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Amour toxique : de l'ivresse à la douleur

Le texte décrit une relation amoureuse intense qui commence par des moments de bonheur et de passion, mais qui se transforme en une expérience douloureuse et traumatisante. La narratrice évoque des souvenirs de souffrance et d'humiliation, ressentant une perte de contrôle sur son corps et son esprit à cause de son partenaire. Finalement, elle exprime un désir de tourner la page et de faire le deuil de cet amour destructeur, sans ressentir de colère envers son ancien partenaire.

Transféré par

Sarah Kabacinski
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Amour toxique : de l'ivresse à la douleur

Le texte décrit une relation amoureuse intense qui commence par des moments de bonheur et de passion, mais qui se transforme en une expérience douloureuse et traumatisante. La narratrice évoque des souvenirs de souffrance et d'humiliation, ressentant une perte de contrôle sur son corps et son esprit à cause de son partenaire. Finalement, elle exprime un désir de tourner la page et de faire le deuil de cet amour destructeur, sans ressentir de colère envers son ancien partenaire.

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V3

Lorsque nous nous sommes rencontrés, c’était comme si les bourgeons du printemps
avaient attendu toute la saison pour éclore en été sous le plus grand des soleils. Ta chaleur
m’a irradié et rempli de bonheur. Chaque expérience était nouvelle. Tu étais mon premier
amour et j’avais l’impression d’être partie en exploration sur la plus belle des îles. J’étais
comblée, aux anges, comme au septième ciel. Encore mieux ! Je n’étais pas comme au
septième ciel, j’y étais. Là, au-dessus de toute tempête, de tout orage, de tout ouragan. Rien
ne pouvait nous atteindre. Il n’y avait que des rayons de bonheur, à tel point que ça puait
l’amour. J’étais ivre de toi, tu me rendais insatiable de t’aimer.
Et puis.. L’hiver est arrivé.

Je nous voyais déjà jouer à chat, seul dans l’espace sans fin de cette plaine tapie de blanc.
Sans rien en vue. Aucun son ne nous parvenait, excepté le bruit de nos souffles courts dû
au froid glacial.
Chacun de nos pas laissait des preuves de notre passage et entachait l’immaculé décor.
L’horizon se fondait dans l’infini poudreuse et semblait dévorer le ciel.​
Dans cet épais manteau de neige, des plis se sont formés jusqu’à se transformer en
grandes déchirures. La faute à nos maux.
Dans ce lit dans lequel nous faisions l’amour il y a peu, il n’y reste plus que la
contre-forme de ta carrure de mastodonte et ce corps qui n’est plus le mien depuis bien
longtemps. Je pense te l’avoir cédé. Enfin pas vraiment. Tu l’as pris sans demander. Tu
m’as obligé à me mettre à nue et à l’abandonner à chaque fois que je passais ta porte. Tu
n’as jamais hésité, pas même une seconde, à en prendre possession. Quels que soient les
sentiments qui me hantaient. Quelle que soit ma volonté. Rien ne t’a jamais arrêté. Mes
refus. Mes pleurs. Mes hurlements et mes griffes lacérant ton dos. Au sein de tes bras, tu
n’avais plus qu’un cadavre inanimé et désespérément vide. Il ne me demandait que la fuite.
Mon instinct de survie voulait m’arracher à ces instants mais le reste ne suivait pas, je
n’avais plus aucun contrôle. Car dès lors c’était toi qui l’avait.
Tout pour toi n’était plus qu’un grand théâtre où tu invitais bon nombre d’étrangers.
Mais eux n’étaient que de passage. Moi j’y suis restée. Au point qu’il n’y avait plus aucune
limite, aucune différence entre la raison et la démence à l’état pur. Les échos de mes cris
hantent toujours les murs de notre chambre. Dans ton vaste terrain de jeu, je ne pouvais me
raccrocher qu’à un stupide oreiller. Alors c’est ce que je faisais. Comme s’il était mon dernier
espoir dans ce qui était peut-être mon dernier instant de vie. Et ce n’est pas parce qu’il était
là pour assourdir chacun de mes sons que tu ne pouvais pas entre mes cris. Non. Tu n’as
jamais voulu les entendre.
Nos draps étaient mon linceul dans cet endroit où on n’entendait rien d’autre que le
silence. Le silence et le son de l’humiliation viscérale et de la douleur assourdissante. J’étais
devenue muette, aphone. Les hurlements restaient bloqués dans le fond de mon être et n’en
sont jamais sortis. Pourtant ils me brûlaient constamment et aujourd’hui encore, à chaque
fois que ma pensée s’y perd, je le ressens. Coincé, emprisonné. N’attendant qu’à sortir, être
libérés. Je crois que le monde entier les aurait entendus. Mais ils n’ont jamais pu dépasser
ma gorge. Ils n’ont fait que déclencher une ardente annihilation qui s’est propagée à travers
tout mon être. Je voulais me brûler vive et entière. M’arracher chaque centimètre de peau
que tu avais touché.
Peau sur laquelle tu as greffé de force ton odeur qui elle non plus ne me quittera jamais.
Celle que je respirais comme si elle était mon air ne me donnait plus que l’envie d’en vomir,
d’en finir. Je ne tenais plus. La seule chose qui me maintenait debout dans ces moments
c’était toi et ta prise en otage de mon corps, me laissant alerte dans l’inertie totale. Dès que
tu cessais ton emprise, mon corps s’effondrait comme une poupée de chiffon tant il est
déchiré de part et d’autre. L’implosion n’était jamais loin mais les pilules étaient là. Je n’avais
pas le choix que de les prendre pour supporter ta présence, quitte à croire que l’overdose
me sauverait de cette bête monstrueuse que tu es.
Je faisais face à un loup, cet animal dont son instinct est inné et vif, ne réagissant
qu’à ses pulsions de vie ou de mort. L’instinct ne s’apprivoise pas et c’est cette essence que
tu as utilisé pour allumer un incendie en moi qui ne cesse de me consumer.
Avec tes crocs aiguisés, tu as dévoré ce que j’avais de plus viscéral et intime. Tu l’as
transformé en lambeaux, en charpies. Je te l’avais confié pensant que tu en ferais bon
usage. Je t’avais donné un avant-goût de ce que je voulais t’offrir mais tu as pris ton reste
sans demander. Tu t’es glissé dans mes entrailles. Tu m’as mise en sang. Dépecée vivante
comme si ma peau était de trop. De moi tu n’as laissé qu’une putain d’écorchée suppliant à
chaque seconde pour ta clémence.
Mais maintenant ça y est. Je pense que je suis prête à avancer. A faire le deuil de ce
qui aurait pu être, de cet amour perdu et destiné à mourir. Je ne veux jamais oublier quoique
ce soit. Même si je le voulais, cela serait impossible de toute façon. Ces images et
sentiments sont gravés en moi à vie et ne me quitteront jamais, alors je garderai les
cicatrices de tes étreintes fatales, en priant pour que les plaies ne se rouvrent plus, bien que
ces blessures tu les aies écrites en lettres de sang. De mon sang.
Et pourtant, aujourd’hui, je n’ai plus aucune colère envers toi. Plus aucune rancœur.
Il était temps je crois.
Comme il est temps de tourner définitivement la page. Alors, adieu, loup. Puisses-tu être
plus clément avec les autres et trouver le chemin vers ta rédemption.

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