La question de la protection des mineurs dans le domaine du droit pénal est un défi
majeur pour les systèmes juridiques contemporains. Un mineur, défini comme un individu de
moins de dix-huit ans, est considéré comme un sujet vulnérable qui, en raison de son jeune
âge et de sa mauvaise compréhension des conséquences de ses actions, mérite une protection
particulière. La particularité de cette fragilité, amplifiée par les conditions socio-économiques
souvent difficiles auxquelles sont confrontés de nombreux mineurs, légitime l'élaboration de
régimes juridiques spéciaux qui encadrent leur responsabilité pénale tout en prenant en
considération leur besoin de réhabilitation plutôt que de punition. À Madagascar, tout comme
dans de nombreux autres pays, cette protection est assurée par un ensemble de lois
particulières, telles que la loi n° 2016-018 qui concerne les mesures et la procédure
applicables aux enfants en conflit avec la loi. L'application de cette loi est conforme aux
principes énoncés par les instruments internationaux tels que la Convention des Nations Unies
sur les droits de l'enfant, adoptée en 1989 et ratifiée par la plupart des États, dont Madagascar.
Ces instruments visent à assurer à tous les enfants, y compris aux mineurs délinquants, la
protection de leurs droits fondamentaux tout en favorisant leur réintégration sociale par des
actions éducatives et non punitives.
La situation des mineurs à Madagascar suscite des inquiétudes particulières, en
particulier en raison des conditions de vie difficiles que beaucoup d'entre eux vivent. Selon le
rapport de l'UNICEF (2019), 4 enfants sur 10 exercent un emploi avant l'âge de 18 ans, et la
plupart des jeunes sont victimes de violences physiques ou psychologiques dans leur milieu
familial ou communautaire. Le développement mental et physique des mineurs est fortement
impacté par ces violences et cette exploitation économique, ce qui les rend plus exposés aux
comportements délinquants. Il est primordial que les lois malgaches établissent des dispositifs
appropriés afin de garantir la protection des mineurs, victimes et auteurs d'infractions, tout en
leur offrant une seconde opportunité à travers des procédures respectueuses de leurs droits.
La question centrale qui se pose dans ce mémoire est : de quelle protection pénale peut
bénéficier un mineur en conflit avec la loi à Madagascar ?
Cette problématique s'inscrit dans le contexte de l'application des lois pour protéger les
mineurs tout en assurant le respect de leurs droits fondamentaux. Il n'est en effet pas question
de mettre en place des sanctions semblables à celles qui sont imposées aux adultes. Étant
donné leur jeune âge, leur vulnérabilité et leur manque de maturité, les mineurs ont besoin
d'un traitement différent qui tient compte à la fois de leur responsabilité pénale et de leur
besoin d'accompagnement éducatif.
Selon la loi n° 2016-018, mentionnée précédemment, la réinsertion des mineurs et la
prévention de la récidive sont des éléments essentiels. À la différence de la détention, souvent
contre-productive pour un jeune en formation, cette loi encourage les mesures alternatives
comme la médiation, la liberté surveillée ou le placement en centre éducatif. L'objectif de ces
dispositifs est de proposer une réponse appropriée à la situation spécifique de chaque mineur,
en évitant autant que possible la stigmatisation et en favorisant leur réintégration dans la
société.
Cependant, l'application de ces mesures fait face à de nombreux défis. Il est fréquent
que Madagascar ne dispose pas d'infrastructures appropriées pour prendre en charge les
mineurs en conflit avec la loi. Le manque de ressources dans les centres de rééducation et le
manque de formation du personnel encadrant à la gestion des jeunes délinquants rendent leur
réhabilitation difficile. En outre, la stigmatisation sociale liée à la criminalité juvénile rend
plus difficile la réintégration des mineurs dans leur communauté, ce qui accroît les risques de
récidive. De plus, il y a également la question de la responsabilité pénale des mineurs. D'après
l'article 8 de la loi n° 2016-018, la durée de la peine pénale à Madagascar est de 13 ans. Cela
implique que les mineurs âgés de 13 à 18 ans peuvent être tenus responsables de leurs actions,
mais les sanctions qui leur sont infligées sont adaptées à leur âge et à leur capacité de
discernement. L'excuse atténuante de minorité est notamment prévue par la loi afin de
diminuer les peines subies par les mineurs, en tenant compte de leur immaturité
psychologique et sociale.
Afin d’obtenir des réponses suffisamment satisfaisantes, ce mémoire est divisé en trois
parties principales. Alors, il est important d’analyser la traite aspects théoriques de la
protection pénale des mineurs (Partie I), puis, d’insister sur la procédure pénale des mineurs
délinquants (Partie II), et enfin, il est nécessaire de présenter les mesures applicables aux
mineurs en conflit avec la loi (Partie III).
:
Un enfant peut être l'auteur d'infraction à la loi pénale causant des dommages
corporels ou matériels à autrui et nécessitant ainsi une intervention de la société, sous forme
de poursuites judiciaires. La délinquance des mineurs constitue certainement l’une des
meilleures illustrations des difficultés qu’éprouve le législateur contemporain à adapter le
droit pénal aux personnes dont le discernement est inexistant ou incomplet.
Dans l’ouvrage de Président Henri RAHARIJAONA, il dit que : « L’enfant a droit à
une aide et assistance spéciale ».
De ce fait la convention sur les droits de l'enfant adoptée par l'Assemblée générale des
Nations Unies le 20 novembre 1989 a été soumise à l'Assemblée nationale de la République
démocratique de Madagascar au début de l'année 1990 et a fait l'objet d'une loi n° 90_029 du
19 décembre 1990 autorisant sa ratification.
Puisque Madagascar a ratifié cette convention internationale sur les Droits de l’enfant,
il s'engage à respecter le droit de protection pour les mineurs et de s’assurer que les
modifications introduites à la législation relative à la protection des enfants soient conformes
aux droits qui leur sont reconnus, de veiller à ce que les engagements internationaux soient
respectés. Le présent Projet de loi a été élaboré pour protéger les enfants et plus
particulièrement les enfants ayant commis des infractions et traduits en justice, appelés
enfants en conflit avec la loi.
L'importance de la protection de ces mineurs vulnérables est mise en évidence par la
loi n° 2016-018 sur la protection de l'enfance et de l'adolescence et la Convention
internationale des droits de l'enfant (1989) À partir de cette loi, un mineur correspond à la
qualification juridique d'une personne n'ayant pas atteint la majorité fixée à 18 ans et qui est
un incapable juridique, car il n'est pas en possession de tous les droits liés à la personnalité
juridique.
À la différence de divers domaines étudiés précédemment, le mineur a besoin d'une
protection contre toutes formes de maltraitance qui peuvent être physique, morale, sexuelle ou
qui consiste en une négligence évidement que cette protection doit être formée par la famille
de mineurs, par l'État et par la société dans laquelle il vit, mais la protection des mineurs en
conflit avec la loi n'a pas fait l'objet d’innovation législative notable.
Plus précisément, la loi prévoit de favoriser les réformes législatives pour que les
législations nationales soient conformes aux recommandations internationales et aux principes
directeurs concernant la protection des enfants en conflit avec la loi , de promouvoir des
alternatives pour empêcher les enfants d’entrer dans le système pénal et chercher à résoudre
les délits, avec l’aide de la communauté et de garantir, aux enfants en contact avec le système
de la justice pénale, un traitement équitable et humain, la protection et la réinsertion, la
réintégration dans la vie sociale.
Pour cela, il nous importe de répondre à la question de savoir « de quelle protection pénale
peut bénéficier un mineur délinquant ? »
Afin d’obtenir des réponses suffisamment satisfaisantes, il est important d’analyser la traite
les dimensions théoriques de la protection pénale des mineurs (Partie I) ; puis, d’insister sur la
procédure pénale des mineurs délinquants (Partie II) ; et enfin, il est nécessaire de présenter
les mesures applicables aux mineurs en conflit avec la loi (Partie III).
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%C3%A9tention-font-face-%C3%A0-un-risque-accru-de-contracter-la-covid
https://textes.lexxika.com/lois-malagasy/loi-n2016-018-du-22-aout-2016-relative-aux-mesures-et-
a-la-procedure-applicables-aux-enfants-en-conflit-avec-la-loi/
https://madagascar.un.org/fr/24484-1300000-enfants-%C3%A0-madagascar-ne-sont-pas-inscrits-
dans-l%E2%80%99%C3%A9ducation-pr%C3%A9scolaire-selon-l%E2%80%99unicef
www.cnlegis.gov.mg /LOI N° 2016-018 relative aux mesures et à la procédure applicables aux
enfants en conflit avec la loi. Promulguée à Antananarivo, le 22 août 2016 par
RAJAONARIMAMPIANINA Hery Martial.
L'altération est la modification volontaire d'un écrit destiné à servir de preuve ou la transformation
naturelle de l'état d'une personne due à l'âge ou à la maladie. Il en est question en Droit notamment à
propos des incapacités ou altération des facultés mentales et des altérations des actes publics par
maquillage, effaçage, ratures, ajouts ou grattages.
L'"audition" est le fait pour le Tribunal d'entendre en audience publique ou en cabinet soit l'une ou
l'autre, ou les différentes parties qui vont comparaître en personne, ou encore le fait d'entendre un
témoin ou un expert. L'audition est toujours menée contradictoirement c'est à dire en présence de
toutes les parties ou de leurs avocats. Dans les procédures dans lesquelles le Ministère Public est
partie ou intervenant, le Procureur de la République ou l'un de ses substituts assiste à l'audition et
peut y prendre la parole.
Personne vulnérable,
personne en situation de faiblesse physique ou psychique (grossesse, maladie, handicap, vieillesse,
etc.), que la loi protège des abus commis à son encontre, notamment en matière pénale ou sociale.
les personnes vulnérables comme des personnes appartenant à des populations telles que les
enfants, les personnes âgées, les travailleurs à faible revenu et les demandeurs d'asile.
La desocialisation : Le fait de supprimer la socialisation ; son résultat.
La désocialisation et la dénationalisation.
Le fait de ne plus vivre en société.
La désocialisation des détenus.
La réinsertion sociale en milieu carcéral signifie l'accompagnement moral, professionnel et éducatif
de la personne incarcérée par le recours au travail, aux moyens éducatifs et culturels et aux loisirs
qui existent en prison.
Une excuse atténuante résulte d'une circonstance qui, aux yeux de la loi, rend, soit les faits délictueux
moins graves qu'à l'accoutumée, soit la responsabilité du prévenu moins lourde que d'ordinaire
L'excuse de minorité est un principe de justice pénale des mineurs qui prévoit une atténuation des
peines encourues pour les mineurs "capables de discernement", c'est-à-dire âgés de plus de 13 ans
La présomption d'innocence bénéficie à un individu qui, suspecté d'avoir commis une infraction, ne
peut être considéré comme coupable avant d'en avoir été définitivement jugé comme tel par un
tribunal
La médiation peut être définie simplement comme une négociation entre des parties en cause, aidées
par un tiers impartial
La récidive légale correspond à la situation où un délinquant condamné pour une première infraction
(premier terme de la récidive) en commet une ou plusieurs autres (second terme de la récidive
Conciliation : Action de concilier des opinions, des intérêts.
Synonymes :
arbitrage
médiation
Règlement amiable d'un conflit.
Conciliateur : Personne qui s'efforce de concilier les personnes entre elles.
Synonymes :
arbitre
médiateur
État d'une personne qui est coupable.
Prouver la culpabilité d'un accusé.
Sentiment de culpabilité
par lequel on se sent coupable.
Possibilité de considérer une personne, du point de vue matériel et du point de vue
moral, comme l'auteur d'une infraction.
Fait d'être emprisonné. Synonyme : captivité, détention, emprisonnement, incarcération,
séquestration.
Dénoncer, critiquer publiquement quelqu'un ou un acte que l'on juge moralement
condamnable ou répréhensible : Stigmatiser les responsables de la mauvaise gestion
économique.
Les campagnes de sensibilisation sont définies comme des tentatives orientées sur les
buts afin d'influencer un auditoire précis de façon positive grâce à un ensemble
structuré d'activités qui ont lieu dans une période de temps donnée.