Com 219628
Com 219628
Parcs Nationaux
des Comores
Janvier 2018
Les avis et opinions exprimés dans ce document sont celles des auteurs,
et ne reflètent pas forcément les vues de la Vice Présidence - Ministère de l’Agriculture, de la
Pêche, de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme,
ni du PNUD, ni du FEM (UNDP - GEF)
Mandaté par
L’Union des Comores, Vice-Présidence Chargée du Ministère de l’Agriculture, de la
Pêche, de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme, Parcs
nationaux des Comores
Et le
Programme des Nations Unies pour le Développement, PNUD
Fonds Mondial pour l’Environnement, FEM
Maison du PNUD, Hamramba
BP. 648, Moroni, Union des Comores
T +269 7731558/9, F +269 7731577
[Link]
Le Parc national Coelacanthe est le parc le plus au sud de l’île de Ngazidja (Grande
Comore) de l’Union des Comores, un des deux parc marins de l’île. Le présent
document décrit le contexte tant physique et biologique qu'humain et décrit dans son
plan d’aménagement les grandes lignes stratégiques pour la gestion de ce parc dans
la fourchette quinquennale de 2017 à 2021. Les cinq plans de gestion annuels
décrivent en détail les activités sélectionnées pour garantir la protection et le
développement économique profitable et durable pour les riverains protecteurs et
utilisateurs de ce parc.
Coran 32. « Allah, c’est Lui qui a crée les cieux et la terre et qui, du ciel, a fait
descendre l’eau ; grâce à laquelle Il a produit des fruits pour vous nourrir. Il a soumis à
votre service les vaisseaux qui, par Son ordre, voguent sur la mer. Et Il a soumis à
votre service les rivières. »
Coran 17:27. «…car les gaspilleurs sont les frères des diables; et le Diable est très
ingrat envers son Seigneur. »
En annexes nous avons la liste des espèces de la biodiversité marine des Comores et
du site et la description de quelques phanérogames marine, des documents
techniques (tortues, espèces protégées) et historiques et culturels.
• Chaque Euro investi dans une aire marine protégée en génère 3 en termes
économiques notamment en termes de pêche.
WWF International
• « Les humains devront quitter la Terre d'ici 100 ans et coloniser une autre planète
s'ils veulent survivre. »
• En novembre 2016, l'astrophysicien avait déjà mis en garde quant au futur de
l'espèce humaine : « Je ne pense pas que nous survivrons encore 1.000 ans sans
nous échapper de notre fragile planète ». Aujourd'hui, Hawking semble avoir
raccourci son calendrier puisqu'il ne parle plus d'un millénaire mais d'un siècle.
Dans les îles autonomes, les fonctions, exécutive et délibérative sont exercées par des
organes distincts :
• La Fonction exécutive est exercée par un Gouverneur assisté de
Commissaires. Le Gouverneur est élu au suffrage universel direct majoritaire à
deux tours, pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. Le Gouverneur
est le Chef de l’île autonome. Il exerce par voie d’Arrêté les compétences qui lui
sont attribuées par la Constitution et la loi statutaire de l’île autonome. Il assure
le respect de la Constitution et garantit l’exécution des lois et règlements de
l’Union dans l’île. Il promulgue les délibérations du Conseil de l’île. Il est le Chef
de l’Administration relevant de l’île autonome. Le Gouverneur est tenu informé
de l’exécution des actions de l’Union dans l’île. Le Gouverneur nomme les
Commissaires dont le nombre ne saurait dépasser six, et met fin à̀ leurs
fonctions.
• La Fonction délibérative est exercée par un Conseil de l’île.
Art.9.- (Modifié 2009) Relèvent de la compétence des île autonomes, les matières
suivantes :
• l’administration des collectivités locales ;
• l’organisation des établissements et organismes à caractère administratif,
commercial ou industriel d’intérêt insulaire autres que les sociétés d’Etat ;
• la police urbaine et rurale ;
• les foires et marchés ;
• les allocations d’études et bourses insulaires ;
Le maire
Le Maire de la commune est particulièrement chargé, sous le contrôle du Conseil
communal de :
• conserver et d'administrer les propriétés de la commune et de faire, en
conséquence, tous actes conservatoires ;
• gérer les revenus, de surveiller les établissements et la comptabilité
communale ;
• souscrire les marchés, de passer les baux des biens et les adjudications des
travaux communaux dans les formes établies par les lois et Règlements en
vigueur ;
• préparer et de proposer le budget et d'ordonnancer les dépenses et les
recettes ;
• diriger les travaux communaux ;
• assurer la publication et l'exécution des lois et règlements sur le territoire
communal ;
• exécuter les mesures de sûreté générale ;
• veiller à la sûreté et à la commodité des passages dans les rues, les quais, les
ports, les débarcadères, les places ou voies publiques notamment le
nettoiement, l'éclairage, l'enlèvement des objets encombrants, la démolition ou
la réparation des édifices menaçant ruine, l’interdiction de rien exposer aux
fenêtres et autres parties des édifices qui puisse endommager les passants ou
causer des exhalaisons nuisibles;
• construire et entretenir les cimetières et lieux d’inhumation ;
• assurer le maintien du bon ordre dans les cimetières et lieux d’inhumation ;
• surveiller les marchés installés sur le territoire communal ;
• faire respecter les règles d'hygiène prévues par la réglementation ;
• prévenir les nuisances et les risques causés par les catastrophes, les calamités
naturelles, les maladies épidémiques ou contagieuses, les épizooties en
provoquant l'intervention de l'administration de l’Etat ;
• lutter contre l'insalubrité et les nuisances.
Ce cadre comprend la mise en place d’une Agence nationale pour la gestion des aires
protégées, la description de la réglementation à appliquer dans les aires protégées
actuelles et futures et la création de cinq nouvelles aires protégées dont ce Parc
national. Toutes les aires protégées seront grâce à cette loi, gérée par une structure
permanente, à savoir l’Agence nationale pour la gestion des aires protégées « Parcs
nationaux des Comores ».
De ce fait, avec l’appui du projet « Réseau national des aires protégées » financé par
le GEF et exécuté par le PNUD, un long processus de discussion de la nouvelle loi sur
les aires protégées a démarré début 2016. De nombreux Experts Juristes nationaux
spécialisés dans la gestion de l’environnement et issus des îles de Ngazidja, Ndzuani
et Mwali, avec l’appui de 2 consultants internationaux ont travaillé de commun accord
lors d’ateliers et de réunions qui se tiennent régulièrement pour l’amélioration du texte
final. Les Experts Juristes nationaux sont issus de la Vice-Présidence en charge du
Ministère de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Environnement, de l’Aménagement du
Territoire et de l’Urbanisme et de la Direction générale de l’environnement, des
Députés de l’Assemblée nationale et de la Commission en charge de la Production de
l’Assemblée nationale, des Gouvernorats et Directions régionales de l’Environnement
et du privé.
Un Comité consultatif national a travaillé sur les textes lors de deux ateliers nationaux
et six ateliers ont eu lieu dans les îles pour discuter et amender les textes proposés.
De nombreuses réunions notamment avec les Députés et la Commission en charge de
la Production de l’Assemblée nationale ont permis de recadrer et corriger les textes
proposés jusqu’à leur version actuelle.
Le projet de loi sur les aires protégées des Comores est structuré comme suit :
• Titre I. Dispositions générales
o Chapitre 1 - Définitions
• Titre II. Objectifs
• Titre III. Statuts des Aires protégées
o Chapitre 1 – Le Parc national
o Chapitre 2 – Le Monument naturel
o Chapitre 3 – La Réserve spéciale
o Chapitre 4 – Le Paysage protégé
o Chapitre 5 – La Réserve de ressources naturelles gérée
• Titre IV. Création d’aires protégées
o Chapitre 1 – Aire protégée et régime de propriété
o Chapitre 2 - Procédure de création
• Titre V. Zonage des aires protégées
o Chapitre 1 – Délimitations intérieures
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 30
§ Zones de Non Prélèvement, cœur de l’aire protégée, où la
protection est prioritaire ;
§ Zone d’Utilisation Contrôlée alliant protection et production ;
§ Zone d’Utilisation Durable alliant production et protection ;
§ Zone d’Occupation Contrôlée habitée ;
§ Zone Culturelle (Mosquée, cimetières, etc.)
§ Zone de Service destinée à l’implantation d’infrastructures
touristiques, fonctionnelles, de production électrique ou autre ;
§ Zone de Recherche scientifique.
o Chapitre 2 – Délimitations extérieures
• Titre VI. Gestion du Système des Aires Protégées
o Chapitre 1 – Gouvernance et règles de gestion
§ Section 1 - Règles générales de gouvernance
L’Agence pour la gestion des aires protégées des Comores gère les aires protégées
des Comores.
§ Section 2 - Règles particulières de gouvernance ;
§ Section 3 - Règles particulières aux activités de recherche et
d’extraction minière et d’hydrocarbures ;
o Chapitre 2 – Mécanismes institutionnels
§ Section 4 - Supervision de l’Agence et financement des Aires
Protégées ;
§ Section 5 : Délégation de gestion
§ Section 6 : Missions essentielles de l’Agence
§ Section 7 : Documents stratégiques
- Sous-section 1 : Plan d’Aménagement et de Gestion y
inclus le plan d’affaire
- Sous-section 2 : Plan de Gestion Environnementale et de
Sauvegarde Sociale
- Sous-section 3 : Accord de Cogestion
- Sous-section 4 : Règlement Intérieur
• Titre VII. Régime Pénal Spécial
o Chapitre 1 : Les infractions
o Chapitre 2 : Procédure de constatation des infractions
o Chapitre 3 : Poursuites et actions
o Chapitre 4 : Les peines encourues
o Chapitre 5 : Confiscation et sort des objets végétaux et animaux saisis
• Titre VIII. Dispositions finales
Une aire protégée est composée de différentes zones dans lesquelles les activités
humaines sont réglementées allant de l’interdiction d’y pénétrer ou d’y prélever
quelque ressource que ce soit -Zone de Non Prélèvement- à une réglementation plus
ou moins stricte selon les activités humaines envisagées et les prélèvements de
ressources naturelles pratiqués. L’emprise spatiale des aires protégées portant sur le
sol, le sous-sol et le dessus du sol du territoire terrestre et maritime comorien, la
législation nouvelle proposée a une dimension transversale. En quelque sorte, la mise
en place des aires protégées sur environ 30 % du territoire national (estimation en
cours : délimitation exacte sur le terrain) constitue une forme complète d’aménagement
du territoire. De même, elle concerne aussi différentes ressources naturelles qui
disposent chacune de règles sectorielles spécifiques de gestion.
Les aires protégées à créer (Parc national Karthala, Parc national Cœlacanthe, Parc
national Mitsamiouli-Ndroudé, Parc national Ntringui et Parc national Shisiwani) sont
regroupées et gérées au sein du Système des Aires Protégées des Comores
ensemble avec le Parc national de Mohéli déjà en place depuis 2001. La Catégorie
« Parc national » a été choisie pour les cinq nouvelles aires protégées du Système
National des Aires Protégées des Comores (SNAP) en ce qu’elle permet d’allier les
Des dispositions spéciales d’ordre pénal sont prévues dans l’avant-projet de loi pour
sanctionner le non-respect des règles de protection instituées en faveur des aires
protégées. Membre du conseil d’administration de l’Agence nationale pour la gestion
des aires protégées des Comores, l’Etat dispose d’un pouvoir d’orientation, de suivi et
de contrôle sur son fonctionnement. Sa gestion reposera sur un Pacte entre les parties
prenantes à savoir l’Etat, la société civile et les communautés locales, gage de la
confiance des bailleurs de l’environnement, qui considèrent la biodiversité comme un
bien dont la préservation incombe à l’humanité toute entière. Ce montage institutionnel
est garant de la pérennité des structures à créer et du financement à long terme du
système des aires protégées dont l’essentiel proviendra de la coopération
internationale multiforme.
[Link]
Carte 1 : Répartition de la population à Ngazidja en 1984
L’unité sociale est le village. Le Chef de village a autorité sur tout au village ; il est
désigné par les grands notables du village. Les Grands Notables deviennent notables
par le grand Mariage (Anda), cérémonie traditionnelle complexe se déroulant sur
plusieurs mois. Les Grands Notables ont une hiérarchie et se réunissent en réunion de
Notables selon les besoins, souvent mensuellement et ils se retrouvent régulièrement
chaque vendredi à la grande mosquée informellement. Il n’existe pas de mendiants. Le
système social complexe (Mila) permet à chaque personne en difficulté de trouver de
quoi manger et se débrouiller face aux évènements de la vie en demandant de l’aide à
sa famille, voisins ou proches, aide qui n’est pas refusée du fait des habitudes
d’entraide. Les terrains sont possédés majoritairement par les femmes qui possèdent
et héritent des maisons. L’oncle est le personnage central pour la femme, quant à la
prise de possession d’une maison. En cas de divorce, la femme a toujours une maison
et c’est l’homme qui est à la rue.
Actuellement Chindini est aussi un point de départ peu fréquenté pour le Whale-
watching, soit l’observation des baleines, dauphins et tortues marines (en mer).
Tous les villageois sont musulmans, ce qui est mentionné comme premier point du
préambule de la Constitution.
Les villages ont tous un chef religieux, appelé Foundi, qui maîtrise et enseigne l’Islam
et le Coran et prêche dans une mosquée par village.
Les personnages important dans l'Islam aux Comores sont :
• Le Foundi : professeur du coran, il exerce dans les école coranique ou dans les
madrassas. Les Foundis servent de conciliateurs dans les villages et de juges
pour les affaires locales. Le Foundi peut être le Hatub (Grand Chef) ou l’Imam
(Conduit la prière), qui fait les discours lors de la prière du vendredi.
• Un Cadi (arabe: [ ﻗﺎﺿﻲqāḍī], « juge ») est un juge musulman remplissant des
fonctions civiles, judiciaires et religieuses. Les Cadi sont les chefs religieux par
Préfecture. Le Cadi est juge et dépositaire du droit coranique, il règle les litiges
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 36
de propriété et du droit civil. La cour suprème de la justice musulmane est
dirigé par le Grand Cadi.
• Le Sheikh : est un saint homme musulman, il y en a un par confrérie, et il a une
renommé locale ;
• Le Mufti ou Moufti : est un saint homme aussi mais de renommée
internationale. Le Moufti à Moroni a son bureau au Mouftorat de Moroni. Il est le
Chef suprême de l’Islam dans le pays ;
• Le Sharif : descendant héréditaire du prophète ;
• L'Imam: c'est celui qui conduit la prière ;
• Le Muezzin : est l'assistant de l'Imam. Il appelle à la prière du haut du minaret.
Les jugements sont oraux et appliqués avec discipline par les villageois sans aucun
acte écrit. Les Cadi marient les couples qui sont enregistrés au besoins par la voie
officielle par la Préfecture (avec témoins).
Source : [Link]
Carte 3: Localisation de l’île de Ngazidja dans l’Océan indien et dans l’archipel
des Comores
11°46'30"S
. 11°46'30"S
Salimani
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X Y
X
Y
X
11°50'0"S
Y
X
11°50'0"S
Y
X
Y
X
Y
X
Bangoi
Y
X
Y
X
Y
X
XY
Hetsa
Y
X Y
X
Dzahadjou
Y
X
Y
X
Y
X
Singani
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Itsoundzou
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
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Y
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Y
X
Y
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Y
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X
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X
Y
X
Mindradou
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Malé
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Mandzissani
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
11°53'30"S
Y
X
Y
X
Y
X
11°53'30"S
Y
X
Y
X XY
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X Y
X
Infoundihé Chambouani
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
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X
Y
X
Y
X
Dzahadjou Ourovéni
Y
X
Y
X
Y
X
Légende
Y
X
Y
X
Y
X Y
X
Y
X
Y
X
Y
X Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Chindini
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Simamboini
Y
X
Y
X
Villages
XY
Y
X
Y
X
Y
X
Y
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Y
X
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Y
X Y
X
Y
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X
Délimitation
Y
X
Y
X
Y
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X
Y
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X
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Y
X
XY
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X
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X
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X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Routes Y
X
Y
X
11°57'0"S
Y
X
Y
X
11°57'0"S
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Ngazidja est une île encore jeune (130.000 ans selon les spécialistes). Elle est
seulement bordée de quelques récifs frangeants discontinus et peu développés en
largeur. La géomorphologie de Ngazidja (volcanisme récent) fait qu’il y a peu de plages
de sable blanc : les 2/3 de celles qui existent sont rencontrées au nord de l’île;
l’ensemble témoigne la présence de fonds corallifères comme à Mitsamiouli dans le
Parc national Mitsamiouli-Ndroudé. Environ 90% des plages de sable de l’île de
Ngazidja ont disparu durant la dernière décennie (Louette 2004).
3.3.3 Volcanisme
Le volcanisme ancien, responsable de la formation de l’archipel, s’est propagé dasn le
temps du sud-est au nord-ouest, donnant naissance à Mayotte (0,48 à 7,7 millions
d’années = MA), à Mohéli (0,36 à 5 MA), à Ndzuwani (1,49 à 3,9 MA) et Ngazidja
(10.000 à 130.000 ans). Sur Ngazidja, les activités volcaniques continuenet et sont
apparentes jusqu’à nos jours.
Sur les îles, excepté Ngazidja, les activités volcaniques appartiennent au passé et la
végétation n’est pas détruite ou en cours de régénération nulle part.
L’activité volcanique dans cet archipel correspond à des épanchements surtout
basaltiques. On y reconnaît quatre types de relief correspondant à des degrés
d’évolutions différentes dont l’un se rencontre dans le massif du Karthala. Il s’agit d’une
constitution de formes structurales primitives où l’érosion est à peu près nulle. Le relief
continue encore à se construire naturellement par des coulées de laves qui ont eu lieu
à des époques différentes.
Ngazidja comporte deux massifs montagneux : celui du Karthala au sud, dont le
sommet culmine à 2.361 m avec de fortes pentes et une caldeira sommitale de 4 km
de diamètre et celui de la Grille (la Grill ou le Grill) dans la partie nord, dont le sommet
s’élève à 1.087 m. La péninsule de la Grille est hérissée de +/- 80 petits cônes
stromboliens. Ces deux massifs sont reliés par le col de Dibwani qui constitue un
passage à une altitude d’environ 500 m. De nombreuses grandes coulées de lave plus
ou moins récentes, dont la pluspart sont descendues jusqu’à la mer, sont très
apparentes dasn plusieurs secteurs des flancs du Karthala. C’est principalement, au
dix-neuvième – début du vingtième siècle, que les coulées de lave ont été
Jan Fév Mar Avr Mai Juin Juill Aoû Sept Oct Nov Dé
Température moyenne 26.4 26.8 26.8 26.4 25.3 23.8 23.2 23 23.5 24.5 26.2 26.6
(°C)
Température minimale 23.5 23.8 23.5 22.9 21.8 20.4 19.5 19.3 19.8 20.9 22.4 23.2
(°C)
Température maximale 29.4 29.8 30.1 29.9 28.8 27.3 27 26.8 27.2 28.2 30 30
(°C)
Source : [Link]/
3.5.3 Précipitations
Les Comores reçoivent entre 1.500 et 6.000 mm d’eau par an. Il s’agit de l’effet de la
mousson. Toutefois, les moyennes des précipitations annuelles et les répartitions au
cours de l’année varient selon l’exposition et l’altitude (tableau et figure ci-dessous).
Les vents qui apportent les pluies viennent du nord-ouest. Les versants ouest est donc
plus arrosé.
Le Karthala joue un rôle d’écran et de condensateur d’humidité. Une augmentation de
la nébulosité et la formation de brouillards persistants sont observées aux environs de
1.000 m sur le versant ouest et 600 m sur le versant est le matin. (Carte ci-dessous)
Moroni 2.694 346 296 284 331 250 251 243 154 107 95 106 231
(Ouest littoral)
Nyoumbadjou 5.899 460 349 444 874 1070 613 662 345 184 262 302 334
(Ouest)
Mitsamiouli 1.887 416 298 283 239 81 45 32 59 81 111 72 170
(Nord)
Foumbouni 1.362 223 174 215 210 96 59 36 26 30 47 71 175
(Sud-est)
Source : PNUE 2002
Nov.
Juill.
jan
Mai
Sept.
Mars
Mitsamiouli
Mois (Nord à
50m)
Source : (PNUD 2013), Ngoubadju=Nyoumbadjou
Foumbouni en jaune
Figure 2 : Evolution de la précipitation dans les stations (1999-2002)
3.5.4 Vents
L’île de Ngazidja est soumise à deux types de vent selon la période de l’année : les
alizés du sud-est (Kusi), pendant la saison sèche et la mousson du nord-ouest
(Kashkasi) pendant la saison des pluies. Les Kashkasi sont des alizés de l’hémisphère
boréal dévié vers le nord-ouest par la force de Coriolis après avoir franchi l’équateur et
pénétré l’hémisphère austral. Les Comores se trouvent en position d’abri et reçoivent
des masses d’air partiellement asséchées après leur passage au dessus de
Madagascar.
Le climat est déterminé tout au long de l’année par la position des grands centres
d’action météorologiques qui correspondent à des zones de haute ou basse pression
et par les variations d’extension des différentes masses d’air. Les vents Matulay sont
des vent secondaire de sud-est pendant la période août/septembre, très humide, il
apporte de très grosses pluies. La Zone de Convergence InterTropicale, ZCIT, est une
zone mobile de rencontre entre l’air maritime tropical indien générateur de l’alizé et l’air
équatorial saturé d’eau. Lorsque la ZCIT se trouve au sud des Comores, les
précipitations sont abondantes. Les Maribu sont des vents secondaires pendant la
période entre le Kusi et le Kashkasi, d’ouest intermittents de fin de journée. Lorsque la
ZCIT se trouve au nord de l’archipel, les vents sont faibles et les précipitations tombent
sous forme d’orages. Les Mnyombeni sont des vents secondaires de nord - nord-est
pendant la période du 15/09 au 15/12, ils sont réguliers, violents et secs.
3.5.5 Relief
Le relief joue aussi un grand rôle car, quelle que soit l’orientation, il pleut de plus en
plus fréquemment et abondamment au fur et à mesure que l’altitude augmente.
L’extrémité des péninsules reçoit en général des précipitations moindres, parce qu’elle
retient moins les nuages que les parties centrales des îles.
3.5.6 Insolation
L’insolation est généralement forte variant de 2.000 h/an à plus de 3.000 h/an avec une
moyenne de 2.600 h/an (1.554 h/an en Belgique pour comparaison). Ceci rend
l’énergie solaire très rentable dans la zone.
3.5.7 Cyclones
Les cyclones ont lieu en saison chaude. Trois types de cyclones viennent traverser les
Comores de façon épisodique. Chaque type dépend de site de formation du cyclone
qui est soit au voisinage de l’archipel, soit au Nord de Madagascar ou à l’Est entre
55°et 65° de longitude est. Lors d’un cyclone les vents peuvent atteindre 85 nœuds
(155 km/h), comme ce fut le cas en 1983. Des houles (vagues ou creux) de 20 mètres
de haut peuvent y être associées alors que les fortes houles normales avoisinent 3,6
mètres.
3.5.8 Hydrologie
Ngazidja ne présente pas de rivières permanentes sur le site du Parc national
Cœlacanthe. Les habitants dépendent du système de collecte de l’eau de pluie à partir
des toitures dans des citernes.
3.5.9 Conditions de pêche
Sachant qu’en moyenne deux embarcations avec deux pêcheurs disparaissent chaque
mois aux Comores (source Gardes côtes), il est impératif de suivre l’état de la mer
avec [Link]/af/comoros-islands/comoros.
3.5.10 Changement climatique
Le changement climantique menace directement tous les villages du parc national
situés en bordure de mer. D’abord suite à l’élévation du niveau de l’eau des océans et
aussi par l’agravation des conditions climatiques, principalement les cyclones dont les
houles peuvent faire disparaître des villages entiers. Le risque sera étudié en détail par
le PNUD Comores à travers un projet et par la Direction Générale de l’Environnement
et des Forêts à travers le projet financé par l’Union Européenne AMCC : Alliance
mondiale contre le changement climatique.
D’une manière générale, les zones littorales des îles de l’union des Comores
présentent une haute vulnérabilité, comme en témoigne la figure suivante. L’analyse
de la vulnérabilité des récifs coralliens au niveau mondial qui découle de la méthode
« Reef at Risk » (Burke et al., 2011) permet de distinguer les menaces locales
(développement du littoral, impact des travaux de construction côtière, rejets d’eaux
usées, érosion des sols, pollution marine et surexploitation des ressources
halieutiques) et les menaces mondiales telles le réchauffement de la température des
mers et l’acidification des océans qui ralentit la croissance des coraux.
Dépendance récifale
élevée ou très élevée
Bermudes
Samoa, St Eustache Maldives
St Christophe-et-Nièves Îles Marshall
Fidji
Rép Dominicaine, Papouasie-Nouv.-Guinée
Comores
Jamaïque, Mayotte Îles Salomon
Grenade, Haïti
Samoa, Tokelau
Indonésie, Kiribati
St Eustache Wallis et Futuna
Philippines, Tanzanie
Vanuatu
Exposition aux
Madagascar Capacité d’adaptation
menaces récifales Djibouti
élevée ou très élevée faible ou moyenne
Nauru
Timor-Leste
Viet Nam
A cette époque, le banc Vailleu n’était pas encore intégré au Parc national
Cœlacanthe.
Ces deux écosystèmes principaux sont présentés dans les fiches et cartes suivantes.
Le site #2 Sud Grande Comore, présente une situation intermédiaire avec la quasi-
totalité des pentes qui ont une couverture de 15-20% de coraux vivants, ce qui
correspond à un état de santé moyen.
%"du"linéaire"de"récif"de"site"
100
90
80
70
60
Site #3 Anjouan Bimbini
50
Site #2 Sud Grande Comore (Chindini)
40 Site #1 Nord Grande Comore
30
20
10
0
0" 0#5" 5#10" 10#15" 15#20" 20#30" 30#50" 50#80"
Couverture"corallienne"(%"du"fond)"
Bien que non observée de nos jours, la présence du Dugong (Dugong dugon) est
également documentée.
Les baleines à bosse observées sont en majorité des couples mères-baleineaux,
mettant en évidence un important site de reproduction pour l’ouest de l’océan Indien.
Le Parc national Cœlacanthe (de Singani à Chindini) et la zone de Ouella – Sada-
11°46'30"S
. 11°46'30"S
Salimani
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X Y
X
Y
X
11°50'0"S
Y
X
11°50'0"S
Y
X
Y
X
Y
X
Bangoi
Y
X
Y
X
Y
X
XY
Hetsa
Y
X Y
X
Dzahadjou
Y
X
Y
X
Y
X
Singani
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Itsoundzou
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Mindradou
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Malé
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Mandzissani
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
11°53'30"S
Y
X
Y
X
Y
X
11°53'30"S
Y
X
Y
X XY
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X Y
X
Infoundihé Chambouani
Y
X
Y
X
Y
X Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Dzahadjou Ourovéni
Y
X
Y
X
Y
X
Légende
Y
X
Y
X
Y
X Y
X
Y
X
Y
X
Y
X Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Chindini
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Simamboini
Y
X
Villages
XY
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Délimitation
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
XY
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Routes
Y
X
Y
X
11°57'0"S
Y
X
Y
X
11°57'0"S
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Y
X
Nair Aboubacar Allaoui
Expert SIG au Systeme National des Aires Protegees
aboubacarnair@[Link]
5 000 2 500 0 5 000 Mètres +2693569495
Systeme de projection : UTM WGS84 38S
Source : Delimitation proposee: Cartes MAREX
Carte 8 : Localisation des villages interagissant directement dans le parc national Cœlacanthe et délimitation du parc.
Attention, ajouter le banc Vailleu à 20 Km à l’ouest de Salimani.
5 Description et cibles de l’aire protégée
5.1 Zone d’intervention
Voir Carte ci-dessus.
Le parc national est concerné par trois préfectures (Hambou, Mbadjini Ouest et
Mbadjini Est ), 5 communes (Tsinimoipangua, Djoumoipangua, Ngouengoé,
Nyoumagama et Itsahidi) et 15 villages (Bangoi, Salimani, Dzahadjou, Hetsa,
Mbambani, Singani, Itsoundzou, Mandzissani, Mindradou, Mlimani, Ifoundihé
Chamboini, Chindini, Malé, Ouroveni et Simamboini) :
• Hambou : Communes de Tsinimoipangua, Djoumoipangua ;
• Mbadjini Ouest : Communes de Ngouengoe, Nioumagama ;
• Mbadjini Est : Communes de Itsahidi.
5.2 Description
Le site proposé pour établir le Parc national Cœlacanthe est essentiellement marin et
côtier et couvrait au départ 7.572 ha d’espace marin le long de la côte sud-ouest de
Ngazidja. Il sera étendu (par rapport aux prévisions de 2012) jusqu’à Malé (Est de
Chindini) de façon à intégrer l’écosystème corallien de grande valeur biologique situé
entre Chindini et Malé. Un grand nombre de cétacés (baleines et dauphins) séjournent
aussi dans cette zone. La zone côtière correspondante, située entre la route RN2 et
l’océan, sera identifiée comme incluse dans le parc, sur une largeur de 200 m de façon
à contenir toutes les plages et mangroves. Ce site a depuis longtemps été identifié
comme zone prioritaire pour l’établissement d’une aire protégée pour préserver la
population de Cœlacanthes (Latimeria chalumnae) que l’on retrouve autour de 200
mètres de profondeur et son habitat ainsi que la Baie des Dauphins adjacente, qui est
relativement bien fréquentée par les baleines et les dauphins. L’importance mondiale
de ce site est principalement liée aux grottes volcaniques sous-marines situées à
proximité des côtes qui abritent le fameux Cœlacanthe, un fossile vivant menacé
d’extinction et d’intérêt scientifique à l’échelle mondiale et par les tortues qui se font de
plus en plus rare deans la zone. L’intérêt de ce site est aussi lié à la présence d’un
important récif corallien en bon état dans la zone sud (Chindini). Dans la Baie des
dauphins, les espèces les plus fréquemment observées sont le Dauphin à long bec
(Stenella longirostris), le Grand dauphin (Tursiops truncatus) et le Dauphin tacheté
(Stenella attenuata) et des baleines à bosse (Megaptera novaeangliae). Les données
disponibles indiquent la présence d’au moins 12 espèces de baleines dans les eaux
comoriennes, dont la Baleine à bosse (Megaptera novaeangliae), des Mesoplodons
(Mesoplodon sp.), l’Orque épaulard (Orcinus orca), la Baleine franche australe
(Eubalaena australis) et le Rorqual de Bryde (Balaenoptera edeni). L’Orque naine
(Feresa attenuata) a été observée en groupes importants pouvant atteindre 500
individus, quoique de plus en plus rarement.
La zone côtière et ses ressources sont protégées par les initiatives d’une association
qui regroupe des représentants de 12 villages de la zone du Cœlacanthe, l’Association
pour la Préservation du Gombessa (APG), créée en 1995 et dont les activités se sont
poursuivies jusqu’à ce jour principalement grâce à la participation volontaire des
membres de l’association très motivés dont deux sont devenus des agents des Parcs
nationaux des Comores. L’APG vise la protection du Cœlacanthe dont la principale
menace est la pêche à la ligne de fond, à travers l’éducation des pêcheurs, la
promotion des activités économiques de substitution et l’amélioration des installations
de pêche et de transformation. Un Centre d’information, d’éducation, de valorisation et
de conservation du Cœlacanthe et de son environnement marin aux Comores (Maison
du Cœlacanthe) a été créé avec la mission de collecter, traiter et diffuser les données
et informations sur le Cœlacanthe et son environnement. Il a aussi pour rôle d’éduquer,
de promouvoir l’écotourisme axé sur le Cœlacanthe et de promouvoir des pratiques de
pêche respectueuses de l’environnement et de permettre une conservation
participative des ressources naturelles. Plusieurs documentaires montrent les
Cœlacanthes filmés par Nicolas Hulot à bord d’un sous-marin dans le Parc national du
Cœlacanthe. Une étude marine a permi de révéler la grande richesse des coraux
autour de Chindini et dans la zone et précise que de d’autres études devraient révéler
l’existence de nouvelles espèces.
Finalement, le banc Vailleu (O’Raya ou banc Vailhau –qui va haut) a été ajouté à ce
parc national, pour des raisons évidentes : il est considéré comme le plus grand mur
de plongée sous-marine au monde et est fortement menacé par la pêche illégale dont
la pêche à la dynamite. C’est un des rares endroits aux Comores où la densité de
requins (dont les requins marteaux) pourrait être conservée.
5.3 Cibles
5.3.1 Espèces cibles/phares à l’aire protégée Cœlacanthe
Les espèces cible du Parc national du Cœlacanthe sont indubitablement le
Cœlacanthe et la Tortue verte (Chelonia mydas) menacée / en voie de disparition
(voir annexe 6, les tortues marines).
Les espèces phares du Parc national du Cœlacanthe sont :
• Cœlacanthe (non visible) ;
• Tortue verte (Chelonia mydas), présente dans l’eau et sur certaines plages ;
• Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata).
• Coraux et poissons de coraux (sans distinction de genre et espèces) ;
• Requins (très menacés) ;
• Cétacés : dauphins, baleines (très menacées sauf la baleine à bosse). Ce sont
des espèce protégée des Comores ;
• Turbo marmoratus (espèce protégée des Comores) ;
• Charonia tritonis (espèce protégée des Comores) ;
Les menaces à la biodiversité des Comores peuvent être classées selon les catégories
suivantes :
1. Modification d’habitat ou d’utilisation des terres ;
2. Espèces exotiques envahissantes ;
3. Surexploitation ;
4. Changements Climatiques ;
5. Pollution.
Le braconnage des tortues marines pour vendre et consommer la viande et les œufs,
ainsi que l’extraction excessive du sable de plage, constituent de graves menaces pour
les populations de ces espèces qui sont menacées à l’échelle de la planète.
L’exploitation des tortues marines est interdite depuis 1979 aux Comores et cette
interdiction a été renforcée par un décret ministériel en 1992 et une ordonnance en
2001. Malgré cela, les tortues sont encore capturées en raison de leur facilité de
capture et de l’absence de patrouille sur les plages, surtout la nuit. Certains pêcheurs
appâtent leurs palangrottes (légales) avec de la chair de tortue (illégale). Selon un de
nos informateurs, chaque semaine, la viande de dix tortues environ serait vendue à
Mitsamiouli où elle est très appréciée et vendue à bas prix, beaucoup moins cher que
la viande de bœuf, très similaire au goût.
Exploitation des coquillages.
Certains mollusques marins en voie de disparition sont menacés par l’exploitation non
réglementée et non déclarée, essentiellement pour l’exportation, comme le Triton
géant (Charonia tritonis), l’un des rares prédateurs d’une étoile de mer, l’Acanthaster
pourpre (Acanthaster planci) prédatrice des coraux. Le Turban vert ou Burgau (Turbo
1
« Amarige Ylang-Ylang des Comores » lancé en 2011 par la maison française Givenchy et
‘Eau de Mohéli’ lancée en mai 2013 par le parfumeur français Diptyque en partenariat avec la
firme multinationale suisse Givaudan et la société comorienne AGK.
2
1 mile nautique = 1.852 Km
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 74
marmoratus), est pêché commercialement comme source de nacre. Le Casque rouge
(Cypraecassis rufa) et le Casque cornu (Cassis cornuta) tous deux objets très
populaires de collection ainsi que le « Sept doigts » (Lambis crocata crocata) sont
aussi fort pêchés de façon artisanale. Plusieurs tonnes de ces coquillages sont
exportées dans les pays voisins (Tanzanie, Madagascar, Kenya) (ASCLME 2012).
Holothuries ou concombres de mer.
La pêche non réglementée et non déclarée est aussi un problème important pour les
concombres de mer ou Holothuries (Holothuroidea, nombreux genres) qui sont
exploités par des réseaux malgaches et chinois installés en Tanzanie ou des hangards
pleins d’holoturies séchées attendent un bateau pour rejoindre l’Asie. Les principales
espèces pêchées sont :
a) Holothuria (Microthele) fuscogilva ;
b) Holothuria (Microthele) nobilis ;
c) Thelenota ananas ;
d) Thelenota anax.
6.1.5 Pollutions, marées noires, explorations sismiques
Il n’y a pas d’activité industrielle ou économique très polluante aux Comores, à
l’exception des risques de déversement d’hydrocarbures en mer. Cependant les rejets
domestiques peuvent être localement très importants en raison de l’absence de
traitement des eaux usées et de système permanent et systémique de gestion des
déchets. Une récente étude PNUD a montré une eutrophisation des eaux notamment
en face de Mitsamiouli (Wickel 2016).
Transport d’hydrocarbures.
Les risques de pollution par déversement accidentel d’hydrocarbures ne sont pas
négligeables en raison du passage important de pétroliers au large des côtes
comoriennes dans le canal du Mozambique. En effet, les voies de transport maritime
qui longent les côtes de l’Afrique de l’Est sont parmi les plus fréquentées dans le
monde, transportant plus de 30% de la production mondiale d’hydrocarbures. Plus de
5.000 voyages de pétroliers ont lieu par année dans les eaux côtières sensibles des
Comores et de Madagascar et le long de la côte Est-Africaine. Une grande marée noire
pourrait gravement nuire à l’économie et à l’équilibre écologique des Comores en
endommageant les fonds de pêche et en polluant les plages importantes pour la ponte
des tortues et le tourisme.
Exploration gazière.
Les activités de l’industrie de l’extraction gazière constituent une menace potentielle
pour l’environnement marin et côtier des Comores. Des permis d’exploration gazière
ont été octroyés dans les eaux Comoriennes depuis 2007 et des explorations non
destructives ont débuté en 2011 à l’aide de méthodes sismiques. Une zone d’environ
40.000 km2 à l’ouest de N’gazidja a déjà été étudiée et d’autres explorations sont en
cours dans la partie ouest de la ZEE, Zone économique exclusive3 du pays. Dans
l’éventualité où les résultats des explorations sismiques seraient positifs, des forages
exploratoires pourraient être effectués pour confirmer la présence de gaz et
éventuellement pour confirmer le potentiel d’extraction. Le niveau de risque pour la
biodiversité marine des Comores diffère pour chacune de ces étapes et son évaluation
demeure hypothétique pour les phases autres que celle de l’exploration sismique qui
est en cours, jusqu’à ce que les études confirment la présence de gaz. La réalisation
d’études d’impact n’a pas été requise jusqu’à maintenant mais devrait l’être pour les
étapes suivantes. À court terme, les menaces que présentent les explorations
sismiques sont liées aux déflagrations produites par l’équipement couramment utilisé
pour ces études. Il a été montré que les déflagrations peuvent avoir des effets néfastes
3
Une zone économique exclusive (ZEE) est, d'après le droit de la mer, un espace maritime sur
lequel un État côtier exerce des droits souverains en matière d'exploration et d'usage des
ressources, zone inférieure à 200 miles (370,4 km) des côtes.
6.3.2 Le braconnage
Les ressources qui doivent faire l’objet de préservation au Parc national sont des cibles
de choix aux Comores. Le braconnage est l’une des menaces les plus importantes
dans la zone et concerne les tortues marines. Ce braconnage peut devenir le
baromètre du bon ou mauvais fonctionnement du Parc envers les communautés.
Le braconnage des tortues marines : La zone du Parc national dispose de
nombreuses plages qui étaient auparavant des plages de ponte de tortues marines.
Aujourd’hui, il est très rare voire impossible d’observer une ponte même sur les plages
les plus éloignés des habitations. Les tortues sont systématiquement braconnées
(tuées et leur viande vendue) sur les plages et voire même en pleine eau à l’aide des
filets maillants et de fusils marins. Plus de 30 tortues seraient braconnées à Mohéli
certains jour, selon des sources à vérifier.
D’ailleurs les pêcheurs du Parc national Cœlacanthe sont réputés pour être les
braconniers des tortues marines du Parc national de Mohéli. La vente de viande de
tortue est régulière et abondante à Chindini.
Voir annexe 6 : Fiche technique sur les tortues marines
6.3.3 Pêche destructrice
Les formes de pêche pratiquées dans le Site représentent une sérieuse menace. Ce
sont surtout la pêche au filet maillant, la pêche aux explosifs et la pêche au Tephrosia.
Ces formes de pêche ont complètement détruit le couvert corallien du Site, détruisant
ainsi tout le potentiel biologique du Site. L’arrêt complet de ces formes de pêche sera
un indicateur important d’une bonne gestion du Parc national.
Les ressources marines (hors poissons) : Les prélèvements abusifs de certains
coquillages soit pour la fourniture de nacre, soit comme souvenirs pour les touristes
sont signalés mais mal documentés.
6.3.4 Piétinement
La pêche à pied sur les platiers à marée basse (poulpes, poissons, coquillages), reste
très importante sur le Site et conduit à la destruction des coraux par piétinement ou par
retournement des colonies.
Elle est pratiquée par les pêcheurs mais aussi par les femmes, les enfants, et les
jeunes pour lesquels il s’agirait d’une étape dans l’apprentissage de la pêche à la ligne,
avant d’être embarqués. Cette pratique qui met en péril l’intégrité du récif doit faire
l’objet d’une attention particulière de façon à aboutir à des modalités de gestion
acceptables. Le piétinement devra faire l’objet d’une forte sensibilisation en vue
d’atténuer les impacts et d’observer une amélioration des indicateurs de recouvrement
corallien.
L’ensemble de l’île est potentiellement exposé aux différents aléas volcaniques qui
pourraient être générées par une éruption majeure et entraîner des conséquences
néfastes tant sur la population que sur l’environnement naturel et les principales
infrastructures. Ces dernières sont concentrées à la capitale au nord-ouest, au pied du
massif à moins de 100 m d’altitude à 15 km environ du cratère.
6.5.2 Cyclones
Les Comores ont connu plusieurs perturbations cycloniques dont le plus important est
celui de décembre 1950. La côte nord de Madagascar joue le rôle d’écran en
diminuant la vitesse des vents cycloniques vers Ngazidja plus particulièrement le
massif du Karthala.
Ainsi, sur la base de ces points d’intérêt, ce sont 4 zones de conservation prioritaires
qui ont pu être identifiées au Parc national. Ces zones sont présentées (points forts et
localisation) dans les tableaux et figures qui suivent.
Ainsi, sur la base de ces points d’intérêt, ce sont 5 zones de conservation prioritaires
qui ont pu être identifiées au Parc national. Ces zones sont présentées (points forts et
localisation) dans les tableaux et figures qui suivent.
.
Parc national marin
ZR ZNP Parc national marin
Zone marine
ZUD Zone côtière terrestre
ZS Plage ou Mangrove
. Zone marine Plage / Mangrove
Zone de non prélèvement
Zone côtière ZC ZUD Zone d’utilisation durable
ZR Zone de recherche
ZUD ZS Zone d’occupation contrôlée
Zone culturelle
Zone de service ou
. ZOC chenal d’amenée
. .
Taxon Nb espèces
Coraux 141
Poissons 327
Algues 78
Phanérogames 9
Echinodermes 16
Mollusques 26
4
Simsime
Plan d’aménagement et de gestion du Parc national Cœlacanthe - 2017 94
Figure 15 : Préparation des pots pour la pêche au poulpe
Ministère en
Conseil d’Administration Charge de
Supervision
de l’Agence
l’Environnement
Directeur Général de
Exécution l’Agence
et équipe
6 Comités de cogestion
Suivi
de Site
Organigramme de l’Agence
« Parcs nationaux des Comores »
Conseil
Comité Scientifique d’Administration Comité Consultatif
Directeur de
l’Agence Personnel d’appui
Aires protégées
Equipe de terrain
Experts
Personnel d’appui
Conservateurs
Chauffeurs
Mobilisateurs communautaires
Ecogardes et rangers Gardiens, etc.
Comités de cogestion
Villages et Sites
Cibles Description
Communautés villageoises • Les principaux utilisateurs des ressources naturelles du
concernées parc national Cœlacanthe incluant : Agriculteurs, éleveurs,
Cœur : Associations bûcherons, charbonniers, chasseurs, femmes utilisatrices
villageoises et les (sable, bois de chauffe, eau des rivières), menuisiers,
associations agricoles artisans
Elargie : Toutes les • Les leaders d'opinion de la communauté : Grands notables,
associations du village chefs religieux (Imans, Hatubes), les femmes leaders des
associations et regroupements féminins
• Les Organisations communautaires : Comités villageois
d’orientation pour le développement durable (CODD) dans
les sites du Cœlacanthe (16) ; Comité de Pilotage villageois
du Fonds d’Appui au Développement Communautaire
(FADC).
Autorités locales • Maires des communes concernées
Cœur : Maires • Conseils des villes et villages concernés par le parc national
Elargie : Maires et conseils Cœlacanthe
Société civile • A Itsoundzou : APG, Association pour la promotion du
Cœur : Grandes ONGs Gombesa
Elargie : Toutes les ONGs • À Ngazidja : les associations ULANGA, AIDE, Comoflora,
et associations Groupe d’Intervention pour le Développement Durable,
environnementales locales Association pour la Préservation du Gombessa, les Amis de
Nioumbadjou, la Jeune Chambre Internationale, et autres
ONGs et associations • UICN,
environnementales • WWF,
internationales • WCS,
(Actuellement pas présentes • CI
de façon permanente aux
Comores)
Fondations en faveur de • Fonds Environnemental pour les aires protégées des
l’environnement Comores FEC
Associations et syndicats • Association Comorienne de Tourisme ;
professionnels (nationaux et • Association des guides touristiques ;
régionaux) • Chambres des Commerce, de l’Industrie et de l’Agriculture ;
Cœur : Pêche et Tourisme • Fédération du secteur privé comorien ;
Elargie : Toutes • Réseau National Femmes et Développement ;
Mass-Médias • Les radios locales et nationales diffusant dans les régions
Cœur : Principaux journaux d’intervention du projet, incluant les journaux électroniques ;
Elargie : tous • La Presse écrite : Ulanga Ngazidja, Al-Watwan, la Gazette,
Archipel, Journal La Tribune, Bulletin Mavouna
(CEFADER), Albilade, l’Observateur ;
• Les télévisions diffusant dans les régions d’intervention du
projet, incluant les journaux électroniques dont l’ORTC ;
Institutions académiques • L’Université des Comores (UdC) : Faculté des Sciences
et scientifiques (Maîtrise en Conservation de la Biodiversité, Herbier
Cœur : UdC, CNDRS National, Laboratoire de Biologie Animale, Institution
Elargie : tous Universitaire de Technologie) ;
• Le Centre national de Documentation et de Recherche
Scientifique (CNDRS) : Division Recherche, l’observatoire
volcanique du Karthala OVK :
• Au sein de la VP-MAPEATU : L’INRAPE (Département
expertise, appui conseil et formation, laboratoires de
phytopathologie, entomologie, épices, production de vitro
Les gestionnaires et les membres des comités de cogestion vérifient qu’ils possèdent
et utilisent ces outils régulièrement.
9.6 Méthodes et outils de suivi-évaluation du Parc national
Le suivi du Parc national est réalisé à travers les outils suivants :
1. L’existence des décrets d’application de la Loi sur le Système national des
aires protégées des Comores de 2017 ;
2. L’existence des amendements éventuels du décret de création du parc ;
3. Le suivi annuel du Plan d’aménagement et de gestion ;
4. Le suivi annuel du plan de travail annuel ;
5. Les rapports du Conseil d’Administration de Parcs nationaux des Comores ;
6. Les rapports du Conseil consultatif de Parcs nationaux des Comores ;
7. Les rapports du Comité scientifique de Parcs nationaux des Comores ;
8. Les rapports des audits externes annuels de Parcs nationaux des Comores ;
9. Les rapports du Fonds Environnemental pour les aires protégées des
Comores jusqu’en 2020 ;
10. Le suivi annuel du plan de formation détaillé
11. Le suivi annuel du plan de surveillance ;
12. Le suivi annuel du business plan
13. Le plan annuel de suivi validé trimestriellement ;
14. Les rapports des réunions hebdomadaires ;
15. Le compte-rendu de la retraite annuelle de tout le personnel ;
16. La révision annuelle de l’organigramme.
17. La liste actualisée du personnel, contacts et responsabilités ;
18. Les Termes de référence du personnel actualisés annuellement.
Les gestionnaires et les membres des comités de cogestion vérifient qu’ils possèdent
et utilisent ces outils régulièrement.
Priorités