Vendredi
16
septembre
14
h
45
[GMT
+
1]
NUMERO 28
Je
n’aurais
manqué
un
Séminaire
pour
rien
au
monde—
PHILIPPE
SOLLERS
Nous
gagnerons
parce
que
nous
n’avons
pas
d’autre
choix
—
AGNES
AFLALO
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
NOUVELLES
DE
DIJON
Frédéric
Mitterrand,
ministre
de
la
Culture
et
de
la
communication,
était
hier
à
Dijon,
pour
inaugurer
le
Centre
d’Art
contemporain
du
Consortium.
Cependant,
il
fit
un
détour
sensible
et
singulier
par
AREA,
le
lieu
d’accueil
psychanalytique
de
Dijon,
situé
dans
le
Centre
d’Art,
en
présence
de
François
Sauvadet,
ministre
de
la
Fonction
publique.
A
la
fin
des
discours
officiels
de
l’inauguration,
voilà
que
François
Rebsamen,
député-‐maire
de
Dijon,
reprenant
le
micro
avec
fougue,
surprend
l’assistance
-‐
400
personnes
–
en
livrant
un
message
conjoint
avec
le
ministre
de
la
Culture
:
ce
message
évoque
l’arrestation
en
Syrie
de
la
psychanalyste
Rafah
Nached.
Le
ministre
et
le
député-‐maire
adressent
leur
sympathie
à
l’intéressée,
déplorent
et
condamnent
une
arrestation
immotivée,
et
s’associent
à
tous
les
mouvements
appelant
à
sa
libération
au
plus
tôt.
Cette
prise
de
parole
se
termine
par
l’invitation
faite
aux
présents
de
soutenir
cette
démarche
en
signant
l’appel
Internet
«
Du
raffut
pour
RAFAH
!
»
Thierry
Vigneron
et
Adélaïde
Ortega
NOUVELLES
DE
NEW
YORK
Je
vous
confirme
que
j’ai
joint
Slavoj
Zizek
et
Alain
Badiou,
et
que
les
deux
signent
l’appel
«
Du
raffut
pour
RAFAH
!
».
Josefina
Ayerza
NOUVELLES
DE
PARIS
Judith
Miller
nous
communique
que
Emmanuel
Demarcy-‐Mota,
Directeur
du
Théâtre
de
la
Ville
et
du
Festival
d'Automne,
signe
l’appel.
Le
site
de
La
Règle
du
jeu
[Link]
indique
que
les
personnalités
suivantes
ont
signé
l’appel
:
Yann
Moix,
écrivain
cinéasre
Patrick
Pelloux,
médecin
urgentiste
et
éditorialiste
à
Charlie
Hebdo
Bernard
Schalscha,
secrétaire
général
de
France
Syrie
Démocratie
Bruno
de
Stabenrath,
écrivain
Dominique
Sopo,
président
de
SOS
Racisme
Aline
Le
Bail-‐Kremer,
responsable
de
la
communication
de
SOS
Racisme
Laurent
David
Samama,
rédacteur
en
chef
de
l’Arche
NOUVELLES
DE
ROME
Texte
paru
hier
dans
le
journal
«
Il
Riformista
»
Per
la
liberazione
della
psicoanalista
siriana
Rafah
Nached
In
Siria,
il
movimento
di
libertà
che
ha
investito
tutti
i
popoli
arabi
si
scontra
con
un
potere
dittatoriale
che
vuole
mantenere
i
privilegi
e
i
suprusi
su
cui
si
è
basato.
Crudeli
forme
di
repressione
colpiscono
le
persone
non
allineate
con
il
regime.
Noi
psicoanalisti
lacaniani,
pur
non
conoscendola,
siamo
colpiti
dall'oltraggio
che
è
stato
perpetrato
nei
confronti
della
psicoanalista
siriana
Rafah
Nached,
arrestata
e
imprigionata
nel
momento
che
stava
per
prendere
l'aereo
per
assistere
la
figlia
partoriente.
Il
nostro
appello
si
indirizza
alle
persone
sensibili
e
civili
affinché
Rafah
Nached
esca
da
prigioni
da
orrore
e
sia
restituita
alla
vita.
Ma
invita
nondimeno
a
valutare
anche
i
cambiamenti
in
atto
che
stanno
avvenendo
nel
bacino
mediterraneo:
sono
movimenti
di
sommossa,
di
tensione
verso
la
libertà,
forse
anche
verso
un
mondo
consumistico
che
utopicamente
viene
considerato
fonte
di
felicità,
quando
invece
una
vera
democrazia
–
anche
per
noi
«occidentali»
-‐
va
al
di
là
di
questi
obiettivi,
poiché
essa
consiste
non
solo
in
una
riacquistata
dignità
personale
e
sociale,
ma
in
una
posizione
etica
di
cui
singolarmente
ognuno
è
responsabile.
Gli
psicoanalisti
si
mobilitano,
dunque,
perché
è
ormai
tempo
che
la
psicoanalisi
–
per
dirla
con
Jacques
Lacan
–
occupi
nel
mondo
il
posto
che
le
compete,
e
affinché
«diventi
ora
una
forza
materiale,
una
forza
politica»,
pur
usare
un'espressione
di
Jacques-‐Alain
Miller.
Antonio
Di
Ciaccia,
psicoanalista
a
Roma
-‐
PS
:
Le
philosophe
Massimo
Cacciari,
ancien
maire
de
Venise,
m’a
demandé
à
signer
l’appel
pour
Rafah.
LES
POÈTES
N’ONT
PAS
DE
BIOGRAPHIE
par
Armelle
Gaydon
Je
voudrais
vous
dire
combien
je
suis
touchée
par
votre
action.
Mais
plus
personnellement,
je
suis
heureuse
de
voir,
qu’enfin,
vous
défendez
votre
nom.
Votre
génération
a
eu
la
chance
de
côtoyer
Lacan
en
chair
et
en
os.
Pour
notre
génération,
qui
ne
l’a
pas
connu,
Lacan
est
tout
de
même
plus
virtualisé.
Et
si
je
crois
entendre
sa
voix
dans
vos
transcriptions,
c’est
qu’il
était
un
peu
poète
–
«
poète
assez
»,
en
tous
cas,
pour
que
soit
porté
jusqu’à
nous
le
réson
de
sa
langue.
Les
générations
suivantes
auront
eu
la
chance
de
vous
connaître,
vous.
Lacan
s’est
fait
passeur
de
Freud,
mais
s’il
s’est
fait
un
nom,
c’est
parce
que
sans
répit
il
réinventait
la
psychanalyse.
Pour
vos
élèves,
vous
êtes,
à
votre
tour,
le
ré’inventeur.
Mais
il
y
a
plus
:
je
n’aurais
pu
m’être
formée
à
la
lecture
de
Freud
et
de
Lacan
sans
votre
voix,
à
vous.
Il
résulte
de
ce
qui
précède
que
je
me
demande
s’il
ne
serait
pas
temps
d’écarter
cette
étiquette,
ce
slogan,
toujours
accolé
à
votre
nom,
de
«
gendre
de
Lacan
».
GendredeLacan,
gen-‐dre-‐
de-‐la-‐can
:
ces
trois
mots
quasi
holophrasés
à
force
d’être
répétés
et
recopiés
à
l’identique,
je
ne
sais
pas,
ils
m’irritent.
La
presse
nous
les
assène
depuis
des
décades
et
je
suis
toujours
esbaudie
lorsque
je
les
retrouve,
parfois,
même
sous
votre
plume.
Je
ne
les
lis
jamais
sans
avoir
le
sentiment
que
leur
insistance
n’est
pas
juste,
au
sens
qu’elle
ne
vous
rend
pas
justice.
Ce
lien
familial
fait
partie
de
votre
biographie,
certes.
Mais
qui
se
soucie,
lorsque
vous
enseignez
et
publiez,
de
votre
biographie
?
Votre
«
Vie
de
Lacan
»,
ce
délicat
ovni
littéraire
merveilleusement
inclassable,
montre
que
vous
faites
vôtre
l’assertion
d’Octavio
Paz
:
«
les
poètes
n’ont
pas
de
biographie,
c’est
leur
œuvre
qui
est
leur
biographie
».
Cette
«
Vie
de
Lacan
»
se
tient
miraculeusement
sur
un
fil,
tendu
entre
le
souci
de
transmettre
quelque
chose
du
réel
de
la
présence
incarnée
de
Lacan,
et
la
nécessité
d’inventer
et
de
sortir
des
sentiers
battus
pour
créer
un
style
de
narration
novateur,
seule
voie
possible
pour
transmettre
quelque
chose
d’une
vérité.
De
ce
point
de
vue,
l’auteur
que
vous
êtes
n’a
pas
de
biographie.
Et
d’autant
moins
que
votre
élan
tend
toujours
vers
cet
«
Effort
de
poésie
»
qui
était
le
titre
d’un
des
plus
mémorables
de
vos
cours
de
l’Orientation
Lacanienne
(je
vote
pour
qu’il
soit
le
premier
publié).
En
somme,
nous
venons
vous
écouter
non
pas
parce
que
vous
êtes
le
gendre
de
Lacan
–
même
si
votre
amour
pour
lui
nous
émeut
et
nous
touche
-‐
mais
parce
que
nous
venons
vous
entendre,
vous,
Jacques-‐Alain
Miller
en
personne,
établir,
déchiffrer
et
rendre
Lacan
vivant,
et
réinventer
la
psychanalyse,
pour
nous.
C’est
l’apparition
dans
le
réel
d’une
œuvre
qui
conduit
à
constater
qu’est
advenu
un
poète,
un
artiste.
S’il
rencontre
l’assentiment
du
public,
alors
il
se
fait
un
nom,
que
le
public
recherche.
Pour
vos
élèves
–
c’est
d’une
totale
évidence
-‐
votre
Séminaire,
vos
écrits,
autant
que
vos
actes,
vous
ont
depuis
longtemps
créé
comme
auteur.
Un
auteur
que
nous
avons
la
chance
de
côtoyer.
Il
n’y
a
rien
de
plus
contagieux
que
le
désir
qui
vous
porte
lorsque
vous
écrivez
ou
enseignez.
Nous
en
ressortons
vivifiés.
Nous
avançons
donc
sans
le
corps
de
Lacan.
Mais
accompagnés
de
votre
souffle,
à
vous.
Il
me
semble
pouvoir
dire
que
j’ai
choisi
l’Ecole
de
Lacan
justement
parce
qu’elle
est
mill’aérienne.
TEMOIGNAGES
Un
témoignage
de
passe
Je
ne
résiste
pas
à
vous
envoyer
quelques
mots
après
votre
intervention
chez
Mollat
à
Bordeaux.
Avertie
par
la
lecture
des
LQ,
je
savais
dans
quelles
impasses
E.R.
et
ses
collaborateurs
vous
avaient
relégué.
Ce
n’est
donc
pas
essentiellement
à
partir
de
ces
événements
particuliers
que
j’ai
entendu
votre
discours.
C’est
un
analysant
que
j’ai
d’abord
entendu.
Puis,
au
fur
et
à
mesure
que
vous
avanciez,
j’ai
pensé
qu’il
s’agissait
d’un
véritable
témoignage
de
passe.
La
«
rééllisation
»
dont
vous
avez
parlé,
à
partir
de
votre
nom
propre,
avec
ses
conséquences
en
terme
de
mutation,
l’hystorisation,
la
jouissance
dont
vous
avez
fait
état,
celle
que
vous
avez
reconnue
et
avouée,
et
celle
qu’on
entendait
dans
les
signifiants,
sont
à
mon
sens
un
témoignage
de
passe
formidable.
Marie-‐Agnès
Macaire-‐
Ochoa
Quand
le
réel
frappe
à
la
porte…
Le
plus
souvent,
c’est
au
moment
où
on
ne
l’attend
pas.
Hier,
le
silence
sur
le
nom
de
Lacan,
et
celui
de
Jacques-‐Alain
Miller
par
la
même
occasion
;
aujourd’hui,
la
disparition
d’une
courageuse
collègue
syrienne,
Rafah
Nached
à
l’aéroport
de
Damas.
Effacement
des
noms
sans
procès.
Si
dans
certains
pays
cela
arrive
encore
tous
les
jours
avec
emprisonnement
clandestin
ou
suppression
physique
des
personnes,
chez
nous
cela
appartenait,
semblait-‐il,
à
une
période
révolue
de
l’histoire.
Ignorer
ou
faire
disparaître,
me
direz-‐vous,
ce
n’est
pas
de
la
même
gravité
mais
ça
relève
assurément
de
ce
qui
ne
se
laisse
pas
graduer,
l’injustice
!
Et
devant
l’injustice,
c’est
crime
que
de
se
taire.
Lacan
nous
a
appris
à
ne
pas
être
des
figures
caricaturales
de
psychanalystes
impassibles
(il
me
l’a
eu
démontré
dans
sa
pratique),
mais
à
savoir
répondre
présent
devant
l’urgence.
Etre
avertis
du
réel
reste
notre
affaire
de
psychanalystes.
En
tirer
les
conséquences
pour
notre
action,
aussi
!
Rose-‐Paule
Vinciguerra
Moins
seule
La
librairie
Gallimard
du
boulevard
Raspail
recevait
à
19h
Catherine
Millot
pour
la
signature
de
son
livre
O
Solitude!,
paru
chez
Gallimard.
En
vitrine,
un
portrait
de
l'écrivaine,
chevelure
fauve,
sulfureuse.
Analysante,
amie
de
Lacan,
elle
arrive
à
l'heure
dite.
Elle
me
fait
penser
à
Sagan
la
rebelle,
que
j'avais
vu
sortir
de
cette
librairie
les
bras
chargés
de
livres.
Il
y
a
peu
de
monde
au
début,
je
lui
demande
si
elle
fait
partie
d'une
école,
d'un
mouvement.
La
réponse
est
claire
:
non.
Vous
recevez?
Oui,
bien
sûr.
Mais
d'où
viennent
vos
patients?
Vos
livres?
Oui,
mais
pas
seulement.
Ce
doit
être
comme
ça
quand
on
a
été
analysée
par
Lacan,
quelque
chose
a
passé,
la
grande
indépendance.
Elle
n'a
pas
les
longs
cheveux
de
sa
photo,
une
coupe
sobre.
Beaucoup
d'allure,
sans
arrogance.
Elle
annonce
qu'elle
va
lire
des
passages
choisis.
Un
collage,
qui
ne
reflète
pas
son
texte.
Elle
lit,
la
magie
opère.
Une
écriture,
elle
parle
du
bonheur
de
vivre
seule,
de
l'amour
des
hommes
qui
l'avait
abandonné."
L'amour
c'est
la
menace
permanente
d'un
abandon",
elle
continue
"l'amour
comme
traumatisme,
le
premier
amour
vécu
comme
un
désastre".
Elle
cite
ses
auteurs,
Roland
Barthes,
celui
des
dernière
années
qui
disait
qu'habiter
le
langage
était
fatigant,
Gide,
de
la
séquestrée
de
Poitiers,
elle
aime
imaginer
Descartes
méditant
seul
au
fond
de
son
lit.
Le
public
clairsemé
au
départ
est
maintenant
fourni,
et
quand
Judith
et
Jacques
Alain
Miller
arrivent
il
n'y
a
plus
de
place
assise.
Et
là,
nait
échange
rapide:
Jacques
Alain
Miller
relève
que
Lacan
disait
:
"la
solitude
est
le
partenaire
des
femmes",
Catherine
Millot
acquiesce:
elle
se
souvient
à
son
tour
de
cette
phrase
de
Lacan
pendant
son
analyse
:
vous
n'êtes
pas
la
seule,
mais
ça
ne
vous
fait
pas
moins
seule
pour
autant.
Elle
insiste
sur
cette
manière
particulière,
qu'avait
Lacan
de
vous
déloger
de
votre
statut
d'exception,
tout
en
conservant
la
partie
singulière
de
chacun.
A
saisir
des
bribes
de
ceux
qui
ont
été
les
proches
de
Lacan,
pour
moi
qui
ai
manqué
ses
séminaires,
je
me
sens
moins
seule.
Marlène
Belilos
Jeudi
soir
à
Bègles
se
tenait
une
soirée
au
campus
solidaire
qui
avait
accueilli
en
Avril
dernier
Éric
Laurent
pour
un
débat
sur
le
film
de
Gérard
Miller
«
La
première
séance
».
Cette
fois,
Nadia
Macalli-‐
Benjelloun
membre
bien
apprécié
de
l’Acf-‐Aquitania
et
membre
du
conseil
municipal
à
l’origine
de
ce
projet
de
campus
solidaire
avait
souhaité
pour
thème
:
«
Pour
un
islam
des
lumières
?
».
Noël
Mamère
présent
était
parfaitement
au
courant
de
la
situation
de
Rafah
Nached
et
a
aussitôt
apporté
son
soutien.
Malek
Chebel
anthropologue
des
religions,
et
formé
à
la
psychanalyse
a
lui
aussi
voulu
signer
pour
Rafah
Nached.
En
première
partie,
un
très
bon
court
métrage
de
Frédéric
Plénard
«
Chara’a
»
-‐
le
chemin
qui
mène
à
la
source
-‐
interrogeait
l’islam
et
la
modernité
telle
qu’elle
se
vit
avec
des
habitants
de
Bègles.
Ensuite,
Malek
Chebel
a
fait
résonner
ce
que
le
concept
d’islam
des
lumières
pouvait
apporter
aujourd’hui
par
la
capacité
à
penser
par
soi
même.
Il
distinguait
le
Coran
eschatologique,
le
Coran
prophétique,
et
entre
les
deux
un
Coran
historique,
«
un
espace
créé
par
les
hommes
».
Rappelant
que
la
tradition
insiste
sur
le
fait
que
le
Coran
a
débuté
avec
le
mot
Igra
«
Lis
»,
il
encourageait
à
interpréter,
analyser,
décortiquer
les
polysémies,
les
difficultés
ou
impossibilités
de
traduction
de
ce
texte
«
clos
au
VII
siècle
».
Il
débusquait
les
faits
politiques,
idéologiques,
ou
sociaux
qui
font
obstacle
et
ignorance
à
toute
question
sur
l’islam.
Il
prônait
une
foi
fondée
sur
la
raison
et
avançait
même
:
«
que
chacun
invente
son
propre
islam
».
Il
était
clair
que
la
façon
dont
les
musulmans
vont
répondre
à
cet
enjeu
d’interprétation
nous
concerne
comme
enjeu
de
civilisation.
Lire,
interpréter,
desserrer
les
identifications,
opérer
un
écart
entre
croyance
et
savoir
convoque
aussi
le
savoir
de
la
psychanalyse.
Catherine
Lacaze-‐Paule,
Bordeaux
Votre
arrivée,
samedi
dernier,
dans
la
salle
du
dernier
étage
de
la
librairie
Mollat
à
Bordeaux,
fut
pour
moi
un
grand
moment.
Comment
dire
?
Je
crois,
en
fait,
que
votre
tenue
(vestimentaire)
au-‐
delà
de
toute
élégance,
portait
quelque
chose
de
la
réellisation
dont
vous
nous
avez
fait
la
primeur,
je
crois,
puisqu'elle
datait
de
la
veille
au
soir,
nous
avez-‐vous
dit.
Devant
la
superposition
de
tee-‐shirt
-‐
chemise
que
vous
aviez
choisie,
je
me
suis
demandé
si,
dans
la
hâte
vous
aviez
oublié
d'enlever
vos
lustrines
ou
si,
au
contraire,
vous
aviez
préféré
les
garder.
Quoiqu'il
en
soit
vous
fûtes,
comme
à
l'habitude,
assez
brillant
jusque
dans
la
façon
de
confesser
de
petites
faiblesses
comme
cette
confusion
mens/mensa
qui
m'enchanta
car
elle
me
ramena
à
ma
classe
de
5°
lorsque,
peut-‐être
hyperactive
comme
on
le
supposerait
aujourd'hui,
toujours
prête
à
répondre
sans
assez
réfléchir,
je
prenais
à
peine
le
temps
de
lever
le
doigt
pour
donner,
avant
toutes
les
autres,
la
traduction
de
"Tibi
tardum
est
ingenium"
par
"Il
te
tarde
d'être
ingénieur"
(
il
s'agit
en
fait
de
Tu
as
l'esprit
lent).
Le
plus
mortifiant
pour
moi
fut
que
le
professeur
pensa
que
je
m'étais
fichue
de
sa
tête
alors
que
je
n'avais
pas
pris
le
temps
d'analyser
correctement
la
grammaire
de
cette
proposition.
Ceci
m'arriva
beaucoup
plus
tard,
il
n'y
a
pas
si
longtemps,
où
je
me
suis
présentée
à
la
Passe
sans
avoir,
encore
une
fois,
pris
le
temps
de
suffisamment
analyser
ma
grammaire
pulsionnelle
jusqu'à
prendre
pour
objet
cause
celui
qui
le
cachait.
Le
cartel
n'a
certainement
pas
pensé
que
je
me
moquais,
en
aucune
façon,
de
ceux
qui
avaient
bien
voulu
m'écouter,
et
me
permit
de
poursuivre
sans
me
mortifier.
Je
ne
sais
comment
vous
dire
combien
votre
travail
nous
est
précieux.
Françoise
Monnier,
Boreaux
CHRONIQUE
D'UNE
INDIGNATION
Le
Diable
probablement
La
calomnie
a
frappé.
Seulement,
depuis
le
12
septembre
dernier,
la
lettre
du
Diable
probablement
à
Judith
Miller
a
circulé.
Tant
et
si
bien
que
le
Diable
reçoit
des
messages
de
toute
part
(France,
Brésil,
Argentine,
Angleterre,
Norvège,
USA…).
Les
mails
et
cartes
postales
affluent
pour
dire
un
refus
décidé
de
laisser
se
répandre
les
propos
calomnieux
qui
visent
Judith
Miller
dans
le
dernier
livre
d’Élisabeth
Roudinesco.
Pluie
de
mails
en
provenance
du
monde
entier,
donc.
Alice
Delarue
et
Luc
Garcia
les
lisent
et
les
comptabilisent
pour
nous.
Ils
vous
invitent
à
continuer
à
écrire
à
diableprobablement@[Link]
pour
co-‐signer
la
lettre
du
Diable
probablement
à
Judith
Miller,
à
lire
sur
le
site
de
la
revue
[Link],
mais
aussi
sur
le
blog
de
Midite
[Link]
sur
Facebook
et
Twitter,
et
dans
les
LQ
n°25,
26,
27
!
Petit
florilège
de
messages
du
monde
entier
-‐
en
attendant
dès
demain
les
noms
des
700
premiers
signataires
de
cette
lettre
-‐
:
Chers
collègues
Analysant
depuis
plus
de
15
ans
chez
une
analyste
de
l'ECF,
je
veux
bien
me
rallier
à
votre
soutien
a
Judith
Miller.
Il
faut
absolument
finir
avec
les
grossièretés
de
Roudinesco.
TSUIKI
Kosuke,
Maitre
de
conférences
a
l'Université
de
Kyoto,
JAPON
Contre
la
diffamation
de
Mme
Roudinesco,
envers
la
mémoire
de
Jacques
Lacan.
En
défense
de
Judith
Miller.
Graciela
Brodsky,
psychanalyste
à
Buenos
Aires,
Argentine
Recevez
ma
co-‐signature
pour
le
soutien
à
Mme
Judith
Miller
contre
les
allégations
de
Mme
Roudinesco.
Kjell
Soleim,
Norvège
Je
remercie
les
membres
de
l'équipe
de
rédaction
du
Diable
probablement
pour
leur
invitation
à
partager
le
sentiment
d'indignation
qui
est
le
leur
face
aux
allégations
qui
ont
été
mises
en
circulation
le
1er
septembre
par
Mme
Roudinesco
dans
son
livre,
allégations
selon
lesquelles
les
dernières
volontés
de
Jacques
Lacan
auraient
été
trahies.
Je
tiens
à
assurer
Madame
Judith
Miller
ainsi
que
sa
famille
de
ma
profonde
estime
et
de
ma
solidarité
devant
l'injure.
Je
l'assure
de
mon
admiration
et
de
ma
reconnaissance
pour
son
action
inlassable
en
faveur
du
rayonnement
de
l'enseignement
de
Jacques
Lacan
dans
le
monde.
Guy
de
Villers
Grand-‐Champs,
Belgique
Chères
et
chers
Diables,
Sommes
bien
entendu
à
vos
côtés
pour
ce
témoignage
d’amitié
à
l’attention
de
Judith
Miller
et
de
sa
famille.
Amicalement
à
vous,
Colette
Olive
et
Michèle
Planel
et
toute
l’équipe
des
Éditions
Verdier
Simone
et
moi
souhaitons
dire
notre
amitié
à
Judith
Miller
dans
ce
moment
d’abjection.
Nous
l’assurons
de
notre
soutien
et
demandons
que
nos
signatures
rejoignent
celles
déjà
nombreuses
de
la
pétition.
Cordialement,
Simone
et
Jean-‐Robert
Rabanel,
Clermont-‐Ferrand
Je
viens
de
prendre
connaissance
de
la
lettre
de
soutien
à
Mme
Judith
Miller.
C'est
un
honneur
pour
moi
de
me
joindre
à
vos
signatures
et
d'engager
également
les
éditions
Himeros
Gérard
LANIEZ
Chargé
de
mission
à
la
Ville
de
La
Rochelle,
Président
des
éditions
Himeros
Chers
Collègues
du
Diable,
Je
vous
félicite
de
votre
initiative
et
joins
ma
voix
et
mon
plus
vif
soutien
aux
termes
de
votre
lettre
à
Judith
Miller.
Pierre-‐Gilles
Guéguen,
Rennes,
Paris
Nous
nous
associons
à
votre
lettre,
partageons
sans
réserve
l’indignation
et
la
colère
pour
les
injures
qui
ont
frappées
Judith
Miller,
à
laquelle
va
toute
notre
estime
et
notre
amitié.
Antonio
Di
Ciaccia
et
Michèle
Daubresse,
Rome
Suite
à
votre
message,
je
m'associe
à
votre
prise
de
position
et
je
partage
entièrement
votre
indignation.
Cordialement
et
bravo
pour
cette
initiative.
François
Ansermet,
Genève
To
the
Editorial
Team
of
Le
Diable
Probablement,
and
to
Judith
Miller,
I
am
writing
from
across
the
ocean
to
express
my
support
of
Judith
Miller
in
facing
the
allegations
made
surrounding
her
father's
last
wishes.
In
honor
of
the
life
and
work
of
her
father,
and
for
Judith
and
Jacques-‐Alain
in
keeping
Lacan
alive
today,
I
remain,
Tom
Svolos,
Omaha
Natalie
Wulfing,
Psychoanalyst,
London,
Secretary
of
the
New
Lacanian
School
Chère
Judith
Miller,
Dear
Judith
Miller,
Au
nom
de
la
NLS,
je
vous
assure
de
mon
chaleureux
soutien.
«
J’irai
jusqu’au
bout
»,
disiez-‐vous
au
magazine
Le
Point.
Nous
savons
que
cela
n’est
pas
un
vain
mot,
venant
de
vous
:
infatigable,
tout
entière
animée
par
la
transmission
de
l’enseignement
de
Lacan,
dans
tous
les
domaines,
en
Europe
et
par
delà
les
frontières
et
les
langues,
forçant
les
barrières
et
sachant
allumer
la
flamme
chez
ceux
que
vous
allez
rencontrer.
Nous
savons
cela,
à
la
NLS,
qui
vous
doit
beaucoup.
Nous
sommes
à
vos
côtés
aujourd’hui.
Avec
mon
amitié.
On
behalf
of
the
NLS,
I
wish
to
assure
you
of
my
warm
support.
“I
will
go
all
the
way”,
you
said
to
Le
Point
magazine.
We
know
that
this
is
not
an
empty
word
coming
from
you:
relentless,
entirely
animated
by
the
transmission
of
Lacan’s
teaching,
in
every
domain,
in
Europe
and
beyond
the
borders
and
languages,
pushing
the
boundaries
and
capable
of
kindling
the
spark
in
those
you
meet.
We
know
this
at
the
NLS
that
owes
you
so
much.
We
are
right
by
your
side
[Link]
my
friendship,
Anne
Lysy,
Présidente
de
la
New
Lacanian
School
(NLS)
Bien
évidemment,
l'avilissement
de
la
vérité
que
les
media
actuels
soutiennent
n'est
pas
un
alibi
pour
dire
n'importe
quoi.
Dans
notre
discours,
l'énonciateur
est
toujours
responsable,
c'est-‐à-‐dire
vivant.
La
biographie
ne
contient
pas
toujours
la
vie;
souvent
c'est
une
pétrification.
Antoni
Vicens,
Barcelone
Por
la
presente,
deseo
expresar
mi
indignación
por
las
acusaciones
puestas
en
circulación
por
la
Mme
Elisabeth
Roudinesco
y
también
mi
solidaridad
con
Mme.
Judith
Miller
y
su
familia.
Atentamente,
Vicente
Palomera
Laforga,
Barcelona
Indignés
par
les
allégations
qui
ont
été
mises
en
circulation
le
1er
septembre
par
Mme
Roudinesco
dans
son
livre,
allégations
selon
lesquelles
les
dernières
volontés
de
Jacques
Lacan
auraient
été
trahies,
et
que,
désirant
des
«
funérailles
catholiques
»,
il
aurait
été
enterré,
malgré
son
vœu,
sans
cérémonie
et
dans
l'intimité,
nous
vous
assurons,
chère
Judith
Miller,
ainsi
que
votre
famille,
de
notre
amitié,
de
notre
solidarité
devant
l'injure,
et
de
notre
confiance
en
votre
rectitude,
dont
témoigne
votre
action
inlassable
depuis
trois
décennies
au
service
de
l'enseignement
de
votre
père,
et
de
ses
élèves
dans
le
monde.
Guy
de
Villers
Grand-‐Champs,
professeur
émérite
à
l'université,
Louvain-‐La-‐Neuve
Sin
duda
los
miembros
de
la
ELP,
querrán
adherirse
a
esta
muestra
de
reconocimiento
a
nuestra
querida
Judith,
que
fomentando
la
expansión
del
Campo
freudiano
en
España
nos
acerca
desde
hace
más
de
25
años
a
Lacan
y,
sobre
todo,
con
su
ejemplo,
nos
trasmite
los
más
vivo
de
su
enseñanza.
Saludos
cordiales,
Carmen
Cuñat,
Presidenta
de
la
ELP
Échouant
par
internet,
je
vous
envoie
ma
signature
pour
défendre
Mme
Judith
Miller
à
qui
j’apporte
toute
ma
confiance.
Rolande
Causse,
écrivain
Sur le site de la Règle du jeu
[Link]
-‐ Nathalie
Jaudel
:
Élisabeth
Roudinesco,
plagiaire
de
soi-‐même
-‐ Christian
Charrière-‐Bournazel
:
Texte
de
l’assignation
d’Élisabeth
Roudinesco.
Mme
Roudinesco
est
assignée
en
justice
par
Judith
Miller.
Le
conseil
de
celle-‐ci,
Maître
Christian
Charrière-‐Bournazel,
ancien
Bâtonnier
de
Paris,
a
obtenu
du
Président
du
Tribunal
l’autorisation
d’assigner
à
jour
fixe.
L’audience
se
tiendra
le
16
novembre
2011
à
13h
30,
à
la
17e
Chambre
correctionnelle
de
Paris
ILLUSTRATION
DE
LA
PAGE
1
et
FIN
:
Massimo
Cacciari,
Sindaco
di
Venezia
LACAN
QUOTIDIEN
Anne
Poumellec,
éditrice
Publié
en
ligne
par
Navarin
éditeur
Eve
Miller-‐Rose,
présidente
De : "DESIR Harlem" <[Link]@[Link]>
Date : 16 septembre 2011 [Link] HAEC
À : "Gilles Chatenay" <[Link]@[Link]>
Objet : RE: Rafah Rached, psychanalyste syrienne, au
secret à Damas
Cher camarade,
Harlem Désir te remercie de ce message, et en effet il considère que la
liberation de Rafah Nachred est un point essentiel de la lutte pour la
démocratie en [Link] te remercie également de l'informer de 'existence de
ces pétitions, qu'il entend signer.
Pour ton information, le Parlement européen a voté hier en session
plénière une résolution plus large sur l'exigence de démocratie en Syrie,
appelant notamment à ce que Bachar AlAssad quitte le pouvoir : tu pourras la
trouver cette adresse.
Attention, il ne s'agit encore que de la version provisoire ; pour des
raisons techniques la version définitive ne sera en ligne que dans
quelquesjours) [Link]
&reference=P7-RC-2011-0482&language=FR
Amitiés socialistes,
Adeline Rochet
Assistante parlementaire de Harlem Désir
Bureau
parlementaire
de
Harlem
Désir
Député
européen
Altiero
Spinelli
14G262
60
rue
Wiertz,
Bruxelles
B-‐1047
Tel
+32
(0)2
284
58
53
Fax
+32
(0)2
284
98
53
FIN
LQ
28