0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
265 vues25 pages

Introduction au Droit Douanier Camerounais

Le document présente une introduction au droit douanier au Cameroun, soulignant son rôle dans la perception des droits et taxes sur les marchandises et la régulation des échanges internationaux. Il aborde l'historique de la douane camerounaise, ses missions, ainsi que les concepts clés et caractéristiques du droit douanier. Le texte est structuré en trois parties, traitant des sources du droit douanier, des missions de l'administration douanière et de son organisation.

Transféré par

Collectif Be Human
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
265 vues25 pages

Introduction au Droit Douanier Camerounais

Le document présente une introduction au droit douanier au Cameroun, soulignant son rôle dans la perception des droits et taxes sur les marchandises et la régulation des échanges internationaux. Il aborde l'historique de la douane camerounaise, ses missions, ainsi que les concepts clés et caractéristiques du droit douanier. Le texte est structuré en trois parties, traitant des sources du droit douanier, des missions de l'administration douanière et de son organisation.

Transféré par

Collectif Be Human
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

INTRODUCTION GENERALE

La douane est une institution fiscale et de sécurité chargée notamment de


la perception des droits et taxes lors de l’entrée des marchandises sur un
territoire, mais de la surveillance du territoire et de nombreuses missions
sécuritaires son activité est réglementée par le droit national mais aussi par des
accords internationaux qui sont liés à l’OMC (traités de libre échange). Après la
fin de la seconde guerre mondiale, le monde a doublé ses efforts afin de
diminuer des barrières douanières (Tarifaires et non tarifaire) afin de réduire les
obstacles devant la circulation des marchandises, ainsi on assiste à la
multiplication des d’accords bilatéraux et multilatéraux dont l'objectif est de
faciliter les échanges internationaux.
Le Cameroun est un territoire grand de 475.442 KM2 étant ouvert sur
l’océan atlantique dans sa partie occidental, ce pays colonisé par l’Allemagne a
très tôt eu des échanges, avec extérieur sans être véritablement un Etat, cette
situation a continué sous les régimes de mandat et de tutelle de 1919 pour le
premier et 1945 pour le second. C’est avec son accession à l’indépendance le 1 er
janvier 1960 que la douane camerounaise acquiert progressivement Son
autonomie confisqué jadis par l’impérialisme Allemand et les régimes mandat et
de tutelle Franco-britanniques supervisés par l’Organisation des Nations Unies
(ONU).
Dès lors, le Cameroun en particulier comme l’ensemble des pays de
l’Afrique et de l’Afrique centrale en général se lance non seulement dans le
processus de modernisation et d’intensification de ses échanges commerciaux et
économiques, mais également dans la recherche d’un droit douanier devant régir
le secteur des douanes. C’est dans ce contexte que le Cameroun s’est engagé
dans la mise en place d’une législation en la matière suivie des traités,
convention et accords internationaux ; et cela est perceptible aussi bien au
niveau régionale (traité de l’UDEAC 1967, Convention de L’UEAC,
Convention de la CEMAC 1994), du GATT et l’OMC en 1994 au niveau
Mondial.
Notre Cours portant sur : « L’Introduction au droit douanier », est
structuré en trois parties, les sources du droit douanier (Première Partie), les
missions de l’administration douanière (Deuxième partie) et enfin,
l’organisation et fonctionnement de l’administration douanière (Troisième
partie).
Mais avant d’aborder l’introduction, il nous faut au préalable définir les
notions ou les concepts du droit douanier (A), et ensuite voir ses caractéristiques
(B).
A- Définitions des concepts
Pour une meilleure appréhension de notre cours, une définition des
principaux termes y afférant parait incontournable pour les étudiants. Les
concepts ci-dessous ont attiré notre attention vue leur présence régulière dans la
plupart d’ouvrages ayant trait au droit douanier. Cette liste n’est pas exhaustive
mais reprend l’essentiel des concepts en relation avec le présent travail. Il s’agit
de :
 Juridiction : organe ayant le pouvoir d dire le droit dans un domaine bien
précis.
 Infraction : acte ou omission violant une règle sociale ou une norme social
bien établit.
 Contravention : infraction la moins grave après les crimes et les délits,
sanctionné des peines contraventionnelles. Ces peines-là sont
généralement les amendes, certaines peines restrictives ou privatives de
droits.
 Délits : ce sont des infractions dont l’auteur est puni des peines
correctionnelles. Les peines encourues par les personnes physiques sont
l’emprisonnement (10 ans).
 Les Crimes : Infraction de droit commun ou infraction politique,
sanctionnée, pour les personnes physiques, de la réclusion ou de la
détention à perpétuité ou à temps, voire d’une peine d’amende et de
peines complémentaires, et, pour les personnes morales, de l’amende et,
dans les cas prévus par la loi, de peines privatives ou restrictives de droits.
 La justice est rendue sur le territoire de la République au nom des
camerounais. ; le pouvoir judiciaire est exercé par la Cour Suprême, les
Cours d'Appel et les Tribunaux.
 L’infraction douanière est définie comme étant "toute violation de la
législation douanière qui est passible d’une peine prévue par le code des
douanes ou par les dispositions légales ou réglementaires édictées pour
son application.
 Les droits de douane Les droits de douane recouvrent les droits liés à
l'importation ou à l'exportation de marchandises et désignent les taxes
perçues par l'administration douanière dans le cadre de ses activités. Il
s’agit d’un impôt prélevé sur une marchandise lors de son passage à la
frontière à l’exportation ou à l’importation
 Les droits d’accises ou de consommation Les droits de consommation
sont un impôt indirect qui frappe la consommation des certains produits à
l’occasion de leur fabrication dans le pays ou de leur importation.
 L’origine de la marchandise peut être définie comme : le lien
géographique qui unit cette marchandise à un pays donné dont elle est
réputée issue. La détermination de l’origine d’une marchandise est
devenue de nos jours l’opération la plus complexe de la taxation
douanière, tant sont grands les intérêts qui s’attachent à cette notion. En
effet, alors que l’espèce tarifaire peut se déduire d’un examen objectif de
la marchandise, l’origine est une notion abstraite dont le contenu varie
suivant de nombreuses considérations, généralement tirées d’objectifs de
politique commerciale. En cela ; l’origine peut être aisément distinguée de
notion voisine de provenance. Celle-ci s’entend du pays dans lequel a
commencé le dernier transport de la marchandise, le fait que cette
marchandise ait été ou non importée dans ce pays n’entrant pas en ligne
de compte. La provenance d’un produit est prise en considération surtout
pour l’application des mesures d’ordre sanitaire ou phytosanitaire. Elle est
en générale indifférente à la taxation douanière proprement dite.
 Les droits d’effet équivalant aux droits de douane : Ce sont des taxes ou
imposition de forme et d’appellation diverses qui sans en avoir la
dénomination aboutissent au même résultat que le droit de douane en
pénalisant le passage à la frontière.
 Les allègements et les franchises douanières Il s’agit d’un privilège qui
exempte en tout ou en partie d’une charge, d’une obligation, fiscale en
particulier. En un mot, ce sont des avantages fiscaux et douaniers
accordés à différentes institutions sur l’acquisition de certains biens et
équipements dans le cadre de leur fonctionnement. Ces avantages ne
concernent pas les personnes physiques à moins qu’il s’agisse des
Diplomates et Assimilés. Ces avantages peuvent se présenter sous deux
(2) formes :  Exonération totale  Exonération partielle
 Le territoire douanier et le principe de territorialité Les lois et règlements
douaniers sont applicables dès que sont franchies les limites de ce que le
code définit comme étend le territoire douanier, territoire à l’intérieur
duquel la Douane s’est voit conférer progressivement des pouvoirs de plus
en plus étendus. Le territoire douanier comprend le territoire de la
République Démocratique du Congo, y compris ses eaux territoriales et
son espace aérien
 ACCISES : ce sont les Droits indirects de consommation frappant
certaines catégories de produits : les huiles minérales, l’alcool, les
boissons alcooliques, les tabacs manufacturés. Concernant plus
particulièrement les boissons alcooliques, les droits d’accises en France
sont : Le droit de consommation sur les vins, cidres, poirés et hydromels ;
Le droit de consommation sur les alcools et les produits intermédiaires ;
Le droit spécifique sur les bières.
 Le contentieux douanier peut être défini en effet, comme l’ensemble
des règles relatives à la naissance, au déroulement et la conclusion
des litiges ayant pour objet l’interprétation et l’application du droit
douanier. Le contentieux douanier naît généralement de deux
manières, à l’occasion soit du recouvrement d’une créance de la
Douane soit de la constatation de la commission d’une infraction.
 L’administration douanière est un service public dont l’objectif essentiel
est de protéger et favoriser le développement de l’économie nationale.
 La douane telle que nous la connaissons aujourd'hui se définit comme
une administration en charge de la perception de droits imposés sur la
circulation des biens, à la frontière du pays. La douane contrôle et vérifie
les marchandises qui entrent ou sortent du territoire et réprime
l'importation ou l'exportation de produits prohibés.
 Le droit douanier est l’ensemble des règles qui régissent les formalités
et les conditions applicables au transfert des marchandises d’un
territoire douanier à un autre territoire douanier qui peut se trouver :
au moment de l’importation (introduction d’une marchandise sur un
territoire douanier), au moment de l’exportation (transfert du territoire
douanier a un pays tiers).
 Le transit permet, sous certaines conditions, de transporter des
marchandises en suspension de tous droits, taxes et mesures de
prohibition, au sein du territoire douanier de la Communauté européenne
ou, dans un cadre conventionnel, entre celui-ci et les territoires douaniers
de pays partenaires.
 La transformation : régime qui permet à des marchandises non
communautaires de subir des opérations de modification, sans qu’elles
soient soumises aux droits à l’importation ni aux mesures de politique
commerciale. Les produits résultant de ces opérations sont mis en libre
pratique, soumis aux droits à l’importation qui leur sont propres.
 Sur la nature, on peut prohiber l’entrée ou la sortie d’une marchandise :
drogue, faune et flore, objet d’art.
 Sur le volume, il peut être libre ou il existe un plafond d’importation ==>
la réduction de quantité des marchandises importées qui se fait : –
soit par le niveau des prix si on assujetti les importations à un taux de
douane extrêmement élevé
– soit par la fixation de volumes d’importation
Le principe est que toute circulation est soumise à déclaration. Deux
questions se posent au moment de la déclaration : est-ce que la
marchandise est libre à l’entrée et à la sortie ? et est-ce que elle est
soumise à une formalité particulière et à la taxation ?
 DELTA : Le Dédouanement en ligne par transaction automatisée. le
système des déclarations informatique, la marchandise va circuler plus ou
moins librement sur le territoire mais l’importateur aura au préalable
déclaré la marchandise informatiquement.
 Le protectionnisme douanier peut se définir par la mise en place d’un
arsenal douanier pour créer des distinctions entre les unités nationales et
étrangères de production. On a tout un panel entre les mesures tarifaires,
des mesures d’incitations (aide, subvention agricole), toutes les mesures
de contingentement, prohibition, normes phytosanitaires, protectionnisme
monétaire destiné à entrainer des baisses de taux de change pour
augmenter ou diminuer les exportations ou l’import. Toutes les mesures
de protectionnisme basique peuvent être détournées par les
délocalisations. Le protectionnisme défensif est coûteux par contre le
protectionnisme offensif est justifié par la lutte contre le blanchiment.
Aujourd’hui dans un système intégré on ne peut plus retourner à un
protectionnisme défensif, mais il est vrai que pour certain pays, le
protectionnisme économique est efficace, pour permettre à des industries
naissantes de se développer.
 AGENT EN DOUANE : Personne dont l'activité professionnelle consiste
à s'occuper du dédouanement des marchandises et qui, agissant pour le
compte d'une autre personne, traite directement avec la douane. Les
agents en douane peuvent également être appelés commissionnaires en
douane, transitaires, etc.
 BLANCHIMENT DE FONDS : Le blanchiment de fonds est un
procédé qui permet de dissimuler l'origine illicite de fonds par le
truchement de transactions financières à apparence licite ou par tout autre
moyen pour qu'ils soient considérés comme licites.
 Bureau de Douane : L'unité administrative compétente pour
l'accomplissement des formalités douanières ainsi que les locaux et
autres emplacements approuvés à cet effet par les autorités compétentes.
 Bureau douane de départ : Tout bureau de douane où commence une
opération de transit douanier.
 Bureau de Douane de passage : Bureau de douane par lequel les
marchandises sont importées ou exportées au cours d'une opération de
transit douanier.

 Bureau de Douane de Destination : Tout bureau de douane où prend


fin une opération de transit douanier.
 Cautionnement : Engagement par lequel la caution personnelle s'oblige
envers la douane.
 Contrebande : Infraction douanière consistant à passer clandestinement,
par tout moyen, des marchandises à travers la frontière douanière, les
soustrayant ainsi au contrôle de la douane.
 Contrôle de Douane : Ensemble des mesures prises par la douane en vue
d’assurer l’application de la législation douanière.
 Convention ATA : Expression couramment utilisée pour désigner la
Convention douanière sur le carnet ATA pour l'admission temporaire de
marchandises (Convention ATA), adoptée par le Conseil de coopération
douanière, à Bruxelles, en 1961. (on a d’autres Conventions notamment
la Convention sur les Conteneurs, la convention de KYOTO, la
Convention de Johannesburg etc.

B- LES CARACTERISTIQUES DU DROIT DOUANIERS


Le droit douanier s’est progressivement doté d’un ensemble de
caractéristiques qui lui sont propres. Elles sont aux nombres de trois :
Protectionniste, Prétorien et Répressifs.
A- Droit protectionniste
Le protectionnisme a toujours été et est encore d’actualité. Le
protectionnisme est la caractéristique fondamentale du droit douanier qui est la
protection de l’économie. Dès qu’une économie sent qu’elle fait l’objet d’une
attaque inacceptable, elle cherche à se protéger. C’est toujours le système de
balancier, on libère à l’import ou à l’export les échanges ou on les restreint.
Le protectionnisme joue dont un rôle régulateur entre les importations et les
exportations, protection de l’économie nationale contre les produits étrangers, il
renforce dans la même logique les manquements nationaux par les importations.
Contrôle des changes et contrôle des autorisations et la soumission de certaines
opérations douanières aux autorisations préalables.
B- Le droit prétorien
Le droit douanier est un droit prétorien : les perceptions et les restrictions
sont décidées par la puissance publique et créées en sa faveur. Même si le code
des douanes applicable au Cameroun aujourd’hui est l’œuvre de la CEMAC, son
application est assurée par la puissance publique et à son profit.
C- Un droit Répressif
La première mesure que l’on prend sur les marchandises, peines qui
caractérise le droit douanier est la confiscation de la marchandise ou la
condamnation à payer une somme d’argent. Toutes fois qu’il n’y a pas eu de
déclaration ou fausse déclaration, il y’a une amende soit fixe soit en fonction de
la valeur de la marchandise.
Cette répression intervient non seulement en cas de non déclaration ou de
fausse déclaration, mais aussi en cas de contrebande, fraude etc.
Les enquêtes douanières se faisant par procès-verbal, c’est la méthode
normale de constatation ; ces constatations matérielles douanières ont un
privilège exorbitant de droit commun et ils font fois jusqu’à inscription en faux.
Cette répression s’exprime au moyen des saisies.

PREMIERE PARTIE : LES SOURCES DU DROIT DOUANIER

Chapitres 1 : LES SOURCES DU DROIT DOUANIER

Une source est le lieu, la provenance d’un objet, d’une chose ; elle peut
aussi signifier le principe, la cause, l'origine, le premier auteur de quelque chose,
d'où quelque chose procède. Ici, il est question de l’origine, de la provenance du
droit des douanes. Nous distinguons plusieurs sources : les sources Nationales,
les sources Communautaire et les Sources internationales du droit douanier.

I- LES SOURCES NATIONALES DU DROIT DOUANIER


Les sources nationales sont constituées de l’ensemble de la réglementation
issue de textes, de traités, de conventions que la douane est chargée d’appliquer.
Il en existe plusieurs, cependant, nous retiendrons 4, notamment : la
Constitution, les Lois, les jurisprudences et les règlements.

A- La Constitution
La constitution est vue comme la norme suprême au sein de
l’ordonnancement juridique des Etats et le c’est le principe en République du
Cameroun. Elle est définie comme l’ensemble des règles écrites ou coutumières
qui déterminent la forme de l’État (unitaire ou fédéral notamment),
l’organisation de ses institutions, la dévolution et les conditions d’exercice du
pouvoir y compris le respect des droits fondamentaux. Bien plus elle est selon
Gérard Cornu, Ensemble des règles suprêmes fondant l’autorité étatique,
organisant ses institutions, lui donnant ses pouvoirs, et souvent aussi lui
imposant des limitations, en particulier en garantissant des libertés aux sujets ou
citoyens. On comprend bien que c’est la constitution qui organise la vie au sein
de l’Etat. La Cameroun a connu, plusieurs Constitution et l’ensemble de ces
Constitutions n’ont jamais dérogé à ce principe et le droit douanier intègre bien
cette organisation faite par la constitution.
Au regard des articles 5 alinéa (1) Le Président de la République est le
Chef de l’Etat.
(2) Elu de la Nation tout entière, il incarne l’unité nationale ; celui-ci définit la
politique de la Nation et veille au respect de la Constitution ; L’article 8 alinéa 9
dit crée et organise les services publics de l’Etat ; et l’ayant organisé, le
Président de la République selon l’article 10 alinéa 2 de la Constitution peut
déléguer certains de ses pouvoirs au Premier Ministre, aux autres membres du
Gouvernement et à certains hauts responsables de l’administration de l’Etat,
dans le cadre de leurs attributions respectives.
Fort de cela, la Constitution Camerounaise est considérée comme l’une
des principales sources écrites du droit douanier dans la mesure où, elle est la
norme fondamentale de l’Etat et en même temps la charte suprême des Douanes.
B- Les Lois
La loi est aussi l’une des sources du droit douanier. La loi peut être défini
dans au sens large comme une règle exprimant un idéal, une norme. Elle
exprime une règle impérative. Au sens strict, elle désigne une règle de droit
écrite, générale et permanente, adoptée par le Parlement selon la procédure
législative et dans le domaine de compétence établis par la Constitution. Il existe
plusieurs types de lois : lois constitutionnelles, lois organiques, lois des finances
etc.
Parmi toutes ces lois, les lois de finance font offices des sources en
matière douanière. Une loi de finance est l'acte législatif par lequel le Parlement
vote le budget de l'État. Elle autorise le pouvoir exécutif à percevoir l'impôt et à
engager des dépenses publiques pendant une période déterminée, et peut
contenir d'autres dispositions relatives aux finances publiques. Elle permet la
perception des ressources de l'Etat et des impôts de toutes natures, affectés à
des personnes physiques et morales autres que l'Etat. Il s’agit bien des taxes
tirées ou prélevées par l’Etat.
Au Cameroun, c’est la loi de finances n°2022/020 du 27 décembre
2022portant loi de finances du Cameroun pour l’exercice 2023 qui est
actuellement applicable au Cameroun. L’article 1 er de cette loi dispose qu’elle a
pour objet d’évaluer les ressources et charges de l’Etat, de définir les conditions
de l’équilibre budgétaire et financier, et d’arrêter son budget pour l’année 2023
bien plus encore, les ressources et charges de l’Etat comprennent les recettes et
les dépenses budgétaires, ainsi que les ressources et les charges de trésorerie et
de financement et l’article 6 de la même loi fixe les Modalités spécifiques de
collecte des droits et taxes de douane à l’importation des téléphones portables,
tablettes et terminaux numériques.
On plusieurs lois de finances : initiale (voté par le parlement avant le
début de l’année budgétaire), rectificative (qui modifie le budget de l’Etat en
cours d’exercice c’est-à-dire modifie la loi de finances initiale en cours d’année.
C- Les Règlements
Il s’agit bien des décrets et des circulaires. Le décret est acte juridique
exécutoire à portée générale ou individuelle signée soit par le président de la
République, soit par le Premier ministre. Nous avons : les décret N° 2019/1488/
PM du 08 Avril 2019 modifiant et complétant les dispositions des articles 15 et
16 du décret n° 2016/0381 portant Création, organisation et Fonctionnement du
Comité National de Facilitation des Echanges ; le décret n° 2019/0688/PM du 14
février 2019 Portant organisation de la répartition de produit des Amendes et des
confiscations pour infractions au code des Douanes ; le décret N° 2016/367 du
03 Août 2016 fixant les règles d’origines et les méthodes de coopération
administrative applicables aux marchandises de l’Union Européenne dans le
cadre de l’Accord d’étapes vers l’accord de partenariat économique.
Une décision est selon le lexique juridique, le terme général utilisé en
procédure pour désigner les actes émanant d’une juridiction collégiale ou d’un
magistrat unique. Bien plus, elle désigne l’action de décider quelque chose ou de
se décider, après délibération individuelle ou collective ; elle est ici, une
disposition arrêtée par une autorité compétente, collégiale ou unique, après
délibération en matière douanière. On en distingue plusieurs :
- La décision N°19/084/MINFI/CAB du 05 février 2019 portant création
d’un groupe de travail chargé de procéder à l’arrimage des dispositions
fiscales et douanières contenues dans les conventions signées avec le
gouvernement antérieurement ou en marge de la loi N° 2013/004 du 18
avril 2013 fixant les incitations aux investissements privés au Cameroun.
- Décision N°02078/D/CCAA du 14 novembre 2014 portant création de la
commission de supervision de l’opérationnalisation du guichet unique
d’inspection filtrage des passagers et des bagages Cabine à l’aéroport de
Yaoundé Nsimalen.

D- Les Jurisprudences
Une jurisprudence est perçue l'ensemble des arrêts et des jugements qu'ont
rendu les Cours et les Tribunaux pour la solution d'une situation juridique
donnée ; le lexique juridique le définit au sens large, comme l’ensemble des
décisions de justice rendues pendant une certaine période dans un domaine du
droit ou dans l’ensemble du droit. Dans un sens plus restreint, comme
l’ensemble des décisions concordantes rendues par les juridictions sur une même
question de droit.
Elle est donc l’ensemble des décisions concordantes rendues par les
juridictions en matière douanières. Nous pouvons citer à titre d’exemple, l’arrêt
N°057/C DU 15 MARS 2013 de la Cours d’Appel du Littoral, LA DIRECTION
GENERALE DES DOUANES C/ MONSIEUR AB Aa Ab) (Nom
pseudonyme). Il ressort de l’Analyse de cet Arrêt : analyses recouvrement des
créances - injonction de payer - créances de dommages et intérêts - créances
résultant de la mauvaise exécution d'un contrat de vente - vices caches -
incertitude de la créance (oui) - application du droit douanier (oui) - conditions
de la procédure d'injonction de payer non réunies.

II- Les Sources Communautaires du Droit Douanier


Les communautés sous régionales en Afriques sont des regroupements
d’Etat constituées bien avant l’UA (Union Africaine), avec pour but pour but de
faciliter l’intégration économique régionale entre les membres de chacune des
régions. En Afrique Centrale et précisément en zone CEMAC, les douanes sont
au premier plans de cette intégration économique. La réglementation douanière
en zone CEMAC a des sources multiples. Nous verrons : d’abord le Code
douanier de la CEMAC (A), les Règlements des organes de décision de
l’Union Economique de l’Afrique Centrale (UEAC) (B), la Convention de la
CEMAC (C).

A- Le Code des Douanes de la CEMAC

Un Code est formellement, un recueil de lois ; Il est un recueil officiel des


dispositions législatives et réglementaires qui régissent une matière (ex. Code
pénal, Code de la propriété intellectuelle) souvent avec indication d’origine (ex.
Code civil italien, Code suisse des obligations). Intelligemment le Code s’entend
aussi Comme Ensemble cohérent des règles qui gouvernent une matière ; corps
de droit résultant, en une matière, du regroupement et de l’ordonnance des règles
qui s’y rapportent, mais qui peut être le fruit soit d’une véritable codification (à
droit nouveau) soit d’une codification administrative purement formelle (à droit
constant).
Le code Douanier de la CEMAC est donc le recueil officiel des règles qui
gouvernent la Matière Douanière au sein de la CEMAC. C’est la véritable
source douanière au sein de la CEMAC : c’est la source principale du droit
douanier CEMAC.
Il a lui aussi, une portée internationale ; adopté au lendemain du traité de
Brazzaville de 1964 à travers l’acte N° 8/65-UDEAC-37 du 14 décembre 1965.
A ce moment, on parlait de « CODE DES DOUANES DE L’UDEAC ». Le 16
mars 1994, la communauté UDEAC devient CEMAC avec entre autres effets,
le transfert du patrimoine, des droits mais aussi des obligations. Le code des
douanes devient alors « CODE DES DOUANES DE LA CEMAC ».
Aujourd’hui, le Code des douanes de la CEMAC consiste en 425 articles
discontinus en prévision d’éventuels aménagements. La dernière édition,
disponible depuis 2003, se décline en 12 titres allant des principes généraux du
régime du droit des douanes au Contentieux Douanier. C’est un texte qui subit
des modifications lorsque les besoins de reformes se font pressantes.

B- Les règlements et autres actes de l’Union Economique de l’UEAC

Nous avons défini le règlement comme une disposition légale ; texte de


portée générale émanant de l’autorité exécutive par opposition à la loi. Ces
règlements sont uniformément appliqués sur le territoire douanier de la CEMAC
suivant le principe de l’unification, de l’uniformisation et de l’harmonisation des
normes communautaires. Ces règlements ont pour but de faciliter et d’améliorer
la pratique de l’activité douanière au sein de la CEMAC. L’article 2 b de la
Convention de l’UEAC dispose que l’UEAC entend : « créer un marché
commun fondé sur la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des
personnes » ; son article 13 prévoit également : l’élimination des droits de
douanes intérieurs, restrictions quantitatives à la sortie et à l’entrée des
marchandises ; et l’adoptons de règles communes. Parlant des règles communes
nous avons :
- Règlement n°5/001-UEAC-097-CM-06 03 Août 2001 portant Code des
douanes de la CEMAC
- Règlement N° 040/01-UEAC-089-CM-06 adoptant le code
communautaire de la route.
Parlant des autres actes, nous avons : les décisions communautaires dans le
domaine des douanes qui concourent aussi au rayonnement des douanes en
Afrique centrale CEMAC.
Notons que ces différentes normes émanent du Conseil des Ministres de
l’UEAC qui est son Organe principal.

C- La Convention ou Traité de la CEMAC

C’est la charte de la CEMAC, c’est le texte fondateur de la Communauté


CEMAC, elle peut s’assimiler au plan interne à la Constitution de l’Etat, de ce
fait le traité ou la convention de la CEMAC est son Acte de naissance et au plan
externe (Communautaire) la Constitution de la CEMAC. C’est lui qui organise
la vie de la Communauté. En zone CEMAC c’est le Traité du 16 mars 1994
instituant la CEMAC qui en est l’acte fondateur ; et sa mission essentielle selon
son article 2 est de promouvoir la paix et le développement harmonieux des
Etats Membres, dans le cadre de l’institution de deux unions : une union
économique et une union monétaire. Puisque les échanges en zone CEMAC
repose sur les attributs économiques et monétaires, consacrés par le traité ; il est
dose une source importante du droit douanier.
III- Les sources internationales du droit douanier
Au niveau international, le droit douanier tire ses sources de l’Accord général
sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) (A), devenu Organisation
Mondiale du Commerce (OMC) (B), et de l’Organisation Mondiale des Douanes
(C).
A- l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT)

Elle est la première au niveau international en la matière. Il Né le 30 octobre


1947 avec une triple fonction :

 Instituer un ensemble de règles pour régir le comportement des


gouvernements dans le domaine commercial et des règles de bonne
conduite. En matière douanière ces règles ont essentiellement pour but
l’abaissement des droits douaniers mais également sur les codes de bonne
conduite : la lutte contre le dumping, le principe de devoir traiter les
étrangers de la même manière que les nationaux.
 Etre une tribune où se déroulaient les négociations commerciales au
niveau multilatéral.
 Règlement des différends, étant observés que les sujets de droit n’étaient
que des états, les particuliers n’avaient pas accès au Gatt.

Il reposait aussi sur des principes notamment ceux de :

- Non-discrimination : aucune règle d’un état membre ne doit léser une des
parties, tout avantage commercial ou tarifaire négocié entre les parties
membres doit être étendu aux autres états membres.
- Le principe de traitement national : toutes les règles fiscales et les normes
sont applicables aux produits étrangers sur le territoire national comme
s’ils étaient des produits nationaux.
- La pratique Loyale : les exportateurs doivent être dans une situation de
concurrence loyale, en cas de dumping, on va compenser, en augmentant
les droits à l’intention des pays qui n’appliquent pas une politique
équitable.

B- Organisation Mondiale du Commerce (OMC)

La mort de l’Accord Général sur les Tarifs et le Commerce, donne lieu à


la naissance de l’OMC en 1995 institué par l’Accord de Marrakech. C’est elle
qui remplace le GATT, l’OMC compte plus de 164 Membres, qui représentent
98% du commerce mondial et ses décisions sont prises par l’ensemble de ses
membres par consensus ; son organe de décision suprême de l’OMC qui est la
Conférence ministérielle, qui se réunit généralement tous les deux ans.
Elle a de multiples fonctions et son principal objectif de l’OMC est de
favoriser autant que possible la fluidité, la liberté et la prévisibilité des échanges.
Elle s’acquitte de cette mission en:
- Administrant les accords commerciaux; • servant de cadre aux
négociations commerciales;
- Réglant les différends commerciaux; • examinant les politiques
commerciales nationales;
- Renforçant les capacités commerciales des économies en développement;
- Coopérant avec d’autres organisations internationales.
Notons à juste titre qu’aujourd’hui les membres de l’OMC sont tenus de
respecter l’ensemble des règles de l’OMC et elle constitue une enceinte de
discussion permanente.
C- L’Organisation Mondiale des Douanes (C)
Née sous l’appellation de Conseil de Coopération Douanier mis en place
en 1952, il avait pour objectif de contribuer au rapport harmonieux des
rapports internationaux, il redeviendra plus tard : L’OMD organisme
intergouvernemental indépendant, dont la mission est d’améliorer l’efficacité
des administrations douanières. Elle représente aujourd’hui 185
administrations des douanes qui sont disséminées sur l’ensemble du globe
et traitent 98% du commerce mondial. En tant que centre mondial d’expertise
douanière, l’OMD est la seule organisation qui soit compétente à l’échelon
international en matière douanière et qui est le porte-parole de la communauté
douanière internationale.
Comme mission, L’OMD élabore des normes internationales, favorise la
coopération et renforce les capacités, afin de faciliter le commerce licite,
d’assurer le juste recouvrement des recettes et de protéger la société, en
assumant son rôle de chef de file et en fournissant des orientations et un appui
aux administrations des douanes. Ceci avec pour but de Rassembler les
administrations des douanes dans l’optique d’un monde plus sûr et plus
prospère. Les frontières séparent, les douanes rapprochent.
Notons pour finir sans ne point entrer dans son organisation, qu’elle a un
conseil qui se réuni à Bruxelles avec des délégués qui sont les chefs des
douanes des Etats membres avec une commission de politique général
composé de 20 membres. Par le biais de comités techniques, il y a un comité
de lutte contre la fraude qui met en place un système de coopération
administrative entre les états membres pour la recherche et la prévention des
infractions douanières.

Chapitre II : Les missions de l’administration Douanières


L’article 54 du Code de douane dispose que : «L’action du service des
douanes s’exerce sur l’ensemble du territoire douanier dans les conditions
fixées par le Code des douanes » ; si l’action de ce service public s’exerce sur
un territoire dit territoire douanier, c’est obligatoirement pour l’accomplissement
des missions qui lui sont assignées. Une mission s’entendant comme une
Charge, pouvoir qu'on donne à quelqu'un d'aller faire quelque chose. Alors on
peut se demander qu’elles sont les charges ou les pouvoirs ou brefs les missions
de l’administration douanières ?
Tout en notant que ces missions survivent (Continuelles ou intemporelles)
avec les Etats ou l’Etat puisqu’elles destinées à l’intérêt général ; nous
distinguerons trois missions essentielles de l’administration de Douane :
missions de fiscale et budgétaire (I) d’une, et d’autre part, les missions de
protection de constatation (II).

I- Les missions fiscales et budgétaire l’administration Douanières

Dès son origine, le droit douanier est un droit d'essence fiscale qui a pour
but primordial de procurer et de mobiliser des recettes sur le commerce extérieur
au profit de l'Etat. Par ailleurs, avec le temps, la fiscalité sur certains produits
spécifiques comme les alcools et le tabac, a été dévolue au service douanier. De
ce fait, il est indiqué de voir la matière imposable, le tarif douanier, les régimes
douaniers ainsi que l'évolution des recettes douanières.
A- La matière imposable
Le code douanier prévoit que des droits de douane dits droits d'entrée et
droits de sortie soient prélevés sur les marchandises lors de leur importation ou
de leur exportation. Ils sont calculés sur la valeur ad valorem des marchandises.
Cette valeur est comprise CIF (cost-insurancefreight) ou en français CAF (coût-
assurance-frêt) à l'importation et FOB (franco à bord ou free on board) à
l'exportation.
La TVA à l'importation et celle à l'exportation sont aussi perçues par
l'Administration des douanes.
Comme dit ci-haut, il convient de relever que, outre les droits de douane,
le droit douanier autorise l'Administration douanière de percevoir des droits sur
certains produits tels que l'alcool, la bière, le tabac, l'huile, les allumettes, le
sucre et le ciment. Ces droits sont appelés des droits d'accises.
Le fait générateur, pour les droits de douane, est l'importation ou
l'exportation des biens tandis que pour les droits d'accises, il s'agit de la
production sur le territoire national des biens limitativement énumérés ci-dessus.
Selon la procédure douanière, le propriétaire de la marchandise ou son
représentant est tenu de souscrire une déclaration douanière. L'agent de douane
procède à sa vérification et au contrôle physique de la marchandise, puis liquide
et perçoit les droits dus au profit du Trésor public.
Enfin la marchandise est dédouanée en cas d'importation ou embarquée
dans le navire en cas d'exportation.
En ce qui concerne le contentieux douanier, il porte souvent sur des
marchandises saisies après contrôle ou dont la liquidation découlant de la
déclaration a révélé une erreur matérielle.

B- Le tarif douanier
Le tarif douanier est un répertoire qui reprend les différents produits
susceptibles d'être exportés et importés et le tarif auquel chacun d'eux est taxé
par la Douane. L'espèce tarifaire est l'une des trois notions essentielles, avec
l'origine et la valeur en douane, pour déterminer le traitement douanier à
réserver à une marchandise.

II- Mission de protection

L’administration douanière exerce cette protection à travers les Contrôle


(A), de constatation (B) et de poursuites (C).

A- Les missions de Contrôle


Pour assurer cette mission de protection, la Douane se déploie à empêcher
l'entrée ou la sortie des produits ou espèces prohibés en l'occurrence la drogue,
les marchandises contrefaites ainsi que les espèces de faune et flore protégées
par la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et
de flore sauvages menacées d'extinction). Mais également l'entrée des
marchandises que le gouvernement compte prohiber sur son territoire national
en vue de favoriser ou de protéger son industrie nationale.
Pour décourager l'importation de tels produits, le gouvernement peut
décider de leur appliquer des tarifs douaniers prohibitifs. Action susceptible
d’engendrer certaines difficultés au sein de l’administration douanière

B- Les missions de Constatation ou de contrôle de l’Administration


Douanière

Selon l’Article 78 du code de douane, Les agents des douanes peuvent


contrôler l’identité des personnes qui entrent dans le territoire douanier. Ils ont
également, accès aux bureaux de poste sédentaires ou ambulants, y compris les
salles de tri, en correspondance directe avec l’extérieur, pour y rechercher, en
présence des agents des postes, les envois clos ou non, d’origine intérieure ou
extérieure, à l’exception des envois en transit, renfermant ou paraissant
renfermer des objets de la nature de ceux visés au présent article.
L’administration des postes est tenue de soumettre au contrôle douanier, dans les
conditions prévues par les conventions et arrangements de l’Union Postale
Universelle, les envois frappés de prohibitions à l’importation, passibles de
droits ou taxes perçus par l’administration des douanes ou soumis à des
restrictions ou formalités à l’entrée.
L’administration des postes est également tenue de soumettre au contrôle
les envois frappés de prohibitions à l’exportation, passibles de droits ou taxes
perçus par l’administration des douanes ou soumis à des restrictions ou
formalités à la sortie. Il ne peut en aucun cas être porté atteinte au secret des
correspondances.
Ils peuvent pour la recherche des marchandises détenues frauduleusement
dans le rayon des douanes ainsi que pour la recherche en tous lieux des
marchandises soumises aux dispositions de l’article 291 ci – après, les agents
des douanes peuvent procéder à des visites domiciliaires en se faisant
accompagner soit d’un officier municipal du lieu, soit d’un officier de police
judiciaire, soit d’un représentant de l’autorité régionale ou locale. En aucun cas,
ces visites ne peuvent être faites pendant la nuit. Rechercher de la fraude,
procédant à la visite des marchandises et des moyens de transport et à celle des
personnes. Ainsi, tout conducteur de moyen de transport doit se soumettre aux
injonctions et signaux d’arrêt des agents des douanes. Ces derniers peuvent faire
usage de tous engins appropriés pour immobiliser les moyens de transport quand
les conducteurs ne s’arrêtent pas à leurs injonctions et en cas de refus
d’obtempérer à la troisième injonction à haute et intelligible voix, les agents des
douanes peuvent faire usage de la force pour exercer ce droit de visite.
Les agents des douanes ont la compétence de: visiter tous navires au –
dessous de 100 tonneaux de jauge nette ou de 500 tonneaux de brute se trouvant
dans la zone maritime du rayon des douanes ; aller à bord de tous bâtiments, y
compris les navires de guerre, qui se trouvent dans les ports ou rades ou qui
montent ou descendent les rivières, et canaux, ils peuvent y demeurer jusqu’à
leur déchargement ou sortie.

NOTONS QUE : Le contrôle se fait au moment du dédouanement pendant,


circulation et à la détention de la marchandise et le contrôle a posteriori

 LE CONTRÔLE AU MOMENT DU DÉDOUANEMENT


Dès leur introduction sur le territoire communautaire, les marchandises
doivent être conduites au bureau de douane sans délai par la personne qui a
procédé à cette introduction, afin d'être présentées en douane.

 LE CONTRÔLE À LA CIRCULATION ET À LA DÉTENTION

Certaines marchandises restent soumises à contrôle à la circulation et à la


détention :
- les marchandises tierces placées sous régime de transit ;
- les marchandises telles que :(bijoux, espèces préservées, armes …);
- les marchandises communautaires soumises à restriction de circulation dans les
échanges intracommunautaires.

 LE CONTRÔLE A POSTERIORI

A peu près aucune des garanties existant en matière fiscale :


- Pas d’avis de vérification mais d’emblée un procès-verbal
- Pas de droit à l’assistance d’un conseil qui n’est que toléré
- Pas d’interdiction de double vérification
- Surtout, pas de véritable respect du contradictoire pendant l’enquête

Avant tout contrôle, la personne contrôlée peut vérifier la qualité des


enquêteurs : carte professionnelle (appelée « commission d'emploi »)

C- Les missions de constatation et de saisies de l’administration


douanière
Constatation des infractions douanières et saisie Selon l’article 298 les
infractions aux lois et règlements douaniers sont constatées par les agents des
douanes. Toutefois, les agents d’autres administrations peuvent procéder à la
saisie de marchandises de fraude. La qualification de l’infraction consiste à
rattacher cette infraction à une ou plusieurs dispositions du Code des douanes.
C’est elle qui est mentionnée sur le procès-verbal des douanes.
Les constatations effectuées par les agents d’autres administrations
peuvent être admises par le service des douanes auprès duquel sont déposés les
objets saisis passibles de confiscation, les expéditions des objets saisis ainsi que
les objets qu’ils auraient retenus à des fins préventives pour la sûreté des
pénalités.
Il ne peut être procédé à la capture des prévenus qu’en cas de flagrant
délit.
Selon l’article 300. 1. Les procès - verbaux énoncent :
- la date et la cause de la saisie ;
- la déclaration qui a été faite au prévenu ;
- les noms, qualités et demeures des saisissants et de la personne chargée de
poursuites ;
- la nature des objets saisis et leur quantité ;
- la présence du prévenu à leur description ou la sommation qui lui a été faite
d’y assister ;
- le nom et la qualité du gardien ;
- le lieu de la rédaction du procès-verbal et l’heure de sa clôture.
La forme et le contenu des procès-verbaux de saisis sont déterminés par
décision Secrétariat Exécutif de la CEMAC ; lorsque les marchandises saisis ne
sont pas prohibées, il est offert mainlevée des moyens de transport sous caution
solvable ou sous consignation de la valeur. Cette offre, ainsi que la réponse, sont
mentionnées au procès-verbal.

CHAPITRE III : Organisation et Fonctionnement de


l’administration douanière

L’action du service des douanes s’exerce sur l’ensemble du territoire


douanier dans les conditions fixées par le Code des douanes. Une zone de
surveillance spéciale est organisée le long des frontières terrestres et maritimes.
Elle constitue le rayon des douanes vue l’article 54 alinéas 1 er ; et l’article 55 du
même Code des douanes précise que : le rayon des douanes comprend une zone
maritime et une zone terrestre. La zone maritimes est comprise en entre le
littoral une limite extérieure située en mer à 12 miles marins mesurés à partir des
lignes de base de la mer territoriale.
La zone terrestre s’étend : Sur les frontières maritimes, entre le littoral et
une ligne tracée à 60 kilomètres en deçà du rivage de la mer et des rives des
fleuves, rivières et canaux affluant à la mer, Jusqu’au dernier bureau de douane
situé en amont, ainsi que dans un rayon de 60 kilomètres autour dudit bureau.
Les propriétaires riverains ne peuvent élever aucun obstacle au libre parcours
des bords de la mer ou des fleuves et rivières pour la surveillance de la douane.
Le fait pour les riverains d’élever un obstacle ou de refuser de laisser passer les
agents des douanes constituent une opposition à l’exercice des fonctions de ces
agents.
Sur les frontières de terre, entre les limites du territoire douanier et une
ligne tracée à 60 kilomètre en deçà. Pour faciliter la répression de la fraude, la
profondeur de la zone terrestre peut être augmentée, dans une mesure variable,
par acte du Conseil des Ministres de l’UEAC. Les distances sont calculées à vol
d’oiseau, sans égard aux sinuosités des routes. L’article 56 précise également
que le tracé de la limite intérieure de la zone terrestre du rayon est fixé par acte
du Conseil des Ministres.

I- ORGANISATION DES SERVICES DES DOUANES

A- ETABLISSEMENT DES BUREAUX DE DOUANE


Les formalités douanières ne peuvent être accomplies que dans les
services de douane. Des dérogations à cette règle peuvent être accordées par
décision du directeur de national des douanes.
Les bureaux de douane sont suivant établis et supprimés par décision du
Gouvernement de l’Etat intéressé
. Il en informe le Secrétariat Exécutif.
Lorsque le bureau est situé à l’intérieur du rayon des douanes, la décision
qui prescrit sa création ou sa suppression doit être affichée, à la diligence de
l’autorité régionale, dans la commune où se trouve le bureau et dans les localités
limitrophes. L’administration des douanes est tenue de faire apposer sur la
façade de chaque bureau en un endroit apparent, un tableau portant ces mots :
bureau des douanes ; les heures d’ouverture et de fermeture des bureaux de
douane sont fixées par le Gouvernement de l’Etat dans lequel ils implantés.

B - ETABLISSEMENT DES BRIGADES DE DOUANE


Les brigades de douane sont créées et supprimées par décision du
Gouvernement de l’Etat intéressé. II en forme le Secrétariat Exécutif.

II- FONCTONEMENT DE SERVICES DE DOUANE


Ce fonctionnement et palpable dans immunités, sauvegarde et
obligations des agents (A), des douanes et aussi dans les Pouvoirs accordés
aux agents des douanes (B).

A- immunités, sauvegarde et obligations des agents


Selon l’article 62 alinéas 1 du code des douanes, les agents des douanes sont
sous la sauvegarde spéciale de la loi. II est spécialement interdit à toute personne
physique ou morale, civile ou militaire : a)de les injurier, de les maltraiter ou de
la troubler dans l’exercice de leurs fonctions ; b) de s’opposer à cet exercice ;
ainsi, les autorités civiles et militaires sont tenues, à la première réquisition, de
prêter main – forte aux agents des douanes pour l’accomplissement de leur
mission. Sous réserve des conditions d’âge établies par les lois en vigueur, les
agents des douanes de tout grade doivent prêter serment devant le tribunal
compétent dans le ressort duquel se trouve la résidence ou ils sont nommés. La
prestation de serment est enregistrée sans frais au greffe du tribunal. L’acte de ce
serment est dispensé de timbre et d’enregistrement. Il est transcrit gratuitement
sur les commissions d’emploi visées à l’article suivant.
Les articles 64 et suivants du code des douanes précisent que, dans
l’exercice de leurs fonctions, les agents des douanes doivent être munis de leurs
commissions d’emploi faisant mention de leur prestation de serment ; ils sont
tenus de l’exhiber à la première réquisition ; ils ont, pour l’exercice de leurs
fonctions, le droit au port d’armes, de ce fait outre le cas de légitime défense, ils
peuvent en faire usage : a) lorsque des violences ou voies de fait sont exercées
contre eux ou lorsqu’ils sont menacés par les individus armés ;
b) lorsqu’ils ne peuvent immobiliser autrement les véhicules, embarcation et
autres moyens de transport dont les conducteurs n’obtempèrent pas à l’ordre
d’arrêt ; c) lorsqu’ils ne peuvent autrement s’opposer au passage d’une réunion
de personnes qui ne s’arrêtent pas aux sommations qui leur sont adressées ; d)
lorsqu’ils ne peuvent capturer vivants les chiens, chevaux et autres animaux
employés pour la fraude ou que l’on tente d’Importe ou d’exporter
frauduleusement ou qui circulent irrégulièrement. Cependant, tout agent des
douanes qui est destitué de son emploi ou qui le quitte est tenu de remettre
immédiatement à son administration sa commission d’emploi, les registres,
sceaux, armes et objets d’équipement dont il est chargé pour son service et de
rendre ses comptes.
Selon l’article article 69, les agents de douanes Sont tenus au secret
professionnel, dans les conditions et sous les peines prévues par le code pénal,
les agents des douanes ainsi que toutes personnes appelées à l’occasion de leurs
fonctions ou de leurs attributions à exercer à quelque titre que ce soit des
fonctions dans les services des douanes ou à intervenir dans l’application de la
législation des douanes.

B-les Pouvoirs accordés aux agents des douanes (B).

Confert missions des agents de douane


IIIEME PARTIE. LE CONTENTIEUX DOUANIER
Le contentieux douanier peut se définir comme l’ensemble des
contestations et litiges nés de l’application des règles douanières ou du
fonctionnement du service des douanes. On peut également le définir de manière
très simple, comme l’ensemble des règles concernant les différends entre
l’administration des douanes et les importateurs ou exportateurs des biens. Le
différend douanier prend naissance dès lors qu’il existe une infraction aux règles
douanières (A). Ce différend peut, en cas d’absence de transaction immédiate et
concluante, être porté devant une juridiction (B).

A. La constatation des infractions douanières et la poursuite de leurs


auteurs

Les infractions douanières sont constatées à l’aide des procès-verbaux


établis par les agents des douanes ou des agents d’autres administrations et
entraînent la poursuite des auteurs.

1. LA CONSTATATION DES INFRACTIONS DOUANIÈRES

La constatation peut se faire par procès-verbal de saisie ou par procès-


verbal de constat.
a) La constatation des infractions douanières par procès-verbal de saisie
Les agents des douanes et autres agents compétents peuvent procéder à
des saisies lors des contrôles. Ces saisies peuvent concerner le faux et
l’altération des expéditions et peuvent avoir lieu à domicile, sur les navires et
bateaux et en dehors du rayon des douanes. Autant que cela est possible, les
marchandises et moyens de transport saisis sont conduits et déposés au
bureau ou poste de douane le plus proche; si ceci n’est pas possible, les
objets saisis peuvent être confiés à la garde du prévenu ou d’un tiers sur les lieux
de la saisie ou dans une autre localité; le risque ici est de voir des objets saisis
disparaître facilement. Des agents de douane ayant constaté une infraction
rédigent le procès-verbal immédiatement après le transport et le dépôt des objets
saisis.
Le procès-verbal énonce : la date et la cause de la saisie, la déclaration qui
a été faite au prévenu, les noms, qualités et demeures des saisissants et de la
personne chargée des poursuites, la nature des objets saisis, et leur quantité, la
présence du prévenu ou la sommation qui lui a été faite pour assister, le nom et
qualité du gardien et le lieu de la rédaction du procès-verbal ainsi que l’heure de
sa clôture. Le procès-verbal doit être lu et signé par le prévenu; s’il est absent, la
copie est affichée dans les vingt-quatre heures à la porte extérieure du bureau de
douane ou, soit à la mairie, soit au siège du chef de la circonscription
administrative du lieu de la rédaction du procès-verbal.
Lorsque les marchandises saisies ne sont pas prohibées, il est offert
une mainlevée des moyens de transport sous caution solvable ou sous
consignation de la valeur.
b) La constatation des infractions par procès-verbal de constat
Les chefs de bureaux et receveurs des douanes, les agents ayant le
grade d’inspecteur, de contrôleur ou d’officier des douanes peuvent exiger
la communication des papiers et documents relatifs aux opérations
intéressant leurs services, dans les gares de chemin de fer, les locaux des
compagnies maritimes, aériennes ou routières, chez les commissionnaires ou
transitaires, les concessionnaires. Il faut rappeler que le rayon des douanes est
une zone de surveillance spéciale organisée le long des frontières terrestres et
maritimes, d’entrepôts et dans les établissements bancaires.
Les résultats des contrôles ainsi opérés et ceux des enquêtes et
interrogatoires effectués par des agents des douanes sont consignés dans les
procès-verbaux de constat. Ceux-ci énoncent la date et le lieu des contrôles et
des enquêtes effectués, la nature des constatations faites et des renseignements
recueillis, la saisie des documents ainsi que les noms, qualités et résidences
administratives des agents verbalisateurs.

2. LA POURSUITE DES AUTEURS D’INFRACTIONS


Les infractions prévues par les lois et règlements douaniers peuvent
être poursuivies et prouvées par toutes les voies de droit. Les renseignements,
certificats, procès-verbaux et autres documents fournis ou établis par les
autorités des pays étrangers peuvent aussi être utilisés pour établir la preuve
d’une infraction. Alors que l’action pour l’application des peines est exercée par
le ministère public, l’administration des douanes exerce l’action pour
l’application des sanctions fiscales.
En cas de décès de l’auteur d’une infraction douanière avant le jugement
ou la transaction, l’administration peut exercer contre la succession une action
tendant à faire prononcer par le tribunal d’instance la confiscation des objets
passibles de cette sanction. Si ces objets n’ont pu être saisis,
l’administration des douanes peut demander la condamnation au paiement
d’une somme égale à la valeur des dits objets et calculée d’après le cours du
marché intérieur à l’époque où la fraude avait été commise.
Le parquet est tenu de faire d’office toutes les poursuites nécessaires pour
découvrir les entrepreneurs, assureurs et tous les intéressés à la contrebande. La
poursuite des auteurs d’infractions peut se faire par voie de contrainte; dans ce
cas les contraintes sont décernées par le comptable compétent ou ses préposés
pour non-paiement des droits et taxes de douane.
L’extinction des poursuites peut intervenir à l’issue d’une transaction
qui
peut se dérouler avant ou après le jugement définitif; dans ce dernier cas,
la transaction laisse subsister les peines corporelles. Le droit de transaction en
matière d’infractions douanières est exercé différemment selon que les
infractions paraissent préjudiciables à plusieurs États ou à un seul État. Dans ce
cas, ce droit est exercé par le Conseil des ministres de l’UÉAC ou par le
Secrétaire exécutif de la CÉMAC. Dans ce cas, le ministre de l’État concerné
exerce le droit de transaction ou bien le directeur national des douanes.
L’action en répression des infractions douanières se prescrit dans les
mêmes conditions qu’en matière des délits de droit commun. Il peut aussi
y avoir une prescription des droits particuliers de l’administration et des
redevables.
Les infractions douanières se classent de la manière suivante :
- Pour les contraventions douanières, on y dénombre celles de première
classe (passibles d’une amende de 50 000 à 200 000 Francs CFA), celles de
deuxième classe (passibles d’une amende de 500 000 à 2 000 000 Francs CFA),
celles de troisième classe (passible d’une amende égale au triple des droits et
taxes éludés ou compromis), celles de quatrième classe (passible d’une amende
égale à la valeur des marchandises) et celles de cinquième classe (passible
d’une amende égale au triple de la valeur des marchandises).
- Les délits douaniers sont répartis en trois classes (première classe, deuxième
classe et troisième classe)
3. LE PROBLÈME DE RESPONSABILITÉ.
En matière pénale, la responsabilité du détenteur des marchandises issues
de la fraude est engagée de même que celle des déclarants, des
commissionnaires en douanes, des transporteurs agréés, des soumissionnaires et
de toute personne reconnue comme complice. Ceux qui ont participé comme
intéressés d’une manière quelconque à un délit de contrebande ou à un délit
d’importation ou d’exportation sans déclaration sont passibles des mêmes peines
que les auteurs de l’infraction.
Les commandants des navires, bateaux, embarcations, et les
commandants d’aéronefs sont réputés responsables des omissions et
inexactitudes relevées dans les manifestes et, d’une manière générale, des
infractions commises à bord de leurs appareils.
En matière civile, l’administration des douanes est responsable du fait de
ses employés dans l’exercice et pour raison de leurs fonctions. Les
propriétaires des marchandises sont civilement responsables du fait de leurs
employés en ce qui concerne les droits, taxes, confiscations, amendes et
dépenses. Les propriétaires des marchandises de fraude, ceux qui se sont chargés
de les importer ou de les exporter, les intéressés à la fraude, les complices et
adhérents sont tous solidaires et contraignables par corps pour le paiement des
amendes, des sommes tenant lieu de confiscation et des dépens.

B. La procédure devant les juridictions


Dans les différends douaniers, quelles sont les juridictions qui peuvent
être saisies et quelles sont les modalités d’exécution des décisions de justice?

1. LES JURIDICTIONS COMPÉTENTES EN MATIÈRE DOUANIÈRE


Les critères de compétence sont matériels et territoriaux.

a) La compétence matérielle
Les tribunaux de police (tribunal d’instance pour le Cameroun, la
République centrafricaine et le Congo) sont compétents pour les
contraventions douanières et pour toutes les questions douanières soulevées par
voie d’exception. Les tribunaux correctionnels connaissent de tous les délits de
douane et de toutes les questions douanières soulevées par voie d’exception de
même que les contraventions de douane connexes, accessoires ou se rattachant
à un délit de douane ou de droit commun.
Les tribunaux d’instance (surtout pour le cas du Gabon) connaissent
des contestations concernant le paiement ou le remboursement des droits, des
oppositions à contrainte et des autres affaires douanières n’entrant pas dans la
compétence des juridictions répressives.
Le Code des douanes de la CÉMAC ne précise pas expressément les
matières qui relèvent de la compétence des juridictions administratives. Ainsi,
on peut conclure que, chaque État de la CÉMAC ayant son organisation de la
justice, les juridictions administratives pourront intervenir en matière
douanière au regard de leur compétence générale.
b) Compétence territoriale
Le tribunal dans le ressort duquel est situé le bureau de douane le plus
proche du lieu de constatation d’une infraction douanière peut être saisi.
Les oppositions à Pour le cas du Cameroun par exemple, l’article 15 de la Loi
n°2006/015 du 29 décembre 2006 portant organisation judiciaire stipule que le
tribunal de première instance (TPI) est compétent pour connaître des différends
dont le montant de la demande est inférieur ou égal à dix millions (10 000
000) de francs CFA ainsi que des infractions qualifiées de délits ou de
contraventions. L’article 18 de la même loi prévoit que le tribunal de grande
instance (TGI) est compétent pour connaître des différends dont le montant de la
demande est supérieur à dix millions (10 000 000) de francs CFA ainsi que des
crimes et délits connexes. Quant aux autres États membres de la CÉMAC
(hormis le Gabon), ils connaissent une certaine instabilité au niveau de
l’organisation de leurs administrations judiciaires respectives à cause des
régimes militaires ou paramilitaires qui s’alternent souvent au pouvoir.

2. L’EXÉCUTION DES DÉCISIONS DE JUSTICE EN MATIÈRE


DOUANIÈRE
L’exécution des décisions de justice rendues en matière douanière peut
avoir lieu par toute voie de droit. Les jugements et arrêts portant
condamnation pour infraction aux règles douanières sont, en outre, exécutés
par corps. L’exécution des contraintes douanières ne peut être suspendue par
aucune opposition ou autre acte.
En cas de décès d’un contrevenant avant d’effectuer le règlement des
amendes, le recouvrement peut être poursuivi contre sa succession. Certains
droits et privilèges sont réservés à l’Administration des douanes en matière
d’exécution des décisions de justice. Ainsi celle-ci a, pour les droits, taxes,
confiscations, amendes et restitutions, privilège et préférence à tous les
créanciers sur les meubles et effets mobiliers des redevables, à l’exception des
frais de justice et autres frais privilégiés, de ce qui est dû pour six mois de loyer
seulement, et sauf aussi la revendication dûment formulée par les propriétaires
des marchandises en nature qui sont encore emballées.
Les contraintes douanières emportent hypothèques de la même
manière et aux mêmes conditions que les condamnations émanant de l’autorité
judiciaire; d’autres cas de sûreté concernent la subrogation, au privilège de la
douane, des commissionnaires en douane agréés, des commissionnaires de
transport, des transporteurs et des établissements bancaires qui ont acquitté pour
un tiers, des droits, taxes ou amendes de douanes, et ce, quelles que soient les
modalités de recouvrement observées par eux à l’égard de ce tiers.
Cette subrogation ne peut être opposée aux administrations des États
membres. L’Administration douanière est autorisée à ne faire aucun payement
en vertu des jugements attaqués par les voies d’opposition, d’appel ou de
cassation, en moins qu’au préalable ceux au profit desquels lesdits jugements
ont été rendus n’aient donné bonne et suffisante caution pour sûreté des sommes
à eux adjugées.
Enfin, les amendes et confiscations douanières, quel que soit le tribunal
qui les a prononcées, se prescrivent dans les mêmes délais que les peines
correctionnelles de droit commun et dans les mêmes conditions que les
dommages-intérêts.

Vous aimerez peut-être aussi