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Migrations Cotonnières Senoufo: Premiers Résultats

Ce document présente une étude sur les migrations cotonnières des Sénoufo en Côte d'Ivoire, en se concentrant sur leur intensité et leurs impacts socio-économiques. Il décrit les différentes régions d'accueil et les motivations des migrants, ainsi que les méthodes de recherche utilisées pour collecter des données. L'étude vise à comprendre les dynamiques migratoires et leur influence sur la production agricole dans la région.

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Migrations Cotonnières Senoufo: Premiers Résultats

Ce document présente une étude sur les migrations cotonnières des Sénoufo en Côte d'Ivoire, en se concentrant sur leur intensité et leurs impacts socio-économiques. Il décrit les différentes régions d'accueil et les motivations des migrants, ainsi que les méthodes de recherche utilisées pour collecter des données. L'étude vise à comprendre les dynamiques migratoires et leur influence sur la production agricole dans la région.

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OFFICE DE LA RECHIiRCk-IE MlNISTERE DG PLAN ET

SCIENTIFIQUE ET TECHNIQI~l~ DE L’Ir\iDüSTRIE


OUTRE -MER

MIGRATIONS COTONNIÈRES SENOUFO


Premiers résultats

Xavier LE ROY
Juillet 1981

CENTRE ORSTOM DE PETIT BASSAM 04 BP 293 ABIDJAN 04


Avw La cal!labohaLion de :

- Nawolo SORO, pour les enquêtes, le dépouillement et la


codification ;

- Lévétiéwin KAFAO, pour les enquêtes, e dépouillement et


les relevés de parcelles ;

- Daouda COULIBALY, Doma KONE, Seydou OUATARA, pour les enquê-


tes et le dépouillement ;

- Blandine CROUZIER, pour la dacty lographie, le dépou .il lement


et la codification ;

- Jean-François FOUCHER, lors au traitement informatique ;

- Huguette THUILIER, pour les cartes ;

- Baba GROUPESSIE, pour les diagrammes.

Awc &x cotitibtiun des agents de la C. 1. D. T, : messieurs


les Directeurs de secteur, chefs de zone, assistants et moniteurs, des secteurs
C. 1. D. T. de Mankono, Korhogo, Séguéla, Bouaflé.

Avec LQ cancum des migrants cotonniers sénoufo des départe-


ments de Mankono et Korhogo.
2

S 0 MMA 1 RE

Page
Introduction 5

C!L?PITRE 1 Ensemble de la région d'accueil 12

CtUPITRE II Principale region d'accueil 30

Conclusion 61

Ensemble de la région d'accueil -

- Culture cotonnière par zone et par ethnie 19


- Culture cotonnière des migrants senoufo,
par village 23

1 - Principale région d'accueil : zones Dianra


malinké, Dikodougou malinké, Sarhala 23

2 - Principale région d'accueil : zone Marandala 24

3 - Principale région d'accueil : zones Mankono


et Tiéningboué 25

4 - Frange Sénoufo : zones Dianra sénoufo,


Dikodougou sénoufo, Morondo-Kani sénoufo 26

5 - Autres zones : zones Morondo-Kani malinké,


Séguéla, Kongasso, Kounahiri 27

6 - Autres zones : zone Daloa 28

7 - Autres zones : zones Zuénoula, Gohitafla,


Bouaflé 29

Principale région d'accueil

- Année d'installation des chefs d'exploitation


par zone d'accueil 37
- Sous-préfectures d'origine et population
de celles-ci 39
- Année d’installation des chefs d’exploitation
par sous-préfecture d’origine 41
- Motivations selon la sous-préfecture d’origine 43
- Répartition des chefs d’exploitation selon le
nombre de campagnes depuis le départ du village
d’ origine 43
- Profil des chefs d’exploitation 47
- Répartition des exploitations selon la surf ace
déclarée par association de cultures 53
- Surface déclarée par association de cultures 55
- Résultats par village des enquêtes O.R.S.T.O.M. 58
MIGRATIONS COTOIWIERES
SENOUFO

1981-19a2

Limite de II principale
.’ . )./.2 I,’ ----

f .L
.XfllKOOClUCflll région d’accueil
. ...*.
I... -.-.- Limite de departemeni
i . .A ) ..... ./y

1 point = 10 planteurs

0 20 Km
\
\
\

:: - -.- A,MARAN~ALA
\ C-W-d \

WOROFLA / 3 0, .J ::

I BOUAKEI
INTRODUCTION

Prédominante dans le nord de la Côte d’ivoire, l’ethnie sé-


noufo est touchée, depuis plusieurs décennies, par des migrations en direc-
tion du sud. L’amorce de ce phénomène date de l’époque coloniale. L’administra-
tion effectue alors d’importantes ponctions de main-d’oeuvre, au profit de la
région forestière, p lantations et chantiers de bois surtout.

L’abolition du “travail forcé” en 1946 n’arrête pas ce flux,


au contraire. Le développement des plantations de café et de cacao suscite
des départs volontaires, dont les effectifs s’accroissent.

A partir de 1965, se dessine une évolution. Des migrations


internes à la région de savane, dans des zones jusqu’ici inoccupées ou fai-
blement peuplées, se substituent progressivement à celles vers la forêt.
Ces dernières semblent d’ailleurs maintenant à peu près taries, les nouvel-
les destinations absorbant la presque totalité des migrations sénoufo in-
trarurales. Seul l’exode vers les villes du sud se poursuit.
6

La spontanéité caractérise ces nouveaux mcuvcmtlnts migra-


toires. Aucune action extérieure ne les a favorisés.

Ils prennent deux formes distinctes. Les vallées du Banda-


ma et de son affluent le Bou, inhabitées jusqu’alors du fait de l’onchocercose,
constituent une première zone d’accueil. La production agricole y est axée sur
les cultures vivrières.

Un peu plus tard, les confins méridionaux du pays sénoufo et


au-delà, représentent un deuxième pôle d’attraction. La culture du coton est
le moteur de cette migration. Timide pendant quelques années, celle-ci s’est
accrue récemment, un véritable décollage se manifestant en 1976 et, surtout,
en 1977,

La présente étude est consacrée à ces migrations cotonnières.

La recherche entreprise a pour objectif premier de mesurer


l’intensité de ces migrations cotonnières lors de la campagne agricole
1980-1981 : extension géographique, nombre d’exploitations et de personnes
concernées, surfaces cultivées. Elle veut aussi établir le profil des exploi-
tations migrantes et retracer leurs parcours migratoire. Sont également étu-
diés les conséquences de ce phénomène sur l’organisation de la production,
sur le statut foncier, et les problèmes créés pour l’encadrement agricole
de la région d’accueil.

Deux démarches ont été appliquées. Tout d’abord une étude


qualitative par entretiens semi-directifs avec des représentants de chaque
catégorie d’agents confrontés à ce phénomène : migrants sénoufo, autochtones,
encadrement agricole, autorités administratives ou politiques. Cette tech-
nique a été surtout utilisée lors de la préenquête par laquelle a débuté le
travail de terrain mais a, par la suite, toujours été associée à la deuxiè-
me démarche.
7

Cette dernière est l’étude quantitative, indispensable en


économie. Un choix méthodologique s’est présenté : étude exhaustive lEgère
ou travail approfondi sur échantillon. La conciliation de deux impératifs
- évaluation de l’importance du mouvement migratoire et obtention de ré-
sultats précis - a conduit à combiner ces deux approches, en retenant trois
niveaux d’observation :

- l’ensemble de la région accueillant des planteurs sénou-


fo de coton ;
- la principale région d’accueil ;
- un échantillon de 60 exploitations, représentatif de cette
dernière.

A l’échelle de l’ensemble de la région d’accueil (niveau 1)


sont collectés, auprès de la société d’encadrement (C.I.D.T. = Compagnie
Ivoirienne de Développement des Textiles), le nombre de planteurs, les sur-
faces en coton et les productions par ethnie de la campagne 1980-1981, pour
chaque village. Ceci permet de localiser tous les migrants cotonniers sé-
noufo et d’esti.mer la part qu ‘ils occupent dans la production de coton.

Dans la princ ipale région d’accuei 1 (niveau 2)) un question-


naire est soumis à chacun des planteurs sénoufo de coton. La liste de ceux-
ci est obtenue auprès du moniteur villageois. Ce questionnaire, inséré en
fin de rapport, permet de connaître l’origine du planteur, l’historique et
les motivations de sa migration, sa religion, l’organisation de ses repas,
l’âge et le lien de parenté de ses dépendants, la surface pour chaque cultu-
re ou association de cultures, l’éventuelle redevance pour la terre. Deux
passages ont permis de toucher la presque totalité (99 W) des 3 416 planteurs
sénoufo de la région.

L’échantillon de 60 exploitations (niveau 3), soit 2 % des


exploitations du niveau 2, a pour vocation de pallier la probable impréci-
sion de certaines données du questionnaire, notamment les surfaces vivrières.
Les informations recueillies correspondent en effet aux seules déclarations
des planteurs sénoufo. Les critères d’échantillonnage sont les suivants :
zone d’accueil, sous-préfecture d’origine, nombre de personnes et d’actifs,
surface et technique en coton, situation matrimoniale du chef d’exploitation.
8

Une nouvelle enquête est réalisée auprès de ces 60 exploita-


tions . Elle inclut Les informations demandées lors du premier passage
et comprend des questions supplémentaires, concernant l’organisation au
travail (faisceau d’entraide en particulier), les liens (notamment finan-
ciers) avec le village d’origine, l’habitat. Mais, surtout, toutes les par-
celles de ces 60 exploitations sont mesurées.

Cette méthode en trois paliers successifs présente un in-


térêt double. Il a été vu qu’elle concilie exhaustivité et précision :
l’ensemble des migrants cotonniers sénoufo sont repérés et les échantillons
en cascade permettent une analyse plus approfondie.

Mais elle permet aussi d’apprécier la validité des résultats


de chacun des deux premiers niveaux, moins fiables, par confrontation des
parties communes à deux niveaux voisins. Un coefficient correcteur, calculé
sur les parties communes à deux paliers , peut être appliqué à l’ensemble du
niveau supérieur, ou les résultats de ce dernier peuvent être jugés inutili-
sables s’il apparaît une dispersion trop grande des résultats.

Lors du dépouillement, un problème s’est posé : la défini-


tion de la cellule socio-économique pertinente. L’encadrement agricole uti-
lise le terme de “planteur” , qui correspond en fait à toute personne dont
le nom est inscrit sur le cahier du moniteur. Ce concept est inadéquat dans
certains cas : deux parcelles de coton appartenant au même individu peu-
vent parfois être enregistrées sous deux noms différents (par crainte sem-
ble-t-il qu’une surface importante de coton ne soit pas acceptée), ou un
planteur peut n’avoir qu’un champ individuel et travailler pour un autre
planteur, dont il dépend en fait.
9

Bien qu’il soit ambigu, le terme d”‘exploitation” a été


adopté. Il est entendu ici comme l’ensemble des personnes travaillant
sous la direction d’un même individu. Deux planteurs, voire trois, sont
donc parfois incorporés dans la même exploitation, l’un d’eux en étant le
centre de décision principal, tandis que les autres, titulaires d’une
parcelle individuelle, ne sont que des centres de décision secondaires (1).

L’absence de coïncidence systématique entre exploitation


et planteur implique donc des réajustements en fonction des résultats du
questionnaire. Il est spécifié dans ce dernier si le planteur dépend d’un
autre ou s’il en contrôle un ou plusieurs.

Toutefois, cette inadéquation du concept de planteur ne


lui ôte pas tout intérêt, loin de là. L’identification de l’exploitation
cotonnière passe impérativement par le planteur, seul rapidement repérable,
par lecture du cahier de l’encadreur villageois. De plus, nous verrons
que, du fait du faible nombre de champs individuels, s’expliquant par la
segmentation des unités de production successive à la migration, presque
tous les planteurs sont en fait chefs d’exploitation.

Ne disposant pas de termes plus satisfaisants, ces deux


vocables sont donc utilisés dans ce rapport. Le mot planteur désigne toute
personne titulaire d’une parcelle de coton ; il correspond d?nc à un cen-
tre de décision économique même s’il n’est pas chef d’exploitation. L’ex-
ploitation a déjà été définie plus haut.

. Le ;ttla,Lt~meti in&r.maL&é den donnéti

Un premier dépouillement, manuel, pour les variables essen-


tielles du questionnaire, a été effectué dès la fin de celui-ci. Il a permis
d’avoir rapidement un aperçu plus précis de ces migrations cotonnières
mais, surtout, était nécessaire pour l’établissement de l’échantillon de
60 exploitations.

(1) : Nous avons exposé en détail cette coexistence de différents centres


de décision dans une précédente publication. LE ROY (X.) L’hntttaduciian
dti u.&htu de mppoti darzn 1’ agticuRtuhe ui.uiLiQm aénou& . Le ca de
KcUz.ukpo. Abidjan, Centre ORSTOM de Petit-Bassam ; 1980, P. 97 et suivantes.
10

Compte tenu du nombre important de questionnaires, le trai-


tement manuel s’est vite avéré peu opérant pour exploiter au mieux les in-
formations recueillies. Le recours à l’informatique a été nécessaire.

L’initiation à cette technique, si elle s’est montrée


fructueuse, a provoqué un retard important par rapport aux prévisions
initiales.

Un premier passage par ordinateur a été fait, donnant les


fréquences par variable et quelques tableaux croisés. Préparé à partir
de ces résultats, un deuxième traitement reste à faire. Allant plus en
profondeur, il fera appel à l’analyse multidimentionnelle, notamment
l’analyse factorielle des correspondances. Un troisième passage sera con-
sacré à l’échantillon de 60 exploitations : appréciation de sa représenta-
tivité, confrontation des superficies déclarées et mesurées, ainsi que
des réponses fournies lors des deux passages.

La presque totalité des enquêtes sont achevées. Seule reste


la collecte, auprès de l’encadrement agricole, des productions pour la cam-
pagne 1980-1981, ainsi que le nombre de planteurs et les surfaces de
1’ année agricole suivante.

L’absence de ces renseignements, combinée au retard dans le


traitement, évoqué ci-dessus, et à des erreurs de recodage de certaines
variables, ne permettent de publier, pour le moment, que des résultats
partiels. Malgré la faible profondeur de l’analyse, ils donnent toutefois
de façon précise les informations principales et permettent d’avoir une
image assez fidèle du mouvement migratoire étudié.

Ce rapport n’est donc qu’une étape, une publication défi-


nitive étant prévue début 1982. Il comprend beaucoup de chiffres bruts, com-
mentés succintement dans le texte.
11

Conçus dans l’optique de la publication finale, les tableaux


présentés ici sont parfois incomplets, certains chiffres n’étant pas enco-
re disponibles. Ceci explique les nombreux blancs, que contiennent la plu-
part des tableaux, et pour lesquels nous demandons l’indulgence du lecteur.

La présente étude ‘inscrit dans une analyse plus large de


l’économie rurale sénoufo. Elle fait suite à des travaux dans le département
de Boundiali (l), dont les résultats ont été précieux pour la compréhension
des migrations cotonnières sénoufo.

Mais le travail actuel fait abstraction de l’impact de


ces dernières sur la région de départ. Aussi, une recherche ultérieure est
prévue. Consacrée à la principale zone de départ, incluse dans le départe-
ment de Korhogo comme il sera vu plus loin, elle abordera ces migrations
sous un angle différent.

Deux chapitres, coïncidant avec chacun des deux premiers


niveaux d’observation, composent cette publication.

Le premier est consacré à l’ensemble de la région d’accueil.

Le second à la principale région d’accueil.

(1) : Cf. note page 9.


12

PIWTER CffAPlTRE

ENSEMBLE DE LA REGION D'ACCUEIL


13

Ce premier chapitre situe l'ensemble des migrations coton-


nières sénoufo dans l'espace ivoirien, précise leur importance et la place
qu'elles occupent dans la production cotonnière de la région d'accueil.

Les chiffres présentés sont ceux fournis par les moniteurs


de la C.I.D.T. (Compagnie Ivoirienne de Développement des Textiles), la
société d'économie mixte chargée de l'encadrement agricole de la partie
nord de la Côte d'ivoire, et plus particulièrement de la culture du coton.
Il a été le plus souvent nécessaire d'aller voir chacun des encadreurs
villageois, les statistiques cotonnières distinguant rarement les Sénoufo
des autres allochtones ivoiriens.

Une distorsion apparaît parfois entre les résultats obte-


nus dans chaque centre et ceux consultés dans les zones C.I.D.T. Mais elle
est toujours très légère et ne modifie en rien les conclusions.

Les enquêtes ont porté sur tous les secteurs (1) C.I.D.T.
concernés par le phénomène migratoire étudié, c'est-à-dire ceux de Mankono,
Séguéla et Bouaflé. Seule la partie sud du secteur C.I.D.T. de Korhogo
(zone C.I.D.T. de Dikodougou) a été retenue, les autres zones C.I.D.T. de
ce secteur n'accueillant pas de migrants cotonniers sénoufo. Il en est de
même de tous les autres secteurs C.I.D.T.

(1) : Les différents échelons de l'encadrement CIDT sont, en partant de la


base : centre, section, zone, secteur.
l
BOUMOIALI
KORHOGOe
MIGRATIONS COTONNIERES !

SENOUFO 1980-1981
9L
ZONAGE DE L’ENSEMBLE DE
LA REGION L)‘ACCUEIL 1
/
/
DIKODOUGOU

MORONDO

SARHALA

05

MANKONO
TIENINGBOUE

I SEGUELA . MANKONO

KOUNAHIRI

KONGASSO

BOUAKE

DALOA
15

Il est possible que les régions non touchées par nos


investigations contiennent tout de même quelques migrants cotonniers
sénoufo. Mais nous affirmons que leur nombre est insignifiant. Aussi
est-il possible d’avancer que la recherche entreprise couvre l’ensemble
des migrations cotonnières sénoufo.

Une mention particulière doit être faite pour la frange


sénoufo d’accueil. Autochtones et migrants étant de même ethnie, le re-
pérage de ces derniers était très difficile. Aussi a-t-il été demandé, à
tous les planteurs sénoufo de cette partie, leur village et leur sous-
préfecture d’origine. Seuls sont considérés comme migrants les originaires
d’une sous-préfecture différente de celle où ils résident actuellement,
à l’exclusion des quelques mouvements locaux.

La carte de la page 22 situe les villages accueillant


des migrants cotonniers sénoufo. Ces localités s’étendent des marches
méridionales du pays sénoufo à l’orée de la forêt (Daloa - Bouaflé).
La limite occidentale suit approximativement l’axe routier Boundiali -
Séguéla - Daloa. Le Bandama et le lac de Kossou forment la frontière
orientale.

Cette région d’accueil couvre le sud du département de


Korhogo, ceux de Mankono, Séguéla, Zuénoula et les parties septentrionales
des départements de Daloa et Bouaflé.

Les ethnies hôtes sont surtout Malinké et Gouro. Il


faut rajouter la frange sud du pays sénoufo, les Bété du département de
Daloa et quelques petits groupes ethniques.
15

La production cotonnière est l’objectif principal de ces


migrations. Les cultures vivrières sont généralement pratiquées aussi,
essentiellement pour l’autoconsommation, mais le coton occupe presque
toujours une place prédominante.

Deux exceptions apparaissent cependant. Au nord-est, la

zone C.I.D.T. de Dikodougou, au sein de laquelle se chevauchent la région


d’accueil des migrations cotonnières sénoufo et celle de production
vivrière des vallées du Bandama et du Bou, mentionnée dans l’introduction
(1). Au sud, la frange forestière, où le coton est concurrencé par le
café.

Mis à part ces deux cas particuliers, tous les migrants


sénoufo de la région d’accueil produisent du coton.

Près de 5 600 planteurs (5 579) de coton sénoufo migrants

ont été comptabilisés. Si l’on applique le nombre moyen de 3,9 personnes


par planteur, trouvé pour la principale région d’accueil (cf. chapitre 2),
il est possible d’estimer à près de 22 000 le nombre de Sénoufo partici-
pant à ce phénomène migratoire.

Ces planteurs sénoufo occupent une place importante dans


la culture cotonnière de la région d’accueil, leurs effectifs atteignant
20 % de l’ensemble des planteurs de coton de celle-ci. Alors que les
autochtones ne représentent qu’un peu plus de la moitié (55 %) des plan-
teurs de coton, les autres migrants ivoiriens correspondent à 7 % et les
non-Ivoiriens (Voltaïques, Guinéens, mais surtout Maliens) à 18 %.

(1) : Page 6.
17

Cette importance des migrants sénoufo est encore plus


nette en considérant les surfaces. Ils cultivent plus de 15 000 ha
de coton (15 251), soit 38 % de la surface en cette spéculation. Ce
pourcentage n’est que légèrement inférieur de celui des autochtones
(39 %). Les autres Ivoiriens participent à 5 % de la superficie et les
non-Ivoiriens à 18 %.

Cette valeur relative plus grande pour les surfaces découle


d’étendues en coton par p lanteur, nettement plus élevées pour les Sénoufo
2,7 ha en moyenne, contre seulement 1:l ha pour les autochtones, 1,0 ha
pour les autres Ivoiriens et 1,4 pour les étrangers.

Nous ne disposons pas encore des tonnages vendus, mais ils


donnerant probablement une part comparable à la production sénoufo.

La carte de la page 4 donne la répartition spatiale des mi-


grants cotonniers sénoufo. Le nombre de planteurs par village y est repré-
senté par des points, chacun d’eux équivalant à 10 planteurs. Les locali-
tés contenant moins de 5 planteurs ne sont donc pas représentées.

Les valeurs précises par village sont rassemblées dans les


tableaux des pages 23 à 29. Les numéros de village correspondent à ceux
de la carte de localisation des villages d’accueil, qui les précède.

Cette carte de la page 4 met en évidence une densité dans


l’espace très irrégulière. Les axes routiers principaux jouent un rôle
important, de nombreuses implantations se faisant dans les villages qu’ils
traversent. L’intensité du peuplement tend à diminuer en allant vers le
sud.

La plus forte concentration s’observe à Dianra village et les


villages avoisinants. Dans le reste de la région d’accueil, la densité
d’occupation par les migrants sénoufo est plus lâche. Notons toutefois
un certain regroupement le long du lac de Kossou.
18

Afin de préciser ces variations spatiales de l’implantation


sénoufo, l’ensemble de la région d’accueil a été divisée en “zones”, cette
appellation ayant été retenue du fait de leur coïncidence partielle avec
celles de l’encadrement C.I.D.T.

Le découpage retenu s’inspire de celui de l’encadrement


agricole, tout en tenant compte des limites ethniques. Nos zones, repré-
sentées à la page 14, correspondent à celles de la C.I.D.T. dans les
cas suivants : Sarhala, Marandala, Séguéla, Daloa, Zuénoula, Gohitafla,
Bouaflé.

Par contre, voulant dissocier les aires d‘habitat sénoufo


et malinké , nos zones septentrionales prennent quelques libertés par
rapport à celles de la société d’encadrement. Les zones C.I.D.T. de
Dianra sous-préfecture et Dianra village sont globalement scindées, se-
lon la séparation ethnique, en zones Dianra sénoufo, et Dianra malinké.
Les zones C.I.D.T. de Marandala et Kani subissent le même sort. La zone
C.I.D.T. de Dikodougou a été partagée en Dikodougou sénoufo et
Dikodougou malinké.

Un peu plus au sud, la zone C.I.D.T. de Mankono a été


fractionnée en zone Mankono, d’ethnie malinké, et zone Kongasso, celle-
ci correspondant à plusieurs petites ethnies autochtones, coïncidant
avec la section C.I.D.T. de même nom.

Notre zone Tiéningboué est celle de la C.I.D.T. diminuée


de ses trois villages baoulé (1). Ces derniers ont été joints à la zone
Kounahiri.

(1) Ces trois villages sont Totokro (n” 256), campement Kouassi Kouamékro
(n” 257) et Totogbé non numéroté parce que ne recevant pas de Sénoufo.
i 9
.7 .._ -- I ,‘., ? z Y 0 T 0 :; ‘: I E R Z 2 h R 23::E E’Y ? ~1 R ETHNIE

2 >. 1: 9 ;’ E :J S E F.1 n L Y 3E LA RIGION D’ACCUEIL

CUPAGNE 1980 - 1981

souAcs : moniteta~ C.I.U.T.

1 AUTCCHTONES BUGRAhTS SWWFO AUTRES IWRIENS

! - Llianra

; - Yarandala

5 - ‘lankono

6 - Tiéningboué

8 - Dikodougou

a74 1400 2037 3113


43 % 45 % JO0 % JO0 0

165 181 2418 2174


7% ti% 100 % 100 %

79 69 742 700
11% 10% JO0 % 100 â

205 630 11342 362 276 3587


11 % 34 % 4J % 19 % 15 % 13 % 24; 4%
72 3%
912 100
1949 % 100
1840% 100 %
27808

287 673 11378 390 305 38lC a32 691 9562 1782 1849 26715
16 % 36 % 43 % 22 % 16 % 14 % 47 % 37 % 36 % 100 % 100 % 100 %

132 460 7398 60 49 82! 103 132 1699 1144 II57 14326
12% 40% 52% 5 % 4% 6% 9 % JJ % 12 % 100 % JO0 % ta0 %

2158 2263 28729


16 - Gohitafla 100 % 100 % 100 %

260 916 54 70 285 538 712 1612


17 - Bouaflé 40 %
37 % 57 % 8 % 4% 33 % 100 % 100 %

1363 4188 1436 1147 2410 3124 12942 14708


iJ % 28 % JJ % 6 % J9 % 21 % 100 % 100 %

TOTAL ENSEMBLE 15438 15559 5579 15251 1886 1933 5093 7059 27996 39802
REGION D'ACCUEIL 55 % 39 % 20 % 38 % 7% 5% 18 0 18 % 100 % lC0 %

(1) : Les numéros de zone renvoient à la carte de zonage.


20

L’examen du tableau de la page précédente, donnant la ré-


partition ethnique par zone, permet de retrouver la forte concentration
de migrants sénoufo caractérisant les alentours de Dianra village. La
zone Dianra malinké regroupe à elle seule 23 % de l’ensemble de ceux-ci.
Viennent ensuite les zones de Sarhala et Marandala avec, respectivement,
14 % et 11 %. Ces trois zones totalisent près de la moitié (48 %) des
migrants sénoufo.

Les autres zones sont beaucoup moins importantes. Mankono


en contient 5 %, Tiéningboué et Dikodougou malinké 4 % chacun. La fran-
ge sénoufo reçoit 13 % de ces migrants : Dianra sénoufo 7 %, Morondo
Kani sénoufo 5 %, Dikodougou sénoufo 2 %.

La partie malinké du département de Séguéla (zones 10 et


11) accueille très peu de migrants.

Pour les autres zones les parts relatives par rapport à


l’ensemble des migrants cotonniers sénoufo sont les suivantes : Kongasso
3 %, Kounahiri 4 %, Daloa 5 %, Zuénoula 2 %, Gohitafla 5 %, Bouaflé 5 %.

L’importance relative des surfaces cotonnières sénoufo


est comparable à celle du nombre de planteurs.

La place qu’occupent les migrants sénoufo dans l’ensemble


de la production cotonnière de chaque zone est spécifiée dans le tableau
de la page 19. Elle est la plus forte pour la première zone d’accueil
(Dianra sénoufo) : de l’ordre des 2/3 (61 % du nombre de planteurs et
66 % de la surface). Le lecteur se reportera à ce tableau pour les autres
valeurs.

Remarquons aussi une forte proportion pour les étrangers


à Morondo et Kani, à Daloa et à Bouaflé.
21

Selon les déclarations des agents de l’encadrement et des


migrants consultés, l’utilisation de la terre, gratuite au début, devient
de plus en plus payante. La situation en la matière n’est bien connue que
pour la principale région d’accueil (cf. chapitre 2). Il semble toutefois
qu’un montant de 5 000 F CFA par planteur et par an soit le tarif le
plus souvent pratiqué lorsqu’il y a location.

Cette pratique progressive, qui est loin d’être générale


lors de la campagne 1980-1981, provoque parfois le départ de certains
migrants. Ainsi le paiement demandé aux planteurs de Gohitafla et
Zuénoula à la fin de la campagne 1979-1980 a provoqué un reflux d’une
partie d’entre eux vers les zones d’accueil plus septentrionales.

La partie forestière de la zone de Daloa constitue un cas


à part, s’expliquant par la concurrence du café, évoquée au début de
chapitre. Les sommes élevées souvent demandées ne sont pas renouvelées
chaque année. En fait le coton n’est, pour la plupart des allochtones
de cette zone, Sénoufo ou non, qu’une première étape, l’objectif final
étant d’avoir une plantation de café. La culture du coton permet de
rassembler les fonds nécessaires à l’acquisition d’un terrain, puis
d’attendre que les caféiers produisent, le coton étant alors abandonné.
MIGRATIONS COTONNIEi
SENOUFO

VILLAGES D ‘ACCUEIL

1910 - 1991

limita sud du pays


- -- Sinoufr

limdts de II prioripi
---- ripion d‘accueil

-.-.- Limite du diparrsms

\ ---&Y%

148
‘WOROflA

Y-,,: %

-.-.-
23

Cj‘LTURE COLONNIERE DES !+IGRANTS SENOUFO, PAR VILLAGE

SOURCE : MONITEURS C.I.D.T. l- SOURCE : ENQUETES O.R.S.T.O.M.

Nombre de Surface en Production Nombre de Surface en Production


:OSE VILLAGE
planteurs hectares en quintaux planteurs hectares en quintaux

I 1 - !~ïanandougou . 3 2, 5 27 3 2,5
/ :! - l.alogo 46 a7 745 45 88
3 - Kan Sokoura 28 48 313 23 41,5
/ 1 : - Campement Youssouf 140 350 4 795 135 336
5 - Dianra village 313 603 7 453 271 757

/ ’5 - Tamafourou 195 552 5 116 186 577,5


7 - Kodiodougou 34 65 662 34 65

3 - Nodioni 230 738,5 7 714 213 696

i I3 - Faraba 162 490,5 5 377 137 473,5

10 - ‘lahan 113 236 2 761 100 293

II - Diénéni 35 105,5 1 417 30 104,5

TOTAL 1 299 3 278 36 380 1 177 3 434,5

89 - Samatiguila 8 12,s 8 12,5

12 - Farakoro a4 170 a5 174

13 - Campement Issa II 55 Il 55

14 - Bissidougou 50 140,5 50 140

15 - Ouattaradougou 17 44 19 47
16 - Gbondougou 16 33 14 30,5
17 - Mars 45 100 39 94

TOTAL 231 555 226 553


-
18 - Nguissidougou 121 293 118 289
19 - Kafigué 14 37,5 14 42,5
20 - Sononzo 128 379,5 117 358

21 - Campement sénoufo 134 362 126 355,5


22 - Missidougou 85 255,5 83 251,5

23 - Campement Biélou 78 271 79 277


?4 - Diémédougou 43 123,5 43 125,5
25 - Tabakoro 21 47,5 20 43
26 - Fizankoro 67 200 62 192
27 - Madina 10 18 10 18
28 - Sarhala 26 57 26 57,5
29 - Kodoum 4 13,5 4 10.5
30 - Bougounon 5 10,5 5 10,5
31 - Flasso 10 43,5 10 43,5
32 - Sirhio 2 1 2 1
33 - Gnangana 15 29 20 31,5

TOTAL 763 2 142 739 2 106,5


LLAGE

r SOURCE : !4ONITEURS C.T.D.T. SOURCE : ENQUETES O.R.S.T.O.X. 1


Nombre de Surf ace Froduction Nombre de Surf ace Production
planteurs en hectares en quintaux planteurs en hectares en quintaux

34 - Campement Bikassi 61 215 2 987 51 181


35 - Bikassi village 36 65,5 19 52,5
36 - Paniko 79 287 3 591 63 228,5
37 - Somokoro 27 95,5 3 735 25 92,5
38 - Sanakoro 52 147,5 2 149 47 150,5
39 - Téképé 22 67,5 21 65
40 - Farakoro 24 67,5 701 24 69,5
41 - Marandala 141 453,5 130 426
42 - Kpesso 2 3 38 2 3
43 - Borokodala 9 18 239 9 18
44 - Kouassidougou 27 151 36 168
45 - Tiéningboué Bobo 30 96,5 31 95
46 - Koubré 16 37,5 17 38,5
47 - Tiomondougou 19 49,5 407 20 51,s
48 - Diédougousso 5 695 210 5 11
49 - Takanazo 4 8,5 139 4 8,5
50 - Lokouasso 26 70,5 1 188 26 71,5
51 - Tabakoro 16 42 450 14 35,5
52 - Kamoro 7 18,5 240 6 17
53 - Koualé 14 41,5 12 36
54 - Lenguékoro 5 9 4 8
55 - Guésso 5 10 6 Il,5

TOTAL 627 1 961 572 1 838,5


L L
r -
?- SOL’RCE : ESQL’ETES O.R.S.T.O.X.

‘iombre de Surface Xombre de Surf ace Production

planteurs en hestarcs planteurs en hectares en quintaux

56 - Toumono 51 147,25 49 142,5

57 - Tonzoa 3 1,5 3 795


58 - Gona 8 27 8 27

59 - Dawara 37 124,s 38 149


60 - Campement Sory 6 25 5 17

61 - Campement Brahina 49 146,5 50 168,5

62 - Campement Kakoffi 2 2,5 2 2,5


63 - Campement Xdo 32 141 32 141

64 - Campement Loloko Il 25,s 11 28

65 - Soudougouba 6 8 5 795
66 - Campement Abdoulaye 2 4 2 4

67 - Campement Nambi 8 20,5 8 20,5


68 - Vatiékoumba 15 36,s 15 36,5
69 - Mankono 10 14,5 7 995
70 - Oussougoula 4 695 5 7
71 - Campement Tiéfélé 10 l5,5 9 14,5
72 - Madian 2 1 1 095
73 - Tyéfinédougou 3 3 3 3
74 - Bayakala 6 695 6 695

TOTAL 265 762,75 259 792,5

75 - Kobadala 7 24,5 370 7 24,5

76 - Pokoundougou 13 33,5 404 13 33,5

77 - Kamarala 1 2 26 1 2
78 - Nigbaralatiéné 1 195 25 3 4
79 - Tangola 22 47,5 22 46
80 - Kouakoudougou 14 34,5 15 34,s
81 - Gbingoro 1 035 7 1 095
82 - Diakobou 17 49,5 858 17 49,5
83 - Campement Siriki 15 52 771 15 52
84 - Campement Dialakoro 3 4 90 2 4
85 - Tiéfindougou 10 39,5 849 8 43,5
86 - Tiéningboué 3 7 129 1 1
87 - Baradougou 4 11 203 4 11
88 - Bada 120 412,5 5 626 115 403,3

TOTAL 231 719,5 224 709,3

TOTAL PRINCIPALE REGION D'ACCUEIL 3 416 9 418,X 3 197 9 434,3


‘.,y::br* ris Surf ace Production
planteurs en hectares en quintaux

90 - hrctou i :2 358
91 - Gb«ngongo 21 57
9’ - Sienkouna 8 9
93 - Y;rlkilii 15 17,5
94 - Dalagbé 30 45 35
95 - Diarradougou 9 18
96 - Solifono 9 13,5
97 - Gbatosso 23 29,5
98 - Loloko 17 16,5
99 - Dianra sous-préfecture 15 32
100 - Campement Yakdry 45 102,5
101 - Katiali 23 49,5
102 - Campement Daouda 7 14,5
103 - Toutey 19 53,5
104 - Campement Diaby 19 48

Y 0 T A 1. 401 854,5

105 - Zangboplé 12 13,s


106 - Kalaha 2 2
107 - F@uéré 1 1
108 - Kafiplé 2 1
109 - Katiorkpo 4 8
110 - Guiembé 3 7.35
III - Lagnonkaha 4 3
112 - Tapé 2 2,5
113 - Latamakaha 3 4,5
114 - Tiégama 2 1
115 - Nongotaha 1 195
116 - Noufré 1 1
117 - Sakpokaha 5 795
118 - Pindokaha 1 2
119 - Kaprémé 3 3
120 - Karafiné 1 1
121 - Séguébé 4 435
122 - Dikodougou 12 23,5
w ..
123 - Poundya 2 135
c(
;L 124 - Sionwakaha 2 2 22
z 3
CU
z 125 - Toufoundé 10 11,5
w
0 v)
E+ 126 - Sikelvogo 17 26
i.?
0 127 - Soumborosso 21 24
d
v
!Y
TOTAL 115 148
w -e
a 128 - Hermankono 6 16
3 129 - Notoun 2 195
Ei
4 130 - Séfrédio 13 45
3 131 - Morondo 4 8
v
132 - Mignidéni 1 1
133 - Fingolo 2 3
134 - Sétoumon 6 11,5
135 - Lipara 4 8
136 - Banandié 2 295
137 - Bafritou 65 131
138 - Niondjé 12 18
139 - Djélisso 6 8,5
140 - Fadiadougou a2 171
141 - Manabri 79 216,5

TOTAL 284 641,5

TOTAL FRANGE SENOLJFO 800 1 644


1
Production
en quintaux

!iZ - >!assasso 96
ii3 - irototou .!,j
i:A - S?ba
L .?
1:5 - Sanagoro 3
l-l5 - Wcogbo 1
1-i: - Tiesso 1,5
~-
TOTAL 108
---
148 - Worofa 1
149 - Nongbara 5
150 - Bé&ni 1,5
151 - Siana 2
152 - Sifié 8
153 - Talla 2,5
154 - Babien 1>5
155 - Séguéla 5
156 - Téguéla 1

TOTAL 15 27,5

157 - Tulé 13 38
158 - Ninakrisso 47 153,5
159 - Kawagouma 4 6
160 - Kongasso 37 40
161 - Fouanga 6 5
162 - Tofesso 1 1
163 - Brounou 16 24,5
164 - Campement Gbato 14 19
165 - Toubalo 2 4
166 - Campement Camarasso 9 13,5

TOTAL 149 304,5

167 - Campement sénoufo 57 190 3 567


168 - Kouata 14 48 770
169 - Tianda 5 14,5 109
170 - Soukourougban 8 12,5 231
171 - Foutounou 8 7 361
172 - Golipla 6 27 401
173 - Kounahiri 4 435 55
174 - Gbomassapla 1 995 72
175 - Trafesso 2 2 25
176 - Agbahou 16 49 855
177 - Borébo 18 57 1 027
256 - Totokro 26 44 754
257 - Cpt Kouassi Kouamékro 40 164,5 3 112

TOTAL 205 629,5 11 342


r SOURCE : ‘IOSITEURS C.I.D.T. 1
yombre de Surf ace Production
v 1 L L A G E planteurs en hectares en quintaux

78 - Campement Téniforo 10 36 590


79 - Campement Koronan 1 5 74
180 - Campement Raphaël 18 68 1 034
IRI - Campement Gloanfla 13 37 500
182 - Gloanfla 1 2 21
183 - Botifla 1 13 45 1 122
i84 - Sobédoufla 15 31 536
185 - Bodouasso 7 17,5 226
186 - Yogono 1 27 115 2 391
187 - Yuala 6 14 265
188 - Danano 5 22,5 179
189 - Zouzra 9 32,5 546
190 - Campement Dézra 15 54 891
191 - Campement Bénoufla 14 63 1 250
192 - Sénoufla 3 6 69
193 - Campement Poronan 2 12,5 216
194 - Campement Gozi 5 735 102
195 - Zaara 3 3,5 43
96 - Vavoua 9 7 104
.97 - Déma 1 0,5 4
198 - Baoulifla 10 a 85
199 - Campement Baoulifla 9 695 85
!OO - Bonoufla 26 20,5 197
!Ol - Zokoguhé 3 2,5 25
202 - Toroguhé 1 035 3
203 - Daloa 2 195 19
204 - Nanoufla 5 5,5 95
205 - Ourouta 3 3 40
206 - Luénoufla 15 11,5 185
207 - Gonaté 3 3 45
208 - Zalihouan 4 435 56
209 - Zagoréta 4 3 46
210 - Kékégoza 3 2,5 30
211 - Gbazia 3 3,5 47
212 - Yokoréa 1 095 3
213 - Sibra 6 4 35
214 - Kraka 8 8 142
215 - Bissaguhé 3 4 61
216 - Za 1 1 16

TOTAL 287 673 11 377


29

c ,--, y , ‘; :: I .r; 1’ -Y
_ DES '.! 1 G R A h: T S SE-JOUFO, 0 A R VILLAGE

r MONITEURS C.I.D.T. 1
Sombre de Surface Production
ZOniE VILLAGE
planteurs en hectares en quintaux
117 - Campement Bowelr
. r
5 l6,5 171
218 - Douénoufla 7 29,s 485

219 - Zanzra 10 32 564

220 - rrahounfla 15 96 401

221 - Béziaka 18 128 2 379

)"7
__- - Douanzra 8 16,5 272

223 - Kanzra 2 4 $3

324 - Kouablézra 17 52 823

225 - Zorofla 1 0,5 9


226 - GorédQELa 2 29.5 33

227 - Bangofla 2 3 16

228 - Bofla 3 10 107

229 - Goretta 1 195 18

230 - Douanonfla 21 56,5 969

231 - Kaloufla 2 135 27

232 - Paoufla 2 2,5 5


233 - Zuénoula 4 495 57

234 - Benzra 2 2,5 19

TOTAL 132 459,s 7 398

235 - Kaloufla 2 7 69
236 - Kouassikro 2 3 36

237 - Gouzan 61 268 4 891

238 - Bongo 30 98 1 633


239 - Campement Sitafa 36 88,5 1 482
240 - Oreitafla 6 lb,5 214

241 - Campement Navouga 18 40 801

242 - Campement Adama 40 238 3 971

243 - Maminigui 3 455 72


244 - Campement Béma 34 203,s 3 538
245 - Campement Ousmane 14 50 972
246 - Diakoy 15 34 522

247 - Ndekro 6 17 306

TOTAL 267 1 068 18 507

248 - Saigonozio 46 195,s


249 - Tazuo 52 158,5
250 - Campement Ali 34 145
251 - Mossikro 35 114
252 - Bouafla 36 119
253 - Pacouabo 7 13

254 - Bouaflé 18 21
255 - Kossou 32 150

TOTAL 260 916

TOTAL AUTRES ZONES 1 363 4 186

TOTAL ENSEMBLE REGION D'ACCUEIL 5 579 15 248,25


30

SECOh. CtfAPITRE

PRINCIPALE REGION D'ACCUEIL


31

Ce second chapitre aborde, de façon plus approfondie,


l'étude des migrations cotonnières sénoufo dans une partie de la région
d'accueil.

Les limites de cette région sont portées sur la carte de la


page 4 et celle de la page suivante. Ce sont, au nord, la frontière entre
les ethnies sénoufo et malinké ; au sud, la limite méridionale du pays
malinké ; à l'ouest la Maraoué ; à l'est le Bandama.

Toute cette région se caractérise par une ethnie autochtone


unique : les Malinké. Elle correspond au département de Mankono, amputé
de sa fraction méridionale et agrandie de la portion malinké du départe-
ment de Korhogo (sud de la sous-préfecture de Dikodougou), c'est-à-dire
les environs de la localité historique de Boron.

. 67 % du mighavu2 ccdonnkti aénou&

La région ainsi délimitée regroupe la majeure partie des


migrants cotonniers sénoufo. Avec plus de 3 400 planteurs, elle correspond
à 61 % de ceux-ci. Les surfaces en coton lui donnent une importance
équivalente.
MIGRATIONS COTONNIERES SENOUFO 1980-1981
PRINCIPALE REGION D ‘ACCUEIL

. .. . .. .. ::*
Manndia
k _ l :::::

..*..
. .. ..

*,’ l

1
-----
_-----w- --
i-
-----

1 point = 5 nxploitationt

---- Limite ds It région enquitia Piriet w Cours d 'aau

20 Km
OU
33

Aussi, la désignons-nous par 1 ‘expression “principale région


d’accueil”.

Une enquête historique, réalisée en commun avec un ethno

linguiste, a permis de confirmer l’implantation ancienne de villages


sénoufo, antérieure à celle des Xalinké. L’arrivée de ces derniers a
provoqué la fuite d’une partie de ces Sénoufo et l’assimilation progres-
sive de l’autre.

Ainsi subsistent des noyaux d’origine sénoufo dans les


huit vi Il ages suivants : Ouataradougou près de Boron ; Sononzo ; Ménéni,
Samanoso, Sirhio et Koroso près de Sarhala ; Paniko près de Marandala ;
Kogolo aux portes de Mankono.

Ces descendants d’une lointaine installation sénoufo


s’appellent Sonon, sobriquet malinké des Fodonon, un des sous-groupes
sénoufo de la région de Korhogo. Ils sont maintenant complètement accul-
turés, ayant adopté la religion musulmane et la langue de l’ethnie domi-
nante. Nous n’avons pu trouver que quelques rares personnes très âgées,
connaissant encore quelques mots de leur ancien parler.

Malgré leur forte intégration dans la société malinké, des


liens encore tenaces subsistent entre les villages sonon, notamment lors
des funérailles, pour lesquelles les autres villages sonon envoient une
délégation. Ils ne semblent pas, par contre, avoir de relations avec la
région de Korhogo. Ils paraissent de plus indifférents aux migrants
sénoufo venuss’installer chez eux ou à proximité.

Les données exposées dans ce chapitre sont issues d’un


questionnaire, présenté dans l’introduction et contenu dans les deux
dernières pages du rapport.
YIGRi4TIONS COTOtiSIERES SEXOLJFOEN 1980-1981

PI-<INCIPALE REGION D'ACC1JEIL

730

100

600

soc

400

300

200

100

1 f 1 I 1
1900 IT 76 73 74 73 72 71 70 69 66 67 66 Ad.
35

Deux passages à des dates différentes ont permis de toucher


la quasi-totalité des planteurs sénoufo de coton de la campagne agricole
1980-1981 : 3 174 sur les 3 416 recensés soit plus de 99 %. Les chiffres
présentés ici correspondent à ces 3 174 planteurs, regroupés en 3 069
exploitations. Le nombre moyen de 1,03 planteur par exploitation démontre
la coïncidence fréquente entre planteur et exploitation.

Remarquons le nombre de planteurs recensés légèrement infé-


rieur à celui (3 416 planteurs) obtenu à partir des informations fournies
par les moniteurs C.I.D.T. En effet, ceux-ci comptabilisent parmi les
Sénoufo des planteurs originaires du nord de la Côte d’ivoire mais
de groupe ethnique distinct : Dioula, Noumou, Samoro.

Le diagramme de la page précédente visualise la répartition


des exploitations selon l’année d’arrivée dans la principale région
d’accueil. Il met nettement en évidence le caractère récent du phénomène
migratoire.

Bien sûr le questionnaire ne tient pas compte des éventuels


migrants revenus dans leur village ou partis autre part. 11 semble toute-
fois que ce reflux, si jamais il existe, est minime. De plus les arrivées
antérieures à 1966 sont exceptionnelles.

Trois périodes de cinq ans se détachent. Rares sont les


migrants établis entre 1966 et 1970 : seulement 1 % des chefs d’exploita-
tion de 1980 - 1981 sont arrivés à cette époque. Une légère accélération
des installations se manifeste en 1971. Mais les chefs d’exploitation
installés de 1971 à 1976 n’atteignent que 11 %.

La brusque augmentation annoncée dans l’introduction, pour


l’année 1976 et surtout 1977, est patente. En fait la majorité des plan-
teurs ne sont là que depuis 1976. Les cinq dernières années correspondent
;1 88 7 et les quatre dernieres à 81 X. Les données de la campagne 1980-1981
permettront de voir si le rythme d’arriv5e se maintient ou non.

La plupart (79 Z) des chefs d’exploitation ont migré


directement dans le village actuel. Toutefois 18 % sont à leur deuxième
installation, 2 Z à leur troisième. Plus de 3 villages (jusqu’à 6) est
tout à fait exceptionnel.

La comparaison de la répartition des chefs d’exploitation


selon le nombre de campagnes dans la principale région d’accueil et
dans le village actuel,sur le tableau de la page 44,montre un léger
décollage qui prouve que quelques migrants ont habité plusieurs villages.

Quelques uns se sont établis quelque temps en pays sénoufo


ou dans le reste de la Côte d’ivoire, Basse-Côte essentiellement, mais
ils ne correspondent qu’à une fraction réduite, ainsi que le montre ce

même tableau de la page 44.

La carte de la page 32 donne la répartition spatiale des


exploitations. Un point correspond à 5 exploitations. Malgré quelques
petites différences,elle donne une image semblable à celle de la carte
de la page 4, établie à partir des chiffres C.I.D.T.

La concentration intense autour de Dianra village, l’instal-


lation privilégiée le long des axes routiers principaux, la diminution
de l’implantation en allant vers le sud sont tout aussi évidentes.

Il y apparaît l’absence de peuplement le long des deux cours


d’eau importants de la région : la Maraoué et le Bandama. Cela prouve que
cette migration n’est pas liée à l’éradication de l’onchocercose. L’implan-
tation sénoufo se fait le plus souvent dans des villages malinké déjà
existants. Quelques campements sont toutefois créés.
,2. 1; :; F, :i 3’I:;ST;LLATI3?G DES CEZES D’EX?LOITXTION

? .I R ZO‘u’E D’ACCUEIL

Avant
1973 1 1972 1971 TOTAL
/ 1971
/
31 / 55 39 21 1 113
6' 3 3 1 217

14 ~ 8 2 6 714
911 8 3 556
4; 2 4 7 251
/
8'4 1 1 218

72 / 73 57 39 3 069

VALEURS RELATIVES
utité : paumentage den expkdaLîonb
paJl zone

Avant
ZONE D’ACCUEIL 1980 1979 1978 1977 1976 1975 1974 1973 1972 1971 TOTAL
(1) 1971
I I

J
Qknna maLLnké 16 14 20 22 9 3 3

Vikodougou mo.LLnké 32 25 17 8 7 3 1

SWLh0.h 20 23 24 21 5 2 1

.%vmdaLa 25 19 32 12 6 1 2

!l!mkotlo 27 24 20 14 5 2 2

T&&ingboué 21 23 29 10 6 3 2

ENSE,WE 21 19 23 18 7 3 2

(1) : Cf. carte de zonage.


38

Le lecteur voulant plus de détails pourra se reporter


aux tableaux des pages 23 à 25, des pages 58 à 60. Les informations y
sont rassemblées pour chaque village d’accueil. Le numéro de celui-ci
correspond à la carte de la page 22, ce qui permet de le localiser.

Il est toutefois intéressant de confronter la zone d’accueil


et l’année d’installation. Le tableau du bas de la page précédente per-
met de constater que la zone la plus dense, celle de Dianra malinké, est
celle où l’implantation est la plus ancienne. Les arrivées antérieures
à 1971 y sont rares,mais celles comprises entre 1971 et 1975 atteignent
18 %, valeur la plus élevée dans la région. Toutefois les cinq dernières

années sont également prédominantes : 81 %.

Les valeurs relatives pour ces cinq dernières années sont


comparables aux cinq autres zones : 90 % pour Dikodougou malinké, 89 %

pour Tiéningboué, 90 % pour Dikodougou malinké et Mankono, 93 % pour


Sarhala et Marandala.

Malgré cette installation plus ancienne dans la zone Dianra


malinké, celle-ci continue à être la principale région d’accueil comme
l’indique le tableau du haut de la page précédente. Viennent ensuite
Sarhala et Marandala, précédant de loin les trois autres zones. Celles
au peuplement sénoufo le plus fort continuent donc à recevoir le plus
de migrants.

. Kodtogu, ptincipal dZpouttemen;t d’otigine

Le tableau de la page suivante indique la distribution des


chefs d’exploitation par sous-préfecture d’origine. Il en ressort que le
département de Korhogo fournit plus des 3/4 (78 %) des migrants.
POPLILATIOY RTRALE

des sous-préfectures
d’ origine
, !<Ombre
Sous-prafccturt 1
source : recenseaent
d’ exploitations d’ individus Idministratif début 19:30
-- -
1.’‘il e ” r 1’ a 1 e l.l r Yombre densité
‘OUrcentaPe Pourcentage
absolue absslue l’habitants habitant/km

520 27 060 23

450 23 106 12
439 15 011 44
306 46 811 35
197 9 376 39
191 13 996 835
108 8 491 16,5
104 22 142 935
55 21 863 11
25 13 366 39,5
7 30 882 49

ENSE’BLE
DEPARTEVENT
2 402 -Y--q-- 232 104 18,s

KusJé& 341 11 % 17 317 16

ROlWlditi 121 4 x 31 921 10

KoLLto 25 19 757 23,5


KokXa 13 16 983 955
BOUNVlALi
Gbon 9 14 504 17

ENSEMBLE
509 100 482 12,5
DEPARTEIIENT

x
TENGRELA TENGRELA 34 36 404 16,5

N&&?é 5 0,2 % 10 630 9

oumgoi’odougou 5 0,2 z 13 976 11,o

Fe,+tkhbsédougou 1 22 651 li,5


XKESSEDOUGOU
ENSEE18LE
11 74 401 4
VEPARlE!IENT

KATIOLA KATIOLA 1

MANKONO DlANRA 112

TOTAL GENERAL 3 069 100 %


Les sous-préfectures de Napié, Sirasso, Tioroniaradougou
et Korhogo y viennent en tête. La sous-préfecture de Kasséré, dans le
département de Boundiali occupe une place importante.

Il est intéressant de confronter ces valeurs avec la popu-


lation des sous-préfectures d’origine, afin de compenser le volume de
population de celles-ci. Le rapport nombre d’exploitations migrantes
sur population de la sous-préfecture d’origine donne, par ordre dé-
croissant, le classement suivant : Tioroniaradougou, Karakoro, Sirasso,
Kasséré, Napié, Niofouin, Mbengué, Korhogo, Boundiali, etc. La petite
sous-préfecture de Karakoro est donc déplacée vers la tête et la gros-
se de Korhogo vers la queue.

La migration étudiée pouvant s’expliquer par une charge


démographique importante, comparons maintenant ce dernier classement
avec la densité des sous-préfectures d’origine. Quelques surprises
apparaissent.

Les sous-préfectures de Tioroniaradougou et de Karakoro,


en tête de cette classification, sont bien les plus densément peuplées.
Mais les sous-préfectures de Korhogo, Sinématiali et Karakoro ont éga-
lement une charge élevée.

Cette constatation découle, pour la sous-préfecture de


Korhogo, du pôle d’attraction que constitue pour ses habitants la prin-
cipale ville du Nord.

Le nombre de départs insignifiants des sous-préfectures


denses de Komborodougou et Sinématiali, déconcertant au premier abord,
provient de la présence dans la seconde, d’un complexe agro-industriel
de tomates et, pour toutes les deux, de la proximité des complexes sucriers
de Ferkéssédougou 1 et II.

L’importance des migrants cotonniers sénoufo originaires


des sous-préfectures de Sirasso et Kasséré s’explique par contre plus
difficilement. Des éléments de réponse sont proposés page 43.
4 1

‘llGR.II!s,:,‘S :~01O”!:I:!?CS SESOCFO DAKS LA PRIXCIPALE REGION D’XCCLEIL E.1 1980-1981

i-s N >: E E D’T:<S?:\LLATION


-. DES CHEFS D’EXPLOITATION

P A ? SOUS - PRFFECTURE D’ORIGINE

VALEURS ABSOLCZS

1980 1976 1975 1974 1973 1 1972 1 1971 1”;;;; 1 TOTAL 1

IIR 27 9 10
Il3 18 10 3 3
55 54 18 10 21 35 19
I
G? 55 j 6i/ 60 33 9 5 1: ! 8 3
A4 15 II 4 4
46 40 7 1 1
27 4 2 2

25 9 5 1

16 1 1 1

37 17 a 14

32 12 1 6

I ENSEMBLE 639 206 76 64

VALEURS RELATIVES
Llvtité : poumwtage den expLoitationo
poh AOUA-ptLé@c&w

SOUS-PREFECTURE rant
DEPARTEMENT 1980 1979 1978 1977 1976 1975 1974 1973 1972 1971 TOTAL
D’ORIGINE (1) 971

NUpié 23 16 36 14 5 2 2 2 1 E E 100
Si~hO 26 23 17 24 4 2 1 2 1 1 1 100
T.io,'wcia/zadougou 15 10 20 18 12 4 2 5 a 4 2 100
Fi+ Koehogo 14 18 21 20 11 3 2 3 5 3 1 100
z KUM.kOhO 22 17 41 a 6 2 2 2 1 -1 100
Y Nio@uin 24 27 19 21 4 1 1 3 1 1 100
Guhmbé 25 19 29 12 4 2 2 3 3 1 2 100
Albengué 24 17 23 21 9 5 1 - - - 100
Dikodougau 29 16 35 9 2 2 2 6 - - 100

~
z

-l-
-x b5hétré 11 30 17 24 5 2 4 2 2 2 1 100
F0 BcJund.iti 26 17 13 16 10 1 5 2 3 6 2 100
cn

E N S E M 8 1 E 21 19 23 18 7 3 2 2 2 2 1 100

(1) : Seules les principales sous-préfectures sont retenues.


42

Le tableau de la page précédente dégage que la sous-préfecture


de Tioro est celle dont les départs sont les plus anciens. Ceux entre
1971 et 1975 atteignent près du quart (23 %) et les cinq dernières
années les 314 (75 %). Vient ensuite Korhogo avec 84 % pendant cette
même période, puis Guiembé (88 X). Les autres sous-préfectures voient
cette proportion supérieure à 90 %. Seules les sous-préfectures four-
nissant plus de 1 % des migrants sont portées sur ces tableaux.

Le questionnaire comprenait une rubrique motivations. Ce


domaine est délicat mais il est intéressant de poser une telle question.
Celle-ci était ouverte : aucune réponse n’était proposée.

Plusieurs raisons sont parfois invoquées, mais rarement. Ont


été considérées comme absence de réponse, celles n’exprimant pas clairement
une motivation, du genre “je suis venu pour faire du coton”. Ces absences
de réponse atteignent 14 % des cas.

La motivation financière vient largement en tête, invoquée par


plus du tiers (38 X) des chefs d’exploitation. La présence des zébus des
bergers peulhs vient ensuite, avec 24 % des réponses. La terre (manque de
terre ou infertilité) apparaît dans 10 % des cas.

Viennent ensuite les préoccupations de santé avec 9 % : 8 %


pour la maladie proprement dite et 1 % pour le mauvais sort. L’éloignement
du village et de l’éventuel responsable de ce mauvais état est perçu comme
un moyen de recouvrir la santé.

Divers autres motivations regroupent 11 % des cas. Le be-


soin de découverte (“faire la jeunesse”) apparaît dans 3 % des réponses.
L’insuffisance de la pluviométrie dans la région d’origine est mise en
.: j

YOTI~hTIOSS ~IPRIYEES PAK LES CHEFS D’EXPLOITATIOS (1)


-
Absence
ARGEST ZEBCS TERRE SA.YTE DIVERS
de réponse

44 17 3
22 i0 4
41 13 20
39 22 15
4s 8 22

27 G6 1
45 3L 7
46 21 3
35 31 6

38 34 10
39 27 3

-
38 24 10 9 11 14

(1) Plusieurs motivations ont parfois été évoquées.


(2) Seules les principales sous-préfectures sont retenues.

REPARTITION DES CHEFS D’EXPLOITATION SELON LE NOMBRE

DP CAMPAGNES DEPUIS LE DEPART DU VILLAGE D’ORIGINE

LhLté : paummtag~ deA 3 069 expLaitatiann

dans le dans la prin-


Nombre de en pays
village cipale région pour le reste TOTAL
campagnes sénoufo
actuel d’accueil

0 91 94

1 24 21 1 1 16
2 20 19 2 2 17
3 23 23 1 1 23
4 17 18 1 1 16
5 6 7 1 1 8

6 2 3 1 E 3
7 2 2 1 E 4
8 2 2 E E 3

9 2 2 E E 3
10 2 2 E E 2
plus de 10 1 1 2 E 5

TOTAL 100 100 100 100 100


avant dans 2 X des cas. Les autres réponses totalisent 6 %.

Le tableau du haut de la page précédente croise les trois


principales motivations avec la sous-préfecture d’origine. Les zébus
et la terre sont les plus intéressants A interpréter.

Les valeurs supérieures de la motivation “terre” sont logi-


ques pour les sous-préfectures de Tioroniaradougou, Korhogo et Karakoro,
ces dernières ayant une densité démographique élevée. La valeur faible pour
Napié peut s’expliquer par la proximité d’une zone peu peuplée, consti-
tuant un déversoir naturel.

Niofouin et Sirasso présentent une valeur élevée pour la


motivation “zébus”. Ces sous-préfectures à forte concentration de zébus
sont celles où les relations avec les nomades peulh sont les plus ten-
dues. De nombreux heurts, allant jusqu’à mort d’homme, y sont signalés.

Les départs, inexpliqués par la densité démographique, des


sous-préfectures de Sirasso et Kasséré (l), proviennent probablement de la
présence des troupeaux de zébus, si l’on se réfère à l’importance des
réponses y faisant allusion.

Quant à la motivation “argent”, elle dépend, semble-t-il,

de celle des deux autres.

. Uvx papuRtian jeune.

La pyramide des âges de l’ensemble des migrants (2), présen-


tée à la page suivante, met en évidence une structure jeune, par rapport à

celle des régions de départ. Peu nombreuses sont les personnes de plus de
45 ans.

Le sex ratio est en faveur des hommes, qui représentent 56 %


de la population migrante. Cela s’explique par une forte proportion d’hommes
célibataires. Notons un net creux dans la classe des filles de 10 à 14 ans.

(1) : Cf. page 40.


(2) : Cette pyramide, établie à partir d’un dépouillement manuel, est
provisoire.
45
YIGRATIONS COTONXIERES SENOUFOEN 1980-1981

PRINCIPALE REGION D'ACCUEIL

Réptition &A ch@ d’ exp&otiation b eton &UA âge.

700

600 ,-

.-0 -
B
c 500 1.
0
z
:
0 4oc 1.

2
: MO / .

:
: 200
0
E
ii IOC l-

Pymrnide da âp~ de t’ ennembte des individu

60

os

Hommes: 6690 45 Femmes:5463


56%
3!s
* 30
*
40

3!s

30
44%

. 26

20

I
El
1 I -

.
H.

10

05

t0 , . _ . ,
46

Cette jeunesse de l’ensemble de la population migrante se


retrouve chez les chefs d’exploitation, dont les âges sont représentés
sur le diagramme du haut de la page précédente. Leur âge moyen est situé
entre 30 et 34 ans. 90 % d’entre eux ont moins de 45 ans, 75 % moins de
40 ans, 57 % moins de 35 ans, 34 % moins de 30 ans.

Le tableau de la page suivante complète le profil des chefs


d’exploitation. On relève la forte proportion de célibataires, la majo-
rité de monogames, le nombre moyen d’épouses par planteur étant très
légèrement supérieur à 1.

Leur religion dominante est l’animisme. Toutefois, nombreux


sont les musulmans. Les chrétiens sont rares.

La plupart des chefs d’exploitation n’ont pas été à l’école


et n’exercent pas d’activité complémentaire.

. ~‘ahganiAct;tion deA he/mA

Pour mieux cerner le portrait du chef d’exploitation, il


est intéressant de parler de l’organisation de ses repas. C’est le plus
souvent quelqu’un de son exploitation qui lui prépare la nourriture
(85 X), presque toujours l’épouse (82 W). Dans 13 % des réponses, la
cuisinière est la femme du “tuteur”, c’est-à-dire celui qui l’héberge.
Ce tuteur est presque toujours Sénoufo, rarement Malinké.

Le chef d’exploitation fournit sa propre nourriture dans


89 % des cas, son “tuteur” dans 9 %, un parent d’une autre unité dans
2 %.

Le plus souvent le chef d’unité et son épouse sont le


fournisseur et la cuisinière (81 %). Dans 6 % des réponses, le chef
d’exploitation dépend de son ‘tuteur’ et de la femme de celui-ci.
Fréquence relative 18 65 16 1 E

?. ILIGION

I RELIGION 1 ANIMISTE
I
1 MUSULHAN
I
j CATHOLIQUE
I
j PROTESTANT
/
1

Fréquence relative 69 29 1 2

NIVEAU SCOLAIRE

NON COURS COURS COURS


NIVEAU SCOLAIRE
SCOLARISE PREPARATOIRE ELEMENTAIRE MOYEN

Fréquence re.lative 96 2 1 1

AUTRE ACTIVITE EXERCEE

ACTIVITE AUCUNE MECANICIEN COMMERCANT TAILLEUR FORGERON MACON AUTRE

Fréquence relative 92 2 2 1 1 1 1
48

Venons-en maintenant à la taille des exploitations. Les


diagrammes de la page suivante montrent des unités rarement importantes .
L’effectif moyen est de 4,0 individus par exploitation, 2,2 de sexe mas-
culin et 1,8 de sexe féminin.

Il n’est pas aisé d’apprécier l’activité agricole dans


une société africaine, où le début et la fin de la phase de travail sont
très progressifs. Si l’on retient la tranche des 15-59 ans, utilisée le
plus souvent en démographie, le nombre d’actifs est de 2,4 personnes par
exploitation. Toutefois la classe des 10-59 ans nous semble préférable ;
l’effectif est alors de 2,7 actifs.

L’exploitation correspond en grande partie à la cellule fami-


liale restreinte de son chef : 3,4 des 4,0 personnes de celles-ci.
L’ “équation familiale” de l’exploitation est la suivante (1) :

(1 chef + 1,Ol épouse + 0,76 fils célibataire + 0,64 fille célibataire)


+ (0,04 autre homme marié + 0,05 autre épouse)
+ (0,39 autre homme célibataire + 0,09 autre femme célibataire)
+ 0,09 manoeuvre
= 4,0.

Cette équation révèle le faible nombre de ménages supplémen-


tairesdans l’exploitation. Il apparaît aussi la présence de manoeuvres,
mais ceux-ci sont peu nombreux. Il sont le plus souvent Sénoufo (98 X),
mais aussi Maliens (2%).

(1) Cette “équation familiale” est provisoire.


49

MIGRATIONS COTONNIERESSENOUFOEN 1980-1981

PEtINCIPALE REGION D'ACCIJEIL

R@v~tiXtio~z &A 3 069 expbL;tatioti

IZOC

1100

1000

900

600

btion Ce nombhe de 10-59 a.a


600

500

400

300

200

2 45 6
Nombre de 10-59 ans

500

400
htion le nombhe de pmonnea
300

200

100

1I
2
--l-l
L
r 6 9 10 II 12
Nonbrr do perronnia
50

Deux critères permettent de préciser le profil agricole de


l’exploitation. Tout d’abord la superficie totale des parcelles qu’elle
utilise, que nous appelons “surface agricole”. Ensuite la somme des su-
perficies par culture, désignée par “surface cumulée”.

La pratique de deux cycles de cultures sur certaines parcel-


les nécessite cette distinction. Le coton est en effet fréquemment précédé,
la même année , par une avant-culture de maïs ou d’arachide.

Trois types de cultures peuvent donc être faites : celles de


ler cycle (avant-cultures), celles de 2ème cycle, celles de cycle unique.

D’où les équations suivantes :

surface agricole = surface 2ème cycle


+ surface cycle unique.

surf ace cumulée = surface ler cycle


+ surface 2ème cycle
t surface cycle unique.

Les valeurs moyennes par exploitation sont de 4,3 ha pour


la surface agricole et de 5,7 ha pour la surface cumulée. Ceci prouve
l’importance des cultures de ler cycle, dont l’étendue est de 1,4 ha par
exploitation.

Le diagramme du bas de la page suivante donne la distri-


bution des exploitations selon la surface agricole, par classe de 1 ha
(1). Les trois quart d’entre elles ont jusqu’à 5 ha, le cinquième

(1) La première classe va de 0,l à 1 ha, la deuxième de 1,l à 2 ha, etc.


s1

YIGRATIONS COTONNIERESSENOUFOEN 1980-1981

PRINCIPALE REGION D'ACCIJEIL

900

600

700

600

500

400

belon ta buqjace en coXon


300

200

100

:
0 L
;

:
P
E

= 700

600

500

400

300

200

100

Nombrr d’hoctares
3 4 5 5 7 5 9 10
52

de 5 ha à 10 ha. Seules 5 % des exploitations ont plus de 10 hectares.

La répartition des exploitations selon la surface cumuliie


est portée dans la dernière colonne du tableau de la page suivante.

Précisons que ces chiffres ont été obtenus à partir des


superficies fournies par la C.I.D.T. pour le coton et de celles déclarées
par les planteurs pour les productions vivrières. Ceux-ci expriment les
surfaces en “cordes”, correspondant à 25 ares, unité minimale retenue
auparavant par l’encadrement agricole pour le coton (1).

Une certaine imprécision en découle mais elle n’inva-


lide pas ces informations. La production de vivrier sur les anciennes par-
celles de coton permet aux planteurs d’avoir des repères. La confrontation,
par l’échantillon de 60 exploitations, des surfaces déclarées et de celles
mesurées, permettra d’apprécier la validité des premières.

Le tableau de la page 55 donne l’importance de chaque pro-


duction. Il en ressort une nette suprématie du coton parmi les différentes
espèces cultivées. 71 % de la surface agricole lui est consacrée et 54 %
de la surface cumulée.

La surface moyenne par exploitation est de 3,0 hectares.


Les très grosses exploitations cotonnières sont rares, ainsi que le montre
le diagramme du haut de la page précedente. 1 % des unités ont plus de
10 hectares, 8 % de 5 à 10 hectares. La grosse majorité (92 X) jusqu’à
5 hectares, avec une forte proportion de plus de 1 hectare à 5 hectares.

Le détail de la production cotonnière par mode de culture


permet de constater la prépondérance de la culture manuelle. Seules 3 %
des exploitations utilisent la culture attelée et 2 % la culture motorisée.

(1) : La C.I.D.T. n’accepte plus maintenant de surfaces inférieures à


0,5 hectare.
IGSiLLIE !IAIS et/ou RIZ ARACHIDE
I EXSEMBLE 1 -!?:
I’LKOS
f ENSEMBLE
NEp T- I
VIVRIER ;;;, 1 CULTURES
GEXkn>

2e ler +
+ 2e +
YCLE DE CULTURE 2e + unique unique Ier, unique ler unique 1 unique >rn; - 1.n: -

0.1 à 1 9 33 1 4 I 11 I 58 2
m 41 31 22 37 1 50 E 8 4 3

( 1,l à 2 1 281 - 1 L 1 281 11 - / E 1 E 1 1 131E 1 51 4 10 E E 20 - E 14 10

; 2,l à 3 28 1; 29 E - E E 4E 11 2- E 6 --22 14

3,l à 4 16 1~ 16 - - E - i- c E E - - 1 E - 14 13

4,l à 5 9 IE 9- - E - l- E E E - - 1 - - 9 12
z;

-1-l-l-l I- - - E
l I I I 1
- - E - - 3 6

- - - -
E 2 5

- - E

(1) : Surface agricole = surface de 2ème cycle + de cycle unique.


(2) : Surface cumulée = surface de ler cycle + de 2ème cycle + de cyc. unique.
(3) : La surface en coton est celle fournie par les moniteurs C.I.D.T.
54

La surface en coton manuel représente 92 % du total en


cette spéculation. La superficie attelée 4 % et celle motorisée 3 %.

Le tableau de la page 55 donne la surface pour chaque asso-


ciation de cultures. La pratique des cultures associées ne facilite pas
l’appréciation de l’importance dd chaque espèce.

Des regroupements par culture principale sont toutefois pos-


sibles. L’igname et l’arachide dominent toujours les cultures qui leur sont
associées. Aussi l’intégralité des surfaces en igname et en arachide sont
attribuées à chacun de ces deux produits.

Maïs et riz pluvial occupent par contre le sol de manière


assez égale. Lorsque ces deux céréales sont associées, a été attribuée, à
chacune d’entre elles, la moitié de la superficie consacrée à leur as-
sociation.

Ces calculs permettent de hiérarchiser les différentes pro-


ductions v ivrières, à partir des surfaces qui leur sont consacrées Le
maïs vient en tête avec 0,9 hectare par exploitation, soit 16 % de la sur-
face cumulée. Suivi de près par le riz pluvial avec 0,8 hectare et 15 %.
L’arachide correspond à 12 % avec 0,7 ha. L’igname vient loin derrière avec
0,2 ha, soit 4 %.

Le riz inondé est très rarement pratiqué. Le soja, introduit


lors de cette campagne par la C.I.D.T., n’est cultivé que sur de faibles
surf aces.

La répartition des cultures vivrières,selon le cycle de cul-


ture,met en évidence l’importance de celles de Ier cycle,qui comprennent
plus de la moitié de la surface en vivrier. Sur les 2,6 ha en moyenne de
celle-ci, 1,4 sont en ler cycle et 1,2 en cycle unique. Cette tendance
est encore plus marquée pour l’arachide, presque exclusivement produite
en premier cycle.
MIGRATIONS COTONNIERES SENOUFO DANS LA PRINCIPALE REGION D'ACCUETL EN 1980 - 1981

SURFACE DECLAREE PAR ASSOCIATION DE CULTURES

ENSEMB1.E i:NSIIMKl,1
CULTURE PRINCIPALE COTON IGNAME MAIS et/ou RIZ
(3) VIVRIEK

CYCLE DE CULTURE 2e f unique


-
unique Ier
T Ier
2e +
UTliqUC
1 Ier
i +
f
uuic

CULTURE,
ASSOCIATION DE CULTURES s
P.4
OU TECHNIQUE

Surface en hectares
pour les 8680 402 302 9384 43: 7 12 58 16' 2314 64 807 2137 5322 1947 h7 31 i261 3774
3 069 exploitations
-
t
Pourcentage
de la 65% 3% 2%71% 3: 6 17 % E 6 % 76 % 40 % 15 % r E 100 % / 132 :

surface agricole (1)


-
Pourcentage
de la 50% 2% 2% 54% 2 !b 73 % & 5 2 J2 % 30 % 17 % t: c
surface cumulée (2)
-
Surface moyenne
par exploitation 2,8 0,l 0,l 3,0 091 038 E 092 0,7 1,7 ‘396 e E
en hectares
-
(1) Surface agricole = surface de Zème cycle + de cycle unique.
(2) Surface cumulée = surface de ler cycle + de 2ème cycle + de cycle unique.
{J) La surface en coton est celle fournie par les moniteurs C.1.D.T.
Le lec teur intéressé par plus de détail s se reportera au
tableau de la page 53, consacré à la répartition des surfaces pour chaque
association de cultures par ~:!.z~;is .‘,tl i hectare.

Yous avons fait allusion, dans l’introduct ion, à l’existence


de parcelles individuelles au sein de l’exploitation (1).

Toutefois une telle situation est rare. Il a déjà été vu (2)


que le nombre moyen de planteurs do coton rl’~st riue de 1,03 par exploita-
tion.

La surface moyenne individuelle n’est que de 0,05 hectare


par exploitation pour le coton et de 0,009 hectare en vivrier.

Cette situation diffère de la région de départ où la cul-


ture individuelle est plus développée. Les migrants étant le plus souvent
issus d’une exploitation dans leur village d’origine, cette segmentation
entraîne une diminution de la taille de celle-ci et, par voie de consé-
quence , l’importance de la culture personnelle à l’intérieur de
l’exploitation.

. Un b;tdu;t &ncieh en émhiion

Pour finir ce “portrait” de l’exploitation migrante coton-


nière sénoufo, abordons la question foncière, particulièrement délicate.

Lors de la campagne 1980-1981, au cours de laquelle a été


passé le questionnaire, près du quart des chefs d’exploitation (24 2) ont
déclaré ne fournir aucune redevance pour l’exploitation de leurs parcelles.

(1) : Page 9.
(2) : Page 35.
57

La situation la plus fréquente est le travail quelques


journées par an sur le champ du maître de la terre : près des 213 des
exploitations (65 Z).

13 % d’entre elles ont versé une somme d’argent au maître


de la terre. Le montant est généralement de 5 000 F par exploitation et
par campagne (78 % des cas où il y a location). Des sommes de 1 000 F
à 4 000 F sont aussi parfois exigées. Le montant global versé par les
3 069 exploitations est de 1 752 000 F, soit 4 400 F par exploitation
payant une location, mais seulement 570 F en moyenne pour l’ensemble des
exploitations.

Ainsi que cela a été mentionné dans l’introduction, les re-


devances monétaires sont de plus en plus fréquentes. Inexistantes il y a
quelques années, elles font leur apparition dans de nombreux villages.
Elles sont la règle générale dans la zone à forte densité de migrants,
celle de Dianra village.

L’institution de ce “loyer” n’est pas sans poser problème

et crée des tensions entre autochtones et migrants, ceux-ci allant jusqu’à


quitter le village, pour s’installer dans un autre, moins exigeant.

En fait, le statut de la terre est très ambigu et la pour-


suite des migrations cotonnières nécessiterait de clarifier ce domaine
délicat.
YIGRATIONS COTONNIERES SENODFO DANS LA PRINCIPALE REGION D’ACCUEIL EN 1980-1981

R u s li L T A i s PAR VILLAGS DES ENQUETES O.R.S.T.O.M.

NOMBRE DE Poids SURFACE EN HECTARES


coton
CINE VILLAGE plan- exploi- person- 10-59 en
1) (2) Coton Vivrier Agricole
teurs tations nes ans quintaux

1 - Manandougou 3 3 2,5
2 - Lalogo 45 42 88
3 - Kan Sokoura 23 23 41,s
: 4 - Cpt Youssouf 135 128 336
s 5 - Dianra village 271 269 757
9 6 - Tamafourou 186 178 577,5
5FS 7 - Kodiodougou 34 34 65
E 8 - Nodioni 213 186 696
t 9 - Faraba 137 134 473,5
10 - Mahan 96 88 283,5
11 - Diénéni 30 28 104,5

TOTAL 1 173 1 113 3 425 5 123

!2 89 - Ssmatiguila 8 8 12,s
5 12 - Farakoro 82 82 168
z 13 - Cpt Issa 11 11 55
5 14 - Bissidougou 49 49 136
3 15 - Ouataradougou 19 19 47
SI? - 26
s 16
17 - Gbondougou
Mara 399 399 94
I
N TOTAL 217 217 538,s 778

(1) Les numéros de zone renvoient à la carte de zonage.


(2) Les numéros de village renvoient à la carte des villages d’accueil.
5 9

R E s 12 L ‘2 .1 ‘2 2 P 3. R V 1 L 1, A G E DES E :J c) C E T E S O.R.S.T.O.hl.

(suite)

XOLIBRE DE Poids SURFACE EX HECTARES


coton
OYE v 1 L 1. A G ç
Plan- Exploi- Person- 10-59 en
coton Vivrier Agricole
teurs tations nes ans quintaux

18 - Xguissidouacu 7 118 110 289


19 - SafiA& 14 14 42,5
20 - Sononzo 115 Il5 351,5
21 - Cpt sénoufo 124 124 349
22 - !lissidougou 83 83 251,5
23 - Cpt Biélou 78 77 275
24 - DiémEdougou 43 42 125,5
5: 25 - Tabakoro 20 17 43
; 26 - Fizankoro 62 61 192
I 27 - Madina 10 10 18
0 28 - Sarhala 26 25 57,5
29 - Kodoun 4 4 10,5
30 - Bougounon 5 5 10,5
31 - Flasso 10 10 43,5
32 - Sirhio 2 2 1
33 - Gnangana 20 14 31,5

TOTAL 734 713 2 091,5 3 167

34 - Cpt Bikassi 51 51 181


35 - Bikassi village 19 19 52,5
36 - Paniko 63 63 228,5
37 - Somokoro 25 25 92,5
38 - Sanakoro 47 46 150,5
39 - Téképé 21 21 65
40 - Farakoro 24 24 69,s
41 - Marandala 129 126 424,5
42 - Kpesso 2 2 3
43 - Brokodala 8 8 15,5
93 44 - Kouassidougou 36 36 168

$ 46
45 - Koubré
Tiéningboué Bobo 17
31 26
17 38,5
95
1 47 - Tiomondougou 19 19 47,5
P
48 - Diédougousso 5 5 11

49 - Takanazo 4 4 8,5
50 - Lokouasso 25 23 69
51 - Tabakoro 14 14 35,5
52 - Kamoro 6 6 17
53 - Koualé 12 12 36
54 - Lenguékoro 4 4 8
55 - Guesso 6 6 11,5

TOTAL 568 557 1 828 2 325


u 3

R 2 c y -* ‘T- .-.
- - 5 P .A fi VILLAGE DES ESQCZTES O.R.S.T.O.?!.
(suite et fin)

NOMBRE DE Poids SURFACE EN HECTARES


ZOXE v 1 i 1. .A G 5 coton
Plan- Exploi- Person- 10-59 en
coton Vivrier Xgricoli
teurs tations ries ans quintaux

56 - Tournono 49 49 142,5
57 - Tonzo~ 3 3 7,5
58 - Gona 8 8 27

59 - Dawara 38 36 149
60 - Cpt Sory 5 5 17

61 - Cpt Brahima 50 50 168,5

62 - Cpt Kakoffi 2 2 2,5


63 - Cpt Ndo 32 29 141
<;3 64 - Cpt Loloko 11 10 28

0g 66
65 - Cpt
Soudougouba
Abdoulaye 52 52 4795

I 67 - Cpt Nambi 8 a 20,5


8.n
68 - Vatiékoumba 15 15 36,5

69 - Mankono 7 7 9,5
70 - Oussougoula 5 5 7
71 - Cpt Tiéfélé 9 7 14,s

72 - Madian 1 1 035
73 - Tyéfinédougou 3 3 3

74 - Bayakala 6 6 695

TOTAL 259 251 792,5 1 042

75 - Kobadala 7 7 24,5

76 - Pokoundougou 13 13 33,5

77 - Kamarala 1 1 2

78 - Nigbaralatiéné 3 3 4
79 - Tangola 22 20 46

2 80 - Kouakoudougou 14 14 33,s
z - Gbingoro
9 81 1 1 0,5
2” 82 - Diakobou 17 17 49,5
F 83 - Cpt Siriki 15 15 52
, 84 - Cpt Dilakoro 2 2 4
\D
85 - Tiéfindougou 8 8 43,5

86 - Tiéningboué 1 1 1
87 - Baradougou 4 4 11

88 - Bada 115 112 403,5

TOTAL 223 218 708,5 822

ENSEMBLE PRINCIPALE
3 174 3 069 12 353 8 243 9 384 8 035 13 257
REGION D’ ACCUEIL
61

CONCLUSION

Il est prématuré, notre analyse des migrations cotonnières


sénoufo étant inachevée, de conclure. Des croisements plus nombreux entre
variables et les résultats de l’échantillon de 60 exploitations permet-
tront d’ affiner la description et l’interprétation de ce phénomène.

Toutefois quelques grandes lignes se dégagent déjà.

D’ampleur récente, ce phénomène migratoire touche une popu-


lation j eune, avec une forte proportion de chefs d’exploitation céliba-
taires.

La région d’accueil est vaste, s’étendant des confins méri-


dionaux du pays sénoufo à l’orée de la forêt. Une concentration particu-
lière apparaît toutefois dans la partie nord, à Dianra village et ses en-
virons.

Le département de Korhogo, le seul du Nord où des problèmes


fonciers soient perceptibles, est la principale source de ces migrants.

Mais la pression foncière, souvent évoquée pour justifier


ces départs, n’est pas seule responsable. Si les sous-préfectures densé-
62

ment peuplées de Tioroniaradougou, Karakoro et Napié voient nombre de


leurs habitants se diriger vers le “pays du coton”, d’autres tout aussi
denses ne participent guère à ce phénomène. Par contre, certaines, sans
pression démographique, sont très concernées.

La proximité de complexes agro-industriels joue un rôle


majeur dans la fixation des populations de deux sous-préfectures :
Sinématiali et Komborodougou. L’attraction qu’exerce la ville de Korhogo
(70 000 habitants en 1980), qui a plus que doublé en 10 ans, sur le terri-
toire de sa sous-préfecture est également à prendre en compte.

L’incompatibilité, ressentie par de nombreux Sénoufo, entre

agriculture et élevage, semble avoir aussi une portée non négligeable. Elle
explique probablement les départs importants des sous-préfectures de Sirasso,
mais aussi de Kasséré.

Mais la motivation la plus souvent exprimée est d’ordre fi-


nancier. Le coton auquel,est consacré plus de la moitié de la surface, est
perçu comme le moyen d’acquérir l’argent que la monétarisation rapide de
l’économie fait rechercher.

Par contre les motivations exprimées ne font jamais ressortir


le besoin d’indépendance. Cela ne veut pas dire qu’il soit totalement ab-
sent dans la prise de décision de départ.

Les vagues de migrants, dont le volume global est de l’ordre


de 22 000, si elles ont été bien accueillies au début, sont de plus en plus
mal ressenties par les populations autochtones, soucieuses de préserver
leur capital foncier, encore très abondant toutefois dans la majeure partie
de la région d’accueil. Cette situation souvent conflictuelle se traduit
par des exigences de plus en plus fermes et élevées , présentées aux migrants
pour leur installation. Les montants demandés, de l’ordre de 5 000 F par
campagne et par planteur, sont toutefois encore modérés.
63

Quelle est la stabilité de ces implantations sénoufo ?


Notre questionnaire ne permet pas d’y répondre mais des entretiens avec
plusieurs migrants et la constatation de la modicité de leur investisse-
ment dans l’habitat indiquent un attachement limité au village d’accueil.
Des problèmes avec la population autochtone surgissent, et bon nombre
d’entre eux se déplacent vers des villages moins exigeants.

D’autre part, nous n’avons pas suffisamment de recul par

rapport à la date récente d’amplification du phénomène (1977) pour


affirmer que ces migrations ont ou n’ont pas un caractère stable ou dé-
finitif.

11 est donc indispensable de tenir compte de cette insta-


bilité potentielle dans la politique d’ancadrement agricole et dans
l’élaboration de projets de développement qui s’appuyeraient sur la
présence d’une population sénoufo.
Avant culture
Culture Culture(s) associée(s) Surface Somme vendue
coton *

Igname

Autres Maïs
cultures -
de la Riz pluvial
campagne
en cours Riz de bas-fond

Arachide

Soja

x : Xettre une croix s’il s’agit d’une avant-culture.


0 -5 10 15 35 i0 55 50 55 60 65
.: ‘I !: i. : s /à ’ à à à 2 3 h j,à 28
i jla 9 14 ‘19 24 29 34 39 4G i9 5; 59 64 69
I
Planteur i!nme !
--
FiGre
.?
‘2 Fils I ’
3
c
Aut rr

Frère

Fils

Fils du frère

Fils de la soeur

Autre

Planteur femme

Epouse du planteur

Autre épouse

Fille

Soeur

Fille du frère

Fille de la soeur

Autre

Religion : anhL!de, musulman, cm%oLique, phot&5ta~t (entotieh La bonne képotie)


~e.Utièhe dLLb5e ~héqueidée :

Au% phO@5biokl execcée :

En ~&LA de ton champ, cutiv~-tu poti quelqu’un d’ahte ? (nom et fien de patenté1 :

Qui pfiépae ion t?IUXgeh 1 :

Qui donnE La nouwLttie ? :

Taxe poux la .teme (atrgent, tiwoil, nouWdu.ke, eA2.i ti à. yti ? :

Pouhquoh en-ix venu Lti ? :

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