I.
LA SANTE COMMUNAUTAIRE DANS LE SYSTEME NATIONAL DE SANTE
Le système de santé du Sénégal est organisé selon une structure pyramidale à trois niveaux : un
niveau central correspondant aux directions, services et programmes nationaux ; un niveau
intermédiaire constitué par les directions régionales de santé ; un niveau périphérique représenté par
le district sanitaire. Le Sénégal compte en 2013 soixante-seize (76) districts sanitaires qui
constituent des subdivisions sanitaires proches des populations. Le district sanitaire est assimilé à
une zone opérationnelle comprenant au minimum un centre de santé et un réseau de postes de santé
qui polarisent des cases de santé. Le district est l’unité opérationnelle la plus périphérique de la
pyramide sanitaire qui met en œuvre les activités de santé dans sa perspective multidimensionnelle
(curatif, préventif, social et éducatif). L’offre de soins épouse l’architecture de la pyramide sanitaire.
Au sommet, les Etablissements Publics de Santé (EPS) de niveau III, au niveau intermédiaire les
EPS de niveau II et au niveau périphérique les EPS de niveau I, les centres de santé, les postes de
santé, les cases de santé et les sites communautaires. Le dispositif est complété par l’offre du
secteur privé à tous les échelons de la pyramide.
Le système de santé communautaire est structuré autour des cases de santé et des sites
communautaires. La place de la médecine traditionnelle est non négligeable dans le secteur de la
santé publique. L’organisation du système de santé formellement décrite à travers les documents de
politiques et de stratégies du Ministère de la Santé et de l’Action sociale met un accent marginal sur
le niveau communautaire qui tranche fortement avec l’importance du secteur. En effet, il existe un
important réseau de cases de santé (2245 cases en 2012) construites sous l’initiative des populations
avec l’appui des organisations de la société civile et des partenaires au développement. Les
personnels de santé communautaire qui offrent les services de base au niveau de ces structures sont
constitués par un réseau dense de matrones, agents de santé communautaires, relais, « Bajenu Gox »
et dispensateurs de soins à domicile qui jouent un rôle important dans l’offre de soins et l’éducation
des populations pour la promotion de la santé. D’autres acteurs de la santé au niveau local, comme
les comités de santé et les organisations communautaires de base, apportent un appui dans la gestion
des cases et la mobilisation des ressources.
Il existe donc une dynamique qui s’est construite progressivement depuis plus de trente ans, avec
comme soubassement les Soins de Santé Primaires (SSP) et diverses autres initiatives
internationales, sous-régionales et nationales. L’Etat définit les activités promotionnelles,
préventives, curatives et ré-adaptatives à confier aux acteurs communautaires de santé choisis dans
la communauté et par la communauté. Il apporte un soutien pour la disponibilité des intrants et
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autres produits de santé nécessaires à la mise en œuvre des activités. L’offre de service est répartie
autour de différents profils d’acteurs communautaires selon que l’accent est mis sur les soins curatifs
(Agents de Santé communautaire, DSDOM) ou préventif et promotionnel (relais, Bajen Gox,
matrones). Il existe des cadres formels de coordination et de gestion au niveau local qui peuvent être
arrimés aux structures (comités de santé) ou non (associations des acteurs communautaires de santé).
Les activités de santé communautaire sont réalisées sous l’encadrement de l’infirmier chef de poste
avec l’appui des organisations de la société civile, les partenaires au développement et la collectivité
locale.
Au plan formel, les activités communautaires font l’objet d’une planification au même titre que les
activités des postes de santé à travers les plans opérationnels des collectivités locales. Il reste
néanmoins à réglementer toute cette dynamique de santé communautaire, en cohérence avec la
politique de santé, afin d’éviter les écarts souvent observés notamment dans la supervision et la
motivation des acteurs communautaires par les infirmiers chefs de poste.
II. FONDEMENTS DE LA POLITIQUE DE SANTE COMMUNAUTAIRE
La mission du Ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS) est de contribuer au bien-être des
populations en améliorant leur état de santé et en le portant à un niveau socialement productif.
C’est ainsi que le MSAS veille à l’équité dans l’accès aux soins préventifs, promotionnels, curatifs
et ré-adaptatifs pour la population notamment les groupes vulnérables. L’existence d’une Politique
de Santé Communautaire consensuelle constitue un enjeu important pour la participation
harmonieuse des populations et de toutes les parties prenantes gouvernementales et non
gouvernementales aux niveaux central et local. Un document de Plan Stratégique National de Santé
Communautaire (PSNSC) sera élaboré par la Cellule de Santé Communautaire (CSC) en partenariat
avec toutes les parties prenantes pour fixer les priorités du secteur sur une période de 5 ans.
2.1. Vision, valeurs et principes
La Vision qui sous-tend la Politique de santé communautaire est inspirée du PNDS avec un accent
marqué sur la participation des communautés : ’’un Sénégal où tous les individus, tous les ménages
et toutes les collectivités bénéficient d’un accès universel à des services de santé promotionnels,
préventifs, curatifs et ré-adaptatifs de qualité, avec leur pleine participation, sans aucune forme
d’exclusion et où il leur est garanti un niveau de santé économiquement et socialement productif’’.
La Politique de santé communautaire est animée autour de 7 principes essentiels : l’équité, la
qualité des services, la participation communautaire, la technologie appropriée, la multisectorialité,
la pluridisciplinarité et le devoir de rendre compte.
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