Devoir de SES
Dans un monde économique en perpétuel mouvement, marqué par des crises successives,
les États cherchent des outils pour soutenir l’activité économique. Parmi eux, la politique
budgétaire expansive, qui repose sur une augmentation des dépenses publiques ou une
baisse des impôts, est souvent utilisée pour relancer la croissance. Si cette stratégie peut
avoir des effets positifs importants, elle comporte aussi des limites et des contradictions.
Comment, dès lors, concilier ses promesses de relance économique avec les risques qu’elle
implique ? Pour répondre, nous examinerons d’abord ses bienfaits, avant d’explorer ses
effets contradictoires, pour enfin proposer une réflexion équilibrée.
Quand l’État décide de relancer l’économie par une politique budgétaire expansive, les
impacts positifs sont nombreux. Tout d’abord, comme le montre le Document 2, une
hausse des dépenses publiques engendre une augmentation de la demande globale. Cette
hausse stimule la consommation des ménages et pousse les entreprises à produire
davantage, ce qui favorise la croissance économique. Par exemple, si l’État décide
d’investir massivement dans des infrastructures comme des routes, des hôpitaux ou des
écoles, cela crée immédiatement de l’emploi dans les secteurs concernés. Les ouvriers, les
architectes, et les entreprises de construction bénéficient directement de ces
investissements. Et cet effet ne s’arrête pas là : les revenus supplémentaires générés sont
à leur tour dépensés, alimentant une spirale de croissance.
Un autre avantage majeur est l’impact sur le chômage. En créant de nouveaux emplois,
une politique budgétaire expansive peut réduire le taux de chômage et améliorer le
pouvoir d’achat des ménages. Ce cercle vertueux profite à toute l’économie. Un exemple
récent est celui des plans de relance adoptés pendant la pandémie de COVID-19. De
nombreux gouvernements, dont celui de la France, ont augmenté massivement leurs
dépenses pour soutenir les secteurs en difficulté et éviter une récession prolongée. Le
résultat ? Une reprise plus rapide que prévu dans plusieurs secteurs clés, comme
l’industrie et les services.
Enfin, une politique budgétaire expansive peut également avoir des effets à long terme si
les investissements publics sont bien orientés. Par exemple, investir dans l’éducation ou la
recherche permet d’augmenter la productivité future des travailleurs et de poser les bases
d’une croissance économique durable.
Cependant, malgré ses nombreux avantages, la politique budgétaire expansive n’est pas
sans risques. Le Document 1 met en lumière un problème central : pour financer une
augmentation des dépenses publiques, l’État doit souvent s’endetter. Or, cet endettement
peut entraîner un « effet d’éviction ». Cela signifie que les ressources financières,
mobilisées en priorité par l’État, ne sont plus disponibles pour les entreprises privées. Ces
dernières, faute de financements, peuvent réduire leurs investissements, ce qui freine
l’innovation et la compétitivité à long terme.
Un autre problème est le déficit budgétaire. Le Document 3 montre que le déficit public en
France a atteint un pic de -8,9 % du PIB en 2020, un niveau inquiétant. Une telle situation,
si elle se prolonge, peut éroder la confiance des marchés financiers et rendre le
financement de la dette publique plus coûteux. C’est ce qui s’est passé dans certains pays
comme la Grèce, où une dette publique incontrôlée a conduit à une crise économique
majeure.
De plus, dans un contexte de mondialisation, une hausse de la demande intérieure peut
parfois bénéficier davantage aux entreprises étrangères qu’aux entreprises nationales. Par
exemple, une augmentation de la consommation en France peut entraîner une hausse des
importations de biens produits en Chine ou en Allemagne, réduisant ainsi l’impact positif
sur l’économie française. Cela souligne l’importance de bien cibler les dépenses publiques
pour maximiser leurs effets.
Face à ces défis, il est essentiel que les gouvernements trouvent un équilibre. Une
politique budgétaire expansive ne peut réussir que si
elle s’accompagne de mesures complémentaires. Par exemple, pour limiter l’effet
d’éviction, les banques centrales peuvent adopter une politique monétaire accommodante
en baissant les taux d’intérêt, ce qui facilite l’accès au crédit pour les entreprises privées.
De plus, les dépenses publiques doivent être orientées vers des secteurs stratégiques,
comme la transition énergétique ou l’innovation technologique. Investir dans ces
domaines permet non seulement de soutenir la croissance économique actuelle, mais
aussi de répondre aux grands défis du XXIe siècle, comme le changement climatique.
Enfin, il est crucial de surveiller la soutenabilité de la dette publique. Cela ne signifie pas
qu’il faut renoncer à s’endetter en période de crise, mais que cet endettement doit être
utilisé de manière intelligente, avec une stratégie claire pour le réduire à moyen terme.
En définitive, la politique budgétaire expansive est un outil puissant pour stimuler
l’économie, notamment en période de crise. Elle permet de relancer la consommation, de
créer de l’emploi et de soutenir la croissance. Mais ses effets contradictoires, comme
l’endettement public ou l’effet d’éviction, rappellent qu’elle ne doit pas être utilisée sans
discernement. Pour qu’elle porte pleinement ses fruits, elle doit être accompagnée d’une
vision à long terme, articulée autour d’investissements stratégiques et d’une gestion
rigoureuse des finances publiques. Dans un monde où les défis économiques et
environnementaux s’intensifient, il est plus que jamais crucial d’agir avec responsabilité et
ambition.