L’objectif de ce document est de guider pas à
a priori, à une cause touchant au bâtiment. pas les différents acteurs dans une démarche
d’analyse de ces plaintes afin de rechercher
Dans certains cas, l’apparition chez une ou leurs causes potentielles. Ce document fournit
plusieurs personnes de symptômes rythmés des informations techniques sur les différents
par la présence des employés dans les locaux facteurs à prendre en compte et propose au
de travail soulève des inquiétudes. Ces symp- lecteur une démarche séquentielle qu’il est
tômes sont généralement peu spécifiques et essentiel de suivre avant de réaliser toute
varient d’une personne à l’autre. mesure.

1. Diagnostic et prise en charge des syndromes collectifs inexpliqués. InVS – Ministère de la santé, 2010.

5—
2
FACTEURS À PRENDRE
EN COMPTE POUR DÉTERMINER
L’ORIGINE DES SYMPTÔMES

© Andrii Klemenchenko - stock.adobe.com

—6
SYNDROMES COLLECTIFS INEXPLIQUÉS DANS LES BUREAUX

Il est admis que les syndromes inexpliqués Dans le cas de la ventilation mécanique, des
sont d’origine plurifactorielle et résultent de débits minimaux d’air neuf par occupant sont
la conjonction ou de l’interaction de nom- imposés en fonction de l’activité physique.
breux facteurs ambiants, personnels, sociaux Cependant, d’autres paramètres sont à prendre
et organisationnels. La part de ces différents en compte pour assurer une ventilation efficace,
facteurs varie d’un cas à l’autre. Au démarrage notamment le bon positionnement des prises
de l’analyse d’un cas particulier, il est impor- d’air extérieures par rapport aux éventuelles
tant de ne pas écarter certains facteurs d’em- sources extérieures de pollution (parking, rejet
blée. Les facteurs les plus fréquemment incri- de cheminée, vent dominant…). Ces paramètres
minés sont liés à la ventilation, aux ambiances sont à vérifier lors de la réception du réseau
thermiques (température et humidité), aux de ventilation. Enfin, il est important d’entre-
ambiances sonores, à l’éclairage, à la présence tenir régulièrement ce réseau (vérification du
de contaminants chimiques ou biologiques, à groupe moteur, changement régulier des filtres,
des inquiétudes sur les rayonnements électro- contrôle de l’état d’encrassement et nettoyage
magnétiques et à des facteurs organisation- des entrées d’air...).
nels et psychosociaux.
Pour en savoir plus :
voir Fiche n°1 – Ventilation.
2.1 VENTILATION

La ventilation consiste à créer un renouvelle-


ment de l’air dans un local. L’introduction d’air 2.2 AMBIANCES THERMIQUES
neuf en provenance de l’extérieur remplace
l’air intérieur potentiellement chargé d’humi-
dité et de dioxyde de carbone (CO2) provenant

© Philippe Castano pour l’INRS


de la respiration des occupants ainsi que de
substances indésirables (polluants…). C’est
pourquoi la ventilation est primordiale pour
maintenir une bonne qualité d’air, indispen-
sable au confort et à la santé des occupants.
Cependant, la modification de certains de ses
paramètres (type de ventilation, débit d’air,
position des grilles de soufflage, localisation
des entrées d’air neuf…) peut avoir un impact Le confort thermique correspond à la sensa-
sur son fonctionnement et l’environnement tion de bien-être thermique perçue dans un
intérieur. environnement intérieur. Cette sensation est
liée principalement à l’équilibre thermique du
En matière d’aération, de ventilation et d’as- corps dans son ensemble, équilibre influencé
sainissement, le Code du travail fixe des obli- par l’activité physique, par la tenue vestimen-
gations aux employeurs concernant les locaux taire et par les paramètres de l’environnement
où des travailleurs sont appelés à séjourner. intérieur : température de l’air, température
Dans le cas des locaux dits à pollution non de rayonnement, vitesse de l’air et humidité.
spécifique2, la ventilation naturelle exclusive Un environnement trop sec ou trop humide, trop
(uniquement par ouverture de portes ou chaud ou trop froid, ou présentant des vitesses
fenêtres donnant sur l’extérieur) est autorisée d’air élevées peut être propice au sentiment
à condition que ces locaux offrent un volume d’inconfort. Certains facteurs individuels (sexe,
d’air minimal par occupant. âge, maladies…) jouent également un rôle dans
la perception de l’ambiance thermique.

2. Les locaux à pollution non spécifique sont les locaux de travail dans lesquels la pollution est liée à la seule présence humaine,
à l’exception des locaux sanitaires (article R. 4222-3 du Code du travail).

7—
Les modes de chauffage et de climatisation réaménagement de bâtiments, sauf incompati-
vont influencer les paramètres de température, bilité avec la nature des activités : privilégier la
humidité et vitesse d’air observés dans un local. lumière naturelle et prévoir des fenêtres don-
nant sur l’extérieur à hauteur des yeux (articles
Pour en savoir plus : R. 4213-2 et R. 4213-3), ce qui permet à l’œil de se
voir Fiche n°2 – Ambiances thermiques. reposer régulièrement par accommodation sur
le lointain. Le Code du travail fixe également les
valeurs minimales d’éclairement selon le type
de locaux et d’espaces de travail et définit les
2.3 AMBIANCES SONORES conditions d’utilisation des sources lumineuses
naturelles et artificielles (articles R. 4223-1 à
Le bruit est considéré comme l’une des princi- R. 4223-12).
pales sources d’insatisfaction pour les salariés
du secteur tertiaire et comme la principale nui-
sance dans les bureaux ouverts. En moyenne,
les niveaux de bruit mesurés dans ces espaces

© Jacob Lund - stock.adobe.com


de travail sont de l’ordre de 55 dB(A), correspon-
dant à des expositions sonores très inférieures
aux valeurs d’actions prévues par la réglemen-
tation. Néanmoins, le fait que ces bruits soient
constitués d’un mélange de conversations
constitue un facteur de gêne lors de la réali-
sation de tâches complexes nécessitant de la
concentration. En effet, ces bruits induisent une
fatigue cognitive qui perturbe le salarié dans Les objectifs qualitatifs et quantitatifs que le
son travail, peuvent altérer le sommeil et avoir système d’éclairage artificiel doit atteindre
des conséquences sur la santé à long terme. sont définis plus précisément dans les normes
Les actions à mettre en place visent à contrô- NF EN 12464-13 et NF X35-1034 qui font office
ler les niveaux de bruit ambiant et à diminuer de bonnes pratiques en matière d’éclairage.
l’impact des conversations entre les postes de Elles portent sur la qualité des installations, la
travail. Ceci passe en particulier par un aména- qualité de l’ambiance lumineuse et les quantités
gement du bureau en fonction de l’activité et de lumière apportées.
par la pose de matériaux acoustiques isolants
et absorbants. Pour en savoir plus :
voir Fiche n° 4 – Éclairage.
Pour en savoir plus :
voir Fiche n°3 – Ambiances sonores.

2.5 CONTAMINANTS CHIMIQUES

2.4 ÉCLAIRAGE Les concentrations de certains polluants


chimiques sont plus élevées dans l’air intérieur
La vision est le sens prédominant chez l’homme. que dans l’air extérieur. À titre d’exemple, le
De ce fait, l’ambiance visuelle et lumineuse formaldéhyde, ubiquitaire dans les environne-
influe sur le confort et l’état de fatigue et déter- ments intérieurs, n’existe qu’à l’état de trace
mine la bonne exécution des tâches à effectuer. à l’extérieur. La composition de l’air intérieur
résulte d’un ensemble d’évolutions comme
En matière d’éclairage, le Code du travail pose l’amélioration de l’étanchéité et l’isolation des
deux principes lors de la conception ou du bâtiments, l’introduction de nouveaux

3. NF EN 12464-1 : « Lumière et éclairage - Éclairage des lieux de travail - Partie 1 : lieux de travail intérieurs ». Afnor, 2011, 64 p.
4. NF X35-103 : « Ergonomie - Principes d’ergonomie applicables à l’éclairage des lieux de travail ». Afnor, 2013, 44 p.

—8
SYNDROMES COLLECTIFS INEXPLIQUÉS DANS LES BUREAUX

matériaux de construction et d’ameublement, organismes potentiellement pathogènes ainsi


le recours à de plus en plus d’équipements qu’aux locaux sanitaires. Il s’agit de locaux dans
technologiques… Les contaminants chimiques lesquels il y a utilisation de produits chimiques
se retrouvant dans l’air intérieur proviennent : ou dégagement de produits liés à des procé-
de sources intérieures : matériaux de cons- dés. Ces VLEP ne s’appliquent pas aux bureaux
truction ou d’aménagement, mobilier, équipe- dans lesquels la pollution est liée à la seule
ments de bureautique, appareils de chauffage, présence humaine, qui sont des locaux à
produits d’entretien, produits particuliers pollution non spécifique. En revanche, les salles
(feutres marqueurs, déodorisant d’intérieur, de reprographie, les ateliers implantés dans
bougie, encens…), éventuellement produits des immeubles de bureaux sont des locaux à
insecticides… ; pollution spécifique dans la mesure où des
de sources extérieures : activités industrielles, polluants spécifiques y sont émis.
circulation routière, épandage de pesticides…
Dans les bureaux, il est pertinent de se référer
Les effets sur la santé de ces différents com- aux valeurs guides de qualité d’air intérieur
posés chimiques, souvent désignés sous le (VGAI). Ce sont des valeurs établies par l’Agence
terme de composés organiques volatils (COV), nationale de sécurité sanitaire de l’alimenta-
dépendent de leur nature, de leur concentra- tion, de l’environnement et du travail (Anses),
tion, de la durée d’exposition et de la sensibi- qui peuvent servir de référence pour les locaux
lité de chaque individu. Nombre de ces produits à pollution non spécifique.
peuvent être à l’origine de troubles de gravité
variable chez l’homme. Cependant, leur pré- Pour en savoir plus :
sence dans l’air intérieur des bureaux, en géné- voir Fiche n°5 – Contaminants chimiques.
ral à de faibles concentrations, n’implique pas
nécessairement de conséquences sanitaires
pour les occupants. Il est à noter que les pous-
sières présentes dans les locaux sont parfois à 2.6 CONTAMINANTS BIOLOGIQUES
l’origine d’irritations de la gorge, des yeux et du
nez. Comme elles peuvent transporter des pol- Sources environnementales
luants chimiques, des micro-organismes ou des
acariens, elles peuvent également provoquer Les bactéries et moisissures se développent
des troubles spécifiques. naturellement dans tout environnement, exté-
rieur et intérieur, à condition d’y trouver de
l’humidité, des nutriments et une température
favorable. Elles peuvent être mises en suspen-
sion dans l’air intérieur, du fait des mouvements
de l’air dans les locaux ou des activités de leurs
occupants.
© Gaël Kerbaol – INRS

À l’intérieur d’un bâtiment, les moisissures


peuvent proliférer du fait d’un dégât des eaux,
d’une ventilation naturelle ou mécanique
insuffisante, d’une condensation d’humidité
sur une paroi froide, de la présence d’eau
Les valeurs limites d’exposition professionnelle stagnante dans la centrale de traitement
(VLEP) s’appliquent aux locaux à pollution spé- d’air… en se nourrissant de poussières, papier,
cifique, c’est-à-dire aux locaux dans lesquels carton, contreplaqué, etc. Les spores de moisis-
des substances dangereuses ou gênantes sures ont la propriété de se détacher très facile-
sont émises sous forme de gaz, vapeurs, aéro- ment au moindre souffle ou contact. Elles vont
sols solides ou liquides autres que celles qui alors atteindre d’autres endroits, parfois très
sont liées à la seule présence humaine, aux éloignés si les spores sont emportées par l’air,
locaux pouvant contenir des sources de micro- où elles donneront naissance à de nouvelles

9—
colonies de moisissures. Certaines molécules
qu’elles produisent sont volatiles (COV) et Pour en savoir plus :
génèrent l’odeur de moisi caractéristique. voir Fiche n° 6 – Contaminants
Les moisissures peuvent être à l’origine biologiques et Fiche n° 7 – Climatisation
d’irritations des yeux, du nez et de la gorge. et risques biologiques.
Elles peuvent également exacerber l’asthme
chez les personnes asthmatiques. Seules cer-
taines espèces entraînent des infections dites
opportunistes 5 chez des personnes sévère-
ment immunodéprimées.

Les légionelles, quant à elles, sont des bactéries


qui se multiplient notamment dans les installa-
tions de refroidissement associées à des tours
aéroréfrigérantes (TAR) destinées à assurer la
climatisation dans certains immeubles. Il n’y a
pas de risque pour les occupants du bâtiment,
hormis en cas de défaut majeur de conception
ou de maintenance de la TAR humide, condui-
sant à une entrée d’air contaminé rejeté par la
TAR à l’intérieur du bâtiment.

Source humaine

L’homme émet de façon normale une grande


quantité de bactéries par desquamation de la

© Serge Morillon - INRS


peau et par la parole. Ces micro-organismes sont
mis en suspension dans l’air ambiant.

Les infections dues à des bactéries ou des


virus à transmission interhumaine – par le
biais de la toux, des éternuements ou de la
parole – nécessitent en général des contacts 2.7 - CHAMPS ÉLECTROMAGNÉTIQUES
rapprochés et prolongés entre deux per-
sonnes (exemple : grippe, coqueluche…). Seules Dans les bureaux, il existe des sources de
quelques infections (varicelle, tuberculose, champs électromagnétiques (CEM) dues à
rougeole…) peuvent être transmises à distance la présence de technologies comme le Wi-Fi
par l’air contaminé par une personne infec- ou les téléphones de type DECT 7. Des sources
tée. Dans tous les cas, la durée du contact est extérieures telles que les antennes-relais de
à prendre en compte, ainsi que d’éventuelles téléphonie peuvent aussi être l’objet d’in-
autres voies de transmission (par exemple, quiétudes chez les occupants du bâtiment.
porter aux muqueuses des mains contaminées Les niveaux de CEM émis par les dispositifs
au contact de surfaces elles-mêmes contami- présents sur le lieu de travail tels que Wi-Fi,
nées). Le service de santé au travail détermi- Bluetooth, DECT, écrans d’ordinateurs… sont
nera la conduite à tenir dans le cas de maladies très inférieurs aux limites réglementaires en
à transmission interhumaines6. matière d’exposition professionnelle.

5. Infections liées à des germes habituellement peu agressifs, qui se déclarent chez les individus dont le système immunitaire est défaillant..
6. Bayeux-Dunglas M.-C., Abiteboul D. « Que faire en cas de maladie contagieuse en milieu de travail ? ». Références en santé au travail,
2019, 158, TM 51, pp. 95-101.
7. Digital Enhanced Cordless Telephone.

— 10
SYNDROMES COLLECTIFS INEXPLIQUÉS DANS LES BUREAUX

Certaines personnes craignent les éventuels Il convient donc de considérer la présence


effets à long terme que pourrait provoquer une éventuelle de facteurs de risques psychoso-
exposition à des champs électromagnétiques ciaux (liés aux conditions d’emploi, à l’organisa-
d’intensité inférieure aux seuils d’apparition tion et aux relations de travail), susceptibles de
de réactions biologiques aiguës. L’inquiétude créer un climat social tendu dans l’entreprise,
vis-à-vis de ce risque peut elle-même induire de gripper le dialogue social entre l’employeur
des effets sans rapport avec le phénomène et les représentants du personnel, de favoriser
physique présent. Les seuls effets sanitaires une perte de confiance des salariés envers leur
avérés des CEM sont des effets aigus et à entreprise et de générer de l’inquiétude.
seuil, thermiques pour les émissions dans la
partie haute du spectre, et de stimulation du Les principaux facteurs de risques psycho-
système nerveux pour les émissions dans la sociaux ont été répertoriés par un collège
partie basse du spectre. Ces effets surviennent d’experts international et pluridisciplinaire8. Ils
pour des niveaux d’exposition très nettement sont classés en six grandes familles :
supérieurs au champ ambiant dans les bureaux. intensité et temps de travail ;
exigences émotionnelles ;
Une évaluation approfondie des risques d’in- faible autonomie dans le travail ;
terférences électromagnétiques n’est néces- rapports sociaux dégradés ;
saire que pour les travailleurs porteurs de conflits de valeur ;
dispositifs médicaux actifs (stimulateurs car- insécurité de la situation de travail.
diaques, défibrillateurs, implants cochléaires,
pompes à insuline…) lorsqu’ils évoluent à Au-delà de la présence de ces facteurs de
proximité (moins d’un mètre) d’une antenne risques psychosociaux, il se peut que l’appa-
Wi-Fi en fonctionnement. rition de symptômes inexpliqués, touchant
plusieurs salariés qui occupent un même
Le niveau d’exposition à un CEM diminue rapi- lieu de travail, puisse survenir à la suite d’un
dement dès que l’on s’éloigne de la borne ou événement déclenchant perçu comme désa-
de l’antenne Wi-Fi. Aussi est-il conseillé d’ins- gréable ou spectaculaire : perception d’une
taller les bornes Wi-Fi de façon à éviter les odeur particulière, réalisation de travaux, inter-
expositions rapprochées, de préférence dans vention des secours auprès d’une personne
les espaces de circulation et le plus en hauteur subitement malade… Ce type d’événement peut
possible. laisser penser que l’environnement intérieur
est « pollué », que l’air est « malsain », et peut
générer de l’inquiétude propice à la survenue
2.8 - FACTEURS DE RISQUES de certains symptômes.
PSYCHOSOCIAUX
Il est donc important, au cours de la phase de
À côté des facteurs ambiants qui viennent recueil d’informations (voir chapitre 3.1), d’iden-
d’être passés en revue, la littérature scien- tifier les événements particuliers qui ont pu
tifique montre que des mécanismes psy- intervenir peu de temps avant l’émergence du
chologiques interviennent également dans ou des cas, et de reconstituer la chronologie
l’apparition, la propagation et la résolution des faits.
d’un syndrome inexpliqué. En effet, le déve-
loppement de ce type de syndrome peut être Pour en savoir plus :
le signe, la manifestation d’un mal-être psy- voir Fiche 8 – Facteurs de risques
chosocial qu’il s’agit de décrypter et auquel il psychosociaux.
faut répondre pour éviter la « propagation »
des symptômes.

8. Gollac M., Bodier M. – Mesurer les facteurs psychosociaux de risque au travail pour les maîtriser. Rapport du collège d’expertise sur le
suivi des risques psychosociaux au travail, faisant suite à la demande du Ministre du travail, de l’emploi et de la santé. Avril 2011.

11 —
3
ANALYSE DES PLAINTES ET
RECHERCHE DES CAUSES POTENTIELLES
D’UN SYNDROME COLLECTIF INEXPLIQUÉ

© thodonal - stock.adobe.com

— 12
SYNDROMES COLLECTIFS INEXPLIQUÉS DANS LES BUREAUX

Les plaintes des salariés doivent être prises À la suite de cette analyse, si une cause est
en considération par l’employeur. Elles fortement suspectée, des actions correctives
nécessitent une écoute attentive avant toute doivent être mises en œuvre, en informant les
investigation. La démarche proposée com- personnels.
mence par l’analyse de la situation afin de
dégager des causes potentielles. À ce stade, En revanche, si l’analyse de la situation ne per-
différents acteurs doivent être impliqués et met pas d’identifier avec certitude les causes,
chacun a un rôle à jouer : l’employeur ou son ou si les premières actions correctives n’ont
représentant, les représentants du person- pas donné de résultat, des investigations com-
nel, la hiérarchie intermédiaire, le médecin plémentaires seront nécessaires. Dans certains
du travail ou une personne de l’équipe plu- cas, la mesure de paramètres environnemen-
ridisciplinaire du service de santé au travail, taux pourra s’avérer utile pour conforter une
l’animateur de prévention… Si besoin, un groupe hypothèse. Il faut retenir qu’en l’absence d’hy-
de travail rassemblant ces différents acteurs pothèse préalable, les résultats des mesures
peut être créé, sous la responsabilité de l’em- sont très difficiles à interpréter et les actions
ployeur. Par la suite, en fonction de la nature correctives peuvent ne pas être adaptées. C’est
des investigations à mener, il est recommandé pourquoi l’analyse détaillée préalable de la
de s’appuyer sur des personnes ressources situation est primordiale.
susceptibles de mener des investigations
techniques dans les locaux (par exemple, le La démarche proposée se déroule en plusieurs
personnel des services généraux). étapes décrites dans la figure n°1.

!!!
EXPRESSION DE PLAINTES
D’UN OU DE PLUSIEURS SALARIÉS

RECUEIL GÉNÉRAL D’INFORMATIONS


INFORMATION DU PERSONNEL

Recueil d’informations relatives


Recueil d’un avis médical à l’environnement de travail Visite des locaux

ANALYSE ET BILAN

1er cas de figure 2e cas de figure 3e cas de figure


Non-conformité évidente Hypothèses sur la source du problème Pas de pistes
(la source du problème (air ambiant, éclairage, bruit, d’explication
est identifiée) facteurs de RPS…)

Investigations complémentaires,
mesures éventuelles

Hypothèse(s) Hypothèse(s)
vérifiée(s) réfutée(s)

Mesures correctives

BILAN

FIGURE N°1 : DÉMARCHE DE PRISE EN CHARGE D’UN SYNDROME INEXPLIQUÉ.

13 —
3.1 RECUEIL GÉNÉRAL et en fonction de l’orientation clinique, l’exa-
D’INFORMATIONS men physique pourra être complété par
d’autres examens. En fonction des symptômes
Cette première étape consiste à recueillir : exprimés et des circonstances de survenue,
les informations relatives aux plaintes des certains diagnostics seront écartés (intoxication
salariés ; collective par le monoxyde de carbone, toxi-
un avis médical ; infection alimentaire collective, infection virale
les informations sur l’environnement de travail. saisonnière…). L’absence d’anomalies décelables
cliniquement ou à partir des examens complé-
Lors de cette étape, la visite des locaux est indis- mentaires éventuellement pratiqués ne doit
pensable. Ces différents points peuvent être pas remettre en cause la poursuite des inves-
traités dans l’ordre qui paraît le plus judicieux. tigations en cas de persistance des plaintes.

Recueil des plaintes des salariés Recueil des informations relatives


à l’environnement de travail
Les plaintes peuvent avoir été recueillies par
différents intervenants dans l’entreprise (méde- Les informations seront recueillies en consul-
cin du travail, hiérarchie, CSE). tant les documents disponibles dans l’entre-
prise (document unique, avis et procès-verbaux
Il est nécessaire de regrouper les informations de réunion du CSE, rapport annuel du médecin
suivantes : du travail, registre des accidents bénins, plans
Combien de personnes concernées ? de prévention lors d’intervention d’entreprises
Quels symptômes ? Comment s’expriment extérieures…) et en réalisant également une
les plaintes ? visite des locaux de travail.
Où ? Dans quelles pièces ? Dans quel service ?
Depuis combien de temps ? Les symptômes Pour en savoir plus :
sont-ils rythmés par la présence des employés voir Annexe n°1 – Sources d’information
dans les locaux de travail ? Quelle est la disponibles dans l’entreprise.
chronologie d’apparition des plaintes (iden-
tification du premier cas, cartographie de
la propagation des cas) ? Les plaintes concer- Visite des locaux
nent-elles un moment particulier de la jour-
née, de la semaine, de l’année ? La visite des locaux doit être faite dans les
Quelles hypothèses les salariés formulent-ils ? meilleurs délais, surtout si le signalement
Y a-t-il eu un ou des évènements antérieurs concerne un problème sanitaire aigu. Elle doit
à l’apparition des symptômes ? Par exemple, permettre de repérer les facteurs susceptibles
des travaux de rénovation ont-ils eu lieu de déclencher les symptômes et de faire le
récemment ? Un dégât des eaux ? Des tra- point sur l’environnement de travail.
vaux dans l’environnement proche du bâti-
ment ? Une nouvelle organisation (réparti- Les points principaux à noter concernent :
tion des tâches, changement de hiérarchie, l’état général du bâtiment ;
de logiciel...) ? Une nouvelle activité ? la ventilation et le renouvellement d’air ;
le chauffage et la climatisation ;
Recueil d’un avis médical les ambiances sonores ;
l’éclairage ;
Une visite9 auprès du médecin du travail sera les sources de contaminants extérieures au
proposée aux personnes concernées. Dans bâtiment ;
le respect du secret médical, le médecin du les sources de contaminants intérieures ;
travail recherchera les antécédents médicaux les équipements de bureau ;
et s’attachera à préciser les symptômes et leur les facteurs de RPS.
éventuelle rythmicité professionnelle. Si besoin

9. Cette visite peut se faire à l’initiative du salarié, de l’employeur ou du médecin du travail.

— 14
SYNDROMES COLLECTIFS INEXPLIQUÉS DANS LES BUREAUX

Au-delà du recueil d’informations techniques, Troisième cas de figure


cette visite a un impact psychologique car elle
contribue à rassurer les personnes, en mon- Lorsqu’aucune hypothèse ne ressort au terme
trant que l’entreprise prend en compte les de cette première phase d’analyse, il convient
plaintes exprimées. de reprendre et d’approfondir la phase de
recueil général d’informations.
Un aide-mémoire pour guider le recueil des
informations est proposé dans l’annexe n°2. Quel que soit le cas de figure rencontré, il est
Il doit être adapté en fonction des spécificités important d’informer le personnel de l’issue
de l’entreprise. de ces investigations.

3.2 ANALYSE DE LA SITUATION 3.3 MESURES DE PARAMÈTRES


ENVIRONNEMENTAUX
À la suite des premières investigations et de
la visite des locaux, trois situations peuvent se Dans le cas fréquent où les hypothèses portent
présenter. sur des caractéristiques de l’air ambiant, des
mesures simples peuvent s’avérer utiles. Elles
Premier cas de figure ne sont pas destinées à évaluer l’exposition
des occupants mais à établir l’origine des
Une anomalie ou non-conformité évidente symptômes éprouvés par les salariés. Dans la
est constatée (la source du problème est plupart des cas, trois aspects peuvent faire
identifiée). Elle ne nécessite pas, a priori, de l’objet de mesures requérant des méthodes
recherches plus approfondies. Il s’agit alors relativement simples : la ventilation, les para-
de mettre en œuvre les mesures correctives mètres du confort thermique et la composition
appropriées, puis de vérifier qu’elles ont bien chimique de l’air. Elles suffisent en général à
supprimé l’anomalie. trouver la source de la dégradation de l’envi-
ronnement de travail.
Deuxième cas de figure
Les résultats de ces mesures étant soumis à
Il se peut que seules des hypothèses puissent de grandes variabilités spatiales et tempo-
être avancées sur l’origine des plaintes des relles, il est judicieux de les effectuer au plus
occupants, par exemple : près du poste de travail de la ou des per-
existence d’une source de pollution de l’air sonnes concernées et de réfléchir à une stra-
(matériaux…) dans les locaux ; tégie en concordance avec leur présence et
source extérieure au bâtiment (épandages leur activité.
agricoles…) ;
ventilation inadaptée ; Mesures relatives à la ventilation
organisation du travail…
La mesure de la concentration en CO2 dans
Dans le cas fréquent où les hypothèses portent le local est particulièrement intéressante car
sur des caractéristiques de l’air ambiant, la le CO2 est un bon indicateur du confinement
réalisation de certaines mesures simples (voir d’un local occupé. Au-delà de 1000 ppmv 10, un
chapitre 3.3) peut permettre de confirmer ou local est considéré comme sous-ventilé. Cette
non ces hypothèses et, le cas échéant, de mettre mesure est de plus aisée à mettre en œuvre.
en œuvre des mesures correctives.
Lorsque l’installation s’y prête, une mesure
des débits d’air neuf aux différentes bouches
de soufflage est possible avec un anémomètre
associé à un cône de mesure. Cette mesure

10. Partie par million en volume.

15 —
permet de vérifier le respect des exigences du les risques de décharge électrostatique. Dans
Code du travail en matière de ventilation. le cas contraire, quand l’air est trop humide,
cela favorise la prolifération de bactéries et
Une première visualisation des entrées d’air moisissures.
avec un fumigène ou une poire à fumée peut
s’avérer utile et montrer des dysfonctionne- Valeurs de référence :
ments potentiels des sens de circulation de voir Fiche n° 2 – Ambiances thermiques.
l’air. En effet, le recours au chauffage à air
chaud, la diversité des systèmes de ventilation,
la configuration des bâtiments, l’évolution et la Mesures relatives aux polluants chimiques
modulation des espaces de travail et leur occu-
pation par les salariés sont autant d’éléments Il est difficile d’établir une liste exhaustive des
pouvant conduire à l’apparition de courts- composés présents dans l’air intérieur, tant ils
circuits de l’air neuf ou d’entrées d’air neuf sont potentiellement nombreux. Le formal-
parasites, détectables par une simple visuali- déhyde est reconnu comme étant ubiquitaire
sation des flux d’air. dans les environnements intérieurs. Cepen-
dant, caractériser ce seul composé ne suffit
Il est recommandé de conduire simultanément pas. La norme XP X43-40711 propose une liste
ces trois actions qui fournissent des informa- des principaux COV, dont les BTEX (benzène,
tions différentes et complémentaires. Il peut toluène, éthylbenzène, et xylènes), détectés
arriver, par exemple, que les débits d’air neuf dans les ambiances intérieures et qui peuvent
soient respectés, mais que la mise en œuvre du être recherchés. Il est recommandé de recher-
système soit telle que l’air neuf ne ventile pas cher en priorité les composés dont une valeur-
correctement la pièce. guide ou une valeur-repère existe (VGAI) afin de
pouvoir interpréter les résultats.
Valeurs de référence :
voir Fiche n° 1 – Ventilation. Dans un premier temps, il est indiqué de réali-
ser des mesures intégratives sur des supports
(ou badges) passifs, exposés 4,5 à 7 jours selon
Mesures relatives aux paramètres la semaine de travail. Ce type de mesures est à
de confort thermique la portée de tous, d’autant que les prestataires
proposant des kits QAI (support, analyse et rap-
Des mesures de température et d’humidité port de mesure) disposent de protocoles extrê-
relative sont le minimum requis. Elles peuvent mement simples à mettre en œuvre.
être complétées par des mesures de la tempé-
rature de rayonnement et de la vitesse d’air. Valeurs de référence :
Ces quatre grandeurs permettent de définir le voir Fiche n°5 – Contaminants chimiques.
confort thermique ressenti par les occupants.

Il faut noter que les paramètres de température Personnes ressources


et d’humidité jouent un rôle essentiel dans les
émissions des composés chimiques retrouvés Les méthodes de mesures évoquées ici peuvent
dans l’air. La connaissance de ces grandeurs être mises en œuvre par un préventeur d’en-
pourra expliquer des concentrations en com- treprise. Il est également possible de faire
posés organiques volatils (COV) élevées. appel, pour des conseils ou la réalisation de
ces mesures, aux services de santé au travail ou
En cas d’air trop sec, le degré d’humidité de aux services de prévention des risques profes-
l’air peut avoir un réel impact sur les irrita- sionnels des caisses régionales de la sécurité
tions oculaires ou respiratoires et augmenter sociale (Carsat, Cramif, CGSS).

11. XP X 43-407 : « Audit de la qualité de l’air dans les locaux non industriels – Bâtiments à usage d’enseignement ». Afnor, 2016.

— 16
FICHES
FICHE N° 1
VENTILATION

Principaux types de ventilation

On recense plusieurs grands types de ventilation pouvant être mis en œuvre dans les environne-
ments professionnels de bureaux (voir figure n°2).

LA VENTILATION NATURELLE LA VENTILATION MÉCANIQUE LA VENTILATION HYBRIDE


CONTRÔLÉE SIMPLE FLUX

Elle se fait par action L’air est extrait Elle combine la ventilation
sur les ouvrants extérieurs mécaniquement dans les naturelle et la ventilation
ou via des conduits à tirage pièces de services (sanitaires) mécanique. Le système est
naturel. ou de circulation (couloirs) piloté suivant les conditions
et entre librement par des climatiques et bascule
ouvertures prévues automatiquement entre
à cet effet dans les huisseries le mode naturel et le mode
des ouvrants ou des grilles. assistance mécanique.

LA VENTILATION MÉCANIQUE LA VENTILATION CENTRALISÉE


CONTRÔLÉE DOUBLE FLUX

Elle présente à la fois une extraction et un Elle est contrôlée par une ou plusieurs centrales
apport d’air géré mécaniquement. Des bouches de traitement d’air (CTA), avec ou sans recyclage
de soufflage d’air sont présentes dans d’air. Elle se rencontre plus fréquemment
les pièces de vie ou de travail. dans les bâtiments de bureaux.

FIGURE N°2 : DIFFÉRENTS TYPES DE VENTILATION

— 18
SYNDROMES COLLECTIFS INEXPLIQUÉS DANS LES BUREAUX

contient les informations nécessaires à l’entre-


tien des installations, au contrôle de leur effica-
cité et à l’établissement de la consigne d’utilisa-
tion, et notamment les valeurs aérauliques de
référence (article R. 4212-7 du Code du travail).
© Dominique Leroux pour l’INRS

L’employeur doit constituer et tenir à jour un


dossier d’installation qui comprend, outre la
notice d’instructions, une consigne d’utilisa-
tion établie à partir des informations fournies
par la notice : plan de l’installation, références
du matériel, mode opératoire, fréquence et
nature des entretiens préventifs à réaliser, pro-
Réglementation cédure à suivre en cas de dysfonctionnement,
historique et nature des modifications et main-
Dans les locaux dits à pollution non spéci- tenances réalisées sur l’installation, dossier de
fique12, comme les bureaux du tertiaire concer- valeurs de référence (article R. 4222-21 du Code
nés par les articles R. 4222-4 à R. 4222-9 du Code du travail et arrêté du 8 octobre 1987). Le dos-
du travail, il est possible d’avoir recours soit à sier de maintenance où figurent les résultats
une ventilation naturelle, soit à une ventilation des vérifications périodiques fait également
mécanique : partie du dossier d’installation.
l’aération par ventilation naturelle assurée
exclusivement par des ouvertures acces- Les valeurs de référence doivent porter sur :
sibles et manœuvrables (fenêtres, portes…) le débit minimal d’air neuf par local ;
donnant sur l’extérieur est autorisée lorsque les pressions statiques ou vitesses d’air en
le volume par occupant du local concerné est des points caractéristiques des installa-
égal ou supérieur à 15 m3, pour les bureaux tions, associées à des débits ;
et les locaux où le travail physique effectué les caractéristiques des filtres installés (classe
est léger ; d’efficacité, perte de charge initiale et maxi-
dans le cas d’une ventilation mécanique, il male admise).
faut respecter un débit minimum d’air neuf à
introduire. Le recyclage de l’air est possible La réception des installations est nécessaire
mais il doit être épuré avant réintroduction, de façon à s’assurer de sa conformité, en pro-
l’air recyclé n’étant pas pris en compte dans cédant notamment aux mesurages des para-
le calcul du débit minimal d’air neuf intro- mètres aérauliques du réseau de ventilation13.
duit. Le débit d’air neuf en m3/h et par occu-
pant à introduire est de : Dans le cas d’un changement ultérieur de la
- 25 m3/h/pers. pour les bureaux et locaux configuration des bureaux (par exemple, le
sans travail physique des salariés, déplacement des cloisons…), il convient de s’as-
- 30 m3/h/pers. pour les locaux de réunion, surer que tous les bureaux reçoivent le débit
- 45 m3/h/pers. pour les locaux avec travail d’air neuf minimal réglementaire.
physique léger.
Pour des informations détaillées sur ce thème,
Lors de la mise en place d’une l’installation de la brochure Le dossier d’installation de venti-
ventilation, le maître d’ouvrage doit remettre lation – Guide pratique de ventilation (INRS, ED
à l’employeur une notice d’instructions qui 6008) peut être consultée.

12. Les locaux à pollution non spécifique sont les locaux de travail dans lesquels la pollution est liée à la seule présence humaine
(bureaux, salles de réunion…), à l’exception des locaux sanitaires (article R.4222-3 du Code du travail).
13. Le guide « Diagnostic des installations de ventilation dans les bâtiments résidentiels et tertiaires – Guide pratique Diagvent »
(2005), publié par le Cetiat avec le soutien de l’Ademe, propose une méthode de diagnostic comprenant trois niveaux allant du
diagnostic le plus simple (examen visuel) à un diagnostic complet et spécifique (analyse approfondie et recherche de solutions suite
à un dysfonctionnement).

19 —
FICHE N° 2
AMBIANCES THERMIQUES

Paramètres environnementaux

La température de l’air, la température de 100 % HR


rayonnement, la vitesse de l’air et l’humidité
sont les paramètres environnementaux qui
Zone 60 %
interviennent dans le confort thermique.
de confort
50 %
En période hivernale, dans le cas du travail de
bureau sédentaire, avec des salariés portant
40 %
des vêtements adaptés à la période hivernale,
la température permettant d’avoir un maxi-
mum de personnes s’estimant en situation
de confort thermique sera comprise entre 20
et 24°C pour une humidité relative comprise
entre 40 et 60 %. °C 18 25
19 26
Les vitesses d’air, quant à elles, ne doivent pas
FIGURE N°3 :
dépasser 0,2 m/s pour éviter toute sensation ZONE DE CONFORT EN FONCTION
d’inconfort par courant d’air. Cette limite peut DE LA TEMPÉRATURE DE L’AIR ET DE L’HUMIDITÉ
RELATIVE (HR) (EN %).
être légèrement supérieure (0,3 m/s) pour des
températures d’air plus importantes (en été
particulièrement).

Il est important de préciser que l’inconfort ther-


mique peut être localisé à une seule partie du Vair (m/s)
corps. Dans ce cas, très souvent, une asymétrie
des températures de rayonnement (présence
0,30
de parois froides, grandes baies vitrées…), la
présence de courant d’air, la stratification des 0,25
températures ou encore une température de
sol inadaptée peuvent être la cause de ces 0,20
désagréments.
0,15 Vitesse
de confort
Zones de confort thermique 0,10

Les deux graphiques ci-après (Figures n°3 et 4), 0,05


issus de la norme XP X 43-407, permettent
de visualiser les zones de confort dans les 20 21 22 23 24 25 26 °C
bâtiments.
FIGURE N°4 :
ZONE DE CONFORT EN FONCTION
DE LA VITESSE DE L’AIR
ET DE LA TEMPÉRATURE.

— 20
FICHE N° 3
AMBIANCES SONORES

© Claude Almodovar pour l’INRS

Effets du bruit non lésionnels Observation de l’environnement de travail

Les niveaux de bruit dans les bureaux ouverts Très souvent, l’analyse détaillée de l’environne-
sont tels que l’exposition sonore des salariés ment de travail permet d’identifier les défauts
ne conduira pas à des pertes auditives. Cepen- de conception du local et de son aménagement
dant, le bruit gêne et fatigue les salariés car il qui sont à l’origine des nuisances sonores.
perturbe les processus cognitifs engagés dans Cette analyse constitue le premier niveau de
des tâches qui nécessitent de la concentra- la démarche de prévention.
tion. Il produit in fine une charge cognitive qui
s’ajoute à la charge déjà induite par la tâche Tout d’abord, le nombre de personnes occupant
prescrite par l’employeur. l’espace de travail est un élément fondamental
à prendre en compte dans l’analyse, même s’il
Les paramètres du bruit qui contribuent à est très difficile de définir une valeur cible de la
cette gêne sont le niveau absolu mais égale- surface minimale par poste de travail.
ment les variations temporelles et fréquen-
tielles liées aux conversations, aux passages Un local en forme de couloir favorise la pro-
des personnes, aux claquements de porte, etc. pagation des sons. Un plafond trop haut ou

21 —
mal traité d’un point de vue acoustique favo- Dans une certaine mesure, le mobilier façonne
rise la propagation et conduit également à des l’environnement sonore. Les éléments de mobi-
niveaux de bruit trop élevés. Dans la pratique, lier qui intègrent des matériaux absorbants
un plafond acoustique de classe A (absorption limitent le niveau du bruit ambiant. Les élé-
≥ 90%) est indispensable. ments séparatifs telles que les cloisons entre
les îlots de bureaux ou les cloisonnettes entre
Un taux de surface rigide (vitrée ou béton) les postes de travail permettent de maîtriser la
élevé conduit à une augmentation globale du propagation horizontale du bruit, à condition
niveau sonore et à des phénomènes de réver- que leur masse et leur hauteur soient suffi-
bération dues aux réflexions sur ces parois. santes. Les fabricants de mobilier proposent
Les postes le long des vitrages et des murs un vaste choix de solutions plus ou moins effi-
en béton sont particulièrement exposés aux caces. L’achat doit toujours être guidé par des
bruits de conversations. critères physiques liés à l’ergonomie, l’éclai-
rage, les polluants, l’acoustique mais égale-
Un sol rigide (carrelage, béton) favorise les ment par l’activité réelle.
bruits de passage. Un sol traité acoustique-
ment permet de réduire la génération de bruits Analyse de l’activité
de chocs liés aux déplacements des personnes.
Cependant, la performance d’absorption des L’analyse de l’activité est déterminante afin
revêtements de sols est très limitée. d’optimiser les « flux acoustiques » sur le pla-
teau (direction et portée des conversations).
Les espaces annexes comme les salles de Pour cela, la norme NF S31-19914 définit une
réunion ou les espaces de détente peuvent typologie des bureaux ouverts fondée sur l’ac-
constituer une gêne pour les postes de travail tivité exercée. Pour chaque type d’espace, une
à proximité du fait des conversations qui s’y analyse des flux acoustiques est effectuée et
tiennent. Ces espaces doivent être isolés par conduit à des préconisations de solutions-types
des cloisons à fort pouvoir isolant ou être sur la base de critères acoustiques objectifs.
éloignés des postes de travail de sorte que
les conversations ne soient pas audibles. Ces
espaces doivent également être traités par des
matériaux acoustiques absorbants afin d’éviter
tout effet d’amplification des sons.

Les équipements informatiques bruyants


telles que les imprimantes, les baies de stoc-
kage, etc., doivent être placés dans des zones
éloignées des postes de travail et isolées par
des cloisons. Les systèmes de chauffage et de
climatisation doivent être vérifiés régulière-
ment. Un dysfonctionnement de ces appareils
peut conduire à l’apparition de composantes
tonales basses fréquences émergeantes qui
sont très gênantes pour la concentration.

14. NF S31-199 : « Acoustique - Performances acoustiques des espaces ouverts de bureaux ». Afnor, 2016.

— 22
FICHE N° 4
ÉCLAIRAGE

Dans la conception des lieux de travail, la minimales à maintenir sur le plan de travail
lumière naturelle et la vue sur l’extérieur à hau- ou à défaut au sol. Ces valeurs sont sou-
teur des yeux doivent être privilégiées, sauf vent insuffisantes pour garantir un éclai-
incompatibilité avec les activités. rage de qualité, car elles ne tiennent pas
compte des besoins spécifiques du travail.
Qualité de l’installation Des niveaux d’éclairement minimum recom-
mandés par activité sont proposés dans les
Les effets de papillotements de la lumière ainsi normes d’ergonomie visuelle (norme NF EN
que la vue des lampes, soit directement, soit 12464-116). Ainsi, pour des activités de bureaux
par réflexion sur des surfaces brillantes, doivent (écriture, lecture, travail sur écran), il est
être évités. Le fonctionnement simultané dans conseillé un éclairement minimum de 500 lux.
le même luminaire de lampes de températures Celui-ci peut être obtenu par un éclairement
de couleurs différentes (par exemple, blanc général de 300 lux complété par un éclaire-
chaud et blanc froid) doit être également évité. ment local de 200 lux au niveau du poste de
L’utilisation « normale » des lampes fluocom- travail.
pactes, tubes fluorescents, écrans d’ordina-
teurs, photocopieurs est sans danger. Éclairage à diodes électroluminescentes (LED)

Qualité de l’ambiance lumineuse Les LED présentes en rétroéclairage, dans les


écrans d’ordinateur, de tablette ou de télé-
On évitera les éblouissements directs ou par phone, présentent des luminances très faibles.
réflexion. On s’assurera de l’équilibre entre Dans ces conditions, dans l’état des connais-
température de couleur et niveau d’éclaire- sances actuelles, les LED des écrans d’ordi-
ment (diagramme de Kruithof 15) : nateur ne présentent pas de risque pour la
• faible éclairement : blanc chaud (T £ 3000 K) ; rétine. Toutefois, d’après l’Anses17, l’utilisation
• éclairements importants : blanc neutre à des écrans à LED, particulièrement en fin de
blanc froid (T > 3000 K). journée, peut perturber l’horloge biologique et
avoir des effets négatifs sur le sommeil.
La qualité du rendu des couleurs (Ra ³ 80 dans
les bureaux) sera adaptée à la tâche de travail. L’Anses préconise de privilégier les éclairages
Enfin, les contrastes de luminance (impression domestiques de type blanc chaud (tempéra-
qu’une surface est lumineuse) seront réduits ture de couleur basse), de restreindre la mise à
entre la zone de travail et sa périphérie, entre disposition des objets équipés de LED auprès
des espaces contiguës, et entre le plafond et le du grand public à ceux des groupes de risque
reste de la pièce. photobiologique 0 ou 1.

Quantités de lumière Pour des informations plus complètes sur


l’éclairage, il est conseillé de consulter la fiche
Les niveaux d’éclairement spécifiés dans le pratique de sécurité Éclairage artificiel au poste
Code du travail (article R. 4223-4) sont les valeurs de travail (INRS, ED 85).

15. Éclairage artificiel au poste de travail – Fiche pratique de sécurité. INRS, ED 85.
16. NF EN 12464-1 : « Lumière et éclairage - Éclairage des lieux de travail - Partie 1 : lieux de travail intérieurs ». Afnor, 2011, 64 p.
17. Effets sanitaires des systèmes d’éclairage utilisant des diodes électroluminescentes (LED). Anses, octobre 2010.

23 —
FICHE N° 5
CONTAMINANTS CHIMIQUES

Sources de contaminants chimiques

On peut classer les différentes sources de contaminants chimiques de l’air en trois grandes
familles (voir Figure n°5).

SOURCES INTÉRIEURES SOURCES PROVENANT DE SOURCES DUES


AU BÂTI L’ENVIRONNEMENT EXTÉRIEUR À LA PRÉSENCE DE L’HOMME

• Matériaux de construction • Sites industriels • Métabolisme


et/ou de décoration18 • Circulation routière • Activités spécifiques
• Mobilier • Espèces végétales • Utilisation de produits
• Équipements • Pratiques agricoles particuliers (encens,
• Produits d’entretien • Etc. marqueurs, déodorisant
• Réseau de chauffage- d’intérieur…)
ventilation-climatisation • Hygiène
• Traitement contre les • Etc.
nuisibles
• Etc.

FIGURE N°5 : LISTE NON EXHAUSTIVE DES SOURCES POUVANT


CONDUIRE À LA PRÉSENCE DE COMPOSÉS CHIMIQUES DANS L’AIR INTÉRIEUR.

Ces polluants chimiques sont souvent désignés Valeurs de référence


sous le terme COV, pour composés organiques
volatils. Une liste indicative des grandes Valeurs-guides de l’air intérieur de l’Anses
familles de COV que l’on rencontre usuellement Les valeurs-guides de l’air intérieur (VGAI)
dans les ambiances intérieures est proposée proposées par l’Agence nationale de sécu-
dans la norme NF XP X43-407. Elle comporte les rité sanitaire de l’alimentation, de l’environ-
alcanes, les cycloalcanes, les hydrocarbures nement et du travail (Anses) constituent la
aromatiques (dont les BTEX19), les hydrocarbures première étape du processus institutionnel
halogénés, les terpènes, les aldéhydes (dont le visant à fixer des valeurs réglementaires de
formaldéhyde et l’acétaldéhyde), les cétones, surveillance de la qualité de l’air intérieur. Elles
les alcools et les esters. sont définies comme les concentrations dans
l’air d’une substance chimique en dessous
Les effets sur la santé de ces différents com- desquelles aucun effet sanitaire ou aucune
posés dépendent de leur nature, de leur nuisance ayant un retentissement sur la santé
concentration, de la durée d’exposition et de n’est attendu dans la population générale, en
la sensibilité de chaque individu. l’état actuel des connaissances.

18. Concernant les produits de construction et d’ameublement, les revêtements (de murs, sols, plafonds) et les peintures et vernis,
il existe une réglementation obligeant les fabricants de ces produits à indiquer sur leurs emballages les niveaux d’émission en
polluants volatils (Code de l’environnement, articles L. 221-10 et R. 221-22 à R. 221-28 et arrêté d’application du 19 avril 2011 modifié).
Douze substances ou groupes de substances sont concernés (formaldéhyde, toluène, styrène, aldéhydes...).
19. Benzène, toluène, éthylbenzène, xylènes.

— 24
SYNDROMES COLLECTIFS INEXPLIQUÉS DANS LES BUREAUX

© Gael Kerbaol - INRS


Ces valeurs sont établies uniquement sur des qu’un calendrier de mise en œuvre. Il s’agit
critères sanitaires et sont de nature indicative. de propositions de valeurs opérationnelles
définissant des concentrations à partir des-
Les avis de l’Anses et les rapports d’expertise quelles des actions sont à entreprendre, dans
sur les VGAI, ainsi qu’un tableau de synthèse l’objectif d’appuyer les pouvoirs publics
des VGAI publiées sont consultables sur dans la gestion du risque. Outre les critères
www.anses.fr. Treize polluants d’intérêt ont sanitaires sur lesquels sont établies les VGAI,
déjà été expertisés : formaldéhyde, monoxyde ces valeurs tiennent compte de considérations
de carbone, benzène, naphtalène, trichloroé- pratiques, réglementaires, juridiques, écono-
thylène, tétrachloroéthylène, particules, acide miques et sociologiques.
cyanhydrique, dioxyde d’azote, acroléine, acé-
taldéhyde, éthylbenzène et toluène. En date de  aleurs-guides réglementaires
V
juillet 2018, des VGAI ont été proposées pour À la suite de ces avis, le ministère chargé de
onze d’entre eux. l’environnement a retenu deux valeurs-guides
réglementaires pour le formaldéhyde et le ben-
Pour les particules présentes dans l’air inté- zène. En outre, dans certains établissements
rieur, l’Anses ne propose pas de VGAI. Il est à recevant du public, une surveillance de la qua-
noter que l’Organisation mondiale de la santé lité de l’air intérieur doit progressivement être
propose des valeurs-guides pour l’amélioration mise en place vis-à-vis de certains polluants.
de la qualité de l’air intérieur (sur 24 heures :
25 µg.m-3 pour les PM2.520 et 50 µg.m-3 pour les Valeurs limites d’exposition professionnelle
PM1021 ; sur le long terme : 10 µg.m-3 pour les Les valeurs limites d’exposition professionnelle
PM2.5 et 20 µg.m-3 pour les PM10). (VLEP) ne s’appliquent que dans les locaux à
pollution spécifique dans lesquelles des agents
Valeurs-repères du HCSP chimiques dangereux sont utilisés ou produits
À la demande du ministère en charge de la par les procédés utilisés. Elles ne s’appliquent
santé, le Haut Conseil de la santé publique pas aux locaux à pollution non spécifique tels
(HCSP) a été chargé de proposer, à partir des que les bureaux ou salles de réunion. Les VLEP
VGAI de l’Anses, des valeurs-repères d’aide à sont significativement plus élevées que les VGAI.
la gestion de la qualité de l’air intérieur, ainsi

20. Particules en suspension dans l’air, d’un diamètre aérodynamique inférieur à 2,5 µm, appelées particules fines.
21. Particules en suspension dans l’air, d’un diamètre aérodynamique inférieur à 10 µm.

25 —
FICHE N° 6
CONTAMINANTS BIOLOGIQUES

Sources de contaminants biologiques le mesurage des agents biologiques présents


concerne des milieux très spécifiques (salles
Dans un bâtiment de bureaux, il est normal de propres, blocs opératoires…).
trouver des micro-organismes provenant des
personnes présentes ou de l’environnement. Dans un environnement de bureaux, en règle
En revanche, le nombre d’occupants, l’absence générale, effectuer des mesures quantitatives
de propreté des locaux et des installations (nombre d’UFC/m3)22 et rechercher les genres et
de traitement d’air, une humidité excessive espèces des micro-organismes présents n’ap-
ou un renouvellement d’air insuffisant favo- porte pas d’informations permettant d’estimer
risent la multiplication excessive de ces micro- les risques pour la santé. Seuls certains agents
organismes. biologiques sont pathogènes par inhalation.
De plus, la concentration et la diversité des
Dans certains cas, leur présence est facile- micro-organismes varie en fonction des sai-
ment repérable. Par exemple, des taches sur sons, des jours de la semaine, du nombre de
les murs ou une odeur de moisi indique la pré- personnes, de l’activité… En outre, il faut savoir
sence de moisissures. Il n’est alors pas néces- qu’il n’existe ni valeur réglementaire, ni valeur-
saire de procéder à des mesures, puisque ce guide pour les micro-organismes dans l’air des
simple constat suffit à mettre en œuvre de locaux de travail.
mesures correctives.
Des valeurs permettant d’évaluer le degré de
En cas d’épidémie, peuvent s’ajouter tempo- contamination microbiologique de l’air sont
rairement d’autres micro-organismes (à noter proposées dans la norme XP X 43-407, mais
que, contrairement aux bactéries et moisis- elles ne correspondent pas à des seuils à partir
sures, les virus ne se multiplient pas dans desquels des effets sanitaires seraient obser-
l’environnement mais ne font qu’y survivre un vés. On ne peut donc en tirer aucune conclusion
temps limité). Les mesures seront alors prises sur la salubrité ou non d’un local.
en fonction du mode de transmission de l’agent
pathogène. Pour les moisissures, une concentration supé-
rieure à 1000 UFC/m3 est considérée par l’Anses23
Usage de la métrologie comme anormalement élevée.

La métrologie des agents biologiques dans Certains laboratoires procèdent au dénombre-


l’air (bioaérosols) est plutôt réservée à des ment des staphylocoques dorés. Ce sont des
situations professionnelles particulières dans bactéries d’origine humaine présentes sur la
lesquelles de grandes quantités de bioaérosols peau et les muqueuses. Leur mesure doit être
sont générées (traitement de déchets, d’eaux considérée comme un indicateur d’un renouvel-
usées…). Cette métrologie nécessite une stra- lement efficace ou non de l’air, comme d’autres
tégie préalable détaillée, élaborée en fonction paramètres (débit d’air neuf, CO2…).
de l’objectif (préciser les sources d’émission de
bioaérosols, évaluer l’efficacité d’un système
de captage des polluants…). Sur les surfaces,

22. Unité formant colonie.


23. Moisissures dans le bâti. Avis de l’Anses. Rapport d’expertise collective. Anses, juin 2016.

— 26
FICHE N° 7
CLIMATISATION ET RISQUES BIOLOGIQUES

© Guillaume J. Plisson pour l’INRS


La climatisation consiste à réguler les condi- l’environnement) afin de prévenir le risque de
tions climatiques (température et humidité) prolifération et d’émission de légionelles dans
d’un local pour des raisons de confort. Les ins- l’environnement.
tallations de climatisation sont soit centrali-
sées afin de permettre de traiter des bâtiments Humidificateurs d’air
de grand volume, soit constituées d’appareils
autonomes à pompe à chaleur, qui traitent Lorsque l’on réchauffe l’air neuf introduit dans
chacun un local. le bâtiment, son humidité relative diminue et
peut devenir insuffisante en termes de confort.
Installations de climatisation centralisées Pour augmenter l’humidité relative de l’air
distribué par une centrale de traitement d’air,
Dans certaines installations de climatisation deux technologies sont disponibles :
centralisées, l’évacuation de la chaleur du les humidificateurs par pulvérisation d’eau
bâtiment se fait au moyen d’une tour aéro- ou ruissellement d’eau avec recyclage éven-
réfrigérante ouverte, grâce à un échange de tuel de l’eau. S’ils ne sont pas entretenus
chaleur entre l’eau et l’air. Pour cela, l’eau du régulièrement, ils peuvent être à l’origine de
circuit de refroidissement est pulvérisée au proliférations bactériennes et fongiques ;
niveau de la tour dans un flux d’air circulant à les humidificateurs à vapeur sèche ou à
contre-courant. Si l’installation est mal conçue atomisation d’eau, sans recyclage de l’eau.
ou si sa gestion n’est pas adaptée, des légio- Ils sont préférables pour éviter les prolifé-
nelles peuvent proliférer dans l’eau du circuit rations bactériennes et fongiques.
de refroidissement. L’air rejeté dans l’envi-
ronnement extérieur peut alors contenir des Un humidificateur contaminé peut entraîner des
micro-gouttelettes d’eau contaminée. affections telles que la « fièvre des humidifica-
teurs », ainsi que des rhinites ou des asthmes.
C’est pourquoi les tours aéroréfrigérantes Aujourd’hui, ces affections sont exceptionnelles
font l’objet d’une réglementation spécifique en raison d’une meilleure prise en compte de
(rubrique n°2921 de la nomenclature des ce risque dès la conception des systèmes de
installations classées pour la protection de climatisation.

27 —
FICHE N° 8
FACTEURS DE RISQUES PSYCHOSOCIAUX

© Guillaume J. Plisson pour l'INRS

En 2008, les pouvoirs publics français ont émis pluridisciplinaire et internationale, permettant
le souhait de disposer d’un système de suivi d’identifier un ensemble de facteurs psychoso-
statistique des risques psychosociaux. À cet ciaux de risques au travail qui ont été regrou-
effet, un collège d’expertise a été constitué. pés en six axes24.
Il a réalisé une vaste revue de la littérature,

24. Gollac M., Bodier M. Mesurer les facteurs psychosociaux de risque au travail pour les maîtriser. Rapport du Collège d’expertise sur
le suivi des risques psychosociaux au travail, faisant suite à la demande du Ministre du travail, de l’emploi et de la santé. Avril 2011

— 28
SYNDROMES COLLECTIFS INEXPLIQUÉS DANS LES BUREAUX

Intensité et temps de travail Conflits de valeurs

Ce premier axe comprend les notions de « de- Les conflits de valeurs sont l’ensemble des
mande psychologique » (modèle de Karasek 25) conflits intrapsychiques portant sur « ce qui
et d’« efforts » (modèle de Siegrist 25) mais plus compte » aux yeux des salariés dans leur tra-
largement aussi les contraintes de rythme, vail, c’est-à-dire ce à quoi ils attribuent de l’im-
l’existence d’objectifs irréalistes ou flous, les portance sur le plan professionnel. Ne pas pou-
exigences de polyvalence non maîtrisée, les ins- voir faire un travail de qualité, devoir accomplir
tructions contradictoires, les longues semaines des tâches contraires à ses valeurs profession-
de travail, le travail en horaires atypiques, l’im- nelles, sociales ou personnelles, ou faire un
prévisibilité des horaires de travail… travail qu’on juge inutile sont quelques-unes
des formes que peuvent prendre les conflits de
Exigences émotionnelles valeurs.

Les exigences émotionnelles sont liées à la Insécurité de la situation de travail


nécessité de maîtriser et de façonner ses propres
émotions. Elles concernent essentiellement les L’insécurité de la situation de travail comprend
métiers de services : exigence de sourire, de à la fois l’insécurité socio-économique (stabi-
bonne humeur, tensions avec le public, contact lité de l’emploi, maintien du niveau de salaire,
avec la souffrance ou la détresse humaine. évolution de carrière) et le risque de change-
La nécessité de devoir cacher ses émotions peut ment non maîtrisé de la tâche et des conditions
également concerner d’autres secteurs d’activi- de travail (les restructurations renvoyant aux
tés où la culture dominante est le contrôle total changements les plus lourds).
de soi, quelles que soient les circonstances, et
l’affichage constant d’une attitude positive. Sur la base de cette catégorisation, l’INRS a éla-
boré deux outils pour aider les entreprises à
Autonomie évaluer les facteurs de risques psychosociaux,
disponibles sur www.inrs.fr :
L’autonomie au travail désigne la possibi- pour les entreprises de plus de 50 salariés :
lité d’être acteur dans son travail. Elle rejoint Évaluer les facteurs de risques psychoso-
la notion de « latitude décisionnelle » de ciaux : l’outil RPS-DU. INRS, ED 6140 ;
Karasek et inclut non seulement les marges pour les entreprises de moins de 50 salariés :
de manœuvre mais aussi la participation aux Faire le point RPS. Évaluation des risques
décisions ainsi que l’utilisation et le dévelop- psychosociaux dans les petites entreprises.
pement des compétences. INRS, Outil 37.

Rapports sociaux au travail

Les rapports sociaux au travail ont fait l’objet de


modélisations partielles, notamment au travers
du « soutien social » (Karasek et Theorell), de
« l’équilibre efforts – récompenses » (Siegrist)
et de la « justice organisationnelle ». Ils com-
prennent les relations avec les collègues et la
hiérarchie, la rémunération, les perspectives de
carrière, l’adéquation de la tâche à la personne,
les procédures d’évaluation du travail, l’atten-
tion portée au bien-être des salariés. Ils portent
également sur les pathologies des rapports
sociaux comme le harcèlement moral.

25. Pour en savoir plus sur ces deux modèles, consultez le site www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/217/Chapitre_2.html

29 —
ANNEXES
ANNEXE 1
SOURCES D’INFORMATION AU SEIN
DE L’ENTREPRISE

Certaines informations pertinentes pour ana- La fiche d’entreprise


lyser la situation peuvent être retrouvées dans
des documents élaborés par l’employeur dans La fiche d’entreprise, établie par le médecin du
le cadre de ses obligations réglementaires ou travail ou un autre membre de l’équipe pluridis-
par d’autres acteurs de la prévention dans le ciplinaire, consigne notamment les risques pro-
cadre de leurs prérogatives. fessionnels et les effectifs de salariés exposés.

Ces documents peuvent être demandés par Le rapport annuel d’activité du médecin
les différents acteurs de la prévention : comité du travail
social et économique (CSE), médecin du
travail ou autre membre de l’équipe pluridis- Le médecin du travail établit un rapport annuel
ciplinaire, inspecteur du travail, agents des d’activité pour les entreprises dont il a la charge.
services prévention de la Sécurité sociale et Il présente son activité clinique et son activité
de l’Organisme professionnel de prévention sur les lieux de travail, ainsi que ses observa-
du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) et tions et conclusions concernant l’état de santé
inspecteurs de la radioprotection. des salariés de l’entreprise.

Le document unique d’évaluation Dans le cas des services autonomes, le rapport


des risques professionnels annuel d’activité est remis par le médecin du
travail au CSE compétent.
Le document unique (DU) d’évaluation des
risques professionnels, établi par l’employeur, Les avis ou procès-verbaux de réunions
identifie les dangers, analyse les conditions du CSE dédiées aux questions de santé et
d’exposition à ces dangers dans chaque unité de sécurité
de travail et recense les mesures de préven-
tion mises en œuvre. Le CSE est investi de prérogatives en matière de
santé, de sécurité et de conditions de travail 26.
Le rapport et le programme annuels Les avis et procès-verbaux rendus à la suite de
de prévention réunions peuvent contenir des informations
utiles à la démarche d’analyse des plaintes et
Dans le cadre de la consultation sur la poli- de recherche des causes potentielles des syn-
tique sociale de l’entreprise, les conditions dromes inexpliqués.
de travail et l’emploi, l’employeur présente le
rapport et le programme annuels de préven- Le registre des accidents bénins
tion. Ces documents dressent un bilan de la
situation générale de la santé, de la sécurité Lorsque la Carsat autorise sa mise en place,
et des conditions de travail dans l’établisse- ce registre permet de consigner par écrit tous
ment et détaillent les actions menées dans les accidents du travail bénins, c’est-à-dire qui
l’année écoulée et celles envisagées pour n’entraînent ni arrêt de travail, ni soins médi-
l’année à venir. caux donnant lieu à une prise en charge.

26. Comité social et économique (CSE). Prérogatives en santé, sécurité et conditions de travail. INRS, ED 6340.

31 —
Les registres spéciaux du CSE Le dossier de maintenance des installations
de ventilation
Les registres spéciaux du CSE, tenus sous la res-
ponsabilité de l’employeur, consignent : Pour les installations de ventilation, le dos-
les avis des membres du CSE ayant constaté sier de maintenance permet de connaître l’état
une situation de danger grave et imminent des installations et si elles ont fait l’objet d’un
pour la santé ou la sécurité des salariés ; entretien régulier.
les alertes sur l’existence d’un risque grave
pour la santé publique ou l’environnement Les fiches de données de sécurité
dues aux produits utilisés et générés ou aux
procédés de fabrication mis en œuvre dans Les fiches de données de sécurité des produits
l’établissement. chimiques (produits d’entretien, colles…) sont
transmises par le fournisseur des produits à
Les plans de prévention l’employeur. Elles permettent notamment de
connaître la composition de ces produits, leurs
Le plan de prévention des risques établi pour dangers et les recommandations d’utilisation.
toute intervention d’une entreprise extérieure
(EE) chez une entreprise utilisatrice (EU) contient
notamment la définition des phases d’activité
dangereuses et des moyens de prévention cor-
respondants, spécifiques à la situation de coac-
tivité. Il est tenu à la disposition, notamment :
des médecins du travail de l’EU et du médecin
du travail de l’EE ;
des CSE de l’UE de l’EE.

Les registres de sécurité

Les registres de sécurité contiennent les résul-


tats des contrôles relatifs à l’état des matériels
et des installations pour lesquels des contrôles
et vérifications sont obligatoires (installations
électriques, d’éclairage et de ventilation, équi-
pements de travail et de protection indivi-
duelle…). Ces registres peuvent être regroupés
dans un registre unique de sécurité avec les
observations et mises en demeure notifiées par
l’inspecteur du travail en santé et sécurité du
travail, à condition de faciliter la conservation
et la consultation des informations.

— 32
ANNEXE 2
AIDE-MÉMOIRE POUR LA VISITE
DES LOCAUX

Cet aide-mémoire est destiné à guider le recueil des informations, tout particulièrement lors de la
visite des locaux. Il ne doit pas être considéré comme exhaustif et doit être adapté aux spécificités
de l’entreprise concernée.

Bâtiment

OBSERVATIONS À RÉALISER QUESTIONS NOTES

Situation de l’établissement (zone urbaine, Qualité de l’air introduit dans


périurbaine, rurale) le bâtiment ?

Nature des matériaux de construction : Date de construction


isolation, étanchéité générale du bâtiment (si ces éléments ne sont ni
visibles, ni accessibles) ?

Odeur de moisi, impression d’humidité Infiltrations ?


Dégâts des eaux ?
Ventilation ?

Condensation sur fenêtres et parois froides Isolation insuffisante ?


Présence de joints sur les ouvertures Ventilation ?
Entrées d’air obstruées ?

Dégradation de l’état des murs, sols et Problème d’isolation ?


plafonds, sources potentielles d’émission de
polluants (COV, poussières)

Travaux récents Sources de poussières, bruits,


odeurs…?

Présence de poussières Entretien des locaux et des


systèmes de chauffage/
ventilation/climatisation ?

Accumulation de déchets Périodicité du retrait des


Odeurs déchets ?
Présence de nuisibles (insectes, rongeurs…)

Présence de nourriture dans des locaux non Entretien des locaux ?


dédiés à la restauration, source d’odeurs et de
nuisibles

Mauvaises odeurs Évacuation des eaux usées ?


Ventilation ?
Déchets ?

33 —
Ventilation

Avant la visite : informations à rechercher dans le dossier d’installation (voir Fiche n°1) NOTES
– Type de ventilation : ventilation naturelle, mécanique, simple ou double flux
– 
Mode de fonctionnement : semaine/week-end, jour/nuit, en continu, asservi à
la présence ou au taux de CO2
– Débits d’air neuf (résultats des contrôles éventuels par un prestataire)
– Filtres
– Entretien (fréquence…)
– Plan du réseau aéraulique indiquant les prises et les sorties d’air

OBSERVATIONS À RÉALISER QUESTIONS NOTES

Si ventilation naturelle

Nombre et dimension des ouvrants, possibilité Fréquence d’ouverture des


d’ouverture des fenêtres fenêtres (par jour, par semaine…) ?

État d’encrassement et de fonctionnement Fréquence de nettoyage ?


des grilles de ventilation sur les huisseries des
fenêtres

Si ventilation mécanique Est-elle en fonctionnement lors


de la visite ? Est-elle asservie ou
modulée ?

Position et état des entrées et sorties d’air

Inspection extérieure
– 
Position des prises d’air neuf par rapport
aux sorties d’air du bâtiment, parkings,
points fumeurs, cuisines collectives…

Inspection intérieure
– Grilles de soufflage non obstruées
– État d’empoussièrement des grilles
– 
Visualisation éventuelle des entrées d’air
avec un fumigène

Conduits de ventilation Des vérifications du réseau


(obturations, état de
propreté…) sont-elles faites ?
À quelle fréquence ?

Débits de ventilation

Vérifier que le débit minimal d’air neuf est Le niveau sonore incommode-t-il
de 25 m3/h par occupant les usagers ?

Recherche de la présence de courants d’air Les occupants se plaignent-ils


d’une sensation d’inconfort par
courant d’air ?

Filtres

– 
Vérifier leur installation : qu’ils soient dans Les filtres sont-ils régulièrement
le bon sens et ajustés à leur support entretenus ?
– État de propreté

Ces deux points peuvent engendrer des


différences de pertes de charges et des
modifications notables de débits

— 34
SYNDROMES COLLECTIFS INEXPLIQUÉS DANS LES BUREAUX

Chauffage-climatisation

Avant la visite : informations à rechercher (voir Fiches n°2 et 3) NOTES


Type d’installation :
– 
Système de chauffage-climatisation couplé à la ventilation (présence d’une
centrale de traitement d’air, CTA)
– Type d’humidificateur de l’air neuf introduit dans la CTA
– Chauffage central
– 
Mode de programmation du chauffage et de la climatisation (horloge,
minuterie, plages de programmation, modulation)

OBSERVATIONS À RÉALISER QUESTIONS NOTES

La CTA : Une société assure-t-elle


– Propreté et entretien des filtres l’entretien de la CTA ?
– 
Évacuation des condensats et absence
d’eau stagnante, source de prolifération de
moisissures et de bactéries
– État d’encrassement des échangeurs

Le système de chauffage programmable : Absence de phases


– 
Si possible, vérifier qu’il fonctionne comme d’inconfort : plage horaire
annoncé non chauffée en présence de
salariés ou délai trop court de
– 
Les occupants ont-ils la possibilité de
remise en plein régime avant
régler le chauffage dans leur bureau ?
l’arrivée des employés ?
Absence de phase de risque
(dégagement de CO)
si combustion incomplète ?

Les occupants utilisent-ils des radiateurs, Les occupants sont-ils


humidificateurs ou ventilateurs d’appoint ? satisfaits en termes de confort
thermique ?

35 —
Ambiances sonores

OBSERVATIONS À RÉALISER QUESTIONS NOTES

Densité d’occupation, vérifier :


En moyenne, combien de mètres carrés par
personne ?

Conversations, vérifier :
– Y a-t-il un nombre important de
conversations sur le plateau ?
– Ces conversations se font-elles de poste à
poste ou d’un bout à l’autre du plateau ?

Bruit ambiant Les personnes se plaignent-elles


du bruit ambiant ?

Hauteur et qualité du plafond, vérifier :


– La hauteur du plafond est-elle supérieure
à3m?
– Paraît-il de bonne qualité acoustique ?

Hauteur des cloisonnettes, vérifier :


La hauteur des cloisonnettes est-elle supérieure
à celle des oreilles d’une personne assise ?

Activités sur le plateau – 


Y a-t-il plusieurs activités
différentes sur le même
plateau ?
– 
Si oui, ces activités sont-
elles physiquement
séparées (cloisons) ?
– 
Y a-t-il des réunions
informelles sur le plateau ?

— 36
SYNDROMES COLLECTIFS INEXPLIQUÉS DANS LES BUREAUX

Éclairage

OBSERVATIONS À RÉALISER QUESTIONS NOTES

Dans l’environnement de travail, vérifier :


– L’arrivée de lumière naturelle
– La vue sur l’extérieur
– La propreté des vitres
– 
La possibilité d’accommoder l’œil à grande
distance
– 
L’équilibre des luminances entre le plafond
et le reste de la pièce
– L’absence de zones sombres
– 
La température de couleur correspond-elle
à l’éclairement désiré (ambiance lugubre ou
irréelle) ? La couleur apparente des objets
correspond-elle à ce qu’on en attend ?

Au poste de travail, vérifier :


– L’absence de reflets éblouissants
– 
L’absence de contrastes marqués entre
la zone de travail et sa périphérie
– L’absence de sensation d’éblouissement L’éclairement est-il suffisant
– L’éclairement pour la tâche de travail ?

L’installation :
– 
Ballasts ferromagnétiques (présence
de starters)
– Tubes de blancs différents
– Papillotements (variations rapides)
– Clignotements
– Vue directe des lampes
– 
Les lampes halogènes et à décharge
sont-elles couvertes d’un verre ?

Sources extérieures de contaminants chimiques ou biologiques

OBSERVATIONS À RÉALISER QUESTIONS NOTES

Situation de l’établissement (zone urbaine, Positions des prises d’air neuf ?


périurbaine, rurale) : renseigne sur la qualité Filtration de l’air neuf ?
de l’air neuf introduit dans le bâtiment :
– Trafic routier (fumée de diesel, particules,
BTEX)
– Site industriel (pollution chimique)
– Traitement de déchets
– Agriculture (épandage de lisier, de produits
phytosanitaires)
– Chantier BTP (bruit, poussières…)
– Végétation (allergènes, pollens)
– Pressing

Direction des vents dominants : forte Position des prises d’air neuf
contribution à la pénétration de la pollution et des bouches de rejet ?
extérieure à l’intérieur des bâtiments ou
modification du fonctionnement du système
de ventilation générale du bâtiment

37 —
Sources intérieures de contaminants chimiques ou biologiques

OBSERVATIONS À RÉALISER QUESTIONS NOTES

Nature et état des revêtements : murs et


plafond, sol et mobilier, qui sont des sources
d’émissions diverses (COV, particules,
poussières)

État de propreté des locaux : odeurs, Entretien des locaux :


moisissures… – Périodicité ?
– Lavage, balayage,
aspiration (émission de COV,
poussières) ?
– Type de produits utilisés
(voir les fiches de données
de sécurité) ?
– Gestion des déchets ?

Présence d’une activité particulière ou


d’un produit particulier (feutres-marqueurs
spécifiques, colles, échantillons de produits…)

Présence d’encens, déodorisant, parfum


d’intérieur, aérosols, sources d’émissions
diverses (COV, particules)

Présence de plantes vertes, source d’humidité,


de moisissures, de produits phytosanitaires

Présence de salles particulières (être vigilant


sur d’éventuels transferts de polluants d’une
zone de stockage vers une zone de travail) :
– 
Reprographie-imprimerie : COV, ozone,
particules d’encre
– Archives : COV, moisissures (si humidité)
– Cuisine d’entreprise : odeurs, COV
– Salle informatique : COV, poussières, bruits
– 
Fontaine décorative : produits chimiques,
bactéries...
– Stockage des produits d’entretien

Équipements de bureaux

OBSERVATIONS À RÉALISER QUESTIONS NOTES

Effectifs dans les bureaux Surface minimale par


occupant ?

Équipements, sources de COV, d’ozone, de


particules et d’inconfort thermique (rayonnement
froid/chaud), acoustique ou visuel :
– Ordinateurs, imprimantes, photocopieurs
– Sources de chaleur
– Équipements lumineux

— 38
SYNDROMES COLLECTIFS INEXPLIQUÉS DANS LES BUREAUX

Facteurs de risques psychosociaux

Les informations à recueillir porteront notamment sur ce que l’on appelle NOTES
communément « l’ambiance de travail » ou sur l’existence de sources d’anxiété
ou d’insécurité.
Si ces informations sont difficiles à recueillir auprès des acteurs de l’entreprise lors
de la visite des locaux, elles peuvent être disponibles dans les documents de
l’entreprise (notamment DU, compte-rendu des réunions du CSE, rapport annuel
du médecin du travail, fiche d’entreprise).
Au cours de la visite des locaux, les questions suivantes pourront par exemple être
posées, afin d’obtenir des informations sur la présence de certains facteurs de RPS
dans l’entreprise.
Pour une évaluation complète des facteurs de RPS, se reporter aux supports
méthodologiques signalés en bibliographie.

QUESTIONS ÉLÉMENTS DE RÉPONSE NOTES

Rapports sociaux au travail


Relations sociales au sein de l’entreprise ?
Tensions, plaintes, revendications autour des
conditions de travail ?
Rapports hiérarchiques conflictuels ?
Conflits dans les équipes ?

Insécurité de la situation de travail


Perspectives de réorganisation, de changement,
de déménagement, de restriction d’effectifs,
de moyens, de budget… ?

39 —
BIBLIOGRAPHIE
SYNDROMES COLLECTIFS INEXPLIQUÉS DANS LES BUREAUX

Syndromes collectifs Robert L. « Une ventilation Climatisation


inexpliqués défectueuse associée à des
émissions de matériaux à Rosenberg N. « Affections
Diagnostic et prise en charge l’origine d’une dégradation respiratoires professionnelles
des syndromes collectifs de l’air intérieur ». Hygiène et non infectieuses dues
inexpliqués. InVS – ministère sécurité du travail, 2017, 248, aux humidificateurs/
de la Santé, 2010. EC 19, pp. 72-76. climatiseurs. Fiche
d’allergologie-pneumologie
XP X 43-407 : « Audit de la professionnelle ». Documents
Conception des lieux qualité de l’air dans les pour le médecin du travail,
de travail locaux non industriels 2008, 129, TR 44, pp. 533-542.
– Bâtiments à usage
Création de lieux de travail. d’enseignement ». Afnor,
Une démarche intégrant la 2006. Ambiances sonores
santé et la sécurité. 10 points-
clés pour un projet réussi. NF S 31-199 : « Acoustique -
INRS, ED 6096. Ventilation Performances acoustiques
des espaces ouverts de
Conception des lieux et des Vialle P.-J., Barles P. bureaux ». Afnor, 2016.
situations de travail. Santé Diagnostic des installations
et sécurité : démarche, de ventilation dans les Outil Questionnaire GABO
méthodes et connaissances bâtiments résidentiels et (Gêne acoustique dans les
techniques. INRS, ED 950. tertiaires. Guide pratique bureaux ouverts). INRS.
Diagvent. Cetiat, PCB, 2005,
Conception des lieux 40 p.
de travail. Obligations Éclairage
des maîtres d’ouvrage. Bernard A.-M., Tissot A.
Réglementation. INRS, ED 773. Qualité de l’air dans les Éclairage artificiel au poste
installations aérauliques. de travail - Fiche pratique de
Guide pratique. Cetiat, 2004, sécurité. INRS, ED 85.
Qualité de l’air intérieur 20 p.
Sensibilisation à l’exposition
Gestion de la qualité de l’air Le dossier d’installation de aux rayonnements optiques
intérieur. InVS – ministère de ventilation – Guide pratique artificiels (ROA) sur les lieux
la Santé, 2010. de ventilation n° 10. de travail (hormis les lasers
INRS, ED 6008. et appareils à laser).
Qualité de l’air. Résultat INRS, ED 6113.
d’enquêtes dans un bâtiment
récent. INRS, TF 157. NF EN 12464-1 : « Lumière et
éclairage - Éclairage des lieux
Robert L. « Suspicion de de travail - Partie 1 : lieux
mauvaise qualité de l’air de travail intérieurs ». Afnor,
intérieur dans un bureau : 2011, 64 p.
quelle démarche adopter ? ».
Hygiène et sécurité du travail,
2017, 248, pp. 23-27,

41 —
NF X35-103 : « Ergonomie Facteurs de risques
- Principes d’ergonomie psychosociaux
applicables à l’éclairage des
lieux de travail ». Afnor, 2013, Gollac M., Bodier M.
44 p. Mesurer les facteurs
psychosociaux de risque au
travail pour les maîtriser.
Travail sur écran Rapport du collège
d’expertise sur le suivi des
Écrans de visualisation – risques psychosociaux au
Santé et ergonomie. travail, faisant suite à la
INRS, ED 924. demande du ministre du
Travail, de l’Emploi et de la
Santé. Avril 2011.
Moisissures
Risques psychosociaux
Moisissures dans le bâti. et document unique. Vos
Avis de l’Anses. Rapport questions, nos réponses.
d’expertise collective. Anses, INRS, ED 6139.
juin 2016.
Évaluer les facteurs de
Surfaces contaminées par risques psychosociaux : l’outil
des moisissures. Que faire ? RPS-DU. INRS, ED 6140.
INRS, ED 6299.
Faire le point. Évaluation
Guide pratique. Moisissures des risques psychosociaux
dans votre logement ? Les dans les petites entreprises.
éliminer en toute sécurité. INRS, outil 37.
CSTB, 2015, 17 p.

Les risques à la santé Comité social


associés à la présence et économique
de moisissures en milieu
intérieur. Institut national de Comité social et économique
santé publique du Québec, (CSE). Prérogatives en santé,
novembre 2002. sécurité et conditions de
travail. INRS, ED 634.

Champs
électromagnétiques

Les réseaux sans fil de


proximité. INRS, ED 4207.

— 42
Pour commander les brochures et les affiches de l’INRS,
adressez-vous au service Prévention de votre Carsat, Cramif ou CGSS.

Services Prévention des Carsat et de la Cramif


Carsat ALSACE-MOSELLE Carsat BRETAGNE Carsat NORD-EST
(67 Bas-Rhin) (22 Côtes-d’Armor, 29 Finistère, (08 Ardennes, 10 Aube, 51 Marne,
14, rue Adolphe-Seyboth 35 Ille-et-Vilaine, 56 Morbihan) 52 Haute-Marne, 54 Meurthe-et-Moselle,
CS 10392 236, rue de Châteaugiron 55 Meuse, 88 Vosges)
67010 Strasbourg cedex 35030 Rennes cedex 09 81 à 85, rue de Metz
tél. 03 88 14 33 00 tél. 02 99 26 74 63 54073 Nancy cedex
fax 03 88 23 54 13 fax 02 99 26 70 48 tél. 03 83 34 49 02
[email protected] [email protected] [email protected]
www.carsat-alsacemoselle.fr www.carsat-bretagne.fr www.carsat-nordest.fr

(57 Moselle) Carsat CENTRE - VAL DE LOIRE Carsat NORD-PICARDIE


3, place du Roi-George (18 Cher, 28 Eure-et-Loir, 36 Indre, (02 Aisne, 59 Nord, 60 Oise,
BP 31062 37 Indre-et-Loire, 41 Loir-et-Cher, 45 Loiret) 62 Pas-de-Calais, 80 Somme)
57036 Metz cedex 1 36, rue Xaintrailles 11, allée Vauban
tél. 03 87 66 86 22 CS44406 59662 Villeneuve-d’Ascq cedex
fax 03 87 55 98 65 45044 Orléans cedex 1 tél. 03 20 05 60 28
www.carsat-alsacemoselle.fr tél. 02 38 79 70 21 fax 03 20 05 79 30
[email protected] [email protected]
(68 Haut-Rhin) www.carsat-cvl.fr www.carsat-nordpicardie.fr
11, avenue De-Lattre-de-Tassigny
BP 70488 Carsat CENTRE-OUEST Carsat NORMANDIE
68018 Colmar cedex (16 Charente, 17 Charente-Maritime, (14 Calvados, 27 Eure, 50 Manche,
tél. 03 69 45 10 12 19 Corrèze, 23 Creuse, 79 Deux-Sèvres, 61 Orne, 76 Seine-Maritime)
fax 03 89 21 62 21 86 Vienne, 87 Haute-Vienne) Avenue du Grand-Cours
www.carsat-alsacemoselle.fr TSA 34809 CS 36028
87048 Limoges cedex 76028 Rouen cedex 1
Carsat AQUITAINE tél. 05 55 45 39 04 tél. 02 35 03 58 22
(24 Dordogne, 33 Gironde, fax 05 55 45 71 45 fax 02 35 03 60 76
40 Landes, 47 Lot-et-Garonne, [email protected] [email protected]
64 Pyrénées-Atlantiques) www.carsat-centreouest.fr www.carsat-normandie.fr
80, avenue de la Jallère
33053 Bordeaux cedex Cram ÎLE-DE-FRANCE Carsat PAYS DE LA LOIRE
tél. 05 56 11 64 36 (75 Paris, 77 Seine-et-Marne, (44 Loire-Atlantique, 49 Maine-et-Loire,
documentation.prevention@ 78 Yvelines, 91 Essonne, 53 Mayenne, 72 Sarthe, 85 Vendée)
carsat-aquitaine.fr 92 Hauts-de-Seine, 93 Seine-Saint-Denis, 2, place de Bretagne
www.carsat-aquitaine.fr 94 Val-de-Marne, 95 Val-d’Oise) 44932 Nantes cedex 9
17-19, place de l’Argonne tél. 02 51 72 84 08
Carsat AUVERGNE 75019 Paris fax 02 51 82 31 62
(03 Allier, 15 Cantal, tél. 01 40 05 32 64 [email protected]
43 Haute-Loire, fax 01 40 05 38 84 www.carsat-pl.fr
63 Puy-de-Dôme) [email protected]
Espace Entreprises www.cramif.fr Carsat RHÔNE-ALPES
Clermont République (01 Ain, 07 Ardèche, 26 Drôme, 38 Isère,
63036 Clermont-Ferrand cedex 9 Carsat LANGUEDOC-ROUSSILLON 42 Loire, 69 Rhône, 73 Savoie,
tél. 04 73 42 70 19 (11 Aude, 30 Gard, 34 Hérault, 74 Haute-Savoie)
fax 04 73 42 70 15 48 Lozère, 66 Pyrénées-Orientales) 26, rue d’Aubigny
[email protected] 29, cours Gambetta 69436 Lyon cedex 3
www.carsat-auvergne.fr 34068 Montpellier cedex 2 tél. 04 72 91 97 92
tél. 04 67 12 95 55 fax 04 72 91 98 55
Carsat BOURGOGNE - fax 04 67 12 95 56 [email protected]
FRANCHE-COMTÉ [email protected] www.carsat-ra.fr
(21 Côte-d’Or, 25 Doubs, www.carsat-lr.fr
39 Jura, 58 Nièvre, Carsat SUD-EST
70 Haute-Saône, Carsat MIDI-PYRÉNÉES (04 Alpes-de-Haute-Provence,
71 Saône-et-Loire, 89 Yonne, (09 Ariège, 12 Aveyron, 31 Haute-Garonne, 05 Hautes-Alpes, 06 Alpes-Maritimes,
90 Territoire de Belfort) 32 Gers, 46 Lot, 65 Hautes-Pyrénées, 13 Bouches-du-Rhône, 2A Corse-du-Sud,
46, rue Elsa-Triolet 81 Tarn, 82 Tarn-et-Garonne) 2B Haute-Corse, 83 Var, 84 Vaucluse)
21044 Dijon cedex 2, rue Georges-Vivent 35, rue George
tél. 03 80 33 13 92 31065 Toulouse cedex 9 13386 Marseille cedex 20
fax 03 80 33 19 62 [email protected] tél. 04 91 85 85 36
[email protected] www.carsat-mp.fr [email protected]
www.carsat-bfc.fr www.carsat-sudest.fr

Services Prévention des CGSS


CGSS GUADELOUPE CGSS LA RÉUNION
Espace Amédée Fengarol, bât. H 4, boulevard Doret, CS 53001
Parc d’activités La Providence, ZAC de Dothémare 97741 Saint-Denis cedex 9
97139 Les Abymes tél. 02 62 90 47 00 – fax 02 62 90 47 01
tél. 05 90 21 46 00 – fax 05 90 21 46 13 [email protected]
[email protected] www.cgss-reunion.fr
www.preventioncgss971.fr
CGSS MARTINIQUE
CGSS GUYANE Quartier Place-d’Armes,
CS 37015 97210 Le Lamentin cedex 2
97307 Cayenne cedex tél. 05 96 66 51 31 et 05 96 66 76 19 – fax 05 96 51 81 54
tél. 05 94 29 83 04 – fax 05 94 29 83 01 [email protected]
[email protected] www.cgss-martinique.fr

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N° d’imprimeur : xxxxxx - Dépôt légal : xmoisx 2019 - Imprimé en France
Le syndrome collectif inexpliqué qualifie un ensemble
de symptômes, généralement peu spécifiques et
variant d’une personne à l’autre, qui touchent plusieurs
personnes fréquentant un même lieu de travail.
Ces symptômes soulèvent souvent des inquiétudes
car on ne peut d’emblée expliquer leur origine.
Si la qualité de l’air intérieur est souvent incriminée,
d’autres facteurs peuvent être mis en cause.

Comment réagir face à une telle situation ?


Quels facteurs doivent être étudiés et selon quelle
méthode ? La métrologie peut-elle être utile et
comment en interpréter les résultats ?

Cette brochure propose aux acteurs de la prévention


en entreprise, aux services de santé au travail et
aux Carsat une démarche d’analyse des plaintes des
salariés qu’il est important de suivre avant de réaliser
toute mesure, ainsi que des informations techniques
sur les différents facteurs à prendre en compte.

© Gael Kerbaol - INRS

Institut national de recherche et de sécurité


pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles

65, boulevard Richard-Lenoir 75011 Paris Tél. 01 40 44 30 00 [email protected]
Édition INRS ED 6370
1re édition • mai 2020 • 3 000 ex. • ISBN 978-2-7389-2541-1

u L’INRS est financé par la Sécurité sociale - Assurance maladie / Risques professionnels t

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