Mémoire
Mémoire
EPIGRAPHE
« Le prêt est conçu comme un moyen de financement des investissements, mais en même
temps comme une cause d’instabilité de ceux-ci »
Raymond Chabot1
1
« Le crédit », comprendre l’environnement économique, in Chambre de Commerce et de l’Industrie, Paris,
2012, p. 23.
ii
IN MEMORIAM
DEDICACE
A mes très chers parents, Monsieur David MBUYAMBA et Madame Antho TSHOWA,
pour les soutiens moral et financier consentis en ma personne.
Que ce travail vous soit un grand remerciement.
iv
REMERCIEMENTS
Ainsi, d’abord, nous rendons grâce à Dieu tout puissant pour avoir voulu à ce que
nous soyons comptés dans cette génération et parmi ceux qui ont connu un cursus
universitaire apaisé. Que gloire soit rendue à son fils unique Jésus-Christ qui accepta la
souffrance sur la croix afin de payer nos comptes sur cette terre.
A mes grands frères Johnny KALALA, Jojo KALALA, Paty KABALA, ainsi que
ma grande sœur Mimie BILONDA.
SIGLES ET ABREVIATIONS
Art. : Article
Ed. : Edition
p. : Page
INTRODUCTION
A. Revue de la littérature
Le prêt bancaire est devenu de nos jours une opération courante car il permet de
financer le commerce et les ménages. Son apparition et son évolution ont connu des
interactions selon la réception d’un peuple à l’autre. Mais le problème demeure autour de la
protection des consommateurs. Plusieurs auteurs ont essayé de réfléchir sur la question avant
nous, les uns l’ont abordé dans le sens des opérations bancaires et les autres l’ont fait dans le
sens de la protection générale des consommateurs.
Raymond Chabot, dans son article sur le crédit, essaie de donner une idée sur sa
création et son fonctionnement. Selon lui, l’histoire du crédit a suivi la marche de celle du
commerce car, les commerçants qui voulaient rendre leurs activités pérennes ont réfléchi sur
leur financement. Les banques étant directement intéressées de cette idée ont eu envie de
l’organiser en établissant les taux d’intérêt plus ou moins stables afin de se rémunérer de leur
financement. Mais, plus loin les Etats vont s’y intéresser pour instaurer le taux directeur
auquel les établissements bancaires et les institutions de microfinance sont appelés à suivre.
(Raymond Chabot, « Le crédit », comprendre l’environnement économique, in Chambre de
Commerce et de l’Industrie, Paris, 2012, p. 23.)
Jean-François HUSSON, dans son article sur les systèmes de garantie d’accès au
crédit, pense que le crédit constitue de nos jours une manière de protéger l’économie des
grandes, petites et moyennes entreprises. La fixation de l’option entre les crédits à long, à
moyen et à court terme démontre le souci de vouloir rapprocher leur accès aux différents
types des personnes physiques et morales qui en expriment le désir. A la suite de cela, les
Français seront qualifiés comme les premiers bénéficiaires du crédit dans sa diversité dès lors
que les investissements français sont considérés comme les plus stables du monde. (Jean-
François HUSSON, « Les systèmes de garantie d’accès au crédit », in ESMA, Paris, 2019, p.
18.)
loi de finance de l’année qualifie de crédit les allocations budgétaires accordées aux membres
des départements ministériels, aux institutions publiques et privées bénéficiant de la
participation publique ainsi qu’aux services et établissements publics. Mais, l’expression
crédit a plus le sens de moyen financier accordé à une personne physique ou morale avec
clause de remboursement à temps fixe. (G. BAKANDEJA wa MPUNGU, Finances publiques,
Notes de cours, G2 Droit, UCC, 2010-2011, p. 36.)
Gilles Landry ouvrait son article sur les risques de prêt bancaire où il soulignait
que les termes « prêt bancaire » ont été utilisés pour la première fois dans un sens de crise et
de manque de moyens financiers. A ce temps les demandeurs de crédit ont été considérés
comme des pauvres qui font recours aux banques et institutions de microfinance afin de
rechercher la survie à travers l’endettement. De nos jours, le crédit est devenu un moyen de
financement des activités économiques et commerciales, et même les institutions publiques en
font recours pour la réalisation des attentes politiques. (Gilles Landry, « Les risques de prêt
bancaire », in SISCA, Paris, 2015, p. 28.)
F. Peletier, dans son ouvrage de droit bancaire, ajoute que l’activité bancaire
moderne connait aussi la pratique de crédits de campagne qui est une opération qui consiste
pour les entreprises connaissant des forts besoins de trésorerie en raison de leur activité
saisonnière. Ils permettent aux entreprises de faire des approvisionnements saisonniers, suivis
de transformation et de vente pendant toute l’année. Ce type de crédit, bien que ne rencontrant
pas des pratiques récurrentes dans les entreprises, trouve au moins sa pérennisation à travers
certaines d’entre elles qui investissent dans les secteurs spécifiques. (F. Peletier, Droit
bancaire, 2ème éd., Dalloz, Paris, 2001, p. 265.)
Jivet NDELA KUBOKOSO., dans son cours de droit financier, affirme que
l’opération de crédit se cristallise de plus en plus dans la vie de la société comme la source
primaire de financement des activités économiques. Mais, un élément délicat consiste dans le
fait que l’institution de crédit détient des créances souvent supérieures au capital de la société
débitrice et que, malgré le poids de présence financière, elle n’a vocation à s’immiscer dans la
gestion de l’entreprise et pourtant, cette immiscion serait au moment où l’on constate que la
société, par ses fautes de gestion, va droit au but. (J. NDELA KUBOKOSO, Droit financier,
Notes cours, UPC, 2011-2012, p. 63.)
Denis Philippe, dans son cours de droit bancaire, fait savoir qu’il existe aussi des
mécanismes de prêt bancaire que les usagers des services bancaires n’arrivent pas souvent à
découvrir. C’est le cas des crédits par signature qui se réalise souvent dans le cadre de
paiement de créance par voie d’un tiers. C’est le cas de cautionnement et de l’aval. Le premier
étant un mécanisme qui consiste en un engagement donné par un établissement bancaire de
payer pour le compte d’un débiteur si celui-ci s’avérait défaillant. Le second est la pratique
4
qui pour une banque de se porter garant du paiement d’une obligation en cas de défaillance du
débiteur. (Denis Philippe, Droit bancaire, Université Paris-Panthéon Sorbonne, 2000-2001, p.
376.)
Cécile Ernest, dans son article sur la protection des consommateurs en matière de
crédit, porte son étude sur l’équilibre des droits et avantages entre les parties dans un contrat
de prêt bancaire. Pour lui, les demandeurs de crédit ne bénéficient pas assez des droits
pouvant garantir un équilibre dans un tel contrat, surtout lorsqu’il s’agit des micro-crédits. Or,
ces micro-crédits sont destinés aux petites et moyennes entreprises en vue de leur financement
étant donné qu’elles ne peuvent accéder au système bancaire classique. Le taux d’intérêt
souvent non déterminé, la durée du prêt et les modalités de paiement sont des éléments qui
menacent un tel partenariat. (Cécile Erneste, « La protection des consommateurs en matière
de crédit », in Economi-droit, Paris, 2008, p. 11.)
Roland DIBEKE, dans son article sur la protection des consommateurs de crédit
dans l’économie moderne, insiste sur le fait que les Etats s’intéressent peu de la question de
protection des consommateurs en matière de prêt bancaire sans tenir compte du risque
qu’encourent ces derniers dans leurs rapports avec les établissements bancaires. C’est ainsi
que les demandeurs de crédit subissent des pratiques d’inégalité de la part des établissements
de crédit et surtout des institutions de microfinance. La bonne façon de lutter contre ces
pratiques serait de mettre en place des services chargés de la protection de consommateurs
dans le secteur bancaire. (Roland DIBEKE, « La protection des consommateurs de crédit dans
l’économie moderne », in Revue économique, Kinshasa, 2022, p. 36.)
5
De tout ce qui précède, il y a lieu de retenir que les auteurs ont abordé la question
de la protection de consommateurs dans un cadre général sans pourtant se fixer sur les
questions spéciales que pose ce sujet. C’est ainsi que nous avons préféré aborder ce sujet dans
le cadre du contrat de prêt bancaire en droit congolais : protection ou vulnérabilité de
consommateurs.
B. Etat de la question
La pérennité des activités économiques dans un Etat nécessite la mise en place des
différents services financiers pouvant travailler de concert afin de lutter contre le chômage et
de créer le plein emploi. Cette pérennité est plus soutenue par un secteur financier stable qui
se réalise à travers la création des services financiers concourant à l’émergence économique
de l’Etat. Les services financiers dont question sont les banques, les coopératives d’épargne et
de crédit, les caisses d’épargne, les institutions financières spécialisées et les sociétés
financières. Ils concourent à l’émergence économique de l’Etat à travers le financement des
activités économiques et des ménages en octroyant des prêts bancaires connus à titre de
« crédit »2.
Le crédit est une sorte de prêt accordé par les établissements bancaires afin de
satisfaire au besoin économique d’une entreprise ou d’un individu en cas de crise ou
d’insuffisance des moyens financiers dans le chef du demandeur. Il est une possibilité de
relèvement d’une économie en récession, car il donne à son bénéficiaire des substances
pécuniaires qu’il faut pour créer une activité économique, la relever ou satisfaire aux
différents besoins économiques. La réglementation financière le répartit en trois
compartiments à savoir ; le crédit à long terme, le crédit à moyen terme et le crédit à court
terme. Cette répartition tient compte de la fixation du taux d’intérêt payable par le demandeur
au regard du temps que prendra l’argent de la demande jusqu’à son remboursement3.
Le droit français connait deux textes juridiques qui réglementent les opérations de
crédit. Il s’agit du code de consommation et du code monétaire et financier. Ces deux
instruments juridiques viennent donner les règles juridiques applicables au prêt bancaire
dénommé « crédit » et aux emprunts non bancaires. Le code monétaire et financier fait
2
Taylor LUBANGA, Précis de droit financier et bancaire, à la recherche d’un cadre institutionnel et juridique
d’une effective marchéisation financière en République démocratique du Congo, éd. Droit et Société, Kinshasa,
2015, p. 29.
3
Louis-Ferdinand Cécile, Règlementation de crédit, 1ère Ed., Gallimard, coll. « Folio », Paris, 1985, p. 622.
7
l’analyse des intermédiaires financiers, du marché financier et de ses instruments ; alors que le
code de consommation, lui, porte sur les règles applicables à la vente de sa formation à son
exécution, ainsi que les différents contrats de consommation parmi lesquels le contrat de
crédit et le prêt à la consommation4.
Le contrat de prêt bancaire est l’élément qui matérialise l’opération de crédit dans
une institution bancaire, car il permet aux parties prenantes de manifester leur volonté, de
déterminer son objet et d’en donner une cause. Ce qui permettra de créer un lien juridique
entre parties, de connaitre les droits et obligations de chacune d’elles, ainsi que de déterminer
leurs responsabilités9. Mais, il en reste encore dans ce contrat l’idée de la protection des
demandeurs de crédit au regard des pratiques abusives qu’adoptent les établissements
bancaires et les institutions de microfinance.
4
Dominique Legeais, « Opérations de crédit », in LexisNexis, 2017, p. 400.
5
Art. 1er al. 2ème, Loi n°003/2002 du 2 février 2002 relative à l’activité et au contrôle des établissements de
crédit, JORDC, numéro spécial, mai 2002.
6
Art. 7, Loi n°003/2002 du 2 février 2002 relative à l’activité et au contrôle des établissements de crédit,
JORDC, numéro spécial, mai 2002.
7
Art. 5 point 13, Loi N° 11/020 du 15 septembre 2011 fixant les règles relatives à l’activité de la microfinance en
République Démocratique du Congo, JO.RDC, numéro spécial, septembre 2011.
8
Art. 5 point 14, Loi N° 11/020 du 15 septembre 2011 fixant les règles relatives à l’activité de la microfinance en
République Démocratique du Congo, JO.RDC, numéro spécial, septembre 2011.
9
Cecile Kharoubi et Philippe Thomas, « Analyse du risque de crédit : banque et marchés », in Revue Banque,
Paris, 2016, p. 160.
8
C. Problématique
Certes, il est vrai que le marché financier d’un Etat est un espace de libéralisation
des opérations du secteur bancaire afin de faciliter le financement des activités économiques
de toute nature. Mais, dans un monde où les intérêts s’opposent entre commerçants et
consommateurs, l’idée de l’intervention de l’autorité publique s’avère nécessaire. C’est le cas
du marché de crédit qui connait de nos jours de mouvement transformateur animé par les
intérêts personnels des opérateurs10. En effet, le prêt bancaire tend de plus en plus à devenir
une opération difficilement réalisable dans les pays sous-développés. Car, il connait des
pratiques qui découragent les demandeurs et laissent le secteur économique privé dans le
chaos. Les demandeurs de crédit africains souffrent de nos jours d’un problème de
financement dû à la diminution de la liquidité financière résultant des précédentes crises
financières11.
10
Jérôme Lasserre et Michel Storck, Le crédit aspects juridiques et économiques, Dalloz, Paris, 2012, p. 210.
11
E. KANZA MULONGO, Le financement des activités économiques dans le pays sous-développés, cas de la
République Démocratique du Congo, Mémoire, L2 FASE, UPC, 2012-2013, p. 26.
12
Jérôme Lasserre et Michel Storck, op. cit., p. 213.
9
trop élevés, soit 24-25% pour les crédits octroyés en francs congolais et 15% pour ceux
octroyés en dollars. Il se constate une forte réticence à l’égard des banques commerciales qui
n’arrivent pas à faciliter le système de financement économique13.
Ces questions constituent le noyau sur lequel la présente étude va s’articuler tout
le long de son développement.
D. Hypothèses de recherche
13
Rapport de la Banque centrale du Congo de 2018, p. 47.
14
E. KANZA MULONGO, op. cit., p. 43.
10
protection des consommateurs au regard des difficultés qui s’y trouvent et qui le différencient
des autres secteurs. Ce qui justifie souvent la raison de ne pas adopter un code de
consommation.
Par ailleurs, quant à la protection des consommateurs des prêts bancaires, le droit
bancaire congolais entreprend aucun texte législatif ou réglementaire qui va dans le sens de la
garantie de cette protection. En effet, ni la loi n° 003/2002 du 2 février 2002 relative à
l’activité et au contrôle des établissements de crédit, ni les instructions de la Banque centrale
du Congo relatives aux opérations bancaires ne donne des dispositions se rapportant à la
protection des consommateurs des prêts bancaires. Même le nouveau régime issu de la loi n°
22/069 27 décembre 2022 relative à l’activité et au contrôle des établissements de crédit
adoptée précédemment n’apporte aucune disposition sur la protection des consommateurs des
prêts bancaires. Toutefois, ces derniers peuvent prétendre s’accrocher aux instructions de la
Banque centrale sur la fixation du taux directeur afin de pouvoir déterminer le taux d’intérêt
applicable par les établissements bancaires.
Enfin, l’on peut soutenir que les consommateurs des prêts bancaires sont dans une
situation de l’absence de protection juridique et administrative. Car, le législateur ne leur
accorde aucune garantie légale et aucune procédure de recours en cas de mauvaises pratiques
des opérateurs de crédit. Ce qui permet de constater en aval une totale vulnérabilité à leur
égard face aux pratiques abusives des intermédiaires financiers. Ce qui justifie souvent cette
situation de vulnérabilité est que le législateur congolais n’organise pas comme en droit
français un marché financier pouvant contenir l’ensemble des dispositions relatives à l’octroi
crédit bancaire de toute nature.
L’intérêt théorique ; cet intérêt se situe à plusieurs niveaux, notamment dans le respect
des principes juridiques en la matière qui traduisent la révolution des attitudes
humaines sur la façon dont doit être perçu une matière du droit 15. Ainsi, l’intérêt
théorique de ce travail est de faire l’analyse, outre des opérations de crédit effectuées
auprès des différents établissements bancaires, des dispositions légales établies en
droit congolais sur la protection des consommateurs de prêt bancaire ainsi que de leurs
mécanismes de mise en œuvre.
L’intérêt pratique ; cet intérêt est à trouver dans plupart des cas dans l’imagination des
cas d’application des règles mises en cause et la découverte des solutions apportées
par l’instrument juridique concerné16. Dans le cadre de cette étude, l’élaboration de ce
travail permet de pouvoir constater l’impact de la pratique des opérations de prêt
bancaire afin de découvrir les principes qui les encadrent et, par la suite, les règles qui
organisent la protection des consommateurs dans le secteur financier congolais. En
effet, la protection des consommateurs ne semble pas être visible en droit congolais
surtout dans le secteur financier. Mais, des constats relevés par la doctrine et la
pratique financière congolaise démontrent qu’il y a encore une possible déséquilibre
entre les intermédiaires financiers et les consommateurs de prêt bancaire.
Les méthodes sont construites comme des procédés par lesquels les chercheurs
adoptent pour aboutir à la réalisation d’un travail de toute nature. Alors que les techniques
sont les moyens utilisés pour élaborer ce travail. De ce fait, il est important d’opérer une nette
séparation entre les méthodes et techniques afin de pouvoir bien réaliser ce travail.
a. Méthodes
La méthode exégétique, il faut noter que cette méthode comprend en son sein
l’ensemble des méthodes telles que la méthode juridique et la méthode analytique. La
15
MWANZO idin’AMINYE Eddy, Cours de méthodologie juridique, 2ième graduat, UNIKIN, 2015, p.50.
16
Ibidem.
12
b. Techniques
prêt bancaire en droit congolais et leurs mesures d’application. A cet effet, la loi
bancaire congolaise et les Instructions de la Banque centrale du Congo seront de
grande importance. De même, les Règlements généraux des opérations de chaque
institution bancaire seront utiles dans l’élaboration de ce travail.
Technique de sondage, par cette technique il sera important de présenter les cas
pratiques ayant connu les circonstances invoquées dans ce travail. Ce qui permettra de
donner les cas dans lesquels les consommateurs des prêts bancaires congolais ont subi
la surfacturation du taux d’intérêt et ont fait l’objet de pression financière pour le
remboursement après échéance.
G. Délimitation du travail
Partant de la délimitation spatiale, le présent travail porte son objet d’étude sur
l’ensemble du territoire de la République démocratique du Congo afin de découvrir les
mécanismes de protection des consommateurs de prêt bancaire en droit congolais, même en
l’absence de toute réglementation en la matière.
H. Plan sommaire
14
Le prêt bancaire est une pratique généralement reconnue par les professionnels
comme système de financement des investissements et des ménages. Son recours était la
meilleure façon de garantir la pérennité des investissements et la stabilité du secteur
économique d’un Etat. De nos jours, le prêt bancaire est coulé en forme contractuelle afin de
pouvoir y rattacher les droits et obligations des parties, ainsi que leur responsabilité en cas de
violation de leurs obligations17.
A. Définition
Dans le souci de donner une bonne compréhension de prêt bancaire, il est utile de
pouvoir définir d’abord le prêt dans un sens propre.
I. Prêt
De manière générale, le prêt est le contrat par lequel une personne remet à une
autre, à titre précaire, un objet du matériel, ou des matériaux, des marchandises, ou une
somme d’argent, à charge de restituer au terme qu’elles conviennent. Il est un acte juridique
qui consiste à transmettre, sans exiger le paiement immédiat, la possession et l’usage d’un
bien tout en conservant sa propriété18. Le caractère gracieux, qui distingue le prêt de la
17
Jean-François HUSSON, op. cit., p. 38.
18
Gilles Landry, op. cit., p. 28
16
location et de la vente, est toujours présumé. Lorsque le terme du prêt n’est ni fixé, ni soumis
à condition, ni interprétable par la nature de la chose prêtée, le prêt est réputé conclu pour la
durée de la vie de l’emprunteur.
Le code civil congolais reconnait trois sortes des prêts, à savoir le prêt à usage ou
le commodat, le prêt à la consommation et le prêt à intérêt. Dans le cadre de prêt à usage,
l’emprunteur doit restituer au préteur la chose qui lui a été empruntée et ce, sans pouvoir en
disposer. Tandis que dans le prêt à la consommation, l’emprunteur doit utiliser la chose
empruntée jusqu’à sa destruction tout en remboursant une chose de même espèce, de même
quantité et de même qualité. Alors que dans le dernier cas, il marche comme dans le système
de prêt bancaire qui permet à un établissement de crédit de mettre à la disposition d’une
personne des fonds, à titre de financement, avec possibilité de remboursement dans
l’échéance convenue.
Le prêt bancaire peut être défini comme emprunt qu’un établissement de crédit
propose aux personnes à titre de financement de leurs besoins divers avec possibilité de
remboursement dans le délai convenu. C’est le fait pour un établissement de crédit de mettre à
la disposition du public des fonds à utiliser sans l’obligation de remboursement immédiat,
mais dont le remboursement se fait dans l’échelonnement de temps. Du point de vue du
bénéficiaire, le prêt bancaire désigne l’action de solliciter des fonds en vue des transactions
19
Cour de cass. française, 1 ère chambre civile, 8 avril 2010, pourvoi n° 09-10977, BICC n° 727 du 15 septembre
2010.
20
Cour de cass. française, 1ère chambre civile, 9 février 2012, pourvoi n° 10-27785, BICC n° 762 du 15 mai 2012.
17
importantes avec l’engagement de rembourser les sommes empruntées à plus ou moins long
terme.
En droit congolais, le crédit est compris comme tout acte par lequel une personne
agissant à titre onéreux met ou promet de mettre des fonds à la disposition d’une autre
personne ou prend, dans l’intérêt de celle-ci, un engagement par signature tel qu’un aval, un
cautionnement ou une garantie. En outre, sont assimilés à des opérations de crédit, le crédit-
bail et, de manière générale, toute opération de location assortie d’une option d’une option
d’achat22. Dans tous les cas, un prêt bancaire permet d’obtenir assez rapidement des fonds,
que l’on rembourse ensuite progressivement auxquels il faut ajouter des intérêts praticables
par les établissements de crédit en vue de tirer profit de l’opération.
La notion de crédit est très vaste. Elle emporte même les emprunts effectués
auprès des organismes non bancaires dans le but de la réalisation d’une activité donnée. C’est
ainsi que la loi de finance de l’année qualifie de crédit les allocations budgétaires accordées
aux membres des départements ministériels, aux institutions publiques et privées bénéficiant
de la participation publique ainsi qu’aux services et établissements publics 23. Mais,
l’expression crédit a plus le sens de moyen financier accordé à une personne physique ou
morale avec clause de remboursement à temps fixe.
21
Emmanuel Seize, cité par Taylor LUBANGA, op. cit., p. 29.
22
Art. 7, Loi N° 003/2002 du 02 février 2002 relative à l’activité et au contrôle des établissements de crédit,
JORDC, numéro spécial, mai 2002.
23
BAKANDEJA wa MPGUNGU G., Cours des finances publiques, G2 Droit, UCC, 2010-2011, p. 36.
18
Le prêt bancaire son apparition avec la notion de la banque. Les deux ont pour
origine la ville de Babylone où, dès le II ème millénaire de l’antiquité, les pratiques d’octroi de
financement étaient le recours de tous les hommes d’affaires. Les professionnels d’industrie et
du commerce faisaient recours aux agriculteurs, aux jardiniers, aux pêcheurs, aux éleveurs et
aux producteurs des matières afin d’obtenir le prêt des marchandises qu’ils vendaient pour
leur compte tout en gardant le bénéfice. Avec l’apparition de la monnaie, vers VII ème avant
notre ère, les opérations de prêts ont commencé à se faire avec de l’argent en pièce
métallique. Vers cette époque, pour obtenir du financement il fallait laisser entre les mains du
bailleur des fonds un collier d’or qui garantit le remboursement en cas de défaillance lors de
l’échéance24.
C’est entre les deux capitales de la haute et de la basse Egypte que naquit pour la
première fois les vraies opérations de financement des activités économiques et
commerciales. Les villes de Memphis et de Thèbes ont été les pionnières de plusieurs
opérations financières en raison de leur considération comme les centres des activités
économiques et commerciales de l’antiquité. Les commerçants de partout s’y rendaient pour
ouvrir leurs investissements, surtout ceux qui avaient une réputation internationale.
Cependant, le prêt bancaire prendra son départ vers ce temps lorsque les hommes d’affaires,
pour obtenir du financement, déposaient auprès des institutions financières de l’époque des
colliers d’or à titre de garantie afin de solliciter et d’obtenir des fonds en espèce pour effectuer
une activité donnée25.
Le dépôt d’un objet de valeur était une obligation et une condition qui facilitait
l’octroi crédit auprès desdites institutions car, à la suite de cette remise, ils pouvaient obtenir
des fonds et les utiliser à toute fin sans possibilité de craindre une poursuite judiciaire. La
garantie du collier d’or rendait possible le paiement à l’échéance lorsque l’emprunteur ne
satisfaisait pas à son obligation de remboursement. A la chute de l’Egypte, les centres
commerciaux africains ont connu leur disparition progressivement jusqu’au remplacement par
les nouvelles grandes puissances mondiales ayant colonisé le monde26.
24
Caudamine G. et Montier J., op. cit., p. 163.
25
ITIMELONGO TITI, Cours d’économie monétaire, G3 FASEG, UNIKIN, 2010, p. 13.
26
Miskin, Monnaie, Banque et marché financier, éd. Pearson éducation, Paris, 2001, p. 9.
19
C’est après une période généralement longue que la pratique de prêt bancaire
connaitra sa renaissance. Soit lors de la révolution française qu’il y aura une nouvelle
naissance de l’histoire de l’économie et la révision des documents historiques d’origine
africaine. La France se présente un premier pays européen à procéder à la réglementation de
prêt bancaire pour une nouvelle fois. Au milieu du XIXè siècle, le grand magasin populaire
français dénommé « Crespin », devenu Dufayel, situé au boulevard Barbès à Paris, spécialiste
dans le commerce des meubles et équipements de travail, va demander crédit auprès d’une
institution financière française dénommée « Société général et le Crédit Lyonnais » afin de
relever son activité ayant connu la chute à la suite des émeutes révolutionnistes qui ont
caractérisé l’année 1789.
Au XXème siècle, les Etats ont essayé de renforcé leur autorité dans le secteur
financier en imposant un contrôle régulier des banques et la délimitation de leurs opérations.
Cela a eu des nécessités lorsque s’était présentée en 1929 la crise boursière 28. Pour se sauver
de cette crise, en 1945, la France nationalise certain nombre des banques et à la suite de cela
sera créée une banque nationale dénommée la « Banque de France ». Vers 1960, le système
de dépôt des garanties afin d’obtenir financement a été éliminé au profit de celui de la tenue
des comptes bancaires. Ce qui multipliera le nombre des clients auprès des banques car, au
lieu de solliciter crédit, il suffisait seulement d’avoir son compte et de faire des opérations de
retrait et de dépôt au sein de celui-ci.
27
KABUYA KALALA, Economie monétaire, Notes de cours, G3 FASE, UPC, 2016-2017, 2001, p. 9.
28
En 1929 il a eu une chute brutale et durable des cours de la bourse, ce qui a amené le Président Roosevelt de
séparer de manière stricte les banques d’affaires (destinées aux grandes entreprises) des banques de dépôts
(pour les particuliers et les petites entreprises).
20
L’étude de ce point permet de faire une répartition entre la typologie, d’une part,
et les caractéristiques, de l’autre part.
Le crédit à moyen terme est ce qui est accordé pour une période de
remboursement allant deux à sept ans. Il s’agit de crédit qui repose sur des prêts formalisés
alors que le court terme a tendance à privilégier les ouvertures de crédit. Mais, le crédit à
moyen terme sert souvent dans le cadre des projets d’investissement à longue durée et dont le
bénéficiaire exige un temps relativement long pour son remboursement. La durée moyenne de
ce crédit permet de constater l’intérêt de l’investissement à financer et sa rentabilité sur le
marché afin de permettre une possible cumulation des bénéfices pour rembourser à temps réel
ledit crédit.
Le crédit à long terme est ce dont la durée de remboursement peut aller jusqu’à
trente ans. C’est-à-dire, ce crédit peut être accordé pour une durée allant au-delà de sept ans
29
NDELA KUBOKOSO J., Notes de cours de droit financier, G3 Droit, UPC, 2011-2012, p. 43.
30
Idem, p, p. 44.
21
mais sans dépasser trente ans étant donné que l’octroi crédit prive le propriétaire de fonds
débité le droit de retrouver son argent pendant une période relativement longue.
Les crédits sont liés quand ils ont pour but une opération déterminée. C’est le cas
du financement de l’achat des matériels d’équipement, des outils de bureau et des matériels de
services. Ils sont souvent assortis des sûretés réelles portant sur les biens acquis grâce à eux31.
Les crédits non liés sont ceux qui servent aux besoins généraux du bénéficiaire. Ils
peuvent être garantis par des sûretés personnelles, tel que le cautionnement.
Il s’agit sollicité par une société commerciale en cours d’exercice et qui figure
dans son passif du bilan. Ainsi, le crédit destiné au financement des immobilisations doit être
à long terme, alors que le crédit destiné aux besoins de trésorerie est à court terme (escomptes,
découverts bancaires…)32.
Les crédits spécifiques sont ceux qui sont accordés pour des opérations bien
spécifiés nécessitant un montage financier adapté. C’est le cas par exemple de crédit à la
consommation, du financement de marchés ou du crédit au commerce extérieur.
31
T. LUBANGA MWAMBI, op. cit., p. 65.
32
Ibidem.
22
33
Cécile Erneste, op. cit., p. 12.
34
Idem, p. 13.
23
La protection des investissements est une nécessité dans les Etats modernes étant
donné que toute puissance publique se développe en fonctionne du coût des investissements
qu’elle contient. Les grandes puissances du monde ont pu garder la domination sur les autres
puissances à travers la politique de stabilisation des investissements, surtout ceux privés
nationaux. Les Etats-Unis d’Amérique se présentent de nos jours comme un Etat à système
économique stable à cause de l’explosion des investissements qu’ils connaissent depuis des
siècles. Ceci est aussi le cas de la France, de l’Angleterre, de la Chine, des Emmurâtes-
Arabes-Unis, etc. qui sont aujourd’hui classés par les Etats à système économique stable grâce
à l’accroissement des investissements privés nationaux et étrangers35.
Le contrat de prêt bancaire met en relation deux parties, l’une étant le prêteur et
l’autre l’emprunteur.
I. Prêteur
Le mot « prêteur » n’est pas nouveau aussi longtemps que l’opération de prêt ne
l’est pas aussi. Il renvoyait à un commerçant dans l’activité consistait au prêt d’argent aux
individus et aux entreprises en vue de la réalisation d’un besoin social ou professionnel. Le
lexique de droit financier et bancaire comprend ce terme comme le fait de consentir de
l’argent à un demandeur sous condition de remboursement à une échéance déterminée par le
prêteur ou conventionnellement. Jadis, le prêt était une activité réservée aux professionnels et
dont l’accès était réservé seulement aux personnes morales constituées sous la dénomination
bancaire38.
dans une période donnée. L’opération de prêt bancaire est particulièrement caractérisée par
l’idée de spéculation financière. C’est-à-dire, le prêteur vise d’abord dans cette opération un
intérêt au remboursement qui constitue pour lui un bénéfice40.
40
Gilles Landry, op. cit., p. 321.
41
F. Peletier, op. cit., p. 298.
26
Ces personnes ne peuvent être considérées pour des prêteurs que lorsqu’elles se sont
constituées en personnes morales dans le respect de la réglementation des établissements de
crédit ou des institutions financières autorisées à consentir au public des prêts bancaires.
II. Emprunteur
L’emprunteur est une personne physique ou une entreprise qui sollicite ou reçoit
un prêt auprès d’un établissement chargé de consentir aux particuliers de l’argent. Il est celui
qui prend l’engagement d’un endettement auprès d’un établissement bancaire avec condition
de le rembourser à l’échéance légale ou conventionnelle. Dans un contrat de prêt bancaire,
l’emprunteur est comme la partie qui reçoit de l’argent venant de son prêteur dans le cadre
d’un rapport juridico-économique en vue de satisfaire à un besoin économique ou social et de
rembourser dans les jours à venir42.
Le contrat de prêt bancaire connait deux types des conditions dont les unes sont
générales à tous les contrats et les autres sont spécifiques à ce contrat.
Les conditions générales du contrat de prêt bancaire sont les mêmes que celles
applicables aux contrats de manière générale. Il s’agit des conditions prévues par le Décret du
30 juillet 1888 portant sur les contrats et obligations conventionnelles dont le consentement,
la capacité, l’objet et la cause45.
42
Gilles Landry, op. cit., p. 325.
43
Art. L311-1, Code de consommation français, JO.R.F., 2022.
44
Gilles Landry, op. cit., p. 326.
45
Art. 8, Décret du 30 juillet 1888 portant sur les contrats et obligations conventionnelles.
27
1. Consentement
Enfin, le prêt bancaire est un contrat comme tout autre contrat qui ne doit contenir
aucun vice de consentent comme l’erreur, le dol, la violence et la lésion ; car, tout contrat
conclu dans ces circonstances est susceptible d’annulation par voie judiciaire. C’est ainsi que
le législateur congolais souligne qu’il n’y a point de consentement valable, si le consentement
n’a été donné que par erreur, ou s’il a été extorqué par violence ou surpris par dol 48. En outre,
la lésion parait aussi comme une des causes entrainant le vice de consentement dans un
contrat de prêt bancaire. Cela parce qu’en matière de crédit, il est interdit de pratiquer les
intérêts excessifs ou qui dépasse la valeur de la somme empruntée, tel contrat est susceptible
de rescision par voie judiciaire. Les sanctions prévues ont pour objet de garantir la bonne
passation des relations juridiques entre parties afin de garantir aussi bien la validité et
l’opposabilité à l’égard des tiers.
2. Capacité
46
KENGE NGOMBA TSHILOMBAYI M-T., Droit civil/Les obligations, G2 Droit, UNIKIN et UPC, 2020-2021, p. 25.
47
AMISI HERADY, Progrès technique de la responsabilité civile, L1 Droit, UNIKIN, 2016-2017, p. 6.
48
Art. 9 al. 1er, Décret du 30 juillet 1888 portant sur les contrats et obligations conventionnelles.
28
La capacité est l’aptitude qu’a une personne d’être sujet des droits et des
obligations. Elle est soit de jouissance et soit d’exercice 49. La capacité est le principe puisque
« Toute personne peut contracter, si elle n’en est pas déclarée incapable par la loi » 50.
L’incapacité se manifeste comme l’exception étant donné qu’il appartient à celui qui invoque
l’incapacité d’un contractant d’en apporter la preuve. Ainsi, le Code civil français précise que
« Sont incapables de contracter, dans la mesure définie par la loi : les mineurs non
émancipés ; les majeurs protégés au sens de l’article 488 du présent Code » 51. C’est en
quelques sortes ce que la loi congolaise N°87-010 du 1 er août 1987 portant code de la famille
telle que modifiée et complétée à ce jour préconise quant à la détention de la capacité
juridique. Car, il est de principe que toute personne jouit des droits civils depuis sa conception
et toute personne capable peut exercer ses droits civils conformément à la loi et à la coutume,
sauf les exceptions établies par la loi52.
49
P. KATALA, Droit des obligations : droit français- droit libanais, perspectives européennes et internationales,
1ère éd., LGDJ, Paris, 2006, p. 102.
50
Art. 1123, Code civil français.
51
Art. 1124, Code civil français.
52
Art. 211 et 212, Loi N°87/010 du 1 er août 1987 portant code de la famille telle modifiée et complétée par la
loi N° 16/008 du 15 juillet 2016 modifiant ET complétant la loi N°87-010 du 1er août 1987 portant code de la
famille.
53
Art. 23, Décret du 30 juillet 1888 relatif aux contrats et aux obligations conventionnelles.
54
Art. 215, Loi N°87/010 du 1er août 1987 portant code de la famille telle modifiée et complétée par la loi N°
16/008 du 15 juillet 2016 modifiant et complétant la loi N°87-010 du 1er août 1987 portant code de la famille.
29
des personnes qui la créent. Ainsi, en vertu de la personnalité morale détenue par une
entreprise ou une société commerciale, l’établissement de crédit et le demandeur de crédit
peuvent effectuer une opération de prêt bancaire sans exiger de l’autre la preuve de la capacité
juridique dès lors que les actes constitutifs prouvent avoir affranchi toutes les conditions de
création de société commerciale ou d’établissement commercial. Mais, à défaut de la
personnalité morale, le prêt bancaire passé par une association des personnes ou un
établissement individuel est considérée comme passée par des personnes physiques qui la
constituent55.
3. Objet
Le Code civil français souligne que, pour la validité d’une convention « un objet
certain qui forme la matière de l’engagement » 57. Mais, malgré son caractère apparemment «
rigide et paisible », l’objet est une matière complexe que la terminologie imprécise des
articles 1126 à 1130 qui lui sont consacrés ne contribuent pas à éclairer, parlant d’« objet du
contrat » ou d’« objet de l’obligation » pour désigner une même réalité. Rigoureusement, un
contrat synallagmatique fait naître deux obligations ayant chacune un objet, la prestation à
fournir : dans la vente, l’objet de l’obligation du vendeur est de livrer la chose, l’objet de
l’obligation de l’acheteur est de payer le prix 58. Tandis que dans les prêts, l’objet de
l’obligation du prêteur est de mettre à la disposition de l’emprunteur la chose demandée, et
l’objet de l’obligation de ce dernier est la restituer à la date convenue.
Ainsi, dans le prêt bancaire l’objet du contrat consiste dans la mise à la disposition
des produits ou services en ligne afin de la vente. Ceci revient à dire que le prêt bancaire est,
55
C. Kuhn, « La mission du fiduciaire », in Dr. et patr., Paris, 2008, p. 52.
56
M-T. KENGE NGOMBA TSHILOMBAYI, op. cit., p. 65.
57
Art. 1108, Code civil français.
58
P. KATALA, op. cit., p. 108.
30
comme tout autre prêt, un acte comportant l’offre de crédit au public afin d’une pollicitation.
L’objet de ce prêt est tout d’abord l’offre qu’elle contient étant donné que c’est elle qui amène
les parties à négocier et à se convenir sur la chose et la valeur de surprise. Cette offre donne
aux parties contractantes des obligations distinctes, chacune selon sa place dans le contrat. Le
prêteur est tenu de mettre à la disposition de l’emprunteur des sommes demandées, et que ce
dernier est tenu d’en rembourser avec les intérêts conventionnels.
4. Cause
La cause est comprise comme la raison qui est à l’origine de passation de tout
contrat. C’est le mobile qui a entrainé l’une des parties à solliciter la prestation de l’autre 59. Le
code civil souligne que toute obligation sans cause, sur une fausse cause ou sur une cause
illicite n’a aucun effet60. La fausseté de la cause réside dans le changement de cause après
exécution de la prestation demandée. C’est le cas de l’achat d’un immeuble pour la cause
d’habitation qui, après l’opération de vente, devient une maison de débauche. Et, l’illicéité de
la cause provient de l’interdiction légale ou conventionnelle d’une activité donnée, alors que
les parties veulent la soumettre dans leur contrat61.
Il faut noter que, en matière de prêt, la fausse cause et la cause illicite sont
interdites étant donné que tout prêt doit porter sur des choses admises dans le commerce et
l’opération doit se faire dans un but licite. Par conséquent, le prêt portant sur le bien d’autrui
est nul à l’égard des parties et des tiers. Et, toute personne intéressée qui rencontre un prêt
avec une telle cause est tenue de la porter devant l’autorité compétente, ou lorsque cette
dernière rencontre un prêt de ce genre, elle est dans l’obligation de la déclarer nulle. De
même, en matière prêt bancaire, tout prêt contracté sans cause ou sur une fausse est nulle et de
nul effet tant à l’égard des parties que des tiers.
Enfin, en vue de garantir la licéité de l’opération de prêt bancaire, tout ce qui n’est
pas dans le commerce ne peut faire l’objet de prêt ni par voie bancaire, ni par voie manuelle
ou électronique. C’est le cas de l’offre de crédit à la banque ou en ligne portant sur la mise à
la disposition du public ou d’un destinataire désigné de l’argent ou des produits à vendre dès
lors que ceux-ci sont des marchandises interdites par des lois et conventions internationales 62.
Ainsi, la mise à circulation de la drogue, la traite des personnes humaines auxquelles on doit
59
AMISI HERADY, op. cit., p. 8.
60
Art. 1131, Code civil français.
61
AMISI HEDARY, op. cit., p. 9.
62
J. NDELA KUBOKOSO, op. cit., p. 96.
31
1. Publicité
Le prêt bancaire est un contrat qui ne se conclut pas comme tout autre contrat. Il
nécessite, pour sa formation, la réalisation d’une publicité préalable afin de porter la
connaissance du public l’ouverture de l’offre de crédit. Le code de consommation français
souligne que toute publicité faite, reçue ou perçue en France qui, quel que soit son support,
porte sur l'une des opérations de crédit visées à l'article L. 311-2, doit préciser l'identité du
prêteur, la nature, l'objet et la durée de l'opération proposée ainsi que le coût total et, s'il y a
lieu, le taux effectif global mensuel et annuel du crédit et les perception forfaitaires. De
même, cette publicité précise le montant, en francs, des remboursements par échéance ou, en
cas d'impossibilité, le moyen de le déterminer. Ce montant inclut le coût de l'assurance
lorsque celle-ci est obligatoire pour obtenir le financement et, le cas échéant, le coût des
perceptions forfaitaires. Enfin, la publicité doit indiquer, pour les opérations à durée
déterminée, le nombre d'échéances63.
Il est interdite, hors des lieux de vente, toute publicité comportant la mention
"crédit gratuit" ou proposant un avantage équivalent ou concernant la prise en charge totale ou
partielle des frais de crédit par le vendeur toute publicité portant sur une opération de
financement proposée pour l'acquisition ou la location avec option d'achat d'un bien de
consommation d'une ou plusieurs marques, mais non d'une autre, et d'un taux inférieur au coût
de refinancement pour les mêmes durées, tel que défini par le comité de la réglementation
bancaire ; toute publicité promotionnelle relative aux opérations visées à l'article L. 311-2
proposant une période de franchise de paiement de loyers ou de remboursement des échéances
du crédit supérieure à trois mois64.
63
Art. L311-4, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
64
Art. L311-5, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
32
Toute publicité sur les lieux de vente comportant la mention "crédit gratuit" ou
proposant un avantage équivalent doit indiquer le montant de l'escompte consenti en cas de
paiement comptant65. Lorsqu'une opération de financement comporte une prise en charge
totale ou partielle des frais au sens des articles L. 311-4 à L. 311-6, le vendeur ne peut
demander à l'acheteur à crédit ou au locataire une somme d'argent supérieure au prix le plus
bas effectivement pratiqué pour l'achat au comptant d'un article ou d'une prestation similaire,
dans le même établissement de vente au détail, au cours des trente derniers jours précédant le
début de la publicité ou de l'offre. Le vendeur doit, en outre, proposer un prix pour paiement
comptant inférieur à la somme proposée pour l'achat à crédit ou la location et calculé selon
des modalités fixées par décret66.
2. Offre préalable
L'offre préalable mentionne l'identité des parties et, le cas échéant, des cautions ;
elle précise le montant du crédit et éventuellement de ses fractions périodiquement
disponibles, la nature, l'objet et les modalités du contrat, y compris, le cas échéant, les
conditions d'une assurance ainsi que le coût total ventilé du crédit et, s'il y a lieu, son taux
effectif global ainsi que le total des perceptions forfaitaires demandées en sus des intérêts en
ventilant celles correspondant aux frais de dossiers et celles correspondant aux frais par
échéance ; elle rappelle les dispositions des articles L. 311-15 à L. 311-17 et L. 311-32 et, s'il
65
Art. L311-6, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
66
Art. L311-7, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
67
Art. L311-8, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
68
Art. L311-9, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
33
y a lieu, des articles L. 311-20 à L. 311-31, L. 313-13, et reproduit celles de l'article L. 311-37
; enfin, elle indique, le cas échéant, le bien ou la prestation de services financé 69.
Pour les opérations à durée déterminée, l'offre préalable précise en outre pour
chaque échéance, le coût de l'assurance et les perceptions forfaitaires éventuellement
demandées ainsi que l'échelonnement des remboursements ou, en cas d'impossibilité, le
moyen de les déterminer70. Lorsque l'offre préalable est assortie d'une proposition d'assurance,
une notice doit être remise à l'emprunteur, qui comporte les extraits des conditions générales
de l'assurance le concernant, notamment les nom et adresse de l'assureur, la durée, les risques
couverts et ceux qui sont exclus71. L'offre préalable est établie en application des conditions
prévues aux articles précédents selon l'un des modèles types fixés par le comité de
réglementation bancaire, après consultation du Conseil national de la consommation 72.
69
Art. L311-10, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
70
Art. L311-11, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
71
Art. L311-12, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
72
Art. L311-13, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
73
Art. L311-14, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
74
Art. L311-15, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
34
l'expiration de ce délai, la décision d'accorder le crédit n'a pas été portée à la connaissance de
l'intéressé. L'agrément de la personne de l'emprunteur parvenu à sa connaissance après
l'expiration de ce délai reste néanmoins valable si celui-ci entend toujours bénéficier du
crédit75.
3. Constitution de la garantie
La garantie bancaire est une condition exigée par une banque ou un organisme
prêteur à l’égard d’une personne qui sollicite un prêt bancaire afin de garantir sa solvabilité.
Elle est l’une des mesures de sécurité bancaire destinée à garantir le remboursement d’un prêt
en cas de défaillance de l’emprunteur. Egalement appelée « caution bancaire », la garantie
bancaire sert à couvrir le risque de perte totale ou partielle auquel est exposé une banque ou
un organisme prêteur. Sur ce, en cas de défaillance de l’emprunteur, qu’il s’agisse d’un
particulier ou d’un professionnel, d’une personne physique ou morale, cette garantie sert à lui
libérer de la poursuite postérieure du prêteur76.
Les garanties personnelles sont celles qui portent sur la fourniture d’une personne
physique ou morale qui accepte de payer en cas de défaillance de l’emprunteur. Elles prennent
la forme d’une caution qui diffère en fonction de la personnalité du garant. De nos jours, il
existe des institutions financières chargées de la garantie des obligations d’autrui avec
possibilité de recours à l’égard de l’emprunteur. Elles sont créées sous la forme des
établissements de crédit et fonctionnent selon la réglementation bancaire et financière 78.
75
Art. L311-16, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
76
Cécile Erneste, op. cit., p. 267.
77
Cécile Erneste, op. cit., p. 268.
78
Roland DIBEKE, op. cit., p. 375.
35
Les deux premiers types de garantie sont accordés par des organismes personnes morales
spécialisées dans le cautionnement bancaire, alors que le troisième type est garanti par une
personne physique souvent issue de l’entourage familial ou relationnel de l’emprunteur. Deux
types de cautions peuvent être analysés, il y a la caution simple et la caution solidaire. La
première se réalise avant de pouvoir se retourner contre la caution, l’établissement prêteur
doit avoir vérifié l’insolvabilité de son débiteur défaillant et épuiser toutes les voies de recours
à son encontre. Alors que la caution solidaire, elle, est plus facile et plus rapide à mettre en
œuvre. Dès le premier impayé, le créancier pourra actionner la caution, c’est-à-dire lui
demander le règlement des mensualités dues sans même avoir à vérifier l’insolvabilité de
l’emprunteur.
L’exécution du contrat de prêt bancaire passe par des règles juridiques établissant
les droits et obligations du prêteur et de l’emprunteur. C’est ici l’importance d’analyser les
droits et obligations du prêteur avant de voir les droits et obligations de l’emprunteur.
Afin de bien appréhender cette notion, il sied d’analyser les droits du prêteur
séparément de ses obligations.
I. Droits du prêteur
1. Appréciation de l’emprunteur
79
Ibidem.
36
2. Exigence de la garantie
80
Cécile SELLIER, « La loi sur le crédit à la consommation : la protection de la clientèle au cœur de la prévention
et du contrôle bancaire et assurentiel », in DCPC, Paris, 2008, p. 35.
81
Idem, p. 375.
82
Roland DIBEKE, op. cit., p. 386.
83
T. LUBANGA MWAMBI, op. cit., p. 55.
37
Et, à force de recourir à tout moment aux emprunts interbancaires, il y a encore le plus grand
risque de blocage du système financier d’un Etat à travers une crise généralisée de liquidité 84.
Cependant, l’exigence de la garantie palie à tous les risques trouvés sur le marché
financier qui peuvent paralyser le fonctionnement normal des institutions financières
nationales. Le législateur français fait de la garantie bancaire une exigence majeure sur
laquelle aucune banque ne peut déroger étant donné que, tout établissement bancaire est tenu
de protéger ses fonds propres et d’obéir aux normes prudentielles de banques. Ces normes
comprennent le respect du seuil fixé pour les opérations bancaires de toute nature, la
protection de fonds propres et l’exigence des garanties réelles ou personnelles dans le chef du
demandeur de crédit avant son octroi 85. Cette position est aussi ce que défend le législateur
congolais qui insiste aux établissements bancaires de mettre en place un système de protection
de l’épargne afin de préserver la confiance qui caractérise tout secteur bancaire 86.
3. Poursuite du remboursement
Il sied de noter que, l’exigence de la garantie en droit bancaire est l’élément qui
assure le paiement d’un emprunt en cas de défaillance de l’emprunteur. Ce qui revient à dire
que l’emprunteur peut se trouver dans le cas d’insolvabilité au jour de l’échéance, les
garanties réelles ou personnelles qu’il avait constitué serviront à répondre de ses obligations 88.
De ce fait, celui qui a la large liberté de poursuivre le paiement d’un droit réel est le titulaire
84
MABI MULUMBA, Les mécanismes de financement des activités économiques, in op. cit., p. 375.
85
S. PIEDELIEVRE, Droit bancaire, éd. PUF, Paris, 2003, p. 273.
86
T. LUBANGA MWAMBI, op. cit., p. 57.
87
S. PIEDELIEVRE, op. cit., p. 274.
88
Idem, p. 275.
38
de ce droit. Et dans le cas d’espèce c’est le prêteur de fonds qui dispose du droit de poursuivre
l’emprunteur pour le paiement de l’argent obtenu à titre de prêt bancaire ; à défaut de
paiement, les biens meubles ou immeubles remis en gage ou en hypothèque seront réalisés
pour le paiement complet de l’obligation contractée. Si les biens mis en gage ou en
hypothèque ne sont pas capables d’éteindre l’obligation contractée, les biens du débiteur
présents et à venir seront des gages pour ses engagements pécuniaires pris89.
Le prêteur est tenu de deux obligations dans un contrat de prêt bancaire. Il s’agit
de la délivrance de la somme et la garantie jouissance paisible.
1. Délivrance de fonds
89
T. LUBANGA MWAMBI, op. cit., p. 58.
90
Art. 281, Décret du 30 juillet 1888 relatif aux contrats et aux obligations conventionnelles.
91
D-C. KOLONGELE EBERANDE, Droit des contrats spéciaux, Notes de cours, L1 Droit, UNIKIN, 2017-2018, p. 18.
39
de les rendre au prêteur en cas d’abandon de son projet ; faute de quoi, il reste tenu de
rembourser à l’échéance avec les intérêts fixés92.
La bonne analyse de ce point permet d’opérer une séparation entre l’étude des
droits de l’emprunteur et de ses obligations.
I. Droits de l’emprunteur
92
J. NDELA KUBOKOSO, op. cit., p. 98.
93
Art. 376, Décret du 30 juillet 1888 relatif aux contrats et aux obligations conventionnelles.
40
L’emprunteur a pour droits la réception de fonds mis par le prêteur, leur utilisation
personnelle et la rétractation.
1. Réception de fonds
La réception a impact réel sur l’opération de prêt bancaire étant donné qu’elle
permet à l’emprunteur de pouvoir déterminer le cours de l’opération jusqu’à la date réelle de
l’échéance. Sauf, pour les prêts bancaires auxquels l’échéance est fixée par an, les autres types
de prêts à durée mensuelle, cette dernière est comptée sur la base de la date de mise à
disposition de fonds. Ce qui veut dire que l’emprunteur ayant sollicité un prêt de la durée d’un
mois commencera à compter le départ de ce prêt au jour de la mise à disposition de fonds 97.
Le défaut de réception de fonds empêche le prêteur de pouvoir réclamer leur rembourser au
94
J. NDELA KUBOKOSO, op. cit., p. 98.
95
T. LUBANGA MWAMBI, op. cit., p. 60.
96
Roland DIBEKE, op. cit., p. 389.
97
Idem, op. cit., p. 390.
41
moment de l’échéance. Même si les fonds ont été décaissés et logés dans le compte d’une
personne, soit par erreur de virement ou de transfert, l’emprunteur ne sera pas tenu au
remboursement tant que ces fonds ne lui sont pas parvenus. Mais, il peut notifie au prêteur
d’avoir à mettre à sa disposition les fonds demandés dans le délai convenu98.
2. Utilisation personnelle
Le prêt bancaire est une opération qui s’effectue à titre individuel. C’est-à-dire, il
appartient à celui qui le contracte d’en tirer bénéfice soit dans le cadre de ses investissements
ou dans le cadre de ses besoins sociaux. Nul ne peut tirer bénéfice d’un prêt contracté par une
personne sans avoir droit. Cependant, il existe aussi le système de prêts collectifs contractés
par un groupe des personnes ou par une personne pour le compte d’un groupe des personnes.
Ces prêts lient l’ensemble des membres de ce groupe et chacun y répond soit solidairement,
soit à proportion de sa part ; sauf si l’un d’entre eux s’est porté garant de répondre seul pour
l’ensemble de l’obligation99.
En effet, même dans l’hypothèse des prêts collectifs, l’utilisation des sommes
qu’ils comportent est toujours individuelle. Car, seul celui qui est intéressé par lesdits prêts
qui peut en faire usage et non des tierces personnes en dehors du groupe des contractants. Le
prêteur ne peut faire jouir à d’autres personnes les fonds empruntés par une personne et dont
l’ouverture de crédit ne porte pas leurs dénominations. Néanmoins, le contractant d’un prêt
bancaire peut stipuler que ledit prêt est contracté en faveur d’une autre personne, soit pour la
scolarité d’un enfant, les soins médicaux d’une personne, la maternité de sa femme ou l’achat
d’un bien mobilier ou immobilier en faveur d’une personne. Ce prêt, bien que contacté par le
contractant lui-même, comporte des fonds destinés à une autre100.
3. Rétractation
des actes de manière réfléchie et d’évaluer la valeur de l’engagement pris avant d’en être lié.
Elle appartient à toute personne qui veut s’engager ou qui s’est déjà engagée dans une
opération juridique ou commerciale et annule les effets du contrat signé avec possibilité de
paiement de certaines indemnités compensatoires.
102
Idem, p. 87.
103
Roland DIBEKE, op. cit., p. 390.
43
104
Ibidem.
44
105
Taylor LUBANGA, op. cit., p. 55.
106
ROSENWALD F., « L’influence de la sphère financière sur la sphère réelle : les canaux du crédit », Bulletin de
la Banque de France, 1er trimestre 1995, p. 2341.
107
TSASA, J.P., « Diagnostic de la politique monétaire de la RDC-Approche par l’équilibre général dynamique et
stochastique », in CEPREMAP, Dynare Working paper série, n° 38, 2014, p. 122.
45
Le guichet est un service de réception bancaire qui assure la liaison entre les
membres et la structure. A ce titre, il reçoit toutes les demandes et communications adressées
à la banque afin d’en adresser par la suite aux organes compétent108.
fournir les renseignements préliminaires relatifs aux conditions d'accès aux crédits ;
aider les membres à rédiger les demandes ;
examiner les demandes reçues afin d'identifier les bons projets ;
orienter les membres.
Après le dépôt des demandes de prêts bancaires auprès du guichet ou du gestionnaire, elles
sont acheminées par ordre d'arrivée à la Direction générale de l’établissement bancaire
concerné. Le demandeur fera l'effort de repasser pour avoir une idée de l'évolution de son
dossier de crédit auprès dudit établissement bancaire. Entre temps à partir des informations
recueillies et des documents fournis, le réceptionniste établit une fiche de demande de crédits.
Ils prennent leurs dispositions à vue de la réalisation des conditions de crédit, de la signature
du contrat et du déblocage des fonds. Dans certains établissements de crédit, on apprête les
divers documents tels que le contrat, l'échéancier de remboursement ou tableau
d'amortissement et matérialisation des garanties. De même, le service de caisse sera informé
pour la circonstance.
Afin d’obtenir la réception de son dossier, le demandeur de prêt bancaire est tenu
de passer à une phase d’identification lui permettant de soumettre à l’établissement de crédit
ou à l’institution de microfinance les garanties de sa personne. Parmi celles, il y a les
garanties morales et existentielles110.
Pour le demandeur personne physique, le prêteur est tenu de vérifier les éléments
suivants111:
- la bonne moralité ;
108
Idem, p. 123.
109
Ibidem.
110
BERNANKE, B.S. et BLINDER, A.S, « Credit, Money, and Aggregate Demand », in American Economic Review
78.2, 1988, p. 435.
111
Idem, p. 436.
46
Ces critères sont valables aussi bien pour le micro-projet que pour les PME/PMI mais pour le
dernier cas, il faut ajouter aussi une existence légale prouvée par les documents sociaux, la
justification au moins d’une comptabilité sommaire (cahier : recettes dépenses par exemple)
et un rapport personnel (30% au moins pour les crédits d'investissement) 112.
Après une dernière vérification des dossiers, et après s'être rassuré que la
formation est faite, le Directeur ou son représentant prodigue les conseils à tous les intéressés
en insistant sur le bon usage des fonds. Le respect des engagements pris, la notion de
solidarité du groupe, la responsabilité des avaliseurs. C'est à la suite de cette étape qu'à lieu
signature du contrat entre les emprunteurs et les avaliseurs, les cautions ou les garants. Il en
est suivi de l’accompagnement des demandeurs à la caisse par le comptable pour les
modalités de déblocage des fonds. Après avoir mis le crédit en place, il faut procéder à la
prise des garanties ; c'est-à-dire le dépôt des signatures et des lettres d'engagements légalisées
112
BILLEL, B., « Les déterminants de l’octroi de crédits des banques commerciales en Algérie » : in Revue Forum
d’études et de recherches économiques, volume : 06/N° : 01, 2022, p.759.
113
Idem, p. 760.
47
pour les avalistes et cautions. Le dépôt du titre foncier ou d'une attestation de propriété ou
encore d'un contrat de mise en hypothèque s'il s'agit d'une garantie réelle114.
Par ailleurs, la mise en place est un fait et le suivie en est un autre. A cet effet, en
matière de prêts bancaires, le recouvrement constitue une préoccupation moyenne et
permanente des établissements de crédit. La Banque Centrale du Congo a mis en place une
Instruction sur la mise à l’index qui consiste à mettre sous suspension des services bancaires
un client qui a obtenu crédit sans le rembourser à la date convenue. Les causes d'impayés sont
parfois du fait que le client se détourne de son obligation envers l’établissement bancaire,
mais cela peut être justifié par la survenance des cas fortuits qui mettent celui-ci à l’abri de
toute poursuite en remboursement. C’est le cas de la survenance des catastrophes naturelles et
des faits involontaires tels que l'incendie, la grève ou le vol115.
Les garanties sont des éléments clé dans l’obtention de prêt bancaire auprès des
établissements de crédit et des organismes prêteur. Elles servent à garantir le retour des fonds
décaissés par ceux-ci afin de ne pas créer un chaos financier dans leur existence. Les
législateurs modernes ont fait de leur exigence un droit pour les établissements de crédit.
Etant donné que les prêts bancaires portent souvent des sommes exorbitantes, les garanties
fournies suivent une procédure afin de garantir la sincérité de l’opération et la sécurité du
propriétaire du bien mis en garantie. Dans certaines législations, les garanties de prêts
bancaires suivent une double formalité dont celle de l’appréciation de valeur équivalente au
prêt sollicité et celle d’enregistrement auprès d’un établissement compétent. Pour les garanties
personnelles, les établissements bancaires procèdent à l’identification de la physique ou
morale qui s’est constituée caution à l’égard du demandeur de prêt en appréciant son activité,
sa réputation et son patrimoine afin de ne pas tomber sur une caution insolvable116.
114
ROSENWALD F., op. cit., p. 362.
115
BILLEL, B., op. cit., p.759.
116
Taylor LUBANGA, op. cit., p. 64.
48
En droit congolais, les garanties des prêts bancaires sont soumises à l’Acte
uniforme de l’OHADA sur les sûretés. Cet Acte législatif opère une nette différence entre les
sûretés réelles et les sûretés personnelles, les sûretés mobilières et immobilières. Dans le cadre
des sûretés personnelles, elle consacre les dispositions relatives au cautionnement, à la
garantie autonome et la contre-garantie. Ces sûretés sont tenues, pour leur validité, d’être
enregistrées au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier. Cet enregistrement assure
l’intangibilité de la garantie opérée, même si la sûreté n’a pas entrainé la dépossession de la
chose objet de garantie. Généralement, les sûretés personnelles ne peuvent entrainer une
dépossession étant qu’elles portent sur les personnes et non sur les biens. C’est ainsi qu’il est
souvent procédé à un contrôle de personnalité, de moralité et de solvabilité par l’établissement
de crédit prêteur avant de valider le prêt bancaire117.
117
Idem, p. 65.
118
M’bakon G-B., Avatale Tchounga A., et Kamajou F., « Baisse des taux directeurs et comportement de l’offre
de crédits bancaires au Cameroun : une approche ARDL et VAR un Européen scientifique journal », vol 11, N°31,
2015, p. 68.
49
A. Etablissements de crédit
Les établissements de crédit sont des intermédiaires financiers qui exercent les
opérations de banque à titre de profession. Ces opérations consistent dans la réception et la
collecte des fonds du public, les opérations de crédit, les opérations de paiement et la gestion
de moyens de paiement. Selon la loi n° 003/2002 du 2 février 2002 relative à l’activité et au
contrôle des établissements de crédit, il existe cinq catégories des établissements de crédit
dont chacune connait une réglementation propre. Ils sont agréés par la Banque Centrale du
Congo qui tient à jour chaque fin de l’année une liste des établissements de crédit selon leurs
catégories.
119
Idem, p. 69.
120
Rapport de la Banque Centrale sur l’exercice de la politique monétaire, 2018, p. 4.
50
N° Raison sociale
1 Afriland First Bank Congo Démocratique
2 Advans Banque
3 Banque Commerciale du Congo
4 BGFIBANK
5 Banque Internationale pour l’Afrique au Congo
6 Bank of Africa
7 Solidaire Banque
8 CitiGroup (Citi Bank)
9 EcoBank
10 FBNBANK
11 Raw Bank
12 Sofibanque
13 Standard Bank
14 United Bank for Africa
Source : Rapport annuel de la Banque Centrale du Congo, 2018.
N° Raison sociale
1 Coopérative d’Epargne et de Crédit Eglise du Christ au Congo (COOPEC ECC)
2 Mutuelle d’Epargne et de Crédit des Femmes de Kikwit
(MUCREFEKI/COOPEC)
3 Coopérative d’Epargne et de Crédit de l’Union pour le Développement Intégral de
Pay-Kongila (COOPEC UDIPAK)
4 Coopérative d’Epargne et de Crédit de BULUNGU (COOPEC BULUNGU)
5 Mutuelle d’Epargne et de Crédit (MECEC/COOPEC)
6 Coopérative d’Epargne et de Crédit Caisse d’Assistance Mutuelle d’Epargne et de
Crédit INKISI (COOPEC CAMEC INKISI)
7 Coopérative d’Epargne et de Crédit Caisse d’Assistance Mutuelle d’Epargne et de
Crédit MBANZA NGU-NGU (COOPEC CAMEC MBANZA NGU-NGU)
8 Coopérative d’Epargne et de Crédit Caisse d’Assistance Mutuelle d’Epargne et de
Crédit KWILU-NGONGO (COOPEC CAMEC KWILU-NGONGO)
9 Coopérative d’Epargne et de Crédit de la Communauté Evangélique de l’Alliance
51
N° Raison sociale
1 Caisse d’Epargne du Congo (CADECO)
Source : Rapport annuel de la Banque Centrale du Congo, 2018.
N° Raison sociale
1 Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI)
2 Société Financière de Développement (SFD)
Source : Rapport annuel de la Banque Centrale du Congo, 2018.
N° Raison sociale
1 Fonds pour l’Inclusion Financière (FIF)
2 Fonds National de Microfinance (FNM)
Source : Rapport annuel de la Banque Centrale du Congo, 2018.
B. Institutions de microfinance
recourir à la collecte de l’épargne du public. Par contre, les sociétés de microfinance sont des
institutions de microfinance que la loi reconnait le droit d’effectuer les opérations de
microfinance, à savoir la collecte de l’épargne et l’octroi de micro-crédit. Différemment des
entreprises de micro-crédit qui ne peuvent qu’effectuent des opérations de crédit direct. Les
sociétés de microfinance effectuent une sorte de micro-épargne consiste dans la collecte de
l’épargne des petites sommes d’argent allant de 10 à 100 $, selon, la loi n° 11/020 du 15
septembre 2011 fixant les règles relatives à l’activité de la microfinance.
N° Raison sociale
1 Foundation International Community Assistance (FINCA/RDC)
2 HOPE RDC
3 Life vest
4 Mecrekin
Source : Rapport annuel de la Banque Centrale du Congo, 2018.
121
T. LUBANGA MWAMBI, op. cit., p. 89.
53
Plusieurs raisons sont avancées pour pouvoir justifier ces obstacles. Il y a d’abord
la difficulté qu’ont plusieurs personnes sur l’intégration du système bancaire car, soit 7%
seulement des congolais adultes détiennent et entretiennent régulièrement les comptes
bancaires. La population congolaise affichant un taux de bancarisation faible, ne peut avoir
accès facile au prêt bancaire étant donné que le secteur financier court le risque de manque de
remboursement des fonds prêtés qui peut entrainer par la suite la crise de liquidité. En effet,
soit 1/10 de la population congolaise a accès au système bancaire et le 9% restant constitué
des insolvables et des hommes à faibles revenus ne peuvent bénéficier du financement pour
leurs projets ou besoins généraux auprès des banques et institutions de microfinance. Ainsi,
122
E. KANZA MULONGO, op. cit., p. 42.
54
cette faible bancarisation entraine une demande de crédit largement supérieure à l’offre. Ce
qui permet aux banques et institutions de microfinance d’alourdir en amont les procédures de
demande des prêts bancaires et de fixer des taux d’intérêt élevés pour gérer cette demande
accrue123.
Toutefois, un autre angle est celui d’approche qui réside dans les coûts de
fonctionnement des banques ; car, en République Démocratique du Congo ces coûts incluent
notamment les dépenses liées à l’analyse des dossiers de prêt bancaire sollicité et au
recouvrement de créances. Ces coûts sont souvent plus élevés en raison de l’instabilité
politique et sécuritaire du pays, nécessitant de la sécurité supplémentaire qui se répercutent
sur le taux d’intérêt. Mais, le taux directeur de la Banque centrale joue un rôle majeur dans la
détermination des taux d’intérêt des banques commerciales. Une augmentation du taux
directeur, comme celle observée en 2023, peut entrainer une hausse des taux d’intérêt pour
tous les prêts bancaires à solliciter auprès des banques ou des institutions de microfinance. Ce
qui peut être nécessairement pour contrôler l’inflation, mais peut également rendre l’emprunt
plus couteux pour les consommateurs des prêts bancaires125.
système de financement informel dit « Banque Lambert » qui consistait à pratiquer un taux
d’intérêt de 50% sur les montants empruntés d’un commerçant ou d’un fonctionnaire
moyennant la remise d’une garantie telle qu’un chèque ou une carte bancaire 126. Son
application dans les établissements de crédit résulte du fait que seul le créancier a le pouvoir
de fixer le taux d’intérêt remboursable et les modalités de paiement auxquels le débiteur ne
peut que s’en soumettre. Depuis la suppression de la Banque Lambert, le législateur congolais
a mis en place un système de facilitation du financement des ménages et des investissements à
travers les textes juridiques portant organisation et fonctionnement des établissements de
crédit.
Alors que certains pays africains exigent jusqu’à 5% du taux d’intérêt dans
l’octroi de prêt bancaire, les banques commerciales congolaises imposent un taux d’intérêt de
12% et 18% pour les personnes physiques et morales. Depuis 2021, le taux directeur de la
Banque Centrale du Congo se situe à 8,5%. Une situation qui ne facilite pas l’accès au prêt
bancaire tant pour les entreprises que pour les ménages. Malgré les efforts de réduction
apportés par le gouvernement congolais depuis les années précédentes, le taux d’intérêt de
l’octroi du prêt bancaire reste toujours au-dessus de la moyenne voulue par les pouvoirs et la
population. En effet, de 2019 à 2020, soit une réduction de 5 points dans la fixation du taux
directeur. Ce dernier était fixé antérieurement à 10,5% et après des ententes du Comité de
Politique Monétaire de la Banque Centrale, il sera réduit à 8,5%. Cela parce la question de
l’octroi de prêt bancaire est une matière qui relève de la politique du crédit dont la Banque
centrale de chaque Etat détient le pouvoir127.
Les pays africains tels que le Togo, le Tchad et d’autres qui fixent le taux moyen à
8% voire 5% pour les entreprises et pour les particuliers. Il reste paradoxal de voir qu’en
République Démocratique du Congo le taux d’intérêt soit fixé à 12%, 14% voire 18%. Les
banques commerciales congolaises trouvent des raisons pour justifier cette situation par
lesquelles figurent le doing business, l’augmentation du taux directeur et l’instabilité politique
et sécuritaire. Cette dernière cause se justifie par le problème du risque associé à
l’environnement économique et politique de la République Démocratique du Congo dont les
troubles de guerres civiles et les émeutes mettent en difficultés le recouvrement des créances
auprès des entreprises débitrices. Car, l’instabilité politique et sécuritaire du pays ainsi que
126
NGONGO MULAMBA C., La pratique de la “Banque Lambert” à l’épreuve de la paupérisation des agents et
fonctionnaires de l’Etat en République Démocratique du Congo, in URDO-Journal of Business Management,
Kinshasa, 2022, p. 32.
127
Rapport annuel de la Banque Centrale du Congo, 2018, p. 34.
56
l’asymétrie de l’information dans l’analyse des dossiers de prêt bancaire sont autant de
facteurs qui incitent les banques et les institutions de microfinance à appliquer des taux
d’intérêt plus élevés pour compenser ces risques128.
128
Idem, p. 35.
129
T. LUBANGA MWAMBI, op. cit., p. 90.
57
pouvoir des juridictions en exécutant personnellement et de manière forcée les créances non
payées après l’échéance130.
Les usagers des services de micro-crédits clament tous les jours les
comportements des prêteurs des fonds congolais qui saisissent et vendent leurs biens en
dehors de toute procédure judiciaire. C’est le cas de la société de microfinance dont la
Foundation International Community Assistance, FINCA/RDC en sigle, qui menace les
entreprises de petite taille congolaises en leur accordant des financements dont le
remboursement se fait de manière violente. De Mecrekin qui offre des fonds aux associations
des femmes et aux groupements religieux afin de financer leurs activités et après il saisit leur
patrimoine pour une attribution personnelle. Ces pratiques qui vont en marge des dispositions
légales suscitent souvent des discussions autour des comportements des établissements de
crédit et réduit le taux de demande de prêt bancaire en République Démocratique du Congo.
§2. Perspectives pour la protection des consommateurs dans le contrat de prêt bancaire
en droit congolais
pour le financement de ses activités ou de ses besoins quotidiens. Car, la stabilité du système
macroéconomique d’un Etat consiste aussi à mettre en place en faveur des entreprises et
individus les voies et moyens de financement de leurs activités. Ces voies et moyens ouvrent
l’économie d’un Etat au public et rend les fonds plus accessibles aux entreprises et aux
ménages.
Il importe de noter que, l’une des difficultés qui bloquent l’accès au prêt bancaire
c’est aussi le taux d’intérêt fixé par les établissements bancaires et les institutions de
microfinance congolais. Ce taux d’intérêt jugé souvent exorbitant par les entreprises et les
131
TSASA, J.P., op. cit., p. 122.
132
M’bakon G-B., Avatale Tchounga A., et Kamajou F., op. cit., p. 68.
59
ménages fait obstacle à la demande de prêt bancaire par le public et empêche par la suite le
financement des investissements privés tant nationaux qu’étrangers. Un taux d’intérêt justice
et équitable ouvre la porte des financements et rend les services financiers le secours des
investissements tant publics que privés. Mais, un taux injuste et inéquitable ne permet pas le
bon financement des investissements nationaux et internationaux dans un Etat. Telle est la
raison qui pousse à soutenir l’institution d’un taux d’intérêt légal afin de permettre à ce que
les établissements bancaires et les institutions de microfinance puissent se soumettre à la
volonté des pouvoirs en matière de l’octroi crédit.
133
Propos tenu par le Ministre des finances congolais dans la conference international du FMI, 2022, In
Actuatulés.cd.
60
134
T. MWABA KAZADI, op. cit., p. 26.
135
Art. 34 al. 1er, Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée par la loi n°11/002 du 20 janvier 2011
portant révision de certains articles de la Constitution du 18 février 2006, JORDC, numéro spécial, 52 ième année,
5 février 2011.
61
L’organisation de ces mesures par voie légale ou réglementaire n’a pour intérêt que pouvoir
garantir aux consommateurs du prêt bancaire des dispositions légales et/ou réglementaires se
rapportant à la protection des demandeurs de crédits dans le cadre de la procédure, de la
fixation du taux d’intérêt et des règles en matière de remboursement.
CONCLUSION
à une réglementation qui fixant les conditions dans lesquelles parties peuvent s’entendre pour
aboutir au décaissement des fonds à faveur d’un particulier. Le droit français parait être la
législation la plus claire en matière de la réglementation du prêt bancaire. Le code de
consommation français offre une gamme des dispositions régissant le prêt à la consommation
qui donne des règles relatives à la protection des consommateurs du prêt bancaire.
Enfin, en vue de palier aux obstacles qui menacent le financement des activités
économiques en République Démocratique du Congo, il a paru important de proposer au
législateur ou à l’autorité bancaire congolaise de réglementer les procédures de l’octroi crédit,
63
de fixer par voie réglementaire le taux d’intérêt de référence afin de lutter contre l’exagération
des banques et institutions de microfinance, ainsi que d’imposer la procédure judiciaire dans
le recouvrement des créances bancaires se rapportant au remboursement des crédits. Ces
mesures étant prises et mises en œuvre permettront à l’Etat congolais de pouvoir promouvoir
le financement des activités économiques des grandes, petites et moyennes entreprises, ainsi
que des ménages. Elles faciliteront la croissance économique et créeront le développement
économique tant attendu.
BIBLIOGRAPHIE
I. Textes juridiques
A. Textes juridiques nationaux
1. Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée par la loi n°11/002 du 20 janvier
2011 portant révision de certains articles de la Constitution du 18 février 2006,
JORDC, numéro spécial, 52ième année, 5 février 2011.
2. Décret du 30 juillet 1888 portant sur les contrats et obligations conventionnelles.
3. Loi N°87/010 du 1er août 1987 portant code de la famille telle modifiée et complétée
par la loi N° 16/008 du 15 juillet 2016 modifiant ET complétant la loi N°87-010 du
1er août 1987 portant code de la famille.
4. Loi n°003/2002 du 2 février 2002 relative à l’activité et au contrôle des établissements
de crédit, JORDC, numéro spécial, mai 2002.
5. Loi N° 11/020 du 15 septembre 2011 fixant les règles relatives à l’activité de la
microfinance en République Démocratique du Congo, JO.RDC, numéro spécial,
septembre 2011.
64
II. Doctrine
A. Ouvrages
1. Caudamine G. et Montier J., Banque et marchés financiers, Paris, Economica, 1998.
2. Jérôme Lasserre et Michel Storck, Le crédit aspects juridiques et économiques,
Dalloz, Paris, 2012.
3. KATALA P., Droit des obligations : droit français- droit libanais, perspectives
européennes et internationales, 1ère éd., LGDJ, Paris, 2006.
4. Louis-Ferdinand Cécile, Règlementation de crédit, 1ère Ed., Gallimard, coll. « Folio »,
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5. M’bakon G-B., Avatale Tchounga A., et Kamajou F., « Baisse des taux directeurs et
comportement de l’offre de crédits bancaires au Cameroun : une approche ARDL et
VAR un Européen scientifique journal », vol 11, N°31, 2015.
6. Miskin, Monnaie, Banque et marché financier, éd. Pearson éducation, Paris, 2001.
7. Peletier F., Droit bancaire, 2ème éd., Dalloz, Paris, 2001.
8. Taylor LUBANGA, Précis de droit financier et bancaire, à la recherche d’un cadre
institutionnel et juridique d’une effective marchéisation financière en République
démocratique du Congo, éd. Droit et Société, Kinshasa, 2015.
B. Articles de revue
1. BERNANKE, B.S. et BLINDER, A.S, « Credit, Money, and Aggregate Demand », in
American Economic Review 78.2, 1988.
2. BILLEL, B., « Les déterminants de l’octroi de crédits des banques commerciales en
Algérie » : in Revue Forum d’études et de recherches économiques, volume : 06/N° :
01, 2022.
3. Cécile Erneste, « La protection des consommateurs en matière de crédit », in
Economi-droit, Paris, 2008.
4. Cecile Kharoubi et Philippe Thomas, « Analyse du risque de crédit : banque et
marchés », in Revue Banque, Paris, 2016.
5. Cécile SELLIER, « La loi sur le crédit à la consommation : la protection de la clientèle
au cœur de la prévention et du contrôle bancaire et assurentiel », in DCPC, Paris,
2008.
65
1. Cour de cass. française, 1ère chambre civile, 8 avril 2010, pourvoi n° 09-10977, BICC
n° 727 du 15 septembre 2010.
2. Cour de cass. française, 1ère chambre civile, 9 février 2012, pourvoi n° 10-27785,
BICC n° 762 du 15 mai 2012.
F. Autres documents
A. Définition.................................................................................................................................15
I. Prêt..........................................................................................................................................15
II. Prêt bancaire.......................................................................................................................16
B. Historique de prêt bancaire...................................................................................................18
I. Genèse du prêt bancaire.........................................................................................................18
II. Extension du prêt bancaire dans le monde.......................................................................19
§2. Typologie et caractéristiques de prêt bancaire.......................................................................20
A. Typologie des prêts bancaires................................................................................................20
I. Classification selon la durée...................................................................................................20
II. Classification selon la destination......................................................................................21
B. Caractéristiques de prêt bancaire.........................................................................................22
I. Prêt bancaire comme moyen de financement des investissements......................................22
II. Prêt bancaire comme moyen de protection des investissements.....................................23
Section II : Réglementation de prêt bancaire en droit moderne.................................................24
§1. Formation du contrat de prêt bancaire...................................................................................24
A. Parties au contrat de prêt bancaire.......................................................................................24
I. Prêteur.....................................................................................................................................24
II. Emprunteur........................................................................................................................26
B. Conditions de formation du contrat de prêt bancaire.........................................................26
I. Conditions générales de prêt bancaire..................................................................................27
II. Conditions spécifiques au contrat de prêt bancaire.........................................................31
§2. Exécution du contrat de prêt bancaire....................................................................................36
A. Droits et obligations du prêteur.............................................................................................36
I. Droits du prêteur....................................................................................................................36
II. Obligations du prêteur.......................................................................................................38
B. Droits et obligations de l’emprunteur...................................................................................40
I. Droits de l’emprunteur..........................................................................................................40
II. Obligations de l’emprunteur..............................................................................................42
CHAPITRE II : PROTECTION DES CONSOMMATEURS DU PRET BANCAIRE EN DROIT
CONGOLAIS : SECURITE OU VULNERABILITE.....................................................................44
Section I : Système de protection des consommateurs du prêt bancaire en droit congolais.....44
§1. Règles de l’octroi prêt bancaire en République Démocratique du Congo............................44
A. Procédure de l’obtention de prêts bancaires........................................................................45
I. Dépôt de la demande auprès des organes et services bancaires..........................................45
69
L'emprunteur a le droit de recevoir les fonds et de les utiliser personnellement. La réception peut se faire par transfert bancaire, et la mise à disposition doit être notifiée par le prêteur. L'emprunteur a également le droit à une jouissance paisible des fonds prêtés sans interférence du prêteur jusqu'à la date d'échéance convenue .
Les autorités bancaires pourraient imposer un taux d'intérêt légal obligatoire pour contraindre tous les établissements de crédit à respecter un seuil fixé. Cela inclurait coopératives et institutions financières afin de prévenir les exagérations tarifaires. Elles pourraient également mettre en place un cadre légal assurant une meilleure protection des consommateurs .
Le législateur congolais n'a pas adopté un code de consommation spécifique car la protection des consommateurs est répartie à travers différents textes juridiques épars. Les réformes sectorielles semblent prioriser des dispositions propres et des mécanismes spécifiques pour chaque secteur, justifiant ainsi l'absence d'un code unifié .
Le principal défi est que, malgré la réduction du taux directeur de la Banque Centrale, les taux d'intérêt en RDC demeurent très élevés comparativement à ceux de certains États africains où ils sont de 5-8%. Ceci limite l'accès au crédit pour la population congolaise et entrave les investissements nationaux et internationaux .
Les taux d'intérêt élevés pratiqués en RDC dissuadent le financement des investissements tant nationaux qu'internationaux. Un taux d'intérêt juste et équitable pourrait stimuler les financements en rendant les services financiers plus accessibles et attractifs, contrairement à la situation actuelle qui freine l'investissement .
Le droit congolais n'offre pas de protection législative spécifique aux consommateurs de prêts bancaires. Ni la loi de 2002 relative à l'activité des établissements de crédit ni les récentes réformes ne contiennent de dispositions sur la protection des consommateurs. Ceci entraîne une vulnérabilité totale des consommateurs face aux pratiques abusives des intermédiaires financiers, car il n'y a pas de garantie légale ni de procédure de recours .
Le gouvernement congolais a critiqué les établissements de crédit et les institutions de microfinance pour les taux d'intérêt élevés qu'ils appliquent. Malgré la réduction du taux directeur par la Banque Centrale, les banques continuent d'appliquer des taux d'intérêt élevés allant de 24-25% pour les crédits en francs congolais et 15% pour ceux en dollars. Cela montre une forte réticence des banques à réduire leurs taux et à faciliter le financement économique .
En cas de défaillance de l'emprunteur, les garanties réelles ou personnelles qu'il a constituées servent à honorer ses obligations. Cela signifie que si l'emprunteur est insolvable, les biens mis en gage ou hypothéqués seront réalisés pour le paiement complet de l'obligation contractée. Le prêteur peut poursuivre l'emprunteur et faire valoir ses droits jusqu'à satisfaction de l'obligation .
Le prêteur doit permettre à l'emprunteur de bénéficier des fonds sans entrave jusqu'à l'échéance convenue. Cela signifie que le prêteur ne peut pas réclamer retour anticipé des fonds ou affecter leur disponibilité avant la date de remboursement prévue. Cette garantie assure l'emprunteur contre d'éventuels troubles sur son fonds .
Les banques commerciales congolaises adoptent des pratiques agressives telles que le blocage des avoirs, la saisie des comptes et la vente des biens mobiliers et immobiliers pour garantir le paiement des crédits à l'échéance. Ces pratiques nuisent au consommateur car elles ne tiennent pas compte de l’échéance du paiement .