Les corticoïdes
Les corticostéroïdes, aussi appelés glucocorticoïdes et minéralocorticoïdes selon leur fonction
spécifique, sont des hormones stéroïdes produites par les glandes surrénales, qui sont situées
au sommet de chaque rein. Ces hormones jouent un rôle crucial dans de nombreux processus
physiologiques, et leur dysrégulation peut entraîner une série de troubles métaboliques et
inflammatoires.
1. Production des corticostéroïdes
Les corticostéroïdes sont produits par le cortex des glandes surrénales, sous l'influence de
l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS : système de communication entre les 3).
a. Système de production
Hypothalamus : Lorsqu'une demande de corticostéroïdes est déclenchée (comme en
réponse au stress ou à une infection), l'hypothalamus sécrète de la CRH
(Corticotropin-Releasing Hormone) qui stimule l'hypophyse.
Hypophyse (glande pituitaire) : En réponse à la CRH, l'hypophyse libère de l'ACTH
(hormone corticotrope), qui agit sur les glandes surrénales pour stimuler la production
de corticostéroïdes.
Glandes surrénales : L'ACTH agit spécifiquement sur le cortex surrénalien pour
stimuler la synthèse et la libération de différents corticostéroïdes en fonction de la
zone du cortex.
b. Zones du cortex surrénalien
Le cortex des glandes surrénales est divisé en trois zones principales, chacune responsable de
la production de différents types de stéroïdes :
Zone glomérulée : Produits des minéralocorticoïdes (principalement l'aldostérone,
mais aussi la désoxycorticostérone).
Zone fasciculée : Produits des glucocorticoïdes (comme le cortisol).
Zone réticulée : Produits des androgènes (hormones sexuelles).
2. Types de corticostéroïdes et leurs fonctions
Les corticostéroïdes peuvent être classés en glucocorticoïdes et minéralocorticoïdes, chacun
ayant des effets physiologiques distincts.
a. Glucocorticoïdes
Le principal glucocorticoïde produit par l'organisme est le cortisol (également appelé
hydrocortisone en pharmacologie). Il joue plusieurs rôles clés dans l'organisme, notamment :
Réponse au stress : Le cortisol est l'hormone principale dans la réponse de
l'organisme au stress. Il prépare le corps à affronter des situations stressantes en
augmentant la disponibilité de glucose, en favorisant la dégradation des graisses et en
modifiant la réponse immunitaire.
Métabolisme : Le cortisol influence le métabolisme des glucides, des lipides et des
protéines. Il a un effet hyperglycémiant (augmente la glycémie) en stimulant la
gluconéogenèse (production de glucose à partir de composés non glucidiques, comme
les acides aminés et le lactate, non pas par l’alimentation donc c’est surtout pendant
les périodes de jeune ou entre les repas, ça se fait dans le foie).
Réduction de l'inflammation : Le cortisol est un puissant anti-inflammatoire. Il
inhibe la production de cytokines pro-inflammatoires (IL-1, IL-6, TNF-α) et la
migration des leucocytes (globules blancs) vers les sites inflammatoires. C'est ce qui
rend les corticostéroïdes efficaces dans le traitement de pathologies inflammatoires
comme les rhumatismes, l'asthme ou les maladies auto-immunes.
Modulation de la réponse immunitaire : Le cortisol a des effets
immunosuppresseurs. Il réduit la production de certaines immunoglobulines et inhibe
la prolifération des lymphocytes T en réduisant la production de certains facteurs de
croissance (comme IL-2), ce qui diminue les réponses inflammatoires et les réactions
auto-immunes.
Régulation du cycle circadien : Le cortisol suit un rythme circadien avec des niveaux
maximaux le matin (entre 6h et 8h) et minima la nuit. Cette variation est cruciale pour
le maintien d'un bon rythme biologique.
b. Minéralocorticoïdes
Le principal minéralocorticoïde est l'aldostérone, qui a un rôle crucial dans la régulation de
l'équilibre hydrique et électrolytique :
Régulation de la pression artérielle : L'aldostérone agit principalement sur les reins
pour favoriser la réabsorption du sodium (Na+) et de l'eau, tout en excrétant du
potassium (K+). Cette rétention de sodium augmente le volume sanguin, ce qui peut
augmenter la pression artérielle.
Equilibre des électrolytes : L'aldostérone participe également à l'équilibre des
électrolytes en ajustant la concentration de sodium et de potassium dans le plasma
sanguin. Une hyperaldostéronisme peut entraîner une hypokaliémie (baisse de
potassium) et une hypertension, tandis qu'un hypoaldostéronisme peut provoquer une
hyperkaliémie et une hypotension.
Le processus de réabsorption est un "retour" dans le sang des substances qui avaient
déjà été filtrées mais qui sont nécessaires au corps.
Les médicaments corticostéroïdes utilisés en clinique sont principalement des
glucocorticoïdes.
3. Mécanisme d'action des glucocorticoïdes
Les glucocorticoïdes, comme le cortisol, exercent leurs effets physiopathologiques par
l’intermédiaire de leur interaction avec un récepteur nucléaire spécifique : le récepteur des
glucocorticoïdes (GR, Glucocorticoid Receptor). Ce récepteur est intracellulaire, c'est-à-
dire qu'il se trouve principalement à l'intérieur des cellules, dans le cytoplasme (le liquide à
l'intérieur de la cellule).
- Interaction avec le récepteur
Les glucocorticoïdes sont des hormones lipophiles (solubles dans les graisses), ce qui leur
permet de traverser facilement la membrane plasmique des cellules cibles. Une fois à
l’intérieur de la cellule, ils se lient au récepteur des glucocorticoïdes (GR), qui est une
protéine cytoplasmique.
Forme inactivée du récepteur : En l'absence de glucocorticoïdes, le récepteur GR est associé
à des protéines de choc thermique (HSPs, Heat Shock Proteins), telles que la HSP90
(protéines qui aident les cellules à faire face au stress comme chaleur excessive, manque
d’oxygéne ou infection), qui maintiennent le récepteur dans une forme inactivée et empêchent
son entrée dans le noyau cellulaire.
Fixation des glucocorticoïdes au récepteur : Lorsqu’un glucocorticoïde se lie au récepteur
GR, il induit un changement de conformation du récepteur. Ce changement libère les
protéines HSPs et permet au complexe glucocorticoïde-récepteur de se stabiliser dans sa
forme activée.
- Translocation au noyau
Après cette activation, le complexe glucocorticoïde-récepteur (GR) se déplace dans le noyau
de la cellule par diffusion ou via des mécanismes de transport spécifiques.
Le complexe GR-glucocorticoïde traverse la membrane nucléaire grâce à des signaux de
localisation nucléaire (NLS, Nuclear Localization Signals) présents sur le récepteur GR (qui
l'aidaient à rester stable dans le cytoplasme). Ce transport est médié par des protéines de
transport nucléaires comme les importines.
Une fois dans le noyau, le récepteur GR se dissocie des protéines de chaperonnage (c’est
des assistants permettant aux protéines de garder une bonne forme pour fonctionner
correctement) et interagit directement avec l'ADN, ce qui initie la régulation
transcriptionnelle.
- Modulation de l’expression génique
Une fois que le complexe glucocorticoïde-récepteur pénètre dans le noyau, il se lie à des
séquences spécifiques de l'ADN appelées éléments de réponse aux glucocorticoïdes
(GRE). Ces séquences se trouvent dans des régions importantes de l'ADN, comme les
promoteurs ou les régions régulatrices des gènes.
Une fois lié aux GRE, le complexe modifie l'activité des gènes associés. Cela peut activer
ou réprimer la production de certaines protéines, en fonction de ce que la cellule a besoin de
faire.
Exemples d’activation :
Exemple 1 : active la production des protéines comme lipocortine-1 qui inhibe l'activation de
la phospholipase A2 et donc l’empêche de produire des molécules inflammatoires.
Exemple 2 : active la production de la PEPCK (phosphoenolpyruvate carboxykinase) qui est
une enzyme clé dans la gluconéogenèse (aide à produire du glucose à partir de sources
autres que les glucides, en particulier pendant le jeûne ou en cas de stress).
Exemples de répression :
Exemple 3 : Il peut interagir avec des facteurs de transcription pro-inflammatoires tels que
NF-κB (Nuclear Factor kappa B) et AP-1 (Activator Protein 1), empêchant leur action
transcriptionnelle, NF-κB et AP-1 sont des "commutateurs" qui activent des gènes pour
produire des cytokines (comme TNF-α, IL-1, IL-6), des chimiokines et d'autres protéines
inflammatoires.
Le complexe empêche donc la production de ces molécules inflammatoires.
- Effet anti-inflammatoire
Les glucocorticoïdes exercent leurs effets anti-inflammatoires en inhibant la production de
plusieurs médiateurs clés dans le processus inflammatoire, notamment :
1- Prostaglandines :
Les glucocorticoïdes inhibent l'enzyme phospholipase A2, responsable de la libération de
l'acide arachidonique à partir des phospholipides membranaires. L'acide arachidonique,
une fois libéré des membranes cellulaires par l'action de l'enzyme phospholipase A2, peut
ensuite être transformé en prostaglandines et leucotriènes par deux groupes d'enzymes :
Cyclooxygénase (COX) : Cette enzyme transforme l'acide arachidonique en
prostaglandines et en thromboxanes. Ces substances sont des médiateurs inflammatoires
puissants qui jouent un rôle clé dans la douleur, la fièvre, et l'inflammation. Elles sont
responsables de nombreux symptômes liés à l'inflammation, comme la douleur et
l'œdème.
Lipoxygénase (LOX) : Cette enzyme convertit l'acide arachidonique en leucotriènes, qui
sont également des médiateurs inflammatoires, impliqués notamment dans les réactions
allergiques et l'asthme. Les leucotriènes jouent un rôle dans l'inflammation des voies
respiratoires et dans la contraction des muscles lisses.
2- Leucotriènes :
Les leucotriènes sont impliqués dans l'inflammation en attirant des cellules inflammatoires,
telles que les neutrophiles et les éosinophiles, vers les sites d'inflammation. Cela aggrave la
réponse inflammatoire et contribue aux symptômes de maladies comme l'asthme, où
l'inflammation des voies respiratoires provoque des difficultés respiratoires.
En inhibant phospholipase A2, les glucocorticoïdes bloquent la libération de l'acide
arachidonique, et donc, réduisent la production des leucotriènes. Cela aide à diminuera
l'inflammation et empêche l'attraction excessive des cellules inflammatoires vers les zones
touchées, ce qui est particulièrement utile dans des maladies comme l'asthme ou les
réactions allergiques.
3- Cytokines :
Les glucocorticoïdes inhibent la production de diverses cytokines pro-inflammatoires, telles
que TNF-α, IL-1, IL-6, et IL-8.
Les cytokines sont des protéines qui jouent un rôle clé dans l'inflammation en envoyant des
signaux entre les cellules pour attirer et activer des cellules immunitaires dans les zones
infectées ou blessées. En effet, TNF-α et IL-1 aident à démarrer l'inflammation et IL-6 et IL-
8 attirent des cellules inflammatoires (comme les neutrophiles) et amplifient la réponse
inflammatoire.
Les glucocorticoïdes réduisent la production de cytokines inflammatoires, ce qui aide à
contrôler et à réduire l'inflammation excessive dans le corps.
- Effet immunosuppresseur
1- Diminution de l'activation des lymphocytes T et B
Les glucocorticoïdes réduisent la prolifération et l’activation des lymphocytes, notamment des
lymphocytes T (qui jouent un rôle clé dans les réponses immunitaires adaptatives) en
inhibant la production de cytokines et de récepteurs nécessaires à leur activation et à leur
expansion. Ils inhibent :
IL-2 : C'est une cytokine clé qui stimule la prolifération des lymphocytes T. Sans IL-2, les
lymphocytes T ne peuvent pas se multiplier efficacement.
IL-12 et IL-15 : Ces cytokines jouent aussi un rôle dans l'activation et l'expansion des
lymphocytes T.
Ils bloquent aussi les récepteurs comme celui de l’IL-2 (CD25) qui permet aux lymphocytes T
de répondre à l'IL-2 et de se multiplier
2- Inhibition de la fonction des macrophages et des cellules dendritiques
Les macrophages sont des cellules immunitaires qui ingèrent (phagocytent) et digèrent des
agents pathogènes comme des bactéries, des virus ou des débris cellulaires. Ils jouent aussi un
rôle dans l'activation des autres cellules du système immunitaire (LB, LT, neutrophiles,
cellules dendritiques, cellules NK).
(encore une fois) Les glucocorticoïdes diminuent leur activité en réduisant leur capacité à
produire des cytokines inflammatoires (comme TNF-α, IL-1) et d'autres médiateurs
inflammatoires. Cela permet de limiter la réponse inflammatoire.
Les cellules dendritiques sont des cellules qui captent des agents pathogènes et les
présentent aux lymphocytes T pour démarrer la réponse immunitaire. Elles sont essentielles
dans la transmission de l'information sur l'infection aux autres cellules du système
immunitaire.
Les glucocorticoïdes ralentissent la maturation des cellules dendritiques (car de base les
cellules dendritiques reçoivent un signal par les cytokines pour déclencher leur maturation) et
diminution leur capacité à présenter des antigènes aux lymphocytes T, ce qui empêche
l'activation complète des lymphocytes T et réduit la réponse immunitaire.
3- Inhibition de la migration des leucocytes
- Réduction des molécules d'adhésion cellulaire :
Les molécules d'adhésion sont des protéines présentes à la surface des cellules immunitaires.
Elles permettent aux leucocytes de s'accrocher aux parois des vaisseaux sanguins pour sortir
du sang et se rendre à l'endroit où l'inflammation se produit.
Les glucocorticoïdes réduisent l'expression de ces molécules d'adhésion, rendant ainsi plus
difficile pour les leucocytes de se fixer aux parois des vaisseaux et d'entrer dans les tissus
enflammés.
- Réduction des chimiokines
Les chimiokines sont des substances chimiques qui attirent les leucocytes vers les sites
d'inflammation, un peu comme des signaux de localisation.
Les glucocorticoïdes diminuent la production de ces chimiokines (via IL), donc il y a moins
de signal pour guider les leucocytes vers l'inflammation.
- Effet de réduction de la perméabilité vasculaire
Les glucocorticoïdes réduisent la perméabilité des vaisseaux sanguins, ce qui signifie qu'ils
rendent les vaisseaux moins "laissants" pour les fluides et les cellules. En effet :
Perméabilité des vaisseaux sanguins :
Lorsqu'il y a inflammation, les vaisseaux sanguins deviennent plus perméables (c'est-à-dire
qu'ils laissent passer plus facilement le liquide, les protéines et les cellules, comme les
leucocytes, dans les tissus environnants).
Cela permet aux cellules immunitaires de se rendre rapidement au site de l'infection ou de la
blessure, et d’aider à la guérison. Cependant, lorsque l'inflammation est trop forte, cette
perméabilité excessive peut entraîner un gonflement (œdème) et des dommages aux tissus.
Effet des glucocorticoïdes :
Les glucocorticoïdes réduisent cette perméabilité, rendant les parois des vaisseaux sanguins
moins perméables.
Cela empêche un passage excessif de liquide et de cellules inflammatoires (comme les
neutrophiles et les lymphocytes) dans les tissus, ce qui aide à contrôler l'œdème et à limiter
les dégâts causés par l'inflammation.
Effet sur la fièvre
4- Applications cliniques des corticostéroïdes
Traitement de l'inflammation
Les corticostéroïdes sont des médicaments efficaces pour traiter les inflammations sévères
et chroniques en réduisant l'activité du système immunitaire et en inhibant les médiateurs
inflammatoires. Cependant, en raison de leurs effets secondaires potentiels, ils sont souvent
utilisés à court terme ou en doses contrôlées.
Arthrite rhumatoïde : L'arthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune où le système
immunitaire attaque les articulations, provoquant douleur, gonflement et inflammation.
Les corticostéroïdes réduisent l'inflammation articulaire, la douleur et l'œdème en inhibant les
mécanismes immunitaires qui causent ces symptômes.
Maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (comme la maladie de Crohn et la colite
ulcéreuse) : Ces maladies entraînent une inflammation chronique du tractus gastro-intestinal,
provoquant des douleurs abdominales, des diarrhées et parfois des saignements.
Les corticostéroïdes sont utilisés pour calmer l'inflammation de la paroi intestinale et réduire
les symptômes en inhibant l'activité des cellules immunitaires impliquées dans l'inflammation
intestinale.
Asthme : L'asthme est une maladie respiratoire dans laquelle les voies respiratoires se
contractent et s'inflamment, ce qui provoque des difficultés respiratoires.
Les corticostéroïdes réduisent l'inflammation dans les voies respiratoires, diminuent l'enflure
des muqueuses et calment les crises d'asthme en réduisant la production de médiateurs
inflammatoires.
Allergies sévères : Dans les réactions allergiques sévères, comme les réactions
anaphylactiques ou les allergies saisonnières graves, les corticostéroïdes peuvent être utilisés
pour réduire l'inflammation, diminuer l'enflure des tissus et inhiber la production excessive de
médiateurs chimiques (comme l'histamine) responsables des symptômes allergiques.
Dermatites : Utilisation de corticostéroïdes topiques pour réduire l'inflammation de la peau
(eczéma, dermatites atopiques).
Lupus érythémateux systémique : Une maladie auto-immune où les corticostéroïdes sont
utilisés pour contrôler l'inflammation généralisée.
Maladies inflammatoires des articulations (bursite, tendinite) : Les corticostéroïdes peuvent
être administrés par injection dans les articulations pour soulager l'inflammation locale.
Maladies auto-immunes :
Ces maladies sont souvent caractérisées par une réponse immunitaire excessive et mal
régulée, ce qui peut entraîner des dommages aux organes et tissus.
Lupus érythémateux systémique (LES) : Le lupus est une maladie auto-immune où le système
immunitaire attaque des organes comme la peau, les reins, le cœur et les articulations.
Les corticostéroïdes sont utilisés pour réduire l'inflammation et supprimer l'activité
immunitaire excessive. Cela permet de soulager les symptômes, d'éviter les poussées aiguës et
de prévenir des dommages à long terme aux organes.
Sclérose en plaques (SEP) : La sclérose en plaques est une maladie où le système immunitaire
attaque la myéline, la couche protectrice des nerfs, ce qui perturbe la transmission des signaux
nerveux.
Les corticostéroïdes sont souvent utilisés lors des poussées aigües de la sclérose en plaques
pour réduire l'inflammation dans le système nerveux central et accélérer la récupération des
symptômes après une poussée.
Polyarthrite rhumatoïde : Le système immunitaire attaque les articulations, provoquant
douleur et déformation. Les corticostéroïdes aident à réduire l'inflammation articulaire et
soulager la douleur.
Maladie de Wegener (granulomatose avec polyangéite) : Une inflammation des vaisseaux
sanguins qui peut affecter les reins et les voies respiratoires. Les corticostéroïdes sont utilisés
pour réduire l'inflammation des vaisseaux.
Syndrome de Guillain-Barré : Une maladie où le système immunitaire attaque les nerfs
périphériques. Les corticostéroïdes peuvent être utilisés pour réduire l'inflammation nerveuse.
Syndromes de défaillance surrénalienne
Dans des pathologies comme la maladie d'Addison (insuffisance surrénalienne primaire), où
les glandes surrénales ne produisent pas suffisamment de corticostéroïdes, un traitement de
substitution avec des corticostéroïdes est nécessaire pour maintenir les fonctions corporelles
normales.
Immunosuppression après une greffe
Les corticostéroïdes sont fréquemment utilisés pour prévenir le rejet des organes transplantés
en supprimant la réponse immunitaire de l'hôte contre le greffon.
5- Effets indésirables des corticostéroïdes
Ostéoporose : Les corticostéroïdes diminuent la formation osseuse et augmentent la
résorption osseuse, ce qui peut entraîner des fractures.
Les corticostéroïdes inhibent l'activité des ostéoblastes, qui sont les cellules responsables de la
formation du nouvel os. Cela signifie que la production de nouveau tissu osseux est réduite, ce
qui rend les os plus fragiles et moins capables de se réparer après des blessures ou des stress.
Les corticostéroïdes stimulent les ostéoclastes, les cellules qui détruisent le tissu osseux pour
libérer du calcium dans le sang. Cette stimulation des ostéoclastes augmente la résorption
osseuse, c'est-à-dire la perte de tissu osseux, ce qui affaiblit les os et augmente le risque de
fractures.
Hyperglycémie : L'effet hyperglycémiant du cortisol peut conduire à un diabète stéroïdien,
surtout chez les patients prédisposés.
Le cortisol stimule le foie à produire plus de glucose par la gluconéogenèse. Cela peut
entraîner un excès de glucose dans le sang, surtout lorsqu'il y a des niveaux élevés de cortisol
sur une longue période.
Le cortisol peut aussi diminuer la réponse des cellules à l'insuline, l'hormone qui aide
normalement à faire entrer le glucose dans les cellules pour qu'il soit utilisé comme énergie.
Moins de réponse à l'insuline signifie que le glucose reste dans le sang, ce qui augmente le
taux de sucre sanguin.
Hypertension : L'effet minéralocorticoïde des corticostéroïdes (rétention de sodium) peut
entraîner une élévation de la pression artérielle.
Syndrome de Cushing :
1. Prise de poids, surtout au niveau du tronc : Les corticostéroïdes augmentent la
répétition de la synthèse des graisses (lipogenèse) et favorisent leur stockage, en
particulier au niveau du tronc, du visage et du cou.
2. Visage lunaire : Le visage lunaire (rond et gonflé) est dû à l'accumulation de graisse
autour du visage, souvent associée à la rétention d'eau, ce qui donne un aspect gonflé
au visage.
3. Peau fragile et ecchymoses faciles : Les corticostéroïdes réduisent la production de
collagène, une protéine clé qui donne à la peau sa résistance et son élasticité. Cela rend
la peau plus fragile et plus susceptible aux ecchymoses (bleus) même avec des
traumatismes mineurs.
Immunosuppression : Une utilisation prolongée peut rendre les patients plus vulnérables aux
infections.
Effets dermatologiques : Amincissement de la peau, ecchymoses (bleus) plus fréquentes et
acné + troubles de la cicatrisation.
Effets gastro-intestinaux :
Ulcères gastriques ou reflux gastro-œsophagien (RGO).
Les corticostéroïdes peuvent irriter la muqueuse de l'estomac en augmentant la production
d'acide gastrique + en inhibant les prostaglandines qui protègent la muqueuse de l’estomac +
réduction du flux sanguin dans la paroi de l’estomac diminuant l’apport en nutriments et en
oxygène. Cela peut endommager la paroi de l'estomac, créant des ulcères (plaies) qui peuvent
causer des douleurs abdominales, des brûlures, et parfois des saignements.
Les corticostéroïdes peuvent également relâcher le muscle sphincter entre l'estomac et
l'œsophage, ce qui permet à l'acide de remonter dans l'œsophage. Cela provoque des brûlures
d'estomac, un reflux acide et peut endommager la muqueuse de l'œsophage, causant des
douleurs et des inflammations.
6- Formes orales (comprimés, solutions)
Les corticostéroïdes oraux sont généralement utilisés pour traiter des affections
inflammatoires systémiques modérées à sévères, lorsque la voie locale n'est pas suffisante ou
appropriée.
a. Indications
Pathologies inflammatoires chroniques : Le traitement de maladies telles que l'arthrite
rhumatoïde, les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (maladie de Crohn, colite
ulcéreuse), et les affections dermatologiques inflammatoires comme le psoriasis et l'eczéma.
Maladies auto-immunes : Le lupus érythémateux systémique, la sclérose en plaques et les
maladies vasculaires inflammatoires.
Affections respiratoires : L'asthme et les maladies pulmonaires obstructives chroniques
(MPOC), en cas de poussées aiguës, peuvent être traitées avec des corticostéroïdes oraux.
Réactions allergiques sévères : Lors de réactions allergiques graves ou de chocs
anaphylactiques, des corticostéroïdes oraux peuvent être utilisés en complément des
antihistaminiques et des agents vasopresseurs.
Les corticostéroïdes oraux, comme la prednisone, la prednisolone, ou l'hydrocortisone, sont
absorbés par le tractus gastro-intestinal, puis métabolisés au niveau du foie en leurs formes
actives. Ils circulent dans le sang et agissent sur les cellules cibles via le récepteur des
glucocorticoïdes, en modifiant l'expression génique de diverses protéines anti-inflammatoires
et immunosuppressives.
Avantages : Faciles à administrer, efficaces pour les pathologies systémiques, pratiques
dans les situations aiguës.
Inconvénients : Les effets secondaires à long terme (hyperglycémie, ostéoporose,
hypertension, prise de poids) sont un risque pour les traitements prolongés. Le sevrage doit
être progressif pour éviter l'insuffisance surrénalienne.
7- Formes topiques (crèmes, pommades, lotions)
a. Indications
Dermatites atopiques et eczéma : Ces conditions cutanées inflammatoires sont souvent
traitées avec des corticostéroïdes topiques de différentes puissances (faible, modérée, forte ou
très forte).
Psoriasis : Les corticostéroïdes topiques peuvent être utilisés pour contrôler les éruptions
cutanées et les inflammations associées au psoriasis.
Réactions allergiques cutanées : Les éruptions allergiques sévères, telles que celles causées
par des piqûres d'insectes ou des réactions de contact, peuvent être soulagées avec des crèmes
corticostéroïdes.
Lupus érythémateux cutané : Les lésions cutanées du lupus peuvent être traitées par des
corticostéroïdes topiques.
Les corticostéroïdes topiques pénètrent dans la peau et se lient au récepteur des
glucocorticoïdes dans les cellules de la peau, inhibant ainsi la production de médiateurs
inflammatoires, de cytokines, et de leucotriènes. Ils modulent également la réponse des
cellules immunitaires locales.
Avantages : Moins d'effets secondaires systémiques par rapport à l'administration orale,
application ciblée sur les zones inflammées.
Inconvénients : Peut provoquer des effets indésirables locaux tels que l'amincissement de
la peau (atrophie cutanée), des vergetures, et, en cas d’utilisation prolongée, des effets
secondaires systémiques (notamment avec des formes plus puissantes). L'application sur des
zones étendues ou sous des pansements occlusifs augmente les risques d'absorption
systémique.
8- Formes inhalées (aérosols, nébuliseurs)
a. Indications
Asthme : Les corticostéroïdes inhalés sont considérés comme le traitement de fond dans
l'asthme, permettant de contrôler l'inflammation bronchique, de prévenir les exacerbations et
d’améliorer la fonction respiratoire.
BPCO : Ils sont également utilisés dans le traitement de la BPCO pour réduire l’inflammation
des voies respiratoires et améliorer la fonction pulmonaire.
Rhinite allergique : Parfois utilisés sous forme de sprays nasaux pour traiter la rhinite
allergique (réduction de l'inflammation nasale).
Les corticostéroïdes inhalés, tels que la bétaméthasone, la fluticasone, ou la budesonide,
agissent localement dans les voies respiratoires. Ils se lient au récepteur des glucocorticoïdes
dans les cellules des voies aériennes, inhibent la production de médiateurs inflammatoires
(prostaglandines, leucotriènes, cytokines) et réduisent l'inflammation et l'hyperréactivité
bronchique. L'inhalation permet d'atteindre directement les zones affectées avec une
absorption systémique minimale.
Avantages : Effet local sur les poumons avec une faible absorption systémique, ce qui
réduit le risque d'effets secondaires systémiques par rapport aux formes orales.
Inconvénients : Risque d'effets indésirables locaux, notamment mycose buccale
(candidose) et dysphonie (altération de la voix), particulièrement en cas d'utilisation
prolongée ou de non-rinçage de la bouche après inhalation. L’usage prolongé peut également
entraîner une atrophie des muqueuses bronchiques.
9- Formes injectables
a. Indications
Crises sévères de pathologies inflammatoires : Dans des conditions telles que les réactions
allergiques aiguës, l’asthme aigu sévère, les maladies inflammatoires de l’intestin (pendant
une poussée), ou les poussées aiguës de sclérose en plaques.
Affections rhumatologiques : Les injections locales de corticostéroïdes sont utilisées pour
traiter des inflammations localisées, comme dans les bursites, les tendinites ou les arthrites
inflammatoires.
Syndromes neurologiques graves : Des formes injectables de corticostéroïdes, comme la
méthylprednisolone, sont administrées par voie intraveineuse dans des affections
neurologiques aiguës, telles que dans le traitement des œdèmes cérébraux ou des
inflammations neurologiques.
Les formes injectables de corticostéroïdes, comme la méthylprednisolone, la
dexaméthasone, ou la bétaméthasone, sont administrées par voie intraveineuse ou
intramusculaire. Elles agissent rapidement pour réduire l'inflammation et supprimer les
réactions immunitaires sévères en interférant avec la production de médiateurs inflammatoires
et en régulant l'expression des gènes.
Avantages : Action rapide et puissante dans des situations aiguës, permettant de contrôler
rapidement une inflammation sévère ou des crises de maladies inflammatoires.
Inconvénients : Les effets secondaires systémiques sont plus fréquents, en particulier lors
d’une administration intraveineuse à haute dose ou prolongée (risque de suppression de
l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, infections opportunistes, etc.).
Principes de gestion du traitement par corticostéroïdes
Utilisation à faible dose et sur une courte durée : pour minimiser les effets secondaires.
Diminution progressive de la dose : pour éviter l'insuffisance surrénalienne aiguë lors de
l'arrêt du traitement.
Suivi régulier : Surveillance de la glycémie, de la pression artérielle, des tests de fonction
osseuse, et de la croissance chez les enfants.
Interactions :
Inhibiteurs de la cytochrome P450 (CYP3A4)
La prednisolone est métabolisée principalement par le système enzymatique CYP3A4. Les
médicaments qui inhibent cette enzyme peuvent augmenter les concentrations plasmatiques
de la prednisolone, augmentant ainsi le risque d'effets indésirables.
Exemples :
Inhibiteurs du CYP3A4 :
Kétoconazole (antifongique)
Itraconazole (antifongique)
Ritonavir (antirétroviral)
Clarithromycine (antibiotique)
Diltiazem (anticalcique)
Inducteurs de la cytochrome P450 (CYP3A4)
À l'inverse, les médicaments qui induisent le CYP3A4 peuvent diminuer les concentrations de
prednisolone, réduisant ainsi son efficacité.
Exemples :
Rifampicine (antibiotique)
Phénobarbital (anticonvulsivant)
Carbamazépine (anticonvulsivant)
Pravastatine (hypolipidémiant)
Anticoagulants oraux (par exemple, la warfarine)
La prednisolone peut modifier l'effet des anticoagulants oraux comme la warfarine, en
augmentant ou en diminuant leur activité anticoagulante.
Effet : La prednisolone peut soit augmenter le risque de saignement (en réduisant la synthèse
de certains facteurs de coagulation), soit diminuer l'effet anticoagulant, augmentant le risque
de formation de caillots.
Diurétiques (thiazidiques et de l'anse)
La prednisolone peut augmenter l'excrétion de potassium et provoquer des déséquilibres
électrolytiques, en particulier une hypokaliémie. Si elle est utilisée avec des diurétiques
comme les diurétiques thiazidiques (par exemple, l'hydrochlorothiazide) ou les diurétiques de
l'anse (par exemple, la furosémide), le risque d'hypokaliémie est augmenté.
AINS (augmentation majeur du risque d’ulcère gastrique et de perforation gastro-
intestinale)
Antidiabétiques, Vaccins vivants atténués, Médicaments affectant le métabolisme
osseux, médicaments affectant la fonction rénale (aminoglycosides et ains)
10- Molécules
Orales : prednisone, methylprednisolone, dextaméthasone
PREDNISOLONE (5mg et 20 mg comprimé effervescent) : SOLUPRED ou
EFFIPRED qui présente une solution buvable en plus de 1mg/1ml
- Excipients : Acide citrique anhydre, bicarbonate de sodium, mannitol, et autres
excipients utilisés pour la formulation effervescente.
- Administrer de préférence le matin et pendant les repas
- Traitement d’attaque pour les enfants jusqu’à 15 ans : 0,5 à 2 mg/kg en 1 prise par 24
heures
- Traitement d’entretien : 0,25 à 0,5 mg/kg en 1 prise par 24 heures ou même 48 si
risque de retard de croissance
- Traitement d’attaque pour patient à partir de 15 ans : 0,35 à 1,2mg/kg en 1 prise par 24
heures
- Traitement d’entretien : 5 à 15 mg en 1 prise par 24 heures
- C’est un produit dopant, classé II en précaution pour allaitement.
- En administrant une dose unique le matin, on imite ce pic naturel de cortisol, ce qui
optimise l'efficacité du traitement tout en réduisant les effets secondaires potentiels.
- Effets indésirables court terme : prise de poids, hyperglycémie, insomnie et agitation,
rétention d’eau et œdème, nausées, augmentation de la pression intraoculaire,
modifications de l’humeur
- Effets indésirables long terme : Syndrome de Cushing, ostéoporose, risque de
dépression de la fonction surrénalienne en cas d’arrêt brutal du traitement, infections
opportunistes, troubles gastriques et psychologiques
- Contre-indications : infections systémiques non contrôlées, ulcère actif, insuffisance
rénale sévère ou hépatique, glaucome, myopathies et troubles musculaires graves,
psychoses, administration de vaccins vivants (rougeole, oreillons, rubéole) car système
immunitaire altéré et donc ne répond pas efficacement au vaccin.
- Précautions d’emploi : Surveiller le diabétique et l’hypertendu, les personnes âgées et
surtout faire un sevrage progressif c’est très important.
- En cas de traitement prolongé, diminution de 5 à 10 mg pr semaine jusqu’à atteindre la
dose minimale efficace
Injectable : ledexamethasone
METHYLPREDNISOLONE (20mg 40mg 120mg et 500mg/2ml injectable) :
SOLUMEDROL
- Lors de poussées graves, 500-1000mg par jour pendant 3 à 5 jours puis réduite
progressivement
- Dans les affections moins graves ou entretien : 40 à 80 mg
- En intra-veineuse : situations urgentes pour action rapide mais attention aux infections
- En intra-musculaire : pour une libération prolongée et moins de risque d’infections
Topique : hydrocortisone (Le plus léger, souvent utilisé pour les irritations cutanées, les
dermatites et les allergies)., bétaméthasone (utilisé pour traiter des affections comme le
psoriasis, l'eczéma et les dermatoses inflammatoires graves), clobétaol
HYDROCORTISONE (0,00127% hydrophile 0,13% lipophile et 0,5% crème) :
EFFICORT
- Hydrophile signifie qu’elle aime l’eau, elle est plus rapidement rapidement absorbée,
légère et plus douce. Donc utilisée pour les affections légères : dermatite atopique
léger (eczéma), dermatite de contact (avec substances irritantes ou allergènes), prurit
modéré, erythème léger (rougeur cutanée), piqûres d’insectes, sécheresse cutanée
- Lipophile signifique qu’elle aime la graisse, plus épaisse, plus occlusive et dure plus
longtemps sur la peau. Donc pour les affections plus graves : dermatite atopique
modérée, dermatite de contact modéré, psoriasis léger à modéré, prurit sévère, lichen
plan, éruption cutanée allergique avec inflammation cutanée importante
- Effets secondaires court terme : irritation locale, prurit, effet occlusif, sensibilité de la
peau au soleil
- Effets secondaires long terme : Atrophie cutanée (minceur de la peau qui devient plus
fine et fragile et donc plus susceptible aux lésions), vergetures, petites taches rouges
sur la peau, hyperpigmentation ou hypopigmentation, acné stéroïdienne
- Il faut donc limiter la durée d’utilisation plus de 7 à 10 jours.
- Éviter les zones à peau fine (comme le visage, cou, aisselles, autour des yeux) car elles
sont plus fragiles ce qui augmente le risque d’effets secondaires.
- Il faut appliquer une fine couche de crème, surtout sur les grandes surfaces
- Éviter l’application sous pansement occlusif.
- Contre-indications : Ne pas utiliser sur plaies ouvertes, cicatrices récentes ou zones
infectées, acné et rosacée sur le visage \
Inhalé : Fluticasone, budesonide
FLUTICASONE (27,5 ug/pulverisation nasale) : AVAMYS
- Corticostéroïde nasal qui agit en réduisant l'inflammation dans les muqueuses nasales,
ce qui permet de soulager les symptômes associés à la rhinite allergique ou non
allergique de l’enfant de plus de 6 ans
- Enfant de 6 à 12 ans : 1 pulvérisation dans chaque narine, 1 fois par jour.
- Adulte et enfant de plus de 12 ans : 2 pulvérisations dans chaque narine, 1 fois par
jour, la posologie peut être réduite à 1 pulvérisation dans chaque narine 1 fois par jour.
- Action lente (8 heures après administration), un délai de quelques jours est nécessaire
pour avoir un effet maximal.
- Il est utilisé quotidiennement, pendant plusieurs mois voire de manière continue, pour
contrôler l'inflammation nasale et prévenir les symptômes.
- Effets secondaires : irritation nasale, candidose nasale ou buccale (moins fréquent)
FLUTICASONE (50 ug/pulvérisation nasale) : NAZAIR
- Rhinite allergique (saisonnière ou perannuelle) : réduit les symptômes de congestion
nasale, d’éternuements, de démangeaisons nasales.
- 1 à 2 pulvérisations par jour dans chaque narine
- Même chose qu’Avamys
FLUTICASONE (125ug et 250ug en suspension pour inhalation en flacon
pressurisé) : FLIXOTIDE
- Traitement de fond pour contrôler l'asthme. La fluticasone permet de réduire
l'inflammation chronique des voies respiratoires et de prévenir les crises d'asthme.
- En combinaison avec d'autres bronchodilatateurs (bêta-agonistes), pour améliorer la
fonction respiratoire chez les patients atteints de BPCO.
- 1 à 2 inhalations par jour, non recommandé pour les enfants de moins de 12 ans pour
les risques liés à la croissance
- Amorcer l’inhalateur en pulvérisant 2 à 3 fois dans l’air pour l’activer, agite le flacon,
exhaler complétement, mettre l’embout de l’inhalateur dans la bouche, inhaler
profondément tout en appuyant sur le flacon pour libérer la dose, retenir sa respiration
quelques secondes après l’inhalation pour permettre au médicament d’atteindre les
voies respiratoires profonds
- Rincer sa bouche
- Effets secondaires locaux : irritation de la gorge, candidose orale, enrouement de la
voix, légère toux après inhalation
- Effets systémiques très rares
- On le donne seul pour asthme léger ou modéré et on l’associe à LABA pour asthme
plus sévère.
Existe aussi en poudre pour inhalation en gélule (125 et 250)
BUDÉSONIDE (0.5 mg / 2 ML, suspension pour inhalation par nébuliseur en
récipient unidose) : PULMICORT
- Pulmicort en nébuliseur est principalement utilisé pour le traitement de l'asthme aigu
chez les patients qui ne peuvent pas utiliser d'inhalateurs doseurs classiques ou pour
ceux qui nécessitent une administration de dose plus élevée pendant une exacerbation
de leur asthme.
- Il peut également être utilisé en cas d'exacerbation aiguë de la BPCO, particulièrement
dans les milieux hospitaliers.
- Asthme pour adultes et enfants de plus de 6 ans : La posologie peut varier en
fonction de la sévérité de l'asthme, mais elle est généralement comprise entre 0,5 mg
et 2 mg par jour. La dose est administrée en 2 à 4 inhalations (nébulisations) par
jour.
- BPCO pour adultes : En cas d'exacerbation aiguë, la dose peut être ajustée selon la
gravité des symptômes. La posologie de 1 à 2 mg par jour est typiquement utilisée
dans les cas aigus,
- Prends un récipient unidose de Pulmicort. Chaque récipient contient une dose unique
prête à être utilisée. Verse la suspension (liquide contenu dans l’unidose) dans le
réservoir du nébuliseur et assure toi de verser toute la dose dans l’appareil. Fixe
correctement le bouchon du nébuliseur et connecte le tuyau d’air (ou l’embout) à
l’appareil. Allume le nébuliseur et assure-toi qu’il fonctionne bien, que la suspension
est bien transformée en brume fine. Mets l’embout buccal dans ta bouche ou mets le
masque (selon le modèle de ton nébuliseur). Inspire profondément et lentement. Garde
ta respiration pendant quelques secondes pour que le médicament atteigne bien tes
poumons. Ensuite, expire doucement. Continue l’inhalation jusqu’à ce que tout le
médicament soit nébulisé (cela prend environ 5 à 10 minutes). Pour réduire le risque
d’infections buccales (comme la candidose), il est conseillé de se rincer la bouche
après chaque inhalation, même si cela est moins nécessaire avec un nébuliseur que
pour un inhalateur doseur.
- Ne jamais manger ou boire immédiatement après l'inhalation pour laisser le
médicament faire son effet.
BUDÉSONIDE (100 ug suspension pour pulvérisation nasale) : AÉROMAX
- Rhinite allergique et autres types de rhinite inflammatoire.
- Aéromax est également utilisé pour le traitement de la sinusite associée à des
symptômes nasaux.
- Pour l’adulte de plus de 6 ans : en général, la posologie initiale est de 1 à 2
pulvérisations dans chaque narine deux fois par jour. Soit 400 à 800 ug par jour.
- Effets secondaires : Une candidose buccale parfois.
BUDÉSONIDE (200 ug aérosol pour inhalation buccale) : BUDENA
- Traitement de fond de l’asthme chez les adultes et les enfants de plus de 6 ans et
BPCO
- 200 à 400 µg par inhalation, deux fois par jour (matin et soir). La posologie peut être
ajustée en fonction de la réponse clinique et de la sévérité de la maladie.
- Si plusieurs inhalations sont nécessaires, attendre environ 30 secondes entre chaque
inhalation.
Efficacité : Le budesonide est plus efficace lorsqu’il est pris régulièrement et qu’il est utilisé
pour prévenir les symptômes. Les effets bénéfiques se manifestent généralement après
quelques jours à quelques semaines d’utilisation continue.
Candidose buccale : Un effet secondaire courant avec les inhalateurs de corticoïdes. Il est
recommandé de se rincer la bouche après chaque inhalation pour éviter la candidose buccale.
Surveillance : Surveiller régulièrement la fonction pulmonaire (test de la fonction
respiratoire) et l'évolution clinique pour ajuster la posologie si nécessaire.
Pharmacocinéitque :
Absorption : Le budesonide est bien absorbé après inhalation, mais une grande partie est
éliminée dans le tractus gastro-intestinal (biodisponibilité systémique faible). C’est un des
avantages des corticoïdes inhalés par rapport aux formes orales, qui permettent d’éviter une
grande partie des effets secondaires systémiques.
Métabolisme : Il est métabolisé principalement dans le foie via le cytochrome P450
(CYP3A4), ce qui peut être un facteur important en cas d’interaction médicamenteuse.
Comparaison budésonide/fluticasone :
Efficacité : Les deux sont des corticoïdes inhalés de première ligne pour l'asthme et la BPCO.
En termes d'efficacité, ils sont globalement équivalents, mais la fluticasone peut avoir une
demi-vie plus longue et donc un effet plus durable, alors que le budesonide pourrait nécessiter
plus d'inhalations quotidiennes dans certains cas.
Profil de sécurité : Le budesonide est généralement perçu comme ayant un profil légèrement
plus favorable au niveau des effets secondaires systémiques, bien que cela reste faible avec les
deux molécules lorsqu'elles sont utilisées correctement.