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Mémoire

Le document aborde le prêt bancaire comme un moyen de financement des investissements tout en soulignant les risques et la nécessité de protéger les consommateurs. Il présente une revue de la littérature sur le crédit, ses mécanismes et les défis rencontrés par les consommateurs dans le secteur financier, en particulier en République Démocratique du Congo. Plusieurs auteurs y sont cités pour illustrer les enjeux liés à l'accès au crédit et à la protection des droits des emprunteurs.

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Mémoire

Le document aborde le prêt bancaire comme un moyen de financement des investissements tout en soulignant les risques et la nécessité de protéger les consommateurs. Il présente une revue de la littérature sur le crédit, ses mécanismes et les défis rencontrés par les consommateurs dans le secteur financier, en particulier en République Démocratique du Congo. Plusieurs auteurs y sont cités pour illustrer les enjeux liés à l'accès au crédit et à la protection des droits des emprunteurs.

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i

EPIGRAPHE

« Le prêt est conçu comme un moyen de financement des investissements, mais en même
temps comme une cause d’instabilité de ceux-ci »

Raymond Chabot1

1
« Le crédit », comprendre l’environnement économique, in Chambre de Commerce et de l’Industrie, Paris,
2012, p. 23.
ii

IN MEMORIAM

A mon défunt oncle Jean-Marie KABALA KALONDA et Monsieur Jean-Felix LONGO,


partis trop tôt, trouvez ici l’expression de notre regret.
iii

DEDICACE

A mes très chers parents, Monsieur David MBUYAMBA et Madame Antho TSHOWA,
pour les soutiens moral et financier consentis en ma personne.
Que ce travail vous soit un grand remerciement.
iv

REMERCIEMENTS

Dans ce grand parcours effectué au cours de ce deuxième cycle, nous tenons à


remercier ceux ayant participé quotidiennement et périodiquement dans nos études
universitaires ainsi que ceux ayant soutenu tant matériellement que moralement dans la
réalisation de ces études.

Ainsi, d’abord, nous rendons grâce à Dieu tout puissant pour avoir voulu à ce que
nous soyons comptés dans cette génération et parmi ceux qui ont connu un cursus
universitaire apaisé. Que gloire soit rendue à son fils unique Jésus-Christ qui accepta la
souffrance sur la croix afin de payer nos comptes sur cette terre.

Nous exprimons notre sincère gratitude particulièrement à l’endroit du professeur


Guy-Pascal NGOMA PHANZU pour avoir accepté de diriger ce travail et d’être à tout
moment disponible dans nos adresses et de répondre à nos préoccupations.

A mes grands frères Johnny KALALA, Jojo KALALA, Paty KABALA, ainsi que
ma grande sœur Mimie BILONDA.

A chacun de vous, nous gardons un signe indéniable de reconnaissance.

NDOMBA MBUYAMBA Elysée


v

SIGLES ET ABREVIATIONS

ANAPI : Agence Nationale pour la Promotion des Investissements

Art. : Article

B.C.C. : Banque Centrale du Congo

B.C.D.C. : Banque Commerciale du Congo

BIAC : Banque Internationale pour l’Afrique au Congo

BIAC : Banque Internationale pour l'Afrique au Congo

CADECO : Caisse général d'épargne du Congo

CADEZA : Caisse d'épargne du Zaïre

CEMAC : Communauté économique des États d'Afrique centrale

COOCEC : Coopérative Centrale d’Epargne et de Crédit

COOPEC : Coopérative d’Epargne et de Crédit

Ed. : Edition

FMI : Fonds monétaire international

F.P.C. : Fonds de Promotion de la culture

FPI : Fonds de Promotion pour l'Industrie

J.O.R .D.C. : Journal Officiel de la République Démocratique du Congo

OHADA : Organisation pour Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires

Op. cit. : Opus citatis

p. : Page

R.D.C. : République Démocratique du Congo

U.P.C. : Université Protestante au Congo

UNIKIN : Université de Kinshasa


1

INTRODUCTION

A. Revue de la littérature

Le prêt bancaire est devenu de nos jours une opération courante car il permet de
financer le commerce et les ménages. Son apparition et son évolution ont connu des
interactions selon la réception d’un peuple à l’autre. Mais le problème demeure autour de la
protection des consommateurs. Plusieurs auteurs ont essayé de réfléchir sur la question avant
nous, les uns l’ont abordé dans le sens des opérations bancaires et les autres l’ont fait dans le
sens de la protection générale des consommateurs.

I. Travaux se rapportant au droit financier

Raymond Chabot, dans son article sur le crédit, essaie de donner une idée sur sa
création et son fonctionnement. Selon lui, l’histoire du crédit a suivi la marche de celle du
commerce car, les commerçants qui voulaient rendre leurs activités pérennes ont réfléchi sur
leur financement. Les banques étant directement intéressées de cette idée ont eu envie de
l’organiser en établissant les taux d’intérêt plus ou moins stables afin de se rémunérer de leur
financement. Mais, plus loin les Etats vont s’y intéresser pour instaurer le taux directeur
auquel les établissements bancaires et les institutions de microfinance sont appelés à suivre.
(Raymond Chabot, « Le crédit », comprendre l’environnement économique, in Chambre de
Commerce et de l’Industrie, Paris, 2012, p. 23.)

Jean-François HUSSON, dans son article sur les systèmes de garantie d’accès au
crédit, pense que le crédit constitue de nos jours une manière de protéger l’économie des
grandes, petites et moyennes entreprises. La fixation de l’option entre les crédits à long, à
moyen et à court terme démontre le souci de vouloir rapprocher leur accès aux différents
types des personnes physiques et morales qui en expriment le désir. A la suite de cela, les
Français seront qualifiés comme les premiers bénéficiaires du crédit dans sa diversité dès lors
que les investissements français sont considérés comme les plus stables du monde. (Jean-
François HUSSON, « Les systèmes de garantie d’accès au crédit », in ESMA, Paris, 2019, p.
18.)

G. BAKANDEJA wa MPUNGU, dans son cours des finances publiques, affirme


que la notion de crédit est très vaste. Elle emporte même les emprunts effectués auprès des
organismes non bancaires dans le but de la réalisation d’une activité donnée. C’est ainsi que la
2

loi de finance de l’année qualifie de crédit les allocations budgétaires accordées aux membres
des départements ministériels, aux institutions publiques et privées bénéficiant de la
participation publique ainsi qu’aux services et établissements publics. Mais, l’expression
crédit a plus le sens de moyen financier accordé à une personne physique ou morale avec
clause de remboursement à temps fixe. (G. BAKANDEJA wa MPUNGU, Finances publiques,
Notes de cours, G2 Droit, UCC, 2010-2011, p. 36.)

Gilles Landry ouvrait son article sur les risques de prêt bancaire où il soulignait
que les termes « prêt bancaire » ont été utilisés pour la première fois dans un sens de crise et
de manque de moyens financiers. A ce temps les demandeurs de crédit ont été considérés
comme des pauvres qui font recours aux banques et institutions de microfinance afin de
rechercher la survie à travers l’endettement. De nos jours, le crédit est devenu un moyen de
financement des activités économiques et commerciales, et même les institutions publiques en
font recours pour la réalisation des attentes politiques. (Gilles Landry, « Les risques de prêt
bancaire », in SISCA, Paris, 2015, p. 28.)

Emmanuel Seize, à la suite de plusieurs auteurs, soutient que l’opération de crédit


est caractérisée par la réunion de deux éléments, à savoir le temps et l’argent. Ainsi, pour qu’il
y ait crédit il faut, d’une part, un décalage dans le temps entre la remise de l’argent au
bénéficiaire du crédit et le remboursement de ceci à l’établissement bancaire, d’autre part. Ce
qui veut dire que, comme son expression l’indique, le crédit est tiré de l’idée de confiance
entre les deux parties. Car, c’est la garantie de remboursement qui matérialise la confiance
entre le demandeur de crédit et l’établissement bancaire. (Emmanuel Seize, cité par Taylor
LUBANGA, Précis de droit financier et bancaire, à la recherche d’un cadre institutionnel et
juridique d’une effective marchéisation financière en République démocratique du Congo, éd.
Droit et Société, Kinshasa, 2015, p. 29.)

G. Caudamine et J. Montier, dans leur ouvrage sur la Banque et les Marchés


financiers, démontrent que le prêt bancaire est l’expression de collaboration entre les
établissements bancaires et leurs débiteurs dans le but du financement d’une activité quelle
que soit sa nature. Cette collaboration est cimentée par la confiance que les établissements
bancaires ont sur ces débiteurs étant donné que chacune des parties maîtrise ses devoirs à
l’égard de l’autre. C’est-à-dire les établissements connaissent les droits et avantages accordés
aux demandeurs de crédit et ces derniers connaissent aussi le taux d’intérêt fixé, la durée et les
3

modalités de paiement. (Caudamine G. et Montier J., Banque et marchés financiers, Paris,


Economica, 1998, p. 163.)

F. Peletier, dans son ouvrage de droit bancaire, ajoute que l’activité bancaire
moderne connait aussi la pratique de crédits de campagne qui est une opération qui consiste
pour les entreprises connaissant des forts besoins de trésorerie en raison de leur activité
saisonnière. Ils permettent aux entreprises de faire des approvisionnements saisonniers, suivis
de transformation et de vente pendant toute l’année. Ce type de crédit, bien que ne rencontrant
pas des pratiques récurrentes dans les entreprises, trouve au moins sa pérennisation à travers
certaines d’entre elles qui investissent dans les secteurs spécifiques. (F. Peletier, Droit
bancaire, 2ème éd., Dalloz, Paris, 2001, p. 265.)

Taylor LUBANGA MWAMBI, dans son précis de droit financier et bancaire,


souligne que l’idée de la création de l’activité bancaire est de permettre le financement des
activités économiques à travers les opérations de crédit. Ce qui veut dire que l’activité de
crédit ne constitue pas un service public mais elle participe aussi à la réalisation de l’intérêt
général. Par cette participation à la réalisation de l’intérêt général, l’activité de crédit tend à
mériter une place non négligeable dans les pays en voie de développement pour son caractère
protecteur des investissements. (T. LUBANGA MWAMBI, op. cit., p. 76.)

Jivet NDELA KUBOKOSO., dans son cours de droit financier, affirme que
l’opération de crédit se cristallise de plus en plus dans la vie de la société comme la source
primaire de financement des activités économiques. Mais, un élément délicat consiste dans le
fait que l’institution de crédit détient des créances souvent supérieures au capital de la société
débitrice et que, malgré le poids de présence financière, elle n’a vocation à s’immiscer dans la
gestion de l’entreprise et pourtant, cette immiscion serait au moment où l’on constate que la
société, par ses fautes de gestion, va droit au but. (J. NDELA KUBOKOSO, Droit financier,
Notes cours, UPC, 2011-2012, p. 63.)

Denis Philippe, dans son cours de droit bancaire, fait savoir qu’il existe aussi des
mécanismes de prêt bancaire que les usagers des services bancaires n’arrivent pas souvent à
découvrir. C’est le cas des crédits par signature qui se réalise souvent dans le cadre de
paiement de créance par voie d’un tiers. C’est le cas de cautionnement et de l’aval. Le premier
étant un mécanisme qui consiste en un engagement donné par un établissement bancaire de
payer pour le compte d’un débiteur si celui-ci s’avérait défaillant. Le second est la pratique
4

qui pour une banque de se porter garant du paiement d’une obligation en cas de défaillance du
débiteur. (Denis Philippe, Droit bancaire, Université Paris-Panthéon Sorbonne, 2000-2001, p.
376.)

II. Travaux se rapportant à la protection de consommateurs

L. TSHIYOMBO KALONJI, dans son cours de droit financier et institutions


financières, parlait de prêt bancaire dans le but de démontrer les faiblesses du secteur
financier congolais. Dans une approche analytique, il aborde le système de financement des
activités économiques en République Démocratique du Congo par rapport au système français
qui connait l’existence d’un marché financier réglementé et sécurisé. Il souligne que le secteur
financier congolais doit mettre en place un marché sur lequel les demandeurs de crédit
peuvent rencontrer les différentes offres auprès des opérateurs agréés. (L. TSHIYOMBO
KALONJI, Droit financier et institutions financières, Notes de cours, G3 Droit, UPC, 2019-
2020, p. 78.)

Cécile Ernest, dans son article sur la protection des consommateurs en matière de
crédit, porte son étude sur l’équilibre des droits et avantages entre les parties dans un contrat
de prêt bancaire. Pour lui, les demandeurs de crédit ne bénéficient pas assez des droits
pouvant garantir un équilibre dans un tel contrat, surtout lorsqu’il s’agit des micro-crédits. Or,
ces micro-crédits sont destinés aux petites et moyennes entreprises en vue de leur financement
étant donné qu’elles ne peuvent accéder au système bancaire classique. Le taux d’intérêt
souvent non déterminé, la durée du prêt et les modalités de paiement sont des éléments qui
menacent un tel partenariat. (Cécile Erneste, « La protection des consommateurs en matière
de crédit », in Economi-droit, Paris, 2008, p. 11.)

Roland DIBEKE, dans son article sur la protection des consommateurs de crédit
dans l’économie moderne, insiste sur le fait que les Etats s’intéressent peu de la question de
protection des consommateurs en matière de prêt bancaire sans tenir compte du risque
qu’encourent ces derniers dans leurs rapports avec les établissements bancaires. C’est ainsi
que les demandeurs de crédit subissent des pratiques d’inégalité de la part des établissements
de crédit et surtout des institutions de microfinance. La bonne façon de lutter contre ces
pratiques serait de mettre en place des services chargés de la protection de consommateurs
dans le secteur bancaire. (Roland DIBEKE, « La protection des consommateurs de crédit dans
l’économie moderne », in Revue économique, Kinshasa, 2022, p. 36.)
5

NKWEBE WASSIS, dans son mémoire de Licence sur la protection du


consommateur contre les pratiques concurrentielles abusives en droit congolais : cas des
falsifications des produits, argue que le marché congolais est ouvert à toutes sortes
d’importations mondiales. Ce qui fait à ce qu’il rencontre souvent des produits spécifiques
auxquels la population n’a pas la bonne maitrise de la qualité et de l’état d’utilisation. Ainsi,
plusieurs produits offerts sur le marché congolais souffrent d’un problème de qualité. Ceci
entraine la difficulté pour l’organe de contrôle congolais de découvrir les produits falsifiés
entraine pour conséquence que les consommateurs sont tenus de subir les méfaits de la
consommation desdits produits. (NKWEBE WASSIS, La protection du consommateur contre
les pratiques concurrentielles, abusives en droit : cas des falsifications des produits,
Mémoire de Licence, Faculté de Droit, UNIKIN, 1987, p. 50)

MASAMBA MAKELA Roger, dans son ouvrage droit de la consommation : la


protection des consommateurs en droit zaïrois, enseigne que dans un Etat où les
consommateurs occupent une place faible, le consommateur éduqué doit compter tout sur lui-
même, qui agit en responsable et qui prend conscience du rôle que la société attend de lui
devant le développement rapide des techniques de fraudes et les abus commis par les
commerçants peu scrupuleux. En fait, seule une éducation les amènerait à se comporter en
responsable, à prendre conscience de leurs droits et de leurs forces potentielles, en mesurant
leurs intérêts à ceux des professionnels et finalement à contribuer activement à la lutte contre
les fraudes. (R. MASSAMBA MAKELA, Droit de la Consommation : la protection des
consommateurs en droit zaïrois, CADICEC, Kinshasa, 1986, p. 98)

Philippe LE TAURNEAU, dans son cours de Droit de la consommation, enseigne


que le pharmacien doit informer normalement le client des risques ou du traitement du produit
en vente. De même, doit-il prévenir le patient des précautions à prendre lors d'un traitement.
Enfin, il doit en principe obtenir son consentement avant de réaliser l’administration du
médicament. Ainsi, dans le secteur de denrées alimentaires, les consommateurs doivent
bénéficier aussi du droit à l’information de l’état des produits à consommer avant de s’en
procurer. Ce qui semble être difficile au regard de la compétence matérielle et de l’organe
compétent. (Philippe LE TAURNEAU, Cours de droit de la consommation, Master 1,
Université Paris-Panthéon Sorbonne, 2017-2018, p. 341.)
6

De tout ce qui précède, il y a lieu de retenir que les auteurs ont abordé la question
de la protection de consommateurs dans un cadre général sans pourtant se fixer sur les
questions spéciales que pose ce sujet. C’est ainsi que nous avons préféré aborder ce sujet dans
le cadre du contrat de prêt bancaire en droit congolais : protection ou vulnérabilité de
consommateurs.

B. Etat de la question

La pérennité des activités économiques dans un Etat nécessite la mise en place des
différents services financiers pouvant travailler de concert afin de lutter contre le chômage et
de créer le plein emploi. Cette pérennité est plus soutenue par un secteur financier stable qui
se réalise à travers la création des services financiers concourant à l’émergence économique
de l’Etat. Les services financiers dont question sont les banques, les coopératives d’épargne et
de crédit, les caisses d’épargne, les institutions financières spécialisées et les sociétés
financières. Ils concourent à l’émergence économique de l’Etat à travers le financement des
activités économiques et des ménages en octroyant des prêts bancaires connus à titre de
« crédit »2.

Le crédit est une sorte de prêt accordé par les établissements bancaires afin de
satisfaire au besoin économique d’une entreprise ou d’un individu en cas de crise ou
d’insuffisance des moyens financiers dans le chef du demandeur. Il est une possibilité de
relèvement d’une économie en récession, car il donne à son bénéficiaire des substances
pécuniaires qu’il faut pour créer une activité économique, la relever ou satisfaire aux
différents besoins économiques. La réglementation financière le répartit en trois
compartiments à savoir ; le crédit à long terme, le crédit à moyen terme et le crédit à court
terme. Cette répartition tient compte de la fixation du taux d’intérêt payable par le demandeur
au regard du temps que prendra l’argent de la demande jusqu’à son remboursement3.

Le droit français connait deux textes juridiques qui réglementent les opérations de
crédit. Il s’agit du code de consommation et du code monétaire et financier. Ces deux
instruments juridiques viennent donner les règles juridiques applicables au prêt bancaire
dénommé « crédit » et aux emprunts non bancaires. Le code monétaire et financier fait

2
Taylor LUBANGA, Précis de droit financier et bancaire, à la recherche d’un cadre institutionnel et juridique
d’une effective marchéisation financière en République démocratique du Congo, éd. Droit et Société, Kinshasa,
2015, p. 29.
3
Louis-Ferdinand Cécile, Règlementation de crédit, 1ère Ed., Gallimard, coll. « Folio », Paris, 1985, p. 622.
7

l’analyse des intermédiaires financiers, du marché financier et de ses instruments ; alors que le
code de consommation, lui, porte sur les règles applicables à la vente de sa formation à son
exécution, ainsi que les différents contrats de consommation parmi lesquels le contrat de
crédit et le prêt à la consommation4.

En revanche, le droit congolais ne connait pas de texte juridique qui se rapporte au


crédit ou au prêt à caractère bancaire. Mais, la loi n° 22/069 27 décembre 2022 relative à
l’activité et au contrôle des établissements de crédit fait allusion au crédit lorsqu’elle cite les
opérations de banque qu’exercent lesdits établissements 5. Selon cette loi, constitue une
opération de crédit, tout acte par lequel une personne agissant à titre onéreux met ou promet
de mettre des fonds à la disposition d’une autre personne ou prend, dans l’intérêt de celle-ci,
un engagement par signature tel un aval, un cautionnement ou une garantie 6. Cette définition
s’écarte un peu du sens donné par la loi n° 11/020 du 15 septembre 2011 fixant les règles
relatives à l’activité de la microfinance en République Démocratique du Congo qui définit
l’opération de crédit direct comme l’opération de prêt consenti sans obligation d'épargne
préalable, sous réserve d'un éventuel dépôt de garantie exigé au moment du déblocage de
prêt7. Par contre, l’opération de micro-crédit est définie par la même loi comme tout acte par
lequel une Institution de Microfinance met ou promet de mettre des fonds à la disposition de
la clientèle ainsi que tout acte par lequel elle prend un engagement au profit de sa clientèle par
signature tel un aval, une caution8.

Le contrat de prêt bancaire est l’élément qui matérialise l’opération de crédit dans
une institution bancaire, car il permet aux parties prenantes de manifester leur volonté, de
déterminer son objet et d’en donner une cause. Ce qui permettra de créer un lien juridique
entre parties, de connaitre les droits et obligations de chacune d’elles, ainsi que de déterminer
leurs responsabilités9. Mais, il en reste encore dans ce contrat l’idée de la protection des
demandeurs de crédit au regard des pratiques abusives qu’adoptent les établissements
bancaires et les institutions de microfinance.
4
Dominique Legeais, « Opérations de crédit », in LexisNexis, 2017, p. 400.
5
Art. 1er al. 2ème, Loi n°003/2002 du 2 février 2002 relative à l’activité et au contrôle des établissements de
crédit, JORDC, numéro spécial, mai 2002.
6
Art. 7, Loi n°003/2002 du 2 février 2002 relative à l’activité et au contrôle des établissements de crédit,
JORDC, numéro spécial, mai 2002.
7
Art. 5 point 13, Loi N° 11/020 du 15 septembre 2011 fixant les règles relatives à l’activité de la microfinance en
République Démocratique du Congo, JO.RDC, numéro spécial, septembre 2011.
8
Art. 5 point 14, Loi N° 11/020 du 15 septembre 2011 fixant les règles relatives à l’activité de la microfinance en
République Démocratique du Congo, JO.RDC, numéro spécial, septembre 2011.
9
Cecile Kharoubi et Philippe Thomas, « Analyse du risque de crédit : banque et marchés », in Revue Banque,
Paris, 2016, p. 160.
8

C. Problématique

Certes, il est vrai que le marché financier d’un Etat est un espace de libéralisation
des opérations du secteur bancaire afin de faciliter le financement des activités économiques
de toute nature. Mais, dans un monde où les intérêts s’opposent entre commerçants et
consommateurs, l’idée de l’intervention de l’autorité publique s’avère nécessaire. C’est le cas
du marché de crédit qui connait de nos jours de mouvement transformateur animé par les
intérêts personnels des opérateurs10. En effet, le prêt bancaire tend de plus en plus à devenir
une opération difficilement réalisable dans les pays sous-développés. Car, il connait des
pratiques qui découragent les demandeurs et laissent le secteur économique privé dans le
chaos. Les demandeurs de crédit africains souffrent de nos jours d’un problème de
financement dû à la diminution de la liquidité financière résultant des précédentes crises
financières11.

La nécessité de la protection des consommateurs de prêt bancaire n’est pas à


démontrer dans l’univers où les opérateurs bancaires sont devenus des chercheurs de leurs
intérêts personnels sans vouloir veiller au respect de l’équilibre du marché. C’est ce qui
amène de nos jours un total déséquilibre entre ceux-ci et les consommateurs de prêt bancaire
sur le marché financier. Car, plusieurs abus sont décriés allant de la pratique de taux d’intérêt
excessif, passant par l’établissement des conditions et procédures très lourdes jusqu’aux délais
des échéances qui mettent en mal le remboursement. Souvent les établissements bancaires et
les institutions de microfinance exigent des garanties qui dépassent la capacité financière des
demandeurs de crédit. Ce qui bloque le marché de crédit à s’ouvrir aux entrepreneurs de tous
les horizons12.

En République Démocratique du Congo, les consommateurs des prêts bancaires


font de nos jours l’objet de plusieurs menaces venant des établissements de crédit et des
institutions de microfinance. Le gouvernement congolais a formulé des critiques à
l’Association Congolaise des Banques sur la pratique de taux d’intérêt débiteur appliqué sur
les crédits octroyés aux clients. En effet, la Banque Centrale a réduit son taux directeur de
70% en 2009 à 4% à ce jour en vue d’inciter les banques commerciales à réduire leurs taux
d’intérêt débiteurs. Mais, jusque-là ces banques continuent à appliquer des taux d’intérêt jugés

10
Jérôme Lasserre et Michel Storck, Le crédit aspects juridiques et économiques, Dalloz, Paris, 2012, p. 210.
11
E. KANZA MULONGO, Le financement des activités économiques dans le pays sous-développés, cas de la
République Démocratique du Congo, Mémoire, L2 FASE, UPC, 2012-2013, p. 26.
12
Jérôme Lasserre et Michel Storck, op. cit., p. 213.
9

trop élevés, soit 24-25% pour les crédits octroyés en francs congolais et 15% pour ceux
octroyés en dollars. Il se constate une forte réticence à l’égard des banques commerciales qui
n’arrivent pas à faciliter le système de financement économique13.

En outre, en ce qui concerne les garanties demandées et les mécanismes de


recouvrement des créances à l’égard des débiteurs des prêts bancaires, les banques
commerciales et les institutions de microfinance ont adopté des pratiques qui nuisent aux
consommateurs desdits prêts. En effet, une pratique récurremment adoptée par les banques
commerciales congolaises qui permet le blocage de tous les avoirs du débiteur détenus par la
banque créancière avant l’arrivée de l’échéance. Cette pratique a pour but de garantir le
paiement de crédit obtenu au jour de l’échéance. De même, les établissements bancaires
congolais tels qu’AccessBank vide les comptes de ses clients après avoir contracté crédit, la
Rawbank saisit les avoirs des Sociétés minières congolaises à l’arrivée de l’échéance du crédit
contracté, et les institutions de microfinance dont la Finca poursuit en vente les biens
mobiliers et immobiliers des débiteurs de micro-crédit après dépassement de m’échéance 14.

De ce qui précède, il y a lieu de tenter de résoudre les difficultés trouvées dans


cette étude en essayant de répondre aux questions suivantes :

- Quel est le mécanisme de protection que le législateur congolais met à la disposition


des consommateurs de prêt bancaire en droit congolais ?
- Peut-on considérer une protection ou vulnérabilité des consommateurs des prêts
bancaires après les différentes réformes du secteur financier ?

Ces questions constituent le noyau sur lequel la présente étude va s’articuler tout
le long de son développement.

D. Hypothèses de recherche

Il sied de souligne que, le droit congolais ne connait de texte juridique


spécifiquement lié à la protection de consommateurs. Sur ce, la protection des consommateurs
de tous les secteurs d’activités économiques et commerciales est faite à travers les textes
juridiques épars. Cette situation semble justifie le souci de vouloir doter de chaque secteur
économique ou commercial des dispositions propres et des mécanismes spécifiques de

13
Rapport de la Banque centrale du Congo de 2018, p. 47.
14
E. KANZA MULONGO, op. cit., p. 43.
10

protection des consommateurs au regard des difficultés qui s’y trouvent et qui le différencient
des autres secteurs. Ce qui justifie souvent la raison de ne pas adopter un code de
consommation.

Par ailleurs, quant à la protection des consommateurs des prêts bancaires, le droit
bancaire congolais entreprend aucun texte législatif ou réglementaire qui va dans le sens de la
garantie de cette protection. En effet, ni la loi n° 003/2002 du 2 février 2002 relative à
l’activité et au contrôle des établissements de crédit, ni les instructions de la Banque centrale
du Congo relatives aux opérations bancaires ne donne des dispositions se rapportant à la
protection des consommateurs des prêts bancaires. Même le nouveau régime issu de la loi n°
22/069 27 décembre 2022 relative à l’activité et au contrôle des établissements de crédit
adoptée précédemment n’apporte aucune disposition sur la protection des consommateurs des
prêts bancaires. Toutefois, ces derniers peuvent prétendre s’accrocher aux instructions de la
Banque centrale sur la fixation du taux directeur afin de pouvoir déterminer le taux d’intérêt
applicable par les établissements bancaires.

Enfin, l’on peut soutenir que les consommateurs des prêts bancaires sont dans une
situation de l’absence de protection juridique et administrative. Car, le législateur ne leur
accorde aucune garantie légale et aucune procédure de recours en cas de mauvaises pratiques
des opérateurs de crédit. Ce qui permet de constater en aval une totale vulnérabilité à leur
égard face aux pratiques abusives des intermédiaires financiers. Ce qui justifie souvent cette
situation de vulnérabilité est que le législateur congolais n’organise pas comme en droit
français un marché financier pouvant contenir l’ensemble des dispositions relatives à l’octroi
crédit bancaire de toute nature.

E. Choix et intérêt du sujet

Le présent travail est intitulé : « Le contrat de prêt bancaire en droit congolais :


protection ou vulnérabilité de consommateurs », sujet intéressant dans l’ordre juridique
congolais car, ayant pour objet l’étude des opérations de crédit en République démocratique
du Congo, il porte ses enquêtes sur la protection des consommateurs des prêts bancaires dans
le secteur financier congolais. En effet, il est question dans ce travail de démontrer l’existence
ou non des dispositions légales et réglementaires du droit congolais qui visent la protection
des consommateurs.
11

De ce fait, ce travail a un double intérêt, l’un théorique et l’autre pratique, dont


l’analyse suit :

 L’intérêt théorique ; cet intérêt se situe à plusieurs niveaux, notamment dans le respect
des principes juridiques en la matière qui traduisent la révolution des attitudes
humaines sur la façon dont doit être perçu une matière du droit 15. Ainsi, l’intérêt
théorique de ce travail est de faire l’analyse, outre des opérations de crédit effectuées
auprès des différents établissements bancaires, des dispositions légales établies en
droit congolais sur la protection des consommateurs de prêt bancaire ainsi que de leurs
mécanismes de mise en œuvre.
 L’intérêt pratique ; cet intérêt est à trouver dans plupart des cas dans l’imagination des
cas d’application des règles mises en cause et la découverte des solutions apportées
par l’instrument juridique concerné16. Dans le cadre de cette étude, l’élaboration de ce
travail permet de pouvoir constater l’impact de la pratique des opérations de prêt
bancaire afin de découvrir les principes qui les encadrent et, par la suite, les règles qui
organisent la protection des consommateurs dans le secteur financier congolais. En
effet, la protection des consommateurs ne semble pas être visible en droit congolais
surtout dans le secteur financier. Mais, des constats relevés par la doctrine et la
pratique financière congolaise démontrent qu’il y a encore une possible déséquilibre
entre les intermédiaires financiers et les consommateurs de prêt bancaire.

F. Méthodes et techniques utilisées

Les méthodes sont construites comme des procédés par lesquels les chercheurs
adoptent pour aboutir à la réalisation d’un travail de toute nature. Alors que les techniques
sont les moyens utilisés pour élaborer ce travail. De ce fait, il est important d’opérer une nette
séparation entre les méthodes et techniques afin de pouvoir bien réaliser ce travail.

a. Méthodes

Ce travail comprend trois méthodes d’élaboration, à savoir la méthode exégétique,


la méthode sociologique et la méthode comparative.

 La méthode exégétique, il faut noter que cette méthode comprend en son sein
l’ensemble des méthodes telles que la méthode juridique et la méthode analytique. La

15
MWANZO idin’AMINYE Eddy, Cours de méthodologie juridique, 2ième graduat, UNIKIN, 2015, p.50.
16
Ibidem.
12

méthode juridique permet de présenter les textes juridiques en la matière. Ce qui


permettra dans ce travail de faire l’analyse de la loi la loi n° 003/2002 du 2 février
2002 relative à l’activité et au contrôle des établissements de crédit, sa loi de
remplacement dont celle n° 22/069 27 décembre 2022 relative à l’activité et au
contrôle des établissements de crédit, ainsi que les Instructions de la Banque centrale
du Congo relatives aux opérations bancaires. La méthode analytique laisse au
chercheur la possibilité de faire toute critique sur l’instauration des solutions idoines
au problème posé. Ainsi, il sera utile dans ce travail de formuler des critiques sur
l’adoption des règles juridiques relatives à la protection des consommateurs des prêts
bancaires afin de pouvoir palier aux difficultés qui réduisent la passation des
opérations de crédit.
 Méthode sociologique, cette méthode permet de voir l’impact sociologique d’un texte
juridique dans la société à laquelle il est appelé à s’appliquer. Elle est liée à des
analyses sociologiques sur l’application des textes juridiques et leurs conséquences
sur leurs destinataires. Son emploi dans le cadre de cette étude permet de faire une
analyse quantitative et qualitative sur la façon dont les intermédiaires financiers et les
consommateurs de prêt bancaire reçoivent et appliquent les textes juridiques en
matière de crédit bancaire.
 Méthode comparative, la méthode comparative sert à la confrontation des faits au
droit applicable, des textes juridiques distincts afin de permettre la découverte de la
législation favorable aux bénéficiaires ou assujettis. Ainsi, dans ce travail, cette
méthode permettra d’opposer les textes entre eux et, ensuite, opposer le temps et les
circonstances ayant conduit à l’adoption des textes juridiques afin de chercher à
dégager la position du législateur congolais sur l’adoption ou non d’un régime de
protection des consommateurs des prêts bancaires.

b. Techniques

Parmi les techniques utilisables en science juridique, deux techniques semblent


attirer notre attention dans la rédaction de ce travail. Il s’agit de la technique documentaire et
la technique de sondage.

 Technique documentaire, par cette technique il sera utile de collecter la


documentation contenant des éléments susceptibles de faciliter la réalisation du
présent travail. Ce qui permettra de faire l’étude des textes régissant les opérations de
13

prêt bancaire en droit congolais et leurs mesures d’application. A cet effet, la loi
bancaire congolaise et les Instructions de la Banque centrale du Congo seront de
grande importance. De même, les Règlements généraux des opérations de chaque
institution bancaire seront utiles dans l’élaboration de ce travail.
 Technique de sondage, par cette technique il sera important de présenter les cas
pratiques ayant connu les circonstances invoquées dans ce travail. Ce qui permettra de
donner les cas dans lesquels les consommateurs des prêts bancaires congolais ont subi
la surfacturation du taux d’intérêt et ont fait l’objet de pression financière pour le
remboursement après échéance.

G. Délimitation du travail

L’importance de la délimitation n’est pas à démontrer dans la rédaction d’une


œuvre scientifique car, elle permet de fixer son contour d’étude sur objet donné afin d’éviter
de faire une analyse encyclopédique. Ainsi, le présent travail connait une double délimitation,
dont la délimitation temporelle et la délimitation spatiale.

Pour la délimitation temporelle, elle vise à situer le travail à un moment bien


déterminé afin de permettre de le rendre précis. De ce fait, l’analyse de la présente étude
connait sa délimitation 2002 à nos jours étant donné que le secteur financier et bancaire
congolais a connu ses réformes à cette date-là. Il s’agit des réformes réalisées par la loi N°
003/2002 du 2 février 2002 relative à l’activité et au contrôle des établissements de crédit
ainsi que les lois prises postérieurement dont celle portant organisation et fonctionnement de
la Banque centrale du Congo.

Partant de la délimitation spatiale, le présent travail porte son objet d’étude sur
l’ensemble du territoire de la République démocratique du Congo afin de découvrir les
mécanismes de protection des consommateurs de prêt bancaire en droit congolais, même en
l’absence de toute réglementation en la matière.

H. Plan sommaire
14

Hormis l’introduction et la conclusion, ce travail sera présenté dans deux


chapitres, dont le premier est intitulé « Approche analytique sur le contrat de prêt bancaire »,
où sera étudiée la notion de prêt bancaire (Section I) avant de voir sa réglementation en droit
français (Section II).

Le second chapitre portera sur la protection des consommateurs de prêt bancaire


en droit congolais, sécurité ou vulnérabilité, d’où sera analysé préalablement le système de
protection des consommateurs de prêt bancaire en droit congolais (Section I) avant de faire
des constats et perspectives pour la protection des consommateurs en droit congolais (Section
II).
15

CHAPITRE I : APPROCHE ANALYTIQUE SUR LE CONTRAT DE PRET


BANCAIRE

Le prêt bancaire est une pratique généralement reconnue par les professionnels
comme système de financement des investissements et des ménages. Son recours était la
meilleure façon de garantir la pérennité des investissements et la stabilité du secteur
économique d’un Etat. De nos jours, le prêt bancaire est coulé en forme contractuelle afin de
pouvoir y rattacher les droits et obligations des parties, ainsi que leur responsabilité en cas de
violation de leurs obligations17.

Le présent chapitre aborde le contrat de prêt bancaire dans un sens plus


approfondie afin de démontrer l’intérêt de sa réglementation sur le sol des Etats. C’est ainsi
qu’il est utile de voir la notion de prêt bancaire (Section I) avant de voir sa réglementation en
droit moderne (Section II).

Section I : Notion de prêt bancaire

L’étude de la notion de prêt bancaire peut se faire en recherchant sa définition et


son historique avant de voir sa typologie et ses caractéristiques.

§1. Définition et historique de prêt bancaire

La bonne analyse de ce point permet de faire une répartition entre la définition et


l’historique de prêt bancaire.

A. Définition

Dans le souci de donner une bonne compréhension de prêt bancaire, il est utile de
pouvoir définir d’abord le prêt dans un sens propre.

I. Prêt

De manière générale, le prêt est le contrat par lequel une personne remet à une
autre, à titre précaire, un objet du matériel, ou des matériaux, des marchandises, ou une
somme d’argent, à charge de restituer au terme qu’elles conviennent. Il est un acte juridique
qui consiste à transmettre, sans exiger le paiement immédiat, la possession et l’usage d’un
bien tout en conservant sa propriété18. Le caractère gracieux, qui distingue le prêt de la

17
Jean-François HUSSON, op. cit., p. 38.
18
Gilles Landry, op. cit., p. 28
16

location et de la vente, est toujours présumé. Lorsque le terme du prêt n’est ni fixé, ni soumis
à condition, ni interprétable par la nature de la chose prêtée, le prêt est réputé conclu pour la
durée de la vie de l’emprunteur.

Le code civil congolais reconnait trois sortes des prêts, à savoir le prêt à usage ou
le commodat, le prêt à la consommation et le prêt à intérêt. Dans le cadre de prêt à usage,
l’emprunteur doit restituer au préteur la chose qui lui a été empruntée et ce, sans pouvoir en
disposer. Tandis que dans le prêt à la consommation, l’emprunteur doit utiliser la chose
empruntée jusqu’à sa destruction tout en remboursant une chose de même espèce, de même
quantité et de même qualité. Alors que dans le dernier cas, il marche comme dans le système
de prêt bancaire qui permet à un établissement de crédit de mettre à la disposition d’une
personne des fonds, à titre de financement, avec possibilité de remboursement dans
l’échéance convenue.

En droit français, la doctrine a estimé qu’en ce qui concerne le prêt d’argent, la


question qui se pose se rapporte à la preuve dudit prêt. C’est ainsi qu’il est jugé en effet que la
remise d’une somme d’argent ne suffit pas à justifier l’obligation pour la personne qui la
reçoit, de la restituer. En cas de conflit sur la preuve du contrat, le juge du fond doit constater
que la preuve du prêt litigieux est rapportée conformément aux règles qui gouvernent la
preuve des actes juridiques19. Le contrat de prêt est définitivement formé non pas à la date de
la souscription de la reconnaissance de la dette mais à la date de la remise des fonds
empruntés20. Lorsque l’emprunteur ayant souscrit une reconnaissance de dette, excipe de la
non-remise des sommes empruntées, il soulève alors un moyen fondé sur l’absence de cause.
Il s’agit alors de savoir qui, de l’emprunteur ou du préteur, doit prouver le versement des
sommes empruntées.

II. Prêt bancaire

Le prêt bancaire peut être défini comme emprunt qu’un établissement de crédit
propose aux personnes à titre de financement de leurs besoins divers avec possibilité de
remboursement dans le délai convenu. C’est le fait pour un établissement de crédit de mettre à
la disposition du public des fonds à utiliser sans l’obligation de remboursement immédiat,
mais dont le remboursement se fait dans l’échelonnement de temps. Du point de vue du
bénéficiaire, le prêt bancaire désigne l’action de solliciter des fonds en vue des transactions
19
Cour de cass. française, 1 ère chambre civile, 8 avril 2010, pourvoi n° 09-10977, BICC n° 727 du 15 septembre
2010.
20
Cour de cass. française, 1ère chambre civile, 9 février 2012, pourvoi n° 10-27785, BICC n° 762 du 15 mai 2012.
17

importantes avec l’engagement de rembourser les sommes empruntées à plus ou moins long
terme.

On désigne souvent sous l’expression de « crédit » le fait d’obtenir des fonds


auprès d’un établissement de crédit à titre de financement pour la création ou la stabilisation
d’une activité économique ou commerciale. Emmanuel Seize soutient que l’opération de
crédit est caractérisée par la réunion de deux éléments, à savoir le temps et l’argent. Ainsi,
pour qu’il y ait crédit il faut, d’une part, un décalage dans le temps entre la remise de l’argent
au bénéficiaire du crédit et le remboursement de ceci à l’établissement bancaire, d’autre part.
Ce qui veut dire que, comme son expression l’indique, le crédit est tiré de l’idée de confiance
entre les deux parties. Car, c’est la garantie de remboursement qui matérialise la confiance
entre le demandeur de crédit et l’établissement bancaire21.

En droit congolais, le crédit est compris comme tout acte par lequel une personne
agissant à titre onéreux met ou promet de mettre des fonds à la disposition d’une autre
personne ou prend, dans l’intérêt de celle-ci, un engagement par signature tel qu’un aval, un
cautionnement ou une garantie. En outre, sont assimilés à des opérations de crédit, le crédit-
bail et, de manière générale, toute opération de location assortie d’une option d’une option
d’achat22. Dans tous les cas, un prêt bancaire permet d’obtenir assez rapidement des fonds,
que l’on rembourse ensuite progressivement auxquels il faut ajouter des intérêts praticables
par les établissements de crédit en vue de tirer profit de l’opération.

La notion de crédit est très vaste. Elle emporte même les emprunts effectués
auprès des organismes non bancaires dans le but de la réalisation d’une activité donnée. C’est
ainsi que la loi de finance de l’année qualifie de crédit les allocations budgétaires accordées
aux membres des départements ministériels, aux institutions publiques et privées bénéficiant
de la participation publique ainsi qu’aux services et établissements publics 23. Mais,
l’expression crédit a plus le sens de moyen financier accordé à une personne physique ou
morale avec clause de remboursement à temps fixe.

B. Historique de prêt bancaire

21
Emmanuel Seize, cité par Taylor LUBANGA, op. cit., p. 29.
22
Art. 7, Loi N° 003/2002 du 02 février 2002 relative à l’activité et au contrôle des établissements de crédit,
JORDC, numéro spécial, mai 2002.
23
BAKANDEJA wa MPGUNGU G., Cours des finances publiques, G2 Droit, UCC, 2010-2011, p. 36.
18

L’étude de l’historique de prêt bancaire peut se faire en recourant de sa genèse à


son extension dans le monde.

I. Genèse du prêt bancaire

Le prêt bancaire son apparition avec la notion de la banque. Les deux ont pour
origine la ville de Babylone où, dès le II ème millénaire de l’antiquité, les pratiques d’octroi de
financement étaient le recours de tous les hommes d’affaires. Les professionnels d’industrie et
du commerce faisaient recours aux agriculteurs, aux jardiniers, aux pêcheurs, aux éleveurs et
aux producteurs des matières afin d’obtenir le prêt des marchandises qu’ils vendaient pour
leur compte tout en gardant le bénéfice. Avec l’apparition de la monnaie, vers VII ème avant
notre ère, les opérations de prêts ont commencé à se faire avec de l’argent en pièce
métallique. Vers cette époque, pour obtenir du financement il fallait laisser entre les mains du
bailleur des fonds un collier d’or qui garantit le remboursement en cas de défaillance lors de
l’échéance24.

C’est entre les deux capitales de la haute et de la basse Egypte que naquit pour la
première fois les vraies opérations de financement des activités économiques et
commerciales. Les villes de Memphis et de Thèbes ont été les pionnières de plusieurs
opérations financières en raison de leur considération comme les centres des activités
économiques et commerciales de l’antiquité. Les commerçants de partout s’y rendaient pour
ouvrir leurs investissements, surtout ceux qui avaient une réputation internationale.
Cependant, le prêt bancaire prendra son départ vers ce temps lorsque les hommes d’affaires,
pour obtenir du financement, déposaient auprès des institutions financières de l’époque des
colliers d’or à titre de garantie afin de solliciter et d’obtenir des fonds en espèce pour effectuer
une activité donnée25.

Le dépôt d’un objet de valeur était une obligation et une condition qui facilitait
l’octroi crédit auprès desdites institutions car, à la suite de cette remise, ils pouvaient obtenir
des fonds et les utiliser à toute fin sans possibilité de craindre une poursuite judiciaire. La
garantie du collier d’or rendait possible le paiement à l’échéance lorsque l’emprunteur ne
satisfaisait pas à son obligation de remboursement. A la chute de l’Egypte, les centres
commerciaux africains ont connu leur disparition progressivement jusqu’au remplacement par
les nouvelles grandes puissances mondiales ayant colonisé le monde26.
24
Caudamine G. et Montier J., op. cit., p. 163.
25
ITIMELONGO TITI, Cours d’économie monétaire, G3 FASEG, UNIKIN, 2010, p. 13.
26
Miskin, Monnaie, Banque et marché financier, éd. Pearson éducation, Paris, 2001, p. 9.
19

II. Extension du prêt bancaire dans le monde

C’est après une période généralement longue que la pratique de prêt bancaire
connaitra sa renaissance. Soit lors de la révolution française qu’il y aura une nouvelle
naissance de l’histoire de l’économie et la révision des documents historiques d’origine
africaine. La France se présente un premier pays européen à procéder à la réglementation de
prêt bancaire pour une nouvelle fois. Au milieu du XIXè siècle, le grand magasin populaire
français dénommé « Crespin », devenu Dufayel, situé au boulevard Barbès à Paris, spécialiste
dans le commerce des meubles et équipements de travail, va demander crédit auprès d’une
institution financière française dénommée « Société général et le Crédit Lyonnais » afin de
relever son activité ayant connu la chute à la suite des émeutes révolutionnistes qui ont
caractérisé l’année 1789.

En effet, le prêt à intérêt sera ensuite légalisé en France au début du mois


d’octobre 1789 afin de faciliter l’objectif des pouvoirs publics qui est celui de la
reconstruction de l’économie européenne. Le législateur de l’époque va organiser le prêt
bancaire avec un taux d’intérêt légal de 5% pour tous les particuliers. Les bons de crédit sont
utilisés par les Français principalement dans les petits commerces. On recourt aussi à
l’ardoise : le commerçant par le client, qui doit régler sa dette à la fin du mois. A ce temps, les
banques telles que la Société général et le Crédit Lyonnais ont été face à la Deutsche Bank
d’Allemagne et la Barclays Bank de Grande-Bretagne. Ces institutions ont essayé de leur
effort de reconstruire l’Europe à travers les prêts divers qu’elles accordaient aux investisseurs
européens à l’étranger afin de renforcer l’économie régionale du continent27.

Au XXème siècle, les Etats ont essayé de renforcé leur autorité dans le secteur
financier en imposant un contrôle régulier des banques et la délimitation de leurs opérations.
Cela a eu des nécessités lorsque s’était présentée en 1929 la crise boursière 28. Pour se sauver
de cette crise, en 1945, la France nationalise certain nombre des banques et à la suite de cela
sera créée une banque nationale dénommée la « Banque de France ». Vers 1960, le système
de dépôt des garanties afin d’obtenir financement a été éliminé au profit de celui de la tenue
des comptes bancaires. Ce qui multipliera le nombre des clients auprès des banques car, au
lieu de solliciter crédit, il suffisait seulement d’avoir son compte et de faire des opérations de
retrait et de dépôt au sein de celui-ci.
27
KABUYA KALALA, Economie monétaire, Notes de cours, G3 FASE, UPC, 2016-2017, 2001, p. 9.
28
En 1929 il a eu une chute brutale et durable des cours de la bourse, ce qui a amené le Président Roosevelt de
séparer de manière stricte les banques d’affaires (destinées aux grandes entreprises) des banques de dépôts
(pour les particuliers et les petites entreprises).
20

§2. Typologie et caractéristiques de prêt bancaire

L’étude de ce point permet de faire une répartition entre la typologie, d’une part,
et les caractéristiques, de l’autre part.

A. Typologie des prêts bancaires

Le prêt bancaire connait plusieurs classifications. Elles sont souvent liées à la


durée de l’opération ou à la destination des sommes accordées au bénéficiaire.

I. Classification selon la durée

Selon la durée de l’opération de crédit, on peut avoir trois types de crédits,


avoir 29:

- Le crédit à court terme ;


- Le crédit à moyen terme ;
- Le crédit à long terme.

En droit financier, on appelle crédit à court terme, un crédit consenti à un


bénéficiaire dont la durée de remboursement n’excède pas deux ans. C’est souvent le cas des
concours bancaires destinés à faire face aux tensions de trésorerie nées des décalages entre les
dépenses et les recettes. Il est consenti pour financer les actifs circulants (valeurs
d’exploitation, crédits-clients) et les opérations commerciales qui nécessitent l’urgence afin de
l’exercice30.

Le crédit à moyen terme est ce qui est accordé pour une période de
remboursement allant deux à sept ans. Il s’agit de crédit qui repose sur des prêts formalisés
alors que le court terme a tendance à privilégier les ouvertures de crédit. Mais, le crédit à
moyen terme sert souvent dans le cadre des projets d’investissement à longue durée et dont le
bénéficiaire exige un temps relativement long pour son remboursement. La durée moyenne de
ce crédit permet de constater l’intérêt de l’investissement à financer et sa rentabilité sur le
marché afin de permettre une possible cumulation des bénéfices pour rembourser à temps réel
ledit crédit.

Le crédit à long terme est ce dont la durée de remboursement peut aller jusqu’à
trente ans. C’est-à-dire, ce crédit peut être accordé pour une durée allant au-delà de sept ans
29
NDELA KUBOKOSO J., Notes de cours de droit financier, G3 Droit, UPC, 2011-2012, p. 43.
30
Idem, p, p. 44.
21

mais sans dépasser trente ans étant donné que l’octroi crédit prive le propriétaire de fonds
débité le droit de retrouver son argent pendant une période relativement longue.

II. Classification selon la destination

Selon la destination, il y a les différents types de crédits suivants :

1. Les crédits liés et non liés

Les crédits sont liés quand ils ont pour but une opération déterminée. C’est le cas
du financement de l’achat des matériels d’équipement, des outils de bureau et des matériels de
services. Ils sont souvent assortis des sûretés réelles portant sur les biens acquis grâce à eux31.

Ex : L’octroi crédit pour l’achat des biens à crédit (voiture, maison…)

Les crédits non liés sont ceux qui servent aux besoins généraux du bénéficiaire. Ils
peuvent être garantis par des sûretés personnelles, tel que le cautionnement.

Ex : Crédit d’exploitation, prêt personnel.

2. Les crédits des différents postes du bilan

Il s’agit sollicité par une société commerciale en cours d’exercice et qui figure
dans son passif du bilan. Ainsi, le crédit destiné au financement des immobilisations doit être
à long terme, alors que le crédit destiné aux besoins de trésorerie est à court terme (escomptes,
découverts bancaires…)32.

3. Les crédits spécifiques

Les crédits spécifiques sont ceux qui sont accordés pour des opérations bien
spécifiés nécessitant un montage financier adapté. C’est le cas par exemple de crédit à la
consommation, du financement de marchés ou du crédit au commerce extérieur.

B. Caractéristiques de prêt bancaire

Le prêt bancaire revêt plusieurs caractéristiques. Il est un moyen de financement


des investissements et, en même temps, un moyen de protection des investissements.

I. Prêt bancaire comme moyen de financement des investissements

31
T. LUBANGA MWAMBI, op. cit., p. 65.
32
Ibidem.
22

Les investissements privés nationaux et étrangers ont besoin, pour leur


accroissement, des moyens financiers pouvant assurer leur création ou leur établissement.
C’est ainsi que dans plusieurs Etats les banques occupent une place importante surtout en ce
qui concerne l’octroi du financement aux investisseurs. Les investissements de toute nature,
les entreprises de toute taille et les activités commerciales diverses ont besoin de se créer dans
toute la sérénité afin de contribuer au développement de l’Etat. En effet, aucun Etat au monde
ne peut ouvrir son secteur économique sans rechercher la promotion des investissements
privés nationaux de base. Pour promouvoir ces investissements nationaux de base, il faut
faciliter l’obtention de prêt bancaire sur l’ensemble du territoire national 33.

Cependant, le droit moderne réglemente le prêt bancaire afin de permettre la


bonne croissance de l’économie nationale et de rendre stable les activités créées. Pour ce
faire, les différents textes juridiques sont adoptés dans le secteur financier en vue de libérer le
circuit financier qui facilite l’octroi crédit aux investisseurs privés nationaux dans un Etat.
L’Union européenne a mis en place des dispositions réglementaires qui encadrent les
pratiques des banques des Etats membres en ce qui concerne la promotion et la protection des
investissements privés tant nationaux qu’étrangers. Les Etats membres sont aussi venus dans
la même logique en adoptant des textes juridiques au niveau interne pouvant garantir le droit
au crédit et la protection des demandeurs34.

Le droit français définit, à travers le code monétaire et financier, les opérations de


crédit en organisant les procédures au sein de la banque. A cela, une note peut être attribuée
au crédit ou au client parallèlement à la décision de prêter ou non : elle servira dans le suivi du
crédit ou pour des analyses de risque postérieures. Au cours du crédit, le banquier surveille un
certain nombre d’indicateurs de difficultés du client, analyse régulièrement le risque de
défaillance et révise la note afin de prendre des mesures permettant de recouvrer au mieux sa
créance et éventuellement désengager la banque. En fonction du déroulement du crédit, celui-
ci peut prendre fin sans incident avec le remboursement ou finir de façon contentieuse : dans
ce dernier cas, le travail de suivi pourra contribuer à un meilleur recouvrement. Dans une
troisième partie, nous aborderons quelques outils de suivi bancaire du crédit.

II. Prêt bancaire comme moyen de protection des investissements

33
Cécile Erneste, op. cit., p. 12.
34
Idem, p. 13.
23

La protection des investissements est une nécessité dans les Etats modernes étant
donné que toute puissance publique se développe en fonctionne du coût des investissements
qu’elle contient. Les grandes puissances du monde ont pu garder la domination sur les autres
puissances à travers la politique de stabilisation des investissements, surtout ceux privés
nationaux. Les Etats-Unis d’Amérique se présentent de nos jours comme un Etat à système
économique stable à cause de l’explosion des investissements qu’ils connaissent depuis des
siècles. Ceci est aussi le cas de la France, de l’Angleterre, de la Chine, des Emmurâtes-
Arabes-Unis, etc. qui sont aujourd’hui classés par les Etats à système économique stable grâce
à l’accroissement des investissements privés nationaux et étrangers35.

La défaillance des entreprises privées implique que les institutions financières


n’exercent réellement la mission leur dévolue afin de soutenir le développement économique
des Etats. En effet, les banques prêtent difficilement aux établissements commerciaux ne
possédant pas des moyens nécessaires à couvrir leur insolvabilité. Pour leur secours, les Etats
ont créé des services financiers de petite taille capables de leur fournir le moindre
financement en rapport avec leur besoin d’investissement. C’est le cas des institutions de
microfinance qui sont des services financiers créés pour remplir une mission d’assistance
financière aux investissements de petite taille. L’analyse du risque de défaillance vise donc à
déterminer le risque d’occurrence de tels événements : la décision d’octroyer ou non le crédit
sera prise sur la base de cette analyse, au regard de la politique générale de la banque
concernant le risque et mais aussi des aspects commerciaux comme la volonté de conserver
un bon client ou de s’introduire dans un secteur particulier36.

L’élément majeur qui garantit la protection des investissements n’est pas


seulement la réglementation des activités économiques, mais aussi l’organisation des
mécanismes de financement de ceux-ci. C’est ainsi que les institutions financières sont
devenues des catalyseurs du développement économique dans les Etats modernes. Cela
démontre l’importance de la place qu’occupe le mécanisme de prêt bancaire comme moyen de
protection des investissements privés créateurs de la stabilité économique et du plein emploi
dans un Etat. Les Etats soucieux du développement économique et de la croissance des
activités économiques se sont rangés dans le rang des meilleurs législateurs au regard du
besoin pressant que présentent les opérateurs économiques.

Section II : Réglementation de prêt bancaire en droit moderne


35
Louis-Ferdinand Cécile, op. cit., p. 623.
36
Idem, p. 624.
24

La réglementation de prêt bancaire en droit moderne s’analyse de la manière dont


les Etats ont adopté des dispositions légales et réglementaires relatives à l’octroi crédit auprès
des établissements bancaires et autres institutions. La France apparait comme un Etat qui offre
la meilleure législation sur la réglementation du prêt bancaire dans le monde. C’est ainsi
qu’une grande partie des notions exploitées en la matière sont tirées du code français de
consommation et du code monétaire et financier37.

Dans cette section, il importe d’analyser la formation du contrat de prêt bancaire


avant de voir son exécution.

§1. Formation du contrat de prêt bancaire

L’étude de la formation du contrat de prêt bancaire permet d’analyser les parties


audit contrat avant de voir les conditions requises pour sa formation.

A. Parties au contrat de prêt bancaire

Le contrat de prêt bancaire met en relation deux parties, l’une étant le prêteur et
l’autre l’emprunteur.

I. Prêteur

Le mot « prêteur » n’est pas nouveau aussi longtemps que l’opération de prêt ne
l’est pas aussi. Il renvoyait à un commerçant dans l’activité consistait au prêt d’argent aux
individus et aux entreprises en vue de la réalisation d’un besoin social ou professionnel. Le
lexique de droit financier et bancaire comprend ce terme comme le fait de consentir de
l’argent à un demandeur sous condition de remboursement à une échéance déterminée par le
prêteur ou conventionnellement. Jadis, le prêt était une activité réservée aux professionnels et
dont l’accès était réservé seulement aux personnes morales constituées sous la dénomination
bancaire38.

Au sens du code de consommation français, est considérée comme prêteur, toute


personne qui consent les prêts contrats ou crédits visés à l'article L. 311-2. 39 Il s’agit d’un
professionnel constitué selon les règles du code monétaire et financier français soit sous la
forme bancaire ou d’autres établissements de crédit. Le prêteur est celui qui accepte de donner
son argent à une personne physique ou morale en convenant que le remboursement se fera
37
Louis-Ferdinand Cécile, op. cit., p. 54.
38
Gilles Landry, op. cit., p. 320.
39
Art. L311-1, Code de consommation français, JO.R.F., 2022.
25

dans une période donnée. L’opération de prêt bancaire est particulièrement caractérisée par
l’idée de spéculation financière. C’est-à-dire, le prêteur vise d’abord dans cette opération un
intérêt au remboursement qui constitue pour lui un bénéfice40.

Le droit financier et bancaire associe le mot « prêteur » aux institutions


financières et de microfinance généralement admises par un Etat. Mais, la forme la plus
spécifiquement acceptée est celle de banque. De nos jours l’expression a connu une évolution
allant dans le sens des établissements de crédit aux sociétés de financement des
investissements privés. Ce qui revient à dire que même les particuliers sont devenus
aujourd’hui des véritables prêteurs des fonds aux demandeurs de financement.

Il existe plusieurs types organismes prêteurs, dont notamment41:

- Les banques commerciales ;


- Les sociétés de prêt sur salaire ;
- Les sociétés de crédit-bail ;
- Les sociétés de fiducie ;
- Les sociétés émettrices de cartes de crédit ;
- Les sociétés de prêt de prêt sur valeur immobilière ;
- Les sociétés de financement par capitaux propres ;
- Les banques de développement ;
- Les fiducies familiales ;
- Les organismes provinciaux ;
- Les organismes municipaux ;
- Les entreprises de détail ;
- Les entreprises de services publics ;
- Les entreprises d’outillage ;
- Les concessionnaires automobiles ;
- Les fournisseurs commerciaux ;
- Les bailleurs de fonds ; et
- Les particuliers.

40
Gilles Landry, op. cit., p. 321.
41
F. Peletier, op. cit., p. 298.
26

Ces personnes ne peuvent être considérées pour des prêteurs que lorsqu’elles se sont
constituées en personnes morales dans le respect de la réglementation des établissements de
crédit ou des institutions financières autorisées à consentir au public des prêts bancaires.

II. Emprunteur

L’emprunteur est une personne physique ou une entreprise qui sollicite ou reçoit
un prêt auprès d’un établissement chargé de consentir aux particuliers de l’argent. Il est celui
qui prend l’engagement d’un endettement auprès d’un établissement bancaire avec condition
de le rembourser à l’échéance légale ou conventionnelle. Dans un contrat de prêt bancaire,
l’emprunteur est comme la partie qui reçoit de l’argent venant de son prêteur dans le cadre
d’un rapport juridico-économique en vue de satisfaire à un besoin économique ou social et de
rembourser dans les jours à venir42.

Au sens du code de consommation français, on entend par emprunteur, l'autre


partie que le prêteur dans un contrat de prêt 43. Lorsque ce contrat revêt un aspect bancaire,
l’emprunteur revêt la qualité de demandeur de crédit et le prêteur prend la qualité de
l’établissement de crédit. Ce qui fait de lui débiteur du prêteur et lui rend tenu de
l’engagement pris lors de la réalisation de l’opération. La qualification de l’emprunteur tient
du fait que celui-ci obtient un emprunt auprès du prêteur et qu’il s’engage à rembourser avec
ou sans intérêt. Cet emprunt peut porter sur les biens mobiliers corporels ou incorporels, ainsi
que les immeubles à titre de crédit-bail44.

B. Conditions de formation du contrat de prêt bancaire

Le contrat de prêt bancaire connait deux types des conditions dont les unes sont
générales à tous les contrats et les autres sont spécifiques à ce contrat.

I. Conditions générales de prêt bancaire

Les conditions générales du contrat de prêt bancaire sont les mêmes que celles
applicables aux contrats de manière générale. Il s’agit des conditions prévues par le Décret du
30 juillet 1888 portant sur les contrats et obligations conventionnelles dont le consentement,
la capacité, l’objet et la cause45.

42
Gilles Landry, op. cit., p. 325.
43
Art. L311-1, Code de consommation français, JO.R.F., 2022.
44
Gilles Landry, op. cit., p. 326.
45
Art. 8, Décret du 30 juillet 1888 portant sur les contrats et obligations conventionnelles.
27

1. Consentement

Le consentement est l’accord de volonté manifesté par une personne de vouloir


s’engager dans un contrat. Il est le fruit de la naissance de tout contrat et ne doit comporter
aucun vice lors de son échange, car il caractérise la formation du contrat. Il tient une place
particulière dans le système juridique de plusieurs Etats du monde dont le fondement de tout
contrat est basé sur le principe du consensualisme selon lequel. Ce dernier est la norme qui
veut que les parties soient libres de créer leurs relations contractuelles dans la limite des
dispositions d’ordre public et des bonnes mœurs46.

En effet, le droit français use de la condition du consentement en matière de


contrats en vertu du principe de l’autonomie de la volonté. Ce dernier signifie que toute
personne est libre de donner son consentement ou non dans la formation d’un contrat. Ce qui
donne pour conséquence que les parties dans un contrat sont libres d’y mettre l’objet qu’elles
estiment important dans leurs relations, à condition que cet objet soit licite. C’est ainsi que les
parties dans un contrat de prêt bancaire sont libres de donner leur consentement en vue de la
réalisation paisible de leur opération 47. Cela parce que cette condition primaire lie la validité
de tout contrat et, en matière de prêt bancaire, elle n’est obtenue que lorsque le contrat est
conclu sur base de la rencontre des volontés entre le prêteur et l’emprunteur.

Enfin, le prêt bancaire est un contrat comme tout autre contrat qui ne doit contenir
aucun vice de consentent comme l’erreur, le dol, la violence et la lésion ; car, tout contrat
conclu dans ces circonstances est susceptible d’annulation par voie judiciaire. C’est ainsi que
le législateur congolais souligne qu’il n’y a point de consentement valable, si le consentement
n’a été donné que par erreur, ou s’il a été extorqué par violence ou surpris par dol 48. En outre,
la lésion parait aussi comme une des causes entrainant le vice de consentement dans un
contrat de prêt bancaire. Cela parce qu’en matière de crédit, il est interdit de pratiquer les
intérêts excessifs ou qui dépasse la valeur de la somme empruntée, tel contrat est susceptible
de rescision par voie judiciaire. Les sanctions prévues ont pour objet de garantir la bonne
passation des relations juridiques entre parties afin de garantir aussi bien la validité et
l’opposabilité à l’égard des tiers.

2. Capacité

46
KENGE NGOMBA TSHILOMBAYI M-T., Droit civil/Les obligations, G2 Droit, UNIKIN et UPC, 2020-2021, p. 25.
47
AMISI HERADY, Progrès technique de la responsabilité civile, L1 Droit, UNIKIN, 2016-2017, p. 6.
48
Art. 9 al. 1er, Décret du 30 juillet 1888 portant sur les contrats et obligations conventionnelles.
28

La capacité est l’aptitude qu’a une personne d’être sujet des droits et des
obligations. Elle est soit de jouissance et soit d’exercice 49. La capacité est le principe puisque
« Toute personne peut contracter, si elle n’en est pas déclarée incapable par la loi » 50.
L’incapacité se manifeste comme l’exception étant donné qu’il appartient à celui qui invoque
l’incapacité d’un contractant d’en apporter la preuve. Ainsi, le Code civil français précise que
« Sont incapables de contracter, dans la mesure définie par la loi : les mineurs non
émancipés ; les majeurs protégés au sens de l’article 488 du présent Code » 51. C’est en
quelques sortes ce que la loi congolaise N°87-010 du 1 er août 1987 portant code de la famille
telle que modifiée et complétée à ce jour préconise quant à la détention de la capacité
juridique. Car, il est de principe que toute personne jouit des droits civils depuis sa conception
et toute personne capable peut exercer ses droits civils conformément à la loi et à la coutume,
sauf les exceptions établies par la loi52.

Cependant, bien que toute personne bénéficie de la capacité d’exercice énoncée


ci-haut, cette dernière ne donne la capacité de contracter qu’aux personnes ayant atteint un
âge légal et dont les facultés mentales ne se trouvent pas dans l’anomalie ou en état de
faiblesse très avancée53. Cela a pour intérêt de protéger les personnes se trouvant dans ces
conditions dans le commerce juridique afin d’éviter tout abus à leur égard. De ce fait, il en
résulte que ne peuvent passer l’opération de prêt bancaire que des personnes réputées «
capables de s’obliger ». Car, le contrat de prêt bancaire passé par des personnes incapables ou
entre une personne capable et un incapable ne peut produire aucun effet juridique, sauf s’il est
passé dans les conditions prévues par loi54.

Toutefois, en ce qui concerne les personnes morales se trouvant dans une


opération de prêt bancaire, la capacité juridique s’acquiert à travers l’acquisition de la
personnalité morale en tant que société commerciale ou établissement commercial légalement
constitué. La capacité juridique d’une personne morale n’est pas à confondre avec celle de ses
dirigeants étant donné que, la personne morale est constituée en dehors de toute considération

49
P. KATALA, Droit des obligations : droit français- droit libanais, perspectives européennes et internationales,
1ère éd., LGDJ, Paris, 2006, p. 102.
50
Art. 1123, Code civil français.
51
Art. 1124, Code civil français.
52
Art. 211 et 212, Loi N°87/010 du 1 er août 1987 portant code de la famille telle modifiée et complétée par la
loi N° 16/008 du 15 juillet 2016 modifiant ET complétant la loi N°87-010 du 1er août 1987 portant code de la
famille.
53
Art. 23, Décret du 30 juillet 1888 relatif aux contrats et aux obligations conventionnelles.
54
Art. 215, Loi N°87/010 du 1er août 1987 portant code de la famille telle modifiée et complétée par la loi N°
16/008 du 15 juillet 2016 modifiant et complétant la loi N°87-010 du 1er août 1987 portant code de la famille.
29

des personnes qui la créent. Ainsi, en vertu de la personnalité morale détenue par une
entreprise ou une société commerciale, l’établissement de crédit et le demandeur de crédit
peuvent effectuer une opération de prêt bancaire sans exiger de l’autre la preuve de la capacité
juridique dès lors que les actes constitutifs prouvent avoir affranchi toutes les conditions de
création de société commerciale ou d’établissement commercial. Mais, à défaut de la
personnalité morale, le prêt bancaire passé par une association des personnes ou un
établissement individuel est considérée comme passée par des personnes physiques qui la
constituent55.

3. Objet

KENGE NGOMBA TSHILOMBAYI Marie-Thérèse souligne que l’objet du


contrat c’est l’exécution d’une obligation donnée, qui peut être de donner, de faire ou de ne
pas faire. Mais, l’objet de l’obligation est la prestation due par les parties, celle que l’une doit
pour l’autre réciproquement. Cet objet doit être licite, déterminé ou déterminable en vue de ne
pas faire des contrats des choses qui n’existent pas ou non susceptibles de possession à titre
individuel. Néanmoins, les choses futures peuvent être l’objet d’une obligation étant donné
que leur existence est certaine dans le cadre de l’achat ou de fabrication, mais les contrats
portant sur les choses non appropriables sont nuls56.

Le Code civil français souligne que, pour la validité d’une convention « un objet
certain qui forme la matière de l’engagement » 57. Mais, malgré son caractère apparemment «
rigide et paisible », l’objet est une matière complexe que la terminologie imprécise des
articles 1126 à 1130 qui lui sont consacrés ne contribuent pas à éclairer, parlant d’« objet du
contrat » ou d’« objet de l’obligation » pour désigner une même réalité. Rigoureusement, un
contrat synallagmatique fait naître deux obligations ayant chacune un objet, la prestation à
fournir : dans la vente, l’objet de l’obligation du vendeur est de livrer la chose, l’objet de
l’obligation de l’acheteur est de payer le prix 58. Tandis que dans les prêts, l’objet de
l’obligation du prêteur est de mettre à la disposition de l’emprunteur la chose demandée, et
l’objet de l’obligation de ce dernier est la restituer à la date convenue.

Ainsi, dans le prêt bancaire l’objet du contrat consiste dans la mise à la disposition
des produits ou services en ligne afin de la vente. Ceci revient à dire que le prêt bancaire est,
55
C. Kuhn, « La mission du fiduciaire », in Dr. et patr., Paris, 2008, p. 52.
56
M-T. KENGE NGOMBA TSHILOMBAYI, op. cit., p. 65.
57
Art. 1108, Code civil français.
58
P. KATALA, op. cit., p. 108.
30

comme tout autre prêt, un acte comportant l’offre de crédit au public afin d’une pollicitation.
L’objet de ce prêt est tout d’abord l’offre qu’elle contient étant donné que c’est elle qui amène
les parties à négocier et à se convenir sur la chose et la valeur de surprise. Cette offre donne
aux parties contractantes des obligations distinctes, chacune selon sa place dans le contrat. Le
prêteur est tenu de mettre à la disposition de l’emprunteur des sommes demandées, et que ce
dernier est tenu d’en rembourser avec les intérêts conventionnels.

4. Cause

La cause est comprise comme la raison qui est à l’origine de passation de tout
contrat. C’est le mobile qui a entrainé l’une des parties à solliciter la prestation de l’autre 59. Le
code civil souligne que toute obligation sans cause, sur une fausse cause ou sur une cause
illicite n’a aucun effet60. La fausseté de la cause réside dans le changement de cause après
exécution de la prestation demandée. C’est le cas de l’achat d’un immeuble pour la cause
d’habitation qui, après l’opération de vente, devient une maison de débauche. Et, l’illicéité de
la cause provient de l’interdiction légale ou conventionnelle d’une activité donnée, alors que
les parties veulent la soumettre dans leur contrat61.

Il faut noter que, en matière de prêt, la fausse cause et la cause illicite sont
interdites étant donné que tout prêt doit porter sur des choses admises dans le commerce et
l’opération doit se faire dans un but licite. Par conséquent, le prêt portant sur le bien d’autrui
est nul à l’égard des parties et des tiers. Et, toute personne intéressée qui rencontre un prêt
avec une telle cause est tenue de la porter devant l’autorité compétente, ou lorsque cette
dernière rencontre un prêt de ce genre, elle est dans l’obligation de la déclarer nulle. De
même, en matière prêt bancaire, tout prêt contracté sans cause ou sur une fausse est nulle et de
nul effet tant à l’égard des parties que des tiers.

Enfin, en vue de garantir la licéité de l’opération de prêt bancaire, tout ce qui n’est
pas dans le commerce ne peut faire l’objet de prêt ni par voie bancaire, ni par voie manuelle
ou électronique. C’est le cas de l’offre de crédit à la banque ou en ligne portant sur la mise à
la disposition du public ou d’un destinataire désigné de l’argent ou des produits à vendre dès
lors que ceux-ci sont des marchandises interdites par des lois et conventions internationales 62.
Ainsi, la mise à circulation de la drogue, la traite des personnes humaines auxquelles on doit
59
AMISI HERADY, op. cit., p. 8.
60
Art. 1131, Code civil français.
61
AMISI HEDARY, op. cit., p. 9.
62
J. NDELA KUBOKOSO, op. cit., p. 96.
31

soumettre en esclavage ou exploiter commercialement ou sexuellement sont interdits de tout


contrat. Tel prêt ne saurait être valable au regard de la loi et des Convention des Nations
Unies sur la traite des humains, l’interdiction des peines ou traitements inhumains ou
dégradants ainsi que celle contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes
de 1988.

II. Conditions spécifiques au contrat de prêt bancaire

Le contrat de prêt bancaire connait des conditions spécifiques telles que la


publicité, l’offre préalable et la constitution de la garantie.

1. Publicité

Le prêt bancaire est un contrat qui ne se conclut pas comme tout autre contrat. Il
nécessite, pour sa formation, la réalisation d’une publicité préalable afin de porter la
connaissance du public l’ouverture de l’offre de crédit. Le code de consommation français
souligne que toute publicité faite, reçue ou perçue en France qui, quel que soit son support,
porte sur l'une des opérations de crédit visées à l'article L. 311-2, doit préciser l'identité du
prêteur, la nature, l'objet et la durée de l'opération proposée ainsi que le coût total et, s'il y a
lieu, le taux effectif global mensuel et annuel du crédit et les perception forfaitaires. De
même, cette publicité précise le montant, en francs, des remboursements par échéance ou, en
cas d'impossibilité, le moyen de le déterminer. Ce montant inclut le coût de l'assurance
lorsque celle-ci est obligatoire pour obtenir le financement et, le cas échéant, le coût des
perceptions forfaitaires. Enfin, la publicité doit indiquer, pour les opérations à durée
déterminée, le nombre d'échéances63.

Il est interdite, hors des lieux de vente, toute publicité comportant la mention
"crédit gratuit" ou proposant un avantage équivalent ou concernant la prise en charge totale ou
partielle des frais de crédit par le vendeur toute publicité portant sur une opération de
financement proposée pour l'acquisition ou la location avec option d'achat d'un bien de
consommation d'une ou plusieurs marques, mais non d'une autre, et d'un taux inférieur au coût
de refinancement pour les mêmes durées, tel que défini par le comité de la réglementation
bancaire ; toute publicité promotionnelle relative aux opérations visées à l'article L. 311-2
proposant une période de franchise de paiement de loyers ou de remboursement des échéances
du crédit supérieure à trois mois64.
63
Art. L311-4, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
64
Art. L311-5, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
32

Toute publicité sur les lieux de vente comportant la mention "crédit gratuit" ou
proposant un avantage équivalent doit indiquer le montant de l'escompte consenti en cas de
paiement comptant65. Lorsqu'une opération de financement comporte une prise en charge
totale ou partielle des frais au sens des articles L. 311-4 à L. 311-6, le vendeur ne peut
demander à l'acheteur à crédit ou au locataire une somme d'argent supérieure au prix le plus
bas effectivement pratiqué pour l'achat au comptant d'un article ou d'une prestation similaire,
dans le même établissement de vente au détail, au cours des trente derniers jours précédant le
début de la publicité ou de l'offre. Le vendeur doit, en outre, proposer un prix pour paiement
comptant inférieur à la somme proposée pour l'achat à crédit ou la location et calculé selon
des modalités fixées par décret66.

2. Offre préalable

Les opérations de crédit visées à l'article L. 311-2 du code de consommation


français sont conclues dans les termes d'une offre préalable, remise en double exemplaire à
l'emprunteur et, éventuellement, en un exemplaire aux cautions. La remise de l'offre oblige le
prêteur à maintenir les conditions qu'elle indique pendant une durée minimale de quinze jours
à compter de son émission67. Lorsqu'il s'agit d'une ouverture de crédit qui, assortie ou non de
l'usage d'une carte de crédit, offre à son bénéficiaire la possibilité de disposer de façon
fractionnée, aux dates de son choix, du montant du crédit consenti, l'offre préalable n'est
obligatoire que pour le contrat initial. Elle précise que la durée du contrat est limitée à un an
renouvelable et que le prêteur devra indiquer, trois mois avant l'échéance, les conditions de
reconduction du contrat. Elle fixe également les modalités du remboursement, qui doit être
échelonné, sauf volonté contraire du débiteur, des sommes restant dues dans le cas où le
débiteur demande à ne plus bénéficier de son ouverture de crédit68.

L'offre préalable mentionne l'identité des parties et, le cas échéant, des cautions ;
elle précise le montant du crédit et éventuellement de ses fractions périodiquement
disponibles, la nature, l'objet et les modalités du contrat, y compris, le cas échéant, les
conditions d'une assurance ainsi que le coût total ventilé du crédit et, s'il y a lieu, son taux
effectif global ainsi que le total des perceptions forfaitaires demandées en sus des intérêts en
ventilant celles correspondant aux frais de dossiers et celles correspondant aux frais par
échéance ; elle rappelle les dispositions des articles L. 311-15 à L. 311-17 et L. 311-32 et, s'il
65
Art. L311-6, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
66
Art. L311-7, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
67
Art. L311-8, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
68
Art. L311-9, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
33

y a lieu, des articles L. 311-20 à L. 311-31, L. 313-13, et reproduit celles de l'article L. 311-37
; enfin, elle indique, le cas échéant, le bien ou la prestation de services financé 69.

Pour les opérations à durée déterminée, l'offre préalable précise en outre pour
chaque échéance, le coût de l'assurance et les perceptions forfaitaires éventuellement
demandées ainsi que l'échelonnement des remboursements ou, en cas d'impossibilité, le
moyen de les déterminer70. Lorsque l'offre préalable est assortie d'une proposition d'assurance,
une notice doit être remise à l'emprunteur, qui comporte les extraits des conditions générales
de l'assurance le concernant, notamment les nom et adresse de l'assureur, la durée, les risques
couverts et ceux qui sont exclus71. L'offre préalable est établie en application des conditions
prévues aux articles précédents selon l'un des modèles types fixés par le comité de
réglementation bancaire, après consultation du Conseil national de la consommation 72.

Aucun vendeur ni prestataire de services ne peut, pour un même bien ou une


même prestation de services, faire signer par un même client une ou plusieurs offres
préalables, visées aux articles L. 311-8 à L. 311-13 et L. 311-15 à L. 311-17, d'un montant
total en capital supérieur à la valeur payable à crédit du bien acheté ou de la prestation de
services fournie. Cette disposition ne s'applique pas aux offres préalables d'ouverture de crédit
permanent définies à l'article L. 311-9.73 Lorsque l'offre préalable ne comporte aucune clause
selon laquelle le prêteur se réserve le droit d'agréer la personne de l'emprunteur, le contrat
devient parfait dès l'acceptation de l'offre préalable par l'emprunteur. Toutefois, l'emprunteur
peut, dans un délai de sept jours à compter de son acceptation de l'offre, revenir sur son
engagement. Pour permettre l'exercice de cette faculté de rétractation, un formulaire
détachable est joint à l'offre préalable. L'exercice par l'emprunteur de sa faculté de rétractation
ne peut donner lieu à enregistrement sur un fichier74.

Lorsque l'offre préalable stipule que le prêteur se réserve le droit d'agréer la


personne de l'emprunteur, le contrat accepté par l'emprunteur ne devient parfait qu'à la double
condition que, dans ce même délai de sept jours, ledit emprunteur n'ait pas usé de la faculté de
rétractation visée à l'article L. 311-15 et que le prêteur ait fait connaître à l'emprunteur sa
décision d'accorder le crédit. L'agrément de la personne de l'emprunteur est réputé refusé si, à

69
Art. L311-10, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
70
Art. L311-11, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
71
Art. L311-12, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
72
Art. L311-13, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
73
Art. L311-14, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
74
Art. L311-15, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
34

l'expiration de ce délai, la décision d'accorder le crédit n'a pas été portée à la connaissance de
l'intéressé. L'agrément de la personne de l'emprunteur parvenu à sa connaissance après
l'expiration de ce délai reste néanmoins valable si celui-ci entend toujours bénéficier du
crédit75.

3. Constitution de la garantie

La garantie bancaire est une condition exigée par une banque ou un organisme
prêteur à l’égard d’une personne qui sollicite un prêt bancaire afin de garantir sa solvabilité.
Elle est l’une des mesures de sécurité bancaire destinée à garantir le remboursement d’un prêt
en cas de défaillance de l’emprunteur. Egalement appelée « caution bancaire », la garantie
bancaire sert à couvrir le risque de perte totale ou partielle auquel est exposé une banque ou
un organisme prêteur. Sur ce, en cas de défaillance de l’emprunteur, qu’il s’agisse d’un
particulier ou d’un professionnel, d’une personne physique ou morale, cette garantie sert à lui
libérer de la poursuite postérieure du prêteur76.

Pour un prêt immobilier, la garantie bancaire vient se substituer à l’assurance de


l’emprunteur dans les cas non systématiquement couverts par ce contrat. Il peut s’agir de perte
d’emploi, de la chute des affaires économiques ou de la réduction du patrimoine. Les
garanties bancaires ont deux sortes, il y a, d’une part, les garanties réelles et, de l’autre part,
les garanties personnelles. Les garanties réelles portent sur le bien objet du financement. Elle
se réalise souvent lorsque le contrat de prêt a porté sur un crédit affecté à l’achat d’un bien
meuble ou immeuble. Elle peut se réaliser par voie d’hypothèque pour les immeubles et de
gage pour les biens meubles. Les garanties réelles peuvent aussi porter sur les actifs détenus
par l’emprunteur tel que le nantissement d’un contrat d’assurance vie ou d’un compte
épargne. La banque est ainsi protégée par un droit de saisie des biens mis sous caution77.

Les garanties personnelles sont celles qui portent sur la fourniture d’une personne
physique ou morale qui accepte de payer en cas de défaillance de l’emprunteur. Elles prennent
la forme d’une caution qui diffère en fonction de la personnalité du garant. De nos jours, il
existe des institutions financières chargées de la garantie des obligations d’autrui avec
possibilité de recours à l’égard de l’emprunteur. Elles sont créées sous la forme des
établissements de crédit et fonctionnent selon la réglementation bancaire et financière 78.

75
Art. L311-16, Code de consommation français, JO.RF., 2022.
76
Cécile Erneste, op. cit., p. 267.
77
Cécile Erneste, op. cit., p. 268.
78
Roland DIBEKE, op. cit., p. 375.
35

Le droit français comprend trois types des sociétés de cautionnement, à savoir79:

- La société de cautionnement ; elle exerce la garantie dans le cas de la caution


du prêteur.
- La mutuelle privée ; elle se charge de la caution mutuelle d’une obligation.
- Personne physique ; elle se charge de la caution personnelle.

Les deux premiers types de garantie sont accordés par des organismes personnes morales
spécialisées dans le cautionnement bancaire, alors que le troisième type est garanti par une
personne physique souvent issue de l’entourage familial ou relationnel de l’emprunteur. Deux
types de cautions peuvent être analysés, il y a la caution simple et la caution solidaire. La
première se réalise avant de pouvoir se retourner contre la caution, l’établissement prêteur
doit avoir vérifié l’insolvabilité de son débiteur défaillant et épuiser toutes les voies de recours
à son encontre. Alors que la caution solidaire, elle, est plus facile et plus rapide à mettre en
œuvre. Dès le premier impayé, le créancier pourra actionner la caution, c’est-à-dire lui
demander le règlement des mensualités dues sans même avoir à vérifier l’insolvabilité de
l’emprunteur.

§2. Exécution du contrat de prêt bancaire

L’exécution du contrat de prêt bancaire passe par des règles juridiques établissant
les droits et obligations du prêteur et de l’emprunteur. C’est ici l’importance d’analyser les
droits et obligations du prêteur avant de voir les droits et obligations de l’emprunteur.

A. Droits et obligations du prêteur

Afin de bien appréhender cette notion, il sied d’analyser les droits du prêteur
séparément de ses obligations.

I. Droits du prêteur

Le prêteur a pour droits l’appréciation de l’emprunteur, l’exigence de la garantie


et la poursuite du remboursement.

1. Appréciation de l’emprunteur

79
Ibidem.
36

Il sied de noter qu’il appartient au prêteur seul le droit d’apprécier l’emprunteur


qui répond à une offre de crédit faite au public. Cela parce que l’offre de crédit s’apparente à
un contrat d’adhésion auquel les demandeurs sont des personnes qui remplissent les
conditions y établies afin d’être agréés. L’offre de crédit est toujours assortie des conditions
spécifiques auxquelles les demandeurs doivent satisfaire afin d’obtenir du crédit auprès d’un
établissement bancaire. Elle peut être assortie des conditions telles que l’exigence d’un niveau
d’investissement visé, la qualité de commerçant dans le chef du demandeur, l’exigence d’un
capital minimum suffisant à compenser le risque d’impayé, la constitution d’une garantie
supérieure ou égale à la somme demandée par l’établissement bancaire concerné 80.

Cependant, le défaut de satisfaire aux exigences du prêteur par le demandeur de


crédit peut lui entrainer le refus d’obtenir crédit étant donné que, l’octroi crédit exige la
confiance entre prêteur et emprunteur. Cette confiance se matérialise par la garantie de la
solvabilité de l’emprunteur81. En droit bancaire, la solvabilité d’une personne est constatée des
diverses manières. Il peut s’agir de la constitution des biens à titre de gage auprès de
l’établissement prêteur, de la constitution d’une hypothèque sur un immeuble ou les
immeubles du demandeur de crédit et sur la fourniture d’une caution qui s’engage à payer en
cas de défaillance du demandeur. Qu’il s’agit de la caution simple ou de la caution solidaire,
l’établissement prêteur trouve satisfaction dès lors qu’il se trouve en face d’un emprunteur qui
lui soumet des garanties réelles ou personnelles suffisantes pour la somme décaissée82.

2. Exigence de la garantie

Il résulte de la législation bancaire et financière que les établissements bancaires


ne peuvent pas prêter des fonds au public sans s’intéresser de la garantie à mettre en leur
faveur. Cela parce que dans une opération bancaire tout risque est possible. L’emprunteur
peut être déclaré défaillant alors que les clients d’une banque attendent le paiement de leur
épargne. Cette défaillance entraine une crise de liquidité qui empêche la banque à honorer ses
engagements à l’égard de ses clients83. Pour satisfaire à leur besoin, elle peut être contrainte à
un emprunt interbancaire afin de satisfaire à sa clientèle et de garder sa confiance à son égard.

80
Cécile SELLIER, « La loi sur le crédit à la consommation : la protection de la clientèle au cœur de la prévention
et du contrôle bancaire et assurentiel », in DCPC, Paris, 2008, p. 35.
81
Idem, p. 375.
82
Roland DIBEKE, op. cit., p. 386.
83
T. LUBANGA MWAMBI, op. cit., p. 55.
37

Et, à force de recourir à tout moment aux emprunts interbancaires, il y a encore le plus grand
risque de blocage du système financier d’un Etat à travers une crise généralisée de liquidité 84.

Cependant, l’exigence de la garantie palie à tous les risques trouvés sur le marché
financier qui peuvent paralyser le fonctionnement normal des institutions financières
nationales. Le législateur français fait de la garantie bancaire une exigence majeure sur
laquelle aucune banque ne peut déroger étant donné que, tout établissement bancaire est tenu
de protéger ses fonds propres et d’obéir aux normes prudentielles de banques. Ces normes
comprennent le respect du seuil fixé pour les opérations bancaires de toute nature, la
protection de fonds propres et l’exigence des garanties réelles ou personnelles dans le chef du
demandeur de crédit avant son octroi 85. Cette position est aussi ce que défend le législateur
congolais qui insiste aux établissements bancaires de mettre en place un système de protection
de l’épargne afin de préserver la confiance qui caractérise tout secteur bancaire 86.

3. Poursuite du remboursement

L’argent fait partie des éléments du patrimoine d’une personne physique ou


morale. Son emprunt entraine le lien juridique entre le prêteur et l’emprunteur étant donné
que, si le premier a mis à disposition de fonds au profit du second, ce dernier est tenu de le
rembourser dans le délai légal ou conventionnel. A défaut de satisfaire à l’obligation de
remboursement qui incombe à l’emprunteur, il ouvre au prêteur la possibilité de poursuite de
son argent par toutes les voies de droit. A cet effet, le prêteur dispose du droit de poursuite de
l’emprunteur qui se traduit par le droit réel qu’il y a entre lui et son argent. Ce droit de suite
lui permet de suivre son argent entre toutes les mains qu’il se trouve étant donné que, le
recouvrement lui des fonds peut se faire par voie judiciaire devant les juridictions
compétentes87.

Il sied de noter que, l’exigence de la garantie en droit bancaire est l’élément qui
assure le paiement d’un emprunt en cas de défaillance de l’emprunteur. Ce qui revient à dire
que l’emprunteur peut se trouver dans le cas d’insolvabilité au jour de l’échéance, les
garanties réelles ou personnelles qu’il avait constitué serviront à répondre de ses obligations 88.
De ce fait, celui qui a la large liberté de poursuivre le paiement d’un droit réel est le titulaire

84
MABI MULUMBA, Les mécanismes de financement des activités économiques, in op. cit., p. 375.
85
S. PIEDELIEVRE, Droit bancaire, éd. PUF, Paris, 2003, p. 273.
86
T. LUBANGA MWAMBI, op. cit., p. 57.
87
S. PIEDELIEVRE, op. cit., p. 274.
88
Idem, p. 275.
38

de ce droit. Et dans le cas d’espèce c’est le prêteur de fonds qui dispose du droit de poursuivre
l’emprunteur pour le paiement de l’argent obtenu à titre de prêt bancaire ; à défaut de
paiement, les biens meubles ou immeubles remis en gage ou en hypothèque seront réalisés
pour le paiement complet de l’obligation contractée. Si les biens mis en gage ou en
hypothèque ne sont pas capables d’éteindre l’obligation contractée, les biens du débiteur
présents et à venir seront des gages pour ses engagements pécuniaires pris89.

II. Obligations du prêteur

Le prêteur est tenu de deux obligations dans un contrat de prêt bancaire. Il s’agit
de la délivrance de la somme et la garantie jouissance paisible.

1. Délivrance de fonds

Par définition, la délivrance est comprise comme le transport de la chose vendue


en la puissance de l’acheteur90. L’idée est donc que le vendeur laisse la chose à la disposition
de l’acquéreur afin qu’il puisse en prendre possession et en retirer le profit que la chose doit
normalement lui procurer. La délivrance est in fine, la remise de la chose vendue et non d’une
autre. Trois éléments essentiels permettent de réaliser l’obligation de délivrance dans le chef
du vendeur. Il s’agit de la remise de la chose à l’acquéreur, cette remise doit porter sur la
chose convenue entre lui et l’acquéreur et cette chose soit conforme à la qualité négociée entre
eux. Le vendeur doit remettre la chose convenue, c’est-à-dire celle conforme aux qualités
négociées entre les parties. Il doit remettre la chose avec ses accessoires, et enfin, il doit
remettre la chose avec ses fruits et non pas avec ses produits. Il ne peut se détourner de cette
obligation au risque de remettre en cause le contrat et d’ouvrir la possibilité de résiliation du
contrat pour inexécution91.

Ainsi, en matière de prêt bancaire, la délivrance de la chose exige la mise à


disposition de l’emprunteur de fonds demandés. Cette délivrance doit être effective et sans
condition afin de déterminer le point de départ de l’engagement contractuel entre les deux
parties. L’effectivité de la délivrance de fonds est reconnue soit au jour l’emprunteur accuse
réception de fonds venant du prêteur, soit au jour où il notifie le prêteur d’avoir reçu les fonds
demandé. A partir de ce jour, il bénéficie de la libre disposition desdits fonds avec possibilité

89
T. LUBANGA MWAMBI, op. cit., p. 58.
90
Art. 281, Décret du 30 juillet 1888 relatif aux contrats et aux obligations conventionnelles.
91
D-C. KOLONGELE EBERANDE, Droit des contrats spéciaux, Notes de cours, L1 Droit, UNIKIN, 2017-2018, p. 18.
39

de les rendre au prêteur en cas d’abandon de son projet ; faute de quoi, il reste tenu de
rembourser à l’échéance avec les intérêts fixés92.

2. Garantie de la jouissance paisible

Le prêteur est tenu envers l’emprunteur l’utilisation paisible de fonds empruntés.


Cette garantie lui sécurise contre tout trouble de jouissance se rapportant à la contestation de
la provenance et de la propriété de fonds. Le Décret du 30 juillet 1888 portant sur les contrats
et obligations conventionnelles dispose : « le bailleur est obligé par la nature du contrat, et
sans qu’il soit besoin d’aucune stipulation particulière de délivrer au premier la chose louée,
d’entretenir cette chose en état de servir à l’usage de pour lequel elle a été louée et d’en faire
jouir paisiblement le preneur pendant la durée du bail. »93. Il en résulte que le prêteur doit non
seulement mettre en faveur de l’emprunteur des moyens sollicités, mais aussi lui garantir une
jouissance paisible pendant toute la durée du bail. Ce qui revient à dire que le prêteur ne peut
réclamer le fonds prêté avant l’arrivée de l’échéance convenue entre lui et l’emprunteur.

Il ne peut mettre aucune entrave dans la délivrance de fonds et ne peut poursuivre


aucun acte passé par l’emprunteur pendant la durée du bail. C’est autrement dire que
l’emprunteur ne doit connaitre aucun obstacle auprès des établissements où il pourrait loger
les fonds loués. Et, à tout moment qu’une contestation apparait sur la propriété de fonds, le
prêteur sera tenu pour garant afin de justifier leur provenance. Toutefois, celui qui offre de
fonds à crédit est tenu de respecter ses engagements envers le public en évitant de vider le
contrat de son obligation principale qui est de garantir une jouissance paisible. Pour ce faire la
garantie du prêt est une obligation de ne pas faire. C’est-à-dire, d’une part, s’abstenir de tout
trouble de droit qui consisterait à revendiquer la propriété de fonds loué ou à contester le droit
transmis lors de la réalisation du prêt. Lorsque le prêteur retient toujours le fonds loué entre
ses mains, l’emprunteur peut solliciter l’annulation ou la résolution du prêt car, en matière de
crédit, donner et retenir ne vaut.

B. Droits et obligations de l’emprunteur

La bonne analyse de ce point permet d’opérer une séparation entre l’étude des
droits de l’emprunteur et de ses obligations.

I. Droits de l’emprunteur

92
J. NDELA KUBOKOSO, op. cit., p. 98.
93
Art. 376, Décret du 30 juillet 1888 relatif aux contrats et aux obligations conventionnelles.
40

L’emprunteur a pour droits la réception de fonds mis par le prêteur, leur utilisation
personnelle et la rétractation.

1. Réception de fonds

L’emprunteur qui a sollicité un prêt bancaire auprès d’un établissement de crédit


bénéficie, outre du droit de la délivrance de fonds sollicités, du droit à la réception desdits
fonds dans son patrimoine. Cette réception peut se faire soit par voie bancaire par le transfert
d’un compte à l’autre ou par le virement de fonds d’une banque à l’autre, soit par la remise
manuelle de fonds entre ses mains 94. Cependant, il résulte des règles relatives à la lutte contre
le blanchiment de capitaux et le financement de terrorisme que les opérations portant sur les
sommes d’argent dont la valeur est égale ou supérieur à dix mille dollars ne peuvent se faire
en dehors de circuit bancaire. Ce qui revient à dire que les banques restent la voie par
excellence de transactions commerciales pour des sommes dont le montant est déterminé 95.

Toutefois, il sied de noter qu’après l’opération de transfert ou de virement


bancaire, l’emprunteur doit être informé de la mise à disposition de fonds en sa faveur par le
prêteur auquel il a fait. Ainsi, deux moments peuvent déterminer la mise à disposition
effective desdits en sa faveur. Il s’agit de la notification faite par le prêteur à l’emprunteur de
la mise à disposition de fonds en sa faveur et de la notification par l’établissement bancaire
récepteur de fonds reçus à l’emprunteur. Ce qui veut dire que, le prêteur peut notifier
l’emprunteur d’avoir mis de fonds en sa faveur auprès d’un établissement bancaire qui lui est
proche, mais la confirmation reste à l’établissement bancaire concerné qui la fait sa
notification. L’absence de notification par le prêteur à l’emprunteur n’entraine qu’aucun effet
étant donné que l’établissement récepteur l’a déjà dès la réception desdits fonds96.

La réception a impact réel sur l’opération de prêt bancaire étant donné qu’elle
permet à l’emprunteur de pouvoir déterminer le cours de l’opération jusqu’à la date réelle de
l’échéance. Sauf, pour les prêts bancaires auxquels l’échéance est fixée par an, les autres types
de prêts à durée mensuelle, cette dernière est comptée sur la base de la date de mise à
disposition de fonds. Ce qui veut dire que l’emprunteur ayant sollicité un prêt de la durée d’un
mois commencera à compter le départ de ce prêt au jour de la mise à disposition de fonds 97.
Le défaut de réception de fonds empêche le prêteur de pouvoir réclamer leur rembourser au

94
J. NDELA KUBOKOSO, op. cit., p. 98.
95
T. LUBANGA MWAMBI, op. cit., p. 60.
96
Roland DIBEKE, op. cit., p. 389.
97
Idem, op. cit., p. 390.
41

moment de l’échéance. Même si les fonds ont été décaissés et logés dans le compte d’une
personne, soit par erreur de virement ou de transfert, l’emprunteur ne sera pas tenu au
remboursement tant que ces fonds ne lui sont pas parvenus. Mais, il peut notifie au prêteur
d’avoir à mettre à sa disposition les fonds demandés dans le délai convenu98.

2. Utilisation personnelle

Le prêt bancaire est une opération qui s’effectue à titre individuel. C’est-à-dire, il
appartient à celui qui le contracte d’en tirer bénéfice soit dans le cadre de ses investissements
ou dans le cadre de ses besoins sociaux. Nul ne peut tirer bénéfice d’un prêt contracté par une
personne sans avoir droit. Cependant, il existe aussi le système de prêts collectifs contractés
par un groupe des personnes ou par une personne pour le compte d’un groupe des personnes.
Ces prêts lient l’ensemble des membres de ce groupe et chacun y répond soit solidairement,
soit à proportion de sa part ; sauf si l’un d’entre eux s’est porté garant de répondre seul pour
l’ensemble de l’obligation99.

En effet, même dans l’hypothèse des prêts collectifs, l’utilisation des sommes
qu’ils comportent est toujours individuelle. Car, seul celui qui est intéressé par lesdits prêts
qui peut en faire usage et non des tierces personnes en dehors du groupe des contractants. Le
prêteur ne peut faire jouir à d’autres personnes les fonds empruntés par une personne et dont
l’ouverture de crédit ne porte pas leurs dénominations. Néanmoins, le contractant d’un prêt
bancaire peut stipuler que ledit prêt est contracté en faveur d’une autre personne, soit pour la
scolarité d’un enfant, les soins médicaux d’une personne, la maternité de sa femme ou l’achat
d’un bien mobilier ou immobilier en faveur d’une personne. Ce prêt, bien que contacté par le
contractant lui-même, comporte des fonds destinés à une autre100.

3. Rétractation

La rétractation est la possibilité accordée à toute personne qui contracte une


obligation ou qui prend un engagement d’y renoncer avant la réalisation de tout acte matériel.
Elle est la voie qui permet au demandeur de crédit d’y renoncer dès lors le prêt sollicité n’est
plus nécessaire au regard soit du coût des besoins du demandeur ou de l’intérêt de son
action101. La rétractation comme voie de renonciation aux engagements pris permet de poser
98
J. NDELA KUBOKOSO, op. cit., p. 100.
99
S. PIEDELIEVRE, op. cit., p. 276.
100
S. PIEDELIEVRE, op. cit., p. 277.
101
M. VASSEUR, Droit et économie bancaires, Les opérations de banque, fasc.1, Les cours du droit, 1987-1988,
p. 86.
42

des actes de manière réfléchie et d’évaluer la valeur de l’engagement pris avant d’en être lié.
Elle appartient à toute personne qui veut s’engager ou qui s’est déjà engagée dans une
opération juridique ou commerciale et annule les effets du contrat signé avec possibilité de
paiement de certaines indemnités compensatoires.

Généralement, l’exercice de la rétractation se fait pour des raisons justes et


fondées. Le rétractant doit, avant de revenir à son engagement, vérifier les conséquences que
son annulation va donner. S’il est arrivé que son cocontractant avait déjà effectué certaines
dépenses pour le déplacement de la chose, il va réparer compenser les dépenses engagées par
celui-ci. Souvent les établissements bancaires n’admettent pas la rétractation en matière de
prêt bancaire afin de rendre sérieuses les opérations bancaires. Car, le fait d’admettre que les
gens reviennent sur les engagements pris à tout moment pourrait fragiliser les engagements
entre une banque et les demandeurs de crédit102.

II. Obligations de l’emprunteur

L’emprunteur dispose d’une obligation spéciale qui est le remboursement de


fonds à l’échéance convenue. Au regard des trois types de crédits étudiés ci-haut, l’on note
que l’échéance d’un prêt bancaire dépend du mode de crédit sollicité par l’emprunteur. Car,
pour celui qui sollicite un crédit à long terme, l’échéance ne sera pas la même à celle du crédit
à moyen ou à court terme. Chacun de ces modes de crédits s’opère de sa manière et
connaissent des échéances différentes l’un de l’autre. Mais, c’est principalement l’échéance
qui ouvre le droit au remboursement, car c’est vraiment en ce moment que la dette devient
exigible au regard de sa durée. Pendant la période avant l’échéance aucun établissement
bancaire ne peut réclamer un certain paiement à l’égard de l’emprunteur 103.

Toutefois, en dehors de la notion de l’échéance, il y a aussi celle du


remboursement avec intérêt. Car, le caractère lucratif et onéreux du prêt bancaire loge dans la
notion de l’intérêt, qui est une valeur excédentelle mise sur un prêt au moment de sa
conclusion par les parties. L’intérêt doit être connu et fixé avant toute conclusion du contrat
de prêt bancaire, car il permet au public d’apprécier sa justesse au regard des sommes à prêter
et de l’échéance fixée. C’est ainsi que le législateur français souligne que la dénomination, la
nature, l’intérêt et l’échéance doivent être connus au moment de publicité afin de rendre
l’opération plus claire et plus ouverte. Nul ne peut annoncer l’intérêt d’un prêt bancaire lors

102
Idem, p. 87.
103
Roland DIBEKE, op. cit., p. 390.
43

de l’échéance au risque de mettre l’emprunteur dans l’impossibilité d’honorer son


engagement. Voilà la raison d’établir le contrat de prêt bancaire par voie écrite afin d’éviter
toute modification ultérieure de ses stipulations par l’une des parties économiquement forte 104.

Enfin, le remboursement étant un droit pour le prêteur et une obligation pour


l’emprunteur, ce dernier ne peut contester ni le montant des sommes empruntées ni l’échéance
fixée dans le prêt. A cet effet, le prêteur dispose d’un droit de mise en demeure à l’emprunteur
afin de lui notifier l’arrivée de l’échéance de l’obligation contractée et de lui demander à
honorer son engagement. Il peut, à défaut de paiement dans le délai, procéder au
recouvrement à l’amiable jusqu’au recouvrement forcé à travers les voies légales prévues
dans différents textes juridiques sur l’exécution des obligations. L’Acte uniforme de
l’OHADA relatif aux procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution donne
les possibilités de recouvrement de créance de toute nature par voie judiciaire.

CHAPITRE II : PROTECTION DES CONSOMMATEURS DU PRET BANCAIRE EN


DROIT CONGOLAIS : SECURITE OU VULNERABILITE

La protection des consommateurs exige la mise en place d’un ensemble des


dispositions légales et réglementaires auxquelles les bénéficiaires peuvent se servir en cas de
réalisation d’un acte de consommation. Ces dispositions se rapportent à la réglementation de
chaque matière étant donné que chacune des activités du secteur économique et commercial
connait une réglementation spécifique. Ainsi, étant donné qu’en République Démocratique du
Congo l’activité bancaire connait une réglementation propre, il est important d’accorder une
protection spécifique aux usagers des services bancaires, surtout en matière de prêt bancaire.

Le présent chapitre peut s’analyser en recourant aux points relatifs au système de


protection des consommateurs du prêt bancaire en droit congolais (Section I) avant de parler
de la sécurité et vulnérabilité des consommateurs du prêt bancaire en droit congolais (Section
II).

104
Ibidem.
44

Section I : Système de protection des consommateurs du prêt bancaire en droit congolais

L’étude du système de protection des consommateurs de prêt bancaire en droit


congolais peut s’analyser en recourant aux règles de prêt bancaire en République
Démocratique du Congo avant de voir les opérateurs de crédit y existant.

§1. Règles de l’octroi prêt bancaire en République Démocratique du Congo

En République Démocratique du Congo, les règles de l’octroi du crédit sont


organisées selon les dispositions de chaque établissement bancaire ou de chaque institution de
microfinance. C’est ainsi que l’on retrouve chaque banque avec ses règles propres sur l’octroi
crédit et les institutions de microfinance aussi mettent en place leurs dispositions propres
établissant les conditions de l’octroi crédit105.

Généralement, les règles de l’octroi du crédit des établissements bancaires et des


institutions de microfinance connaissent une phase de procédure, la constitution des garanties
pour chaque type des prêts bancaires et la fixation du taux d’intérêt.

A. Procédure de l’obtention de prêts bancaires

Dans la procédure de l’obtention de prêts bancaires, il y a d’abord la phase de


dépôt de la demande auprès des organes et services bancaires avant le déblocage des fonds106.

I. Dépôt de la demande auprès des organes et services bancaires

Tout demandeur de prêt bancaire passe par le dépôt de sa demande auprès du


guichet ou du gestionnaire de crédit avant de faire le déblocage des fonds auprès de
l’établissement bancaire107.

1. Guichet ou gestionnaire de crédit en agence

105
Taylor LUBANGA, op. cit., p. 55.
106
ROSENWALD F., « L’influence de la sphère financière sur la sphère réelle : les canaux du crédit », Bulletin de
la Banque de France, 1er trimestre 1995, p. 2341.
107
TSASA, J.P., « Diagnostic de la politique monétaire de la RDC-Approche par l’équilibre général dynamique et
stochastique », in CEPREMAP, Dynare Working paper série, n° 38, 2014, p. 122.
45

Le guichet est un service de réception bancaire qui assure la liaison entre les
membres et la structure. A ce titre, il reçoit toutes les demandes et communications adressées
à la banque afin d’en adresser par la suite aux organes compétent108.

Il a pour principales missions de109:

 fournir les renseignements préliminaires relatifs aux conditions d'accès aux crédits ;
 aider les membres à rédiger les demandes ;
 examiner les demandes reçues afin d'identifier les bons projets ;
 orienter les membres.

Après le dépôt des demandes de prêts bancaires auprès du guichet ou du gestionnaire, elles
sont acheminées par ordre d'arrivée à la Direction générale de l’établissement bancaire
concerné. Le demandeur fera l'effort de repasser pour avoir une idée de l'évolution de son
dossier de crédit auprès dudit établissement bancaire. Entre temps à partir des informations
recueillies et des documents fournis, le réceptionniste établit une fiche de demande de crédits.
Ils prennent leurs dispositions à vue de la réalisation des conditions de crédit, de la signature
du contrat et du déblocage des fonds. Dans certains établissements de crédit, on apprête les
divers documents tels que le contrat, l'échéancier de remboursement ou tableau
d'amortissement et matérialisation des garanties. De même, le service de caisse sera informé
pour la circonstance.

2. Identification personnelle du demandeur

Afin d’obtenir la réception de son dossier, le demandeur de prêt bancaire est tenu
de passer à une phase d’identification lui permettant de soumettre à l’établissement de crédit
ou à l’institution de microfinance les garanties de sa personne. Parmi celles, il y a les
garanties morales et existentielles110.

Pour le demandeur personne physique, le prêteur est tenu de vérifier les éléments
suivants111:
- la bonne moralité ;

108
Idem, p. 123.
109
Ibidem.
110
BERNANKE, B.S. et BLINDER, A.S, « Credit, Money, and Aggregate Demand », in American Economic Review
78.2, 1988, p. 435.
111
Idem, p. 436.
46

- le métier et la justification d'une expérience dans le secteur d'activité


- la disponible, le sérieux, et le respect des engagements.

Ces critères sont valables aussi bien pour le micro-projet que pour les PME/PMI mais pour le
dernier cas, il faut ajouter aussi une existence légale prouvée par les documents sociaux, la
justification au moins d’une comptabilité sommaire (cahier : recettes dépenses par exemple)
et un rapport personnel (30% au moins pour les crédits d'investissement) 112.

Pour le demandeur personne morale, le prêteur évaluera les éléments suivants113:

- La moralité du débiteur, on appréciera son honnêteté, son attachement à l'affaire, sa


réputation ;
- La qualité de ses dirigeants, on évaluera leur expérience, leur facilité d'adaptation face
à l'évolution des techniques et des marchés ;
- La valeur de la production des marchandises : elle dépend de la nature des produits de
leur qualité des débouchées existants et futurs.

L’établissement de crédit devra également juger de l'aptitude du demandeur au


remboursement dans les délais permis. Cette garantie s’analyse des conditions telles qu’un
capital stable et l'existence d'un fond de roulement suffisant. Ces informations sont données
par la fiche de suivi du client conservée dans les archives de l’établissement de crédit
concerné.

II. Déblocage des fonds

Après une dernière vérification des dossiers, et après s'être rassuré que la
formation est faite, le Directeur ou son représentant prodigue les conseils à tous les intéressés
en insistant sur le bon usage des fonds. Le respect des engagements pris, la notion de
solidarité du groupe, la responsabilité des avaliseurs. C'est à la suite de cette étape qu'à lieu
signature du contrat entre les emprunteurs et les avaliseurs, les cautions ou les garants. Il en
est suivi de l’accompagnement des demandeurs à la caisse par le comptable pour les
modalités de déblocage des fonds. Après avoir mis le crédit en place, il faut procéder à la
prise des garanties ; c'est-à-dire le dépôt des signatures et des lettres d'engagements légalisées

112
BILLEL, B., « Les déterminants de l’octroi de crédits des banques commerciales en Algérie » : in Revue Forum
d’études et de recherches économiques, volume : 06/N° : 01, 2022, p.759.
113
Idem, p. 760.
47

pour les avalistes et cautions. Le dépôt du titre foncier ou d'une attestation de propriété ou
encore d'un contrat de mise en hypothèque s'il s'agit d'une garantie réelle114.

Par ailleurs, la mise en place est un fait et le suivie en est un autre. A cet effet, en
matière de prêts bancaires, le recouvrement constitue une préoccupation moyenne et
permanente des établissements de crédit. La Banque Centrale du Congo a mis en place une
Instruction sur la mise à l’index qui consiste à mettre sous suspension des services bancaires
un client qui a obtenu crédit sans le rembourser à la date convenue. Les causes d'impayés sont
parfois du fait que le client se détourne de son obligation envers l’établissement bancaire,
mais cela peut être justifié par la survenance des cas fortuits qui mettent celui-ci à l’abri de
toute poursuite en remboursement. C’est le cas de la survenance des catastrophes naturelles et
des faits involontaires tels que l'incendie, la grève ou le vol115.

Enfin, en matière d’obligation, la mise en demeure est l’élément clé de


l’engagement de la responsabilité et de l’ouverture de toute poursuite. Bien que généralement
les clients ne respectent pas les délais de paiement malgré les pénalités leur appliquées, ils
attendent au-delà du 07 parfois même le 30 du mois pour payer. Le remboursement étant
mensuel.

B. Constitution des garanties

Les garanties sont des éléments clé dans l’obtention de prêt bancaire auprès des
établissements de crédit et des organismes prêteur. Elles servent à garantir le retour des fonds
décaissés par ceux-ci afin de ne pas créer un chaos financier dans leur existence. Les
législateurs modernes ont fait de leur exigence un droit pour les établissements de crédit.
Etant donné que les prêts bancaires portent souvent des sommes exorbitantes, les garanties
fournies suivent une procédure afin de garantir la sincérité de l’opération et la sécurité du
propriétaire du bien mis en garantie. Dans certaines législations, les garanties de prêts
bancaires suivent une double formalité dont celle de l’appréciation de valeur équivalente au
prêt sollicité et celle d’enregistrement auprès d’un établissement compétent. Pour les garanties
personnelles, les établissements bancaires procèdent à l’identification de la physique ou
morale qui s’est constituée caution à l’égard du demandeur de prêt en appréciant son activité,
sa réputation et son patrimoine afin de ne pas tomber sur une caution insolvable116.
114
ROSENWALD F., op. cit., p. 362.
115
BILLEL, B., op. cit., p.759.
116
Taylor LUBANGA, op. cit., p. 64.
48

En droit congolais, les garanties des prêts bancaires sont soumises à l’Acte
uniforme de l’OHADA sur les sûretés. Cet Acte législatif opère une nette différence entre les
sûretés réelles et les sûretés personnelles, les sûretés mobilières et immobilières. Dans le cadre
des sûretés personnelles, elle consacre les dispositions relatives au cautionnement, à la
garantie autonome et la contre-garantie. Ces sûretés sont tenues, pour leur validité, d’être
enregistrées au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier. Cet enregistrement assure
l’intangibilité de la garantie opérée, même si la sûreté n’a pas entrainé la dépossession de la
chose objet de garantie. Généralement, les sûretés personnelles ne peuvent entrainer une
dépossession étant qu’elles portent sur les personnes et non sur les biens. C’est ainsi qu’il est
souvent procédé à un contrôle de personnalité, de moralité et de solvabilité par l’établissement
de crédit prêteur avant de valider le prêt bancaire117.

C. Fixation du taux d’intérêt

Compris comme la rémunération du capital d’un emprunt fait par un établissement


de crédit, le taux d’intérêt est la valeur qu’un prêteur retire sur la somme prêtée à un client ou
un tiers. Exprimé en pourcentage du montant prêté, le taux d’intérêt se fixe en rapport avec le
taux directeur de la Banque Centrale. Ce dernier est un taux fixé par celle-ci afin de
déterminer les marges des opérations quotidiennes des établissements bancaires et des
institutions de microfinance118.

Le taux d’intérêt se calcule sous la formule suivante :

Montant de l’emprunt + durée de remboursement


100

L’intérêt est un revenu qui énumère le service du prêteur en mettant un capital à


disposition de l’emprunteur. Le taux d’intérêt est le rapport entre l’intérêt et le capital prêté.
La pratique regorge plusieurs types de taux d’intérêt, à savoir le taux fixe, le révisable, le taux
fiscal et le taux croissant. Parmi ceux-ci, le plus fréquemment utilisé est le taux fixe qui
fonctionne en rapport avec l’inflation et a un impact sur l’évolution du taux de change. La
fixation du taux d’intérêt est en rapport avec la période pendant laquelle un établissement
bancaire ou une institution de microfinance sera dépossédée de ses moyens financiers. Cette

117
Idem, p. 65.
118
M’bakon G-B., Avatale Tchounga A., et Kamajou F., « Baisse des taux directeurs et comportement de l’offre
de crédits bancaires au Cameroun : une approche ARDL et VAR un Européen scientifique journal », vol 11, N°31,
2015, p. 68.
49

dépossession de fonds entraine pour ceux-ci une réduction du niveau de la liquidité et


empêche généralement leur solvabilité. C’est ainsi que pour compenser cela, l’on recourt à la
pratique de fixation d’un intérêt convenable et raisonnable pour un montant demandé119.

En République Démocratique du Congo, l’Instruction n° 38 aux établissements de


crédit et aux institutions de microfinance relative à la fixation du taux effectif global du 3
janvier 2019 fixe les règles par lesquelles ceux-ci peuvent procéder au calcul des taux
appliqués aux différents emprunts durant toute une année. Le taux effectif global donne la
somme de tous les taux d’intérêt appliqués par un établissement de crédit ou une institution de
microfinance au cours de l’année, afin de calculer les bénéfices des crédits obtenus par l’un
d’entre eux à la fin de cette année. Le taux directeur de la Banque Centrale du Congo est de
2% et les taux débiteurs des banques commerciales varient de 12 à 30% selon les types de
prêts sollicités. Le niveau élevé de ces taux débiteurs est dû à la combinaison de plusieurs
facteurs émanant des marchés et secteurs économiques notamment dans les fondamentaux du
marché de crédits où la demande est loin supérieur du système financier congolais à financer
l’économie120.

§2. Opérateurs crédit existant en République Démocratique du Congo

Le secteur financier congolais connait plusieurs types d’opérateurs de crédit qui se


chargent de l’octroi des prêts bancaires aux personnes physiques et morales en vue de la
réalisation de leurs projets. Parmi ces opérateurs, il y a les établissements de crédit, les
institutions de microfinance et les organismes prêteurs.

A. Etablissements de crédit

Les établissements de crédit sont des intermédiaires financiers qui exercent les
opérations de banque à titre de profession. Ces opérations consistent dans la réception et la
collecte des fonds du public, les opérations de crédit, les opérations de paiement et la gestion
de moyens de paiement. Selon la loi n° 003/2002 du 2 février 2002 relative à l’activité et au
contrôle des établissements de crédit, il existe cinq catégories des établissements de crédit
dont chacune connait une réglementation propre. Ils sont agréés par la Banque Centrale du
Congo qui tient à jour chaque fin de l’année une liste des établissements de crédit selon leurs
catégories.

119
Idem, p. 69.
120
Rapport de la Banque Centrale sur l’exercice de la politique monétaire, 2018, p. 4.
50

Tableau 1 : Liste des banques agréées par la BCC

N° Raison sociale
1 Afriland First Bank Congo Démocratique
2 Advans Banque
3 Banque Commerciale du Congo
4 BGFIBANK
5 Banque Internationale pour l’Afrique au Congo
6 Bank of Africa
7 Solidaire Banque
8 CitiGroup (Citi Bank)
9 EcoBank
10 FBNBANK
11 Raw Bank
12 Sofibanque
13 Standard Bank
14 United Bank for Africa
Source : Rapport annuel de la Banque Centrale du Congo, 2018.

Tableau 2 : Liste des coopératives d’épargne et de crédit agréées par la BCC

N° Raison sociale
1 Coopérative d’Epargne et de Crédit Eglise du Christ au Congo (COOPEC ECC)
2 Mutuelle d’Epargne et de Crédit des Femmes de Kikwit
(MUCREFEKI/COOPEC)
3 Coopérative d’Epargne et de Crédit de l’Union pour le Développement Intégral de
Pay-Kongila (COOPEC UDIPAK)
4 Coopérative d’Epargne et de Crédit de BULUNGU (COOPEC BULUNGU)
5 Mutuelle d’Epargne et de Crédit (MECEC/COOPEC)
6 Coopérative d’Epargne et de Crédit Caisse d’Assistance Mutuelle d’Epargne et de
Crédit INKISI (COOPEC CAMEC INKISI)
7 Coopérative d’Epargne et de Crédit Caisse d’Assistance Mutuelle d’Epargne et de
Crédit MBANZA NGU-NGU (COOPEC CAMEC MBANZA NGU-NGU)
8 Coopérative d’Epargne et de Crédit Caisse d’Assistance Mutuelle d’Epargne et de
Crédit KWILU-NGONGO (COOPEC CAMEC KWILU-NGONGO)
9 Coopérative d’Epargne et de Crédit de la Communauté Evangélique de l’Alliance
51

au Congo à Matadi Mvuadu (COOPEC CEAC MATADI/MVUADU)


10 Coopérative d’Epargne et de Crédit Mbongo za Kinvuka (COOPEC MK)
Source : Rapport annuel de la Banque Centrale du Congo, 2018.

Tableau 3 : Liste des caisses d’épargne agréées par la BCC

N° Raison sociale
1 Caisse d’Epargne du Congo (CADECO)
Source : Rapport annuel de la Banque Centrale du Congo, 2018.

Tableau 4 : Liste des institutions financières spécialisées agréées par la BCC

N° Raison sociale
1 Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI)
2 Société Financière de Développement (SFD)
Source : Rapport annuel de la Banque Centrale du Congo, 2018.

Tableau 5 : Liste des sociétés financières agréées par la BCC

N° Raison sociale
1 Fonds pour l’Inclusion Financière (FIF)
2 Fonds National de Microfinance (FNM)
Source : Rapport annuel de la Banque Centrale du Congo, 2018.

B. Institutions de microfinance

Les institutions de microfinance sont des intermédiaires financiers capables de


recevoir dans leurs services les personnes non admises dans le système bancaire classique.
C’est-à-dire les personnes qui, par leur capacité financière, ne peuvent tenir régulièrement un
compte bancaire. Elles ne sont pas capables de faire la réception ou la collecte des fonds du
public, mais ne peuvent qu’accorder des prêts bancaires aux personnes pour des montants
inférieurs connus à titre de « micro-crédit ».

Il existe deux catégories des institutions de microfinance, à savoir les entreprises


de micro-crédit et les sociétés de microfinance. Les premières sont des institutions de
microfinance qui effectuent des opérations de crédit direct en faveur de leurs clients, sans
52

recourir à la collecte de l’épargne du public. Par contre, les sociétés de microfinance sont des
institutions de microfinance que la loi reconnait le droit d’effectuer les opérations de
microfinance, à savoir la collecte de l’épargne et l’octroi de micro-crédit. Différemment des
entreprises de micro-crédit qui ne peuvent qu’effectuent des opérations de crédit direct. Les
sociétés de microfinance effectuent une sorte de micro-épargne consiste dans la collecte de
l’épargne des petites sommes d’argent allant de 10 à 100 $, selon, la loi n° 11/020 du 15
septembre 2011 fixant les règles relatives à l’activité de la microfinance.

La liste en bas donne leur présentation de manière générale.

Tableau 6: Liste des Institutions de microfinance agréées par la BCC

N° Raison sociale
1 Foundation International Community Assistance (FINCA/RDC)
2 HOPE RDC
3 Life vest
4 Mecrekin
Source : Rapport annuel de la Banque Centrale du Congo, 2018.

Commentaire : Le présent tableau ne donne qu’un échantillon des Institutions de


microfinance dont l’impact a touché l’étendue du territoire de la République Démocratique du
Congo. Cette liste n’est pas exhaustive étant donné que les autres institutions de microfinance
œuvrant dans l’informel se trouvent dans les zones transfrontalières entre la République
Démocratique du Congo et ses voisins et offrent leurs services aux commerçants de ces zones.

Section II : Sécurité et vulnérabilité des consommateurs du prêt bancaire en droit


congolais

Le secteur financier et bancaire congolais connait, depuis le temps jadis, un


abandon des opérateurs par les pouvoirs publics. Le législateur congolais a pris le soin de ne
pouvoir réglementer que l’exercice de l’activité bancaire ainsi que les opérations financières
de grande envergure sans pour autant protéger les opérateurs mis dans une situation de
faiblesse. C’est le cas des demandeurs de prêt bancaire qui restent sous l’emprise d’aucune
protection juridique favorable et connaissent la loi des opérateurs financiers121.

121
T. LUBANGA MWAMBI, op. cit., p. 89.
53

Ainsi, il importe d’étudier la vulnérabilité des consommateurs congolais dans le


contrat de prêt bancaire avant de donner quelques perspectives pour leur protection en la
matière en droit congolais.

§1. Vulnérabilité des consommateurs congolais dans le contrat de prêt bancaire

La vulnérabilité de consommateurs congolais dans le contrat de prêt bancaire peut


se démontrer à travers plusieurs indicateurs dont notamment les obstacles de procédure dans
la demande de prêt bancaire, l’exagération du taux d’intérêt et les pratiques abusives dans le
recouvrement forcé des crédits.

A. Obstacles de procédure dans la demande de prêt bancaire

L’obtention de prêt bancaire auprès des établissements de crédit congolais connait


plusieurs obstacles liés à l’attitude et à la position des demandeurs. Cela parce que les
banques prêtent rarement de l’argent aux personnes physiques ou morales n’ayant pas intégré
le système bancaire classique. C’est-à-dire ceux qui ne détiennent pas des comptes bancaires
et dont la situation financière semble difficultueuse au regard de leurs faibles revenus 122. Sur
ce, le législateur congolais avait mis en place une loi fixant les règles relatives à l’activité de
la microfinance en République Démocratique du Congo afin de pouvoir accorder des micro-
crédits à ces personnes soit pour le besoin des ménages, soit pour le besoin d’investissement.
Mais les procédures et conditions établies pour obtenir du prêt bancaire auprès de ces
établissements restent préoccupantes étant donné que plusieurs personnes restent toujours
exclus du système bancaire et sont dépourvues de la possibilité de pouvoir demander le prêt
auprès des banques et des institutions de microfinance.

Plusieurs raisons sont avancées pour pouvoir justifier ces obstacles. Il y a d’abord
la difficulté qu’ont plusieurs personnes sur l’intégration du système bancaire car, soit 7%
seulement des congolais adultes détiennent et entretiennent régulièrement les comptes
bancaires. La population congolaise affichant un taux de bancarisation faible, ne peut avoir
accès facile au prêt bancaire étant donné que le secteur financier court le risque de manque de
remboursement des fonds prêtés qui peut entrainer par la suite la crise de liquidité. En effet,
soit 1/10 de la population congolaise a accès au système bancaire et le 9% restant constitué
des insolvables et des hommes à faibles revenus ne peuvent bénéficier du financement pour
leurs projets ou besoins généraux auprès des banques et institutions de microfinance. Ainsi,

122
E. KANZA MULONGO, op. cit., p. 42.
54

cette faible bancarisation entraine une demande de crédit largement supérieure à l’offre. Ce
qui permet aux banques et institutions de microfinance d’alourdir en amont les procédures de
demande des prêts bancaires et de fixer des taux d’intérêt élevés pour gérer cette demande
accrue123.

De l’étude des dossiers au décaissement de fonds, les demandeurs de prêt bancaire


rencontrent plusieurs réalités dont notamment l’exigence de la bonne moralité, l’exercice d’un
métier et la justification d'une expérience dans le secteur d'activité, la disponible, le sérieux, et
le respect des engagements sont des conditions personnelles auxquelles un demandeur de prêt
bancaire doit faire preuve au moment de la demande. Ensuite, la fourniture des
renseignements préliminaires relatifs aux conditions d'accès aux crédits, l’examen des
dossiers demandes proprement dit et la demande des garanties réelles sont aussi des
conditions paralysent les individus et sociétés l’accès au prêt bancaire. Ce qui entraine
souvent que plusieurs personnes expriment le souci de pouvoir obtenir un prêt auprès des
banques ou des institutions de microfinance, mais elles sont empêchées par des conditions et
procédures y établies par les établissements de crédit124.

Toutefois, un autre angle est celui d’approche qui réside dans les coûts de
fonctionnement des banques ; car, en République Démocratique du Congo ces coûts incluent
notamment les dépenses liées à l’analyse des dossiers de prêt bancaire sollicité et au
recouvrement de créances. Ces coûts sont souvent plus élevés en raison de l’instabilité
politique et sécuritaire du pays, nécessitant de la sécurité supplémentaire qui se répercutent
sur le taux d’intérêt. Mais, le taux directeur de la Banque centrale joue un rôle majeur dans la
détermination des taux d’intérêt des banques commerciales. Une augmentation du taux
directeur, comme celle observée en 2023, peut entrainer une hausse des taux d’intérêt pour
tous les prêts bancaires à solliciter auprès des banques ou des institutions de microfinance. Ce
qui peut être nécessairement pour contrôler l’inflation, mais peut également rendre l’emprunt
plus couteux pour les consommateurs des prêts bancaires125.

B. Exagération du taux d’intérêt dans le prêt bancaire

En République Démocratique du Congo règne une pratique d’exagération du taux


d’intérêt qui consiste à pratiquer le taux d’intérêt supérieur au taux normalement pratiqué
après le calcul du taux directeur de la Banque centrale. Cette pratique provenant de l’ancien
123
KABUYA KALALA, op. cit., p. 86.
124
NDJIBU KANSANDA F., Rapport de stage effectué à la BCDC, L2 FASE, UPC, 2019-2020, p. 16.
125
NDJIBU KANSANDA F., op. cit., p. 17.
55

système de financement informel dit « Banque Lambert » qui consistait à pratiquer un taux
d’intérêt de 50% sur les montants empruntés d’un commerçant ou d’un fonctionnaire
moyennant la remise d’une garantie telle qu’un chèque ou une carte bancaire 126. Son
application dans les établissements de crédit résulte du fait que seul le créancier a le pouvoir
de fixer le taux d’intérêt remboursable et les modalités de paiement auxquels le débiteur ne
peut que s’en soumettre. Depuis la suppression de la Banque Lambert, le législateur congolais
a mis en place un système de facilitation du financement des ménages et des investissements à
travers les textes juridiques portant organisation et fonctionnement des établissements de
crédit.

Alors que certains pays africains exigent jusqu’à 5% du taux d’intérêt dans
l’octroi de prêt bancaire, les banques commerciales congolaises imposent un taux d’intérêt de
12% et 18% pour les personnes physiques et morales. Depuis 2021, le taux directeur de la
Banque Centrale du Congo se situe à 8,5%. Une situation qui ne facilite pas l’accès au prêt
bancaire tant pour les entreprises que pour les ménages. Malgré les efforts de réduction
apportés par le gouvernement congolais depuis les années précédentes, le taux d’intérêt de
l’octroi du prêt bancaire reste toujours au-dessus de la moyenne voulue par les pouvoirs et la
population. En effet, de 2019 à 2020, soit une réduction de 5 points dans la fixation du taux
directeur. Ce dernier était fixé antérieurement à 10,5% et après des ententes du Comité de
Politique Monétaire de la Banque Centrale, il sera réduit à 8,5%. Cela parce la question de
l’octroi de prêt bancaire est une matière qui relève de la politique du crédit dont la Banque
centrale de chaque Etat détient le pouvoir127.

Les pays africains tels que le Togo, le Tchad et d’autres qui fixent le taux moyen à
8% voire 5% pour les entreprises et pour les particuliers. Il reste paradoxal de voir qu’en
République Démocratique du Congo le taux d’intérêt soit fixé à 12%, 14% voire 18%. Les
banques commerciales congolaises trouvent des raisons pour justifier cette situation par
lesquelles figurent le doing business, l’augmentation du taux directeur et l’instabilité politique
et sécuritaire. Cette dernière cause se justifie par le problème du risque associé à
l’environnement économique et politique de la République Démocratique du Congo dont les
troubles de guerres civiles et les émeutes mettent en difficultés le recouvrement des créances
auprès des entreprises débitrices. Car, l’instabilité politique et sécuritaire du pays ainsi que

126
NGONGO MULAMBA C., La pratique de la “Banque Lambert” à l’épreuve de la paupérisation des agents et
fonctionnaires de l’Etat en République Démocratique du Congo, in URDO-Journal of Business Management,
Kinshasa, 2022, p. 32.
127
Rapport annuel de la Banque Centrale du Congo, 2018, p. 34.
56

l’asymétrie de l’information dans l’analyse des dossiers de prêt bancaire sont autant de
facteurs qui incitent les banques et les institutions de microfinance à appliquer des taux
d’intérêt plus élevés pour compenser ces risques128.

C. Pratiques abusives dans le recouvrement forcé des prêts bancaires

La législation économique et financière des Etats exige aux établissements de


crédit de veiller à la garantie de recouvrement des prêts accordés à leurs clients et au public.
Cette garantie porte souvent sur la remise d’un bien mobilier ou d’un titre portant sur un droit
mobilier ou immeuble, ainsi qu’un droit de créance non échue. Et, au moment de la signature
du contrat, l’établissement de crédit détermine les modalités de paiement des prêts accordés.
Les banques appliquent souvent le système de paiement à deux ou trois tranches pour les prêts
à moyen terme, alors que les prêts à court terme connaissent le système de paiement en une
seule tranche129. Toutefois, en matière de paiement d’obligations, seule le montant de prêt
accordé et la capacité financière du débiteur déterminent les modes de paiement à appliquer
dans un cas comme dans l’autre. Car, le juge peut fixer un mode de paiement mensuel ou
annuel tout en opérant une répartition de la créance dans une périodicité conforme aux
revenus du débiteur.

Cependant, le recouvrement des prêts bancaires connait souvent des pratiques


abusives soutenues par les dispositions issues des Instructions de la Banque Centrale. Les
banques et les institutions de microfinance appliquent abusivement les expressions « garantie
bancaire » et « recouvrement forcé » de manière à faciliter la rentrée des fonds dans leurs
caisses. Et, par cette pratique, elles enfreignent la réglementation relative à l’exécution des
obligations contractuelles et paralysent les investissements nés des prêts accordés aux
entreprises et aux particuliers. En effet, dans le but de la réalisation des sûretés constituées par
les demandeurs de prêts bancaires, les établissements de crédit s’octroient le pouvoir de
procéder à la saisie des biens et à leur vente afin de se faire payer les créances sans tenir
compte des règles juridiques en matière de l’exécution des obligations. Le droit OHADA
organise, à travers l’Acte uniforme relatif aux procédures simplifiées de recouvrement et des
voies d’exécution, organise les procédures dans lesquelles les obligations commerciales
doivent être exécutées. Force est de constater que les établissements de crédit s’arrogent le

128
Idem, p. 35.
129
T. LUBANGA MWAMBI, op. cit., p. 90.
57

pouvoir des juridictions en exécutant personnellement et de manière forcée les créances non
payées après l’échéance130.

Les usagers des services de micro-crédits clament tous les jours les
comportements des prêteurs des fonds congolais qui saisissent et vendent leurs biens en
dehors de toute procédure judiciaire. C’est le cas de la société de microfinance dont la
Foundation International Community Assistance, FINCA/RDC en sigle, qui menace les
entreprises de petite taille congolaises en leur accordant des financements dont le
remboursement se fait de manière violente. De Mecrekin qui offre des fonds aux associations
des femmes et aux groupements religieux afin de financer leurs activités et après il saisit leur
patrimoine pour une attribution personnelle. Ces pratiques qui vont en marge des dispositions
légales suscitent souvent des discussions autour des comportements des établissements de
crédit et réduit le taux de demande de prêt bancaire en République Démocratique du Congo.

§2. Perspectives pour la protection des consommateurs dans le contrat de prêt bancaire
en droit congolais

Dans le cadre des perspectives pour la protection des consommateurs dans le


contrat de prêt bancaire en droit, il est important de souligner que, en dehors de toutes les
difficultés soulevées ci-haut, le législateur congolais doit promouvoir un système de
protection desdits consommateurs en créant une facilitation des procédures de demande de
prêt bancaire, en instituant le taux d’intérêt légal pour toutes sortes des prêts bancaires, et
enfin, imposer une procédure judiciaire pour le remboursement des prêts bancaires en cas
d’exécution forcée.

A. Facilitation des procédures de demande de prêt bancaire

Au regard des difficultés se rapportant aux procédures de demande de prêt


bancaire auprès des banques et institutions de microfinance, il a été relevé l’importance pour
le législateur congolais de créer une facilité lesdites procédures en instaurant des voies par
lesquelles les personnes ne détenant par des comptes bancaires puissent avoir droit à un prêt
130
T. MWABA KAZADI, Cours des voies d’exécution, L1 Droit, UNIKIN, 2016-2017, p. 24.
58

pour le financement de ses activités ou de ses besoins quotidiens. Car, la stabilité du système
macroéconomique d’un Etat consiste aussi à mettre en place en faveur des entreprises et
individus les voies et moyens de financement de leurs activités. Ces voies et moyens ouvrent
l’économie d’un Etat au public et rend les fonds plus accessibles aux entreprises et aux
ménages.

En République Démocratique du Congo comme partout ailleurs, l’organisation


des procédures de demande de prêt bancaire est faite par les établissements bancaires et les
institutions de microfinance eux-mêmes. Cela parce que le législateur congolais a voulu créé
une répartition des matières entre celles du pouvoir législatif, celles de l’autorité bancaire et
celles des établissements de crédit. Mais, de cette répartition des compétences matérielles il
s’est créé une difficulté au niveau de l’accès au prêt bancaire par les demandeurs de crédits.
Car, les banques commerciales, les institutions de microfinance et les autres services
financiers dont l’activité consiste à octroyer du crédit ont établi des règles qui rendent difficile
l’accès au prêt bancaire. Ces procédures, bien qu’établies pour la protection des fonds
propres, connaissent une rigueur qui préjudicie les demandes de prêt auprès des banques et
institutions de microfinance131.

Toutefois, l’exigence de la bonne moralité, de l’exercice du métier et de la


constitution d’une garantie bancaire sont des conditions irréfutables que tout demandeur de
prêt bancaire est tenu d’avoir dans son chef. Mais, certaines conditions qui sont liées à la
tenue de compte auprès d’un établissement bancaire, à la rentabilité de l’entreprise ou de
l’activité individuelle ainsi qu’à l’obtention d’un avis favorable auprès d’un organe de
direction de la banque sont celles qui freinent grandement l’accès au financement. Car, le prêt
bancaire est accordé en vue de permettre l’ouverture d’une activité ou son accroissement, ou
encore de satisfaire à un besoin du ménage. L’intérêt de l’institution du prêt est de satisfaire
au besoin de financement qu’expriment la population et les entreprises, cela dans le souci de
rendre stable l’économie nationale132.

B. Institution d’un taux d’intérêt légal

Il importe de noter que, l’une des difficultés qui bloquent l’accès au prêt bancaire
c’est aussi le taux d’intérêt fixé par les établissements bancaires et les institutions de
microfinance congolais. Ce taux d’intérêt jugé souvent exorbitant par les entreprises et les

131
TSASA, J.P., op. cit., p. 122.
132
M’bakon G-B., Avatale Tchounga A., et Kamajou F., op. cit., p. 68.
59

ménages fait obstacle à la demande de prêt bancaire par le public et empêche par la suite le
financement des investissements privés tant nationaux qu’étrangers. Un taux d’intérêt justice
et équitable ouvre la porte des financements et rend les services financiers le secours des
investissements tant publics que privés. Mais, un taux injuste et inéquitable ne permet pas le
bon financement des investissements nationaux et internationaux dans un Etat. Telle est la
raison qui pousse à soutenir l’institution d’un taux d’intérêt légal afin de permettre à ce que
les établissements bancaires et les institutions de microfinance puissent se soumettre à la
volonté des pouvoirs en matière de l’octroi crédit.

Lors de son intervention à la conférence internationale organisée par le Fonds


Monétaire International, le Ministre congolais des Finances fit un état des lieux du
financement des activités économiques en République Démocratique du Congo. Dans ses
propos, il remit en cause la question de la politique du crédit et du rôle de l’autorité bancaire
dans la protection du crédit. En ce qui concerne la fixation du taux d’intérêt, il a démontra le
cas de certains Etats africains auxquels le taux d’intérêt est fixé de 5% à 8%. Ce qui lui a
amené à opérer une comparaison entre l’accès au prêt bancaire de la population congolaise au
regard des autres populations africaines. Selon lui, l’Etat congolais doit adopter des réductions
du taux d’intérêt bancaire en revoyant le taux directeur de la Banque Centrale, qui ne permet
pas aux établissements de crédit de bien calculer leurs marges bénéficiaires pour les
opérations de crédit. Il prouve que de 2019 à 2021, le taux directeur de la Banque Centrale a
connu une forte réduction allant de 18,5% à 15,5%, puis de 15,5% à 10,5 et, enfin, de 10,5 à
8,5%. Ces réductions devaient ouvrir l’accès au financement bancaire à la population, mais
force est de constater que le taux d’intérêt demeure toujours supérieur au coût voulu133.

De ce fait, il sied de soulever que, à défaut d’obtenir satisfaction auprès des


banques et des institutions de microfinance, il sera utile que la Banque Centrale du Congo, en
réduisant à nouveau son taux directeur, puisse fixer par voie d’Instruction un taux d’intérêt
obligatoire auquel tous les établissements de crédit, banques, coopératives d’épargne et de
crédit, caisses d’épargne, institutions financières spécialisées et institutions de microfinance,
doivent respecter sans possibilité de faire une exagération au risque d’entrainer une violation
de la loi et d’engager leur responsabilité opérationnelle. Le taux d’intérêt légal obligera les
établissements de crédit à respecter le seuil fixé par l’autorité bancaire et de l’appliquer les
différentes demandes de prêt bancaire.

133
Propos tenu par le Ministre des finances congolais dans la conference international du FMI, 2022, In
Actuatulés.cd.
60

C. Imposition de la procédure judiciaire en matière d’exécution forcée

L’exécution forcée est une procédure applicable à la suite de l’inexécution d’une


obligation par le débiteur. Elle est la voie de recours à la force par laquelle le créancier qui
s’estime non payé à l’arrivée de l’échéance du contrat peut solliciter de l’autorité compétente
la saisie et la vente ou l’attribution du bien de son débiteur dans son patrimoine. Elle est une
procédure légalement reconnue et sa mise en œuvre est toujours judiciaire étant donné qu’il
est de principe en droit de propriété que nul ne peut être privé de son bien ou de son droit
patrimonial que sur décision de justice134. A cet effet, le code de procédure civile et l’Acte
uniforme portant procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution organisent
les voies judiciaires par lesquelles le créancier d’une obligation peut solliciter du juge la saisie
d’un bien ou d’un droit afin de son attribution dans son patrimoine.

L’Acte uniforme portant procédures simplifiées de recouvrement et des voies


d’exécution deux procédés de recouvrement des créances. Il y a, d’une part, les procédures
simplifiées de recouvrement et, de l’autre part, les voies d’exécution qui sont les voies de
recours à l’exécution forcée. Ces règles juridiques devaient s’appliquer par les établissements
de crédit à tout moment qu’un débiteur ne saurait honorer son engagement. Mais, force est de
constater qu’en matière de recouvrement des prêts bancaires, les banques et les institutions de
microfinance méconnaissent souvent les règles établies par ledit Acte uniforme en se
transformant elles-mêmes en autorité judiciaire qui saisit et exécution en violation des
dispositions légales. Ces pratiques violent gravement la constitution congolaise du 18 février
2006 telle modifiée et complétée à ce jour, qui protège la propriété privée 135, ainsi que les lois
et règlements en matière d’exécution des obligations qui organisent les procédures de
recouvrement des créances.

Ainsi, il est important que le législateur congolais réglemente les opérations de


crédit afin de pouvoir organiser les voies de recouvrement de ceux-ci tout en mettant l’accent
particulier sur l’imposition de la procédure judiciaire en cas de non remboursement des fonds
prêtés dans le délai conventionnel. Cette mesure peut résulter de la loi bancaire qui organise
l’activité et le contrôle des établissements de crédit, mais aussi des mesures réglementaires de
la Banque Centrale portent essentiellement sur les opérations de crédit et leur remboursement.

134
T. MWABA KAZADI, op. cit., p. 26.
135
Art. 34 al. 1er, Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée par la loi n°11/002 du 20 janvier 2011
portant révision de certains articles de la Constitution du 18 février 2006, JORDC, numéro spécial, 52 ième année,
5 février 2011.
61

L’organisation de ces mesures par voie légale ou réglementaire n’a pour intérêt que pouvoir
garantir aux consommateurs du prêt bancaire des dispositions légales et/ou réglementaires se
rapportant à la protection des demandeurs de crédits dans le cadre de la procédure, de la
fixation du taux d’intérêt et des règles en matière de remboursement.

CONCLUSION

Dans le souci de rechercher la protection des consommateurs dans le contrat de


prêt bancaire, il a paru important de faire le tour des législations afin de pouvoir ressortir le
système juridique qui reconnait la protection des usagers des services bancaires et surtout
celle des demandeurs de crédit. C’est ainsi qu’il a été utile de mener cette recherche sous le
titre du contrat de prêt bancaire en droit congolais : protection ou vulnérabilité de
consommateurs. Cette étude a été répartie sous deux chapitres dont le premier a fait une
approche analytique sur le contrat de prêt bancaire et le second a porté sur la protection des
consommateurs du prêt bancaire en droit congolais, sécurité et vulnérabilité.

Le prêt bancaire étant un contrat par lequel une institution bancaire ou


microfinancière octroie des fonds à une personne physique ou morale dans le but de
financement de son activité ou de ses besoins, il connait une existence aussi lointaine que les
services bancaires. L’intérêt qu’il comporte le donne un caractère onéreux, ce qui le
différencie des autres prêts faits à titre gratuit. Cet intérêt, exprimé en pourcentage, démontre
la commercialité du prêt bancaire et assure la bilatéralité des obligations contractuelles entre
parties. Qu’il soit un prêt à court terme, à long ou à moyen terme, le prêt bancaire est soumis
62

à une réglementation qui fixant les conditions dans lesquelles parties peuvent s’entendre pour
aboutir au décaissement des fonds à faveur d’un particulier. Le droit français parait être la
législation la plus claire en matière de la réglementation du prêt bancaire. Le code de
consommation français offre une gamme des dispositions régissant le prêt à la consommation
qui donne des règles relatives à la protection des consommateurs du prêt bancaire.

Au regard de la réglementation du prêt bancaire en droit congolais, il y a lieu de


noter que le législateur congolais n’a pas pris le soin de réglementer ce prêt. Toutefois, il se
limite seulement à la réglementation générale de l’activité bancaire en déterminant les
entreprises pouvant exercer l’activité bancaire et les opérations qu’elles peuvent effectuer sans
donner une analyse approfondie à l’opération de prêt bancaire. Ce qui permet l’application
des dispositions du Décret du 30 juillet 1888 en matière de formation des contrats et de
l’exécution des obligations contractuelles dans la formation et l’exécution des contrats des
prêts bancaires. De ce fait, les conditions générales en matière de formation des contrats sont
aussi invoquées à coté de celles relatives à la formation du contrat de prêt bancaire.

Par ailleurs, quant à la sécurité et la vulnérabilité des consommateurs des contrats


de prêt bancaire, il a été important de démontrer les procédures de demande du prêt bancaire
avant de donner le taux d’intérêt pratiqué par les établissements de crédit congolais et les
garanties bancaires exigées. A travers cette démonstration, étaient aussi analysés les obstacles
à l’obtention du prêt auprès des établissements bancaires et institutions de microfinance. En
effet, en dehors des obstacles de procédure de demande de prêt bancaire, il était aussi
important de démontrer l’exagération du taux d’intérêt et les pratiques abusives des
établissements de crédit congolais. Dans le cadre de cette démonstration, pratiqué en
République Démocratique du Congo, il a été invoqué aussi certains pays africains qui exigent
jusqu’à 5% du taux d’intérêt dans l’octroi de prêt bancaire, et ce dans le souci de financer
quotidiennement les activités économiques et de créer la croissance économique et le
développement, les banques commerciales congolaises imposent un taux d’intérêt de 12% et
18% pour les personnes physiques et morales. Ce système avait amené la Banque Centrale a
revoir son taux directeur en 2021 de 10,5% jusqu’à 8,5%, mais il y a eu aucune amélioration
du taux d’intérêt à la demande du prêt bancaire.

Enfin, en vue de palier aux obstacles qui menacent le financement des activités
économiques en République Démocratique du Congo, il a paru important de proposer au
législateur ou à l’autorité bancaire congolaise de réglementer les procédures de l’octroi crédit,
63

de fixer par voie réglementaire le taux d’intérêt de référence afin de lutter contre l’exagération
des banques et institutions de microfinance, ainsi que d’imposer la procédure judiciaire dans
le recouvrement des créances bancaires se rapportant au remboursement des crédits. Ces
mesures étant prises et mises en œuvre permettront à l’Etat congolais de pouvoir promouvoir
le financement des activités économiques des grandes, petites et moyennes entreprises, ainsi
que des ménages. Elles faciliteront la croissance économique et créeront le développement
économique tant attendu.

BIBLIOGRAPHIE

I. Textes juridiques
A. Textes juridiques nationaux

1. Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée par la loi n°11/002 du 20 janvier
2011 portant révision de certains articles de la Constitution du 18 février 2006,
JORDC, numéro spécial, 52ième année, 5 février 2011.
2. Décret du 30 juillet 1888 portant sur les contrats et obligations conventionnelles.
3. Loi N°87/010 du 1er août 1987 portant code de la famille telle modifiée et complétée
par la loi N° 16/008 du 15 juillet 2016 modifiant ET complétant la loi N°87-010 du
1er août 1987 portant code de la famille.
4. Loi n°003/2002 du 2 février 2002 relative à l’activité et au contrôle des établissements
de crédit, JORDC, numéro spécial, mai 2002.
5. Loi N° 11/020 du 15 septembre 2011 fixant les règles relatives à l’activité de la
microfinance en République Démocratique du Congo, JO.RDC, numéro spécial,
septembre 2011.
64

B. Textes juridiques de droit comparé


1. Code de consommation français, JO.R.F., 2022.
2. Code civil français.

II. Doctrine
A. Ouvrages
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2. Jérôme Lasserre et Michel Storck, Le crédit aspects juridiques et économiques,
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8. Taylor LUBANGA, Précis de droit financier et bancaire, à la recherche d’un cadre
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démocratique du Congo, éd. Droit et Société, Kinshasa, 2015.
B. Articles de revue
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2. BILLEL, B., « Les déterminants de l’octroi de crédits des banques commerciales en
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5. Cécile SELLIER, « La loi sur le crédit à la consommation : la protection de la clientèle
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2008.
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6. Dominique Legeais, « Opérations de crédit », in LexisNexis, 2017.


7. Gilles Landry, « Les risques de prêt bancaire », in SISCA, Paris, 2015.
8. Jean-François HUSSON, « Les systèmes de garantie d’accès au crédit », in ESMA,
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9. Kuhn C., « La mission du fiduciaire », in Dr. et patr., Paris, 2008.
10. NGONGO MULAMBA C., La pratique de la “Banque Lambert” à l’épreuve de la
paupérisation des agents et fonctionnaires de l’Etat en République Démocratique du
Congo, in URDO-Journal of Business Management, Kinshasa, 2022.
11. Raymond Chabot, « Le crédit », comprendre l’environnement économique, in
Chambre de Commerce et de l’Industrie, Paris, 2012.
12. Roland DIBEKE, « La protection des consommateurs de crédit dans l’économie
moderne », in Revue économique, Kinshasa, 2022.
13. ROSENWALD F., « L’influence de la sphère financière sur la sphère réelle : les
canaux du crédit », in Bulletin de la Banque de France, 1er trimestre 1995.
14. TSASA, J.P., « Diagnostic de la politique monétaire de la RDC-Approche par
l’équilibre général dynamique et stochastique », in CEPREMAP, Dynare Working
paper série, n° 38, 2014.
C. Thèses et mémoires

1. KANZA MULONGO E., Le financement des activités économiques dans le pays


sous-développés, cas de la République Démocratique du Congo, Mémoire, L2 FASE,
UPC, 2012-2013.
2. NKWEBE WASSIS, La protection du consommateur contre les pratiques
concurrentielles, abusives en droit : cas des falsifications des produits, Mémoire de
Licence, Faculté de Droit, UNIKIN, 1987.
D. Notes de cours
1. AMISI HERADY, Progrès technique de la responsabilité civile, L1 Droit, UNIKIN,
2016-2017.
2. BAKANDEJA wa MPGUNGU G., Cours des finances publiques, G2 Droit, UCC,
2010-2011, p. 36.
3. Denis Philippe, Droit bancaire, Notes de cours, Université Paris-Panthéon Sorbonne,
2000-2001.
4. ITIMELONGO TITI, Cours d’économie monétaire, G3 FASEG, UNIKIN, 2010.
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5. KABUYA KALALA, Economie monétaire, Notes de cours, G3 FASE, UPC, 2016-


2017, 2001.
6. KENGE NGOMBA TSHILOMBAYI M-T., Droit civil/Les obligations, G2 Droit,
UNIKIN et UPC, 2020-2021.
7. KOLONGELE EBERANDE D-C., Droit des contrats spéciaux, Notes de cours, L1
Droit, UNIKIN, 2017-2018.
8. MWABA KAZADI T., Cours des voies d’exécution, L1 Droit, UNIKIN, 2016-2017.
9. MWANZO idin’AMINYE Eddy, Cours de méthodologie juridique, 2ième graduat,
UNIKIN, 2015.
10. NDELA KUBOKOSO J., Notes de cours de droit financier, G3 Droit, UPC, 2011-
2012.
11. TSHIYOMBO KALONJI L., Droit financier et institutions financières, Notes de
cours, G3 Droit, UPC, 2019-2020.
12. VASSEUR M., Droit et économie bancaires, Les opérations de banque, fasc.1, Les
cours du droit, 1987-1988.
E. Jurisprudence

1. Cour de cass. française, 1ère chambre civile, 8 avril 2010, pourvoi n° 09-10977, BICC
n° 727 du 15 septembre 2010.
2. Cour de cass. française, 1ère chambre civile, 9 février 2012, pourvoi n° 10-27785,
BICC n° 762 du 15 mai 2012.
F. Autres documents

1. NDJIBU KANSANDA F., Rapport de stage effectué à la BCDC, L2 FASE, UPC,


2019-2020.
2. Rapport de la Banque Centrale sur l’exercice de la politique monétaire, 2018.
3. Rapport de la Banque centrale du Congo sur l’exercice de la régulation bancaire, 2018.
4. Intervention du Ministre des finances congolais dans la conference international du
FMI, 2022, In Actuatulés.cd.
67

Table des matières


INTRODUCTION.......................................................................................................................................i
A. Revue de la littérature...............................................................................................................1
I. Travaux se rapportant au droit financier..................................................................................1
II. Travaux se rapportant à la protection de consommateurs.......................................................4
B. Etat de la question.....................................................................................................................6
C. Problématique...........................................................................................................................8
D. Hypothèses de recherche..........................................................................................................9
E. Choix et intérêt du sujet..........................................................................................................10
F. Méthodes et techniques utilisées............................................................................................11
G. Délimitation du travail.......................................................................................................13
H. Plan sommaire....................................................................................................................14
CHAPITRE I : APPROCHE ANALYTIQUE SUR LE CONTRAT DE PRET BANCAIRE......15
Section I : Notion de prêt bancaire................................................................................................15
§1. Définition et historique de prêt bancaire................................................................................15
68

A. Définition.................................................................................................................................15
I. Prêt..........................................................................................................................................15
II. Prêt bancaire.......................................................................................................................16
B. Historique de prêt bancaire...................................................................................................18
I. Genèse du prêt bancaire.........................................................................................................18
II. Extension du prêt bancaire dans le monde.......................................................................19
§2. Typologie et caractéristiques de prêt bancaire.......................................................................20
A. Typologie des prêts bancaires................................................................................................20
I. Classification selon la durée...................................................................................................20
II. Classification selon la destination......................................................................................21
B. Caractéristiques de prêt bancaire.........................................................................................22
I. Prêt bancaire comme moyen de financement des investissements......................................22
II. Prêt bancaire comme moyen de protection des investissements.....................................23
Section II : Réglementation de prêt bancaire en droit moderne.................................................24
§1. Formation du contrat de prêt bancaire...................................................................................24
A. Parties au contrat de prêt bancaire.......................................................................................24
I. Prêteur.....................................................................................................................................24
II. Emprunteur........................................................................................................................26
B. Conditions de formation du contrat de prêt bancaire.........................................................26
I. Conditions générales de prêt bancaire..................................................................................27
II. Conditions spécifiques au contrat de prêt bancaire.........................................................31
§2. Exécution du contrat de prêt bancaire....................................................................................36
A. Droits et obligations du prêteur.............................................................................................36
I. Droits du prêteur....................................................................................................................36
II. Obligations du prêteur.......................................................................................................38
B. Droits et obligations de l’emprunteur...................................................................................40
I. Droits de l’emprunteur..........................................................................................................40
II. Obligations de l’emprunteur..............................................................................................42
CHAPITRE II : PROTECTION DES CONSOMMATEURS DU PRET BANCAIRE EN DROIT
CONGOLAIS : SECURITE OU VULNERABILITE.....................................................................44
Section I : Système de protection des consommateurs du prêt bancaire en droit congolais.....44
§1. Règles de l’octroi prêt bancaire en République Démocratique du Congo............................44
A. Procédure de l’obtention de prêts bancaires........................................................................45
I. Dépôt de la demande auprès des organes et services bancaires..........................................45
69

II. Déblocage des fonds............................................................................................................47


B. Constitution des garanties......................................................................................................48
C. Fixation du taux d’intérêt......................................................................................................48
§2. Opérateurs crédit existant en République Démocratique du Congo....................................50
A. Etablissements de crédit.........................................................................................................50
B. Institutions de microfinance..................................................................................................52
Section II : Sécurité et vulnérabilité des consommateurs du prêt bancaire en droit congolais 53
§1. Vulnérabilité des consommateurs congolais dans le contrat de prêt bancaire.....................53
A. Obstacles de procédure dans la demande de prêt bancaire.................................................53
B. Exagération du taux d’intérêt dans le prêt bancaire...........................................................55
C. Pratiques abusives dans le recouvrement forcé des prêts bancaires...................................56
§2. Perspectives pour la protection des consommateurs dans le contrat de prêt bancaire en droit
congolais..............................................................................................................................................58
A. Facilitation des procédures de demande de prêt bancaire...................................................58
B. Institution d’un taux d’intérêt légal......................................................................................59
C. Imposition de la procédure judiciaire en matière d’exécution forcée.................................60
CONCLUSION...................................................................................................................................62
BIBLIOGRAPHIE.............................................................................................................................64

Common questions

Alimenté par l’IA

L'emprunteur a le droit de recevoir les fonds et de les utiliser personnellement. La réception peut se faire par transfert bancaire, et la mise à disposition doit être notifiée par le prêteur. L'emprunteur a également le droit à une jouissance paisible des fonds prêtés sans interférence du prêteur jusqu'à la date d'échéance convenue .

Les autorités bancaires pourraient imposer un taux d'intérêt légal obligatoire pour contraindre tous les établissements de crédit à respecter un seuil fixé. Cela inclurait coopératives et institutions financières afin de prévenir les exagérations tarifaires. Elles pourraient également mettre en place un cadre légal assurant une meilleure protection des consommateurs .

Le législateur congolais n'a pas adopté un code de consommation spécifique car la protection des consommateurs est répartie à travers différents textes juridiques épars. Les réformes sectorielles semblent prioriser des dispositions propres et des mécanismes spécifiques pour chaque secteur, justifiant ainsi l'absence d'un code unifié .

Le principal défi est que, malgré la réduction du taux directeur de la Banque Centrale, les taux d'intérêt en RDC demeurent très élevés comparativement à ceux de certains États africains où ils sont de 5-8%. Ceci limite l'accès au crédit pour la population congolaise et entrave les investissements nationaux et internationaux .

Les taux d'intérêt élevés pratiqués en RDC dissuadent le financement des investissements tant nationaux qu'internationaux. Un taux d'intérêt juste et équitable pourrait stimuler les financements en rendant les services financiers plus accessibles et attractifs, contrairement à la situation actuelle qui freine l'investissement .

Le droit congolais n'offre pas de protection législative spécifique aux consommateurs de prêts bancaires. Ni la loi de 2002 relative à l'activité des établissements de crédit ni les récentes réformes ne contiennent de dispositions sur la protection des consommateurs. Ceci entraîne une vulnérabilité totale des consommateurs face aux pratiques abusives des intermédiaires financiers, car il n'y a pas de garantie légale ni de procédure de recours .

Le gouvernement congolais a critiqué les établissements de crédit et les institutions de microfinance pour les taux d'intérêt élevés qu'ils appliquent. Malgré la réduction du taux directeur par la Banque Centrale, les banques continuent d'appliquer des taux d'intérêt élevés allant de 24-25% pour les crédits en francs congolais et 15% pour ceux en dollars. Cela montre une forte réticence des banques à réduire leurs taux et à faciliter le financement économique .

En cas de défaillance de l'emprunteur, les garanties réelles ou personnelles qu'il a constituées servent à honorer ses obligations. Cela signifie que si l'emprunteur est insolvable, les biens mis en gage ou hypothéqués seront réalisés pour le paiement complet de l'obligation contractée. Le prêteur peut poursuivre l'emprunteur et faire valoir ses droits jusqu'à satisfaction de l'obligation .

Le prêteur doit permettre à l'emprunteur de bénéficier des fonds sans entrave jusqu'à l'échéance convenue. Cela signifie que le prêteur ne peut pas réclamer retour anticipé des fonds ou affecter leur disponibilité avant la date de remboursement prévue. Cette garantie assure l'emprunteur contre d'éventuels troubles sur son fonds .

Les banques commerciales congolaises adoptent des pratiques agressives telles que le blocage des avoirs, la saisie des comptes et la vente des biens mobiliers et immobiliers pour garantir le paiement des crédits à l'échéance. Ces pratiques nuisent au consommateur car elles ne tiennent pas compte de l’échéance du paiement .

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