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Com 219628

Le document présente le Plan d'Aménagement et de Gestion du Parc National Cœlacanthe pour la période 2017-2021, visant à protéger et développer les aires protégées des Comores. Il décrit le contexte écologique, social et économique du parc, ainsi que les stratégies de gestion et les activités prévues pour assurer la durabilité et la coopération avec les communautés locales. Ce plan est un outil essentiel pour la conservation de la biodiversité et le développement durable dans la région.

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Le document présente le Plan d'Aménagement et de Gestion du Parc National Cœlacanthe pour la période 2017-2021, visant à protéger et développer les aires protégées des Comores. Il décrit le contexte écologique, social et économique du parc, ainsi que les stratégies de gestion et les activités prévues pour assurer la durabilité et la coopération avec les communautés locales. Ce plan est un outil essentiel pour la conservation de la biodiversité et le développement durable dans la région.

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RNAP

Parcs Nationaux
des Comores

UNION DES COMORES


Unité – Solidarité – Développement

Vice-Présidence Chargée du Ministère de l’Agriculture, de la


Pêche, de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire et
de l’Urbanisme

Parcs Nationaux des Comores


Plan d’Aménagement et
De Gestion du
Parc National Cœlacanthe
2017-2021

Janvier 2018
Les avis et opinions exprimés dans ce document sont celles des auteurs,
et ne reflètent pas forcément les vues de la Vice Présidence - Ministère de l’Agriculture, de la
Pêche, de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme,
ni du PNUD, ni du FEM (UNDP - GEF)

Mandaté par
L’Union des Comores, Vice-Présidence Chargée du Ministère de l’Agriculture, de la
Pêche, de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme, Parcs
nationaux des Comores

Et le
Programme des Nations Unies pour le Développement, PNUD
Fonds Mondial pour l’Environnement, FEM
Maison du PNUD, Hamramba
BP. 648, Moroni, Union des Comores
T +269 7731558/9, F +269 7731577
[Link]

Titre du Projet d’appui


RNAP
Développement d’un réseau national d’aires protégées terrestres et marines
représentatives du patrimoine naturel unique des Comores et cogérées par les
communautés villageoises locales.
PIMS : 4950, ID ATLAS : 00090485

Citation : Parcs nationaux des Comores (2017). Plan d’Aménagement et de Gestion


du Parc National Cœlacanthe. 2017-2021. 134 p + Annexes 98 p.

Pour tous renseignements ou corrections :


Lacroix Eric, Consultant international UNDP
ericlac@[Link]
Fouad ABDOU RABI, Coordinateur RNAP
[Link]@[Link]

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 2


Avant-propos
Depuis 1994 le souhait des Comoriennes et Comoriens et de leurs amis du monde
entier est de mettre en place un Système pour la protection et le développement des
aires protégées des Comores. Un système qui garantisse un futur prospère
écologiquement et économiquement et qui vise l’établissement d’une relation
harmonieuse entre les personnes et leur environnement. On entend souvent dire que
les Comores sont un vrai « petit paradis », par la beauté de leurs écosystèmes et
l’humanité et la gentillesse de leurs populations. Aujourd’hui, le train est sur les rails et
ce Plan d’aménagement et de gestion représente une étape légale, technique et
économique importante pour la mise en place de ce Parc national.

Le Parc national Coelacanthe est le parc le plus au sud de l’île de Ngazidja (Grande
Comore) de l’Union des Comores, un des deux parc marins de l’île. Le présent
document décrit le contexte tant physique et biologique qu'humain et décrit dans son
plan d’aménagement les grandes lignes stratégiques pour la gestion de ce parc dans
la fourchette quinquennale de 2017 à 2021. Les cinq plans de gestion annuels
décrivent en détail les activités sélectionnées pour garantir la protection et le
développement économique profitable et durable pour les riverains protecteurs et
utilisateurs de ce parc.

Ce Plan d’aménagement et de gestion est un document de base selon la loi pour la


gestion des aires protégées, un outil de travail pour les agents des Parcs nationaux
des Comores qui travaillent en coopération étroite avec les populations riveraines du
Parc et une référence pour toute personne qui souhaiterait en savoir plus sur ce joyaux
de la nature et les terriens qui doivent le conserver et le protéger.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 3


Remerciements
Que soit remercié le Gouvernement de l’Union des Comores à travers Son Excellence
le Président de la République, la Vice-Présidence Chargée du Ministère de
l’Agriculture, de la Pêche, de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire et de
l’Urbanisme, de la Direction Générale de l’Environnement et des Forêts, les
Gouverneurs des Îles, avec les Commissariats à l’Environnement insulaires et les
Directions régionales de l’Environnement et des Forêts insulaires et tous les services
et acteurs concernés.
Tous les remerciements vont de même aux bailleurs de fonds, principalement le Fonds
pour l’environnement mondial et son agence d’exécution le Programme des Nations
Unies pour le Développement et l’Agence Française pour le Développement. Tous les
remerciements vont aussi aux nombreux acteurs et partenaires, dans les villages et
aussi à l’étranger, dont il serait impossible ici de faire la liste tant elle serait longue,
avec le risque d’en oublier, ce qui ne serait pas fairplay. Le cœur de la conservation et
du développement harmonieux durable de ce Parc national dépend d’abord de l’équipe
des Parcs nationaux des Comores et de la population riveraine que nous remercions
tous et qui ne ménage aucun effort afin de garantir les résultats attendus.

Encadré 1 : Citations du Coran

Coran 32. « Allah, c’est Lui qui a crée les cieux et la terre et qui, du ciel, a fait
descendre l’eau ; grâce à laquelle Il a produit des fruits pour vous nourrir. Il a soumis à
votre service les vaisseaux qui, par Son ordre, voguent sur la mer. Et Il a soumis à
votre service les rivières. »

Coran 2:60 «…Mangez et buvez de ce qu’Allah vous accorde; et ne semez pas de


troubles sur la terre comme des fauteurs de désordre. »

Coran 17:27. «…car les gaspilleurs sont les frères des diables; et le Diable est très
ingrat envers son Seigneur. »

« Chercher la connaissance est obligatoire pour tout homme et toute femme »


Sahih Muslim

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 4


Table des matières
Avant-propos ............................................................................................................ 3
Remerciements ......................................................................................................... 4
Table des matières .................................................................................................... 5
Abréviations ............................................................................................................ 10
Définitions .............................................................................................................. 14
Résumé exécutif ...................................................................................................... 19
Mot du Vice-Président ............................................................................................. 20
Mot du Coordinateur Résident du Système des Nations Unies, M. Matthias Naab... 21
1 Introduction ..................................................................................................... 24
2 Contexte........................................................................................................... 25
2.1 Expansion du Système des aires protégées aux Comores ...................................... 25
2.2 Contexte politique ................................................................................................ 26
2.3 Cadre législatif existant ........................................................................................ 28
2.3.1 Loi-Cadre relative à l’Environnement (LCE) ........................................................ 28
2.3.2 Loi forestière ...................................................................................................... 28
2.3.3 Code des pêches ................................................................................................. 28
2.3.4 Protection de la flore et faune ........................................................................... 29
2.3.5 Conservation des tortues ................................................................................... 29
2.4 Structures institutionnelles .................................................................................. 29
2.4.1 Direction Générale de l’Environnement et Forêts (DGEF).................................. 29
2.4.2 Directions en charge de l’Environnement des Îles Autonomes. ......................... 29
2.4.3 Centres Ruraux de Développement Économique (CRDE)................................... 29
2.4.4 Direction nationale de la protection civile ......................................................... 29
2.5 Nouvelle Loi sur le Système national des aires protégées des Comores ................ 30
2.6 Contexte démographique ..................................................................................... 33
2.6.1 Historique du peuplement ................................................................................. 33
2.6.2 Démographie ...................................................................................................... 33
2.7 Contexte social ..................................................................................................... 35
2.8 Contexte culturel .................................................................................................. 36
2.9 Contexte économique .......................................................................................... 36
2.10 Contexte religieux ................................................................................................ 36
3 Milieu abiotique ............................................................................................... 38
3.1 Introduction ......................................................................................................... 38
3.2 Situation géographique ........................................................................................ 39
3.3 Sciences de la terre .............................................................................................. 39
3.3.1 Généralités ......................................................................................................... 39
3.3.2 Géomorphologie................................................................................................. 40
3.3.3 Volcanisme ......................................................................................................... 40
3.4 Pédologie ............................................................................................................. 41
3.5 Climat................................................................................................................... 45
3.5.1 Type .................................................................................................................... 45
3.5.2 Température....................................................................................................... 45
3.5.3 Précipitations...................................................................................................... 46
3.5.4 Vents................................................................................................................... 47
3.5.5 Relief ................................................................................................................... 48

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 5


3.5.6 Insolation ............................................................................................................ 48
3.5.7 Cyclones.............................................................................................................. 48
3.5.8 Hydrologie .......................................................................................................... 48
3.5.9 Conditions de pêche ........................................................................................... 48
3.5.10 Changement climatique ..................................................................................... 48
4 Milieu biotique ................................................................................................. 49
4.1 Flore et faune marine ........................................................................................... 49
4.1.1 Introduction ........................................................................................................ 49
4.1.2 Résultats de l’étude de 2016 .............................................................................. 52
4.1.3 Etat des lieux ...................................................................................................... 56
4.2 Description biologique du Cœlacanthe ................................................................. 63
4.2.1 Introduction ........................................................................................................ 63
4.2.2 Du fossile au spécimen ....................................................................................... 63
4.2.3 Description ......................................................................................................... 64
4.2.4 Systématique ...................................................................................................... 65
4.3 Flore et Végétation terrestre ................................................................................ 65
4.3.1 Flore.................................................................................................................... 65
4.3.2 Végétation .......................................................................................................... 65
4.4 Faune terrestre du parc national Cœlacanthe ....................................................... 66
5 Description et cibles de l’aire protégée ............................................................. 68
5.1 Zone d’intervention .............................................................................................. 68
5.2 Description ........................................................................................................... 68
5.3 Cibles ................................................................................................................... 69
5.3.1 Espèces cibles/phares à l’aire protégée Cœlacanthe ......................................... 69
5.3.2 Espèce cible/phare disparue (pas de témoins récents) ...................................... 70
5.3.3 Habitats rencontrés (Ecosystèmes) .................................................................... 70
5.3.4 Monument naturel ............................................................................................. 70
5.3.5 Paysages naturels ............................................................................................... 70
5.3.6 Services écosystémiques .................................................................................... 70
6 Pressions et menaces sur la végétation du Parc national Cœlacanthe ............... 71
6.1 Pressions et menaces pour les Comores ............................................................... 71
6.1.1 Principales menaces ........................................................................................... 71
6.1.2 Modification d’habitat et changement d’utilisation des terres .......................... 71
6.1.3 Espèces exotiques envahissantes ....................................................................... 72
6.1.4 Exploitation illégale et surexploitation des ressources naturelles ..................... 73
6.1.5 Pollutions, marées noires, explorations sismiques............................................. 75
6.1.6 Catastrophes et Changements Climatiques ....................................................... 76
6.2 Principales menaces pour le parc national ............................................................ 77
6.3 Analyse des risques et menaces pour le milieu marin ........................................... 77
6.3.1 Les principales menaces sur la zone marine ...................................................... 77
6.3.2 Le braconnage .................................................................................................... 78
6.3.3 Pêche destructrice .............................................................................................. 78
6.3.4 Piétinement ........................................................................................................ 78
6.3.5 Pollution par les déchets ménagers ................................................................... 79
6.3.6 Destruction des herbiers et récifs ...................................................................... 79
6.4 Les principales menaces sur les formations végétales terrestres ........................... 79
6.4.1 Prélèvements ...................................................................................................... 79
6.4.2 Pressions anthropiques ...................................................................................... 80
6.4.3 Plantes envahissantes ........................................................................................ 80
6.5 Cataclysmes naturels récents ............................................................................... 82
6.5.1 Volcan Karthala .................................................................................................. 82

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 6


6.5.2 Cyclones.............................................................................................................. 83
7 Délimitation et Zonage du Parc national Cœlacanthe ....................................... 84
7.1 Délimitations intérieures ...................................................................................... 84
7.2 Zones marines de conservation prioritaire............................................................ 85
7.3 Zones marines littorales de conservation prioritaire ............................................. 87
7.4 Carte de zonage selon la loi .................................................................................. 87
7.5 Zone marine ......................................................................................................... 87
7.6 Zone marine de plages et mangroves ................................................................... 87
7.7 Zone côtière terrestre........................................................................................... 88
8 Conclusion de l’étude marine de 2016 .............................................................. 91
8.1 Une biodiversité remarquable .............................................................................. 91
8.2 La création d’aires protégées, un outil indispensable............................................ 91
8.2.1 Généralités ......................................................................................................... 91
8.2.2 Axes de travail pour la création d’une aire protégée ......................................... 92
1. Abolition des techniques de pêche les plus destructrices. ......................................... 92
2. Endiguement des prélèvements du sable de plage .................................................... 92
3. Amélioration de la qualité de l’eau ............................................................................ 92
4. Favorisation de la résilience du récif .......................................................................... 92
5. Suivi et contrôle des espèces potentiellement envahissantes ................................... 93
6. Valorisation de l’exploitation de nouvelles ressources .............................................. 93
7. Mise en place d’actions de restauration des écosystèmes ........................................ 93
9 Gestion du Parc national Cœlacanthe ............................................................... 97
9.1 Type de gouvernance ........................................................................................... 97
9.1.1 Définitions .......................................................................................................... 97
9.1.2 Gouvernance et règles de gestion selon la loi sur les aires protégées ............... 97
9.2 Structure de pilotage et Organigramme de l’Agence ........................................... 101
9.3 Partenaires du parc national............................................................................... 103
9.4 Vision, mission et objectifs stratégiques du Parc national ................................... 105
9.4.1 Vision stratégique du Parc national. ................................................................. 105
9.4.2 Mission du Parc national .................................................................................. 105
9.4.3 Objectifs stratégiques du Parc national............................................................ 105
9.5 Méthodes et outils de gestion du parc national .................................................. 105
9.6 Méthodes et outils de suivi-évaluation du Parc national ..................................... 106
10 Plan d’aménagement 2017 - 2021 ............................................................... 107
11 Plans de gestion annuels de 2017 à 2021 ..................................................... 116
11.1 Plan de gestion 2017 .......................................................................................... 116
11.2 Plan de gestion 2018, exemple ........................................................................... 120
12 Conclusions ................................................................................................. 128
Bibliographie ......................................................................................................... 129

Liste des Figures


Figure 1 : Diagramme ombrothermique de Moroni ...................................................... 46
Figure 2 : Evolution de la précipitation dans les stations (1999-2002) ......................... 47
Figure 3 : Facteurs de vulnérabilité dans les pays/îles de très forte vulnérabilité (Burke
2011) ..................................................................................................................... 49
Figure 4 : Spatialisation des menaces globales (acidification et augmentation de la
température) en 2030 (en haut) et en 2050 (en bas) au Parc national Cœlacanthe
(Reef at Risk, 2011). ............................................................................................. 50

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 7


Figure 5 : Plan d’échantillonnage appliqué sur la zone récifale (Chindini) du site du
Parc national Cœlacanthe ..................................................................................... 52
Figure 6 : Carte des habitats marins observés sur le Parc national Cœlacanthe ........ 53
Figure 7 : Distribution des différentes classes de recouvrement corallien observées sur
les pentes externes des récifs de chaque site d’étude, septembre 2016. Le Site #2
est le Parc national Cœlacanthe. .......................................................................... 56
Figure 8 : Couverture en coraux vivants (% du substrat) des fronts récifaux du site #2
Parc national Cœlacanthe, septembre 2016 ......................................................... 57
Figure 9 : Zones de conservation prioritaire identifiées au Parc national Cœlacanthe. 86
Figure 10 : Exemple de types de zones dans un Parc national marin, comprenant une
partie marine et une partie terrestre ...................................................................... 87
Figure 11 : Localisation du banc Vailleu ....................................................................... 89
Figure 12 : Localisation du banc Vailleu (récif Vailheu). Il représente un mur de 200 de
hauteur sous l’eau ................................................................................................. 90
Figure 13 : Structure d’une ligne de pots pour la pêche au poulpe .............................. 94
Figure 14 : Préparation des pots pour la pêche au poulpe .......................................... 95
Figure 16 : Préparation des pots pour la pêche au poulpe .......................................... 95
Figure 17 : Pots rangés pour la pêche au poulpe ........................................................ 95
Figure 18 : Structure de pilotage de l’Agence « Parcs nationaux des Comores » ..... 101
Figure 19 : Structure de Gestion d’un Parc national .................................................. 102
Figure 20 : Organigramme de l’Agence « Parcs nationaux des Comores » .............. 102

Liste des Cartes


Carte 1 : Répartition de la population à Ngazidja en 1984 ........................................... 34
Carte 2 : La population à Ngazidja en 2000 ................................................................. 35
Carte 3: localisation de l’île de Ngazidja dans l’Océan indien et dans l’archipel des
Comores ................................................................................................................ 38
Carte 4 : Localisation du parc national Cœlacanthe dans l’île de Ngazidja ................. 39
Carte 5 : Géomorphologie et géologique de Ngazidja ................................................. 42
Carte 6 : Carte synthétique sur les caractéristiques physiques de Ngazidja ............... 43
Carte 7 : Chronogramme des coulées de lave ............................................................. 44
Carte 8 : Localisation des villages interagissant directement dans le parc national
Cœlacanthe et délimitation du parc. ..................................................................... 67
Carte 9 : Les différents systèmes d’exploitation ruraux ................................................ 80

Liste des Tableaux


Tableau 1 : Superficie des aires protégées en ha ........................................................ 32
Tableau 2 : Pourcentage de couverture des aires protégées ...................................... 32
Tableau 3 : Population de l’union des Comores en 2000 ............................................. 33
Tableau 4 : Population de l'Union des Comores selon le sexe et l'île. Evolution 2017-
2025, estimations. ................................................................................................. 33
Tableau 5 : Population de l'Union des Comores selon le sexe et le milieu de résidence.
Evolution 2017-2025, estimations. ........................................................................ 34
Tableau 6 : Table climatique Moroni ............................................................................ 45
Tableau 7 : Pluviométrie (mm/an) de différentes stations ............................................ 46
Tableau 8 : Vents des Comores ................................................................................... 48
Tableau 9 : Catégories de poissons indicateurs prises en compte pour l’analyse de la
structuration trophique des peuplements (d’après Green et Bellwood, 2009 et
Obura et Grimsditch, 2009). .................................................................................. 51
Tableau 10 : Liste des 15 villages et 5 communes d’intervention du parc national
Mitsamiouli-Ndroudé et population estimée en 2017. ........................................... 68
Tableau 11 : Principales menaces à la biodiversité ..................................................... 71
Tableau 12 : Corrélation entre cibles de conservation et menaces du parc national ... 77

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 8


Tableau 13 : Menaces observées sur chacune des zones marines étudiées .............. 78
Tableau 14 : Exemple de liste des espèces envahissantes observables dans la
végétation du mont Karthala et environs ............................................................... 81
Tableau 15 : Les différentes éruptions volcaniques qui ont menacé la végétation de
1969 à 2010 .......................................................................................................... 83
Tableau 16 : Synthèse des points forts des zones de conservation prioritaires du Parc
national Cœlacanthe. ............................................................................................ 85
Tableau 17 : Diversité des taxons inventoriés au cours de l’étude terrain ................... 91
Tableau 18 : Liste des partenaires du parc national Cœlacanthe et leur description 103
Tableau 19 : Plan d’aménagement du Parc national Cœlacanthe 2017-2021 ........... 107
Tableau 20 : Plan de gestion du Parc national Cœlacanthe 2017 ............................. 116
Tableau 21 : Plan de gestion du Parc national Cœlacanthe 2018, exemple ............. 120

Liste des Encadrés


Encadré 1 : Citations du Coran ...................................................................................... 4
Encadré 2 : L’état du monde marin selon le WWF et S. Hawking ................................ 24
Encadré 3 : Résumé des Priorités du Parc national Cœlacanthe .............................. 128

Liste des Annexes


(document séparé)
Annexe 1 : Liste des espèces inventoriées sur les sites expertisés
Annexe 2 : Jeu du bon gestionnaire de poissons
Annexe 3 : Exemples de tailles minimales
Annexe 4 : Liste des espèces protégées aux Comores
Annexe 5 : Cités, citoyenneté et territorialité dans l’île de Ngazidja (Comores)
Annexe 6 : Fiche technique sur les tortues marines

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 9


Abréviations
ACC Accords communautaires de cogestion ou accords de cogestion
AFD Agence française du développement
AGR Activités génératrices de revenus
AIDE Association d’Intervention pour le Développement et l’Environnement
AMIE Appui à la microentreprise
ANCAR Projet d’Auto-évaluation Nationale des Capacités à Renforcer
APAC Aires du Patrimoine Autochtone et Communautaire
AP Aire Protégée
APG Association pour la Protection du Gombessa
APM Aire Protégée Marine
APMs Aires protégées marines
APR Examen annuel du projet (Annual Progress Report)
APs Aires protégées
ATLAS Logiciel de gestion administrative et financière des NU
AU Assemblée de l’Union des Comores
AWP Annual work plan
BD Biological diversity
BDD Base de Données
BF Besoins de financement
BGC Bureau Géologique des Comores
BID Banque Interaméricaine de Développement
BM Banque Mondiale
BP Bureau de Pays (du PNUD)
CA Conseil d’Administration
CBD Convention on biological diversity
CCP Cadre de Coopération du Pays (PNUD)
CDB Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique
CEFADER Centre Fédéral d'Appui au Développement Rural
CHM Centre d’Échange d’Informations (Clearing House Mechanism)
CI Conservation international ou Consultant International
CIR Cadre Intégré Renforcé (PNUD)
CITES Convention sur le Commerce International des Espèces Menacées
de Faune et de Flore Sauvages (Convention on International Trade
in Endangered Species of Wild Fauna and Flora)
CLEP Comité Local d’Examen des Projets
CMAP Commission Mondiale sur les aires protégées de l’UICN
CNDRS Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique
CNP Coordinateur national de projet ou Coordonnateur National de Projet
COCOSI Comité de coordination de site (COSI)
CODD Comités villageois d’Orientation pour le Développement Durable
COSEP Centre des Opérations de Secours et de Protection civile
COSI Comité de site (restreint ou élargi)
CPAP Plan d’action pour la mise en œuvre du programme de pays (Country
Programme Action Plan)
CPD Projet de descriptif de programme de pays
CPP Comité de Pilotage du Projet
CRCAD Centre de Recherche, Conservation et d’Aide au Développement
(ONG)
CRDE Centre Rural de Développement Économique
CRS Cadre des Résultats Stratégiques
CTR Conseiller Technique Régional (PNUD)
DAHARI ONG environnementale
DCP Dispositifs de concentration de poisson (ancrés)
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 10
DGEF Directeur Général de l’Environnement et des Forêts ou Direction
Générale de l’Environnement et Forêts (Union)
DNEF Direction Nationale de l’Environnement et des Forêts
DNP Directeur National de Projet
DP Directeur de projet
DSCRP Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la
Pauvreté
DTEF Direction Technique de l’Environnement et Forêts (Ndzuwani)
ECDD Engagement communautaire pour le développement durable (projet)
EEE Espèce Exotique Envahissante
EIE Étude d’Impact Environmental
ERC Centre de gestion en ligne des évaluations (Evaluation Resource
Centre)
ESCO Société de services énergétiques (Energy service company)
FADC Fonds d’Appui au Développement Communautaire
FAO Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation
(Food and Agriculture Organization)
FDHS Forêt dense humide sempervirente
FEC Fonds Environnemental pour les aires protégées des Comores
FEAPC Fonds environnemental pour les aires protégées des Comores
FEM Fond pour l’environnement mondial
FFC Fonds Fiduciaire de Conservation
FGE Fonds pour la Gestion de l’Environnement
FIDA Fonds international de développement agricole
FSP Field Studies Program
GAF Gestionnaire administratif et financier
GBIF Système Mondial d’Informations sur la Biodiversité (Global
Biodiversity Information Facility)
GDT Gestion durable des terroirs/terres
GEF Global Environment Facility
GIEC Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
GPS Système de Localisation Mondial (Global Positioning System)
GRMF Fonds pour l’atténuation des risques géothermiques, Union Africaine
IBA Aire d’Importance pour la Conservation des Oiseaux (Important Bird
Area)
ID Numéro d’identification
IDH Indice de Développement Humain
IEC Information, éducation, communication
INRAPE Institut National de Recherches pour l’Agriculture, la Pêche et
l’Environnement
IORA Indian Ocean Rim Association, Association des Etats riverains de
l’océan indien
IRD Institut de Recherche pour le Développement (Réglementation)
ITS International technical specialist (Assistant technique PNUD)
IUCN International Union for the conservation of nature
JSDF Fonds Japonais de Développement Social
KMF Franc comorien
LCE Loi-cadre relative à l’Environnement
LDCF Fonds pour les pays les moins avancés (Least Developed Countries
Fund)
MAMWE Eau et électricité des Comores (Madji Na Mwedje Ya Comores)
MAPEATU Ministère de l’agriculture, de la pêche, de l’environnement, de
l’aménagement du territoire et de l’urbanisme
MECK Mutuelle d’Épargne et de Crédit des Comores
METT Outil de suivi de l’efficacité de la gestion des aires protégées

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 11


(Management Effectiveness Tracking Tool)
MPEEIA Ministère de la Production, Environnement, Énergie, Industrie et
Artisanat, devenu MAPEATU
NIM Modalité de mise en œuvre nationale (National Implementation
Modality)
NU Nations Unies
OCB Organisation Communautaire de Base / projet « Développement des
capacités et promotion du volontariat comme modèle de participation
des communautés villageoises dans la réalisation des OMD aux
Comores »
ODD Objectifs pour le développement durable
OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement
ONG Organisation Non-Gouvernementale
OVK Observatoire Volcanologique du Karthala
PAG Plan d’aménagement et de gestion
PAP Personne affectée par le projet (de création de l’Aire protégée,
PGESS)
PBA Plan Budgétaire Annuel
PDRM Programme de Développement Régional de Mohéli
PE Protocole d’Entente
PEID Petit État Insulaire en Développement
PFN Points Focaux Nationaux
PGESS Plan de gestion environnementale et de sauvegarde sociale
PIB Produit Intérieur Brut
PIF Document d’identification de projet (Project Identification File)
PIMS Programme Information Management System
PIR Rapport de Mise en œuvre du Projet (Project Implementation Report)
PMF/FEM Programme de Microfinancement du FEM (mieux connu sous
l’acronyme anglais SGP)
PMM Parc Marin de Mohéli (2001-2015)
PNC Parcs nationaux des Comores
PNDHD Programme National de Développement Humain Durable
PNM Parc national de Mohéli
PNUAD Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
PNUE Programme des Nations Unies pour l’Environnement
PoWPA Programme of Work on Protected Areas
PPG Subvention de Préparation de Projet du FEM (GEF Project
Preparation Grant)
PPR Rapport sur l’état d’avancement du projet (Projet Progress Report)
PRCI Projet de Renforcement des Capacités Institutionnelles
PRODOC Document de projet PNUD
PRSP Programme Régional de Surveillance des Pêches
PSE Paiement pour les services écosystémiques
PTA Plan de Travail Annuel
PTAP Programme de Travail sur les aires protégées (CDB) (acronyme en
anglais = PoWPA)
RAP Rapport Annuel de Progression
RC Réserves Communautaires
RNAP Réseau (Système) national des aires protégées
S&E Suivi et Évaluation
SANDUK Réseaux mutualistes de caisses villageoises d’épargne et de crédit à
destination des populations rurales
SBAA Accord de Base Type en matière d’Assistance (Standard Basic
Assistance Agreement)

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 12


SCA2D Stratégie de Croissance Accélérée pour le Développement Durable
SDG Sustainable developments goals
SG Secrétaire Général
SICD Service Information et Collecte de Données (MPEEIA)
SIG/E Système d’Information Géographique / et Environnementale
SNAP Système national des aires protégées
SNPAB Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Conservation de la
Biodiversité
SO1 Sub Objective 1
STAR Système transparent d’allocation des ressources
STI Spécialiste technique international
SWIOFP/SWIO Programme des Pêches du sud-ouest de l’Océan Indien (South West
Fish Indian Ocean Fisheries Program – FEM-PNUD)
TCPA Territoires de Conservation des peuples autochtones
TDR Termes de Référence
TEEB Groupe d’étude sur l’économie des écosystèmes et de la biodiversité
(The Economics of Ecosystems and Biodiversity)
UA Union africaine
UCP Unité de Coordination du Projet
UCR Unité de Coordination Régionale (PNUD)
UdC Université des Comores
UE Union Européenne
UICN Union Internationale pour la Conservation de la Nature
UNDAF Plan Cadre des Nations Unies pour le Développement (United
Nations Development Assistance Framework)
UNDP United nations development program
UNDSS United Nations Department of Safety and Security
UNESCO Organisation des Nations-Unies pour l’Éducation, la Science et la
Culture (United Nations Education, Science and Culture
Organization)
USAID Agence des Réglementation pour le développement international
(United States Agency for International Development)
USD Dollars américains
VP/MAPEATU Vice-Présidence chargée du Ministère de l’agriculture, de la pêche,
de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme
WCS World Conservation Society
WIOMSA Western Indian Ocean Marine Science Association
WWF World Wildlife Fund (Fonds Mondial pour la Nature)
ZC Zone culturelle
ZEE Zone économique exclusive
ZOC Zone d’occupation contrôlée (villages)
ZNP Zone de non prélèvement ou zone centrale ou noyau dur ou Core
zone. Ces zones sont intégralement protégées et non cultivées, sans
parcours de bétail
ZR Zone de recherche
ZUC Zone d’utilisation contrôlée : zone de protection moins sévère que la
ZNP et plus sévère que la ZUD. Il s’agit des zones tampons aux ZNP
et des zones de protection forte
ZUD Zone d’utilisation durable, où la protection est plus réduite et les
activités agronomiques plus développées : cultures de rentes, de
subsistance, élevage, agroforesterie etc.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 13


Définitions
Accord de cogestion :
Un accord passé par l’Agence avec les communautés locales définissant les modalités
d’intervention de ces communautés dans la gestion de l’Aire Protégée et l’exercice de
leurs activités économiques et culturelles ;
Activité extractive :
toute activité de recherche, d’exploration, d’exploitation ou de prélèvement de
ressources naturelles non renouvelables ;
Agence :
entité chargée de la gestion des aires protégées de l’Union des Comores ;
Aire marine protégée :
Toute zone intertidale ou infratidale, ainsi que les eaux sus-jacentes, sa flore, sa faune
et ses caractéristiques historiques et culturelles, réservée par la législation ou un autre
moyen efficace dans le but de protéger tout ou partie de l’environnement ainsi
délimitée comportant une zone côtière de 200 mètres de large à partir du trait de côte
vers l’intérieur des terres et juridiquement protégée.
Aire Protégée :
espace géographique clairement défini, reconnu, consacré et géré́ , par tout moyen
efficace, juridique ou autre, afin d’assurer à long terme la conservation de la nature
ainsi que les services écosystémiques et les valeurs culturelles qui lui sont associés.
Biocénose ou biocœnose :
Ensemble des êtres vivants qui occupent un milieu donné (le biotope), en interaction
les uns avec les autres et avec ce milieu. (La biocénose forme, avec son biotope, un
écosystème.)
Biotope :
Milieu défini par des caractéristiques physicochimiques stables et abritant une
communauté d'êtres vivants (ou biocénose). (Le biotope et sa biocénose constituent
un écosystème.)
Cahier des charges :
document détaillant les droits et obligations régissant la gestion d’une Aire Protégée ;
Cogestion :
principe de gouvernance partagée impliquant la coopération et le partage des
responsabilités entre l’Agence et les parties prenantes concernées dans la conception
et dans l’exercice des modalités de gestion ;
Cogestion collaborative ou participative :
forme de cogestion qui oblige le délégataire d’une Aire Protégée à consulter de façon
appropriée et selon les règles de la bonne gouvernance toutes les parties prenantes.
L’autorité formelle de décision, la responsabilité et l’imputabilité reviennent à une
agence, dotée des pouvoirs adéquats.
Cogestion conjointe :
forme de cogestion qui associe toutes les parties prenantes au sein d’un « organe de
gestion » qui, en tant que délégataire de la gestion de l’Aire Protégée, détient l’autorité
de décider collectivement.
Conservation des valeurs particulières du patrimoine naturel et culturel :
la garantie de la représentativité de la biodiversité unique des Comores, la
conservation du patrimoine culturel comorien et le maintien des services
écosystémiques ;
Convention sur la Diversité Biologique (CDB) :
traité international ayant principalement pour objectifs (1) la conservation de la
biodiversité, (2) l’utilisation durable de ses composantes et (3) le partage juste et
équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques.
Défrichement :
des opérations volontaires ayant pour effet de détruire l'état boisé d'un terrain et de
mettre fin à sa destination forestière ou entraînant indirectement et à terme les mêmes

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 14


conséquences, sauf si elles sont entreprises conformément au plan d’aménagement et
de gestion ;
Diversité biologique :
la variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les
écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques, et les complexes
écologiques dont ils font partie ; elle tient compte de la diversité au sein des espèces,
entre les espèces et celle des écosystèmes ;
Droits d’usage :
des prélèvements de ressources naturelles à des fins non commerciales pour satisfaire
les besoins domestiques, vitaux ou coutumiers, de la population locale résidente. Ils
sont incessibles et s’exercent dans le cadre d’un Accord de Cogestion ;
Ecosystème :
• le complexe dynamique formé de communautés de plantes, d’animaux et de
microorganismes et de leur environnement non vivant qui, par leur interaction
forment une unité fonctionnelle ;
• système formé par un environnement (biotope) et par l'ensemble des espèces
(biocénose) qui y vivent, s'y nourrissent et s'y reproduisent.
Ecotourisme :
un tourisme responsable et durable basé sur la conservation du patrimoine naturel et
socioculturel des Comores, soucieux d’assurer la pérennité des écosystèmes en
respectant l’environnement et les populations tout en assurant une redistribution
équitable des retombées économiques ;
Gouvernance :
l’ensemble des interactions entre les structures, les processus et les traditions qui
déterminent la façon dont l’autorité est exercée, les responsabilités réparties, les
décisions prises, les citoyens et tout autre acteur impliqué dans la gestion d’une Aire
Protégée ;
Habitat :
le lieu ou type de site dans lequel un organisme où une population existe à l’état
naturel ;
Intertidal :
se dit de l'espace côtier compris entre les limites extrêmes atteintes par la marée.
Laisse de mer :
une laisse de mer est constituée d'algues, de phanérogames marins, d'animaux morts,
de débris ou d'objets divers rejetés sur le littoral par le mouvement des marées.
Laisse de basse mer :
ligne correspondant au niveau des basses mers de morte-eau.
Littoral :
• Zone marine sinueuse où s'établit le contact entre la mer ou un lac et la terre.
(Le terme a un sens plus large que rivage et côte, qui désignent respectivement
les domaines du littoral soumis directement ou indirectement à l'action de la
mer.)
• Ensemble des côtes d'un pays, d'une région, d'un océan, d'une mer : Le littoral
de la France, de la Bretagne, de l'Atlantique, de la Manche.
Mangrove :
• formation forestière littorale tropicale située dans la partie ou zone marine, à
base de palétuviers, qui colonise les dépôts vaseux d'estuaires ou de lagunes.
(Les sols correspondants sont des gleys sodiques, ou sols hydromorphes.)
• zone marine composée d’une forêt de mangrove. Les arbres de mangrove sont
des arbres capables de vivre en étant submergés régulièrement voire plusieurs
jours ou plusieurs mois.
Marin, marine :
• Qui relève de la mer, qui y vit, qui en provient : Courants marins. Sel marin.
• Qui relève de la navigation sur mer : Carte marine.
• Se dit d'un bateau tenant bien la mer.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 15


• Géologie : se dit de ce qui s'est déposé dans la mer.
• Pétrole : Se dit de techniques (notamment des plates-formes) propres à être
mises en œuvre pour la prospection, le forage et la production en mer.
Matériel génétique :
le matériel d’origine végétale, animale, microbienne ou autre, contenant des unités
fonctionnelles de l’hérédité ;
Parc national :
Aire protégée de la catégorie II de l’l’Union Internationale pour la Conservation de la
Nature. C’est une aire protégée gérée principalement dans le but de protéger les
écosystèmes et à des fins récréatives.
C’est une Zone naturelle, terrestre et/ou marine, désignée (a) pour protéger l’intégrité
écologique dans un ou plusieurs écosystèmes dans l’intérêt des générations actuelles
et futures, (b) pour exclure toute exploitation ou occupation incompatible avec les
objectifs de la désignation et (c) pour offrir des possibilités de visite, à des fins
spirituelles, scientifiques, éducatives, récréatives et touristiques, dans le respect du
milieu naturel et de la culture des communautés locales.
Objectifs de gestion : a) Protéger des régions naturelles et des paysages d’importance
nationale et internationale, à des fins spirituelles, scientifiques, éducatives, récréatives
ou touristiques ; b) Perpétuer, dans des conditions aussi naturelles que possible, des
exemples représentatifs de régions physiographiques, de communautés biologiques,
de ressources génétiques et d’espèces de manière à garantir une stabilité et une
diversité écologique ; c) Limiter le nombre de visiteurs, aux motivations spirituelles,
éducatives, culturelles ou récréatives, afin que l’aire reste dans un état naturel ou
quasi-naturel ; d) Éliminer et, ultérieurement, prévenir toute forme d’exploitation ou
d’occupation incompatible avec les objectifs de la désignation ; e) Garantir le respect
des éléments écologiques, géomorphologiques, sacrés ou esthétiques justifiant la
désignation ; f) Tenir compte des besoins des populations autochtones, y compris
l’utilisation des ressources à des fins de subsistance, dans la mesure où ceux-ci n’ont
aucune incidence négative sur les autres objectifs de gestion.
Directives de sélection : L’aire contient un échantillon représentatif des régions,
éléments ou paysages naturels les plus marquants, à l’intérieur duquel espèces
végétales et animales, biotopes et sites géomorphologiques ont une importance
particulière du point de vue spirituel, scientifique, éducatif, récréatif et touristique. L’aire
est suffisamment vaste pour contenir un ou plusieurs écosystèmes entiers, ne
subissant aucune altération matérielle du fait d’une occupation ou exploitation
humaine.
Responsabilité administrative : C’est normalement la plus haute autorité compétente
du pays exerçant une juridiction sur la région qui est propriétaire et responsable de
l’aire. Il peut toutefois également s’agir du gouvernement local, d’un conseil
autochtone, d’une fondation ou d’un autre organisme dûment établi ayant voué l’aire à
la conservation à long terme.
Aux Comores, les parcs natioanaux représentent la majorité des aires protégées.
Parties prenantes concernées :
l’ensemble des acteurs, notamment les services de l’Union, les services techniques
déconcentrés, les îles autonomes, les collectivités territoriales, les représentants des
communautés locales, les associations, les organisations non gouvernementales et les
opérateurs privés, concernés par une Aire Protégée ;
Plage :
• Zone marine sableuse limitrophe de la zone terrestre ou d’une zone de
mangrove.
• Rampe de sables, de graviers ou de galets développée au niveau du rivage
(plage littorale) et jusqu'aux profondeurs où les houles sont capables de
remaniement (plage sous-marine).
• Bord de mer considéré du point de vue des loisirs, des baignades ; cette station
elle-même : Aller à la plage. Sac de plage.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 16


• Partie de rivage en faible pente au bord d'une rivière ou d'un lac, où on peut se
baigner.
Plan d’aménagement et de gestion (PAG) :
le document et ses annexes présentant les mesures prévues pour assurer la
conservation et la gestion durable d’une Aire Protégée;
Plan de gestion environnementale et de sauvegarde sociale (PGESS) :
le document évalue les impacts de la création de l’Aire Protégée sur les populations,
(personnes affectées), la terre, la propriété, leur accès aux ressources naturelles,
cultuelles et économiques et détermine les mesures pour assurer leur participation à la
vie de l’Aire Protégée ainsi que pour réduire les effets des restrictions de toute nature
qu’elles subissent ;
Ressources biologiques :
comprend les ressources génétiques, organismes ou des parties de ceux-là, des
populations, ou tout autre composant biotique des écosystèmes avec un usage réel ou
un potentiel ou une valeur pour l'humanité.
Ressources génétiques :
matériel d'origine végétale, animale, microbienne ou autre, contenant des unités fon
Système national des aires protégées : l’ensemble structuré des Aires protégées
existantes et à créer représentatif de la biodiversité comorienne en vue d’en assurer la
durabilité ;
Terrestre :
• Qui vit ou croît sur la partie solide du globe (par opposition à aquatique, marin,
etc.) : Animaux terrestres. Plantes terrestres.
• Qui est établi au sol, par opposition à l'air ou à la mer : Les transports
terrestres.
• Une zone terrestre se caractérise par une végétation terrestre. Par exemple, la
mangrove est une végétation marine et le cocotier est un palmier terrestre.
Tidal :
se rapporte aux marées, désignant une zone proche du littoral, comme dans: intertidal,
circatidal, macrotidal, subtidal, zone intertidale. La zone tidale indique le lieu de
balancement des marées, la zone de marnage ou un estran.
Trait de côte :
• Le trait de côte est une courbe ou ligne représentant l'intersection de la terre et
de la mer (dans le cas d'une marée haute astronomique de coefficient 120 et
dans des conditions météorologiques normales). Par extension c'est la limite
entre la terre et la mer, c'est à dire la côte.
• C’est la limite entre la zone ou partie terrestre et la zone ou partie marine du
parc national. On la distingue par la limite des végétaux terrestres comme, par
exemple, les cocotiers et badamiers qui sont terrestres et les arbres de
mangrove qui sont marins.
Zonage :
délimitations intérieures et extérieures selon l’utilisation et l’occupation de l’espace
d’une aire protégée ;
Zone côtière :
toute zone située à l’intérieur ou à proximité du milieu marin mise en réserve, avec ses
eaux sus-jacentes, la faune et la flore associées et les éléments historiques et culturels
qui s’y trouvent ;
Zone littorale :
Zone marine proche de la zone terrestre, couverte en alternance par la mer.
Zone tidale :
bande de terre régulièrement recouverte par la marée
Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) :
organisation internationale œuvrant dans le domaine de la conservation de la nature et
de l’utilisation durable des ressources naturelles ;
Utilisation durable des ressources naturelles :

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 17


l’utilisation de l’ensemble des ressources biologiques renouvelables, minérales ou
pétrolifères non renouvelables, au sens d’un prélèvement, d’une manière et à un
rythme qui n’entraînent pas leur appauvrissement à long terme, sauvegardant ainsi
leur potentiel à satisfaire les besoins et aspirations des générations présentes et
futures.
Zone ou partie marine :
La zone marine comprend l’océan, la mer, les plages et les mangroves. La zone
littorale est comprise dans la zone marine.
Zone ou partie terrestre :
La zone terrestre commence à l’isohypse zéro, et ne comprend pas les plages ni les
mangroves.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 18


Résumé exécutif
La création d’un parc national aux Comores exige, selon la loi sur les aires protégées
des Comores, de posséder un Plan d’aménagement et de gestion. Tel est l’objet de ce
document, pour le parc national Cœlacanthe. Son nom vient du fameux poisson fossile
que l’on croyait disparu depuis 35 millions d’années. Le parc en compte environ 500 à
ce jours si l’on se réfère aux derniers recensements, le prochain devant avoir lieu en
2019.

Ce document décrit le contexte physique, biologique et social du parc national


Cœlacanthe. Le zonage du parc national Cœlacanthe permet de différencier les zones
de protection, les zones côtières et les zones à vocation particulières : habitations,
service, recherche, etc.

Ensuite, le plan d’aménagement et les 5 plans de gestion décrivent les activités à


mener de 2017 à 2021. On y retrouve tous les chapitres classiques pour la gestion
d’une aire protégée : Gestion, communication et administration et finances, protection,
gestion communautaire, formation, éducation, sensibilisation, tourisme, monitoring et
recherche et gestion des invités et des événements. Dans l’Administration, se trouvent
les constructions et réhabilitations et la gestion des documents de loi et des fonds.

En annexes nous avons la liste des espèces de la biodiversité marine des Comores et
du site et la description de quelques phanérogames marine, des documents
techniques (tortues, espèces protégées) et historiques et culturels.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 19


Mot du Vice-Président
Vice-Président chargé du Ministère de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Environnement,
de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme

En ratifiant la convention de Nations-Unies sur la diversité biologique en 1994, l’Union


des Comores a affirmé sa ferme volonté et son engagement à se préparer pour
conserver ce qui reste de sa biodiversité. La mise en œuvre de cette convention,
comme toutes les autres conventions auxquelles le pays a souscrit, rend nécessaire
une mobilisation déterminée des moyens humains, matériels, financiers et
institutionnels et une pleine adhésion de tous les acteurs en vue de garantir, entre
autres, la pérennité des actions entreprises et afin de faire face aux défis
multisectoriels liés à la conservation durable de la biodiversité.
La Stratégie pour l’expansion du Système national des aires protégées permet de
réaliser un bilan des activités réalisées jusqu’à présent et de développer une stratégie
réaliste sur les 5 années à venir concernant la gestion des aires protégées en Union
des Comores.
Depuis 2001, l’Union des Comores s’est dotée d’une perle rare, je veux parler du Parc
marin de Mohéli devenu Parc national fin 2015. Grâce à des efforts soutenus, ce Parc
national permet aujourd’hui de conserver la biodiversité marine et terrestre de Mohéli
et de servir d’exemple pour les autres îles dont l’île de Ngazidja avec ses 3 parcs
nationaux dont le Parc national Cœlacanthe. Depuis plusieurs années, les
gouvernements successifs ont décidé de mettre en place de nouvelles aires protégées,
une agence autonome pour leur gestion, un fonds environnemental pour les faire
fonctionner et des formations pour renforcer les capacités des agents de cette
institution. C’est dans ce contexte que ce document intervient pour une bonne gestion
légale, technique, sociale et économique de ce Parc national.
Les bénéfices attendus du classement de ces sites en aires protégées ne se site pas
seulement en termes de protection d’espèces biologiques, mais aussi en termes
création d’emplois au bénéfice des communautés locales, que ce soit les agents de
l’agence, les guides touristiques et toutes les personnes qui participent directement ou
indirectement au développement du tourisme « nature », les entrepreneurs en charge
de la construction et réfection des bâtiments, les pêcheurs de haute mer ramenant
thons et bonites et encore bien d’autres activités qui contribuent directement ou
indirectement à la conservation de notre patrimoine et de ses services écosystémiques
comme l’eau qui alimente les centrales hydroélectriques ou les forages pour l’eau
potable.
Je suis entièrement confiant dans la capacité de nos populations à relever ce grand
défi de maintenir et d’améliorer l’état de notre patrimoine dans les années à venir. Je
remercie tout particulièrement nos fidèles amis les bailleurs de fonds à savoir le PNUD,
le GEF et l’AFD. Qu’ils acceptent tous les remerciements du Gouvernement et du
peuple comorien. J’adresse une motion particulière au SNU qui, à travers le
Coordinateur Résident Mr. Matthias Naab, joue un rôle central de mobilisation des
ressources techniques et financières pour le développement humain et équitable des
Comores.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 20


Mot du Coordinateur Résident du Système des Nations
Unies, M. Matthias Naab
A la création du premier Parc National des Comores en 2001, à l’époque Parc
Marin de Mohéli, les Comores pensaient déjà développer des aires protégées
marines et terrestres sur toutes les îles de l’archipel.
Depuis cette période, le Système des Nations Unies (SNU), à travers le
Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), était aux côtés
des différents acteurs du pays pour protéger aussi bien la faune que la flore qui
sont d’une richesse impressionnante. C’est ainsi qu’avec le concours du Fonds
pour l’Environnement Mondial (GEF), nous poursuivons notre appui à travers le
« Développement d’un réseau national d’aires protégées terrestres et marines
représentatives du patrimoine naturel unique des Comores et cogérées avec
les communautés villageoises locales ».
L’objectif de ce projet, qui a démarré en décembre 2015, est de soutenir la mise
en place de l’Agence pour la gestion des aires protégées et la création de cinq
nouveaux parcs nationaux, ce qui offre désormais l’opportunité d’en avoir six en
tout. Il s’agit d’une avancée majeure que peu de pays ont l’honneur de pouvoir
développer avec bien sûr, un très grand défi à relever.
En effet, la mise en place d’un parc national est un tout un système qui
demande beaucoup d’efforts, une gestion rationnelle et durable, « en bon père
de famille », entre l’Etat comorien et les communautés, selon les principes
d’une cogestion participative.
A l’heure où les Comores, à l’image des 192 autres pays membres de l’ONU,
se mobilisent pour la mise en œuvre de l’Agenda 2030, notre action doit ainsi
permettre contribuer à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable.
D’abord par rapport aux principes liés à Planète (ODD 12, 13, 14 et 15) et
ensuite pour contribuer à la Prospérité (ODD 7, 8 et 9). C’est ainsi que nous
mettrons fin à la pauvreté (ODD 1) et réduiront les inégalités (ODD 10).
Cette stratégie décrit ainsi les grandes étapes qui nous attendent pour la
réalisation de ces objectifs majeurs auxquels nous devons tous participer. En
effet, il ne s’agit pas seulement de protéger les « perles » des Comores, mais
surtout d’accompagner les communautés dans un développement durable,
profitable à tous et garantissant à la paix.
Nous avons un devoir de bâtir un partenariat exemplaire, avec tous les acteurs-
clés, pour atteindre nos objectifs communs. J’encourage à cet effet l’Agence
Française de Développement (AFD), avec qui le PNUD œuvre pour soutenir la
gestion du Parc National de Mohéli et pour la mise en place du Fonds
environnemental pour les aires protégées des Comores.
Au nom du SNU, je félicite le leadership et la détermination du Gouvernement.
J’adresse ainsi nos plus vifs remerciements au Président des Comores, SE
Azali Assoumani, et au Vice-Président Moustadroine Abdou, en charge du

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 21


Ministère de l’Environnement, pour leur engagement en faveur des aires
protégées des Comores.
Je renouvelle également la volonté des agences des Nations Unies à
accompagner le pays à œuvrer pour le développement durable de ce bel
archipel.
Vive l’Union des Comores verte et durable.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 22


Les Humains ont besoin de la Nature.

La Nature n’a pas besoin des Humains.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 23


1 Introduction
Protéger c’est gérer. La gestion durable commence par une bonne connaissance de
ses forces et faiblesses. Ensuite il faut décrire comment répartir ses forces selon les
zones à l’aide d’un zonage et de règles de travail. Le tout se termine par une
planification globale puis annuelle afin que chacun sache ce qu’il fait.
C’est pourquoi ce document va décrire le contexte du Parc national : le Système
national des aires protégées, le cadre législatif de la gestion des aires protégées aux
Comores, le milieu abiotique et le milieu biotique. Les activités humaines y seront
présentées. Les pressions et menaces sur le parc et la délimitation et zonage
complèteront l’étude. Enfin, le Plan d’aménagement 2017 – 2021 et les plans annuels
de gestion complèteront l’étude.
En annexe, se trouve la liste de la flore et faune marine des Comores telle qu’identifiée
lors de la dernière mission d’étude comanditée par le Réseau national des aires
protégées en 2016.

Encadré 2 : L’état du monde marin selon le WWF et S. Hawking

• En 40 ans, l'Homme a détruit 50%, soit la moitié de la population marine.

• Chaque Euro investi dans une aire marine protégée en génère 3 en termes
économiques notamment en termes de pêche.

• Les récifs coralliens abritent 25 % de toutes les espèces. Ces merveilles de la


nature pourraient avoir disparu dans 30 ans.

WWF International

• « Les humains devront quitter la Terre d'ici 100 ans et coloniser une autre planète
s'ils veulent survivre. »
• En novembre 2016, l'astrophysicien avait déjà mis en garde quant au futur de
l'espèce humaine : « Je ne pense pas que nous survivrons encore 1.000 ans sans
nous échapper de notre fragile planète ». Aujourd'hui, Hawking semble avoir
raccourci son calendrier puisqu'il ne parle plus d'un millénaire mais d'un siècle.

Stephen Hawking, célèbre astrophysicien britannique

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 24


2 Contexte
2.1 Expansion du Système des aires protégées aux Comores
La stratégie d’expansion du système national des aires protégées (SESNAP) aux
Comores établie pour la période 2017 - 2021 jette les bases pour le développement
d’un Système centré autour d’une Agence des aires protégées avec six aires
protégées dans un avenir proche.
Les fondements de la stratégie sont (1) la vision pour l’expansion du Système
national des aires protégées ; (2) les objectifs stratégiques du Système national des
aires protégées (SNAP) ; (3) les principes directeurs pour le Système national des
aires protégées aux Comores et (4) les axes stratégiques pour étendre et gérer le
SNAP aux Comores. Le tout conduit au (5) plan stratégique d’expansion du SNAP aux
Comores.
La vision stratégique du système national des aires protégées aux Comores est :
« D’ici à 2021, un système d’aires protégées gère rationnellement 27 % de la superficie
du territoire national avec une approche communautaire pour un développement
écologique et économique durable. »
Les objectifs stratégiques du Système national des aires protégées aux Comores
sont : « (1) Au moins cinq aires protégées sont créées d’ici à 2021 avec l’adhésion des
communautés et gérées par une Agence fonctionnelle avec une amélioration du niveau
de vie des populations riveraines et (2) Le fonds pour l’environnement et une nouvelle
filière d’enseignement pour les futurs agents du Système national des aires protégées
sont fonctionnels d’ici à 2021. »
Les principes directeurs pour le Système national des aires protégées (SNAP) aux
Comores sont : « (1) Le système garantit le maintien du bon état des écosystèmes et
prévient les risques environnementaux futurs dans les aires protégées ; (2) Le système
contribue au développement durable des activités économiques et garantit le partage
équitable des ressources concernées ; (3) Le système est intégré dans un dispositif de
connaissance et de suivi du milieu ; (4) Le système s’inscrit dans les politiques
intégrées de gestion des milieux terrestres et marins et (5) Le système répond à des
objectifs définis à de multiples échelles (locale, insulaire, nationale et internationale) et
dans ce cadre, collabore avec tous les acteurs.
Les axes stratégiques pour étendre et gérer le SNAP aux Comores sont : « (1)
Renforcer les textes législatifs et réglementaires en améliorant la prise en compte de la
dimension terre-mer (GIZC) pour les aires protégées ; (2) Créer une Agence pour la
gestion des aires protégées ; (3) Créer de nouvelles aires protégées ; (4) Gérer la
protection et la production en encourageant une gestion adaptative des aires
protégées ; (5) Réglementer et surveiller les aires protégées ; (6) Suivre et évaluer les
résultats de la gestion des aires protégées ; (7) Améliorer le financement durable des
aires protégées et (8) Renforcer les capacités des intervenants des aires protégées à
tous les niveaux.
Les aires protégées sont : (1) Parc national de Mohéli ; (2) Parc national Karthala ; (3)
Parc national Ntringui ; (4) Parc national Mitsamiouli-Ndroudé ; (5) Parc national
Cœlacanthe et (6) Parc national Shisiwani.
Les autres axes stratégiques concernent :
• La gestion de la protection et de la production en encourageant une gestion
adaptative des aires protégées, ce qui veut dire protéger tout en développant la
région de façon à ce que tout le monde y trouve son compte. Toutefois, vu le
nombre important d’activité génératrice de revenus AGR ayant périclité dans un
passé récent, de nouvelles approches seront mises en œuvre de façon à
garantir profitabilité et durabilité écologique et économique sans mettre en péril
les ressources.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 25


• Pour améliorer la lutte anti-braconnage, les Rangers (écogardes spécialisés
dans la surveillance et la répression) seront assermentés et formés. Les
écogardes seront sélectionnés à un niveau supérieur au niveau actuellement
admis au Parc national de Mohéli. La lutte contre la pêche à la dynamite et la
vente de viande de tortue sont prioritaires.
• Le monitoring qui permet de suivre les résultats de la gestion seront basés sur
des données scientifiques et sur la base de données incluse dans le système
d’information géographique SIG.
• Le financement durable des aires protégées tel que prévu passe bien
évidemment par une multitude de partenaires spécialisés dans les domaines
qui touchent les aires protégées et aussi et surtout par la mise en place du
fonds environnemental pour les aires protégées des Comores FEC localisé
dans une fondation existante ou à créer. Les discussions sont en cours.
• Le renforcement des capacités de tous les agents et des partenaires du SNAP
passera par de nombreux cours techniques, de communication, pédagogiques
ou autres selon besoins.

2.2 Contexte politique


L’Union des Comores est composée de 4 îles dont Ngazidja. Les aires protégées
couvrent une partie importante de l’île Ngazidja et sont de ce fait sous la responsabilité
nationale du Ministère en charge de l’environnement et sous l’autorité décentralisée,
principalement au Commissariat en charge de l’environnement à la Direction régionale
de l’Environnement.

La Constitution de l’Union des Comores, par sa Mise à jour du référendum du 17


mai 2009 stipule :
Art.7.- (Modifié 2009) Dans le respect de l’unité́ de l’Union et de l’intangibilité́ de ses
frontières telles qu’internationalement reconnues, chaque île administre et gère
librement ses propres affaires. Dans le respect, de la constitution de l’Union, chaque île
autonome établit librement sa loi statutaire. Les lois statutaires sont promulguées après
déclaration par la Cour Constitutionnelle de leur conformité́ à la Constitution.

Dans les îles autonomes, les fonctions, exécutive et délibérative sont exercées par des
organes distincts :
• La Fonction exécutive est exercée par un Gouverneur assisté de
Commissaires. Le Gouverneur est élu au suffrage universel direct majoritaire à
deux tours, pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. Le Gouverneur
est le Chef de l’île autonome. Il exerce par voie d’Arrêté les compétences qui lui
sont attribuées par la Constitution et la loi statutaire de l’île autonome. Il assure
le respect de la Constitution et garantit l’exécution des lois et règlements de
l’Union dans l’île. Il promulgue les délibérations du Conseil de l’île. Il est le Chef
de l’Administration relevant de l’île autonome. Le Gouverneur est tenu informé
de l’exécution des actions de l’Union dans l’île. Le Gouverneur nomme les
Commissaires dont le nombre ne saurait dépasser six, et met fin à̀ leurs
fonctions.
• La Fonction délibérative est exercée par un Conseil de l’île.

Art.9.- (Modifié 2009) Relèvent de la compétence des île autonomes, les matières
suivantes :
• l’administration des collectivités locales ;
• l’organisation des établissements et organismes à caractère administratif,
commercial ou industriel d’intérêt insulaire autres que les sociétés d’Etat ;
• la police urbaine et rurale ;
• les foires et marchés ;
• les allocations d’études et bourses insulaires ;

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 26


• la voirie ;
• l’aménagement des routes secondaires ;
• l’aménagement du territoire de l’île ;
• la construction, l’équipement et l’entretien ainsi que la gestion des
établissements d’enseignement et des personnels, préscolaires, primaires et
secondaires ;
• la formation professionnelle locale de base ;
• la pêche artisanale ;
• l’agriculture et l’élevage à l’exclusion des stratégies et de la recherche ;
• la construction, l’équipement et l’entretien ainsi que la gestion des
établissements et du personnel de la sante de base ;
• les matières autres que celles mentionnées à l’alinéa précèdent relèvent de
l’Union.
• Pour l’exercice de leurs compétences, les îles autonomes tirent leurs recettes
propres de la perception des droits et taxes intérieurs sur les biens et services
conformément à̀ la loi de finances.

La Loi N°11-005 /AU du 07 avril 2011, relative à la décentralisation au sein de


l’Union des Comores stipule :

Le maire
Le Maire de la commune est particulièrement chargé, sous le contrôle du Conseil
communal de :
• conserver et d'administrer les propriétés de la commune et de faire, en
conséquence, tous actes conservatoires ;
• gérer les revenus, de surveiller les établissements et la comptabilité
communale ;
• souscrire les marchés, de passer les baux des biens et les adjudications des
travaux communaux dans les formes établies par les lois et Règlements en
vigueur ;
• préparer et de proposer le budget et d'ordonnancer les dépenses et les
recettes ;
• diriger les travaux communaux ;
• assurer la publication et l'exécution des lois et règlements sur le territoire
communal ;
• exécuter les mesures de sûreté générale ;
• veiller à la sûreté et à la commodité des passages dans les rues, les quais, les
ports, les débarcadères, les places ou voies publiques notamment le
nettoiement, l'éclairage, l'enlèvement des objets encombrants, la démolition ou
la réparation des édifices menaçant ruine, l’interdiction de rien exposer aux
fenêtres et autres parties des édifices qui puisse endommager les passants ou
causer des exhalaisons nuisibles;
• construire et entretenir les cimetières et lieux d’inhumation ;
• assurer le maintien du bon ordre dans les cimetières et lieux d’inhumation ;
• surveiller les marchés installés sur le territoire communal ;
• faire respecter les règles d'hygiène prévues par la réglementation ;
• prévenir les nuisances et les risques causés par les catastrophes, les calamités
naturelles, les maladies épidémiques ou contagieuses, les épizooties en
provoquant l'intervention de l'administration de l’Etat ;
• lutter contre l'insalubrité et les nuisances.

Il faut aussi mentionner les textes suivants :


• 2007 Loi portant code des pêche et aquaculture et son décret 2015
• 1852 Décret-loi pêche maritime côtière

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 27


• 1982 Loi Délimitation zones
• 2015 Agence Maritime

2.3 Cadre législatif existant


2.3.1 Loi-Cadre relative à l’Environnement (LCE)
Elle a constitué le cadre législatif pour la création de l’unique aire protégée légalement
constituée aux Comores et confère la responsabilité de la création des aires protégées
au Ministère en charge de l’Environnement, quoiqu’elle ne précise pas quelle entité est
en charge de gérer et/ou de superviser la gestion des aires protégées. Il est toutefois
implicite que ce rôle devrait incomber à une Direction du Ministère de l’Agriculture, de
la Pêche, de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme,
lequel a un rôle prédominant pour la mise en œuvre de la Loi-cadre. Cependant, en
vertu de la loi sur la gestion forestière et le Code des pêches et de l’aquaculture
développés respectivement en 2012 et en 2007, plusieurs Directions ont la
responsabilité des aires protégées marines et terrestres : environnement et pêches.
2.3.2 Loi forestière
La Loi relative à la Gestion Forestière (Loi N° 12/001 AU, juin 2012) considère les aires
protégées comme des forêts classées (article 32), en vertu de quoi elles sont soumises
aux dispositions de cette loi. La LCE et la loi relative à la gestion forestière fixent
chacune leurs propres conditions pour la création d’une aire protégée ou d’un domaine
forestier.
2.3.3 Code des pêches
Le Code des Pêches et de l’Aquaculture (Loi N° 07/011/AU du 29 août 2007) confère
la responsabilité de la protection des espèces et des écosystèmes aquatiques à
l’administration chargée de la pêche et de l’aquaculture, en collaboration avec
l’administration chargée de l’environnement (art. 56). Cette protection inclut (art. 57) la
création d’aires protégées aquatiques (réserves, parcs marins et sanctuaires) et la
conservation ex-situ (aquarium et banques de gènes). On y distingue les réserves
aquatiques (art. 63) définies comme des aires délimitées à des fins d’aménagement
pour protéger les ressources halieutiques, les sanctuaires principalement destinés à
protéger les espèces menacées d’extinction (art. 72) et les parcs marins (art. 64) qui
sont des espaces du domaine public maritime créés pour assurer la conservation des
espèces animales et végétales et leurs habitats. La responsabilité du classement et de
la délimitation des aires protégées aquatiques (art. 73) est partagée par l’administration
chargée de la pêche, l’administration chargée de l’environnement, les autorités des îles
autonomes et les représentants des populations riveraines. La gestion des aires
protégées marines (art.76) est aussi partagée par l’administration chargée de la pêche
et l’administration chargée de l’environnement dont l’autorisation est requise pour
mener une série d’activités dans les aires protégées aquatiques.
Le décret N° 15 – 050/PR Portant application de la loi N° 07-011/AU du 29 août 2007
relative au Code des Pêches et de l`Aquaculture de l`Union des Comores traite des
plans d’aménagement des pêcheries, de l’immatriculation des navires et des
embarcations de pêche locaux, des licences de pêche commerciale, des autorisations
de pêche scientifique et de pêche de prospection et des mesures de conservation et
de gestion suivantes : interdiction de la pratique de la pêche au harpon et de la pêche
à pied dans les récifs coralliens, de la pratique du chalutage dans la mer territorial, de
l’utilisation dans une distance en-deçà de 24 milles marins (44,448 km) de filets
maillant dont la maille est inférieure à deux centimètres en état mouillé, dérivants d’une
longueur supérieure à 500 mètres et de naviguer ou de pêcher dans un rayon de 3
milles marins (5,556 km) autour des dispositifs de concentration de poisson (DCP)
ancrés. Le pêche, conservation, transbordement, vente, achat, d’ailerons de requins ou
de requins-renards est interdite sauf dans le cadre de programmes de recherche

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 28


approuvés par le Conseil scientifique de la Commission des Thons de l’Océan Indien
(CTOI).
Le décret prévoit aussi les mesures de suivi, contrôle et surveillance des opérations de
pêche. Bien que complet et précis, ce décret reste très peu mis en application.
2.3.4 Protection de la flore et faune
La législation prévoit une protection pour les espèces comoriennes aux niveaux
international (CITES) et national par l’Arrêté sur la Protection de la faune et de la flore
sauvages des Comores (N° 01/031 MPE/CAB du mois de mai 2001), qui fournit deux
listes précisant les espèces de la faune et de la flore intégralement et partiellement
protégées (dont l’utilisation est soumise à l’autorisation préalable du ministre de
l’Environnement, après consultation d’une institution scientifique nationale autorisée).
Bien que des révisions périodiques aient été prévues, la liste n’a jamais été révisée.
Voir en annexe 2 les listes des espèces intégralement et partiellement protégées.
2.3.5 Conservation des tortues
Voir annexe 6 : Fiche technique sur les tortues marines
Un Arrêté portant adoption du Plan d’action pour la conservation des tortues marines
aux Comores (N° 01/033 MPE/CAB du 14 mai 2013) valide le document et l’adopte
comme instrument national pour la protection des tortues marines.
2.4 Structures institutionnelles
2.4.1 Direction Générale de l’Environnement et Forêts (DGEF)
Elle a la responsabilité institutionnelle des aires protégées aux Comores et est
responsable de la coordination et du suivi des mesures prévues dans la Stratégie pour
la conservation de la biodiversité du pays et de la coordination des actions du
Gouvernement et des ONGs pour protéger les écosystèmes marins, côtiers et
terrestres.
2.4.2 Directions en charge de l’Environnement des Îles Autonomes.
Ces directions régionales relèvent des Commissariats des îles en charge de
l’environnement et ne sont pas reliées à la DGEF. Les directeurs sont nommés par
arrêtés des Gouverneurs des îles.
2.4.3 Centres Ruraux de Développement Économique (CRDE)
Ils ont été créés en février 2013 (Décret No. 13-015/PR) pour superviser les
programmes de développement rural pour l’amélioration de l’économie à travers les
secteurs de production et de protection de l’environnement. En matière de protection
de l’environnement et de conservation des ressources naturelles, les centres
devraient :
a) organiser et réaliser des campagnes de sensibilisation relatives aux activités de
reboisement ;
b) appuyer et faciliter la réalisation des études d’impact environnemental (ÉIE) ;
c) veiller au respect des lois et règlements relatifs à la gestion de l’environnement
et des ressources naturelles, avec la collaboration, lorsque nécessaire, des
forces de police et de la gendarmerie. Une relation étroite pourrait être établie
entre chaque aire protégée et le CRDE concerné.

2.4.4 Direction nationale de la protection civile


Elle peut participer à la surveillance des aires protégées et à l’application des
règlements. Certains membres du personnel ont reçu une formation sur la gestion des
aires protégées. La Garde Côtière Nationale est responsable des activités de
surveillance et d’assurer la sécurité dans le milieu marin des Comores. Les brigades
des gendarmeries et les commissariats de police dans les préfectures sont
responsables de la surveillance et de l’application des règlements dans leur territoire
respectif.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 29


2.5 Nouvelle Loi sur le Système national des aires protégées des
Comores
Le projet de loi sur le système des aires protégées des Comores vise à doter les aires
protégées du pays d’un cadre juridique et institutionnel adéquat. Sont notamment
inclus dans les aires protégées les Parcs nationaux, les Réserves et les Monuments
naturels.

Ce cadre comprend la mise en place d’une Agence nationale pour la gestion des aires
protégées, la description de la réglementation à appliquer dans les aires protégées
actuelles et futures et la création de cinq nouvelles aires protégées dont ce Parc
national. Toutes les aires protégées seront grâce à cette loi, gérée par une structure
permanente, à savoir l’Agence nationale pour la gestion des aires protégées « Parcs
nationaux des Comores ».

Actuellement, le Ministère prépare la publication/validation d’une loi décrivant en détail


le fonctionnement de ces aires protégées, existantes ou nouvelles, en accord avec les
conventions que le pays s’est engagé à respecter et les lignes directrices de l’Union
Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) qui sont mondialement
appliquées.

De ce fait, avec l’appui du projet « Réseau national des aires protégées » financé par
le GEF et exécuté par le PNUD, un long processus de discussion de la nouvelle loi sur
les aires protégées a démarré début 2016. De nombreux Experts Juristes nationaux
spécialisés dans la gestion de l’environnement et issus des îles de Ngazidja, Ndzuani
et Mwali, avec l’appui de 2 consultants internationaux ont travaillé de commun accord
lors d’ateliers et de réunions qui se tiennent régulièrement pour l’amélioration du texte
final. Les Experts Juristes nationaux sont issus de la Vice-Présidence en charge du
Ministère de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Environnement, de l’Aménagement du
Territoire et de l’Urbanisme et de la Direction générale de l’environnement, des
Députés de l’Assemblée nationale et de la Commission en charge de la Production de
l’Assemblée nationale, des Gouvernorats et Directions régionales de l’Environnement
et du privé.

Un Comité consultatif national a travaillé sur les textes lors de deux ateliers nationaux
et six ateliers ont eu lieu dans les îles pour discuter et amender les textes proposés.
De nombreuses réunions notamment avec les Députés et la Commission en charge de
la Production de l’Assemblée nationale ont permis de recadrer et corriger les textes
proposés jusqu’à leur version actuelle.

Le projet de loi sur les aires protégées des Comores est structuré comme suit :
• Titre I. Dispositions générales
o Chapitre 1 - Définitions
• Titre II. Objectifs
• Titre III. Statuts des Aires protégées
o Chapitre 1 – Le Parc national
o Chapitre 2 – Le Monument naturel
o Chapitre 3 – La Réserve spéciale
o Chapitre 4 – Le Paysage protégé
o Chapitre 5 – La Réserve de ressources naturelles gérée
• Titre IV. Création d’aires protégées
o Chapitre 1 – Aire protégée et régime de propriété
o Chapitre 2 - Procédure de création
• Titre V. Zonage des aires protégées
o Chapitre 1 – Délimitations intérieures
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 30
§ Zones de Non Prélèvement, cœur de l’aire protégée, où la
protection est prioritaire ;
§ Zone d’Utilisation Contrôlée alliant protection et production ;
§ Zone d’Utilisation Durable alliant production et protection ;
§ Zone d’Occupation Contrôlée habitée ;
§ Zone Culturelle (Mosquée, cimetières, etc.)
§ Zone de Service destinée à l’implantation d’infrastructures
touristiques, fonctionnelles, de production électrique ou autre ;
§ Zone de Recherche scientifique.
o Chapitre 2 – Délimitations extérieures
• Titre VI. Gestion du Système des Aires Protégées
o Chapitre 1 – Gouvernance et règles de gestion
§ Section 1 - Règles générales de gouvernance
L’Agence pour la gestion des aires protégées des Comores gère les aires protégées
des Comores.
§ Section 2 - Règles particulières de gouvernance ;
§ Section 3 - Règles particulières aux activités de recherche et
d’extraction minière et d’hydrocarbures ;
o Chapitre 2 – Mécanismes institutionnels
§ Section 4 - Supervision de l’Agence et financement des Aires
Protégées ;
§ Section 5 : Délégation de gestion
§ Section 6 : Missions essentielles de l’Agence
§ Section 7 : Documents stratégiques
- Sous-section 1 : Plan d’Aménagement et de Gestion y
inclus le plan d’affaire
- Sous-section 2 : Plan de Gestion Environnementale et de
Sauvegarde Sociale
- Sous-section 3 : Accord de Cogestion
- Sous-section 4 : Règlement Intérieur
• Titre VII. Régime Pénal Spécial
o Chapitre 1 : Les infractions
o Chapitre 2 : Procédure de constatation des infractions
o Chapitre 3 : Poursuites et actions
o Chapitre 4 : Les peines encourues
o Chapitre 5 : Confiscation et sort des objets végétaux et animaux saisis
• Titre VIII. Dispositions finales

Une aire protégée est composée de différentes zones dans lesquelles les activités
humaines sont réglementées allant de l’interdiction d’y pénétrer ou d’y prélever
quelque ressource que ce soit -Zone de Non Prélèvement- à une réglementation plus
ou moins stricte selon les activités humaines envisagées et les prélèvements de
ressources naturelles pratiqués. L’emprise spatiale des aires protégées portant sur le
sol, le sous-sol et le dessus du sol du territoire terrestre et maritime comorien, la
législation nouvelle proposée a une dimension transversale. En quelque sorte, la mise
en place des aires protégées sur environ 30 % du territoire national (estimation en
cours : délimitation exacte sur le terrain) constitue une forme complète d’aménagement
du territoire. De même, elle concerne aussi différentes ressources naturelles qui
disposent chacune de règles sectorielles spécifiques de gestion.

Les aires protégées à créer (Parc national Karthala, Parc national Cœlacanthe, Parc
national Mitsamiouli-Ndroudé, Parc national Ntringui et Parc national Shisiwani) sont
regroupées et gérées au sein du Système des Aires Protégées des Comores
ensemble avec le Parc national de Mohéli déjà en place depuis 2001. La Catégorie
« Parc national » a été choisie pour les cinq nouvelles aires protégées du Système
National des Aires Protégées des Comores (SNAP) en ce qu’elle permet d’allier les

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 31


objectifs de conservation de la biodiversité à ceux du développement durable au
bénéfice des communautés locales tel que pratiqué depuis 2001 au Parc national de
Mohéli.

Des dispositions spéciales d’ordre pénal sont prévues dans l’avant-projet de loi pour
sanctionner le non-respect des règles de protection instituées en faveur des aires
protégées. Membre du conseil d’administration de l’Agence nationale pour la gestion
des aires protégées des Comores, l’Etat dispose d’un pouvoir d’orientation, de suivi et
de contrôle sur son fonctionnement. Sa gestion reposera sur un Pacte entre les parties
prenantes à savoir l’Etat, la société civile et les communautés locales, gage de la
confiance des bailleurs de l’environnement, qui considèrent la biodiversité comme un
bien dont la préservation incombe à l’humanité toute entière. Ce montage institutionnel
est garant de la pérennité des structures à créer et du financement à long terme du
système des aires protégées dont l’essentiel proviendra de la coopération
internationale multiforme.

Tableau 1 : Superficie des aires protégées en ha


Tot ha Marin Côtier et îlots Terrestre
Mohéli 44.922 Marin/côtier /terrestre 36.675 3.725 4.522
Cœlacanthe 9.276 Marin/côtier 8.415 861
Karthala 26.214 terrestre 26.214
Mitsamiouli-
2.314 Marin/côtier 1.857 457
Ndroudé
Shisiwani 6.500 Marin/côtier 6.500
Ntringui 11.700 Terrestre 11.700
Somme 53.447 5.043 42.436
∑ Mar+côt 58.490 ∑ Côt+Ter 47.479
Grand Total 100.925
Nouvelles AP 56.004

Tableau 2 : Pourcentage de couverture des aires protégées

Aire protégée Île % Terre % Mer


Mohéli Mwali 28,44 19,62
Karthala Ngazidja 22,83
Cœlacanthe Ngazidja 1,83
Mitsamiouli-Ndroudé Ngazidja 0,46
Ntringui Ndzuani 27,59
Shisiwani Ndzuani 1,69
Total île Ngazidja 23,98 2,03
Total île Ndzuani 27,59 1,69
Total île Mwali 28,44 12,29
Total 25,50 4,49

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 32


2.6 Contexte démographique
2.6.1 Historique du peuplement
Les îles Comores sont restées longtemps inhabitées. A partir du VIIe siècle après J.C.,
des navigateurs provenant de la Mer Rouge et du Golfe arabique atteignent les côtes
de l’Afrique orientale. Les nouveaux arrivants se croisent avec la population locale.
L’Islam a fait partie de la civilisation Comorienne dès le début. Les premiers villages
incluaient, au moins en partie, des musulmans. L’Archipel des Comores se trouve sur
la trajectoire de la route des Indes. Au XVIe et XVIIe siècle, les navigateurs portugais
s’arrêtent aux Comores. Par la suite, d’autres nations concurrentes comme la
Hollande, l’Angleterre et la France sont restés à leur tour dans l’archipel.
La période 1794 à 1820 est celle des invasions malgaches. Les envahisseurs viennent
en grandes pirogues depuis le Nord de Madagascar. Les habitants construisent alors
des fortifications pour se protéger. Finalement ils ont accepté la tutelle coloniale
française dès 1884 à Mayotte et en 1886 pour les trois autres îles.
2.6.2 Démographie
Un des problèmes que rencontrent souvent les pays en voie de développement est la
croissance démographique. Les Comores n’échappent pas à ce phénomène. Le taux
de croissance de la population est actuellement de 3,3%. Celui-ci est le résultat d’une
natalité élevée et d’une diminution de la mortalité. La population est extrêmement
jeune : 47% de la population a moins de 15 ans. La population est inégalement répartie
sur tout le territoire. (Voir tableaux ci-dessous).
Cette évolution laisse présager que les pressions sur les ressources naturelles et la
biodiversité suite à l’accroissement démographique ne pourront que s’aggraver dans
les années à venir. Celui-ci se manifeste essentiellement par la multiplication de zone
d’habitat informel, et l’augmentation des problèmes sanitaires liés à la production
croissante de déchets ménagers et d’eaux usées. A Ngazidja le taux de croissance est
de 2,7% pour une population de 525.000 habitants en 1996 (Voir carte ci-dessous).

Tableau 3 : Population de l’union des Comores en 2000

Îles Hommes Femmes Total %


Mohéli 18.307 17.080 35.387 6,0
Ndzuwani 127.506 131.593 259.099 43,9
Ngazidja 147.528 148.137 295.665 50,1
Total 293.341 296.810 590.151 100
Moroni 20.736 20.821 41.557 7,0

Tableau 4 : Population de l'Union des Comores selon le sexe et l'île. Evolution


2017-2025, estimations.

Année Mohéli Ndzuwani Ngazidja


Total Hommes Femmes Total Hommes Femmes Total Hommes Femmes
2017 55.404 28.153 27.251 350.859 176.213 174.646 421.884 210.408 211.476
2018 56.932 28.907 28.025 360.409 181.135 179.274 433.347 216.243 217.104
2019 58.454 29.654 28.800 370.168 186.166 184.002 445.102 222.227 222.875
2020 59.967 30.396 29.571 380.119 191.296 188.823 457.133 228.351 228.782
2025 67.158 33.890 33.268 432.035 218.091 213.944 520.668 260.695 259.973

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 33


Tableau 5 : Population de l'Union des Comores selon le sexe et le milieu de
résidence. Evolution 2017-2025, estimations.
An Population totale Population urbaine Population rurale
Union des Comores Union des Comores Union des Comores
Total Hommes Femmes Total Hommes Femmes Total Hommes Femmes
2017 828.147 414.774 413.373 315.358 157.946 157.412 512.789 256.828 255.961
2018 850.688 426.285 424.403 330.152 165.441 164.711 520.536 260.844 259.692
2019 873.724 438.047 435.677 345.471 173.204 172.267 528.253 264.843 263.410
2020 897.219 450.043 447.176 361.220 181.187 180.033 535.999 268.856 267.143
2025 1.019.861 512.676 507.185 447.719 225.065 222.654 572.142 287.611 284.531

[Link]
Carte 1 : Répartition de la population à Ngazidja en 1984

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 34


Source : Etude d’impact environnementale (RFIC 2000)
Carte 2 : La population à Ngazidja en 2000

2.7 Contexte social


Voir l’annexe 5 : Blanchy S. (2017). Cités, citoyenneté et territorialité dans l’île de
Ngazidja (Comores). Journal des africanistes.

L’unité sociale est le village. Le Chef de village a autorité sur tout au village ; il est
désigné par les grands notables du village. Les Grands Notables deviennent notables
par le grand Mariage (Anda), cérémonie traditionnelle complexe se déroulant sur
plusieurs mois. Les Grands Notables ont une hiérarchie et se réunissent en réunion de
Notables selon les besoins, souvent mensuellement et ils se retrouvent régulièrement
chaque vendredi à la grande mosquée informellement. Il n’existe pas de mendiants. Le
système social complexe (Mila) permet à chaque personne en difficulté de trouver de
quoi manger et se débrouiller face aux évènements de la vie en demandant de l’aide à
sa famille, voisins ou proches, aide qui n’est pas refusée du fait des habitudes
d’entraide. Les terrains sont possédés majoritairement par les femmes qui possèdent
et héritent des maisons. L’oncle est le personnage central pour la femme, quant à la
prise de possession d’une maison. En cas de divorce, la femme a toujours une maison
et c’est l’homme qui est à la rue.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 35


2.8 Contexte culturel
Voir l’annexe 5 : Blanchy S. (2017). Cités, citoyenneté et territorialité dans l’île de
Ngazidja (Comores). Journal des africanistes.

Le Anda na mila constitue, en quelque sorte, la fondation sociale des villages. Le


Anda est une coutume traditionnelle qui se caractérise par une spécificité mondiale, la
pratique du grand mariage, qui consiste en un « second » mariage où le couple devient
notable avec plusieurs nuances de hiérarchie dans la notabilité. Les cérémonies sont
très complexes et coûteuses et les prêts entre les familles sont remboursés lors d’un
autre grand mariage. Le Mila est l’organisation sociale, une loi ou code local qui prône
le respect des coutumes sociales et le respect des parents et le respect de la
hiérarchie et des niveaux de pouvoir. Le Mila permet aussi de trouver des
financements pour les investissements intra familiaux ou communautaires. Les
Notables peuvent prendre une décision pour punir un villageois et l’application de cette
punition est de loin plus efficiente que celles mises en œuvre par le système juridique
légal. Le niveau des pénalités sont du même ordre que celles promues par la loi,
cependant, l’application est respectée par tous et est réellement mise en œuvre.
2.9 Contexte économique
Chindini est le port principal du Parc national Cœlacanthe et permet la liaison avec
Mohéli chaque jour malgré de fréquent chavirages dûs aux vagues à l’entrée de la baie
de Chindini. On compre régulièrmeent plus de 25 bateaux stationnés dans la baie. La
majorité sont des barques de type « vedette » ou Kwassa destinées à la pêche à la
traîne et à la palangrotte.
Plusieurs débarcadères se trouvent sur la côte dans des conditions parfois difficiles
lorsque la houle est forte : Malé, Ourovéni, Simamboini, Ifoundihé Chamboini, Mlimani,
Mandzissani, Mindradou, Itsoundzou, Dzahadjou, Mbambani, Singani, Bangoi et
Salimani.
L’agriculture côtière se compose des cultures de rente comme la vanille, des cultures
de subsistance comme le manioc et des fruitiers comme cocotiers, manguiers, banane,
fruits à pain et jacquiers.
Salimani était autrefois une ville industrielle et un grand port. Les exportations d’huile
essentielle concernent l’Ylang-ylang et de girofle, de coprah et de bois d’œuvre.
`

Actuellement Chindini est aussi un point de départ peu fréquenté pour le Whale-
watching, soit l’observation des baleines, dauphins et tortues marines (en mer).

2.10 Contexte religieux


Voir l’annexe 5 : Blanchy S. (2017). Cités, citoyenneté et territorialité dans l’île de
Ngazidja (Comores). Journal des africanistes.

Tous les villageois sont musulmans, ce qui est mentionné comme premier point du
préambule de la Constitution.
Les villages ont tous un chef religieux, appelé Foundi, qui maîtrise et enseigne l’Islam
et le Coran et prêche dans une mosquée par village.
Les personnages important dans l'Islam aux Comores sont :
• Le Foundi : professeur du coran, il exerce dans les école coranique ou dans les
madrassas. Les Foundis servent de conciliateurs dans les villages et de juges
pour les affaires locales. Le Foundi peut être le Hatub (Grand Chef) ou l’Imam
(Conduit la prière), qui fait les discours lors de la prière du vendredi.
• Un Cadi (arabe: ‫[ ﻗﺎﺿﻲ‬qāḍī], « juge ») est un juge musulman remplissant des
fonctions civiles, judiciaires et religieuses. Les Cadi sont les chefs religieux par
Préfecture. Le Cadi est juge et dépositaire du droit coranique, il règle les litiges
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 36
de propriété et du droit civil. La cour suprème de la justice musulmane est
dirigé par le Grand Cadi.
• Le Sheikh : est un saint homme musulman, il y en a un par confrérie, et il a une
renommé locale ;
• Le Mufti ou Moufti : est un saint homme aussi mais de renommée
internationale. Le Moufti à Moroni a son bureau au Mouftorat de Moroni. Il est le
Chef suprême de l’Islam dans le pays ;
• Le Sharif : descendant héréditaire du prophète ;
• L'Imam: c'est celui qui conduit la prière ;
• Le Muezzin : est l'assistant de l'Imam. Il appelle à la prière du haut du minaret.

Les jugements sont oraux et appliqués avec discipline par les villageois sans aucun
acte écrit. Les Cadi marient les couples qui sont enregistrés au besoins par la voie
officielle par la Préfecture (avec témoins).

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 37


3 Milieu abiotique
3.1 Introduction
Apparu à la fin du tertiaire, l’archipel des Comores est issu des activités volcaniques
qui se sont exercées au cours du temps. Il est situé entre 11°22’ et 13°5’ de latitude
sud ; 43°12’ et 45°19’ de longitude est, dans la partie nord du canal du Mozambique
entre l’Afrique orientale et Madagascar. L’archipel est composé de 4 îles : Maoré
(Mayotte), Ndzouwani (Anjouan), Mwali (Mohéli) et Ngazidja (Grande-Comore). La
première île est restée sous administration française suite au refus par referendum de
se joindre à l’indépendance. Les trois dernières ont formé la République Fédérale
Islamique des Comores en constituant un état indépendant depuis juillet 1975. En
1997, une crise politique a ébranlé la république, mais le calme a été ramené en 1999
pour une réconciliation nationale fondée sur l’approbation d’une nouvelle constitution
consacrée à la mise en place d’une Union des Comores avec trois îles autonomes. La
capitale Moroni est située à Ngazidja. (Carte ci-dessous)
Ngazidja est l’île la plus volcanique, la plus jeune, la plus grande (1.148 km2) et la plus
occidentale Elle mesure 64 km de long et 24 km de large, à 700 km de la côte nord-
ouest Malgache et à 300 km de la côte orientale de Mozambique. Au centre sud, l’île
reste sous l’emprise du Karthala, le volcan ayant la plus grande caldeira active du
monde.

Source : [Link]
Carte 3: Localisation de l’île de Ngazidja dans l’Océan indien et dans l’archipel
des Comores

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 38


3.2 Situation géographique
Le site du parc national Cœlacanthe, se trouve au sud de l’île à une très faible altitude ;
avec les coordonnées géographiques suivantes : longitude de 43°14'30" et 43°32'00"
Est et une latitude de 11° 48'00"et 11° 57'00" Sud. (Carte ci-dessous). Le Parc
national Cœlacanthe a une superficie de 9.276 ha dont 861 ha terrestres côtiers
(bande de 200 mètres à partir du trait de côte vers l’intérieur des terres).

PARCS NATIONAUX DES COMORES


Parc National Coelacanthe
43°18'0"E 43°21'30"E 43°25'0"E 43°28'30"E 43°32'0"E

11°46'30"S
. 11°46'30"S

Salimani
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X Y
X

Y
X

11°50'0"S
Y
X

11°50'0"S
Y
X
Y
X
Y
X

Bangoi
Y
X
Y
X

Y
X
XY

Hetsa
Y
X Y
X

Dzahadjou
Y
X

Y
X
Y
X

Singani
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Itsoundzou
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X

Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X

Y
X

Y
X
Y
X
Y
X
Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X

Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X

Y
X

Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X

Mindradou
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Malé
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X

Mandzissani
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

11°53'30"S
Y
X
Y
X
Y
X

11°53'30"S
Y
X
Y
X XY
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X Y
X

Infoundihé Chambouani
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X

Y
X

Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X

Y
X

Dzahadjou Ourovéni
Y
X

Y
X
Y
X

Légende

Y
X
Y
X
Y
X Y
X
Y
X

Y
X
Y
X Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X
Y
X

Chindini
Y
X
Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Simamboini
Y
X

Y
X

Villages
XY
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X

Y
X

Y
X Y
X
Y
X
Y
X

Y
X

Délimitation
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

XY
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X
Y
X

Y
X

Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Routes Y
X
Y
X

11°57'0"S
Y
X
Y
X

11°57'0"S
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Nair Aboubacar Allaoui


Expert SIG au Systeme National des Aires Protegees
aboubacarnair@[Link]
5 000 2 500 0 5 000 Mètres +2693569495
Systeme de projection : UTM WGS84 38S
Source : Delimitation proposee: Cartes MAREX

43°18'0"E 43°21'30"E 43°25'0"E 43°28'30"E 43°32'0"E

Source : (Parcs nationaux des Comores 2017)


Attention, il faut ajouter le Banc Vailleu (O’Raya, 20 Km à l’ouest de Salimani).
Carte 4 : Localisation du parc national Cœlacanthe dans l’île de Ngazidja

3.3 Sciences de la terre


3.3.1 Généralités
L’archipel des Comores fait partie d’une chaine de volcans sous-marins. Dans ce
secteur, on trouve aussi le banc Vailhau (O’Raya), un récif à 22 km à l’ouest de
Ngazidja. Les îles Glorieuses et l’atoll d’Aldabra (Seychelles), se trouvent à 300 et 370
km des Comores.
La profondeur de l’océan entre l’archipel et le continent peut atteindre 3.000 m et au
minimum environ 400 m entre les îles. Celles-ci n’ont jamais été reliées à l’Afrique ou à
Madagascar par de la terre ferme . En effet, l’archipel est apparu bien après la dérive
des continents et l’isolement de Madagascar.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 39


Le volcanisme a commencé au Miocène-Pliocène par un bouclier primitif : les îles
reposent sur une croûte océanique granitique dont on trouve quelques traces sous
formes d’enclaves gréseuses. Plusieurs phases d’accumulation volcanique s’y sont
succédées et ont interféré avec les phases d’érosion. L’aspect actuel des îles des
comores est dû à des activités volcaniques assez récentes (Louette 2004).
3.3.2 Géomorphologie
Après la séparation de Madagascar de l’Afrique suite à la dislocation du continent
Gondwana, l’Archipel des Comores a surgi du fond marin dans le canal du
Mozambique à la fin de l’ère tertiaire (3 millions d’années). Ngazidja est apparu au
quaternaire. L’île a la forme d’un pied gauche ; elle est divisée en trois grandes régions
naturelles :
• Le massif du Karthala au centre à 2.361 m d’altitude, s’étend sur les 2/3 de l’île
avec 24 Km de large et 30 Km de long. Le Karthala est un volcan bouclier
grossièrement circulaire renfermant le plus grande caldeira active au monde (30 km
de diamètre). Il est constitué d’un seul cône de 20 à 25 km de diamètre très aplati,
au sommet arrondi, dont la pente assez régulière varie de 12% au Nord et de 30 %
au Sud.
• Le massif de « La Grille » à 1.087 m d’altitude au nord de l’île de Ngazidja, occupe
moins du tiers de l’île. Il renferme un volcan en dormance, ou éteint, hérissé d’un
dôme entouré de 120 cônes stromboliens.
• Le massif de Mbadjini (zone) forme un bouclier de 650 m d’altitude au sud-est de
l’île sur 15 km de long et 10 km de large.

Ngazidja est une île encore jeune (130.000 ans selon les spécialistes). Elle est
seulement bordée de quelques récifs frangeants discontinus et peu développés en
largeur. La géomorphologie de Ngazidja (volcanisme récent) fait qu’il y a peu de plages
de sable blanc : les 2/3 de celles qui existent sont rencontrées au nord de l’île;
l’ensemble témoigne la présence de fonds corallifères comme à Mitsamiouli dans le
Parc national Mitsamiouli-Ndroudé. Environ 90% des plages de sable de l’île de
Ngazidja ont disparu durant la dernière décennie (Louette 2004).
3.3.3 Volcanisme
Le volcanisme ancien, responsable de la formation de l’archipel, s’est propagé dasn le
temps du sud-est au nord-ouest, donnant naissance à Mayotte (0,48 à 7,7 millions
d’années = MA), à Mohéli (0,36 à 5 MA), à Ndzuwani (1,49 à 3,9 MA) et Ngazidja
(10.000 à 130.000 ans). Sur Ngazidja, les activités volcaniques continuenet et sont
apparentes jusqu’à nos jours.
Sur les îles, excepté Ngazidja, les activités volcaniques appartiennent au passé et la
végétation n’est pas détruite ou en cours de régénération nulle part.
L’activité volcanique dans cet archipel correspond à des épanchements surtout
basaltiques. On y reconnaît quatre types de relief correspondant à des degrés
d’évolutions différentes dont l’un se rencontre dans le massif du Karthala. Il s’agit d’une
constitution de formes structurales primitives où l’érosion est à peu près nulle. Le relief
continue encore à se construire naturellement par des coulées de laves qui ont eu lieu
à des époques différentes.
Ngazidja comporte deux massifs montagneux : celui du Karthala au sud, dont le
sommet culmine à 2.361 m avec de fortes pentes et une caldeira sommitale de 4 km
de diamètre et celui de la Grille (la Grill ou le Grill) dans la partie nord, dont le sommet
s’élève à 1.087 m. La péninsule de la Grille est hérissée de +/- 80 petits cônes
stromboliens. Ces deux massifs sont reliés par le col de Dibwani qui constitue un
passage à une altitude d’environ 500 m. De nombreuses grandes coulées de lave plus
ou moins récentes, dont la pluspart sont descendues jusqu’à la mer, sont très
apparentes dasn plusieurs secteurs des flancs du Karthala. C’est principalement, au
dix-neuvième – début du vingtième siècle, que les coulées de lave ont été

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 40


nombreuses. Des éruptions se sont produites récemment en 1965, 1972, 1977, 1991,
2000 et 2003. En 1977, la lave sortit d’une fissure sur le flanc occidental à proximité du
village de Singani et non du cratère au sommet et coula jusqu’à la mer, en emportant
tout sauf une mosquée où un pauvre bougre survécuté pour finalement devenir fou. En
1991, l’éruption s’est limitée à la caldeira. En 2000 et 2003, une activité s’est
manifestée sans coulée de lave. Au sud de l’île, le plateau de Mbadjini constitue la
partie la plus ancienne de l’île et constitue une zone de sécurité en cas d’éruption.
3.4 Pédologie
L’île de Ngazidja est particulière et possède des sols bruns, des pouzzolanes et l’eau
percole pour ressurgir au niveau de la mer.
Les 3 autres îles de l’archipel diffèrent totalement sur ces points. Ce sont des volcans
plus anciens, inactifs, possédant des sols bien formés et des petites rivières qui ont
creusé des valées.
Au niveau pédologique, on rencontre 3 catégories de sols aux Comores :
• Les sols ferralitiques ;
• Les sols bruns ;
• Les andosols rencontrés surtout à Ngazidja. Ils se développent essentiellement
sur les matériaux volcaniques de la phase récente.
En fonction du degré d’évolution, ils sont plus ou moins épais, mais généralement
limités en profondeur, par la roche mère intacte ou peu altérée. Ils sont caractérisés
par un taux de porosité pouvant atteindre 90%, une forte teneur en matière organique
et une perméabilité très élevée. Il sont fréquemment fertiles.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 41


Source : Atlas 2002 PNUE
Carte 5 : Géomorphologie et géologique de Ngazidja

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 42


Source : Etude d’impact environnemental 2000 RFIC
Carte 6 : Carte synthétique sur les caractéristiques physiques de Ngazidja

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 43


Source : Bachèlery & Coudray 1994
Carte 7 : Chronogramme des coulées de lave

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 44


3.5 Climat
3.5.1 Type
Le climat est de type tropical humide sous influence océanique. L’année peut être
divisée en deux grandes périodes : une saison sèche et plus fraîche de mai à octobre
et une saison humide et chaude de novembre à avril. L’insularité, l’altitude, l’irrégularité
des reliefs sont à l’origine d’une grande diversité de climats locaux (service
météorologique de Moroni).
L’île de Ngazidja présente deux tendances : une région occidentale humide ou très
humide et une région côtière orientale sèche, parfois très sèche. Tous les
intermédiaires entre ces deux extrêmes sont rencontrés. Legris en 1969 a défini 9
bioclimats. Concernant le massif du Karthala, on rencontre les 4 types suivants :
• Bioclimat chaud sans saison fraîche (température > 20° C) ;
• Bioclimat per humide (P > 2.500 mm) ou humide (P > 2.000 mm), sans saison
sèche nette sur les données moyennes à Moroni ;
• Bioclimat avec une saison fraîche (15°C < T < 20°C) sans saison sèche nette sur
les données moyennes : sur le flanc ouest du Karthala entre 600 et 1.500 m où il
n’y a toujours aucune station type.
• Bioclimat per humide assez frais (P > 2.500 mm et 10°C < T <15°C) : à 1.500 m et
(P > 2.500 mm et 0°C < T <10°C) au-delà de 2.000 m, ne figurant que sur le
Karthala aux îles Comores.
3.5.2 Température
Les températures moyennes annuelles sont relativement constantes au cours de
l’année et varient en moyenne entre 25°C et 28°C à basse altitude. Les maxima sont
observés en saison des pluies et les minima en saison sèche. La température diminue
avec l’altitude de 0,7°C par 100 m. Sur la côte, les amplitudes diurnes sont modérées
pendant la saison des pluies, et les plus importantes sont observées en juin – juillet
durant la saison sèche.

Tableau 6 : Table climatique Moroni

Jan Fév Mar Avr Mai Juin Juill Aoû Sept Oct Nov Dé
Température moyenne 26.4 26.8 26.8 26.4 25.3 23.8 23.2 23 23.5 24.5 26.2 26.6
(°C)
Température minimale 23.5 23.8 23.5 22.9 21.8 20.4 19.5 19.3 19.8 20.9 22.4 23.2
(°C)
Température maximale 29.4 29.8 30.1 29.9 28.8 27.3 27 26.8 27.2 28.2 30 30
(°C)
Source : [Link]/

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 45


Source : [Link]/
Figure 1 : Diagramme ombrothermique de Moroni

3.5.3 Précipitations
Les Comores reçoivent entre 1.500 et 6.000 mm d’eau par an. Il s’agit de l’effet de la
mousson. Toutefois, les moyennes des précipitations annuelles et les répartitions au
cours de l’année varient selon l’exposition et l’altitude (tableau et figure ci-dessous).
Les vents qui apportent les pluies viennent du nord-ouest. Les versants ouest est donc
plus arrosé.
Le Karthala joue un rôle d’écran et de condensateur d’humidité. Une augmentation de
la nébulosité et la formation de brouillards persistants sont observées aux environs de
1.000 m sur le versant ouest et 600 m sur le versant est le matin. (Carte ci-dessous)

Tableau 7 : Pluviométrie (mm/an) de différentes stations


Stations/ mois TOT Jan. Fév. Mars Avril Mai Juin Juill. Août Sept Oct. Nov. Déc.

Moroni 2.694 346 296 284 331 250 251 243 154 107 95 106 231
(Ouest littoral)
Nyoumbadjou 5.899 460 349 444 874 1070 613 662 345 184 262 302 334
(Ouest)
Mitsamiouli 1.887 416 298 283 239 81 45 32 59 81 111 72 170
(Nord)
Foumbouni 1.362 223 174 215 210 96 59 36 26 30 47 71 175
(Sud-est)
Source : PNUE 2002

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 46


Ngnoubadju
1200 (Ouest à
précipitations 1000 800m)
800 Moroni
600 (Ouest
400 50m)
200 Foumbuni
0 (Sud-est à
50m)

Nov.
Juill.
jan

Mai

Sept.
Mars

Mitsamiouli
Mois (Nord à
50m)
Source : (PNUD 2013), Ngoubadju=Nyoumbadjou
Foumbouni en jaune
Figure 2 : Evolution de la précipitation dans les stations (1999-2002)

3.5.4 Vents
L’île de Ngazidja est soumise à deux types de vent selon la période de l’année : les
alizés du sud-est (Kusi), pendant la saison sèche et la mousson du nord-ouest
(Kashkasi) pendant la saison des pluies. Les Kashkasi sont des alizés de l’hémisphère
boréal dévié vers le nord-ouest par la force de Coriolis après avoir franchi l’équateur et
pénétré l’hémisphère austral. Les Comores se trouvent en position d’abri et reçoivent
des masses d’air partiellement asséchées après leur passage au dessus de
Madagascar.
Le climat est déterminé tout au long de l’année par la position des grands centres
d’action météorologiques qui correspondent à des zones de haute ou basse pression
et par les variations d’extension des différentes masses d’air. Les vents Matulay sont
des vent secondaire de sud-est pendant la période août/septembre, très humide, il
apporte de très grosses pluies. La Zone de Convergence InterTropicale, ZCIT, est une
zone mobile de rencontre entre l’air maritime tropical indien générateur de l’alizé et l’air
équatorial saturé d’eau. Lorsque la ZCIT se trouve au sud des Comores, les
précipitations sont abondantes. Les Maribu sont des vents secondaires pendant la
période entre le Kusi et le Kashkasi, d’ouest intermittents de fin de journée. Lorsque la
ZCIT se trouve au nord de l’archipel, les vents sont faibles et les précipitations tombent
sous forme d’orages. Les Mnyombeni sont des vents secondaires de nord - nord-est
pendant la période du 15/09 au 15/12, ils sont réguliers, violents et secs.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 47


Tableau 8 : Vents des Comores
Mois Vent
Janvier Kashkasi
Février Kashkasi
Mars Kashkasi
Avril Kashkasi, Maribu
Mai Kusi, Maribu
Juin Kusi
Juillet Kusi
Août Kusi, Matulay
Septembre Kusi, Matulay, Mnyombeni
Octobre Kusi, Mnyombeni
Novembre Kusi, Maribu, Mnyombeni
Décembre Kashkasi, Maribu, Mnyombeni

3.5.5 Relief
Le relief joue aussi un grand rôle car, quelle que soit l’orientation, il pleut de plus en
plus fréquemment et abondamment au fur et à mesure que l’altitude augmente.
L’extrémité des péninsules reçoit en général des précipitations moindres, parce qu’elle
retient moins les nuages que les parties centrales des îles.
3.5.6 Insolation
L’insolation est généralement forte variant de 2.000 h/an à plus de 3.000 h/an avec une
moyenne de 2.600 h/an (1.554 h/an en Belgique pour comparaison). Ceci rend
l’énergie solaire très rentable dans la zone.
3.5.7 Cyclones
Les cyclones ont lieu en saison chaude. Trois types de cyclones viennent traverser les
Comores de façon épisodique. Chaque type dépend de site de formation du cyclone
qui est soit au voisinage de l’archipel, soit au Nord de Madagascar ou à l’Est entre
55°et 65° de longitude est. Lors d’un cyclone les vents peuvent atteindre 85 nœuds
(155 km/h), comme ce fut le cas en 1983. Des houles (vagues ou creux) de 20 mètres
de haut peuvent y être associées alors que les fortes houles normales avoisinent 3,6
mètres.
3.5.8 Hydrologie
Ngazidja ne présente pas de rivières permanentes sur le site du Parc national
Cœlacanthe. Les habitants dépendent du système de collecte de l’eau de pluie à partir
des toitures dans des citernes.
3.5.9 Conditions de pêche
Sachant qu’en moyenne deux embarcations avec deux pêcheurs disparaissent chaque
mois aux Comores (source Gardes côtes), il est impératif de suivre l’état de la mer
avec [Link]/af/comoros-islands/comoros.
3.5.10 Changement climatique
Le changement climantique menace directement tous les villages du parc national
situés en bordure de mer. D’abord suite à l’élévation du niveau de l’eau des océans et
aussi par l’agravation des conditions climatiques, principalement les cyclones dont les
houles peuvent faire disparaître des villages entiers. Le risque sera étudié en détail par
le PNUD Comores à travers un projet et par la Direction Générale de l’Environnement
et des Forêts à travers le projet financé par l’Union Européenne AMCC : Alliance
mondiale contre le changement climatique.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 48


4 Milieu biotique
4.1 Flore et faune marine
4.1.1 Introduction
Voici la description de la flore et faune du Site #2, au Parc national Cœlacanthe
(Wickel 2016). Elle contient une partie (le récif de Chindini) des récifs bien développés
du sud de Ngazidja. Dans cette zone du Cœlacanthe, la partie récifale est loin d'être
majoritaire et ne représente que 5% de l'ensemble des récifs de Ngazidja. La majorité
de la géomorphologie sous marine côtière est représentée par une pente volcanique
accore qui s'étend de l'ouest de Chindini jusqu'à Singani.

D’une manière générale, les zones littorales des îles de l’union des Comores
présentent une haute vulnérabilité, comme en témoigne la figure suivante. L’analyse
de la vulnérabilité des récifs coralliens au niveau mondial qui découle de la méthode
« Reef at Risk » (Burke et al., 2011) permet de distinguer les menaces locales
(développement du littoral, impact des travaux de construction côtière, rejets d’eaux
usées, érosion des sols, pollution marine et surexploitation des ressources
halieutiques) et les menaces mondiales telles le réchauffement de la température des
mers et l’acidification des océans qui ralentit la croissance des coraux.

Dépendance récifale
élevée ou très élevée

Bermudes
Samoa, St Eustache Maldives
St Christophe-et-Nièves Îles Marshall
Fidji
Rép Dominicaine, Papouasie-Nouv.-Guinée
Comores
Jamaïque, Mayotte Îles Salomon
Grenade, Haïti
Samoa, Tokelau
Indonésie, Kiribati
St Eustache Wallis et Futuna
Philippines, Tanzanie
Vanuatu

Exposition aux
Madagascar Capacité d’adaptation
menaces récifales Djibouti
élevée ou très élevée faible ou moyenne
Nauru
Timor-Leste
Viet Nam

Figure 3 : Facteurs de vulnérabilité dans les pays/îles de très forte vulnérabilité


(Burke 2011)
La spatialisation des menaces globales et les prévisions de leur évolution au niveau
des sites concernés par le projet d’extension du réseau national des aires protégées
est illustrée dans la figure ci-dessous.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 49


Figure 4 : Spatialisation des menaces globales (acidification et augmentation de
la température) en 2030 (en haut) et en 2050 (en bas) au Parc national
Cœlacanthe (Reef at Risk, 2011). On passe de haut à très haut risque au sud-est.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 50


Tableau 9 : Catégories de poissons indicateurs prises en compte pour l’analyse
de la structuration trophique des peuplements (d’après Green et Bellwood, 2009
et Obura et Grimsditch, 2009).

Groupe'fonctionnel Groupe/famille Nom'français'ou'espèce Remarques'sur'les'habitudes'alimentaires'et'sélection'd'espèces


Carangidae Carangues
Prédateurs,de,niveau,supérieur,,exerçant,un,topLdown,contrôle,sur,les,
Serranidae, Mérous
niveaux,trophiques,inférieurs,,et,qui,sont,très,vulnérables,à,la,surpêche.,
Piscivores Lutjanidae, Vivaneau!Aprion!viriscens!uniquement
Ils,sont,de,bons,indicateurs,du,niveau,de,perturbation,anthropique,
Elasmobranchii Requins,et,raies
(pêche).,
Scombridae Thons,et,bonites
Haemulidae Gaterins Prédateurs,secondaires,mixant,les,régimes,alimentaires,(petits,poissons,,
Omnivores Lethrinidae Poissons,empereur invertébrés,et,animaux,morts).,Leur,présence/absence,est,aussi,un,bon,
Lutjanidae Vivaneaux,sauf,Aprion!viriscens indicateur,de,perturbation,anthropique,(pêche).,
Les,corallivores,stricts,ou,non,sont,un,,indicateur,secondaire,de,l'état,de,
santé,de,la,communauté,corallienne.,8,espèces,:,C.!bennetti,!C.!lineolatus,!
Corallivores Chaetodontidae Poissons,papillon
C.!melannotus,!C.!meyeri,!C.!ornatissimus,!C.!trifascialis,!C.!trifasciatus,!C.!
zanzibarensis!
Pomacanthidae Poissons,ange
Balistidae Balistes,benthiques,(ex.:,Sufflamen,spp.)
Se,nourrissent,des,organismes,compétiteurs,de,corail,,comme,coraux,
Poissons,papillon
mous,et,d'éponges.,Ils,sont,un,,indicateur,,secondaire,de,
Espèces,non,corallivores,:,toutes,les,autres,
Invertivores Chaetodontidae l'abondance/stabilité,de,ces,groupes,et,du,shift,des,communautés,
sauf,les,8,ciLdessus,et,H.!zoster,et,H.!
benthiques.
diphreutes,qui,sont,planctivores.
Sauf,Centropyge,spp.,qui,est,racleurLdétritivore.
Cheilinus!undulatus
Labridae
Seulement,ce,labre,est,suivi.,
Balistes,dans,la,colonne,d'eau,(Melichthys!
Balistidae
niger!et!Odonus!niger)
Hemitaurichthys!zoster
Chaetodontidae
Heniochus!diphreutes
Naso,spp.,>,20,cm
Grands,nasons,dans,la,colonne,d'eau,,sauf, Habitant,les,récifs,coralliens,mais,se,nourrissant,dans,la,colonne,d'eau.,
Planctivores [Link],et,tuberosus,(ciLdessous),qui, Relations,possibles,entre,,présence/absence,et,habitat,(pour,les,abris),et,
sont,toujours,des,brouteurs. les,conditions,de,la,colonne,d'eau.
Acanthuridae
Acanthurus!mata
A.!nubilus
A.!thompsoni
Paracanthurus!hepathus
Caesionidae Fusiliers
Se,nourrissant,de,matière,organique,dans,les,sédiments,et,sur,les,récifs,
Detritivores Acanthuridae Ctenochaetus!spp. coralliens.,Leur,abondance,relative,peut,être,un,indicateur,
d'eutrophisation,et,de,mauvaises,conditions,pour,la,croissance,du,corail.
Exerçant,,le,premier,contrôle,sur,les,dynamiques,corail/algue.,Ils,sont,
impliqués,dans,les,changements,de,prédominance,benthiques,,
Herbivores
particulièrement,en,contexte,,contraignant,('eutrophisation,et,la,
mortalité,corallienne,de,masse).,
Bolbometopon!muricatum
Herbivores@Grands'excavateurs' (Perroquets,à,bosse) Exerçant,de,grandes,morsures,profondes,dans,le,récif,,déplaçant,
Scaridae
(Excavators) Cetoscarus!ocellatus beaucoup,de,substrat,et,jouant,un,rôle,clé,dans,la,bioérosion.,
Chlorurus,spp.,>35cm
Herbivores@Petits'excavateurs Scaridae Chlorurus,spp.,<35cm Déplaçant,le,substrat,:,jouant,un,rôle,secondaire,dans,la,bioérosion.
Scarus,spp.
Herbivores@Racleurs'(Scrapers) Scaridae Déplaçant,les,algues,,le,sédiment,et,autres,en,raclant,le,substrat.,
Hipposcarus,spp.
Calotomus,spp.
Scaridae
Leptoscarus,spp.
Naso!unicornis
Herbivores@Brouteurs'de' Acanthuridae Naso!tuberosus
Se,nourrissant,de,grandes,macroalgues.
macroalgues'(Browsers) Naso,spp.,<21cm
Ephippidae Poissons,chauveLsouris,–,Platax,spp.
Siganidae S.!canaliculatus
Kyphosidae Saupes,tropicales
Zebrasoma,spp.
A.!nigrofuscus
Herbivores@Racleurs'de'gazon' Acanthuridae Raclant,le,turf,algal,epilithique,,qui,peut,aussi,limiter,la,croissance,des,
Acanthurus,spp.,(petites,espèces,de,
algal'(Grazers) macroalgues.
poissons,chirurgiens,,incluant,A.!lineatus).
Siganidae Siganus,spp.,(sauf,Siganus!canaliculatus)
Acanthurus!blochii
A.!dussumieri
A.!leucocheilus
Acanthuridae Se,nourrissant,de,turf,algal,,sédiment,et,matière,organique.,Même,rôle,
Herbivores@Racleurs'+'détritivores' A.!nigricauda
que,les,racleurs,:,élimination,des,algues.
A.!xanthopterus
A.!tennenti
Pomacanthidae Centropyge,spp.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 51


Figure 5 : Plan d’échantillonnage appliqué sur la zone récifale (Chindini) du site
du Parc national Cœlacanthe

4.1.2 Résultats de l’étude de 2016


Sept classes d’habitats littoraux ont été identifiées sur ce site (Figure suivante). Parmi
les principaux habitats marins, on retrouve :
• Le complexe récifal de Chindini,
• Les pentes basaltiques sous-marines du volcan.

A cette époque, le banc Vailleu n’était pas encore intégré au Parc national
Cœlacanthe.

Ces deux écosystèmes principaux sont présentés dans les fiches et cartes suivantes.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 52


Figure 6 : Carte des habitats marins observés sur le Parc national Cœlacanthe

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 53


Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 54
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 55
4.1.3 Etat des lieux
[Link] Analyse des peuplements benthiques
Les 3 sites étudiés (Wickel 2016) sont : Site #1 : La zone nord de Grande Comore –
Parc national Mitsamiouli-Ndroudé ; Site #2 : La zone sud de Grande Comore, Chindini
– Parc national Cœlacanthe ; Site #3 : La zone de Shisiwani-Bimbini, Anjouan - Parc
national Shisiwani.
A cette époque, le banc Vailleu n’était pas encore intégré au Parc national
Cœlacanthe.
Inventaire des espèces de coraux
Au total, 141 espèces de coraux durs ont été identifiées, dont 92 espèces à Ngazidja
et 97 sur Anjouan-Shisiwani. La liste des espèces est présentée en annexe. D’une
manière générale, les espèces recensées présentent une large distribution dans le
domaine Indo-Pacifique tropical et l’Océan Indien Occidental. Toutefois, certaines
espèces présentent des originalités comme Stylophora pistillata qui est dominante
dans certains secteurs (Chindini et vasques de Shisiwani), fait assez rare dans la
région, et Acropora roseni quasi-endémique de Madagascar et des Comores.
Les vasques de platier et lagons enclavés (secteurs de Ndroude et partie Sud de la
pointe de Shisiwani) offrent un milieu particulièrement favorable pour le développement
des coraux (zones calmes à faible hydrodynamisme) et présentant des gradients de
profondeurs parfois importants (plus de 30m). Les peuplements qui s’y développent
sont riches et originaux.
Le complexe récifal de Chindini est par ailleurs un des secteurs où la diversité
corallienne (nombre d’espèces) est la plus riche.

Etat de santé des peuplements coralliens


La vitalité des peuplements coralliens qui est observée présente des différences
importantes selon les 3 sites (Figure suivante) :

Le site #2 Sud Grande Comore, présente une situation intermédiaire avec la quasi-
totalité des pentes qui ont une couverture de 15-20% de coraux vivants, ce qui
correspond à un état de santé moyen.

%"du"linéaire"de"récif"de"site"
100

90

80

70

60
Site #3 Anjouan Bimbini
50
Site #2 Sud Grande Comore (Chindini)
40 Site #1 Nord Grande Comore
30

20

10

0
0" 0#5" 5#10" 10#15" 15#20" 20#30" 30#50" 50#80"
Couverture"corallienne"(%"du"fond)"

Figure 7 : Distribution des différentes classes de recouvrement corallien


observées sur les pentes externes des récifs de chaque site d’étude, septembre
2016. Le Site #2 est le Parc national Cœlacanthe avec 15-20% de recouvrement en
général.
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 56
Au Parc national Cœlacanthe, la couverture corallienne est majoritairement de 15 à
20 % et indique la nécessité de protection pour sauvegarder l’écosystème à long
terme.

Figure 8 : Couverture en coraux vivants (% du substrat) des fronts récifaux du


site #2 Parc national Cœlacanthe, septembre 2016

Impact des phénomènes de blanchissement corallien massif de 2010 et 2016


Le récif corallien du parc national Mitsamiouli-Ndroude a été très fortement impacté par
les 2 derniers phénomènes de blanchissement corallien (bleaching) de avril-mai 2010
et mai-juin 2016. Ce phénomène global, lié à une élévation anormale de la température
océanique, a affecté l’ensemble des récifs coralliens de l’Indo-Pacifique et notamment
les îles du Sud-Ouest de l’océan Indien, avec plus ou moins d’intensité selon les
caractéristiques environnementales (courantologie surtout) locales. La campagne de
terrain menée au cours de la présente étude a permis d’évaluer directement la
mortalité associée au blanchissement de 2016, ainsi que d’estimer celle liée à
l’épisode de 2010 (par estimation de la datation des colonies mortes).

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 57


Il s’avère que le parc national Mitsamiouli-Ndroude a été de loin le plus touché (par
comparaison parc national Cœlacanthe et au parc national Shisiwani qui ont été très
peu affectés). La vitalité corallienne est passé d’un état très satisfaisant avant le
bleaching de 2010 (majorité des pentes avec une couverture supérieure à 50% voire
80% par endroits), à un état fortement dégradé juste après le bleaching de 2010
(couverture inférieure à 30% majoritaire), puis à un état très fortement dégradé suite au
bleaching de 2016.
Les communautés les plus affectées sont les Acropora tabulaires lors de l’événement
de 2010, puis en 2016 les colonies pionnières qui s’étaient installées entre temps
(Pocillopora essentiellement). Il est important de noter que le faible pas de temps entre
ces deux évènements déstructurants majeurs n’a pas permis l’installation et le
développement de communautés coralliennes diversifiées (les communautés s’étant
installées durant ce laps de temps sont quasi exclusivement monospécifiques,
constituées de Pocillopora essentiellement). Ceci souligne une résilience lente du
système récifal de la zone, et plaide d’autant plus en faveur de l’importance de
protéger/gérer cet espace naturel.
[Link] Analyse des peuplements de poissons
Inventaire des espèces
L’ichtyofaune échantillonnée au cours de l’étude se compose d’un total de 327
espèces de poissons marins appartenant à 48 familles. La liste des espèces est
présentée en annexe, par ordre alphabétique des familles. Les familles les plus
diversifiées sont les Labridae (50 espèces, 15,3 % du nombre d’espèces total), les
Pomacentridae (30 espèces, 9,2%), les Acanthuridae et les Serranidae (23 espèces,
7,0%). 5 autres familles comportent plus de 10 espèces (Chaetodontidae,
Holocentridae, Scaridae, Balistidae, Muraenidae). Environ un tiers des familles (13)
n’est représenté que par une seule espèce,
Cette forte diversité reste cependant sous-estimée en raison de l’effort
d’échantillonnage très limité qui a été appliqué aux Comores (campagne de 15 jours de
terrain) en comparaison des autres îles du sud-ouest de l’océan Indien (plusieurs
décennies d’échantillonnage). Sur les récifs coralliens, Allen et Werner (2002)
recommandent l’usage de la richesse spécifique théorique (RS th) afin de minimiser
l’effet d’un effort d’échantillonnage hétérogène au sein d’un peuplement et permettre
une comparaison entre différents secteurs d’étude. Le calcul de cette richesse
spécifique théorique indique que le peuplement installé sur les récifs des îles Comores
serait l’un des plus diversifiés de la zone avec un minimum de 464 espèces de
poissons récifaux. A titre de comparaison, la richesse spécifique théorique est
comprise entre 423 et 468 espèces pour les îles Éparses (Juan de nova, Geyser,
Glorieuses, Europa) situées dans le canal du Mozambique,
La comparaison de l’ichtyofaune marine recensée aux Comores avec celles d’autres
zones de la région sud-ouest de l’océan indien fait état de grandes similarités dans la
composition des peuplements, notamment dans le rang des diversités relatives des
principales familles,
L’analyse de la diversité des espèces de poissons montre que 70 d’entre elles (21% du
nombre d’espèces total) possèdent un intérêt commercial halieutique important et 80
autres (25 %) sont capturées de manière accessoire (intérêt halieutique moyen). Le
reste des espèces observées (54%) ne présentent localement aucun intérêt
halieutique.
Concernant le statut de conservation des espèces, il apparaît que 3 espèces faisant
l’objet d’un classement sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union
Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) ont été observées lors de cette
campagne (mais pas au parc national Cœlacanthe) : le mérou léopard (Plectropomus
laevis) observé sur les sites #1 et #3 et le poisson lime à long nez (Oxymonacanthus
longirostris) observé sur le site #3 sont classés vulnérables, et le poisson napoléon

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 58


(Cheilinus undulatus Rüppell, 1835) observé sur les sites #1 et #3 qui est classé en
danger d’extinction. Ce dernier est également inscrit sur l’annexe 2 de la CITES qui
règlemente le commerce des espèces. A noter que le classement d’une espèce dans
la catégorie « menacée » par l’UICN, ne signifie pas une quelconque interdiction de
pêche, mais seulement un renseignement par rapport à son risque d’extinction au
niveau mondial et donc son enjeu en termes de conservation patrimoniale.
Etat de santé des peuplements
La structure trophique du peuplement présente les caractéristiques suivantes :
• Les peuplements sont globalement composés d'une majorité de petits individus
herbivores racleurs de gazon algal et détritivores (poissons chirurgiens dont A.
nigrofuscus, Z. scopas, A. triostegus, A. leucosternon et C. striatus),
• Les planctonophages sont localement bien représentés (N. hexacanthus, N.
brevirostris, P. tile, P. marri), en grands bancs mobiles et composés d'individus
pouvant atteindre des tailles importantes (35 - 50 cm). Les Omnivores
(Lethrinidae) sont également bien représentés par endroits,
• En revanche, les piscivores (Mérous, Carangues, Thons, Aprion virescens) sont
rares et certaines familles sont absentes (requins, raies). Les corallivores
(Chaetodon melannotus, C. meyeri, C. trifascialis, C. trifsciatus) sont également
très peu nombreux et certaines espèces indicatrices de bonne santé des récifs
dans l'OI sont absentes des comptages (C. bennetti, C. lineolatus, C.
zanzibarensis),
• Les excavateurs et brouteurs, représentés par les Scaridae (perroquets), sont
également rares en abondance comme en biomasse. Ces espèces exploitées
par la pêche au filet et la chasse sous-marine sont ainsi quasiment absentes
des comptages.
D’une manière générale, les peuplements observés sont caractéristiques d'habitats
récifaux perturbés (pêche, chasse, dégradation de l'habitat physique), voire
dégradés. Les espèces d’intérêt halieutique noble (Mérous, Carangues, Thons,
Vivaneaux, etc.) sont quasiment absentes ou de petites tailles. Seules subsistent
quelques populations d’intérêt halieutique moindre (Naso unicornis, Monotaxis
grandoculis, Kyphosus spp., quelques grands Scaridae) sur certains sites isolés.
Les espèces misant sur la survie des juvéniles et présentant habituellement une
proportion élevée d'individus matures (stratégie K), également les plus vulnérables aux
perturbations environnementales chroniques (requins, raies, grands mérous, etc.) sont
totalement absentes des comptages. Parallèlement, certaines espèces à très forte
flexibilité démographique, habituellement rencontrées dans des écosystèmes peu
structurés (espèce pionnières), prolifèrent sur la plupart des habitats échantillonnés
(Acanthurus nigrofuscus, Zebrasoma scopas, Ctenochaetus striatus).
Cette ubiquité de certaines espèces devenues très communes et cette réduction, au
moins en termes de classes de tailles, des espèces les plus caractéristiques de
certains habitats tendent à homogénéiser les peuplements échantillonnés et à réduire
les spécificités fonctionnelles des habitats. Ainsi, peu de juvéniles ont été observés sur
les platiers et peu d'adultes sur les pentes externes alors que ces habitats sont connus
comme étant des nurseries pour les premiers et des habitats refuges et de
reproduction pour les seconds. La période d'échantillonnage correspondait pourtant au
début de la saison des recrutements.
La présence de certaines stations isolées et relativement préservées, possédant,
malgré les stigmates d'une pêche régulière, des peuplements diversifiés et structurés
comprenant de grands individus adultes d'espèces d’intérêt halieutique, est un
argument fort pour la conservation de certains milieux dans le but de maintenir les
spécificités fonctionnelles et structurelles récifales de l’écosystème.
[Link] Analyse des écosystèmes associés aux récifs : herbiers et mangroves
Les herbiers de phanérogames marines

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 59


Ces écosystèmes hautement productifs et à l’importance écologique majeure pour bon
nombre d’espèces de poissons et d’invertébrés sont bien développés au parc national
Mitsamiouli-Ndroude (3,3 km2) et dans le parc national Shisiwani (respectivement 3,3
km2 et 14,2 km2, Poonian et al., 2016), Ils se présentent sous forme de lits denses et
continus qui s’installent sur les zones intertidales des platiers récifaux. 9 espèces de
phanérogames marines y ont été recensées, les espèces qui prédominent étant
Thalassia hemprichii et Thalassodendron ciliatum, et les plus rares sont Halophila
ovalis et Enhalus acoroides (cette dernière espèce ayant été observée au parc national
Shisiwani uniquement). Les herbiers observés sur ces deux îles (Ngazidja et
Ndzuwani) demeurent en bon état de conservation malgré les pressions qui s’exercent
(mauvaise qualité de l’eau, apports de fines particules terrigènes en lien avec l’érosion
des sols et piétinement par les pêcheurs à pied).
Un total de 64 espèces de poissons a été recensé dans les herbiers, le plus souvent à
des stades juvéniles (qui confirment la fonction de nurserie de cet écosystème). Parmi
ce cortège, 13 espèces semblent inféodées aux herbiers puisqu’elles n’ont pas été
observées sur les autres habitats récifaux. Il s’agit cette fois d’individus majoritairement
adultes.
Près de 50 espèces (échinodermes, mollusques, algues) ont également été recensées
sur les herbiers à phanérogames, renforçant de fait la valeur patrimoniale de cet
habitat.
Les mangroves
La mangrove d’Ourovéni est en très bon état malgré un perte de superficie liée à
l’exploitation des tiges. De nombreuses autres petites mangroves sont présentes tout
le long de la côte, dans des états variables. Un inventaire des superficie et de leur état
serait le bienvenu.
Au cours de cette étude (Wickel 2016), seules les mangroves de Shisiwani ont retenu
notre attention (absence ou développement extrêmement faible sur les zones
prospectées en Grande Comore). Trois espèces de palétuviers dont Sonneratia alba
(la plus dominante), Rhizophora mucronata et Avicenia marina, ont été observées. Les
faunes marines associées aux mangroves ne sont pas très riches et limitées à des
petits gastéropodes de la famille des Littorinidae, des Cirripèdes thoraciques et des
huîtres du genre Crassostrea. Les poissons établis dans les zones de mangroves sont
également très rares et seulement 13 espèces ont pu y être répertoriées (gobies,
rougets, capitaines, gaterins et platax). Toutefois, parmi ce cortège, la moitié d’entre
elles (7 espèces) n’ont été observées sur aucun autre habitat, ce qui montre la
complémentarité des mangroves à la biodiversité ichtyologique globale des milieux
littoraux comoriens.
Les conditions naturelles contraignantes pour le développement d’un écosystème à
mangroves -importante amplitude des marées qui mettent régulièrement hors d’eau les
mangroves, faible apport d’eau douce qui limitent l’installation d’espèces affectionnant
les eaux saumâtres, côtes rocheuses et peu érodées- semblent avoir plus d’influence
que les pressions anthropiques directes qui restent limitées aux voisinage immédiat
des villages notamment Bimbini (accumulation massive de macro-déchets et
assèchement des rivières).
Les mangroves sont toutefois reconnues comme zone fonctionnelle importante dans le
cycle biologique de plusieurs espèces de poissons qui viennent y passer certaines
étapes clés de leur vie (reproduction, nurserie). Il est ainsi fort probable qu’un suivi à
plusieurs saisons permettrait d’avoir une vision plus complète sur la faune marine
associée à cet écosystème.
Par ailleurs, cette pauvreté apparente en termes d’abondance de la faune directement
associée, ne doit pas faire oublier l’enjeu primordial qui pèse sur le bon état de
conservation des mangroves pour la santé de l’écosystème récifal en général. Elles
jouent en effet un rôle de piège à sédiments fins qui proviennent de la terre et qui vont
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 60
sédimenter aux pieds des palétuviers. Sans cette barrière naturelle, les fines terrigènes
se déposeraient sur les herbiers et récifs coralliens et provoqueraient inexorablement
leur étouffement.
[Link] Cœlacanthe
Selon Fricke et al, 2011, et bien que l’espèce soit rarissime au niveau mondial, la
population de Cœlacanthes de Grande Comore est estimée entre 400 et 500 individus
adultes mesurant entre 100 et 200 cm. Le jour, très territoriaux, ils vivent dans des
petites grottes de la pente volcanique du Sud-ouest de la Grande Comore à des
profondeurs allant de 170 à 240 mètres. La nuit, ils chassent en profondeur et peuvent
descendre jusqu’à 500 mètres (Fricke et Hissmann, 1994 ; Hissmann et al., 2000).
C’est une espèce à faible renouvellement, seulement 3-4 individus naissent par an et
sa longévité dépasse la centaine d’année, ce qui en fait une espèce en danger critique
d’extinction selon l’IUCN et inscrite à l’annexe I de la CITES.
[Link] Tortues marines
Voir annexe 6 : Fiche technique sur les tortues marines
Des montées et pontes de tortues sont observées fréquemment (environ 5 par
semaine) à la plage de Malé. Cependant, les œufs et les mères sont consommés (ou
vendus) par les villageois.
Les premières études révélant une population de tortues marines importante dans
l’archipel des Comores datent de 1972 (Frazier, 1985). Les deux espèces
principalement recensées dans les eaux peu profondes autour des îles et sur les
plages de ponte sont la tortue verte (Chelonia mydas) et moins fréquemment la tortue
imbriquée (Eretmochelys imbricata). D’autres espèces ont été ponctuellement
observées comme la tortue luth (Dermochelys coriacea) et la tortue caouanne (Caretta
caretta).
Très peu d’informations sont disponibles dans la littérature sur les tortues marines qui
fréquentent les îles de Grande Comore et Anjouan (l’île de Mohéli a beaucoup plus été
étudiée). Toutefois, au début des années 70, 4 plages de Grande Comore et 14 plages
d’Anjouan montraient des traces de ponte. Mais suite à l’exploitation intensive du sable
sur ces îles, dès 1993, Mortimer n’évoquait plus que les plages de ponte de Mohéli.
Les tortues vertes pondent toute l’année avec un pic plus élevé de mai à aout tandis
que les tortues imbriquées pondent plutôt de novembre à mars (Mortimer, 1993).
La présence d’herbiers de phanérogames bien développés sur les sites de Nord
Grande Comore et Anjouan Shisiwani constitue toutefois des aires d’alimentation
potentielle pour les tortues vertes. Lors de notre campagne de terrain, plusieurs
individus de tortues imbriquées adultes ont pu tout de même être aperçus sur les 2 îles
(zones de Chindini et Shisiwani).
[Link] Mammifères marins
La diversité des cétacés autour des Comores est importante et composée d’espèces
côtières (grand dauphin), semi-pélagiques (sténelles) et de haute mer (baleines à bec,
large delphinidés, mégaptères).
Dans le parc national, il est actuellement très rare de rencontrer d’autres baleines que
la baleine à bosse qui est fréquente certaines années.
Plusieurs espèces de cétacés ont été recensées dans les eaux Comoriennes (Kiszka
2010 ; Bonato 2016) :
• la Baleine à bosse (Megaptera novaeangliae),
• la Baleine à bec de Blainville (Mesoplodon densirostris),
• la Baleine à bec de longman (Mesoplodon pacificus),
• le Dauphin à long bec ou longirostre (Stenella longirostris),
• le Dauphin tacheté pantropical (Stenella attenuata),
• le Dauphin d’electre ou Péponocéphale (Peponocephala electra),

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 61


• le Grand dauphin (Tursiops truncatus),
• le Grand dauphin de l’océan indien (Tursiops aduncus),
• le Dauphin de Fraser (Lagenodelphis hosei),
• le Dauphin de Risso ou Grampus (Grampus griseus),
• le Globicéphale tropical (Globicephala macrorhynchus),
• le Grand cachalot (Physeter macrocephalus),
• le Cachalot nain (Kogia sima),
D’autres espèces de cétacés avaient dans le passé été recensées dans les eaux
Comoriennes (Tilot 1997, ARCHE 1998, Paris 1999, Gargominy 2003) :
• la Baleine australe (Eubalaena australis),
• la Baleine Hyperoodon austral (Hyperoodon planifrons),
• la Baleine de Cuvier ou Ziphius (Ziphius cavirostris)
• le Dauphin bleu et blanc (Stenella coeruleoalba),
• le Dauphin Sténo (Steno bredanensis)
• le Dauphin commun (Delphinus delphis)
• le Dauphin à bosse de l’Indo-Pacifique (Sousa chinensis)
• le Cachalot pygmée (Kogia breviceps),
• le Rorqual de Bryde (Balaenoptera edeni),
• l’Orque pygmée (Feresa attenuata),
• l’Orque ou Orque épaulard (Orcinus orca),
• le Faux-orque (Pseudorca crassidens)

Figure 9 : Baleines du monde

Bien que non observée de nos jours, la présence du Dugong (Dugong dugon) est
également documentée.
Les baleines à bosse observées sont en majorité des couples mères-baleineaux,
mettant en évidence un important site de reproduction pour l’ouest de l’océan Indien.
Le Parc national Cœlacanthe (de Singani à Chindini) et la zone de Ouella – Sada-

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 62


Beach constituent les zones les plus propices pour l’observation des cétacés avec le
Parc national de Mohéli où la concentration est plus importante.
4.2 Description biologique du Cœlacanthe
4.2.1 Introduction
Les cœlacanthes (prononcé [selakɑ̃t]), ou Coelacanthiformes, forment un ordre de
poissons crossoptérygiens. Il en existe de nombreux fossiles et deux espèces vivantes
connues du genre Latimeria, Latimeria chalumnae et le cœlacanthe indonésien,
Latimeria menadoensis. Ils n'ont que peu évolué morphologiquement depuis 350
Millions d’années et ressemblent aux ancêtres aquatiques des vertébrés terrestres. Ils
possèdent une poche de gaz avec des parois épaisses qui est le vestige d'un poumon
ancestral utilisé lorsque leurs ancêtres vivaient non pas dans les grands fonds, à 100
m ou plus, mais plus proche de la surface, tant dans les eaux marines que douces.
Cette caractéristique, ainsi que la forme et le mouvement de ses nageoires l'ont
souvent vu qualifier — à tort — de « fossile vivant », il est à noter que les appellations
plus techniques de forme panchronique ou forme transitionnelle sont tout aussi
fautives.
Les espèces encore existantes de ces poissons sont menacées d'extinction. Le
premier cœlacanthe (Latimeria chalumnae) a été pêché le long de la côte est-africaine
en 1938. Le groupe le plus important — environ 500 individus — vit aux Comores.
4.2.2 Du fossile au spécimen
Les cœlacanthes, bien qu'ils soient représentés par deux espèces vivantes, ne furent
longtemps connus que comme un groupe de spécimens fossiles largement
représentés dans les sédiments du Dévonien au Crétacé, avec une apparente
extinction à la fin de l'ère secondaire. La découverte des premiers fossiles fut l’œuvre
de l'ichtyologue Louis Agassiz, alors professeur à l’université de Neuchâtel, en 1832.
Agassiz avait su le premier tirer parti des schistes ardoisiers du canton de Glaris et
des calcaires fossilifères de Monte Bolca : dès 1829, il projeta de publier ses
conclusions dans Recherches sur les poissons fossiles (paru en cinq volumes entre
1833 et 1843), où les cœlacanthérés sont mentionnés pour la première fois.
Aussi la surprise ne fut-elle pas mince lorsqu'en 1938 l’ornithologue sud-africaine
Marjorie Courtenay- Latimer (1907 - 2004) annonça la découverte d’un cœlacanthe
vivant, cet ordre étant réputée éteint depuis la fin du Crétacé. Le 22 décembre 1938,
elle avait reçu un appel téléphonique d'Afrique du Sud lui indiquant qu'un pêcheur actif
dans l'estuaire de la Chalumna River, Hendrik Goosen, venait de remonter dans ses
filets un poisson de type inconnu (France Culture 2016). Elle emporta la prise au
musée d’East London afin de l’étudier et de l'identifier mais, ne le trouvant dans aucun
de ses ouvrages, elle fit naturaliser l’animal et contacta l’ichthyologue James L.
Brierley-Smith (1897-1968) qui y vit un cœlacanthe, c'est-à-dire le représentant d'un
groupe connu alors uniquement à l’état de fossile. L’espèce est depuis baptisée
Latimeria chalumnæ en l’honneur de Marjorie Courtenay-Latimer et des eaux dans
lesquelles elle a été retrouvée. Il faudra attendre quatorze ans pour qu'un nouveau
spécimen soit découvert. Les cœlacanthes sont peut-être l'exemple le plus fameux de
« taxon Lazare » (Casane 2013).
On lit souvent que les cœlacanthes ont subsisté sans modification biologique pendant
des millions d'années, mais à vrai dire les deux espèces modernes (et même leur
genre) ne sont pas représentées dans les strates fossiles de l'ère secondaire. Cela dit,
il est bien exact que certaines espèces disparues, particulièrement celles des fossiles
de cœlacanthes les plus tardifs, à savoir le genre Macropoma du Crétacé, ressemblent
beaucoup extérieurement aux espèces modernes. L'explication la plus plausible de
cette lacune évolutive est la disparition de ce poisson des lagunes. D’autre part, les
fossiles des grands fonds marins sont rarement formés dans les strates où les
paléontologues peuvent les mettre au jour, ce qui donne l'illusion que ces espèces des
grandes profondeurs n'existaient pas autrefois : cette hypothèse est toujours à

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 63


l'étude.
Le séquençage du génome du cœlacanthe africain en 2013 met en évidence qu'il
contient environ 25 % d'éléments transposables qui ont eu un impact faible sur son
évolution morphologique, mais fort sur son évolution anatomique afin de s'adapter à
ses différents milieux aquatiques, à l'instar de ses descendants tétrapodes qui ont
colonisé le milieu terrestre (évolution anatomique par des gènes impliqués dans
l'immunité, l'excrétion d'azote, le développement de nageoires et de membres)
(Amemiya 2013).
4.2.3 Description
Les cœlacanthes sont des poissons à nageoires charnues dont les nageoires
pectorales et anale se rattachent au corps par des appendices carnés raidis par un os,
et dont la queue ou nageoire caudale diphycerque est divisée en trois lobes, le lobe
central étant un prolongement du notochorde. Les cœlacanthes ont subi une
modification de leurs écailles cosmoïdes, qui sont plus fines que chez les autres
poissons. Les cœlacanthes jouissent également d'un organe électro-récepteur appelé
rostre à l'avant du crâne, qui joue sans doute un rôle dans la détection de leurs proies.
Il pourrait aussi intervenir dans l'équilibre de l'animal, l’écholocation expliquant la
locomotion de cet animal.
« Presque tous les poissons ont des nageoires dites « rayonnantes », où les rayons
sont disposés en éventail, décrit Lionel Cavin, du Muséum d’histoire naturelle de
Genève. Le cœlacanthe, ainsi que d’autres poissons qu’on appelle dipneustes, ont des
nageoires « charnues ». Celles-ci contiennent des muscles et sont constituées autour
d’un axe, duquel partent les rayons. » Il s’agit de l’ancêtre de la patte. « L’axe
comprend plusieurs os organisés de manière similaire à ceux de nos membres,
souligne Régis Debruyne. On retrouve les éléments homologues à l’humérus, le radius
et le cubitus de nos bras, ou au fémur, au tibia et au péroné de nos jambes.
Comprendre l’histoire du cœlacanthe, c’est aussi comprendre la nôtre : c’est pour ça
que c’est fondamental. » (Le Temps 2013).
On sait que les Cœlacanthimorphes, depuis au minimum les Holophagus penicillata du
Jurassique, sont ovovivipares (Lavett-Smith 1975). Par exemple les femelles de
Latimeria ne portent que quatre à cinq petits alevins (32,2 cm) (Lavett-Smith 1975) et
leur gestation pourrait durer près d'un an (Forey 1989).
En 1987, l'Allemand Hans Fricke, de l'Institut Max Planck, et le Français Raphaël
Plante, de l'université de Marseille, ont été les premiers à observer le poisson in vivo, à
étudier ses comportements, à le filmer depuis leur sous-marin Jago. C'est à partir de
ce moment qu'ils communiquent sur le Cœlacanthe, notamment à la télévision. Les
scientifiques recensent la population de l’espèce, montrent son déclin, tentent de
comprendre les relations historiques entre les hommes, populations locales ou
scientifiques, et le poisson. Fricke et Plante analysent les méthodes et impacts de la
pêche, ainsi que de la recherche scientifique passée, sur les populations de
cœlacanthes, sur les populations humaines locales. Puis ils proposent la création d'un
parc marin afin de protéger le Cœlacanthe (Communication & Organisation 2013).
Au printemps 2013, le biologiste et photographe Laurent Ballesta a mené une
expédition scientifique pour filmer et étudier le cœlacanthe en Afrique du Sud (Arte
2017).
En septembre 2015, une équipe scientifique franco-brésilienne publie dans la revue
britannique Nature Communications, une découverte sur le cœlacanthe. L'examen à
l'European Synchrotron Radiation Facility d'un échantillon de ce poisson à l'aspect
préhistorique et en voie de disparition a permis de mettre en évidence la présence d'un
poumon caché, non fonctionnel, jouant un rôle de ballast rempli de graisse lui
permettant d'évoluer jusqu'à 800 mètres de profondeur. D'autre part, l'examen
d'individus au stade embryonnaire a mis en évidence le développement d'un poumon
comme de nombreux mammifères marins, mais qui voit son développement s'arrêter
au profit de l'organe graisseux dans le cas de ce poisson. Les signataires de l'étude
pensent que le cœlacanthe en vivant du Dévonien jusqu'au Crétacé proche de la

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 64


surface de l'océan a pu trouver par la suite les ressources pour s'adapter aux crises
environnementales du Crétacé et du Paléogène en allant désormais vivre en plus
grande profondeur jusqu'à nos jours.
4.2.4 Systématique
[Link] Histoire évolutive
Le groupe des actinistiens qui compte les cœlacanthes, est apparu au Dévonien (416 à
359 Millions d’années), pendant l'ère primaire.
Les premiers cœlacanthes connus datent de –410 millions d'années (IOL 2006), et
sont regroupés au sein du genre Euporosteus. Ce groupe s'est diversifié dans de
nombreux milieux aquatiques très différents (marin, d'eau douce, euryhalin, et
lacustre). C'est au Trias que les paléontologues ont répertorié la plus grande diversité
d'espèces (Forey 1989).
Ils se sont développés jusqu'à atteindre des longueurs de 3 mètres au crétacé avant
de décliner vers la fin de cette période (70 à 60 millions d'années). Depuis leur
apparition jusqu'à aujourd'hui, la morphologie et l'aspect externe des actinistiens n'a
que relativement peu changé.
[Link] Classification
Classification actuelle
Liste des groupes actuels selon World Register of Marine Species (17 février 2015)
(World Register of Marine Species 2015) et (FishBase 2015)
Sous-classe Coelacanthimorpha (Nelson 2006)
• Ordre Coelacanthiformes
o Famille Latimeriidae Holophagus (éteint)
§ Megalocoelacanthus (éteint)
• Latimeria (James Leonard Brierley Smith, 1939)
o Latimeria chalumnae (James Leonard Brierley
Smith, 1939)
o Latimeria menadoensis (Pouyaud, Wirjoatmodjo,
Rachmatika, Tjakrawidjaja, et al., 1999)
De nombreux autres Coelacanthiformes sont éteints.

4.3 Flore et Végétation terrestre


4.3.1 Flore
L’ensemble de la flore de l’archipel des Comores est estimé à environ plus de 2.000
espèces (Adjanohoun et al. 1982). Mayotte à elle seule en recense plus de 2.900. La
flore des Comores a une grande similitude avec celle de Madagascar. Elle ne connaît
qu’une faible influence du continent africain. Il faut noter qu’une série de formes sont
endémiques sans trop s’écarter des espèces des îles voisines. Cependant, des liens
avec la flore de l’Inde et de l’archipel de Malaisie sont observés. La flore montagnarde
montre de grandes ressemblances avec celle des hauts plateaux de l’Afrique de l’Est
et Centrale (PNUD 2013).
4.3.2 Végétation
La végétation qui occupait les îles Comores a commencé à disparaître au 18ème siècle
à partir de l’exploitation du bois dur qui était exporté vers Sourate ; suivie de
l’envahissement des plantations sous forêt. Les facteurs pédo–climatiques et l’altitude
sont les facteurs déterminants majeurs de la répartition des types de forêts recensés
aux Comores. Le degré d’évolution des sols volcaniques, l’existence de microclimats et
la pluviométrie ont façonnés les forêts des Comores.
A ces facteurs naturels, il faut ajouter les pressions et les menaces exercées par
l’homme notamment la colonisation de l’espace par les agriculteurs et les éleveurs de
bétails sans terre. Les autres pressions concernent le déboisement pour le bois

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 65


d’œuvre par les entreprises d’exploitation forestiers et pour les besoins financiers de la
population.

4.4 Faune terrestre du parc national Cœlacanthe


Le nombre d’espèces de la faune des îles Comores varie suivant les auteurs. Toutefois
(Paris 1999) a fait une compilation du nombre d’espèces présentes même s’il l’a jugée
toujours incomplète. Il a estimé au total 145 espèces dont des espèces de
mammifères, d’oiseaux, de reptiles et d’amphibiens. Ce nombre augmente si l’on
compte les insectes et arthropodes.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 66


PARCS NATIONAUX DES COMORES
Parc National Coelacanthe
43°18'0"E 43°21'30"E 43°25'0"E 43°28'30"E 43°32'0"E

11°46'30"S
. 11°46'30"S

Salimani
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X Y
X

Y
X

11°50'0"S
Y
X

11°50'0"S
Y
X
Y
X
Y
X

Bangoi
Y
X
Y
X

Y
X
XY

Hetsa
Y
X Y
X

Dzahadjou
Y
X

Y
X
Y
X

Singani
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Itsoundzou
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X

Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X

Y
X

Y
X
Y
X
Y
X
Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X

Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X

Y
X

Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X

Mindradou
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Malé
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X

Y
X

Mandzissani
Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
11°53'30"S
Y
X
Y
X

Y
X
11°53'30"S
Y
X
Y
X XY

Y
X

Y
X
Y
X
Y
X Y
X

Infoundihé Chambouani
Y
X

Y
X
Y
X Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Dzahadjou Ourovéni

Y
X
Y
X

Y
X
Légende

Y
X
Y
X
Y
X Y
X

Y
X
Y
X
Y
X Y
X

Y
X

Y
X
Y
X
Y
X
Y
X

Chindini
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Simamboini
Y
X

Villages
XY

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
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X

Y
X
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X

Y
X
Y
X
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X

Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X

Y
X

Y
X Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Délimitation
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

XY
Y
X
Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X

Y
X

Y
X

Y
X

Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Routes

Y
X
Y
X
11°57'0"S

Y
X
Y
X
11°57'0"S

Y
X

Y
X
Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X

Y
X
Y
X
Nair Aboubacar Allaoui
Expert SIG au Systeme National des Aires Protegees
aboubacarnair@[Link]
5 000 2 500 0 5 000 Mètres +2693569495
Systeme de projection : UTM WGS84 38S
Source : Delimitation proposee: Cartes MAREX

43°18'0"E 43°21'30"E 43°25'0"E 43°28'30"E 43°32'0"E

Carte 8 : Localisation des villages interagissant directement dans le parc national Cœlacanthe et délimitation du parc.
Attention, ajouter le banc Vailleu à 20 Km à l’ouest de Salimani.
5 Description et cibles de l’aire protégée
5.1 Zone d’intervention
Voir Carte ci-dessus.
Le parc national est concerné par trois préfectures (Hambou, Mbadjini Ouest et
Mbadjini Est ), 5 communes (Tsinimoipangua, Djoumoipangua, Ngouengoé,
Nyoumagama et Itsahidi) et 15 villages (Bangoi, Salimani, Dzahadjou, Hetsa,
Mbambani, Singani, Itsoundzou, Mandzissani, Mindradou, Mlimani, Ifoundihé
Chamboini, Chindini, Malé, Ouroveni et Simamboini) :
• Hambou : Communes de Tsinimoipangua, Djoumoipangua ;
• Mbadjini Ouest : Communes de Ngouengoe, Nioumagama ;
• Mbadjini Est : Communes de Itsahidi.

Tableau 10 : Liste des 15 villages et 5 communes d’intervention du parc national


Mitsamiouli-Ndroudé et population estimée en 2017.
N° Population estimée
Localité
Village en 2017
N’gazidja (Île) 421.885
Commune Tsinimoipangua 16.579
1 Bangoi 3.459
2 Salimani 2.111
Commune Djoumoipangua 10.293
3 Dzahadjou 1.996
4 Hetsa 1.100
5 Mbambani 1.336
6 Singani 2.409
Commune Ngouengoé 13.690
7 Itsoundzou 424
8 Mandzissani 677
9 Mindradou 556
10 Mlimani 225
Commune Nyoumagama 14.427
11 Ifoundihé Chamboini 1.346
Commune Itsahidi 22.509
12 Chindini 2.138
13 Malé 3.387
14 Ouroveni 1.618
15 Simamboini 1.352
Population affectée par le Parc 24.134

5.2 Description
Le site proposé pour établir le Parc national Cœlacanthe est essentiellement marin et
côtier et couvrait au départ 7.572 ha d’espace marin le long de la côte sud-ouest de
Ngazidja. Il sera étendu (par rapport aux prévisions de 2012) jusqu’à Malé (Est de
Chindini) de façon à intégrer l’écosystème corallien de grande valeur biologique situé
entre Chindini et Malé. Un grand nombre de cétacés (baleines et dauphins) séjournent
aussi dans cette zone. La zone côtière correspondante, située entre la route RN2 et
l’océan, sera identifiée comme incluse dans le parc, sur une largeur de 200 m de façon
à contenir toutes les plages et mangroves. Ce site a depuis longtemps été identifié
comme zone prioritaire pour l’établissement d’une aire protégée pour préserver la
population de Cœlacanthes (Latimeria chalumnae) que l’on retrouve autour de 200
mètres de profondeur et son habitat ainsi que la Baie des Dauphins adjacente, qui est
relativement bien fréquentée par les baleines et les dauphins. L’importance mondiale
de ce site est principalement liée aux grottes volcaniques sous-marines situées à
proximité des côtes qui abritent le fameux Cœlacanthe, un fossile vivant menacé
d’extinction et d’intérêt scientifique à l’échelle mondiale et par les tortues qui se font de
plus en plus rare deans la zone. L’intérêt de ce site est aussi lié à la présence d’un
important récif corallien en bon état dans la zone sud (Chindini). Dans la Baie des
dauphins, les espèces les plus fréquemment observées sont le Dauphin à long bec
(Stenella longirostris), le Grand dauphin (Tursiops truncatus) et le Dauphin tacheté
(Stenella attenuata) et des baleines à bosse (Megaptera novaeangliae). Les données
disponibles indiquent la présence d’au moins 12 espèces de baleines dans les eaux
comoriennes, dont la Baleine à bosse (Megaptera novaeangliae), des Mesoplodons
(Mesoplodon sp.), l’Orque épaulard (Orcinus orca), la Baleine franche australe
(Eubalaena australis) et le Rorqual de Bryde (Balaenoptera edeni). L’Orque naine
(Feresa attenuata) a été observée en groupes importants pouvant atteindre 500
individus, quoique de plus en plus rarement.

La zone côtière et ses ressources sont protégées par les initiatives d’une association
qui regroupe des représentants de 12 villages de la zone du Cœlacanthe, l’Association
pour la Préservation du Gombessa (APG), créée en 1995 et dont les activités se sont
poursuivies jusqu’à ce jour principalement grâce à la participation volontaire des
membres de l’association très motivés dont deux sont devenus des agents des Parcs
nationaux des Comores. L’APG vise la protection du Cœlacanthe dont la principale
menace est la pêche à la ligne de fond, à travers l’éducation des pêcheurs, la
promotion des activités économiques de substitution et l’amélioration des installations
de pêche et de transformation. Un Centre d’information, d’éducation, de valorisation et
de conservation du Cœlacanthe et de son environnement marin aux Comores (Maison
du Cœlacanthe) a été créé avec la mission de collecter, traiter et diffuser les données
et informations sur le Cœlacanthe et son environnement. Il a aussi pour rôle d’éduquer,
de promouvoir l’écotourisme axé sur le Cœlacanthe et de promouvoir des pratiques de
pêche respectueuses de l’environnement et de permettre une conservation
participative des ressources naturelles. Plusieurs documentaires montrent les
Cœlacanthes filmés par Nicolas Hulot à bord d’un sous-marin dans le Parc national du
Cœlacanthe. Une étude marine a permi de révéler la grande richesse des coraux
autour de Chindini et dans la zone et précise que de d’autres études devraient révéler
l’existence de nouvelles espèces.
Finalement, le banc Vailleu (O’Raya ou banc Vailhau –qui va haut) a été ajouté à ce
parc national, pour des raisons évidentes : il est considéré comme le plus grand mur
de plongée sous-marine au monde et est fortement menacé par la pêche illégale dont
la pêche à la dynamite. C’est un des rares endroits aux Comores où la densité de
requins (dont les requins marteaux) pourrait être conservée.
5.3 Cibles
5.3.1 Espèces cibles/phares à l’aire protégée Cœlacanthe
Les espèces cible du Parc national du Cœlacanthe sont indubitablement le
Cœlacanthe et la Tortue verte (Chelonia mydas) menacée / en voie de disparition
(voir annexe 6, les tortues marines).
Les espèces phares du Parc national du Cœlacanthe sont :
• Cœlacanthe (non visible) ;
• Tortue verte (Chelonia mydas), présente dans l’eau et sur certaines plages ;
• Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata).
• Coraux et poissons de coraux (sans distinction de genre et espèces) ;
• Requins (très menacés) ;
• Cétacés : dauphins, baleines (très menacées sauf la baleine à bosse). Ce sont
des espèce protégée des Comores ;
• Turbo marmoratus (espèce protégée des Comores) ;
• Charonia tritonis (espèce protégée des Comores) ;

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 69


• Holoturies (espèce protégée des Comores) ;
• Poulpes ;
• Langoustes.
5.3.2 Espèce cible/phare disparue (pas de témoins récents)
• Dugong (Dugong dugon) ;
5.3.3 Habitats rencontrés (Ecosystèmes)
Les habitats rencontrés au Parc national du Cœlacanthe sont :
• Récifs et Coraux dont le banc Vailleu ;
• Zone marine pélagique avec des hauts fonds volcaniques et des cavernes
volcaniques sous-marines (Habitat du Cœlacanthe et d’autres espèces peu
connues) ;
• Plages et mangroves marines ;
• Zone côtière agroforestière avec des falaises volcaniques particulières.
5.3.4 Monument naturel
Le Monument naturel rencontré au Parc national du Cœlacanthe est la plage et le port
de Chindini.
Le Banc Vailleu (ou Vailhau) est un monument naturel. Il est considéré comme le plus
grand mur de plongée sous-marine au monde.
5.3.5 Paysages naturels
Les paysages naturels rencontrés au Parc national du Cœlacanthe sont :
• La côte y compris les mangroves ;
• L’océan, zone pélagique à cétacés et grands poissons ;
• Le Banc Vailleu (Vailheu), sous-marin.

5.3.6 Services écosystémiques


Les Services écosystémiques du Parc national du Cœlacanthe sont la lutte contre
l’érosion (mangrove et plages de sables) et contre les risques liés aux changements
climatiques et aux catastrophes naturelles.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 70


6 Pressions et menaces sur la végétation du Parc
national Cœlacanthe
6.1 Pressions et menaces pour les Comores
6.1.1 Principales menaces
Les principales menaces à la biodiversité des Comores et aux services qu’elle fournit
sont résumées ci-dessous :

Tableau 11 : Principales menaces à la biodiversité

Facteurs Modification Changement Espèces Surexploitation Pollution


d’habitat Climatique envahissantes
Écosystèmes
Écosystèmes
Terrestres : Historiquement
Sérieux, en Localement
forêts, et actuellement Peu connu Limité
croissance important
marécages, lacs important
et volcan
Écosystèmes
Localement
Marins : récifs Localement
Sérieux, important
coralliens, important
Limité statut Peu connu (pêche
herbiers, (près des
incertain destructrice,
mangroves, habitats)
braconnage)
plages

Les menaces à la biodiversité des Comores peuvent être classées selon les catégories
suivantes :
1. Modification d’habitat ou d’utilisation des terres ;
2. Espèces exotiques envahissantes ;
3. Surexploitation ;
4. Changements Climatiques ;
5. Pollution.

La principale menace est la perte de l’habitat forestier par l’empiètement agricole


(défrichement et culture itinérante sur brûlis). Le faible développement des activités
économiques et la dépendance des communautés principalement rurales envers les
ressources naturelles pour assurer leur subsistance accentuent la pression
anthropique sur les ressources. Cette pression est souvent exercée à travers le
recours à des méthodes agricoles et de pêche non durables et même destructrices,
comme la culture itinérante sur brûlis, la pêche à pied sur les récifs coralliens ou à
l’aide de Téphrosia (Tephrosia vogelii). De plus, l’exigüité du territoire accroît l’intensité
de la pression démographique qui est très élevée et contribue à l’exploitation intensive
des ressources, à la conversion de la couverture végétale forestière en agricole et
pastorale et à la perte, dégradation et fragmentation irréversibles des habitats.
6.1.2 Modification d’habitat et changement d’utilisation des terres
Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, la population indigène s’est vue refoulée par
les cultures industrielles comme la canne à sucre (Saccharum sp.) sur les régions
moins fertiles et vers la forêt qu’ils avaient commencé à défricher pour faire de
l’agriculture itinérante. C’est à cette époque que de nombreuses espèces d’arbres
fruitiers, le giroflier (Syzygium aromaticum) et de plantes à parfum comme l’Ylang-
ylang (Cananga odorata) ont été introduites et que des espèces de bois précieux
comme l’Acajou des Comores (Khaya comorensis) ont été surexploitées au point
d’entraîner leur disparition de la forêt de la Grille. Dès le début du XXe siècle, sur tout le
pourtour des îles, la forêt est remplacée par des cultures de rente et surtout par la
cocoteraie (Cocos nucifera) au bénéfice des grandes sociétés coloniales. Pendant ce

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 71


temps, la pression démographique s’est accentuée et la terre est devenue un enjeu
crucial. À Ndzuwani, plus de trois quarts des terres cultivables étaient occupées par les
domaines des sociétés industrielles pendant que les paysans étaient refoulés vers les
forêts des versants montagneux ou clandestinement sur les terres des grandes
sociétés. De 1929 jusqu’aux années 1960, les sociétés privées ont rétrocédé des
milliers d’hectares de terres au Gouvernement comorien. Une réforme agraire a
transformé des parcelles de cultures vivrières à l’intérieur des domaines en « réserves
villageoises ». Une des conséquences de ces rétrocessions de terres mal définies est
une situation d’ambigüité et d’insécurité relative au domaine foncier qui prévaut encore
aujourd’hui. La situation aujourd’hui pourrait se résumer ainsi : « je cultive, donc la
terre m’appartient, je suis chez moi ».
De nos jours, l’abattage des arbres du sous-étage et l’empiètement dans le système
forestier constituent le moyen le plus accessible aux paysans pour compenser les
faibles productions dans le système de cultures vivrières et s’auto-attribuer des terrains
gratuitement, certains espérant même des dédommagements en cas de création d’aire
protégée. Ce processus facilite aussi la déforestation complète (culture sur brûlis).
Presque toutes les terres cultivables sont déjà occupées et l’extension de l’agriculture
est nécessairement faite au détriment des espaces forestiers résiduels. Aux Comores,
de nombreuses espèces endémiques de faune et de flore à distribution restreinte sont
associées aux forêts qui restent. La perte ou la dégradation des forêts naturelles
entraîne directement une perte d’habitat pour ces espèces. En 1951, les forêts
naturelles comoriennes couvraient une superficie de 31.000 ha dans les trois îles, soit
environ 14% de la superficie totale du pays. Entre 1974 et 1985, la forêt est passée de
19.100 à 12.375 ha (environ 7% du pays). En raison de la déforestation sans relâche
dans les décennies subséquentes, en 2010, les zones forestières ne couvraient plus
que 3.000 ha, soit 2% du territoire national, selon les évaluations forestières de la FAO
(FAO 2016) basées sur l’échantillonnage de vastes superficies), soit une réduction
globale de 90% depuis 1951.
Dans le milieu marin et côtier, l’exploitation des matériaux côtiers (sable, galets de
plage, gravier et sédiments de rivière) constitue une sérieuse menace à la
conservation de la zone côtière et aux espèces associées. La disparition importante
des plages en raison des prélèvements excessifs et illégaux de sable et de galets de
mer accroît la vulnérabilité du littoral à l’érosion, ce qui est aggravé par l’élévation du
niveau de la mer. Malgré que ce soit interdit, le prélèvement de sable et de coraux pour
la construction perdure et a entraîné la disparition de 90% des plages de N’gazidja en
20 ans et possiblement autant pour les plages de Ndzuwani, réduisant ainsi cet habitat
de façon radicale pour les espèces associées et pour la ponte des tortues marines. De
nombreuses habitations ont été envahies par la mer suite à la modification du trait de
côte lié aux prélèvements importants de sable. Ceci montre bien l’interdépendance de
la zone marine et de la zone terrestre contigüe (zone côtière) et la nécessité
d’aménager les aires protégées avec une approche par de Gestion Intégrée des Zones
Côtières (GIZC) comprenant une partie marine et une partie terrestre, approche encore
nouvelle et peu appliquée aux Comores. C’est pourquoi chaque zone marine sera
prolongée par une bande de 200 mètres en zone terrestre pour être plus moderne.
6.1.3 Espèces exotiques envahissantes
Les espèces exotiques envahissantes sont maintenant considérées comme la
principale menace à la biodiversité indigène dans toutes les îles de l’Océan Indien,
sauf aux Comores où la déforestation à grande échelle prévaut encore. Par exemple,
l’analyse des données montre que de 1995 à 2014, les forêts denses de Ndzuwani ont
diminué de 7.311 hectares à un rythme de 8% par an (le couvert forestier de l’île de
Ndzuwani est passé de 9.012 hectares à 1.701 hectares en l’espace de 20 ans), ce qui
représente une perte de 80% de la forêt naturelle (Boussougou 2015, FAO Vos 2004).
L’IUCN travaille activement à la connaissance de ce fléau et à la lutte active contre les

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 72


espèces envahissantes, en collaboration avec le CNDRS, l’Université et l’INRAPE aux
Comores.
Ces déforestations constituent une menace importante. Les espèces exotiques
envahissantes concurrencent et remplacent la faune et la flore indigènes par prédation,
élimination de la régénération naturelle, introduction de maladies et concurrence pour
les niches de l’habitat. Plusieurs espèces d’arbres et d’arbustes ont été identifiées
(FAO Vos 2004) comme espèces envahissantes pour l’archipel des Comores. Ces
espèces ont été introduites comme bois d’œuvre, arbres fruitiers, épices, pour le
contrôle de l’érosion, comme plantes ornementales et pour des usages multiples
comme bois d’énergie, fourrage et tuteurs pour la vanille. Plusieurs espèces de plantes
envahissantes sont considérées comme étant hautement problématiques : Acacias
australiens à phyllodes (Acacia auriculiformis, Acacia mangium), Herbe-côtelette ou
Tabac-bœuf (Clidemia hirta), Lantanier (Lantana camara), Fougère aigle (Pteridium
aquilinum), Avocat marron (Litsea glutinosa), Goyavier-fraise (Psidium cattleianum),
Jambrosade, Jambosier, Pomme rose (Syzygium jambos), Mérrémia bouclier ou Liane
Pohue (Merremia peltata) et Gingembre jaune, Lys-guirlande crème, Longose
(Hedichyum flavescens). Toutes ces espèces se trouvent à des densités élevées dans
les zones perturbées et les forêts secondaires, mais ont également été trouvées dans
les habitats non perturbés. Là où la terre des sites cultivés est abandonnée, une
végétation exotique envahissante (arbustive, herbacée ou grimpante) prend
généralement le dessus. Face aux espèces animales envahissantes, les oiseaux et les
reptiles indigènes sont les plus affectés. Dans une tentative pour lutter contre les rats
(Rattus rattus) apportés par les premiers colons, de Petites Civettes Indiennes
(Viverricula indica) ont été introduites mais sont plutôt en train de décimer les
populations de serpents endémiques. Les rats des navires affectent probablement
davantage les oiseaux indigènes. On pense que le Tenrec (Tenrec ecaudatus) introduit
de Madagascar nuit aux populations de geckos (Phelsuma spp.) des Comores. La
mangouste (Herpestes javanicus), introduite en Grande-Comore au cours des années
1960 ou 1970, est un prédateur potentiellement dévastateur pour de nombreux petits
oiseaux, mammifères et reptiles (Gillespie 2009). Les écosystèmes marins sont aussi
vulnérables aux espèces exotiques envahissantes, incluant celles qui sont dispersées
illégalement dans les eaux de ballast (par ex. diverses espèces d’algues) des navires
commerciaux et de plaisance mais cette menace n’a pas encore été documentée aux
Comores.
6.1.4 Exploitation illégale et surexploitation des ressources naturelles
Les forêts naturelles et secondaires sont menacées par le prélèvement de bois pour
répondre aux besoins d’ébénisterie, d’énergie et de construction des populations. La
coupe sélective des espèces de bois « rouges » précieux endémiques Weinmannia
comorensis, Ocotea comorensis et Khaya comorensis ont un impact important sur les
populations de ces espèces. Le charbon est encore largement utilisé comme
combustible domestique pour les plus démunis et aussi très intensément pour la
distillation de l’essence d’Ylang-ylang (Cananga odorata), quoiqu’actuellement, c’est le
manguier (Mangifera indica) qui soit le plus utilisé pour approvisionner les distilleries.
La méconnaissance du potentiel du milieu forestier et l’absence de sensibilisation et de
préoccupation pour la conservation des espèces menacées sont des causes majeures
de cette absence de gestion. Les petits bateaux traditionnels de pêche à 2 balanciers,
N’galawa, sont actuellement réalisés en Manguier (Mangifera indica), Sang-dragon,
(Amboine, Bois de rose de Birmanie ou Rarra, Pterocarpus indicus) et en Albizia (Siris,
Bonara, Albizia lebbeck).
Expansion de la culture de l’ylang-ylang.
L’ylang-ylang (Cananga odorata) fut introduit en 1909 aux Comores qui sont
rapidement devenues le premier producteur mondial de cette huile essentielle qui est
un composant essentiel (fixateur) de plusieurs parfums de luxe. Le lancement de deux

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 73


parfums1 au label des Comores par de grands parfumeurs internationaux a suscité un
nouvel intérêt dans l’utilisation de l’essence durant quelques années. Profitant de cette
opportunité économique, la culture de l’ylang-ylang a connu un certain essor sur l’île de
Mwali, particulièrement sur le plateau Djando, le Mlédjélé et la région de Hamba-
Miringoni. La nécessité de disposer de nouvelles parcelles pour accroître cette culture
ainsi que le besoin accru de bois combustible pour la distillation accentuent la pression
sur la forêt puisqu’il n’y a plus de territoire domanial libre pour faire du reboisement. La
distillation requiert aussi de grands volumes d’eau, ce qui accroît de façon importante
la pression sur les ressources en eau déjà très vulnérables. A Mbéni, la distillation est
réalisée avec du pétrole (et non du bois de feu) pour diminuer les coupes d’arbres.
Pêche côtière.
Plus de 4.500 pêcheurs enregistrés utilisent des embarcations traditionnelles pour
pêcher dans les eaux proches du rivage. La majorité de la pêche est réalisée par les
locaux, à des fins de subsistance. Cependant, les dommages physiques infligés aux
habitats marins résultent de certaines pratiques de pêche dans les zones côtières
comme la pêche à la dynamite (illégale et encore pratiquée aujourd’hui), l’usage du
Téphrosia (Tephrosia vogelii), la pêche à pied à marée basse sur les récifs coralliens
notamment pour pêcher les poulpes (Octopus cyanea), la pêche au harpon ciblant les
poissons côtiers et les poulpes. La collecte des coquillages sur les vasières à marée
basse (poulpes, petits poissons et coquillages), laquelle est toujours permise, entraîne
des dommages importants aux coraux par le piétinement ou en cassant les coraux. Le
rayon d’action limité des pirogues traditionnelles concentre les activités d’exploitation
de la majeure partie des activités de pêche sur poissons côtiers et récifaux et
augmente les risques de capture accidentelle de Cœlacanthes. Actuellement, les
dispositifs de concentration de poisson (DCP) réalisés avec des feuilles de cocotiers
donnent de bons résultats quoique la loi interdise de naviguer ou de pêcher dans un
rayon de 3 milles nautiques2 (5,556 km) autour des DCP. Sur le banc Vailleu (O’Raya)
situé à 12 miles nautiques (22 km) à l’ouest de Moroni et long de 3 km, joyaux des
Comores et maintenant intégré au Parc national Cœlacanthe, les pêcheurs continuent
à utiliser régulièrement la dynamite pour pêcher, avec de lourdes conséquences
écologiques.
Braconnage des tortues marines.
Voir annexe 6 : Fiche technique sur les tortues marines

Le braconnage des tortues marines pour vendre et consommer la viande et les œufs,
ainsi que l’extraction excessive du sable de plage, constituent de graves menaces pour
les populations de ces espèces qui sont menacées à l’échelle de la planète.
L’exploitation des tortues marines est interdite depuis 1979 aux Comores et cette
interdiction a été renforcée par un décret ministériel en 1992 et une ordonnance en
2001. Malgré cela, les tortues sont encore capturées en raison de leur facilité de
capture et de l’absence de patrouille sur les plages, surtout la nuit. Certains pêcheurs
appâtent leurs palangrottes (légales) avec de la chair de tortue (illégale). Selon un de
nos informateurs, chaque semaine, la viande de dix tortues environ serait vendue à
Mitsamiouli où elle est très appréciée et vendue à bas prix, beaucoup moins cher que
la viande de bœuf, très similaire au goût.
Exploitation des coquillages.
Certains mollusques marins en voie de disparition sont menacés par l’exploitation non
réglementée et non déclarée, essentiellement pour l’exportation, comme le Triton
géant (Charonia tritonis), l’un des rares prédateurs d’une étoile de mer, l’Acanthaster
pourpre (Acanthaster planci) prédatrice des coraux. Le Turban vert ou Burgau (Turbo

1
« Amarige Ylang-Ylang des Comores » lancé en 2011 par la maison française Givenchy et
‘Eau de Mohéli’ lancée en mai 2013 par le parfumeur français Diptyque en partenariat avec la
firme multinationale suisse Givaudan et la société comorienne AGK.
2
1 mile nautique = 1.852 Km
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 74
marmoratus), est pêché commercialement comme source de nacre. Le Casque rouge
(Cypraecassis rufa) et le Casque cornu (Cassis cornuta) tous deux objets très
populaires de collection ainsi que le « Sept doigts » (Lambis crocata crocata) sont
aussi fort pêchés de façon artisanale. Plusieurs tonnes de ces coquillages sont
exportées dans les pays voisins (Tanzanie, Madagascar, Kenya) (ASCLME 2012).
Holothuries ou concombres de mer.
La pêche non réglementée et non déclarée est aussi un problème important pour les
concombres de mer ou Holothuries (Holothuroidea, nombreux genres) qui sont
exploités par des réseaux malgaches et chinois installés en Tanzanie ou des hangards
pleins d’holoturies séchées attendent un bateau pour rejoindre l’Asie. Les principales
espèces pêchées sont :
a) Holothuria (Microthele) fuscogilva ;
b) Holothuria (Microthele) nobilis ;
c) Thelenota ananas ;
d) Thelenota anax.
6.1.5 Pollutions, marées noires, explorations sismiques
Il n’y a pas d’activité industrielle ou économique très polluante aux Comores, à
l’exception des risques de déversement d’hydrocarbures en mer. Cependant les rejets
domestiques peuvent être localement très importants en raison de l’absence de
traitement des eaux usées et de système permanent et systémique de gestion des
déchets. Une récente étude PNUD a montré une eutrophisation des eaux notamment
en face de Mitsamiouli (Wickel 2016).
Transport d’hydrocarbures.
Les risques de pollution par déversement accidentel d’hydrocarbures ne sont pas
négligeables en raison du passage important de pétroliers au large des côtes
comoriennes dans le canal du Mozambique. En effet, les voies de transport maritime
qui longent les côtes de l’Afrique de l’Est sont parmi les plus fréquentées dans le
monde, transportant plus de 30% de la production mondiale d’hydrocarbures. Plus de
5.000 voyages de pétroliers ont lieu par année dans les eaux côtières sensibles des
Comores et de Madagascar et le long de la côte Est-Africaine. Une grande marée noire
pourrait gravement nuire à l’économie et à l’équilibre écologique des Comores en
endommageant les fonds de pêche et en polluant les plages importantes pour la ponte
des tortues et le tourisme.
Exploration gazière.
Les activités de l’industrie de l’extraction gazière constituent une menace potentielle
pour l’environnement marin et côtier des Comores. Des permis d’exploration gazière
ont été octroyés dans les eaux Comoriennes depuis 2007 et des explorations non
destructives ont débuté en 2011 à l’aide de méthodes sismiques. Une zone d’environ
40.000 km2 à l’ouest de N’gazidja a déjà été étudiée et d’autres explorations sont en
cours dans la partie ouest de la ZEE, Zone économique exclusive3 du pays. Dans
l’éventualité où les résultats des explorations sismiques seraient positifs, des forages
exploratoires pourraient être effectués pour confirmer la présence de gaz et
éventuellement pour confirmer le potentiel d’extraction. Le niveau de risque pour la
biodiversité marine des Comores diffère pour chacune de ces étapes et son évaluation
demeure hypothétique pour les phases autres que celle de l’exploration sismique qui
est en cours, jusqu’à ce que les études confirment la présence de gaz. La réalisation
d’études d’impact n’a pas été requise jusqu’à maintenant mais devrait l’être pour les
étapes suivantes. À court terme, les menaces que présentent les explorations
sismiques sont liées aux déflagrations produites par l’équipement couramment utilisé
pour ces études. Il a été montré que les déflagrations peuvent avoir des effets néfastes

3
Une zone économique exclusive (ZEE) est, d'après le droit de la mer, un espace maritime sur
lequel un État côtier exerce des droits souverains en matière d'exploration et d'usage des
ressources, zone inférieure à 200 miles (370,4 km) des côtes.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 75


pour la faune marine, allant de l’évitement pour les poissons à la perte temporaire
d’ouïe pour les tortues marines à des perturbations plus importantes pour les cétacés,
incluant la surdité, la désorientation, les stress traumatiques et des blessures, selon la
distance de la source. Les ondes sismiques utilisées sont susceptibles d’affecter les
capacités acoustiques des cétacés qui sont déterminantes pour mener leurs activités
vitales de communication, de soin des petits, d’alimentation et d’accouplement. Le
danger que les cétacés évitent définitivement les zones où les sons ont été produits a
aussi été documenté, risquant ainsi de réduire les opportunités d’observation des
baleines certaines années. À moyen terme, les risques associés aux phases
d’exploration et d’évaluation impliquant des forages sont liés au rejet des boues de
forage et aux risques d’incidents, fuites et déversements. Les boues de forage sont
contaminées aux hydrocarbures, métaux lourds et autres produits toxiques. Cette
pollution affecte la faune et la flore marine à travers toute la chaîne alimentaire de
même que les processus écosystémiques. Le rejet de ces boues augmente aussi la
turbidité de l’eau, affectant particulièrement les organismes filtreurs. D’autre part, les
risques de fuites et déversements accidentels sont aussi susceptibles d’affecter
l’ensemble de la faune et de la flore marine et côtière. Ces risques sont d’autant plus
importants si les capacités de réponse (équipement, procédures, compétences) aux
incidents ponctuels ou majeurs sont insuffisantes.
6.1.6 Catastrophes et Changements Climatiques
En raison de leur position géographique et des facteurs climatiques, les Comores sont
vulnérables à une multitude de catastrophes naturelles incluant les tempêtes
tropicales, les inondations, l’élévation progressive du niveau de la mer, les éruptions
volcaniques, les tremblements de terre et les glissements de terrain. Selon les rapports
nationaux, les tempêtes, inondations et glissements de terrain se sont intensifiés au
cours des 10 dernières années, à la fois en fréquence et en sévérité et par conséquent
dans leur impact. Les scenarios du Groupe d’experts intergouvernemental sur
l’évolution du climat (GIEC) déclinés sur l’Océan Indien prévoient une élévation de la
température de l’air de 1,4°C à 3,7°C d’ici à 2100 pour la zone des Comores et une
élévation du niveau de la mer de 20 cm au cours des cinquante prochaines années et
des fluctuations des précipitations annuelles entre -2 % et +20 % (ASCONIT
Consultants 2011). Les données sur les changements à long terme des températures
et des précipitations annuelles moyennes montrent que celles-ci ont augmenté depuis
les années 1960. Le projet AMCC à la Direction Générale de l’Environnement et des
Forêts est en train de faire le point à ce sujet. Les évaluations de vulnérabilité prédisent
une perte de biodiversité, une diminution de la production agricole et halieutique et une
augmentation des épisodes de blanchiment des coraux. En 1998, lors d’un phénomène
El Niño majeur, les températures des eaux de surface se sont maintenues au-dessus
de 30°C pendant plusieurs semaines sur l’ensemble de l’Océan Indien entraînant la
mort de plus de 90% des coraux de faible profondeur sur la plupart des récifs de
l’Océan Indien. L’effet du changement climatique sur l’occurrence du phénomène El
Niño est à ce jour incertain, mais son ampleur et ses impacts risquent de s’accentuer
considérablement dans les années à venir. Une situation similaire s’est reproduite en
2010 et 2016 détruisant les coraux des Comores dans des proportions importantes et
inquiétantes (Wickel 2016). Pour les tortues, l’augmentation de température risque de
causer un déséquilibre entre les sexes au sein de la population (le sexe étant
déterminé par la température d’incubation des œufs) et la réduction de la fenêtre
temporelle favorable à une ponte réussie.
L’impact dévastateur de l’effet combiné des catastrophes sur les populations humaines
et sur l’environnement est illustré par l’éruption du volcan Karthala en 2005 dont les
cendres volcaniques avaient réduit la perméabilité du sol et sa capacité à absorber les
précipitations intenses et continues (PNUD Comores 2012) entraînant des inondations
répétées causées par des pluies torrentielles. Sans compter les impacts dramatiques
sur les populations rurales et leurs moyens de production, ces catastrophes naturelles
conduisent à des glissements de terrain, coulées de boue, la perte ou la perturbation
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 76
des habitats de faune et de flore et l’érosion du sol, ce qui augmente la sédimentation
et la turbidité dans les eaux côtières pendant la saison des pluies et l’étouffement des
herbiers marins et des récifs coralliens qui sont des sites d’alimentation essentiels pour
les tortues marines, les Dugongs et plusieurs espèces de poissons. Les changements
climatiques sont également à l’origine de l’élévation du niveau de la mer menant à une
grave érosion côtière perturbant ainsi les habitats côtiers, les mangroves, les herbiers
marins et les plages de ponte des tortues. En 20 ans, près de 30 à 40 m de terre ont
été érodés par la mer en plusieurs endroits sur les trois îles.
Bien que les Comores aient peu d’influence sur ces facteurs, la stratégie d’aborder
l’impact des autres menaces contribuera à renforcer la résilience des éléments
vulnérables de la biodiversité.
6.2 Principales menaces pour le parc national

Tableau 12 : Corrélation entre cibles de conservation et menaces du parc


national
Tortues
Récifs Herbiers
Menaces marines et Mangrove Cétacés Plages
coralliens marins
œufs
Braconnage
chasse
Déchets
ménagers
Piétinement des
corraux
Pêches
destructives
Déforestation et
brulis
Prélèvements
animaux bois
sable œufs
Tourisme et
fréquentation

Faible Moyenne Haute Très haute

6.3 Analyse des risques et menaces pour le milieu marin


6.3.1 Les principales menaces sur la zone marine
Malgré une richesse biologique importante en termes de nombre d’espèces qui ont pu
être répertoriées, l’écosystème récifal est dans sa globalité fortement perturbé, que ce
soit par les pressions humaines et le changement climatique (phénomène de
blanchissement des coraux récurrent). Chacune des 3 zones étudiées (Parcs
nationaux de Shisiwani, Cœlacanthe et Mitsamiouli-Ndroudé) présente des pratiques
(sur terre et en mer) et des niveaux de menaces différents, qui sont récapitulés dans le
tableau suivant (Wickel 2016).

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 77


Tableau 13 : Menaces observées sur chacune des zones marines étudiées
Change Sur
Espèces Pollution
Modification ment exploita
envahis des
d’habitat climati tion des
santes eaux
que ressources
Parc national
Shisiwani
Parc national
Mitsamiouli-Ndroudé
Parc national
Cœlacanthe

Niveau de menace Limité Moyen Important

6.3.2 Le braconnage
Les ressources qui doivent faire l’objet de préservation au Parc national sont des cibles
de choix aux Comores. Le braconnage est l’une des menaces les plus importantes
dans la zone et concerne les tortues marines. Ce braconnage peut devenir le
baromètre du bon ou mauvais fonctionnement du Parc envers les communautés.
Le braconnage des tortues marines : La zone du Parc national dispose de
nombreuses plages qui étaient auparavant des plages de ponte de tortues marines.
Aujourd’hui, il est très rare voire impossible d’observer une ponte même sur les plages
les plus éloignés des habitations. Les tortues sont systématiquement braconnées
(tuées et leur viande vendue) sur les plages et voire même en pleine eau à l’aide des
filets maillants et de fusils marins. Plus de 30 tortues seraient braconnées à Mohéli
certains jour, selon des sources à vérifier.
D’ailleurs les pêcheurs du Parc national Cœlacanthe sont réputés pour être les
braconniers des tortues marines du Parc national de Mohéli. La vente de viande de
tortue est régulière et abondante à Chindini.
Voir annexe 6 : Fiche technique sur les tortues marines
6.3.3 Pêche destructrice
Les formes de pêche pratiquées dans le Site représentent une sérieuse menace. Ce
sont surtout la pêche au filet maillant, la pêche aux explosifs et la pêche au Tephrosia.
Ces formes de pêche ont complètement détruit le couvert corallien du Site, détruisant
ainsi tout le potentiel biologique du Site. L’arrêt complet de ces formes de pêche sera
un indicateur important d’une bonne gestion du Parc national.
Les ressources marines (hors poissons) : Les prélèvements abusifs de certains
coquillages soit pour la fourniture de nacre, soit comme souvenirs pour les touristes
sont signalés mais mal documentés.
6.3.4 Piétinement
La pêche à pied sur les platiers à marée basse (poulpes, poissons, coquillages), reste
très importante sur le Site et conduit à la destruction des coraux par piétinement ou par
retournement des colonies.
Elle est pratiquée par les pêcheurs mais aussi par les femmes, les enfants, et les
jeunes pour lesquels il s’agirait d’une étape dans l’apprentissage de la pêche à la ligne,
avant d’être embarqués. Cette pratique qui met en péril l’intégrité du récif doit faire
l’objet d’une attention particulière de façon à aboutir à des modalités de gestion
acceptables. Le piétinement devra faire l’objet d’une forte sensibilisation en vue
d’atténuer les impacts et d’observer une amélioration des indicateurs de recouvrement
corallien.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 78


6.3.5 Pollution par les déchets ménagers
Les pollutions sont à ce jour relativement faibles malgré que le plastique soit non
biodégradable. Elles sont essentiellement le fait de l’absence de système de gestion
des déchets ménagers, de traitement des eaux usées et de fosses septiques ou
latrines. Les risques de pollution accidentelle par des hydrocarbures ne sont pas
négligeables en raison du passage important de pétroliers au large des côtes
comoriennes, dans le canal du Mozambique. Les déchets sont versés directement sur
les plages, et atterrissent tous dans les mangroves et ralentissent considérablement
leur croissance.
6.3.6 Destruction des herbiers et récifs
Au niveau du Site, la problématique se tourne vers la dégradation des habitats marins
côtiers comme les herbiers et récifs coralliens. En effet, les impacts directs sont une
augmentation de la turbidité de l’eau et une sur-sédimentation liées aux apports
terrigènes résultants de la déforestation et du défrichement.
6.4 Les principales menaces sur les formations végétales
terrestres
Il a été convenu que pour la zone côtière, les gestionnaires du Parc national
s’occuperaient essentiellement des plages, des mangroves et des déchets polluants
l’océan et la zone terrestre. Le reste de la zone côtière constitue une zone de
protection essentiellement par rapport à ces éléments.
6.4.1 Prélèvements
Le prélèvement des œufs de tortues : L’un des problèmes majeurs du parc national
est le prélèvement des œufs de tortues marines. Ces pratiques se seraient
développées pour compenser la baisse des ressources en poissons récifaux, certains
pêcheurs se reportant sur le braconnage des tortues ou le prélèvement des œufs
comme compléments d’activité et de revenu. Ce prélèvement constitue une menace
sérieuse qui a conduit au non fréquentation des plages de ponte par les tortues. Or
une plage ou la natalité en tortue est forte constitue également l’assurance de la
présence des poissons carnassiers dans les eaux côtières et de tourisme régulier.
Voir annexe 6 : Fiche technique sur les tortues marines
La destruction des plages : L’exploitation des matériaux côtiers (sable de plage,
galets, pierres, graviers et sédiments de rivières) engendre un risque sur la
conservation de la zone côtière et des espèces inféodées. Les impacts directs sont :
• Disparition de certaines plages de ponte de tortues.
• Pression sur les infrastructures côtières (les maisons tombent dans la mer) ;
• Accroissement de l’érosion côtière ;
• Destruction du patrimoine naturel et paysager ;
• Perte du potentiel touristique ;
Les plages sont théoriquement du domaine de l’état et l’extraction est interdite, mais la
législation nationale n’est ni respectée, ni contrôlée, ce qui laisse libre cours à toute
exploitation d’une ressource gratuite et facilement accessible notamment par les
propriétaires de camions. L’absence d’alternative en matériaux de construction est un
frein au respect de la législation. La meilleure alternative est le sable noir volcanique
non salé, qui permet de garantir des constructions plus durables.
Prélèvement du bois de mangrove : Les besoins en bois de chauffe à usage
domestique ou pour les activités de production (distillation d’Ylang-ylang) au Parc
national est presque nul. Dans l’ensemble, la mangrove est peu exploitée. Les arbres
sont utilisés pour le bois de chauffe, le bois de construction de cases traditionnelles et
de balanciers des pirogues. Aucun site n’a jusqu’à présent fait l’objet d’une exploitation
durable de la ressource comme cela peut s’observer par endroit en Afrique de l’est.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 79


6.4.2 Pressions anthropiques
[Link] Culture sous forêt
Il ne reste plus de forêts primaires dans le Parc national.
[Link] L’Agriculture
La population vivant à proximité du site du Cœlacanthe comporte des tradipraticiens,
des menuisiers, charbonniers, des horticulteurs, des maraîchers, des cultivateurs, des
éleveurs de bétails, des pêcheurs et de simples paysans.
Les plantes sont cultivées en basse et moyenne altitude aux alentours de la forêt du
Cœlacanthe, la culture vivrière étant une agriculture pratiquée pour une consommation
de la population locale et les paysans qui l’ont cultivé. On a recensé 26 espèces
distribuées de façon désordonnées au versant nord dans des parcelles cultivées.

Carte 9 : Les différents systèmes d’exploitation ruraux


Cette carte représente les différents espaces exploités par la population et les espaces
occupés par la végétation naturelle en prenant compte des activités agronomiques
(élevage et agriculture)
6.4.3 Plantes envahissantes
L’invasion par les plantes introduites est à l’heure actuelle, la principale menace pour la
pérennité des écosystèmes autochtones insulaires. En effet les espèces exotiques
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 80
envahissantes ont de sérieux effets sur la composition floristique, la structure et le
fonctionnement des écosystèmes insulaires. Les espèces rudérales, pantropicales,
anthropiques, introduites existent partout.

On dénombre plusieurs dizaines de sortes de plantes envahissantes dans l’île de


Ngazidja. Ces plantes envahissantes types (PNUD 2013) :
• Ont une compétitivité élevée et une maturité sexuelle précoce ;
• Ne sont pas soumises à des régulateurs naturels (parasite ; prédateurs, etc.) ;
• Disposent les deux modes de reproduction majeure (asexuée et sexuée) ;
• Possède une capacité de dormance des graines et de colonisation élevée ;
• Ont une propagation de graine à courte distance ;
• Donnent de nombreux fruits attractifs.
Certaines phases de recolonisation des coulées de laves volcaniques (phase
d’installation des plantes sciaphiles) par la végétation autochtone qui permettent de
reformer une forêt naturelle sont bloquées par le développement exubérant d’espèces
envahissantes introduites. Les plantes envahissantes entraînent indirectement
l’extinction locale de plantes indigènes rares en empêchant leur régénération.

Tableau 14 : Exemple de liste des espèces envahissantes observables dans la


végétation du mont Karthala et environs

Familles Noms scientifiques Noms vernaculaires


Fabaceae Abrus precatorius
Asteraceae Ageratum conyzoides Mnuka
Amaranthaceae Amarantus lividus
Poaceae Andropogon sp. Gumba
Acanthaceae Asystasia gangetica Usité
Asteraceae Bidens pilosa Ntsoho
Poaceae Brachiaria nana Mbouha
Fabaceae Cajanus scaraboides Cajanus scaraboides
Sapindaceae Cardiospermum halicacabum Mbabawunandzo
Fabaceae Cassia occidentalis
Fabaceae Cassia tora
Euphorbiaceae Centella asiatica
Melastomataceae Clidemia hirta Trundadzaha
Araceae Colocasia esculenta Dji ;
Malvaceae Conyza sumatrensis
Asteraceae Crassocephalum crepidioides
Fabaceae Crotalaria sp
Boraginaceae Cynoglossum sp.? Louzi
Cyperaceae Cyperus rotundus Ndawé
Fabaceae Desmodium incanum
Poaceae Digitaria sp.
Caryophyllaceae Drymaria cordata Namara
Poaceae Echinochloa colona
Asteraceae Elephantopus mollis
Asteraceae Emilia sonchifolia
Flacourtiaceae Flacourtia sp.
Amarantaceae Heliotropium sp
Malvaceae Hibiscus diversifollius
Poaceae Hyparrhenia sp. Gumba
Balsaminaceae Impatiens sp. Tridi mbé
Poaceae Imperata cylindrica Bidambé
Fabaceae Indigofera spp. Mgnamani

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 81


Convolvulaceae Ipomea sp. Mbouha
Cyperaceae Kyllinga erecta Nkunu
Asteraceae Lactuca sp. Saladi maziwa
Verbenaceae Lantana camara Tramba mzungu
Fabaceae Mimosa pudica
Lamiaceae Ocimum canum
Oxalidaceae Oxalis corniculata
Poaceae Panicum brevifolium
Poaceae Panicum luridum Itsoimli
Poaceae Paspalum dilatatum
Poaceae Paspalum paniculatum Sandzé madji
Passifloraceae Passiflora edulis Nyambwibwi
Passifloraceae Passiflora suberosa Nyambwibwi
Poaceae Pennisetum sp. (purpureum ?) Bâtonnet
Rubiaceae Pentas lanceolata Sindzamwazi
Euphorbiaceae Phyllanthus spp.
Piperaceae Piper umbellatum Dara dancolé
Rubiaceae Polysphaeria multiflora Mhambaya
Myrtaceae Psidium cattleianum Mtsongoma
Cyperaceae Pycreus polystachyos
Vitaceae Rhoicissus revoilii
Rosaceae Rubus idaeus Framboizi
Rosaceae Rubus rosifolius Framboizi, Framboisier d’Asie
Cyperaceae Scleria sp. Mmwa msiru
Malvaceae Sida acuta Ifoudoué
Asteraceae Sida rhombifolia Ifudue
Solanaceae Solanum mauritianum Mbitsi
Solanaceae Solanum nigrum Boi/mnavu
Poaceae Sporobolus indicus Ipombohossi
Verbenaceae Stachytarpheta jamaicansis
Fabaceae Tephrosia sp.
Asteraceae Tricodesma sp.
Melastomataceae Tristemma virusanum Trundandjizi
Malvaceae Urena lobata
Asteraceae Vernonia sp.

6.5 Cataclysmes naturels récents


6.5.1 Volcan Karthala
De nombreux cratères sont rencontrés au niveau des flancs du Karthala. En effet les
activités volcaniques permanentes sont enregistrées au sommet et sur les pentes. Les
activités volcaniques qui ont causé la régression de la végétation sont présentées sur
le tableau suivant.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 82


Tableau 15 : Les différentes éruptions volcaniques qui ont menacé la végétation
de 1969 à 2010
Conséquence sur la
Type, Nature Année Végétation affectée
végétation
Magmatique Avec 1972 et août Versant nord à haute Sol nu et Végétation
coulée de lave 1977 altitude et versant pionnière sur scories
ouest à basse
altitude
Magmatique Sans Juin 2006 et
coulée de lave janvier 2007
Phréatique, Gaz Juillet 1991 La forêt du massif Pluie acide et réduction
toxique, (CO2, SO2, de la photosynthèse
H2S)
Phréato- Avril et La végétation au- Calcination et
magmatique, novembre dessus de 2.000 m disparition de la
Cendre et bombe 2005 et le littoral végétation
en choux fleur
Coulée de boue A chaque Les périphéries des Erosion du sol ;
saison de cours d’eau et la inondation de basse
pluie depuis végétation, basse altitude et pollution des
avril 2005 altitude du versant nappes phréatiques
ouest

L’ensemble de l’île est potentiellement exposé aux différents aléas volcaniques qui
pourraient être générées par une éruption majeure et entraîner des conséquences
néfastes tant sur la population que sur l’environnement naturel et les principales
infrastructures. Ces dernières sont concentrées à la capitale au nord-ouest, au pied du
massif à moins de 100 m d’altitude à 15 km environ du cratère.
6.5.2 Cyclones
Les Comores ont connu plusieurs perturbations cycloniques dont le plus important est
celui de décembre 1950. La côte nord de Madagascar joue le rôle d’écran en
diminuant la vitesse des vents cycloniques vers Ngazidja plus particulièrement le
massif du Karthala.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 83


7 Délimitation et Zonage du Parc national Cœlacanthe
7.1 Délimitations intérieures
Le Parc national est constitué de plusieurs Zones de Non Prélèvement et de plusieurs
Zones à usages différenciés.
Les Zones de Non Prélèvement du Parc national sont des zones terrestres ou
marines d’intérêt écologique constituées en périmètre de préservation intégrale. Toute
activité, toute entrée et toute circulation y est restreinte et strictement réglementée.
Pour la partie marine, on parle aussi de sanctuaires.
Les zones de non prélèvement marines littorales sont les plages de sable et les
mangroves. Les zones de non prélèvement marines non littorales n’existent pas
encore. Les zones de conservation prioritaires identifiées par les scientifiques
pourraient devenir progressivement des zones de non prélèvement dans certains cas.
Ce serait l’idéal, cependant, cette approche ne correspond pas encore à l’approche
choisie par les communautés. Leur proposition est d’avoir des zones de non
prélèvement marines en alternance. Par exemple, pendant 5 ans on ne pêche pas à
l’est (droite) du village dont il est question et les 5 années suivantes, on ne pêche pas
à l’ouest (gauche) de ce village, et ainsi de suite, ce qui permet au stock de poissons
de se recomposer et évite la disparition d’espèces cibles. Cette approche doit être
combinée avec le respect des tailles minimum des poissons et produits de la mer de
façon à ne pas écrêmer la mer de ses individus trop jeunes.
Les Zones marines de conservation prioritaires sont des zones identifiées
scientifiquement et vont devenir progressivement des zones de non-prélèvement.
Cependant, afin de rester réaliste, la première étape sera d’informer les pêcheurs et
les populations sur ces zones (Zones marines de conservation prioritaires - ZNP, les
plages et les mangroves) et de mettre en place progressivement la protection pour
éviter tout conflit social et en veillant à ce que les personnes affectées par la création
du parc (PAP) s’y retrouvent économiquement tel que planifié dans le plan de
sauvegarde sociale.
Les autres zones sont un espace dans lequel les activités sont réglementées pour
assurer une meilleure protection des Zone de Non Prélèvement et garantir la vocation
de chaque composante.
Les autres zones sont :
• Les Zones d’Occupation Contrôlée (ZOC) désignant des zones terrestres
située à l’intérieur du Parc national et habitées par des populations
antérieurement à sa création. Ce sont les villages et leur pourtour immédiat.
• Les Zones culturelles (ZC) marquent des espaces terrestres dédiés aux
activités culturelles ou cultuelles et peuvent abriter des constructions telles que
mosquée (Mosquée miraculeuse à Bangoua Kouni), cimetières (Cimetière
portugais de Bangoua Kouni et d’autres), zone d’intérêt historique,
archéologique ou autre.
• Les Zones de Service (ZS) sont des zones terrestres destinée à l’implantation
d’infrastructures de production électrique, hydraulique ou géothermique,
touristiques, éducatives, fonctionnelles, pylônes et pistes, routes ou autre. Des
zones pourront se développer dans le futur comme des Guest houses,
campings ou autres sites touristiques aménagés en dur. Le site de l’ex hôtel
Galawa en fait partie.
• La Zone d’Utilisation Durable terrestre ou marine (ZUD) correspond à un
espace terrestre de valorisation économique où l’utilisation durable des
ressources et les activités de production sont réglementées et contrôlées. Elle
comble tous les espaces non occupés par les autres zones. Il s’agit de la zone
où l’agroforesterie et les champs de culture dominent. Dans ce parc national, la
ZUD terrestre couvre toute la zone côtière y exclus les plages de sable et les

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 84


mangroves. La ZUD marine couvre toute la zone marine y exclus les ZNP
lorsqu’elles seront définies, soit en alternance, soit les zones de conservation
prioritaires identifiées par les scientifiques.

7.2 Zones marines de conservation prioritaire


Ces zones ont été identifiées sur des bases scientifiques par des biologistes marins .
Les sites étudiés en 2016 par MAREX (Wickel 2016) présentent, pour chacun d’entre
eux, des zones naturelles d’intérêt écologique particulier qui se démarquent au sein du
périmètre général. Plusieurs critères sont pris en considération pour identifier ces
zones de conservation prioritaires :
• La présence et la diversité d’habitats remarquables,
• La diversité des espèces présentes,
• L’originalité des peuplements par rapport à l’ensemble du site,
• La vitalité des colonies coralliennes,
• Le niveau de conservation des ressources halieutiques,
• La résilience au blanchissement corallien,
• La présence de points d’intérêt culturel,
• L’intérêt paysager.

Ainsi, sur la base de ces points d’intérêt, ce sont 4 zones de conservation prioritaires
qui ont pu être identifiées au Parc national. Ces zones sont présentées (points forts et
localisation) dans les tableaux et figures qui suivent.

Ainsi, sur la base de ces points d’intérêt, ce sont 5 zones de conservation prioritaires
qui ont pu être identifiées au Parc national. Ces zones sont présentées (points forts et
localisation) dans les tableaux et figures qui suivent.

Tableau 16 : Synthèse des points forts des zones de conservation prioritaires du


Parc national Cœlacanthe.
Pente Récif de Banc
basaltique Chindini Vailleu
Diversité des habitats marins
X X
remarquables
Originalité des peuplements et des
X X X
habitats
Biodiversité importante
X X X
Intérêt paysager
X X
Intérêt culturel
X
Résilience au blanchissement
X X
coralien
Couverture corallienne X X
Ressources halieutiques
X X

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 85


Figure 10 : Zones de conservation prioritaire identifiées au Parc national
Cœlacanthe.
Il faut ajouter le banc Vailleu en entier.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 86


7.3 Zones marines littorales de conservation prioritaire
Il s’agit de toutes les plages et de toutes les mangroves du Parc national.
7.4 Carte de zonage selon la loi
Une carte de délimitation des zones sera annexée dès que disponible, après
concertation avec les populations regroupées en Comités villageois du Parc national
(un par village) et dans le Comité de Cogestion du Site du Parc national Shisiwani (un
pour le parc).

.
Parc national marin
ZR ZNP Parc national marin
Zone marine
ZUD Zone côtière terrestre

ZS Plage ou Mangrove
. Zone marine Plage / Mangrove
Zone de non prélèvement
Zone côtière ZC ZUD Zone d’utilisation durable
ZR Zone de recherche
ZUD ZS Zone d’occupation contrôlée
Zone culturelle
Zone de service ou
. ZOC chenal d’amenée

. .

Figure 11 : Exemple de types de zones dans un Parc national marin, comprenant


une partie marine et une partie terrestre

7.5 Zone marine


La zone marine comprend l’eau, les fonds marins et l’air au-dessus jusqu’à une altitude
de 1.000 m (Loi sur le Système national des aires protégées des Comores). Elle est
composée d’une zone d’utilisation durable (ZUD), éventuellement de zones de non
prélèvement permanentes ou temporaires, en alternance ou non (ZNP). Ces zones de
non prélèvement devraient à long terme prendre en compte ou s’identifier aux zones
de conservation prioritaires identifiées par les scientifiques biologistes marins. En face
des villages, des chenaux d’amenée peuvent être identifiés comme zones de service
(ZS) pour passer de la plage à la zone d’eau profonde sans déranger l’ensemble des
écosystèmes récifaux. Ils constituent alors des « routes » marines à suivre telle une
route terrestre, avec comme objectif que les hélices des moteurs ne provoquent pas
trop de remous perturbateurs aux écosystèmes récifaux coralliens sensibles.
Les zones de non-prélèvement (ZNP) peuvent dans le futur lointain devenir
permanentes. En attendant un consensus complet sur le sujet, certains villages
proposent des zone de non-prélèvement temporaires, par exemple 5 ans à gauche
(ouest) puis 5 ans à droite (est) en partant de la plage du village. Ceci permettra sans
nul doute de reconstituer les stocks biologiques nécessaires à la conservation durable
de la biodiversité.
7.6 Zone marine de plages et mangroves
En accord avec les partenaires et les utilisateurs, la zone de plages et les mangroves
a pour objectifs de :
• Gérer les plages pour éviter les extractions de sable et les dépôts d’ordures et
autres détritus de tous types ;

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 87


• Gérer les mangroves pour leur amélioration, régénération naturelle en les
protégeant des coupes, du pâturage et de la détérioration par la modification du
système d’approvisionnement en eau douce de ces zones ;
• Gérer les poubelles dans la zone ;
• Améliorer la situation des ligneux dans la zone en plantant et entretenant les
ligneux de tous types et en empêchant leur coupe sauvage ou l’utilisation du
feu. Les ligneux résistants au sel sont les cocotiers, badamiers et autres.
• Garantir que les constructions de cette zone soient esthétiques et adaptées à
l’environnement ;
• Utiliser cette zone comme site préférentiel pour l’éducation environnementale
de tous type : sorties nature, natation et snorkeling, observation des
mammifères et reptiles marins, sorties barbecue, sorties nettoyage
communautaire des sites touristiques, etc.
7.7 Zone côtière terrestre
La zone côtière s’étend jusqu’à 200 mètres du trait de côte vers l’intérieur des terres.
Les espèces végétales et animales sont terrestres comme les palmiers cocotiers ou les
arbres terrestres (Badamiers, Fruitiers, agroforestiers, forestiers, etc.).

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 88


Figure 12 : Localisation du banc Vailleu

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 89


Figure 13 : Localisation du banc Vailleu (récif Vailheu). Il représente un mur de
200 de hauteur sous l’eau

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 90


8 Conclusion de l’étude marine de 2016
Les résultats acquis dans le cadre de cette étude permettent de faire ressortir les
caractéristiques suivantes :
8.1 Une biodiversité remarquable
Les prospections réalisées au cours de cette étude ont permis de décrire de manière
précise les habitats récifaux des sites sélectionnés par le projet de RNAP et
d’inventorier environ 600 espèces marines sur les 3 sites. L’objectif d’augmenter la
connaissance de la biodiversité marine sur ces zones particulièrement méconnues au
préalable est en ce sens pleinement atteint.
L’analyse des peuplements marins observés permet d’affirmer que la richesse
biologique des sites, auparavant soupçonnée, est largement avérée. Ceci d’autant plus
que l’échantillonnage appliqué reste à ce jour très limité (campagne de 15 jours) et
basé uniquement sur des observations visuelles directes (pas de prélèvement
d’organismes pour identification au laboratoire, ce qui permettrait d’augmenter
considérablement le nombre d’espèces décrites) et sur un nombre de taxons restreint
(non prise en compte des hydraires, coraux mous, spongiaires, etc. qui nécessitent des
méthodologies d’échantillonnage particulières).

Tableau 17 : Diversité des taxons inventoriés au cours de l’étude terrain

Taxon Nb espèces

Coraux 141

Poissons 327

Algues 78

Phanérogames 9

Echinodermes 16

Mollusques 26

Plusieurs espèces menacées d’extinction à l’échelle mondiale (inscrites sur la liste


rouge des espèces menacées de l’Union Internationale pour la Conservation de la
Nature) ont par ailleurs pu être recensées in situ parmi les poissons, les échinodermes
et les coraux.
La majeure partie de l’effort d’échantillonnage a été consacrée aux zones récifales qui
représentent l’essentiel des habitats marins englobés par le périmètre du projet.
8.2 La création d’aires protégées, un outil indispensable
8.2.1 Généralités
La forte sensibilité des écosystèmes recensés sur les sites, associée aux pressions
qu’ils subissent les fait apparaître comme hautement vulnérables. Le projet d’extension
du système national des aires protégées aux Comores, et notamment l’intégration de
superficies marines nous semble en ce sens expressément recommandé en vue de
favoriser l’exploitation durable des ressources et la conservation du patrimoine naturel
et des services rendus par les écosystèmes marins.
Les services écosystémiques sont les bénéfices que les humains tirent de la
biodiversité et du fonctionnement des écosystèmes. Les 3 sites étudiés englobent une
importante diversité d’habitats côtiers (plages, mangroves, herbiers à phanérogames
marins, récifs coralliens, coulées basaltiques) qui présentent la caractéristique de
posséder des fonctionnalités écologiques singulières mais également
interdépendantes (notion de connectivité inter-habitats). Le maintien de l’ensemble de

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 91


ces fonctionnalités est primordial pour la bonne santé de l’écosystème global et les
services qu’il fournit (ressources halieutiques, potentiel pharmaceutique de certains
organismes tels les spongiaires, éco-tourisme, protection du trait de côte contre l’océan
et limitation de l’érosion, épuration des eaux, etc.). Il est en ce sens important d’inclure
dans le périmètre du projet l’ensemble des habitats marins identifiés comme
remarquables.
Sur cette base, la délimitation proposée par le projet des zones à inclure dans le
périmètre des futures aires marines protégées est adaptée à la localisation des
différents secteurs d’enjeux écologiques particuliers qui ont été observés, à laquelle il
convient d’adjoindre qu’une bande terrestre de 200 m largeur a minima afin de faciliter
la gestion des activités en amont : exploitation des plages, projet de développement
littoraux pouvant avoir un impact environnemental direct sur le milieu marin,
assainissement des eaux usées, protection des mangroves, etc.
8.2.2 Axes de travail pour la création d’une aire protégée
La création d’une aire marine protégée doit, au-delà de la mise en place d’une
réglementation appropriée des activités, représenter pour la zone une opportunité de
bénéficier d‘actions de gestion visant à favoriser le maintien des biotopes et des
biocénoses. Parmi les thèmes sur lesquels il nous semble primordial d’axer le travail se
trouvent :
1. Abolition des techniques de pêche les plus destructrices.
Parmi celles-ci, la pêche à la dynamite toujours observée dans le Parc national
Cœlacanthe, la capture nocturne de tortues en pleine mer et sur les plages et la pêche
aux filets accrochés sur les récifs (fortement pratiquée sur les récifs) doivent être
proscrites. La destruction des habitats qu’entraîne ces techniques est très fortement
préjudiciable pour l’écosystème et le maintien des stocks des ressources halieutiques.
La pêche à la moustiquaire (lambahoany ou tissus) doit être étudiée en détail avant
d’émettre un avis objectif sur son impact environnemental et surtout socioéconomique
pour les personnes vulnérables affectées par la création du parc national.
2. Endiguement des prélèvements du sable de plage
Le prélèvement de sable de plages reste une activité pratiquée sur certains sites du
projet, qu’il convient d’endiguer au vu de l’impact environnemental fort qui en découle :
amaigrissement des plages, modifications de la courantologie côtière, suppression des
sites de ponte potentiels pour les tortues marines, régression du trait de côte menaçant
certains villages, etc.
3. Amélioration de la qualité de l’eau
Plusieurs indicateurs biologiques de mauvaise qualité de l’eau ont été remarqués,
principalement face aux village de Mitsamiouli : proliférations localisées de
cyanobactéries, herbiers à phanérogames fortement parasités par les épiphytes,
poissons présentant des infections de la peau, etc. L’amélioration de l’assainissement
des eaux usées est une priorité sur cette zone. Sur Anjouan, les macro-déchets jetés à
la mer et accumulés sur la plage et dans les mangroves voisines du village de Bimbini
impliquent également des actions de nettoyage qui pourront améliorer très rapidement
l’état environnemental mais également paysager et sanitaire de l’endroit. La plage et le
port de Chindini sont aussi fortement polués.
4. Favorisation de la résilience du récif
Les poissons herbivores jouent un rôle essentiel dans la résilience (résistance aux
changements) des récifs puisqu’ils empêchent la prolifération des algues qui vont se
développer sur les substrats durs suite aux épisodes de mortalité massive
qu’entraînent les épisodes de blanchissement corallien. Les récifs étudiés, et
particulièrement ce parc, qui ont été très fortement affectés par les deux derniers
évènements de ce type (en 2010 et 2016) doivent faire l’objet d’une attention
particulière sur ce point avec la mise en place d’une réglementation visant à préserver
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 92
un stock suffisant de poissons herbivores. L’interdiction temporaire (juste après les
épisodes de forte mortalité corallienne) du prélèvement des Scaridae (poissons
perroquets), qui jouent un rôle déterminant dans les premières étapes de régénération
du récif et qui sont à ce jour fortement sous-représentés, doit en ce sens être étudiée.
5. Suivi et contrôle des espèces potentiellement envahissantes
L’observation de plusieurs espèces végétales qui semblent présenter un caractère
envahissant est à suivre de près, notamment Asparagopsis taxiformis qui forment de
larges tapis dans les Parcs nationaux Mitsamiouli-Ndroudé et Shisiwani, et Lyngbia sp.
face au village de Mitsamiouli et en allant vers l’ouest. Le comportement envahissant
de ces espèces d’algues est bien documenté dans la littérature. Par ailleurs, l’algue
Valonia fastigiata a été observée en très grande quantité sur la côte nord de la
péninsule de Shisiwani à Anjouan, formant des touffes denses qui se fixent au substrat
dur et enserrent les colonies coralliennes adultes. Bien que l’aspect envahissant de
cette espèce ne soit pas connu à ce jour, un contrôle régulier de cette population nous
semble à envisager puisqu’elle diminue fortement les superficies récifales colonisables
par les recrues coralliennes (et autres organismes sessiles), ce qui pourrait poser un
problème pour les recrutements à venir (notamment suite à une forte mortalité
corallienne).
En revanche, aucun signe d’infestation par les organismes prédateurs de corail tels
l’étoile de mer Acanthaster planci ou le gastéropode Drupella sp. n’est à signaler
(individus observés en densités normales), malgré les très faibles densités de
Charonia tritonis.
6. Valorisation de l’exploitation de nouvelles ressources
La présence naturelle d’algues qui présentent un potentiel pour l’algoculture,
notamment Eucheuma muricatum sur le site de Bimbini, encourage à étudier la
faisabilité d’une exploitation, en remplacement d’activités plus impactantes pour
l’environnement. Plusieurs espèces du genre Eucheuma sont cultivées dans la région.
E. spinosum, par exemple, a été la première espèce d'algue cultivée dans la région
(Zanzibar, Tuléar à Madagascar, etc.). Elles sont utilisées notamment pour la
fabrication de gélifiant et sont consommées dans certains pays.
7. Mise en place d’actions de restauration des écosystèmes
Ces mesures représentent un idéal biologique et présentent deux contraintes
majeures : elles sont budgétivores et chronophages.
Dans le cadre des préconisations d'aménagements liés à la restauration des
écosystèmes récifaux, quatre objectifs spécifiques sont proposés (Wickel 2016) :
• Faciliter l'accès à certaines ressources naturelles au potentiel d'exploitation
encore élevé.
La mise en place de poulpiers permettra également un accès aux populations de
mollusques céphalopodes sans dégradation de l'habitat naturel récifal où il est
traditionnellement exploité. Les poulpiers sont en effet constitués de chapelets de
pots. Le diamètre du pot est de 50 cm et diamètre de l’ouverture de 25-30 cm. Les
pots sont constitués de différentes matières comme des pots en terre cuite ou en
plastique dur. Ils peuvent être immergés dans des zones sableuses à distance des
récifs pour créer un habitat artificiel propice à l’accueil des poulpes qui ont une
multiplication très rapide dans ce cas. L’installation de ces structures pourraient
soulager la pression de pêche sur les zones récifales (platiers) sans mettre en
danger un autre habitat puisque installé sur des zones de faible sensibilité. Ces
techniques nécessitent toutefois une adhésion de la population et une reconversion
partielle des habitudes et des outils de pêche aux nouvelles pratiques.
Certaines structures artificielles peuvent par ailleurs faciliter l’agrégation de, ou l'accès
à, certaines ressources au potentiel d’exploitation encore non valorisé. Certaines
ressources pélagiques aux reproductions rapides et massives comme les petits

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 93


Carangideae (Decapterus spp., Selar4 sp.) et Caesionidaea (Caesio spp., Pterocaesio
spp.) pourraient être davantage ciblées via l’installation de petites structures légères de
type « Dispositifs de Concentration de Poissons » (DCP), judicieusement disposés et
dimensionnés. De par leur positionnement et la taille des structures, il s’agit là d’outils
adaptés spécifiquement à cette ressource en milieux pélagiques, qu’il convient de
distinguer des DCP classiques à l’impact environnemental aujourd’hui critiqué car
favorisant la surpêche.

Figure 14 : Structure d’une ligne de pots pour la pêche au poulpe

4
Simsime
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 94
Figure 15 : Préparation des pots pour la pêche au poulpe

Figure 16 : Préparation des pots pour la pêche au poulpe

Figure 17 : Pots rangés pour la pêche au poulpe

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 95


• Restaurer les habitats naturels dégradés.
Certains habitats naturels dégradés peuvent être en partie restaurés grâce aux
techniques de transplantation, corallienne dans le cas des habitats récifaux, ou de
végétaux dans le cas des herbiers et des mangroves. Ces techniques permettent
notamment l'installation d'individus ou de colonies susceptibles de se reproduire et
d'accélérer les mécanismes de résilience écologiques des milieux dégradés. La
multiplication des sites sources et leur localisation stratégique en fonction de la houle
et des courants permet aux larves et semences d'atteindre les zones dégradées avec
un taux de survie plus élevé tandis que les individus et colonies transplantés peuvent
se reproduire par clonage et optimiser la reconquête des surfaces proximales arasées.
Ces techniques sont toutefois chères à mettre en œuvre et présentent de forts aléas
quant à l'atteinte des objectifs fixés. Ainsi, lorsque les conditions de dégradation des
milieux sont toujours présentes, les transplants subissent rapidement le même sort que
les populations originelles détruites. Le choix des sites de prélèvement des transplants
peut également être complexe en raison du risque de dégradation de l'écosystème
ainsi prélevé.
• Soutenir et renforcer les échanges biologiques entre habitats.
Les échanges entre habitats discontinus ou fragmentés pourront également être
facilités par l'immersion de petit récifs artificiels à vocation non extractive (réserve de
pêche). Ces structures, par leur architecture et surtout par le choix de leurs sites
d'immersion le long d'axes employés par les organismes lors de leurs déplacements
entre habitats (corridors écologiques), favoriseront l'orientation et la protection
physique de ces populations. La création d'abris intermédiaires permettra également
l'installation transitoire de populations migratrices, le temps nécessaire à leur
maturation, entre les zones de nurserie et les habitats de croissance, souvent exposés
à de plus fortes pressions de prédation. Les conséquences de ces aménagements
sont une récupération plus rapide des populations adultes, par exemple de poissons
récifaux, sur les sites exploités par la pêche. Ces techniques nécessitent toutefois une
étude préliminaire approfondie des habitats et des corridors écologiques afin de
garantir l'efficacité du parc de récifs artificiels. Une protection de ces récifs artificiels à
la pêche sera également nécessaire afin de ne pas annuler leur effet sur les habitats
de destination (sites de pêche naturels).
• Augmenter la production de certaines ressources actuellement sur
exploitées.
Il est enfin possible d'augmenter la production de certaines ressources récifales
actuellement surexploitées par la création d'habitats artificiels là où le milieu est
naturellement peu productif (zones sableuses). Cette création de nouveaux habitats
permet l'installation, la survie et la croissance de jeunes individus qui n'auraient peut-
être pas trouvé d'habitat à leur convenance dans le milieu naturel et seraient morts en
raison de cette lacune. Cette amélioration du taux de survie des individus ciblés par la
pêche peut alors être considérée comme une production nette qui n'aurait pas eu lieu
en l'absence de structures artificielles. On considère dans ce cas que la ressource
exploitée est augmentée par la démarche d'installation d'habitats artificiels. Il est
toutefois, en pratique, extrêmement difficile de distinguer l'effet d'agrégation (faculté
d'attirer les individus déjà présents sur la zone) de celui de production (effet
d’augmenter la ressource par les mécanismes précédemment décrits) des habitats
artificiels. Une bonne stratégie d'aménagement (nécessitant l’intervention d’experts)
permettra en revanche de maximiser l'effet de production sur celui d'agrégation.
Chacun de ces objectifs peut être envisagé individuellement mais ils peuvent et
devraient préférentiellement être pris dans leur ensemble, afin d'en augmenter les
bénéfices tout en minimisant les risques liés à leur effets indésirables. Ainsi, le choix
d'une gestion intégrée de la restauration des milieux et des ressources en employant
l'ensemble des outils d'ingénierie écologique disponibles sur la base de propositions
adaptées au contexte comorien apportera des résultats plus sûrs et plus pérennes
qu'une politique choisie a priori pour favoriser l'un ou l'autre des objectifs présentés.
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 96
9 Gestion du Parc national Cœlacanthe
9.1 Type de gouvernance
9.1.1 Définitions
Gouvernance : l’ensemble des interactions entre les structures, les processus et les
traditions qui déterminent la façon dont l’autorité est exercée, les
responsabilités réparties, les décisions prises, les citoyens et tout autre
acteur impliqué dans la gestion d’une Aire Protégée ;
Cogestion : principe de gouvernance partagée impliquant la coopération et le partage
des responsabilités entre l’Agence et les parties prenantes concernées
dans la conception et dans l’exercice des modalités de gestion ;
Cogestion collaborative ou participative : forme de cogestion qui oblige le
délégataire d’une Aire Protégée à consulter de façon appropriée et selon
les règles de la bonne gouvernance toutes les parties prenantes. L’autorité
formelle de décision, la responsabilité et l’imputabilité reviennent à une
agence, dotée des pouvoirs adéquats.
Cogestion conjointe : forme de cogestion qui associe toutes les parties prenantes au
sein d’un « organe de gestion » qui, en tant que délégataire de la gestion
de l’Aire Protégée, détient l’autorité de décider collectivement.
Plan de gestion environnementale et de sauvegarde sociale (PGESS) : le
document évalue les impacts de la création de l’Aire Protégée sur les
populations, (personnes affectées), la terre, la propriété, leur accès aux
ressources naturelles, cultuelles et économiques et détermine les mesures
pour assurer leur participation à la vie de l’Aire Protégée ainsi que pour
réduire les effets des restrictions de toute nature qu’elles subissent ;
9.1.2 Gouvernance et règles de gestion selon la loi sur les aires
protégées
[Link] Règles générales de gouvernance
Les aires protégées créées sur le territoire national font partie du Système National des
Aires protégées et sont gérées par une Agence unique selon les principes ci-après. Le
types de gouvernance privilégié pour le Parc national Mitsamiouli-Ndroude est la
gouvernance partagée ou cogestion de type collaboratif.
Les principes de gouvernance du Système national des aires protégées des Comores
sont :
• Le maintien du bon état des écosystèmes et la prévention des risques
environnementaux futurs dans les Aires protégées ;
• La recherche d’un bon équilibre entre la protection et la production afin de
motiver les communautés locales à participer à la protection des écosystèmes ;
• La promotion de l’éducation environnementale à tous les âges et à tous les
niveaux sociaux ;
• La promotion de l’écotourisme notamment à travers l’aménagement adapté de
sites touristiques attractifs pour les touristes étrangers et nationaux ;
• L’intégration des milieux terrestres et marins suivant le concept de la gestion
intégrée des zones côtières afin d’optimiser la gestion de l’ensemble pour le
plus grand profit des écosystèmes et des populations ;
• La collaboration avec toutes les parties prenantes telles que les Administrations
concernées au niveau de l’Union, celles des îles autonomes, les Communes,
les institutions et Organisations Non Gouvernementales (ONG) locales et
internationales, et les communautés locales dans la création et la gestion des
Aires protégées ;
• La transparence et le principe de responsabilité de l’Agence vis-à-vis des
diverses parties prenantes et du public ;

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 97


• Le respect du principe de redevabilité vis-à-vis de l’Administration chargée des
Aires protégées par l’Agence ;
• Le respect du principe de partage équitable des avantages dans le cadre de la
gestion de l’Aire Protégée tel que défini par la Convention sur la Diversité
Biologique.

[Link] Règles particulières de gestion


Les règles de gestion du Parc national sont établies, en respectant, autant que
possible, les normes et les pratiques traditionnelles observées par les communautés
locales concernées dont les droits d’usage.
En outre, dans ce Parc national et pour satisfaire les besoins vitaux des populations
riveraines en cas d’urgence, de cataclysme naturel, ou pour le respect de leurs
traditions, et en l’absence de toute solution alternative, certaines activités ou
prélèvements prohibés peuvent être autorisés, sauf dans les Zones de Non
Prélèvement et pendant une période déterminée, par décret pris en conseil des
ministres sur proposition du Ministère en charge des Aires protégées et de l’Agence.
Toute forme d’occupation du sol et de la mer ou toute activité qui, du fait de son
ampleur ou de sa nature, est incompatible avec les objectifs de conservation et de
gestion du Parc est prohibée.
Sauf autorisation de l’Agence, il est interdit :
• d’introduire dans le périmètre du Parc national des animaux sauvages ou
domestiques;
• de détruire ou d’enlever des œufs ou des nids, de blesser ou de tuer ou
d’enlever ou de prélever toute espèce sauvage terrestre ou marine ;
• de troubler ou de déranger de quelque manière que ce soit les animaux
sauvages par des cris, des bruits, des jets de projectiles ou chutes des pierres
provoquées ou de toute autre manière.
Toutefois, l’Agence peut autoriser des activités de repeuplement et des essais de
réintroduction d’espèces indigènes disparues, après avis scientifique.
Sauf autorisation de l’Agence, il est interdit :
• d’introduire à l’intérieur du parc des graines, semis, plants, greffons ou boutures
d’espèces végétales exotiques ;
• de détruire, couper, mutiler, arracher ou enlever tout ou partie de végétaux non
cultivés ou leur fructification et, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du parc, d’en
détenir, transporter, colporter, mettre en vente, exporter ou acheter sciemment.
A titre de droits d’usage, les populations riveraines du parc peuvent prélever à des fins
de subsistance dans les zones autres que les Zones de Non Prélèvement, des plantes
médicinales, du bois de cuisine, de fabrication des maisons traditionnelles, des fruits et
autres végétaux sauvages dont la liste est fixée par l’Agence après avis scientifique.
L’utilisation des insecticides, herbicides et autres pesticides ou tout autre produit
toxique pour détruire des animaux ou des végétaux est prohibée sur toute l’étendue du
parc.
L’accès au parc est soumis à règlementation. Sauf autorisation conjointe préalable des
autorités compétentes et de l’Agence, il est interdit de survoler à moins de mille mètres
d’altitude le périmètre du parc. Toutefois, cette interdiction n'est pas applicable aux
aéronefs militaires en cas de nécessité absolue de service et aux aéronefs effectuant
des opérations de secours ou de sauvetage.
La visite du parc, quel qu’en soit le motif, est soumise au service de guidage
respectant les normes selon un code de conduite établi par l’Agence.
En dehors des routes nationales et des pistes autorisées, la circulation des véhicules à
moteur est interdite sur toute l’étendue du parc.
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 98
La recherche scientifique, les éliminations d’animaux et de végétaux en vue de
maintenir un écosystème, ne pourront être entreprises qu’avec l’avis favorable de
l’Agence et l’autorisation du Ministère en charge des Aires protégées.
Sans préjudice de l’observation des règles particulières à la catégorie de travaux
envisagés, notamment celles relatives à la construction, à l’urbanisme et à la protection
des monuments naturels et des sites, tous travaux publics ou privés à l’intérieur d’une
zone autre que les Zones de Non Prélèvement du parc et susceptibles de modifier
l’état ou l’aspect des lieux doivent être conformes avec les prescriptions ce Plan
d’Aménagement et de Gestion.
Lorsque les travaux envisagés ne figurent pas dans ce Plan d’Aménagement et de
Gestion, les projets présentés restent soumis aux prescriptions décrites à l’annexe du
décret n° 01-052/CE du 19 avril 2001 sur les études d’impact environnemental.
Toutefois, et à l’exception des zones urbanisées, ne peuvent être autorisés que les
travaux entrepris à des fins :
• scientifiques ou nécessaires à l’accueil et à la maîtrise de la fréquentation
touristique ainsi qu’au fonctionnement du parc ;
• de rénovation, modification ou extension de bâtiment existant ;
• d’amélioration des chemins existants ;
• de restauration des terrains et de lutte contre l’érosion ;
• d’entretien et de remise en état des ouvrages publics.
Des conventions à caractère commercial et celles concernant les activités touristiques
ou autres peuvent être conclues par l’Agence avec toute personne physique ou
morale, nationale et internationale après approbation du Ministère en charge des Aires
protégées.
L’Agence est habilitée à fixer, percevoir et à gérer des droits, notamment des droits
d'entrée, droits de visite, droits de guidage, des droits de recherche, des droits de
propriété intellectuelle, des droits de filmage et des redevances sur d’autres ressources
dont les ressources hydrauliques ou géothermiques.
La visite du parc à des fins touristiques, cinématographiques et de recherches
scientifiques est soumise à règlementation et donne lieu au paiement de droits
d’entrée, de droits de recherche, de droits de propriété intellectuelle, et/ou de droits de
filmage dont les modalités de perception seront fixées par voie réglementaire.
Sauf autorisation préalable de l’Agence, les activités photographiques et
cinématographiques professionnelles sont interdites à l’intérieur du parc. Lorsqu’elles
sont accordées, de telles autorisations sont subordonnées à la remise d’une copie des
images ou montages à l’Agence et au paiement de redevances dont le montant et
l’affectation sont fixés par l’Agence.
Toute activité de recherche, de suivi, de formation et d’éducation environnementale au
sein du parc doit être déterminée dans ce Plan d’Aménagement et de Gestion et
autorisée par l’Agence après avis scientifique. Lorsqu’elles sont accordées, de telles
autorisations sont subordonnées à la remise d’une copie des données et des
publications et au paiement de redevances dont le montant et l’affectation sont fixés
par l’Agence.
La fixation des conditions de réalisation de toute activité de recherche scientifique en
faune et en flore dans le parc relève de la compétence de l’Agence. Selon la nature et
les besoins de cette activité, des exceptions aux mesures protectrices du parc peuvent
être accordées par l’Agence dans des conditions bien délimitées.
Les travaux de recherche ou de suivi feront l'objet d'une convention préliminaire
d'encadrement et de partage de bénéfice entre l’Agence et l'organisme de recherche.
Cette convention vise à :
• Accompagner les équipes de recherche sur le terrain en associant le personnel

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 99


de l’Aire Protégée ;
• Partager les données collectées et les documents photographiques ou vidéos
réalisés afin d'enrichir la base de données du parc,
• S’assurer que le parc soit destinataire d’office de tous les résultats obtenus
suite aux travaux effectués.
Il est interdit sur toute l’étendue du parc :
• d’abandonner, de déverser, de déposer ou de jeter en dehors des lieux
spécialement désignés à cet effet des papiers, boites de conserve, bouteilles,
ordures, ou détritus de quelque nature que ce soit, ainsi que des huiles de
vidange et autres liquides polluants ;
• de porter ou d’allumer du feu en dehors des zones d’habitation, sauf dans les
lieux et conditions déterminées par l’Agence ;
• de troubler de quelque manière que ce soit le calme et la tranquillité des lieux ;
• de faire, par tout procédé, des inscriptions, des signes ou des dessins sur les
roches, les arbres ou tout autre bien meuble ou immeuble, sauf autorisation de
l’Agence ;
• de porter de quelque manière que ce soit, atteinte au patrimoine culturel,
historique et aux vestiges archéologiques.
[Link] Règles particulières aux activités de recherche et d’extraction minière
et d’hydrocarbures
Toute activité de recherche et d’exploitation minière ou d’hydrocarbures est strictement
prohibée sur toute l’étendue du Parc national.
Aucune nouvelle activité extractive ne peut être menée avant la modification du zonage
interne ou le déclassement du parc.
A titre de compensation territoriale préalable, le déclassement donne lieu à
l’identification d’une zone à protéger d’étendue similaire ou restaurée représentative du
même écosystème et de même niveau de diversité biologique que la zone déclassée.
L’opérateur intéressé par l’activité extractive est tenu d’assurer le financement de la
création et l’aménagement de l’aire protégée à ériger.
Les modalités d’identification et de compensation de la zone seront définies par voie
réglementaire.
Toute activité de recherche et d’exploitation minière ou d’hydrocarbure est soumise à
des règles strictes sur toute l’étendue du parc.
Toute activité de recherche et/ou d’exploitation minière ou d’hydrocarbure à l’intérieur
et aux alentours du parc est soumise à la réalisation préalable d’une étude d’impact
environnemental et social et à l’élaboration d’un plan spécial de gestion
environnemental et de sauvegarde sociale.
L’Agence, le Ministère en charge des Aires Protégées et le Ministère en charge des
mines et hydrocarbures approuvent les résultats de l’étude d’impact et le plan
d’aménagement environnemental et social, le cas échéant. Le contrôle de la mise en
œuvre du plan de gestion environnemental et de sauvegarde social incombe
conjointement à l’Agence et à la Direction Générale de l’Environnement.
Tout manquement à la mise en œuvre dudit plan peut conduire à l’arrêt immédiat des
travaux et au retrait des permis concernés nonobstant les sanctions et peines prévues
par les dispositions en vigueur.
Tout projet de recherche et/ou d’exploitation minière ou d’hydrocarbure susceptible
d’affecter le parc est prohibé.
Tout projet de recherche et/ou d’exploitation minière ou d’hydrocarbure susceptible
d’affecter le parc est soumis à l’élaboration d’un plan de gestion environnemental et de
sauvegarde social et approuvé par l’Agence le Ministère en charge des Aires
Protégées et le Ministère en charge des mines et hydrocarbures.
Le contrôle de la mise en œuvre du plan de gestion environnemental et social incombe
conjointement à l’Agence et à la Direction Générale de l’Environnement.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 100


Tout manquement à la mise en œuvre dudit plan peut conduire à l’arrêt immédiat des
travaux et au retrait des permis concernés nonobstant les sanctions et peines prévues
par les dispositions en vigueur.
Les compagnies minières et pétrolières exerçant dans ou autour du parc sont tenues
de conduire leurs activités selon les standards et bonnes pratiques internationales.
Elles doivent remettre le périmètre concerné par leurs activités à son état initial à la fin
de leurs travaux. En outre, elles sont tenues de souscrire des assurances appropriées
pour couvrir tout risque de dommages causés par leurs activités à l’environnement et
aux écosystèmes.
[Link] Règles spécifiques au Parc national Mitsamiouli-Ndroudé
Ces règles seront déterminées par le comité de cogestion de Site et les comités de
cogestion villageois et inscrites dans le Plan d’aménagement et de gestion.

9.2 Structure de pilotage et Organigramme de l’Agence

Structure de Pilotage de l’Agence

Ministère en
Conseil d’Administration Charge de
Supervision
de l’Agence
l’Environnement

Directeur Général de
Exécution l’Agence
et équipe

6 Comités de cogestion
Suivi
de Site

Figure 18 : Structure de pilotage de l’Agence « Parcs nationaux des Comores »


N.B. : L’agence s’appelle « Parcs nationaux des Comores ». Le conservateur a la
responsabilité du parc national. Le COSI (ou CoCoSi) est le Comité de cogestion du
site du Parc national Mitsamiouli-Ndroudé. Chaque village possède un CoCoVi :
Comité de co-gestion villageois. Ces CoCoVi sont « fédérés » en CoCoSi qui agir
comme organe de suivi de la gestion du Site. Le Site (entièreté du parc) est divisé en
zones (zonage).

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 101


Direction et Gestion
Juriste Fund raising
Administration et Finances

Terrestre Côtier GIZC Marin


IEC Monitoring
Information Protection SIG
Education Cartographie
Communication Foresterie et reboisements
Agroforesterie Tourisme
Visiteurs Education
Evénements Environnementale
Documentation Amélioration des conditions de vie des riverains
Tous publics

Figure 19 : Structure de Gestion d’un Parc national

Organigramme de l’Agence
« Parcs nationaux des Comores »
Conseil
Comité Scientifique d’Administration Comité Consultatif

Directeur de
l’Agence Personnel d’appui

Aires protégées
Equipe de terrain
Experts
Personnel d’appui
Conservateurs
Chauffeurs
Mobilisateurs communautaires
Ecogardes et rangers Gardiens, etc.

Comités de cogestion
Villages et Sites

Figure 20 : Organigramme de l’Agence « Parcs nationaux des Comores »

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 102


9.3 Partenaires du parc national
Voici la liste des partenaires avec une description plus détaillée.

Tableau 18 : Liste des partenaires du parc national Cœlacanthe et leur


description

Cibles Description
Communautés villageoises • Les principaux utilisateurs des ressources naturelles du
concernées parc national Cœlacanthe incluant : Agriculteurs, éleveurs,
Cœur : Associations bûcherons, charbonniers, chasseurs, femmes utilisatrices
villageoises et les (sable, bois de chauffe, eau des rivières), menuisiers,
associations agricoles artisans
Elargie : Toutes les • Les leaders d'opinion de la communauté : Grands notables,
associations du village chefs religieux (Imans, Hatubes), les femmes leaders des
associations et regroupements féminins
• Les Organisations communautaires : Comités villageois
d’orientation pour le développement durable (CODD) dans
les sites du Cœlacanthe (16) ; Comité de Pilotage villageois
du Fonds d’Appui au Développement Communautaire
(FADC).
Autorités locales • Maires des communes concernées
Cœur : Maires • Conseils des villes et villages concernés par le parc national
Elargie : Maires et conseils Cœlacanthe
Société civile • A Itsoundzou : APG, Association pour la promotion du
Cœur : Grandes ONGs Gombesa
Elargie : Toutes les ONGs • À Ngazidja : les associations ULANGA, AIDE, Comoflora,
et associations Groupe d’Intervention pour le Développement Durable,
environnementales locales Association pour la Préservation du Gombessa, les Amis de
Nioumbadjou, la Jeune Chambre Internationale, et autres
ONGs et associations • UICN,
environnementales • WWF,
internationales • WCS,
(Actuellement pas présentes • CI
de façon permanente aux
Comores)
Fondations en faveur de • Fonds Environnemental pour les aires protégées des
l’environnement Comores FEC
Associations et syndicats • Association Comorienne de Tourisme ;
professionnels (nationaux et • Association des guides touristiques ;
régionaux) • Chambres des Commerce, de l’Industrie et de l’Agriculture ;
Cœur : Pêche et Tourisme • Fédération du secteur privé comorien ;
Elargie : Toutes • Réseau National Femmes et Développement ;
Mass-Médias • Les radios locales et nationales diffusant dans les régions
Cœur : Principaux journaux d’intervention du projet, incluant les journaux électroniques ;
Elargie : tous • La Presse écrite : Ulanga Ngazidja, Al-Watwan, la Gazette,
Archipel, Journal La Tribune, Bulletin Mavouna
(CEFADER), Albilade, l’Observateur ;
• Les télévisions diffusant dans les régions d’intervention du
projet, incluant les journaux électroniques dont l’ORTC ;
Institutions académiques • L’Université des Comores (UdC) : Faculté des Sciences
et scientifiques (Maîtrise en Conservation de la Biodiversité, Herbier
Cœur : UdC, CNDRS National, Laboratoire de Biologie Animale, Institution
Elargie : tous Universitaire de Technologie) ;
• Le Centre national de Documentation et de Recherche
Scientifique (CNDRS) : Division Recherche, l’observatoire
volcanique du Karthala OVK :
• Au sein de la VP-MAPEATU : L’INRAPE (Département
expertise, appui conseil et formation, laboratoires de
phytopathologie, entomologie, épices, production de vitro

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 103


plants) ; Le Département du Système d’Information
Géographique (SIG) ;
Secteur public • Présidence
Institutions du • Vice-Président Chargé du Ministère de l’Agriculture, de la
Gouvernement de l’Union Pêche, de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire
Cœur : VP-MAPEATU et de l’Urbanisme
Elargie : tous • Direction Générale de l’Environnement et Forêts (DGEF) ;
• Service Planification, Suivi et Évaluation ;
• Service d’Aide à la Décision : SIG ;
• Direction Nationale des Stratégies Agricoles et de l’Élevage;
• Direction de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire ;
• Vice-Président chargé du Ministère des Transports, des
Postes et Télécommunications, des Technologies de
l’Information et de la Communication
• Vice-Président, Chargé du Ministère de l’Economie, du
Plan, de l’Energie, de l’Industrie, de l’Artisanat, du
Tourisme, des Investissements, du Secteur Privé et des
Affaires Foncières
• Direction Nationale du Tourisme, Office National du
Tourisme ;
• Ministre d’Etat, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice,
des Affaires Islamiques, des Administrations Publiques et
des Droits Humains
• Tribunal de première instance,
• Cour d’appel
• Ministre de l’Intérieur, de l’Information, de la
Décentralisation, Chargé des Relations avec les Institutions,
Porte-parole du Gouvernement.
• Gendarmerie Nationale,
• Police Nationale,
• Direction Générale de la Sécurité Civile (ex COSEP, avec
son service SIG) ;
• Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération
Internationale, Chargé des Comoriens de l’Étranger ;
• Ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement, de la
Recherche et des Arts, notamment pour tout ce qui
concerne l’UNESCO et le patrimoine naturel mondial de
l’humanité ;
• Ministre des Finances et du Budget ;
• Direction Nationale du Budget et Contrôles Financiers ;
• Ministre de la Jeunesse, de l’Emploi, de l’Insertion ;
• Professionnelle, de la Culture et des Sports ;
• Ministre de la Santé, de la Solidarité, de la Protection
Sociale et de la Promotion du Genre ;

• Institutions Législatives / Membres de l’Assemblée


Nationale
• Points Focaux des Accords Multilatéraux Environnementaux
(AME) : Points Focaux Nationaux (PFN) pour les
conventions sur la Biodiversité, les Changements
Climatiques, de Lutte contre la Dégradation des Terres,
CITES, et le Protocole de Nagoya ;
Institutions des Îles • Gouverneur et son Gouvernorat
Autonomes • Commissariats :
Cœur : Direction en charge • Commissariat en charge de l’Environnement, Planification
de l’Environnement de Urbaine, Développement Durable et Énergie de Ngazidja ;
Ngazidja • Commissaire en charge du Tourisme et de l’Aménagement
Elargie : toutes du Territoire de Ngazidja ;
• La Direction Régionale de l’Environnement et Forêts de
Ngazidja ;
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 104
• Future Brigade forestière et environnementale du
Gouvernorats de Ngazidja ;
• Les 7 Préfectures et Brigades de Gendarmerie et
Commissariats de Police au niveau des préfectures ;
• Les Centres Ruraux de Développement Économique
(CRDE)
Secteur privé national : • MAMWE (Madji Na Mwedje Ya Comores) Eau et électricité
Entreprises et investisseurs des Comores ;
privés • Les opérateurs et agences touristiques ;
Cœur : électricité • Hôtels et bungalows au sein et autour du parc national
hydraulique Cœlacanthe ;
Elargie : tous • Compagnies de transport aérien et maritime ;
• Entreprise de carrières installées à proximité du parc
national Cœlacanthe ;
• Les Commerçants des produits de la biodiversité :
Exportateurs des produits de biodiversité comme le bois
d’œuvre et de construction ;
• Les exportateurs de produits issus de cultures de rente
(Ylang-ylang, Girofle, Vanille).
Bailleur de fonds • GEF New-York
Cœur : Représentant • Représentant Régional du PNUD-FEM / GEF Addis-Abeba
Régional
Elargie : Représentant
Régional et Siège
Responsable de la • PNUD New-York
Réalisation • PNUD Comores, Moroni
Cœur : PNUD Moroni
Elargie : UNDP et PNUD
Moroni
Responsable • Agence « Parcs nationaux des Comores »
de la Mise en œuvre du parc • Ministère en charge : C’est la Vice-Présidence Chargée du
national Cœlacanthe Ministère de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Environnement,
Cœur : DGEF et VP- de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme, Direction
MAPEATU Générale de l’Environnement et des Forêts
Elargie : Tous

9.4 Vision, mission et objectifs stratégiques du Parc national


9.4.1 Vision stratégique du Parc national.
D’ici à 2021, l’Agence des Parcs nationaux des Comores gère rationnellement le Parc
national sur la base d’une approche de co-gestion participative pour un développement
écologique et économique durable du Site.
9.4.2 Mission du Parc national
La Mission du Parc national est de protéger et de faire connaître aux Comoriens et au
monde entier les richesses écologiques du Parc national.
9.4.3 Objectifs stratégiques du Parc national
Les objectifs stratégiques du Parc national sont :
1. Le Parc national est créé d’ici 2018 avec l’adhésion des communautés ;
2. Le Parc national est géré par une Agence fonctionnelle avec une amélioration
du niveau de vie des populations riveraines.
9.5 Méthodes et outils de gestion du parc national
Le Parc national est géré avec les outils suivants :
1. La Loi sur le Système national des aires protégées des Comores de 2017 et
ses décrets d’application ;
2. Le décret de création du parc ;
3. Le Plan d’aménagement et de gestion validé (PAG) ;

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 105


4. Le Plan de gestion environnementale et de sauvegarde sociale (PGESS) ;
5. Le Conseil d’Administration de Parcs nationaux des Comores et ses différents
organes ;
6. Le Comité scientifique de Parcs nationaux des Comores ;
7. L’audit externe annuel de Parcs nationaux des Comores ;
8. Les appuis du Fonds Environnemental pour les aires protégées des Comores
(FEC) ;
9. Les appuis en formation de l’Université des Comores (UdC) et d’autres
institutions ;
10. Le plan de travail pluriannuel validé ;
11. Le business plan validé ;
12. Le plan de travail annuel validé, avec le plan de formation détaillé et le plan de
surveillance ;
13. Le plan annuel de suivi validé trimestriellement ;
14. Les réunions hebdomadaires systématiques de tout le personne à tous les
niveaux ;
15. Une retraite annuelle de tout le personnel des Parcs nationaux des Comores ;
16. Une rotation du personnel selon les possibilités ;
17. Une visite régulière du personnel dans d’autres parcs ;
18. La révision annuelle de l’organigramme ;
19. L’évaluation écrite annuelle confidentielle de tout le personnel ;

Les gestionnaires et les membres des comités de cogestion vérifient qu’ils possèdent
et utilisent ces outils régulièrement.
9.6 Méthodes et outils de suivi-évaluation du Parc national
Le suivi du Parc national est réalisé à travers les outils suivants :
1. L’existence des décrets d’application de la Loi sur le Système national des
aires protégées des Comores de 2017 ;
2. L’existence des amendements éventuels du décret de création du parc ;
3. Le suivi annuel du Plan d’aménagement et de gestion ;
4. Le suivi annuel du plan de travail annuel ;
5. Les rapports du Conseil d’Administration de Parcs nationaux des Comores ;
6. Les rapports du Conseil consultatif de Parcs nationaux des Comores ;
7. Les rapports du Comité scientifique de Parcs nationaux des Comores ;
8. Les rapports des audits externes annuels de Parcs nationaux des Comores ;
9. Les rapports du Fonds Environnemental pour les aires protégées des
Comores jusqu’en 2020 ;
10. Le suivi annuel du plan de formation détaillé
11. Le suivi annuel du plan de surveillance ;
12. Le suivi annuel du business plan
13. Le plan annuel de suivi validé trimestriellement ;
14. Les rapports des réunions hebdomadaires ;
15. Le compte-rendu de la retraite annuelle de tout le personnel ;
16. La révision annuelle de l’organigramme.
17. La liste actualisée du personnel, contacts et responsabilités ;
18. Les Termes de référence du personnel actualisés annuellement.

Les gestionnaires et les membres des comités de cogestion vérifient qu’ils possèdent
et utilisent ces outils régulièrement.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 106


10 Plan d’aménagement 2017 - 2021
Tableau 19 : Plan d’aménagement du Parc national Cœlacanthe 2017-2021

N° Résultat Activité Moyens de vérification A1 A2 A3 A4 A5

1 Constructions & Réhabilitation/Construction bureau parc Le bureau d’Itsoundzou est x x


réhabilitations réhabilité
2 Achat Matériel Exécution des plans d’achats annuels du RNAP Le matériel est acheté et x x
conforme aux attentes.
3 Achat du Mobilier bureaux, matériel de bureautique, Le matériel est acheté x x x x
matériel de terrain, matériel informatique, matériel
moto et chauffeur de moto,
4 Achat du matériel de navigation (une vedette, 2 Le matériel est acheté x
moteurs de 40 cv) des agents des Parcs nationaux
des Comores
5 Achat de l’équipement pour matériel de navigation (4 Le matériel est acheté x x x x
rames, gilets de sauvetage, cordes, échelle, radio,
transpondeur)
6 Entretien Entretien du matériel informatique du RNAP Le matériel est entretenu x x x x x
mobilier et tous les mois avec l’appui de
immobilier l’Expert SIG et contrôlé par
(Maintenance) l’assistante administrative
annuellement
7 Entretien Matériel roulant et naviguant RNAP (une Le matériel est entretenu x x x x x
moto, une vedette) tous les mois par les
chauffeurs
8 Entretien du Matériel de bureau RNAP Le matériel est entretenu x x x x x
chaque trimestre par les
SMC
9 Entretien de infrastructures (bureaux RNAP) Les bâtiments sont x x x x x
entretenus tous les ans par
la Direction
10 Gestion des Evaluation annuelle des Comités villageois et de site Les comités (auto- x x x x x
ressources dont l’évaluation des agents des Parcs nationaux des évaluation) et les agents
humaines Comores par les Comités Parcs nationaux des
Comores sont évalués
annuellement
11 Visites communes de terrain des agents des Parcs Des visites communes de x x x x x
nationaux des Comores et des membres de Comités. terrain ont lieu régulièrement
Etudier comment assermenter les agents de
protection de tous types.
12 Protection Rédaction du plan de surveillance qui contient la Le document est mis à jour x x x x x
structure, les méthodes et les tableaux de chaque fin d’année après le
planification des activités de surveillance et de PTA
renseignements (information). Pour les tortues de
Malé, une surveillance permanente jour et nuit en
saison de ponte est nécessaire.
13 Mise en œuvre du plan de surveillance Le suivi du PS est mensuel x x x x x
14 Reboisement Reboisement des zones côtière, villages et plages en Les taux de réussite x x x x x
de la zone cocotiers, badamiers, manguiers, Sagou et autres et dépassent 60 % après 1 an.
côtière mise en défens de la zone boisée (gardiens clôtures),
gérés par la communauté
15 Comités de Constituer les comités villageois et réélire le bureau Rapport de séance signés, x x x x x
cogestion annuellement. Le CoCoVi doit avoir un pouvoir au Document de constitution
villageois niveau du village : comment le CoCoVi va travailler des Comités signés.
(CoCoVi) avec les gens ayant le pouvoir doit être clair.
16 Installer dans chaque village le siège fonctionnel du Chaque comité a un Siège x x x x x
comité villageois (lieu de travail, matériel, budget) et
réaliser des échanges entre villages.
17 Animer les comités villageois sur leur fonction, droits PV de séance x x x x x
et devoirs et procédures de fonctionnement et
promouvoir pro-activement une approche de
changement à tous les niveaux. Organiser des
nettoyages de palge hebdomadaires.
18 Discuter et rédiger le plan de travail annuel du PTA des Cocovi validés x x x x x
Comité villageois dans chaque village et les valider
19 Déterminer quel type de pêche et autres activités Plan de gestion validé par le x x x x x
sont autorisées ou interdites et dans quelle zone village et tous les pêcheurs

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 108


(zone pélagique, zone proche du tombant, zone de et pêcheuses
récifs coralliens et lagunes, plages, mangroves) et à
quelle condition. Déterminer les tailles minimum des
prises, par espèces autorisées, pour la pêche.
Animer des réunions pour définir les actions pour
diminuer la chasse au tortues à Malé.
20 Informer, au cours de nombreuses séances, les PV de séance x x x x x
membres des CoCoVi sur les connaissances de
base nécessaires à leur bon fonctionnement : tous
les textes de loi, stratégie d’expansion du Système
national des aires protégées, données scientifiques,
organisationnelles, financement, protection et
développement et leur fournir les documents en soft
ou en hardcopy. Animer des réunions pour former les
Oulémas, Hatubes, Imams, Notables, « Hommes
accomplis », les autorités en préparant
soigneusement ces réunions. Bien identifier les
preneurs de décission et les braconniers. Organiser
un atelier avec police, gendarmerie et braconniers
sur le braconnage et comment arrêter.
21 Idem pour le CoCoSi avec une vision plus PV de séance x x x x x
stratégique, politique et économique.
22 Comité de Constituer le comité de site et l’officialiser légalement PV de constitution signé x x
Cogestion de
Site (CoCoSi)
23 Rendre opérationnel le comité de site PV trimestriels de réunions x x x x x
signés
24 Personnes Identifier les bénéficiaires des activités profitables de Liste annuelle validée par la x x x x x
affectées par le remplacement pour diminuer la surpêche et la Direction des Parcs
projet de parc destruction des plages et mangroves nationaux des Comores
(PAP)
25 Identifier les activités profitables de remplacement et Liste annuelle validée par la x x x x x
identifier comment les financer avec des prêts Direction des Parcs
bancaires ou d’une autre façon. nationaux des Comores
26 Mettre en œuvre les activités profitables de Rapport de suivi trimestriel x x x x x
remplacement en fonction des prêts accordés et des

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 109


budgets disponibles.

27 Evaluer les activités profitables de remplacement. Rapport trimestriel visé par x x x x x


la Direction des Parcs
nationaux des Comores
28 Monitoring Compléter les cartes avec les données de terrain : Les cartes sont mises à jour x x x x x
scientifique menaces, prises exceptionnelles, état des cibles et au jour le jour
des habitats, effectif des populations des cibles, etc.
29 Monitoring Compléter et mettre à jour les données Les bases de données sont x x x x x
administratif administratives, économiques, sociales, culturelles et actualisées selon besoin et
cultuelles du site : contacts, listes des membres de vérifiées annuellement
comités etc.
30 Tourisme Rédiger participativement un plan de développement Le Plan rédigé correspond à x x x x
du tourisme au Parc national, si possible avec l’appui la réalité des visiteurs
d’un expert régional en tourisme potentiels et au budget réel
disponible, mis à jour
annuellement.
31 Animer des ateliers d’orientations pour les étudiants Le compte-rendu décrit les x x x x
pour stimuler l’engagement des étudiants pour la décisions et responsabilités
protection de la nature, le tourisme et le Whale
Watching après la délibération des résultats du bac
32 Animer un atelier pour que la populations comprenne Le compte-rendu décrit les x x
les avantages et contraintes liés au tourisme et au décisions et responsabilités
Whale Watching si possible avec l’appui d’un expert
régional en tourisme
33 Animer des réunions de répartition des tâche entre Le compte-rendu décrit les x x x x
mairie, agence nationale du tourisme et régionale et décisions et responsabilités
les Parcs nationaux des Comores relativement au
tourisme et au Whale Watching.
34 Appuyer le développement des associations Les touristes peuvent profiter x x x x
culturelles (danse traditionnelle, etc.) et de production de nouveaux produits
de produits artisanaux
35 Education Rédiger et mettre à jour annuellement un plan de Le plan est rédigé x x x x
environnemen- formation des villageois et élèves
tale
36 Mettre en œuvre le plan de formation des villageois Les rapports trimestriels et x x x x

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 110


et élèves et organiser chaque semaine une réunion les compte-rendu des
courte pour l’organisation de ces formations formations sont rédigés
37 Organiser des évènements mentionnés dans le plan Les rapports trimestriels sont x x x x
de formation (visites organisées) rédigés
38 Développer la collaboration entre Parcs nationaux Les rapports trimestriels sont x x x x
des Comores et les circonscriptions d’inspection rédigés
pédagogiques régionales CIPR pour développer
l’Education environnementale
39 Projeter des films documentaires en public Les rapports trimestriels sont x x x x
gratuitement à l’attention de tous rédigés
40 Organiser régulièrement les prêches des Imams, Les rapports trimestriels sont x x x x
Hatubes et Oulémas sur l’environnement rédigés
41 Législation Informer le public sur l’enregistrement officiel du Le décret est signé x x
Décret de création du Parc et sur la loi sur les aires
protégées
42 Mettre à jour annuellement le Plan d’aménagement et Le plan est rédigé et les x x x x
de gestion plans de gestions sont mis à
jour annuellement
43 Informer régulièrement de la population du contenu Les rapports de réunions de x x x x x
des décrets et autres documents légaux sensibilisation sont rédigés
44 Assister les Parcs nationaux des Comores pour la Le document cadastral du x x
mise en conformité du foncier avant de construire les foncier du terrain est en
nouveaux bureaux. ordre chez le notaire
45 Officialiser les Comités de cogestion villageois Le document de création des x
comités villageois sont signé
et validés administrativement
46 Officialiser le Comité de cogestion de site Le document de création du x x
comité de site est signé
47 Formations Rédiger le plan de formation des acteurs et Le plan est validé par la x x x x
partenaires du parc incluant des formations pour la Direction
pêche en zone pélagique, en sécurité, en gestion, à
l’attention des femmes, etc.
48 Mettre en œuvre le plan de formation et animer Les rapports de formation x x x x
régulièrement des réunions sur le suivi de ce plan de sont produits
formation trimestriellement

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 111


49 Evaluer le plan de formation Les évaluations sont x x x x
transcrites dans les rapports
des évaluations des
formations trimestriellement
50 Evènements Participer à la journée des droits des femmes le 8 Le rapport des événements x x x x
mars, à la journée internationale des forêts le 15 est repris dans le rapport
janvier avec des plantations de cocotiers et autres trimestriel
ligneux (en zone côtière), à la journée de
l’environnement le 5 juin, etc. selon besoin et
possibilités
51 Organiser la journée du Parc national Cœlacanthe Le rapport de l’événement x x x x
(Journée des mers et des océans) en octobre, après est repris dans le rapport
la rentrée, annuellement et des journées de trimestriel
promotion pour l’observation des dauphins et
baleines
52 Organiser le seconde semaine d’août (pendant la Le rapport de l’événement x x x x
présence de la diaspora) la journée des mammifères est repris dans le rapport
et reptiles marins (baleines, dauphins et tortues) la trimestriel
quatrième semaine d’août annuellement à Chindini et
dans les villages
53 Communication Publier et/ou diffuser en masse des supports de Les supports sont diffusés et x x x x x
communication : dépliants, affiches, livres, mentionnés dans les
documents scientifiques, vidéos, photos, T-shirts, rapports trimestriels
casquettes, etc.
54 Organiser très régulièrement des visites éducatives Les rapports des x x x x
et ludiques de terrain et à la plage avec écoles et événements sont repris dans
université avec des jeux et des récompenses, les rapports trimestriels
minimum 2 fois par mois. Renforcer la sensibilisation
par du théatre, videos, affiches notamment pour les
tortues de Malé. Former les écogardes à animer des
théatres interactifs et des réunions d’information des
populations, principalement les chasseurs de
tourtues et revendeurs. Utiliser les équipes de thétre
existantes, Organiser des ateliers de communication
avec les braconniers de tortues.
55 Gestion des Recevoir et organiser comme il se doit le séjour des Les visiteurs repartent x x x x

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 112


visiteurs visiteurs avec exposés, visite, organisation des satisfaits et ils reçoivent des
voyages, logements, repas et divers. Assister les informations dans des
missions de dénombrement des Coelacanthes avec dépliants disponibles dans
entrain et communication via les mass médias les hôtels.
56 Administration Rédiger les rapports trimestriels et annuels de Les rapports annuel sont x x x x x
et finances chaque comité villageois (CoCoVi) et du Comité de validés.
Site (CoCoSi)
57 Former les trésoriers et comptables des grandes Compte-rendu de formation x x x x x
associations à la comptabilité en partie double
simplifiée.
58 Rédiger les rapports de réunion hebdomadaire et de Rendu avant le mardi à 9h x x x x x
tout type de réunion de la même semaine
59 Rédiger les rapports techniques Rendu avec un délai x x x x x
maximum de 10 jours
ouvrables
60 Préparer des publications diverses Les publications sont x x x x x
validées et disponibles
61 Transmettre les demandes de payements et Les documents comptables x x x x x
s’assurer que les pièces comptables soient éligibles constituent une tâche noble
au sens de l’audit externe annuel, avec l’appui des et sont transmis de suite, au
trésoriers et contrôleurs des Comités bon format et respectent les
procédures des différentes
institutions
62 Auto-évaluation annuelle Le rapport est rendu à la x x x x x
Direction avant le 30
novembre
63 Préparer le plan de travail annuel (PTA) et outils Le PTA et outils annexes x x x x x
annexes sont revus avant le 10
décembre
64 Préparer l’audit annuel financier technique et Le pré-audit est réalisé avant x x x x
administratif le 20 février
65 Chercher des Construction/ Réhabilitation d’un bureau à Chindini Les infrastructures sont x x
financements avec garage pour le bateau. Pas de bailleur jusqu’à construites.
présent. Pas encore de fonds.
66 Construction/ Réhabilitation à Chindini d’un lieu de L’infrastructure est x x
logement type Plateforme, pour poser son matelas et construite.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 113


dormir, cuisiner, toilettes et douches, grande citerne,
énergie solaire, pour 25 ou 50 personnes. Pas
encore de fonds. Voir avec CIR. Réhabilitation des 3
maisons de la plage de Malé sans réouvrir la route,
ce qui causerait la destruction de la plage et la fin des
tortues à Malé.
67 Collaborer avec les Associations de gestion des Les fonds pour la gestion x x x x
« Grand Mariage » pour obtenir des fonds des comités sont enregistrés
supplémentaires pour la gestion des CoCoVi et du par les trésoriers des
CoCoSi. Pas encore de fonds. comités
68 Installer des sièges de comités villageois autres que Les bureaux sont installés x x x x
les bureaux de site des Parcs nationaux des
Comores, chercher des locaux fournis par la
communauté à réhabiliter et les équiper en matériel
didactique, bureautique et informatique avec énergie
solaire et eau de grande citerne. Pas encore de
fonds.
Aménager des débarcadères et des hangards pour Selon possibilités x x x x
les pêcheurs. Pas encore de fonds.
69 Rechercher les financements pour l’amélioration des Selon possibilités x x x x
pistes d’accès à la mer. Pas encore de fonds.
70 Appuyer la mairie pour l’aménagement touristique Selon possibilités x x x x
après avis d’un expert en tourisme pour l’implantation
d’hôtels et sites touristiques, voire de parcs
d’attractions ludiques. La privatisation de ces sites
s’impose, pour une gestion professionnelle durable
du site. Soit pas encore de fonds, soit encore
seulement une partie des fonds disponibles.
71 Appuyer la commune pour la confection de plans Selon possibilités x x x x
locaux d’urbanisme à Chindini pour la gestion des
déchets, toilettes, aménagement des espaces verts
et plages. Pas encore de fonds.
72 Aménager les écoles dans les salles et les cours de Selon possibilités x x x x
récréation, les toilettes et en fournissant le matériel
didactique nécessaire à une prise de consicence du
changment climatique et de la dégradation très

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 114


rapide de l’environnement.
73 Organiser une vedette villagesoise pour la Selon possibilités x x x x
surveillance de la pêche à la dynamite, au fillet et aux
tortues.
74 Ajout village Ajouter villages Les villages seront inscrits à x x x x x
la liste après validation par
les Parcs nationaux des
Comores

Exemple d’activités 35-40 et 72 tel que discuté avec les CoCoVi :

Ecole primaire CP1-CME


• Planter des arbres dans la cour de récréation avec pépinière ;
• Affiches pour écoles en toile de bâche durable avec les espèces à protéger ;
• Fiches techniques des espèces cibles et importantes pour la protection de l’environnement ;
• Jeux et Quiz avec récompenses en T-shirts, Cahiers, Stylos, Agendas, etc. ;
• Séances de chants par les élèves en RAP sur le thème de la protection de l’environnement ;
• Faire des concours de chanson (et arranger la meilleure) et des concours de dessins ;
• Avant de commencer : installation des sacs poubelle pour papier, plastique et matière organiques, développer le tri sélectif et la
compréhention des dégâts dûs au plastique ;
• Dessiner les murs par les élèves sur le thème de la protection de l’environnement ;
• Concours de ramassage de plastique ;
• Nettoyage sélectif des écoles ;
• Réunion avec les Foundi pour qu’ils expliquent ce qu’est l’environnement : aux élèves et enfants ;
• Panneaux avec espèces protégées ;

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 115


11 Plans de gestion annuels de 2017 à 2021
11.1 Plan de gestion 2017
Tableau 20 : Plan de gestion du Parc national Cœlacanthe 2017

N° Résultat Activité Moyens de vérification T1 T2 T3 T4 Resp

1 Constructions & Réhabilitation/Construction bureau parc Le bureau d’Itsoundzou est


réhabilitations réhabilité
2 Achat Matériel Exécution des plans d’achats annuels du RNAP Le matériel est acheté et
conforme aux attentes.
3 Achat du Mobilier bureaux, matériel de bureautique, Le matériel est acheté
matériel de terrain, matériel informatique, matériel
moto et chauffeur de moto,
4 Achat du matériel de navigation (une vedette, 2 Le matériel est acheté
moteurs de 40 cv) des agents des Parcs nationaux
des Comores
5 Achat de l’équipement pour matériel de navigation (4 Le matériel est acheté
rames, gilets de sauvetage, cordes, échelle, radio,
transpondeur)
6 Entretien Entretien du matériel informatique du RNAP Le matériel est entretenu
mobilier et tous les mois avec l’appui de
immobilier l’Expert SIG et contrôlé par
(Maintenance) l’assistante administrative
annuellement
7 Entretien Matériel roulant et naviguant RNAP (une Le matériel est entretenu
moto, une vedette) tous les mois par les
chauffeurs
8 Entretien du Matériel de bureau RNAP Le matériel est entretenu
chaque trimestre par les
SMC
9 Entretien de infrastructures (bureaux RNAP) Les bâtiments sont
entretenus tous les ans par
la Direction

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 116


10 Gestion des Evaluation annuelle des Comités villageois et de site Les comités (auto-
ressources dont l’évaluation des agents des Parcs nationaux des évaluation) et les agents
humaines Comores par les Comités Parcs nationaux des
Comores sont évalués
annuellement
11 Visites communes de terrain des agents des Parcs Des visites communes de
nationaux des Comores et des membres de Comités terrain ont lieu régulièrement
12 Protection Rédaction du plan de surveillance qui contient la Le document est mis à jour
structure, les méthodes et les tableaux de chaque fin d’année après le
planification des activités de surveillance et de PTA
renseignements (information)
13 Mise en œuvre du plan de surveillance Le suivi du PS est mensuel
14 Reboisement Reboisement des zones côtière en cocotiers, Les taux de réussite
de la zone badamiers et autres et mise en défens de la zone dépassent 60 % après 1 an.
côtière boisée (gardiens clôtures), gérés par la communauté
15 Comités de Constituer les comités villageois et réélire le bureau Rapport de séance signés,
cogestion annuellement. Le CoCoVi doit avoir un pouvoir au Document de constitution
villageois niveau du village : comment le CoCoVi va travailler des Comités signés.
(CoCoVi) avec les gens ayant le pouvoir doit être clair.
16 Installer dans chaque village le siège fonctionnel du Chaque comité a un Siège
comité villageois (lieu de travail, matériel, budget)
17 Animer les comités villageois sur leur fonction, droits PV de séance
et devoirs et procédures de fonctionnement et
promouvoir pro-activement une approche de
changement à tous les niveaux
18 Discuter et rédiger le plan de travail annuel du PTA des Cocovi validés
Comité villageois dans chaque village et les valider
19 Déterminer quel type de pêche et autres activités Plan de gestion validé par le
sont autorisées ou interdites et dans quelle zone village et tous les pêcheurs
(zone pélagique, zone proche du tombant, zone de et pêcheuses
récifs coralliens et lagunes, plages, mangroves) et à
quelle condition. Déterminer les tailles minimum des
prises, par espèces autorisées, pour la pêche.
20 Informer, au cours de nombreuses séances, les PV de séance
membres des CoCoVi sur les connaissances de
base nécessaires à leur bon fonctionnement : tous

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 117


les textes de loi, stratégie d’expansion du Système
national des aires protégées, données scientifiques,
organisationnelles, financement, protection et
développement et leur fournir les documents en soft
ou en hardcopy
21 Idem pour le CoCoSi avec une vision plus PV de séance
stratégique, politique et économique.
22 Comité de Constituer le comité de site et l’officialiser légalement PV de constitution signé
Cogestion de
Site (CoCoSi)
23 Rendre opérationnel le comité de site PV trimestriels de réunions
signés
24 Personnes Identifier les bénéficiaires des activités profitables de Liste annuelle validée par la
affectées par le remplacement pour diminuer la surpêche et la Direction des Parcs
projet de parc destruction des plages et mangroves nationaux des Comores
(PAP)
25 Identifier les activités profitables de remplacement et Liste annuelle validée par la
identifier comment les financer avec des prêts Direction des Parcs
bancaires ou d’une autre façon. nationaux des Comores
26 Mettre en œuvre les activités profitables de Rapport de suivi trimestriel
remplacement en fonction des prêts accordés et des
budgets disponibles.
27 Evaluer les activités profitables de remplacement. Rapport trimestriel visé par
la Direction des Parcs
nationaux des Comores
28 Monitoring Compléter les cartes avec les données de terrain : Les cartes sont mises à jour
scientifique menaces, prises exceptionnelles, état des cibles et au jour le jour
des habitats, effectif des populations des cibles, etc.
29 Monitoring Compléter et mettre à jour les données Les bases de données sont
administratif administratives, économiques, sociales, culturelles et actualisées selon besoin et
cultuelles du site : contacts, listes des membres de vérifiées annuellement
comités etc.
29 Législation Informer le public sur l’enregistrement officiel du Le décret est signé
Décret de création du Parc et sur la loi sur les aires
protégées
30 Informer régulièrement de la population du contenu Les rapports de réunions de

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 118


des décrets et autres documents légaux sensibilisation sont rédigés
31 Officialiser les Comités de cogestion villageois Le document de création des
comités villageois sont signé
et validés administrativement
32 Officialiser le Comité de cogestion de site Le document de création du
comité de site est signé
33 Communication Publier et/ou diffuser en masse des supports de Les supports sont diffusés et
communication : dépliants, affiches, livres, mentionnés dans les
documents scientifiques, vidéos, photos, T-shirts, rapports trimestriels
casquettes, etc.
34 Administration Rédiger les rapports trimestriels et annuels de Les rapports annuel sont
et finances chaque comité villageois (CoCoVi) et du Comité de validés.
Site (CoCoSi)
35 Former les trésoriers et comptables des grandes Compte-rendu de formation
associations à la comptabilité en partie double
simplifiée.
36 Rédiger les rapports de réunion hebdomadaire et de Rendu avant le mardi à 9h
tout type de réunion de la même semaine
37 Rédiger les rapports techniques Rendu avec un délai
maximum de 10 jours
ouvrables
38 Préparer des publications diverses Les publications sont
validées et disponibles
39 Transmettre les demandes de payements et Les documents comptables
s’assurer que les pièces comptables soient éligibles constituent une tâche noble
au sens de l’audit externe annuel, avec l’appui des et sont transmis de suite, au
trésoriers et contrôleurs des Comités bon format et respectent les
procédures des différentes
institutions
40 Auto-évaluation annuelle Le rapport est rendu à la
Direction avant le 30
novembre
41 Préparer le plan de travail annuel (PTA) et outils Le PTA et outils annexes
annexes sont revus avant le 10
décembre
42 Ajout village Ajouter villages Les villages seront inscrits à

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 119


la liste après validation par
les Parcs nationaux des
Comores

11.2 Plan de gestion 2018, exemple


Tableau 21 : Plan de gestion du Parc national Cœlacanthe 2018, exemple

N° Résultat Activité Moyens de vérification T1 T2 T3 T4 Resp

1 Constructions & Réhabilitation/Construction bureau parc Le bureau d’Itsoundzou est


réhabilitations réhabilité
2 Achat Matériel Exécution des plans d’achats annuels du RNAP Le matériel est acheté et
conforme aux attentes.
3 Achat du Mobilier bureaux, matériel de bureautique, Le matériel est acheté
matériel de terrain, matériel informatique, matériel
moto et chauffeur de moto,
4 Achat du matériel de navigation (une vedette, 2 Le matériel est acheté
moteurs de 40 cv) des agents des Parcs nationaux
des Comores
5 Achat de l’équipement pour matériel de navigation (4 Le matériel est acheté
rames, gilets de sauvetage, cordes, échelle, radio,
transpondeur)
6 Entretien Entretien du matériel informatique du RNAP Le matériel est entretenu
mobilier et tous les mois avec l’appui de
immobilier l’Expert SIG et contrôlé par
(Maintenance) l’assistante administrative
annuellement
7 Entretien Matériel roulant et naviguant RNAP (une Le matériel est entretenu
moto, une vedette) tous les mois par les
chauffeurs
8 Entretien du Matériel de bureau RNAP Le matériel est entretenu
chaque trimestre par les
SMC
9 Entretien de infrastructures (bureaux RNAP) Les bâtiments sont
entretenus tous les ans par
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 120
la Direction
10 Gestion des Evaluation annuelle des Comités villageois et de site Les comités (auto-
ressources dont l’évaluation des agents des Parcs nationaux des évaluation) et les agents
humaines Comores par les Comités Parcs nationaux des
Comores sont évalués
annuellement
11 Visites communes de terrain des agents des Parcs Des visites communes de
nationaux des Comores et des membres de Comités terrain ont lieu régulièrement
12 Protection Rédaction du plan de surveillance qui contient la Le document est mis à jour
structure, les méthodes et les tableaux de chaque fin d’année après le
planification des activités de surveillance et de PTA
renseignements (information)
13 Mise en œuvre du plan de surveillance Le suivi du PS est mensuel
14 Reboisement Reboisement des zones côtière en cocotiers, Les taux de réussite
de la zone badamiers et autres et mise en défens de la zone dépassent 60 % après 1 an.
côtière boisée (gardiens clôtures), gérés par la communauté
15 Comités de Constituer les comités villageois et réélire le bureau Rapport de séance signés,
cogestion annuellement. Le CoCoVi doit avoir un pouvoir au Document de constitution
villageois niveau du village : comment le CoCoVi va travailler des Comités signés.
(CoCoVi) avec les gens ayant le pouvoir doit être clair.
16 Installer dans chaque village le siège fonctionnel du Chaque comité a un Siège
comité villageois (lieu de travail, matériel, budget)
17 Animer les comités villageois sur leur fonction, droits PV de séance
et devoirs et procédures de fonctionnement et
promouvoir pro-activement une approche de
changement à tous les niveaux
18 Discuter et rédiger le plan de travail annuel du PTA des Cocovi validés
Comité villageois dans chaque village et les valider
19 Déterminer quel type de pêche et autres activités Plan de gestion validé par le
sont autorisées ou interdites et dans quelle zone village et tous les pêcheurs
(zone pélagique, zone proche du tombant, zone de et pêcheuses
récifs coralliens et lagunes, plages, mangroves) et à
quelle condition. Déterminer les tailles minimum des
prises, par espèces autorisées, pour la pêche.
20 Informer, au cours de nombreuses séances, les PV de séance
membres des CoCoVi sur les connaissances de

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 121


base nécessaires à leur bon fonctionnement : tous
les textes de loi, stratégie d’expansion du Système
national des aires protégées, données scientifiques,
organisationnelles, financement, protection et
développement et leur fournir les documents en soft
ou en hardcopy
21 Idem pour le CoCoSi avec une vision plus PV de séance
stratégique, politique et économique.
22 Comité de Constituer le comité de site et l’officialiser légalement PV de constitution signé
Cogestion de
Site (CoCoSi)
23 Rendre opérationnel le comité de site PV trimestriels de réunions
signés
24 Personnes Identifier les bénéficiaires des activités profitables de Liste annuelle validée par la
affectées par le remplacement pour diminuer la surpêche et la Direction des Parcs
projet de parc destruction des plages et mangroves nationaux des Comores
(PAP)
25 Identifier les activités profitables de remplacement et Liste annuelle validée par la
identifier comment les financer avec des prêts Direction des Parcs
bancaires ou d’une autre façon. nationaux des Comores
26 Mettre en œuvre les activités profitables de Rapport de suivi trimestriel
remplacement en fonction des prêts accordés et des
budgets disponibles.
27 Evaluer les activités profitables de remplacement. Rapport trimestriel visé par
la Direction des Parcs
nationaux des Comores
28 Monitoring Compléter les cartes avec les données de terrain : Les cartes sont mises à jour
scientifique menaces, prises exceptionnelles, état des cibles et au jour le jour
des habitats, effectif des populations des cibles, etc.
29 Monitoring Compléter et mettre à jour les données Les bases de données sont
administratif administratives, économiques, sociales, culturelles et actualisées selon besoin et
cultuelles du site : contacts, listes des membres de vérifiées annuellement
comités etc.
30 Tourisme Rédiger participativement un plan de développement Le Plan rédigé correspond à
du tourisme au Parc national, si possible avec l’appui la réalité des visiteurs
d’un expert régional en tourisme potentiels et au budget réel

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 122


disponible, mis à jour
annuellement.
31 Animer des ateliers d’orientations pour les étudiants Le compte-rendu décrit les
pour stimuler l’engagement des étudiants pour la décisions et responsabilités
protection de la nature, le tourisme et le Whale
Watching après la délibération des résultats du bac
32 Animer un atelier pour que la populations comprenne Le compte-rendu décrit les
les avantages et contraintes liés au tourisme et au décisions et responsabilités
Whale Watching si possible avec l’appui d’un expert
régional en tourisme
33 Animer des réunions de répartition des tâche entre Le compte-rendu décrit les
mairie, agence nationale du tourisme et régionale et décisions et responsabilités
les Parcs nationaux des Comores relativement au
tourisme et au Whale Watching.
34 Appuyer le développement des associations Les touristes peuvent profiter
culturelles (danse traditionnelle, etc.) et de production de nouveaux produits
de produits artisanaux
35 Education Rédiger et mettre à jour annuellement un plan de Le plan est rédigé
environnemen- formation des villageois et élèves
tale
36 Mettre en œuvre le plan de formation des villageois Les rapports trimestriels et
et élèves et organiser chaque semaine une réunion les compte-rendu des
courte pour l’organisation de ces formations formations sont rédigés
37 Organiser des évènements mentionnés dans le plan Les rapports trimestriels sont
de formation (visites organisées) rédigés
38 Développer la collaboration entre Parcs nationaux Les rapports trimestriels sont
des Comores et les circonscriptions d’inspection rédigés
pédagogiques régionales CIPR pour développer
l’Education environnementale
39 Projeter des films documentaires en public Les rapports trimestriels sont
gratuitement à l’attention de tous rédigés
40 Organiser régulièrement les prêches des Imams, Les rapports trimestriels sont
Hatubes et Oulémas sur l’environnement rédigés
41 Législation Informer le public sur l’enregistrement officiel du Le décret est signé
Décret de création du Parc et sur la loi sur les aires
protégées

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 123


42 Mettre à jour annuellement le Plan d’aménagement et Le plan est rédigé et les
de gestion plans de gestions sont mis à
jour annuellement
43 Informer régulièrement de la population du contenu Les rapports de réunions de
des décrets et autres documents légaux sensibilisation sont rédigés
44 Assister les Parcs nationaux des Comores pour la Le document cadastral du
mise en conformité du foncier avant de construire les foncier du terrain est en
nouveaux bureaux. ordre chez le notaire
45 Officialiser les Comités de cogestion villageois Le document de création des
comités villageois sont signé
et validés administrativement
46 Officialiser le Comité de cogestion de site Le document de création du
comité de site est signé
47 Formations Rédiger le plan de formation des acteurs et Le plan est validé par la
partenaires du parc incluant des formations pour la Direction
pêche en zone pélagique, en sécurité, en gestion, à
l’attention des femmes, etc. Promouvoir l’égalité des
sexes (genre) à tous les niveaux de façon active via
les formations. Prévoir des cours de natation, avec
professeurs et assurance.
48 Mettre en œuvre le plan de formation et animer Les rapports de formation
régulièrement des réunions sur le suivi de ce plan de sont produits
formation trimestriellement
49 Evaluer le plan de formation Les évaluations sont
transcrites dans les rapports
des évaluations des
formations trimestriellement
50 Evènements Participer à la journée des droits des femmes le 8 Le rapport des événements
mars, à la journée internationale des forêts le 15 est repris dans le rapport
janvier avec des plantations de cocotiers et autres trimestriel
ligneux (en zone côtière), à la journée de
l’environnement le 5 juin, etc. selon besoin et
possibilités
51 Organiser le week end (Vendredi-samedi-dimanche) Le rapport de l’événement
du Parc national Cœlacanthe (Journée des mers et est repris dans le rapport
des océans, Cœlacanthe, baleines, dauphins et trimestriel

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 124


autres) en octobre, après la rentrée, annuellement et
des journées de promotion pour l’observation des
dauphins et baleines
52 Organiser en août (pendant la présence de la Le rapport de l’événement
diaspora, 1° Week end ?) la journée des plages et est repris dans le rapport
des mammifères et reptiles marins (baleines, trimestriel
dauphins et tortues) la quatrième semaine d’août
annuellement à Chindini et dans les villages
53 Communication Publier et/ou diffuser en masse des supports de Les supports sont diffusés et
communication : dépliants, affiches, livres, mentionnés dans les
documents scientifiques, vidéos, photos, T-shirts, rapports trimestriels
casquettes, etc.
54 Organiser très régulièrement des visites éducatives Les rapports des
et ludiques de terrain et à la plage avec écoles et événements sont repris dans
université avec des jeux et des récompenses, les rapports trimestriels
minimum 2 fois par mois
55 Gestion des Recevoir et organiser comme il se doit le séjour des Les visiteurs repartent
visiteurs visiteurs avec exposés, visite, organisation des satisfaits et ils reçoivent des
voyages, logements, repas et divers. Assister les informations dans des
missions de dénombrement des Coelacanthes avec dépliants disponibles dans
entrain et communication via les mass médias les hôtels.
56 Administration Rédiger les rapports trimestriels et annuels de Les rapports annuel sont
et finances chaque comité villageois (CoCoVi) et du Comité de validés.
Site (CoCoSi)
57 Former les trésoriers et comptables des grandes Compte-rendu de formation
associations à la comptabilité en partie double
simplifiée.
58 Rédiger les rapports de réunion hebdomadaire et de Rendu avant le mardi à 9h
tout type de réunion de la même semaine
59 Rédiger les rapports techniques Rendu avec un délai
maximum de 10 jours
ouvrables
60 Préparer des publications diverses Les publications sont
validées et disponibles
61 Transmettre les demandes de payements et Les documents comptables
s’assurer que les pièces comptables soient éligibles constituent une tâche noble

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 125


au sens de l’audit externe annuel, avec l’appui des et sont transmis de suite, au
trésoriers et contrôleurs des Comités bon format et respectent les
procédures des différentes
institutions
62 Auto-évaluation annuelle Le rapport est rendu à la
Direction avant le 30
novembre
63 Préparer le plan de travail annuel (PTA) et outils Le PTA et outils annexes
annexes en y incluant le respect de l’égalité des sont revus avant le 10
sexes à tous les niveaux (genre). Planifier des décembre
activités permettant d’améliorer la sécurité : gilets de
sauvetage, formations, transpondeurs, matériel de
flotabilité des barques, réglementation et
responsabilisation des autorités pour la mise en
œuvre des mesures de sécurité, etc.
64 Préparer l’audit annuel financier technique et Le pré-audit est réalisé avant
administratif le 20 février
65 Chercher des Construction/ Réhabilitation d’un bureau à Chindini Les infrastructures sont
financements avec garage pour le bateau. Pas de bailleur jusqu’à construites.
présent. Pas encore de fonds.
66 Construction/ Réhabilitation à Chindini d’un lieu de L’infrastructure est
logement type Plateforme, pour poser son matelas et construite.
dormir, cuisiner, toilettes et douches, grande citerne,
énergie solaire, pour 25 ou 50 personnes. Pas
encore de fonds. Voir avec CIR.
67 Collaborer avec les Associations de gestion des Les fonds pour la gestion
« Grand Mariage » pour obtenir des fonds des comités sont enregistrés
supplémentaires pour la gestion des CoCoVi et du par les trésoriers des
CoCoSi. Pas encore de fonds. comités
68 Installer des sièges de comités villageois autres que Les bureaux sont installés
les bureaux de site des Parcs nationaux des
Comores, chercher des locaux fournis par la
communauté à réhabiliter et les équiper en matériel
didactique, bureautique et informatique avec énergie
solaire et eau de grande citerne. Pas encore de
fonds.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 126


Aménager des débarcadères et des hangards pour Selon possibilités
les pêcheurs et des chambres froides privées, des
citernes privées. Pas encore de fonds.
69 Rechercher les financements pour l’amélioration des Selon possibilités
pistes d’accès à la mer et pour les aménagements
touristiques publiques et leur entretien et nettoyage.
Pas encore de fonds.
70 Appuyer la mairie pour l’aménagement touristique Selon possibilités
après avis d’un expert en tourisme pour l’implantation
d’hôtels et sites touristiques, voire de parcs
d’attractions ludiques. La privatisation de ces sites
s’impose, pour une gestion professionnelle durable
du site. Soit pas encore de fonds, soit encore
seulement une partie des fonds disponibles.
71 Appuyer la commune pour la confection de plans Selon possibilités
locaux d’urbanisme à Chindini pour la gestion des
déchets, toilettes, aménagement des espaces verts
et plages. Pas encore de fonds.
72 Aménager les écoles dans les salles et les cours de Selon possibilités
récréation, les toilettes et en fournissant le matériel
didactique nécessaire à une prise de consicence du
changment climatique et de la dégradation très
rapide de l’environnement.

Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 127


12 Conclusions
Encadré 3 : Résumé des Priorités du Parc national Cœlacanthe

Priorités

• Le Cœlacanthe, première cible du parc natinal, du fait de sa protection


active depuis de nombreuses années, est peu menacé ;
• Les tortues, deuxième cible du parc national sont très menacées. C’est sur
elles que se portera plus de la moitié des interventions du parc national : à
Malé et Chindini (villages) et sur la plage de Malé, la seule qui présente
des traces de pontes vandalisées sur l’île de Ngazidja (dernier espoir de voir
l’éclosion des petites tortues sur l’île). C’est aussi dans ces villages que la
formation des braconniers, des jeunes et très jeunes sera prioritaire ;
• La prioirté des actions sera d’influencer, animer, former, informer :
o Les Notables
o Les Religieux (Hatubes, Imams, etc.)
o Les enseignants
o A Chindini et Malé en priorité.

Nous voici arrivés à la fin de ce Plan d’aménagement et de gestion du Parc national


Cœlacanthe. Cet outil va nous permettre de mieux connaître ce Parc national, ses
forces et faiblesses.

Ce document décrit le contexte du Parc national : le Système national des aires


protégées, le cadre législatif de la gestion des aires protégées aux Comores, le milieu
abiotique très particulier lié au volcan et le milieu biotique comprenant une flore et
faune endémiques menacées alors que très riche de plantes et faune rares et
endémiques. Les activités humaines y sont présentées. Les pressions et menaces, la
délimitation et zonage complètent l’étude. Le Zonage permet de savoir quoi faire et où.
Au fil du temps et dans chaque village, le détail des droits et devoirs prendra forme en
accord avec les villageois. La planification pluriannuelle et annuelle nous permet de
savoir que faire et quand.
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